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Climat : tous contre Trump ?

lundi 29 mai 2017 à 09:00

Au G7, c’est la panique et la consternation. Malgré le beau temps, malgré les bons repas et les mets goûtus, malgré la bonne volonté de presque tous les membres du G7, Donald Trump a refusé la moindre concession au sujet du climat. C’est intolérable !

Tout le monde sait, pourtant, que la planète va mal. Tout le monde sait que les températures n’arrêtent pas d’augmen… de changer ! Tout le monde sait aussi que, lorsqu’on voit un ours polaire affamé qui erre sur une banquise en petits morceaux, c’est bien le début de la fin et que les années sont comptées pour l’Humanité !

Dès lors, il apparaît indispensable de tous faire groupe, de rappeler, régulièrement, les efforts que nous devons, tous, faire de façon impérieuse pour que la catastrophe soit évitée. Et l’une des occasions rêvées pour faire corps dans une belle ferveur, c’est justement le G7 où les dirigeants des principales économies de la planète se rassemblent pour prendre de fermes décisions.

Manque de pot, cette fois-ci, le président américain s’est montré intransigeant : Donald Trump a refusé la moindre concession au sujet de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il faut dire qu’il était attendu au tournant : lors de sa campagne présidentielle, il avait clairement annoncé la couleur en expliquant, en vrac et plusieurs fois, que le réchauffement climatique était une calembredaine, que les accords économiques et énergétiques passés sous Obama étaient bien trop contraignants et qu’il entendait bien, une fois élu, dénoncer tout cela avec fracas. Dès lors, la position américaine officielle — qui peut maintenant se résumer à un détricotage massif de toutes les décisions climato-affolées prises depuis huit ans par Obama — a eu le don de faire instantanément sortir de ses gonds toute une presse délicieusement éco-consciente : depuis que le Donald est aux manettes, il ne se passe plus guère de semaine sans qu’on nous explique, par le menu, comment telle ou telle administration américaine écolo-centrée va se retrouver privée de fonds par les décisions présidentielles, pourquoi l’avenir de la planète est subitement plus en danger avec le nouveau président américain, et comment vient subitement d’exploser le nombre d’espèces animales passées au broyeur capitaliste.

Et là, c’est le pompon puisque Trump va même plus loin : il a clairement annoncé que, dans quelques jours, il décidera s’il doit sortir les États-Unis des Accords de Paris.

C’est affreux. C’est abominable. C’est catastrophique. C’est…

Mais au fait, c’est quoi, ces accords de Paris ?

Eh bien il s’agit essentiellement d’un pénible texte légal, écrit avec la précision diabolique propre à ce genre de gros traité multilatéral que chaque dirigeant d’un État quelconque doit pouvoir s’engager à appliquer sans gros soucis devant son parlement, ce qui impose donc un niveau d’exigence extrêmement bas. Bien évidemment, ce n’est absolument pas décrit ainsi dans les médias qui ont semble-t-il pour objectif de présenter ces opérations de marketing politique comme une avancée majeure dans l’histoire de l’Humanité.

Plus prosaïquement, les Accords de Paris ont pour objectif vague de contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, ainsi que diminuer l’usage des énergies fossiles et faire preuve d’une contrition aussi large que possible (et surtout financièrement palpable) vis-à-vis de petits États insulaires qui sont évidemment des victimes dans cette histoire (ne discutez pas).

Comment comptent s’y prendre les participants ? C’est à la fois simple et parfaitement grotesque : outre l’utilisation assez généreuse de poudre de perlimpinpin et du concentré subtil de prouts de licornes, l’idée consiste essentiellement à déverser des tombereaux d’interdictions et de taxes sur ceux qui envisageraient de polluer, de favoriser certaines énergies au détriment d’autres (généralement sans aucun rapport avec l’efficacité), de montrer du doigt et de jeter l’opprobre sur ceux qui refusent de se conformer à la doxa en vigueur.

On le comprend : dans ce cadre, l’Amérique de Trump est à la fois un coupable tout désigné et un bouc-émissaire parfait puisqu’en définitive, c’est bel et bien le capitalisme et l’industrialisation qui sont directement responsables de tous les maux subis par l’Humanité ou, quand ce n’est pas elle, le reste de la Nature. Et le refus du président américain de faire la moindre concession dans le sens voulu par les autres membres du G7 constitue donc une véritable déroute en rase campagne pour les élites de la planète.

Pourtant, il fallait s’y attendre.

D’une part, comme je l’ai mentionné, Trump n’a pris personne par surprise : il avait clairement annoncé qu’il n’entendait pas poursuivre les efforts américains comme sous l’administration Obama. La mine outrée de la pauvre Angela ne devrait rien y changer : au moins le dirigeant américain est-il cohérent, puisqu’il fait ce qu’il dit.

