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Pass-Culture : un flop, mais pas pour tout le monde

lundi 11 novembre 2019 à 09:00

Août 2017 : la France vient tout juste d’élire un sémillant quadragénaire à la Présidence de la République, et déjà souffle le vent des réformes, des initiatives courageuses et des projets d’avenir qui vont redresser le pays. C’est dans cette immense vague d’espoir qu’enfin, après des années d’âpres luttes et de demandes incessantes de toute une population assoiffée de culture, naît le Pass Culture.

Il était temps : les banlieues, les petites villes de province, les quartiers défavorisés et les familles modestes n’en pouvaient plus d’attendre enfin que se libère l’accès à la culture, que nos jeunes puissent enfin mettre la main sur une connexion internet (éventuellement partagée dans un centre culturel ou une de ces médiathèques de quartier qui font la fierté de notre pays) voire – pour les plus chanceux – des livres ou, carrément – soyons fous – un abonnement Astrapi Alternatives Économiques.

Dans le grand bon en avant la mise En Marche joyeuse de tout le pays, il avait été décidé la mise en place d’un Pass Culture, réclamé par tous et voué à une réussite flamboyante : permettant à chaque jeune éligible de dépenser 500 euros en biens culturels (livres, entrées aux musées ou, plus exactement, places de cinéma, jeux vidéos et autres abonnements streaming), le gouvernement envisageait d’abonder à un fonds dédié à cette opération pour les jeunes qui, comme toute légumineuse, doivent être régulièrement arrosés.

À l’époque, on évoquait 180 puis 400 millions d’euros dévolus à cet épandage d’argent des autres dans les poches de certains. Les discussions allèrent bon train et ce Pass, qui fut un temps présenté comme le « GPS de la Culture », fut donc ouvert à expérimentation courant 2018 et sur différentes plateformes dont Netflix et Spotify qui se retrouvaient alors en pôle position pour récupérer la manne publique par le truchement de ce Pass instamment réclamé par toutezétous.

L’année passa, et nous nous retrouvons à présent, en novembre 2019, à l’heure où, gaillard, on dresse des bilans. Et force est de constater qu’encore une fois, avec cette régularité d’horloge dans l’échec que seul l’étatisme permet de garantir, tout se déroule exactement comme prévu c’est-à-dire mal.

On apprend ainsi que ce Pass Culture n’aurait été utilisé que par 25.000 jeunes de 18 ans, qu’ils n’en auraient utilisé que 100 euros en moyenne sur les 500 alloués au départ, et qu’au final, un million d’euros avaient ainsi été dépensés par le truchement de ce dispositif macronesque, ce qui frise le consternant aux petits fers, face aux 34 millions d’euros budgétés au départ pour 2019.

Cet échec serait presque une bonne nouvelle puisqu’au final, 33 millions d’euros du contribuable sont restés dans les caisses : dans un pays normal, l’échec serait constaté, un trait tiré, les fonds réattribués et la parenthèse Pass-Culture refermée pudiquement. Nous sommes en France, il n’en sera rien et l’échec de cette distribution gratuite d’argent des autres se double, bien évidemment, d’une gabegie scandaleuse qui ajoute à l’ensemble du dispositif dispendieux un parfum de foutage de gueule auquel nous ont, malheureusement, habitué toute la clique au pouvoir.

Il apparaît en effet que ce dispositif est piloté par une SAS (société par actions simplifiée), détenue à 70% par l’État et à 30% par la Caisse des dépôts et consignations (c’est-à-dire l’État aussi, si vous suivez l’argent), SAS dont les dirigeants n’ont bien évidemment pas oublié de se rémunérer. Grassement.

C’est ainsi que Damien Cuier, son président – dont le nom est malencontreusement cité dans l’affaire BygmillionsBygmalion – sans avoir été poursuivi – toucherait 170.000 euros par an pour son poste, pendant que Eric Garandeau, son conseiller à tiers-temps dans la SAS et lui-même à la tête d’une société de consulting – Garandeau Consulting, toucherait 6.000 euros mensuels, alors que cette dernière société aurait touché 651.600 euros entre septembre 2018 et mai 2019 en provenance direct des fonds de la SAS pour laquelle elle aurait travaillé.

Ce Pass Culture pour quelques peu nombreux s’apparente à un véritable Pass-Droits pour d’autres happy very few… Le tout, cependant, dans une forme de légalité suffisante qui fait à l’évidence du trampoline sur la morale et l’argent public, et ce d’autant plus que l’outrage semble passer assez calmement dans l’opinion publique, fort occupée par les cabales organisées contre des évidences choquantes.

Devant cette gabegie honteuse, c’est d’ailleurs la même indifférence médiatique que celle qu’on peut observer lorsqu’on apprend que les embauches continuent bon train pour les cabinétards du gouvernement : grâce à cette belle vigueur de l’emploi public (payé par les emplois privés, dois-je le rappeler ?), le montant cumulé des salaires de conseillers ministériels – hors Matignon !! – a atteint 27,92 millions d’euros en 2019, et 31,65 millions d’euros environ si l’on cumule tout.

Eh oui : 30 millions par ci, 30 millions par là, et on commence à parler pognon…

… Pognon que certains ne verront jamais, comme par exemple le GIGN dont les entraînements sont sérieusement compromis suite à des impayés à hauteur de 500.000 euros.

À mesure que les tensions s’accumulent dans le pays, je ne suis pas sûr que les dépenses des fonds publics soient correctement ventilées, à moins bien sûr de considérer que les conseillers et cabinétards divers ont tous des capacités en close combat et protection de tiers qui permettent de cumuler efficacement fonctions ministérielles et sécurité de l’État…

Et au-delà de ces évidentes absurdités, il faut bien comprendre que le dévoiement complet d’un projet politique comme celui du Pass Culture n’est en rien une péripétie. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours malencontreux dans lequel, de façon aussi inopinée qu’un arrêt de travail de la SNCF, des dirigeants se sucreraient sur la Bête dans les grandes largeurs.

Non, c’est un effet attendu et assez probablement planifié dès le début : dès qu’une taxe apparaît, dès qu’un gros marché public se passe, dès qu’une distribution d’avantages et de prébendes se met en place, dès qu’une commission se crée ou qu’un institut apparaît qui sont financés par l’État, il faut bien comprendre qu’un copain ou un coquin en profitera parce que c’est précisément pour celui-ci que ce dispositif est créé.

