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Fillon à droite, Valls à gauche, et au milieu, pas de bol, Hollande

mardi 15 novembre 2016 à 09:00

La France est à peine remise de l’élection américaine et des commémorations lacrymales des attentats du 13 novembre 2015 mais se dirige pourtant vigoureusement vers les primaires de la droite, tambours battants et sondages en main. Et justement, ça tombe bien parce que les récentes enquêtes d’opinion viennent de découvrir un François Fillon subitement plus en forme que prévu.

Hollande l’a bien compris, la donne pourrait bien changer.

Quand le chef de l’État s’exprime, il ne parle jamais que du seul sujet qui l’intéresse et qu’il maîtrise vraiment, à savoir lui-même. Et lorsqu’il évoque l’incertitude, c’est qu’elle le concerne, lui, au premier chef. Or, ce qui, avant l’élection de Trump, semblait gravé dans le marbre n’apparaît plus si sûr : le schéma vendu par toute la presse avec une gourmandise non feinte pourrait bien ne pas se produire. Zut et zut.

hollande-mmh-zut

Pourtant, tout semblait sur des rails : avec le battage nécessaire, la droite pouvait désigner un candidat capable de lui assurer une réélection, cette réélection à laquelle François Hollande travaille, non stop, depuis mai 2012. Et pour obtenir cette réélection, le capitaine de pédalo n’a que faire d’une opinion publique catastrophique. Il n’a pas besoin d’être aimé, il a simplement besoin d’être le seul choix raisonnable possible. Dans cette optique, le seul candidat à même de lui assurer une chance crédible d’être réélu, c’est Marine Le Pen.

Voilà pourquoi, depuis cinq ans, notre aimable cynique s’emploie à conserver au Front National une dynamique favorable. Reconnaissons qu’il y parvient avec un certain brio, d’autant que la conjoncture économique, largement aidée par son inculture crasse et celle de ses ministres, a largement contribué à accroître encore le malaise social du pays.

mélenchon swag meluche plusMaintenant, cela ne suffit pas : encore faut-il qu’aucun candidat à gauche ni à droite ne vienne troubler ses plans.

Pour la gauche, Hollande a remarquablement bien manœuvré. Contrairement à Jospin qui s’était fait carotter au premier tour en 2002 par un nombre considérable de candidats, des écolos trop visibles et une Christiane Taubira remontée comme un coucou, l’animal politique actuellement en poste a bien compris ce qu’il fallait faire et y est parvenu. Taubira ne pose plus de problème, et au plan électoral, les Verts ne sont plus que d’amusantes bactéries, certifiées bio et sans OGM, mais microscopiques. Ni Macron (qui n’a pas l’appareil politique pour s’en sortir), ni Montebourg (aussi frisé qu’insignifiant) ne pourront prétendre le gêner, aussi mauvaise soit l’opinion publique. Seul Mélenchon pourrait prétendre lui faire barrage, mais l’absence de soutien du Parti Communiste, plus décidé à tenter « l’union des gauches », risque de gêner le vociférant tribun de gauche.

C’est donc sur la droite que se porte visiblement la stratégie de Hollande : pour avoir une chance de régner (à nouveau), il lui faut diviser. En plus, c’est facile puisque nous avons la droite la plus bête du monde. L’important, c’est d’être sûr qu’une fois les primaires passées, au moment du vote qui compte pour de bon, le 23 avril 2017, il y ait au moins deux candidats sérieux à droite.

Dans cette stratégie, l’atout maître de Hollande, c’est son ennemi politique affiché, Sarkozy, celui-là même qui aurait dû, compte-tenu de son nombre impressionnant de casseroles, se retrouver en procès depuis un moment mais qui a pour le moment (coïncidence commode) les coudées franches. Or, toujours dans cette stratégie, il est impératif que le candidat désigné à la primaire soit contestable. Qui, mieux que Juppé, ce papier-peint sépia aux senteurs naphtalines, pour jouer ce rôle ? En poussant habilement l’individu dans l’opinion, en donnant tout le temps à la presse de le faire mousser, en lui faisant comprendre qu’il aurait le soutien d’une gauche transie d’effroi, il s’assure que Juppé pourrait bien arriver en tête à cette fameuse primaire.

L’effet Brexit et l’effet Trump sont malheureusement passés par là. La presse semble moins solide, moins capable d’ainsi modeler les opinions. On savait qu’elle avait déjà beaucoup perdu de crédit lors du référendum sur la « Constitution européenne », en 2005, mais les deux derniers événements, frais dans l’esprit des électeurs, risquent de fragiliser encore les recommandations pourtant claires du Camp du Bien…

Et voilà que Fillon, revenu du diable Vauvert, fait une remontée puissante ! Fillon pourrait se retrouver au second tour de la primaire. Zut et zut.

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C’est tout de même un peu gênant, car alors, la stratégie hollandesque pourrait se retourner contre lui.

