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Thinkerview : Entretien avec Ivan Erhel, porte-parole de Sputnik France

vendredi 3 mars 2017 à 09:00

Pour finir une semaine particulièrement agitée sur le plan politique (et toujours aussi consciencieusement éloignée des préoccupations économiques réelles de nos compatriotes), je vous propose un sujet complètement différent, en revenant sur un entretien récent produit par Thinkerview qui a interrogé Ivan Erhel, le porte-parole de Sputnik en France.

Sputnik, c’est le petit nouveau dans les médias web francophones, mais c’est aussi la version française d’un média russe qui existe depuis le 10 novembre 2014. En un peu plus de deux années, et grâce à l’évident financement de l’état russe, il est parvenu à ouvrir plusieurs agences dans le monde dont une en France. C’est un service d’information qui remplace l’agence RIA Novosti, et, pour beaucoup, c’est un simple relais de la propagande russe en France. L’entretien avec Ivan Erhel, son porte-parole, offre donc l’opportunité de voir comment le média se considère lui-même dans le paysage journalistique français.

Et à l’écoute de l’ensemble de l’entretien, force est de constater que le porte-parole fait preuve d’une lucidité qu’on a parfois bien du mal à trouver chez ses confrères d’autres plateformes. On appréciera d’ailleurs sa franchise lorsque (vers 16:00) il décrit son incursion en Ukraine et comment il s’est retrouvé à participer (en tant que simple observateur) à l’une des rondes de la milice d’extrême-droite locale qui, cherchant à bastonner des communistes ou des pro-russes, n’aura trouvé ce soir-là qu’à contrôler quelques immigrés clandestins d’Asie centrale.

Du reste, démarrant sur les chapeaux de roues (vers 3:20) en déclarant sans ambages que « la vérité se situe en marge de ce qui est écrit dans la presse », Erhel admet sans problème qu’effectivement, Sputnik, chez lequel il travaille depuis six mois, est financé par la Russie et diffusera donc les informations avec le point de vue spécifique de cet Etat.

Pour lui cependant, la Russie n’est pas l’ennemi à abattre mais doit rester un pays avec lequel on peut s’entretenir. Du reste, on ne peut pas lui retirer la comparaison avec les antennes, nombreuses de France Télévision ou de Radio France, directement subventionnées par l’état français et dont le rôle n’est finalement pas différent de celui de Sputnik, sans que personne ne semble s’en offusquer. Après tout, le modèle d’affaire de Sputnik est construit comme celui de Radio-France International, subsidié par l’état dans les deux cas. Sputnik Monde reçoit environ 100 millions d’euros par an, ce qui permet à Sputnik France d’employer un peu plus d’une dizaine de salariés, tous Français sauf deux Russes (le rédacteur en chef et une journaliste qui repart prochainement à Moscou).

D’autre part, tant qu’à amalgamer Sputnik au FSB (services secrets russes) ou aux intérêts étatiques ou capitalistes russes, Erhel n’hésite pas à rappeler qu’à côté des chaînes publiques subventionnées par l’Etat français, les chaînes privées étaient toutes détenues par des capitalistes et industriels français, de façon tout à fait similaire. La bataille pour savoir qui, des premiers ou des derniers, produit le plus d’information biaisées est donc ouverte.

Interrogé (vers 34:13) de but en blanc pour savoir si Sputnik ou son confrère télévisé, Russia Today, sont de la propagande, Erhel continue la comparaison : alors que la France baignait jusqu’à présent « dans la propagande anglo-saxonne (…) que France24 est de la propagande française à destination de l’Afrique ». Ce qui le pousse à s’interroger : « plusieurs points de vue sont-ils autorisés ? » Et, levant tout ambiguïté, il conclut d’ailleurs :

« Derrière Sputnik, il y a une volonté claire, étatique, de faire parler le point de vue russe et c’est assumé. »

Le but plus ou moins affiché (plutôt plus que moins) est donc de contrebalancer la propagande occidentale anti-Russe, allant « de la calomnie au russian-bashing » outré, qui s’illustre dans la contre-culture internet par l’existence même d’un hashtag #RussianDidIt (« C’est un coup des Russes ! »), dont on conviendra aisément vu le ton moqueur qu’il met plutôt en boîte ce dénigrement trop gros pour être cru systématiquement.

Et puis, finalement, propagande pour propagande, l’arrivée de Sputnik en France permet finalement de choisir à quelle sauce l’information sera servie.

