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Réfléchir et concevoir une formation : comment faire ? (épisode 2)

vendredi 28 juillet 2017 à 11:01

La semaine dernière, je vous donnais mon avis sur des points essentiels de l’animation d’une formation. Cette semaine, je vais vous donner un peu plus de matière pour concevoir efficacement cette dernière.

Comme pour le premier épisode, ne prenez pas ce billet comme un mode d’emploi officiel pour créer une action de formation. Les éléments que je vais présenter sont, certes, plus formels que dans l’épisode 1 mais, pour autant, ils ne sont pas suffisants pour vous « revendiquer » formateur. Si vous souhaitez réellement exercer ce passionnant métier, des parcours de formation de formateur existent.

Les objectifs de votre formation

Une formation est faite pour atteindre un ou plusieurs objectifs. On appelle ces derniers des « objectifs pédagogiques » ; les définir est primordial car ce sont eux qui vont conditionner quasiment l’ensemble de votre formation.

Un objectif pédagogique, c’est ce qui doit être annoncé à vos apprenants au début de la formation. On les reconnaît facilement : ils apparaissent après le « à la fin de cette formation, vous pourrez … ».

Ils prennent généralement cette forme : « Expliquer le fonctionnement de… », « Mettre en œuvre les fonctions … de … » ou encore « Prendre conscience de … ».

Les verbes choisis dans ces objectifs sont très importants : ils vous indiquent le type de savoir que vous souhaitez transmettre. On distingue trois types de savoirs :

Une fois que vous avez compris et intégré ces trois savoirs, votre logique de conception de formation devrait couler de source. Nous allons donc faire un focus sur…

Les trois savoirs

Je ne fais qu’un résumé, ici, d’un concept plus vaste. Ainsi, les raccourcis pris ici ne servent qu’à vous donner des pistes de réflexion pour vous renseigner davantage sur le sujet.

Comme expliqué précédemment, ces trois savoirs sont très importants car ils vont construire votre formation et plus ou moins édicter les moyens pédagogiques que vous allez utiliser.

Pour généraliser, si vous transmettez des notions générales ou des concepts, vous être en train de transmettre des savoirs. Si vous souhaitez qu’ils puissent utiliser tel ou tel outil, c’est du savoir-faire et si vous souhaitez qu’ils soient en capacité de s’adapter à telle ou telle situation, c’est plutôt du savoirêtre.

Ce n’est pas pertinent de présenter un savoir et un savoir-faire de la même façon. Plus spécifiquement, un savoir-faire va demander de la pratique, des ateliers, des simulations ou des exercices.

Pour illustrer cette différence d’approches (et donc d’actions et de moyens), prenons un cas concret : je souhaite former des personnes à la protection des données personnelles.

Dans cette formation, je vais avoir plusieurs savoirs à transmettre :

Si vous faites une démonstration d’un outil pour expliquer des notions générales, vous utilisez une méthode de savoir-faire sur du savoir…

Autrement dit, il est probable que votre apprenant ne comprenne pas ce que vous souhaitez lui transmettre, l’outil utilisé étant une manière de rendre opérationnelle une connaissance délimitée.

Comment fait-on pour bien définir les moyens à mobiliser pour transmettre chaque type de savoirs ?

Quelles approches pour quel type de savoir ?

Personnellement, lorsque je conçois une animation de formation et que je définis les objectifs pédagogiques de cette dernière, j’utilise ce qu’on appelle la Taxonomie de Bloom, autrement appelée taxonomie des objectifs.

L’idée est simple : vous découpez les trois types de savoirs à transmettre grâce à cette taxonomie et, une fois cette étape réalisée, vous savez quels sont les outils qui vont vous permettre d’atteindre l’objectif défini.

Cette étape est fondamentale pour offrir une formation adaptée à vos objectifs pédagogiques. Elle vous permet de construire aisément le contenu à présenter et vous aide à choisir le type d’activité que vous allez faire. Elle définira les supports à utiliser, du traditionnel document projeté à la mise en situation avec du matériel, ordinateur, tablette ou téléphone dans le cas mentionné précédemment.

Bon, chouette, vous savez maintenant qu’avant de construire la formation, il faut en définir les objectifs. Vous savez également que de ces objectifs vont découler un certain nombre de possibilités, d’outils ou d’exercices.

Pourquoi faut-il varier les supports ?

C’est nécessaire pour deux raisons.

La première est simple : vous devez intéresser. Pour être très clair, il n’y a rien de pire qu’un apprenant qui s’ennuie en formation. Il ne s’amuse pas, il passe un mauvais moment … et vous aussi.

Varier les supports pédagogiques suscite l’intérêt du public et aide à la bonne assimilation des savoirs présentés. Si vous n’utilisez qu’un seul canal de transmission, vos apprenants vont se lasser. La variation des supports apporte du vivant et du rythme.

Ainsi, l’explication que vous êtes en train de lire ainsi que son épisode n°1 sont, par exemple, plutôt mauvais. C’est un blog, je suis assez limité par les moyens mis à disposition. Il y a beaucoup de texte, un seul canal de diffusion de l’information et potentiellement, il n’est pas adapté à tout type de savoirs. J’aurais pu ajouter des schémas, de la vidéo, des passages présentés autrement, afin de permettre à certains de mieux comprendre le contenu.

La seconde est élémentaire mais souvent oubliée : nous sommes tous différents.

Souvenez-vous, dans le premier épisode, je parlais du cadre de référence. Derrière ce cadre-là se cache le siège de la compréhension : le cerveau.

