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Affaire Kerviel : la Société générale devra-t-elle sortir le chéquier ?

vendredi 18 novembre 2016 à 09:00

Sale temps pour les banquiers : tout ne se déroule pas toujours comme prévu et parfois, les petits arrangements comptables ou fiscaux ne tiennent pas dans le temps. Pour la Société Générale, cela risque même de tourner carrément au vinaigre.

La Société Générale, c’est cette grosse banque dont l’histoire voudrait qu’elle aurait eu maille à partir avec l’un de ses traders, Jérôme Kerviel. Ce dernier, enhardi par quelques succès, s’est lancé courant 2007 dans des positions de trading de plus en plus risquées, en utilisant pour ce faire un savoir étendu des rouages de la sécurité de la Société Générale. Cependant, accumulant les pertes, il aurait alors camouflé ses erreurs jusqu’à la crise immobilière puis bancaire de 2008 qui mettra un terme à sa cavalerie, en laissant au passage une ardoise d’environ 5 milliards d’euros.

C’est en tout cas l’histoire officielle telle qu’elle était écrite jusqu’à présent.

En juin dernier, différents éléments ont cependant fait jour permettant d’affirmer que les responsabilités de Kerviel ne sont pas totales. Petit-à-petit, à mesure que différents témoignages sont alors versés au dossier, on découvre que, du côté de la banque et des équipes de direction, les choses auparavant claires et incriminant directement Kerviel, laissent entrevoir des zones d’ombres.

À cette occasion, je présentais dans un billet une interview réalisée par Thinkerview de l’avocat de Jérôme Kerviel, David Koubbi. Il revenait en détail sur les différents rebondissements de l’affaire, les témoignages, versés au dossier, de Jacques Warren, persuadé que la direction connaissait tout des agissements louches de son trader, de Philippe Houbé qui va jusqu’à expliquer que non seulement, la Société Générale savait, mais était en partie organisatrice, et enfin de Chantal de Leiris qui mettait en lumière les trucages du procès en cours.

Societe-GenialeÀ l’époque, je notais surtout un point particulièrement important, soulevé par Me. Koubbi, à savoir les conditions posées par le Conseil d’État pour que l’État français vienne en aide à la Société Générale, alors en difficulté, en abandonnant une bonne partie de la dette fiscale de la banque :

« …quand une société [bancaire] subit une fraude, cette fraude ouvre le droit à percevoir un tiers du montant de la fraude sur les finances publiques, mais à deux conditions : il ne doit pas y avoir de connivence entre le fraudeur et sa hiérarchie, pas de complicité, et il ne doit pas y avoir de défaillance de ses systèmes de contrôle. »

L’affaire Kerviel / Société Générale, relativement technique, n’a rien d’évident, mais sur le point spécifique de la fiscalité, la logique est là : si on prouve que Kerviel n’est pas entièrement responsable des failles de sécurité, ou si, plus précisément, la banque n’est pas en mesure de démontrer une sécurité raisonnablement solide de ses systèmes de vérification, alors elle ne peut pas prétendre à un effacement d’une partie de ses impôts.

Depuis juin, les choses ont donc évolué, et pas de façon favorable pour la Société Générale : l’administration fiscale a décidé de contester cette déduction d’impôts dont la banque a bénéficié et a lancé une procédure contre elle pour récupérer tout ou partie des 2,2 milliards d’euros de crédit d’impôts dont la banque a bénéficié entre 2009 et 2010, au titre d’un régime accordé aux entreprises déficitaires.

En effet, Michel Sapin, le ministre qui serait selon la rumeur en charge de ce qui reste de finances dans ce pays, avait indiqué que l’administration fiscale envisageait de remettre en cause la déduction fiscale accordée à la banque. Pour lui,

« S’il y a une responsabilité ou une part de responsabilité (de la banque), cela modifie la doctrine fiscale.»

Et poum, par ici la bonne soupe, voilà la Société Générale potentiellement redevable de plusieurs milliards d’euros, … en tout cas, du point de vue de Bercy. L’avenir tranchera, mais au contraire de Oudéa, le dirigeant de la banque, il semble délicat de conclure avec sérénité que tout ceci se terminera très bien.

Au passage, on pourra se reporter à une plus récente interview de Koubbi qui fait suite à la première, et qui revient sur ces différents points.

Et sans même présumer du résultat des tractations fiscales entre la banque et l’État et au-delà des péripéties de trading, cette affaire met en lumière crue plusieurs points que tout contribuable (et tout citoyen) français devrait conserver à l’esprit.

D’une part, la complexité de la justice française rend à peu près impossible toute prévision ou toute planification dans ce genre de procès. Ainsi, si tout semblait incriminer totalement Kerviel au début de l’affaire, les différents éléments apportés à l’enquête et lors des procès par la suite permettent de brosser un tableau beaucoup plus nuancé : le coupable idéal ne l’est plus autant et l’entreprise ne pourra pas se dédouaner d’une part de responsabilité.

