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Thinkerview : Henri Maler pose l’oeil d’ACRIMED sur les médias actuels

samedi 10 septembre 2016 à 10:00

Ce mois-ci, Thinkerview nous propose l’interview de Henri Maler, anciennement président d’ACRIMED, une association dont l’objet est l’observation critique des médias. Bien évidemment, compte-tenu du parcours de l’interviewé et de son association, les questions tournent essentiellement autour de la pertinence des médias actuels, et de leur façon de transmettre l’information notamment dans le cadre français.

Une heure, cela peut paraître long, mais c’est manifestement trop court pour Henri Maler qu’on découvrira dans la vidéo ci-dessous. Comme d’habitude, les questions s’enchaînent un peu au gré de l’humeur du moment et des différents thèmes que l’actualité du moment fait émerger (notez que l’interview a été réalisée en mai 2016, ce qui permet d’expliquer la prééminence de certains sujets plutôt que d’autres).

Au contraire de certains autres intervenants, on appréciera au passage la pensée de Maler, claire et précise : le bonhomme sait où il va, et structure de façon intelligible ses concepts et ses idées, au demeurant plus subtiles que ce à quoi le tout venant des chroniqueurs nous habitue à longueur d’antenne sur les médias français. C’est plutôt rafraîchissant et permet de faire passer la longue interview sans trop longueurs (même si des digressions parsèment l’entretien).

Essentiellement, Maler se situe ici dans une analyse critique des médias et, dès le départ de l’entretien, explique assez bien ce que d’autres (moi compris) ont observé : ces médias sont pilotés par des chefferies dont les objectifs ou les lignes éditoriales sont pour le moins confuses, et les « balance & checks » souvent absents. Ainsi, il remarque que le choix des sujets est arbitraire mais surtout éloigné de ceux que l’audience attend de voir traité, au point qu’on sent nettement le choix d’évacuer le journalisme d’investigation et notamment le journalisme d’investigation sociale au profit du journalisme de pur commentaire, plus facile et nettement moins coûteux.

Maler ne fait cependant pas le lien avec le fait qu’une part non négligeable de l’information en France est distillée par le service public et que la porosité entre le public et le privé est grande (les transfuges de l’un vers l’autre et de l’autre vers l’un ne se comptent plus). Il comprend fort bien que les capitaines d’industries pèsent sur certains médias dont ils sont propriétaires, mais ne semble pas s’émouvoir ou en tout cas n’émet aucune opinion sur le fait que le plus gros propriétaire de médias en France reste l’État et qu’il use et abuse largement de ses capacités en la matière pour faire passer une petite musique bien spécifique.

Pour contrer ces problèmes de médias qui creusent chaque jour un véritable fossé entre ce qu’ils relatent et l’expérience vécue effectivement par les individus, dans la société, Maler propose la mise en place de structures formelles de gouvernance, officielles, composées de représentation des médias, des audiences et des pouvoirs politiques. On ne pourra s’empêcher de trouver quelque peu romantique cette proposition, visant à amener indépendance et qualité aux médias, d’autant plus que ce principe paritaire et démocratique, appliqué dans d’autres domaines, n’a jamais réussi à faire la preuve de son efficacité.

On notera (vers 20:00) son analyse économique des médias : « Dans le domaine médiatique comme dans d’autres d’ailleurs, tout ne s’explique pas par l’économie, mais rien ne s’explique sans elle », qui lui permet d’expliquer en partie l’orientation de certains médias. Là encore, Maler fait preuve de subtilité puisqu’il admet sans mal que les journalistes ne sont pas « en apesanteur sociale » et ont tout de même une capacité d’indépendance, qui tempère énormément cette orientation purement économique. Si cela n’explique pas trop pourquoi tous les médias, privés ou publics, émettent un peu tout le temps le même crincrin pro-État, cela permet cependant d’éclairer pourquoi ils ne le font pas tous de la même façon, avec des angles différents et des recettes plus ou moins habiles pour le faire passer.