Fillon au second tour des primaires, c’est l’humiliation pour l’un des deux autres favoris. Juppé arrivant en troisième position quittera probablement la scène politique et se réfugiera au Canada (c’est une suggestion) pour panser ses blessures d’amour propre. Sarkozy, humilié en troisième position, pétera peut-être une ou deux douzaines de câbles. Difficile, alors, de garantir que tout se passera comme Hollande l’avait envisagé, ce dernier pariant (à mon avis, avec justesse) sur l’égo surdimensionné des deux favoris actuels pour s’assurer que ni l’un, ni l’autre ne lâcheront l’affaire devant le gagnant des primaires.

Autrement dit, Juppé désigné, c’était l’assurance d’un Sarkozy dans la course et l’explosion de la droite en avril. Sarkozy désigné, c’était une tranche de rigolade et Juppé, remonté comme un coucou, qui se lançait à son tour : rien à perdre (surtout à son âge), aucun autre mandat échéant et tout à gagner en allant piocher les voix de gauche.

Fillon désigné, voilà qui risque de poser problème.

Et c’est vrai qu’il a quelques atouts, l’ex-premier ministre : son programme, certainement plus réaliste que celui de Sarkozy (qui empile taxes et innovations fiscales, comme pendant son quinquennat), contient effectivement une volonté de réforme d’un pays qui s’enfonce tous les jours dans la dette et une gestion catastrophique.

Mais … Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et il lui faut faire oublier son passif, aussi lourd que douloureux : s’il avait bien diagnostiqué l’état de faillite du pays, il n’a semble-t-il pas infléchi la trajectoire étatiste, interventionniste et colbertiste du gouvernement, impulsée par Sarkozy. Peut-être a-t-il voulu montrer sa fidélité dans le poste que le petit Nicolas lui avait offert ? Peut-être a-t-il préféré la gamelle à l’aventure ? Peut-être a-t-il cru être capable de redresser le pays en catimini, sans l’accord de son chef et sans l’appui du peuple, pas au courant ?

Allez savoir.

En tout cas, le bougre essaye, depuis les années qui ont suivi son départ de Matignon, de faire oublier qu’il a choisi de rester et de « fermer sa gueule » plutôt que démissionner. Et en tout cas, maintenant, il lui faudra donc gagner la primaire et atteindre le second tour, sans fléchir.

Et sur ce chemin, son plus âpre ennemi ne sera pas Hollande mais bien ceux de son camp, Sarkozy et Juppé : rien ne permet d’affirmer que l’un et l’autre, n’iront pas au casse-pipe quoi qu’il arrive.

Et du côté de Hollande, symétriquement, il lui faudra des trésors d’ingénierie politique en coulisses pour s’éviter un nouvel ennemi à gauche. Pendant que la droite fourbit ses armes, on sent le Premier ministre prêt à bondir si Hollande hésite trop à y aller : le petit Manuel n’en peut plus d’attendre et ne trompe guère son monde à tournicoter autour d’un pot de plus en plus bondé.

Alors bien sûr, à ce point et comme je l’évoquais il y a quelques temps, il reste beaucoup (trop ?) d’inconnues pour ne serait-ce qu’envisager sérieusement ce que sera le second tour. Mais une chose apparaît de plus en plus probable : avec un tel empilement de rebondissements possibles, rien ne se déroulera comme prévu.

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Source : http://h16free.com/2016/11/15/56365-fillon-a-droite-valls-a-gauche-et-au-milieu-pas-de-bol-hollande


Donald Trump, Marine Le Pen et une période d’incertitude

lundi 14 novembre 2016 à 09:00

C’est un nouveau monde qui s’ouvre devant nous. Ou du moins, pour ces médias qui n’ont rien vu venir, chaque jour ressemble un peu plus à une exploration de la Terra Incognita que représente maintenant chaque consultation du peuple souverain. Malheureusement pour eux, l’année n’est pas finie et celle qui suit promet, là encore, tant de douloureux rebondissements possibles qu’on sent poindre chez les gentils animateurs du Camp du Bien comme un petit vent de panique.

Bien sûr, ce vent de panique s’explique facilement compte-tenu des bouleversements que le nouveau venu provoque : Trump voulant renoncer à certains traités internationaux, cela explique les réactions outrancières de tant de journalistes et de politiciens qui, pourtant, voudraient bien qu’on renonce à certains traités internationaux. Trump étant isolationniste, tous nos journalistes, régulièrement épris d’anti-américanisme, tremblent de peur à l’idée que l’Amérique s’isole et qu’il n’y aura peut-être plus de bombardements au Moyen-Orient, ou quelque chose comme ça…

Bref, la confusion règne en maître et on comprend sans mal que Trump au lieu de Clinton, ça bouscule non seulement du chaton, mais ça froisse autant la génération 68, qui jacasse chez nous, qu’elle « trigger » la génération Flocon de Neige outre-Atlantique.

donald-trump

Mais surtout, stupeur et cassoulet froid, cela remet sur la table l’hypothèse d’une accession de Marine Le Pen au pouvoir ! Eh oui : dans l’esprit simple (simplet ?) de la classe médiatique et politique actuelle, puisque Donald Trump a été taxé de populisme et qu’il en va de même en France avec Marine Le Pen, puisque le Donald est (évidemment) un gros fasciste et qu’on sait que la Marine est (évidemment) une grosse fasciste, ce qui est arrivé à l’un pourrait (évidemment) arriver à l’autre.