Figurez-vous que, magie, ce dernier fonctionne d’autant de façons différentes qu’il y a d’individus. Certains canaux parleront plus à certains qu’à d’autres. Ainsi, les explications écrites ne sont pas pour tout le monde, les explications orales non plus, les schémas également… bref, il faut savoir transmettre les informations via différents canaux pour être sûr que vos apprenants comprennent.

Prenons un exemple simple : un livre.

Il y a plusieurs façons de lire un livre : certains vont simplement lire les mots, les lignes, puis comprendre. D’autres auront besoin de le lire à voix haute. D’autres imagineront la scène qui se déroule dans le livre, etc.

C’est exactement la même chose en formation.

Vous devez faire varier vos supports afin de pouvoir répondre à assez de canaux d’apprentissage. A minima, il faut en avoir deux : le canal oral et le canal visuel. Ces deux canaux chargent et activent les mémoires de travail, verbale et visuelle donc, et facilitent l’assimilation des informations dans la mémoire à long terme.

Attention : si vous faites exactement la même chose entre l’oral et le visuel, comme par exemple lire à vos apprenants une slide d’un document projeté pendant qu’ils lisent en même temps, vous risquez de les perturber plus qu’autre chose : on parle d’effet de redondance dans la psychologie cognitive.

Dernier point d’attention : la mémoire visuelle est généralement supérieure aux autres mémoires, on parle d’effet de supériorité de l’image. Les travaux de Kourilsky et Wittrock (contenu payant) en 1987, expliquent par exemple qu’ajouter des images à du texte améliore les performances de compréhension.

A cette étape, faisons un bref résumé de ce que nous avons découvert. Nous avons souligné l’importance des objectifs pédagogiques, en enchaînant sur les notions de savoirs et sur l’intérêt de faire varier vos supports. Vous disposez d’un début de réflexion sur la construction d’une formation.

Enfin, pour aller plus loin, voici un dernier point « bonus ».

Les méthodes et l’approche pédagogique

Il existe au moins deux postures dans le métier de formateur.

La méthode inductive

Vous êtes un accompagnateur, un guide. Vous êtes là pour montrer le chemin du savoir mais pas pour le transmettre à proprement parler.

Ce chemin part de la pratique pour finir vers la théorie générale, d’un cas particulier pour comprendre comment cela fonctionne globalement et, ainsi, extraire des savoirs issus pratiques des apprenants.

Cette approche mobilise l’expérience personnelle des apprenants, elle est utile (et à utiliser) lorsque votre public est déjà expérimenté ou dispose déjà d’une base ou de pratiques sur le sujet abordé.

On proposera des choses concrètes, des études de cas ou du brainstorming, des exercices, des simulations… bref, beaucoup de pratique pour faire prendre conscience de quelque chose à vos apprenants. Ils feront le reste du chemin avec vous mais vous n’avez fait que leur montrer la voie à prendre.

La méthode déductive

Elle est l’opposé de la méthode précédente : vous êtes le point central de la formation. Ici, pas question d’être uniquement un guide qui montre la voie. Vous apportez la connaissance théorique et vous la mettez ensuite en pratique.

Le chemin part donc de la théorie pour arriver à la pratique.

Dans cette méthode, il existe plusieurs approches pour transmettre des savoirs. Reprenons notre formation sur la protection des données personnelles pour l’exemple.

Vous pouvez utiliser l’approche affirmative, très formelle, très magistrale. Pas besoin de vous expliquer que ce n’est pas toujours adapté… puisque vous l’avez compris au tout début de ce billet 😉

Exemple : « Voici ce que c’est, la protection des données, personnelles. C’est un ensemble de …. » et vous expliquez le détail.

La seconde approche est appelée interrogative, elle consiste à établir un échange entre vous et l’apprenant. Ce dernier possède déjà des éléments, des savoirs. Vous lui demandez de formuler ce qu’il sait ou pense savoir et complétez, ou corrigez, les informations au besoin.

Exemple « Alors, pour vous, ça consiste en quoi la protection des données personnelles ? D’ailleurs, qu’est-ce que c’est, pour vous, une donnée personnelle ? »

Vous l’avez compris, le principe est d’aider l’apprenant à tisser des liens entre la théorie et la pratique pour le conduire aux objectifs de la formation.

La troisième est appelée démonstrative. Elle consiste à montrer ce qu’il faut faire dans un premier temps, à faire faire dans un second et, enfin, à reformuler les propos et démonstrations afin d’évaluer la bonne compréhension des notions présentées.

Cette méthode est plus adaptée au savoir-faire. Souvenez-vous, il est assez compliqué de faire une démonstration sur des connaissances ou sur du savoir être, qui nécessitent une prise de conscience et un changement de comportement.

Ces quelques notions, essentielles mais loin d’être suffisantes, sont des pistes de réflexion pour travailler vos contenus et améliorer la présentation de ces derniers.

J’espère que vous avez apprécié ce partage et je vous invite à échanger dans les commentaires. De la même façon, si vous avez la moindre question, n’hésitez pas .

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Animer une formation, ça se passe comment ? (épisode 1)

jeudi 20 juillet 2017 à 11:47

Dans ce billet, qui va sans doute être assez long, je vais vous parler d’un sujet que je n’aborde que très peu, ici : mon métier. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, j’ai la chance d’exercer une passion, à savoir former des adultes. J’exerce ce métier depuis un peu plus de 10 ans maintenant et j’ai décidé de partager, avec vous, un peu de mon expérience.

Avant toute chose, je tiens à préciser quelques points qui me semblent importants pour avoir la bonne « grille de lecture » :

Dans un premier temps, via ce billet, je vais faire le point sur ce qu’il me semble important d’avoir à l’esprit, par ordre d’importance (mon ordre d’importance) puis, dans un second temps et un second billet, on parlera de choses plus « générales », de méthodes d’animation, de ce qu’on appelle l’approche pédagogique, de concepts globaux pour mieux appréhender la lourde tâche qui est celle de former correctement des personnes. Par soucis d’écriture, on parlera du « formateur » pour la personne qui forme et des « apprenants » pour les personnes qui leur font face.