D’autre part, il semble nécessaire de rappeller que du point de vue américain, les accords n’ont pas été ratifiés par le Congrès et ne sont que le résultat d’un décret présidentiel signé par Obama. Trump a donc toutes latitudes pour les annuler, n’en déplaise aux politiciens français comme Ségolène Royal qui persiste à croire, dans son incompétence habituelle, que son morceau de papier serait contraignant.

Enfin, Trump rappelle à peu de frais avec ce genre de décision que personne, en Europe ou ailleurs, ne peut imposer quoi que ce soit aux Américains. La différence essentielle est ici diplomatique : Trump a surtout le mauvais goût de se comporter de façon fort impolie, voire presque rustre, là où Obama faisait toujours preuve de politesse et d’onctuosité pour envoyer balader ses alliés. Mais dans les deux cas, le résultat est le même : les intérêts américains passent toujours avant les petites manœuvres politico-politiciennes des Européens.

En pratique, comme je l’écrivais lorsque les accords de Paris furent proclamés urbi & orbi en 2015, ces accords sont un simple morceau de papier sans grande valeur. Mais jusqu’à présent, ils avaient l’avantage politique assez considérable de représenter une façade, celle d’un front de dirigeants « unis pour sauvegarder notre planète ». Avec ces accords, Obama pouvait continuer de passer pour cet Afro-américain cool et progressiste, aux idées larges et pleines de bon sens que la presse, notamment européenne, encensait régulièrement.

En rejetant ces accords, en les renvoyant dans les limbes de paperasseries inutiles qu’ils n’ont jamais cessé d’être, Trump met les pieds dans le plat et se comporte comme un gros malpoli : il refuse de jouer au jeu, de prétendre, comme les autres dirigeants, faire quelque chose pour la planète. Il a le mauvais goût de rappeler à tout le monde que ces accords ne sont pas contraignants. Mais il y a pire : en refusant de suivre ces accords, Trump retire potentiellement de gros boulets artificiellement écologiques à l’économie américaine. Parallèlement, d’autres pays, malins, feront exactement de même (la Chine ou l’Inde en particulier). En revanche, l’Europe (de Merkel à Macron), drapée dans ses certitudes et son besoin d’unité à n’importe quel prix, va continuer exactement sur la même ligne ; et lorsque l’Amérique de Trump tirera son épingle du jeu, lorsque la Chine, l’Inde ou la Russie s’affranchiront discrètement de ces accords qui, de toute façon, ne mènent à rien, l’Europe persistera.

Finalement, ce n’est pas tant l’impolitesse et l’obstination de Trump qui mortifient à ce point Merkel et les autres dirigeants du G7. Non, c’est bien l’évidence que le président américain assume complètement faire fi d’une opinion publique internationale construite de façon artificielle, et surtout qu’à terme, ce choix donnera un atout économique considérable à son pays. L’Allemagne, la France ou le Canada ne peuvent vraiment pas en dire autant…

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Source : http://h16free.com/2017/05/29/58335-climat-tous-contre-trump


[Redite] On va tous encore plus mourir !

dimanche 28 mai 2017 à 11:00

Article initialement paru le 23.06.2011

Horreur, désespoir et calamité : Donald Trump, le bouillant président américain, semble se diriger tout droit vers un abandon complet de l’Accord de Paris sur le Climat signé lors de la COP21. Pour l’Américain, la facture de ce genre de péripéties est trop élevée et les contraintes trop fortes pour que les États-Unis s’encombrent ainsi. Lors du G7, les autres participants, apprenant la nouvelle position américaine, se sont retrouvés quelque peu froissés (comme Angela l’Allemande) ou carrément interdits (comme Emmanuel le Français), hésitant sur la marche à suivre pour les prochaines étapes.

Pourtant, c’est absolument évident, comme je l’écrivais il y a quelques années : si, tous ensemble, tous ensemble, nous ne faisons pas de gros efforts, on va tous mourir, mais encore plus !

Hier soir, j’ai commis rien moins qu’un crime : j’ai idiotement décidé de faire une salade composée thon / riz / petits légumes croquants. C’est rempli de honte que je vous avoue avoir mangé de bon appétit et avoir même trouvé ça plutôt bon. Je sais à présent que ma faute est immense et ma culpabilité totale. En lisant la presse ce matin, j’ai été frappé par la vérité, chplaf, en pleine tête : ce sont probablement mes derniers morceaux de thon que j’ai mangé ce soir-là !