Horresco referens, les journaux de gauche tremblent. HuffingtonPost, L’Express, l’Obs, et même le petit dernier avatar payé avec vos sous, FranceTVinfo.

L’analyse des chroniqueurs politiques de nos superbes médias sur-subventionnés est d’ailleurs validée, sans souci, par rien moins que Le Président De La République Fromagère Française puisque, comme le rapporte le Monde, même pour François Hollande, la victoire de Trump « ouvre une période d’incertitude ».

hollande ceux qui attendent plus rien

Eh oui : initialement, tout le monde a interprété les bredouillis hésitants du petit rondouillard comme un jugement personnel du chef de l’État français à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche, qui serait, dans cette hypothèse, facteur d’agitation ou d’inquiétude dans le monde et dans son pays. Peut-être. Mais surtout et avant tout, la vraie pensée du politicien est que Donald Trump incarne un vote jusqu’à présent impensable par la classe jacassante qui devient possible, et qui ne se transpose que trop bien en France en laissant entrevoir un vote majoritaire pour Marine Le Pen.

Or, ça, c’est de l’incertitude qui pèse bien plus que tout le reste sur les épaules boudinées du petit François : se représenter, même avec 4% de satisfaits, il peut encore le faire, d’autant qu’il a été hontectomisé très jeune. Cependant, Trump élu, c’est aussi prendre le risque de faire élire Marine Le Pen, au deuxième tour, en face de lui… Et pour Hollande, devoir perdre devant Marine Le Pen, voilà qui serait une humiliation sans borne, d’autant qu’il ne commence que maintenant à intégrer cette possibilité, palpable, dans ses petits calculs politico-politiciens.

Bref, il apparaît à présent que les médias et la classe politique prennent violemment conscience que tout pourrait ne pas se dérouler comme prévu pour eux.

Cependant, comparaison n’est pas raison. Marine Le Pen n’est pas Donald Trump, loin s’en faut.

Oh, certes, l’un et l’autre personnages ont tous les deux une vision bien arrêtée de ce qu’il faudrait faire concernant l’immigration. L’un et l’autre ont expliqué assez clairement ce qu’ils pensent être bon en matière de protectionnisme. Et tous les deux n’ont jamais eu l’occasion d’exercer un mandat présidentiel. Pour Trump, on va donc pouvoir jauger en grandeur réelle de sa détermination et de sa capacité à tenir ses promesses. Pour Le Pen, l’élection n’est pas encore dans la poche.

En effet, si Donald peut se targuer d’avoir bâti un empire, et d’en avoir le cuir tanné, ce n’est pas du tout le cas de Marine qui est bel et bien une politicienne jusqu’au bout des ongles. La carrière politique de l’une aura bien du mal à faire oublier la carrière industrielle et financière de l’autre. Si le second a pu se réclamer du peuple, et savoir de quoi il parlait lorsqu’il évoquait l’entreprise et le capitalisme, le sujet promet d’être ardu pour Marine qui ne connaît ni l’une, ni l’autre.

D’autre part et plus fondamentalement, on comprend lorsqu’on lit le programme de Trump que malgré une tendance étatiste indéniable et largement présente dans ses propositions, il lui apparaît nécessaire de diminuer le poids des impôts, des taxes, et d’une législation galopante (sa proposition de ne créer une nouvelle loi qu’avec l’assurance d’en supprimer deux anciennes est une bonne idée, par exemple). N’imaginez même pas voir un jour ce genre de propositions dans le giron du FN ou de la part de Marine Le Pen : l’étatisme y est puissamment implanté.

Enfin et surtout, la structure du vote français est fondamentalement différente du vote américain ce qui a permis à Trump de se jouer du système qu’il connaît bien. Le vote français, direct et en deux tours, signifie que la candidate du Front National devra rassembler bien au-delà de sa famille pour espérer l’emporter. Concrètement, elle devra viser 18 millions de votants, soit, grosso modo, trois fois son score actuel (modulo une abstention à peu près équivalente aux autres scrutins). Autrement dit, s’il y a un effet Trump en France, Marine Le Pen a peu de chance d’en bénéficier à moins d’une abstention record.

Il semble encore bien trop tôt pour déterminer de quoi l’élection présidentielle française sera faite. D’ici mai 2017, de nombreux paramètres sont encore incertains. Trop nombreux sont les candidats sur les rangs, et certains ne se sont toujours pas déclarés.

