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Une retraite Royal ? Que nenni !

lundi 26 juin 2017 à 09:00

Ah, la retraite ! Certains s’y préparent plusieurs années à l’avance (parfois, dès leur premier emploi), d’autres s’y prennent à la dernière semaine, d’autres encore laissent cours à l’improvisation la plus totale. D’autres, enfin, font absolument tout pour s’en éloigner.

Cependant, pour quelques uns, plus rares, y échapper est impossible et s’y préparer impensable. Et pour ceux-là, c’est une véritable angoisse où l’on s’imagine déjà, sans occupation, à glandouiller loin de l’agitation du monde, à grignoter sans but et, conséquemment, à faire des miettes (ce que beaucoup abhorrent, soyons clairs).

C’est peut-être le cas de Ségolène Royal. Allez savoir ! En tout cas, elle n’a manifestement pas rendu son tablier.

Pourtant, vu sa brillante carrière, elle pourrait. Jugez plutôt : depuis ses premiers emplois jusqu’à sa dernière performance magnifique comme ministre de l’Ecologie, elle a largement contribué au socialisme français, à la trépidante vie politique de la Cinquième République et plus qu’amplement prouvé qu’on pouvait très bien être une femme et faire autant de dégât qu’un homme (sinon plus).

Bien remplie, sa carrière le fut sans nul doute, et ce dès ses premières armes médiatiques où, grâce à son fier combat contre les dessins animés proposés par le Club Dorothée, elle aura permis à toute une génération de se rappeler son nom, son prénom et sa bobine en parvenant à faire modifier les grilles de programmes jeunesse (ce qui lui vaudra peut-être, en 2007, une jolie déconfiture).

Dans la même veine, on ne pourra oublier ses magnifiques interventions dans le monde industriel où Heuliez aura bénéficié de son coup de baguette magique, celui qui transforme presqu’instantanément une situation délicate en faillite inéluctable. Le désastre s’était poursuivi bien au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer puisque les déboires de la Mia, voiture électrique destinée presque par nature à un échec cuisant, continuent de défrayer la chronique picto-charentaise tant le désastre est complet.

Du reste, il ne faudrait pas croire que notre Dame Aux Caméras se serait contentée de ça. Une carrière bien remplie, cela ne passe pas seulement par des catastrophes industrielles. Cela passe aussi par des cataclysmes publics incontrôlés : au niveau local, sa gestion de la région Poitou-Charentes reste probablement l’un des exemples les plus saillants de ce qu’il faut absolument éviter : accumulation de dettes, choix politiques calamiteux, emprunts toxiques, tout y est.

Il serait dommage de s’arrêter au plan local : grâce à l’accession à un ministère (d’Etat, en plus), notre Ségolène aura donné un nouveau tremplin à une carrière pourtant déjà trop remplie et aura transformé ce qui n’était que des dettes et déficits encore modestes (pensez donc, plusieurs douzaines de millions d’euros) en potentielles gabegies nationales voire internationales avec facture d’ampleur correspondante, en milliards d’euros donc. Son passage à l’Ecologie aura ainsi permis d’explorer cette dimension, fournissant à notre Pimprenelle à ressorts l’opportunité d’embobiner des douzaines de pays dans ses lubies éco-conscientes : la COP21, qui fut évidemment un succès à nul autre pareil, aura emberlificoté le pays (et pas mal d’autres avec) dans des contraintes présentes et futures lui permettant de tester qu’avec un boulet à la patte, on court toujours moins vite que ceux qui n’ont rien.

Parallèlement, ses tentatives pour imposer l’écologie à tous les citoyens français se seront régulièrement soldées par des initiatives que certains pourront hardiment qualifier de désastreuses, depuis une transition écologique coûteuse et inopérante – merci les éoliennes par douzaines – jusqu’à la distribution gratuite (i.e. payée par tous) d’ampoules LED en passant par l’ouverture toujours plus grande des vannes à pognon public pour déverser en gros bouillons généreux l’argent des autres dans les initiatives les plus loufoques (la route photovoltaïque, pour n’en citer qu’une) aussi vouées à l’échec que sa ridicule voiturette électrique.

royal : la crisitude

Mais voilà : avec l’élection (surprise) de Macron, et la dissolution (logique) d’un gouvernement Cazeneuve dont tout le monde a déjà oublié qu’il a effectivement existé, Ségolène Royal se retrouve sans mandat électoral (qu’il aurait été difficile de décrocher tant au vu d’une conjoncture ultra-défavorable au PS qu’au vu de son passé politique, parsemé de gamelles électorales réjouissantes) et surtout, sans portefeuille ministériel. Et une catastrophe n’arrivant jamais seule – surtout avec elle – son poste au PNUD ne lui aura pas été accordé. Zut et flûte.

