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La simplification amphigourique des sûretés immobilières

vendredi 17 août 2018 à 09:00

Un texte de Nafy-Nathalie et h16

Le 18 juin, c’est au mieux, l’appel du Général de Gaulle, au pire Waterloo. Plus tard, ce sera peut-être le jour de la présentation du PACTE, ce fameux projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises dont l’article 16 prévoit de donner une habilitation au gouvernement pour réformer par voie d’ordonnance le droit des sûretés.

Certes, mais qu’est-ce qu’une sûreté ? Eh bien il s’agit de tous ces moyens juridiques qui servent de garantie de paiement à un créancier si le débiteur est défaillant.

Et si le gouvernement a choisi d’en passer par les ordonnances, c’est parce que l’heure est grave, mes amis, l’heure est grave.

Ah bon ? Calmons-nous et arrêtons-nous un instant sur ce point.

L’histoire de cette réforme serait amusante si elle ne se faisait pas à nos dépens. Tout a commencé en 2003 : le bicentenaire du code civil doit absolument être célébré et Dominique Perben, alors Ministre de la justice du gouvernement Raffarin, a une idée (forcément) lumineuse : puisque ce n’est pas cassé, pourquoi ne pas le réparer ? C’est ainsi qu’une vaste réforme pour simplifier les droits fondamentaux et dépoussiérer le code civil est lancée tambour battant.

Enfin, pas si tambour battant que cela parce qu’à en croire les spécialistes, réformer le droit des obligations – qui fonctionnent bien dans l’ensemble – n’est pas vraiment une bonne idée. On a donc raisonnablement mis ce projet de côté.

Restaient les sûretés, dont on a d’un coup découvert qu’elles pouvaient être facteur d’une prise de risque insurmontable, et à l’amélioration desquelles on s’est donc attelé de bon cœur. L’idée était de les rendre plus efficaces pour que davantage de crédits soient accordés et permettent de financer plus d’activité économique.

Dans ce cadre, une réforme est donc entreprise en 2006, par ordonnance forcément, instituant notamment deux nouvelles variétés d’hypothèques.

La première, l’hypothèque rechargeable, permet à un propriétaire d’emprunter sur la valeur de son logement alors même qu’il n’a pas fini de rembourser son crédit.

Dispositif aussi ingénieux que risqué qui, finalement, n’a servi à rien : il suffit d’un taux variable qui grimpe un peu trop, d’un prix qui baisse ou encore de revenus fluctuants et très vite une banque peut se retrouver avec un débiteur surendetté et un bien dont la valeur s’est effondrée. Bilan : seuls les propriétaires très solvables et dont la valorisation de l’actif est nettement supérieure à l’emprunt ont pu en bénéficier. Autrement dit, des propriétaires qui n’auraient eu aucun problème pour emprunter sans ce dispositif.

La seconde, le prêt viager hypothécaire, permet pour résumer grossièrement d’emprunter une somme d’argent en contrepartie d’une hypothèque sur un bien immobilier.

Au décès de l’emprunteur, l’organisme financier se rembourse en revendant le bien mis en garantie. Mais c’est un prêt très cher depuis les frais de dossier jusqu’au taux du crédit nettement supérieur à un crédit classique, dont le montant est en plus indexé sur l’âge de l’emprunteur avec la contrainte pour le bénéficiaire de devoir maintenir son bien en bon état. Il n’y a pas foule pour le demander et les banques n’ont pas été tellement volontaires pour l’accorder. Oh, quel manque de bol !

Ces nouvelles hypothèques n’intéressent personne ? Qu’à cela ne tienne ! Retravaillons-les sauvagement au corps pour les rendre plus attractives et glissons-les à nouveaux dans le projet de réforme de 2017 !
Profitons même de cette réforme pour remettre sur le tapis certaines propositions retoquées lors de la réforme de 2006 !

Par exemple, on pourrait reproposer de transformer les privilèges en hypothèques.

Dans les sûretés, les privilèges sont des garanties qui donnent au créancier une priorité sur les autres créanciers pour être payé (droit de préférence) et qui, en cas de défaillance du débiteur, lui confèrent par le droit de suite celui de saisir le bien et de le vendre pour se faire payer. Par l’article 2324 du code civil, ces privilèges sont d’un rang supérieur aux hypothèques : les créances garanties par privilège sont honorées avant celles garanties par une hypothèque.

Une subtilité existe cependant : pour les hypothèques, la date d’effet est celle de leur inscription. En revanche, la loi laisse au créancier un délai pour inscrire son privilège sur un bien : cette prise d’effet est alors rétroactive.

