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Un second tour Macron Le Pen ? « Normal »

lundi 24 avril 2017 à 09:00

Encore une fois, le peuple français se caractérise en faisant systématiquement à l’inverse du peuple anglo-saxon. Alors que ce dernier est toujours resté conscient de la manipulation des médias lorsque cette intelligentsia tentait de leur faire gober un « Remain » encombrant ou une Clinton corrompue, le peuple français, lui, a sagement choisi d’aller dans le sens désigné et de porter aux nues la création médiatique qui leur était offerte. Macron se retrouve donc au second tour.

Or donc, tout se déroule comme prévu : François Hollande, incapable de se faire réélire pour cause de quinquennat catastrophique, de bilan abyssal et de popularité microscopique, aura quand même réussi le tour de force de propulser son factotum au second tour de l’élection présidentielle. Chapeau, l’artiste politique !

On peut espérer que les deux semaines qui s’ouvrent à présent seront mises à profit par François Macron pour récompenser son électorat en livrant les points saillants de son programme, sans se contredire trois fois dans la même phrase et en donnant enfin quelques éléments tangibles, chiffrés et solides.

Plus probablement, on devra simplement se coltiner les tombereaux d’articles lacrymogènes d’une presse transie d’effroi à la perspective (largement fantasmée) d’une accession au pouvoir de Marine Le Pen : au moins notre petit marcheur pourra-t-il mener un âpre combat, repousser la bête immonde, son ventre fécond, ses heures les plus sombres et tout le tralala républicain, ce qui ne devrait guère lui laisser le temps de préciser sa vaporeuse pensée.

Quoi qu’il en soit, et au-delà de l’incroyable pari hollandesque réussi, on peut d’ores et déjà retenir quelques autres grandes leçons de ce scrutin.

L’effondrement des vieux partis

D’une part, le Parti Socialiste et Les Républicains ont vécu. Ces deux partis, fossilisés sur des paradigmes poussiéreux, viennent de s’effondrer. Si le score de Fillon laisse encore des espoirs à la droite de se recomposer pour les législatives, le score du Schtroumpf Frondeur atteste assez radicalement de la scission claire entre les vieux débris socialistes mené par Aubry et les brontosaures du même tonneau d’un côté, et l’aile sociale-démocrate, plus centriste, largement incarnée par un Macron qui peinera vraiment à faire croire qu’il est autre chose qu’au centre mou.

Une France encore plus pleine de collectivistes

D’autre part, Le Pen à plus de 20%, Mélenchon qui flirte avec ce chiffre, cela nous fait tout de même une belle brouettée de collectivistes qui rêvent humidement de prendre le pouvoir pour, enfin, faire rendre gorge qui à la finance apatride, qui à l’immigration patricide. Cela fait près de 40% d’électeurs encore et toujours attirés par l’impôt, la taxe, la ponction et un État fort. Cela fait toujours plus de monde délicieusement enivré à l’idée de pouvoir foutre (au choix) les noirabesétrangers ou les juifsbanquiers dehors. Ce n’est vraiment pas réjouissant.

Ce qui l’est en revanche, ce sont les petits couinements de déception des mélenchonistas : eh non, le Grand Soir, ce n’est pas encore pour cette fois-ci. Bien évidemment, leur vision de la démocratie se heurte assez violemment à l’exercice démocratique réel, ce qui provoque des petits prurits violents chez certains d’entre eux ce qui n’étonnera que les plus naïfs.

Une trudeautisation de la vie politique française ?

Le second tour n’est pas joué et des surprises sont toujours possibles (depuis l’attentat en passant par des événements extérieurs majeurs, personne n’est à l’abri). Mais si l’on part sur l’hypothèse d’un Macron élu, on se retrouve dans une situation assez comparable avec ce que vivent nos amis Canadiens avec leur Trudeau premier ministre : un social démocrate mou, qui ne propose à peu près rien de concret et a beaucoup misé sur son physique de jeune premier. Trudeau a tout de même marqué les esprits en favorisant la légalisation du cannabis et en ouvrant la possibilité d’exploitation des gisements de gaz de schiste. En France, rassurez-vous, il n’y aura rien de tout ça : les Français devront se contenter de jolies photos diplomatiques avec Manu et Brigitte, ce qui promet de bousculer du caniche, on en conviendra aisément.

