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[Redite] Liberté d’expression : la contre-attaque des Bisounours

dimanche 20 août 2017 à 11:00

Billet initialement paru le 21.01.2015

Les récents événements de l’actualité (que ce soit CharlottesVille, les réactions de Trump ou l’attentat de Barcelone) ont amplement démontré que la liberté d’expression, c’est très joli et très mignon, mais seulement tant qu’on exprime une opinion conforme à la doxa ambiante ou qu’on parle du temps qu’il fait (et encore, avec les climato-hystériques, la météo devient un sujet miné). En Janvier 2015, la France, traumatisée par l’assassinat d’une partie de la rédaction de Charlie Hebdo, clamait urbi & orbi le caractère intouchable de cette liberté d’expression. Il n’aura fallu que quelques jours pour que ces paroles engagées soient oubliées.

Ce petit retour deux ans en arrière montre à quel point les choses ont évolué, et pas en mieux et le billet de demain ajoutera une pierre à l’édifice.

Le 11 janvier dernier, le monde entier, France en tête, communiait dans le recueillement et une ferveur inouïe jusqu’alors pour la liberté d’expression, la liberté de la presse et parce qu’en se rassemblant tous, pacifiquement, pouf, le terrorisme disparaîtra. Dès lors, plus rien ne serait comme avant.

Avant, on tergiversait au sujet des unes de Charlie Hebdo, comme le firent beaucoup trop d’individus tièdes qui s’empressaient de les dénoncer sans comprendre l’importance d’une liberté d’expression pleine et entière. Avant, on découpait cette liberté en petits morceaux faciles à appréhender, faciles à avaler, à mâchouiller et à recracher dans différents contextes. Mais ça, c’était avant.

Après les attentats, les cartes devaient être rebattues, les différences et les clivages oubliés, l’unité devait prendre le pas. Quant à la liberté de la presse et celle, concomitante, d’expression, elle devait être à nouveau indiscutable. Le monde entier, à nouveau éclairé par le phare bien français de la Liberté, allait voir ce qu’il allait voir, scrogneugneu.

Et en quelques jours, il a vu. Après un véritable feu d’artifice communicationnel axé sur un renouveau de la politique antiterroriste à pas cadencé, quelques mises au point furent rapidement faites, sur le mode « La liberté de la presse ne se négocie pas », suivi d’un « mais » bien gras et appuyé, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on est en France, hein, tout de même.

Il faut dire que, l’espace d’une semaine, l’unanimité fut totale. Pendant sept jours, les censeurs ne pouvaient plus rien dire. Pendant cette semaine tragique et exceptionnelle, la liberté de la presse fut rappelée, louangée, défendue corps et âme puis érigée en rempart infranchissable dressé par la démocratie, la République et la civilisation, contre la barbarie, l’obscurantisme et aussi les méchantes idées qui piquent, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on est en France, hein, tout de même.

Seulement, une semaine, c’est long quand on est un compulsif du petit cri strident à chaque bobo imprévu. C’est tellement long qu’une fois ce laps de temps écoulé, les bonnes habitudes sont revenues aussi sec, notamment celles qui consistent à bien mesurer les expressions, les opinions et les avis à l’aune du politiquement correct et des lois qu’on aura préalablement fait voter dans un temps où l’outrance était plus simple, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on est en France, hein, tout de même.

marisol touraineBilan des courses : si Charlie Hebdo a bien le droit de montrer un prophète tout nu avec une étoile coincée dans l’anus, le tout, tiré à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, et disponible sur la place publique, il en va tout autrement avec les fresques murales d’une salle de garde, lieu à la fois privé et notoirement connu pour, justement, abriter des grivoiseries au son de chansons paillardes. Dans le cas d’espèce, c’est la salle de garde du CHU de Clermont-Ferrand qui a déclenché une vague de protestations : selon le collectif « Osons le féminisme » dont l’objectivité, le calme et la pondération ne sont plus à démontrer, la fresque qu’on y trouve représente Marisol Touraine subissant un viol en groupe. C’est abominable, il faut absolument la faire effacer !

En pratique, la scène salace, peinte là il y a plus d’une dizaine d’années, représente un quintuplet de super-héros (trois hommes et deux femmes) en pleine orgie. Sur celle-ci ont été apposées il y a quelques jours trois bulles dans le style d’une bande-dessinée faisant directement référence à la loi Santé de Marisol Touraine. La ministre n’est pas citée, son nom n’apparaît pas et tout porte à croire que c’est plutôt les internes auxquels la fresque fait référence plutôt qu’à la ministre. L’horreur étant totale et le collectif « Osons Le Féminisme » particulièrement bien introduit auprès des médias, la presse s’est emparée de l’affaire pour la faire mousser. Libération, oubliant un de leurs précédents articles sur les salles de garde documentant clairement la paillardise des lieux, reporte l’affreuse affaire sans distance ni analyse. C’est sûr, c’est un viol collectif (obligé !) …

tweet rossignol salle de garde

Vite, il faut censurer et châtier les auteurs, parce qu’en France, on a le droit d’insulter publiquement la foi de millions de personnes et ce, de façon aussi graveleuse que possible, mais il est tout de suite plus délicat d’exprimer son mépris pour une loi depuis un lieu privé.

