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Franceinfo, plus d’info qu’il n’en faut

jeudi 8 septembre 2016 à 09:00

La rentrée de Septembre, c’est aussi l’occasion pour certains de tester leurs nouveaux joujoux : voilà que dans le paysage audiovisuel français (PAF) débarque FranceInfo, une magnifique chaîne d’informations réclamée par Delphine Ernotte de FranceTélévisions, et qui aura donc été créée en l’espace de quelques mois. C’est donc avec gourmandise que les Français vont se jeter sur la petite nouvelle.

Il faut dire que – sur le papier – il y a tout ce qu’il faut pour attirer le spectateur puisque le but affiché de cette nouvelle chaîne qui semblait tant manquer au PAF est de « décrypter l’actualité autrement, avec une nouvelle écriture, une nouvelle forme de mise en image, et des reportages plus pédagogiques », a contrario évident de ses concurrentes qui ont toujours eu à cœur d’obscurcir l’information en la rapportant de façon plate et sans aucun objectif pédagogique. Autre point important : la chaîne entend présenter l’information de façon factuelle mais contextualisée. On appréciera le « mais » à sa juste valeur qui permet d’introduire absolument toutes les saloperies qui pourront passer par la tête de ceux qui seront chargés de sauvagement contextualiser cette information un peu trop factuelle.

journalism and media reality

Pour un but aussi puissamment décrit, il fallait à la fois faire vite (le projet de cette chaîne n’était qu’un bout de papier il y a un an) et disposer d’équipes de choc, qui fait dans le nouveau, le pas déjà vu et l’audacieuse prise de risque. Jugez plutôt : une chronique de Jean-Michel Aphatie le matin, voilà qui surprend. Un talk-show le soir à 20 heures, c’était imprévisible. Une émission sportive vers 21 heures, voilà qui est osé. Une émission politique le dimanche midi, ça, ça change la donne. Et puis avec Nicolas Demorand, on est dans l’innovation la plus chimiquement pure. Fouyaya, tout ceci ébouriffe, c’est terrible.

On le comprend, il faut se démarquer de ses concurrentes.

Parce qu’il y en a, et pas qu’un peu, et dans le privé comme dans le public.

Dans le privé, on pense bien sûr à BFM TV, LCI, iTélé. Voilà du beau monde qui a déjà largement prouvé sa capacité de nuisance d’informer en continu. Dans le public, on ne peut s’empêcher de penser que les formats journalistiques de France2, France3 et France24 couvrent plutôt bien l’ensemble de la partie purement « information » même si on devra admettre que le format est marginalement différent de cette nouvelle chaîne. En somme, le fameux PAF est déjà fort encombré en matière d’information, mais apparemment, cela n’a en rien empêché les pouvoirs publics de lancer cette nouvelle chaîne avec tout le faste et la fanfare nécessaires à ce genre d’aventures.

fail france télévision

Pourtant, l’audience cumulée des chaînes d’information continue n’est pas franchement mirobolante. On parle de 4.5% au mieux dans les « pics d’actualité », ce qui cantonnera la nouvelle arrivante à une modeste fraction de ce pourcentage déjà bien faiblichon. Le tout, bien sûr, pour un montant total tournant autour de 50 millions d’euros (soit à peu près autant que BFMTV), mais ce n’est pas cher puisqu’ici comme ailleurs, ce n’est pas l’État qui paye, c’est vous.

Et il faut bien le reconnaître, comme bailleurs de fonds, vous êtes vraiment sympathiques. D’aucuns diraient même naïfs tant ce projet d’énième chaîne publique sentait le roussi dès le départ. Jugez plutôt : l’idée, qui trottait bien évidemment dans la tête de nos politiciens depuis des lustres, n’a pris corps qu’en août 2015 au moment où il fut décidé par Delphine Ernotte, la propagandiste à la tête de France Télévisions, que le service public ne pouvait plus se passer d’une voix de son maître dans le domaine de l’information continue.

Pour passer de cette idée de projet à une réalité facturée, il n’aura fallu qu’un an. Jolie performance qui peut aussi bien vouloir dire qu’on a souvent fait dans la précipitation ce qui aurait mérité un peu de préparation, ou que, pour éviter cet écueil, on n’a pas regardé à la dépense. Je laisse à ceux qui payent le choix de déterminer ce qui est le plus rassurant. Cependant, le prix payé pour certains aspects (le magnifique logo et l’habillage de la chaîne qui va avec, par exemple, ont coûté un demi-million d’euros selon le Canard Enchaîné) et la présence de vedettes qui cachetonnent rarement à l’euro symbolique feraient plutôt pencher pour la seconde option.

franceinfail

Il reste en outre une question lancinante. Même si Ernotte et Azoulay de l’Aculture affirment haut et fort qu’une telle chaîne est indispensable, comment la justifier autrement que par le besoin compulsif de l’État et ses minions de relayer sa bonne parole, d’orienter les informations qu’il souhaite faire passer auprès de l’opinion publique, et, compte-tenu de l’audience qui restera de toute façon confidentielle, de placer quelques petits copains dans un fromage tout nouvellement créé pour eux ?

