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France : le hold-up démocratique silencieux

vendredi 20 septembre 2019 à 09:00

Dans un précédent billet, nous avions vu que le rejet grandit de façon un peu inquiétante en France. Dans celui-ci, Nasier Ockham nous propose de nous pencher sur les votes invalides.

L’AFC de 2015 sur les élections régionales et celle menée sur les européennes de 2019 confirment qu’une partie croissante des Français, maintenant majoritaire, ne se retrouve plus dans aucun des partis traditionnels et qu’elle préfère de plus en plus l’abstention, le vote nul ou blanc. De surcroît, l’expression du vote FN puis RN (ou PLP pour les européennes) est très proche au sens statistique des expressions alternatives (blanc, nul, abstention).

Le problème est qu’avec l’accroissement de ce genre de votes et de cette abstention (qu’on peut résumer par « rejet »), la légitimité réelle du pouvoir s’érode franchement : difficile de prétendre représenter la France ou le peuple français si une part majoritaire n’a pas voté pour ceux qui entendent l’incarner.

Dans un pays démocratique, on admet assez facilement ce phénomène en introduisant la notion d’alternance du pouvoir : une partie du peuple n’a pas l’occasion de voir ses représentants exercer le pouvoir mais, d’une part, cette partie du peuple trouve tout de même à s’exprimer puisque ses représentants sont malgré tout présents dans les assemblées et une partie des institutions, et d’autre part, on admet la légitimité de ceux qui sont en place parce qu’il existe une possibilité claire, définie, palpable, que l’alternance joue à un moment ou un autre (à la prochaine élection, typiquement).

Autrement dit, le jeu démocratique fonctionne tant que les différentes parties du peuple ont bien une représentation dans les différents étages de pouvoir (législatif, exécutif, judiciaire) et que la probabilité d’exercer un jour le pouvoir est strictement non nulle.

Lorsque d’un côté cette représentation n’existe plus (une partie du peuple n’est plus représentée par personne, nulle part) et que de l’autre, la probabilité pour cette partie du peuple d’exercer le pouvoir devient nulle, le jeu démocratique est cassé : cette partie du peuple se désolidarise progressivement du reste. Tant que ceci se déroule avec une part négligeable ou minoritaire de l’ensemble d’une nation, cela passe à peu près inaperçu et peut durer longtemps.

En revanche, s’il s’agit d’une majorité qui se retrouve sans représentation, sans espoir d’en avoir une, et encore moins d’exercer le pouvoir, la situation devient véritablement instable.

Qu’en est-il en France ?

Les élections parlementaires françaises, à la participation stable de 1945 jusqu’en 1973, désignent depuis 1978 un parlement de moins en moins représentatif des Français et depuis les dernières élections, sous Macron, pour la première fois de l’histoire de France depuis très longtemps (au moins un siècle si l’on remonte aux élections parlementaires de 1919), ceux qui votent les lois de la France ne représentent plus la majorité des Français (le parlement à majorité LREM de 2017 n’a ainsi été élu qu’avec 42.64% des voix).

Pour le vote aux européennes, on constate la même érosion : depuis 1989, l’abstention a toujours été majoritaire à l’exception de 1994, suite à l’effondrement soviétique. Depuis, seule la dernière élection de 2019 (avec une abstention à 49.9%) peut prétendre envoyer des députés européens représentant une (courte) majorité du peuple. Progressivement, le vote aux européennes s’est mué en vote de protestation.

taux de participation élections france

Dans ce cadre d’analyse, la victoire du PLP (mené par Marine Le Pen) correspond à la première coïncidence entre le comportement protestataire du peuple (le rejet) et son expression électorale. Du strict point de vue de la dynamique statistique, les députés européens que la France envoie représentent plus fidèlement le peuple français que sur le quart de siècle précédent. Comme d’autres analystes l’ont noté, ce n’est certainement pas une victoire de Macron.