Le Pass Culture n’a jamais été créé pour distribuer de la culture aux jeunes (si tant est que la puissance publique puisse distribuer autre chose que de l’argent ou des coups de LBD), mais bien pour assurer un petit cocon confortable aux dirigeants de la SAS en charge de cette distribution.

Et ce genre de manœuvres qui consiste soit à embaucher directement les copains comme dans les cabinets, soit à créer une structure comme celle du Pass-Culture pour y placer les coquins, est maintenant institutionnalisée dans la plus parfaite indifférence d’une presse qui s’outrage plutôt d’évidences. Cette presse, ces médias dont l’une des missions consiste précisément à servir de garde-fous à ces dérives, ne font absolument plus ce travail.

Laissée à elle-même, l’administration française n’a plus aucun compte à rendre à personne : le service après-vente, dont la qualité aurait dû être vérifiée par ces médias, n’existe plus. Il n’y a plus aucune garantie de résultats et la seule garantie de moyens qu’on a maintenant, c’est qu’ils seront partout aux commandes, avec les médiocres et les nuls.

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Source : http://h16free.com/2019/11/11/64778-pass-culture-un-flop-mais-pas-pour-tout-le-monde


[Redite] Quand le pédalo vogue dans l’atoll de Taxatouva

dimanche 10 novembre 2019 à 11:00

Article initialement paru le 05.11.2018

Apparemment, une nouvelle solution a été trouvée pour sortir la France de son marasme : on va arrêter de trop s’en faire avec la dette, car cette règle des 3% de limite au déficit budgétaire, c’est un peu un règle d’un autre temps, surannée, qui mérite amplement qu’on l’oublie surtout à l’approche d’une élection n’est-ce pas. En somme, comme l’explique en creux le bon président Macron, on va pouvoir ouvrir à fond les sprinklers d’argent gratuit pour arroser le peuple et calmer ses ardeurs.

Tout va donc très bien. Et quand on compare à la situation d’il y a un an, quel chemin parcouru !

Nous sommes en 2018 et il n’y a plus aucun doute possible : le pédalo hollandesque a fait une escale dans l’atoll du Taxatouva et Macron, malgré toute la puissance de ses petits bras, n’a jamais pu l’en faire partir.

On ne sait pas exactement comment, mais le frêle esquif, barré d’une main dilettante par un François Hollande particulièrement peu maître des éléments, s’est échoué assez rapidement après mai 2012 sur les rivages ensablés, gluants et acides de l’atoll. Depuis, malgré quelques coups de pédales manquant franchement de conviction, l’embarcation n’a guère bougé. Tout indique qu’elle s’est même plutôt enfoncée.

À l’arrivée d’Emmanuel Macron, certains naïfs avait cru qu’enfin on pourrait profiter de la belle santé du nouveau capitaine pour tenter un désensablement. Peine perdue : dilapidant ses premières forces sur la décoration du pédalo, la taille de la barre et faisant mine d’attendre une météo clémente, le capitaine ne l’aura finalement poussé que dans le mauvais sens.

Et dernièrement, c’est même avec une vigueur quasi-rabique que lui et son équipe semblent s’acharner à enfoncer encore un peu plus le pédalo dans plusieurs tonnes de sable, pendant que les conditions climatiques se dégradent furieusement.

Il n’est guère besoin de reprendre en détail les derniers mois pour s’en convaincre et il suffira même de se pencher sur les derniers jours pour comprendre que ce qui tenait déjà d’une bonne pluie de taxes s’est à présent transformé en véritable déluge où pas une journée ne passe sans qu’une nouvelle ponction soit imaginée ou publiée ou mise en forme ou votée ou entrée en application.

Petit-à-petit, le peuple français commence à comprendre que la ponction ne fait que commencer ; et alors même que son anus ne s’est pas encore remis des terribles forages pneumatiques entrepris par le gouvernement et les députés, voilà que l’association des maires de France se lève comme un seul homme, trépan pétrolier à la main, en hurlant qu’il veut, lui aussi, participer à la belle opération.

On apprend en effet que cette association veut instaurer une nouvelle taxe d’un euro sur chaque colis livré à domicile.

Comme bien souvent, le geste politique suit une analyse économique indigente et part d’un sentiment aussi bon que stupide puisqu’essentiellement émotionnel et avant tout destiné à cacher l’appât d’un gain facile : pour nos maires, il s’agit officiellement de « revitaliser les centres villes » en tabassant les commerces en ligne, espérant ainsi compenser la désaffection de ces centres par une taxe qui pourrait éventuellement aider les petits commerces locaux (dans le meilleur des cas).

On comprendra qu’en réalité, les gains éventuels de cette taxe seront bien vite affectés à l’une ou l’autre niaiserie municipale dont le résultat électoral, bien qu’incertain, sera certainement plus intéressant que la survie de l’une ou l’autre boutique qui ne représente jamais qu’une poignée d’électeurs (au mieux). Non seulement, la taxe ne servira en rien les intérêts des commerces, mais elle renchérira les objets arrivant dans la commune pour les particuliers y vivant… Ce qui les incitera (en plus du reste) à aller voir ailleurs, d’autant que ces taxes viennent d’abord gréver le budget de ceux qui ont le plus de mal à se déplacer, c’est-à-dire les individus les moins aisés en premier lieu.

Les maires voudraient faire fuir les pauvres de leurs communes qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Parallèlement à cette nouvelle invention idiote et pour ne pas être en reste sur le niveau communal, notre représentation nationale, jamais en retard d’une ânerie si elle peut aider à remplir le tonneau des Danaïdes de nos finances publiques, s’emploie à étendre encore le domaine de la taxe.

Cette fois-ci, ce sont les chèques vacances et autres bons de Noël qui pourraient être soumis à l’impôt : selon un amendement au projet de budget 2019 pour la Sécurité sociale, au-delà de 331 euros par an et par salarié (ou 662 euros si le salarié a au moins un enfant), le montant de ces aides (bons et autres chèques) sera soumis à la fois aux cotisations patronales et à l’impôt sur le revenu.

