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[Redite] Houellebecq, démocratie directe et cases à cocher

dimanche 21 mai 2017 à 11:00

Article initialement paru le 25 mai 2014

Il y a trois ans se déroulaient des élections européennes qui donnaient l’occasion à Michel Houellebecq de s’exprimer sur sa vision de la démocratie et de l’état du pays en terme de gouvernance. La période actuelle renouvelle ces questionnements, coincée entre une élection présidentielle à nulle autre pareille et des législatives dont tout indique qu’elles seront renversantes.

Ce dimanche, des millions de personnes vont se bousculer pour aller voter et exercer ainsi ce droit inaliénable qu’a chaque citoyen européen de pouvoir aliéner les autres à son échelle. Ils vont tous joindre leur voix à ce chœur magistral louangeant la démocratie, permettant ainsi à une joyeuse troupe de 751 personnes d’émarger au budget de l’Union, et, accessoirement, de les représenter, eux, leurs petites lubies et cette compulsion étrange qu’ils ont de vouloir absolument que des décisions soient prises aussi loin d’eux sur des sujets qui ne les concernent la plupart du temps jamais.

Voter ? Vraiment ?Avec un peu de recul, on ne peut qu’être surpris de cet engouement pour la chose démocratique. Tout indique que c’est la grande affaire de tous, que chaque personne majeure et citoyenne de l’Union est imbibée de l’utilité et de l’importance de l’exercice démocratique. Non seulement il faut aller voter, mais en plus, ne l’oubliez pas, « des gens sont morts pour ça », voyons ! Moyennant quoi, une fois cette fanfreluche gobée avec un peu de miel républicain, tout le monde est content.

Enfin, content, il faut le dire vite. Parce que la démocratie, actuellement, ne semble réjouir vraiment personne. C’est tellement vrai que c’est devenu le marronnier des journalistes politiques à chaque élection dans laquelle ils découvrent, la bobine blafarde sous le choc de la révélation, qu’une part de plus en plus grande de citoyens ne s’est finalement pas déplacée pour la grand-messe. Sapristi, à ce rythme, les élus vont avoir de plus en plus de mal à asseoir leur légitimité, mes petits canaris !

Pariez donc qu’il y aura, à l’issue de ce scrutin européen, les mêmes têtes abasourdies par la hauteur de l’abstention d’abord et par l’inévitable résultat amer de la consultation qui ne sera pas, on peut l’imaginer sans mal, du goût de chacun, avec cette abominable « montée des extrêmes » parfaitement prévisible pour l’observateur aguerri qui verra d’abord une lassitude grandissante des gens honnêtes pour ces mascarades chronophages. Et tant qu’à faire dans le marronnier, on retrouvera immanquablement quelques hérauts de la démocratie directe, solution évidente à tous nos problèmes de représentativité de l’élite politique.

Bien évidemment, avant le vote, ce fut le cas d’un paquet de formations politiques plus ou moins colorées et farfelues. De façon plus anecdotique, mais aussi plus amusante, signalons la récente interview de Michel Houellebec dans Lui du mois d’avril, dans lequel Frédéric Beigbeder, l’actuel patron de la revue masculine, l’interroge notamment sur « son projet pour la France ».

Dedans, on y apprend que l’auteur souhaite « … généraliser la démocratie directe en supprimant le Parlement. » et que le président de la République devrait être élu à vie mais instantanément révocable sur simple référendum d’initiative populaire. Comme je l’ai dit, il n’y a rien ici qui ne change de ces nombreux partis et autres groupuscules qui entendent « remettre le citoyen au centre de la République », ou « assurer le renouveau démocratique du pays » afin de résoudre l’énorme « problème de représentativité » constaté actuellement.

houellebecq

Pour Houellebecq, si cette démocratie directe est si importante, c’est parce qu’il y a eu « plusieurs tours de vis supplémentaires », et que, pour lui, « le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites » … Pas de doute, selon l’écrivain, ces tours de vis et cette augmentation du malheur des gens provient de l’inadéquation grandissante entre le peuple et le gouvernement, inadéquation contre laquelle il entend lutter avec une bonne dose de démocratie directe :

Il faut plus de démocratie directe si l’on veut sortir de cette crise de la représentation politique dans laquelle nous sommes.

Et pourquoi pas ? Après tout, se passer des clowns actuels serait en tout cas une bonne idée. Cependant, s’il semble clair que leurs choix politiques actuels sont calamiteux, peut-on être absolument certains que les choix de tout le peuple seront plus éclairés ? En quoi la démocratie directe protège-t-elle du populisme ?

