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Le jour où j’ai désinstallé mon app préférée !

mardi 16 octobre 2018 à 11:32

Ça y’est, c’est fait ! J’ai désinstallé Pocket de mon smartphone. Pocket qui est pourtant l’application que j’ai toujours trouvée la plus importante, l’application qui a justifié que je repasse sur un Kobo afin de lire les articles sauvegardés. Pocket qui est, par définition, une manière de garder des articles glanés sur le web « pour plus tard », liste qui tend à se remplir au gré des messages sur les réseaux sociaux.

Or, ne glanant plus sur le web depuis ma déconnexion, force est de constater que je n’ajoute rien de nouveau à Pocket (sauf quand vous m’envoyez un mail avec un lien qui devrait selon vous m’intéresser. J’adore ces recommandations, merci, continuez !). Le fait d’avoir le temps pour lire la quantité d’articles amassés non encore lus (une petite centaine) m’a fait réaliser à quel point ces articles sont très très rarement intéressants (comme je le signalais dans le ProofOfCast 12, ceux sur la blockchain disent absolument tous la même chose). En fait, sur la centaine d’articles, j’en ai partagé 4 ou 5 sur le moment même, j’en retiens un seul qui m’a vraiment appris des choses (un article qui résume l’œuvre d’Harold Adams Innis) et 0 qui ont changé quoi que ce soit à ma perspective.

L’article sur Innis est assez paradoxal dans le sens que son livre le plus connu est dans ma liste de lecture depuis des mois, que je n’ai encore jamais pris le temps de le lire. Globalement, je peux dire que ma liste Pocket était inutile à 99% et, à 1%, un succédané d’un livre que j’ai envie de lire. Que lire ces 100 articles m’a sans doute pris le temps que j’aurais pris à lire rapidement le livre en question.

Le résultat est donc assez peu brillant…

Mais il y’a pire !

Pocket possède un flux d’articles « recommandés ». Ce flux est extrêmement mal conçu (beaucoup de répétitions, des mélanges à chaque rafraichissement, affiche même des articles qui sont déjà dans notre liste de lecture) mais est la seule application qui reste sur mon téléphone à fournir un flux d’actualités.

Vous me voyez venir…

Mon cerveau a très rapidement pris l’habitude de lancer Pocket pour « vider ma liste de lecture » avant d’aller consulter les « articles recommandés » (entre nous, la qualité est vraiment déplorable).

Aujourd’hui, alors qu’il ne me reste que 2 articles à lire, voici deux suggestions qui se suivaient dans mon flux :

La coïncidence est absolument troublante !

D’abord un article pour nous faire rêver et dont le titre peut se traduire par « Devenir milliardaire en 2 ans à 20 ans, c’est possible ! » suivi d’un article « Le réchauffement climatique, c’est la faute des milliardaires ».

Ces deux articles résument sans doute à eux seuls l’état actuel des médias que nous consommons. D’un côté, le rêve, l’envie et de l’autre le catastrophisme défaitiste.

Il est évident qu’on a envie de cliquer sur le premier lien ! Peut-être qu’on pourrait apprendre la technique pour faire pareil ? Même si ça parait stupide, le simple fait que je sois dans un flux prouve que mon cerveau ne cherche pas à réfléchir, mais à se faire du bien.

L’article en question, pour le préciser, ne contient qu’une seule information factuelle : la startup Brex, fondée par deux vingtenaires originaires du Brésil, vient de lever 100 millions lors d’un Round C, ce qui place sa valeur à 1 milliard. Dit comme ça, c’est beaucoup moins sexy et sans intérêt si vous n’êtes pas dans le milieu de la fintech. Soit dit en passant, cela ne fait pas des fondateurs des milliardaires vu qu’ils doivent à présent bosser pour faire un exit profitable (même si, financièrement, on se doute qu’ils ne doivent pas gagner le SMIC et que l’aspect financier n’est plus un problème pour eux).

Le second article, lui, nous rappelle que les plus grosses industries sont celles qui polluent le plus (quelle surprise !) et qu’elles ont toujours fait du lobby contre toute tentative de réduire leurs profits (sans blague !). Le rapport avec les milliardaires est extrêmement ténu (on sous-entend que ce sont des milliardaires qui sont dans le conseil d’administration de ces entreprises). L’article va jusqu’à déculpabiliser le lecteur en disant que, vu les chiffres, le consommateur moyen ne peut rien faire contre la pollution. Alors que la phrase porte en elle sa solution : dans « consommateur », il y’a « consommer » et donc les « consommateurs » peuvent décider de favoriser les entreprises qui polluent moins (ce qui, remarquons-le, est en train de se passer depuis plusieurs années, d’où le green-washing des entreprises suivi d’un actuel mouvement pour tenter de voir clair à travers le green-washing).

