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Belle brochette

mercredi 22 mars 2017 à 17:25

On est mercredi soir. Vous avez un dîner à organiser, et il vous manque juste une personne ? Vous avez maintenant l’embarras du choix.

Source : http://h16free.com/2017/03/22/57830-belle-brochette


En Socialie, la lutte contre les SDF s’intensifie

mercredi 22 mars 2017 à 10:00

Pendant que quelques clowns tristes s’agitent devant les yeux hagards de Français de plus en plus déboussolés, le monde continue de tourner et la France de faire des choix discutables, notamment en matière de lutte contre les problèmes de logements ou, plus précisément à Paris, de lutte contre les sans domiciles.

Oui, vous avez bien lu : la très socialiste et très citoyenne ville de Paris, ses services et ses espaces publics multiplient les dispositifs destinés à lutter contre les vagabonds, ceux qu’on appelle pudiquement « sans-domiciles fixes » à force d’en voir toujours plus et de ne pas trouver (pas chercher ?) de solution pour en résorber le nombre.

Si ce sont des artistes qui s’étonnent, sur un site web dédié, de milliers de dispositifs destinés à empêcher les SDF de se faire un nid dans des lieux improbables, tous les Parisiens ont largement eu le temps de noter, bien avant eux, la multiplication des œuvres étranges et autres ferrailles improbables sur certains rebords, certains renfoncements d’immeubles ou l’apparition de plantes vertes encombrantes ou de bidules artistico-intemporels sous des cages d’escalier, en passant par les insupportables casse-culs de la RATP.

Cela n’a rien de fortuit : dans la plupart des cas, quand il ne s’agit pas d’empêcher l’éventuel pigeon de venir déféquer sur un bord de fenêtre, le bricolage de ferronnerie ouvragée sert aussi pour interdire toute possibilité de s’asseoir ou de s’allonger durablement. L’un des artistes du collectif, humidement interrogé par les journalistes de France-3, commente ainsi l’

« instrumentalisation de l’esthétique pour masquer la véritable fonction de ces installations, violente et un peu abjecte. Le but est d’euphémiser, de minimiser la violence de ces installations, en essayant de rendre invisible les fins politiques : empêcher aux personnes sans abri de se poser. »

Cependant, là où ces dispositifs se comprennent assez facilement dans le cas de propriétés privées et entretenues, généralement à grand frais surtout lorsqu’on se situe à Paris, par des individus soucieux de valoriser leurs biens, on ne peut que s’interroger sur les mêmes méthodes employées dans les espaces publics. Et quand, justement, on pose la question (ici, à la RATP), on obtient une réponse avec une forte dose d’hypocrisine (une substance mixée pour adoucir le goût amer de la moraline toujours présente) :

« Ces nouvelles assises offrent une possibilité de s’asseoir à tous les voyageurs et facilitent le nettoyage. »

Diable, voilà que le vivrensemble, proclamé à coup d’affiches ultra-« créatives » où la réalité n’a pas cours, ne serait pas total et qu’il s’exprimerait de façon un peu rêche à l’endroit des plus défavorisés de notre société ? Comment, madame Hidalgo, ceci est-il possible dans votre Paris du XXIème siècle, tout frétillant d’aménagements paisibles, de transports câlins et d’opportunités olympiques planifiées ?

Il est vrai que ces services, précisément ouverts au public, se trouvent au milieu de contraintes opposées : d’un côté, on leur demande avec insistance de continuer à rendre un service à tous et notamment ceux qui paient (parfois), et de l’autre, on leur demande de prétendre être au service de tous, solidaire, citoyen, éco-friendly et festif. Ce qui les amène inévitablement à cumuler avec discrétion mais obstination des méthodes passives-agressives contre les SDF qu’il ne peuvent pas gérer.

Et le problème est de pire en pire puisque, par nature, le socialisme en produit tous les jours par trouzaines vibrantes : alors que les besoins dans ces services publics augmentent, que les aménagements se multiplient et que les ponctions pour les financer explosent donc joyeusement, de nouveaux SDF apparaissent à leur tour pour venir s’étaler sur ces aménagements. Zut alors, on dirait presque qu’ils le font exprès !

Pire encore (si c’était possible), à mesure que les techniques pour repousser ces SDF se font plus agressives, ces SDF sont eux aussi de plus en plus agressifs. On dirait presque un cercle vicieux, un de ceux dans lesquels s’enfonce pourtant avec délice une partie du peuple français quand il réclame toujours plus de ces « solutions » à ces problèmes mal analysés.

