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Élection américaine : Trump est élu, et maintenant ?

mercredi 9 novembre 2016 à 09:00

Ainsi donc, contre toute attente (et comme je l’avais envisagé), Trump est élu. La stupéfaction de certains médias, rageusement acquis à la cause de Clinton, fait d’autant plus plaisir à voir qu’ils avaient pratiqué sans la moindre retenue le biais le plus grossier en faveur de leur candidate. Et imaginer Hollande devant serrer la main du nouveau président américain promet sa dose de LOL. Mais au-delà de cette petite réjouissance fugace, à quoi peut-on maintenant s’attendre ?

Disons les choses clairement : le pays dont hérite Trump n’est pas au mieux de sa forme.

Pour commencer, le bilan de l’administration Obama est tout sauf reluisant. La nouvelle couverture de santé, l’Obamacare, est, de l’aveu d’un nombre grandissant d’acteurs de tous bords, une catastrophe dont les coûts ne cessent d’exploser. Sur le plan militaire, Obama, tout bardé de son Nobel de la Paix, aura été l’un des présidents américains les plus belliciste et celui qui aura fait tuer le plus grand nombre de personnes, avec ou sans mandat de l’ONU, comme l’ont tristement rappelé les Drone Papers. Enfin, sur le plan économique, aucun des bidouillages éhontés des principaux indicateurs n’a réussi à camoufler des États-Unis en très petite forme.

Les données ne sont pas bonnes : la dette n’a cessé d’augmenter dans des proportions stratosphériques et la proportion de chômeurs ou de défaut de paiement des différents crédits (immobiliers, à la consommation, étudiants, …) continue de grimper. En outre, les marchés sont maintenant plongés dans l’incertitude. Si, avec Clinton, ils pouvaient espérer la continuité des tendances impulsées par l’administration Obama (un taux directeur ridiculement bas, un tripatouillage incessant de la Fed dans les affaires financières du pays, par exemple), Trump leur offre l’inconnu ce qui ne manquera pas de les rendre extrêmement nerveux.

De la même façon que le Brexit s’était traduit par une volée de bois vert sur la Livre anglaise, on peut s’attendre à des mouvements violents sur les marchés. Certaines institutions financières, fragilisées par des années de crise et de mauvaise gestion, résisteront-elles ou au contraire, feront-elles faillite avec perte et fracas, faisant courir le risque d’un petit moment Lehman à toute la bourse ? Gageons que cette déconfiture serait tartinée avec gourmandise par les Démocrates et l’écrasante majorité des médias qui y verraient le signe certain que Trump n’est pas apte à diriger la première puissance mondiale…

donald-trump

Sur le plan géopolitique, les États-Unis sont embourbés dans des relations délicates avec la Russie et la Chine. La question syrienne est au centre des préoccupations européennes et américaines, et n’occulte que difficilement les tensions accrue en Mer de Chine. Enfin, l’arrivée au pouvoir de Trump ne permet de voir clairement ce que les États-Unis feront vis-à-vis de l’Arabie Saoudite ou du Qatar alors que les dernières révélations de Wikileaks prouvent, sans le moindre doute, la collusion d’une partie de l’administration précédente avec ces royaumes, eux-mêmes manifestement liés au financement de groupes terroristes. Et si la dépendance américaine au pétrole reste forte, celle aux producteurs du Moyen-Orient a, elle, considérablement diminué. Difficile de savoir ce que Donald Trump fera sur ces questions…

Mais de loin, le plus préoccupant sera la politique intérieure. Non seulement, la politique extérieure est épineuse, non seulement l’économie n’est décidément pas au beau fixe et la finance montre des signes de nervosité extrême, mais en plus le nouveau président va devoir gérer un pays profondément divisé suite à une élection présidentielle particulièrement bas de gamme où aucun échange de coup n’aura été retenu. À ce sujet, on peut d’ores et déjà prévoir un retour de bâton très douloureux pour ces médias et ces instituts de sondage qui n’auront finalement pas pu, malgré les moyens énormes qu’ils ont mis en place, éviter la déroute du clan Clinton ; tout cet argent qui n’aura pas permis d’orienter (lire « influencer ») le peuple pour le Camp du Bien, c’est fort gênant et les petites larmes des journalistes ne compenseront pas. Pire, ces médias n’ont jamais été à la hauteur des enjeux en cantonnant la campagne à une question de personne au lieu de forcer les candidats à débattre des questions de fond, essentielles à l’avenir du pays.