L’analyse menée pour les élections européennes peut être reproduite pour l’élection présidentielle : depuis 1965, les élections présidentielles représentent en effet toujours plus de 80% de l’opinion exprimée des Français, sauf évènement extraordinaire (en 1969, après la démission de de Gaulle).

Or, l’élection de Macron est la première depuis lors à passer sous la barre des 80%, semblant poursuivre à la baisse l’effet Hollande de désaffection des Français. Si ceci ne permet pas de conclure quoi que ce soit statistiquement, il en va autrement de la tendance des bulletins « invalides » (blancs et nuls) : cette dernière élection présidentielle a compté 11,5% de votes invalides. Si l’on se pique de comparer la France au reste du monde pour voir combien de nuls et de blancs sont déposés dans les ballots, on découvre une France avec un taux compris entre celui du Yemen (10.9%), de l’Angola, des Philippines ou du Guatemala (plus de 13%) :

votes invalides élections présidentielles monde

Que se passe-t-il ?

Si on se concentre sur ce vote présidentiel depuis 1965, la moyenne de votes invalides est de 4,12%. L’écart-type (sur neuf élections) est de 2,58. Statistiquement, la probabilité que les votes invalides dépassent les 11% à la dixième élection (celle de 2017) était de… 2,3 sur 1000 (0,23%). On pourrait supposer que les élections présidentielles ont davantage d’invalides, en proportion, que les autres élections, mais ce n’est pas le cas : si on regarde les élections présidentielles, parlementaires et européennes depuis 1945, la moyenne de votes invalides est de 3,56% avec un écart-type de 1,68. Autrement dit, il n’y a normalement pas de différence statistiquement significative entre les votes invalides pour les présidentielles et les autres élections…

Sauf en 2017.

On peut imaginer plusieurs raisons à l’écart statistique observé. Le pur hasard est assez improbable (au sens statistique, cette probabilité étant de l’ordre de 1 sur 1 million). Il reste la manœuvre délibérée, qui reviendrait à admettre une espèce de complot national aboutissant à un surcroît de bulletins biffés, ou, plus simplement, que ces bulletins nuls et blancs surnuméraires indiquent bel et bien un rejet, bien plus exprimé que d’habitude, des propositions politiques du moment.

Il n’en reste pas moins qu’une telle déviation statistique n’a pas été observée en France depuis 1945 au moins, et que le taux d’invalides de la dernière élection présidentielle correspond plus à un taux d’État en crise (Yemen, Angola, Philippines, Guatemala n’étant pas réputés pour leur actuelle stabilité et solidité démocratique) qu’au taux d’une démocratie saine et apaisée.

Par ailleurs, si l’on couple cette observation avec les constats établis lors du précédent billet statistique à ce sujet, on peut raisonnablement admettre que le président actuel dispose de la base électorale la moins solide de la Cinquième République. À force de diaboliser une frange croissante des opinions (la diabolisation de l’extrême-droite étant depuis longtemps largement dépassée, le politiquement correct s’étendant maintenant très au-delà de ce qu’il fut il y a encore 10 ou 20 ans), ces dernières ne trouvent plus à s’exprimer. Petit-à-petit, la démocratie ne sert plus qu’à exprimer un rang étroit d’opinions. Les autres sont tues par auto-censure, sont euphémisées jusqu’à perdre leur substance voire carrément interdites.

Se pose ici la notion de légitimité réelle : le rejet étant si fort, la représentation nationale si minoritaire, les orientations politiques et les lois qui y correspondent apparaîtront les moins légitimes. En fait, nous sommes passés sans bien le noter dans un régime qui n’est plus représentatif de la majorité, sans que ni les médias, ni les politiciens ne s’en émeuvent. Utilisant habilement les abstentionnistes et le(s) parti(s) repoussoir(s) pour éliminer toute concurrence, les représentants d’une frange de plus en plus étroite du peuple se maintiennent au pouvoir, sans plus aucune opposition réelle.

Véritablement, il y a eu hold-up silencieux.