En outre, la dynamique des votes peut se modifier grandement en fonction du contexte économique ou international ; en cela, l’élection de Trump apporte, elle aussi, son lot d’incertitudes, comme le dirait Pas De Bol Hollande. La situation internationale peut s’améliorer ou s’embraser, accroissant le risque d’attentats en France, ce qui modifierait certainement l’opinion publique et obligerait les candidats à se positionner plus crûment sur des sujets éminemment glissants, électoralement parlant. La situation économique peut s’améliorer ou (Pas De Bol) continuer à se détériorer, accroissant le mécontentement des Français pour l’équipe en place ou les demi-mesures palotes proposées par nos candidats sépias.

En tout cas, il paraît donc particulièrement hasardeux de faire un rapprochement entre l’élection d’un magnat de l’immobilier au discours populiste plutôt conservateur et une politicienne de carrière au discours carrément socialiste.

Bien sûr, si les médias, dans leur immense clairvoyance, tiennent les mêmes discours, observent le même comportement général vis-à-vis de Marine Le Pen et de ses électeurs que ce que furent ses discours et ses comportements pour les électeurs du Brexit ou ceux de Trump, si la déferlante d’imbécilité et de remarques contre-productives est la même, alors oui, le résultat final pourrait être surprenant. Les pleurs et les grincements de dents auront ensuite beaucoup de ressemblance avec ce qu’on peut voir aux États-Unis ces derniers jours.

Ainsi, si nos médias se contentent de jeter l’anathème sur Marine Le Pen et ses électeurs, pourtant de plus en plus nombreux, en insultant copieusement ceux qui votent pour elle, ils ont toutes les chances de ne surtout pas aborder les problèmes de fond, bref, de refaire exactement les mêmes erreurs que celles qui furent faites en Grande-Bretagne puis aux États-Unis.

J’écrivais dans un précédent billet que les leçons pour les médias ne seront pas tirées, les comportements ne seront pas adaptés et que la grille de lecture restera la même. Et partant, la trajectoire étant la même, obtenir un résultat totalement différent de ce à quoi tout le monde s’attend ne semble plus improbable. Ici, on pourrait gloser à bon compte sur Juppé, LE candidat « proposition des médias » par excellence : jolie surprise et beau pied-de-nez s’il ne passait pas le second tour de la primaire, n’est-ce pas ?

Autrement dit, si rien ne change, au contraire de ce que prétend François Hollande, une surprise (de tout ordre) n’est pas incertaine, elle est plutôt garantie sur facture.

Assemblée : CPEF

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Source : http://h16free.com/2016/11/14/56340-donald-trump-marine-le-pen-et-une-periode-dincertitude


[Redite] Il y a un an, « La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme » (Valls)

dimanche 13 novembre 2016 à 11:00

Billet paru initialement le 15.11.2015

Ce dimanche marque évidemment un bien triste anniversaire. Je vous propose de revenir sur le billet paru le dimanche qui suivit. Une année s’est écoulée depuis celui-ci, ce qui permet de faire un état des lieux. Les choses ont-elles vraiment évolué ? Dans le bon sens ? À vous de juger.


Vendredi 13 novembre [2015, donc], c’était la journée de la gentillesse. Cependant, ce soir-là, à Paris, ce qui devait arriver arriva : certains ont rangé les Bisounours et sorti les kalachnikovs.

À la différence notoire du 7 janvier dernier, qui avait plongé le pays dans la guimauve politicienne et les jacasseries mièvres d’une presse éberluée, cette fois-ci, tant les journalistes que les élus semblent avoir compris, enfin, que le pays était confronté à une véritable menace, permanente et concrète. La stupeur des événements passée, ils n’hésitent plus à parler de guerre et à décréter l’état d’urgence (dont on peut d’ailleurs critiquer la pertinence), version à peine édulcorée de loi martiale qui sied comme un gant aux déclarations chevrotantes d’un président un peu secoué par son évacuation rapide du Stade de France.

Ceci posé, l’abasourdissement de la classe jacassante n’est que de courte durée, et une fois son soliloque frénétique repris, une fois admis qu’un conflit est en cours, les habitudes reviennent au galop. Après l’abomination de l’attentat, on en subit un autre, plus feutré mais bien réel, celui des politiciens et des journalistes dès qu’ils ouvrent le bec pour éviter soigneusement la moindre analyse. Impossible alors de seulement constater l’échec cuisant de l’État dans ses prérogatives régaliennes. Pas une ligne n’aura été pondue pour rappeler le petit tweet de Valls, en juillet, fanfaronnant sur sa belle Loi Renseignement :

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Progrès décisif, mais personne ou presque pour noter son bide complet.

Personne pour noter que l’attentat est intervenu alors que les dispositions sécuritaires étaient renforcées dans le cadre de la COP21, ce qui constitue encore un autre type d’échec cuisant. Et, à ce dernier sujet, personne pour noter l’incroyable différentiel de moyens déployés pour combattre ce qui n’est encore qu’hypothèses pendant que des gens se font massacrer par des balles très concrètes.

Dès lors, personne pour rappeler l’omniprésence de l’État sur les routes de France pour éviter les carambolages, interdire les vitres fumées et taxer les cabanons de jardin, et son absence pour prévenir, ou au moins mitiger les événements dont la capitale a été le témoin. L’État règlemente tout (parce qu’apparemment, les terroristes seraient gênés par des décrets, des interdictions et des lois plus sévères), l’État est partout, mais il est aussi dilué à l’extrême, et n’est donc plus efficace nulle part.

