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La CGT encore une fois épinglée pour le traitement de ses salariés

lundi 25 mars 2019 à 09:00

L’actualité n’est pas toujours réjouissante, mais il y a parfois de bonnes nouvelles. C’est grâce à quelques petits notules journalistiques commodément passés inaperçus – mais que je vais me faire une joie de relayer – qu’on apprend ainsi que le syndicalisme est bien vivant en France.

Et si quelques doutes avaient pu s’exprimer à ce sujet, qu’ils soient vite dissipés en rappelant d’une part la représentativité de ces syndicats dans le pays, qui n’est absolument plus à démontrer. Rappelons qu’en un peu moins de 75 ans, le taux de syndicalisation en France est passé d’un maigre 25% des salariés à la Libération à un solide 11% à présent, chiffre impressionnant qui doit d’ailleurs en grande partie aux 19% de syndicalisation dans la seule fonction publique. Cette tendance illustre assez bien le succès de ces institutions et des bénéfices qu’elles offrent auprès des salariés, du patronat et des politiciens.

D’autre part, il serait dommage d’oublier que le syndicalisme français est toujours des bons combats et a toujours su défendre âprement les avantages des catégories qui lui sont les plus attachées, notamment cette fonction publique qu’il semble décidé à protéger contre l’ultralibéralisme galopant dans lequel s’enfonce le pays dans des petits « bloub bloub bloub » rassurants. On retrouvera sans mal cette même hargne au combat lorsqu’il s’agit de garantir les régimes spéciaux, l’exception et les traitements particuliers étant finalement la raison d’être du syndicalisme à la française.

Enfin, les syndicats français ont régulièrement fait preuve de cette finesse politique qui leur a permis de toujours rester aussi éloignés que possible des mouvements populaires (Bonnets Rouges, Gilets Jaunes, même combat ont décrété les syndicalistes : loupons le coche, méprisons le mouvement, puis noyautons-le et enfin essayons de le récupérer). Cette conservation d’une séparation franche et quasi-hygiénique entre leurs propres mouvements et ceux, spontanés, du peuple a d’ailleurs amplement garanti le succès de ces syndicats auprès des politiciens.

Mais surtout, sur les 70 dernières années, le syndicalisme français en général et celui de la CGT en particulier auront été un vaste champ d’expérimentation des possibles en matière de frôlement de la légalité par le mauvais côté de la tangente.

Il ne sera pas très compliqué de documenter cette assertion tant les exemples sont nombreux et pourtant si vite oubliés par cette presse dont la parution, l’impression et la distribution dépendent directement – et de façon fort pratique – de ces syndicats. On pourrait évoquer la cache d’armes du Syndicat du Livre, les trafics en tous genres (les petites aventures à la SNCM valent plusieurs billets à elles seules), les détournements de fonds ou abus de confiance, les coups et blessures, l’intimidation, l’expulsion de sans-papiers (oui oui), et tant d’autres, mais pour revenir aux petits notules évoqués en introduction, je me contenterai de rappeler les malversations régulières des principaux syndicats envers leurs propres salariés (pas assez syndiqués, je présume), à l’instar d’un Marc Blondel (F.O.) qui fut condamné pour avoir exploité ses chauffeurs, ou encore lorsque l’ambiance au siège de la CGT était si détestable que cela avait fini par se savoir.

Eh oui. Alors que nos syndicalistes s’affichent, partout sur les plateaux-télé et dans les colonnes enfiévrées de journaux amicaux, comme les défenseurs de la veuve salariée et de l’orphelin sous contrat, toujours prompts à dénoncer les agissements supposément iniques de patrons aussi ignobles que fantasmés, la réalité est que loin de ces médias, ces syndicalistes se comportent finalement exactement à l’instar de leurs Némésis de cauchemar : le Point révèle ainsi que le chauffeur de Philippe Martinez, l’actuel patron de la CGT, et deux autres salariés ont été licenciés au terme d’une procédure bancale qui emmène ce beau monde et le syndicat aux prud’hommes.

On se demande quel syndicat viendra aider les ex-salariés du syndicat à faire valoir leurs droits auprès du syndicat. Croustillant et parfaitement illustratif.

Cela pourrait amplement suffire à démontrer une fois encore que le sabotier est souvent le plus mal chaussé et qu’en matière de droit du travail, les syndicalistes sont plus prompts à venir l’utiliser contre les entreprises qu’à l’appliquer pour eux-mêmes. Cela démontre aussi la remarque habituelle que les plus grands moralisateurs sont généralement ceux qui ont le plus de choses à se faire reprocher, comme si leurs admonestations virulentes n’étaient là que pour camoufler leurs propres turpitudes.

