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Revenu universel : Manuel Valls remet le couvert pour occuper la galerie

mercredi 28 septembre 2016 à 09:00

Alors que c’est une véritable déferlante politique qu’on observe à la faveur des primaires du parti étatiste de droite, force est de constater une attitude beaucoup plus calme du côté des étatistes de gauche qui semblent actuellement jouer pianissimo. Bien sûr, l’actualité offre parfois la parole à l’une ou l’autre égérie des Socialistes et l’on peut découvrir certaines de leurs idées consternantes, mais globalement, c’est plutôt calme. Pour les membres du gouvernement, il faut pourtant continuer à exister médiatiquement. Heureusement, Valls, toujours aussi fermement premier ministre, a trouvé un petit sujet histoire d’occuper un peu les médias : le revenu universel. Et ça tombe bien, il est pour.

C’est dans une tribune publiée sur son compte Facebook que Manuel Valls explique en détail sa nouvelle trouvaille : sobrement intitulée « Volontarisme, bon sens et simplification : faire vivre la solidarité » à la façon d’un BHL qui ferait un ouvrage sur la modestie et l’humilité, Manuel entend nous présenter quelques unes de ses recettes miracles pour redresser le pays, améliorer le vivrensemble, louanger les bons petits plats de chez nous…

valls mini…Et relancer le tourisme local avec la culture de la marijuana, celle qu’il a très probablement fumée à grosses bouffardes bleutées pour écrire certains passages de son texte entièrement réalisés à base de poudre de perlimpinpin et de sirop de licorne. C’est qu’il en faut, pour affirmer ainsi qu’aujourd’hui, « la pauvreté ne progresse plus en France », au moment même où tous les indicateurs montrent précisément le contraire.

Mais baste, saluons l’effort d’un premier ministre en phase avec son monde et qui se fend d’un « billet Facebook » pour nous expliquer le bonheur simple d’un petit coup de Revenu Universel.

Parce qu’en terme de bon sens, de volontarisme et de science-fiction pardon simplification, c’est vers ce Revenu Universel que Manuel entend diriger son gouvernement. On l’imagine déjà, cornaquant sans relâche une administration mastodonte, pour obtenir d’elle qu’elle s’adapte enfin à un vrai désir de lisibilité et de transparence qu’émettent ses usagers pourtant régulièrement maltraités. C’est mignon. Le gouvernement, Valls en premier, vise en effet à simplifier ces minima, a donc étudié plusieurs pistes, et comme il le dit,…

« Le revenu universel, c’est-à-dire une allocation unique pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant, en est une .»

Plus pragmatiquement, l’idée consisterait ici à remplacer l’ensemble des minima sociaux existants par un revenu de base universel. Fini le RSA, les allocations diverses et variées, les aides multiples ou complexes, les formulaires, les cerfas (fameux cerfas !), les petits papiers de l’administration par millions et, surtout, les démarches invraisemblables aux pièces justificatives toujours plus nombreuses et nécessaires mais jamais suffisantes : bientôt, avec une unique demande et – on l’imagine – un unique cerfa au numéro improbable, le demandeur obtiendra une aide unique, complète et adaptée à ses besoins lilliputiens. Quand je vous disais qu’il y avait de la marijuana impliquée dans l’histoire, le doute n’est pas permis.

valls mécontent small leftQue voulez-vous : la primaire de la droite bat son plein, il faut donc trouver un sujet sexy pour occuper les troupes socialistes et le Revenu Universel peut très bien constituer un sujet roboratif. À l’analyse et dans les petites lignes cependant, ce revenu universel de base semble déjà comporter quelques petits soucis.

Les propositions actuelles s’orientent (mollement) vers une « couverture-socle commune » de 400 euros pour tous les majeurs en situation d’insertion financée par l’État, ainsi qu’un « complément de soutien » payé par l’État pour les 65 ans et plus, pour les personnes en situation d’invalidité ou en incapacité de travailler. Bien évidemment, Valls n’en est pas encore à substituer dans la foulée les prestations sociales par ce Revenu universel, proposition suivante de certains rigolos approximatifs de la comptabilité publique, mais l’idée reste de prendre en compte un maximum de situations individuelles. : l’État veut s’occuper de tout le monde et surtout de chacun, de border ses millions de petits enfants contribuables, tous les soirs, bien comme il faut.