Thon, luxe des années 2010Ooh, je vois tout de suite que le lecteur narquois, habitué de mes récits, se dit : « Ah, quel exagérateur ce h16 ! » Et je le sens déjà prêt à sourire voire à rire ouvertement dès que j’expliquerai l’angoisse qui m’étreint ! Malheureux que je suis de m’être tant moqué des zécolos et des fiers défenseurs d’une nature toujours plus découpée en pièce par des humains sans scrupules !

Pour tout dire, le constat est sans appel : plus l’homme se civilise, plus l’humanité est sauvage contre la nature, c’est évident ! Il suffit de regarder, les faits sont là, en petits caractères noir sur blanc, arial sans sérif 10 points, dans l’article du Figaro:

Les océans vont mal. Très mal. Réunis mi-mai en congrès à l’université d’Oxford, 27 des plus grands spécialistes de la biodiversité marine de six pays ont même été choqués par l’accumulation de signaux alarmants. En mettant bout à bout leurs observations et leurs analyses, une vérité effrayante a émergé: la vie marine est en péril.

Voilà, c’est dit : les océans se dépeuplent à vitesse grand V, il n’y aura bientôt plus que du sel et de l’eau dans cette mer jadis nourricière que tant de poète, de pêcheurs et de baltringues à micro dans de douteux karaokés auront chanté avec verve.

Le constat est donc indiscutable. Et par cet adjectif, je ne veux pas dire « personne n’en discute », « c’est tabou » et « si tu n’y crois pas, c’est que tu veux la mort de tes enfants et de ceux des autres, et les fours crématoires c’est encore trop bon pour toi » (en gros). Non. Je veux dire « indiscutable » comme dans « une discussion est impossible car les faits s’accumulent tous dans un sens qui ne prête à aucune autre interprétation. », façon Science Is Settled, mais en plus solide, hein, attention, pas de méprise, hein.

Pourquoi ? Mais c’est très simple : l’acidification des océans est constatée comme le nez au milieu du visage, acidification qui entraîne l’hypoxie des petites bestioles qui vivent dans l’eau, et, dans un très court terme, la disparition des poissons, des thons qui font d’excellentes salades, et, par voie de conséquences, des petits zumains qui les mangeaient. Et aussi des zécolos, ce qui est, vous en conviendrez, encore plus triste.

Et la cause de cet horrible phénomène ?

Le soleil, dont l’apport sur la Terre est, il semblerait, pas tout à fait négligeable ?
Un phénomène inconnu qui aurait échappé à la sagacité de tous les millions milliers centaines dizaines de chercheurs qui font le rapport en question ?
Les animaux marins qui font rien qu’à se chamailler dans les tréfonds et remuent la vase au point de faire monter la sauce acide ?
Le CO2 qui se dissoudrait dans l’océan et le rendrait plus acide ou disons, pour être plus exact, moins basique ?

PAaAaf ! C’est forcément la dernière réponse, voyons ! Puisque le CO2 provient forcément de l’homme, et que ce CO2 va forcément se dissoudre dans l’océan, il va forcément le rendre moins basique et forcément, le phytoplancton rigolo et le zooplancton amusant vont disparaître et faire mourir les hippocampes, les méduses, les baleines, les thons, les ours polaires et des hirondelles qui volent trop bas.

Le réchauffement climatique anthropique est donc, encore une fois, responsable de l’extinction massive d’espèces qui se pointe et va nous laisser sur le carreau !

L’article n’y va d’ailleurs pas avec le dos de la cuillère : le constat est « inquiétant », les résultats observés sont « choquants », les conséquences « bien plus graves » que prévues. Lisez vous-même :

« Tous les indicateurs se dégradent en effet suivant les pires des scénarios envisagés. La fonte des glaces polaires s’accélère, le niveau des mers continue de monter, les dégagements de méthane piégés dans les sols s’accentuent. « 

Aaah mon dieu mon dieu mais c’était qu’une boîte de thon pas très grosse pourtant Ahahaahargh ! J’ai du mal à composer ce billet tant mes yeux sont mouillés de larmes dont la salinité n’est pas sans rappeler cette mer qui baigna jadis le berceau de toutes les civilisations ! Et même si des rapports alarmants nous sont parvenus sur des bateaux coincés dans les glaces de plus en plus étendues, même si le nombre de réfugiés climatiques dus à la hausse des mers est dramatiquement ridicule, même si on susurre de plus en plus que les ours se reproduisent limite un peu trop, le doute n’est pas permis !