Car en fait d’analyse, il n’y a rien. On multiplie les vexations, les interdictions et les dispositifs pointus ou pentus, mais on ne cherche pas à comprendre pourquoi tant de SDF sillonnent les rues de la capitale.

Peu évoquent le prix des logements, qui semblerait presque être la cause-mère de ces misères, et seulement pour souhaiter que l’Etat intervienne encore pour fixer le prix des loyers, par exemple. Pourtant, force est de constater que les locataires sont déjà sur-favorisés, que le rendement immobilier est devenu catastrophique pour les propriétaires, que l’urbanisme accumule les normes et contraintes délirantes qui ralentissent la construction, que l’ultra-sécurité recherchée par tous (par les banques lors des emprunts, lors de l’établissement des contrats de locations par le propriétaire, etc…) n’améliore rien et que tous ces éléments entraînent tous les prix à la hausse de façon explosive.

Encore moins nombreux sont ceux qui notent qu’avec des transports en commun pourris (merci Anne Hidalgo), la multiplication de bouchons automobiles dantesques (merci Anne Hidalgo), l’explosion des taxes foncières et d’habitation (merci Anne Hidalgo), tout est fait pour imposer une forte concentration là où le travail est disponible (ce qui entraîne un étalement urbain ultra contraint). Là encore, tout le monde, désirant éviter des heures de transports, souhaite habiter proche de son lieu de travail, poussant là encore les prix à la hausse.

Enfin, avec un chômage endémique, consciencieusement entretenu par une clique politique dogmatiquement congelée dans le marxisme, ses 35 heures, sa transition énergétique débile, ses contraintes environnementales ahurissantes, ses charges sociales invraisemblables et ses douzaines d’autres marottes économiques ruineuses, difficile de favoriser l’installation d’une classe ouvrière ou moyenne, la plus sujette à l’incident immobilier, dans des endroits aussi convoités que le bassin d’emplois parisien…

Ces éléments ne font bien évidemment pas partie de la réflexion : comme d’habitude en France, on préfère de loin corriger vaguement les symptômes d’un problème plutôt qu’en corriger les causes, tout en générant au passage d’autres problèmes à la suite. Et quand on décide d’analyser un peu le problème, c’est pour amener des « solutions » qui ont toutes largement été testées par ailleurs et ont déjà prouvé leur nocivité.

En attendant, les zartistes contemporains spécialisés dans les bancs stylés mais inconfortables ont de beaux jours devant eux.

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Source : http://h16free.com/2017/03/22/57813-en-socialie-la-lutte-contre-les-sdf-sintensifie


Fekl remplace Le Roux. L’état d’urgence se bidonne.

mercredi 22 mars 2017 à 09:54

Ainsi donc, Bruno Le Roux, ministre de l’intérieur et parangon de vertu, se retrouve débarqué deux mois plus tôt que prévu pour être remplacé par Matthias Fekl, le secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger. Nous sommes bien en plein état d’urgence : on remplace en catastrophe un ministre de l’intérieur invisible par un ministre du tourisme en déroute.

Les terroristes n’ont qu’à bien se tenir. Les côtes.

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Source : http://h16free.com/2017/03/22/57825-fekl-remplace-le-roux-letat-durgence-se-bidonne


Une élection présidentielle à mourir de rire

lundi 20 mars 2017 à 10:30

C’est acté : le peuple français, apparemment fan de ballon rond, s’est donc trouvé onze champions pour trotter en formation dans la prochaine élection présidentielle. Vu l’état du pays, il fallait au moins ça et dans ce cadre, le terme de « champions » n’est vraiment pas usurpé.

Oui, je sais que certains m’objecteront avec force la dernière petite phrase de François Hollande, qui serait toujours, selon des rumeurs insistantes, l’actuel président français, et qui a déclaré – très probablement à la suite d’un de ses dîners beaucoup trop arrosés – que, je cite en substance, la France pète la forme après son passage :

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Cependant, si l’on reste un peu lucide, force est de constater qu’il faudra bien de véritables champions pour relever le niveau et que, grâce à la belle équipe de pieds bots qui vont tenter de faire du foot présidentiel, on peut d’ores et déjà s’attendre à de grands moments de vie politique française.

Une pré-campagne de haute volée

Il faut admettre que la pré-campagne fut particulièrement agitée et pleine de ces rebondissements qui permettent à chaque citoyen français de se faire une idée précise des tenants et des aboutissants de cette élection.