En rien. Contrairement à ce que beaucoup croient, la Confédération Suisse, souvent citée en exemple de démocratie directe, ne fonctionne pas grâce à celle-ci, mais en dépit d’elle et chaque votation approche le pays un peu plus des « paradis » socio-démocrates aux états étouffants de socialisme qui l’entourent. Il n’est qu’à voir le grossissement progressif des textes de lois qui accompagne le résultat des votes, ou les petits cris stridents que poussent les journaux français quand un vote ne va pas dans le sens attendu pour comprendre qu’en réalité, cette magnifique expérience démocratique ne change pas des masses de celle qu’on connaît ailleurs et est sujette aux mêmes aléas populaires.

Et quand bien même cette démocratie directe permet au peuple de s’exprimer plus directement, pourquoi la démocratie deviendrait-elle alors plus légitime ? En quoi le fait qu’elle soit directe permet de s’assurer de façon solide qu’une courte majorité du peuple ne va pas voter l’aliénation d’une courte minorité ?

Là encore, rien. Et ontologiquement, la démocratie, aussi directe soit-elle, n’est absolument rien d’autre qu’une forme de dictature du nombre, ni plus, ni moins éclairée qu’un despote.

Heureusement, Houellebecq ne s’arrête pas là et profite de son interview pour glisser une autre idée, nettement plus originale que cette démocratie directe qui ne protège de rien, même pas de la démocratie : dans son projet, le budget de l’État sera décidé par les citoyens « qui devront chaque année remplir une feuille avec des cases à cocher. Le peuple décidera ainsi quelles dépenses il juge prioritaires. »

democracy.jpg

Et ça tombe bien : cette idée ne nécessite pas la remise à plat de toute la constitution. Quelques aménagements suffiraient et apporteraient peut-être un vent nouveau dans notre pays, à commencer par le fait que les ministères seraient alors directement placés en concurrence les uns des autres pour obtenir des fonds, par nature limités. Combien de citoyens choisiraient ainsi d’abonder directement aux frasques du ministère de la Culture ? Combien préfèreront donner un peu plus à la Justice ou à l’Intérieur plutôt qu’au Logement, à l’Écologie ou aux Anciens Combattants ? Et plus pragmatiquement encore, comment ne pas saliver à l’idée des combats homériques entre certains ministres pour obtenir des fonds ? À l’évidence, le fait de proposer des mesures aussi intempestives qu’idiotes à la Montebourg ou Royal serait fortement tempéré par le couperet de ces cases à cocher citoyennes… Non, vraiment, cette idée est à creuser.

Parallèlement, ce dimanche, des millions de personnes vont exercer cette petite parcelle de pouvoir, ce petit morceau de vengeance sur ceux qui ont, à l’élection précédente, fait exactement la même chose. Youpi, les oppresseurs changeront peut-être un peu. Mais à la fin du dépouillement, il y aura toujours des oppresseurs.

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Source : http://h16free.com/2017/05/21/58289-redite-houellebecq-democratie-directe-et-cases-a-cocher


Joli mois de mai, joli gouvernement

vendredi 19 mai 2017 à 09:00

Le Youpi™® continue ! Après le Youpi™® naturellement poussé suite à l’arrivée en fanfare d’un nouveau président très bon état général (très peu servi), voilà une nouvelle fois l’occasion de se réjouir avec la nomination d’un gouvernement resserré, de combat, efficace, jeune, frétillant et politiquement bien construit.

Et je dis ça sans ironie : reconnaissons à Macron d’avoir finement joué pour le moment puisqu’il a réussi là une belle synthèse. Du genre 1 et 2 à égale quantité, de l’énarque en bonne dose, une fine vapeur de société civile, une subtile dose d’ancien maoïste avec Gérard Collomb, une pincée d’ex-marxiste avec Jean-Yves Le Drian, du droitard bien tradi avec Darmanin, une louchée de droite molle pour Edouard Philippe, une giclée de vieux briscards Modem qui niait pourtant toute participation au gouvernement et même de l’anguille parfum Tout Ce Qui Passe avec Le Maire, vraiment, pas de doute, c’est habile.

Nicolas Hulot est aussi une belle prise, illustration rigolote qu’on peut très bien survivre à une incohérence idéologique complète, lui qui étrillait Macron il y a encore quelques semaines en estimant qu’il n’avait pas compris « que c’est bien un modèle ultralibéral qui est à l’origine de la crise écolo ». Caution people et personnalité aimée des Français qui adorent les jolies images des vertes prairies sabotées par les méchants capitalistes filmées depuis un hélicoptère éco-conscient cramant 50L de fossiles à l’heure, le petit Nicolas a finalement accepté de rejoindre la Dream Team, le tout avec un rang protocolaire qui frôle l’indécence, ce qui a le mérite évident de faire immédiatement taire toutes les cucurbitacées vertes des précédents gouvernements et des partis chlorophylophiles en complet désarroi.

Bref, il y a boire et à manger et encore une fois, Macron montre qu’il veut et sait, dans une certaine mesure, satisfaire quasiment tout le monde. Mais bien au-delà de ces constats d’usage, observons simplement le paysage politique français à la suite de ces nominations : c’est carrément une boucherie.