Et au-delà, les législatives promettent à la fois une recomposition massive du paysage, et une probabilité non nulle d’une cohabitation ou d’un gouvernement mi-chèvre mi-chou dont on se demande exactement comment il pourra piloter la France vers la moindre réforme.

Un vrai bon retour au Normal.

La campagne, à présent, revient sur un mode normal, aussi normal que jadis le président Hollande : simple opposition entre un vrai bon petit gars républicain et l’hydre fasciste, il suffira de nous tympaniser sur ce thème pour que l’élection du Choisi se déroule sans problème. Ceux qui, à l’extrême-gauche, n’avaient que le peuple à la bouche en seront pour leur frais et montreront tout leur amour de la démocratie en grandeur réelle. Ceux qui attendent un grand procès Fillon où l’on y parlera du président à titre costume en seront eux aussi pour leur frais : il est assez probable que l’impétrant ne représentant plus une menace, ses ennuis judiciaires s’évaporeront gentiment.

La France pourra revenir à ses habitudes : le patinage artistique sur la dette, la gréviculture délétère, la taxation tous azimuts et le rattrapage budgétaire à coups d’impôts plus ou moins violents. Et comme je le disais dans un précédent billet, l’immobilisme faisant rage, on peut s’attendre à cinq nouvelles années d’illusions brisées et de déconfiture continue. Bref, le retour à la normale.

Chirac nous a fait regretter Mitterrand. Sarkozy aura relevé le défi avec brio et nous aura fait regretter Chirac. Hollande n’a pas baissé les bras et nous a largement fait regretter Sarkozy. Ne vous inquiétez pas : Macron sera à la hauteur et nous fera regretter Pépère ; maintenant, c’est en marche. Ou crève.

Source : http://h16free.com/2017/04/24/58065-un-second-tour-macron-le-pen-normal


Dix ans après

dimanche 23 avril 2017 à 11:05

Ce dimanche est un peu particulier. Je comptais, comme les précédents dimanche, vous proposer à la relecture l’un ou l’autre billet du passé, mais la circonstance justifie assez bien de procéder autrement. En remontant dans les archives, je suis tombé sur deux billets qui offrent un éclairage particulier à l’actualité du moment.

C’était il y a tout juste dix ans : le premier tour opposait alors 13 candidats, dont essentiellement trois se distinguaient par leur capacité à rejoindre le second tour. Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou semblaient dans la course pour accéder à l’Élysée. On sait depuis que le gagnant fut Nicolas Sarkozy, et que les perdants furent plusieurs millions qui méditèrent pendant cinq longues années de façon plus ou moins calme sur l’ironie du système démocratique qui leur avait joué ce mauvais tour.

Dix années se sont écoulées et c’est donc avec le recul et le savoir que procure le temps qui passe qu’on peut revenir sur ce qui était écrit à l’époque. Ainsi, entre les deux tours, je proposais le billet « L’impossible vainqueur », qui notait que le débat qui avait opposé Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy ne pouvait finalement admettre qu’un seul vainqueur, à savoir la candidate socialiste de l’époque.

Eh oui, on peut l’avoir oublié mais à l’époque mais les médias faisaient déjà l’extraordinaire travail qu’on constate encore de nos jours. Il y a dix ans cependant, leur crédibilité n’était pas aussi amoindrie qu’actuellement et lorsqu’ils accumulaient les articles pour expliquer pourquoi Ségolène Royal avait « gagné le débat d’entre deux tours », pourquoi elle avait montré une solidité de chef d’État, ces médias pouvaient encore faire illusion. Il est évidemment cruel de rappeler leurs analyses devant l’épreuve du temps : non seulement, Royal n’aura pas réussi à l’emporter devant Sarkozy, mais le recul permet d’affirmer que ce débat avait été particulièrement destructeur pour la candidate socialiste. Dans cette joute entre les deux candidats, on se rappelle qu’elle avait surtout enchaîné les sottises consternantes, depuis le raccompagnement de chaque policière en passant par le mélange de la comptabilité de l’État avec celle des assurances sociales, sans oublier sa méconnaissance inquiétante du nucléaire français.