Malgré leur totale non-représentativité et leur existence de plus en plus marginale, les syndicats de salariés ont déjà émis de vives protestations qui seront, comme il se doit, largement ignorées. Cela prendra le temps qu’il faudra mais on peut d’ores et déjà s’en assurer : bientôt, les quelques petits avantages qu’une entreprise pouvait encore offrir à ses salariés seront, eux aussi, amputés d’une bonne part (on peut raisonnablement tabler entre 25 et 50%) pour aller abonder à cette redistribution sociale que le monde entier nous envie moyennement de financer ainsi.

La queue du Mickey est largement atteinte, saisie et même mâchonnée dans le grand manège français de la taxation en folie lorsqu’on apprend que, non content de tabasser les salariés, les consommateurs et les automobilistes comme jamais, certains députés La République À Pied entendent créer … un chèque carburant.

Encore une fois, la stupidité de l’idée s’y dispute à son invraisemblable côté contre-productif, caractéristiques maintenant spécifiques des productions de nos élus qui semblent véritablement lancés dans une espèce de concours à celui qui sortira la plus fameuse ânerie. Pour le moment, reconnaissons à Guillaume Peltier de caracoler en tête, les bras en l’air et la mine ahurie de contentement à l’écoute de ses propres niaiseries : entre deux poncifs habituels dans lesquels le député explique qu’il faut castagner encore un peu plus les méchantes multinationales, il préconise de taxer les sociétés d’autoroute afin de financer ce chèque carburant qui serait remis aux familles françaises les plus nécessiteuses face à la hausse des prix du carburant.

Hausses très largement imputable aux taxes, contrairement à l’insupportable propagande des thuriféraires de l’Etat, presse incluse : depuis 2008, le prix du baril est ainsi passé de 89 à 62 euros, pendant que le prix du gasoil à la pompe est lui passé de 1.42€ à 1.55€, sans que ni les procédés de fabrication, ni les coûts de distribution se renchérissent tant ces filières sont largement rodées et amorties depuis le temps. En revanche, sur la période, les taxes de toutes sortes (depuis les taxes sur le travail en passant par les cotisations jusqu’aux taxes sur les énergies et les ponctions soi-disant vertes) ont, elles, augmenté pour passer de 153% du prix hors taxe à 297%.

La proposition de notre petit marcheur consiste donc à oublier consciencieusement la raison même de l’écrasante augmentation des prix. Pour résumer et selon cette tête pensante, pour contrer les taxes que l’État impose et que le client paye aux pompes, l’État devrait imposer les sociétés d’autoroute que paye le client pour que l’État reverse ces thunes au client. Méfiez-vous : il y a un gros dindon dans l’histoire.

Tout ceci pourrait faire rire si le pays ne croulait pas déjà sous les taxes, si la situation économique d’un nombre croissant de Français ne tournait pas déjà au vinaigre, si la situation économique et sécuritaire du pays n’était pas déjà dramatique et si toutes ces gesticulations de plus en plus furieuses n’augmentaient pas dramatiquement le niveau de misère général.

Mais il y a pire : l’introduction n’était qu’une figure de style ; non pas que le pédalo n’existerait pas, ou qu’il ne serait pas coincé dans cet atoll maudit : pour le coup, c’est absolument certain et il n’est plus question de métaphore amusante.

La figure de style est surtout dans cette image du président Macron tentant de refaire partir le pédalo loin des eaux corrosives de l’atoll : rien de ceci ne s’est jamais produit.

En pratique, c’est même le contraire : Emmanuel Macron, maintenant parfaitement déconnecté des réalités de terrain, dit « assumer » cette hausse et explique préférer voir le carburant augmenter que le travail être taxé davantage, sans comprendre qu’il s’agit effectivement de la même chose, tant ceux qui travaillent sont aussi ceux qui prennent leur voiture pour s’y rendre ou pour l’effectuer.

Perdu dans une représentation typiquement germano-pratine de la France, il s’exclame même, emporté :

« Les mêmes qui râlent sur la hausse du carburant, réclament aussi qu’on lutte contre la pollution de l’air parce que leurs enfants souffrent de maladies »

Mais non, Emmanuel, désolé de vous surprendre, mais à peu près personne ne réclame qu’on lutte contre la pollution d’un air déjà fort propre : ceux qui réclament qu’on lutte sont le noyau de bobos éco-conscients syntonisés avec Gaïa qui habitent à 300 m de leur lieu de travail, vivent dans des grandes villes aux transports en commun déficitaires payés par la collectivité, et qui ne se déplacent en voiture que lorsqu’un Uber vient les prendre en bas de chez eux pour les amener au Starbucks le plus proche où ils dégusteront un petit moccacino bio Guatemala Antigua arômes cacao, caramel et noisette en y touillant leur tringle en bambou biodégradable et en se moquant des culs-terreux de province.

Ces derniers, qui y sont, y vivent majoritairement dans des villes petites ou moyennes, se déplacent très majoritairement en voiture parce qu’il n’y a pas de transports en commun et que 40 km en trottinette, ça n’amuse qu’une fois ; l’air y est suffisamment bon pour que les préoccupations des suceurs de cafés luxueux leur passent au-dessus de la tête mais le prix de l’essence impacte directement sur leur vie quotidienne…

Il faut se rendre à l’évidence : la giboulée de taxes prend des proportions biblique et tout indique que ce n’est pas fini. Pire : de plus en plus azimuté sur des réalités alternatives, le chef de l’État, refusant un nécessaire retour à la raison, entend poursuivre dans cette voie suicidaire qui entraîne le pays vers une dissociation complète de ses « élites » et de son peuple, et vers une catastrophe financière majeure par épuisement des classes moyennes.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2019/11/10/64803-redite-quand-le-pedalo-vogue-dans-latoll-de-taxatouva


Les inaudibles évidences de Zineb et Julie

vendredi 8 novembre 2019 à 09:00

Cette semaine, les femmes sont à l’honneur et pour une fois, je ne parle pas de Marlène La Sorcière Bien Barrée : grâce à deux interventions sur deux sujets pourtant fort différents, deux femmes auront créé une jolie paire de polémiques dont les médias et les réseaux sociaux sont friands.

La pôle position de la polémique médiatique est actuellement détenue par une certaine Julie Graziani qui nous aura servi une belle saillie lors d’un de ces énièmes débats-télévisés, ces équivalents modernes de discussions de cafés du commerce où apéritifs alcoolisés et cacahuètes salées sont désavantageusement oubliés au douteux profit de sujets souvent moisis et d’invités improbables aux savoirs approximatifs.