Ainsi, la presse nous a détaillé par le menu l’ensemble du programme électoral de Fillon, qui se compose essentiellement de CDI pour les femmes mariées, de stages rémunérés pour les enfants, de ponction de 75% sur salaire, de costumes haut-de-gamme et de prêts à taux zéros. Difficile de ne pas adhérer quand s’y ajoute une plus grande souplesse de la justice et une couverture médiatique renforcée.

Le programme de Macron a lui aussi bénéficié d’une analyse détaillée, poussée et chiffrée à tel point que tout le monde est maintenant capable d’en résumer les grandes lignes en quelques mots dans lesquels apparaîtront immanquablement « pensez printemps », « travailler plus pour gagner moins », « culture française » et d’autres concepts dont la solidité est inversement proportionnelle à la place occupée dans les discours du sémillant adulescent. Il est à noter que, comme pour le candidat Fillon, les costumes sont aussi un sujet de préoccupation du candidat qui se dit aussi tout à fait serein face aux t-shirts.

Pour les autres candidats, là encore, on a pu à chaque fois faire son miel des articles détaillés de la presse qui, parfaitement raccord avec ses capacités naturelles à informer un public attentif, aura déployé d’immenses efforts pour se faire tous les jours plus didactique. On ne compte plus les infographies pertinentes mesurant les écarts des programmes économiques de chaque candidat, tout comme se sont multipliées les chroniques intelligentes d’analyses des propositions sociales ou politiques de nos 11 prétendants.

Pour le moment, à l’exception d’organes comme Contrepoints qui se vautrent dans la facilité évidente de détailler la vie intime ou les turpitudes des candidats (comme ici, ou ), on ne peut que constater que la presse a fait un remarquable travail démocratique en proposant quasiment chaque jour un éclairage nouveau sur chacun des candidats, notamment sur leurs patrimoines financiers, patrimonial ou vestimentaire à partir du moment où leur prénom et leur nom commencent par F, ou en analysant avec recul et déontologie l’engouement que provoquent naturellement ces leaders beaux, forts et intelligents dès qu’ils ont un âge inférieur à 40 ans.

Une campagne toute en finesse

Tout ceci concourt à un débat de qualité où, de surcroît, l’humour n’est pas absent ce qui ne gâche rien.

Ainsi voilà Fillon, Macron, Le Pen ou Mélenchon qui s’érigent ouvertement en candidats anti-système. François Fillon est à l’évidence en lutte contre une presse déchaînée contre lui. Emmanuel Macron, lui, sait que n’étant pas issu d’un parti politique traditionnel, ne trouvera que des bâtons dans ses roues. Jean-Luc Mélenchon, lui, s’oppose au système par l’angle de la bienpensance petite bourgeoise étriquée en choisissant de prendre le parti des classes laborieuses. Quant à Marine Le Pen, elle joue bien évidemment la carte du « magic-combo » en rappelant qu’elle a toujours été âprement combattue par les médias, les partis et la bienpensance.

Ainsi, cette élection aura jusqu’à présent permis de complètement renouveler le paysage politique : plus rien ne sera jamais comme avant.

Pensez donc : Fillon n’est entré dans la politique que dans les années 70. Marine Le Pen n’est pas du tout le prolongement de son père, qui a fondé son parti dans les années 70. Mélenchon a su se détacher complètement des rocardiens des années 80 avec lesquels il a pourtant traîné de longues années. Macron est en rupture totale avec son passé gouvernemental à tel point qu’aucun ténor du parti socialiste n’a renoncé à venir le rejoindre prestement dès que son succès médiatique fut acté. Hamon n’est absolument pas l’exemple d’un apparatchik encroûté au PS depuis qu’il fut étudiant, il y a 20 ans. Je passerai pudiquement sur les autres candidats qui en sont tous à leur énième tentative et/ou sont tous issus d’un syndicat, d’un parti, de l’ENA ou d’un mélange de ces éléments dans différentes proportions. Si, en 2012, le changement, c’était maintenant, en 2017, le renouvellement, ce sera avec les mêmes, deux fois, avec beaucoup de sauce.

Dans ce contexte, l’électeur français aura cette joie difficilement répressible de pouvoir, enfin !, choisir entre non pas 50 nuances de gris mais bien 11 nuances d’étatisme plus ou moins raides, fouet et menottes inclus. Difficile de trouver exercice plus subtil et plus rigolo que de sélectionner celui ou celle qui aura l’insigne honneur de mettre définitivement le pays dans le fossé.