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Source : http://h16free.com/2019/09/20/64380-france-le-hold-up-democratique-silencieux


Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

jeudi 19 septembre 2019 à 09:00

L’invention de Bitcoin, à la fin des années 2000, et son lancement officiel le 3 janvier 2009, auront sans doute marqué le début d’une nouvelle ère pour la notion même de monnaie. Depuis, la première cryptomonnaie a été rejointe par une myriade d’autres : on compte à présent plus de 1500 cryptomonnaies de pertinence et de crédibilité variées…

J’ai déjà eu l’occasion d’en évoquer quelques unes : Ethereum, Monero, ZCash, Bitcoin Cash, Tezos ou Dash. Ces cryptomonnaies représentent toutes une alternative intéressante à Bitcoin, soit parce qu’elles offrent une différenciation technique notable, soit parce qu’elles cherchent à résoudre un ou plusieurs problèmes d’une façon différente de Bitcoin, soit parce qu’elles ont une construction économique ou sociale distincte qui peut leur apporter un avantage comparativement à Bitcoin.

Dans ce cadre, ce billet sera l’occasion d’introduire un dossier sur Dash, une cryptomonnaie que je suis avec attention depuis son lancement. Intéressé par l’évolution de cette cryptomonnaie, je pense utile de faire un petit passage en revue de ses forces et de ses faiblesses, ses atouts et ses défauts sur le marché maintenant mondial des cryptomonnaies.

Dans ce dossier, après une brève introduction et un petit rappel sur les caractéristiques principales des cryptomonnaies, je reviens sur l’histoire de Dash, les spécificités de cette crypto, pour ensuite détailler ses forces et faiblesses et tenter de brosser son futur.

Bonne lecture !

Dossier Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

Source : http://h16free.com/2019/09/19/64190-dash-une-crypto-de-plus-ou-plus-quune-crypto


Nos cafés campagnards disparaissent ? Vite, aidons-les !

mercredi 18 septembre 2019 à 09:00

Triste constat : les campagnes françaises se vident. En plus d’une population diminuant d’année en année, les petits villages perdent progressivement leur attractivité à mesure que leurs commerces ferment, à commencer par le plus central et le plus important d’entre eux : le café, celui sur la place de la mairie, pas loin de l’église… Mais grâce à l’initiative d’une association, la donne va peut-être enfin changer.

C’est par quelques articles de presse qu’on découvre l’idée du groupe associatif d’économie sociale et solidaire « SOS » dont le projet, lancé jeudi dernier, vise à l’ouverture (ou empêcher la fermeture) de mille cafés dans les communes rurales de moins de 3 500 habitants.

En substance, le groupe associatif qui a tout de même reçu le soutien du gouvernement via l’Agenda Rural (fortiche, non ?) va tenter de revitaliser les campagnes avec cette initiative et grâce aux quelques fonds qu’ils ont réussi à rassembler. Entre 150 et 200 millions d’euros.

Ah oui, tout de même, avec 200 millions d’euros, on peut en faire des choses, et notamment tenter de revitaliser les campagnes françaises…

Mais au fait, quelles sont donc les raisons qui font ainsi disparaître ces lieux de vie campagnards ? Si la presse n’est guère diserte sur la question qui a pourtant son importance – on ne combat jamais mieux un mal qu’en connaissant ses causes profondes – on peut néanmoins dresser un portrait globalement complet des raisons qui aboutissent à ces fermetures en fouillant un peu les articles consacrés au sujet.

Comme l’explique un article du Télégramme avec une phrase lapidaire (« Baisse de la clientèle, coût des produits, contraintes administratives, à commencer par celles des normes »), les raisons sont simples à comprendre : c’est ainsi qu’au-delà de l’évidente baisse d’activité consécutive à la diminution de la clientèle, cette dernière au mieux partant s’installer en ville, au pire s’éteignant avec les générations les plus âgées, on comprend que (ô surprise) les autres raisons des fermetures des cafés et des bars des campagnes tiennent essentiellement à l’accroissement des normes, des règlements et des contraintes de l’ensemble des services de l’État : eh oui, à force de bureaucratie, d’un déluge ininterrompu de contraintes administratives idiotes, de contrôles sanitaires et fiscaux, d’inspections du travail répétées, agressives, débiles et intransigeantes, et bien sûr de la créativité comptable des différentes caisses d’assurance étatiques, les patrons de bars et de cafés finissent par jeter l’éponge, rendre leur tablier et fermer boutique.