Pas un parti n’est épargné, pas une formation n’a survécu intacte à ce qui vient de se passer, et il y a pour cela toutes les raisons de se réjouir franchement.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il est encore bien trop tôt pour porter le moindre crédit à la brochette de nouveaux saltimbanques entrés dans l’arène du cirque Édouard Philippe. Il va falloir attendre une peu, et tout porte à croire que d’une part, les prochaines législatives pousseront à un remaniement (plus ou moins violent selon l’ampleur de la « victoire »), et d’autre part que la réalité, qui n’a pas bougé d’un chouilla, rappelera aux Français qu’un gouvernement et un Etat ne peuvent pas tout.

Mais en attendant, réjouissons-nous : depuis quelques jours, ce sont bien des couinements d’agonie qu’on entend de tous les côtés du spectre politique ; les manœuvres des uns et des autres pour tenter de sauver leur poste ou leur avenir sont particulièrement réjouissantes. Les contorsions des militants de tous bords, forcés de voter Macron au second tour et qui voient maintenant leurs partis se déliter en quenouille, sont tout aussi cocasses.

À gauche, il faudrait être vraiment bégueule pour ne pas goûter à la tête d’enterrement de Ségolène Royal qui se retrouve sans ministère ni mandat et veut tenter l’entreprenariat, sans doute pour goûter enfin aux joies d’une faillite rien qu’à soi. Cela lui changera des faillites distribuées aux autres. Difficile de ne pas se réjouir des grimaces de Najat Vallaud-Belkacem qui lâche enfin son travail de destruction méthodique de l’Éducation Nationale pour tenter de décrocher une place de député à Villeurbane. Amis lecteurs qui votez encore, ne lâchez rien : l’échec de Najat est à portée de votre main. Je passe pudiquement sur le cas de Valls dont la gluance atteint maintenant des sommets et pour lequel, là encore, l’échec devient vraiment possible, quasi-palpable. Là encore, voter contre lui pourrait procurer un plaisir simple. Réfléchissez-y.

À droite, le constat est le même : les uns et les autres fuient un navire qui ne sait plus s’il coule, s’il rentre au port, s’il change de cap ou fait un peu tout ça en même temps. Moyennant quelques décisions catastrophiques que, soyons en sûr, la droite la plus bête du monde est parfaitement capable de prendre, une bonne déroute électorale, une jolie branlée de magnitude 9 est envisageable et d’ailleurs, Fillon, devenu précisément expert en dérouillée vigoureuse, y songe déjà. Il n’a pas tort puisque là encore, les électeurs pourront se payer quelques belles mises en orbites de cadors boiteux dont la droite s’encombre avec obstination, comme NKM par exemple.

Aux extrêmes, le bonheur est déjà plein : le Front National est déjà parcouru de soubresauts ridicules. Marion Maréchal-Le Pen, lucide, a judicieusement choisi d’abandonner la Marine qui s’était sabordée au cours d’un débat d’entre deux tours absolument minable. Philipipeau, idiotement sûr de détenir la clef des prochains scrutins, se lance dans son propre mouvement socialistoïde. S’il joue bien, il pourrait courageusement se mégretiser et débarrasser enfin le pays de sa pénible présence. De son côté, Mélenchon, le bourrichon tout remonté et le melon tout gonflé, continue de croire en sa bonne étoile alors que son aura commence déjà à montrer des signes évidents d’affadissement. Là encore, avec un peu de chance et grâce à des triangulaires voire des quadrangulaires torrides, son parti pourrait ne représenter qu’un petit croupion pittoresque à l’Assemblée nationale.

Mieux encore : depuis ce nouveau gouvernement, toute la droite et toute la gauche traditionnelles sont sidérés. On n’entend plus les hordes d’imbéciles socialistes de droite et de gauche tant ils ne savent plus sur quel pied danser. Le trotskysme, le bolchevisme et les bêtises communistes n’intéressent plus personne. Le Parti Socialistes est devenu un sujet de poilades à la machine à café (Cambadélis alimentant de surcroît de belles rafales de tweets photoshoppés pour les rieurs de tous bords), les Républicains parviennent presque à se faire oublier tant leurs dissensions internes empêchent de suivre qui est avec ou contre qui, les Verts ont disparu corps et biens et le reste n’existe plus qu’à l’état de traces, comme les gaz rares.

Non, vraiment, il n’y a pas à tortiller, Macron a réussi quelque chose de phénoménal : dissoudre à peu près tout les partis français dans leurs incohérences internes.