Très concrètement, on n’a pas arrêté de diminuer les moyens de ce qui nous protège, au profit de ce qui nous espionne, nous sanctionne, nous traque, nous taxe et nous ponctionne, et le résultat est celui qu’on observe : on est très bien ponctionné, fort bien sanctionné, mais plus du tout protégé. L’État gendarme a laissé place à l’État policier, et les forces de l’ordre, quand elles ne sont plus utilisées pour régler des radars, le sont pour fermer une rue quand un député promène un ministre.

Bien joué.

Epic Fail

En réalité, depuis Charlie, depuis les incidents du Thalys, et finalement, depuis plusieurs mois, plusieurs années même, rien n’a réellement changé : on savait tous, confusément, qu’il y aurait un ou plusieurs autres attentats, mais tout le monde (journaliste & politicien) semble avoir été surpris (sidéré, même). Il surnage une impression persistante d’impréparation chronique, de gestion à la va-vite ou à l’impro.

Cette impréparation se traduira d’ailleurs dans les prochaines heures, par ce que les gouvernants pondront comme remarquables mesures pour éviter un nouveau carnage : on peut presque parier que, tout comme pour les attentats de janvier, certains envisagent sérieusement de remettre une couche de laïcité ou de niaiseries vivrensemblistes un peu partout à commencer par les écoles, parce que cela a furieusement bien marché. Dès les prochains jours, sentant la menace planer sur le pays, la police continuera à protéger quelques VIP, et à persécuter les automobilistes. Parce que bon.

Mieux encore : soyez certains que la réponse des autorités sera de renforcer le contrôle… des citoyens. Ce qui n’a pas marché n’ayant été dénoncé par personne ou presque, vous en aurez double dose. Et moyennant quelques appels lacrymaux à l’unité, avec une solide exhortation à dénoncer toutes les abominables récupérations politiques, ça passera comme sur du velours.

something terrible has happened - we must rally behind our corrupt gvt

Pourtant, les services de renseignement français sont loin d’être inaptes. On sait renseigner et se renseigner. Seulement voilà, il y a des mesures qui protègent les individus et des mesures qui protègent les politiciens. Or, le gouvernement en choisissant les moyens visibles et idiots, les agitations inutiles et les discours grandiloquents, a clairement opté pour les mesures qui les protègent eux, mais pas les individus.

Les mesures qui protègent les individus, comme construire des prisons (la France en manque cruellement), ramener l’ordre et la loi dans les cités de non droit, infiltrer les réseaux, faire du renseignement de personnes (profilage, recoupements), et… laisser les citoyens s’armer, ces mesures ont deux problèmes : elles prennent du temps et des moyens humains, et même en les mettant en place demain, ne porteraient leurs fruits que dans plusieurs années. En outre, le politiquement correct qui englue toute la vie politique française empêche complètement d’y penser. Chacune de ces mesures vient heurter, violemment, le petit chaton qui ronronne dans le cœur de l’individu de gauche, le cerveau consciencieusement lavé par des années de collectivisme et une transformation achevée en petit mouton aimable et manipulable à merci.

En vertu de quoi, si quelque chose doit changer, ce ne sera pas dans le bon sens : le peuple a, malgré tout, choisi ses dirigeants et il s’en est choisi de bien piètres, arrivés là à force de magouilles, connivences, combines, entourloupes, mensonges, compromissions et abandons.

De ce point de vue, tout se déroule donc comme prévu.

liberté et sécurité

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Source : http://h16free.com/2016/11/13/56356-redite-il-y-a-un-an-la-france-a-desormais-un-cadre-securise-contre-le-terrorisme-valls


République Française : hontectomie à tous les étages

vendredi 11 novembre 2016 à 09:00

Au XIVème siècle, pour conserver chez certains garçons leur voix d’enfant, une pratique consistait à les faire gonadectomiser, c’est-à-dire castrer. L’opération, qui apparaît relativement drastique voire barbare de nos jours, était considérée comme normale et dépourvue de tabou à l’époque et permettait d’alimenter les cours princières de toute l’Europe en chanteurs exceptionnels. Peut-être les siècles qui viennent jugeront le nôtre barbare en considérant la hontectomie.

La hontectomie, c’est cette opération qui se pratique un peu partout, à tous les âges de la vie mais souvent très tôt, notamment chez les militants politiques et les étudiants de certaine grande école, et qui permet de fournir la République en hommes et femmes politiques, en flux continu. Cette opération consiste à éliminer toute trace de honte chez le candidat ce qui lui permettra de débiter n’importe quelle ânerie, de faire n’importe quel coup pendable, de compromettre et se compromettre sans la moindre limite ni la moindre gêne (avec laquelle il n’y aurait plus de plaisir).

Au passage, il n’est pas rare que cette hontectomie s’accompagne d’une gonadectomie rapide qui explique à la fois la prise de poids et la perte de tout courage, de toute capacité à prendre des décisions audacieuses.