fluide glacial le péril jauneDans le même temps et avec une synchronicité qui montre une délectation assez géniale pour la polémique facile, c’est la Une de Fluide Glacial qui occupe à son tour les petits censeurs à la gueule de bois d’une semaine passée sans pouvoir l’ouvrir. Et cette fois-ci, les irritations bruyantes et médiatisée proviennent de Chine, où l’on goûte peu que ce mensuel sur la bande-dessinée se laisse aller à des titrailles racoleuse sur « le Péril Jaune ». Au passage, on pouffera en constatant le rapprochement du comportement en République française de celui en Démocratie populaire chinoise (ami lecteur, tente de repérer la dictature). On attend avec impatience les déclarations gênées de nos diplomates qui devront faire comprendre que si l’on peut se foutre grassement de la bobine d’un prophète, il va falloir procéder avec plus de tact et de doigté avec nos amis Chinois qui, au passage, ont la bombe atomique et un fichu pouvoir d’achat.

Et pour parfaire une situation devenue bien glauque en la poussant carrément dans l’ornière du grotesque le plus abouti, on apprend, même plus consterné tant tout ceci semble maintenant aussi normal qu’un Président, qu’un juge d’instruction a décidé de poursuivre Arno Klarsfeld pour avoir osé affirmer qu’avec l’extrême-droite, une partie de l’ultra-gauche mais surtout une partie des jeunes de banlieues pourraient être carrément antisémites, ce qui porterait un grave préjudice à ces derniers (aux jeunes de banlieue, hein, pas aux antisémites, ni, bien sûr, à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche – suivez, quoi).

cerfabobo.jpgDécidément, la France « après Charlie » est particulièrement cocasse. Magma gluant d’émotions à fleur de peau, elle prétend n’avoir pas du tout eu peur des méchants terroristes mais regroupe ses membres transis d’effroi dans de grandes processions collectives médiatisées. Elle ne cédera rien à la liberté d’expression mais, une fois la stupeur retombée, laisse s’exprimer tous les groupuscules en mal d’exposition médiatique qui demanderont que cette liberté soit sérieusement encadrée, avec barreaux, pain sec et eau croupie. Cette France de l’après-Charlie se découvre remplie de petits êtres faibles et chétifs, choqués à la moindre atteinte au politiquement correct, à leur définition du bon goût, du bon humour ou de la bonne opinion. Le 11 janvier, tout le monde était transi d’amour pour cette liberté de pensée et d’expression. Et alors que tout les censeurs auraient dû disparaître, le 12 a accouché, discrètement, de la plus puissante armée de Bisounours choqués qu’aucun Cerfa ne pourra jamais consoler.

À défaut d’avoir été tirée, la chasse est donc ouverte : le Bisounours Censeur s’en donne maintenant à cœur joie. C’est, bien évidemment, parfaitement contradictoire avec la liberté d’expression, mais à présent, tout le monde s’en fiche. C’est, aussi évidemment, parfaitement contre-productif : par Effet Streisand, cela amplifie l’audience et la visibilité de ce qui peut choquer nos moelleux dictateurs. C’est enfin parfaitement con et d’autant plus contre-productif que ça clive les gens entre ceux qui aiment la provocation, ceux qui aiment la liberté d’expression, et les quelques uns qui sont directement choqués. Pire, cela renforce par opposition frontale et grossière les convictions des uns à provoquer, des autres à défendre la liberté d’expression tant elle est attaquée, et excite les derniers à vouloir fermer le caquet de tous les déviants, par la force s’il le faut (et bien sûr, il le faut !). Le problème, c’est qu’être choqué est facile. Il suffit de vivre. Il y aura donc toujours plus de raisons de museler celui qui choque que de raison de le laisser parler.

En tout cas, l’attaque de Charlie aura été un magnifique révélateur d’imbéciles.

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Source : http://h16free.com/2017/08/20/58804-redite-liberte-dexpression-la-contre-attaque-des-bisounours


Taxes par-ci, taxes par-là, échec partout.

vendredi 18 août 2017 à 09:00

En Socialie, il n’est pas un problème qu’une bonne non-solution ne saurait résoudre. En Macronie, c’est globalement la même chose, le panache communicationnel en plus : devant un problème donné, on continuera à employer les mêmes procédés foireux avec une obstination qui confine à la psychiatrie lourde mais au moins le fera-t-on avec la fougue et l’entrain que la jeunesse permet. Et en Macronie en particulier comme en Socialie en général, une vraie bonne non-solution à tous les problèmes, c’est une bonne taxe, pardi !

Le cas du paquet neutre est tout à fait symptomatique. Mesure constructiviste typique basée sur la remise en question d’un comportement réprouvé (fumer des cigarettes) non par la morale mais bien pour des raisons de coûts dans la santé collectivisée, l’idée consiste à faire croire qu’en enlevant sur les paquets de cigarette la spécificité des logos et autres emballages colorés, on parviendrait à réduire la vente des tiges à cancer.