Force est de constater que ceux qui dénoncent le plus telle injustice ou telle immoralité sont souvent les premiers acteurs de celles-ci quand tout le monde a le dos tourné, à la CGT comme ailleurs.

Mais s’arrêter en si bon chemin serait dommage d’autant qu’un autre fait divers vient ajouter de l’eau à mon moulin : pendant que le syndicat se dépêtre des accusations de procédures de licenciements mal boutiquées, son patron se trouve aussi emmêlé dans un montage financier particulièrement audacieux lui permettant de bénéficier de son généreux salaire.

Il apparaît en effet que la CGT fait actuellement payer un loyer très élevé à la maternité parisienne des Bluets dont l’actionnaire principal est … la CGT. Syndicat qui semble-t-il ne fait guère d’efforts pour garantir une bonne ambiance de travail et des relations apaisées au sein de l’établissement comme on pourra le constater dans ce témoignage :

Loyer très élevé qui provoque donc tensions et plans sociaux, et dont la raison semble être… de coquets salaires pour les dirigeants syndicalistes : selon le rapport de l’Igas, cette maternité financerait ainsi indirectement le salaire de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui a perçu 55.000 euros sur l’année, 6.000 euros de plus que l’année précédente.

Pour les habitués de ces colonnes, ces faits divers n’étonneront pas : les syndicats français ne sont plus qu’une forme différente de mafia, plus ou moins institutionnalisée et tolérée tant par l’État officiel, qui y trouve son compte, que par les salariés eux-mêmes qui n’ont de toute façon pas le choix et dont certains continuent de croire les balivernes médiatiques qu’on tartine à leur sujet.

Pour les autres, ces mésaventures constitueront d’excellents rappels à la réalité : le pays a été mis en coupe réglée par les collectivistes, qu’ils soient dans les administrations, véritables colonisateurs du pays, ou dans les syndicats, mafia discrète mais très efficace pour elle-même.

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Source : http://h16free.com/2019/03/25/63255-la-cgt-encore-une-fois-epinglee-pour-le-traitement-de-ses-salaries


[Redite] Comment ruiner un pays en 10 étapes

dimanche 24 mars 2019 à 11:00

Article initialement paru le 17.11.2011

Ce dimanche, je vous propose un billet qui a fort bien vieilli.

Il apparaît clair que la plupart des pays occidentaux, actuellement, traversent plus qu’une passe difficile et pour certains, il s’agit même d’une véritable remise en question de leur modèle de société. Je vais tenter ici de synthétiser les dix principales étapes qui ont conduit à cet effondrement. Il est certain que je vais en oublier et je vous encourage donc, dans les commentaires, à me donner votre propre classement…

Si la crise dans laquelle nous nous enfonçons a du bon, ce n’est certes pas par les catastrophes (sociales, familiales, humaines) qu’elle va entraîner, mais bien parce qu’elle permet de mettre en exergue certains des problèmes que les authentiques libéraux n’ont cessé de dénoncer depuis des années (des décennies, pour certains).

1-Accumuler de la dette

Ainsi, s’il y a bien une méthode pour ruiner un pays, c’est celle qui consiste à, systématiquement, vider ses caisses. C’est l’essence même de la ruine, quelque part.

Or, lorsqu’on regarde tous les pays qui, actuellement, prennent la crise de plein fouet et n’ont plus de marges de manœuvre pour y faire face, ce sont tous ces pays dans lesquels les états ont accumulé une dette colossale. La dette, au départ, c’était le moyen indolore pour distribuer les sucettes et les systèmes sociaux sans en payer le prix, ni économique (puisqu’on reporte aux générations suivantes le coût de ce qu’on a mis en place), ni politique (puisque chaque politicien qui l’a entérinée savait fort bien qu’il ne serait plus là pour gérer le trou lorsqu’il deviendrait trop gros).

Mais pour arriver à accumuler de la dette, il va falloir un élément essentiel.

2- Dévoyer le langage, les mots

En détournant le sens des mots, on rendra la dette acceptable, joyeuse, respectable et, par la suite, normale voire souhaitable. On a ainsi transformé, de façon répétée, un déficit un peu moindre en « cagnotte« .

On associera systématiquement la liberté avec l’absolue nécessité de l’encadrer, on étendra la notion d’égalité dans le seul but de favoriser ou désavantager des groupes spécifiques, des idées pourtant nécessaires mais qu’on taxera rapidement de nauséabondes, de poussiéreuses ou de rétrogrades.