Ainsi, dans une vente immobilière signée le jour J avec un privilège de prêteur de deniers, le créancier dispose d’un délai de deux mois pour inscrire son privilège qui prendra alors effet rétroactivement le jour J (et s’il l’inscrit hors délai, elle se transforme en hypothèque). Évidemment, si dans le même temps un établissement de crédit demande aussi une hypothèque conventionnelle ou un cautionnement pour garantir un bien, il devra vérifier la situation du bien. Entre J et J+2 mois, cet établissement ne verra donc pas ce privilège (et ne le découvrira qu’à l’inscription), ce qui peut substantiellement changer son risque dans le calcul du cautionnement.

Ce risque reste très mesuré puisque les créanciers vérifient aussi l’antériorité de propriété du bien pour évaluer les risques, la situation des bénéficiaires, etc. et prennent leurs décisions en limitant ce genre de problèmes.

Du reste, ce risque « de rétroactivité » est quasiment inexistant.

Un problème rarissime, qui pourrait très bien se traiter au cas par cas ? Vite, agissons pour le résoudre de façon générique ! C’est facile, simple et ça ne mange pas de pain !

Immédiatement, cette question de rétroactivité devient LE problème à résoudre à tout prix. Le groupe de travail présidé par M. Grimaldi avait proposé en 2005 une solution : la page 17 de l’avant-projet est édifiante : puisque tout ceci est fort dangereux, sucrons les privilèges ! Ou disons alternativement, transformons-les en hypothèques légales « spéciales » qui prendront donc date au moment de leur inscription.

Malgré tout, cette idée de suppression, finalement jugée inappropriée, n’avait pas été reprise dans la réforme de 2006, et la loi Macron de 2015 avait même (ironiquement ?) doublé ces délais d’inscription rétroactive d’un privilège du vendeur sur les murs d’un fonds de commerce.

Hélas, douze ans plus tard, cette proposition inappropriée devient subitement totalement ok.

Bilan : le groupe de travail est en marche, peu importe que cela soit en arrière.

L’avant-projet de 2017, confié au même groupe de travail que le précédent, reprend donc bien évidemment son travail et cette idée… Qui, malheureusement, s’ajoute à l’existence des hypothèques légales non-soumises à l’obligation d’inscription.

Pas de panique ! Les auteurs du projet de réforme ont pensé à une solution pour pallier ce « petit » problème : ils ont prévu d’introduire une distinction entre les hypothèques légales soumises à inscription et celles qui en sont dispensées. Ils distinguent aussi les hypothèques légales générales et celles spéciales.

Vous la sentez bien, cette grosse simplification administrative ?

Tout d’un coup, tout devient sauvagement simplifié…

Une hypothèque deviendrait donc effective le jour de son inscription sauf si elle est rétroactive. Par exemple en cas d’hypothèque judiciaire conservatoire, son inscription définitive, si elle est prise dans le délai légal, rétroagira à la date de l’inscription provisoire. Euh …

Respirez un petit coup, parce que ce n’est pas fini. Cela se complique simplifie même d’un coup : on supprime la taxe de publicité foncière à payer au niveau de l’inscription d’une sûreté immobilière, ce qui est une bonne nouvelle, mais on maintient l’obligation de publicité sans que cette publicité ne soit toutefois attributive de rangs de manière certaine puisque, nous vous le rappelons, certaines hypothèques peuvent toujours être rétroactives ou sont occultes (exemple de la copropriété).

Ce n’est pas encore assez simple ? On peut faire mieux !

En effet, dans notre projet révolutionnaire, on a coupé la tête des privilèges, ce qui est un souci puisque les privilèges immobiliers sont bien pratiques malgré tout. Mais pas de soucis, nos juristes ont une solution toute trouvée !

Pour pallier la perte des bénéfices des privilèges immobiliers qu’ils entendent supprimer, ils prévoient donc de conserver la règle suivante :

Lorsque plusieurs hypothèques sont inscrites le même jour relativement au même immeuble, une hypothèque légale (sûreté immobilière) est réputée être d’un rang antérieur à celui d’une hypothèque judiciaire ou conventionnelle.

En gros, elle devient une sorte de sûreté supérieure qui ressemble fortement à une sorte de privilège immobilier …

Bref, comme on le voit dans ces explications limpides et cette turbo-simplification de l’enfer qui broie des chatons vivants, la réforme est en route et tous les efforts seront faits pour que cette simplification échappe à la compréhension du mortel. Ce n’est pour le moment qu’un projet, mais c’est jusqu’à présent fort réussi.