Le souci, bien sûr, est qu’il ne l’a pas fait en apportant une solution radicalement différente, mais en se contentant de profiter de ces incohérences. Il a formé un nouveau centre, attrape-tout, idéologiquement illisible puisque patchwork de pensées bigarrées, de volontés diverses, de compromis forcément foireux puisque construits sur des désirs antagonistes. Avec deux doigts de lucidité, on comprend que tout ceci ne durera qu’un temps et que très forte est la probabilité que Macron fasse un petit sirop de socialisme mou, que dans cinq ans la part de l’État dans l’économie soit supérieure à 57% du PIB, que les prélèvements obligatoires aient encore augmentés et que la législorrhée ait encore grimpé au profit d’une complexité administrative accrue.

Certes.

Mais en attendant, rien ne nous empêche de nous gondoler. Après tout, on paye pour.

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Source : http://h16free.com/2017/05/19/58268-joli-mois-de-mai-joli-gouvernement


Prélèvement à la source : la première catastrophe industrielle du président Macron ?

mercredi 17 mai 2017 à 09:00

Il aurait été franchement dommage de partir sans laisser de cadeaux. C’est très sûrement ce que se sont dit les fines équipes hollandaises dans la dernière semaine du quinquennat du président flambiste, à tel point qu’elles ont multiplié les mesures de dernière minute pour s’assurer de boucler les affaires courantes et les petits dossiers brûlants. Le président Macron n’a pas encore ouvert les jolis paquets colorés mais gageons que les surprises feront des heureux.

Prenez le tirage au sort en guise de « sélection » à l’université : que voilà une idée lumineuse, éminemment bisou-compatible, et qui assure une amélioration notoire du niveau des étudiants pour la prochaine rentrée ! Non seulement, cela va encourager les uns et les autres à travailler en amont puisque bon ou mauvais, chacun aura sa chance, mais en plus, cela garantira une saine variété des prérequis universitaires qui promet, à terme, une excellence des étudiants et une forte remotivation des enseignants.

Mais ici, on ne parle que d’éducation. C’est un sujet relativement badin dont le président Macron ne fera qu’une bouchée, entre deux apéricubes républicains que les prochaines semaines lui promettent. C’est un sujet léger même, comparé à celui, plus lourd et certainement plus sensible, de la nouvelle fiscalité créative que Bercy entend mettre en place dans les prochains mois.

Vous n’en avez pas entendu parler ? Vous ne voyez pas de quelle créativité je veux parler ? Allons, je sais que la campagne présidentielle, palpitante à force de rebondissements, vous aura probablement focalisé sur un avenir qu’on sent de plus en plus agité, mais tout de même, qui pouvait oublier que, depuis plusieurs années, tout le monde s’est mis en tête, au sommet de l’État, de trouver de nouvelles façons de ponctionner le contribuable ? Qui pouvait omettre que Sapin et sa brochette de génies travaillaient dur à la mise en place du prélavement prélèvement à la source ?

Eh oui, rappelez-vous : dès 2015, on trouvait déjà cette envie gravée dans la feuille de route de nos énarques fiscalisateurs. À l’époque, le chantier était lancé en fanfare alors même que, pourtant, quelques doutes planaient sur la capacité de l’État à mener à bien un projet informatique de cette ampleur. Certains méchants commentateurs ne se sont d’ailleurs pas privés, les vils, de noter qu’en la matière, les administrations concernées n’avaient jusqu’à présent guère démontré leur maîtrise de l’outil informatique.

Il est vrai que si l’on passe pudiquement sur l’actuelle informatisation de la saisie des impôts français, qui fait quelque peu frémir celui qui a connu la gestion internet d’impôts outre-France, l’État français s’est tout de même illustré par quelques foirages retentissants. L’informatique du RSI, grande et belle administration qui rappelle systématiquement les meilleurs passages de Fantasia où des hippopotames tentent de danser avec grâce (l’analogie s’arrête là tant le film de Disney est beau et l’informatique du RSI immonde) ; la fusion des Assedic avec l’ANPE, voilà encore un beau cas d’école d’une grande réussite informatique ; Louvois, ce logiciel de gestion de la solde des militaires qui n’a jamais réussi qu’à augmenter celle des sociétés contractantes ; le logiciel de l’Opérateur National de Paie, chargé de s’occuper de la paie de millions de fonctionnaires français, et qui n’aura finalement jamais vu le jour ; bref, autant d’exemples gratinés (il y en a d’autres) que notre administration, confrontée à l’informatique, réalise des miracles en terme de performances budgétaires et de gestion de projet…

Dans ce cas, si le passé est un quelconque indicateur de l’avenir, la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu promet donc de grands moments de solitude au contribuable français, malgré l’assurance que tout se passerait bien proférée avec aplomb en mars 2016 par Christian Eckert et sa troupe d’équilibristes fiscalistes survitaminés, date à laquelle la décision est fermement actée, sans possibilité de retour arrière. Et malgré quelques passes d’armes en novembre de l’année dernière, le projet est donc entériné par l’Assemblée sous les applaudissements et au milieu d’une liesse populaire évidente tant ceci était réclamé de toutes parts.