Désolé Ségo. Encore raté.

Sera-ce la retraite ? Les cors ont-ils retentis pour sonner la fin des destructions et le retour au bercail ? Notre impérissable harpie va-t-elle enfin s’occuper de ses petits enfants ?

Que nenni. Ceux-là ne sont clairement pas suffisant, elle qui estime avoir encore à s’occuper de tous les enfants de France, tant les petits qui croient encore au Père Noël que les grands, qui continuent de voter pour elle. Elle veut encore faire partie de cette vie publique qui l’a occupée toutes ces années (et qui nous a coûté si cher) !

Voilà sans doute pourquoi elle se retrouve plus ou moins dirigée vers un poste d’animatrice télé. C’est assez adapté dans la mesure où les compétences demandées ne dépasseront que de peu celles qui furent nécessaires pour ses précédentes fonctions : déclencher un désastre est aussi à la portée de ces gens-là (on en a régulièrement la démonstration).

Cependant, quand on a été ministre et qu’on ne sait donc rien faire comme le faisait remarquer Don Salluste, on peut aussi tenter de se lancer dans une start-up climatique amusante de « justice climatique » (peu importe que ça ne veuille rien dire). C’est probablement plus compliqué qu’animatrice, ce qui explique sans doute pourquoi on chuchote qu’elle se dirigerait plutôt à présent vers un poste d’ambassadeur des pôles (Nord et Sud, les pôles Est et Ouest ayant été dévolus à Cécile Duflot, je présume). Après lobbyiste des piles, Miss Pôles Dancing serait une suite logique pour une ministre de l’Ecologie qui a manifestement d’énormes problèmes à se recycler.

Pourtant, à bien y réfléchir, n’était-il pas temps, à 63 ans, de laisser tomber ? L’appât des médias, des sunlights de la politique et des plateaux télé va-t-il manquer à ce point ?

Allons, M’ame Royal, pourquoi ne pas faire preuve d’un peu de courage une deuxième fois dans votre vie (la première aura été de vivre en couple avec Hollande, reconnaissons-le), et décider, enfin, de laisser tranquilles ces Français qui, pour la plupart, ne vous ont rien fait et n’aspirent qu’à être laissés en paix ? Pourquoi, M’ame Royal, ne pas profiter, maintenant, d’une (trop) bonne retraite offerte par ce modèle-social-que-le-monde-entier-nous-envie et dont vous vous gargarisez tant et plus ? Allez, quoi, ne soyez pas ce nouvel exemple, ajouté à tant d’autres précédents, trop nombreux, de politiciens qui s’accrochent, encore et encore, au pouvoir, aux médias, à la célébrité et aux privilèges qu’elle apporte.

Allez, soyez chic, partez en retraite.

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Source : http://h16free.com/2017/06/26/58572-une-retraite-royal-que-nenni


[Redite] Brexit – Ceux qui restent et ceux qui partent

dimanche 25 juin 2017 à 11:00

Article initialement paru le 26.06.2016

Le Brexit, c’était il y a un an. Eh oui, déjà ! Et en un an, que de chemin parcou… Ah bah non, finalement, les négociations viennent à peine de commencer, sur fond d’une grosse incertitude tant la position du Premier Ministre britannique est maintenant fragilisée par la récente élection législative qui ne s’est pas vraiment déroulée en sa faveur. Alors qu’en juin 2016, avec la finesse d’analyse et la diplomatie qui caractérisent les élites européennes, chroniqueurs, philosophes, intellectuels et politiciens appelaient à une expulsion du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne aussi douloureuse que possible et à des négociations courtissimes histoire de limiter la douleur lorsqu’on allait retirer le sparadrap, l’année écoulée aura largement démontré que, comme le soulignait mon article de l’époque, l’ensemble du processus serait long, complexe et politiquement agité.

Et comme prévu, un an après, on ne peut que constater qu’effectivement, rien ne semble encore décidé.

L’affaire est donc entendue : le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne. C’est, bien sûr, une défaite pour le camp des « européistes » plus ou moins acharnés, c’est aussi une défaite pour les sondages qui imaginaient un score serré et avaient calculé la victoire du statu quo. Et inversement, c’est une réussite pour ceux qui réclament depuis plusieurs années un tel référendum. S’il semble difficile de mesurer maintenant les conséquences, économiquement et politiquement, on peut déjà dégager quelques tendances.

