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La dématérialisation des échanges

samedi 15 novembre 2014 à 20:20
La revue "Experts" a eu la bonne idée de mettre en ligne, accessible à tous, un compte rendu d'une table ronde consacrée à la dématérialisation des échanges en expertise judiciaire.

L'article est lisible ici.

Quelques extraits :
« Opalexe est une usine à gaz, très compliquée et déstructurée. » L'assertion ne vient pas de la concurrence, mais de l'avocat Me Lebon, qui présentait le désormais très consensuel RPVA (Réseau privé virtuel des avocats). « Opalexe est un premier pas, mais doit être amélioré en simplicité. Il doit pouvoir se greffer au système existant, le RPVJ (Réseau privé virtuel de la justice) ».

« Depuis des années on nous demande à la CEACAP de ne pas parler de notre plate-forme à l'extérieur. Pour ne pas faire concurrence à Opalexe, dont on devait attendre qu'il accomplisse le travail. Ne voyant rien venir de probant, nous avons décidé de nous lancer », introduit Patrick Jeandot, président de la CEACAP, avant de présenter l'outil dématérialiseur [NdZ: NetExplorer] de sa compagnie, « d'une grande simplicité. »

« Les cartes à puce que vous [NdZ: la CNCEJ] nous proposez font déjà partie du siècle dernier. »

L'avocat Me Lebon tranche de son côté plutôt « contre » les deux systèmes, parlant de solutions existantes bien plus simples que ces plates-formes. Une messagerie électronique sécurisée ne suffirait-elle pas ? « Si vous arrivez déjà à cela, ce serait énorme. À être trop ambitieux, on prend le risque d'échouer. Un espace de travail collaboratif qui convienne à tous demeure très compliqué à construire. Vos plates-formes forcent tout le monde à penser de la même façon. »

Pour ma part, je penche pour l'utilisation coordonnée du logiciel GPG déjà accessible à tous, et l'organisation de key signing parties.

Outre l'aspect convivial (des key signing parties), le fait que ces outils soient éprouvés, gratuits, utilisables dans tous les environnements informatiques, par tous (experts, magistrats, parties, etc.) et sur toutes les messageries existantes, me fait penser qu'un pas important serait franchi en toute simplicité. La formation pourrait être effectuée par les associations ou les entreprises ayant misées sur ce type d'outils... ou par les experts judiciaires en informatique ;-)

La création d'une paire de clefs publique/privée et sa gestion (révocation, protection, échange...) devraient être enseignées dès le collège. Nos échanges électroniques - et notre vie privée - en serait grandement sécurisés.

Source : http://zythom.blogspot.com/feeds/922711700390942466/comments/default


Une pensée pour lui

lundi 10 novembre 2014 à 05:00
Je ne suis pas un spécialiste de la sécurité informatique, mais comme bon nombre d'informaticiens, j'aime bien essayer de comprendre cet univers bien particulier de l'informatique.

Je lis plusieurs blogs sur le sujet, dont un qui me plaisait bien, avant que son auteur ne disparaisse, il y a tout juste un an.

Aujourd'hui, mes pensées vont à ses amis et à ses proches.
Et à lui bien sur.

Requiescat in pace, Sid.


Source : http://zythom.blogspot.com/feeds/2210990641765308908/comments/default


Professionnaliser son adresse email

lundi 3 novembre 2014 à 14:39
En développant mon activité de consultant auprès des avocats, je me suis rendu compte que, dans mon fichier "prospects avocats", la majorité des emails se terminaient en "wanadoo.fr", "gmail.com" ou "yahoo.fr"...

Bien entendu, cela fait sourire tous les informaticiens, pour qui, en général, ces noms de domaine ne font pas très "pro". Mais la réalité nous rattrape toujours, et force est bien de constater que beaucoup de personnes trouvent assez compliqué ce que nous, informaticiens, trouvons relativement évident, comme par exemple qu'il vaut mieux prendre une adresse email indépendante du fournisseur d'accès à internet. Comme ça, si vous changez de fournisseur d'accès, vous n'êtes pas obligé de prévenir tous vos clients : vous pouvez garder la même adresse email.