Le président Macron va donc devoir faire avec un projet qu’on sait déjà coûteux, extrêmement complexe, pas réellement populaire et qui peut très fortement déraper vers le n’importe quoi explosif comme en ont témoigné les précédents exemples.

On comprend que le pauvret, mis devant le fait accompli, ait poussé l’idée d’un bon gros audit de tout le tremblement, confirmé par Benjamin Grivault, le porte-parole d’En marche ! … Malheureusement, l’équipe sortante a absolument tout fait pour que ce projet se réalise puisque le ministre du budget sortant a signé mercredi dernier les décrets entérinant ce prélèvement à la source, rendant tout report relativement compliqué.

Audit ou pas, les petits Français vont goûter à une nouvelle façon de se faire ponctionner et Macron va devoir gérer ce qui ressemble déjà de loin à un petit souci, et de près à une grosse, une énorme catastrophe industrielle : tous les ingrédients semblent en effet réunis pour faire un maximum de mécontents, même si tout se passe bien, et un maximum de dégâts si cela se passe mal.

Outre l’évident surcoût pour les entreprises qui, dans cette nouvelle méthode de ponction, se retrouvent à gérer l’impôt pour le compte du Moloch, se pose la question de la confidentialité des données entre les salariés et les services de paie qui devront tout savoir de ce dernier pour établir un relevé fidèle de l’impôt à payer. L’impôt français étant de surcroît calculé en tenant compte de la situation maritale, les possibilités d’erreurs sont quasiment infinies. Tant du côté des syndicats que des entreprises, l’impôt à la source revient à mettre en place une énorme usine à gaz qui touche à la fois aux ressources financières des personnes concernées qu’à une certaine partie de leur intimité (patrimoniale ou familiale, par exemple).

En réalité, il n’y a aucune chance que le passage au prélèvement à la source se passe sans problème.

Pire : il n’y a aucune chance que cela représente une véritable simplification.

Si le système informatique est aussi bien conçu que ce qui se trouve derrière la gestion des dossiers de Sécurité Sociale, d’indemnités chômage ou du RSI, de la solde des militaires ou des autres prouesses techniques de l’État français, des millions de contribuables vont connaître de folles aventures. Et toute simplification obtenue du côté du salarié le sera au détriment des entreprises qui vont devoir gérer une immense dose de complexité supplémentaire. Ça tombe bien : les entreprises françaises nageaient dans la simplicité.

Mais ne vous inquiétez pas : il ne fait aucun doute que ces problèmes seront largement résolus par tout l’appareil politique et administratif du pays, cornaqué de main de maître par un Macron déjà auréolé d’une gloire difficilement compressible dont la presse fait état sur des articles de plus en plus nombreux. On ne saurait imaginer une erreur de jugement sur un sujet aussi explosif. L’impôt à la source sera mis en place, tout se passera bien, et les contribuables pourront même pousser un petit soupir de soulagement en oubliant le tiers provisionnel.

Forcément, ça va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2017/05/17/58222-prelevement-a-la-source-la-premiere-catastrophe-industrielle-du-president-macron


Une semaine plus tard, tout redevient comme avant

lundi 15 mai 2017 à 09:00

Voilà, c’est fait, Macron y est. Les choses sérieuses peuvent commencer et le renouvellement peut enfin débuter. Ou presque.

Parce qu’à bien regarder la semaine qui vient de s’écouler pour aboutir à ce petit moment républicain qui croustille, tout tend plutôt à montrer que la politique politicienne reprend bien vite ses droits partout dans le microcosme parisianno-centré. La foulée « En Marche » semble se transformer rapidement en petits pas minuscules de retraité pantouflé.

Les semaines qui suivirent les « stupéfiantes » révélations sur les emplois de la famille Fillon permettaient assez bien d’illustrer ce que pouvaient donner des rats fuyant un navire. Celles qui viennent de s’écouler donnent un ton particulier à la recomposition actuelle de la politique française.

On vient ainsi d’observer les extrémités auxquelles des naufragés de pédalos sont prêts à se livrer pour conserver l’accès à la gamelle républicaine. Je ne reviens pas sur le cas pathétique de Manuel Valls, barbotant dans le ridicule et l’absence consumée de honte et de colonne vertébrale, tentant le tout pour le tout auprès d’un subordonné devenu patron. Je passerai aussi rapidement sur le trio de mégères socialistes, Aubry, Taubira et Hidalgo, déjà évoquées dans un précédent article, qui tentent une chorégraphie pardon un « mouvement » pour animer un peu le cadavre du PS pendant que Cambadélis, jamais à cours de pitreries, harangue les passants du haut de sa palette rouge. Rassurez-vous : la droite n’est pas en reste puisque du côté des extrêmes, l’alliance humide entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, à l’instar d’un mariage de Brittney Spears, est terminée avant d’avoir pu donner le moindre bénéfice ; l’autre droite, elle, n’a pas attendu la fin du second tour pour se déchirer entre les partisans d’un avachissement global d’un programme politique déjà pas trop vigoureux et ceux, plus déterminés, ouvertement adeptes d’une bonne couille-mollisation à la Juppé.