Tout montre en effet que cette chaîne d’information ne provient absolument pas d’un besoin exprimé par les téléspectateurs. À 3% en moyenne pour toutes les chaînes d’info, on parle plutôt d’une niche. Non, ici, outre l’aspect pantouflage évident en République française, il s’agit bel et bien de s’assurer une présence au milieu des autres chaînes qui n’ont pas l’heur de distribuer l’information comme la doxa étatique l’impose.

Fondamentalement, qu’une nouvelle chaîne d’informations arrive et qu’elle ait un biais idéologique ne surprendra personne. Après tout, il est transparent pour tout observateur un tant soit peu réveillé que ni BFMTV, ni LCI ni iTélé ne peuvent se targuer de neutralité lorsqu’ils choisissent les actualités qu’ils vont couvrir, ni dans la façon qu’ils les traitent. Mais c’est admis, compris et logique.

Le souci provient bien de la source de financement : avec cette nouvelle chaîne publique, on sait aussi que l’information sera orientée, on sait aussi dans quel sens, et on n’en sera même pas étonné. Au contraire des autres chaînes privées, on n’aura en revanche absolument pas le choix de ne pas payer pour cette chaîne. Eh oui : magie de la ponction obligatoire, on va forcer la propagande de l’État dans le gosier du contribuable, peu importe qu’il soit aussi un téléspectateur ou non. Et si BFMTV, LCI ou iTélé ne font de dégâts que lorsqu’on les regarde (et des études prouvent même le caractère anxiogène d’une écoute prolongée de ce genre de chaînes), comme toutes les chaînes France Télévisions, Franceinfo fera des dégâts même télé éteinte puisqu’elle se nourrira de votre travail, que vous le vouliez ou non.

Ces dégâts ne pouvant même pas se cacher derrière l’éventuel bénéfice d’une prise notoire de parts de marchés ou d’un retour sur investissement quelconque, une seule conclusion s’impose, encore et encore : delenda est France Télévisions ! Il est plus que temps.

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Source : http://h16free.com/2016/09/08/55453-franceinfo-plus-dinfo-quil-nen-faut


Cet entêtant parfum de milices

mercredi 7 septembre 2016 à 08:40

Dans un précédent billet, j’évoquais le cas intéressant de la communauté asiatique d’Aubervilliers, confrontée à une augmentation dramatique des agressions envers ses membres. J’en venais à me demander quand, exactement, cette communauté en serait réduite à faire sa police elle-même. Cela n’a pas traîné.

Il faut dire que les récents événements n’ont pas permis aux tensions de se calmer : victime le 7 août dernier d’une agression par trois hommes, Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans d’Aubervilliers se fait rouer de coups et finit par décéder de ses blessures cinq jours plus tard. Les agresseurs finissent par être retrouvés fin août, mais, au grand dam de la communauté asiatique locale, la circonstance aggravante de racisme ne sera pas retenue contre eux. Il semble en effet que si les petites gouapes ont agressé ce couturier, c’était essentiellement à cause d’un préjugé (« On entend souvent dire que les Chinois ont beaucoup d’argent » selon les déclarations d’une des raclures) et non par racisme.

On sera donc peut-être soulagé d’apprendre que la communauté asiatique d’Aubervilliers n’est pas victime de racisme mais d’un simple malentendu basé sur un préjugé. Soulagé ou pas, il n’en reste pas moins que le nombre de violences dont elle fait l’objet n’a pas diminué et que ses membres commencent à trouver le temps un peu long entre leurs plaintes, multiples et de plus en plus fréquentes (105 plaintes depuis le début de l’année, soit le triple de l’année dernière), et l’action ferme et nécessaire de la police. Apparemment, l’inaction étant plus facilement du côté de l’État que du côté de ceux qui le payent chèrement, il semblait inévitable qu’à un moment ou un autre, les Asiatiques d’Aubervilliers s’organisent pour mettre fin au problème.

self defense pro tip

Parce qu’après tout, la violence ne peut dit-on entraîner que la violence, la communauté a donc décidé d’organiser une manifestation pacifique, calme et sans cramer de voitures ou péter les vitres d’un hôpital, dans les rues de Paris, pour rappeler les autorités à leurs devoirs (notamment celui d’assurer la sécurité de ceux qui payent leurs salaires).

C’est donc sans mal qu’ils se sont retrouvés à plus de 15.000 place de la République (ce qui fait toujours nettement plus que le nombre de pelés et autres blobs invertébrés de Nuit De Boue sévissant régulièrement sur la même place), pour dénoncer le « racisme anti-asiatique ». «Sécurité pour tous», le collectif qui a organisé cette manifestation, en a profité pour dénoncer le climat de peur et d’insécurité qui règne à Aubervilliers (en effet, le couturier n’est pas mort d’un sentiment d’insécurité), et a mis en cause les autorités qui ont «préféré fermer les yeux sur cette délinquance grandissante» parce que les «Asiatiques constituent la cible principales de ces agresseurs». Le collectif réclame notamment des effectifs policiers supplémentaires, des caméras de surveillance et la reconnaissance du racisme anti-asiatique, espérant sans doute ameuter l’une ou l’autre association lucrative sans but habituellement friandes de ce genre de démonstrations anti-racisme.