D’autre part et de façon bien plus importante, cette affaire démontre s’il le fallait vraiment que ce que le fisc a fait, il peut le défaire. Ce qu’il a accordé, il peut le reprendre. On peut gloser sur le changement de point de vue de Bercy, qui serait motivé par les décisions de la cour d’appel de Versailles, mais on se devra d’examiner aussi, pour faire bonne mesure, le bienfondé de la décision initiale qui semblait admettre avec une facilité déconcertante que la banque n’était en rien responsable des trous de sécurités par lesquels Kerviel s’était glissé pour commettre son forfait.

À vrai dire, de loin, tout ceci ressemble à un arrangement entre amis qui tourne mal : courant 2008, la banque se retrouve empêtrée dans des positions invraisemblables prises par un trader incontrôlable ou insuffisamment contrôlée, et l’établissement menace de s’effondrer. L’État, comprenant l’ampleur du désastre potentiel, décide d’accorder plusieurs milliards de latitude fiscale. Malheureusement, la Justice finit par tempérer l’unilatéralité des torts, obligeant l’État à revoir sa position.

Or, ça tombe bien : l’État n’a pas un rond et aurait grandement besoin d’un ou deux petits milliards pour arroser les ouailles d’un président en perdition.

Eh oui : quoi qu’il arrive et même lorsque le capitalisme de connivence joue à plein, l’État est toujours aux abois, il a toujours faim et s’il doit un jour manger sans sourciller ses enfants jadis chéris, il le fera si cela peut sauver sa peau.

Ce qui arrive à la Société Générale n’est pas une surprise, c’est une règle. Ceux qui persistent à croire, encore et encore, contre toutes les évidences, que la finance ou l’industrie ont face aux politiciens le dernier mot se trompent : le gros bâton est toujours du côté de l’État. Il s’appelle fisc, police, armée, et l’État n’hésitera jamais à s’en servir.

Rappelez-vous bien : ce que l’État vous a donné, il peut vous le reprendre. Et il vous le reprendra.

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Source : http://h16free.com/2016/11/18/56390-affaire-kerviel-la-societe-generale-devra-t-elle-sortir-le-chequier


Emmanuel Macron ou l’entêtement médiatique

jeudi 17 novembre 2016 à 09:00

Et voilà, c’est fait ! Voilà un candidat de plus qui n’était pas vraiment candidat, hésitait, se tâtait, mais ne trompait finalement personne et qui a enfin été poussé dans la cour des grands, ceux dont on s’occupe, les faiseurs de rois ou les futurs rois eux-mêmes : Emmanuel Macron a présenté sa candidature à la magistrature suprême, sonnez hautbois, résonnez musettes. Maintenant, le soufflé va pouvoir retomber doucement.

Il faut bien occuper l’actualité, et la primaire de la droite, qui ne manque manifestement pas de candidats, tous aussi valeureux, précis, pointus et enthousiasmants les uns que les autres, permet de parler politique à bon compte. L’arrivée de Macron dans le paysage ne surprend personne mais ajoute une aimable touche jeune dans le tableau.

macron droiteC’est, probablement, cette « caution jeune » qui permet à l’ex-ministre d’obtenir ainsi une telle tribune dans la presse française, trop heureuse de trouver de nouveaux champs d’expérimentations alors que la droite continue d’émettre son petit crin-crin habituel. Mais voilà : au contraire de septembre où on ne pouvait que gloser sur la démission du ministre et supputer sur sa prochaine prise de participation dans Election Présidentielle Corp., on sait maintenant que, c’est bon, c’est fait, le petit gars y va.

Ouf, il était temps. Un peu plus tard, et le brave Emmanuel se retrouvait à poignarder plus durement encore le pauvre président Hollande, qui a annoncé vouloir se décider avant le 15 décembre. Un peu plus tôt, et c’était prendre le risque de passer inaperçu pendant les primaires de la droite. Autrement dit, à quelques jours du scrutin de ces primaires, Macron a simplement optimisé son passage médiatique, avec un certain succès.

Maintenant dans la course, il va lui falloir prouver qu’il existe un peu au-delà des slogans creux et des déclarations de bonnes intentions. Ce ne sera pas simple et sauf à faire des déclarations tonitruantes à la Trump pour capter l’attention des uns et des autres, on sent qu’il va avoir du mal. D’autant qu’à cette difficulté de se faire entendre dans un paysage politique passablement encombré, il va lui falloir faire oublier son passage franchement peu convaincant au ministère de l’Economie sous Hollande.

Certes, le contribuable et l’électeur sont des mammifères qui cicatrisent vite et oublient encore plus vite, mais Manu Macron, c’est avant tout deux années passées à bricoler des « réformes » (guillemets de rigueur) dont les traces sont à peine visible. On se souviendra peut-être de lignes d’autocar privatisées, d’une vague (et éphémère) agitation autour des autoroutes et des dentistes, et – pfuiiit – la baudruche a dégonflé.

Bien évidemment, devant ce maigre résultat, Macron pourra toujours prétendre qu’on l’a copieusement empêché de faire de la bonne grosse réforme qui tache, mais même avec cet argument, il lui faudra surmonter plusieurs soucis.