Autrement dit, ce revenu universel ne sera pas universel. Il va évoluer dans le temps et en fonction des personnes. Dans la vision du premier ministre, il sera probablement assujetti à des conditions de ressources, et visera à combattre la pauvreté (mantra puissant, seul capable de fédérer les troupes de gauche en vue du prochain affrontement électoral).

manuel valls tristounetQuant à la simplification administrative qu’il offrira, est-il vraiment utile de rappeler toutes les précédentes réformes que ce gouvernement (et pas mal de ses prédécesseurs) aura lancées pour aboutir, à la force du poignet, à de nouvelles usines à gaz bien pire que le marécage qu’elles entendaient assainir ? Doit-on remettre une pièce dans le bastringue et parler de l’horreur d’ALUR, de la grotesque réforme régionale, de toutes les réformes fiscales ou éducatives que nos administrations se sont farcies et qui transforment la vie dans ce pays en un véritable petit enfer balisé par des cases à cocher et des pièces justificatives à fournir en trois exemplaires ?

Il semble absolument évident que ce Revenu Universel, qui ne sera pas un revenu mais plutôt une allocation, qui ne sera pas universel mais plutôt orienté et discriminant, ne participera en rien à la simplification administrative. D’ailleurs,

« Le gouvernement engagera un dialogue avec tous les acteurs pour construire une réponse souple, plus simple et donc plus efficace, qui prenne en compte les situations individuelles… »

Oh oui, du dialogue ! Et avec « tous les acteurs » ce qui veut dire plein de monde ! Et une réponse souple, ce qui sous-entend une adaptabilité de tous les instants à des situations les plus tordues ! Snif, snif, pas de doute : tout ceci sent furieusement le gros ratage en devenir et, plus précisément, l’odeur rance d’une tactique de dernière minute pour ramener quelques moutons égarés dans la bergerie socialiste.

manuel-valls-tristeLe procédé est assez grossier. Depuis le choix du médium (Facebook) qui vise essentiellement cette frange de la population (les jeunes) qui mérite d’être mobilisée (les vieux votant de façon cohérente et en bon ordre, il n’y a guère besoin de s’adresser à eux), jusque dans le choix du sujet (la précarité touchant bien plus les jeunes que les vieux), tout indique la seule tactique et pas grand chose derrière. De surcroît, comment ne pas rapprocher cette distribution de bons sentiments à pas cher des précédents cadeaux que l’équipe hollandesque fait actuellement à tours de bras pour tenter de sauver le soldat François alors qu’approchent les élections ?

Dès le départ, on sait que cette opération est vouée au patouillage artistique puisque c’est une « réforme d’ampleur ». Or, les réformes d’ampleurs ont ceci de particulier, en France, de justement prendre leur ampleur dans le temps tout en accouchant d’hippopotames mutants qui alourdissent encore un peu plus l’existant. Dans le cas qui nous occupe, le fier Manuel a d’ailleurs déclaré que ce revenu universel pourrait mettre «cinq ans, dix ans ou quinze ans» à voir le jour, ce qui donne tout de suite une idée précise de la valeur qu’il accorde au projet.

Cinq, dix, quinze ans ? Alors même que son poste ne durera pas trois, ni deux, ni même un an ?

Pas de doute, c’est du foutage de gueule.

on appelle cela du foutage de gueule

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Source : http://h16free.com/2016/09/28/55736-revenu-universel-manuel-valls-remet-le-couvert-pour-occuper-la-galerie


Une Deutsche Bank en bien mauvaise posture

mardi 27 septembre 2016 à 09:00

Et voilà la France toute tendue comme une corde de piano par la hausse (complètement inattendue) du chômage. Heureusement, la presse sait qu’elle peut compter sur les explications alambiquées de Myriam, la petite stagiaire en charge de l’emploi au gouvernement, qui tente désespérément de faire passer une hausse vigoureuse pour une baisse modérée. Pourtant, ce n’est pas du côté de la France que les regards devraient se tourner, et ce n’est pas ce pays qui devrait déclencher le plus d’inquiétude (même s’il a des arguments pour). En effet, le lundi 26 septembre, la Deutsche Bank a dévissé en bourse.

La Deutsche Bank, c’est tout de même une institution à elle toute seule. Outre le fait qu’il s’agit de la plus grosse banque allemande, c’est aussi l’une des plus vieilles et celle qui représente le mieux la puissance germanique implantée dans des douzaines de pays (plus de 70 actuellement). Présente sur tous les marchés de la finance, elle est aussi maintenant connue pour ses positions dans les dérivés qui s’élèvent à quelque chose comme 75.000 milliards de dollars (non, il n’y a pas trois zéros de trop).

Dès lors, quand la Deustche Bank (DB) tousse fort, l’Allemagne se sent immédiatement prise de convulsions, et avec elle, l’Europe toute entière. Avec ce lundi noir pour la banque allemande, on assiste à une véritable quinte de toux.

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Pourquoi diable cet effondrement qui n’a de soudain que pour une presse française terriblement tournée vers son propre nombril ?

En réalité, le cours est en difficultés depuis un moment ; la valorisation boursière de la DB a été divisée par plus de 2 depuis le début de l’année (perte de 52% précisément) et ce lundi, avec une perte de 6%, constitue donc la suite logique d’une dégringolade entamée depuis plusieurs mois alors que la banque traverse des difficultés tant sur le plan de ses opérations financières que sur le plan juridique. L’année dernière, la DB a ainsi enregistré des pertes historiques qui l’ont obligé à mettre de côté 5,5 milliards d’euros de provisions.