Manque de pot, aucune de ces associations n’aura fait le déplacement. Oh, quelques figures éparses de certaines de ces associations étaient là, mais même les journalistes conscientisés du Monde sont obligés de reconnaître que le service des gardiennes de l’antiracisme de combat fut minimal. Peut-être avaient-elle un agenda chargé à poursuivre en justice les maires pour leurs arrêtés anti-burkini ? Peut-être étaient-elles trop occupées à poursuivre certains politiciens qui ont eu le toupet de tenir des propos en tout point comparables à ceux d’un Charles De Gaulle poussiéreux ? En tout cas, elles n’avaient pas jugé nécessaire de venir assister à la manifestation des Asiatiques d’Aubervilliers, d’autant que cette communauté a le mauvais goût de se faire sans arrêt agresser par une population vraiment pas assez blanche pour rentrer dans les critères de déclenchement d’une action médiatique de leur part.

méchante méchante légitime défense

Parallèlement, et parce que la violence, parfois, ça défoule, certains membres de cette communauté maltraitée se sont organisés pour tenter de mettre fin au problème par leurs propres moyens. Nous sommes en France, et malheureusement, toute tentative de mise en concurrence de l’État par des services civiques, citoyens ou seulement privés se soldera par un ferme rappel de la loi bien évidemment assorti de prison : le 29 avril dernier, vers 2 heures du matin, à La Courneuve, sept membres de la communauté chinoise de la Courneuve ont passé à tabac et donné trois coups de couteau un homme qui s’apprêtait à dépouiller l’un des leurs. Tout en tenant en respect leur victime, ils vont appeler la police et, comme de bien entendu, passeront quarante-huit heures en garde à vue. Le fait que l’agresseur agressé ait un casier déjà fourni n’y change rien, pas plus le fait que les agressés agresseurs soient des commerçants de La Courneuve, pères de famille, tous inconnus de la justice.

Force doit rester à la loi, surtout quand les coupables sont faciles à choper, tranquilles et solvables.

Il n’en reste pas moins qu’on sent comme une petite envie d’en découdre monter doucement de la part de ces personnes qui ne font, finalement, que constater la faillite complète de l’État à remplir ses missions.

Faillite lamentable qu’on retrouve de surcroît un peu plus au Nord, du côté de Calais, et que de récents événements viennent illustrer de façon de plus en plus vigoureuse : l’extension progressive du camp accroît les tensions entre les habitants et les migrants et, de plus en plus souvent, avec les automobilistes et autres chauffeurs qui passent à proximité. La « jungle » locale est devenue une zone où les lois républicaines, des plus normales aux plus idiotes, sont allègrement oubliées au détriment de ceux qui vivent en périphérie et à qui, de facto, la facture est finalement adressée. Pas étonnant, dès lors, que des actions soient menées par les routiers et les commerçants excédés de se retrouver à payer pour un État qui, encore une fois, ne fait pas son travail.

Comme souvent, la presse refusera, jusqu’au dernier moment, de poser un diagnostic lucide sur la faillite pourtant évidente des pouvoir publics. Pourtant, le schéma est décidément toujours le même : l’État, impécunieux et jean-foutre, laisse s’enkyster des situations de plus en plus problématiques en profitant habilement du fait que les populations victimes de son incurie sont particulièrement paisibles, discrètes, solvables et obéissantes. Petit-à-petit, les tensions montent malgré tout jusqu’au moment où des rixes éclatent, des règlements de compte interviennent, des actions de force se mettent en place.

Pour le moment, tant à Calais qu’à Aubervilliers, il est encore possible d’espérer un retour de la loi et de l’ordre. Pour le moment.

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Source : http://h16free.com/2016/09/07/55519-cet-entetant-parfum-de-milices


Ce que l’amende d’Apple nous révèle

mardi 6 septembre 2016 à 09:00

Comme il faut bien trouver de l’argent quelque part, autant le dérober là où il se trouve : la Commission européenne a décidé d’imposer à Apple le remboursement de 13 milliards d’euros à l’Irlande, magnifique record en matière de « redressement fiscal » adressé par la Commission à une entreprise privée sur le territoire européen.

L’affaire n’a probablement pas fini de faire parler d’elle. Peut-être le montant justifie à lui seul qu’on en fasse grand cas, et les suites juridiques, qui promettent d’être mouvementées, vont certainement alimenter la chronique d’autant que les dégâts commis à l’économie (irlandaise et européenne) ainsi qu’aux institutions (irlandaises et européennes, là encore) s’amoncellent dangereusement comme l’explique assez bien Baptiste Créteur dans un récent édito de Contrepoints.

À ceci, on doit ajouter la confusion de termes et les torsions de sens auxquelles se livrent un peu tout le monde pour « bien » expliquer ce qui est en train de se passer et tenter de camoufler ce qui ressemble de plus en plus à un véritable racket.

En effet, la presse (notamment francophone et particulièrement française) présente souvent la décision de la Commission, dans un raccourci idéologique qui en dit long sur ses biais, comme la conséquence logique d’aides d’états distribuées par l’Irlande à Apple. À l’analyse, on se rend vite compte qu’il n’y a pas plus d’aides indues que de beurre en branche : l’État irlandais et Apple, dans une démarche tout à fait légale (et reconnue internationalement, notamment dans le cadre de l’OCDE) se sont entendus sur l’impôt que l’entreprise devrait payer. Et cette dernière s’y est d’ailleurs conformé, sans aucun problème.