Mais ce qui se passe en coulisse d’En Marche permet de remettre quelques pendules à l’heure et notamment celles de militants un peu trop naïfs qui auraient oublié ce que « politique politicienne » veut dire : on contemple à présent toutes les petites manigances habituelles qu’on croyait pourtant avoir disparues avec l’arrivée de « notre » nouveau-président jeune et dynamique.

Eh oui, manque de bol, si le pays s’est mis en marche, ce n’est pas pour arpenter des sentiers inconnus mais les routes déjà hyper-fréquentées de toutes les habituelles tractations en coulisses et autres petits arrangements entre « amis » mutuellement profitables.

Voilà que Bayrou, éternel cocu de la République, se découvre une nouvelle paire de cornes : le nombre d’investitures de candidats MoDem est bien inférieur à ce qu’il attendait en retour de son soutien gratuit et surtout officiel à Macron. Oh. Zut alors. On appréciera au passage l’imbroglio qui a suivi à ce sujet, où le dit Bayrou tente de faire croire qu’il a obtenu un accord avec Macron alors que, de son côté, le secrétaire général de La République en marche explique qu’il n’y a aucune espèce d’accord entre eux.

Voilà Bruno Le Maire, valorisé 2% à la criée en novembre dernier, qui tente de récupérer l’un ou l’autre poste en vacance chez Manu le petit nouveau, tout en conservant tout de même un pied chez Les Républicains, des fois qu’il n’y aurait rien là-bas : après tout, si Valls, avec un tel passif, ne renonce pas à réclamer, pourquoi Le Maire s’en priverait-il, lui qui n’a jamais réussi à être nul qu’à un niveau ministériel moyen, jamais comme premier ministre ? Certes, il reste aussi possible que les nombreuses manœuvres en coulisse qu’on prête au petit Bruno ne sont que rumeurs lancées par En Marche pour déstabliliser une droite dont on se doute que, unie, elle pourrait bien gêner fortement le nouveau président. Certes. Mais quand bien même : on serait, là encore, dans la petite politique politicienne tout ce qu’il y a de plus standard, non ?

Et pour avoir évoqué Valls, voilà que la République se garde bien de se mettre En Marche sur ses plate-bandes en ne nommant personne en face de lui dans sa circonscription… Commode coïncidence, et calcul électoral logique : même avec des chances réduites de l’emporter, Valls – susceptible de voter dans le sens de Macron – est préféré à un emmerdeur de droite ou, pire encore, de cette France Insoumise qui fera barrage à tout et dont on ne connaît pas encore la force réelle.

En pratique, le renouveau politique est très finement calculé : on fait du nouveau, oui, mais là où il n’y a aucun risque. Comme prévu, on récupère ce qu’on peut dans les vieux pots, ou du moins, on essaye. Et quand on prend un trop gros risque, comme avec le frétillant conseiller communication de Hollande, Gaspard Gantzer, ami de promo de Macron à l’ENA, en le parachutant à Rennes, on se doit de rétropédaler rapidement, exactement comme jadis les politiciens roués qui ont émaillé la politique française jusqu’à présent.

Pour d’autres enfin, le risque ne sera certainement pas pris par la République En Marche qui ne fera surtout pas le premier pas : pour Le Foll, Touraine et El Khomri, il faudra que ces derniers abandonnent l’étiquette PS pour pouvoir se retrouver au sein du « mouvement ». Apparemment, Macron aura jugé que ces tristes personnages n’ont pas déjà fait assez de dégâts pour leur redonner une chance, cette chance dont le pays ne semble vraiment pas jouir actuellement… Il n’est qu’à voir les premières nominations présidentielles qui ne surprendront que les plus naïfs qui auraient vraiment cru à cette histoire de renouvellement : on est allé, là encore, piocher dans les énarques et Science Po, sans originalité ni aucune prise de risque.

Bref, malgré toutes les promesses de changement, toutes les admonestations à faire de la politique autrement, il reste encore trop de vieux débris, de jeunes cancrelats et de vipères gluantes qui parviendront à se recaser, à continuer de vivre dans les couloirs dorés de la République. Les habitudes ont la vie dure et ce n’est pas encore maintenant qu’on observe un vrai changement de celles-ci.

Certes, Macron, trop neuf, devra composer. Certes, il est entendu que la nouvelle Assemblée sera forcément composée pour partie de ces insubmersibles grouillots qui patinent, de législature en législature, les ors républicains. Certes. Mais au moins pouvait-on espérer, vaguement, que les renoncements, les petits arrangements, les tractations et la politique politicienne dans ce qu’elle a de plus bas n’interviendraient qu’une fois ces législatives passées, pas avant.