Nous allons tous mourir, et cette fois, on va mourir encore plus que les fois précédentes avec la grippe, la bactérie, Fukushima et ce réchauffement qui hésite franchement depuis une dizaine d’année ! Non parce que ça commence à bien faire cette histoire ! Regardez autour de vous, on a beau utiliser des adjectifs de plus en plus *choquants* avec du gras italique et des décorations de *folie* autour, les gens semblent s’en foutre, quoi, merde à la fin ! Comme le dit dans son vibrant article Le Figaro, ce journal d’une droite qu’on peine décidément à classer ailleurs que dans les mollassons socialoïdes,

Une prise de conscience mondiale est nécessaire

Oui ! Minimum ! Avec un truc-machin au niveau mondial qui permettrait enfin de coller une bonne série de lois, d’interdictions, de régulations, de règlements bien clairs, avec des ponctions massive sur les contribuables des pays qui polluent pour trouver l’argent nécessaire afin de faire de bonne grosses campagnes de propagande publicité pour laver les cerveaux sensibiliser les pigeons citoyens au nouveau problème qui se pose à toute l’humanité !

Mais le pire, ce n’est même pas tout ce bazar avec les pets de vache au méthane, les voitures qui rotent du CO2, les centrales nucléaires qui pètent un peu partout en faisant des millions d’irradiés ! Non, le pire, c’est que MÊME LA NATURE S’Y MET POUR S’AUTO-POLLUER !

Pollution par des cochonous

Avec le récent tsunami japonais, les eaux sont maintenant chargées de toutes les cochonneries qui traînaient bêtement sur la terre ferme, comme les voitures, les maisons, les planches pour faire des toits, des pompes à essence, des bouts de route, des niches avec marqué « PLUTO » dessus (en Japonais), des ours en peluche (oui, même des putains d’ours en peluche) et des millions de sac en plastique qui servent à emballer les boîtes de thon qu’on ramène des courses !

On ne s’en sortira pas ! Même si tous les chercheurs qui s’alarment se retiennent de respirer, de péter et de roter pendant les 30 prochains millions d’années, la nature va s’employer dans le même temps à multiplier les méchants raz-de-marée qui viendront la polluer (la conne), à rejeter des kilomètres cubes de particules radioactives dans l’air à chaque éruption volcanique (600 tonnes d’uranium vaporisées par Eyjafjöll, tout de même !), bref, même la nature nous met des bâtons dans nos roues écologiques !

On est foutus !
Ce monde est foutu !

Ce soir, je vais devoir me rabattre sur des raviolis !

Aarrgh.

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Source : http://h16free.com/2017/05/28/58332-redite-on-va-tous-encore-plus-mourir


Comment débuter dans Bitcoin et les cryptomonnaies

vendredi 26 mai 2017 à 09:00

Il y a tout juste sept ans avait lieu la première transaction du système Bitcoin : deux pizzas larges étaient achetées par Laszlo Hanyecz, un développeur américain, qui dépensait alors 10.000 bitcoins pour obtenir les précieuses denrées. Précieuses, ces pizzas le sont à présent alors que le Bitcoin atteint et dépasse allègrement les 2200€…

Comme je l’expliquais en effet le 10 mai dernier, Bitcoin est actuellement en pleine fièvre : plusieurs régulateurs financiers ont en effet assoupli leur position vis-à-vis de la monnaie électronique ce qui a notoirement aidé le cours du Bitcoin à s’élever au dessus de 1500$ l’unité.

Cependant, l’effervescence ne s’est pas calmée puisque les cours ont continué de grimper ces derniers jours. Peut-être les récentes avancées en matière de gouvernance du Bitcoin ont-elles provoqué un regain d’intérêt pour la monnaie numérique ? En tout cas, il semble raisonnable de croire que la mise en place progressive de ces nouvelles mesures améliorera la fiabilité de la cryptomonnaie, et c’est probablement cette idée qui pousse les investisseurs à surenchérir sur son cours actuel, le propulsant maintenant au-dessus de 2000€.

Ceci posé, on peut fort bien profiter de cette effervescence (qui confine, il faut le dire, à une certaine hystérie). Après tout, il n’y a pas de raison que le capitalisme ne soit réservé qu’aux industriels en cheville avec le pouvoir et comme les cryptomonnaies ont le vent en poupe, autant essayer d’en profiter, surtout que rares sont actuellement les outils financiers qui dégagent un rendement décent. C’est pourquoi ce petit billet sera essentiellement pratique et décrira ce que vous pouvez faire pour, vous aussi, participer à cette nouvelle économie numérique.

Bien évidemment, il ne s’agira pas ici de prendre des risques inconsidérés : si vous désirez vous lancer dans l’aventure des cryptomonnaies, faites-le avec l’argent que vous êtes prêts à perdre sans sourciller, typiquement pas celui des courses ou du loyer, mais plutôt les quelques euros que vous aurez envie de jouer pour comprendre la nouvelle donne numérique.