Cette hontectomie, pratiquée massivement sur des milliers d’individus au départ normalement constitués, en France et de nos jours (et qui nous sera certainement reprochée par nos descendants) permet de retrouver des spécimens parfaitement dépourvus de la moindre honte à tous les étages du mille-feuille administratif et électoral français. Si l’Église et les puissants d’Europe étaient de grands consommateurs de castrats, l’État républicain n’a jamais diminué son appétit pour des hontectomisés toujours plus nombreux. Est-ce la politique française si spéciale qui réclame une telle production de hontectomisés, ou est-ce la présence toujours plus envahissante d’opérés de la honte qui favorise l’émergence d’une politique française de plus en plus spéciale ? Allez savoir. Toujours est-il qu’il devient maintenant difficile de trouver des politiciens correctement azimutés, disposant d’un peu de probité ou d’une morale solidement chevillée au corps.

À ce titre, on pourrait citer des milliers d’exemples de hontectomies réalisées très tôt, ou lister le nom de plusieurs hontectomisés célèbres, mais je voudrais m’attarder sur une récente péripétie politique qui illustre à elle seule que non seulement, cette mode de la hontectomie massive s’est étendue partout, mais qu’elle touche des individus qui ne savent même plus qu’ils ont été opérés tant l’ablation fut réalisée il y a longtemps.

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Et pour cela, nous allons devoir revenir quelques jours en arrière, au moment de la publication de « Un président ne devrait pas dire ça », ce livre qui décidément fera date. Dans ce dernier, les deux journalistes reviennent en détail sur les entretiens qu’ils ont pu avoir avec le président de la République et nous livrent donc certaines confidences sur la vie à l’Élysée, les difficultés du président, ses opinions parfois tranchées sur les politiciens, ses petites manies, etc…

La recette fait mouche puisqu’elle contient tous les ingrédients d’une bonne bisbille politicienne : en jetant les déclarations plus ou moins « off » de Hollande en pâture à tout le monde, les auteurs sont sûrs de déclencher la consternation à gauche et la colère à droite. Pari gagné puisque le livre se vend bien (très bien, même), et qu’il est à lui seul crédité d’enfoncer Hollande si bas dans les sondages que sa candidature à un nouveau mandat en serait compromise.

Cependant, au milieu de la bonne giclée de petites phrases acidulées que les journalistes reportent consciencieusement dans leur ouvrage, on découvre une bordée d’informations pourtant classées « secret défense » dont Hollande aurait fait part et qui se serait donc retrouvé dans le livre.

Les réactions ne tardent pas, et c’est là qu’on comprend toute l’ampleur de la hontectomie.

On comprend dans un premier temps que Hollande, président de la République, a donc livré des informations secrètes à des journalistes non accrédités, sans sembler le moins du monde inquiet. À ce niveau de responsabilité, pour quelqu’un qui a, théoriquement, le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire ou, au moins, de faire assassiner des gens à distance pour le fun ou plus, on mélange une décontraction parfaitement irresponsable avec une irresponsabilité crasse qui met potentiellement la vie de plusieurs personnes en danger (soldats en premier).

Pour Hollande, la hontectomie fut totale, complète et probablement réalisée si jeune qu’il n’a jamais vraiment souffert de cette condition.

hollande - soldat inconnu

Plus gênante est la hontectomie que les deux journalistes ont manifestement subie eux aussi. À aucun moment ne semble leur être venu à l’esprit que divulguer une telle information pourrait éventuellement porter préjudice à pas mal de monde, bien au-delà de la sphère politicienne qui mérite amplement les emmerdes qui lui tombent sur le coin de la figure. Cette hontectomie passera d’ailleurs presque inaperçue tant personne, ni sur les bancs de l’Assemblée, ni ailleurs, ne semble un tantinet choqué que des journalistes reportent ainsi des informations classifiées sans s’embarrasser d’éthique.

Le pompon est cependant atteint par les députains élus de l’Assemblée nationale qui, tombant sur la pépite, n’ont pas pu s’empêcher de montrer les cicatrices purulentes de leur hontectomie pourtant pas récente.

D’un côté, on notera tous ces députés qui n’ont absolument pas réagi. Hollande, président, qui balance du secret défense dans les pattes d’un journaliste ? Rien de grave, circulez, c’est banal. Des journalistes qui en font un bouquin ? Même pas mal, on regardait ailleurs.

Le sordide atteint son paroxysme lorsqu’enfin des députés réagissent. Ils sont de l’opposition, évidemment, mais trouvent tout de même qu’on est allé un peu trop loin, non mais alors. Pierre Lellouche propose donc d’engager une procédure de destitution du président, puisque telle serait la règle en cas de manquement grave à sa fonction. De son côté, Éric Ciotti saisit le procureur de la République et dépose plainte, parce que bon, l’occasion est trop bonne pour la laisser passer.