Ainsi, le nombre total de candidat permet une juste répartition des temps de parole. Et diviser les deux heures standard d’un débat télévisuel en 11 représente une trivialité mathématique puisqu’il va falloir laisser exactement 10 minutes et 54 secondes à chaque candidat pour exposer son programme, ses idées et ses petites turpitudes. Heureusement que les chaînes de télévision ont trouvé une parade aussi drôle que le reste de cette élection en mettant en place une jolie stratégie d’ostracisation des candidats jugés peu crédibles par leur unique capacité d’analyse (celle-là même qui avait vu le Bremain, Clinton élue, Juppé désigné ou Valls gagnant).

Un élu qui va nous amuser

Tout ceci serait seulement modérément amusant si on oubliait qu’ensuite, des élections prendront place pour de vrai, et qu’un de ces candidats sera effectivement élu Président de la République française. Et là, la plaisanterie passe un cran supplémentaire.

Quel que soit l’élu, aucun ne peut prétendre décrocher une majorité présidentielle stable. Compte tenu de leur passé, de leurs casseroles, des mouvements tectoniques politiques et de la composition actuelle de l’électorat français, tous devront compter sur une majorité au mieux fragile et changeante, au pire d’emblée inexistante. Cohabitation, « ouverture », coalitions, arrangements et surtout bidouillages vont être la norme pour les cinq années à venir.

Alors que le pays est confronté à des menaces économiques, géopolitiques, sociétales évidentes, alors que l’ensemble de la société devrait maintenant s’apprêter à faire front devant des risques multiples et grandissant, l’élu devra composer avec une assemblée fracturée, un pays divisé et l’absolue certitude que ses choix seront systématiquement remis en cause ou bien par la rue, ou bien par les administrations, ou bien par les médias, ou bien par l’appareil politique ou bien par un mélange de ces éléments.

Devant ces éléments, je me demande encore qui peut bien hésiter à aller voter, qui peut encore refuser de participer à cette magnifique mascarade qui se déroulera en pillant son temps, son argent et sa patience. À l’évidence, les cinq prochaines années seront décisives pour la France et on nous propose heureusement une brochette de onze clowns poudrés ou corrompus, aux idées essayées et appliquées avec application depuis 40 ans avec un empilement épique de misère et d’échecs.

Forcément, ça va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2017/03/20/57793-une-election-presidentielle-a-mourir-de-rire


[Redite] La mémoire médiatique

dimanche 19 mars 2017 à 11:00

Billet paru initialement le 07.03.2007

En 2007, j’établissais le constat qu’internet apportait une mémoire là où la presse n’apportait qu’un instantané, et en déduisait qu’un changement de paradigme serait à l’œuvre dans les années à venir, en modifiant de façon profonde le rapport des individus à l’information, à la presse et aux médias. 10 ans plus tard, le constat reste le même et le début de cette révolution est déjà en place : en 10 ans, les gens se sont habitués à rechercher ce qui se dit, à comparer, à étalonner leurs informations en fonction de leurs préférences, de leur ressenti, de leurs biais mais aussi en usant de leur esprit critique. Le bilan est sans appel : la confiance dans la presse et les politiciens s’est effondrée partout dans le monde, et tout indique que la presse telle qu’on la connaît vit ses dernières années.


L’humain a, soyons honnêtes, une mémoire assez médiocre. Ou, disons plus précisément, très sélective. Allez comprendre pourquoi, l’homme par exemple retient beaucoup plus facilement les numéros de téléphone des jolies femmes que celui de sa belle-mère ; la femme, quant à elle, mémorise bien mieux les aléas conjugaux de Tom Cruche ou Brav Pittr que les trajets routiers exceptionnels ou les résultats de foot. Pour aider – enfin – les femmes à se rappeler des performances des équipes sportives et retrouver – enfin – les clés des hommes, les inventeurs de tous les âges se sont escrimés sur des techniques diverses et variées pour conserver et reproduire l’information. Grâce à quoi, la politique ne sera jamais plus la même…

On reconnaît un insondable crétin quand, le nez mis dans le caca, ce dernier ne se démonte pas et utilise tous les moyens possibles, dont une mauvaise foi en béton armé précontraint, pour nier l’évidence et ne pas reconnaître ses fautes.

