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Zythom

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Message de service

dimanche 24 février 2019 à 23:01
La série de billets intitulée "25 ans dans une startup" arrive à un stade où il me semble préférable d'accélérer la narration avec une publication quotidienne, plutôt que deux billets par semaine.

Pour ne pas inonder ceux qui me suivent sur Twitter ou sur Mastodon, je ne ferai pas d'annonce à chaque publication. Il vous suffit de venir fureter par ici, ou de vous abonner au flux RSS de publication.

Il reste environ 20 billets avant de clore cette série et donner à ce blog un virage éditorial.

Bonne lecture.
Zythom


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25 ans dans une startup - billet n.47

jeudi 21 février 2019 à 05:00
Introduction - billet n.46

Les nano, mini et macro projets s'enchaînaient, s’additionnaient, s’emmêlaient... Mes deux techniciens admin étaient beaucoup sollicités, l'aide technicien support aussi. Quant à moi, doublon de mon équipe sur tous les sujets, je peinais à maintenir le système à jour, et je voyais bien que la startup prenait du retard sur des sujets où elle se devait d'être en pointe. Toutes les applications majeures du SI auraient du être connectées à l'ERP, pièce centrale où toutes les données sont stockées. Mais faute d'embryon d'équipe de développement, ou d'architecte du SI, ou de quelqu'un faisant "office de", les pièces du puzzle restaient déconnectées, peu efficaces, avec un intranet devenant obsolète. Le projet d'intégrer toutes les pièces était lancé, mais faute de temps et de compétences, le projet était au point mort. Tout le monde regardait dans ma direction, mais j'avais atteint un point limite.

Je me suis remis en cause, j'ai optimisé mon temps, mon énergie. J'ai travaillé mon management, j'ai travaillé tard le soir, les week-ends. J'ai regardé ailleurs pour voir comment les autres faisaient. Mais rien n'y a fait, je sombrais...

En décembre 2016, j'ai écrit sur ce blog le mal être que je ressentais. C'est ce billet intitulé "la honte" que je reproduis ci-dessous. Peut être prend-il une autre saveur maintenant que vous avez le contexte...

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Une impression d'inutilité m'envahit. Je me sens las. Je rentre du travail, les enfants sont dans leurs chambres, ma femme travaille encore dans son cabinet, je m'isole dans mon bureau et je pleure tout seul. Je me surprends à lire les conditions de mon assurance décès pour le remboursement de l'emprunt des études de ma fille.

J'ai de beaux enfants, une femme formidable, un métier passionnant. Je suis en bonne santé, entouré par des gens qui m'aiment et que j'aime. Je vis dans un pays en paix, dans un confort appréciable...

J'ai tout pour être l'homme le plus heureux de la terre et cela amplifie ma honte de ne pas ressentir ce bonheur.

Je dors beaucoup, je me réveille fatigué. Je broie des idées noires.

J'ai envie de tout envoyer paître, j'ai envie d'en finir.

Je tombe sur un article concernant la dépression... et j'en ressens la plupart des symptômes. Je me regarde dans la glace, et je me dis que ce n'est pas possible. Pas moi.

La honte.

Je suis le roc sur lequel mes enfants s'arriment et se hissent pour voir plus loin. Je suis l'un des boosters de la fusée familiale et je n'ai pas le droit de lâcher, surtout sans raison.

Et pourtant, je suis assis, las, à me demander pourquoi je me sens si vide, pourquoi un grand gaillard comme moi est entré dans une boucle négative de dévalorisation de soi si intense. Le syndrome de l'imposteur puissance 10.

Rien ne justifie cette sensation. Rien.

Je lis que la dépression est une maladie, qu'elle se soigne, qu'il faut consulter.

Mais j'ai honte !

Les semaines passent, la souffrance est toujours là, inutile, incompréhensible. Impossible de la cacher auprès de mon épouse qui fait pour le mieux, j'arrive à épargner mes enfants. Au travail, je manque de convictions, d'énergie. J'envisage la démission, le départ, l'abandon.