Ces rappels étant faits, je crois qu’on peut passer à la suite.

Ne jugez personne.

C’est la base. Rien que ça. Vous faites une formation ? Soyez neutre et n’ayez aucun préjugé. C’est vraiment une condition obligatoire. C’est parfois difficile parce qu’en fonction de l’âge, de la posture, du discours de l’apprenant, on aura tendance à imaginer de nombreuses choses, c’est humain. Les risques sont multiples : que ce que vous imaginez n’est pas du tout raccord avec la réalité, comme souvent. Vous allez vous « braquer » sur une idée fausse et inconsciemment, vous ne ferez pas le maximum pour vous adapter à cet apprenant, donc potentiellement, vous le laisserez de côté et, à titre personnel, je considère cela comme un échec. Ne. Jugez. Personne. Soyez ouvert d’esprit et …

Faites connaissance avec vos apprenants.

Une formation, c’est un moment d’échanges avec vos apprenants. Avant d’être apprenants, ce sont des êtres humains, et ils sont tous différents. Cela peut sembler évident…pourtant il n’est pas rare d’avoir des formations où le contenu est dispensé de la même façon, pour tout le monde, sans aucune adaptation dans le discours ou la façon de présenter les éléments. Donc même si ça peut sembler évident, dans les faits, ce n’est que trop peu souvent mis en pratique. Connaître ses apprenants, ce n’est pas passer trois heures à parler avec eux, de leur vie, de la pluie ou du beau temps. C’est, par exemple, réaliser un tour de table en leur demandant de se présenter, sous un format libre ou un peu guidé pour les assister. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils ici ? Qu’attendent-ils de cette formation ? Nous y reviendrons ultérieurement, ce point est très important.

Ce tour de table permet de « briser la glace », il vous permet, à vous, de voir les capacités d’expression de vos apprenants, leur aisance relationnelle, de savoir s’ils sont plutôt confiants ou, au contraire, inquiets. Avec le temps, vous pouvez savoir si la personne se sent confiante ou non et bien d’autres choses encore. Elle permet aussi aux apprenants de se sentir plus à l’aise entre eux, ils ne connaissent pas forcément les autres personnes et peuvent se sentir mal à l’aise, et un apprenant qui ne se sent pas à l’aise, c’est un apprenant qui aura des perturbateurs et donc qui, potentiellement, aura plus de difficultés à suivre.

Cette étape est simplement fondamentale, car elle vous permet de procéder aux premiers ajustements, ce qui nous amène au point suivant

Remettez-vous en question (souvent)

J’aurais peut-être dû mettre ce point en règle n°1 car, pour moi, si vous n’avez pas la capacité de réellement remettre en question votre discours, vos méthodes et vos pratiques, ce n’est même pas la peine de continuer. C’est un peu brutal mais, à mes yeux, c’est exactement ça. Vous allez certes transmettre des savoirs, mais vous allez aussi apprendre des choses, d’eux et sur vous. Une formation, c’est une expérience humaine différente à chaque déploiement. Votre public est différent, vous devez prendre ça en considération et toujours vous demander si vous faites bien, pour le groupe que vous avez en face de vous.

Il est tentant de se dire « je suis le formateur, donc le « sachant », donc le chef, donc j’ai raison », mais autant vous dire tout de suite que c’est une énorme connerie. Si vous tentez d’asseoir votre pouvoir de formateur de façon autoritaire, alors vous avez perdu. Lorsque vos apprenants vous reconnaissent comme guide parce que vous travaillez avec eux, parce que vos connaissances vous donnent toute la légitimité nécessaire pour prendre la parole, alors là, c’est gagné.

En 10 années de formation, ce qui est très peu en comparaison à d’autres, j’ai dû faire plus de 1000 formations environ, j’ai vu passer plus de 3000 personnes en salle, sans doute bien plus en réalité… Je suis confiant dans mes capacités à transmettre mais, pourtant, il n’y a pas un instant de ma vie professionnelle (ou personnelle d’ailleurs) où je ne me remets pas en question : « est-ce que la méthode que j’utilise est adaptée aux apprenants et à l’activité ? », « est-ce que le lexique que j’utilise est adapté au niveau de mes apprenants ? », « est-ce que je pourrais faire mieux, et si oui, comment ? ».

Apprenez de vos apprenants.

Ne vous fermez pas à la découverte de nouvelles choses, de nouveaux principes, vous apprendrez toujours quelque chose de nouveau avec vos apprenants, vous aurez de la matière première : des expériences de vie, des anecdotes, qui pourront vous servir pour vos futures formations.

De la même façon, n’hésitez surtout pas à leur demander un ressenti sur la formation déployée. Dans mon activité, c’est obligatoire. Je travaille dans un organisme de formation (on dit OF dans le milieu) et nous avons des obligations, dont celle de récupérer les ressentis des apprenants à chaud, c’est-à-dire directement en fin de formation, puis à froid, c’est-à-dire après quelques semaines voire un mois après la formation.

Les retours de vos apprenants sont extrêmement précieux car ils vous permettent de savoir ce qui était bon et ce qui ne l’était pas, ou pas totalement. Cela vous permet aussi d’avoir leurs critiques, positives ou négatives. Donc d’évoluer, de parfaire vos pratiques. Cela vous permet aussi de voir vos lacunes et, ne vous vexez pas de ça, bien au contraire, profitez d’avoir des retours concrets pour avancer.