D’une part, une campagne présidentielle coûte fort cher. Même s’il prétend avoir rassemblé près de 3 millions d’euros pour ses besoins, on peut raisonnablement douter qu’ils suffiront. La campagne macronesque risque d’être peu visible, ou si elle l’est, elle sera fort courte.

D’autre part, tout comme les autres candidats, Macron doit rassembler 500 grands électeurs sur son nom. En pratique, et compte tenu de la complexité maintenant inscrite dans la loi pour obtenir ces signatures, notre candidat devra plutôt viser un bon millier d’entre eux, ce qui risque de poser quelques soucis : les grands électeurs plutôt à gauche ne trouveront certainement pas en lui un candidat crédible, et il aura bien du mal à mobiliser sur sa droite tant sa manœuvre semble surtout destinée à fusiller le candidat officiel que la primaire désignera.

macron gaucheEnfin, et c’est à mon avis le point le plus important, Macron n’a pas de militants et pas de relais sur le terrain : si, en 2016, on trouve encore des élus communistes dans nos villes et nos campagnes, c’est précisément parce que ces derniers peuvent s’appuyer sur une organisation de campagne efficace, rodée pendant des années. Dans ce contexte, le « mouvement » de Macron ressemble plutôt à un spasme.

En réalité, tout semble se dérouler comme prévu, non pas par le peuple, qui doit maintenant hésiter sur un candidat supplémentaire et franchement pas folichon, mais bien par une petite clique bien spécifique de communicants, d’amis, de proches et surtout de médias qui ont absolument tout fait pour gonfler la baudruche Macron.

Oh, certes, on peut voir dans la candidature de Macron une manœuvre téléguidée de Hollande pour fusiller Juppé ou coincer Valls, par exemple. Mais plus simplement, on ne peut pas écarter le fait que l’ex-ministre se soit lancé, comme tant d’autres avant lui, parce qu’il aura été persuadé, à force d’entretiens, de sondages et d’enquêtes d’opinions à la grosse louche, que le Peuple N’Attend Que Lui.

Cela n’a rien d’étonnant et c’est même plutôt banal dans ce pays où la presse a, depuis fort longtemps, abdiqué toute éthique et toute analyse pour se vautrer avec délice dans la manipulation et la chronique d’opinion. Et ce, d’autant plus que, très majoritairement à gauche, cette presse sent bien qu’un désastre socialiste est quasiment irrémédiable. Il lui faut donc, à son niveau, alimenter le rêve qu’il existerait, sans doute, peut-être, un candidat valable.

Dans cette quête futile, Macron, c’est une nouvelle mouture de Balladur, de la même façon que la résurrection politique de Juppé tient là encore d’une pure opération médiatique. Macron, c’est le gendre parfait, le petit nouveau, celui qui n’a pas encore de casseroles et qui peut donc apporter de la fraîcheur. Juppé, de son côté, c’est le sage rassurant, le gentleman farmer avec des patchs en cuir sous les coudes, qui non seulement ne renversera pas la table mais la débarrassera après la soupe vers 18:30 avant Question Pour Un Champion. Juppé + Macron, c’est le couple médiatique droite – gauche / droiche – gaute et réciproquement qui permettra à tout le monde, presse comprise, de récupérer un président pas trop pourri pour les cinq prochaines années. Ici, vous pouvez soupirer doucement, bailler et laisser votre béret tomber sur vos yeux lourds avant une petite sieste de deux siècles.

Seulement, cet entêtement médiatique à vouloir nous présenter des trucs louches finit par lasser. On l’a vu avec Clinton, au charisme d’abribus éteint : il ne suffit plus à la presse d’être derrière pour assurer une élection, loin s’en faut. Pour Juppé, sauf à ce que le repris de justice distribue de la coke dans ses prochains meetings, la magie ne semble plus opérer.

En réalité, les médias traditionnels ont rapidement perdu, ces 20 dernières années, à la fois leur aura de respectabilité et leur pouvoir d’imprégnation des esprits.

Les écarts de plus en plus significatifs entre les sondages, les « analyses politiques » de chroniqueurs sexagénaires et la réalité des votes le montrent bien : leur pouvoir d’imprégnation a disparu à mesure qu’internet s’est développé. Et si, sur internet, on trouve de tout, le pire comme le meilleur, des sites conspirationnistes tenus par des esprits confus, des rumeurs et de simples canulars qui, suffisamment bien faits, trompent mêmes les rédactions, on trouve aussi des éléments sourcés, des enquêtes riches et profondes. Cette vaste quantité de sources et ce large éventail de qualités a obligé chacun à faire preuve de plus en plus d’esprit critique.

La presse traditionnelle n’est plus prise pour argent comptant.