Bien évidemment, plutôt que faire des paquets réellement neutres (i.e. blancs), il a rapidement été question d’introduire des images dépeignant les désagréments encourus suite à l’abus de cigarette, espérant ainsi dégoûter le consommateur devant les photos plus ou moins abominables de tumeurs et autres joyeusetés que l’addiction au tabac entraînerait. Malheureusement et comme prévu, six mois après l’introduction de ces paquets pas neutres du tout, le constat est particulièrement peu encourageant puisque les ventes ne se sont pas effondrées.

Elles n’ont même pas réellement diminué. Du reste, notons la polémique typiquement aoûtienne qui entoure les chiffres puisque si RTL affirme que depuis le premier janvier dernier, la consommation de cigarettes a augmenté, pour d’autres médias, elle n’a simplement pas bougé.

Une chose est sûre : comme en Australie où la mesure est en place depuis plusieurs années, on constate le même non-événement, à savoir l’absence d’effet sur la consommation. L’argument majeur qui avait donc présidé à la mise en place de ce paquet à photo gore est donc, comme on pouvait s’en douter, complètement bidon. On peine de la même façon à justifier la mesure avec l’autre argument habituellement utilisé (enlever l’envie aux enfants d’acheter leur premier paquet de cigarette) dont la portée n’a toujours pas été vérifiée et qui nécessite, de l’avis de ses promoteurs, une bonne grosse génération de 25 ans pour pouvoir être observé.

Avec cet échec, la diminution de la tabacomanie sera-t-elle remise à plus tard ? En Macronie, que nenni !

Devant le problème « cigarette », il suffit d’une solution simple : une bonne grosse taxe amenant le paquet à 10€.

Tant pis si le problème est surtout lié au coût pour les finances publiques de la santé collectivisée. Tant pis si l’augmentation du prix précipite les consommateurs sur le marché noir et les délinquants sur le sentier cossu de la contrebande. Tant pis si le reste des pays européens permet de s’approvisionner facilement en paquets à prix cassés. Tant pis si cette solution crée de nouveaux problèmes : cela va marcher, parce qu’elle a déjà été utilisée maintes et maintes fois avec succès.

D’ailleurs, puisqu’on parle de taxes, comment ne pas évoquer cette nouvelle taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises que le gouvernement envisage de créer pour résoudre un enquiquinant problème de trésorerie ?

Le problème est d’autant plus enquiquinant qu’il est directement issu d’un récent jugement de la Cour de justice de l’Union européenne. Cette dernière, saisie par l’Association française des entreprises privées et une vingtaine de grands groupes, a en effet jugé que la taxe à 3% sur les dividendes des grandes entreprises, mise en place par la fine équipe du président Hollande, revenait bien à une double imposition des grandes sociétés multinationales et qu’elle contrevenait donc à l’article 4 de la directive européenne sur les sociétés mères et leurs filiales.

Or, cette juteuse (mais illégale) ponction fiscale rapportait 2 milliards d’euros par an. Retoqué, l’Etat français va donc devoir trouver, rapidement, de quoi remplir son budget puisque tout le monde sait qu’il lui est absolument impossible de réduire ses dépenses à hauteur de ses ponctions illégales ; son obésité morbide ne sera pas combattue, pas plus en Macronie qu’en Socialie hollandesque, je vous rassure.

Et qui mieux que ceux qui se faisaient taxer illégalement pour abonder à nouveau au tonneau des Danaïdes ? Puisqu’on ne peut pas vous taxer le fondement par vos dividendes, on va le faire via la contribution sociale de solidarité des sociétés, pardi ! Et tant pis si la légalité de cette magnifique opération de taxe temporaire (forcément temporaire) « Sois Solidaire Et Tais Toi » ressemble à s’y méprendre à la légalité de la précédente opération « Par Ici La Bonne Taxe Sur Les Dividendes » : on a gagné trois ou quatre nouvelles années.

Ce petit tour de passe-passe, parfaitement inique et qui évite, encore une fois, toute remise en question au niveau de l’Etat et de ses sicaires fiscaux, permettra évidemment de résoudre le problème budgétaire en tabassant derechef ceux qui se faisaient tabasser : histoire de varier, le fisc frappera sur la joue droite après la joue gauche. Subtil.

Bien évidemment, la réussite flamboyante d’une telle mesure (en terme d’emplois, en terme d’incitation entrepreneuriale, et même en terme de rentrées fiscales – un comble) est à prévoir.

Enfin, il serait dommage de clore le sujet des taxes rigolotes et si singulièrement efficaces sans évoquer un nouveau cas particulier de taxe individuelle tout à fait pertinente et judicieuse.

L’histoire a été éventée par l’Est Républicain qui relate dans une récente édition la délicieuse aventure taxatoire vécue par Francisco Castano. Ce dernier, qui avait installé une petite serre artisanale de 6 m² (quelques planches et quelques pièces de film plastique) au dessus des dix pieds de tomates plantés dans son jardin, a eu l’idée réellement lumineuse (et, reconnaissons-le, remarquablement honnête et citoyenne) de déclarer cette serre à sa municipalité. Municipalité qui s’est empressée de taxer l’impétrant : 168 euros seront à payer, dont 126 pour la part communale et 42 pour la part départementale, soit 28 euros du mètre carré de serre artisanale, ou presque 17 euros par plant de tomates.