Cette fois-ci, c’est donc une chroniqueuse de LCI, apparemment habituée des raccourcis verbaux expéditifs, qui a déclenché une homérique polémique franco-française : tout part d’un reportage montrant une femme se plaignant à Emmanuel Macron de sa situation économique fort tendue, alors qu’elle n’est qu’au SMIC et doit nourrir deux enfants. Réagissant à ces informations, la chroniqueuse du plateau de « 24h Pujadas » enchaîne en s’interrogeant ainsi :

« Qu’est-ce qu’elle a fait pour se retrouver au Smic ? Est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ? Et puis si on est au Smic, il ne faut peut-être pas divorcer dans ces cas-là… »

Il n’aura pas fallu longtemps pour que cette répartie déclenche une magnifique vague d’indignation à la fois sur le plateau, dans les médias et sur les réseaux sociaux dont la production habituelle d’indignation de synthèse et d’élevage a rapidement cédé le pas devant l’indignation naturelle élevée en plein air, qui s’est immédiatement égaillée partout.

Et malgré la réponse plus argumentée et plus nuancée de la chroniqueuse devant le tsunami de hurlements, la polémique n’a pas désenflé.

Au passage, notons que ceci est fort pratique : cela masque complètement le fait que la détresse de la mère de deux enfants s’adressait d’abord à Emmanuel Macron, qui bénéficie maintenant d’un magnifique écran de fumée lui laissant amplement le temps de préparer sa réponse médiatique dans un avenir proche et choisi avec soin.

Pendant ce temps, Graziani pagaye de plus en plus vigoureusement contre un torrent de réponses acrimonieuses dont on se doute qu’il finira par l’emporter dans un petit chplouf misérable, …

… Et alors même qu’une autre chroniqueuse la rejoint dans ses petits mouvements frénétiques pour ne pas disparaître dans le flot tumultueux des polémiques médiatiques.

Car pendant que la chroniqueuse de LCI déclenchait un séisme de force 8, une confrère journaliste en faisait autant sur un autre plateau, celui de CNews : pour l’ex-journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui, devant les montées de violence observées ces dernières semaines dans les banlieues (et que j’évoquais dernièrement ici), « il faut que la police tire à balles réelles ».

Horreur et stupéfaction sur le plateau : les invités et les animateurs / chroniqueurs / journalistes / troubadours n’en reviennent pas et s’écrient tous en chœur que sortir ça, en Rrrrépublique FrrRrrançaise, c’est abominable, et qu’on frôle pour ainsi dire le retour aux heures les plus sombres de notre Histoire.

Il n’y a maintenant plus de doute : à voir ces polémiques se développer, le pays a courageusement choisi la fragilité, le renoncement et une forme de lâcheté élevée au rang de vertu.

Oh certes oui, les termes choisis par nos deux polémistes (volontaires ou non) sont terribles. Oh certes oui, relier ainsi situation économique et divorce ne pouvait que déclencher une violente réaction de rejet. Oh certes oui, expliquer de but en blanc que la police doit tirer dans le tas ne peut que provoquer des réactions ébahies ou de consternation.

Le souci est que, dans le fond, les deux messages – qui ne sont absolument passés à cause de cette forme déplorable – n’en sont pas moins indispensables.

Ainsi, nonobstant l’histoire spécifique de cette mère de famille en difficultés qui, comme beaucoup de Français, a sans doute subi un douloureux accident de la vie, rappeler que l’État n’a pas pour mission de venir en aide à tous et à chacun reste un message que plus aucun Français ne semble supporter sans immédiatement fondre en larmes ou sans péter un câble en hurlant « droits acquis », « solidarité », « filet de sécurité » et tout le tralala habituel.

Dans un monde normal (celui d’un nombre croissant de pays, du reste), l’État s’occupe d’abord du régalien, c’est-à-dire de la sécurité de ses citoyens, d’une justice efficace et d’une armée en bon ordre. Moyennant quoi, les charges faibles, les taxes peu élevées et les impôts modérés libèrent l’économie et enrichissent toute la population.

Le Français a choisi l’autre voie, celle qui ne mène jamais au repas gratuit : ponctionné de toutes parts, taxés comme un animal, tondu, corvéable à merci, il s’attend niaisement à ce qu’en face correspondent des services publics qui lui permettent, justement, de parer au pire, de constituer ce fameux filet de sécurité pour les plus pauvres. Et malgré une réalité qui lui vole dans le museau à chaque minute, dans laquelle plus il est tondu, et plus l’État le traite comme un pourceau, malgré une dégradation de tous les services publics alors que jamais, dans son Histoire, il n’a payé autant en dîmes, gabelles, accises, octrois et ponctions, malgré tout ça, il réclame toujours plus d’État.

Et lorsqu’on a l’impudence de lui faire remarquer que c’est précisément cette attitude qui provoque les problèmes dont il se plaint, … On déclenche une tempête.

De la même façon, lorsqu’on rappelle l’évidence pourtant essentielle que la force doit rester à la Loi, que ses représentants sont armés précisément pour cela, et qu’une situation d’embuscade dans laquelle on se retrouve sous des tirs de mortier, d’artifices, voire de cocktails molotov (quitte à rester cramer dans son véhicule en feu) justifie amplement par le surnombre des attaquants une réponse armée, le Français se rebiffe : impossible de remettre en cause un vivrensemble (qui n’existe pas, n’a jamais existé et ne risque pas d’exister vu la tendance actuelle), impossible d’imaginer un policier faire feu !

Le Français des médias, celui qui s’indigne sur les plateaux, qui bouillonne sur les réseaux sociaux a complètement perdu le sens des réalités. Pire : même devant les constats imputrescibles d’un délitement complet de certaines zones, même devant l’évidence du pourrissement complet du pays par un trop-plein d’État obèse qui gangrène maintenant tout ce qu’il touche, il refuse mordicus qu’on lui rappelle cette réalité.

La France de ces médias, de ces plateaux, de ces réseaux sociaux est une France douce, molle, gentille qui a les moyens infinis de venir en aide à tout le monde, quelles qu’en soient les raisons.