Bref, l’article est inutile, dangereusement stupide, sans rapport avec son titre, mais le titre et l’image donnent envie de cliquer. Pire en fait : le titre et l’image donnent envie de discuter, de réagir. J’ai été témoin de nombreux débats sur Facebook dans les commentaires d’un article, débat traitant… du titre de l’article !

Lorsqu’un commentateur un peu plus avisé que les autres signale que les commentaires sont à côté de la plaque, car la remarque est adressée dans l’article et/ou l’article va plus loin que son titre, il n’est pas rare de voir le commentateur pris en faute dire « qu’il n’a pas le temps de lire l’article ». Les réseaux sociaux sont donc peuplés de gens qui ne lisent pas plus loin que les titres, mais se lancent dans des diatribes (car on a toujours le temps de réagir). Ce qui est tout bénéf pour les réseaux sociaux, car ça fait de l’animation, des interactions, des visites, des publicités affichées. Mais également pour les auteurs d’articles car ça fait des likes et des vues sur leurs articles.

Le fait que personne ne lise le contenu ? Ce n’est pas l’objectif du business. Tout comme ce n’est pas l’objectif d’un fast-food de s’inquiéter que vous ayez une alimentation équilibrée riche en vitamines.

Si vous voulez une alimentation équilibrée, il faut trouver un fournisseur dont le business model n’est pas de vous « remplir » mais de vous rendre « meilleur ». Intellectuellement, cela signifique se fournir directement chez vos petits producteurs locaux, vos blogueurs et écrivains bio qui ne vivent que de vos contributions.

Mais passons cette intrusion publicitaire éhontée pour remarquer que j’ai désinstallé Pocket, mon app la plus indispensable, après seulement 12 jours de déconnexion.

Suis-je en train d’établir des changements durables ou bien suis-je encore dans l’enthousiasme du début, excité par la nouveauté que représente cette déconnexion ? Vais-je tenir le coup sans absolument aucun flux ? (et punaise, c’est bien plus difficile que prévu) Vais-je abandonner la jalousie envieuse de ceux devenus milliardaires (car si ça m’arrivait, je pourrais me consacrer à l’écriture) et me mettre à écrire en réduisant ma consommation (vu que moins exposé aux pubs) ?

L’avenir nous le dira…

Photo by Mantas Hesthaven on Unsplash

Je suis @ploum, conférencier et écrivain électronique déconnecté rémunérés en prix libre sur Tipeee, Patreon, Paypal, Liberapay ou en millibitcoins 34pp7LupBF7rkz797ovgBTbqcLevuze7LF. Vos soutiens, même symboliques, font une réelle différence pour moi. Merci !

Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

Source : https://ploum.net/le-jour-ou-jai-desinstalle-mon-app-preferee/


Une limite d’âge pour voter et être élu ?

vendredi 12 octobre 2018 à 10:56

Dans mon pays, il faut 18 ans pour pouvoir se présenter aux élections (il n’y a pas si longtemps, il fallait même 23 ans pour être sénateur). Je suppose que la raison est que l’on considère que la plupart des jeunes de moins de 18 ans sont trop immatures intellectuellement. Ils sont trop aisément influençables, ils ne connaissent pas encore les réalités de la vie.

Bien sûr, la limite est arbitraire. Certains sont bien plus matures et réalistes à 15 ans que ce que certains ne seront jamais de toute leur vie de centenaire.

Nous acceptons cette limite arbitraire pour éviter l’innocence et la naïveté de la jeunesse.

Mais qu’en est-il de l’inverse ?

J’observe que beaucoup d’adultes qui étaient très idéalistes à 20 ans deviennent soudainement plus préoccupés par leur petit confort et payer les traites de la maison dans la trentaine et la quarantaine. Au-delà, nous sommes nombreux à devenir conservateurs, voire réactionnaires. Ce n’est certes pas une généralité, mais c’est quand même une forme de constance humaine observée depuis les premiers philosophes. Pline (ou Sénèque ? Plus moyen de retrouver le texte) en parlait déjà dans mes cours de latin.