En définitive, acheter des monnaies électroniques n’est finalement pas différent d’acheter les actions d’une entreprise technologique innovante. Cela comporte une espérance de gain similaire (si l’entreprise décolle, son action grimpe et si la monnaie numérique devient prépondérante, son jeton gagne en popularité et en valeur) et permet de surcroît une intéressante randonnée dans le monde numérique ; au-delà du simple profit financier, l’opération comporte aussi une valeur éducative qui peut permettre à tout honnête individu de se faire une meilleure idée de ce que sont ces monnaies numériques, bien mieux que ne le pourraient les articles souvent consternants d’une presse traditionnelle largement dépassée.

Pour commencer le petit tour dans le royaume des monnaies numériques, on peut débuter par des plateformes d’échange qui permettront de convertir facilement nos euros en bitcoins. Pour cela, je peux vous encourager à aller voir du côté de Kraken ou Bitstamp qui offrent toutes les deux des facilités pour ces échanges. Dans les deux cas, il faudra vous enregistrer sur le site.

Afin de transférer un montant en euro vers ces plateformes, il vous faudra aussi fournir quelques éléments d’identification. Généralement, il s’agit d’une copie électronique de votre carte d’identité ou de votre passeport, ainsi qu’une facture récente (gaz, électricité, internet) pour prouver votre adresse. Eh oui : même si le reste des transactions et des monnaies numériques peut voyager à la vitesse de la lumière, même si les protocoles mis en pratique par Bitcoin et d’autres cryptomonnaies sont extrêmement rapides, l’interfaçage avec le monde réel reste toujours aussi rugueux, et le régulateur étatique n’y est absolument pas étranger. Du reste et notamment pour les Français, le virement banque-à-banque depuis votre compte bancaire traditionnel vers la plateforme de votre choix sera aussi une étape pénible puisqu’il faudra, là encore, faire les démarches nécessaires auprès de votre établissement financier afin que la destination (Kraken, Bitstamp, Poloniex ou autre) leur soit connue.

Une fois cette étape franchie et votre compte approvisionné, les choses sérieuses peuvent commencer puisque vous pouvez alors acheter et vendre les cryptomonnaies de votre choix qui sont disponibles sur la plateforme considérée. Pour le moment, au-delà de Bitcoin, je vous encourage à regarder aussi de près les cryptomonnaies comme Monero, ZCash, Litecoin ou Ethereum.

Dans une optique de spéculation, Ripple peut aussi constituer une alternative intéressante. Pour ceux qui se sentent une âme encore plus aventureuse, il existe des sociétés qui se chargent de fournir un rendement pour des bitcoins qui leur sont prêtés. Typiquement, ces sociétés appliquent des algorithmes de trading relativement agressifs sur les différents marchés et parviennent routinièrement à récolter autour de 0.5% à 1% par jour ouvré. Ceux de mes lecteurs qui sont intéressés sont invités à me contacter à ce sujet.

Pour ceux qui désirent simplement thésauriser leur monnaie numérique, l’option de la laisser en compte sur les plateformes d’échange peut constituer un souci. Après tout, Bitcoin est entièrement conçu pour se passer de tiers de confiance : pourquoi, dès lors, ne pas constituer sa propre banque en utilisant l’un ou l’autre procédé efficace sur le marché ? Ceux qui sont tentés par un porte-monnaie électronique pourront se reporter à Ledger Nano S par exemple. Les autres pourront étudier les clients plus ou moins légers comme Electrum ou Armory, ou envisager l’utilisation de clients « en ligne » comme blockchain.info. Ces derniers clients sont valables pour Bitcoin, mais on trouve aussi les mêmes pour d’autres monnaies, voire des clients qui supportent plusieurs monnaies comme Cryptonator par exemple. Dans tous les cas, une fois le client choisi, il vous suffira, côté plateforme d’échange, de préciser l’adresse de destination vers laquelle envoyer vos achats pour que ces derniers soient effectivement transférés, généralement en quelques dizaines de minutes.

Comme vous le voyez, entrer sur le marché des cryptodevises n’est pas insurmontable. Bien sûr, l’achat ou la vente de ces monnaies ne constitue probablement pas le fond de panier normal d’un portefeuille diversifié d’investisseur prudent : cela reste pour le moment une opération de niche qu’on mènera surtout pour tester le marché et en comprendre les mécanismes, et bénéficier ainsi d’une formation à peu de frais.

