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Un candidat à la présidentielle mis en examen

mardi 7 mars 2017 à 09:16

Apparemment, un candidat à un tour de manège à l’Elysée vient de se faire mettre en examen.

Oups, c’est Benoît Hamon, l’ex-ministre de l’Education Nationale pendant les grandes vacances…

C’est le Réveil Normand, petit journal local, qui nous révèle l’abominable dossier.

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Source : http://h16free.com/2017/03/07/57652-un-candidat-a-la-presidentiel-mis-en-examen


Pôle Emploi en grève contre l’efficacité numérique

lundi 6 mars 2017 à 13:11

Ce dimanche, j’évoquais la gréviculture et nos syndicats si efficaces pour conserver leur emploi mais pas le travail dans les entreprises où ils sévissent. Aujourd’hui, l’actualité me sert sur un plateau un nouvel épisode rebondissant de leurs actions si délicieusement en phase avec la société et le monde réels.

On apprend en effet que nos gréviculteurs professionnels de chez SNU-FSU, FO, la CGT et Solidaires ont appelé les agents de Pôle Emploi à des débrayages lundi 6 mars. Avouons au passage que faire la grève dans la boutique dont l’objectif est de trouver un emploi permet d’élever le cynisme au rang d’art, d’autant plus lorsqu’on découvre la raison qui anime nos pépiniéristes du piquet de grève : la numérisation avancée de l’ensemble des activités de l’établissement public impose de redéployer 2500 à 3000 conseillers Pôle Emploi vers des activités de suivi et d’accompagnement des chômeurs.

Et ça, c’est la goutte de sueur qui fait déborder le syndivase : cette « dématérialisation à outrance » leur fait redouter la disparition complète de certains postes.

Rendez-vous compte : avec ce numérique qui s’insinue partout, Paul Employ va subitement devenir efficace au point de donner plus de temps aux agents pour s’occuper directement des chômeurs ; 12.000 d’entre eux sont en effet employés à calculer l’indemnisation des chômeurs, alors que les avancées informatiques permettent d’en réduire le nombre. C’est proprement scandaleux, mais ce n’est pas tout : une partie ces conseillers va devoir modifier sa façon de travailler, ce que redoute par dessus tout Jean-Charles Steyger du syndicat SNU-FSU (à vos souhaits), et ce alors que leur activité existe « depuis plus de 40 ans ».

Quelle tristesse ! 40 ans de savoir faire quasi-artisanal, de petits cerfas minutieusement concoctés, de formulaires en triplicatas tendrement assemblés par des attaches-trombones ouvragés de haute main, le tout dans l’ambiance studieuse des Ateliers Nationaux de Fabrication de Chômeurs ! Remettre en cause Paul Employ, c’est mettre en péril ce qui est devenu un véritable savoir-faire, une marque de fierté nationale, l’emblème de tout un pays, et, pire que tout, en introduisant l’informatique, que dis-je, en uberisant l’établissement à coup de simplification numérique, en laissant le chômeur utiliser Le Bon Coin, appeler un ami ou utiliser le 50/50. Quelle horreur !

Ah, vraiment, ce pays est croquignolet : les salariés d’un établissement public destiné à l’emploi se mettent en grève parce que l’évolution technologique menace leur emploi… Difficile de ne pas y voir la synthèse parfaite des problèmes qui minent la France : syndicalisme idiot, grève contre-productive et carrément cynique dans le contexte, refus du changement, combat d’arrière-garde contre le progrès, repli sur soi.

Qui que soit l’élu en mai de cette année, on sent nettement la taille de l’obstacle qu’il (ou elle ?) devra surmonter.

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Source : http://h16free.com/2017/03/06/57636-pole-emploi-en-greve-contre-lefficacite-numerique


[Redite] L’incalculable contribution des syndicats français au chômage

dimanche 5 mars 2017 à 11:00

Billet paru initialement le 08.03.2016

Pendant que la campagne présidentielle bat son plein (d’un son creux), le pays continue de ronronner à ses habitudes. Dans celles-ci, on peut compter sur la grève et les problèmes syndicaux, comme par exemple pour Air France dont certains personnels envisagent une grève (qualifiée de préventive par un facétieux syndicat) du 18 au 20 mars prochain contre les efforts de productivité demandés aux navigants. Ah, la grève ! Ah, les syndicats, toujours irréprochables et propres sur eux, que deviendrait la France sans l’une et les autres ? Une puissance commerciale indomptable ? Allez savoir…


On le sait : il faut, partout dans le monde, beaucoup de sueur, d’abnégation, de courage et de persévérance pour créer et faire vivre une entreprise. En France, les obstacles administratifs, économiques ou sociaux rendent la tâche encore plus ardue, ce qui explique un taux de chômage structurel élevé. En revanche, partout dans le monde, foirer une entreprise est assez simple et en France, ça l’est encore plus puisqu’il suffit de faire intervenir l’État, les syndicats ou la justice.