L’issue de ce scrutin restera historique autant par son résultat que par la surprise qu’il a générée, d’autant que la plupart des commentateurs et autres zexperts zeuropéens avaient tablé sur un « #Bremain » consensuel, même si tout le monde se doutait que le score serait serré. Il n’en fut rien : le score est sans ambiguïté, et bien plus d’un million de voix sépare ceux qui ont décidé de partir de ceux qui voulaient rester dans l’Union Européenne. Pour les individus normalement constitués, il n’y aura donc aucun débat ni sur le résultat, ni sur la pertinence du vote, ni même sur son aspect démocratique. Seuls les habituels éditorialistes chagrins trouveront que la démocratie est un outil vraiment trop dangereux pour la laisser aux peuples, surtout lorsqu’ils votent de travers.

L’impact économique sera probablement géré assez rapidement des deux côtés de la Manche.

europe crisis

On peut bien sûr imaginer le pire : la tempête boursière qu’on observe actuellement restait largement prévisible parce que surtout due au déni d’une partie des médias et des financiers de voir la grogne grandissante des peuples face à des institutions européennes de plus en plus éloignées des missions de base qui leur avaient été assignées. Partant, on pourrait noircir le tableau en imaginant que tout va se déliter dans un effondrement financier global, parce que, vous comprenez, hors de l’Union, point de salut, mort du petit cheval et chatons renversés.

Si on remet les pieds sur terre, il y a plus à parier qu’une fois le changement acté par les marchés et les banques, une nécessaire adaptation, probablement un peu coûteuse, aura lieu de part et d’autre et… C’est tout. L’Union européenne continuera à commercer avec le Royaume-Uni, et réciproquement, parce qu’il n’y a guère de raison objective qu’il en soit autrement. D’ailleurs, ce n’est pas comme si les Britanniques n’avaient pas déjà leur propre monnaie, leurs propres petits arrangements avec les traités, et avec les frontières. Quant à l’Union, elle devra faire sans, et pourrait même, si ses dirigeants prennent un peu de recul, en bénéficier, en évaluant concrètement le poids des règlementations et des taxes que les institutions génèrent au nombre d’expatriés qui iront se réfugier outre-Manche (ou en reviendront).

Malheureusement, un peu de lucidité oblige à tempérer nettement ce constat économique modéré si l’on s’attarde, justement, au volet politique.

Et là, ce n’est pas triste, parce qu’on ne peut pas dire que nous avons des lumières en matière politique, tant du côté européen que du côté britannique. Parier sur Hollande pour des discours intellectuellement enlevés, par exemple, c’est se garantir un échec cuisant. La démission de Cameron promet là encore quelques sueurs froides, tant ceux qui prétendent le remplacer promettent d’agiter la galerie. Côté institutions européennes, on peut là encore s’attendre à tout sauf à du classieux. On peut même d’ores et déjà s’attendre à une véritable tempête de petites phrases plus ou moins assassines et particulièrement stupides une fois ce scrutin digéré. On peut aussi parier sur des tentatives de manœuvres ouvertement hostiles entre les deux côtés de la Manche. Et même si, on peut l’espérer, la diplomatie jouera à fond en coulisses pour éviter que les dérapages verbaux et publics des uns et des autres ne se transforment en opéra tragique à l’échelle internationale, les prochains mois s’annoncent sportifs.

Mais surtout, ce Brexit va entraîner une tempête sur le plan politique parce que les raisons qui animent une bonne partie des tenants britanniques du #Brexit ne sont pas du tout les mêmes que celles qui agitent à présent les fervents partisans de nouveaux référendums en Europe, et notamment en France. Force est de constater qu’il y a plus qu’un écart entre les Brexiters, assez clairement en faveur d’un État modeste et du libre-échange, et les représentants d’une sortie de la France hors de l’Union, résolument anti-capitalistes et pro-étatistes en diable.

Difficile par exemple de voir un lien quelconque, au-delà des positions anti-européennes, entre un Dr. Richard North ou Daniel Hannan, repris régulièrement dans les colonnes de Contrepoints, et Marine Le Pen dont les envolées lyriques goûtent bien plus à la source du collectivisme que du libéralisme.