Forcément ça va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2018/08/17/61559-la-simplification-amphigourique-des-suretes-immobilieres


Grâce à Yuka, paniquez devant vos corn-flakes

mercredi 15 août 2018 à 09:00

C’est une règle : il faut toujours faire attention à son environnement, on ne sait jamais d’où le danger peut venir. Et de nos jours, il peut même se nicher dans les rayonnages des supermarchés, prêt à bondir et déclencher allergies, maladies cardiovasculaires et autres cancers. Heureusement, l’État a longuement travaillé pour vous !

Grâce à des décennies de lavage de cerveau préparation des esprits, il a réussi à instaurer quelques règles simplistes voire dangereuses dans les esprits de la plupart. Avec du temps et suffisamment de répétitions, on fait croire à des populations entières au Père Noël aux bienfaits du socialisme, que le contrat social et le bien commun existent pour de vrai sans rire, que les taxes ne sont pas du vol caractérisé ou que la démocratie est l’ultime réponse politique à tous les problèmes.

Moyennant quelques campagnes bien ciblées, on peut même bâtir sur du vent des recommandations sanitaires farfelues et les faire gober à des dizaines de millions d’individus qui, années après années, ne comprendront pas pourquoi leur santé se détraque mais y contribueront avec une ferveur frisant la pathologie lourde. Un exemple frappant serait la pyramide alimentaire, introduite dans les années 80 et dont l’application a permis une joyeuse explosion des cas de diabète, de maladies cardio-vasculaires et neurodégénératives ou de cancers.

La nouvelle pyramide alimentaire – Cliquez pour agrandir

C’est donc sans surprise qu’on découvre avec un plaisir gourmand (mais pas trop sucré, ni trop salé, ni trop gras) au milieu de notre portion quotidienne de cinq fruits et de cinq légumes qu’une aimable brochette de citoyens éco-conscientisés s’est lancée dans la réalisation d’une magnifique application, Yuka, qui entend informer le consommateur sur les dangers qui rôdent perversement à chaque rayon de supérette. En effet, Yuka permet de scanner les codes-barre des aliments et d’en découvrir ainsi leurs qualités et leurs défauts, directement fonction de ces fines recommandations gouvernementales en matière d’alimentation, de santé et de bien-être (qui n’ont pas du tout amené la France a être de loin le pays où l’on grignote le plus d’anxiolytiques).

À en croire l’article du Parisien, c’est un véritable succès des applications numériques pour piloter son alimentation qui, comme Tintin et le Monopoly, séduit les jeunes de 7 à 77 ans ou quasiment puisque, grâce au « même algorithme que le logo nutritionnel du ministère de la Santé Nutriscore », Yuka donne une note permettant d’orienter son choix vers les produits les plus sains.

Comme le Nutriscore, cet étalon de scientificité aux huiles essentielles de Digitus Humidis, le savant calcul de Yuka utilise les quantités de nutriments de chaque produit (graisses, sel, sucre, alcool, fibres, …). Cependant, Yuka va plus loin puisqu’il tient aussi compte des additifs et grâce à la précision diabolique de conditionnels et de soupçons dosés scientifiquement, fournit une note générale ainsi qu’une explication détaillée au consommateur qui pourra alors choisir d’abandonner le produit dans le rayon ou, au contraire, persister dans sa démarche folle de s’empoisonner avec la cochonnerie industrielle ainsi identifiée.

Peu importe ici que ces additifs soient autorisés : dès lors qu’ils sont « soupçonnés » (pas de place au non-doute), surtout si c’est « de favoriser les pathologies neurodégénératives », paf, une petite « alerte Yuka » se déclenche. Quelques mg de nitrites dans un aliment ? Bim, la note s’effondre !

Heureusement, si l’aliment n’a pas ces additifs soupçonnables, il peut voir sa note frôler le petit rond vert, badge officiel de la meilleure comestibilité : sur 100 points, 60 points sont en effet dévolus à l’analyse des nutriments (le fumfameux Nutriscore), 30 points sont donnés en fonction de la présence ou plutôt de l’absence de ces Additifs du Diable, et enfin 10 points sont accordés si le produit a aussi obtenu le label Bio, quand bien même ce dernier label n’apporte aucune garantie supplémentaire (à l’exception, souvent, d’un coût plus élevé).

En somme, sur 100 points, 60 sont attribués en fonction de recommandations alimentaires datant de plusieurs décennies qui ont prouvé leur aspect néfaste (la présence d’hydrates de carbones en base de la pyramide commence maintenant à être reconnu comme une imbécillité carrément dangereuse, quant à la guerre aux graisses saturées, c’est une véritable bourde) et qui, avec le recul, sont directement la cause des épidémies de diabète, d’obésité et j’en passe.