Enfin, on appréciera ses quelques piques sur le Comité Orwell (décrit ici) en notant (vers 44:33) avec ironie que ce Comité se plaint de la censure et d’une difficulté à s’exprimer alors qu’on entend très facilement (trop ?) chacun de ses membres sur tous les médias, chose que j’avais d’ailleurs noté lorsque l’interview de Polony avait été faite par la même équipe Thinkerview.

Source : http://h16free.com/2016/09/10/55451-thinkerview-henri-maler-pose-loeil-dacrimed-sur-les-medias-actuels


Le quinoa de Mélenchon ou la revanche du marché sur les collectivistes

vendredi 9 septembre 2016 à 09:00

Le vendredi, c’est poisson – enfin, pour beaucoup. Pour d’autres, c’est l’occasion de tenter un repas à base de petites plantes vertes, de nouveauté en sachets d’importation bio et de graines à la mode. Ce sera donc sans surprise qu’on découvre que Jean-Luc Mélenchon, frétillant candidat à la présidentielle pour les huit prochains mois, s’est récemment mis à en manger avec délectation.

Au point, d’ailleurs, de susciter la curiosité de quelques journalistes en mal d’article pour leur canard, comme Gala, qui s’empressent donc de le rencontrer chez lui, dans son milieu naturel et cossu, afin d’en apprendre plus. Pensez donc ! La course à la présidentielle nécessite une forme de marathonien et commande l’abandon du bedon électif qui apparaît souvent après l’obtention d’un mandat, pour Jean-Luc comme pour d’autres. Le régime minceur s’impose, et si ce régime peut aussi faire passer un message politique, pourquoi s’en priver ? Il sera bien temps de retrouver l’appétit une fois retourné sous les ors de la République…

mélenchon swag meluche plus

En attendant, le candidat Mélenchon explique très simplement comment il procède et dévoile son secret minceur : avec quelques dés de concombre, de tomate, de verdure diverse et d’avocat, il ajoute une céréale miracle, le quinoa. Oh, il admet sans mal être en retard sur la mode apparue il y a déjà plusieurs années qui incite le rurbain conscientisé et le citadin en syntonisation parfaite avec Gaïa à brouter joyeusement la pseudo-céréale venue des hauts plateaux d’Amérique du Sud, mais après tout, s’il aime ça et qu’en plus, cela lui permet de faire passer quelques messages subconscients en terme d’écologie, de nourriture bio, de respect des petits animaux et de l’agriculture équitable, après tout, pourquoi pas ?

Sur le plan politique, ce petit bout de stratégie alimentaire peut s’avérer payant : le candidat Mélenchon montre ainsi se soucier d’une poignée de ces thèmes chers à une certaine gauche, celle qui pourrait bien quitter les rangs déjà clairsemés du PS traditionnel, voire des Verts en déroute, pour venir grossir ses suffrages. Et gêner le candidat issu de la primaire socialiste, c’est tout ce que demande Jean-Luc pour s’assurer d’un avenir politique plus dodu que son actuelle gamelle.

Cependant, sur d’autres plans que politique, Jean-Luc fait ici une démonstration plutôt ambigüe.

MélenchonDéjà, sur le simple plan nutritionnel, on est dans l’embarras. Le quinoa contient naturellement de fortes doses de saponine qui imposent de le laver très méticuleusement. On peut bien sûr sans mal admettre que ce qu’on trouve dans le commerce a déjà été correctement nettoyé, mais on s’étonnera de constater le détachement qui entoure ces saponines du quinoa d’un côté et de l’autre, l’hystérie qui entoure certaines plantes (OGM, traitées avant ou après la récolte, …) et certains composants (parabènes, typiquement) aux concentrations beaucoup, beaucoup plus faibles, et au suivi industriel autrement plus tatillon : les réactions allergiques aux saponines (et l’inflammation intestinale qui résulte de leur présence dans le bol alimentaire) ne semblent pas inquiéter ceux qui grignotent cette graine. Le principe de précaution, indépassable pour des OGM pourtant inoffensifs depuis des décennies, s’arrête dans l’assiette dès que la plante est estampillée « gentille » par les bonnes associations, je présume.