Le cadre de référence

Pour compléter ce que j’ai pu dire sur le fait de comprendre vos apprenants et sur le fait de ne pas les juger, je vais rapidement parler de ce que l’on appelle le « cadre de référence ».

Qu’est-ce que le cadre de référence ? C’est l’ensemble des opinions, des idées ou des valeurs propres à un individu ou à un groupe d’individus et en fonction duquel cet individu ou ce groupe d’individus donnera un sens à ce qu’il dit ou reçoit.

Ce n’est pas clair ? On va faire plus parlant : si je vous dis « Pensez à un tableau, maintenant. », certains vont penser à une peinture, une œuvre d’art… et d’autres à un tableau pour écrire.

Tiens, un exemple très concret, que j’utilise en salle de formation, parfois : si je vous dis « Allez sur Internet », qu’est-ce que vous faites ?

Une partie des gens interrogés vont ouvrir un navigateur et attendre. Une autre partie va faire pareil mais ira sur un moteur de recherche et, enfin, une dernière partie du groupe va me regarder avec des yeux ronds en me disant « non mais tu veux que je fasse quoi en particulier, ça ne veut rien dire « aller sur Internet ».

Cet exemple-là me permet de faire la distinction entre Internet et WEB, qui n’est qu’une des très nombreuses possibilités offertes par Internet. Pour autant, nous avons bien utilisé le même mot, à savoir « Internet ». Pour vos apprenants, ce même mot n’a pas la même signification.

C’est « ça », le cadre de référence. On utilise des mots mais entre vous et vos apprenants, ils ne signifient peut-être pas la même chose et c’est à vous de faire l’effort de comprendre vos apprenants, de vous adapter à eux, et pas l’inverse. Donc vous devez vous assurer que tout le monde comprenne bien ce que vous êtes en train de dire, quitte à reprendre votre explication et à la refaire entièrement, avec d’autres mots ou d’autres exemples.

Le plus simple n’est pas forcément le plus adapté.

Un travers que je vois souvent, lorsque l’on tente d’expliquer quelque chose d’un peu complexe à des apprenants, c’est la simplification à l’extrême. Si l’idée n’est pas mauvaise en soi, ce n’est pas forcément la meilleure pour autant. Il ne faut pas se dire que simplification = adaptation.

Prendre l’exemple le plus simple sera même parfois contre-productif. Vos apprenants ne comprendront pas parce que ce ne sera pas « pour eux », adapté à leur cadre de référence, à leurs capacités de compréhension.

Lorsque je forme des médecins, par exemple, j’utilise des exemples et un lexique qui va leur parler, je parle de bilan, d’analyse, d’établir des diagnostics et j’utilise des exemples pas forcément simples, mais clairement adaptés afin que ça parle le plus possible.

Ces exemples-là, très clairs pour cette branche de métiers, n’auraient pas été clairs pour une session composée quasi exclusivement d’avocats, tout simplement parce que ce n’est pas dans leur cadre de référence.

Vous avez compris le principe de l’adaptation, je pense. Et de fait, le besoin d’adapter votre discours. Il faut savoir écouter vos apprenants, donc les connaitre, faire attention à eux, ne pas les juger, bref tout ce que nous avons pu voir précédemment.

Ne soyez pas pédagogues

Cette assertion peut choquer mais je vais m’expliquer. Étymologiquement, pédagogie, c’est le fait de transmettre des compétences à des enfants. Or, vous formez des adultes, vous ne pouvez pas utiliser toutes les méthodes qui fonctionnent avec les enfants. Les adultes n’apprennent pas ou plus par cœur, par exemple. Ils n’aiment pas non plus les idées préconçues, sont moins « malléables », ont beaucoup plus d’idées reçues et de préjugés que les enfants… bref, un adulte, ce n’est pas un enfant et si vous considérez vos apprenants comme des enfants, je n’ai pas besoin de vous expliquer que ça va poser problème.

Je ne serai que très bref sur le sujet car le billet est déjà fort long mais, la formation d’adultes, c’est faire en sorte de faciliter l’apprentissage de l’apprenant, de modifier son comportement sur un aspect x, y ou z et dans ce cas, on ne parle pas de pédagogie, mais d’andragogie (l’éducation des adultes). J’en parlerais dans un autre billet, si ça vous intéresse et que vous m’en faites la demande 🙂

Enfin, même si je l’ai déjà plus ou moins dit : restez humble.

Détenir une connaissance spécifique et savoir la transmettre, c’est un privilège, tout le monde n’est pas nécessairement en capacité de le faire. Mais c’est un privilège dans le sens « un honneur », et il convient d’être respectueux de tout ceci.

Soyez humble. Ce n’est pas parce que vous êtes formateur que vous êtes meilleur que les autres, que vous êtes supérieur aux autres ou que sais-je. Penser ce genre de choses comporte quelques risques, dont celui de prendre la grosse tête et vous servir de la formation comme d’une mise en avant de votre personne… et si un jour vous commencez à faire ça, entre nous, c’est le signe qu’il est temps de laisser la place à d’autres et de vous remettre en question.

Même si c’est vous qui gérez votre formation, cette dernière est faite pour vos apprenants. Ce n’est pas vous, la star de la formation, ce sont vos apprenants. Ce n’est pas vous, le client de votre formation, mais ce sont vos apprenants. Et le principe est de les servir de la meilleure des façons possible.

Trop souvent, à mes yeux du moins, je suis confronté à ce genre de problèmes : la personne en charge de la formation se met en lumière, vante ses capacités, joue le rôle d’expert en roulant des mécaniques, en montrant bien que « moi je sais, vous, vous n’êtes rien, écoutez-moi religieusement et vous montrerai le chemin ».