Cette France bienveillante et chaleureuse ne recule devant aucune nouvelle chance (même après 124 récidives – la 125ème chance sera la bonne, c’est sûr) pour chacun de ses ressortissants – à l’exception sans doute des mâles blancs cis de plus de 35 ans, faut pas déconner.

Cette France solidaire et compréhensive saura se mettre en quatre, en huit, que dis-je en dix-mille façon puzzle s’il le faut pour ne surtout pas décevoir un peu plus des jeunes déçus, ces petites bandes de canaillous d’imbéciles irresponsables, ces sauvageons un peu délicats à recadrer.

Pour cette France-là, l’inversion des valeurs est telle qu’il en devient choquant de demander à des policiers de « tirer à balles réelles », ce qui est pourtant la définition même de leur métier de base qui n’a jamais été de faire intermédiaire de relations sociales, tampon-buvard d’émotions citadines ou que sais-je encore.

Pour cette France-là qui a basculé du côté mou de la force, la forme prime sur tout, le fond sur rien.

La France a un incroyable talent : celui de transformer des évidences en polémiques. Ce n’est pas ça qui la sortira de l’ornière. Au contraire, même.

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Source : http://h16free.com/2019/11/08/64782-les-inaudibles-evidences-de-zineb-et-julie


Chili : comment le socialisme mine encore une fois un pays qui s’enrichit

mercredi 6 novembre 2019 à 09:00

Aujourd’hui, je vous propose un billet un peu plus long que d’habitude sur le Chili : co-écrit avec Vilfredo (que je remercie au passage pour son travail de sourçage essentiel), il permet de dégoter l’une de ces magnifiques Pignouferies de Presse que Le Monde nous produit avec assiduité.

—o—

Chili : comment le socialisme mine
encore une fois un pays qui s’enrichit
“They’d rather have the poor poorer”
Par Vilfredo & h16

Le gros souci du marché libre, c’est qu’il cesse de fonctionner dès que ses principes sont abandonnés. Et à moins de vivre dans une grotte, le récent exemple du Chili ne vous aura pas été épargné.

Grâce à une presse transie d’amour pour un collectivisme qui ne se cache même pas, vous avez probablement déjà eu au mieux un compte-rendu de la situation chilienne appuyant lourdement sur les inégalités ravageant le pays, au pire une dissertation nous rappelant notre chance à nous Français de vivre dans le confort douillet d’une économie dirigée.

Cette tornade d’idioties mérite cependant une réponse, notamment méthodologique lorsqu’on lit par exemple nos Trissotin journalistes du Monde qui en ont apparemment abandonné toute velléité.

Le système chilien de retraites

La réforme du système de retraites chilien est due en 1980 au ministre du Travail de Pinochet, Jose Pinera. Pour la presse, pas de doute : les troubles que le pays subit actuellement sont principalement dus aux dysfonctionnements de ce système.

Comment fonctionne-t-il ?

En pratique, au lieu de payer une cotisation sur son salaire, le salarié en verse l’équivalent (10% en moyenne) sur un compte privé personnel géré par des entreprises privées (AFP) indépendantes de l’entreprise. Ceci entraîne ainsi qu’il n’y a pas d’âge pour partir à la retraite et l’entreprise ne peut rien faire pour retenir ses employés puisque personne d’autre qu’eux-mêmes ne paye pour la retraite. Concrètement, la moyenne de départ à la retraite au Chili est de 65 ans depuis des années.

Ce système inclut par ailleurs une prime d’assurance incapacité et décès. Cette réforme a considérablement augmenté le taux d’épargne, le plus élevé d’Amérique latine (30% du PIB en 1989), dont le taux de rendement, largement obtenu par la mise en concurrence des AFP (il en existe une quinzaine) a dépassé les 10% en 2008, reflétant les performances du marché boursier chilien. Il est par ailleurs plébiscité par les Chiliens qui, dès 1990, avaient opté à 70% en sa faveur. En outre, il a favorisé un taux d’endettement des ménages parmi les plus faibles de l’OCDE.

Cette épargne, comme l’expliquait déjà un article de Contrepoints en 2010, bénéficie majoritairement aux Chiliens et favorise la stabilité des prix : l’inflation reste faible, surtout comparée à celle des pays voisins, et avoisine les 2%.

Devant cette réussite, de nombreux pays ont emboîté le pas chilien : le Pérou en 1993, l’Argentine et la Colombie en 1994, l’Uruguay en 1995, et le Mexique, le Salvador et la Bolivie en 1997 ont entrepris une réforme similaire. Dans ces sept pays d’Amérique, environ 25 millions de travailleurs ont un compte de retraite privé.

« Privatisation de la santé » : plongée dans l’ultralibéralisme fantasmé

Si l’on s’en tient aux articles du Monde (par exemple celui 28.10.2019, « Mobilisation historique au Chili contre les inégalités »), le Chili serait quasiment un pays post-apocalyptique dans lequel les malades errent en déambulateur et sous perfusion dans des rues enlaidies par la pollution pour finalement ramper jusqu’à la porte automatique du seul hôpital du continent, équipée d’une alarme qui vous vrille les oreilles et de quinze caméras, dont sort prestement un cadre dynamique et arrogant qui demande au malheureux s’il a de quoi payer son traitement contre le cancer du sein en époussetant son costume et en regardant sa montre Omega.

À lire les articles que Le Monde multiplie sur le sujet, le système de santé chilien serait totalement privatisé : « L’éducation, la santé, les retraites… et même l’eau : tout est privatisé » gémit Aude Villiers-Moriamé. Dans son éditorial du 23 octobre, « Chili : les limites de l’ultralibéralisme », il est encore question de « la privatisation de secteurs-clés comme la santé ».

Sapristi ! Les Chiliens crèvent-il donc dans l’indigence et l’indifférence du monde entier ?

Non.

L’espérance de vie chilienne à la naissance dépasse 79 ans (record en Amérique latine). Le nombre de lits par habitants est également au-dessus de la moyenne : en 2012, on en comptait 2.1‰ au Chili, pendant qu’on n’en trouve que 1.5‰ au Pérou, 0.9‰ au Venezuela chaviste, 1.5‰ au Mexique ou 1.1‰ en Bolivie. Quant aux médecins, il n’y en a aucune pénurie significative ; même si l’on observe un nombre croissant d’étudiants se dirigeant vers des emplois de recherche mieux payés que les services publics, ce qui n’est absolument pas propre au Chili.