La lucidité ne s’arrête pas à la nature même des informations débitées par Sputnik mais s’étend agréablement à une vision raisonnable de la profession de journaliste. Erhel rejoint finalement beaucoup de citoyens lorsqu’il constate que la carte de presse française reste bien souvent un avantage fiscal et seulement ça, certains journalistes ne la méritant pas alors que d’autres, n’en disposant pas, pourraient largement la réclamer. Il note à raison (vers 13:35) que « le pire ennemi du journalisme, aujourd’hui, c’est l’autocensure et le conformisme ». Pour lui (28:25), « Le Monde ment, comme tout le monde », soit par action, soit plus encore par omission. Or, toujours pour lui, « Le Monde, c’est la référence absolue de la presse française. Un scoop n’est un scoop que lorsqu’il est officiellement repris par Le Monde. »

Au sujet des nouvelles bidons (ou « fake news » tant décriées par les tartufes du Monde ou d’ailleurs), Erhel estime qu’il s’agit plus d’un sous-produit de l’internet qu’un sous-produit du journalisme, et que ces rumeurs et informations fausses sont la conséquence directe de la possibilité de chacun de s’exprimer et aussi de relayer ces bêtises.

Enfin, interrogé (vers 53:17) sur l’état de la presse occidentale et sur ce que, selon lui, il faudrait faire pour améliorer la situation, le porte-parole de Sputnik lance trois idées : d’une part, il estime qu’il faudrait que les journalistes fassent des stages dans les populations pour être un peu en phase avec la réalité, pour sortir de la classe journalistique. Beaucoup de mes lecteurs seront effectivement en phase avec cette proposition qui rejoint le constat, lu et relu maintes fois sur Internet, d’une déconnexion croissante du cercle des élites politiques et journaleuses sur elles-mêmes et le nécessaire besoin de leur retour à la réalité (à ce sujet, l’actuelle campagne présidentielle n’annonce aucune amélioration sur ce plan-là).

D’autre part, Erhel souhaite une vraie indépendance pour une agence de presse française, loin du mécanisme bâtard de subvention étatique qui permet à l’AFP de survivre, ou, à défaut, l’apparition d’agences de presse alternatives.

Enfin, on pourra trouver touchant son désir de revenir à la méritocratie qui viendrait amoindrir le succès des gens trop conformistes. Si, dans le fond, il a raison, cette méritocratie appelée de ses vœux remet en cause trop d’habitudes, de prés-carrés et de prébendes douillettes pour que la France de 2017 y songe sérieusement…

L'opinion publique : quand on est cool à ce point, on n'en a rien à carrer.

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Source : http://h16free.com/2017/03/03/57551-thinkerview-entretien-avec-ivan-erhel-porte-parole-de-sputnik-france


Pourquoi ce qui arrive à Fillon est très bien

jeudi 2 mars 2017 à 09:00

Avis de tempête sur le petit monde politique : alors que François Fillon avait annoncé officiellement qu’il irait bien, mercredi matin, tâter quelques culs bovins au Salon de l’Agriculture, voilà que le candidat à la présidentielle annule son déplacement à la dernière minute et annonce tenir une conférence de presse à midi. Dans une ambiance électrique et tendue, le voilà qui annonce ce dont beaucoup se doutaient : il est mis en examen.

Sapristi de saperlipopette de nom d’une pipe de cornegidouille ! Voilà une surprise immense : François Fillon, le candidat de la droite vient d’annoncer sa prochaine mise en examen dans ce que la presse a finement et avec une imagination extraordinaire baptisé « Penelopegate », à savoir les allégations de travail fictif de sa femme Penelope lorsqu’il était encore député au sein de l’Assemblé nationale.

Depuis que l’information a trouvé sa place en Une du Canard Enchaîné, le mercredi premier février, il ne s’est guère écoulé une semaine sans que le prétendant à la magistrature suprême ne se retrouve emberlificoté dans des allégations plus ou moins sulfureuses : chaque parution de Canard a entraîné une nouvelle salve de « révélations » que le reste de la presse, un peu trop visiblement goguenarde, a repris avec ferveur et excitation. Il paraissait donc normal que ce mercredi premier mars n’échappe pas à la règle.

Voilà donc Fillon mis en examen et, comme on pouvait s’y attendre, voilà donc Fillon qui ne renonce pas, et qui en profite pour noter la méthode et le timing, diaboliques, de l’institution judiciaire pour mener son opération.

DroopyfillonSi on oublie un instant les raisons exactes des agitations du candidat pour se concentrer sur cet aspect, force est de reconnaître que le Parquet National Financier (PNF), nouvelle créature instituée pour Cahuzac, a choisi avec soin sa cible et son calendrier. On est ainsi en droit de se demander pourquoi c’est bien le PNF qui s’est lancé dans cette aventure judiciaire à rebondissements : pourquoi a-t-on choisi d’ouvrir l’enquête via une juridiction d’exception, apparemment spécialement taillée pour les élus, alors que, dans une République enduite d’égalitarisme gluant, tout devrait concourir à un traitement de ces gens là aussi égal que possible aux citoyens lambda ?

Après tout, c’est bien parce qu’ils empilent les droits spéciaux, les privilèges spécifiques et les juridictions exclusives qu’ils se retrouvent, régulièrement, à devoir justifier de l’emploi de sommes, d’individus ou de passe-droits spéciaux, exclusifs ou spécifiques… En réalité, il serait plus que temps que nos élus bénéficient de la justice traditionnelle dédiée aux justiciables sans-dents, aussi bien en tant qu’accusés qu’en tant que victimes. Cela les inciterait peut-être enfin à faire le ménage et mettre les moyens nécessaires pour cette institution.