Si vous voulez vous mettre en valeur ou vous exhiber, faites du spectacle, un one-man show sinon, mais de grâce, pas lors d’une formation, ce n’est ni le bon endroit, ni le bon moment pour ça.

Ce billet commençant à être déjà bien long, je vais vous laisser là. La suite arrivera dans un prochain billet. Cette fois, plus axée sur des concepts et des notions liés directement à la formation.

N’hésitez pas à me faire un retour sur ce que vous avez pensé de ce billet, c’est la première fois que je fais cet exercice sous ce format, je suis donc preneur toutes vos remarques ou retours afin d’en améliorer le contenu, si besoin est.

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Graphisme / UX versus Sécurité : deux mondes opposés ?

mercredi 19 juillet 2017 à 11:50

Imaginez deux mondes en guerre. D’un côté, le monde de la sécurité bataille durement pour que les logiciels que nous utilisons tous et toutes soient sécurisés et qu’on puisse en être certain. Leur ennemi est l’illusion de sécurité. De l’autre, nous avons le monde des graphistes et des designers, qui eux, font en sorte qu’on puisse se servir de n’importe quel logiciel sans pour autant être bac + 42 option crypto terroriste.

Et depuis longtemps, pour ne pas dire une éternité, ces deux mondes se foutent sur la tronche, parfois assez brutalement. Est-ce que ces mondes sont réconciliables ?

Premier monde : la sécurité.

Dans le monde du logiciel, qu’il soit libre ou non, la sécurité est un élément fondamental. Ici, je ne vais parler que du monde du logiciel libre, que je connais un peu plus.

Le monde de la sécurité est composé – et c’est parfaitement normal – de personnes très très à cheval sur la sécurité des données, la protection des données personnelles et, de façon plus générale, de la protection de la vie privée et de l’intimité des utilisateurs.

Il faut des gens comme ça pour imaginer, développer et créer des applications qui soient utilisables et qui garantissent un niveau de sécurité acceptable, voire une sécurité réelle.

Trop souvent, dans trop de domaines, on nous vend une solution dite sécurisée alors qu’elle ne l’est pas et depuis que la sécurité des données est devenue un argument commercial important, vers 2012-2013 selon moi, c’est devenu un problème pour tout le monde.

Pour le sachant, c’est un problème dans la mesure où il n’aura que très peu de capacités de lutter contre un monstre de communication disposant d’énormes moyens humains, techniques et financiers pour dire « regardez mon produit, il est bien, il est sécurisé, utilisez-le, mangez-en ! »

Pour le non sachant, c’est tout autant problématique, même s’il n’en est pas forcément conscient. On lui dit que c’est sécurisé, il n’a pas les moyens de vérifier cette information, de lire du code, il est donc plus ou moins forcé de faire « confiance ». Il utilisera cette solution prétendument sécurisée alors qu’en fait elle ne l’est pas et mettra donc en péril sa sécurité, celle de ses interlocuteurs, ses données et celles des autres.

Comme dans n’importe quel monde, il y a des extrémistes et des modérés, ceux qui font des concessions et ceux qui n’en font pas et ne feront. Jamais. La. Moindre. Concession.

Les deux points de vue sont compréhensibles, justifiables et quand on voit toutes les saletés pondues par des boites privées, des gouvernements ou des marketeux pour toujours nous piquer un peu plus d’informations confidentielles, j’aurais tendance à aller dans le sens des extrémistes.

Mais…

Deuxième monde : celui du design

L’autre camp, l’ennemi, selon les extrémistes de la sécurité, c’est le monde du design, du graphisme.

Beaucoup de personnes négligent l’importance de ce monde, c’est pourtant grâce à lui qu’on adopte ou non une solution, un logiciel. Si Microsoft était moche* et pas utilisable, j’en suis certain, il ne serait pas autant utilisé, puisqu’il ne respecte en rien les utilisateurs.

Les missions de ce monde, c’est de penser « ergonomie » pour l’utilisateur, donc confort de ce dernier : « qu’est-ce que je vais devoir faire pour que l’interface du logiciel que je design soit utilisable aisément ? »

Pour répondre à ce délicat problème, ils ont besoin d’innover, ils doivent penser à l’ensemble des terminaux où la solution est déployée, ils doivent designer l’intégration de chaque fonction pour créer un tout harmonieux. Ils doivent penser « UX » : User Experience.

Je pourrais consacrer un billet de 15000 signes à l’UX tant le sujet me semble important, mais là n’est pas le débat.

On dira simplement que l’UX, c’est le truc à l’esprit de chaque graphiste qui doit bosser sur un logiciel, un site ou un application. C’est le truc qui fait que toi par exemple, utilisateur de Twitter sur mobile, tu vas faire glisser ton doigt de haut en bas (le swipe) pour actualiser fon fil, et pas appuyer sur un bouton actualiser, parce que le swipe c’est plus pratique, plus intuitif, plus naturel.

Le travail de ces gens-là est tout autant compliqué que celui des gens de la sécurité, les problématiques sont différentes, certes, mais la quantité d’efforts à produire est tout autant phénoménale et, à titre personnel, je suis autant admiratif de ce monde que du premier.

J’aurais tendance, cependant, à plaindre davantage les gens qui bossent dans le design, parce que pour être clair, ils s’en prennent plein la gueule. On résume leur activité, pourtant extrêmement compliquée, à « faire des dessins avec des crayons ». C’est plus que méprisant, au-delà du fait que cela soit réducteur. Bien évidemment, ce monde n’est pas le seul à s’en prendre plein la tête, seulement, j’aurais tendance à dire qu’ils ne sont que trop rarement pris au sérieux, là où le monde de la sécurité l’est (pris au sérieux), par exemple.