Cette situation préoccupante a d’ailleurs amené le FMI à statuer à son sujet au début de l’été, en estimant sans ambages que la banque constituait un risque systémique pour la zone euro, risque d’ailleurs corroboré par la mauvaise note obtenue lors des « stress tests » de juillet (les simulations de résistance aux événements adverses menées par l’Agence Bancaire Européenne, ABE) qui l’avaient placée en queue de peloton des banques européennes.

Quant au plan juridique, voilà que son passé récent refait surface : la DB a en effet été impliquée dans la crise des subprimes et y aurait joué un rôle important, justifiant sans doute que la Justice américaine lui réclame maintenant une somme considérable – 14 milliards de dollars. Au passage, on s’amusera de la coïncidence de ce montant avec le prix de 295 tonnes d’or (à peu près 13 milliards de dollars au cours actuel) qui correspondent à la quantité que les USA ont promis de rendre aux Allemands suite à leur récente demande, sur les 300 que ces Allemands ont en dépôt chez les Américains (5 tonnes ayant déjà été rapatriées au cours des mois précédents).

Seulement voilà : 14 milliards, même pour une grosse banque, même pour la plus grosse des banques allemandes, cela fait une paille qui pourrait casser le dos du proverbial chameau. Ses responsables jugent être en mesure de faire face à une pénalité d’environ 5 milliards sans avoir besoin d’une augmentation de capital, mais au-delà, ce sera rapidement problématique.

Or, avec une telle amende, plus un passif bien odorant et une exposition au risque particulièrement élevée, les investisseurs comprennent maintenant que si quelque chose doit se passer au niveau de la DB, c’est plus probablement la faillite ou de gros ennuis financiers qu’un juteux profit à moyen ou court terme, et ce d’autant plus qu’officiellement, le gouvernement allemand (encore dirigé par Merkel) refusera de sauver la banque. Elle devra donc trouver des fonds dans ses propres poches et non celles des contribuables. Du reste, DB affirme pour le moment haut et fort pouvoir se passer du contribuable.

On comprendra donc aisément qu’entre ces amendes et ce passif, les perspectives peu riantes de la banque allemande justifient les mouvements globalement négatifs de ses actions boursières.

bail in des banquesCependant, de façon bien plus gênante, l’ampleur de la catastrophe possible ne semble pas être parvenue jusqu’aux oreilles de la presse mainstream européenne, française en particulier, qui n’y voit essentiellement qu’un problème bancaire passager, une mauvaise passe pour l’institution bancaire plus que centenaire. Elle en a vu d’autres, après tout. Pourtant, cette dégringolade peut à elle seule aboutir à une faillite de la banque par évaporation de sa valeur boursière ; or, si elle doit faire face à des obligations financières alors que ses fonds sont réduits et son action est au plus bas, elle se retrouvera dans l’obligation de faire appel aux épargnants qu’elle a dans ses propres comptes pour sauver son avenir.

Compte tenu de la taille de cette banque, on peut raisonnablement imaginer que les effets de bords seront nombreux et ce d’autant plus qu’elle est très liée à d’autres institutions bancaires de la zone euro, elles aussi systémiques, à commencer par les banques françaises comme Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas. Le tableau commence à se brosser, et il n’est pas très riant : un effondrement de la Deutsche Bank se traduirait assez vite par une panique bancaire européenne. Dans ce contexte, les comparaisons avec l’année 2008 et les mésaventures de Lehman Brothers vont donc bon train et il est difficile de les balayer d’un revers de la main même si, du point de vue des autorités allemandes, il y a tout intérêt à minimiser la situation.

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En outre, il y a un mal plus profond : jusqu’alors, le mauvais élève européen était la Grèce, et, à l’analyse, beaucoup voyaient en l’Italie le vrai risque systémique capable de propulser la zone euro dans le marasme ou la crise. L’accumulation de difficultés du côté italien semblait leur donner raison. L’idée même que l’Allemagne puisse trembler sur ses bases n’effleurait pas grand-monde. Les problèmes de la DB, qui n’ont rien de soudain, deviennent maintenant visibles, médiatisés et particulièrement inquiétants au point de miner la confiance qui pouvait régner chez les investisseurs lorsqu’on évoquait l’Allemagne.

Or, ultimement, la monnaie et l’institution bancaire, dans leur construction, sont des concepts intimement basés sur la confiance. Les déboires de la Deustche Bank, en attaquant ainsi un pilier d’une zone fantasmée impénétrable et solide comme le roc, mineront durablement cette confiance qu’il est si difficile à construire mais qui, une fois envolée, est impossible à restaurer. L’évidence apparaît alors : la faillite de la Deutsche Bank est certes peu probable, mais elle est maintenant possible. Le danger d’un effondrement systémique devient alors crédible, et les dégâts que cet effondrement provoquerait seraient immenses.