Mais du coup pourquoi ne pas mettre une limite d’âge à la candidature aux élections ?

Plutôt que de faire des élections un concours de serrage de mains de retraités dans les kermesses, laissons les jeunes prendre le pouvoir. Ils ont encore des idéaux eux. Ils sont vachement plus concernés par le futur de leur planète, car ils savent qu’ils y vivront. Ils sont plus vifs, plus au courant des dernières tendances. Mais, contrairement aux plus âgés, ils n’ont ni le temps ni l’argent à investir dans des élections.

Imaginez un instant un monde où aucun élu ne dépasserait l’âge de 35 ans (ce qui me disqualifie directement) ! Et bien, en toute honnêteté, je trouve ça pas mal. Les ainés deviendraient les conseillers des plus jeunes et non plus le contraire où les plus jeunes font les cafés des plus vieux en espérant monter dans la hiérarchie et bénéficier d’un poste enviable à 50 ans.

En approchant de la limite fatidique des 35 ans, les élus commenceraient à vouloir plaire aux plus jeunes encore empreints de rébellion. Comme ce serait beau de voir ces trentenaires considérer les intérêts des plus jeunes comme leur principale priorité. Comme il serait jouissif de ne plus subir la suffisance d’élus cacochymes admonestant la fainéantise de la jeunesse entre deux tournois de golf.

Bien sûr, il y’a énormément de vieux qui restent jeunes dans leur cœur et leur esprit. Vous les reconnaitrez aisément : ils ne cherchent pas à occuper l’espace, mais à mettre en avant la jeunesse, la relève. Allez savoir pourquoi, j’ai l’impression que ceux-là auraient tendance à être plutôt d’accord avec ce billet. 

Après tout, on se prive bien de toute l’intelligence et de la vivacité des moins de 18 ans, je n’ai pas l’impression que le conservatisme des anciens jeunes nous manquera beaucoup.

Photo by Cristina Gottardi on Unsplash

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Source : https://ploum.net/une-limite-dage-pour-voter-et-etre-elu/


Printeurs 46

jeudi 4 octobre 2018 à 17:09

Après Junior, c’est au tour de Max d’être tué par les défenses de l’étrange bâtiment. Eva et Nellio restent seuls.

Tout en parlant, nous continuons à marcher dans un long couloir de vitres dorées, laissant derrière nous le corps désarticulé de Max. Je suis étrangement insensible. Peut-être est-ce l’état de choc ? Nous nous arrêtons devant une large porte en bois verni et aux poignées dorées. Dans cet univers, la porte semble incongrue, hors du temps. Elle se dresse comme un cercueil au milieu d’un jardin d’enfants. Le mur qui l’entoure est constellé de bas-reliefs en marbre, de luminaires en fer forgé.

Eva semble réfléchir mais je n’en démords pas. J’exige des explications. Je veux savoir, comprendre à tout prix, quelle que soit l’incongruité du décor.

— Seconde question, Eva. Pourquoi sommes-nous, selon toi, morts ? Et pourquoi parles-tu des humains en disant “vous” ? Tu viens pourtant de prouver que tu es entièrement biologique !

— Alors, tu n’as pas encore compris ?

Ses yeux se plongent dans les miens. J’y lis une incroyable humanité, un mélange de naïveté teintée d’une infinie sagesse. Eva a les yeux d’un nouveau né qui aurait mille ans et vécu toutes les guerres. Elle est à la fois humaine et inhumaine dans sa totale humanité. Elle est le surhomme qui est tous les hommes à la fois. Face à elle, je me sens d’une idiotie sans nom. Que n’ai-je pas vu qui est pourtant tellement évident ?

— Non, je n’ai pas compris. Ou alors, je me refuse à accepter. Je veux entendre la vérité de ta propre bouche. Je veux que tu me dises tout sans sous-entendu, sans tabou. Que tu m’expliques cette vérité qui m’échappe comme tu le ferais à un enfant de cinq ans.

Lentement, elle me passe la main sur le visage. Doucement, elle se mordille les lèvres. Je frémis. Je ferme les yeux en sentant l’odeur de ses doigts frôlants mes narines.

— Quelle vérité, Nellio ?