30 autres points permettent de stigmatiser tout un rang d’additifs malgré leurs proportions extrêmement faibles comparées à d’autres éléments, effectivement dangereux (alcool, sucres de toutes sorte, par exemple) ; le fait de barbouiller de conditionnels les remarques faites à leur sujet n’enlève rien au caractère complètement pifométrique de leur mise en exergue. Depuis le glutamate jusqu’au sel en passant par les nitrites, la prudence vaudrait de ne pas écrire « additif douteux » qui ne veut strictement rien dire si ce n’est pour agiter des spectres de maladies diverses d’autant plus ridicules lorsqu’on voit les risques effectifs associés. Le sel, par exemple, est régulièrement mis en avant comme cause de maladies cardiaques alors que des études sérieuses, de plus en plus nombreuses, remettent largement en cause la doxa ressassée partout.

Quant aux 10 derniers points, on est dans le pur affichage de façade tant le bio n’a jamais réussi à démontrer ni absence de pesticides (et pour cause !), ni qualités gustative et nutritionnelle supérieures au conventionnel.

En pratique, la somme de ces éléments montre bien plus efficacement la parfaite adéquation de l’application en question avec les normes en vigueur. Cependant, une note donnée n’indique finalement rien de la qualité réelle, scientifiquement testée, du produit considéré. Pire : en suivant ces normes dont une bonne part est composée de carabistouille approximative et une autre part de conseils carrément délétères, elle pousse potentiellement les consommateurs vers des solutions qui n’en sont pas.

Néanmoins, réjouissons-nous : si elle suit les déplorables recommandations gouvernementales, cette application n’a cependant pas été développée avec l’argent du contribuable. Parions dès lors qu’au contraire des usines à gaz informatiques improbables pondues par une administration étatique sous méthamphétamines, lorsque les recommandations s’adapteront peut-être enfin aux dernières découvertes scientifiques solides, cette application suivra rapidement et fournira alors un excellent moyen au consommateur, définitivement perdu par des années de n’importe quoi étatique concentré, de s’y retrouver enfin.

Source : http://h16free.com/2018/08/15/61540-grace-a-yuka-paniquez-devant-vos-corn-flakes


Bannissement d’Alex Jones : une liberté d’expression à sens unique ?

lundi 13 août 2018 à 09:00

Dans un billet de janvier dernier, je notais que la France en particulier et le monde occidental en général offraient une vision déprimante avec des États omniprésents, des ponctions tous azimuts, une société totalement crispée, des intellectuels perdus et une génération future complètement fichue qui permettent, lentement mais sûrement, un glissement lent mais décidé vers une société typiquement orwellienne.

J’insistais notamment sur la pression sociale qui, orientée par des médias et des intellectuels autoproclamés totalement biaisés et acquis aux causes gauchistes les plus consternantes, a fini par s’exprimer au travers des réseaux sociaux en favorisant outrageusement une société où l’on piste et traque tout le monde, où l’on érige la dénonciation en vertu, où l’on s’offusque de l’utilisation de la liberté d’expression surtout lorsqu’elle n’est pas employée pour discuter de la météo, et où celui qui sort du rang sera ostracisé et vilipendé avec la plus grande fermeté.

À l’époque, on pouvait penser à une exagération (au moins stylistique) dans mon billet : tout le monde sait que les démocraties occidentales ne peuvent pas se laisser aller aux pires dérives dictatoriales et que leurs principes fondateurs assurent aux citoyens une société ouverte et paisible.

Dès lors, depuis ce billet de janvier, les choses ont heureusement beaucoup évolué et la liberté d’expression a reconquis le terrain qui… Ah mais non, en fait, pas du tout ! La catastrophe continue, sous les applaudissements de la foule.

Et pour illustrer mon propos, il me suffira d’exhiber une affaire récente qui donne une bonne idée de la société qui nous attend tous dans un avenir proche.

Cette semaine, dans une manœuvre qu’on ne pourra pas qualifier autrement que purement politique et coordonnée, ont été fermés les comptes Facebook, Youtube, Spotify, LinkedIn, iTunes ou Mailchimp de Infowars, le site tenu par le sulfureux Alex Jones.

Alex Jones est le responsable du site Infowars dans lequel il expose régulièrement ses opinions ainsi que ses différentes théories que beaucoup qualifient sans mal de conspirationnistes. Il fut un temps écouté par Trump qui voit probablement en lui un moyen de toucher une partie de son électorat. Cette proximité avec le candidat républicain devenu l’actuel président des États-Unis lui aura apporté une notoriété lui permettant de faire connaître ses émissions au-delà du cercle initialement restreint de ses auditeurs.