Je vais donc essayer de détailler à mes lecteurs non avertis une méthode permettant de se doter d'une adresse email professionnelle personnalisée, à moindre frais et en toute simplicité, à condition de bien suivre le mode d'emploi.

Bien entendu, toutes les professions sont concernées : que vous soyez avocat, huissier, géomètre ou charpentier, la procédure est la même.

Ah, oui, j'oubliais : le coût.
Environ 15 euros (par an).

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais présenter quelques définitions, comme dans tout bon cours qui se respecte :

- Fournisseur d'accès à internet.
Un fournisseur d'accès à Internet (FAI), est un organisme (généralement une entreprise mais parfois aussi une association) offrant une connexion à Internet, un réseau informatique mondial. Le terme en anglais désignant un FAI est Internet Service Provider (ISP) ou Internet Access Provider (IAP).
Orange, Free, French Data Network (FDN) sont des exemples de fournisseurs d'accès à internet. RPVA n'est pas un fournisseur d'accès à internet.


- adresse email.
Une adresse électronique, adresse e-mail ou adresse courriel est une chaîne de caractères permettant de recevoir du courrier électronique dans une boîte aux lettres informatique.
C'est cette chaîne de caractères que je vous propose de personnaliser. Elle est constituée des trois éléments suivants, dans cet ordre :
  • une partie locale, identifiant généralement une personne (lucas, Jean.Dupont, joe123) ou un nom de service (info, vente, postmaster) ;
  • le caractère séparateur @ (arobase), signifiant at (« à » ou « chez ») en anglais ;
  • un nom de domaine identifiant généralement l'entreprise hébergeant la boîte électronique (exemple.net, exemple.com, exemple.org).

- boîte aux lettres informatique.
Une boîte aux lettres, ou boîte de réception, ou BAL (abrégé de « boîte aux lettres »), ou inbox en anglais, est un espace dédié à un utilisateur, où sont stockés (...) les courriels qui lui parviennent, en attendant qu’il les lise.
Vous pouvez avoir plusieurs adresses emails qui dirigent les emails vers une seule boîte aux lettres. Vous pouvez avoir une seule adresse email qui envoit les emails vers plusieurs boites aux lettres. Email, adresse email et boite aux lettres sont trois choses différentes.


- client de messagerie.
Un client de messagerie est un logiciel qui sert à lire et envoyer des courriers électroniques. Ce sont en général des clients lourds mais il existe aussi des applications Web (les webmails) qui offrent les mêmes fonctionnalités. La caractéristique essentielle de tous ces logiciels est de permettre d'accéder à la boite de courriers électroniques d'un utilisateur.

Outlook ou Thunderbird sont des exemples de clients de messagerie. Les webmails permettent, eux, d'être accessibles avec un simple navigateur internet (Firefox, Chrome, Internet Explorer...).


Maintenant que le décor est planté, passons à la pratique.

Je m'appelle Maître Yoda, je suis avocat, et pour me joindre, je voudrais que mes clients écrivent à maitre-yoda@jedi-associes.fr

Je voudrais leur répondre avec cette adresse email.


Etape 1 : acquérir un nom de domaine

Parmi tous les sites proposant ce service, j'ai un faible pour Gandi.net. C'est une longue histoire d'amour entre nous et, malgré tout le temps passé, je suis encore satisfait de leurs services.

Sur la page d'accueil : www.gandi.net  se trouve une fenêtre permettant de savoir si le nom de domaine "jedi-associes.fr" est libre ou si quelqu'un l'a déjà loué. A la date d'écriture de ce billet, le domaine est libre et coûte 12 € HT par an.

Attention de bien choisir son nom de domaine. Il y a des règles à respecter (nom de marques, etc.), et il engagera ensuite votre réputation.

Une fois le nom de domaine sélectionné, vous pouvez passer à la caisse pour finaliser votre commande. Attention, il vous faut alors créer un compte sur le site de Gandi. La procédure est simple, je ne vais pas la détailler ici. Lisez bien les informations affichées et renseignez correctement les champs.