Et c’est un peu là le souci, à nouveau : toute l’opération n’est pas l’occasion de rappeler à tous, élus en premier, au premier rang desquels on trouvera le président de la République, qu’on ne badine pas avec les secrets de l’État et la vie de nos soldats. Non. L’opération, après analyse, s’avère presqu’exclusivement une pure opération de politique politicienne dont certains députés nous révèlent la teneur exacte : en lançant cette procédure, on va gêner furieusement le candidat Hollande, oui, certes, mais il ne faudrait pas le gêner trop, de peur de le faire tomber et d’avoir un autre adversaire, plus coriace, aux prochaines présidentielles !

C’est ainsi que Christian Jacob, le patron des députés Les Républicains, balance sans sourciller que, je cite :

« Ce n’est pas à nous d’affaiblir Hollande. Au point où il en est, nous n’aurons pas de meilleur adversaire socialiste que lui…. »

Pensez donc ! Balancer du secret défense aux journalistes, c’est un coup à se faire destituer, sauf si on est une brêle politique qui prend de la place et offre donc de vraies chances de victoire à l’opposition. Auquel cas, jouer avec ce même secret défense, c’est presque du bonus, un truc LOL de jeune qui se la donne, une petite fantaisie peinard.

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Et alors qu’un justiciable lambda, qui aurait commis une telle faute, se trouverait trainé en justice sans réel espoir de passer au travers, on peut garantir que le président, hontectomisé, ne s’en portera pas plus mal, que les journalistes, hontectomisés, ne devront rendre aucun compte, que les députés qui s’en foutent continueront à s’en foutre, que ceux qui s’en offusquent pourront continuer à le faire pour des raisons purement politiciennes, et surtout on peut garantir que tout ce petit monde continuera à nous vendre une morale, des valeurs républicaines, honneur et probité alors qu’aucun de ces tristes sires n’en ont un échantillon à nous faire voir.

Honteux.

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Source : http://h16free.com/2016/11/11/56292-republique-francaise-hontectomie-a-tous-les-etages


Donald Trump contre le prurit démocratique

jeudi 10 novembre 2016 à 09:00

Le déferlement a bien eu lieu. Donald Trump élu, il était logique que, pour la classe jacassante, s’enchaînent les premières étapes du deuil : passée une rapide phase de déni qui aura duré peu de temps, suivie de la colère qui n’a pas encore totalement fini de se ventiler, nous sommes entrés dans la phase d’expression où chacun y va de sa petite phrase pour bien digérer l’impossible outrage.

Parce qu’il s’agit d’un outrage ! Le peuple, évidemment manipulé par un fin bateleur, s’est fait embobiner et, tels des rats enchantés par le flûtiau magique du petit musicien, se retrouve noyé dans le fleuve de populisme éhonté du magnat immobilier à la teinte orangée !

Et pour contrecarrer la méchante nouvelle, les médias nous proposent – devinez quoi ? – un dégueulis de leurs « meilleurs » articles, composés sur ce mode inimitable qui les a précisément précipités dans l’embarras où ils se trouvent à patauger maintenant. C’est ainsi qu’on découvre de palpitantes recensions sur les plus intimes convictions des zintellectuels devant cette élection inattendue : pour ces zélites, « Avec l’élection de Donald Trump, nous voyons le visage effrayant du nihilisme », ou encore peuvent-ils expliquer que « cette élection est d’une certaine façon une réaction contre l’intellectualisme et contre le corps féminin », n’est-ce pas, tagada tsoin tsoin. Si certains avaient pu nous expliquer que Trump, ignorant, avait été élu car il n’était pas capable de destructurer l’intemporel et de modeler le vide, ils l’auraient fait.

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Quand les médias n’ont pas assez d’élites intellectuelles diverses, de dramaturges ou d’essayistes à la plume vibrante, ils laissent s’exprimer pudiquement le tourment qui s’empare des leurs, toujours dans le respect des opinions, des minorités, de la démocratie et du vivrensemble qu’on aimerait bien, parfois, kicker dans les boules.

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(J’ai peur que le journalisme soit définitivement cassé, en faillite. Ma profession n’est pas parvenue à informer le public sur le fasciste qu’ils sont en train d’élire)

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(Je vais le dire : c’est la victoire des incultes et des mal informés. Plus que jamais, cela semble impossible à réparer. Ils règnent à présent)

Lorsque les journalistes ont dû se retirer, fatigués par tant de déconfiture (la déconfiture, c’est dur à digérer en gros pots de 500g à la fois), il n’a pas été compliqué de trouver de quoi les remplacer. Les médias ont goulûment retranscrit chaque déclaration de célébrité ; après tout, la démocratie est un outil trop puissant pour être laissée dans les mains des bouseux et des « incultes mal informés ». Pour Katy Perry comme pour d’autres, nul doute que la Révolution est en marche et qu’elle ne pourra pas se satisfaire d’un Trump au pouvoir.