On donnera carte blanche aux politiciens pour forger de nouveaux mots pour travestir et tordre la réalité. Ainsi, il n’arrive plus rien, seulement des impressions et des sentiments qu’il se passe quelque chose. Tout se vaut alors, tout peut s’échanger, tout peut se mêler dans un grand bain bouillonnant de joie naïve ; les petits heurts sur les angles du réels ne sont qu’un souvenir, une sensation vague.

Une fois les repères estompés, les mots tordus, mâchouillés, rendus mous et utilisables à toutes les sauces ou totalement bannis car porteur de trop de sens, on peut continuer à progresser vers une ruine totale en s’attaquant maintenant à ce qui fait l’essence même d’un pays, ses individus.

3- Rendre les gens ignorants

Je l’ai déjà évoqué il y a quelques jours, mais on comprend qu’il est indispensable, pour ruiner un pays en profondeur, d’inculquer à tous des notions bancales en économie.

C’est d’autant plus facile que les mots auront été préalablement passés en machine programme 90°, lavés plus blanc que blanc. Et en trois générations, les politiciens eux-mêmes finissent par croire dur comme fer aux énormes bêtises qu’ils profèrent, pour les avoir entendues de la bouche de ces « experts » qui proviennent de la même génération qu’eux ou de la précédente, et qui ont de toute façon déjà été confronté à la fuite des repères et du bon sens.

Moyennant quoi, mis à part une poignée de personnes qui passent au mieux pour des originaux, au pire pour de dangereux violeurs de chatons et autres dévoreurs d’enfants, tout le monde trouvera ensuite parfaitement normal de débattre sur des thèmes dont tout montre qu’ils sont anecdotiques, imposés par un agenda politicien ridicule et l’absence compacte de tout bon sens.

Le débat lancé sera d’autant plus excité et emporté qu’on aura appliqué l’étape suivante.

4- déconnecter ceux qui touchent de l’argent de ceux qui en produisent.

Si les étapes précédentes constituent à elles seules les clauses à mon avis nécessaires pour la ruine d’un pays, elles n’en sont pas suffisantes pour autant.

Car on peut encore imaginer que, par différents moyens (dont le hasard n’est pas à écarter), certains finissent par dessiller et, comprenant la situation, tentent de redresser le pays. Afin d’éviter une telle — fâcheuse — occurrence, on aura donc soin de bien séparer dans des classes quasiment hermétiques ceux qui touchent de l’argent distribué généreusement et au prix d’un effort minimal de ceux qui le produisent, généralement avec pas mal plus de travail.

Cette scission peut s’opérer assez naturellement sur l’âge (avec le vieillissement des populations), avec des empilements de législation fiscale et un code du travail foisonnant, avec, bien sûr, des systèmes de redistribution de plus en plus complexe, des taxations incompréhensibles et des maquis impénétrables de passe-droits, de privilèges, aussi petits que nombreux.

Une fois l’agglomération d’usines-à-gaz réalisée, plus personne ne sait exactement qui est débiteur ou créditeur net du système. Et même s’il y a des gagnants très visibles, ils ne seront pas inquiétés parce qu’ils sont au milieu de millions de perdants qui s’ignorent. Chacun croyant sa situation un peu meilleure que celle du voisin ne voudra pas même voir le seul grand gagnant ultime de l’opération, celui qui aura franchi toutes les étapes précédentes…

Les autres étapes confinent ensuite à l’oeuvre d’art. La ruine est maintenant non seulement grandiose, elle devient inéluctable.

5- Décourager l’épargne

Crédit à gogo, envie frénétique de consommer maintenant ce qu’on ne voudra pas ou pourra pas rembourser plus tard, volonté de profiter largement d’un système en misant tout sur sa bonne santé future … Moyennant quelques hypothèses plus qu’hardies, on va faire comprendre qu’économiser avant d’acheter, avant de prendre sa retraite, garder une poire pour la soif, tout ça, c’est du passé.

On s’occupera de vous quoi qu’il arrive. En attendant, donnez maintenant, l’Etat vous le rendra, peut-être au centuple (peut-être pas du tout, mais chut).

Et pour les réfractaires, on va injecter de l’inflation dans l’équation. On peut : on a le monopole de la monnaie.

Dès lors, comme épargner devient un gros mot, hériter est une injure.

6- Honnir l’héritage

Ainsi, même si, lorsqu’on constate objectivement que ce ne sont pas les héritiers qui s’enrichissent le plus, loin s’en faut, on fera attention à bien ancrer dans les esprits de tous que le travailleur qui a épargné (oh, le gros mot) et qui aura légué le fruit de son travail à sa descendance est le dernier des salopards.