Certes, ces quelques paragraphes d’explication ne remplaceront jamais l’expérience directe d’un achat/vente de cryptomonnaies sur un marché particulièrement bouillonnant. Certes, essayer le « trading » ou le simple achat de bitcoin reste une opération relativement plus complexe que l’achat d’un paquet de chewing-gums. Mais malgré tout, la période actuelle est relativement propice à ce genre d’expérimentation : les marchés de cryptodevises sont particulièrement vifs et l’innovation qu’elles apportent dans le domaine de la monnaie et de la finance constituent de toute façon une véritable révolution.

Si nul ne sait si Bitcoin, dans 5, 10 ou 20 ans, sera encore la principale cryptomonnaie, et combien vaudra 1 BTC, il est en revanche certain que n’importe qui peut maintenant participer à ce nouveau marché. Et rien qu’à titre éducatif, ce serait dommage de passer à côté.

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Source : http://h16free.com/2017/05/26/58265-comment-debuter-dans-bitcoin-et-les-cryptomonnaies


Éviter les renoncements

mercredi 24 mai 2017 à 12:24

Cela fait maintenant trois semaines que notre nouveau président rebondissant est en poste. Sans aucun doute possible, le style n’est décidément ni celui d’un Sarkozy effervescent et brouillon, ni l’indécision confuse d’un Hollande empoté. Tout montre que le nouveau locataire de l’Elysée s’emploie déjà à imprimer une marque différente dans la politique française. Reste à savoir laquelle.

Il faut dire que ce n’est guère aisé. Certes, depuis l’extérieur, il est toujours assez simple de lancer des projets et d’imaginer que l’intendance suivra. Après tout, c’est toujours ainsi que cela se passe : le programme électoral est pondu, les grandes orientations décidées, les décisions fermes sont prises et pouf, la caravane s’avance dans la direction souhaitée. Ou à peu près et tant qu’on n’est pas en contact avec la réalité.

Dans le monde réel, ce qui semblait aller de soi il y a encore un mois ressemble déjà à un petit casse-tête sur lequel doit se greffer des considérations politiques et diplomatiques parfois complexes.

C’est ainsi que la politique, ce n’est jamais simple : Richard Ferrand, l’actuel ministre de la Cohésion des Territoires (allez savoir ce que c’est), se retrouve subrepticement emberlificoté dans une affaire délicate alors même qu’il vient tout juste d’arriver dans ses bureaux. Le Canard Enchaîné révèle aujourd’hui que la mutuelle dont Richard Ferrand était le directeur a loué ses bureaux à une société civile immobilière dont la gestionnaire n’était autre que la compagne du député du Finistère.

À cette révélation (que tout le monde, dans l’entourage de Ferrand, feint de ne pas du tout découvrir) doit s’ajouter celle qui voudrait que notre nouveau ministre ait employé son fils comme assistant parlementaire en 2014 durant plusieurs mois pour un montant total brut d’un peu moins de 9000 euros. Certains candidats à la présidentielle ne s’en sont pas remis.

À présent, il s’agira pour Macron de savoir si son ministre en vaut tout de même la chandelle (ce qui prouvera que, finalement, la politique en France n’a pas tant changé que ça) ou si au contraire, ce genre de passé (de passif ?) est maintenant trop lourd à porter pour n’importe quel gouvernement.

En somme, Macron va devoir improviser quelque peu. Et s’il le fera évidemment pour Ferrand, il va devoir le faire pour à peu près tout le reste aussi, depuis l’état d’urgence qu’il va devoir prolonger, comme l’autre président avant lui, pour les mêmes raisons futiles, jusqu’à la fameuse réforme du Code du Travail dont tout indique qu’elle ne pourra pas se passer exactement comme le nouveau président l’avait prévu.

Pour commencer, il semble bien que la réforme ne pourra pas entièrement se faire à coups d’ordonnances. En réalité, elles filent même plutôt de l’urticaire aux partenaires sociaux, qui ont logiquement poussé le chef de l’Etat à mettre de l’eau dans son vin : outre que le président explique « difficile de connaître exactement à l’avance le temps parlementaire » ce qui lui permet de justifier quelques aménagements, l’ampleur de la réforme qui sera portée par ces ordonnances risque fort de nettement diminuer d’assise.

Bien sûr, pour le moment, la volonté ne manque pas et pour Macron, l’affaire est entendue : d’ici 12 mois, les réformes du travail, du chômage et de la retraite seront achevées. Mais chacune des réunions avec les différents syndicats, chacun des points d’étapes qui parsème le trajet semblent à chaque fois alimenter de nouveaux petits renoncements, et ce d’autant plus que la presse se fait fort de rappeler au jeune président que les Français restent particulièrement circonspects sur le sujet : selon une enquête réalisée pour Franceinfo, ils se montrent très partagés sur l’opportunité d’ « aller plus loin que la loi El Khomri » pour réformer le Code du travail puisque 48% y sont favorables alors que 51% y sont opposés. En outre, ces mêmes Français souhaitent, à 63% d’entre eux, que le président « tienne le plus compte possible des objections des syndicats, quitte à revoir les réformes qu’il veut proposer »

Autrement dit, si Macron décide effectivement d’appliquer ces ordonnances (qu’au demeurant, rien ne permet d’affirmer qu’elles sont prêtes), il va tout de même lui falloir composer avec des syndicats et des Français qui ne sont manifestement pas prêts à lui laisser les coudées franches.