Je la regarde en déglutissant. Elle ne m’a jamais semblé si belle qu’en cet instant. Au milieu du cataclysme chimique qu’est mon corps se mêle désormais un bestial instinct de reproduction patiemment transformé en amour par les millénaires d’évolution et de sélection naturelle.

— La vérité, Eva. La seule, l’unique vérité. Ce qui s’est vraiment passé.
— Comment pourrais-tu prétendre à la vérité toi dont la perception se limite obligatoirement à cinq sens sous-développés. Sens qui apportent leurs informations erronées a un cerveau rachitique. Une cellule du genou d’un astronome peut-elle comprendre ce qu’est une planète, ce qu’est la gravitation ? Un humain ne peut pas comprendre l’infrarouge ni l’ultraviolet. Il ne peut entendre qu’une gamme de sons tellement étroite et peut à peine imaginer ce qu’est une odeur là où un chien reconnaitra une personne plusieurs heures après son passage.
— Je…
— Nellio, les vérités sont infinies, complexes, changeantes.

Nos corps se sont rapprochés. Ses mains carressent ma poitrine, mon cou. Machinalement, je l’ai saisie par les hanches. Ma respiration se fait haletante.

— Eva, j’ai besoin de comprendre. Pourquoi ne te considères-tu pas comme faisant partie des humains ?

Pour toute réponse, elle pose goulument ses lèvres sur les miennes. Sa langue cherche maladroitement à me pénétrer. Des bras, j’entoure ses épaules, caresse son dos, descend doucement sur le creux de ses reins.

Elle s’écarte un instant pour reprendre son souffle et contemple mon visage ahuri. Un rire franc, cristallin, féminin, contagieux se répand et m’entoure. Je ne peux résister. Je ris, je l’accompagne.

Sans que je ne sache trop comment, nous nous retrouvons enlacés, roulants sur le sol vitré et brillant. Frénétiquement, elle déboutonne mon pantalon, tente de me l’enlever avec de petits gestes fébriles. Mon cœur s’emballe, ma vue se brouille. Dans mon excitation, je peine à avaler quelques bouffées d’air tout en tentant de lui prodiguer quelques maladroites caresses.

Le temps a cessé d’exister. Les morts, le risque, l’incongruité de l’endroit ont été effacés de ma mémoire alors que nos corps nus ne cherchent plus qu’à s’unir, se reproduire. Je ne suis que désir : entasser, posséder, pénétrer, aimer, recopier les chromosomes qui me constituent.

Sur le sol s’activent deux animaux gouvernés par des hormones, deux amas de cellules cherchant à se reproduire, à perpétuer la vie. Toute intelligence a disparu. Mon être, mon histoire, ma vie, ma philosophie sont condensés en cet unique instant où ma semence viendra féconder une femelle, où, peut-être, je transmettrai la vie avant de dépérir, inconscient de ma propre inutilité.

Mon sexe fouille, glisse avant de s’insérer dans ce corps que je possède, que je tiens dans mes mains. Entre deux grognements essoufflés, je vois Eva rire, gémir, se crisper de douleur, être surprise, sourire, jouir.

Je suis sur elle, je l’écrase de mon poids. L’instant d’après, elle me chevauche, me domine. Nous roulons, nous tournons. J’admire ses seins, son ventre, sa gorge, son dos, ses fesses sombres et délicieuses. Mes mains cherchent à la caresser, à jouir de chaque centimètre de son corps.

Alors qu’elle se tortille sous moi, mon sexe est brusquement enserré. Durant une fraction de seconde, ma gorge se contracte, je déglutis. Puis, je jouis dans un râle profond, bestial, organique. Mon corps est pris de spasmes incontrôlables. Eva me répond par un petit couinement avant que je ne m’affale à ses côtés, épuisé, repus.

Combien de temps restons-nous côte-à-côte sans rien dire, reprenant notre souffle ? Tout mon esprit lutte contre cet implacable sommeil post-coïtal. Je tente de reprendre mes esprits.

Eva est la première à rompre le silence :
— C’est donc cela être humain ? C’est tellement beau et effrayant à la fois. Je croyais que la douleur et le plaisir étaient deux extrêmes opposés mais je constate que, chez l’humain, la frontière est floue. Jamais je n’avais compris cela. Je tentais de minimiser la douleur et, sans le savoir, je tuais le plaisir. J’ai été créé pour le plaisir. Pourtant, je suis le fruit d’un monde de douleur.
— Eva, de quoi parles-tu ?