On comprend ici que l’étape 2 est indispensable puisque l’héritage est l’essence même de la civilisation humaine et ce qui différencie précisément l’homme de l’animal. Et pour ruiner un pays, quoi de plus efficace que de ramener sa population au rang le plus bestial possible ?

Evidemment, on procédera par étapes, hein.

Ruiner un pays efficacement, ça ne se fait pas à la hussarde. Les soviétiques ont tenté cette approche ouverte, mais même après 70 ans de pillages, de viols, de massacres et de vols, les rescapés se sont remis à accumuler dès qu’ils ont pu et à transmettre leur héritage à leur progéniture.

Tsk tsk. Les cons.

On n’insistera donc jamais assez sur l’étape 2.

Enfin, les quatre dernières étapes permettent de ferrer le poisson et de ne plus le lâcher.

7- Élire des vieux croûtons

Afin de scléroser le pays, on s’assurera d’une dynastie de politiciens qui, eux, n’hésiteront pas à capitaliser sur l’héritage des générations précédentes, et à s’accrocher à tous les postes de pouvoir. C’est vrai dans pas mal de pays occidentaux où le politicien moyen est rarement, très rarement jeune, et c’est particulièrement vrai dans les pays où le travail de sape aura été le plus vigoureux.

Ainsi, en France, l’âge moyen au Sénat est de 65 ans. On ne s’étonnera pas que la retraite à 62 ans ne les concerne pas.

Quant à l’Assemblée Nationale, avec ses 59 ans de moyenne, elle n’en est plus très loin.

8- Être fort avec les faibles et faibles avec les forts

Un Etat juste sera soutenu par sa population. Un état qui vise la ruine du pays qui le supporte a tout intérêt à se montrer aussi injuste que possible. Il n’aura de cesse de cogner sur les petits, les sans-grades, ceux qui ne sont pour lui qu’un porte-monnaie (en voiture, au travail, à la maison). Et il ne s’épargnera aucune obséquiosité avec les puissants, après desquels il s’endette d’ailleurs autant que possible (étape 1 oblige).

Enfin, et puisqu’on s’est lourdement endetté, autant claquer le produit de la dette contractée dans les opérations les plus inutiles.

9- subventionner ce qui ne fonctionne pas

… Parce que ça ne fonctionne pas, on subventionnera, on utilisera l’argent des autres pour continuer le rêve. Et on fera bien comprendre que si on ne le fait pas, c’est la fin pour ceux qui en vivent. On choisit donc ouvertement de créer des trous.

10- subventionner tout ce qui fonctionne

… Parce que ça fonctionne trop bien, on va mettre y de l’argent public, celui qui est gratuit, qui ne coûte à personne (enfin, pas tout de suite). Et lorsque les efforts nécessaires à ce que ça fonctionne se seront évaporés à mesure que la douce gratuité de l’argent des autres arrivait, ce qu’on subventionnait parce que ça marchait … ne marche plus.

Et là, magie de la recette : on subventionnera encore plus (étape 9) précisément parce que ça ne marche plus (Les exemples de marchés, de sociétés, de domaines où cela s’est passé exactement comme ça sont foison, je vous laisse les trouver).

Et lorsque ces 10 étapes sont correctement appliquées, le résultat est aussi parfait qu’inéluctable : une ruine totale.

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Source : http://h16free.com/2019/03/24/63202-redite-comment-ruiner-un-pays-en-10-etapes


Le boulevard de Macron

vendredi 22 mars 2019 à 09:00

La petite tactique politicienne, classique, a fonctionné : le pourrissement du mouvement par l’intérieur et ses inévitables gauchisteries ainsi que par l’extérieur via l’intervention calculée des casseurs auront amplement permis de complètement décrédibiliser le mouvement des Gilets Jaunes. Le gouvernement peut se réjouir.

Ou disons, le gouvernement peut se réjouir sur le papier : alors qu’il a été au bord du gouffre en décembre, que la panique pouvait clairement se lire dans les décisions hâtives et mal boutiquées du pouvoir, le voilà maintenant en territoire plus connu et mieux balisé. Après 18 semaines d’un essoufflement clamé chaque semaine, le gouvernement décide d’agir fermement…

À force de dégradations et moyennant le limogeage d’un fusible parfaitement accessoire, le soutien du peuple aux manifestants s’évapore. Entre leurs revendications, passées très très vite d’un « Les impôts ça suffit » à un « Augmentez les impôts des méchants riches », et les exactions des casseurs menées d’abord en parallèle de leurs manifestations puis, maintenant, avec un support de plus en plus affirmé par une part croissante des Gilets Jaunes eux-mêmes, la grogne fiscale s’est muée en mouvement de protestation tous azimuts avec une composante collectiviste et anti-capitaliste majoritaire, comme le pays en produit maintenant régulièrement depuis des décennies.