Mais pour galvaniser les foules contre les méchantes multinationales (notamment américaines), rien de tel que présenter cette affaire sous l’angle bien plus porteur d’une sale évasion fiscale (de l’argent qui s’enfuit, vite, agissons !) ou d’un gros et juteux paquet d’argent qui serait allé dans la mauvaise poche (de l’argent qui sort, vite, agissons !). L’affaire, dans ce cas, prend un tour simple puisqu’on se retrouve avec un coupable dodu, Apple, un complice « à son corps défendant », l’Irlande gravement lobbyisé par la méchante firme ultracapitaliste, dans le rôle de complice non consentant, et des victimes encore plus claires avec des contribuables honteusement floués.

impots et taxes

Manque de bol (ou retour à la réalité), les victimes n’ont jamais été flouées. Le complice était consentant et fait appel de la décision auprès de la Commission. Et le coupable affiche plusieurs arguments solides : entre le fait qu’il a, effectivement, payé des impôts, les emplois créés qui ont largement permis à l’État de se refaire grâce aux ponctions effectuées sur ces contribuables devenus solvables, et les effets de bords désirables (sous-traitants, publicité, dynamisme local), il devient difficile de comprendre la décision européenne.

Il faut dire que son timing est particulièrement déplorable, juste après un Brexit particulièrement traumatisant : voilà à présent qu’on cogne sur un État qui arrive à créer de l’emploi et qui est parvenu à retourner dans les critères de Maastricht après une crise sans précédent, ce qui est loin d’être le cas des autres. Du reste, on ne pourra s’empêcher de noter la constance avec cette méthode si particulière de cette Commission de favoriser l’europhilie en cognant avec une belle constance sur des petits États (Luxembourg, Belgique, Irlande), qui s’en sortent plutôt mieux que les autres (France et Italie en tête) à attirer les grandes firmes sur leur sol.

Comme le remarque Baptiste Créteur dans son édito dans une phrase à laquelle je souscris complètement, « la Commission Européenne passe l’éponge sur les déficits budgétaires, et punit les régimes fiscaux trop légers à son goût. C’est précisément l’inverse qu’il faudrait faire. »

En réalité, si on passe sur l’évidente déconnexion complète (et délétère) des décisionnaires bruxellois des peuples et des États auxquels ils sont censés rendre service, et qui constitue en soi un sujet d’inquiétude de plus en plus grave, deux phénomènes différents semblent ici à l’œuvre.

Le premier phénomène, c’est très probablement une volonté mal digérée et mal appliquée de vouloir chercher des noises aux multinationales américaines précisément parce qu’elles sont américaines. On sent, confusément, comme le besoin de montrer aux Américains que l’Union Européenne n’entend pas subir les amendes et autres vexations fiscales ou pénales qu’imposent les États-Unis aux firmes européennes. Difficile, même si Juncker s’en défend malhabilement, de ne pas voir un lien entre ces affaires européennes où les amendes records pleuvent et les affaires américaines (BNP Paribas, Volkswagen pour citer les plus récentes) où d’autres amendes, tout aussi record, dégringolent aussi.

La mesquinerie consistera à savoir de quel côté de l’Atlantique les coups sont partis en premier, mais ne doutons pas que ce petit jeu dure depuis un moment et qu’il n’est à l’honneur d’aucun des deux protagonistes d’autant qu’en définitive, ce sera toujours le consommateur ou le contribuable local qui en fera les frais, dans une perte pour tous typique des meilleures dystopies collectivistes.

Le second phénomène, c’est cette volonté de s’en prendre à toute firme (indépendamment de sa nationalité) qui fait de gros bénéfices qui, s’ils étaient aspirés goulûment par les institutions nationales et supranationales, viendraient habilement arroser ces catégories politico-syndicalo-bruyantes et autres associations citoyennes volontaristes toujours demandeuses de fonds, de redistributions de richesse qu’elles ne parviennent bizarrement jamais à créer par elles-mêmes.

À en croire les ponctionnaires et les distributeurs d’amendes, si les bénéfices étaient correctement taxés, si les impôts étaient correctement prélevés, s’il n’y avait ni optimisation, ni évasion fiscale, les comptes des Etats s’équilibreraient, les acquis sociaux seraient protégés, et le monde irait tellement mieux !

Or, personne ne semble remarquer que les ponctions n’ont jamais été aussi importantes, que les volumes financiers redistribués n’ont jamais été aussi gros, que les montants d’argent public passant dans les institutions locales, nationales ou supranationales n’ont jamais été aussi énormes, et pourtant, malgré cette augmentation constante, les comptes des États ne s’équilibrent toujours pas, les acquis sociaux ne sont pas protégés et, en termes fiscaux et économiques, le monde va plutôt plus mal.