Bien plus important est à mon avis la perte de confiance dans le système bancaire actuel qui en résulterait : si cette évaporation de la confiance provoquera, à n’en pas douter, de graves tensions et un blocage dramatique du commerce international, il représentera aussi une immense opportunité pour l’établissement de nouveaux principes bancaires, depuis l’imposition de ratios plus prudents, de réserves fractionnaires plus élevées, jusqu’aux monnaies numériques.

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Source : http://h16free.com/2016/09/27/55756-une-deustche-bank-en-bien-mauvaise-posture


Les vilains tax rulings de Engie (GDF Suez)

lundi 26 septembre 2016 à 09:00

Que d’encre et d’octets furent utilisés pour relater l’affaire qui oppose Apple, l’Irlande et la Commission européenne ! Que n’a-t-on pas écrit pour justifier qu’on assomme l’entreprise d’un solide impôt de 14 milliards d’euros, et combien se sont écriés, la joie pointant dans leur voix, qu’il n’était que temps, enfin, de ponctionner l’impétrant ! Cependant, une nouvelle affaire promet maintenant un traitement fort différent…

Concernant Apple et son arrangement fiscal pourtant légal avec l’Irlande, l’affaire était entendue puisque pour la plupart, il était plus que temps que les autorités agissent pour punir et ponctionner l’affreuse société capitaliste apatride sans foi ni loi, qui osait faire des profits et n’en distribuer quasiment aucun. Un profit, après tout, est en soi une raison pour une solide punition fiscale. Quant à la non distribution, elle constitue l’essence même du crime de lèse-vivrensemble qui justifie amplement qu’on n’y aille pas de main morte au moment d’appliquer cette punition. A contrario, rares furent ceux qui notèrent cependant qu’au lieu de réclamer à cors et à cris que l’impôt d’Apple soit majoré, il serait foutrement plus judicieux de demander que le tax rulings dont bénéficiait l’entreprise soit appliqué, par défaut, à toute entreprise, abaissant ainsi drastiquement les impôts de tous.

En réalité, on comprend bien que le moteur principal des hurlements des uns et des autres à l’absence d’impôt solide pour Apple n’est pas, loin s’en faut, le désir d’égalité ou de saine redistribution, mais la simple et pure jalousie, qui se démontre assez facilement en notant que chacun des moralisateurs à la petite semaine n’hésite jamais à demander l’une ou l’autre remise gracieuse, à profiter de l’une ou l’autre niche fiscale et, bref, à tout faire pour réduire son propre impôt.

philosoraptor taxes

À cette jalousie, on se devra pour le cas français d’ajouter une bonne couche d’anti-américanisme relativement standard, généralement doublée de l’anti-capitalisme habituel des incultes économiques et autres socialistes en perdition intellectuelle sur les bancs de sables collectivistes où s’échouent pourtant systématiquement tous leurs essais, millions de morts et d’affamés inclus.

engie-qui-tousseOn pourrait croire la description de ces comportements assez caricaturale. Il n’en est rien et la nouvelle affaire qui pointe actuellement le bout de son nez en sera une parfaite illustration. En effet, alors même que les scories de l’affaire Apple n’ont pas fini de retomber, on apprend par le truchement d’une presse pour le coup extrêmement discrète que c’est au tour d’Engie, la maladie de gorge qui a succédé à GDF-Suez, de faire l’objet de toute l’attention de la Direction générale de la Concurrence à la Commission européenne.

Oups.

Il semblerait en substance que, je cite avec des guillemets, « La Commission craint que plusieurs décisions fiscales anticipatives émises par le Luxembourg aient potentiellement conféré à Engie, anciennement GDF Suez, un avantage injustifié par rapport à d’autres sociétés ».

Oups derechef.

Or, si Apple était terriblement privée et terriblement américaine, Engie ne l’est pas du tout et pourrait même s’apparenter à une de ces grosses entreprises joufflues, jadis nationales, maintenant privatisées par la force des choses, mais dans laquelle l’État français a encore son mot (et un peu plus) à dire. L’actionnariat d’Engie ne laisse aucun doute : l’État français possède l’entreprise à plus de 32%, et avec lui, la CDC (c’est-à-dire aussi l’État français) pour presque 2%, ainsi qu’une compagnie d’assurance française, la CNP (qui compte dans ses actionnaires principaux – vous ne rêvez pas – l’État français – pour 1%- et la CDC, pour 40%).