Dans ce monde-là, comme dans le premier et l’ensemble des autres, il y a des extrémistes pour qui le design prime sur absolument tout, et il y a les autres, plus modérés.

Voilà, le décor étant posé, on va pouvoir passer à la suite

LA GUERRE !

Le constat est le suivant : le monde de la sécurité tape sur celui du design, et inversement. Parce que celui de la sécurité déclare qu’une belle* application c’est une application qui n’est pas sécurisée et donc, qu’il faut dégager le design… et forcément, ça ne fait pas super plaisir au second monde, qui vient se défendre et taper sur le premier.

Et ça dure depuis des années. Et, pour une fois, je vais vous livrer mon ressenti « brut » sur ce conflit : bordel, c’est épuisant de voir des enfants se taper dessus et être incapables de se parler plus de deux minutes sans se foutre sur la tronche. C’est épuisant, d’autant plus que nous avons besoin des deux mondes pour faire évoluer le monde entier, celui dans lequel nous vivons avec les autres gens.

Les contacts, les amis, les copains, ne vous braquez pas, ce n’est pas le principe… mais purée, parfois, vous êtes fatigants. Il faudrait songer à grandir, à ouvrir votre esprit et à sortir du schéma « il n’y a que A, ou B, et rien d’autre. »

Entre-soi ? Pour les autres ?

Parce que la question est là : qu’est-ce qu’on veut faire ? Qu’est-ce qu’on veut faire de nos connaissances, de nos logiciels, de ce monde, de notre monde ?

Est-ce qu’on veut pouvoir offrir au plus grand nombre une solution sécurisée ou plus sécurisée que l’actuelle ou alors est-ce qu’on réserve ces solutions là à « ceux qui savent » ?

Si le monde de la sécurité et du design ont, à mon sens, besoin de travailler ensemble, c’est parce que les premiers ont le fond et pas toujours la forme et que les seconds, la forme mais pas toujours le fond.

Développer un machin où le monde de la sécurité ne cause pas, dès le départ, au monde du design, c’est parfaitement con. C’est dit. Ces deux mondes doivent être intégrés dès le départ d’un projet, dans les étapes de réflexions, de création, il doit y avoir des échanges entre les deux. Ainsi, on pourra, j’espère du moins, arriver à quelque chose de beau et de sécurisé.

Le beau, ce n’est pas juste beau pour faire plaisir. Je vais faire grincer des dents, mais si c’est beau, c’est juste parce que c’est nécessaire. Oui, c’est juste nécessaire, au premier abord du moins.

Quand tu as le choix entre deux boutiques, une jolie et l’autre absolument hideuse, tu vas aller dans laquelle en premier ? Généralement, la jolie, parce qu’elle te parle plus, parce qu’elle donne envie, parce qu’elle donne confiance.

Elle pourra te vendre n’importe quoi, c’est un fait, mais là n’est pas la question, je te parle de l’étape d’avant, de celle du choix.

Si de plus en plus de personnes utilisent l’application Signal, qui permet de chiffrer une partie de ses communications, ce n’est pas parce que Snowden a dit que c’était génial. Cet argument ne parle qu’à celles et ceux déjà sensibilisés au problème. Si l’application est de plus en plus utilisée, c’est parce que son design, son UX, est hyper accessible. Quelqu’un qui arrive dessus retrouve vite ses repères et le bac + 42 option crypto terroriste n’est juste pas nécessaire.

Ce n’est pas tout beau tout rose, c’est vrai, mais ce n’est pas en tapant ouvertement sur la gueule de l’équipe ou du design que ça fera avancer les choses.

En revanche, si le principe c’est que ces outils, cette connaissance soit exclusive aux sachants, qu’elle soit exclusive à ceux qui font l’effort de se manger des heures et des heures, des nuits entières à manger du code, à comprendre des choses, alors … c’est sans moi.

La connaissance, c’est fait pour être partagé, mais pour qu’elle soit comprise, il faut qu’elle soit adaptée… et non… un software qui dégueule du code et qui nécessite des nuits entières de configuration, ce n’est pas une solution.

Si votre interlocuteur ne comprend pas quelque chose, ce n’est pas qu’il n’en a pas la capacité, c’est que vous avez mal communiqué. C’est pareil pour le logiciel et son adoption. Vous pouvez venir en discuter dans les commentaires mais préparez vos arguments, je n’ai pas la prétention de tout connaitre, mais les rouages de la communication, un peu quand-même, c’est mon métier depuis plus de 10 ans déjà.

C’est démotivant. Même pour moi, alors que beaucoup considèrent que je suis actif et que je cherche à comprendre.

Bref, cher monde de la sécurité et cher monde du design, dans ce que je pense être l’intérêt commun, parlez-vous et faites-vous des bisous, j’ai besoin de vous deux, et je ne pense pas être le seul dans ce cas.

Précisions, pour les * :

ce que je définis comme moche est un énorme raccourci de ma part, et c’est la même chose pour beau. 

Quelque chose de « moche » pour moi, c’est pas quelque chose de laid, c’est quelque chose de mal pensé, peu ou pas adapté, pas ergonomique.

De la même façon, ce que je définis comme étant beau, ou une belle interface : c’est une interface bien pensée, réfléchie. Pas belle au sens « c’est une belle chose, une belle oeuvre d’art », par exemple. C’est, pour moi, l’ergonomie d’une application qui fait sa réussite, et non le fait qu’elle soit belle au sens du dictionnaire, ou laide. 

Une application peut être belle dans le sens « jolie » et être horrible, pas utilisable, mal pensée, mal conçue. A mes yeux, cette application est un cauchemar, et moche. La précision me semblait importante.