On peut rêver. Néanmoins, pour revenir à cet énième rebondissement dans l’affaire Fillon, notons tout de même que ce qui arrive au candidat est une excellente chose.

Un excellent état des lieux de la justice en France

En effet, qu’à la fin Fillon soit ou non élu, cette affaire permet de démontrer de façon éclatante que la justice sait être très rapide quand elle veut. Et cela permet d’envoyer un message fort à tous les justiciables de France : si vous, citoyen lambda, voulez que la justice s’occupe plus vite de votre cas, débrouillez-vous pour encarter publiquement votre opposant dans un parti de droite.

Ceci devrait d’ailleurs inquiéter… François Bayrou dont on a appris très récemment, par un livre de Corinne Lepage paru en 2015, qu’il avait fait employer son assistante personnelle par une députée européenne, ce qui s’apparente beaucoup à la gestion alternative de fonds publics pour un emploi personnel dont on accuse Fillon. Et cela pourrait inquiéter Macron, pour qui le président des jeunesses macronistes travaille alors qu’il a officiellement un emploi d’attaché parlementaire…

Parions que le PNF sera saisi et agira rapidement. Ou pas.

En outre, cette affaire permet de montrer que cette République sait être souple avec ses grands principes : le secret de l’instruction est finalement quelque chose de tout à fait négociable ce qui permet à la presse d’avoir des informations de première main. Du reste, même si c’est pénalement condamnable, parions que ces fuites (qu’on observe d’ailleurs dans un paquet d’autres affaires) ne seront jamais poursuivies, quand bien même Fillon a-t-il déposé une plainte.

De surcroît, cette affaire permet d’illustrer ce que veut dire « pouvoir judiciaire » avec ses avantages (celui qui lui autorise potentiellement toutes les cibles possibles, pas seulement le citoyen lambda mais aussi l’élu, le riche ou le puissant, youpi) et ses inconvénients (celui de, potentiellement, réduire à néant une candidature et l’espoir d’une partie de la population de voir son champion gouverner le pays). Voilà qui imposera un devoir de réflexion philosophique intéressant, à tous ceux qui aspirent au suffrage populaire, et aux autres.

Enfin, quoi de mieux que ce genre de rebondissements si subtilement planifiés pour entretenir une saine confiance dans la justice de son pays ? Encore mieux, cela permet de montrer à la fois la détermination d’un homme politique et toute la souplesse qu’il peut avoir avec la parole qu’il a donnée : mis en examen, il devait se retirer, ce qu’il ne fera pas.

Doit-on vilainement en conclure que son programme est du flûtiau ?

Bien sûr que oui.

Des conséquences amusantes s’il est élu

Et si notre homme, finalement, décroche la queue du Mickey au manège de l’Elysée, cette affaire nous offrira notre premier Président de la République mis en examen.

Fillon semble confiant.Quelque part, c’est normal, puisqu’on continuera alors dans la belle tendance impulsée à coup de Corona par Chirac, poursuivie à coup de Viagra par Sarkozy et confirmée à coup de Solex par Hollande puisque Fillon devra peut-être relocaliser l’Elysée à Fleury-Mérogis (encore qu’on pourrait concevoir de conserver le nouveau locataire à l’écart des autres prisonniers pour éviter que ces détenus ne se radicalisent franchement).

En tout cas, élu, il se retrouverait en poste avec une légitimité… discutable : par définition élu par une majorité de votants, il ne sera probablement pas élu par une majorité de Français et encore moins par une majorité de personne soutenant réellement sa candidature mais plutôt par ce groupe d’individus qui l’auront choisi par défaut, plutôt qu’un autre (ou une autre dans notre cas).

Autrement dit, il lui sera délicat d’avoir une vraie majorité gouvernementale et la rue sera promptement là pour lui rappeler la batterie de cuisine qu’il trimbale derrière lui.

Or, objectivement, si la France a un besoin criant de réformes, l’immobilisme et l’arrêt complet constituent des options presque souhaitable à l’alternative dangereuse qui consiste à courir comme un poulet sans tête, option malheureusement très probable lorsqu’on n’a ni majorité, ni fermeté à imposer un programme qu’on voit déjà raboté de tous les côtés et dont le degré de libéralisme, déjà fort faible en novembre, s’est rapidement évaporé les jours qui ont suivi la fin des primaires.

Décidément, cette affaire, marquée d’un bout à l’autre de l’évidente patte hollandesque, apporte malgré tout quelques bénéfices palpables aux Français.

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Source : http://h16free.com/2017/03/02/57585-pourquoi-ce-qui-arrive-a-fillon-est-tres-bien


La petite histoire derrière la fumeuse loi de Janvier 1973

mercredi 1 mars 2017 à 09:00

Aujourd’hui, pendant que l’actualité continue de se remplir d’affaires judiciaires contre les candidats à la présidentielle, prenons le temps de nous éloigner de ces effervescences locales pour revenir sur l’intéressante histoire de la loi de Janvier 1973 sur la Banque de France, dite loi Giscard Pompidou Rothschild, ou plus exactement la petite histoire, bien plus intéressante, de sa récente célébrité sur internet.