Contre les évidences, la presse de l’époque avait déclaré péremptoirement un vainqueur et s’était donc planté, comme trop souvent lorsqu’elle verse dans le militantisme de base au lieu de s’en tenir à son simple devoir d’information. Depuis, dix années du même régime auront achevé de rendre les médias grands publics particulièrement fragiles. L’actuelle élection promet de confirmer encore cette tendance.

Au-delà de ce constat, je voudrais vous inviter à relire un autre billet, « Et maintenant ? », qui entérinait la victoire de Sarkozy.

Peu s’en souviennent en effet, mais les premières déclarations du nouveau président portaient sur… le changement, ce qui résonne, dix ans après, comme une musique particulièrement ironique :

« Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en oeuvre parce que c’est le mandat que j’ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. »

Ah, oui, le changement ! Ce changement que, finalement, Nicolas Sarkozy se sera empressé d’oublier en rase campagne, dès les premiers mois de son quinquennat qu’il dilapidera en mesurettes évasives et inutiles ! Plus drôle encore, c’est ce même changement qu’on nous proposera ensuite, cinq années plus tard et pourtant caché sous les traits d’un parangon d’immobilisme, François Hollande. Changement qui, comme pour Sarkozy, se traduira par une grande bouffée d’air tiède et quelques bricolages sociétaux dont la France pouvait fort bien se passer, vu les urgences autrement plus importantes qui auraient dû l’occuper.

Déjà, en 2007, on sentait nettement poindre l’absence de réelle envie de changement. Et dès mai 2007, il était facile de comprendre que le quinquennat de Sarkozy ne se plaçait pas sous le signe de la réforme pourtant nécessaire des institutions, des codes et des mentalités françaises.

En mai 2007, j’écrivais que la voie pour une réforme de ce pauvre pays est tellement étroite qu’elle ne laisse pas beaucoup de place à la tergiversation. Malheureusement, le mandat de Sarkozy fut essentiellement bercé de ces tergiversations qu’il aurait fallu éviter. Quant à celui de Hollande, ce fut cinq années de bricolages millimétriques pour ne surtout pas bouger. Bref, en avril 2017, je peux réécrire exactement la même chose, à ceci près que la situation a empiré, et les cartes politiques sont bien plus floues qu’alors : élus, les candidats de la droite auraient fort à faire pour dégager une quelconque légitimité (s’ils y parvenaient seulement) ; les candidats de la gauche se bousculent et se caractérisent tous par, au mieux, un immobilisme parfaitement dans la pire lignée des dix années précédentes ou, au pire, par une volonté de retour vers un collectivisme comme on n’en fait plus que dans les catastrophes économiques sud-américaines.

Dix ans se sont écoulés, et le constat est sans appel : ce furent dix ans de perdus.

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Source : http://h16free.com/2017/04/23/58057-dix-ans-apres


Et le troisième tour ?

vendredi 21 avril 2017 à 11:30

Décidément, ces élections ne sont comparables à nulles autres. Oh, bien sûr, la Cinquième République aura eu précédemment son lot de surprises, mais jamais scrutin n’aura semblé aussi ouvert, aussi imprévisible que celui qui s’annonce dimanche. Mais au-delà de la surprise de dimanche soir, il restera cependant quelques invariants.

Ces invariants sont esquissés, à demi-mots, dans un précédent billet : quel(le) que soit l’élu(e) désigné(e), la France devra ainsi toujours se coltiner une dette abyssale, un système de retraite archaïque, un niveau de prélèvement stratosphérique, une panoplie de services publics de plus en plus déglingués et des partenaires sociaux, tant côté patronal que salarial, englués jusqu’au cou dans les paradigmes idéologiques d’un autre siècle.

Bref, le nouvel occupant de l’Elysée aura fort à faire s’il compte effectivement appliquer son programme.

Pour Macron et Fillon, la question mérite d’être posée puisque l’un comme l’autre ont montré une certaine pusillanimité, tant lorsqu’ils étaient aux commandes de leurs portefeuilles respectifs que pendant la campagne où ce qu’ils proposaient a été sujet à des variations notables d’une semaine à l’autre.