Même en admettant une vigoureuse production de plusieurs kilos de tomates, notre contribuable aura bien du mal à rentabiliser ses salades estivales, bios ou non.

Cette mésaventure, qui a pas mal tourné sur les réseaux sociaux, illustre à merveille toute la logique étatique et l’aptitude de l’administration de ne surtout pas s’adapter aux cas concrets qui lui sont fournis, écrasant ainsi les citoyens et les entreprises, petites ou grandes, dans le même égalitarisme fiscal aux résultats collatéraux toujours plus amusants.

Ainsi, il est peu probable que cet épisode favorise l’honnêteté future des citoyens. Ceux qui auraient eu des velléités de déclarations savent à présent qu’ils seront, eux aussi, sauvagement taxés, sans la moindre marge de manœuvre. Les rentrées fiscales correspondantes disparaîtront donc petit à petit.

Ainsi, il est peu probable même que ces citoyens se tracassent à construire quoi que ce soit de visible qui pourrait attirer l’oeil des voisins (la dénonciation fiscale étant un sport national couru) ou du fisc. Les achats et investissements correspondants disparaîtront donc petit à petit.

Ainsi, il est même possible que ceux qui voulaient se lancer dans le potager y réfléchiront à deux fois, notamment si l’on doit rajouter les taxes et contrôles sur la récupération de l’eau de pluie et autres misères potentielles que l’administration fiscale ne manquera pas de trouver. Potager qui pouvait entraîner commerce et socialisation avec les voisins, voire déclencher des vocations ou des économies sur le budget familial. Tout ceci disparaîtra là encore petit à petit.

En somme, les gens honnêtes sont invités à ne plus rien faire, ou à verser dans l’illégal ou cette zone grise loin des doigts prédateurs de Bercy.

Pas de doute, ces taxes, comme solution à tous les problèmes, c’est une excellente idée, un magnifique projet de société, et un avenir évidemment florissant qui se profile à l’horizon !

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Source : http://h16free.com/2017/08/18/58770-taxes-par-ci-taxes-par-la-echec-partout


Un Pass Culture indispensable, réclamé par tous et voué à une réussite flamboyante

mercredi 16 août 2017 à 09:00

Ce n’est pas parce qu’on manque d’argent ou que les budgets sont serrés comme un café georges-cloonesque qu’il faudrait oublier son électorat ! Certes, les prochaines élections sont lointaines mais lorsque les cotes de popularité dégringolent, nécessité fait loi. Et c’est ainsi que la distribution d’argent des autres continue de plus-belle en Macronie.

Bien sûr, dans le cas qui nous occupe, on ne pourra pas reprocher au Président de ne pas tenir ses promesses de campagne, aussi spontanément idiotes soient-elles. On se souvient en effet qu’en janvier dernier, alors que les prétendants faisaient le tour du pays et enchaînaient frénétiquement les échanges de microbes palmaires avec la populace à tondre, Emmanuel Macron avait jugé pertinent de proposer de distribuer 500 euros pour chaque jeune atteignant les 18 ans, afin de lui donner un pouvoir d’achat pour des livres, de la musique, des entrées de musée ou que sais-je du même acabit. En cela, Macron semblait recopier l’initiative du président du conseil italien Matteo Renzi qui propose dans son pays sensiblement la même chose et dans les mêmes conditions.

Et en Italie, le résultat est sans appel : c’est un succès puisque 290 millions d’euros de fonds publics ont été claqués autrement qu’en petits-fours. Sachons vivre. La France restant la France, toute l’idée consistera à atteindre voire, si possible, dépasser ce niveau de dépense.

Et comme il s’agit d’ouvrir à fond les sprinklers à pognon, il n’y a pas de temps à perdre ; la cote de popularité du président n’attendra pas beaucoup plus longtemps. Il faut donc agir vite, 2018 semble l’année rêvée pour ce genre de dépenses et tant pis si la façon de procéder est hâtive voire floue et qu’on peine à voir l’intérêt pratique de la mesure ainsi que ses retombées autres que purement politiques.

Difficile en effet de voir pourquoi ces 500 euros doivent être dirigés vers la culture et pas le sport (qui entretient la santé dont la collectivisation nous coûte si cher, n’est-ce pas), les voyages (qui forment la jeunesse et permettent d’ouvrir ses horizons), le logement (parce que c’est bien beau d’avoir des livres et des disques neufs, ce n’est guère pratique lorsqu’on est SDF) ou tout simplement la nourriture (avec son indispensable quota de fruits, de légumes et de pas trop sucré, pas trop salé et pas trop fun non plus).

Apparemment, le « jeune », cette catégorie de futur-électeur si difficile à capter, doit être régulièrement arrosé comme les plantes vertes et les sénateurs. C’est sans doute ce qui explique la régularité avec laquelle on l’asperge des largesses institutionnelles puisqu’alors même que ce « Pass Culture » indéfini et déjà coûteux n’est pas encore en place, on voit déjà se pointer de nouvelles aides comme pour le déplacement d’une académie à l’autre (1000 euros tout de même) ou pour l’insertion professionnelle (de 100 à 550 euros là encore).