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PSES2017 : retour sur quatre jours de festival

mercredi 5 juillet 2017 à 21:37

#PSES2017. Derrière cet acronyme se cache la neuvième édition du Festival « Pas Sage En Seine », qui s’est déroulé du 29 juin au 02 juillet 2017. Avec ce billet, je vous propose une vision un peu plus « de l’intérieur », étant moi même membre de l’association qui organise le Festival.

Excellente lecture ou excellente découverte si vous ne connaissez pas !

L’avant Pas Sage En Seine

Préparer quatre jours de Festival, autant se le dire, ce n’est pas de tout repos. Nous sommes officiellement quatre et nous sommes, en réalité, une petite dizaine pour préparer l’évènement, qui nous a pris un peu plus de 5 mois de travail.

Pour que le Festival se déroule au mieux, il y a beaucoup de choses à gérer. En vrac : la partie administrative, les formalités légales, le site, la charte graphique, la communication, la partie assurance ou les déclarations aux autorités compétentes, les repas, le programme, les lieux, qui fera quoi,… J’en passe et des meilleures mais vous avez l’idée générale : organiser un festival, c’est un investissement certain. Votre serviteur était d’ailleurs tellement pris par son travail qu’il n’a pas énormément contribué en amont, rendons à César ce qui est à César, mes amis – cette petite famille PSES, – a grandement contribué à sa réussite.

Je suis extrêmement heureux et fier de faire partie de l’aventure PSES. Je n’imaginais pas, il y a quelques années encore, avant 2012 en fait, que nous en serions là, qu’on parlerait des 10 ans du festival pour 2018, que nous serions devenus, pour reprendre une expression entendue par un visiteur lors du festival, une « référence dans le domaine ».

Le Festival en soi

Puis arrive le jour J, celui où tout commence, celui où forcément, des choses ne se passent pas comme prévu, ça serait bizarre si tout fonctionnait parfaitement dès le départ. L’équipe étant à même de réagir à quasiment n’importe quel problème technique, c’est toujours amusant lorsque ça arrive et les solutions ne manquent pas. Pour celleux qui étaient présents, c’est pour cette raison que nous avions une chaise sur un bureau : nous avions besoin de faire porter les capteurs des micros plus loin, afin qu’ils soient à portée de la régie… alors chaise, bureau, orientation et le tour est joué. PSES c’est ça aussi, un festival où on compose avec les aléas et où on s’amuse des impondérables.

Cette année, dans les bénévoles, nous avons eu de nouveaux visages et je les remercie infiniment de nous avoir fait confiance et d’avoir donné de leur temps et de leur énergie pour faire de cet évènement ce que certains ont qualifié de « meilleur festival PSES jusque là ».

Je tiens particulièrement à remercier Dash, même si je l’ai déjà fait 200 fois environ. C’est grâce à lui que nous avons eu du son de qualité, et que, sur le live, vous aviez du son acceptable. Rôle essentiel s’il le faut, vous l’aurez compris. D’ailleurs, ce lien là vous montrera nos arrangements, le tout géré par Dash dans l’urgence, système fonctionnel à 100% 🙂

Chaque bénévole a joué son rôle pour vous permettre de profiter du Festival, des conférences, de la buvette, du village associatif au rez-de-chaussée et des ateliers, répartis sur tout le Festival.

Des premiers retours que nous avons pu avoir, vous semblez avoir aimé le festival et c’est là notre plus belle récompense : nous nous amusons et investissons pour que notre évènement soit le vôtre, pour que vous profitiez le plus possible de ces quelques jours, pour débattre, échanger, vous amuser, apprendre (et boire du maté et des bières, merci Tesla, si tu lis ce billet).

Vers l’avenir et au-delà !

Pour l’instant, l’heure est au repos car mine de rien, PSES, ça fatigue :). Après ce repos, nous allons nous remettre en action pour débriefer, échanger et avancer sur ce qui était bien, génial, moins bien ou nul, pour savoir ce que nous avons bien fait et ce sur quoi nous devons nous améliorer davantage pour les prochaines années.

Pour 2018, PSES sera un peu particulier : nous fêterons les 10 ans du Festival, une occasion de « marquer le coup ». Il le sera encore plus pour certains membres du bureau car de prochains évènements vont bousculer la vie de quelques membres, ce qui va nous pousser à faire autrement.

Alors, nous cherchons donc des personnes qui souhaitent contribuer à organiser la dixième édition 🙂

(et en plus, on s’amuse bien lors des essais son et caméra du matin, et encore plus….)

Si vous êtes intéressés, vous savez où me contacter et où contacter l’association, sur les Internets ou les réseaux sociaux. Ne vous offusquez pas si vous n’obtenez pas de réponse immédiatement, nous avons tous et toutes nos vies à côté. PSES fonctionne sur un budget proche du zéro, et ce n’est pas une image, nous sommes tous bénévoles et donnons de notre temps libre à hauteur de ce que nous pouvons.

Enfin, je tiens à vous remercier, vous, celleux qui lisent ce billet, celleux qui sont venus à l’évènement, qui en ont parlé, pour les rires et les prises de parole, pour tout, en fait. C’est grâce à vous qu’on trouve l’énergie de faire ce festival un moment très particulier. Je remercie également les conférenciers et les conférencières, le Festival n’aurait aucune existence sans vos interventions, toujours riches d’enseignements.

Enfin, mais ils le savent déjà, je remercie les organisateurs de #PSES2017, ma « petite famille PSES » pour son engagement, sa motivation et sa bienveillance sans faille pour tout le monde. Nous faisons parfois des erreurs – nous sommes humains – mais l’ADN de Pas Sage en Seine est composé de tout ça, d’envie, de gentillesse, de protection, de motivation, de rires et parfois de larmes et de maté…. beaucoup de Club Maté.