De ce point de vue, l’association aux poches bien remplie qui souhaite aider ces bars et ces cafés a bien compris le problème puisqu’elle se propose d’aider par exemple dans « la levée des freins réglementaires pour l’attribution des licences IV permettant de servir de l’alcool. »

Tout ceci est objectivement charmant puisqu’une solution se dégage peut-être…

Cependant, on ne pourra s’empêcher de noter que cette généreuse association, en intervenant ainsi, essayera donc concrètement de contrebalancer le travail de sape entrepris par l’État en premier lieu. Ainsi, si ce dernier ne s’échinait pas avec application à punir les artisans concernés, les poursuivre de ses assiduités à base de cerfas toujours plus nombreux, à considérer (fisc et inspection du travail en premier) qu’ils sont, par défaut, fraudeurs et délinquants, à créer un nuage de complexité administrative aussi grotesque qu’opaque, bref, si l’État ne sabotait pas le travail des cafetiers et des propriétaires de bars, l’intervention de l’association serait inutile.

Enfin bon, réjouissons-nous puisque le problème, enfin remarqué, déclenche à présent ce projet qui sera le bienvenu dans nos campagnes (de moins en moins) riantes, et ce d’autant plus que, de nos jours, trouver 200 millions d’euros n’est pas une mince affaire.

À ce propos, on est tout de même en droit de s’interroger sur la provenance des fonds en question. Bien évidemment, écartons tout de suite le trafic de drogue, d’armes ou le vol pur et simple puisque le projet est, rassurez-vous, financé par le « Groupe SOS » dont … vous n’avez probablement jamais entendu parler (ou très peu).

Et c’est dommage : c’est un groupe fort discret mais qui s’est fait fort d’agir dans le social et l’économie solidaire, et qui n’a jusqu’à présent pas réellement occupé la une des journaux. C’est étonnant compte tenu de la croissance de ce groupe d’associations non lucratives : eh oui, en France, on peut être une association ou un groupe d’association, être non lucratif, mais employer 18.000 personnes (non, pas bénévoles, hein) et réaliser un chiffre d’affaires de 950 millions d’euros.

Quasiment un milliard d’euros pour un groupe d’associations, dans le domaine du social, dont on n’entend quasiment jamais parler au niveau national (par comparaison, les Restos du Cœur, très visibles, fonctionnent avec moins de 200 millions d’euros) – sauf peut-être lorsqu’il remporte l’appel d’offre du ministère de la Justice pour le programme de déradicalisation qui avait fait parler de lui jadis – voilà qui est un fort joli chiffre qui ne saurait être résumé ainsi : la fiche Wikipedia du groupe est fort courte mais donne une petite idée de l’ampleur de ce groupe fort pudique financé essentiellement par les fonds publics (donc le contribuable, ici) dont le patrimoine immobilier se monte tout de même à 500 millions d’euros, et qui se positionne tout de même comme le leader européen de l’action sociale et en tout cas, première entreprise française dans le secteur (ce qui lui vaudra une étude détaillée de la Harvard Business School).

En tout cas, son patron a fait fort puisqu’il est parvenu à accroître la taille de ce groupe de 2200 salariés (et 155 millions de chiffre d’affaires) en 2009 au mastodonte actuel, dix ans plus tard : belle croissance grâce à ce patron, Jean-Marc Borello, qui a peut-être bénéficié d’un peu de chance, ce dernier ayant été – ô surprise – le professeur d’un certain Emmanuel Macron quand il était à Science Po.