De façon toujours aussi calculée, on appréciera à sa juste valeur l’entrée de l’armée dans la danse politique du moment. Alors qu’il semblait impensable qu’on puisse pacifier ou sécuriser avec l’armée le moindre bâtiment civil sur le territoire national à partir du moment où il était malencontreusement placé dans un quartier sensible, il semble maintenant tout à fait idoine de la faire intervenir pour des bâtiments dans des quartiers à l’émotivité différente.

La froide réalité est qu’au-delà de l’effet d’annonce de l’actuel gouvernement, il s’agit simplement de placer des troufions devant quelques « bâtiments républicains » pour assurer un semblant de sécurité et espérer focaliser l’action des forces de l’ordre « traditionnelles » sur les débordements possibles. Autrement dit, on s’interroge sur ce qui pourrait vraiment se passer si, d’aventure, les dits militaires se retrouvaient face à des foules violentes et des casseurs déterminés.

Et pendant que le gouvernement s’en donne donc à cœur joie dans l’emploi plus ou moins judicieux de la force de coercition propre à l’État, l’opposition parlementaire est globalement inaudible ou d’une crédibilité elle-même si ténue qu’elle rend tout son discours grotesque.

La droite, devenue un blob visqueux depuis sa perte de colonne vertébrale idéologique il y a des années de cela, est maintenant en train de lentement sécher sur place ; seul un optimisme qui confine à l’opacité mentale permet de trouver dans Wauquiez ou les autres « ténors » de droite le moindre espoir d’un renouveau conservateur (sans même parler de libéral) ou, encore plus simplement, une idée d’opposition parlementaire crédible. Le redressement de la droite parlementaire ne peut décemment passer par un type qui inspire moins confiance que ces publicités gluantes qui promettent « des femmes chaudes à 3 km de chez toi » ou les « trucs étranges pour maigrir que les médecins détestent ».

Quant au fatras qui sert de gauche, il est tout aussi peu crédible : leurs représentant n’ont pas caché leurs sympathies (et nettement plus si affinités évidentes) pour les engeances les plus délétères du mouvement des Gilets Jaunes, ce qui rend grotesque leurs couinements émis à présent contre la mobilisation de l’armée.

Il n’y a donc officiellement aucune opposition.

Le Grand Débat, pour sa part, n’aura essentiellement impliqué qu’une petite frange de la population de retraités, calme et pondérée, peu ou pas concernée par les revendications initiales ni évolutives des Gilets Jaunes, et n’a abouti à rien de concret si ce n’est entériner la scission maintenant claire de la société française avec d’un côté, les vaches à lait payeurs d’impôts, et de l’autre, tous ceux qui traient et boivent goulûment.

Cette fumisterie inutile ne débouchera, au mieux, que sur quelques bricolages sociétaux ou, au pire, sur de nouveaux impôts, et s’est doucement dégonflé dans l’indifférence quasi-générale avec un exercice égotique ridicule où l’on a pu voir Emmanuel Macron discourir en roue libre avec quelques dizaines d’intellectuels pris en otage de sa politique de gribouille.

Les élections européennes approchent à grands pas et on assiste à un véritable déferlement d’une propagande aussi onctueuse que le nectar sirupeux des plantes carnivores. Il faut voir le « clip de campagne » (ou l’un d’eux au moins) de la République En Marche pour mesurer l’ampleur de ce qui se joue actuellement avec ce côté tragi-comique dans le grotesque qui donne cette impression d’halluciner debout :

Avec cette propagande en mode « gens alliages & toutes options » dont on avait déjà observé le fleurissement délirant dans un précédent billet à base de Captain Europe et d’Eurolapins consternants, on retrouve la dichotomie artificielle « Moi ou le chaos » qui en dit plus long sur la façon dont Macron et son équipe considèrent les électeurs que sur le réel état des lieux de l’Union européenne en général et de la France en particulier.

Bref : avec une opposition en carton, des électeurs propagandisés à mort et de toute façon éparpillés aux quatre vents, une abstention qui va encore fricoter dans les gros pourcentages, la probabilité n’est pas nulle que le parti présidentiel s’en sorte honorablement, et ce malgré l’état déplorable du pays et la direction catastrophique qu’il prend.