Eh oui : Macron n’a pas été élu suite à un élan populaire. Il n’est pas le résultat d’une liesse, d’une envie de réforme ou de changement profond de politique française. Non, il est le résultat d’une décomposition de la droite et de la gauche, ce centre un peu mou et attrape-tout qui se satisfait très bien, d’habitude, de demi-mesures molles et de réformettes timides. Dans ce cadre, Macron n’a pas derrière lui la ferveur nationale apte à rebattre les cartes et, surtout, à réformer le pays de fond en combles. Tout juste a-t-il un assentiment tiède d’une partie de la population qui trouve en lui un pis-aller passable, et le froid calcul de ces paquets de politiciens qui ont compris qu’il valait mieux adapter leurs convictions plutôt que se retrouver sans emploi dans un mois.

Compte-tenu de l’état du pays (dont certains départements commencent à ne plus pouvoir verser le RSA), compte-tenu de l’état des relations entre les différents partenaires sociaux qui n’attendent qu’une occasion pour sortir dans la rue, compte-tenu de l’état des administrations, Macron va devoir déployer des trésors d’imagination pour parvenir à faire avancer ses réformes. Selon toute vraisemblance, l’épreuve de force ne pourra être évitée : d’un côté, les syndicats (et l’habituelle salade de rouges plus ou moins correctement azimutés) qui n’entendront certainement pas se laisser marcher dessus, quand bien même ils ne représentent à peu près plus rien ; de l’autre, un gouvernement qui n’aura aucune latitude puisque s’il abandonne, le quinquennat ne sera plus qu’une nouvelle parenthèse hollandiste.

L’été promet d’être agité.

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Source : http://h16free.com/2017/05/24/58302-eviter-les-renoncements


Cannes ou le festival de Netflix

lundi 22 mai 2017 à 09:00

Avec le nouveau gouvernement Edouard Philippe, les Français viennent de recevoir leur part de rêves et de paillettes et c’est sans doute pour cela que la presse a eu bien du mal à aborder l’autre actualité starlettes du moment : le festival de Cannes vient de dérouler son célèbre tapis rouge sur la Croisette.

Et cette année, en parallèle d’une activité politique particulièrement chargée qui verra sans aucun doute la nouvelle Ministre de l’Aculture pavaner sur les marches du Palais, il y a déjà de quoi de se mettre un petit scandale ou deux sous la dent : il eut été particulièrement improbable, incongru même, que la Croisette n’ait pas été le siège, cette année encore, d’une nouvelle polémique sulfureuse et cette année, c’est à la faveur de nouveaux arrivants dans le monde pourtant très fermé du grand écran que le tapage aura lieu.

Pensez donc ! Alors que tout semblait concourir pour un maââgnifique festival haut en couleurs, voilà qu’un producteur-distributeur de films débarque sans prévenir sans s’occuper des petites habitudes du cru ! Netflix a décidé de ruer dans les brancards, c’est absolument scandaleux : en proposant deux films en compétition à Cannes cette année, la firme américaine a certainement passé toutes les bornes des limites et même au-delà !

Il faut le dire, l’affront est impardonnable : Netflix a décidé de ne pas faire sortir ses films en salle. Et pour cause : la firme américaine est en effet spécialiste du film à la demande, sur tablette, PC ou téléphone, pas du tout sur grand écran. Et les deux films qu’elle présente à Cannes cette année n’ont aucune vocation à se retrouver un jour sur les écrans de cinéma de la planète entière. Voilà un outrage sans limite qui fâche déjà les exploitants en salle, les festivaliers et les membres du jury : les premiers ne pourront pas espérer faire de l’argent en présentant ces films (et pour cause) ; les seconds sont trop heureux de faire une polémique à pas cher, quant aux troisièmes, ils cherchent à savoir si l’affront devra être lavé ou simplement oublié. En attendant, Pedro Almodóvar, le président de cette soixante-dixième édition, a quand même affirmé qu’il ne se voyait pas remettre la Palme à un film qui ne sortirait pas en cinéma.