De plus, on note de surcroît que la privatisation entamée par Pinochet a aussi permis une décentralisation de la dispensation des soins et une allocation plus équitable de l’accès aux soins entre riches et pauvres en faisant passer le contrôle des cliniques du niveau gouvernemental au niveau municipal.

En outre, cette privatisation est loin d’être totale :

Le privé ne représente finalement que 33% des dépenses et 19% de la population couverte. Contrairement à ce que Le Monde et ses journalistes affûtés tentent de faire croire, le secteur public (la FONASA, soit 67% des dépenses et 81% de la population couverte) ne peut s’affranchir de sa responsabilité.

Le Chili consacre 7.4% de son PIB à la santé, ce qui est plutôt substantiel dans le contexte de l’Amérique latine, comme en témoigne ce graphique issu des statistiques de l’OMS (p. 47) pour 2018.

Le rapport de l’OMS indique également que le Chili occupe la première place dans la lutte contre les retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans et en seconde position sur le continent pour sa gestion de l’eau potable. Le nombre de programmes de formation en internat à l’hôpital est aussi plus élevé au Chili que dans le reste de l’Amérique latine. Pour nos journalistes du Monde, c’est presque du trolling. Cela recoupe néanmoins le rapport de l’OCDE sur le Chili en 2018 qui lui donne un indice de santé (« Health status ») proche de la moyenne des pays de l’OCDE justement :

Les vraies raisons de la colère

En pratique, la cause des manifestations actuelles réside dans l’accroissement de l’écart entre les salaires et le coût des soins dans le secteur privé : les prix y ont augmenté pour suivre mécaniquement la demande en soins de qualité.

En conservant un large système d’assurances publiques et avec des mesures comme l’Explicit Guarantee System du président Ricardos Lagos qui interdit le financement privé des soins pour 56 maladies (on en est à 80 à présent), assurées et dont les soins sont fournis par le secteur public, le Chili maintient une situation dans laquelle les prix du secteur privé ne peuvent que rester supérieurs à ceux du public, qui a en retour intérêt à garder des prix suffisamment bas pour garder ses clients, prix que le privé, qui n’a pas le monopole du FONASA, ne peut atteindre. Les faibles investissements dans le système de santé maintiennent les salaires des praticiens du public en-dessous de ceux du privé.

Horreur, de l’eau privatisée !

L’eau chilienne est privatisée et serait donc très chère.

C’est Eduardo Frei, président chrétien démocrate, qui entama le processus de privatisation des branches régionales de SENDOS (la compagnie publique de distribution et de traitement des eaux) en 1998. Ceci fut immédiatement suivi d’une envolée du taux d’épuration des eaux :

Abominable privatisation qui ne fut remise en cause par aucun des successeurs de Frei. C’est vraiment étonnant…

Tellement que l’OMS revient ici troller nos journalistes du Monde en citant le système d’allocation des ressources en eau comme modèle pour l’Europe. Les tarifs varient grandement entre les régions, ce qui est normal, et incluent malgré tout des subventions pour les ménages en difficulté.

Le Guardian se fait l’écho des plaintes des citoyens de Santiago souffrant de pénuries d’eau, ressource gérée par l’importante compagnie Aguas Andinas, privatisée en 1999. L’eau est transportée des sommets des Andes au bassin de Santiago dans le réservoir El Yeso, dont la modernisation a permis une extension de l’accès à l’eau et la construction de projets ambitieux la construction de 12 autres réservoirs d’une capacité de stockage de 225 000 m³ chacun.

Le climat chilien rend en effet l’eau rare et importante.

Dans la plupart des rivières, les propriétaires de l’eau se regroupent en Water Users Organizations (WUOs), vieilles de plusieurs siècles et qui ont acquis expérience sont bien acceptés socialement pour gérer les ressources aquifères.

Si les pénuries existent, elles sont brutales, liées à la sécheresse et aux pluies (qui avaient, en avril 2016, laissé 4 millions de Chiliens en situation de pénurie) et/ou à l’augmentation de la population (de Santiago par exemple, qui a gagné 500 000 habitants entre 2013 et 2017).

La demande en eau est donc supposée augmenter à l’horizon 2050 (alors qu’elle est plutôt supposée baisser ailleurs), également du fait de l’expansion du secteur minier, qui peut également entrer en compétition avec la population dans l’allocation des ressources en eau, compétition particulièrement tendue dans les régions du nord comme Antofagasta (dont 66% du PIB est constitué par le secteur minier) où le secteur minier est le plus présent, comme le souligne un rapport de l’OCDE daté de 2017 :

Il apparaît toutefois assez clairement que dans l’écrasante majorité des cas, les ressources en eau s’ajustent à la demande.

Un pays riche peuplé de pauvres

Une autre explication régulièrement proposée pour ces manifestations, et s’appuyant sur l’idée de la privatisation (partielle) de la santé et celle (plus complète) de l’eau, est celle selon laquelle le Chili, quoique riche, serait un pays gangrené par la pauvreté.

Malheureusement, cette explication ne résiste pas à l’analyse.

Balayons rapidement les comparaisons des taux de pauvreté qui sont faites par exemple dans l’article du Monde d’Aude Villiers-Moriamé : elle y compare hardiment le taux de pauvreté du Chili (8% paraît-il) à celui de l’Argentine (35%).

Cette comparaison n’a aucun sens : ce taux de pauvreté ne renvoie pas à la même chose selon les pays. D’une part, chaque organisation internationale a sa propre définition : 25% du revenu médian pour l’OCDE, revenu tel que 60% de la population gagne autant ou moins pour la BCE. D’autre part, le salaire médian argentin ne donne pas le même niveau de vie en Argentine qu’au Chili (à cause des différences de devise et des niveaux d’inflations différents).

En outre, il existe des indicateurs plus raffinés qui donnent des informations plus pertinentes sur la situation locale : selon l’Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes, le Chili se situe largement en-dessous de la moyenne des pays d’Amérique latine en ce qui concerne le nombre de personnes travaillant avec moins de 2$/j :

Bref, la notion même de pauvreté étant fort relative, elle est devenue le slip des joueurs de pipeau lorsqu’il s’agit non pas d’informer mais d’orienter le lecteur, ce que Le Monde démontre une fois encore.