Au fur et à mesure que l’humanité à cheminé sur le sentier périlleux des technologies de l’information, la chasse au crétin est donc devenue de moins en moins compliquée. Par réaction et grâce aux merveilleux mécanismes d’adaptation que la nature leur a donné, les crétins se sont progressivement mis à niveau pour que leur repérage n’en soit pas trop aisé. Mais à chaque nouvelle avancée technologique marquante, il est devenu de plus en plus difficile au crétin de passer au travers des mailles du filet de détection.

Ainsi, avant l’ère de l’écrit, n’importe quel guignol se lançant dans la politique de l’époque pouvait faire valoir n’importe quel argument et prétendre son contraire quelques jours plus tard. Encore plus simple : la mémoire étant ce qu’elle est, le guignol politicien de Néanderthal pouvait par exemple faire valoir que si son plan de relance de l’activité économique de chasse du bison avait lamentablement foiré, c’est essentiellement parce que – et il nous avait prévenu dans son discours, rappelez-vous – des éléments météos capricieux avaient favorisé la migration du bétail bien au-delà des zones de chasses de la tribu et non par sa décision – discutable mais mis en débat et acceptée, rappelez-vous, autour du feu dans la caverne, y’a gnagna jours – de munir les guerriers de flèches à pointes de calcaire (taillées par son frère et – très bien – rétribué en conséquence) au lieu des pointes silex pourtant éprouvées jusqu’alors. Bien malin, à l’époque, celui qui se rappelait effectivement ce qui avait été dit ou décidé.

Les hommes de l’époque ont probablement dû se faire entuber généreusement un certain nombre de fois jusqu’à ce qu’un petit malin décide de graver dans le marbre, presque littéralement, les décisions importantes qui étaient prises, pour pouvoir, le cas échéant, ressortir les tablettes et les balancer à la tronche du menteur. Ok, je sais, au début, ce n’était pas du marbre, mais plutôt de la terre cuite, et le but était surtout de compter les têtes de bétail et donc d’assurer que la richesse des uns et des autres était correctement évaluée (eh oui : même loin dans le temps, les petits malins qui voulaient échapper au fisc de l’époque devaient faire bien attention à leurs déclarations – et je n’évoquerai pas les pitreries de Marie-Ségolène ou Nicolas pour illustrer mon propos).

Lorsque la presse est apparue, elle a permis deux choses assez fondamentales : augmenter de façon exponentielle la distribution du message initial d’une part, et, d’autre part, permettre une transmission plus fiable du contenu du message en lui-même.

En augmentant ainsi le nombre de personnes touchées, le message d’un homme politique pouvait mobiliser plus de gens à la fois, et permettre ainsi à des idées nouvelles de trouver preneur. On peut facilement admettre que la révolution de la presse aura été le terreau qui permit le siècle des Lumières et ses avancées notables en sciences et en politique. Le libéralisme, ne crachons pas dans la soupe, a beaucoup bénéficié de cette merveilleuse invention.

En outre, la presse aura permis de fixer le message sur un support. L’homme politique s’est donc vu poursuivi, timidement d’abord puis de façon systématique, par ses écrits de jeunesse ou ses dérapages écrits. Il est devenu plus difficile pour lui de prétendre n’avoir pas écrit telle ou telle chose alors que, précisément, l’archive devenait possible. Habilement, il s’est adapté.

Il a alors laissé le soin aux autres (journalistes par exemple) de rapporter ses discours. Dès lors, il regagnait un peu d’espace pour laisser libre cours à ses mensonges et ses triturations de la réalité pour favoriser son maintien ou son accession au pouvoir : il est maintenant courant qu’un homme politique accuse la presse d’avoir tronqué son discours, ou d’avoir sorti de son contexte les saillies qui auraient été mises en exergue…

L’arrivée de la presse et son utilisation pour disséminer les idées aura coïncidé avec l’arrivée au pouvoir d’hommes politiques certainement plus malins dans l’art délicat du « Je n’ai jamais dit ceci » voire du « Je n’ai jamais écrit cela ».

Avec l’arrivée de la radio, le politique passe dans le domaine de l’instantané. Sa diction se devait d’être bonne, et ses tiques de langages devaient disparaître. Pire : la radio permettant une inter-activité plus ou moins forte avec l’auditeur, le politique a dû, là encore, s’adapter et faire encore plus attention à ses mots : le sens de la formule est devenu primordial. L’oral étant plus marqué dans l’émotionnel là où l’écrit appelle plus au rationnel, le discours s’est progressivement vidé de profondeur, de sens, pour être plus rhétorique et moins politique. Le mensonge pouvant s’entendre plus facilement, il aura été plus camouflé.