L'ironie de la démarche est qu'il faut indiquer une adresse email valide pour pouvoir créer un compte Gandi. Mais vous disposez bien d'une adresse email valide, non ? L'important est de se souvenir de l'adresse email mentionnée. Je vous recommande de noter tout cela sur un cahier adhoc, que vous pourrez consulter si dans quelques temps vous devez retrouver cette information.

Vous voilà donc l'heureux propriétaire du nom de domaine "jedi-associes.fr"


Etape 2 : créer sa boite aux lettres

Dans l'interface de Gandi "Services/Domaines", sélectionnez votre nom de domaine, puis cliquez sur "Boîtes mail : 0/5 Gérer".
Ensuite, cliquez sur "Service Gandi Mail : Inactif activer"

Vous pouvez maintenant créer jusqu'à 5 boîtes aux lettres distinctes (sans frais supplémentaire). Pour cela, il vous suffit de cliquer sur le bouton "créer" situé sous la liste (vide) des boîtes mail, puis de remplir le formulaire :
- Dans le champ "Compte", mettez "maitre-yoda" (sans les guillemets).
- Dans les champs "Mot de passe" et "Confirmation du mot de passe", mettez un bon mot de passe qui protégera l'accès à vos emails. Évitez de choisir un mot de passe que vous utilisez déjà par ailleurs. Pour plus d'informations sur le choix des mots de passe, je vous recommande la conclusion de mon billet "Cracker les mots de passe" et http://xkcd.com/936/.

Les autres champs sont facultatifs, mais je vous recommande de remplir celui correspondant à "Email secondaire" pour ne pas perdre d'emails en cas de dépassement de quota.

Votre boîte aux lettres sera créée en quelques minutes.


Etape 3 : tester son email et l'accès à sa boîte aux lettres

Pour accéder à votre nouvelle boîte aux lettres, il vous suffit de vous rendre sur https://webmail.gandi.net/ et d'y entrer votre login (dans mon exemple, le login est "maitre-yoda@jedi-associes.fr" sans les guillemets) et votre mot de passe. Vous accédez ainsi à l'interface de gestion de vos emails, dans laquelle vous allez pouvoir lire et écrire des emails sous l'identité maitre-yoda@jedi-associes.fr

Demandez à un ami de vous écrire (à maitre-yoda@jedi-associes.fr) et lisez son email dans votre interface de gestion. Répondez lui et vérifiez avec lui qu'il a bien reçu votre réponse.

Si tout est ok, c'est terminé. Il ne vous reste plus qu'à diffuser cette adresse email autour de vous et à relever vos emails régulièrement.


Pour aller plus loin

Vous voilà propriétaire de votre propre nom de domaine, et vous avez créé une boîte aux lettres et une adresse email personnalisée. Vous lisez et envoyez des emails à partir de votre interface de gestion.

Vous pouvez  créer jusqu'à 1000 "redirections mails" vers votre boîte aux lettres. Une "redirection mail" est, dans la terminologie Gandi, une adresse email. Vous pouvez donc avoir plusieurs adresses emails différentes qui dirigeront tous les emails qui leur seront envoyés vers votre unique boîte aux lettres. Cela permet de disposer d'un grand nombre d'adresses emails personnalisées, sans pour autant devoir aller relever un nombre équivalent de boîtes aux lettres.

Vous pouvez aussi créer 4 autres boîtes aux lettres (pour vos associés et/ou vos secrétaires).

Vous pouvez également ne créer aucune boîte aux lettres et n'utiliser qu'une "redirection mail" vers une boîte aux lettres existante (celle que vous avez l'habitude d'utiliser). Mais il faudra alors configurer votre client de messagerie pour qu'il puisse également écrire avec votre nouvelle adresse email.

Vous pouvez également chiffrer vos emails pour protéger leur contenu et vous assurer qu'ils ne seront lus que par vos correspondants. Si vous ne chiffrez pas vos emails, n'oubliez pas qu'ils peuvent être facilement lus par un intermédiaire indélicat, un peu comme une carte postale sans enveloppe.