Conspirations diverses, soutien de Trump, affichage clair de thèses conservatrices, de droite et d’extrême-droite : il était presque certain qu’un jour ou l’autre, le bonhomme s’attirerait les foudres des grandes plateformes médiatiques actuelles, qui culminent maintenant avec son bannissement clair et net.

Se posent alors plusieurs questions.

Tout d’abord et évidemment, est-il réellement sain et souhaitable que ce type ne dispose plus de plateformes pour s’exprimer ? Certes, il débite un nombre assez impressionnant de bêtises, mais on pourra trouver aisément d’autres hurluberlus du même acabit qui ont encore leurs comptes, tout en produisant eux aussi des âneries à cadence industrielle. La différence essentielle réside dans leur classement politique.

Certes, Facebook, Apple et les autres sont des sociétés privées qui font effectivement ce qu’elles veulent des ressources qu’elles mettent à disposition et il n’y a pas lieu de réclamer l’intervention de l’État ici pour garantir par exemple un hypothétique droit à déposer des vidéos conspirationnistes sur Youtube.

Mais les moyens employés par ces firmes pour garantir un espace de débat sain sont-ils bons ? Agissant comme elles le font, le risque est grand que ce genre d’individus se retrouve sur des sites moins neutres et moins visibles, qui l’accueilleront à bras ouverts et desquels aucune voix dissidente ne pourra se faire entendre. Car bien moins accessible à ses détracteurs.

Agissant ainsi, Facebook et les autres prennent clairement le parti de concentrer en leur sein une certaine catégorie de la population, classée à gauche et seulement là. D’ailleurs, après Alex Jones, on assiste maintenant à la disparition de comptes nettement moins sulfureux, mais politiquement pas dans le « bon camp »…

Cela veut dire qu’un autre site, une autre partie de l’Internet concentrera a contrario d’autres parties de la population, plutôt classées à droite, ou conservatrice, ou libertarienne, chassée des plateformes occidentales. L’effet de bulle médiatique filtrante, que Facebook prétendait combattre, en ressortira encore renforcé. Pire : les discours idiots, présents de part et d’autre, ne trouveront plus aucun endroit où se confronter…

D’autre part, le consommateur lambda et client de ces plateformes se retrouve à devoir prendre parti d’une façon insidieuse : continuer à utiliser Apple, Facebook ou d’autres revient à cautionner des actes que ces consommateurs pourraient trouver contraire à leurs propres standards. Au-delà de l’effet temporaire que cela pourrait avoir sur les profits de ces sociétés, le risque existe aussi de fragmenter encore un peu plus la société en politisant des plateformes. Le marché tranchera peut-être, mais à quel prix ?

Enfin, comment interpréter la synchronicité de ce bannissement si ce n’est en observant que la pression sociale force ces entreprises à choisir un camp et à se coordonner pour obtenir l’effet recherché ? Si cette pression sociale parvient à cela, n’est-il pas temps de s’inquiéter sur ce que cette même pression pousse tout un chacun à faire, voire à réclamer aussi vocalement que possible à ses représentants élus ? Si cette pression impose à des entreprises multi-milliardaires un comportement moralement ouvert à débat, n’est-il pas temps de s’inquiéter de ce qu’elle poussera à faire des politiciens, bien plus malléables et finalement bien plus hypocrites que ces entreprises, lorsqu’il s’agira de « museler » des opposants ?

Devant ces constats et au-delà de l’inquiétude, saluons l’existence de plateformes alternatives, en mentionnant notamment celles qui garantissent par construction toute absence de censure et une liberté d’expression totale, comme memo.cash ou blockpress.com qui tirent parti de la technologie « blockchain » pour garantir à la fois l’inaltérabilité des messages émis et leur diffusion partout dans le monde sans possibilité d’interdiction.

Ces technologies et ces plateformes existent. Souhaitons qu’elles remportent rapidement du succès, avant que certaines pensées ne deviennent carrément des crimes.

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Source : http://h16free.com/2018/08/13/61508-bannissement-dalex-jones-une-liberte-dexpression-a-sens-unique


[Redite] Rien de tel qu’une bonne milice

dimanche 12 août 2018 à 11:00

Article initialement paru le 19.08.2016

Les années passent mais les constats ne varient guère : il y a deux ans, on notait un besoin manifeste des citoyens à s’organiser en milices alors qu’augmentait l’insécurité ressentie (au contraire de l’insécurité réelle, mesurée scientifiquement à l’ombre et sous abris). Heureusement, de nos jours et grâce à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les choses se sont beaucoup calmées.