Faveur d’une économie mondialisée et d’une France berceau d’une fiscalité douce et compréhensive, on ne s’étonnera pas de comprendre qu’Engie a jugé nécessaire (voire lucratif ?) d’installer son siège au Luxembourg (et pas à côté de Bercy, à Paris – comme c’est étrange). Pays qui lui aura offert, en plus de quelques mètres carrés au milieu des champs et de placides ruminants, quelques petits tax rulings de derrière les fagots.

Quoi ? Des tax rulings ? Comme pour Apple ? Mais c’t’un scandale ! Vite, il faut faire des manchettes de journaux bien criardes ! Il faut réclamer que soit mis fin à ces pratiques insupportables et que GDF-Suez pardon Engie de poitrine crache au bassinet ! Que quelques milliards soient rapidement ponctionnés sur la trésorerie de l’entreprise pour venir abonder aux caisses vides et maigrelettes du Duché du Luxembourg ! Joie : la clientèle d’Engie, dont elle tire de substantiels profits, est basé majoritairement en France et cette petite claque fiscale va enfin permettre à tout plein de Français de participer grâce à la redistribution fiscale européenne à atténuer l’appauvrissement des Luxembourgeois !

gifa aguilera yes

Eh oui : on l’oublie trop souvent, mais en définitive, au contraire d’un État qui peut toujours s’en tirer en imprimant de la monnaie de façon plus ou moins subtile, une entreprise ne peut payer ses impôts que d’une seule façon, à savoir en les incorporant dans le prix payé par ses clients. Autrement dit, ce sont bien les clients d’Engie qui vont, assez directement, payer le futur redressement fiscal qu’entend appliquer la Commission à cette entreprise.

Et si chaque petit moralisateur en culotte courte pouvait toujours se passer du dernier iPhone d’Apple pour éviter la ponction sur la firme américaine, il en ira assez différemment pour les consommateurs français qui goûteront là toute la délicatesse d’un marché de l’énergie quasi-monopolistique en France, grâce aux bons soins de l’État ; à un moment ou un autre, il va falloir passer à la caisse et il est probable que cela se traduira par quelques centaines d’euros en moins de pouvoir d’achat pour un paquet de ménages français.

J’attendrai donc avec gourmandise le traitement que les médias français réserveront à cette affaire, mais on peut raisonnablement imaginer qu’ils emploieront un ton un tantinet différent de celui qu’ils usèrent pour taper sur Apple : les tax rulings, c’est trop moche lorsqu’une entreprise américaine est concernée, mais nettement plus compréhensible lorsqu’il s’agit d’une boîte essentiellement française et qui fait plus d’un tiers de son chiffre d’affaires en France (et plus de 60% en Europe). À moins bien sûr que la jalousie s’exprime avec autant de verve pour Engie que pour Apple auquel cas on assistera au déferlement des médias, ce qui promet quelques petits moments « Eurotunnel » aux actions de la société que tant de Français ont achetées.

Dans tous les cas, le Français sera perdant. Moralisateur ou non, son pouvoir d’achat risque bien de se prendre une châtaigne (ou un vent, selon qu’il aura souscrit à l’offre électrique ou gazière du groupe). L’actionnaire pourrait bien dérouiller lui aussi, au premier rang desquels l’État qui n’est pas réputé pour garder son calme lorsque ses dividendes diminuent et qui pourrait bien compenser ce manque à gagner … sur le contribuable.

Oh, que cette affaire promet de grands moments de real politik, de morale à géométrie variable, de fiscalité innovante et d’explications alambiquées par nos meilleurs intellectuels médiatiques !

gifa putin mildly amused

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Source : http://h16free.com/2016/09/26/55702-les-vilains-tax-rulings-de-engie-gdf-suez


Réforme de l’APL : en Socialie, la lutte contre les pauvres s’intensifie

vendredi 23 septembre 2016 à 09:00

Un texte de Nafy-Nathalie et h16

L’enfer immobilier est pavé de DALO, d’APL et des bonnes intentions du gouvernement. Et les joyeux carreleurs sont députés, maires et surtout socialistes.

En théorie, ça marche. Mais en pratique…

Théoriquement et comme l’indique le site du gouvernement, « L’aide personnalisée au logement (APL) est une aide financière destinée à réduire le montant de votre loyer ou mensualité d’emprunt immobilier. » . Admettons.

En pratique cependant, il y a quelques petites subtilités. Actuellement, l’APL représente un coût de 16 milliards d’euros pour le contribuable (soit 40% des dépenses logements d’un État qui n’a pas les moyens de les financer), et bénéficie à environ 6 millions de personnes, majoritairement locataires comme l’indique le rapport de l’IPAG de 2012 sur les aides personnelles au logement.

Malheureusement, son efficacité est douteuse puisque, comme le détaillait un article de Contrepoints de mai 2015, « régulièrement la Cour des comptes, l’INSEE, les études des experts en France ou à l’étranger indiquent que les aides au logement aboutissent à l’effet contraire de celui attendu ». À tel point que sa suppression pure et simple aurait des effets bénéfiques.