Au-delà de ces considérations bêtement chimiques, on s’amusera de l’étonnante leçon que le marché administre à Jean-Luc, pourtant peu susceptible de le vouer à autre chose qu’aux gémonies. Le quinoa est en effet une plante dont la consommation mondiale n’a cessé d’augmenter, à mesure qu’ont grandi sa notoriété et son succès notamment auprès des occidentaux financièrement à l’aise. Jean-Luc rentre ici tout à fait dans le cadre du sexagénaire à la fois soucieux de sa ligne et de l’image qu’il renvoie auprès de son entourage, et qui dispose tout de même de solides moyens pour une alimentation millimétrée.

Et ce faisant, il favorise directement l’émergence d’un marché mondial du Quinoa… Qui voit la Bolivie exporter plus de la moitié de sa production, ce qui se traduit directement par une hausse des prix du produit, y compris sur le marché national qui devient progressivement inaccessible pour les populations les plus pauvres auxquelles le quinoa s’adressait pourtant.

Pour un chantre des petites gens et de la classe ouvrière laborieuse qui a du mal à joindre les deux bouts, voilà qui est ballot. D’un autre côté, difficile de ne pas voir que cette augmentation du prix du quinoa provoquée par ceux qui en ingurgitent goulûment bénéficie directement à ceux qui, à l’autre bout de la chaîne, en produisent : on peut même s’autoriser à penser que ces producteurs, en Bolivie ou au Pérou, sont en train de sortir de la misère précisément parce que des millions de Jean-Luc conscientisés se sont mis à en acheter.

melenchon corporatisme crony capitalismOn se devra donc de noter ironiquement que dans l’histoire, Jean-Luc, probablement sans le savoir, aura démontré par l’exemple pourquoi la mondialisation permet effectivement l’enrichissement des peuples et pourquoi le capitalisme, en permettant l’émergence de ces comportements, est un véritable bienfait pour l’Humanité, en parfaite contradiction des thèses qu’il soutient avec véhémence à qui veut l’entendre. Mieux : Jean-Luc permet ainsi à ces pays d’Amérique du Sud de s’extirper doucement de ces fièvres collectivistes qui les mettent systématiquement à genoux : sans s’en rendre compte, chaque bouchée de quinoa d’un Jean-Luc pourtant remonté comme un coucou contre le méchant marché, c’est un clou de plus dans le cercueil marxiste que ces pays se construisent régulièrement, à l’instar de la Bolivie de Morales (qui se fait dézinguer un ministre un peu trop interventionniste par la cheville ouvrière minière mécontente qu’on vienne empêcher son taf) ou du Venezuela de Maduro (chez qui le papier hygiénique compte plus que les billets de sa banque centrale).

Au passage, on ne s’étonnera même pas de cette incohérence qui vient simplement s’ajouter à celle, encore plus flagrante, qui veut qu’on doive consommer localement, tant pour contrer la méchante mondialisation (ultra-turbo-capitatruc) que pour favoriser nos petits artisans, nos petites entreprises et nos petits paysans locaux. Le candidat Mélenchon a très légitimement choisi de brouter du quinoa plutôt que de s’enfiler de la Charolaise, ce qui aurait pourtant contribué à soutenir une filière de viande française en difficulté à cause de la mondialisation / le mauvais soutien de l’État à la filière / les méchants groupe agro-industriels sans foi ni loi / le capitalisme apatride / le cheval roumain / biffez les mentions inutiles, panachage possible.

C’est un peu le souci avec ces idéologies mal boutiquées : qu’on choisisse local ou non, qu’on consomme quinoa ou pas, quoi qu’on fasse, on finit toujours par être incohérent, et, mieux encore, on aboutit à favoriser capitalisme et mondialisation qu’on entendait pourtant combattre fermement.

Décidément, le marché est plus fort que Jean-Luc.