On se dit donc à l’année prochaine pour fêter nos 10 ans !

Pour ce billet plus que pour tout autre, n’hésitez pas à me faire part de vos retours, positifs ou négatifs, toujours constructifs et argumentés, afin qu’on puisse faire encore mieux l’an prochain !

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Un exemple d’atteinte au principe de neutralité ? Verizon, Yahoo! et Tumblr

lundi 26 juin 2017 à 10:31

2014. Il est loin le temps où Tumblr était un défenseur de la Neutralité du Net, aux côtés d’Amazon, de Kickstarter, de Vimeo, Reddit, de Netflix et de bien d’autres. Il y a quelques jours, Verizon, un fournisseur d’Internet et de Mobile côté Etats-Unis, finalisait le rachat de Yahoo! et donc, du service Tumblr.

Dans la foulée, la société déclarait que les comptes crées via des adresses e-mail AT&T, un de ses concurrents, seraient purement et simplement dégagés des services liés à Yahoo!.

Une jolie atteinte au principe de neutralité ? Analyse.

Mais qu’est-ce qui se passe donc ?

Commençons par le commencement : en juillet 2016, Verizon commençait les procédures d’acquisition de Yahoo! afin de récupérer son expertise, ses services et son cœur de métier. Ce rachat était annoncé à 4,8 milliards de dollars et il semble qu’il se soit fait avec une ristourne de 300 millions suite aux différents piratages que Yahoo! a rencontré.

La phase d’acquisition s’est achevée il y a peu, comme l’atteste la déclaration de Verizon sur le sujet. Yahoo! sera fusionné avec AOL, acheté par Veziron en 2015. Le tout formera une nouvelle entité, nommée Oath, qui ne sera pas dirigée par Marissa Mayer, la cheffe de Yahoo!. Elle sera remerciée et les rumeurs racontent qu’elle va toucher environ 210 millions d’indemnités d’échec (salaire, prime, actions, stock options …).

Personnellement, j’aimerais bien échouer de la même façon mais quand j’échoue, je ne touche simplement rien, mais passons.

Yahoo et AT&T

Pour comprendre le problème dont je vais vous parler, il faut comprendre la chose suivante : l’opérateur AT&T disposait d’accords avec la société Yahoo!. Ces accords permettaient par exemple aux abonnés AT&T de « merger » (de connecter) leur compte At&T à Yahoo! pour disposer d’un accès à la plateforme sans se créer un compte Yahoo!.

L’avantage pour l’utilisateur est simple : une seule adresse mail pour les services d’AT&T et de Yahoo!, possibilité d’envoyer des mails @yahoo depuis son interface At&T bref, les avantages d’un compte mergé…

Mais.

C’était déjà, en soi, un risque et une attaque contre la neutralité du service, de Yahoo! et plus largement, du Net. Les abonnés des différents opérateurs n’étaient pas égaux face aux moyen d’accès de Yahoo!, certains disposant d’un accès lié aux accords et d’autres non.

Le plus gros risque était le suivant : qu’est-ce qui se passe si Yahoo! est racheté par un concurrent d’AT&T ? Est-ce que les services mergés vont perdurer ? Est-ce que les accords vont tomber ?

Et ce qui devait arriver arriva

Dans un récent billet, nous apprenons que d’ici au 30 juin, dans quelques jours donc, les abonnés Yahoo! et, par extension, Tumblr (le service étant propriété de Yahoo!) ayant crée un compte avec leur adresse mail AT&T ne seront plus en capacité de se connecter aux services de Yahoo! et donc, à Tumblr par la même occasion.

C’est là que le point précédent prend toute son importance : il semblerait qu’AT&T et Yahoo! ne puissent pas maintenir leurs accords, la société ayant été racheté par Verizon et… derrière cette décision commerciale qui peut se comprendre et se justifier, il y a des utilisateurs qui vont subir.

Attaque de la neutralité du Net ou pas ?

En soi, la décision de Verizon n’est pas une volonté d’attaquer le principe de neutralité du Net mais les conséquences des décisions prises y contribuent indirectement. C’est la décision commerciale, à nouveau, justifiée, qui entraîne cet état.

AT&T ne souhaite pas permettre à Verizon d’accéder à sa base d’abonnés, c’est son bien, les clients d’AT&T lui « appartiennent ». Verizon ne peut pas maintenir les accords signés, ils tombent donc et avec eux, l’ensemble des fonctionnalités qui existaient (accès au service, connexion unifiée, adresse mail mergée…).

La faute n’est pas exclusivement liée à Verizon : si Yahoo! et AT&T n’avaient pas passé ces accords, cette situation ne serait jamais arrivée.

Ce n’est donc pas, comme je le disais, une attaque au principe de neutralité du Net mais les conséquences qui en découlent y ressemblent fortement.

Les gros, c’est mal

La morale de ce billet, c’est qu’il est nécessaire d’avoir une neutralité stricte pour éviter des problèmes dans ce genre. Le fait que des sociétés passent des accords avec des services, que ces services soient rachetés par d’autres, qu’ils appartiennent à tel ou tel fournisseur, … tout ceci représente un risque pour les utilisateurs et pour la neutralité du Net.

Les gros opérateurs achètent et revendent des services que les utilisateurs utilisent, parfois quotidiennement et, personnellement, je n’ai pas spécialement envie de ne plus pouvoir utiliser tel ou tel service au motif qu’il a été acheté par une compagnie.

Côté AT&T, la communication n’est pas excellente non plus, mais les propos tenus laissent effectivement penser qu’il s’agit plus d’une rupture commerciale que d’une attaque de la neutralité du Net.

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