Rendons tout d’abord à César ce qui est à César, puisque c’est à Guillaume Nicoulaud qu’on doit d’avoir retrouvé le parcours assez croustillant de la petite histoire derrière cette loi devenue subitement célèbre il y a quelques années. Et pour ceux qui ne sauraient pas trop bien de quoi on parle (ce qui serait logique, tant cette loi reste, malgré tout, assez étroite dans son application), rappelons qu’il s’agit d’une loi qui modifie le statut de la Banque de France et précise notamment les conditions autorisant l’État à emprunter à cette dernière.

En particulier, l’article 25 est celui qui sera le plus commenté, plusieurs décennies après son entrée en force, puisqu’il prévoit que, je cite, « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». En somme, cet article impose une certaine discipline dans la gestion monétaire de la dette, en créant simplement une procédure garantissant la transparence entre le ministre de l’économie et le gouverneur de la Banque de France, laquelle procédure doit être approuvée par le parlement. Pour rappel, l’interdiction qui est faite au Trésor de présenter ses propres bons à l’escompte de la Banque de France est un principe déjà communément admis de tous et déjà présent dans la loi du 24 juillet 1936.

keep calm, we'll print more

Suite à l’effervescence récente d’un petit groupe d’activistes obstinés, cette loi aura été parée de plusieurs maux : selon eux, cette loi interdirait à l’État de se financer sans intérêt, et serait donc directement responsable de son endettement total (ou pas loin) ; et régulièrement, on indique en support à ces assertions les travaux de doctes économistes improvisés et autres vidéos palpitantes expliquant par le menu pourquoi l’État s’est vendu aux marchés et comment tout ceci est très méchant. Dans un billet détaillé paru en novembre 2011, je m’empressais d’ailleurs de crier « foutaises ! » et d’expliquer pourquoi ces assertions ne tiennent pas la route ; citons aussi celui de Magali Pernin qui résume bien la situation réelle.

Aujourd’hui, je vous propose de voir comment on en est arrivé là, et qui, selon toute vraisemblance, a aidé à propulser ainsi cette cargaison de fadaises sur les intertubes, et au-delà. Car en effet, elle a voyagé, cette notion que l’État français ne serait plus souverain pour émettre de « la dette gratuite », et ne pourrait donc plus la rembourser en imprimant la bonne quantité de francs, d’euros ou de Pistulons Républicains ! On la retrouve dès 2011 et 2012, décrite dans les programmes d’éternels candidats à la présidentielle comme Dupont-Aignan. Pour lui, comme pour d’autres qui l’ont bien vite rejoint (Jean-Luc Mélenchon puis Marine Le Pen, par exemple), horreur des horreurs, l’État n’est plus maître de sa dette.

Tout semble donc commencer avec deux sources possibles.

D’un côté, on trouve les travaux de Gabriel Galand et Alain Grandjean (connus seulement d’altermondialistes) qui, dans un livre de 1996, La monnaie dévoilée, expliquent leur point de vue sur la fameuse loi de 1973, sans toutefois aller aussi loin dans les conclusions que notre seconde source, un certain André-Jacques Holbecq.

De l’autre, pensionné de l’aviation civile, notre homme chérit dans sa retraite deux passions : l’ufologie et l’économie, et seulement l’anticapitaliste. Soyons indulgents, il n’est pas le premier à mêler ainsi la science qui gère la pénurie avec les extra-terrestres ; après tout, Paul Krugman avait fait de même il y a quelques années.

Or, depuis 2002, notre aimable retraité tient la forme : sur le sujet économique, il produit livre sur livre, accumule les sites et les blogs sur internet, à tel point qu’en 2007, il est repéré par Etienne Chouard, ​prof de lycée plus connu pour son militantisme que pour sa production intellectuelle, qui lui préfacera son livre consacré à la question, « La dette publique, une affaire rentable », écrit avec un certain Philippe Derudder et publié en 2008.

Dans un habile tango, Chouard va ainsi donner de l’audience à Holbecq qui utilisera en retour l’improbable aura de Chouard pour crédibiliser ses écrits, au point qu’en 2008, on retrouvera régulièrement nos deux compères chez Paul Jorion (que les habitués de ces colonnes connaissent probablement puisque j’avais parlé brièvement de cet économiste improvisé dans un précédent billet) au point que notre retraité s’en réclamera directement dans son dernier blog, PostJorion que seuls les plus solides d’entre vous sur le plan psychologique pourront aller visiter sans subir d’effets adverses.