Pour Mélenchon et Le Pen, on ne doute guère qu’ils voudront effectivement appliquer le bricolage rigolo pour enfants déficients qu’ils ont l’audace d’appeler programme. Mais des éléments extérieurs pourraient bien les en empêcher vivement : l’un comme l’autre, ennemis fièrement annoncés de la finance apatride capitaliste ultralibérale turbo-mondialisée (qui sonne foutrement mieux que « les étrangers » ou « les bourgeois », vous me l’accorderez), n’en sont pas moins à préconiser une relance vigoureuse des dépenses publiques à grands renforts d’argent des autres, ceux-là même qu’ils entendent combattre. Cela promet d’ores et déjà quelques petits moments surréalistes lorsqu’il faudra composer avec les ennemis (Hollande, le joyeux fossoyeur de ces élections, en sait d’ailleurs quelque chose et pourra filer quelques tuyaux de xyloglotte à nos deux tribuns ).

Mais dans tous les cas, que le peuple français ait pioché dans les clowns extrêmes ou les oints tièdes, tout le monde semble oublier, pour le moment en tout cas, ce troisième tour social qui a fait la spécificité et tout le charme de la République française, une, indivisible, citoyenne et festive.

Citoyenne et Festive, depuis 1789

Eh oui : une fois élu, le nouveau locataire devra impérativement faire avec les contingences évidentes du pays. Or, cela promet quelques parties de plaisir, vu l’état déplorable dans lequel Hollande l’a laissé (et même si ce dernier affirme le contraire, toute honte bue et avec l’aplomb consternant que seul les cuistres et les traîtres cyniques peuvent prodiguer).

Mélenchon président, c’est l’assurance que tous les petits pioupious de la République, maltraités par la gauche demi-molle et « turbolibérale » de Hollande, viendront pleurnicher aux portes du palais présidentiel pour réclamer la fin des hostilités. Jamais les sprinklers à pognon ne seront ouverts avec autant de vigueur et l’intermittence du spectacle n’existera plus : il sera permanent, chamarré et dans toutes les rues. Les baltringues et troubadours de l’indigence économique seront de sortie, cela va ripailler sévère les premières semaines.

Marine présidente, c’est un festival de hurlements de toutes les pleureuses médiatiques, de tout ce que l’administration, l’Education, la Culture ou la Justice contient de fiers résistants à l’hydre faââasciste qui combattront, soyez en sûrs, la trop grande fécondité du ventre de la beuhête immonheudeu. Le troisième tour social prendra toutes les formes possibles, grève incluse.

Si, avec Mélenchon et Macron, on peut raisonnablement parier sur la continuité d’un tranquille développement de la lutte permanente pour la « justice sociale », permettant à coup sûr d’importer des Etats-Unis la fine fleur des « penseurs » de ces théories fumeuses dans nos campus, nos entreprises et nos politiciens, l’avènement d’un Fillon ou d’une Le Pen à l’Elysée promettent que cette même herbe folle se mette immédiatement à entrer en transe, ses hurlements montant rapidement dans les ultrasons. Il n’est absolument pas exclu de constater des actions de plus en plus violentes, ces adulescents aux hormones mal contrôlées n’étant pas à un paradoxe près.

Mais il ne faudrait pas se réjouir trop vite d’une élection de Fillon ou Macron.

L’un comme l’autre seront des présidents élus avec une base extrêmement fragile. Pour Macron, la majorité parlementaire semblera difficile à réunir. Pour Fillon, tout le monde s’interrogera, presse et justice en premiers, sur la réelle légitimité de ce président aux nombreuses casseroles (réelles ou montées de toutes pièces, peu importe ici). Mais en définitive, chaque tentative de « réforme », aussi timide soit-elle, risque de jeter sur les routes et sous les pavés français des hordes de mécontents pas du tout d’accord avec cette version de la démocratie qui leur impose, zut et flûte, un président vraiment pas comme ils l’avaient prévu.

Autrement dit, si l’été permettra peut-être de ménager un couloir sans trop d’actions merguezo-syndicales, rassurez-vous : septembre 2017 promet déjà de belles luttes (pas du tout finales) pour les acquis saucissiaux du pays qui imposent des grillades dès qu’il s’agit de toucher aux 35 heures, à la retraite, aux dépenses publiques, aux impôts des uns et des autres, ou lorsque le fumet de la gamelle redistributive est par trop appétissant.