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Source : http://h16free.com/2016/09/09/55495-le-quinoa-de-melenchon-ou-la-revanche-du-marche-sur-les-collectivistes


Franceinfo, plus d’info qu’il n’en faut

jeudi 8 septembre 2016 à 09:00

La rentrée de Septembre, c’est aussi l’occasion pour certains de tester leurs nouveaux joujoux : voilà que dans le paysage audiovisuel français (PAF) débarque FranceInfo, une magnifique chaîne d’informations réclamée par Delphine Ernotte de FranceTélévisions, et qui aura donc été créée en l’espace de quelques mois. C’est donc avec gourmandise que les Français vont se jeter sur la petite nouvelle.

Il faut dire que – sur le papier – il y a tout ce qu’il faut pour attirer le spectateur puisque le but affiché de cette nouvelle chaîne qui semblait tant manquer au PAF est de « décrypter l’actualité autrement, avec une nouvelle écriture, une nouvelle forme de mise en image, et des reportages plus pédagogiques », a contrario évident de ses concurrentes qui ont toujours eu à cœur d’obscurcir l’information en la rapportant de façon plate et sans aucun objectif pédagogique. Autre point important : la chaîne entend présenter l’information de façon factuelle mais contextualisée. On appréciera le « mais » à sa juste valeur qui permet d’introduire absolument toutes les saloperies qui pourront passer par la tête de ceux qui seront chargés de sauvagement contextualiser cette information un peu trop factuelle.

journalism and media reality

Pour un but aussi puissamment décrit, il fallait à la fois faire vite (le projet de cette chaîne n’était qu’un bout de papier il y a un an) et disposer d’équipes de choc, qui fait dans le nouveau, le pas déjà vu et l’audacieuse prise de risque. Jugez plutôt : une chronique de Jean-Michel Aphatie le matin, voilà qui surprend. Un talk-show le soir à 20 heures, c’était imprévisible. Une émission sportive vers 21 heures, voilà qui est osé. Une émission politique le dimanche midi, ça, ça change la donne. Et puis avec Nicolas Demorand, on est dans l’innovation la plus chimiquement pure. Fouyaya, tout ceci ébouriffe, c’est terrible.

On le comprend, il faut se démarquer de ses concurrentes.

Parce qu’il y en a, et pas qu’un peu, et dans le privé comme dans le public.

Dans le privé, on pense bien sûr à BFM TV, LCI, iTélé. Voilà du beau monde qui a déjà largement prouvé sa capacité de nuisance d’informer en continu. Dans le public, on ne peut s’empêcher de penser que les formats journalistiques de France2, France3 et France24 couvrent plutôt bien l’ensemble de la partie purement « information » même si on devra admettre que le format est marginalement différent de cette nouvelle chaîne. En somme, le fameux PAF est déjà fort encombré en matière d’information, mais apparemment, cela n’a en rien empêché les pouvoirs publics de lancer cette nouvelle chaîne avec tout le faste et la fanfare nécessaires à ce genre d’aventures.

fail france télévision

Pourtant, l’audience cumulée des chaînes d’information continue n’est pas franchement mirobolante. On parle de 4.5% au mieux dans les « pics d’actualité », ce qui cantonnera la nouvelle arrivante à une modeste fraction de ce pourcentage déjà bien faiblichon. Le tout, bien sûr, pour un montant total tournant autour de 50 millions d’euros (soit à peu près autant que BFMTV), mais ce n’est pas cher puisqu’ici comme ailleurs, ce n’est pas l’État qui paye, c’est vous.

Et il faut bien le reconnaître, comme bailleurs de fonds, vous êtes vraiment sympathiques. D’aucuns diraient même naïfs tant ce projet d’énième chaîne publique sentait le roussi dès le départ. Jugez plutôt : l’idée, qui trottait bien évidemment dans la tête de nos politiciens depuis des lustres, n’a pris corps qu’en août 2015 au moment où il fut décidé par Delphine Ernotte, la propagandiste à la tête de France Télévisions, que le service public ne pouvait plus se passer d’une voix de son maître dans le domaine de l’information continue.