Certes, il ne pleut pas à grosses gouttes. Mais les nuages s’accumulent déjà et quelques gouttes tombent…

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Source : http://h16free.com/2017/05/15/58211-une-semaine-plus-tard-tout-redevient-comme-avant


[Redite] Londres accueille avec joie les Olympiades de la Dépense

dimanche 14 mai 2017 à 11:11

Article initialement paru le 22 juin 2012

Alors que la course aux Jeux Olympiques de 2024 continue et que seuls Los Angeles et Paris sont encore dans la course, je vous propose de revenir sur ceux de 2012 qui eurent lieu à Londres et qui, conformément à ce qu’on pouvait en attendre, se soldèrent par de belles cérémonies et… un bilan économique franchement mitigé. Or, si les Anglais firent preuve, à l’occasion, d’une relative maîtrise de leur budget, la façon dont se profile l’affaire avec Paris laisse augurer de soucis financiers autrement plus aigus, détaillés par un récent article de Capital qui ne laisse aucun doute planer sur le fiasco financiers que nos amis socialistes sont en train de nous préparer avec notre argent.

Dans quelques semaines, Londres et les Londoniens auront l’immense bonheur d’accueillir les Jeux Olympiques et permettront au monde d’oublier les petits soucis quotidiens en regardant de frêles jeunes filles lancer des poids avec grâce dans l’azur ensoleillé de la capitale britannique, ou de fringant jeunes hommes trottiner sur 100 m à 36 km/h de moyenne sans l’aide d’aucune potion magique. Et puis après, le monde s’effondrera.

Enfin, pour le monde, je ne sais pas. Mais pour l’équilibre budgétaire de la municipalité de Londres, en revanche, là, je suis sûr qu’il va morfler sévère.

« Rooh », se dira le lecteur habituel et blasé. « Encore une dose de méchanceté et de mauvaise foi ! Qu’a-t-il donc à reprocher à cette magnifique manifestation d’entente planétaire dans une compétition saine et colorée ? Tout ça, c’est bien sûr, parce que la France n’a pas décroché la timbale en 2005 lorsque les jeux furent attribués à Londres plutôt qu’à Paris ! »

En fait, rien de tout ça, mais avant d’entrer dans le sujet, revenons rapidement en juillet 2005 : après un suspens insoutenable, le Comité Olympique annonce que bah non, Paris ne gagne pas le droit d’organiser les jeux de 2012, ce sera Londres.

C’est la déception dans les rangs français, emmenés, on se le rappelle, par Bertrand Notre Dame de Paris Delanoë, qui va d’ailleurs s’épancher dans le journal de France 2, snif snif, c’est terrible de voir tout ce vivrensemble qui vient de se prendre une tarte maousse pas du tout bisounours :

Eh oui, comme le dit Bertrand, « une défaite un peu inexplicable » compte-tenu du graissage de patte quasi-industriel qui avait eu lieu avant mais qui n’a pas suffi devant la distribution de bonbons encore plus forte côté britannique, et qui a donc plongé le Maire de Paris dans un désarroi lacrymogène. Sur le coup, donc, euphorie londonienne et pleurnicheries parisiennes. Enfin, officiellement.

Officieusement, côté britannique, certains avaient déjà fait des calculs et commençaient à tirer une tête bien sombre. En France, pas mal (dont moi-même) poussèrent un ouf de soulagement en apprenant la défaite de Paris, suivi d’ailleurs immédiatement d’une joie un peu sadique en constatant la mine défaite de l’improbable maire parisien. Nous aussi avions fait nos calculs.

Nous voici sept ans plus tard, au moment où les jeux vont débuter.

On peut déjà parier que ces jeux seront, sur le plan sportif et événementiel, parfaitement organisés, et il est probable qu’ils seront une belle réussite. Les touristes, venus pour l’occasion, en auront pour leur argent, au moins en ce qui concerne le sport (pour la bonne chère, ça reste l’Angleterre, tout de même, n’exagérons rien).

Mais pour le reste, on comprend déjà que tout ne va pas être aussi génial. S’il y a bien quelque chose qui va décidément être sportif, ce sera le rétropédalage des autorités lorsqu’il s’agira d’expliquer que l’opération globale des jeux olympiques menés à Londres n’est pas un gouffre financier.

Non pas que les Jeux Olympiques devraient, par nature, représenter un bonus économique important. De loin en loin, depuis les jeux de Los Angeles en 1984, pas une seule fois les Jeux n’ont rapporté un kopeck à ceux qui les avaient organisés.