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Difficile aussi de croire, comme certains zintellectuels zeuropéistes un peu trop sûrs d’eux, que ce vote fut le résultat d’une xénophobie ou d’un rejet de l’immigration avant tout. Les Britanniques ont d’abord voté contre une bureaucratie et un déluge de règlements qui n’a pas arrêté de s’abattre sur les citoyens sans que ceux-ci n’aient vraiment droit au chapitre et ce n’est pas pour rien qu’il a été insisté, lors de la campagne, sur l’aspect envahissant de Bruxelles bien avant d’évoquer les questions migratoires. Oh, bien sûr, une part évidente des votants sont animés de l’angoisse peu contrôlable de voir leur territoire envahi par des hordes d’étrangers, mais il serait plus que hardi de les voir en majorité dans le résultat du vote. En revanche, le même référendum mené en France aboutirait inévitablement à une campagne axée principalement sur la question migratoire, tant les problèmes de police et de justice que ces questions recouvrent sont actuellement délaissées par le pouvoir en place, et totalement absentes des instances européennes, grossièrement incompétentes en la matière.

Cette différence fondamentale dans la question de l’appartenance aux institutions européennes entre le Royaume-Uni et le reste du continent européen et la France en particulier vont plus que probablement polluer les prochains débats. À présent, le risque est énorme que les institutions, ressentant très négativement le rejet qu’elles viennent de subir, fassent preuve d’une fermeture, d’un protectionnisme et d’un enfermement bureaucratique encore plus fort en réaction à la volonté de liberté britannique.

Et alors que le message britannique imposerait de prendre du recul, en cherchant à rendre autant que possible leur liberté aux peuples, on peut quasiment garantir que les forces et les tendances politiques en présence de ce côté-ci de la Manche provoqueront plutôt un accroissement des maux collectivistes et nationalistes.

Si l’avenir britannique semble avoir pris un tournant pour le meilleur, celui que l’Europe prendra, France en tête, sera diamétralement opposé.

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Source : http://h16free.com/2017/06/25/58569-redite-brexit-ceux-qui-restent-et-ceux-qui-partent


Travailler toutes ses heures ? Non mais quel scandale !

vendredi 23 juin 2017 à 09:00

Croustillance d’un mois de juin tout en chaleur : on apprend dans une presse qui fait pourtant d’habitude fort attention à ne pas laisser fuiter d’informations vraiment irritantes que la mairie de Marseille a décidé de prendre quelques mesures musclées dans l’encadrement de ses agents et de leurs horaires de travail. Forcément, la grogne monte.

Et il y a de quoi ! D’après un passionnant article de la Provence, tout indique que la direction a décidé d’imposer aux agents de la ville de Marseille… de faire toutes leurs heures de travail.

Bonne mère ! Mais c’est la mort d’honnêtes travailleurs que veulent ainsi ces patrons inconséquents ! Imposer ainsi à toute une administration de faire ce pour quoi elle est payée (avec vos sous, au passage), c’est mettre un doigt puis, c’est évident, le bras entier dans un engrenage catastrophique où productivité, efficience et rationalisation seront les mots-clés répétés en mantras capitalistes néolibéraux. D’autant que la mairie a clairement expliqué vouloir remettre un peu d’ordre dans les horaires de travail et les astreintes des uns et des autres aussi rapidement que possible, d’ici à la fin de l’année au grand maximum.

Et ça, les syndicats ne pourront pas l’accepter : l’intersyndicale FSU, CGT et UNSA a déjà appelé à la grève et ses membres rappellent âprement que si la mise en conformité avec la loi est évidemment nécessaire, elle ne pourrait se faire dans la précipitation. Demander subitement aux agents de venir faire toutes leurs heures et de modifier leurs habitudes ancestrales en moins de six mois, c’est plus serré qu’un café de Georges Clooney ! C’est intolérable !

Les esprits s’échauffent donc déjà à ce sujet. Rassurez-vous cependant : certains avantages resteront confortablement acquis comme celui, pour la municipalité, de ne faire travailler ses agents que 1567 heures par an au lieu des 1607 heures légales. Et tant pis pour les rapports de la Chambre Régionale des Comptes qui pointait cet écart et notait qu’il en coûtait 10 millions d’euros au contribuable en manque à gagner : la bonne santé, les joues roses et les fesses rebondies des agents municipaux marseillais méritent bien ça.