En somme, plus les institutions ponctionnent, plus elles distribuent d’amendes, … plus leurs buts affichés s’éloignent. Conclusion ? Il faut plus de ponctions et d’amendes, c’est limpide.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et le souci n’est même pas dans ce constat, déjà alarmant, mais dans le fait, bien plus consternant, qu’une frange croissante des peuples entérine cette méthode d’augmentation constante des vexations fiscales qui montre pourtant qu’elle conduit au désastre. Je prends pour preuve le réflexe intellectuel qui consiste maintenant à réclamer, dans un aveuglement presque parfait, qu’Apple soit fiscalement assujetti aux mêmes règles que les autres, au prétexte d’égalité.

Oh, oui, tout le monde semble réclamer ardemment qu’Apple crache autant au bassinet que les autres entreprises, parce que ce sera trop bien cette égalité, voyons ! Eh oui : punissons toutes les entreprises au barème maximal pour avoir réussi, cela créera richesse et emploi pour tous, c’est évident.

Il ne semble venir à l’idée de personne (ou de si peu) qu’il faudrait plutôt réclamer, avec force, que les « tax rulings » qui s’appliquent à Apple deviennent la norme, que tout le monde bénéficie enfin des mêmes largesses !

Très manifestement, ces arrangements fiscaux ont profité tant à Apple qu’à l’Irlande. Ces arrangements ont profité tant au Luxembourg et à la Belgique qu’aux entreprises sur leur sol. Dans tous les cas, cela crée de l’emploi, cela crée de la richesse, cela aboutit à des consommateurs satisfaits.

Mais non, décidément, d’après les parasites et les égalitaristes, « il faut faire l’inverse » ! Forcément, ça va bien marcher.

what could possibly go wrong / forcément ça va marcher

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Source : http://h16free.com/2016/09/06/55490-ce-que-lamende-dapple-nous-revele


Si si, la COP21 est un échec. Et c’est tant mieux.

lundi 5 septembre 2016 à 09:00

Il y a un an de cela, la COP21 déboulait en région parisienne avec son lot de conférences inutiles, de chefs d’États encombrants et de déclarations aux voix tremblantes d’émotions devant la réussite que je pressentais déjà « inévitable » : même devant le four, tout le monde, médias en premier, se congratulait chaleureusement. Et comme prévu, huit mois plus tard, le constat d’échec est soigneusement évité.

cop21 - un putain de bouchon géantSoigneusement, car tout se déroule décidément comme si tout était écrit depuis longtemps, comme si l’agenda de nos politiciens n’était qu’un papier à musique poussé dans un orgue de barbarie couinarde et qu’il n’y avait finalement, à l’exception de quelques grincements occasionnels, rien d’imprévu. On savait dès septembre 2015 que cette conférence serait un gouffre financier. On savait aussi qu’elle transformerait Paris en immense bouchon routier. On se doutait bien que l’accord ne pourrait être atteint qu’a minima, et on savait que l’enthousiasme des uns et des autres à tenir leurs engagements serait d’autant plus feint que ces engagements seraient ridicules.

La COP21 aboutit donc à des accords parfaitement grotesques, des engagements aussi ridicules que possible et l’enthousiasme des pays participants fut donc aussi fin et évanescent que possible. Huit mois après et jusqu’à la semaine dernière, le bilan était sans appel : moins de deux pourcents des signataires avait ratifié l’accord qui, je le rappelle, n’est de toute façon pas contraignant et vaut donc autant qu’un pet de licorne sous Tranxène.

pet de licorne - unicorn fart

Au passage, on pourra en profiter pour se moquer de la naïveté feinte de Laurent Fabius qui se lamentait avec forces larmes de crocodile de cette si faible représentation des principaux pollueurs dans les pays ayant ratifié le papelard onusien. Dans une tribune pondue sur Le Monde, le vieux coucou mitterrandien a même fait mine de pleurnicher sur le fait que, par exemple, sur les cinq plus gros contributeurs au CO2 atmosphérique (la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, l’Inde et la Russie), aucun n’avait encore ratifié l’accord. Snif snif, c’est vraiment trop triste.

On comprend sa tristesse : pour que l’accord rentre en application comme prévu à compter de 2020, il faut qu’au moins 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre le ratifient. Jusqu’à fin août, les pays signataires représentaient à peine 2% des émissions mondiales. C’était la Bérézina assurée. Snif snif, ça sentait la catastrophe.

Mais voilà : ce 3 septembre, tout le monde peut enfin reprendre son souffle dans un grand soupir de soulagement, puisque, comme l’écrivent avec emphase tous les folliculaires français, « la Chine et les Etats-Unis ratifient l’accord de Paris sur le climat ». Youpi ! Avec ces deux pays, 44% des émissions de gaz à effet de serre sont représentés et le seuil des 55% n’apparaît plus si improbable !

L’heure est donc à la fête, à la célébration, à la fanfaronnade puisque, c’est dit, la COP21 n’est plus un échec !

Sauf que… Comme souvent, le diable est dans les détails. Et vu la taille des deux derniers pays concernés par ces nouvelles colportées haut et fort par une presse tendrement acquise aux thèses alarmistes, les « détails » sont assez gros.