Ce qui n’empêchera pas la République, vaillante et conquérante, de former un « groupe de travail » de 14 experts députés pour s’emparer du sujet, se réunir, travailler et proposer des « solutions » afin de sauver cette aide en l’adaptant, en la recalibrant et ainsi de suite. 14 élus à la rescousse ? Tout est réuni pour une réussite flamboyante.

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Comme prévu, les conclusions de ce groupe de « travail » sont sans appel et orientent soit vers un déficit de lecture de la part de nos députés, soit (ce qui est plus problématique), un déficit de compréhension puisqu’en se basant sur des interprétations faussées, le groupe parvient avec brio à des propositions douteuses.

Propositions douteuses qui ont bien évidemment été goulûment reprises par le gouvernement dans le cadre de son projet de réforme de l’APL qui se présente en plusieurs étapes.

Première étape

Elle a eu lieu ce 1er juillet, avec l’instauration d’une dégressivité des APL au-delà d’un certain montant de loyer.

Il s’agit de « limiter le montant de l’APL des ménages dont les loyers sont considérés comme manifestement trop élevés par rapport à leurs revenus et à leur situation familiale » comme l’indique un porte-parole du ministère du logement.

Chacun jugera du discours de notre État-nounou persuadé qu’il doit veiller, sous peine de sanction, à ce que ses citoyens les moins affûtés ne dépensent pas de manière inconsidérée l’argent qu’ils ont gagné.

L’exemple donné par le gouvernement pour illustrer le bien-fondé de sa mesure est intéressant : celui d’un célibataire parisien touchant moins de 1 269 euros net par mois, hors allocations diverses. Si son loyer (hors charges) est inférieur à 995 euros, l’APL est maintenue. S’il est compris entre 995 euros et 1 171 euros, elle est diminuée. S’il dépasse 1 171 euros, elle est supprimée.

On se perd en conjectures sur ce qui a poussé le gouvernement et les députés à appuyer leur raisonnement sur ce genre de cas ridicules. Dans quel monde crédible un locataire loue-t-il un logement dont le coût est équivalent à ses revenus ? Et même en posant cette hypothèse absurde, où trouverait-on un propriétaire assez phénoménalement stupide pour accepter ?

De l’aveu du gouvernement, cette mesure serait a priori symbolique et peu de foyers seraient réellement concernés. Sur les 6,5 millions concernés par l’APL, on évoque tout de même un impact de 80.000 foyers, majoritairement à Paris, et concernés suite à des « accidents de la vie ». Autrement dit, ce sont donc des foyers rares, concernées par des situations atypiques et généralement graves, qui seront donc éjectées des APL par un Etat surjouant ouvertement son rôle de garde d’enfants défavorisés. Belle solidarité. Beau geste.

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Mieux encore, ces 80.000 foyers impactés représentent aussi 80.000 propriétaires qui auront, à leur tour, des difficultés à recouvrer leurs loyers et qui pourraient donc lancer des procédures d’expulsion. Or, dans le cadre du DALO, cela se transformerait en 80.000 foyers à reloger par l’État.

Dans un article de Contrepoints du 1er juillet dernier, nous évoquions la question du DALO et du décret du 6 juin 2016 qui s’inscrit dans les préventions des expulsions en utilisant le levier de l’APL. Avec l’actuel discours du gouvernement, la notion même de « locataire de bonne foi » induite par ce décret prend tout son sel : un locataire restera-t-il « de bonne foi » si la loi considère son loyer comme « manifestement trop élevé » pour ses revenus ? Soyons raisonnables et rappelons-nous que nous avons à faire à un gouvernement socialiste. Envisageons donc le pire.

Parallèlement, on ne pourra s’empêcher de noter que cette démarche, d’une hypocrisie sans borne, reste un moyen sûr pour l’État de s’exonérer du droit au logement des plus démunis, de faciliter leur expulsion et d’éviter les condamnations dont il est menacé.

Deuxième étape

La première couche ne suffira pas. Au 1er octobre, la seconde couche introduira la prise en compte du patrimoine pour le calcul de l’APL. Youpi.

Ainsi, ces APL ne seront plus accordées aux enfants dont les parents sont assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) s’ils sont rattachés au foyer fiscal parental. Mesure d’abord électoraliste (voire populiste) destinée à taper sur les méchants riches qui bénéficieraient de l’APL, elle reste purement cosmétique et ne changera à peu près rien : la nature et le montant des revenus perçus rentrant dans la détermination de l’APL versée, si les parents assujettis à l’ISF versent une pension à leur enfant et si cette dernière est substantielle, l’APL n’était pas versée de toute façon.