Pour passer de cette idée de projet à une réalité facturée, il n’aura fallu qu’un an. Jolie performance qui peut aussi bien vouloir dire qu’on a souvent fait dans la précipitation ce qui aurait mérité un peu de préparation, ou que, pour éviter cet écueil, on n’a pas regardé à la dépense. Je laisse à ceux qui payent le choix de déterminer ce qui est le plus rassurant. Cependant, le prix payé pour certains aspects (le magnifique logo et l’habillage de la chaîne qui va avec, par exemple, ont coûté un demi-million d’euros selon le Canard Enchaîné) et la présence de vedettes qui cachetonnent rarement à l’euro symbolique feraient plutôt pencher pour la seconde option.

franceinfail

Il reste en outre une question lancinante. Même si Ernotte et Azoulay de l’Aculture affirment haut et fort qu’une telle chaîne est indispensable, comment la justifier autrement que par le besoin compulsif de l’État et ses minions de relayer sa bonne parole, d’orienter les informations qu’il souhaite faire passer auprès de l’opinion publique, et, compte-tenu de l’audience qui restera de toute façon confidentielle, de placer quelques petits copains dans un fromage tout nouvellement créé pour eux ?

Tout montre en effet que cette chaîne d’information ne provient absolument pas d’un besoin exprimé par les téléspectateurs. À 3% en moyenne pour toutes les chaînes d’info, on parle plutôt d’une niche. Non, ici, outre l’aspect pantouflage évident en République française, il s’agit bel et bien de s’assurer une présence au milieu des autres chaînes qui n’ont pas l’heur de distribuer l’information comme la doxa étatique l’impose.

Fondamentalement, qu’une nouvelle chaîne d’informations arrive et qu’elle ait un biais idéologique ne surprendra personne. Après tout, il est transparent pour tout observateur un tant soit peu réveillé que ni BFMTV, ni LCI ni iTélé ne peuvent se targuer de neutralité lorsqu’ils choisissent les actualités qu’ils vont couvrir, ni dans la façon qu’ils les traitent. Mais c’est admis, compris et logique.

Le souci provient bien de la source de financement : avec cette nouvelle chaîne publique, on sait aussi que l’information sera orientée, on sait aussi dans quel sens, et on n’en sera même pas étonné. Au contraire des autres chaînes privées, on n’aura en revanche absolument pas le choix de ne pas payer pour cette chaîne. Eh oui : magie de la ponction obligatoire, on va forcer la propagande de l’État dans le gosier du contribuable, peu importe qu’il soit aussi un téléspectateur ou non. Et si BFMTV, LCI ou iTélé ne font de dégâts que lorsqu’on les regarde (et des études prouvent même le caractère anxiogène d’une écoute prolongée de ce genre de chaînes), comme toutes les chaînes France Télévisions, Franceinfo fera des dégâts même télé éteinte puisqu’elle se nourrira de votre travail, que vous le vouliez ou non.

Ces dégâts ne pouvant même pas se cacher derrière l’éventuel bénéfice d’une prise notoire de parts de marchés ou d’un retour sur investissement quelconque, une seule conclusion s’impose, encore et encore : delenda est France Télévisions ! Il est plus que temps.

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Source : http://h16free.com/2016/09/08/55453-franceinfo-plus-dinfo-quil-nen-faut


Cet entêtant parfum de milices

mercredi 7 septembre 2016 à 08:40

Dans un précédent billet, j’évoquais le cas intéressant de la communauté asiatique d’Aubervilliers, confrontée à une augmentation dramatique des agressions envers ses membres. J’en venais à me demander quand, exactement, cette communauté en serait réduite à faire sa police elle-même. Cela n’a pas traîné.

Il faut dire que les récents événements n’ont pas permis aux tensions de se calmer : victime le 7 août dernier d’une agression par trois hommes, Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans d’Aubervilliers se fait rouer de coups et finit par décéder de ses blessures cinq jours plus tard. Les agresseurs finissent par être retrouvés fin août, mais, au grand dam de la communauté asiatique locale, la circonstance aggravante de racisme ne sera pas retenue contre eux. Il semble en effet que si les petites gouapes ont agressé ce couturier, c’était essentiellement à cause d’un préjugé (« On entend souvent dire que les Chinois ont beaucoup d’argent » selon les déclarations d’une des raclures) et non par racisme.