Le premier détail, c’est que la Chine n’est en rien un pays démocratique et que cette ratification n’est qu’une manœuvre politique des Chinois afin de donner un gage de leur bonne volonté à l’approche du prochain G20 et alors que des tensions s’accumulent en mer de Chine. Il est d’ailleurs piquant de constater que ces mêmes autorités chinoises sont régulièrement fustigées par ces mêmes médias pour ne pas respecter les normes (pollution ou autre) dès lors que leurs intérêts ne les y encouragent pas. Cette ratification n’est, en réalité, qu’un jeton de présence diplomatique et n’assure en rien le moindre effort de l’Empire du Milieu à juguler sa pollution et surtout pas avec l’ampleur décidée dans l’accord de Paris (toujours pas contraignant, je le rappelle). Bref : les autorités chinoises ont signé un papier auquel elles n’accordent probablement aucune importance économique ni écologique. Rentrez le champagne.

Le second détail, que les journalistes s’empressent de camoufler par différents artifices, c’est que les États-Unis n’ont absolument pas ratifié l’accord. C’était même un point totalement bloquant lors des négociations pendant la COP21, cette ratification ne pouvant avoir lieu qu’au travers du Congrès qui dira non quoi qu’il arrive. En l’occurrence, Obama, sachant ne pas pouvoir passer devant le Congrès sans se prendre une claque, s’est simplement contenté de signer un décret présidentiel indiquant qu’il « suivait » l’accord de Paris, sans plus. Là encore, il s’agit d’un pur geste diplomatique, sans aucune volonté politique, économique ou écologique derrière. Oubliez les petits fours.

fabius - cop21 - distribuer des thunes gratuites je like

Bref, tout ceci continue à ressembler à l’esbroufe habituelle dont on entoure ce genre de spectacles à destination de populations lourdement conscientisées à coups de slogans idiots et de raccourcis intellectuels fallacieux à base de tri de déchets, de voitures électriques et de moulins à vent. En somme et même si nos médias s’empressent de présenter les choses sous un angle hyper-favorable, la COP21 continue d’être le four qu’elle fut il y a huit mois, et aucun observateur lucide ne s’y trompe vraiment.

Mais c’est finalement plutôt une bonne nouvelle ne serait-ce que parce que cet échec remet un peu l’église rationnelle au milieu du village écoloboboïde.

Si on se doit bien de maîtriser l’impact des activités humaines sur le milieu naturel et notamment parce que ce milieu, on y vit, on ne doit pas le faire à n’importe quel prix non plus. Surtout si ce dernier implique directement la souffrance voire la mort de milliers d’humains dans le processus. Les réactions de certains pays rappellent bien qu’une diminution drastique de la consommation d’énergie revient in fine à réduire tout aussi drastiquement les perspectives des populations à se sortir de la misère. En outre, ratifier la COP21 revient pour un pays à se faire dicter sa politique par autrui, ce qui constitue généralement une mauvaise nouvelle pour les citoyens locaux. Ces deux éléments garantissent à eux seuls que les États-Unis et la Chine continueront leur politique indépendamment des non-engagements qu’ils ont pu signifier à Paris.

Pragmatiquement, l’accord de Paris restera lettre morte, ce qui va nettement calmer les velléités d’interventions étatiques tous azimuts et les ponts de dépenses qui auraient inévitablement accompagné sa ratification générale. Oh, bien sûr, je ne me fais guère d’illusion : les dépenses seront probablement faites, mais au moins le seront-elles sous un autre prétexte que cette fumisterie climatique. C’est toujours ça de gagné.

Enfin, et c’est le plus important, le bide psychologique de cette conférence envoie deux signaux très clair.

Le premier signal, c’est qu’il ne semble plus aussi opportun de lancer un nouveau raout grandiose aux frais du contribuable. La conférence de Paris aura coûté un paquet d’argent aux contribuables français, mais elle permet de faire réfléchir tous les contribuables des pays où devraient se passer les prochains barnums climato-alarmistes. En somme, la France a trinqué, mais l’exemple de ce naufrage peut servir à déciller les contribuables d’autres pays.

Le second signal, c’est que l’opinion change petit-à-petit en regard de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. On observe maintenant une saine prise de recul vis-à-vis des solutions prônées, toutes étatiques, toutes basées sur la contrainte, les taxes, les ponctions, les prélèvements et les vexations diverses. Il semble arrivé ce moment où, petit-à-petit, les individus se rendent compte du décalage croissant et ridicule entre les prévisions de catastrophes à venir, martelées depuis 30 ans, et les observations, sans commune mesure. Il semble aussi arrivé ce moment où chacun se rend compte que la facture ne cesse d’enfler et que le seul résultat palpable soit une flopée de politiciens et de starlettes hollywoodiennes niaises parcourant la planète en jets privés pour présenter leur grand cheval de bataille.

Une conclusion s’impose : tout se déroule comme prévu, la COP21 est un échec et c’est tant mieux.

pollution

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Source : http://h16free.com/2016/09/05/55440-comme-prevu-la-cop21-est-un-echec-et-cest-tant-mieux


Réforme des régions : finalement, ça va bien nous coûter plus cher.

vendredi 2 septembre 2016 à 09:00

Un texte de Nafy-Nathalie et h16

Le moment était solennel : en novembre 2014, sur les plateaux de TF1, François Hollande prenait l’engagement, avec toute la fermeté qu’il est capable d’apporter, que, jusqu’à la fin de son mandat et « À partir de l’année prochaine, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui que ce soit. »

Engagement ambitieux, trop peut-être. D’autant que les réformes ont continué de plus belle, alors que les budgets n’évoluaient pas.