L’affaire qui nous occupe aujourd’hui se déroule au sein de la société Desseilles, qui, bien qu’un des fleurons de la dentelle de Calais, n’en est pas moins en difficultés. Elle est même en liquidation judiciaire avec quelques jours de sursis, suite au jugement du tribunal administratif de Lille tombé en décembre, qui ordonne la réintégration de cinq syndicalistes licenciés en 2013 : l’entreprise doit à présent payer les deux ans et demi de salaires non versés pour chacun d’entre eux, ainsi que les indemnités prud’homales qu’ils vont demander pour les dommages et intérêts, soit entre 700.000 et un million d’euros, qui ne sont évidemment pas disponibles dans la trésorerie de l’entreprise.

Le hic, c’est que les syndicalistes licenciés l’ont pourtant été dans un cadre bien spécifique, celui du licenciement économique, validé par l’inspection du travail ainsi que la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et le ministère du Travail, et ce, malgré les recours des licenciés.

Heureusement, la conjonction d’un syndicalisme utile et bien compris avec une justice taillée au cordeau par le tribunal administratif va donner à l’affaire un tour croustillant en imposant donc la réintégration des salariés, au motif que l’entreprise aurait dû proposer des reclassements en interne à ces salariés. Un reclassement interne dans une entreprise qui calanche, c’est croquignolet, on l’admettra.

gifa a little crazy

Quant à la réintégration, selon toute vraisemblance, elle fera fermer l’entreprise complètement, entraînant ainsi la transformation d’une poignée de licenciements économiques par une faillite complète avec 74 nouveaux chômeurs à la clé. Réintégration qui, de surcroît, n’est souhaitée par aucun des salariés actuels de l’entreprise, qui comptent pourtant des délégués syndicaux des autres centrales, et ont même monté un collectif pour que les licenciés ne soient pas réintégrés, et qui soutiennent la direction.

Seul un appel de la décision au tribunal permettra, s’il passe, de sauver les meubles et de permettre à un repreneur chinois de rattraper l’entreprise en difficulté. Mais si l’appel est rejeté, le repreneur a déjà fait savoir qu’il n’irait pas plus loin.

Belle affaire, ne trouvez-vous pas ?

En tout cas, tout y est réuni pour déclencher une tempête de facepalms violents.

Tout d’abord, sur le plan philosophique, on pourra se demander à quoi sert la multiplication des instances validant un licenciement, fut-il économique. En effet, même si l’inspection du travail, la DIRECCTE et le ministère lui-même semblaient d’accord sur le principe, il n’aura suffi que d’une petite décision de justice pour remettre en cause toute leur belle assurance. Les entreprises et, de façon plus générale, la société françaises y gagneraient si on pouvait se passer de leurs services compte tenu des résultats observés ; autant aller au procès directement, ce qui évitera d’occuper bêtement le temps des directions, inspections et autres encombrants ministères.

D’autre part, cette affaire prouve encore une fois la difficulté même de rompre un contrat de travail, notamment pour des syndicalistes, et même dans le cadre pourtant extrêmement balisé d’un licenciement économique. En outre, cette difficulté entraîne assez directement des conséquences néfastes imprévues et catastrophiques. Ici, très concrètement, cette surprotection des salariés va directement aboutir à multiplier par près de 15 les dégâts des 5 licenciements initiaux pour les transformer en 74. Certes, les syndicats ont clairement eu leur rôle à jouer dans cette consternante démonstration de force obtuse, mais à ce point de la réflexion, on en vient à se demander chafouinesquement si ces lois ne sont pas justement écrites pour donner in fine un pouvoir immense à des irresponsables trop heureux de résister encore et toujours contre le méchant patronat, quitte à tuer tout emploi autour d’eux…

gifa cat facepalm

Enfin, on devra noter l’incroyable incohérence de la protection sociale française que le monde nous envierait tant, qui oscille ici entre l’incohérence la plus crasse et l’hypocrisie la plus débridée.