Ah bah non, en fait. Il y a encore quelques fusillades ici ou là, (dans un pays réputé sans armes et à la législation pourtant si stricte, voilà qui fait tache, non ?), et certains règlements de compte ou petites rixes de fin de soirées tournent parfois au vinaigre.

Mais cela vaut-il vraiment la peine de s’inquiéter ? Allons. Reprenez un peu de rosé. Tout va bien.

Tu es jeune, tu es en bonne santé et l’été, tu ne sais pas quoi faire pour occuper tes journées ? Monte une milice citoyenne ! C’est tendance et ce sera bientôt indispensable pour survivre dans certains quartiers que la République, Une Et Indivisible Mais Faut Pas Trop Pousser, a décidé de laisser pudiquement tomber pour aller compter les burkinis.

garde peche a beziersOh, oui, bien sûr, j’en vois déjà certains qui soufflent lourdement en estimant à voix haute que j’exagère franchement avec mes histoires de milices. Certes, ils n’ont pas tort et il n’est pas encore arrivé le moment où l’on verra apparaître sur Le Bon Coin des petites annonces visant à monter des groupes de citoyens armés pour protéger un quartier ou un groupe de commerces. Cependant, l’actualité récente tend à brosser un tableau qui insiste fort sur cette idée que, décidément, on n’est jamais si bien servi que par soi-même : le contribuable, de plus en plus déficitaire dans son retour sur investissement fiscal, décide de devenir citoyen en s’armant discrètement, ou, au moins, à faire ce travail de police que les forces de l’ordre semblent rechigner à accomplir.

Pour preuve, il y a bien sûr la récente altercation musclée dans une crique de Sisco en Corse où des individus déjà défavorablement connus des services de police, mais apparemment libres de leurs mouvements, s’en sont pris à des locaux pour des motifs encore confus mais qui n’imposaient normalement pas d’avoir recours aux armes blanches et aux harpons. Apparemment, les habitants du village voisin ont fait le choix de régler le problème directement par eux-mêmes plutôt que passer par les services de l’État.

Peut-être les villageois n’ont pas jugé ces derniers suffisamment rapides ou efficaces au point de prendre les choses en main ? Peut-être l’une ou l’autre précédente altercation de Corses du cru avec la faune interlope de certaines cités dites sensibles leur aura laissé un ressenti amer sur les capacités de la force publique à faire respecter l’ordre dans l’Île de Beauté ? Allez savoir, mais en tout cas, l’affaire s’est réglé par une distribution de châtaignes (réputées dans le pays).

gifa bruce lee fight 2

Châtaignes qui ne sont pas sans rappeler les riants sous-bois bretons et la ville de Rennes qui est, elle aussi, de plus en plus souvent le théâtre de petites joutes pas seulement verbales entre habitants du cru, étudiants assoiffés et faune interlope aux comportements peu policés. Comme l’explique cet article de Causeur qui relate des faits étonnamment passés sous silence dans la presse nationale, des groupes de jeunes migrants dépouillent festivement les passants, rudoient les femmes dans le respect et la tolérance, et empoisonnent avec détachement le quotidien des commerçants. Profitant des lourdeurs administratives, d’associations humanistes délicieusement à côté de leurs pompes et d’une impéritie globale des pouvoirs publics, ces jeunes se font passer pour mineurs et transforment le problème de police locale en véritable casse-tête juridique et politique pour la mairie. Le gouvernement, probablement mis au courant, regarde pudiquement ailleurs.

En attendant, les habitants, excédés de voir certains lascars, régulièrement attrapés par la police, ressortir libres et recommencer leurs exactions, se sont décidés à leur rentrer dans le lard. Là encore, on pourra déplorer ces rixes qui portent gravement atteinte à ce vivrensemble gluant que tous nos politiciens essaient de ripoliner à gros rouleaux baveux partout où ils passent, mais on devra là encore comprendre que ces événements ne sont précisément que la conséquence logique des manquements observés…

gifa bruce lee fight

Autre lieu, autres mœurs puisqu’à Aubervilliers, on procède différemment. Aubervilliers, c’est la version senior de Belleville dont je narrais les déboires dans de précédents billets (ici et ). Aubervilliers, c’est aussi le lieu où une Princesse se fait brigander par des malandrins même pas assermentés sur une route de France. Et Aubervilliers, c’est surtout une ville où la population d’origine chinoise commence à trouver le temps long, ce temps qui sépare le moment où cette communauté déclare des problèmes récurrents d’insécurité, de vols ou d’agressions aux forces de l’ordre et le moment où les autorités agissent. Cette communauté attend d’autant plus fermement une réponse de ces autorités qu’un des leurs est récemment mort sous les coups d’agresseurs dont les motivations n’étaient pas que crapuleuses mais aussi racistes.