On pourrait, à la limite, se contenter d’un budget à peu près équilibré permettant d’éviter de creuser les poches des contribuables. Mais là encore, que nenni : c’est, de façon systématique, un gouffre financier avec, littéralement, des milliards d’euros, de dollars ou de livres sterling dépensées sans espoir de retour. « Roooh » va-t-on encore me sortir ici, doublé d’un « Ce n’est pas possible, avec toutes les retombées médiatiques, le tourisme, et tout ça, l’opération doit être bien moins catastrophique qu’il le prétend, cette mauvaise langue ! »

Sauf que lorsqu’on épluche la presse et les chiffres évoqués pour les chantiers londoniens en cours, on obtient ceci : en 2002, le montant de la facture des Jeux était estimé à 2.8 Milliards de dollars. En 2012, la municipalité de Londres avoue en avoir dépensé 15, ce qui fait un joli x5. Ici, ce sont les contractants qui se frottent les mains, et les contribuables les yeux : un dépassement de budget d’un rapport cinq, c’est tout de même une performance assez remarquable. D’autant que la dernière estimation du coût final, une fois les Jeux terminés, s’établit à présent bien au-delà des 24 milliards de livres (38 milliards de dollars, à la louche). Là encore, on parle d’un gros facteur 13, ce qui donne un peu le vertige.

Évidemment, la facture finale pour Londres, alors que la crise s’est déchaînée entre les larmes de Delanoë, en 2005, et maintenant, remet en perspective les craintes de ceux qui redoutaient ces jeux pour leur capitale (qu’ils fussent parisiens ou londoniens), notamment lorsqu’on se rappelle d’une précédente capitale, Athènes, et de sa petite note de 11 milliards de dollars largement supportée par le peuple grec puis le reste de l’Europe par le truchement d’une tuyauterie financière qui n’a plus de secret pour personne.

Jeux Olympiques d'Athènes 2004

En réalité, les Jeux, s’ils sont Olympiques, le sont surtout du côté des dépenses générées. On entend souvent que les jeux se rembourseront, mais la réalité est que la plupart des équipements sont construits de façon spécifique pour les sports qui vont y être pratiqués le temps des jeux (un mois) puis être, purement et simplement, détruits ou abandonnés. Par exemple, il n’y a pas bousculade de licenciés pour du handball en Angleterre, et le kayak, en Grèce, n’a jamais mobilisé les foules.

Le fait d’héberger les jeux pendant un mois signifie effectivement que la ville va voir l’activité économique exploser juste avant, mais cette activité profite surtout à des contractants extérieurs qui connaissent les besoins, contraintes et spécificités des infrastructures de ce genre d’événementiels. Rares sont les contractants locaux habitués à gérer ces paramètres. L’argent dépensé par les Londoniens dans ces conditions finit donc par quitter la ville, voire le pays, dans sa plus grosse partie. En outre, les emplois créés le sont de façon purement temporaire : la folie des jeux retombée, il n’en reste plus qu’une toute, toute petite partie.

Observation vraie pour les emplois qui s’étend au tourisme : boosté le temps des jeux, les touristes ne viendront pas plus l’année prochaine à cause d’infrastructures désertées ou démontées. De surcroît, les touristes qui peuvent se permettre d’aller aux jeux (avec des dépenses afférentes de plusieurs milliers de dollars) sont peu nombreux, et ne reviendront pas. Quant à l’idée que les jeux provoquent une ruée sur les sports ainsi médiatisés et entraînent donc un regain de consommation correspondante, c’est juste ça : une idée, fausse de surcroît. Je ne pense pas que vous vous soyez récemment rué sur une paire de pompes en ayant regardé Usain Bolt réaliser ses performances. À la limite, ça aurait même tendance à décourager.

Non, pas de doute : les jeux sont des gouffres financiers. Colorés, joyeux, festifs, forcément citoyens (du monde) adossés à une compétition dans un esprit de partage et de fraternité évidemment planétaire avec des rafales de bisous écoconscients en package bonus. Mais ça reste des gouffres.

En ces temps de crise violente, on comprend maintenant mieux les grimaces des londoniens, et mieux aussi pourquoi le petit Bertrand semble avoir largement digéré la pilule.

En effet, quand on sait que la Ville de Paris est, techniquement, dans la dette et les déficits jusqu’au cou, que ses dépenses ont bondi sous l’ère Delanoë de plus de 44%, en parallèle d’une explosion du nombre d’employés et de l’absentéisme, bref, que la situation financière de la ville est proprement catastrophique, on imagine qu’avec les Jeux Olympiques, la facture finale aurait été démentielle.

Tous comptes faits, les Français en général et les Parisiens en particulier pourront remercier chaudement le Comité Olympique d’avoir choisi Londres plutôt que Paris. Les larmes de Delanoë de 2005 prennent un goût étonnamment sucré.

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Source : http://h16free.com/2017/05/14/58234-redite-londres-accueille-avec-joie-les-olympiades-de-la-depense