Et à coups de 180 millions par ci, 400 millions par là, rapidement, on commence à parler de bien jolies sommes (même si on ne sait absolument pas comment, exactement, on va abonder à ces dépenses). À ce point de l’observation, on est donc en droit de s’interroger sur la pertinence de ces millions dont il est question, en regardant notamment d’où ils proviennent.

Je ne parle bien évidemment pas de l’aspect purement technique ici : nous savons tous qu’une grosse partie provient des taxes et ponctions autoritaires auxquelles les citoyens sont de plus en plus heureux de contribuer, et que pour le reste – environ 28% si on s’en tient aux derniers chiffres budgétaires consternants – il s’agira de dette créée à la volée pour le bien (commun, évidemment) des générations futures – celles-là même qu’on doit protéger contre un cataclysme climatique très hypothétique mais surtout pas contre une catastrophe financière pourtant déjà largement avérée.

Non, ici, je parle plutôt de l’aspect politique de la provenance de ces fonds : il est particulièrement intéressant de mettre ce demi-milliard ainsi mobilisé sur un claquement de doigt en face des économies réclamées à cors et à cris par le gouvernement à différents ministères.

Il est encore plus intéressant de constater que plus le ministère est proche de ce qu’on est en droit d’exiger de l’Etat, plus les efforts d’économie que le gouvernement et le président demanderont seront forts. Plus les cris de protestation de ces ministères sont forts, plus ces ministères couinent depuis longtemps sur leurs manques de moyens, plus les citoyens un tantinet lucides se rendent bien compte des problèmes de ces ministères, et plus la décision du président et de son gouvernement de couper encore plus sera implacable.

A contrario, plus l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas et plus les sommes mobilisées à ce dessein sont fortes, plus les économies sont faibles voire inexistantes (ou négatives) et plus les décisions pour en cramer d’avantage semblent assurées et définitives.

Autrement dit, tout se passe comme s’il était extrêmement compliqué de trouver des fonds ou de conserver ceux existant pour les ministères régaliens (police, justice, armée), et comme si la distribution clientéliste était chose aisée voire désirable au point de hâter tant que possible la décision, et de laisser un temps de réflexion aussi court que possible à la population qui financera tout ça.

Il semble en effet acquis que tout le monde est d’accord et qu’il n’y a rien à discuter.

D’ailleurs, doit-on le rappeler, Macron fut élu avec une majorité évidente à la suite d’une campagne d’un fair-play et d’une tenue irréprochables, et que sa solidité politique ne se dément pas d’un sondage d’opinion à l’autre.

D’ailleurs, il apparaît évident que 500€ pour de la culture, c’est indispensable notamment parce que le budget attribué au Ministère de la Culture est seulement plus gros que celui de la Justice. Or, on sait depuis un moment que la justice est globalement assez inutile (surtout pour le citoyen lambda, toujours honnête) alors que sa culture, elle, lui est indispensable.

Du reste, cela fait 40 ans qu’on augmente sans cesse le budget de la culture et on voit le résultat puisque nos concitoyens sont toujours plus éduqués, plus cultivés et le rayonnement français est toujours plus fort (la domination est telle que Hollywood s’en plaint d’ailleurs régulièrement, n’est-ce pas).

En outre, aider sans arrêt les jeunes, les étudiants, les nouvelles générations, ça marche ! Le montant des aides distribuées aux jeunes, aux étudiants, aux lycéens, aux collégiens et autres écoliers ainsi qu’aux nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi n’a pas arrêté d’augmenter sur les 40 dernières années et là encore, comme pour la culture, le résultat est un succès flagrant puisque la France a le plus faible taux de chômeurs dans les jeunes en Europe (mais si, mais si). Ce succès n’appelle aucune discussion.

La conclusion s’impose d’elle-même : non seulement ce Pass Culture est indispensable, non seulement il est réclamé par la foule qui en veut, non seulement l’Histoire récente des aides nous démontre que c’est une excellente idée, mais en plus, une fois que l’expérience aura misérablement échoué, on la relancera avec d’autant plus de force qu’on sait que si ça ne marche pas, c’est qu’on n’a pas cramé assez d’argent des autres, pardi !

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

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Source : http://h16free.com/2017/08/16/58757-un-pass-culture-indispensable-reclame-par-tous-et-voue-a-une-reussite-flamboyante


La France, terre de progrès ?

lundi 14 août 2017 à 09:00

Ah, La France, ce petit pays sympathique coincé entre la Belgique et la Bretagne et qui fait assaut d’imagination pour vanter ses lieux touristiques et rappeler, dès qu’il le peut, quelle terre de progrès phénoménaux il est encore !

Eh oui, ne l’oubliez pas : il ne se passait pas une année en France, dans les années 70, 80 et 90 sans que le pays fournisse au reste du monde une démonstration éclatante de ses progrès technologiques, d’ailleurs médiatisés avec plus ou moins de bonheur.