Dès lors, l’aura de sérieux des journaux a disparu parce qu’ils n’offrent plus de l’information, mais de l’opinion. À chaque citation tronquée, à chaque « fact checking » biaisé, à chaque oubli dramatique d’un élément important sur un fait divers, à chaque fois la presse s’est planté elle-même un poignard dans le dos. À chaque fois qu’outrée, elle a crié sur tous les toits qu’elle a raison mais que son public n’a rien compris, elle s’est tiré une balle dans le pied. À chaque fois qu’elle a refusé de prendre du recul, de nommer les choses, qu’elle a expliqué sa vision du monde plutôt qu’en donner un descriptif neutre, elle s’est lentement fait seppuku. Et surtout, à chaque fois qu’elle a dit ce qu’il fallait penser, qu’elle a jeté l’anathème sur ceux qui refusaient ses conseils avisés, elle a entériné un rejet de plus en plus fort des valeurs qu’elle entendait porter.

juppé - le renouveau c'est maintenant

Cette presse fait actuellement des pieds et des mains pour obtenir un schéma électoral bien propret, apte à canaliser les « penchants populistes » du peuple qui ne sait pas vraiment ce qui est bon pour lui. Elle a naturellement poussé Juppé en persistant à le présenter comme une alternative crédible et réfléchie alors que seule sa recherche compulsive du consensus mou, sans aspérité, sans idée saillante, permet de le caractériser. Elle pousse à présent Macron, qui n’a ni arme ni bagage, dans une course qu’il a déjà perdue. À chaque fois, elle tente de farcir un dindon, l’électeur.

À mon avis, il va lui réserver des surprises.

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Source : http://h16free.com/2016/11/17/56393-emmanuel-macron-ou-lentetement-mediatique


COP22 : Panique chez les Fluffies

mercredi 16 novembre 2016 à 09:00

Si l’élection de Donald Trump ouvre, comme le dit avec Hollande, « une période d’incertitude » (surtout pour lui), elle provoque aussi un enchaînement de petits cataclysmes rigolos dans le Camp du Bien dont il serait idiot de ne pas se réjouir. Parmi ces rebondissements goutus, l’impact de cette élection sur la lutte contre le réchauffement climatique est à noter.

Avec Trump élu, c’est toute la clique verte qui vient de se prendre une claque : ce qui était devenu facile en huit ans d’administration Obama, entièrement, tendrement, amoureusement, et intégralement acquise à la cause réchauffiste, devient soudainement compromis par l’arrivée d’un Poil de Carotte irritant, et surtout résolument climato-sceptique.

Pire encore : outre l’aspect totalement inattendu (ou presque) de son élection, l’embarrassant homme d’affaires débarque dans le paysage politico-écologique en pleine COP22 !

oh noes

Pourtant, tout avait bien commencé. La conscientisation des esprits ronronnait tranquillement, de petits articles orientés en calculs consternants, montrant avec luxe détails ridicules qu’un Paris – New-York en avion équivaut à la fonte de 3 mètres cube de glace en Arctique (les pingouins ne vont plus pouvoir se blottir les uns contre les autres, c’est troporribl).

Malheureusement, l’accession de Trump au pouvoir lève pour les participants à la réunion « Petits Fours & Discours Grandiloquents » COP22 le spectre d’un gros changement dans la politique américaine, d’une baisse drastique des juteux financements qui ont jusqu’à présent permis à la propagande carbono-réchauffiste de se répandre dans toutes les oreilles et devant tous les yeux.

En effet, comme l’explique assez bien un récent article de Contrepoints, le nouveau président américain a clairement fait figurer l’abandon des agitations onusiennes financées par le contribuable américain pour lutter contre le réchauffement climatique, que Trump qualifie de canular, et il a même été jusqu’à placer cet abandon dans les mesures à prendre d’urgence, dans les cent premiers jours de sa présidence (et donc, entre janvier et avril 2017). On n’a pas de mal à imaginer quelques difficultés de déglutitions de nos éco-conscients, entre deux petits fours, lorsqu’ils ont appris l’improbable élection…

Qu’à cela ne tienne, cependant : après tout, ce n’est que le président des États-Unis, et même si ses promesses en matière de climat sont particulièrement limpides et sans la moindre ambiguïté, moyennant le bon battage médiatique, certains ne désespèrent pas le faire revenir à la raison, c’est-à-dire les bonnes conclusions imposées par tous sur le sujet :

« Il verra les réalités, il verra les catastrophes. (…) Il aura le temps de remettre les bonnes idées [sur la table] et n’appliquera pas ce qui a été dit dans la campagne. »

On ne s’embarrassera pas de notions comme celle de la démocratie qui met des gens au pouvoir sur un programme donné, puisqu’au final, tout le monde sait qu’on va remettre les bonnes idées sur la table et oublier celles du programme.

L’un des pompons de démocrates en peau de lapin reste bien évidemment détenu par une française, et nulle autre que notre ministre de la verdure et des petits oiseaux qui gazouillent, Ségolène Royal. Si, pour d’autres, il va falloir convaincre Trump de ne pas appliquer ce pourquoi il s’est engagé, ce pourquoi des gens ont voté pour lui, et ce pourquoi il a été élu, pour Royal, en revanche, la question n’est même pas là : « il ne pourra pas, contrairement à ce qu’il a dit, dénoncer l’accord de Paris », scrogneugneu et non mais et puis quoi encore. En somme, il pourra bien gesticuler comme il veut, l’accord de Paris rentrera en vigueur, un point c’est tout.