Plus précisément, l’administration municipale tente de faire passer cette pilule sur le dos des « spécificités des conditions de travail à Marseille et des problèmes sociaux ». En clair, l’insécurité urbaine, la gestion des populations « en difficulté », tout ceci justifierait qu’on puisse travailler moins à Marseille qu’à Trignac ou Trouville. On imagine, avec de si solides arguments, que dans les communes encore plus gangrénées par la pauvreté, le chômage et l’insécurité, les agents municipaux ne font qu’une journée par semaine pour s’éviter les ennuis… Et quoi qu’on en pense, pour les politiciens en charge des collectivités concernées, c’est en tout cas bien plus simple à gérer comme ça que de résoudre réellement les causes de ces écarts.

Ce qui permettra sans doute de mettre un petit mouchoir pudique sur l’histoire qui a déclenché cette soudaine prise de conscience d’un petit manquement des agents au niveau de leurs horaires : apparemment, une enquête préliminaire est en cours pour comprendre l’organisation du temps de travail du SAMU social de Marseille et qui, depuis 10 ans (sachons vivre), permettait à ses agents d’y travailler une semaine sur deux soit 10 à 12 jours par mois. Cette pratique, selon les calculs de la Chambre Régionale des Comptes, aurait entraîné un préjudice de 5 millions d’euros pour la collectivité, qui s’en est donc douillettement tamponné le coquillard pendant une décennie.

Et au-delà des préjudices financiers évidents, ces petits manquements aux horaires optimaux normalement attendus pour ces agents (tant pour le SAMU social que pour le reste de l’administration municipale) entraînent quelques effets adverses que les salariés de la mairie doivent subir de façon croissante : avec une belle place sur le podium 2016 de l’absentéisme (36,8 jours d’absence par an et par agent en moyenne, soit deuxième au classement après Amiens), ces horaires minimalistes et la charge de travail pour le moins réduite des agents municipaux ont une fâcheuse tendance à « venir ternir la vision déjà contrastée de la population locale sur la question de son administration municipale », pour paraphraser certains folliculaires évoqués dans un précédent article.

Eh oui ! Travailler nettement moins en gagnant toujours autant, pendant que tous les autres travaillent plus pour gagner finalement moins et payer plus d’impôts, cela finit par « ternir » les réputations, même les moins « contrastées ».

On attend donc avec impatience la mise à niveau de la municipalité marseillaise dont on sait déjà qu’elle se fera avec la souplesse légendaire de l’administration française syndicalisée. Mais indépendamment des petits borborygmes que provoqueront inévitablement les organisations syndicales à l’idée qu’on puisse faire travailler tout le monde à hauteur de ce qui a été convenu dans le contrat de travail et les conventions collectives, on en vient tout de même à se demander quand il sera fait de même partout ailleurs dans nos belles administrations, à commencer par la fonction publique territoriale notoirement connue pour ses horaires fantaisistes (avec nocturnes le jeudi jusqu’à 16h45).

Au passage, on est en droit de se demander – soyons fous – si l’application du strict cadre légal des horaires dans l’administration ne permettrait pas quelques gains de productivité et un meilleur service rendu aux administrés, ce dont le pays a grandement besoin actuellement. Voilà assurément un domaine dans lequel Marseille va pouvoir s’illustrer et, qui sait, montrer la voie.

Voie qui ne sera – contenez vos vapeurs – certainement pas suivie par nos élus qui, eux, savent en tous lieux, en tout temps, rester suffisamment hors de portée de leurs électeurs une fois que leur mandat est acquis. On peut donc d’ores et déjà se rassurer tout de suite et s’éviter le cauchemar d’une Assemblée engorgée, toujours pleine de députés affichant une belle présence, des débats enflammés et une myriade de questions remontant de leur électorat vers le gouvernement, d’un Parlement européen débordé et de la disparition afférente des emplois fictifs ou presque d’assistants divers et variés qui entourent nos élus.

A contrario, on continuera donc de soupirer en lisant les saillies consternantes de ces derniers tentant de faire passer leurs emplois pour de véritables sacerdoces dont on se demande pourquoi, alors, ils attirent toujours plus

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Source : http://h16free.com/2017/06/23/58553-travailler-toutes-ses-heures-non-mais-quel-scandale


L’enquiquinante image négative des migrants

mercredi 21 juin 2017 à 09:00

On apprend dans la presse — rendue molle autant par les élections que par une canicule qu’elle a longtemps refusé d’appeler ainsi — qu’un barrage de migrants a tourné au drame dans la nuit de lundi à mardi dans le Nord. Saprizut, voilà que le vivrensemble vient de prendre une beigne.