Tristes sensations.

Je refuse toute aide. Mon médecin est un ami de la famille, j'ai trop honte de lui dévoiler cette faiblesse inavouable. J'ai encore un peu de fierté pour essayer de m'en sortir seul. Tous ces atouts de mon côté et se sentir nul de chez nul, je ne me comprends pas.

J'écris. Je me souviens du bien que cela me faisait quand j'étais anonyme parmi les anonymes et que j'affrontais les démons de l'univers de la pédopornographie pendant mes expertises judiciaires. J'écris, mais je ne publie pas. Trop de monde me connaît sous ma vraie identité sur ce blog. Mes enfants me lisent, des magistrats, des avocats, des journalistes me lisent.

De quoi peut-il bien se plaindre, il a tout pour être heureux. La honte !

Alors, j'écris pour moi. Sur du papier, avec un stylo. J'écris des horreurs. J'écris mes idées noires. J'écris mon envie de donner un petit coup discret de guidon en vélo dans ce carrefour si fréquenté par des voitures qui roulent vite. J'écris cette descente en enfer incompréhensible. J'ai l'impression d'être dans cette course de voiture absurde de la nouvelle de Dino Buzzati intitulée "Les dépassements"...

Je noircis des feuilles.

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Billet n.48

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Ce récit est basé sur des faits réels, les noms et certains lieux ont été changés.




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25 ans dans une startup - billet n.46

mardi 19 février 2019 à 05:00
Introduction - billet n.45

Cette fois-ci, ma coupe est pleine. Mon sac à dos explose. Il me faut absolument pouvoir m'appuyer sur des ressources humaines supplémentaires. Je demande de l'aide à mon chef, le directeur général. Je lui explique qu'un tel projet de développement (le site d'inscription en ligne) est le point d'entrée dans l'environnement numérique de la startup, et que l'expérience utilisateur est fondamentale, mais que mon équipe et moi-même sommes dans le rouge, indicateurs à l'appui.

Il m'impose quand même de prendre la tête du projet. Je refuse en expliquant qu'il est tout à fait possible que le chef de projet soit extérieur au service informatique, que le processus d'inscription est un sous-processus du processus d'admission, avec toutes les ressources du service communication et du service des études. La tension monte. Il m'accuse de le mettre au pied du mur.

Ma chance fut d'obtenir l'appui d'un membre du service communication, motivé pour évoluer vers la mission de chef de projet "site d'inscription". Je présente sa candidature au directeur général, qui l'accepte du bout des lèvres.

Le projet pouvait démarrer, avec toute la DSI en soutien, et l'implication de toutes les personnes du processus admission.

Mais durant tout le projet, le directeur général a considéré que j'aurais du être l'homme orchestre de ce projet, et m'a considéré comme tel, mettant en porte-à-faux le vrai chef de projet.

Le projet allait durer deux ans. Jusqu'en 2017.

2017, mon annus horribilis.

Billet n.47

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Ce récit est basé sur des faits réels, les noms et certains lieux ont été changés.

Ne jamais mettre un chef de projet en porte-à-faux...



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25 ans dans une startup - billet n.45

jeudi 14 février 2019 à 05:00
Introduction - billet n.44

Le développement de l'ERP prenait du retard sur le développement des besoins. Aussi, la décision de déployer l'ERP sur le deuxième campus était sans cesse retardée, surtout pour des problèmes d'harmonisation des processus et de formation. Mettre en phase deux campus distants, et faire converger les pratiques s'avèrent des sujets demandant beaucoup d'énergie.

Et l'énergie, je commençais à en manquer.
Surtout avec l'arrivée d'un nouveau projet dans mon sac à dos : la refonte du site d'inscription...