Normalement, une agression raciste en France bénéficie immédiatement de la caisse de résonance médiatique, d’autant plus si l’une ou l’autre association lourdement subventionnée s’empare de l’abomination et la fait connaître au public médusé de découvrir pareils forfaits sur son sol pourtant si pur et si tendre. Mais manifestement, les vols et agressions répétées de Chinois à Belleville ou Aubervilliers ne semblent pas rentrer dans les bons critères pour bénéficier de cette publicité. La violence anti-asiatique, dénoncée par les populations concernées, n’est pas assez forte ou assez raciste pour bénéficier de cet écho.

En attendant, les ressortissants chinois tentent de s’organiser pendant que les forces de l’ordre enregistrent religieusement les plaintes en reprenant deux fois des nouilles (asiatiques je présume). Combien de temps s’écoulera-t-il à nouveau pour que, se rendant compte de la totale impéritie des pouvoirs publics, nos braves commerçants s’organisent de façon plus musclée et, comme les Corses de Sisco, en viennent aux mains ?

gifa lolcat fight

La question n’est pas seulement rhétorique : les tensions inter-communautaires s’accroissent visiblement et d’autant plus que les pouvoirs publics sont complètement dépassés. La police était déjà largement débordée avant la récente vague d’attentats, le passage en alerte Pivoine-Foncé, en plan Vigipipeau Écarlate Clignotant et l’application du plan Sentinelle à Roulettes n’ont pas amélioré la situation en augmentant encore le stress et la fatigue des équipes. L’abandon rapide, depuis l’élection de Sarkozy, de toute velléité de remettre de l’ordre dans les kartchiers chauds ou ces zones impressionnables sensibles du pays, le quasi blanc-seing dont dispose toute une frange de la population devenue ingérable quasiment à dessein, le blocage dogmatique des budgets de la Justice, ses réorganisations foutraques, tous ces facteurs s’accumulent pour mettre à genoux la colonne vertébrale régalienne de la République.

Ceux qui payent leurs impôts, qui attendent en retour un minimum d’ordre, confusément, s’en rendent compte. Petit-à-petit la réalité des dérives leur apparaît, et il ne leur faut pas forcément très longtemps pour se rappeler qu’il y a 10, 20 ou 30 ans, beaucoup de ce qu’ils subissent n’aurait jamais été toléré. Les réseaux sociaux amplifient la découverte qu’ils ne sont pas seul à s’apercevoir de la supercherie, celle qui consiste à faire croire qu’il y a encore un État régalien en France.

Conséquemment, il n’est plus loin le temps de l’étape suivante où des groupes citoyens plus ou moins clandestins vont s’organiser pour reprendre progressivement le contrôle des territoires pour lesquels ils payent de plus en plus cher. L’État n’aimant pas, mais alors pas du tout, la concurrence, on peut dès lors s’attendre à quelques frictions.

forcément ça va bien se passer - hibou

Source : http://h16free.com/2018/08/12/61511-redite-rien-de-tel-quune-bonne-milice


La Tour Eiffel Infernale

vendredi 10 août 2018 à 09:00

C’est avec une stupéfaction créée par le manque criant d’originalité qu’on apprend que des terroristes ont eu, il y a un an, le projet de faire sauter des explosifs à la Tour Eiffel, probablement le monument le plus symbolique et certainement le plus lucratif de Paris.

Et si ce projet précis n’aura pas vu le jour suite à la prévisible médiocrité des terroristes qui auront été obligés d’improviser les attentats de Barcelone en août 2017, il n’en reste pas moins que la menace terroriste a été prise au sérieux par les autorités de la Ville de Paris qui se sont donc empressées de mettre en place un important dispositif autour du monument.

Ou presque : lancés à l’automne 2017 par une Mairie de Paris soucieuse de donner des gages de sécurité aux millions de visiteurs qui passent par ce monument tous les ans, les travaux de sécurisation de la Tour Eiffel ont pris quelques retards.

En juin pourtant, on lisait – dans une presse bizarrement réjouie de voir l’attraction touristique toute entourée de barrières et de plots relativement inesthétiques – que tout serait prêt pour l’été.

Le but restait bien sûr d’éviter de gêner les touristes qui passent en flots compacts, surtout en cette saison, et qui ont le bon goût, par leurs achats de billets et autres consommation sur place, de financer tout cela. Au vu de la facture (plus de 35 millions d’euros tout de même), on comprend l’enjeu.

Las ; c’était sans compter sur le facteur « Secteur du bâtiment » qui, comme en informatique et en politique, entraîne automatiquement retards et dérapages de planning. Si l’on y ajoute le facteur « Domaine public » et « Payé par l’argent des autres », il était inévitable que le chantier s’éternise, que les délais et les factures s’allongent.