Elle soupire avant de m’adresser un regard à la fois complice et condescendant. Du bout des doigts, elle frôle ma joue.
— Il est temps que je t’explique qui je suis, Nellio…

Dans un claquement, la porte devant laquelle nous gisons, pantins nus et désarticulés, s’ouvre brusquement.

Photo by Alessia Cocconi on Unsplash

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Source : https://ploum.net/printeurs-46/


Je suis déconnecté !

mercredi 3 octobre 2018 à 21:35

Bonjour,

Ceci est un répondeur automatique.

Jusqu’au 31 décembre 2018, j’ai décidé de tenter l’expérience de me déconnecter complètement des réseaux sociaux, des sites de presse/média/informations/actualités et de tout service web vivant de la publicité. Je vous détaille mes motivations dans ce billet.

Mes comptes Twitter, Mastodon et ma page Facebook continueront à exister et être alimentés automatiquement par les billets de ce blog mais je ne verrai pas vos demandes d’ajout, vos commentaires, vos notifications, vos likes ni vos messages. Les autres comptes (Facebook perso, Google+, Diaspora, …) seront certainement désertés. 

Cette expérience sera partagée sur ce blog, tant au niveau des réflexions que des outils techniques mis en place. Si vous la trouvez intéressante, n’hésitez pas à me soutenir sur Tipeee.

Si vous voyez une personne tentant d’interagir avec moi sur un réseau social, merci de lui envoyer ce lien.

Pour me contacter, utilisez le mail: lionel@ploum.net ou laissez un message après le bip sonore.

BIIIIIIIIP

Photo by Amy Lister on Unsplash

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Source : https://ploum.net/je-suis-deconnecte/


En partance pour ma déconnexion…

mercredi 3 octobre 2018 à 00:18

Pourquoi je compte retourner dans ma Thébaïde et partager avec vous mon expérience de déconnexion totale des réseaux sociaux et des informations.

Depuis le temps que je suis Thierry Crouzet sur les réseaux sociaux, que je lis ses livres, j’avoue ne jamais avoir été intéressé par son “J’ai débranché”, récit où il raconte son overdose d’Internet et sa déconnexion totale pendant 6 mois.

Un soir, alors que je checkais compulsivement mon flux Twitter pour me récompenser d’avoir accompli un travail ennuyeux, le titre m’est revenu à l’esprit et j’ai subitement eu envie de le lire. Miracle de la génération Internet/pirates, il me fallu moins d’une minute pour que les caractères s’impriment sur l’écran de ma liseuse.

L’histoire de Thierry me parle particulièrement car j’ai découvert que je partage énormément avec lui. Par certains aspects, j’ai même l’impression d’être une version belge du Crouzet grande gueule franchouillard. Asocial limite misanthrope (sauf pour donner des conférences), en colère contre la bêtise du monde (mais moins que lui), accro à la lecture et à Internet (mais moins que lui), écrivain électronique (mais moins que lui). Comme lui je ne sais pas discuter sans placer d’incessantes références à mes écrits (bon moi ce sont des billets de blogs, lui des livres) et comme lui je suis amoureux de vélo et d’admirer de vastes étendues d’eau (mais moi je n’ai pas la chance de l’avoir dans mon jardin, ce qui me rend mortellement jaloux).

Bref, je reconnais dans son texte une caricature de ce que j’ai l’impression d’être : chevalier blanc parti sauver le monde sur Internet. Les premiers chapitres sont sans concession : le premier pas vers la guérison est l’acceptation que l’on est malade. Crouzet était malade d’Internet. Le suis-je également ?

Pourtant je trouve Internet tellement merveilleux. Tellement magnifique. Je pense encore qu’Internet représente le futur de l’humanité, que notre salvation passera par l’évolution d’un Homo Sapiens en Homo Collaborans, cellule d’un gigantesque être vivant dont la colonne vertébrale sera Internet.

Du coup, encore une fois, je trouve Crouzet un peu trop extrême : se déconnecter d’Internet au point d’aller chercher des numéros de téléphone dans un papier, c’est rigolo pour la télé-réalité type “Mon Crouzet chez les non-connectés” mais est-ce constructif ?