Chance qui ne s’est pas arrêtée là puisque le sémillant patron du groupe SOS a aussi eu la bonne fortune, après avoir co-fondé En Marche, de découvrir une certaine Murielle Pénicaud fortuitement devenue Ministre du travail depuis.

On le comprend, tout se goupille fort bien pour qu’enfin, des mesures soient prises (par une association subventionnée par l’argent du contribuable) afin de contrer les méfaits de l’État (financé par l’argent du contribuable). L’argent dépensé par les uns n’ira pas ailleurs que dans la poche des autres, par de multiples et jolies tubulures chromées de ce qui pourrait ressembler à du capitalisme de connivence si tout ça n’était même pas du capitalisme du tout.

Décidément, au vu de ces éléments, il n’y a plus trop de mouron à se faire pour nos campagnes : leurs bars et leurs cafés sont sauvés.

Source : http://h16free.com/2019/09/18/64392-nos-cafes-campagnards-disparaissent-vite-aidons-les


Une rentrée plus judiciaire que sociale

lundi 16 septembre 2019 à 09:00

Alors oui, certes, c’est bel et bien la rentrée sociale qui nous l’est rappelée notamment grâce aux indéboulonnables grévistes des syndicats de transport ferroviaire français dont le crédo semble autant que possible de ne transporter aucun français. Certes. Mais avec la semaine qui vient de s’écouler, c’est surtout de rentrée judiciaire qu’on doit parler, tant on constate une avalanche d’affaires qui viennent débouler moelleusement en ce mois de septembre, ensevelissant les chroniqueurs sous une épaisse couche de poudre de perlimpinpin républicain…

Car, en quelques jours, les rebondissements judiciaires impliquant tout le spectre politique se sont enfilés comme autant de saucisses industrielles.

Ainsi, François Bayrou et Marielle de Sarnez (le président du MODEM et l’ancienne députée européenne du même parti) ont été auditionnés par la police judiciaire pour une affaire d’emplois fictifs, le lendemain de l’audition de Sylvie Goulard, elle-même ex-eurodéputée du MODEM et maintenant commissaire européenne, entendue pour la même affaire.

Ainsi, c’est l’increvable Jean-Luc Mélenchon (de la France Insoumise) qui sera convoqué avec ses acolytes pour son procès en correctionnelle, ce qui nous a valu une allocution de sa part. Pour rappel, une perquisition particulièrement houleuse avait eu lieu il y a un an au siège du parti néo-communiste dans le cadre d’une enquête sur (tenez-vous bien) des emplois fictifs et des comptes de campagnes douteux. Les réactions mélenchonesques outrées avaient déclenché (outre l’hilarité d’Internet) une procédure judiciaire dont le dénouement approche donc, ce qui a poussé le président de la France Insoumise à annoncer la publication d’un livre dans lequel, imperturbable, il enfonce le clou : « Face à un juge ou à un policier, la République c’est bien moi »

Le lider marxismo a très clairement laissé son égo enfler au-delà de toutes proportions raisonnables et si la stratégie du hurlement outré contre un procès qualifié de politique pouvait éventuellement marcher, elle s’en trouve nettement amoindrie par la publication concomitante de ce livre qui transforme l’ensemble en véritable cascade médiatique avec buzz et ventes lucratives à la clé plutôt qu’en brûlot politique d’un opposant lâchement embastillé par le pouvoir dictatorial en place, ♩ hasta la victoria siempre ♪ no pasaran ♫ et tout le tralala ♬ …

La semaine ne s’arrête pas là puisque grâce à Anticor (ou à cause d’elle, selon le point de vue), Richard Ferrand, membre LREM et actuel président de l’Assemblée Nationale, se retrouve mis en examen par la justice lilloise suite à l’enquête ouverte sur des soupçons de prise illégale d’intérêts dans ses anciennes fonctions de directeur d’une mutuelle bretonne de 1998 à 2012, par le truchement de laquelle il aurait permis l’enrichissement personnel de sa compagne.