Car c’est bien d’incohérence et d’hypocrisie dont on doit parler ici lorsque d’un côté, on se barbouille bruyamment du collectif et qu’on prétend chercher le bien commun, et que de l’autre, on bousille consciencieusement le moyen d’existence de salariés qui sont très heureux de leur condition.

En somme, on détruit le bien commun et ce lien social du travail dont les syndicalistes, les inspecteurs du travail, les juges administratifs, les ministres et tant d’autres acteurs se gargarisent à longueur de journée, sur les plateaux télé et dans les plus palpitants articles de presse, et on le fait au profit de personnes qui ont largement démontré leur toxicité au point de déclencher chez les autres salariés le besoin de vouloir se protéger d’eux (ici, en créant un collectif pour éviter leur réintégration).

Oh, j’entends bien les arguments dégoulinant de duplicité de ceux qui viendront, droits comme des I et la main sur cœur, prêts à jurer de leur rectitude morale, nous expliquer que le tribunal n’a fait ici que respecter la Loi, toute la Loi, rien que la Loi et qu’elle ne permet pas, aveugle qu’elle est, la moindre interprétation. C’est trop chou.

Mais voilà : ici, la justice (administrative) est devenue complètement autiste, rejetant l’esprit de la loi, le bon sens et la recherche du moindre mal au profit d’une application stricte, rigide même, de textes impénétrables dont elle entend rester la seule à pouvoir faire l’interprétation. Elle n’est plus que l’expression d’une forme de jusqu’au-boutisme, ne cherchant pas, comme jadis Saint Louis sous son chêne, à équilibrer les sentences mais à rendre un verdict qui soit conforme à l’idéologie qu’elle entend promouvoir ainsi, cette idéologie qui commande que le patron est un fourbe, que le travail aliène, et qu’il faut donc lutter, par tous les moyens, pour libérer les travailleurs et asservir les patrons.

almost blind justiceEn revanche, cela ne choquera personne que la même justice, aux mains d’autres tribunaux, voire aux mains de nos parangons de moralité, n’aura aucun mal à passer outre les petits écarts des uns ou des autres s’ils sont dans le Camp du Bien, élus ou syndiqués. Cette même justice saura se montrer accommodante ou vraiment très aveugle lorsqu’il faudra oublier certains comportements.

Et là où chaque article de chaque livre de loi sera épluché pour n’en oublier aucune subtilité s’il s’agit de faire rendre gorge à un salaud-de-patron, la loi deviendra un maquis d’interprétations et de latitudes généreuses lorsqu’il s’agira de juger l’un ou l’autre privilégié de la République, l’enfant sacré du syndicalisme, ou le socialement proche victime d’une trop méchante société.

Le sort de cette fabrique de lingerie calaisienne apparaît aussi sombre qu’incertain. Mais une chose est sûre : si elle disparaît définitivement, les syndicats et le tribunal administratif pourront se vanter d’y avoir grandement contribué. Dans un pays ou près de 5 millions de personnes se battent pour trouver un travail, c’est toujours bon à savoir.

Source : http://h16free.com/2017/03/05/57625-redite-lincalculable-contribution-des-syndicats-francais-au-chomage


Changement de rythme

samedi 4 mars 2017 à 10:00

Et voilà, arrive ce petit moment délicat où le blog va changer de rythme.

Remettons un peu de contexte : cela fait maintenant onze années et demi que je tiens ce blog, et huit ans que je produis à peu près 5 à 6 billets par semaines, hors périodes de vacances (vous pourrez le vérifier sur les archives, dans la colonne de gauche). En tout, ce sont 3000 billets qui se bousculent sur cette plateforme depuis septembre 2005, plus de 3900 images diverses, près de 400 gifs dont certains animés, et surtout, plus de 300.000 commentaires dont vous, fidèles lecteurs, êtes directement responsables (mais pas coupables, je vous rassure).

Pendant ces presque douze années, ce blog, en m’astreignant à un rythme soutenu, m’a donné l’occasion d’améliorer mon écriture, de poser mes raisonnements, de tenter avec un peu d’humour de faire passer quelques idées à vous, lecteurs fidèles et autres, que je remercie au passage pour votre assiduité et vos conseils, remarques et commentaires toujours plus nombreux.