On l’aura compris : le troisième tour social aura bien lieu. Ce pays est trop fracturé, trop tendu, trop déchiré par trop de courants antagonistes pour que le quinquennat du prochain élu se passe en douceur ou avec l’assentiment des foules. Bien avant de désigner un gagnant, cette élection fournira une armée de déçus qui, quel que soit son camp, n’entendra rien laisser passer à celui qui aura décroché la queue du Mickey au manège présidentiel.

On sait qu’on aura droit à des manifestations, des protestations fortes, des débordements, des bras de fers plus ou moins légitimes, plus ou moins propres, plus ou moins lucides. Tout aussi certainement, on sait que les forces vives de la nation, ses artisans, ses (auto)entrepreneurs, ses commerçants petits ou grands, ses indépendants, ses professionnels un peu, moyennement ou beaucoup « uberisés », ses bénéficiaires de l’économie numérique ou ses victimes, ses écoles et crèches privées, j’en passe tant et plus, on sait que ceux-là deviendront inaudibles dans le brouhaha qui promet de s’installer dans ce troisième tour social, alors même que ce sont eux qui, tous les jours, créent les richesses que les actuels candidats entendent pourtant distribuer avec plus ou moins de générosité.

La France de mai 2017 promet d’être agitée. Il serait temps que ce soit par ceux qui la maintiennent la tête hors de l’eau. N’y comptez pas trop.

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Source : http://h16free.com/2017/04/21/58038-et-le-troisieme-tour


La tentation du pire ?

mercredi 19 avril 2017 à 12:00

Il y a quelques jours, j’estimais que cette élection prenait des tours quasiment comiques devant la brochette de clowns qu’on nous présente (certains, plus aimables, parlent simplement d’acteurs, mais le côté saltimbanque / intermittent du spectacle s’affirme décidément). Cependant, plus le temps passe, plus je dois me ranger à l’évidence : le côté comique s’est estompé à mesure que prend place le côté inquiétant.

Il suffit de lire quelques titres pour le comprendre : le match qu’on annonçait joué d’avance il y a quatre mois, avec Fillon contre Marine Le Pen, est devenu illisible puisque tous les cas de figure sont maintenant possible entre Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon qui se tiennent, tous les quatre, dans les 20% par tête de pipe et compte-tenu des marges d’erreurs de ces sondages dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils nous ont bien foiré leur prévisions sur les trois ou quatre scrutins précédents.

Le pire d’un second tour Mélenchon-Le Pen ?

Bref, l’inquiétude règne d’autant plus que prend corps le spectre d’un second tour opposant Marine Le Pen avec Jean-Luc Mélenchon.

Malgré tout, la présence du Petit Perd Des Pauvres après le premier tour, si elle reste pour le moment improbable, n’est ni fondamentalement impossible, ni une véritable surprise dans le contexte de cette élection. Dans ce cadre, Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une dynamique particulière.

D’une part, lorsqu’on regarde tous les candidats en présence, aucun n’est réellement surprenant : tous tiennent des discours déjà vus, déjà lus, déjà entendus, dans d’autres cadres autant que dans celui d’une élection. Tous sont issus, d’une façon ou d’une autre, d’un terreau politique parfaitement balisé (de l’ENA en passant par les coulisses de partis politiques ou syndicaux). Aucun ne peut prétendre, sans déclencher l’hilarité, être en lutte contre le système médiatico-politique dans lequel tous se sont retrouvés, à un moment ou un autre. Foutu pour foutu, autant piocher dans les tribuns : au moins nous amusent-ils, pourrait-on dire.

D’autre part, tout le monde sent intuitivement un besoin de réformes du pays, repoussées depuis trop longtemps (au moins depuis Chirac en 1995, soit plus de 20 ans). Or, aux besoins criants de réformes, les Français ont, dans leur Histoire, régulièrement répondu par des révolutions et des changements de régimes rapides. La présence possible de deux extrêmes au second tour ne serait qu’une traduction claire de cette tendance et enverrait un message fort, celui qu’on veut « renverser la table ».

En outre, Mélenchon comme Le Pen incarnent tous deux cette volonté palpable depuis des siècles dans ce pays de tout centraliser, tout régenter, tout diriger ; à ce titre, le peuple français parvient à incarner ce paradoxe d’être fondamentalement régicide tout en voulant un centralisme typiquement monarchique.