C’est aussi à cette époque que le Canadien Paul Grignon (par ailleurs auteur de « Mystery Lines Sky », sur l’affrominable complot des chemtrails) produit « L’argent dette », vidéo qui relate par le menu comment les banques commerciales produisent de la dette (ce qui est exact), comment les intérêts détruisent le monde (ce qui est risible) et pourquoi seul l’État devrait produire de la monnaie (ce qui est absurde). Cette vidéo, simpliste, est un succès d’autant plus fort que la culture économique française est particulièrement lacunaire voire carrément fausse ; son succès permet d’asseoir les délires approximatifs de Holbecq et Chouard.

Partant de là, tout va s’enchaîner très vite : les semi-habiles de droite et de gauche (surtout aux extrêmes) trouvent dans la vidéo d’un côté et dans les « explications » de Chouard & Holbecq de l’autre un terrain de jeu génial permettant à la fois de légitimer le retour d’un État fort et l’abandon d’une méchante monnaie (l’euro) qui n’a pas été capable d’apporter le miel et le lait comme il avait été promis jadis.

La suite, on la connaît par nos fines élites politiques qui, découvrant l’intérêt de leurs sympathisants et de leurs militants pour ces thèses alternatives et commodes, s’approprient rapidement les concepts prédigérés et vont les remettre à leur sauce dans l’un ou l’autre de leurs programmes politiques habituels.

Voilà comment un empilement d’analyses approximatives et des éléments finalement complètement bidons se sont retrouvés propulsés sur le devant de la scène et se sont introduits dans les propositions de certains candidats qui, ne comprenant absolument pas les tenants et les aboutissants de cette loi et des principes politiques qui ont présidés à son introduction, s’empressent alors de relayer cette fumisterie pratique pour leurs visées électorales.

Une fois les écrans de fumée écartés, il ne reste qu’une paire de questions pour expliquer l’existence de ces dettes colossales qui s’empilent en France : qui, exactement, choisit ou non de faire de la dette, et qui, exactement, prête les sommes dont l’État a besoin ? Or, la réponse à ces questions permet de pointer du doigt l’éléphant dans le salon puisque sans l’ombre d’un doute, ce n’est pas la capacité de l’État à faire de la dette qui devrait être le sujet, mais plutôt, la propension catastrophique de nos élus à en contracter à tire-larigot.

Eh oui : foin de loi de 1973 Giscard Pompidou Rothschild Illuminati, un budget à l’équilibre (jamais voté depuis 1974) assurerait que la dette s’éteint. Foin de souveraineté et de monnaie imprimée librement, le fait de tenir les dépenses de l’État, le fait de ne dépenser qu’avec parcimonie l’argent pris au contribuable et, jamais ô grand jamais, de créer dette et déficits, tout ceci assure un avenir serein et une monnaie forte. Les exemples abondent de pays qui n’ont pas à subir cette loi et qui s’endettent comme des gorets au point d’être en faillite, de même qu’il existe des États qui se font fort de ne jamais s’endetter et ont, de ce point de vue, une monnaie stable et une économie prospère.

En définitive, l’histoire derrière la montée en sauce de ces explications tordues sur la loi de 1973 en dit beaucoup plus sur l’orientation politique et l’inculture économique assez consternante de ceux qui la développent que sur l’impact réel, au demeurant très modeste, de cette simple procédure de transparence introduite il y a plus de 40 ans.

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Source : http://h16free.com/2017/03/01/57537-la-petite-histoire-derriere-la-fumeuse-loi-de-janvier-1973


Une France apaisée en lutte un peu trop ouverte contre le fascisme

mardi 28 février 2017 à 09:00

Il y a quelques jours, je notais un tantinet étonné que la France était un peu trop souvent terre de fusillades. Pour un pays qui prétend contrôler drastiquement la détention des armes à feu, voilà qui est gênant. Malheureusement, les récents événements à Nantes confirment que la société française est loin d’être apaisée…

Rassurez-vous, la métropole atlantique n’a pas été le témoin d’un de ces épiques échanges de coups de feu où les méchants, facilement reconnaissables à leurs voitures à grosses cylindrées et leurs accoutrements voyants, s’en prennent à d’autres méchants qui ont un peu trop marché sur les platebandes des premiers, le tout au milieu de gentils que la police, elle-même très gentille, ne semble guère pouvoir protéger, occupée qu’elle est à verbaliser avec application de dangereux retraités en Renault Clio.

En réalité, Nantes s’est contenté d’accueillir ce week-end Marine Le Pen dans le cadre de sa campagne électorale pour les présidentielles, événement qui constitue maintenant l’alpha et l’oméga des journalistes français pour encore deux mois. Et qui dit Marine Le Pen dans une ville devenue le bastion des socialistes dit aussi affrontements, débordements et petits prurits de violence de la part de tout ce que la population locale peut compter comme fiers soldats de l’antifascisme.

Et c’est bien logique. Si on laisse ainsi s’installer Marine Le Pen, tranquillou bilou, au milieu de Nantes, pour y éructer ses slogans véhéments et ses idées nauséabondes, vous pouvez être sûr que rapidement, le chaos s’installera et que plus rien ne séparera la bonne société civilisée nantaise du bouleversement fasciste et raciste qui se déclenchera inévitablement. Si, d’aventure, la dirigeante du Front National devait s’exprimer librement, ce serait un affront à la vraie liberté d’expression, celle qui consiste à crier haut et fort son attachement à ce droit fondamental de beugler à l’unisson pour ne surtout choquer personne.