Et alors que le fossé démocratique continue de se creuser de jours en jours, on se demande exactement comment ces nouvelles dispositions (militaires), comment ces clips de campagne, comment cette propagande et comment ces non-propositions de réformes fiscales permettront d’améliorer la situation du pays.

Avec deux sous de bon sens, on comprend surtout que c’est exactement l’inverse qui va se produire. Le boulevard qui s’ouvre devant Macron nous mène droit vers les pires options.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2019/03/22/63239-le-boulevard-de-macron


Pas de doute, l’extrême-droite est partout !

mercredi 20 mars 2019 à 09:00

Cela faisait des mois qu’on s’en doutait, dès les premières manifestations des Gilets Jaunes, mais ce sont les récents débordements sur les Champs-Elysée qui ont éclairé sans le moindre doute la situation française : de façon absolument certaine, la République est maintenant terriblement menacée par l’extrême-droite.

Les choses ont mis un peu de temps à se cristalliser, mais il ne se passe plus guère une journée sans qu’enfin, le vrai coupable soit définitivement désigné lorsque quelque chose tourne mal dans le pays (et même ailleurs).

Le terroriste de Christchurch ? Quand bien même il se revendique lui-même éco-fasciste, quand bien même il prend pour modèle la République Populaire de Chine actuelle, il s’agit sans nul doute d’un militant d’extrême-droite. D’ailleurs, les enquêtes sont formelles : puisque tout est parti de forums et de plateformes non-censurées (et donc de facto d’extrême-droite) alors notre terroriste en est aussi.

Renaud Camus, Zemmour ou Finkielkraut sont régulièrement présentés comme des intellectuels de l’extrême-droite sinon la plus conservatrice, parfois la plus dangereuse. Avec une souplesse surprenante, on apprendra d’ailleurs que si l’on s’en prend à Finkielkraut, on est d’extrême-droite comme l’a clairement expliqué Benjamin Griveaux, l’actuel porte-parlote du gouvernement.

Les « Gilets jaunes » sur les ronds-points ? Infiltrés par l’extrême-droite, pardi. Tout de noir vêtus, qui brûlent un restaurant et saccagent des vitrines sur les Champs-Elysées ? Ce sont là encore, entre deux drapeaux rouges et noirs, devant l’un ou l’autre A encerclé, d’évidents militants de l’extrême droite, tous comme les Black-Blocs.

Dans le même registre, on ne s’étonnera pas de trouver de vraies convergences de tous ces précédents individus avec Donald Trump ou Jair Bolsonaro, ainsi que Marine Le Pen, Vladimir Poutine ou Viktor Orban. Coîncidence ? Je ne crois pas ! Tous ces gens sont forcément d’extrême droite, pardi !

Le gouvernement français, la presse, les médias en général qu’ils soient français ou du reste du monde, tous s’accordent sur un constat, terrifiant si l’on y réfléchit froidement : chaque jour qui passe voit s’étendre la grande nébuleuse internationale de l’extrême-droite, occulte et tentaculaire, qui menace le vivre-ensemble de nos belles démocraties européennes.

Ce n’est pas compliqué. Dès lors qu’une opinion diffère des avis officiels dispensés par les médias et le gouvernement, on ne peut qu’être poussé à l’évidence : c’est un coup de l’extrême-droite, d’une façon ou d’une autre. Dès qu’un désaccord fait jour, dès qu’une opposition s’exprime, c’est une résurgence de l’extrême-droite.

L’opposition au gouvernement n’est plus une simple critique, c’est progressivement devenu une menace pour la démocratie, et une place dangereuse laissée au discours séditieux. D’édito de presse enflammés en chroniques ciselées, l’opposition au gouvernement n’est plus qu’un populisme de plus en plus dangereux et lorsqu’il va trop loin, lorsque le populisme se fait même populaire et rencontre du succès, lorsque le « fact chekcing » et autre « décodage » ne parvient pas à calmer le jeu, alors, c’est très simple : c’est l’extrême-droite !

C’est tellement simple que c’en est devenu simpliste, caricatural même.

Il n’y a plus de nuances, il n’y a plus d’analyse. Les anathèmes « raciste », « antisémite » et bien sûr « facho » sont devenus les ingrédients indispensables de toute Pensée Complexe™ débitée comme de la saucisse industrielle sur tous les médias, à toutes les heures de grande écoute. On appliquera l’étiquette d’extrémiste de droite dès qu’on le pourra et on saura trouver d’amples périphrases et des ellipses habiles pour tous les cas où ça ne pourra pas marcher, depuis le malencontreux déséquilibre jusqu’au militant suractif en passant par le jeune très déçu, le frôlement d’incident, le véhicule subitement doué d’une volonté propre ou le quartier timidement émotif.