Je doute en effet qu’un mur entre les États-Unis et le Mexique résolve quelque problème migratoire que ce soit. Je doute qu’on trouve dans les phrases décousues et les coqs-à-l-âne enfilés comme des perles par le bouillonnant candidat le moindre programme politique ou économique viable. Mais Trump est loin d’être un imbécile, n’en déplaise aux médias friands de caricatures grossières. Il va devoir s’entourer et son passé, jalonné de beaucoup plus de succès que d’échecs, montre qu’il sait le faire et sait diriger des équipes lorsqu’il s’est fixé un but clair (et cette élection présidentielle à l’arrachée le montre mieux encore que ses millions de dollars amassés dans l’immobilier).

Cependant, à la différence de Reagan qui pouvait faire valoir une certaine culture économique classique (il avait même lu Bastiat, par exemple), Trump a malheureusement démontré dans ses saillies oratoires qu’il était plutôt interventionniste et pas franchement libéral.

D’un côté, il préconise ainsi de couper franchement certains impôts, ce qui est une excellente chose, mais ne met pas en face de coupes dans les dépenses pourtant gargantuesques de l’État fédéral (dans la défense notamment). Dès lors, la dette et l’extension de l’État américain, omniprésent, risquent bien de se poursuivre. Or, ce n’est vraiment pas de ça dont le pays a besoin.

En outre, le protectionnisme que Trump compte mettre en place (vis-à-vis des Chinois par exemple) pourrait s’avérer extrêmement coûteux pour les Américains, d’autant que cette option économique n’est finalement jamais bénéfique pour personne (et Bastiat, justement, l’a amplement prouvé en son temps).

En réalité, il faudra bien plus que des conseillers affûtés et des équipes taillées au cordeau pour redresser la barre ou, comme le voulait son slogan de campagne, « make America great again », d’autant que, tout comme pendant la campagne, Trump devra lutter systématiquement contre l’establishment financier et médiatique, farouchement opposés à son mandat, pour chacune de ses décisions, et ce en surcroît des bâtons politiques que les Démocrates s’empresseront de lui jeter dans les roues.

D’autant que ces manœuvres politiciennes risquent fort de prendre place sur fond de scandales et de révélations tonitruantes sur le clan Clinton, de plus en plus visiblement mouillé dans un nombre invraisemblables d’affaires louches (l’état de santé d’Hillary, jusque là flamboyant de solidité, sera-t-il son ultime joker pour éviter la prison ?).

Difficile, très difficile, dans ces conditions économiques, politiques et internationales de mener à bien des projets d’envergure, sans parler en plus du projet idiot de mur frontalier. De ce point de vue, les tâches qui s’amoncellent devant le nouveau président s’annoncent herculéennes.

On ne peut que, sans trop y croire, lui souhaiter bonne chance.

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Source : http://h16free.com/2016/11/09/56254-election-americaine-trump-est-elu-et-maintenant


Notre-Dame-Des-Landes : encore un rebondissement

mardi 8 novembre 2016 à 09:00

Notre-Dame-des-Landes est une charmante petite commune de l’Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire, et dans laquelle une partie de ses habitants, appelés les Landais, se bat pour avoir un aéroport à proximité, pendant qu’une autre partie de ses « habitants », appelés les Zadistes, se bat pour ne pas avoir cet aéroport. Et au milieu ne coule aucune rivière.