Cependant, le riche, de nos jours, se cache partout et la mesure va donc plus loin : les calculs ne porteront plus sur les seules ressources du demandeur. Ils tiendront également compte du patrimoine du bénéficiaire s’il est supérieur à 30.000 euros (articles 140 à 143 de la loi des finances 2016).

Un décret précisera avant le premier octobre la façon dont cette étape sera mise en œuvre mais on connaît déjà les plafonds de loyers au-delà desquels l’APL sera progressivement sucrée : pour toucher complètement l’aide, le loyer ne doit pas excéder 2,5 le montant de l’APL. Ainsi, une personne seule peut espérer toucher 292,85 euros si son loyer n’excède pas 732 euros. Au-delà, l’APL est progressivement réduite, rendant la charge de loyer restante d’autant plus importante. Malin, non ?

Sans surprise, la présentation du projet de loi et de ces dispositions réellement innovantes en matière de tabassage des plus pauvres aura déclenché quelques vives réactions Notons celle de Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement :

« C’est une façon déguisée de fiscaliser les livrets défiscalisés, tel que le livret A. Non seulement cela va pénaliser les épargnants populaires mais aussi cela risque d’entraîner une nouvelle décollecte du livret A, déjà bien mis à mal par la baisse des taux d’intérêt. Ce qui aura aussi des conséquences graves sur le financement du logement social »

Petits calculs faits, on peut estimer que cette seconde vague de mesures impactera environ 650.000 foyers sur 6,5 millions et permettra d’économiser 225 millions d’euros sur les 16 milliards que représentent les APL. 10% de foyers (pas toujours riches, loin s’en faut) touchés pour 1,4% d’économie, voilà qui bute du chaton mignon !

Conclusion

L’action de nos politiques laisse pensif. On savait depuis la campagne présidentielle de Hollande que le socialiste n’aimait vraiment pas les riches, mais il déteste au moins autant les pauvres. Comme d’habitude, tout en prétendant les protéger sans tenir compte ni des expériences à l’étranger, ni des rapports d’experts, le gouvernement semble avoir acquis la volonté de les fragiliser.

Enfin, difficile de ne pas voir dans ces manœuvres, qui vont principalement impacter Paris, des moyens détournés mais efficaces pour cibler en priorité les foyers les moins désirables pour la capitale qui, en conséquence, va continuer à se vider de ses ménages les plus modestes, comme nous l’évoquions en détail dans de précédents articles.

Au moment où Hidalgo et son équipe se gargarisent de mixité sociale, ces démarches ont décidément un fumet bien nauséabond.

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Source : http://h16free.com/2016/09/23/55721-reforme-de-lapl-en-socialie-la-lutte-contre-les-pauvres-sintensifie


Thinkerview : déchiffrer le Big Brother français

jeudi 22 septembre 2016 à 09:00

Le gouvernement, les députés et les sénateurs, s’ils ne sont pas toujours d’accord, semblent tous s’entendre en tout cas pour étendre encore et encore les pouvoirs de l’État en matière de surveillance, notamment dans le domaine numérique. De ce point de vue, Internet constitue réellement la « dernière frontière », celle qu’ils essayent par dessus tout de cadastrer pour enfin reprendre le contrôle d’une population qu’ils estiment un peu trop libre à leur goût.

C’est dont en toute logique que, mi-juillet, le gouvernement tentait de réintroduire les perquisitions informatiques dans le cadre de l’état d’urgence, pourtant écartées par le Conseil constitutionnel du dispositif en vigueur depuis le 14 novembre.

Et c’est aussi logiquement que, fin août, l’État français est monté sur son grand poney pour demander à l’Europe d’enfin agir contre les abominaffreuses messageries cryptées (à la Telegram) qui ne font rien qu’à l’embêter lorsque ses sbires tentent de capter les conversations personnelles des citoyens.

Malheureusement pour l’État, les ministres et les élus, et heureusement pour le citoyen, les choses sont un peu plus complexes qu’un texte de loi alambiqué et quelques directives bien poivrées de la Commission européenne. En fait, tout se déroule comme si, pour reprendre les termes du journaliste Jean March Manach, on était gouverné par « des aveugles ou des malvoyants ».

On doit cette audacieuse description à un entretien réalisé par Thinkerview sur le thème, justement, de l’État « Big Brother » et de son développement dans le cadre du terrorisme. Cet entretien rassemble Marc Rees (journaliste et rédacteur en chef de PC Inpact), Yassir Kazer (PDG de Yogosha Hacker) et Jean-Marc Manach, le journaliste précité.