Pour moi, le cœur du problème reste avant tout la publicité. Outre son effet destructeur indéniable sur notre cerveau, la publicité a introduit un effet particulièrement pervers : la course au clic. Même si ce n’est plus réellement rentable, les sites webs doivent désormais vendre des clics et du temps passés en ligne. Ils s’optimisent donc tous sur ce modèle : rendre les utilisateurs le plus accro possible pour qu’ils viennent souvent et qu’ils cliquent le plus sur les publicités. Le clic est devenu l’observable (je vous avais dit que je faisais des autoréférences) qui fait tourner le web au point que peu sont ceux qui osent même imaginer un modèle de rémunération non lié à la publicité ou au clic.

Cette forme de monétisation à introduit toute sorte d’innovations particulièrement délétères pour notre cerveau : notifications rouges pour donner envie de cliquer, flux infini, pour avoir l’impression qu’on va rater quelque chose si on quitte la page, “likes” surdimensionnés pour être facile à envoyer en un clic et pour entrainer un shoot de dopamine chez le posteur (alors qu’ils sont fondamentalement inutiles, tout comme les “pokes” ou le défunt réseau social “yo”).

Je me rends compte que je préfère chercher de nouveaux articles à lire et à ajouter à Pocket que de les lire pour de bon ! Je rêve également de lire attentivement certains livres sur mon étagère mais je les pose à côté de mon ordinateur. Lorsque je les feuillette, ordinateurs et téléphones semblent clignoter, m’appeler !

Au départ, je pensais qu’une simple prise de conscience suffisait. Que je n’étais pas si addict. Puis, j’ai installé un bloqueur temporaire (SelfControl). J’ai découvert que, alors que je savais pertinemment que certains sites étaient bloqués, mes doigts tapaient l’URL par réflexe lorsque j’en avais marre de ce que je faisais. J’ai été ébahi de voir une page d’erreur de connexion pour Twitter alors que je n’avais jamais consciemment décidé d’aller sur Twitter. Le cerveau a tellement renforcé ces connexions et lié cela à de petites décharges de plaisir que j’ai perdu le contrôle.

J’ai donc décidé de tenter une expérience de déconnexion. Non pas d’Internet mais des réseaux sociaux et des médias en général. De reconstruire ma Thébaïde qui s’est fait largement envahir ces dernières années. Contrairement à Thierry, je n’ai pas eu d’alerte médicale. Ma motivation est toute autre : je me rends compte que le temps passé en ligne n’est plus productif. Je n’écris plus de formats longs, mes textes croupissent, je préfère l’immédiateté d’un Tweet qui recevra 2 ou 200 likes.

J’ai besoin et envie d’écrire. Mais j’ai également besoin et envie d’être lu car un texte n’existe que dans l’esprit du lecteur. Ma déconnexion concernera les réseaux sociaux et tous les sites qui tentent de “m’informer”, de me prendre du temps de cerveau. J’ai n’ai pas besoin ni envie de savoir ce qui se passe dans le monde. C’est certes amusant, souvent énervant mais cela me donne envie de rebondir immédiatement. Cela me fait perdre du temps, de l’énergie mentale et cela manipule mes émotions.

Le but est d’arriver à trouver un ensemble de règles, de sites à bloquer, et un setup qui me permettent de profiter d’Internet sans en être esclave. Avoir les bons côtés sans les désagréments. C’est pourquoi je partagerai sur ce blog mes ressentis et mes résultats.

Depuis plusieurs années, il n’y a pas de statistiques ni de commentaires sur ce blog. Deux décisions que je n’ai jamais regrettées. Mais les statistiques et les commentaires se sont finalement déplacés vers les réseaux sociaux. En m’en coupant une nouvelle fois, je ne fais que mettre en place ce que j’ai toujours prôné. Le plus amusant c’est que, à part si vous m’envoyez un mail direct, je ne saurai jamais si ce que j’écris est populaire, utile à d’autres, repartagé ou ignoré. Mais c’est cela la beauté de l’expérience ! Ma seule observable sera de voir le nombre de contributeurs augmenter sur Tipeee et Liberapay.

Le temps de boucler mes bagages et je suis en partance pour cette expérience que je partagerai en intégralité avec vous sur ce blog et, ironiquement, sur les réseaux sociaux où mes billets seront partagés automatiquement sans intervention de ma part.

Je suis curieux et impatient même, si je l’avoue, la communauté Mastodon va peut-être me manquer un peu.

Photo by Nicholas Barbaros on Unsplash

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