L’affaire dure depuis un moment, depuis plus de 50 ans si l’on s’en tient au projet initial de grand aéroport apte à desservir la région bretonne et nantaise. Depuis 2000 et suite à l’initiative du sémillant Lionel Jospin, le projet, un peu en sommeil depuis les années 70, se trouve relancé et dérape rapidement avec l’occupation des lieux par des militants écologistes, de plus en plus nerveux, farouchement opposés au bétonnage du bocage nantais, et ravis de trouver là une occasion de squatter des hectares de campagne pour y faire pousser des légumes et des herbes bio.

La suite est relativement chaotique, mais on pourra en lire avec profit un petit résumé ici, permettant de récapituler les différentes phases d’avancement ou de renoncement du projet, véritable montagne russe émotionnelle pour qui aime les avions ou, a contrario, les petits batraciens protégés.

Le gouvernement, peut-être excédé de ces tergiversations ridicules, cherchant peut-être à légitimer le projet ou, au contraire à l’enterrer décida en juin dernier de lancer une consultation démocratique. Nul ne saura ce que le gouvernement cherchait vraiment (soyons sûrs que des générations d’historiens et de cryptologues se pencheront sur cet épisode sans rien y comprendre), mais le résultat fut parfaitement limpide : la Loire-Atlantique, consultée, répondit un « Oui » franc à la construction du bidule déjà quinquagénaire.

royal air farce 2Comme le veut la tradition pour les gouvernements sous Hollande, chef incontesté du consensus illisible, à cette réponse claire fut immédiatement apportée une question confuse en la personne de Ségolène Royal qui estima dans la foulée que si on devait malgré ce « Oui » persister à construire un aéroport, il devrait être plus petit que prévu (une piste au lieu de deux) et que, « devant le blocage sur le terrain, il vaut mieux arrêter les frais ».

On continue en arrêtant les frais, donc. Vous n’y comprenez rien ? C’est parfait, c’est apparemment le but recherché de toute la clique politique locale et nationale. Et ça se complique encore un tantinet puisqu’on vient d’apprendre que le rapporteur public sur ce projet demande l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant de démarrer le chantier devant la Cour Administrative d’Appel de Nantes.

Le projet sera enterré ? Que nenni : la Cour Administrative d’Appel de Nantes pourrait ne pas suivre les conclusions du rapporteur public et laisser le projet suivre son cours. Ou, histoire de remettre une piécette dans le bastringue, la Cour pourrait choisir de suivre le rapporteur. Grandiose, non ?

Quelle que soit l’issue, elle laissera pas mal de gens coincés.

coincéSi l’aéroport voit finalement le jour, la région disposera alors d’un équipement peu utilisé à Rennes (qui est insuffisamment équipé et impose souvent le déroutement de ses avions vers Nantes en cas de brouillard par exemple), d’un autre équipement à Nantes, sous-utilisé, et de ce nouvel ensemble à Notre-Dame-Des-Landes, à peu près à équidistance de ces deux précédents aéroports.

Inévitablement, il y aura concurrence de ces plateformes et si la concurrence est excellente lorsqu’il s’agit du privé puisqu’elle permet d’amoindrir les coûts et de rechercher la performance, elle est rapidement synonyme de gabegies et de dérapages budgétaires incontrôlées lorsqu’il s’agit du domaine public.

En effet, à un moment ou l’autre, il va falloir faire faire des économies et des repositionnement stratégiques des aéroports existants en fonction de leur succès, tant au niveau des lignes qu’au niveau des commerces qui s’y installeront. Imposer des baisses de salaires, des réductions d’effectifs ou d’autres mesures d’économies dans ces entités massivement publiques promet d’ores et déjà d’épiques batailles et des grèves croustillantes à n’en plus finir. J’évite de parler d’une fermeture des deux aéroports devenus surnuméraires (Nantes et Rennes), ou même du seul nantais, tant cette option provoquera un évident prurit médiatique bien irritant, les pertes d’emplois afférentes jouant rôle de catalyseur fulgurant.