L’entretien est riche, les sujets fusent et pour en revenir aux aveugles et aux malvoyants, on se rend assez vite compte que nos élus sont en constant décalage avec ce que les technologies autorisent, ce que la loi permet, et leur compréhension décidément lacunaire du sujet. Vers 18:25, on évoque par exemple les backdoors, ces « portes dérobées » (portes dérobées) que certains politiciens voudraient voir installées un peu partout pour que les autorités puissent contourner les chiffrements plus ou moins solides que les individus mettent en place dans leurs communications. Pour nos trois interviewés, à commencer par Yassir Kazer, c’est bien une idée « foncièrement bête », nos élus n’ayant pas compris qu’à un moment ou un autre, la porte sera utilisée par d’autres que les autorités officielles : le passe-partout tombera inévitablement dans des mains malveillantes. D’ailleurs, les services de renseignement sont parfaitement conscient du danger que représenterait l’existence d’un tel dispositif. En outre, ces backdoors sont inutiles dans la mesure où l’exploitation des données de connexion (« méta-data ») est très largement suffisante et représente déjà un travail colossal.

Au passage, vers 20:30, Marc Rees rappelle que la loi Renseignement n’est pas focalisée sur le terrorisme (et qu’elle a simplement « bénéficié » de ce dernier pour passer). Cette même loi s’occupe aussi d’espionnage industriel, d’intérêts nationaux, d’écoutes, etc… Au cours des discussions à l’Assemblée, on est même passé d’une « défense des intérêts économiques français » à une « promotion » de ces intérêts qui cache difficilement de la bonne propagande.

L’affaire se corse lorsqu’on apprend, vers 23:00, de la bouche de Jean-Marc Manach, que l’essentiel des interceptions et écoutes porte sur le crime organisé et non sur le terrorisme (plus de 50% selon lui). Dans les faits, sur les 18 derniers mois, le terrorisme a bel et bien représenté une majeure partie des interceptions, suivi par le trouble à l’ordre public (COP21, Nuit de Boue et autres ZAD joyeuses). Du reste, comme le pointe Marc Rees, les chiffres connus ne portent que sur les interceptions des communications « françaises » ; les communications « internationales » ne font pas partie des interceptions de sécurité ni judiciaires, sont donc couvertes par le Secret Défense qui pourrait alors être pratique pour camoufler certaines dérives possibles.

En matière judiciaire, on sera intéressé d’apprendre, comme nous l’explique Manach vers 24:00, que les logiciels espions n’ont été utilisés depuis 2011 que 6 fois. En outre, en matière de renseignements, cela n’a pas été utilisé du tout. Hors de France, la notion est plus floue puisqu’on s’inscrit alors dans une logique d’affrontement. Comme l’explique Kazer vers 26:20, les logiques de guerre qu’on connaissait sur des territoires géographiques sont transposées dans le cyberespace et dans ce cadre, il n’y a aucun doute à avoir que la France, si elle y a mis le temps, dispose maintenant aussi de son cyber-commandement et de ses propres hackers. En pratique, pour Manach, ces logiciels espions ont le souci de pouvoir être récupérés et détournés par l’ennemi même après usage, ce qui en limite grandement l’utilisation. Notons tout de même que des cas d’utilisation dans ce cadre sont avérés (Babar, anyone ?).

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Vers 40:00, notons la bonne explication de Jean-Marc Manach sur l’avènement des boîtes noires et la bronca qu’elles déclenchèrent à l’époque : la loi Renseignement a essentiellement donné un cadre légal à des pratiques qui n’en avaient pas et ces « boîtes noires » sont surtout l’exemple d’un « fail politico-médiatique » basé sur les dérapages verbaux d’un conseiller ministériel tentant d’expliquer ce qu’était la « surveillance algorithmique ». En pratique, la surveillance de masse n’existe pas proprement dite et il s’agit plutôt largement de la surveillance ciblée, ce qui, pour Marc Rees, reste toujours problématique puisqu’un contrôle est toujours autant nécessaire (et aussi peu évident à réaliser) pour éviter les dérives.

Enfin, on pourra noter l’analogie opérée vers 48:00 entre le renseignement et le marché : même si les principaux acteurs sont majoritairement étatiques (services de renseignements), ils s’échangent des informations et des technologies, font du troc d’informations et réalisent donc un véritable marché du renseignement, même si, on le comprend, ce dernier est particulièrement discret.

En une heure, le sujet n’est bien évidemment qu’effleuré et tant d’aspects restent à couvrir qu’on redemanderait presque à Thinkerview une deuxième couche. En attendant, l’actualité nous rappelle que le renseignement et la mise en place d’ « armées de hackers » n’est ni une lubie, ni une option, et que la France aurait bien tort de conserver à ce sujet quelques trains de retard : comme l’explique Bruce Schneir, une référence en matière de cryptographie et de sécurité sur Internet, il semble de plus en plus évident qu’une entité (Chine ? Russie ?) mène actuellement des essais pour tester les failles de l’infrastructure au coeur d’internet.

Qu’on se le dise.

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Source : http://h16free.com/2016/09/22/55645-thinkerview-dechiffrer-le-big-brother-francais