Ah, qu’il est simple, le monde des Bisounours Autoritaires Qui Syntonisent Grave Avec Gaïa ! Si vous êtes d’accord avec eux, tout va bien et vous pourrez même reprendre des petits fours. En revanche, si vous vous opposez à la marche cadencée qui doit tout tendrement écraser sur son chemin, vous serez (aimablement) écrabouillé. Ou, si vous n’êtes que le président des États-Unis, on se contentera de vous ignorer superbement. Dans le respect démocratique et du vivrensemble, bien entendu.

royal : la crisitude

Pourtant, ma pauvre Ségolène, si, si, Donald a bien le pouvoir de mettre ton bel accord à la poubelle. D’une part, il lui suffit de défaire ce que Barack a fait, et c’est d’autant plus facile que le président sortant n’a pas fait passer ce traité devant le Congrès. Et pour cause, ce Congrès, républicain, y est majoritairement opposé. Et d’autre part, Barack n’ayant utilisé qu’un décret, Trump n’aura aucune difficulté à l’annuler, d’autant qu’il est lié a une agence (l’EPA) que le nouvel arrivant entend bien sinon dissoudre, au moins affaiblir grandement.

Évidemment, à ce stade de la politique américaine, la question reste posée de savoir si Donald Trump le fera effectivement. Il faut comprendre qu’il a en face de lui tous les lobbyistes du réchauffement climatique anthropique, tous les médias largement acquis à cette cause et une partie non négligeable des scientifiques dont les subventions de recherches dépendent ultimement de leur soutien au dogme officiel.

Trump devra aussi composer avec l’opinion publique. Si, au niveau des États-Unis, une majorité des Américains rejette à présente l’idée qu’il y aurait un consensus scientifique, il en va en revanche un peu différemment en Europe dont la population semble absolument vouloir reléguer toujours plus de ses libertés aux institutions politiques diverses et variées, locale, nationale ou transnationales, pour éviter que le ciel ne leur tombe sur la tête. L’émotivité des uns et des autres reste de toute façon grande qui confondent allègrement climat et lutte contre la pollution, CO2 et polluants.

Difficile dans ce contexte de savoir si le nouveau président américain aura le courage de tenir l’une de ses promesses de campagne. En revanche, on peut estimer bien plus modeste celui qu’il faudra rassembler pour envoyer paître les accords de Paris, et mortifier la pauvre Ségolène.

Ce serait une excellente chose (mortifier Ségolène et laisser tomber les accords de Paris) : ces idioties coûtent cher et n’ont que trop duré.

pollution

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Source : http://h16free.com/2016/11/16/56336-cop22-panique-chez-les-fluffies


Fillon à droite, Valls à gauche, et au milieu, pas de bol, Hollande

mardi 15 novembre 2016 à 09:00

La France est à peine remise de l’élection américaine et des commémorations lacrymales des attentats du 13 novembre 2015 mais se dirige pourtant vigoureusement vers les primaires de la droite, tambours battants et sondages en main. Et justement, ça tombe bien parce que les récentes enquêtes d’opinion viennent de découvrir un François Fillon subitement plus en forme que prévu.

Hollande l’a bien compris, la donne pourrait bien changer.

Quand le chef de l’État s’exprime, il ne parle jamais que du seul sujet qui l’intéresse et qu’il maîtrise vraiment, à savoir lui-même. Et lorsqu’il évoque l’incertitude, c’est qu’elle le concerne, lui, au premier chef. Or, ce qui, avant l’élection de Trump, semblait gravé dans le marbre n’apparaît plus si sûr : le schéma vendu par toute la presse avec une gourmandise non feinte pourrait bien ne pas se produire. Zut et zut.

hollande-mmh-zut

Pourtant, tout semblait sur des rails : avec le battage nécessaire, la droite pouvait désigner un candidat capable de lui assurer une réélection, cette réélection à laquelle François Hollande travaille, non stop, depuis mai 2012. Et pour obtenir cette réélection, le capitaine de pédalo n’a que faire d’une opinion publique catastrophique. Il n’a pas besoin d’être aimé, il a simplement besoin d’être le seul choix raisonnable possible. Dans cette optique, le seul candidat à même de lui assurer une chance crédible d’être réélu, c’est Marine Le Pen.

Voilà pourquoi, depuis cinq ans, notre aimable cynique s’emploie à conserver au Front National une dynamique favorable. Reconnaissons qu’il y parvient avec un certain brio, d’autant que la conjoncture économique, largement aidée par son inculture crasse et celle de ses ministres, a largement contribué à accroître encore le malaise social du pays.

mélenchon swag meluche plusMaintenant, cela ne suffit pas : encore faut-il qu’aucun candidat à gauche ni à droite ne vienne troubler ses plans.