Mais cela ne s’arrête pas à ça, bien évidemment. Ne pas réagir à la venue de Marine Le Pen, ce n’est pas seulement laisser la Beuhête Immonheudeu s’exprimer, c’est aussi laisser le droit de circuler des gens qui, en tant que militants et sympathisants du Front National, méritent plus qu’amplement qu’on s’en prenne à eux : le droit de circuler librement ne saurait s’entendre dans le cadre de manifestation de soutien à des gens qui ne sont pas du bon bord, celui officiellement soutenu par le gouvernement ou ses affidés plus ou moins proches, ce qui justifie amplement qu’on s’attaque à des bus histoire de bien rappeler qui, dans tout ça, sont ceux qui luttent contre le fascisme et qui en sont d’évidents représentants.

Dès lors, on comprendra sans mal que, ne pouvant pas faire de bonne omelette sans casser quelques oeufs, de vaillants révolutionnaires anti-fascistes en lutte contre une société de consommation, un ultranéolibéralisme, un capitalisme et un Front National galopants, se sont jetés à corps perdu dans une nouvelle bataille pour amoindrir l’impact médiatique de la dirigeante du vilain parti de la honte méchante. Grâce à leurs courageuses exactions contre le mobilier urbain (fasciste), le tram (fasciste), la verdure locale (raciste) et les policiers (suppôts du fascisme de droite), le petit meeting de Marine Le Pen a été quasiment oublié par les médias qui n’en ont pour ainsi dire pas parlé. Mission réussie, n’est-ce pas.

À tel point que François Fillon, le dirigeant des Républicains, lui-même candidat à la présidentielle et, par voie de conséquence, concurrent à Marine Le Pen, s’en est offusqué devant ces mêmes médias (ceux qui furent habilement manipulés par les efficaces hordes antifascistes de Nantes). Le meeting de Marine Le Pen, qui devait être une simple étape de campagne, en devient par la grâce des antifas effervescents un point haut qui, de surcroît, se pare d’une polémique mêlant en plus l’actuel premier ministre.

Il faut dire que François Droopy Fillon n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en jugeant ouvertement que la campagne se déroulait « dans un climat de quasi-guerre civile ». Comble de la méchanceté du candidat de la droite, il a réclamé que « le gouvernement assure les conditions du bon déroulement des élections. Et qu’il fasse respecter l’Etat de droit ».

Oh, vraiment, François, qu’allez-vous penser là ! Tout ceci est portant d’une banalité parfaitement habituelle au pays du miel et du lait socialiste, et ce n’est pas avec 11 policiers et gendarmes blessés (dont un avec des brûlures au second degré) qu’on peut parler d’une quasi-guerre civile, voyons ! Une manifestation en France (antifasciste de surcroît), c’est au minimum une dizaine de blessés dans les rangs des forces de l’ordre, du mobilier urbain détruit et, souvent, l’une ou l’autre voiture incendiée. Sans cela (et l’odeur caractéristique de merguez ou de gaz lacrymogènes), c’est une manifestation ratée ou, pire encore, une manifestation de conservateurs de droite qui viennent avec des poussettes et qu’il faut bien vite renvoyer dans les poubelles de l’Histoire.

Il n’est donc pas étonnant qu’à la suite des remarques de Fillon et ainsi apostrophé, Bernie Les Bons Tuyaux Cazeneuve, le premier ministre, se soit ému des prises de positions pour le moins contrastées du candidat à la présidentielle. Il a d’ailleurs rappelé que, je cite, « employer le terme de ‘quasi-guerre civile’ quand on est un responsable politique éminent, et qu’on sait quel est le niveau de mobilisation des forces de sécurité dans notre pays, ça n’est tout simplement pas responsable », ce qui est du plus haut comique puisqu’il rappelle à tous ceux qui en doutaient encore que le pays est en alerte Vigipirate cramoisie, en état d’urgence et le doigt sur la détente… Ce qui n’empêche en rien à des manifestations de dégénérer complètement au milieu d’une ville.

Dès lors, difficile de donner tort à Fillon lorsqu’il rappelle le sens initial du mot responsabilité, qui impliquerait par exemple que le ministre de l’Intérieur prenne les siennes qui consistent normalement à faire régner l’ordre dans le pays. Ordre qu’on est en peine de constater lorsqu’on voit se multiplier les émeutes en région parisienne ou les débordements, ici à Nantes.

De cet échange qui mêle une bonne dose d’énervement à une saine quantité de facepalms consternés, on peut retenir que les politiciens en charge du pouvoir régalien sont, une fois encore, en dessous de tout. La France n’est plus, depuis un moment, un État de droit. Elle ne doit le calme relatif qui règne dans ses villes qu’à l’habitude fermement ancrée dans les mœurs de la majorité des citoyens qui restent, malgré tout, honnêtes et, surtout, au plus élémentaire calcul du rapport coût/bénéfice qui leur montre qu’actuellement, il est encore peu rentable de tout casser lorsqu’on n’est pas du bon bord.