Et avant même que le nouvel aéroport ait vu le jour, on sait que sa construction sera l’objet d’une foire d’empoigne pour éparpiller les militants « écolos » et autres faunes colorées des champs dont ils pris possession, foire d’empoigne qui sera suivie de juteux contrats entre les bétonneurs d’un côté et la puissance publique de l’autre, contrats qui n’ont jamais eu pour réputation de s’achever dans les temps et dans les budgets déterminés. On peut garantir qu’il y aura des dépassements, probablement d’autant plus forts que l’État est faible et corrompu.

Tout indique en définitive que ce nouvel aéroport signifiera une explosion des taxes et impôts locaux pour les contribuables du bassin considéré, et rien ne permet d’affirmer que les créations d’opportunités économiques et d’emplois viendront contrebalancer cette bastonnade fiscale.

A contrario, si l’aéroport ne voit pas le jour, le gouvernement (ou son successeur, plus probablement) devra s’expliquer sur ce renoncement anti-démocratique (après tout, les gens ont voté pour, n’est-ce pas). Difficile d’expliquer, parfum Brexit, que le référendum organisé n’avait qu’une valeur consultative et ce d’autant plus qu’il a donné un résultat contraire à celui qu’on espérait peut-être.

Toujours dans cette hypothèse, les entreprises privées — qui ont déjà engagé des frais pour la réalisation de cet aéroport — devront être indemnisées pour l’abandon du projet. Nul doute que les sommes feront des heureux du côté de ceux qui les reçoivent, mais qu’elles ne pourront sortir du sabot d’un cheval. Youpi, le contribuable français en général et local en particulier seront donc mis à contribution pour cajoler ces entreprises.

Je résume.

Le gouvernement, s’il lance la construction, assure à l’État (et aux médias) une série de crises locales évidentes, avec une espérance de gains extrêmement modeste pour ne pas dire inexistante. S’il ne la lance pas, il s’engage dans un bras de fer avec les équipementiers et les entreprises du BTP déjà sur le coup. Idéologiquement, il se retrouve aussi à désavouer une consultation démocratique, ce qui, à l’approche d’une élection, est particulièrement dangereux.

Le contribuable, que la construction soit lancée ou non, sera de sa poche. L’espoir de recouper ses pertes fiscales par un boom économique induit par ce nouvel équipement est particulièrement lointain, voire inexistant si les experts, qui ont régulièrement trouvé le projet surdimensionné, ont raison.

En fait, à l’analyse, les seuls gagnants certains d’un abandon sont les militants écolos, et les seuls gagnants certains d’une mise en chantier sont les équipementiers. Entre les deux, l’État, le gouvernement et les contribuables seront toujours perdants, montrant de façon lumineuse pourquoi, encore et toujours, la force publique ne devrait jamais se mêler de faire ce dont le privé peut très bien se charger seul.

Government Demotivator

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Source : http://h16free.com/2016/11/08/56279-notre-dame-des-landes-encore-un-rebondissement


En France, l’électricité pas nucléaire, c’est pas d’électricité tout court

lundi 7 novembre 2016 à 09:00

Ah, la transition énergétique, que voilà une idée réjouissante ! Grâce à ce principe maintenant élevé en dogme, la France transite joyeusement vers de nouvelles aventures énergétiques alternatives, à base de coupures, de bagotage du réseau électrique, et de petits sourires politiques crispés.

L’idée de départ est, comme bien souvent en politique et dans ce pays, à la fois simple et complètement idiote : pour protéger Gaïa et les générations futures, rien de tel qu’obliger tout le monde à utiliser des énergies dites renouvelables qui pollueront Gaïa (mais différemment) et endetteront (à mort) les générations futures. Avec ce principe vient aussi l’idée, plus fine, de décentraliser la production d’énergie qui se heurtera constamment avec l’impérieuse nécessité d’un État fort qui contrôle absolument tout et interdira donc avec constance et acharnement toute tentative de décentralisation hors de son giron.

Bref, la transition énergétique, c’est un peu l’art de faire rentrer des cubes dans des cylindres à coup de maillet. Cette transition a été proprement mise en place et imposée en Allemagne et après plusieurs années, les retours d’expérience s’accumulent : c’est une folie (selon le vice-chancelier allemand) aux résultats qualifiés de dramatiques par différents experts du domaine.