On sera donc peut-être soulagé d’apprendre que la communauté asiatique d’Aubervilliers n’est pas victime de racisme mais d’un simple malentendu basé sur un préjugé. Soulagé ou pas, il n’en reste pas moins que le nombre de violences dont elle fait l’objet n’a pas diminué et que ses membres commencent à trouver le temps un peu long entre leurs plaintes, multiples et de plus en plus fréquentes (105 plaintes depuis le début de l’année, soit le triple de l’année dernière), et l’action ferme et nécessaire de la police. Apparemment, l’inaction étant plus facilement du côté de l’État que du côté de ceux qui le payent chèrement, il semblait inévitable qu’à un moment ou un autre, les Asiatiques d’Aubervilliers s’organisent pour mettre fin au problème.

self defense pro tip

Parce qu’après tout, la violence ne peut dit-on entraîner que la violence, la communauté a donc décidé d’organiser une manifestation pacifique, calme et sans cramer de voitures ou péter les vitres d’un hôpital, dans les rues de Paris, pour rappeler les autorités à leurs devoirs (notamment celui d’assurer la sécurité de ceux qui payent leurs salaires).

C’est donc sans mal qu’ils se sont retrouvés à plus de 15.000 place de la République (ce qui fait toujours nettement plus que le nombre de pelés et autres blobs invertébrés de Nuit De Boue sévissant régulièrement sur la même place), pour dénoncer le « racisme anti-asiatique ». «Sécurité pour tous», le collectif qui a organisé cette manifestation, en a profité pour dénoncer le climat de peur et d’insécurité qui règne à Aubervilliers (en effet, le couturier n’est pas mort d’un sentiment d’insécurité), et a mis en cause les autorités qui ont «préféré fermer les yeux sur cette délinquance grandissante» parce que les «Asiatiques constituent la cible principales de ces agresseurs». Le collectif réclame notamment des effectifs policiers supplémentaires, des caméras de surveillance et la reconnaissance du racisme anti-asiatique, espérant sans doute ameuter l’une ou l’autre association lucrative sans but habituellement friandes de ce genre de démonstrations anti-racisme.

Manque de pot, aucune de ces associations n’aura fait le déplacement. Oh, quelques figures éparses de certaines de ces associations étaient là, mais même les journalistes conscientisés du Monde sont obligés de reconnaître que le service des gardiennes de l’antiracisme de combat fut minimal. Peut-être avaient-elle un agenda chargé à poursuivre en justice les maires pour leurs arrêtés anti-burkini ? Peut-être étaient-elles trop occupées à poursuivre certains politiciens qui ont eu le toupet de tenir des propos en tout point comparables à ceux d’un Charles De Gaulle poussiéreux ? En tout cas, elles n’avaient pas jugé nécessaire de venir assister à la manifestation des Asiatiques d’Aubervilliers, d’autant que cette communauté a le mauvais goût de se faire sans arrêt agresser par une population vraiment pas assez blanche pour rentrer dans les critères de déclenchement d’une action médiatique de leur part.

méchante méchante légitime défense

Parallèlement, et parce que la violence, parfois, ça défoule, certains membres de cette communauté maltraitée se sont organisés pour tenter de mettre fin au problème par leurs propres moyens. Nous sommes en France, et malheureusement, toute tentative de mise en concurrence de l’État par des services civiques, citoyens ou seulement privés se soldera par un ferme rappel de la loi bien évidemment assorti de prison : le 29 avril dernier, vers 2 heures du matin, à La Courneuve, sept membres de la communauté chinoise de la Courneuve ont passé à tabac et donné trois coups de couteau un homme qui s’apprêtait à dépouiller l’un des leurs. Tout en tenant en respect leur victime, ils vont appeler la police et, comme de bien entendu, passeront quarante-huit heures en garde à vue. Le fait que l’agresseur agressé ait un casier déjà fourni n’y change rien, pas plus le fait que les agressés agresseurs soient des commerçants de La Courneuve, pères de famille, tous inconnus de la justice.