Or, en août 2015, la fameuse loi « NOTRe » (« nouvelle organisation territoriale de la République ») est adoptée. Cette loi prévoit de transférer pour 2017 de nombreuses compétences des départements vers les régions (transports, voirie, collèges, voirie, majorité des collèges), et renforce considérablement le rôle des régions dans les domaines du développement économique, l’aménagement et le développement durable – forcément durable, ce développement – du territoire.

Malheureusement, ces transferts de compétences ont un coût. Or, si l’article 133 de la loi NOTRe prévoit bien un financement supplémentaire équivalent aux surcouts induits, ses modalités restent pour le moins floues. Et quand c’est flou, y’a un loup mou.

la rentrée d'hollande

En transférant les compétences du département à la région, on aurait pu faire la même chose avec les recettes et le problème aurait été en partie réglé. Hélas, cela revenait à se passer de réunions, de concertations, de petites guerres intestines de pouvoir entre différents élus, cabinétards et autres potentats locaux. C’eut été dommage. On ne l’a donc pas fait, faisant ainsi perdurer de façon gourmande le problème du financement.

Décembre 2015 et les élections régionales arrivent sans apporter de réponse.

Le premier tour affiche un Front National au score triplé par rapport aux précédentes élections. Les politiciens tremblent. Le PS retire ses listes pour le second tour en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ce qui assure la victoire à Xavier Bertrand, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce qui assure celle de Christian Estrosi. En Alsace, le candidat de gauche fait de la résistance. Il refuse, malgré les injonctions du parti de retirer sa liste. Manuel Valls fait le choix de défendre la liste de Philippe Richert des Républicains contre celle d’un socialiste.

La droite prend elle aussi un engagement, et fait le même que celui de François Hollande en expliquant qu’elle, elle le tiendra, sans augmenter ou créer de nouvel impôt, scrogneugneu. Elle remporte 8 des 13 régions, la gauche conservant les autres.

Au 1er janvier 2016, la loi NOTRe devient effective et le transfert de compétences est théoriquement effectué. Quant aux moyens (financiers ou humains), c’est toujours le calme plat. Rien n’a été transféré.

Certains présidents de région s’en inquiètent comme celui des Deux-Sèvres. Ce dernier souligne qu’il est regrettable de casser des choses qui marchent et que la région entend restituer par « subdélégation » certaines de leurs compétences aux Départements, dans ce qui ressemblerait presque à une partie de pouilleux, chacun essayant de se débarrasser le plus vite possible de compétences encombrantes pour ne pas perdre la partie.

Pendant ce temps, la question des moyens qui reste prégnante.

Le 26 janvier 2016, Philippe Richert est élu Président de l’Association des Régions de France (ARF). Au passage, notons la composition grotesque du bureau de l’ARF, qui n’a pas été modifiée pour tenir compte du nouveau nombre de régions, et qui se compose donc de 10 des 13 Présidents de région dont 7 vice-présidents. Ce n’est pas grave, c’est vous qui payez.

vite réformons les régions

À cette date, les compétences sont transférées depuis plus d’un mois. Leur financement n’a toujours pas été discuté. Et comme il faut trouver 600 millions, la question urge….

Aussi improbable que cela puisse paraître, la solution viendra du Grand Paris. En effet, en Île-de-France, pour développer ce projet, Jean-Paul Huchon a obtenu en 2015 la création d’une « taxe additionnelle spéciale annuelle », plafonnée à 80 millions d’euros, répartie sur la cotisation foncière des entreprises dite CFE et la taxe foncière des propriétés bâties. La mise en place de cette taxe régionale spécifique, qui s’est faite sans remous, constitue un taux additionnel moyen de 0,23 % pour la taxe foncière et de 0,35 % pour la CFE.

Quelle riche idée ! Le gouvernement décide alors de s’en inspirer : plutôt que transférer des fonds des départements aux régions, il propose d’étendre le principe de cette taxe à tout le territoire.

Magie de la décentralisation centralisée : une nouvelle taxe, décidée par le gouvernement, semble ainsi venir des régions qui l’ont inspirée et qui conservent la main sur :
– les modalités de répartition entre elles,
– la définition du taux d’imposition,
– la décision de la prélever ou non…

Même son nom prête à confusion puisqu’il s’agit de la TSER (Taxe spéciale d’équipement régional, pas du tout nationale ou étatique, et passez muscade).

Le 27 juin 2016, L’ARF, qui comprend toutes les régions, valide le projet de cette nouvelle taxe avec le gouvernement, au moment de la signature de « l’Acte II de la plateforme Etat- Régions ». Philippe Richert (LR), son président réélu dans la région Grand-Est avec l’aide de Manuel Valls, indique même avec emphase dans un communiqué que :

« Nous avions besoin de ce volet pour permettre de travailler pour nos territoires en lien avec l’Etat. C’est une avancée pour nous tous dans une volonté commune de redresser le pays avec une meilleure efficacité de nos politiques publiques. Nos efforts ne s’arrêteront pas là, ce dialogue Etat-régions est nécessaire, et il doit être permanent. »

Que de bien beaux efforts qui permettent à la fusion de certaines régions, parfois difficile, de créer une nouvelle taxe. Les contribuables apprécieront, et, avant eux, les professionnels de l’immobilier, directement concernés par son prélèvement.