Ainsi, Concorde, un des deux seuls avions commerciaux supersoniques jamais en exploitation, fut directement issu d’une volonté d’apporter cette possibilité de vol rapide dans un monde qui rétrécissait déjà à vue d’œil. Ainsi, l’introduction dans les années 80 de lignes de train permettant d’atteindre les 300 km/h aura permis au pays de rappeler à tous la maîtrise industrielle qui le caractérisait. Ainsi, le développement continu dans ces années de la filière nucléaire civile aura laissé au pays un héritage qui lui permet d’affronter encore calmement les hivers même rigoureux et parsemés de moulins à vent coûteux et inefficaces.

Je pourrais multiplier les exemples de la sorte, mais voilà : les années 2000 puis 2010 sont passées par là. A force de choix politiques si subtils que la population semble ne pas les avoir trop bien compris (à tel point qu’elle les entérine encore et encore avec obstination), le progrès qui était pourtant palpable il y a vingt ans semble difficile à se concrétiser de nos jours.

Le concorde n’existe plus : instantané aérien figé sur un monde où le pétrole était très bon marché, le progrès ne l’aura pas touché. Inadapté aux nouvelles contraintes économiques, écologiques et sécuritaires, cette évolution drastique des transports aériens qu’il symbolisait pourtant a été relégué à la casse.

Rassurez-vous : le TGV, heureusement, l’a fièrement remplacé et permet de relier Paris-Montparnasse à Rennes en moins de 9h… En outre, toute l’infrastructure ferroviaire française est une véritable démonstration que le progrès n’a jamais été aussi retentissant en matière de ponctualité et de fiabilité. Les derniers chassés-croisés estivaux ont amplement démontré que même un pays qui a vingt ans d’avance sur tous les autres peut se retrouver projeté cent ans en arrière lorsqu’il laisse pourrir ses équipements, ses méthodologies, ses techniques et sa mentalité.

En fait de progrès, là où, dans les années 70, 80 et 90, on nous vendait (et on nous vantait) TGV, autoroutes neuves, Concorde et Minitel révolutionnaire, les années 2000 puis 2010 ont laissé place à la déferlante de moyens de transports rigolos voire « paisibles » dans le langage des bobos éco-conscients.

C’est ainsi que, pendant que le train Inoui laisse surtout perplexe ceux qui ont tenté de l’utiliser, les Ouibus ont pris la relève de transports plus rapides. Avec, régulièrement, ces petits tracas qui font la marque réjouissante d’un « progrès » qui s’installe doucement. Le progrès ne fait aucun doute.

C’est ainsi que les vélos sont réapparus dans des villes qu’on croyait pourtant inadaptées à ce moyen de transport rudimentaire. Le succès des Vélibs et formules équivalentes dans les grandes villes du pays, habilement corrélé au pilonnage massif contre la voiture, permet à toute une nouvelle population de découvrir les joies de la pédale sous la pluie et des risques afférents en milieu urbain (sans même faire dans l’ironie sur les émissions dangereuses des bornes Vélib). Le progrès est évident.

C’est ainsi que les solutions de partage (privées, à la Blablacar, ou publiques, à la Autolib) se multiplient – au point de compter maintenant les trottinettes, avec des résultats financiers plus ou moins solides. Le progrès, par rapport à cette époque où l’accession à un véhicule personnel n’était pas un rêve absurde, semble absolument limpide, et moyennant une propagande information correctement distillée par le gouvernement, tout le monde louera les avantages évidents de ces progrès sociétaux.

En fait, tout se passe comme si la population du pays avait sciemment choisi d’abandonner sa capacité à rêver, à imaginer un futur où elle aurait un rôle majeur à jouer, pour se placer dans celui où elle se conterait de consommer (et encore, avec parcimonie). De votes en votes et de décisions municipales en textes de lois nationaux, cette population a fait semblant de choisir des progrès sociaux plutôt que technologiques, se camouflant à elle-même le fait, pourtant évident, que ce choix était essentiellement dicté par un appauvrissement économique assez clair.

Et avec cet abandon progressif de toute velléité d’un progrès palpable autre que purement social, on assiste à une lente défection dans le domaine de l’innovation technique. Alors que les années passées, la France pouvait s’enorgueillir d’inventer et de fournir au monde de réelles avancées, elle s’est progressivement laissée distancer par les autres pays, notamment européens, au point de ne même plus être dans le top 10 des nations innovantes (elle serait 15ème selon un classement du Fraunhoffer Institute).

Ces observations ne doivent guère au hasard.

En réalité, plusieurs phénomènes ont tous concouru à obtenir ce résultat peu enthousiasmant.

D’une part, une bonne partie des progrès tonitruants évoqués ci-dessus furent le fruit d’orientations politiques bien avant que des choix économiques réfléchis. Autrement dit, l’agenda politique des époques passées autorisait la mobilisation d’importants fonds publics pour réaliser des prouesses qui n’étaient finalement pas directement rentables. Et quand elles l’étaient (cas du Minitel par exemple), l’adaptation aux évolutions ne s’est pas faite sans retard.