Un ticket pour le socialisme

En première analyse, cette révolte a été déclenchée par la hausse du prix du ticket de métro (+4%) à Santiago, où le réseau est contrôlé par une entreprise … publique , dont les frais de fonctionnement dépendent en premier lieu des coûts de l’énergie.

Or, une bonne partie de l’énergie nécessaire au Chili est produite en dehors du pays qui a donc les USA et la Chine comme partenaires commerciaux privilégiés. Conséquemment, la politique de Pinera est directement dépendante du cours des matières premières, plutôt sensibles à la guerre commerciale que se livrent actuellement ces deux grandes puissances.

Avec ces éléments de contexte, il devient ridicule de comparer ce président élu qui augmente le prix du ticket de métro de quelques centimes avec le président vénézuélien Maduro, qui tue plus d’opposants en quelques années que Pinochet en une génération.

Les affreuses inégalités

On l’a vu : par comparaison aux autres pays d’Amérique du Sud, le pays n’est pas le plus pauvre (il est même l’un des plus riches), les pauvres (quelle qu’en soit la définition) n’y sont pas majoritaires (ils y sont même minoritaires), et les privatisations, si facilement décriées par nous journalistes européens, ont largement contribué à l’enrichissement des Chiliens.

Reste l’angle des affreuses inégalités, dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont insupportables et qu’il faut les combattre.

Selon Le Monde, 1% de la population chilienne détiendrait 25% des richesses du pays. Il semblerait que ce soit plutôt 33% mais peu importe : l’analyse qui est faite de ce genre de statistiques est presque toujours fausse, comme le montre remarquablement Taleb dans Skin in the Game.

En effet, cette statistique ne veut pas dire qu’un nombre réduit de personnes fixes dans le temps détient une quantité figée (25%) de la richesse du pays, laissant 99% de la population avec les miettes.

En réalité, n’importe qui dans la population peut se retrouver dans les 1% et beaucoup d’entre eux le seront, par mobilité sociale (qu’on observe de façon plus ou moins marquée dans tous les pays). Plus pertinente que la statistique de base, c’est cette mobilité sociale qu’il convient d’étudier avant la seule répartition des richesses qui n’apprend rien en elle-même.

Concrètement, au Chili, cette inégalité ne touche pas les plus pauvres, dont la situation tend plutôt à s’améliorer :

Ce tableau issu du site de la Banque Mondiale témoigne de l’augmentation de la part du revenu national détenu par les 20% les moins fortunés ainsi que de la diminution du fameux taux de pauvreté selon sa définition chilienne.

De façon assez cohérente, l’indice de Gini, référence de mesure de l’inégalité, est en baisse de 10 points sur la période 1990-2016, qui correspond presque exactement à celle dont s’occupe la Banque Mondiale :

« Si les socialistes comprenaient l’économie, ils ne seraient pas socialistes. » (Hayek)

Le Chili rencontre actuellement des problèmes économiques et sociaux, mais ils sont sans commune mesure avec la situation des pays voisins.

De surcroît, tenter d’y voir les dérives du libéralisme, les errements de la privatisation n’est qu’une erreur puisant plus sa source dans l’idéologie et le dogmatisme que dans les faits, tant il apparaît que ce processus a enrichi le pays et amélioré la qualité de ces services.

Mais au fond, il semblerait que les journalistes du Monde aient instinctivement perçu cette vérité sans oser la formuler. Olivier Compagnon, qui répondait aux questions du Monde, est contraint à le reconnaître :

« Dans les années 2000 jusqu’à environ 2012, la hausse du prix des exportations de matières premières a permis un boom économique dans de nombreux pays d’Amérique latine. Au Chili, qui dispose de grandes ressources de cuivre, celui-ci s’est accompagné, comme au Brésil, d’une baisse de la pauvreté. Mais cela n’est pas synonyme d’une réduction des inégalités, qui nécessité la mise en place d’une politique de redistribution. »

La réalité ne pouvant être trop tordue sans que ça se voie, le journaliste reconnaît qu’il n’y a pas de problème significatif de pauvreté au Chili (et surtout, moins qu’ailleurs en Amérique latine), et s’empresse donc d’introduire aux forceps la question des inégalités, qui devient par conséquent prioritaire. Ben voyons.

Il nous faudrait une nouvelle Thatcher pour répondre à Olivier Compagnon avec autant de repartie que la Dame de Fer : « vous préférerez toujours avoir des pauvres plus pauvres si cela permet d’avoir des riches moins riches ».

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Source : http://h16free.com/2019/11/06/64699-chili-comment-le-socialisme-mine-encore-une-fois-un-pays-qui-senrichit


Chanteloup-Les-Vignes : mortiers et vivrensemble

lundi 4 novembre 2019 à 09:00

Il y a quelques jours de cela, je notais dans un précédent billet que le gouvernement, tendu comme un seul homme face aux problèmes du pays, s’était décidé pour prendre le problème de l’insécurité à bras le corps… En pourchassant les cueilleurs de champignon, en taxant le rosé-pamplemousse et en créant un poste d’officier LGBT à la préfecture de police de Paris.

C’était il y a cinq jours et devant la fermeté de cette action indispensable, le pays pensait pouvoir souffler un peu. C’était sans compter sur la vitalité véritablement survitaminée de notre jeunesse des banlieues qui n’aura pas hésité à faire appel à ses ambianceurs exotiques les plus frétillants pour mettre un peu de peps dans un pays par ailleurs très casanier voire – il faut bien le dire – un peu plan-plan.

On apprend en effet qu’après les soirées « barbecue festif » de Mantes-La-Jolie le 25 octobre dernier, c’est maintenant au tour de Chanteloup-Les-Vignes de proposer une nuitée pyrotechnique à nos forces de l’ordre et nos pompiers qui ont, comme les fois précédentes, été pris pour cible, dans une joie et une bonne humeur que le reste du monde nous envie.

En fait, après plusieurs semaines d’accumulation d’un même schéma, la presse finit par se réveiller et noter enfin qu’il y aurait comme un motif récurrent : manifestement, certaines banlieues se sont lancé des défis à qui fera la meilleure soirée incendiaire, à qui tendra la meilleure embuscade à la police et aux pompiers.