Devant ce désastre, une conclusion s’impose : il faut absolument que la France la mette en place à son tour.

Royal : la champagnitude attitude

Grâce aux efforts combinés d’une ignorance assumée dans les principes technologiques et économiques de base, d’un gouvernement socialiste et le jeu nécessaire des alliances et renvois d’ascenseurs écologistes pour s’assurer d’un quinquennat tranquillou-bilou, c’est donc ce à quoi s’est employée la politicaillerie française avec, reconnaissons-le, un certain succès : les éoliennes et autres moulins à vent immobiles ont poussé comme des champignons, les panneaux photovoltaïques se sont multipliés sur des toits orientés plein nord, les subventions ont coulé à flot, les scandales se sont empilés et la transition énergétique a commencé, comme en Allemagne, à faire quelques dégâts.

Hiver 2016, nous y voilà doucement. Le parc nucléaire français se décrépit, honni tant par le gouvernement qui ne veut pas avoir même l’air d’y toucher que par à peu près tous ceux qui veulent avoir bonne conscience (c’est important, la bonne conscience, pour avoir les miches au chaud lorsque la bise d’hiver arrive).

On apprend ainsi que 19 réacteurs nucléaires sont actuellement à l’arrêt en France, privant le parc EDF de 30% de sa capacité de production. Zut. Les contrôles renforcés de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) ont imposé l’arrêt d’un paquet de réacteurs. Zut, il va falloir utiliser les énergies alternatives pour compenser (par alternative, comprenez le charbon et le pétrole, les autres blagues écologistes ne permettant pas, même de loin, par beau temps avec un petit zéphyr idoine, de fournir la demande de 19 réacteurs nucléaires à l’arrêt).

À la sévérité (voulue ? nécessaire ?) de l’ASN, il faut ajouter une gestion du parc existant par EDF au moins aussi alternative que les énergies poussées par la transition rigolote de nos politiciens. Comme nous sommes en France, il faudra aussi tenir compte des actuels déboires d’EDF qui reprend à sa charge une bonne partie des soucis d’Areva, ce naufrage ô combien franco-français du capitalisme de connivence.

Bref, sauf à embaucher des centaines de milliers d’écologistes pédalomanes pour compenser, EDF se retrouve dans une situation délicate de devoir produire au moins autant d’électricité qu’aux hivers précédents avec nettement moins de réacteurs en ligne.

Peut-être est-ce réellement ça, la transition énergétique ?

En attendant, cet affaiblissement de la capacité de production d’électricité en France a des conséquences directes pour le particulier, à commencer par des prix nettement plus volatils et un accroissement de la dépendance du pays aux fournisseurs d’or noir. Notez que ce n’est pas grave, tant nos relations sont bonnes avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, ces deux royaumes fort recommandables. Le consommateur, entre deux attentats, pourra donc se réjouir d’une facture qui augmente : c’est pour la bonne cause écologique.

Rassurez-vous cependant : la situation a été prise au sérieux par les plus hautes autorités de l’Etat, à commencer par Ségolène Royal, qui s’est voulue rassurante sur Europe 1 dernièrement :

« Non, il n’y a pas de risque de pénurie, mais (…) c’est mon rôle de mettre les fournisseurs d’électricité devant leurs responsabilités et c’est aussi une occasion extraordinaire de lancer une campagne sur les économies d’énergie. »

C’est effectivement fort rassurant de savoir qu’il n’est pas de la responsabilité du gouvernement d’avoir choisi la transition énergétique et des productions intermittentes pour notre approvisionnement, tout comme il est tout à fait rassurant qu’une nouvelle campagne d’économies d’énergie soit lancée, campagne dont on sait qu’elle sera d’autant plus un succès qu’un réacteur éteint oblige les consommateurs à ne plus consommer du tout (malin !). Cet hiver, si vous n’avez plus de chauffage, dites-vous que la campagne d’économies bat son plein.