Enfin, on ne pourra pas non plus passer sous silence l’inculture économique française abyssale qui donnent un boulevard aux calembredaines économiques de l’un et de l’autre. Les fumets du collectivisme enivrent les petits Français dès le berceau, depuis les bancs de l’école jusqu’à la fac où ils apprennent religieusement que la liberté emprisonne, que l’égalité libère et que le partage obligatoire et méticuleusement mesuré par l’administration d’Etat est la seule voie de rédemption au pêché, voire à la maladie mentale que constitue forcément tout enrichissement.

Mais on joue à se faire peur

Bref, Jean-Luc ou Marine au second tour ne devrait pas surprendre, même si, en réalité, on se doute bien que ni l’un, ni l’autre n’ont de chance d’être élus : Mélenchon atteint en effet les plus hauts plateaux électoraux qu’une plateforme essentiellement collectiviste permet de toucher dans ce contexte ultra-favorable aux extrêmes ; sa place au second tour est finalement peu probable. Quant à Marine Le Pen, elle ne parviendra pas à rassembler 15 à 18 millions d’électeurs sur son nom, ce nombre d’électeurs étant le niveau habituel pour pouvoir l’emporter dans une présidentielle en France.

En réalité, on joue surtout à se faire peur alors que se profile essentiellement une issue nettement moins renversante : soit Macron sera élu, soit ce sera Fillon. Et cette perspective, tout compte fait, n’en est pas pour autant réjouissante puisqu’en définitive, elle signifie tant pour l’un que pour l’autre qu’on va devoir rejouer une partition déjà connue.

Un Fillon bloqué

Pour Fillon, on a déjà eu une idée assez précise de l’étoffe dont est faite le costume bonhomme, pendant les cinq années qu’il fut premier ministre. Il y a peu d’espoir qu’il se découvre subitement réformateur et suffisamment courageux pour entreprendre les chantiers véritablement babylonesques qu’il faudra mettre en route pour relever le pays. Avec une opinion assez peu favorable (pour le dire gentiment) et même avec une majorité dont on sent qu’elle sera fragile, tout porte à croire que rien ne sera épargné à Fillon, s’il l’emporte. Il devra faire preuve d’une formidable résistance aux critiques, aux mouvements syndicaux, à la rue et à l’agitation médiatique qui sera entretenue contre lui. Vu le rabotage du programme auquel on a assisté aux dernières semaines de la campagne, on peut s’attendre à beaucoup de bruit pour rien ou presque. En somme, il va devoir lutter pour une majorité, et s’il l’obtient, il ne pourra pas faire grand chose avec.

Un Macron coincé

Pour Macron, son passage dans les couloirs de la République n’a pas marqué par son aspect décisif, loin s’en faut. Son positionnement, à mi-chemin subtil entre la chèvre et le chou, ne permet en rien de trouver un peu d’espoir sur un cap ferme. Tout comme son mentor Hollande dont il semble essentiellement une copie un peu plus jeune, Macron nous propose un « changement maintenant » qui fleure bon la continuité, les petits compromis, les résolutions vagues et une mollesse synthétique calculée. Les « réformes » tentée par l’ex-ministre ont largement prouvé leur innocuité, ce qui laisse songeur au moment où la France et une partie de son peuple réclame justement du changement, voire du changement brutal à voir les intentions de vote pour les extrêmes. Et là encore s’ajoute l’incertitude massive sur une majorité parlementaire qui a tout d’un serpent de mer : sans majorité, les nuages cotonneux de projets vagues du petit Macron s’évaporeront en rase campagne.

Autrement dit, le risque le plus fort, de loin, n’est donc pas un second tour d’extrêmes bien gras voyant se jouer un débat entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon (ou son hologramme, histoire de ne pas se salir à proximité de la présidente frontiste), mais bien celui de l’élection d’un énième avatar de la mollesse institutionnelle, du petit arrangement entre amis, du compromis sympatoche et de la continuité sur la lancée, avec blocage institutionnel plus ou moins fort en prime.

Le risque, c’est qu’on se tape à nouveau cinq années de procrastination délétère, de bouillasse idéologique informe, de médias et de politiciens déchaînés à raconter n’importe quoi, à débiter des âneries collectivistes ou interventionnistes pour tenter de plaire à tout le monde, d’accroissement des lois, décrets et autres réglementations farfelues ou iniques pour scléroser encore un peu plus le pays.