Pour la gauche, Hollande a remarquablement bien manœuvré. Contrairement à Jospin qui s’était fait carotter au premier tour en 2002 par un nombre considérable de candidats, des écolos trop visibles et une Christiane Taubira remontée comme un coucou, l’animal politique actuellement en poste a bien compris ce qu’il fallait faire et y est parvenu. Taubira ne pose plus de problème, et au plan électoral, les Verts ne sont plus que d’amusantes bactéries, certifiées bio et sans OGM, mais microscopiques. Ni Macron (qui n’a pas l’appareil politique pour s’en sortir), ni Montebourg (aussi frisé qu’insignifiant) ne pourront prétendre le gêner, aussi mauvaise soit l’opinion publique. Seul Mélenchon pourrait prétendre lui faire barrage, mais l’absence de soutien du Parti Communiste, plus décidé à tenter « l’union des gauches », risque de gêner le vociférant tribun de gauche.

C’est donc sur la droite que se porte visiblement la stratégie de Hollande : pour avoir une chance de régner (à nouveau), il lui faut diviser. En plus, c’est facile puisque nous avons la droite la plus bête du monde. L’important, c’est d’être sûr qu’une fois les primaires passées, au moment du vote qui compte pour de bon, le 23 avril 2017, il y ait au moins deux candidats sérieux à droite.

Dans cette stratégie, l’atout maître de Hollande, c’est son ennemi politique affiché, Sarkozy, celui-là même qui aurait dû, compte-tenu de son nombre impressionnant de casseroles, se retrouver en procès depuis un moment mais qui a pour le moment (coïncidence commode) les coudées franches. Or, toujours dans cette stratégie, il est impératif que le candidat désigné à la primaire soit contestable. Qui, mieux que Juppé, ce papier-peint sépia aux senteurs naphtalines, pour jouer ce rôle ? En poussant habilement l’individu dans l’opinion, en donnant tout le temps à la presse de le faire mousser, en lui faisant comprendre qu’il aurait le soutien d’une gauche transie d’effroi, il s’assure que Juppé pourrait bien arriver en tête à cette fameuse primaire.

L’effet Brexit et l’effet Trump sont malheureusement passés par là. La presse semble moins solide, moins capable d’ainsi modeler les opinions. On savait qu’elle avait déjà beaucoup perdu de crédit lors du référendum sur la « Constitution européenne », en 2005, mais les deux derniers événements, frais dans l’esprit des électeurs, risquent de fragiliser encore les recommandations pourtant claires du Camp du Bien…

Et voilà que Fillon, revenu du diable Vauvert, fait une remontée puissante ! Fillon pourrait se retrouver au second tour de la primaire. Zut et zut.

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C’est tout de même un peu gênant, car alors, la stratégie hollandesque pourrait se retourner contre lui.

Fillon au second tour des primaires, c’est l’humiliation pour l’un des deux autres favoris. Juppé arrivant en troisième position quittera probablement la scène politique et se réfugiera au Canada (c’est une suggestion) pour panser ses blessures d’amour propre. Sarkozy, humilié en troisième position, pétera peut-être une ou deux douzaines de câbles. Difficile, alors, de garantir que tout se passera comme Hollande l’avait envisagé, ce dernier pariant (à mon avis, avec justesse) sur l’égo surdimensionné des deux favoris actuels pour s’assurer que ni l’un, ni l’autre ne lâcheront l’affaire devant le gagnant des primaires.

Autrement dit, Juppé désigné, c’était l’assurance d’un Sarkozy dans la course et l’explosion de la droite en avril. Sarkozy désigné, c’était une tranche de rigolade et Juppé, remonté comme un coucou, qui se lançait à son tour : rien à perdre (surtout à son âge), aucun autre mandat échéant et tout à gagner en allant piocher les voix de gauche.

Fillon désigné, voilà qui risque de poser problème.

Et c’est vrai qu’il a quelques atouts, l’ex-premier ministre : son programme, certainement plus réaliste que celui de Sarkozy (qui empile taxes et innovations fiscales, comme pendant son quinquennat), contient effectivement une volonté de réforme d’un pays qui s’enfonce tous les jours dans la dette et une gestion catastrophique.

Mais … Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et il lui faut faire oublier son passif, aussi lourd que douloureux : s’il avait bien diagnostiqué l’état de faillite du pays, il n’a semble-t-il pas infléchi la trajectoire étatiste, interventionniste et colbertiste du gouvernement, impulsée par Sarkozy. Peut-être a-t-il voulu montrer sa fidélité dans le poste que le petit Nicolas lui avait offert ? Peut-être a-t-il préféré la gamelle à l’aventure ? Peut-être a-t-il cru être capable de redresser le pays en catimini, sans l’accord de son chef et sans l’appui du peuple, pas au courant ?

Allez savoir.

En tout cas, le bougre essaye, depuis les années qui ont suivi son départ de Matignon, de faire oublier qu’il a choisi de rester et de « fermer sa gueule » plutôt que démissionner. Et en tout cas, maintenant, il lui faudra donc gagner la primaire et atteindre le second tour, sans fléchir.