Et puis, c’est tout à fait rassurant de savoir que c’est Ségolène Royal qui devra gérer cette crise énergétique si jamais (Dieu nous en garde) elle devait advenir. N’a-t-elle pas amplement démontré sa chutzpah lorsqu’elle géra, de main de maître, la région Poitou-Charente en démontrant, par l’exemple, ce qu’économie veut dire ?

Parce que, pour Ségolène, la France doit absolument économiser (notez que l’économie des dépenses et dans la distribution de cadeaux pré-électoraux ne rentre pas dans la même case), comme tout pays du Tiers-Monde confronté à des soucis énergétiques.

Oh, certes, on ne peut pas s’enorgueillir de gaspiller, mais a contrario, on ne peut pas non plus se réjouir de consommer toujours moins d’énergie, la diminution de cette consommation signifiant directement une diminution de notre richesse, de notre capacité à produire, à créer, à apporter à tous et chacun de quoi vivre ; il y a d’ailleurs une parfaite corrélation entre l’augmentation de la consommation d’énergie et la sortie de la misère, et une aussi belle corrélation entre la diminution de consommation d’énergie et l’effondrement d’une société.

Restons optimistes : puisqu’après tout et officiellement, le climat se réchauffe, nous aurons donc un hiver doux et clément dans lequel il ne nous sera guère utile de nous chauffer. EDF ne sera donc pas en sous-production. Le gouvernement pourra donc suivre sa tendance naturelle et continuer à transiter énergétiquement vers des niveaux plus bas. Et Ségolène réussit tout ce qu’elle entreprend. Tout se passera donc bien.

what could possibly go wrong / forcément ça va marcher

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Source : http://h16free.com/2016/11/07/56240-en-france-lelectricite-pas-nucleaire-cest-pas-delectricite-tout-court


L’école de la Liberté

dimanche 6 novembre 2016 à 11:00

Je profite de ce moment de calme pour vous présenter l’initiative de Damien Theillier et de son équipe, l’École de la Liberté.

Projet apparemment unique en France et probablement dans le monde francophone, l’École de la Liberté a pour objectif de rendre disponible sur tous les supports numériques des savoirs issus des sciences humaines qui remettent l’individu et la liberté au cœur de la société. Comme le site l’indique en exergue (ici), il s’agit d’un portail de découverte qui répond aux besoins de chacun : ceux qui aiment apprendre en lisant, en regardant des vidéos, en écoutant, en suivant des cours, ou en s’intégrant à une communauté d’apprenants.

L’École de la Liberté est née d’une réflexion d’universitaires et d’enseignants du secondaire sur les nouveaux défis auxquels était confronté l’enseignement à l’ère du numérique, en notant en particulier que l’offre éducative actuelle est inadaptée pour répondre à la demande des élèves, étudiants et actifs désireux de se former tout le long de leur vie. Au contraire d’un enseignement centralisé et bureaucratique institué par un monopole d’État et loin d’une vision pédagogique étroite, L’École de la Liberté propose d’utiliser les technologies modernes et les outils collaboratifs virtuels pour s’adapter aux demandes et besoins de chacun.

logo-ecole-de-la-liberteC’est pour cela qu’on trouvera une pléthore de vidéos, certaines étant des réalisations propres de l’École, d’autres étant la mise à disposition de vidéos originales d’autres institutions portant les mêmes idéaux de liberté, et dont une traduction a été réalisée en français. Pour ces vidéos, on pourra se reporter à la chaîne Youtube.

Par exemple, à l’heure de l’élection présidentielle américaine et alors que les primaires françaises s’approchent, on pourra écouter avec plaisir Corentin de Salle expliquer pourquoi, selon Tocqueville, la démocratie ne porte pas au pouvoir les gens les plus compétents. Difficile de ne pas trouver un écho des les réflexions du philosophe du XIXème dans les événements actuels…

D’autre part, l’École de la Liberté propose aussi des cours en ligne bien fournis, une médiathèque variée (une vidéothèque, une bibliothèque, une audiothèque) et proposera prochainement un « coin recherche » pour ceux qui veulent approfondir leur itinéraire intellectuel.