La passe d’arme entre candidats et ministres en fonction ne laisse guère de doute : certains ont effectivement compris que tout pouvait, un jour, basculer. Cependant, je ne parierai pas un centime sur la capacité des premiers à faire mieux que les seconds s’ils parviennent au pouvoir : là encore, l’habitude de l’apathie et le rapport coût/bénéfice extrêmement défavorable à la remise en ordre du pays indiquent que tout devrait continuer comme avant.

Ce pays est foutu.

Source : http://h16free.com/2017/02/28/57550-une-france-apaisee-en-lutte-un-peu-trop-ouverte-contre-le-fascisme


Les batailles perdues du Camp du Bien

lundi 27 février 2017 à 09:00

La semaine qui vient de s’écouler a certainement été une des plus belles semaines de tartufferie de gauche qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années. Le Camp du Bien se prend, assez régulièrement, les pieds dans son tapis d’inepties à morale variable, mais sur les derniers jours, la succession de saltos arrières carpés et de plats du ventre avec mâchoire brisée a été particulièrement soutenue.

Ainsi, il a été difficile de passer à côté de l’affaire Meklat.

Meklat n’est pas le nom d’une nouvelle gourmandise débitée à McDo, mais bien celui d’un improbable chroniqueur sur différentes antennes de la radio publique. Il sévit aussi sur Bondy Blog ou dans Les Inrockuptibles.

Bref, on le retrouve dans chaque bastion du Camp du Bien, dispensant ses fines pensées à un lectorat ou un auditoire quasi-captif, et ce d’autant plus facilement qu’il a l’imprimatur de la faune germanopratine, non seulement parce qu’il est subversif mais aussi parce qu’il illustre facilement le concept du petit jeune de cité délicate sensible qui a réussi à s’extraire de ses difficultés pour devenir un intellectuel reconnu. Au point qu’ayant commis un livre (édité chez Seuil, vous m’en direz tant), il a même obtenu les louanges de nulle autre que Taubira, la poétesse des sans-prisons.

Malheureusement, certains chafouins sont allés déterrer de vieilles productions franchement rances de notre beau penseur. Outre une avalanche de tweets sous pseudonyme, tous aussi consternants les uns que les autres et, pour plusieurs, carrément passibles de poursuites, ces vilains ont exhumé de la mémoire internet d’autres moments de bravoure qu’il a pépié sous son nom et ne laissent aucune interprétation possible autre que raciste ou antisémite.

Flûte et zut. Voilà que l’égérie n’est pas du tout recommandable et voilà le Camp du Bien franchement gêné aux entournures.

Rassurez-vous, une parade a rapidement été trouvée : ceux qui ont exhumé les vilains tweets ne sont pas plus recommandables. Pire, l’information a été reprise, et amplifiée, par cette fachosphère abominable que le Camp du Bien entend combattre pied à pied. Il n’en faut pas plus : certes, il sera difficile de sauver le soldat Meklat, mais au moins pourra-t-il emporter de vilains fascistes de merde avec lui.

Remballez, c’est pesé, il n’y aura pas d’invraisemblable tempête de chroniqueurs zélés dénonçant la beuhête immonheudeu, de douzaine d’articles déchaînés dans une presse scandalisée, de unes vitupérant sur un ventre encore trop fécond plein d’heures les plus sombres.

Il y aura en revanche quelques articles de ces médias où Meklat officiait, tous pour atténuer autant que possible la responsabilité du pauvre petit flocon de neige incompris qui s’est un peu emporté sur Twitter. Pour les uns, c’est parce que ce gamin, drôle à mourir (si si), est un être complexe, pour les autres, c’est plutôt l’histoire de la récupération de vieilleries internet par une fachosphère commodément complotiste, mais en tout cas, ce n’est certainement la peine d’en faire une foire comme celle qu’on a pu faire pour d’autres dérapages.

Ce « deux poids, deux mesures » n’est pas inhabituel et il est en fait assez fréquent.

Ainsi, cette semaine, une deuxième occasion nous fut donnée de l’illustrer puisqu’on apprenait, mercredi dernier à la faveur du Canard Enchaîné, qu’un assistant parlementaire d’un sénateur socialiste se retrouvait soupçonné d’apologie du terrorisme. L’enquête est en cours, et on ne peut donc que souhaiter qu’elle se déroule dans le calme.

Or, force est de constater que… C’est le cas : une fois quelques articles placés, c’est maintenant le calme plat là où la presse nous habitue assez régulièrement à un déchaînement invraisemblable de supputations et d’articles à charges lorsqu’il s’agit de tomber sur le dos d’un aficionado affiché ou supposé du Camp du Mal (en gros, la droite, mais aussi le turbolibéralisme, l’Eglise, le patronat, les entreprises multinationales – de préférence américaines – ou tout autre bouc-émissaire évidemment réactionnaire et parfaitement insupportable de conservatisme rétrograde). L’assistant parlementaire aurait été dans les petits papiers d’un sénateur LR ou un proche de François Fillon, son affaire était entendue.