Et sur ce chemin, son plus âpre ennemi ne sera pas Hollande mais bien ceux de son camp, Sarkozy et Juppé : rien ne permet d’affirmer que l’un et l’autre, n’iront pas au casse-pipe quoi qu’il arrive.

Et du côté de Hollande, symétriquement, il lui faudra des trésors d’ingénierie politique en coulisses pour s’éviter un nouvel ennemi à gauche. Pendant que la droite fourbit ses armes, on sent le Premier ministre prêt à bondir si Hollande hésite trop à y aller : le petit Manuel n’en peut plus d’attendre et ne trompe guère son monde à tournicoter autour d’un pot de plus en plus bondé.

Alors bien sûr, à ce point et comme je l’évoquais il y a quelques temps, il reste beaucoup (trop ?) d’inconnues pour ne serait-ce qu’envisager sérieusement ce que sera le second tour. Mais une chose apparaît de plus en plus probable : avec un tel empilement de rebondissements possibles, rien ne se déroulera comme prévu.

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Donald Trump, Marine Le Pen et une période d’incertitude

lundi 14 novembre 2016 à 09:00

C’est un nouveau monde qui s’ouvre devant nous. Ou du moins, pour ces médias qui n’ont rien vu venir, chaque jour ressemble un peu plus à une exploration de la Terra Incognita que représente maintenant chaque consultation du peuple souverain. Malheureusement pour eux, l’année n’est pas finie et celle qui suit promet, là encore, tant de douloureux rebondissements possibles qu’on sent poindre chez les gentils animateurs du Camp du Bien comme un petit vent de panique.

Bien sûr, ce vent de panique s’explique facilement compte-tenu des bouleversements que le nouveau venu provoque : Trump voulant renoncer à certains traités internationaux, cela explique les réactions outrancières de tant de journalistes et de politiciens qui, pourtant, voudraient bien qu’on renonce à certains traités internationaux. Trump étant isolationniste, tous nos journalistes, régulièrement épris d’anti-américanisme, tremblent de peur à l’idée que l’Amérique s’isole et qu’il n’y aura peut-être plus de bombardements au Moyen-Orient, ou quelque chose comme ça…

Bref, la confusion règne en maître et on comprend sans mal que Trump au lieu de Clinton, ça bouscule non seulement du chaton, mais ça froisse autant la génération 68, qui jacasse chez nous, qu’elle « trigger » la génération Flocon de Neige outre-Atlantique.

donald-trump

Mais surtout, stupeur et cassoulet froid, cela remet sur la table l’hypothèse d’une accession de Marine Le Pen au pouvoir ! Eh oui : dans l’esprit simple (simplet ?) de la classe médiatique et politique actuelle, puisque Donald Trump a été taxé de populisme et qu’il en va de même en France avec Marine Le Pen, puisque le Donald est (évidemment) un gros fasciste et qu’on sait que la Marine est (évidemment) une grosse fasciste, ce qui est arrivé à l’un pourrait (évidemment) arriver à l’autre.

Horresco referens, les journaux de gauche tremblent. HuffingtonPost, L’Express, l’Obs, et même le petit dernier avatar payé avec vos sous, FranceTVinfo.

L’analyse des chroniqueurs politiques de nos superbes médias sur-subventionnés est d’ailleurs validée, sans souci, par rien moins que Le Président De La République Fromagère Française puisque, comme le rapporte le Monde, même pour François Hollande, la victoire de Trump « ouvre une période d’incertitude ».

hollande ceux qui attendent plus rien

Eh oui : initialement, tout le monde a interprété les bredouillis hésitants du petit rondouillard comme un jugement personnel du chef de l’État français à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche, qui serait, dans cette hypothèse, facteur d’agitation ou d’inquiétude dans le monde et dans son pays. Peut-être. Mais surtout et avant tout, la vraie pensée du politicien est que Donald Trump incarne un vote jusqu’à présent impensable par la classe jacassante qui devient possible, et qui ne se transpose que trop bien en France en laissant entrevoir un vote majoritaire pour Marine Le Pen.

Or, ça, c’est de l’incertitude qui pèse bien plus que tout le reste sur les épaules boudinées du petit François : se représenter, même avec 4% de satisfaits, il peut encore le faire, d’autant qu’il a été hontectomisé très jeune. Cependant, Trump élu, c’est aussi prendre le risque de faire élire Marine Le Pen, au deuxième tour, en face de lui… Et pour Hollande, devoir perdre devant Marine Le Pen, voilà qui serait une humiliation sans borne, d’autant qu’il ne commence que maintenant à intégrer cette possibilité, palpable, dans ses petits calculs politico-politiciens.

Bref, il apparaît à présent que les médias et la classe politique prennent violemment conscience que tout pourrait ne pas se dérouler comme prévu pour eux.

Cependant, comparaison n’est pas raison. Marine Le Pen n’est pas Donald Trump, loin s’en faut.