Votre nom de domaine peut servir à autre chose qu'à envoyer ou lire des emails : il peut également personnaliser votre site web, accessible par exemple à l'adresse www.jedi-associes.fr

N'oubliez pas non plus de sauvegarder les emails importants, de surveiller votre quota de stockage et de renouveler chaque année le paiement de votre nom de domaine.

Mais tout cela, c'est une autre histoire.

N'hésitez pas à me contacter si vous rencontrez des difficultés.

Source : http://zythom.blogspot.com/feeds/4979405156173204242/comments/default


Sexisme ordinaire

jeudi 30 octobre 2014 à 11:21
L'image qui illustre ce billet de blog m'a fait sourire. Je l'avais déjà utilisée dans ce billet sur Halloween. Les images des "automotivateurs" me font souvent marrer.

Et comme Halloween s'approche, j'ai posté cette image sur mon compte Twitter.

Quelques minutes après, trois des femmes qui me suivent sur Twitter m'ont fait remarquer qu'elles étaient surprises que je puisse publier une telle photo sexiste, car dans leur esprit, j'étais quelqu'un qui valait mieux que cela.

Comme toujours dans pareil cas, je suis resté bête : j'ai regardé la photo, et je me suis dit qu'elle était marrante, et que "bah, si on ne peut plus rigoleeeeer, kwa". Et quelques neurones ont commencer à réagir, pour me dire que si l'on me faisait cette remarque, il y avait peut-être un peu de vérité. Un peu. Un peu beaucoup en fait.

Cette photo est l'illustration parfaite d'un sexisme ordinaire.

Oui, mais...
Il n'y a pas de mais.

J'ai twitté comme un beauf une photo sexiste qui me faisait marrer. Je me suis aussitôt excusé, mais le fait est là : j'ai encore des progrès à faire en matière de sexisme ordinaire.

J'ai d'autant moins d'excuses que je suis persuadé avoir des idées saines sur l'égalité hommes-femmes. J'essaye de me comporter correctement avec les femmes qui m'entourent, je suis poli, attentionné, galant-mais-pas-trop. Mes critères d'appréciation d'une personne passent avant tout par ses compétences, sa joie de vivre, pas par son sexe ni son physique. Je ne fais pas de différences entre mes étudiants et mes étudiantes. Je n'ai pas de problème à être dirigé par une femme "parce que c'est une femme". Bref, je ne vais pas sortir tous les clichés du sexiste ordinaire.

Mais, car il y a un mais, je suis bien obligé d'admettre que je suis capable d'avoir un comportement inapproprié. Comme beaucoup de garçons, j'ai connu les troisièmes mi-temps graveleuses entre mecs, avec une ambiance virile à souhait. Il reste sans doute quelques réflexes machistes enfouis en moi, des restes d'éducation où le garçon était roi.

Heureusement, le cerveau humain garde une certaine plasticité synaptique, et Twitter est aussi là comme moteur d'amélioration personnelle. Je vais donc être plus vigilant, essayer d'être plus attentif à ne pas blesser mes lectrices (et mes lecteurs) par des blagues pas si innocentes que cela. Il y a un chemin entre les idées et la réalité des actes.

Tout cela commence par ce billet d'excuses que je dédie tout particulièrement à @LauVign, @Lunevirtuelle et @annso_

Et à ceux qui me reprocheraient d'en faire trop, je réponds qu'on n'en fait jamais assez en matière de respect des autres.
 
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

Source : http://zythom.blogspot.com/feeds/3127898449142241318/comments/default


Mélanges

mardi 21 octobre 2014 à 17:49
J'ai plusieurs activités que je mène en parallèle : ma vie professionnelle de responsable informatique et technique, une activité d'expert judiciaire, un mandat de conseiller municipal (délégué au développement numérique de la commune), des missions de conseils auprès des avocats, une vie familiale, une identité numérique et une vie personnelle (et sportive)...

Tous ces univers sont relativement étanches et indépendants.

J'ai des collègues de travail dont je suis relativement proches, j'ai de très bonnes relations avec des confrères experts judiciaires, je m'entends très bien avec mes colistiers de la commune (même avec certains de l'opposition, c'est dire ma bonne composition), j'ai une vie familiale riche et grisante, des copains...