D’un autre côté, on placera avec une application presque religieuse nos jeunes générations à l’abri de toute exposition à un savoir qui pourrait les perturber. Par un travail de fond long mais systématique sur les élèves puis les étudiants qui, une fois devenus eux-mêmes enseignants, pourront perpétuer le non-savoir devenu ancestral, on formera les esprits à cette dialectique étrange où tout se vaut, où les oppresseurs sont forcément des Hommes Blancs mais où les Races n’existent pas, où le sexisme est à sens unique, où la différence est glorifiée mais où tout le monde est parfaitement égal.

À la fin, les bases ne sont plus connues ni comprises. À la fin, l’inculture règne et tout se vaut. À la fin, le gloubiboulga est total, chimiquement parfait.

Je vous encourage à écouter les deux premières minutes et trente secondes de la vidéo suivante pour voir où je veux en venir :

En pratique, les mots ont été tellement torturés et vidés de leur sens, les étiquettes tellement distribuées à la volée, les anathèmes mitraillés sur les opposants qu’il ne reste plus qu’un magma gluant de concepts inopérants valables pour tout et n’importe quoi. Dans ce bouillon épais, l’extrême-droite semble partout, couvre tout le spectre des demandes populaires qui ne sont pas portées par le Camp du Bien, dont le squelette idéologique est lui-même de plus en plus mou. Les classes jacassantes ont parfaitement réussi à décérébrer une grande partie de la population qui réclame une répression toujours plus forte des éléments perturbateurs mais les comprend voire soutient, qui veut qu’on lutte contre le terrorisme mais réclame qu’on renforce encore l’interdiction d’accès aux armes, qui veut moins d’impôts mais plus de services publics ou qui veut moins d’Etat mais plus d’assistanat.

Les journalistes et les politiciens pleurnichent régulièrement sur la chute constante de leur crédibilité auprès de l’opinion. Mais à force de n’avoir plus qu’un mot pour désigner toutes les opinions politiques divergentes (l’extrême-droite, évidemment) et de n’avoir plus qu’un seul mot pour désigner toutes les causes de tous les malheurs sur Terre (le libéralisme, affublé au besoin d’un préfixe turbo, néo ou ultra), leur capacité d’expliquer le monde et de proposer des solutions opérationnelles au reste du peuple s’est complètement étiolée.

Criant « ultralibéralisme ! », « fachistes d’extrême-droite ! » dès qu’un problème survient dans leur narration, ils passent à présent pour des bouffons…

Source : http://h16free.com/2019/03/20/63210-pas-de-doute-lextreme-droite-est-partout


La République des Poulets Sans Tête

lundi 18 mars 2019 à 09:00

C’est pourtant simple : comme il n’y a plus d’argent dans les caisses, comme on ne peut surtout pas toucher aux Services Publics à la Française que le Monde Entier Nous Envie mollement, il est entendu que nos impôts continueront de grimper.

Il était temps ! Bien que représentant plus de 1000 milliards d’euros, les prélèvements obligatoires ne suffisent toujours plus à compenser les terribles et systématiques baisses de moyens de toute l’administration publique qui en viennent – forcément, les pauvres – à fournir des services tous les jours plus médiocres.

À tel point que ça commence à se voir.

D’ailleurs, au-delà du mouvement des Gilets Jaunes en partie provoqué par cette dégradation des services obtenus pour des sommes toujours plus importantes, on pourra admirer l’extraordinaire résilience du peuple français qui a supporté cet état de fait pendant 40 ans et a mis tout ce temps à se rendre compte qu’on était en train de l’enfler furieusement dans une décontraction assez stupéfiante.

On mâtinera cependant cette admiration en constatant que cette sortie de l’hallucination collective qui s’était emparée du pays est encore fort partielle : pour le moment, ceux qui sont les plus concernés par cette dégradation semblent pourtant décidés à réclamer davantage de ces maux qui l’ont engendrée.

Reste que les services publics sont maintenant si pourris que certaines institutions françaises s’en émeuvent. En plus des rapports de la Cour des Comptes qui dénoncent la situation, se ressemblent un peu tous dans leurs conclusions même si les sujets diffèrent, s’empilent et s’oublient bien vite, c’est maintenant au Défenseur des Droits de s’inquiéter devant un état des lieux catastrophique.

Et sans même considérer le seul pan du respect des droits et des libertés fondamentales que le Défenseur des Droits estime reculer de toutes parts, son rapport ne laisse aucune ambiguïté sur la qualité des services publics, notamment sur leur dématérialisation qui coupe leur accès à un nombre croissant de citoyens notamment les plus défavorisés ou vulnérables.