Triste accident que celui qui s’est donc déroulé mardi, vers 3h45 du matin, sur l’A16 : tombant sur un barrage de troncs d’arbres posés sur la chaussée par des migrants, deux camions ont brutalement freiné pour tenter d’éviter la collision. Si ces derniers sont parvenus à s’arrêter, la camionnette qui roulait derrière eux n’a pas eu autant de chance et a percuté l’un des poids-lourds puis a pris feu, tuant le chauffeur. L’autoroute a bien sûr été fermée et une déviation, rapidement saturée comme il fallait s’y attendre, a été mise en place.

Avec une telle description clinique dont la presse est friande au point d’évoquer ensuite calmement le problème général que les migrants peuvent poser avec ce genre de barrages, on en viendrait presque à croire que cet abominable accident qui termine si mal n’est, en définitive, qu’une mésaventure voire une péripétie bien malheureuse qu’on se doit d’endurer, de temps en temps, sur les routes de France (un peu comme le terrorisme qui provoque parfois des petits désagréments ici ou là et auquel il va bien falloir s’habituer, mes braves enfants – après tout, la cigarette et les mélopées de Kendji Girac tuent plus de monde à l’année, hein). Il manque presque, dans ces articles du Monde ou du Parisien, l’une ou l’autre interjection de dépit sur l’embarrassement que ces écarts au bon goût et à la festivité citoyenne provoquent pour donner une idée précise de la gêne ressentie dans les classes jacassantes.

Certes, les politiciens ont largement froncé les sourcils : Notre Frétillant Président À Tous, Emmanuel, a assuré être très mobilisé, mais reconnaissons tout de même qu’il eût été de mauvais goût qu’il expliquât s’en tamponner le coquillard. Apparemment, lui et son ministre de l’Intérieur vont s’employer à distinguer les demandeurs d’asile des migrants économiques, et l’affaire sera dans le sac. Mais si. C’est évident.

Certes, les journalistes ont fait œuvre de salubrité en décrivant les faits, tous les faits, rien que les faits, avec le calme et le détachement qui sied dans ce genre de pénibles péripéties. Après tout, il eût été inconvenant de s’étonner d’une situation qui tend à se répéter un peu trop, à questionner l’ampleur des moyens mis en œuvre pour l’éviter.

Ainsi, personne ne semble s’étonner que ces barrages aient lieu, encore et encore. Pourtant, il y a de quoi : depuis quand en France laisse-t-on ainsi agir des brigands de grand chemin autre que la maréchaussée officielle ?

Ainsi, personne ne s’émeut vivement que la sécurité de nos autoroutes soit ainsi remise en cause. Tout juste trouvera-t-on cela dangereux (ah bah oui, ça peut tuer, zut alors). On n’entendra pas des masses Chantal Perrichon, l’hystérique présidente de la Ligue contre la violence routière, monter au créneau dans ce qui ressemble bien à une forme assez claire de violence, sur la route, qui entraîne pourtant des dégradations, des incidents, des blessures et maintenant la mort. D’un autre côté, parions que si elle intervient, ce sera pour réclamer rapidement que ces portions d’autoroutes soient limitées à 30 km/h et bardées de radars photogènes, afin de punir une bonne fois pour toutes ces camionneurs enivrés de vitesse.

Ainsi, personne ne semble halluciner de rappeler qu’on est en France, dans un Etat où, normalement, la loi limite assez clairement le droit des individus à disposer des barrages sur les routes, qu’on soit ressortissant ou non du pays.

Ainsi, le calme et la pondération devront rester de mise lorsqu’on apprendra que la nuit précédente, des réfugiés avaient déjà créé un tel barage à peu près au même endroit, mais qu’heureusement, il avait « rapidement été retiré par les policiers et les agents de la DIR » dont on est heureux d’apprendre qu’ils seraient payés pour ça, youpi tralala. Dans le même temps, un poids lourd avait fait l’objet de jets de pierres, parce qu’apparemment, le barrage ne suffit pas.

Tout est donc normal ou presque, la circulation est sous contrôle ou presque, l’ordre et la sécurité règnent en France ou presque, et on a proprement mis au coffre les deux onces de lucidité qui devraient normalement amener toute la presse et toute la population à déclencher un ouragan de boulettes de merdes monstrueux devant la gestion d’une telle affaire.