Force doit rester à la loi, surtout quand les coupables sont faciles à choper, tranquilles et solvables.

Il n’en reste pas moins qu’on sent comme une petite envie d’en découdre monter doucement de la part de ces personnes qui ne font, finalement, que constater la faillite complète de l’État à remplir ses missions.

Faillite lamentable qu’on retrouve de surcroît un peu plus au Nord, du côté de Calais, et que de récents événements viennent illustrer de façon de plus en plus vigoureuse : l’extension progressive du camp accroît les tensions entre les habitants et les migrants et, de plus en plus souvent, avec les automobilistes et autres chauffeurs qui passent à proximité. La « jungle » locale est devenue une zone où les lois républicaines, des plus normales aux plus idiotes, sont allègrement oubliées au détriment de ceux qui vivent en périphérie et à qui, de facto, la facture est finalement adressée. Pas étonnant, dès lors, que des actions soient menées par les routiers et les commerçants excédés de se retrouver à payer pour un État qui, encore une fois, ne fait pas son travail.

Comme souvent, la presse refusera, jusqu’au dernier moment, de poser un diagnostic lucide sur la faillite pourtant évidente des pouvoir publics. Pourtant, le schéma est décidément toujours le même : l’État, impécunieux et jean-foutre, laisse s’enkyster des situations de plus en plus problématiques en profitant habilement du fait que les populations victimes de son incurie sont particulièrement paisibles, discrètes, solvables et obéissantes. Petit-à-petit, les tensions montent malgré tout jusqu’au moment où des rixes éclatent, des règlements de compte interviennent, des actions de force se mettent en place.

Pour le moment, tant à Calais qu’à Aubervilliers, il est encore possible d’espérer un retour de la loi et de l’ordre. Pour le moment.

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Source : http://h16free.com/2016/09/07/55519-cet-entetant-parfum-de-milices


Ce que l’amende d’Apple nous révèle

mardi 6 septembre 2016 à 09:00

Comme il faut bien trouver de l’argent quelque part, autant le dérober là où il se trouve : la Commission européenne a décidé d’imposer à Apple le remboursement de 13 milliards d’euros à l’Irlande, magnifique record en matière de « redressement fiscal » adressé par la Commission à une entreprise privée sur le territoire européen.

L’affaire n’a probablement pas fini de faire parler d’elle. Peut-être le montant justifie à lui seul qu’on en fasse grand cas, et les suites juridiques, qui promettent d’être mouvementées, vont certainement alimenter la chronique d’autant que les dégâts commis à l’économie (irlandaise et européenne) ainsi qu’aux institutions (irlandaises et européennes, là encore) s’amoncellent dangereusement comme l’explique assez bien Baptiste Créteur dans un récent édito de Contrepoints.

À ceci, on doit ajouter la confusion de termes et les torsions de sens auxquelles se livrent un peu tout le monde pour « bien » expliquer ce qui est en train de se passer et tenter de camoufler ce qui ressemble de plus en plus à un véritable racket.

En effet, la presse (notamment francophone et particulièrement française) présente souvent la décision de la Commission, dans un raccourci idéologique qui en dit long sur ses biais, comme la conséquence logique d’aides d’états distribuées par l’Irlande à Apple. À l’analyse, on se rend vite compte qu’il n’y a pas plus d’aides indues que de beurre en branche : l’État irlandais et Apple, dans une démarche tout à fait légale (et reconnue internationalement, notamment dans le cadre de l’OCDE) se sont entendus sur l’impôt que l’entreprise devrait payer. Et cette dernière s’y est d’ailleurs conformé, sans aucun problème.