Cette dégradation ne se cantonne malheureusement pas au domaine purement numérique. En fait, si la disparition des guichets et des pousse-tampons dans les administrations locales ou nationales constituait le principal problème des institutions publiques françaises, la situation serait même encore relativement favorable à l’économie, l’entreprise et par voie de conséquence, l’emploi.

Malheureusement, tant qu’à foirer, autant le faire de tous les côtés, sous tous les angles qu’on regarde. À l’appauvrissement global et complet des administrations publiques, il faut y ajouter leurs comportements de plus en plus aléatoires et une augmentation exponentielle de ses contraintes paperassières qui frisent maintenant la pure folie kafkaïenne.

Ceci a des conséquences très directes sur l’emploi : on apprend par voie de presse qu’en raison des difficultés administratives, le groupe aéronautique français Safran ne parvient pas à trouver de lieux favorables pour ouvrir deux usines dans l’Hexagone.

Son directeur général, Philippe Petitcolin, est prêt à investir près de 300 millions d’euros pour construire ces deux usines, mais en raison de l’absence de politique coordonnée entre les différents centres les décisions, l’État, la Région, les communautés de communes, les communes, personne ne se coordonne, chaque partie du mille-feuille tente de tirer la couverture à elle et tout se termine bien évidemment au mieux dans des imbroglios administratifs ubuesques, dans des refus ou des blocages incompréhensibles, ou au pire dans une indifférence polie parce que telle ou telle étape ne dépend pas d’un maillon mais d’un autre, pas au courant.

Bon, d’un autre côté, ce n’est pas comme si la France avait des chômeurs. La pleine activité et le boom économique du pays autorisent largement d’embarrasser l’une ou l’autre entreprise, même française, histoire de bien faire comprendre qui est le chef dans le pays, merde alors.

Et pendant que Safran (et tant d’autres, moins médiatiques) continuent de s’engluer dans la mélasse épaisse des administrations françaises incompétentes, obèses et désorganisées, le gouvernement dirige l’ensemble de main de maître en laissant par exemple s’agiter le grand benêt de Bruno Le Maire sur les milliers de petits leviers, boutons et autres cadrans qui pilotent l’économie française.

Comme un teckel sous coke, voilà le ministre qui s’agite d’un endroit à l’autre d’une salle de contrôle hypothétique et qui, tripotant fiévreusement à peu près tous les boutons et leviers qu’il peut, tente d’obtenir un résultat, n’importe lequel, en expliquant à qui veut l’entendre, entre deux rires nerveux frôlant la démence pure, que tout ceci est parfaitement logique, contrôlé et que les fumeroles et les étincelles sont prévues, tout va bien, ne vous inquiétez pas.

J’exagère ?

Il suffit de regarder l’actualité économique du pays pour comprendre que cette description est très favorable au ministre devant la réalité de la catastrophe en cours : dans une incohérence typique du sabotage ou de l’aliénation la plus complète, le gouvernement, Bruno en tête, tente de rattraper les effets de ses précédentes politiques dont tout, absolument tout, indiquait qu’elles allaient avoir ces résultats. Et ce faisant, tout indique à présent que notre brochette de clowns incompétents va aggraver le problème plutôt que le résoudre.

Ainsi, après avoir combattu le diesel pendant les dix-huit derniers mois, Bruno, l’oeil fou et la lippe pendante, se rend subitement compte que tout ceci impacte très négativement les ventes de véhicules équipés de ces moteurs et par conséquence leurs fabricants et équipementiers, ainsi que les constructeurs automobiles qui annoncent à présent des suppressions d’emplois par milliers,

Mais plutôt que mettre un terme aux causes de ces difficultés, Bruno a déjà trouvé une solution : mettre sur pied « un plan concerté » d’accompagnement, revenant à border le lit des malades en attendant que la ciguë fasse effet.

Avec le doigté habituel dont l’État en général et Bruno Le Maire en particulier ont fait preuve jusqu’à présent, on peut raisonnablement imaginer qu’après avoir bordé les mourants, ils mettront le feu aux draps du lit tout en conservant le ferme espoir d’éteindre l’incendie en pleurant dessus.

Services publics catastrophiques, mille-feuille administratif si opaque et impotent que créer de l’emploi devient pour ainsi dire interdit par décret, ministre complètement à la ramasse… La République des Poulets Sans Tête est décidément en pleine forme.

Certaines fins ne sont pas heureuses... (Not everything can end well)

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Source : http://h16free.com/2019/03/18/63186-la-republique-des-poulets-sans-tete