Mieux encore : le vrai problème de cet accident n’est pas qu’un type qui conduisait un camion pour gagner sa vie vient de la perdre, il n’est pas qu’une famille ne reverra jamais son fils ou son père. Non, pas du tout : pour certains, la vraie crainte, c’est que tout ceci vienne « ternir la vision déjà contrastée de la population locale sur la question des migrants », comme le dit l’article du Parisien (auparavant lié) avec un sens de la formule assez phénoménal.

Pour Claire Millot du collectif Salam, qui n’était manifestement pas au volant de la camionnette,

« Ce drame va donner une image négative d’eux alors qu’ils sont tout simplement poussés par le désespoir . C’est plus difficile de passer depuis quelques mois mais c’est toujours possible. Ils s’accrochent tous à cela. Avant, il suffisait de trois semaines, maintenant cela nécessite plusieurs mois. Seulement, parfois, certains craquent et tentent le tout pour le tout. »

Comme c’est ballot ! On tente le tout pour le tout, et pouf, on tue quelqu’un et flûte et zut, ça donne ensuite une image négative !

Pour d’autres, comme Christian Salomé, président de l’association « L’Auberge des migrants », si le danger augmente sur les autoroutes, c’est parce que ces migrants sont pourchassés. L’hypothèse inverse que les migrants en question seraient pourchassés parce qu’ils prennent de plus en plus de risques, qu’ils provoquent de plus en plus de problèmes ne semble pas être une hypothèse de travail raisonnable, quand bien même les faits semblent pourtant pencher de ce côté plutôt que l’autre.

En fait, il est ici bien difficile de trouver une réflexion solide sur l’état lamentable du pays qu’illustre pourtant fort bien cette affaire dramatique.

Comment ne pas voir les lacunes en terme de gestion des forces de l’ordre, lacunes soigneusement entretenues en faisant passer la sécurité des citoyens bien après la tranquillité d’esprit des politiciens qui les dirigent ? Comment ne pas comprendre que le problème migratoire actuel est d’autant plus aigu que la justice, celle qui doit normalement encadrer le droit d’asile, les renvois et les incarcérations pour faits délictueux ou criminels ne suit pas ? Comment ne pas faire le lien entre l’état justement lamentable de cette justice et le temps mis par celle-ci pour traiter de chacun des cas qui lui est soumis, imposant par le fait même des temps de procédures inhumains qui enkystent le problème au lieu de le résoudre ? Comment ne pas voir que ce n’est certainement pas avec de nouvelles lois et de nouvelles procédures s’ajoutant à celles déjà pléthoriques et complexes que le problème va se résoudre ? Comment ne pas comprendre que confondre l’humanisme le plus essentiel avec une complaisance aussi grande que politiquement avantageuse ne peut aboutir qu’à des situations de plus en plus dramatique comme celle-là ?

Malheureusement, ni la presse, ni les politiciens passés et actuels, ne semblent vouloir prendre la question sous ces angles. Aux atermoiements et aux larmes pseudo-humanistes s’opposent les discours faussement virils. Tout ne reste que blabla et agitation cosmétique pendant que les vrais problèmes, de police et de justice, continuent de s’installer, de s’enkyster et de pourrir la vie des Français, sans aucunement améliorer la vie des migrants non plus.

Les déclarations fumigènes des ministres « en marche » ne rendent guère optimiste.

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Source : http://h16free.com/2017/06/21/58537-lenquiquinante-image-negative-des-migrants


Des petits extrêmes peu légitimes ?

lundi 19 juin 2017 à 09:00

Et finalement, ce n’est pas une Assemblée si monochrome que prévue. Malgré la victoire écrasante, pardon, la déferlante, pardon, le raz-de-marée, pardon, le tsunami électoral que tous les analystes, commentateurs, chroniqueurs et autre sondageographes nous vendaient âprement depuis plusieurs jours, la République qui était au bord du gouffre et qui s’est mise En Marche récolte une majorité claire, absolue, confortable mais nettement inférieure aux plus de 400 députés qui étaient pronostiqués.

Youpi, donc.

Sauf qu’évidemment, revient inévitablement sur la table la douloureuse question de l’abstention. Parvenant à 56% lors de ce scrutin, elle place un record net et montre de façon assez claire que la plupart des Français s’étaient largement démobilisés. Bien évidemment, la presse traditionnelle s’est empressée d’analyser ce chiffre et avance la panoplie habituelle de raisons, allant de la plus niaise (il faisait beau) à la plus circonstancielle (les Français étaient lassés de voter) en passant pudiquement sur la plus probable (la foi citoyenne dans cette mascarade s’érode doucement à chaque pantalonnade démocratique), et se laisse à tendre, une fois de plus (une fois de trop) son gros micro mou aux politiciens qui s’empressent de jouer du xyloglotte en rythmes chaloupés, sur l’air maintenant connu du « ♩ il faut écouter le silence des urnes ♪ ».