La télé aura marqué une grande étape supplémentaire. On se souviendra du débat entre Nixon et Kennedy qui débuta la montée en puissance de ce médium pour transmettre les idées et pipeauter le votant. Le débat d’idées fut balayé devant les postures, les mimiques et les comportements. Depuis, les débats politique qui se succédèrent à la télévision furent tous axés sur l’image que le politique pouvait donner, bien avant le fond du discours lui-même.

En clair, l’homo politicus aura été obligé, pendant ces derniers siècles, de s’habituer à donner toujours plus le change, et empiler les méthodes, pour conserver sa crédibilité.

Mais jusqu’à présent, une caractéristique surnageait :
– les discours écrits ne sont guère archivés que par les journalistes eux-mêmes, et encore. Rares sont les citoyens qui se donnent la peine d’aller vérifier les discours passés. L’histoire est un perpétuel oubli à ce niveau.
– les bandes radiophoniques, elles aussi archivées, ne sont que peu réécoutées et ne sont finalement accédées que par des spécialistes. Là encore, le citoyen lambda fait rarement des recherches dans les discours radios passés.
– la télévision nous propose, de façon plus notable, des bandes d’archives, notamment sur les événements importants (ou, plutôt, que ceux qui tiennent les archives ont jugé importants). Parfois, nous avons droit à une rediffusion d’un débat intéressant, ou de quelque document d’époque. Mais force est de constater que le citoyen lambda (toujours lui) est là encore tributaire du bon vouloir du médium.

En clair, les média proposés sont de plus en plus efficaces à retranscrire la dimension humaine d’un politique (son visage, son timbre de voix, ses postures, son discours, ses manies), mais ces média ne proposent que rarement un moyen simple d’aller interroger le passé, de confronter les discours actuels avec ceux d’outre-tombe, ou, pire, de renvoyer à la figure des menteurs leurs petits arrangements avec la réalité.

La situation, cependant, est en train de changer rapidement. Si rapidement, en fait, que la plupart des politiques n’en sont pas encore au courant, et que, pour la première fois dans l’histoire, les retours d’odeurs des Bullshits Galactiques qu’ils nous pondent régulièrement vont être particulièrement violents.

Cette révolution, c’est la numérisation et la mise à disposition d’espace de stockage à volonté, via internet. Non seulement, n’importe qui peut venir stocker des données, c’est-à-dire enregistrer pour la postérité un morceau de vérité, mais en plus cet espace est-il accessible par n’importe qui, et, mieux encore, on peut le passer au crible de critères permettant une recherche efficace, et de trouver une aiguille politique bien pointue dans une meule de foin médiatique.

Chaque personne qui s’exprimera publiquement, en utilisant la force médiatique de la télé par exemple, devra maintenant faire preuve d’une précaution accrue.

Déjà, un Laurent Ruquier aura eut à pâtir de ce retour de bâton : on ne peut plus affirmer, dans un univers où, si les gens ne se souviennent pas, les archives internet, elles, ont une excellente mémoire, qu’on ne soutient personne…

Noel MamereDéjà, un Mamère se retrouve dans la délicate position de menteur éhonté, sans la moindre vergogne. Mieux – internet est sans pitié – : on peut même retrouver sa réponse gênée, mal fichue et dégoulinant d’hypocrisie sournoise. Et ce qu’il y a de jouissif, dans cette histoire, ce n’est pas tant d’avoir attrapé le menteur la langue ailleurs que dans sa poche. Non. C’est le fait de savoir que la casserole de Mamère est maintenant présente sur des racks de serveurs, sauvegardée régulièrement, vue par des millions d’internautes qui se sont tordus les côtes en voyant le pauvre dinosaure se débattre dans ses explications tordues. C’est le fait de savoir que maintenant, on pourra lui renvoyer dans les gencives, à chaque fois que nécessaire, que « Non, môssieu le petit doigt en l’air de l’écologie, vous n’êtes pas toujours en vélo, vous aussi vous prenez régulièrement l’avion, vous aussi, vous polluez, comme tout le monde, et pire, vous, vous mentez. »

Comme je le disais au début, on reconnaît un crétin à sa posture quand on le met devant ses mensonges, ses contradictions, ses errements logiques, ses sottises. Je crois que nous allons découvrir beaucoup de crétins dans les prochaines années. D’après Lincoln, « aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ». Maintenant, avec internet, il va devenir facile, voire jouissif, de renvoyer les menteurs et les pipoteurs à leurs mensonges.

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