Si mettre en examen le quatrième personnage de l’Etat peut faire désordre, on se rassurera en lisant ses déclarations qui rappellent avec bon sens qu’il n’est pour le moment, faute de procès, coupable de rien. Soit. On aurait cependant aimé la même pondération et la même considération lorsque d’autres affaires secouaient le paysage politique français et pour lesquelles notre aimable politicien ne s’était guère retenu de tweeter…

La rentrée judiciaire ne s’arrête pas là puisque pendant ce temps, l’inénarrable Balkany (maire LR de Levallois-Peret) a finalement été envoyé en prison, trophée logique de fraudes fiscales plus ou moins habiles et dont le montant total donne une assez bonne idée de la générosité de la République lorsqu’on est aux bons postes.

Ce tableau serait bien évidemment incomplet si l’on ne parlait pas un peu du Rassemblement National. Rassurez-vous, la rentrée judiciaire n’a pas épargné ses têtes d’affiche non plus puisque Jean-Marie Le Pen a été mis en examen dans une affaire concernant … (devinez ?) des emplois fictifs – un grand classique républicain de nos jours – au côté de sa fille Marine et d’une vingtaine d’autres membres du parti.

On le voit, pour un mois de septembre à peine écoulé de moitié, la justice française n’a pas chômé. De façon plus intéressante et au-delà de l’enchaînement comique de toutes ces affaires, on ne peut s’empêcher de noter qu’ici, tous les partis sont concernés par une mise en examen, des corruptions, des abus, des faits plus ou moins graves : LFI, RN, LREM, LR, tout le spectre des principaux partis du pays est ainsi représenté du mauvais côté des barreaux et l’absence du PS ou des Verts dans cette liste n’est qu’une simple partie remise.

Pire encore : il ne s’agit dans aucun de ces cas de sous-fifres ou de troisièmes couteaux, de cousins éloignés qu’on qualifie pudiquement de « différents », de petits magouilleurs maladroits. Non. Dans chacun de ces cas, on trouve des personnages qui marquent la vie politique française : pour le Modem, LFI et le RN, on parle des chefs, des présidents du parti. Pour LR, c’est l’ancien co-fondateur du RPR. Pour LREM enfin, c’est rien moins que le président de l’Assemblée Nationale.

Comment ne pas voir que cette brochette d’affaires ne va faire qu’amplifier la défiance et le rejet des Français pour cette classe politique corrompue jusqu’à la moelle ? Comment ne pas rapprocher ces dérives honteuses des derniers résultats de l’enquête du CEVIPOF sur la crise de la confiance politique en France ? Comment ne pas voir que le comportement lamentable de ces élus et de ces responsables politiques nourrit le rejet de plus en plus massif des Français pour l’actuel système, que je décris en détail dans un précédent billet ?

Comment, de la même façon, ne pas voir qu’avec un tel amoncellement de corruption, le Français qui tient malgré tout à voter se retrouve devant un choix de plus en plus cornélien entre la peste et le choléra, et qu’il doit lui-même souffrir d’une part d’incohérence à adouber de son vote des gens qu’il sait pourtant mauvais pour son futur ?

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Source : http://h16free.com/2019/09/16/64404-une-rentree-plus-judiciaire-que-sociale


[Redite] Et maintenant, des jeux vidéos à la française

dimanche 15 septembre 2019 à 11:00

Article initialement paru le 15 janvier 2014

Ce n’est pas parce que c’est dimanche qu’il faut se laisser abattre. Ce n’est pas parce que le gouvernement fait assaut d’imbécillités qu’il faut virer pessimiste. C’est pourquoi je vous propose une fournée de jeux vidéos qui, s’ils ne sont pas tout frais, restent tout à fait adaptés à l’esprit du pays et trouveront une place de choix dans vos idées cadeaux pour le prochain Noël…

Tu es un gamer mais tu veux aussi t’impliquer dans la vie de la République ? Tu veux « jouer intelligent », ne plus te laisser manipuler par les grandes firmes capitalistes qui tentent de te laver le cerveau avec leurs idées de profit, de liberté et de plaisir facile ? Tu veux du fun mais tu veux qu’il soit éco-conscient ? Ca tombe bien : Demaerd Industries, division Jeux Vidéos, propose dès à présent toute une gamme de jeux vidéos qui ont tous été approuvés par les plus hautes autorités morales de la République Française du Bisounoursland. Et en voilà quelques uns décrits spécialement pour vous.