De façon ni étonnante, ni particulièrement fine, chacun de ces politiciens interrogés sur cette épineuse question en profitera pour se poser la question sous-jacente de la légitimité des élus : eh oui, m’ame Ginette, avec aussi peu d’électeurs par élu, pourront-ils réellement prétendre représenter quelque chose ? Décidément, les piliers de bar n’ont qu’à bien se tenir.

Dans cette myriade de réflexions profondes, on ne pourra s’empêcher de noter celles, encore plus délicieuses, des leaders ou porte-paroles ou têtes de listes des partis extrêmes, France Mélenchonsoumise d’un côté et Front Marine Nationale de l’autre : à chaque fois et dans leur bouche, cette abstention est parée d’étranges vertus.

Ainsi, elle amoindrit de façon claire la portée du message qu’entend porter Emmanuel Macron et ses députés : élus avec une telle abstention, c’est être mal élu et, en tout cas, il sera difficile de prétendre avoir derrière soi un peuple en pleine ferveur. De ce point de vue, Marine et Jean-Luc n’hésitent pas à rappeler qu’ils feront, à chaque fois que possible, appel à la rue pour venir en aide à leurs petites troupes législatives qui s’opposeront avec bravoure à l’hydre macronesque, ♫ tsoin tsoin ♫.

Et dans le même temps, avec cette facilité du paradoxe que les politiciens sont toujours prompts à manier avec dextérité, cette même abstention ne semble pas amoindrir d’une quelconque façon les scores obtenus par les députés franco-insoumis ou les fronto-nationalistes. Le député des extrêmes sait qu’il bénéficie d’une assise populaire solide de laquelle est absente, ou quasiment, tout indigne grumeau d’abstention ; il a, lui, le peuple derrière lui, vibrant d’une seule âme, prêt à (re)prendre la Bastille si jamais le totalitarisme venait à s’installer par le truchement d’un Macron trop puissant.

Mieux encore : l’abstention peut, dans leur bouche, être carrément récupérée sans souci, car, c’est évident, ceux qui se sont abstenus auraient voté pour eux, c’est sûr.

Et tout ceci de justifier sans vergogne d’appeler, avec force trémolos, à la résistance dans la rue et à réclamer des référendums avec bruit. En tout cas, pour Jean-Luc, le combat est engagé, il est d’importance et il se voit déjà nimbé de responsabilités plus grandes encore que son groupe d’élus à l’Assemblée.

Tout cela est bel et bon, mais il y a tout de même un petit souci : c’est complètement faux.

La triste réalité est que si l’abstention a, effectivement, amoindri la prétendue ferveur populaire qui pourrait se trouver derrière le mouvement de Macron, elle l’a d’autant plus fait pour les mouvements extrêmes.

Forcément, pour Le Pen ou Mélenchon, c’est nettement moins glamour à admettre, notamment après leurs scores plutôt élevés des élections présidentielles, mais les faits sont têtus : ceux qui sont allés voter au premier puis au second tour sont très majoritairement ceux de Macron et ce de façon absolument limpide.

Cette évidence semble avoir bien du mal à pénétrer le crâne de certains élus et elle mérite donc d’être redite : si cette abstention record démontre bien quelque chose, c’est qu’au contraire de ce que prétendent nos deux populistes dans leurs péroraisons télévisées, les Français ne veulent pas de ces deux partis comme opposition à Macron.

Et le plus beau, c’est que leur si faible motivation pour les candidats du Front National ou de la France Insoumise doit se comprendre en face d’une mobilisation pour Macron déjà fort peu élevée. Autrement dit, on voit d’autant plus de députés des extrêmes à l’Assemblée que les Français ne se sont guère mobilisés pour les autres, et pas l’inverse : si les Français peu enthousiastes du macronisme les avaient jugés crédibles, ils se seraient déplacés pour voter pour eux et ils seraient plus nombreux, à coup sûr.

En somme, cette abstention record enlève beaucoup plus de légitimité aux extrêmes qu’aux partis traditionnels. Dans ce cadre, ni le Front National, ni la France Insoumise n’apparaissent donc comme des opposants légitimes à Macron et ses députés En Marche.

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Source : http://h16free.com/2017/06/19/58523-des-petits-extremes-peu-legitimes