Cette petite poussée d’urticaire cultureuse est tout de même intéressante en ce qu’elle montre, une fois encore, à quel point les modes de consommation ont changé plus vite que les habitudes. On peut bien sûr espérer que la plupart des professionnels du cinéma s’adapteront à la nouvelle donne des films à la demande, mais il n’en reste pas moins qu’une frange continuera de s’exciter contre les nouvelles technologies, les nouveaux modes de distribution et de consommation, afin de faire perdurer, coûte que coûte et vaille que vaille, un procédé qui n’existe que depuis à peine plus d’un siècle.

De ce point de vue, la Croisette cannoise, qui représentait il y a encore quelques dizaines d’années un lieu de strass, de paillettes et de modernité, tend à dépeindre maintenant un art vieillissant où il ne s’agit plus d’étonner, de surprendre ou de renouveler, mais de conforter ou de rassurer ceux qui dépendent ultimement de la vente et de la distribution de films.

Car c’est bien d’eux qu’il s’agit en réalité ici. Certes, on peut toujours admettre que pour l’un ou l’autre esthète cinématographe, rien n’est plus vivant, plus grand, plus beau que l’écran de cinéma et qu’à ce titre, aucun expédient ne pourra être trouvé pour le remplacer. Certes, le cinéma, par définition au moins au début, s’entendait être un plaisir culturel de groupe. Soit. Mais l’avènement des fichiers multimédias, des tablettes et des téléphones aura largement bousculé la donne.

À tel point, d’ailleurs, que ces nouveaux modes de consommations ont largement accru la quantité de films engloutie par les spectateurs sur les vingt dernières années, et dans ce cadre, l’apparition des films à la demande (Video On Demand) est en réalité un vrai pas en avant pour une meilleure distribution des films. Du reste, au contraire de tous les petits couinements stridents poussés par les distributeurs traditionnels de films, force est de constater que le cinéma ne s’est jamais aussi bien porté qu’actuellement.

Ainsi, même si le piratage semble faire des ravages avec des yeux remplis de larmes et pleins de morts du petit cheval, les chiffres ne laissent aucun doute : la lutte contre le piratage est particulièrement contre-productive dans le monde en général, et en France tout particulièrement. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre avec délice l’étude qu’à fait paraître l’INSEE il y a tout juste un an sur l’effet redistributif de la loi HADOPI sur la part de marché des films américains : non seulement, HADOPI et son cortège de vexations ridicules ne servent à rien, mais encore en plus favorisent-ils les films américains au détriment des français ; l’introduction de la loi est associée à une augmentation de la part de marché des films américains de 9% mais sans augmentation de la demande totale pour les films en salle. Autrement dit, la lutte contre le piratage parvient à rendre moins attractifs les films français (qui ne le sont déjà pas beaucoup en moyenne). Bien joué.

De la même façon, il y a fort à parier que les petits mouvements de prurits malencontreux vis-à-vis de Netflix risquent bien de se retourner… contre ceux qui les commettent : vouloir à tout prix enclaver le cinéma dans un mode unique de production, de distribution et de visionnage, c’est à terme signer son arrêt de mort tant il semble évident que le cinéma qui existait il y a encore 30 ans va profondément changer. De la même façon, imposer qu’un film primé à Cannes soit absolument distribué en salle, c’est une énorme bêtise : normalement, les palmes sont une récompense pour une oeuvre cinématographique, pas une oeuvre de distribution. Il y a tout à parier que si Netflix ou un autre du même tonneau gagne un jour cette palme, il fera sortir son film dans une salle anecdotique afin d’obtenir l’imprimatur de la distribution.

En outre, et c’est probablement le pompon, le passage en film à la demande constitue une vraie réponse contre le piratage : non seulement, l’offre de films en streaming répond à la demande qui trouve tant de mal à s’épancher sur les canaux traditionnels fort dépourvus et en plus, contre un prix modique, l’utilisateur dispose d’une vaste bibliothèque de titres de films et de séries dont il n’a besoin de s’occuper que lorsqu’il la regarde. C’est souvent moins de tracas que les déchargements interlopes, les petits papiers ridicules de HADOPI ou les sites louches remplis de trojans goûtus. En somme, le distributeur redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cessé d’être, à savoir celui qui distribue des films à ceux qui le demandent, bien avant de devoir faire l’insupportable gendarme qui n’a de cesse que terroriser sa clientèle.

Dans quelques jours, la Croisette pourra refermer ses portes, enrouler son tapis et éteindre les lumières. La polémiques Netflix n’aura guère vécu, heureusement. Le cinéma français, tout confit de sa propre importance, saura faire abstraction des nouvelles tendances et du nouveau paradigme et, dans un profond bâillement, pourra s’assoupir doucement.

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Source : http://h16free.com/2017/05/22/58262-cannes-ou-le-festival-de-netflix