(Cliquez sur les jaquettes pour les avoir en taille maximale)

citoyen's creed bbr flagCitoyen’s Creed IV

– Description :
Citoyen’s Creed BLeu Blanc Rouge Flag est un jeu d’action / aventure sur différentes plate-formes dans lequel le joueur incarne Kevin Peillon, un citoyen de France sans foi ni roi, qui a décidé d’apporter la laïcité et la République dans les Caraïbes du XVIIIème siècle, dut-il le faire avec son sabre et ses pirouettes rhétoriques musclées. Sur son navire, le Pedalaw, il peut explorer librement une aire allant de la Gascogne à la Région Parisienne en passant par le Golfe du Lion et s’attaquer aux méchants discriminants et aux pirates du vivrensemble. La visite de villes comme Marseille ou Toulouse est également au programme, tout comme un mode multijoueur coopératif ou collectiviste ou les deux.

– Type : Action/aventure socialistes constructivistes
– Classification : Déconseillé aux moins de 72 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Ce jeu captivant vous permettra enfin d’exprimer le petit justicier laïc qui sommeille en vous : finies les longues prises de têtes politico-sociologiques pour justifier la dictature du prolétariat ! En quelques coups de sabres, vous convainquez aisément vos assaillants de vos arguments bien pesés. Le gameplay est très riche et vous permet d’enchaîner les phases d’ateliers citoyens de conscientisation avec les phases d’action pure sur le terrain avec la préparation des élections, la propagande larvée ou la publicité directe avec le collage d’affiches et la bagarre devant le magasin pour skins. Bref : un bon moment à passer.

la medaille pour tousLa Médaille Pour Tous

– Description :
La Médaille Pour Tous est un First Person Shooter sur les principales plateformes (PS3, XBox, PC) qui amènera le joueur à exercer ses talents de bateleur, de jongleur, d’artiste de rue et d’acrobate rebelle en pleine recherche de sens à sa vie. Au long du jeu, différents challenges sont proposés (comme se laver, nourrir ou faire vacciner Scruffy, le chien qui vous sera attribué en début de partie, récolter des dons auprès d’automobilistes en faisant du diabolo aux feux rouges, etc…). Le décor peut prendre place dans différentes villes comme Nanterre, Rennes ou Toulouse.

– Type : First Person Jonglage
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
C’est une véritable immersion dans la vie d’un étudiant en première année Histoire de l’Art ou en Sociologie, avec tout ce que cela peut comporter à la fois d’opportunités excitantes notamment en terme de soirées arrosées que d’événements frustrants comme le refus d’une bourse ou d’une chambre à la cité universitaire. Loin des poncifs du genre où la coopération n’est que rarement de mise, ce jeu vous demandera de composer chaque minute avec les assistantes sociales récalcitrantes, les demandes de bourses et d’aide au logement délicates, les parcours universitaires alternatifs. Une excellente préparation à la vie réelle lorsqu’on a décidément choisi « Sociologie Des Cirques » comme formation diplômante !

class effect 3

Class Effect 3

– Description :
Class Effect 3 est un jeu d’inaction-aventure à la troisième personne dont la toile de fond, un pays en lente décomposition, donne l’occasion à des scénaristes de se déchaîner. Le joueur incarne François-Jacques, un politicien, brillant énarque mais peu en phase avec les réalités de terrain, parvenu au pouvoir par une série de coups du sort inattendus et de médiocrité générale ; le but du jeu est de parvenir à rester au pouvoir malgré l’accumulation de ressorts scénaristiques inédits. Pour le joueur, il s’agira donc lors de ses nombreux déplacements dans le pays, de conserver l’esprit vif pour lui éviter les déboires d’un peuple de moins en moins coopératif ainsi que les attaques d’un groupe terroriste, les Knehls-Rouges, qui ne reculeront devant aucun geste pour faire vaciller la République.