D’autre part, si la France pouvait largement se permettre, au milieu et à la fin des Trente Glorieuses, de dépenser à perte dans des projets qui lui permirent, par la suite, d’entretenir une avance technologique et une maîtrise technique certaine, il en est rapidement allé autrement lorsque les déficits budgétaires de l’Etat se sont accumulés au point de former une dette maintenant à peu près impossible à rembourser. Autrement dit, si la France pouvait, au départ, se permettre quelques excentricités technologiques, sa situation économique actuelle la met durablement à l’écart de ce genre de possibilités.

De façon très claire, le modèle de société choisi pendant les 40 dernières années, qui a fait la part belle à la redistribution socialiste, à l’égalitarisme forcené et à un combat collectiviste à peine voilé contre les entreprises, les riches, la finance et les patrons, a directement asséché le capital disponible pour ces domaines de progrès pour ne plus laisser place qu’aux autres, les progrès sociétaux, bon marchés, qui rapportent politiquement et dont les coûts sont totalement invisibles économiquement.

Enfin, le discours politique s’adaptant à la donne économique favorable, la propagande gouvernementale aidant, les populations ont elles-mêmes progressivement revu leurs objectifs pour se contenter de buts modestes. Là où, jadis, envisager la Lune (ou Mars !) était possible, là où se lancer dans le spatial, les télécommunications ou les super-ordinateurs était une évidence, la génération française actuelle se contentera de viser trois repas équilibrés (mais ni trop sucrés, trop gras ou trop salés, hein), une syntonisation douillette avec Gaïa et des horaires de travail aussi proches que possible de ceux des administrations et de leurs 32H hebdomadaires… En 40 ans, on est passé du Concorde et du TGV au Ouibus et au Vélib, mais au moins peut-on attaquer en justice tout tweet offensant et réclamer des RTT à son patron.

En somme, en grévant le pays de dettes et en distribuant des droits par trouzaines industrielles, le socialisme a fait des Français un peuple d’assistés et a dilué le progrès dans des colifichets sociétaux totalement accessoires…

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Source : http://h16free.com/2017/08/14/58689-la-france-terre-de-progres


[Redite] Cantines et religion : j’ai la soluce !

dimanche 13 août 2017 à 11:00

Article initialement paru le 19.08.2015

Août, c’est aussi l’occasion de réfléchir à de vrais sujets d’actualité. Et en France, en août, quand on ne parle pas de Burkinis de la discorde, on peut, on doit même parler nourriture et religion. Il y a deux ans, c’était une pétition de Yves Jégo qui défrayait la chronique, réclamant un menu végétarien dans les cantines. Une polémique étant toujours une excellente occasion de pousser de nouvelles idées, j’en profitais pour proposer les miennes, certainement iconoclastes mais parfaitement adaptées, soyez-en sûrs, au vivrensemble tonifiant dans lequel s’enfonce le pays…

Stupeur et fourchette en plastique ! Une nouvelle fois, c’est une douloureuse question alimentaire qui secoue la France, pays où l’on peut rire de tout, sauf de la nourriture : Yves Jégo a lancé une pétition appelant à imposer la présence d’un repas végétarien au menu des cantines. Derrière cette pétition, le député UDI voit une solution à la prolifération des menus confessionnels dans les cantines normalement aussi laïques que républicaines.

Cette lubie du menu confessionnel n’est pas étonnante. Là où, en toute application d’une logique vraiment laïque et républicaine, et dans le cadre normal d’une administration d’État habituellement peu soucieuse du bien-être de ses administrés dont elle se fout complètement le reste du temps, le menu serait confectionné indépendamment des petits désidératas des uns et des autres, avec forces politiciens et moult associations conscientisées, mois d’août oblige, l’affaire s’est immédiatement enkystée.

life : nature's way to keep meat fresh

Que voulez-vous : tant la nourriture que la religion, en France, c’est fort complexe à gérer. D’ailleurs, en France, on n’a pas de pétrole, on n’a pas d’idées, mais pour bien vérifier qu’on n’a rien de tout ça, on a un paquet d’Observatoires. Notamment un Observatoire du Fait Religieux (nom authentique, ça sent presque le terroir et le dépôt de main courante) qui, tous les ans, interroge les entreprises françaises pour savoir si elles sont concernées par une situation marquée par la religion. C’est une longue phrase pour savoir si elles ont remarqué des salariés qui faisaient les marioles avec leur croyances et qui embêtent les autres avec leurs interdits divers et variés. Notez que ça marche aussi pour les cantines.

En 2014, on apprend que 12% indiquent que oui, des salariés ont provoqué des incidents en entreprise liées à leur religion. À mon avis, c’est trop faible pour expliquer à la fois la croissance nulle et les déclarations absurdes de Michel Sapin, mais une tendance se dégage : celle d’une augmentation des situations de blocage en entreprise liés à la religion. L’enquête explique ainsi que certains refusent de travailler avec des femmes ou de manipuler de l’alcool, d’autres de manipuler des femmes et de travailler avec de l’alcool, d’autres qui réclament bruyamment des menus confessionnels ou d’autres encore, accoutrés de marinières cocasses, exigent exclusivement du Made In France.