La startup ne vit pas toute seule dans son monde : elle a des interactions avec des processus extérieurs, et en particulier le processus d'admission. Vous avez tous entendu parlé de "ParcoursSup". Enfin, surtout de "ParcoursSup" vu depuis les candidats. Moi, j'ai beaucoup travaillé sur les différents portails, vu du côté des établissements d'enseignement supérieur. Le portail GEPB (Grandes écoles post-bac), puis le portail APB (Admission post-bac) et enfin "ParcoursSup".

La startup étant une école d'ingénieurs privée post-bac en cinq ans, elle recrute auprès des CPGE et des IUT, mais surtout directement auprès des lycéens de terminales.

Et pour s'inscrire dans la startup, devenue maintenant une école multi-campus reconnue et bien installée dans le paysage de l'enseignement supérieur, il faut un site web d'inscription pleinement fonctionnel.

Dès le début des années 2000, j'avais fait développer un site d'inscription complémentaire au site institutionnel. En 2008, le site avait été refondu complètement pour coller aux nouvelles technologies de l'époque. En 2015, ce site était en fin de vie et ne correspondait plus aux besoins d'une école moderne. Il fallait monter un projet d'évolution, que je repoussais sine die.

Sauf que le site d'inscription est le point d'entrée pour un candidat dans l'univers numérique de l'école. L'occasion était donc parfaite pour mener une réflexion sur cet environnement numérique et l'adapter au mieux aux besoins de la pédagogie et des étudiants.

Vous me voyez venir avec mes gros sabots : un projet de refonte complète du système d'information autour de l'ERP de la startup et des outils pédagogiques existants, avec de la SSO, de la sécurité, de l'intégration d'outils cloud...

Le tout à effectif constant.

Billet n.46

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Ce récit est basé sur des faits réels, les noms et certains lieux ont été changés.




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25 ans dans une startup - billet n.44

mardi 12 février 2019 à 05:00
Introduction - billet n.43

Comme il est très difficile de gérer à distance les problèmes techniques d'un bâtiment (ascenseur, système incendie, électricité, etc.), il s'est vite avéré indispensable de procéder au recrutement d'un technicien sur place. Cette personne devait à elle seule être à la fois un service technique et un service informatique... Mission difficile.

Il me fallait manager cette personne à distance, tout en la formant aux techniques de gestion et d'administration des postes clients. Tant que le VPN site à site fonctionnait, il nous était possible d'intervenir sur les serveurs et les postes de travail.

40 machines et 5 serveurs supplémentaires tombaient dans notre périmètre. Nous étions toujours le même effectif en France, en soutien des utilisateurs du campus marocain. Tout le monde y mettait du sien : le campus de Casablanca vivait ses années "startup". Le challenge était magnifique.

Sans réelle équipe de développement, je faisais office d'architecte du système d'information, avec comme question : "Comment déployer un système d'information sur deux campus ?".

La solution que j'ai mise en place avec mon équipe est basée autour d'un serveur de virtualisation et son système de stockage. Puis d'un deuxième serveur de virtualisation pour le PRA/PCA avec un système de stockage pour les sauvegardes et les répliques.

Un serveur Debian avec OpenVPN nous sert de lien sécurisé site à site, malgré la surveillance étatique. L'Active Directory est répliqué sur les deux campus avec 3 contrôleurs de domaine. Les applications métiers sont dupliquées quand c'est possible (merci les licences à jetons). Faute de moyens financiers, les pare-feu sont des machines Debian avec des règles iptables générées par FWbuilder.

La solution d'impression retenue est PCounter, solution qui évoluera ensuite vers PaperCut, plus adaptée au monde de l'éducation.

Un serveur XenApps (Citrix) est déployé pour permettre aux étudiants des deux campus d'accéder aux applications depuis leur logement ou leur entreprise de stage. Le logiciel de planification est rendu accessible via ce serveur d'accès distant, ainsi que l'ERP.

C'est là que les problèmes ont commencé...

Billet n.45

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Ce récit est basé sur des faits réels, les noms et certains lieux ont été changés.

Extrait de http://salemoment.tumblr.com/
avec l'aimable autorisation de l'auteur Olivier Ka



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