Je vous recommande cette initiative, et vous encourage à la faire connaître autour de vous.

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Source : http://h16free.com/2016/11/06/56232-lecole-de-la-liberte


Présidentielle américaine : les galons de Wikileaks

vendredi 4 novembre 2016 à 09:00

La campagne américaine prend une tournure assez spectaculaire (au sens premier) doublée d’un côté nauséabond qui ne fait qu’augmenter à mesure que l’échéance du 8 novembre approche. Ainsi, et au delà des noms d’oiseau qui fusent de toute part, force est de constater qu’en l’espace d’une semaine, la situation a radicalement changé pour les deux candidats. Comme je l’expliquais dans un précédent billet, bien que déclaré totalement fini mi-octobre par des médias qui le détestent très majoritairement, Donald Trump, le candidat républicain, se retrouve maintenant dans une position de gagner des points et certains sondages avancent même qu’il aurait pris la tête dans l’opinion publique. Ce basculement montre que, nonobstant la guerre de personnages à laquelle on assiste – un peu médusé pour tout dire – un élément essentiel vient de marquer son entrée dans une campagne majeure : Wikileaks.

logo-wikileaksWikileaks, c’est – pour ceux qui l’ignoreraient encore – cette organisation qui fait régulièrement fuiter des informations confidentielles ou secrètes en assurant un anonymat étanche pour ceux qui délivrent ces informations. Et si le personnage emblématique de Julian Assange, la « tête publique » de cette organisation, est assez controversé, il n’en reste pas moins que le but de Wikileaks, qui est de fournir une plateforme sécurisée pour héberger des révélations d’État, a montré son efficacité par le passé.

Or, avec la campagne présidentielle américaine, Wikileaks apporte de nouveaux éléments à la connaissance des électeurs américains et, par voie de conséquence, du monde entier. On ne peut bien sûr pas écarter le grief probablement personnel qu’Assange entretient vis-à-vis de Clinton (qui aurait cherché à le faire abattre par drone), mais les faits mis à jour récemment ne laissent guère de doute sur la corruption galopante du clan Clinton.

Tout part bien sûr de « l’affaire des e-mails » d’Hillary Clinton. Comme le détaille Stéphane Montabert, on a appris qu’en 2009, Hillary Clinton devenant Secrétaire d’État, elle met en place une messagerie privée parallèle à son officielle, sur laquelle transiteront ses affaires ayant trait à la diplomatie américaine. Ceci est en parfaite violation du Federal Records Act imposant l’archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour leurs activités de mandat.

Découverte par hasard (via le piratage d’un compte e-mail d’un proche des Clinton), cette messagerie fera l’objet d’une enquête par le FBI. Cependant, plus de 30.000 e-mails manquèrent à l’appel. Malgré ce trou béant, et malgré la présence d’e-mails pourtant classifiés sur ce serveur, le FBI décida de clore l’enquête, à la stupéfaction générale.

Malheureusement, il semble bien qu’une copie de ces e-mails ait persisté, et soit tombée dans les mains de Wikileaks qui s’est fait un plaisir de les mettre à disposition du public, morceau par morceau. Depuis, les révélations ne cessent de s’empiler d’autant que, parallèlement, Wikileaks a aussi eu accès à d’autres sources d’informations, comme une grosse partie des e-mails de l’organisation démocrate (Democratic National Committee, DNC), en charge de la nomination de Clinton à la suite de la primaire, et de supporter Hillary Clinton dans sa campagne présidentielle.