Chose intéressante : l’enquête prend beaucoup de précautions pour ne pas trop citer la religion la plus impliquée dans ces blocages récurrents alors que tout le monde se doute bien qu’il s’agit évidemment du syndicalisme. Ahem. Brmm. Bref. Pourtant, c’est oublier que dans l’écrasante majorité des cas, la plupart des salariés savent rester actifs même après une bonne prière ; les entreprises s’adaptent et c’est très bien : on est en pays laïc, que diable.

Et en pays laïc, on ne doit discriminer personne et, mieux, on doit absolument accommoder tout le monde. Et ça tombe bien : la France est le pays qui a placé au rang d’art le fait d’accommoder les choses entre elles, comme en cuisine avec le sucré et le salé, ou en politique avec les blaireaux et les ânes. C’est pour cela que je le dis : finissons-en avec ces blocages intestinaux et prenons enfin une bonne goulée de tolérance laxative !

Tout d’abord, il faut mettre un terme définitif aux tracas posés par les différents interdits vestimentaires. Fini les lois complexes pour interdire ci ou ça, la loi devrait au contraire sanctuariser les vêtements. Quelle joie de pouvoir enfin travailler en combinaison intégrale cuir à son guichet de poste ! Le biker tatoué, lui, n’aura plus à cacher ses avant-bras turgescents et colorés lorsqu’il travaillera à la crèche. Pourquoi cantonner les nudistes aux plages, alors que leur accoutrement est quasiment un prérequis sanitaire en cuisine ou dans les hôpitaux ? Et qui sait, bientôt, on pourra enfin voir apparaître la première super héroïne en burka intégrale ?

Dans un pays vraiment tolérant, on ne peut pas, on ne peut plus imposer de discrimination sexuelle. Bien sûr, il faut mettre fin au plafond de verre qui interdit aux femmes des postes hauts placés comme grutier ou commandant de bord, et qui relègue Christiane Taubira aux karaokés d’estrade, mais on peut aller plus loin, par exemple en supprimant les toilettes séparées ou en imposant des journées « jupes pour tous » les mercredis pairs et « Gode ceinture pour toutes » les impairs. Et puis, fini les discriminations sexuelles honteuses : une stricte parité peut et doit être imposée dans les équipes de travail : un sage-homme pour chaque sage-femme et des équipes de foot composées de cinq hommes, cinq femmes et un trans, le tout, sous des vêtements adaptés aux religions de chacun, voilà qui aurait de la gueule !

conformity

Pas question non plus de choquer nos amis écologistes : tout le papier sera systématiquement recyclé, de la photocopieuse aux mouchoirs en passant par les toilettes devenues mixtes. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme dans la bonne humeur et le vivre-ensemble. Bien évidemment, il n’est plus question de manger des animaux, ces derniers étant sacrés dans les religions animistes et cela pourrait choquer leurs défenseurs. Pour des raisons religieuses évidentes, fini les étouffe-chrétiens à la cantine ! Terminé l’alcool, puis ce qui n’est ni halal, ni kascher. Et quand le Carême et Ramadan tomberont au même moment, les cantines ne distribueront plus qu’un peu d’eau tiède le midi avec un filet de citron. Voilà du vivre-ensemble vraiment accommodant !

Enfin, puisqu’il faut tenir compte des différents impératifs religieux, les entreprises devront fermer le jeudi (qui est férié dans une partie des pays musulmans), le vendredi (qui est jour de prière), le samedi (parce que c’est shabbat), le dimanche (parce que c’est le Jour Du Seigneur). Pour les animistes, le lundi fera l’affaire, et le mardi sera consacré aux hindous, aux bouddhistes et aux confucianistes.

Et là, on touchera en France un stade de perfection rarement atteint dans la vie communautaire, puisque l’entreprise sera alors ce lieu magique où les gens se rencontrent une unique fois par semaine, le mercredi midi, pour manger un bol de corn flakes garantis bio sans gluten arrosés de lait de soja éco-conscient avant que tous repartent chercher leurs enfants ou rejoindre leur potager macrobiotique pour un après-midi de détente multiculturelle.

Bon, on le comprend : tout ceci est évidemment fort complexe à mettre en place. Heureusement, j’ai une autre solution.

Pour les aspects alimentaires, le plus simple est de proposer la même chose pour tous, dans le respect des religions et des interdits alimentaires habituels, bien sûr. Un porridge bio peut faire l’affaire. Les horaires seraient les mêmes pour tous, et pour faire plus simple, un repas unique mais roboratif suffira. Pour éviter les discriminations sexuelles qui commencent, on l’oublie très souvent, par le prénom, je propose qu’on ne désigne plus les gens que par un numéro, neutre. Et pour les aspects vestimentaires, pourquoi ne pas limiter les ennuis en imposant à tout le monde une même tenue, par exemple un joli pyjama rayé ?

Et là, je vous assure que le vivre-ensemble sera parfait, absolu, total !

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Source : http://h16free.com/2017/08/13/58680-redite-cantines-et-religion-jai-la-soluce