Mais comme je le disais en introduction, les écarts du Camp du Bien ne se sont pas arrêtés là cette semaine.

Ainsi, on apprend qu’Oulaya Amamra, actrice récemment récompensée aux Césars comme « meilleur espoir féminin », trimballe elle aussi son lot de tweets douloureusement peu conformes aux normes en vigueur.

C’est fort fâcheux puisque cela donne décidément une image de plus en plus nauséabonde du petit monde des artistes que le Camp du Bien adoube à tour de bras malgré un passé de plus en plus sulfureux. Gageons qu’on n’en entendra que très mollement parler dans les Inrockuptibles et autres médias de révérence.

Enfin, il serait difficile de terminer le petit tour d’horizon sans évoquer, au moins en quelques lignes et un ou deux facepalms ce qui sera probablement connu comme « l’affaire Théo » et que, selon toute vraisemblance, les Historiens de l’Éducation Officielle feront tout pour effacer des mémoires dans quelques mois, lorsque la poussière sera retombée.

Tout partait pourtant très bien : Théo, la victime d’une action policière beaucoup trop musclée, dépeinte comme un petit gars bien sous tous rapports, déclenche émotion et soutien d’une part important de ce que la France compte comme Artistes Importants & Engagés, cette véritable Guilde Officielle des Troubadours du Camp du Bien.

Émotion telle que François Hollande, qui, en octobre dernier, n’avait pas jugé nécessaire de déplacer son auguste et large postérieur pour montrer son soutien aux policiers brûlés suite aux exactions de Viry-Châtillon, décide d’aller rencontrer le brave jeune homme sur son lit d’hôpital.

Tout comme pour l’affaire Léonarda où la Magic Touch de François Hollande avait à l’époque transformé une situation pénible et sans intérêt en nuage de flocons de merde de proportion biblique, une fois encore l’affaire Théo semble partie pour, à son tour, se retourner contre le Camp du Bien qui a, saperlotte, un mal de chien à se trouver des icônes valables : en lieu et place d’un jeune homme bien sous tous rapports, on s’aperçoit que la victime est aussi impliquée dans des détournements de fonds et autres joyeusetés tangentes du mauvais côté de la légalité.

Le rétropédalage frénétique du Camp du Bien, qui est passé de la surenchère à l’innuendo comploto-compatible, est dans la droite ligne des exemples précédents et ne manquera pas d’amuser la galerie quelques jours encore.

Certes, on pourrait sans doute multiplier les exemples, mais rappelez-vous que toutes ces petites bulles de réalité fracassant le vivrensemble douillet de nos élites ont pris leur envol en moins de 10 jours. Triste karma pour le Camp du Bien, dont les affaires illustrent une déroute intellectuelle, une perte assez avancée de repères solides.

N’ayant plus de principes, le Camp du Bien doit se contenter d’affects, d’émotions épidermiques et de grandes déclarations creuses pour tenter de donner un sens à ses agitations. En lieu et place d’intellectuels puissamment dotés, ce dernier ne produit plus que des petits scribouillards, des bidouilleurs de concepts bidons, des indignés aussi indignes que niais.

Ayant jeté la morale aux orties et ayant ainsi perdu toute colonne vertébrale idéologique solide, la clique des encenseurs-censeurs semble ballotée d’une égérie à une autre au fur et à mesure qu’on les découvre très peu exemplaires, voire pourries, tarées ou carrément toxiques.

Bien sûr, en première analyse, ces errances grotesques font le miel du chroniqueur régulier : au moins ces cuistres et ces nigauds inutiles nous font-ils rire. En seconde analyse, on ne peut que constater qu’il n’y a plus de grands débats de fond, que d’idiotes querelles de mots. Il n’y a plus d’humanisme, il a été remplacé par un gros gloubiboulga de prêt-à-penser auto-contradictoire dans lequel on pioche, au hasard, pour répondre aux soucis du moment, de préférence avec une solution rapide, fausse et aux effets de bords dramatiques.

Sur le long terme, ceci pose cependant quelques soucis puisqu’avec la disparition en rase campagne de toute pensée réellement construite disparaît aussi toute réflexion sur les directions et les objectifs qu’une société peut ou doit se donner.

Oui, ces affaires sont comiques en montrant à quel point « le roi est nu » et l’ « intelligentsia » complètement démunie intellectuellement. Mais elles sont aussi dramatiques parce qu’elles montrent mieux que tout le reste, que les affaires financières indignes, que la campagne électorale minable, que les politiciens stupides ou corrompus et que les médias indigents que, dépourvu de toute réelle élite, abandonné par de vrais penseurs dont il fut pourtant jadis fort riche, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2017/02/27/57523-les-batailles-perdues-du-camp-du-bien