L’expérience fut très enrichissante sur le plan humain (sur le plan financier, la vente d’un occasionnel t-shirt ou la récupération d’une poignée de mBTC ne permet pas encore l’autonomie complète). Cependant, j’arrive à ce point où l’habitude a pris place au plaisir. Friser la répétition, écrire une nouvelle fois, un peu différemment, sur un sujet déjà trop abordé ne m’amuse plus vraiment.

Dès lors, plutôt que risquer l’ennui (le mien et le vôtre), je vais changer mon rythme, et travailler moins pour m’amuser plus, en quelque sorte. Il y aura donc nettement moins de billets longs (1000 à 1500 mots), plus de petits billets courts ou de tweets, d’images amusantes (et à ce sujet, les contributions de lecteurs sont toujours les bienvenues) et de brèves en passant.

Bien évidemment, la campagne électorale sera l’occasion de trouver matière à se tordre les côtes. Nul doute que l’une ou l’autre pignouferie de presse viendra égayer nos journées et, à cette occasion, je trouverai le temps d’écrire un billet, que j’espère d’autant plus savoureux qu’il aura eu le temps de mûrir.

Et pour discuter, outre cette plateforme qui restera ouverte, il restera toujours les intertubes, depuis mon e-mail jusqu’à Twitter (@_h16) en passant par Facebook.

D’ici là, je vous souhaite de bonnes lectures. Et ça tombe bien, les archives sont lisibles aussi à partir d’ici :
[archives]

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Source : http://h16free.com/2017/03/04/57608-changement-de-rythme


Thinkerview : Entretien avec Ivan Erhel, porte-parole de Sputnik France

vendredi 3 mars 2017 à 09:00

Pour finir une semaine particulièrement agitée sur le plan politique (et toujours aussi consciencieusement éloignée des préoccupations économiques réelles de nos compatriotes), je vous propose un sujet complètement différent, en revenant sur un entretien récent produit par Thinkerview qui a interrogé Ivan Erhel, le porte-parole de Sputnik en France.

Sputnik, c’est le petit nouveau dans les médias web francophones, mais c’est aussi la version française d’un média russe qui existe depuis le 10 novembre 2014. En un peu plus de deux années, et grâce à l’évident financement de l’état russe, il est parvenu à ouvrir plusieurs agences dans le monde dont une en France. C’est un service d’information qui remplace l’agence RIA Novosti, et, pour beaucoup, c’est un simple relais de la propagande russe en France. L’entretien avec Ivan Erhel, son porte-parole, offre donc l’opportunité de voir comment le média se considère lui-même dans le paysage journalistique français.

Et à l’écoute de l’ensemble de l’entretien, force est de constater que le porte-parole fait preuve d’une lucidité qu’on a parfois bien du mal à trouver chez ses confrères d’autres plateformes. On appréciera d’ailleurs sa franchise lorsque (vers 16:00) il décrit son incursion en Ukraine et comment il s’est retrouvé à participer (en tant que simple observateur) à l’une des rondes de la milice d’extrême-droite locale qui, cherchant à bastonner des communistes ou des pro-russes, n’aura trouvé ce soir-là qu’à contrôler quelques immigrés clandestins d’Asie centrale.

Du reste, démarrant sur les chapeaux de roues (vers 3:20) en déclarant sans ambages que « la vérité se situe en marge de ce qui est écrit dans la presse », Erhel admet sans problème qu’effectivement, Sputnik, chez lequel il travaille depuis six mois, est financé par la Russie et diffusera donc les informations avec le point de vue spécifique de cet Etat.

Pour lui cependant, la Russie n’est pas l’ennemi à abattre mais doit rester un pays avec lequel on peut s’entretenir. Du reste, on ne peut pas lui retirer la comparaison avec les antennes, nombreuses de France Télévision ou de Radio France, directement subventionnées par l’état français et dont le rôle n’est finalement pas différent de celui de Sputnik, sans que personne ne semble s’en offusquer. Après tout, le modèle d’affaire de Sputnik est construit comme celui de Radio-France International, subsidié par l’état dans les deux cas. Sputnik Monde reçoit environ 100 millions d’euros par an, ce qui permet à Sputnik France d’employer un peu plus d’une dizaine de salariés, tous Français sauf deux Russes (le rédacteur en chef et une journaliste qui repart prochainement à Moscou).