– Type :TPS politique
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Rarement on aura vu dans un jeu un tel feu d’artifice de conspirations, de coups de théâtre, acharnements politiques, diversions ridicules pour occuper le joueur. Si le travail d’écriture qui aboutit à ce scénario foisonnant ne fait aucun doute, on peut cependant se demander si les auteurs ne sont pas allés trop loin, trop vite, trop fort : pour la quantité en effet, on est servi, mais la qualité laisse un goût persistant de grand n’importe quoi dont on soupçonne qu’une majeure partie est parfaitement voulue et assumée. Un bon point cependant : grâce à la coopération du réalisateur, le studio BioFware, avec le groupement Europécologiléverts, le jeu a été entièrement réalisé à partir d’octets recyclés ce qui garantit pour le joueur une empreinte carbone minimale.

GrandeFeteSocio Grande Fête Socio V

– Description :
Grande Fête Socio V est un jeu d’action se déroulant dans une banlieue parisienne virtuelle, baptisé Egality City. Le joueur y incarne Bruno Mulliard, un fils d’enseignants du secondaire, hyper impliqué dans la politique estudiantine et en lutte contre la privatisation rampante des services publics à la française pour lesquels il se bat chaque jour, le point levé comme le fit jadis son idole, le Che, qu’il porte en t-shirt tout au long du jeu. Dans ce dernier, il doit réussir des dizaines de missions dans un environnement très vaste.

– Type : Action
– Classification : Recommandé à partir de 32 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Pas de doute : réveiller les consciences est un travail de longue haleine et le jeu, qui vous demandera justement de conscientiser vos semblables aux problèmes des cités vétustes, des subventions trop difficiles à obtenir, de corruption ou d’arrangements politiques louches. De ce point de vue, la durée de vie est particulièrement longue et prenante. Entre les syndicalistes, les politiciens véreux, les associations lucratives sans but et les sans-papiers malmenés, vous aurez fort à faire pour obtenir des récompenses !

no need for speed
No Need For Speed
– Description :
No Need for Speed : France est un jeu de courses multijoueur sur PC. Il propose de visiter tous les coins possibles de la Capitale Française, au volant de puissants bolides personnalisables sous toutes les coutures, comme la Twingo TRS-Max ou la Clio Turbo/C. Il sera évidemment possible de se lancer dans des poursuites endiablées avec les forces de l’ordre. Attention, les écoportiques dissimulés un peu partout dans la ville taxent la carte visa pour de vrai ! Humour citoyen, certes, mais redressement productif aussi !
– Type : conduite responsable
– Classification : tous publics agréés NF64345234
– L’avis de Demaerd Software :
C’est véritablement un jeu familial qu’on trouve dans ce packaging d’adrénaline citoyenne responsable ! Au volant de votre twingo tunée, vous aurez par exemple pour mission de parcourir le périphérique parisien en vous rapprochant toujours plus des limitations de vitesses fluctuantes, tout en faisant attention aux radars et aux portiques écotaxe-la-visa-pour-de-vrai qui poussent de plus en plus dru sur la surface du parcours. Et attention : chaque manquement aboutira à une prune et des points en moins sur votre permis. Au final, attendez-vous à passer de courtes minutes en voitures et de longues heures en séance de rééducation citoyenne à la conduite dans lesquelles la simulation d’un cours de code sera extrêmement bien réalisée, ennui compris !

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Source : http://h16free.com/2019/09/15/64376-redite-et-maintenant-des-jeux-videos-a-la-francaise