Ils se mobilisent donc, et il y a de quoi : sans craindre l’incohérence, alors que le foncier est trop cher, que l’on essaye de favoriser l’investissement locatif et un immobilier moins onéreux, on a l’idée lumineuse de lui imposer une taxe supplémentaire. L’UNPI lance une pétition en ligne appelée « un impôt de plus pour écraser les propriétaires », y rappelle que les impôts fonciers ont augmenté de 16,5% en 5 ans et que cette taxe va toucher les entreprises du bâtiment déjà en grandes difficultés. La Fédération nationale des agents immobiliers (FNAIM) rejoint son avis. Son président indique que :

« Si la compétitivité de la France reste au plus bas, ce n’est pas la création d’une nouvelle taxe qui l’améliorera. Ce dont nous avons besoin avant tout c’est d’un allégement de la pression fiscale et d’une simplification des aides disponibles ! »

plus chère la taxeComment ? Une taxe ne crée pas la richesse ? Voilà qui est nouveau au Fiscaland de France…

À pétition, pétition et demie : les Alsaciens rejoignent le mouvement contre la « taxe Richert ». Philippe Richert y est traité de « vendu », de « collabo ». Cinq des sept présidents de régions de droite montent également au front pour rappeler les promesses de campagne qu’ils ont faites. Xavier Bertrand (président des Hauts-de-France) est le premier, suivi de Christian Estrosi (PACA), Didier Robert (La Réunion), Hervé Morin (Normandie) et Valérie Pécresse, (Ile-de-France et 1ère vice Présidente de l’ARF). Le 21 juillet 2016, Xavier Bertrand va même jusqu’à décider de retirer sa région de l’ARF.

Voilà Philippe Richert bien à l’étroit. Décrié par tous, il bredouille des explications confuses, tentant de faire croire qu’il s’opposait à cette nouvelle taxe à l’origine et aurait même proposé d’autres pistes comme le transfert d’une partie de la taxe carbone ou de la fiscalité pesant sur les carburants. Il va même jusqu’à écrire au premier ministre Manuel Valls pour indiquer qu’il souhaiterait revenir sur la convention qu’il a signée (probablement sur un coup de tête et l’esprit embrumé des vins capiteux servis au repas) :

« Force est de constater que cette solution apparaît désormais pour nombre de nos interlocuteurs comme un nouvel impôt mis en place par les régions, alors même que c’est le gouvernement qui a fait le choix d’un tel vecteur. »

Un nouvel impôt ? Qu’allez-vous penser là !

Notre brave Philippe demande donc « la réouverture des discussions sur le volet financier ». Ce à quoi le gouvernement lui rappelle que – bing dans le museau – cette contribution « n’est pas une demande de l’État, mais des régions » et qu’il s’était publiquement félicité de son adoption. Comme il ne s’agirait pas d’une demande de l’État qui s’était, de son côté, engagé à ne pas toucher aux impôts, Manuel Valls se retrouve également coincé. Ne pouvant rien imposer, il se retrouve obligé d’accepter que les discussions reprennent.
Depuis juillet, les négociations ont donc repris, afin de calmer le jeu entre régions et État et pour enfin trouver un financement viable. Il y a urgence : il se pourrait en effet que le parlement intervienne. Bien que régionale (ou prétendue telle), le parlement national pourrait choisir d’en voter un taux unique national (lors de la loi de Finances pour 2017).

Dans une interview accordée le 11 juillet dernier à France 3 Franche-Comté, le vice-Président de la Région Bourgogne Franche-Comté, Michel Neugnot, a d’ailleurs précisé que le taux pourrait être « de l’ordre de 0,6 % pour les entreprises et de 0,5 % pour les ménages », ce qui montre que l’idée est déjà plus qu’avancée.

La situation est rocambolesque au possible et le tableau croquignolet.

epic failCette réforme des régions, demandée par personne et certainement pas sous cette forme, décidée sur un coin de table et communiquée approximativement, a été votée sans être aboutie. Censée fournir plus de compétences aux régions qui ne les ont pas demandées, la réforme ne leur donne aucune capacité de les assumer, et les pousse à en restituer une partie aux départements qui en avaient été dépossédés. Les économies qui motivaient la réforme n’auront bien évidemment pas lieu, et tout indique la création d’une nouvelle imposition affectant encore les contribuables les plus fragiles.

En termes de ratage épique, c’est une réussite à peu près totale.

Ne nous leurrons pas : cette réforme aboutira à une nouvelle imposition. Et comme il n’y a aucune raison pour que les entreprises et les propriétaires déjà surtaxés la supportent sans broncher, on peut déjà parier sur un renchérissement du coût de la vie pour les consommateurs et les locataires.

Bien joué.

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Source : http://h16free.com/2016/09/02/55409-reforme-des-regions-finalement-ca-va-bien-nous-couter-plus-cher