Oh, certes, l’un et l’autre personnages ont tous les deux une vision bien arrêtée de ce qu’il faudrait faire concernant l’immigration. L’un et l’autre ont expliqué assez clairement ce qu’ils pensent être bon en matière de protectionnisme. Et tous les deux n’ont jamais eu l’occasion d’exercer un mandat présidentiel. Pour Trump, on va donc pouvoir jauger en grandeur réelle de sa détermination et de sa capacité à tenir ses promesses. Pour Le Pen, l’élection n’est pas encore dans la poche.

En effet, si Donald peut se targuer d’avoir bâti un empire, et d’en avoir le cuir tanné, ce n’est pas du tout le cas de Marine qui est bel et bien une politicienne jusqu’au bout des ongles. La carrière politique de l’une aura bien du mal à faire oublier la carrière industrielle et financière de l’autre. Si le second a pu se réclamer du peuple, et savoir de quoi il parlait lorsqu’il évoquait l’entreprise et le capitalisme, le sujet promet d’être ardu pour Marine qui ne connaît ni l’une, ni l’autre.

D’autre part et plus fondamentalement, on comprend lorsqu’on lit le programme de Trump que malgré une tendance étatiste indéniable et largement présente dans ses propositions, il lui apparaît nécessaire de diminuer le poids des impôts, des taxes, et d’une législation galopante (sa proposition de ne créer une nouvelle loi qu’avec l’assurance d’en supprimer deux anciennes est une bonne idée, par exemple). N’imaginez même pas voir un jour ce genre de propositions dans le giron du FN ou de la part de Marine Le Pen : l’étatisme y est puissamment implanté.

Enfin et surtout, la structure du vote français est fondamentalement différente du vote américain ce qui a permis à Trump de se jouer du système qu’il connaît bien. Le vote français, direct et en deux tours, signifie que la candidate du Front National devra rassembler bien au-delà de sa famille pour espérer l’emporter. Concrètement, elle devra viser 18 millions de votants, soit, grosso modo, trois fois son score actuel (modulo une abstention à peu près équivalente aux autres scrutins). Autrement dit, s’il y a un effet Trump en France, Marine Le Pen a peu de chance d’en bénéficier à moins d’une abstention record.

Il semble encore bien trop tôt pour déterminer de quoi l’élection présidentielle française sera faite. D’ici mai 2017, de nombreux paramètres sont encore incertains. Trop nombreux sont les candidats sur les rangs, et certains ne se sont toujours pas déclarés.

En outre, la dynamique des votes peut se modifier grandement en fonction du contexte économique ou international ; en cela, l’élection de Trump apporte, elle aussi, son lot d’incertitudes, comme le dirait Pas De Bol Hollande. La situation internationale peut s’améliorer ou s’embraser, accroissant le risque d’attentats en France, ce qui modifierait certainement l’opinion publique et obligerait les candidats à se positionner plus crûment sur des sujets éminemment glissants, électoralement parlant. La situation économique peut s’améliorer ou (Pas De Bol) continuer à se détériorer, accroissant le mécontentement des Français pour l’équipe en place ou les demi-mesures palotes proposées par nos candidats sépias.

En tout cas, il paraît donc particulièrement hasardeux de faire un rapprochement entre l’élection d’un magnat de l’immobilier au discours populiste plutôt conservateur et une politicienne de carrière au discours carrément socialiste.

Bien sûr, si les médias, dans leur immense clairvoyance, tiennent les mêmes discours, observent le même comportement général vis-à-vis de Marine Le Pen et de ses électeurs que ce que furent ses discours et ses comportements pour les électeurs du Brexit ou ceux de Trump, si la déferlante d’imbécilité et de remarques contre-productives est la même, alors oui, le résultat final pourrait être surprenant. Les pleurs et les grincements de dents auront ensuite beaucoup de ressemblance avec ce qu’on peut voir aux États-Unis ces derniers jours.

Ainsi, si nos médias se contentent de jeter l’anathème sur Marine Le Pen et ses électeurs, pourtant de plus en plus nombreux, en insultant copieusement ceux qui votent pour elle, ils ont toutes les chances de ne surtout pas aborder les problèmes de fond, bref, de refaire exactement les mêmes erreurs que celles qui furent faites en Grande-Bretagne puis aux États-Unis.

J’écrivais dans un précédent billet que les leçons pour les médias ne seront pas tirées, les comportements ne seront pas adaptés et que la grille de lecture restera la même. Et partant, la trajectoire étant la même, obtenir un résultat totalement différent de ce à quoi tout le monde s’attend ne semble plus improbable. Ici, on pourrait gloser à bon compte sur Juppé, LE candidat « proposition des médias » par excellence : jolie surprise et beau pied-de-nez s’il ne passait pas le second tour de la primaire, n’est-ce pas ?

Autrement dit, si rien ne change, au contraire de ce que prétend François Hollande, une surprise (de tout ordre) n’est pas incertaine, elle est plutôt garantie sur facture.

Assemblée : CPEF

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Source : http://h16free.com/2016/11/14/56340-donald-trump-marine-le-pen-et-une-periode-dincertitude