Petit-à-petit, les journalistes commencent à entrevoir une réalité qui ne dépassait pas jusqu’à présent l’étape du petit articulet malingre dans leurs colonnes, par ailleurs copieusement remplies des gémissements pénibles de toute cette myriade d’associations lucratives sans but réclamant des aides, de la considération et l’arrêt des amalgames et des stigmatisations (mais pas des financements publics, merci).

Petit-à-petit, les journalistes font mine de découvrir le fait que certaines banlieues connaissent de façon quotidienne des voitures qui brûlent, des caillassages de forces de l’ordre, une insécurité consternante, et des guet-apens mettant directement en danger la vie de personnels médicaux, de pompiers, de police (mais jamais d’inspecteurs des impôts qui ont la présence d’esprit de ne jamais y mettre les pieds, les malins !).

Petit-à-petit, l’information filtre selon laquelle des quartiers entiers sont maintenant rigoureusement hors d’atteinte des lois et des valeurs ♩ tagada ♪ de la République ♫ tsoin-tsoin ♬ …

L’accumulation récente des barbecues de cités est tellement visible qu’elle déclenche chez une intelligentsia qui en semblait immunisée une lente prise de conscience qu’une bonne partie du peuple français avait pourtant eue il y a déjà 20 ou 30 ans… On en arrive au point où d’intéressantes infographies permettent de retracer les quatre dernières semaines d’actions festives :

Ceux des journalistes qui lâchent le plus leurs élastiques vont même jusqu’à (accrochez-vous bien) tenter un petit recensement de la quinzaine commerciale sur les mortiers d’artifice et autres amusements pyrotechniques : Chanteloup-les-Vignes, Mantes-la-ville, Trappes, les Mureaux, La Courneuve, Bobigny, Clichy-sous-Bois, Étampes, Béziers, Tours, Champigny-sur-Seine, Chenôve, Émerainville, Limeil-Brévanne… Le lecteur innocent découvre ainsi, au travers de quatorze étapes pittoresques, une autre facette de l’actualité façon « Tour de France des Territoires Perdus de la République ».

On pourrait se réjouir qu’enfin la presse s’empare de ce problème qui existe depuis maintenant des dizaines d’années et qui n’a, pour le moment, reçu qu’une exposition particulièrement spartiate et orientée par ces mêmes médias, au-delà des semaines à thème comme en 2005. On pourrait.

Mais il faudrait avant ça que la presse prenne enfin la mesure de l’ampleur des dégâts dans l’esprit de certains, dont le témoignage laisse pantois :

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Apparemment, cette enfilade d’embuscades parfaitement criminelles n’a lieu qu’en réponse à une méchante stigmatisation, cette vilaine habitude que la France, la société, la police ou plus généralement le blanc cis-mâle de 40 ans qui écoute Canal+ font subir à ces jeunes de banlieue qui, agacés d’être assimilés à des délinquants, choisiraient donc de multiplier les crimes et les délits pour donner tort à ces vilaines stigmatisations, je présume.

C’est d’une logique imparable, et gageons qu’elle aura l’oreille attentive de tous les peignes-cul aux commandes, les abrutis décisionnaires et autres sociologues de mon cul sur la commode finement payés par le contribuable pour pondre les âneries habituelles destinées à calmer ces banlieues : en jouant encore une fois le couplet des quartiers défavorisés, et moyennant quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires dans l’une ou l’autre « association de terrain-perlimpimpin », on tentera de camoufler la multiplication des exactions de plus en plus graves que subit le pays.

Millions d’euros publics qui iront rejoindre les milliards injectés dans plus d’une dizaine de plans banlieue dont les résultats sont tous plus catastrophiques les uns que les autres.

Non, rassurez-vous : au-delà de la petite liste des exactions récentes, il est assez peu probable que cette presse se retrouve en proie à une fièvre informationnelle et décide d’abandonner son sacerdoce d’éducation et de conscientisation de ses lecteurs.

Il n’y a aucune chance que, subitement, cette presse tente de faire le bilan objectif de 30 ans d’une politique de la ville catastrophique et de la corruption qu’elle a entraîné, qu’elle s’essaie à une analyse complète et détaillée des maux des cités, qu’elle en décrive les dérives religieuses, politiques, économiques, qu’elle explique que les comportements observés sont le résultat de décennies d’entretien d’un discours lamentable de lâcheté et de perversion pour des buts purement électoralistes.

Il n’y a aucune chance que cette presse, touchée par la grâce ou l’envie de simplement faire son boulot, énonce quelques vérités bien senties comme l’impérieuse nécessité d’un retour à l’ordre dans ces cités, et par la force puisque c’est de ça qu’il s’agit et qu’elle en vienne, par conséquent, à demander des comptes aux autorités pour ces dérives consternantes.

Demander des comptes ? Vous n’y pensez pas, mon brave !

Cette presse qui a déjà été fort timide pour admettre les exactions policières lors des manifestations des Gilets Jaunes sera, on peut le garantir, encore plus timorée lorsqu’il s’agira de suggérer que, peut-être, cette force qui fut fort mal dosée contre un peuple en souffrance pourrait l’être un peu mieux (enfin !) contre des groupes de dégénérés qui n’ont plus fait l’expérience de l’autorité de l’État depuis plusieurs générations et qui se réclament ouvertement contre ce peuple, contre cette autorité et contre cette République qu’ils n’en finissent pas de vomir – tout en se servant copieusement dans son portefeuille (qu’elle lui tend d’ailleurs avec cette commisération si spécifique des gauchistes patentés).

Cette presse ne se penchera pas plus sur le décalage maintenant effrayant entre ce que la République devrait être, et ce qu’elle offre vraiment, à savoir une absence complète de réponse adaptée à ce genre de débordements invraisemblables dans un pays qui fanfaronne d’être une puissance mondiale.

Non. Cette presse aura mieux à faire. Bien avant tout ça, elle ira rappeler l’insupportable calvaire de cette femme voilée dans un conseil régional, les insupportables discours d’Eric Zemmour, les insupportables livres de Laurent Obertone, et vous fera reprendre deux fois de la transition écologique napée d’une louche de cette onctueuse nécessité d’augmenter un peu taxes et impôts pour garantir le vivrensemble.

Parce qu’il faut garantir le vivrensemble, pardi !

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Source : http://h16free.com/2019/11/04/64768-mortiers-et-vivrensemble