En somme, la France se trouve maintenant à la croisée entre la tentation du pire létal et le risque mortel de l’immobilisme.

Réjouissant, non ?

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Source : http://h16free.com/2017/04/19/58028-la-tentation-du-pire


Journalistes : pourquoi tant de haine ?

lundi 17 avril 2017 à 09:00

Alors que nous sommes dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l’élection présidentielle, tout ce que la presse compte de journalistes affûtés est de sortie pour nous détailler ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut comprendre et, éventuellement, ce qu’il faut penser ou, mieux encore, ce qu’il conviendrait de voter.

Malheureusement, la polarisation politique étant ce qu’elle est, le militantisme de certains journalistes se heurte en cette période électorale au militantisme de certains électeurs. Et quand j’écris « se heurte », il s’agit parfois de la version littérale puisqu’on apprend que, parfois, des coups sont même échangés : Hugo Clément de Quotidien a ainsi reçu une gifle d’un sympathisant de François Fillon lors d’un meeting, ce qui a donné l’occasion à toute la presse de produire quelques articles intéressants sur le thème crédible « le journaliste doit-il courber l’échine » ou sur la radicalisation des uns et des autres dans le cadre des campagnes.

Bonus de l’affaire : il s’agissait, de loin, du candidat Fillon, ce qui donne encore une fois une bonne raison d’aller débiner ses soutiens et partisans, et de rappeler, une fois le leader des Républicains interrogé sur la question, que le candidat trouverait logique ce genre de comportements :

« Je condamne toutes les violences. Simplement j’invite ces journalistes à se poser la question: pourquoi est-ce que dans les meetings il y a une crispation à leur égard ? »

Bref, le petit cœur des journalistes saigne à l’idée qu’ils occuperaient une profession de plus en plus mal aimée. Pourtant porte-étendard de la démocratie, de la liberté d’expression et de la pluralité des opinions politiques, les journalistes semblent actuellement la cible de (presque) tous les partis, de tous les reproches.

Mais est-ce vraiment leur faute si les informations qu’ils délivrent sont de plus en plus prises avec scepticisme ? Est-ce leur faute s’ils doivent maintenant batailler pied à pied, mot à mot, paragraphe pour paragraphe, avec de méchants réseaux sociaux qui n’arrêtent pas d’enfler des rumeurs et des informations bidons qu’ils se font fort, pourtant, de ne jamais, au grand jamais, colporter dans leurs colonnes et leurs papiers ?

D’où vient donc ce mépris, de plus en plus palpable, qu’un nombre grandissant de personnes semble afficher partout, depuis Facebook et Twitter en passant par les commentaires des sites de presse ?

Allez savoir !

Une course à l’uniformisation ?

Serait-il possible que l’uniformisation dramatique dont fait preuve la profession soit, quelque peu, en cause ? Serait-il possible que le public ressente négativement ces masses journalistiques parce qu’il n’y trouve plus la nécessaire pluralité et le brassage d’idées qu’il est en droit d’attendre ? Force est en tout cas de constater de belles unanimités lorsque certains thèmes sont abordés. Force est de constater de beaux morceaux de panurgisme bien compact lorsqu’il s’agit d’analyser une situation. Force est de constater que, tous, parlent de la même façon, au point que c’en est comique, et que si c’est vrai pour le ton de la voix, cela peut très certainement l’être aussi pour le contenu lui-même (et là, c’est le drame)…

Une déconnexion du réel ?

Serait-il possible aussi que ce mépris de plus en plus ouvert soit issu d’une déconnexion complète de certains de ces journalistes avec le quotidien vécu par tous ? En tout cas, cela expliquerait sans doute l’opinion plus contrastée des lecteurs lorsqu’il s’agit de leur presse régionale ou locale comparée à leur presse nationale, issue d’une Capitale de plus en plus lointaine. Le pompon reste tout de même lorsque cette déconnexion est clairement assumée par ces éditorialistes vibrant d’incompétence dont l’accumulation de faits d’armes contre-productifs pour leur profession laisse planer un doute franc sur leur avenir dans une France décidément de moins en moins bisous.