Et comme leur engagement (pour Clinton) était sans faille, on s’attend à ce que le respect de leur parole donnée en public soit elle aussi sans faille, ce qui promet un exode massif de « peoples » vers le Canada. Les Français, qui se rappellent encore de tous ceux qui auraient dû fuir la France en 2007 sous le joug de Sarkozy, sauront rire de l’hypocrisie des starlettes (ou se désoler de les voir, malgré tout, rester à polluer le paysage médiatique de leurs prouts mentaux).

Quant aux philosophes jongleurs experts, on les a laissé méditer sur leurs précédentes réussites flamboyantes. Spéciale dédicace à Bernard Henry-Levy.

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On le sent déjà, les jours qui viennent seront dédiés à l’ « analyse » (guillemets de rigueur) : tous les médias devront se pencher sur la raison pour laquelle non, ils ne se sont pas trompés mais on leur a fourni de mauvais chiffres, pourquoi les sondages furent biaisés, pourquoi on leur a caché la possible victoire de Trump. Et leur « analyse » consistera à découper le vote en sous catégories, à essayer de trouver ce qui cloche chez ces gens qui n’ont pas voté comme il faut, à tenter de comprendre pourquoi, lorsqu’on désigne pourtant clairement où est le méchant, le vilain peuple continue malgré tout à l’écouter, sapristi.

Il n’y aura pas de remise en question de leur système de pensée.

Il n’y aura pas de prise de conscience que 500 médias qui donnent officiellement leur aval à Clinton (contre 25 pour Trump), c’est un peu disproportionné, que cette disproportion se retrouve dans les statistiques de victoire avant vote (Clinton donnée gagnante à 80% ou plus), et que ceci participe à créer un climat de défiance magistrale vis-à-vis d’eux, d’autant qu’ils avaient eu le même biais lors de précédents votes (Brexit, Constitution européenne en France, etc…).

En réalité, le peuple américain, comme d’autres peuples avant, lassé de se faire bassiner par les bénis oui-oui, les grands directeurs de la pensée moderne, les organisateurs de ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut dire, n’a pas fait comme prévu. Il y a eu des sondés qui se sont tus ou ont menti. Il y a eu des démocrates qui ont voté Trump, bien plus que des républicains pour Clinton, et qui n’en ont rien dit. Il y a eu des pro-Sanders qui, écœurés des manœuvres de Clinton, ont voté Trump. Il y a certainement eu des individus, passablement lassés de se faire dire quoi penser ou quoi voter, qui se sont défoulés. Et d’autres qui avaient pris leur décision depuis bien longtemps, de façon mûrement réfléchie, en préférant tous les défauts et les risques de l’inconnu à la certitude d’une rebelote vomitive.

Dès lors, il n’y aura certainement aucune réalisation que lorsque Trump claironne être un candidat anti-système, cela sonne juste au point de le faire élire. Oh, bien sûr, il a largement bénéficié du système : capitalisme de connivence, utilisation des médias pour accéder à la célébrité, développement de ses réseaux d’accointances dans les milieux d’affaires, dans les médias et dans la politique, tout ceci participe clairement du système. Évidemment. Mais au contraire de tous les autres candidats (Sanders inclus), il n’est pas politicien professionnel puisqu’il ne s’est lancé dans la politique qu’avec cette élection, il n’est pas issu du sérail fermé de Harvard, Columbia ou Princeton, n’a pas un diplôme de droit (mais d’économie). S’il connaît le système, c’est plutôt en l’ayant pratiqué de l’extérieur comme chef d’entreprise et magnat immobilier confronté aux impérities de l’administration et de la bureaucratie.

Et cette donnée, qui explique aussi bien le rejet des démocrates, des journalistes, des intellectuels que le mépris de l’écrasante majorité des vieux briscards républicains — qui devront maintenant s’accommoder de lui — imposerait largement de faire réfléchir ce système, c’est-à-dire les médias, les politiciens et les « élites » jacassantes (depuis les philosophes troubadours jusqu’aux chanteuses « engagées ») qui poussent pourtant (consciemment et non) à n’avoir que des candidats ayant reçu leur adoubement, issu de leurs cercles, de leur sérail, de leurs formations.

Il n’y aura certainement aucune réalisation de ces éléments parce que cela reviendrait à admettre la défaite du politiquement correct, ce politiquement correct insupportable qui crée du « safe space » et des minorités oppressées à tire larigot, ce politiquement correct qui impose de croire qu’une femme doit devenir Président-e des États-Unis parce que c’est une femme.

Il n’y aura certainement aucune réalisation de ces éléments parce que cela reviendrait à admettre qu’une grande partie des médias et des politiciens, les uns dans le lit des autres et réciproquement, ne sont plus en mesure d’écouter ce que dit une partie grandissante de ceux qui les payent.

Il n’y aura aucun recul, aucune prise de conscience. On mettra l’échec sur le dos de Clinton et à la fin, elle aura été trop néo ou turbo-libérale (évidemment).

refund-please

PS : Toute ressemblance avec un pays de ce côté-ci de l’Atlantique n’est absolument pas fortuite.

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Source : http://h16free.com/2016/11/10/56312-donald-trump-contre-le-prurit-democratique