Dans ces e-mails démocrates, on découvre que tout fut mis en place pour qu’Hillary Clinton soit désignée vainqueur de la primaire avant Bernie Sanders, indépendamment des votes et des préférences de la base démocrate. Ces révélations coûtèrent sa place à Debbie Wasserman Schultz, la présidente du DNC.

wasserman-schultz

Et pour en revenir aux e-mails de Clinton elle-même, ils ont finalement refait surface grâce à Wikileaks. Et ces e-mails montrent sans la moindre ambiguïté qu’Hillary Clinton savait pertinemment qu’elle violait la loi en utilisant un serveur privé pour sa correspondance officielle, qu’elle savait aussi l’enfreindre lorsqu’elle échangeait des informations classifiées sur ce serveur non sécurisé. Sur le plan légal, elle a donc bel et bien parjuré en affirmant n’être au courant de rien, elle a effectivement menti en prétendant n’échanger que des informations privées sur ce serveur, et, pire encore, elle a fait acte de trahison (au sens militaire du terme) en plaçant des informations classifiées sur un serveur qui ne l’était pas. De façon pire encore, il est maintenant admis qu’Huma Abedin, l’assistante personnelle d’Hillary Clinton et la directrice adjointe de sa campagne, manipulait fréquemment ces e-mails pourtant classifiés alors qu’elle n’a pas elle-même l’autorisation de le faire.

Dans tous les cas, ces éléments seuls suffisent à jeter plus qu’un énorme doute sur la probité d’Hillary Clinton et sa capacité à respecter des secrets d’État.

Mais ce n’est pas tout. Dans un troisième temps, et alors que les révélations de Wikileaks concernant les e-mails de Clinton ne sont pas encore à leur terme, Wikileaks s’est aussi procuré les e-mails de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, mais surtout directeur de campagne d’Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.

Les révélations que cette correspondance contient sont fracassantes puisqu’elles prouvent sans grande ambiguïté que c’est Podesta lui-même qui a tout fait pour faire disparaître les traces des e-mails stockés sur son serveur personnel (ce qui constitue un crime fédéral d’obstruction de justice et de destruction de preuves dans la législation américaine). Comme bonus, ces e-mails prouvent à leur tour qu’Hillary Clinton a reçu par avance les questions des débats avec Bernie Sanders organisés dans le cadre des élections, ce qui là encore est un formidable camouflet à l’équité et vient, de surcroît, corroborer les accusations de trucage de Trump.

time-trump-vs-clintonEnfin, on découvre que non seulement, les médias sont activement biaisés en faveur d’Hillary Clinton, mais que Google a activement utilisé ses moyens de pistage de ses utilisateurs afin de dresser un portrait fidèle de l’électorat et d’influencer les élections en faveur des Démocrates.

Bref, l’avalanche de révélations s’annonce de plus en plus délicate à étouffer de la part du camp Clinton. Alors que la campagne était sur des rails, que la candidate démocrate semblait se diriger tout droit vers une élection facile adoubée tant par les médias que par la finance, l’industrie et les intellectuels, Wikileaks a fait dérailler le train en montrant à tous que la candidate démocrate est l’escroc entouré de crapules que ses adversaires désignaient comme tel.

clinton-foundation

Bien sûr, il faudrait être naïf pour imaginer que ces fuites doivent tout au hasard ou au courage de certains individus au sens moral aiguisé au sein des différentes institutions concernées ; si une part de hasard ou de courage est certainement en jeu, on peut aussi imaginer sans grande difficulté l’influence d’autres parties prenantes (que ce soit les Russes ou n’importe quelle autre entité qui vous plaira).

Le résultat reste le même : Wikileaks a gagné de sérieux galons en terme d’influence dans les médias, et indépendamment de ceux-ci. Certes, leurs fuites ne seront jamais qu’une partie de la vérité ;; certes, la diffusion de ces fuites dépendra au moins en partie de la bonne volonté (ou de l’éthique) de ces médias, dont la perte de crédibilité à la suite de ces élections sera assez phénoménale ; certes, les perceptions des uns et des autres sont lentes à changer.

Mais en réalisant cette prouesse, Wikileaks a validé, par l’exemple, l’idée selon laquelle, si l’État nous surveille, nous aurions, nous, citoyens, tout intérêt à surveiller l’État, et que cette surveillance, au-delà d’être utile, s’avère indispensable.

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Source : http://h16free.com/2016/11/04/56211-presidentielle-americaine-les-galons-de-wikileaks