Mais je ne suis pas quelqu'un de très bavard (sauf quand on me lance sur mes marottes ;-) et en dehors de ma proche famille, je n'ai pas d'ami, au sens que Montaigne donnait à ce terme (Par "ami", j'entends "quelqu'un qui peut traverser la France en cas de coup dur", pas un lien Facebook)

Finalement, je me sens assez seul, et ce blog me permet de tromper ce sentiment par l'écriture, en parlant de moi (oui, je sais, ce blog perso est TRES égocentré).

Pourtant, je peine à expliquer à la plupart des personnes que je rencontre, l'intérêt des interactions issues du monde virtuel. Probablement parce que le mot "virtuel" n'est pas approprié. Un blog, un compte Twitter, une page Facebook, cela permet de générer des interactions sociales, des échanges d'idées, des piques, des blagues, des nouvelles sur tous les sujets, avec des vrais gens qui vivent dans le vrai monde réel.

Les outils numériques me permettent d'échanger avec un nombre très important de personnes, sans avoir à aller boire un coup au café, sans m'abrutir devant le journal télévisé, sans attendre la prochaine réunion familiale. Cela m'ouvre sur le monde, moi qui suis un peu autiste.

Quand je retrouve les copains avec qui j'ai fait mes études, j'ai du mal à leur faire comprendre l'intérêt des blogs. J'ai beau leur expliquer que ce blog m'a permis de rencontrer des gens formidables, de discuter avec des internautes par réseaux interposés, de participer à des conférences, de progresser dans mon savoir faire et dans mes opinions, je sens une certaine résistance de leur part...

Twitter est un outil plus compliqué à expliquer, car derrière la simplicité du concept se cache des interactions et des codes plus complexes. C'est un outil également très chronophage, que j'utilise avec parcimonie, car j'ai le souhait de lire TOUTE ma ligne de temps, c'est-à-dire TOUS les tweets des personnes que je suis. Je suis aussi le roi du retweete et je tweete souvent des liens d'articles de blogs que j'aime bien. Je suis assez pauvre en création personnelle (du coup vous pouvez me suivre sans crainte d'être flooder, enfin pas souvent ;-)

Ma personnalité se transforme, au gré des passages d'un type d'interactions à un autre. Je suis sérieux dans mon travail, en charge d'une équipe, d'un groupe d'étudiants ou d'un projet. Je sais décider, trancher, avancer, tel un petit Salomon de Prisunic (©Desproges). Alors que dans ma vie publique de conseiller municipal, je suis beaucoup plus hésitant, à l'écoute, près à changer d'avis. Et sous mon identité numérique, je m'épanche volontiers sur mes sentiments, mes doutes, mes souffrances, ce que je ne fais jamais dans mon univers professionnel.

Je souffre d'un trouble dissociatif de l'identité : j'ai plusieurs personnalités qui se mélangent, et chacune se complaît dans un univers particulier. C'est assez étrange. Je peux assister à un événement très privé et me faire la réflexion, tout à fait hors de propos, "tiens, ça ferait un bon sujet de blog". Je peux me rendre compte en réunion d'expertise que le problème évoqué pourrait tout à fait concerner le système informatique de ma société. En faisant la fête avec mes copains, j'ai parfois envie d'en faire profiter mes followers sur Twitter.

Mes copains sont bienveillants envers moi, les internautes qui me lisent aussi, pour la plupart. Mes collègues, les étudiants, les magistrats, les clients me trouvent compétent, enfin certains. Ma famille et ceux qui me côtoient de près, me trouvent un peu étrange, comme un grand gamin. Tous ces mondes se mélangent et s'interpénètrent, comme une surface de Boy.

Je m'enrichis de ces différences et, quand "les autres" m'effraient un peu, le filtre de l'écran me rassure un peu. Je suis un enfant qui ne veut pas mûrir.

Je crois que j'abuse aussi parfois des mélanges.
Mais c'est un abus fort commun et très plaisant.




Source : http://zythom.blogspot.com/feeds/5778236673357888884/comments/default