D’autre part, tant qu’à amalgamer Sputnik au FSB (services secrets russes) ou aux intérêts étatiques ou capitalistes russes, Erhel n’hésite pas à rappeler qu’à côté des chaînes publiques subventionnées par l’Etat français, les chaînes privées étaient toutes détenues par des capitalistes et industriels français, de façon tout à fait similaire. La bataille pour savoir qui, des premiers ou des derniers, produit le plus d’information biaisées est donc ouverte.

Interrogé (vers 34:13) de but en blanc pour savoir si Sputnik ou son confrère télévisé, Russia Today, sont de la propagande, Erhel continue la comparaison : alors que la France baignait jusqu’à présent « dans la propagande anglo-saxonne (…) que France24 est de la propagande française à destination de l’Afrique ». Ce qui le pousse à s’interroger : « plusieurs points de vue sont-ils autorisés ? » Et, levant tout ambiguïté, il conclut d’ailleurs :

« Derrière Sputnik, il y a une volonté claire, étatique, de faire parler le point de vue russe et c’est assumé. »

Le but plus ou moins affiché (plutôt plus que moins) est donc de contrebalancer la propagande occidentale anti-Russe, allant « de la calomnie au russian-bashing » outré, qui s’illustre dans la contre-culture internet par l’existence même d’un hashtag #RussianDidIt (« C’est un coup des Russes ! »), dont on conviendra aisément vu le ton moqueur qu’il met plutôt en boîte ce dénigrement trop gros pour être cru systématiquement.

Et puis, finalement, propagande pour propagande, l’arrivée de Sputnik en France permet finalement de choisir à quelle sauce l’information sera servie.

La lucidité ne s’arrête pas à la nature même des informations débitées par Sputnik mais s’étend agréablement à une vision raisonnable de la profession de journaliste. Erhel rejoint finalement beaucoup de citoyens lorsqu’il constate que la carte de presse française reste bien souvent un avantage fiscal et seulement ça, certains journalistes ne la méritant pas alors que d’autres, n’en disposant pas, pourraient largement la réclamer. Il note à raison (vers 13:35) que « le pire ennemi du journalisme, aujourd’hui, c’est l’autocensure et le conformisme ». Pour lui (28:25), « Le Monde ment, comme tout le monde », soit par action, soit plus encore par omission. Or, toujours pour lui, « Le Monde, c’est la référence absolue de la presse française. Un scoop n’est un scoop que lorsqu’il est officiellement repris par Le Monde. »

Au sujet des nouvelles bidons (ou « fake news » tant décriées par les tartufes du Monde ou d’ailleurs), Erhel estime qu’il s’agit plus d’un sous-produit de l’internet qu’un sous-produit du journalisme, et que ces rumeurs et informations fausses sont la conséquence directe de la possibilité de chacun de s’exprimer et aussi de relayer ces bêtises.

Enfin, interrogé (vers 53:17) sur l’état de la presse occidentale et sur ce que, selon lui, il faudrait faire pour améliorer la situation, le porte-parole de Sputnik lance trois idées : d’une part, il estime qu’il faudrait que les journalistes fassent des stages dans les populations pour être un peu en phase avec la réalité, pour sortir de la classe journalistique. Beaucoup de mes lecteurs seront effectivement en phase avec cette proposition qui rejoint le constat, lu et relu maintes fois sur Internet, d’une déconnexion croissante du cercle des élites politiques et journaleuses sur elles-mêmes et le nécessaire besoin de leur retour à la réalité (à ce sujet, l’actuelle campagne présidentielle n’annonce aucune amélioration sur ce plan-là).

D’autre part, Erhel souhaite une vraie indépendance pour une agence de presse française, loin du mécanisme bâtard de subvention étatique qui permet à l’AFP de survivre, ou, à défaut, l’apparition d’agences de presse alternatives.

Enfin, on pourra trouver touchant son désir de revenir à la méritocratie qui viendrait amoindrir le succès des gens trop conformistes. Si, dans le fond, il a raison, cette méritocratie appelée de ses vœux remet en cause trop d’habitudes, de prés-carrés et de prébendes douillettes pour que la France de 2017 y songe sérieusement…

L'opinion publique : quand on est cool à ce point, on n'en a rien à carrer.

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