Une vision dépassée de leur rôle ?

Serait-il possible que ce mépris soit aussi lié au décalage entre ce que le journaliste croit faire et ce qu’il fait réellement ?

En effet, les médias traditionnels, dont le contenu se nourrit de ces productions journalistiques, continuent d’avoir une approche « top down », du haut vers le bas, de l’information : ils captent une source, ils s’occupent de sa diffusion à des écouteurs passifs.

Cependant, avec internet, l’information est en transmission latérale, de pair à pair, voire de plus en plus souvent, en « bottom up », du bas vers le haut : différentes personnes sont témoins d’un événement qu’elles peuvent rapporter directement à l’ensemble d’une population donnée, sans filtre ou, disons, avec ceux que ces témoins choisissent, qui, en dernière analyse, valent toujours par leur subjectivité les filtres qu’imposeraient de toute façon un journaliste patenté.

Or, lorsque ces informations latérales ou « bottom up » sont en contradictions répétées avec les informations qui sont délivrées de façon traditionnelle par la presse grand public, les médias et ceux qui les représentent perdent rapidement en crédibilité.

Malheureusement, plutôt qu’essayer de comprendre le nouveau mécanisme, d’y prendre part et d’y apporter une expertise ou d’y faire fructifier les expériences innovantes, ces médias et ces journalistes se battent bien souvent pour museler ces nouvelles sources. On pourrait illustrer avec le cas caricatural des Décodeurs du Monde, dont la réalisation verse si grotesquement dans la propagande qu’ils sont devenus un « anti-point de repère » pour une part croissante et certainement pas négligeable de la population ; de la même façon, la multiplication des articles sur tous les supports officiels à propos des « fake news », les tentatives parfois burlesques de faire passer des informations légitimes pour telles et les rétro-pédalages catastrophés qui s’ensuivent achèvent de donner une image déplorable à l’ensemble de ces médias.

Pire encore : psychologiquement, plus ces journalistes tentent d’attaquer ces sources alternatives d’information, plutôt que se concentrer sur la diffusion d’information de qualité et répondant aux demandes de leur lectorat, plus ils se retrouvent en opposition frontale à tous ceux qui, nouvellement convertis, ont pris (à tort ou à raison) fait et cause pour ces nouveaux pourvoyeurs d’informations. Les batailles qui s’ensuivent sont alors aussi homériques qu’asymétriques en défaveur des médias traditionnels : il faut déployer des quantités d’énergie énormes pour réfuter des âneries, bien plus que pour les produire, et lorsque, parfois, il ne s’agissait pas d’âneries, on se retrouve durablement décrédibilisé.

Une presse sous ordre ?

Serait-il enfin possible que ce mépris sinon cette haine à l’endroit des journalistes provienne d’une terrible compromission de cette profession aux pouvoirs en place ? On ne peut s’empêcher de poser la question, tant les connivences entre journalistes et pouvoirs s’affichent tous les jours plus nombreuses – je vous encourage à regarder cette courte vidéo qui pose assez bien la question et apporte même une réponse sans ambiguïté :

Et puis bien sûr, à ce chapitre, il reste la douloureuse, l’épineuse et si peu abordée question des subventions.

Comment, en effet, croire à une véritable indépendance de la presse et des journalistes lorsqu’ils dépendent, ultimement, du bon plaisir de l’État à continuer de financer leur existence ? Comment imaginer que le journaliste est vraiment libre d’écrire ce qu’il pense lorsque son chèque de fin de mois dépend en définitive de sa bonne conformité aux attentes du pouvoir ? Comment, surtout, croire que ces journalistes et ces médias auront un devoir de coller aux aspirations et demandes de leur audience alors que ces derniers sont par leurs impôts totalement captifs de leur production ?

On le voit, on ne manque pas de raisons qui expliquent pourquoi les journalistes, en France en 2017, ne sont pas en odeur de sainteté. Depuis le temps, cette analyse assez facile à faire devrait leur avoir imposé une certaine prise de conscience. Or, il n’en est rien (et l’entretien de Barbier, cité plus haut, en est une illustration presque outrancière). Le chemin qui leur reste à faire est encore long.

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Source : http://h16free.com/2017/04/17/57979-journalistes-pourquoi-tant-de-haine