Nous voilà en Juillet, et tout indique que les travaux dureront plus longtemps que prévu. Rassurez-vous cependant puisqu’avec un peu de communication optimiste, les travaux seront finis pour le 14 juillet.

Ah bah non.

Fin juillet, on continue à bricoler furieusement autour du parvis de la Tour. Ce n’est pas grave puisque le feu d’artifice était magnifique d’autant plus qu’il n’a pas eu lieu au niveau du parvis de la Tour, maintenant encombré de plots, de barrières et d’engins de terrassement. Néanmoins, les flots de touristes se massent, perdus et par centaines, devant l’un ou l’autre pied sans bien comprendre où commence la queue d’attente ou s’ils sont au milieu du chantier, le manque d’indications claires ajoutant à la confusion générale d’une organisation typiquement française où le client n’est pas roi, se démerde et tant pis pour lui.

Et alors que le chantier s’achemine doucement (bien doucement) vers sa clôture, un nouveau problème fait jour : la nouvelle organisation des files d’attentes aux pieds de la Tour aboutit à des queues monstrueuses et des temps d’attente extrêmement longs ce qui, ajouté à la désorganisation complète du site, déplaît de plus en plus aux touristes. Pourtant, l’idée de base était séduisante qui consistait à séparer les visiteurs munis de billets horodatés des autres, venant spontanément. Hélas, le remplissage des ascenseurs est directement dépendant des flux réels et certaines plages horaires sont beaucoup plus demandées que d’autres. Bilan : à certaines heures, l’ascenseur réservé pour la file des tickets réservés partait à vide, pendant que l’autre, pour les tickets spontanés, ne désemplissait pas.

Et alors que les températures estivales grimpent, rendant ces files épuisantes (voire dangereuses pour les moins résistants au soleil caniculaire), les problèmes de queues vont trouver rapidement un dénouement heureux grâce à l’intervention évidemment salvatrice de la CGT. Faisant goûter aux touristes une autre spécialité française – à savoir, une bonne grève (on dit peut-être grévatine dans le Sud ?) – le syndicat fait fermer la Tour pendant une journée. Et toc.

L’accord trouvé dans la foulée permettra un rapide retour à la normale après une journée d’interruption complète. Et par retour à la normale, on comprendra « abandon de la nouvelle organisation »…

On pourrait s’arrêter là, mais ce serait oublier que, pendant ce temps, en cuisine aussi les choses tournent au vinaigre.

Oui, vous avez bien lu : en cuisine aussi.

Il semble en effet que le changement de prestataire des cuisines des deux principaux restaurants du premier et second étage de la Tour Eiffel, jusqu’alors sous la direction du chef Ducasse, ne se passe pas aussi bien que prévu.

Magie du capitalisme de connivence à la française, d’appels d’offres plus ou moins bien bâtis et de petits arrangements entre SETE, Mairie de Paris et prestataires de restauration, le renouvellement de la concession a laissé le chef Alain Ducasse sur le carreau pour un remplacement par Frédéric Anton (3 étoiles au Pré Catelan) et Thierry Marx (2 étoiles au Mandarin Oriental), provoquant l’ire du premier et une belle bataille juridique en perspective.

Cette bataille aura-t-elle un impact sur les tables de la Tour ? Si l’on se base sur la façon dont furent gérés les changements de contrats à la Mairie de Paris, pour les Vélib ou les Autolib, on peut raisonnablement s’inquiéter.

La Tour Eiffel est le monument payant le plus visité d’Europe et à ce titre, on comprend que la Mairie de Paris tente de faire le nécessaire pour conserver l’édifice dans le meilleur état d’accueil et de sécurité possible, d’autant que son exploitation est largement bénéficiaire. Cependant, force est de constater qu’à l’instar des autres dossiers de la Ville de Paris, l’actuelle équipe municipale s’est une nouvelle fois pris les pieds dans le tapis, et les péripéties rencontrées par la Dame de Fer s’ajoutent à la hausse de l’insécurité parisienne, la pollution que les réaménagements douteux n’ont pas améliorée, les consternants cafouillages cyclistes ou les infestations de rongeurs (socialistes et autres).

En 2024, la Ville de Paris accueillera les Jeux Olympiques. On peut d’ores et déjà s’inquiéter si c’est la même équipe municipale. Et si les élections de 2020 l’ont remplacée, la nouvelle n’aura que deux ans pour redresser la barre…

Forcément, ça va bien se passer.

Source : http://h16free.com/2018/08/10/61487-la-tour-eiffel-infernale