Mais pour galvaniser les foules contre les méchantes multinationales (notamment américaines), rien de tel que présenter cette affaire sous l’angle bien plus porteur d’une sale évasion fiscale (de l’argent qui s’enfuit, vite, agissons !) ou d’un gros et juteux paquet d’argent qui serait allé dans la mauvaise poche (de l’argent qui sort, vite, agissons !). L’affaire, dans ce cas, prend un tour simple puisqu’on se retrouve avec un coupable dodu, Apple, un complice « à son corps défendant », l’Irlande gravement lobbyisé par la méchante firme ultracapitaliste, dans le rôle de complice non consentant, et des victimes encore plus claires avec des contribuables honteusement floués.

impots et taxes

Manque de bol (ou retour à la réalité), les victimes n’ont jamais été flouées. Le complice était consentant et fait appel de la décision auprès de la Commission. Et le coupable affiche plusieurs arguments solides : entre le fait qu’il a, effectivement, payé des impôts, les emplois créés qui ont largement permis à l’État de se refaire grâce aux ponctions effectuées sur ces contribuables devenus solvables, et les effets de bords désirables (sous-traitants, publicité, dynamisme local), il devient difficile de comprendre la décision européenne.

Il faut dire que son timing est particulièrement déplorable, juste après un Brexit particulièrement traumatisant : voilà à présent qu’on cogne sur un État qui arrive à créer de l’emploi et qui est parvenu à retourner dans les critères de Maastricht après une crise sans précédent, ce qui est loin d’être le cas des autres. Du reste, on ne pourra s’empêcher de noter la constance avec cette méthode si particulière de cette Commission de favoriser l’europhilie en cognant avec une belle constance sur des petits États (Luxembourg, Belgique, Irlande), qui s’en sortent plutôt mieux que les autres (France et Italie en tête) à attirer les grandes firmes sur leur sol.

Comme le remarque Baptiste Créteur dans son édito dans une phrase à laquelle je souscris complètement, « la Commission Européenne passe l’éponge sur les déficits budgétaires, et punit les régimes fiscaux trop légers à son goût. C’est précisément l’inverse qu’il faudrait faire. »

En réalité, si on passe sur l’évidente déconnexion complète (et délétère) des décisionnaires bruxellois des peuples et des États auxquels ils sont censés rendre service, et qui constitue en soi un sujet d’inquiétude de plus en plus grave, deux phénomènes différents semblent ici à l’œuvre.

Le premier phénomène, c’est très probablement une volonté mal digérée et mal appliquée de vouloir chercher des noises aux multinationales américaines précisément parce qu’elles sont américaines. On sent, confusément, comme le besoin de montrer aux Américains que l’Union Européenne n’entend pas subir les amendes et autres vexations fiscales ou pénales qu’imposent les États-Unis aux firmes européennes. Difficile, même si Juncker s’en défend malhabilement, de ne pas voir un lien entre ces affaires européennes où les amendes records pleuvent et les affaires américaines (BNP Paribas, Volkswagen pour citer les plus récentes) où d’autres amendes, tout aussi record, dégringolent aussi.

La mesquinerie consistera à savoir de quel côté de l’Atlantique les coups sont partis en premier, mais ne doutons pas que ce petit jeu dure depuis un moment et qu’il n’est à l’honneur d’aucun des deux protagonistes d’autant qu’en définitive, ce sera toujours le consommateur ou le contribuable local qui en fera les frais, dans une perte pour tous typique des meilleures dystopies collectivistes.

Le second phénomène, c’est cette volonté de s’en prendre à toute firme (indépendamment de sa nationalité) qui fait de gros bénéfices qui, s’ils étaient aspirés goulûment par les institutions nationales et supranationales, viendraient habilement arroser ces catégories politico-syndicalo-bruyantes et autres associations citoyennes volontaristes toujours demandeuses de fonds, de redistributions de richesse qu’elles ne parviennent bizarrement jamais à créer par elles-mêmes.

À en croire les ponctionnaires et les distributeurs d’amendes, si les bénéfices étaient correctement taxés, si les impôts étaient correctement prélevés, s’il n’y avait ni optimisation, ni évasion fiscale, les comptes des Etats s’équilibreraient, les acquis sociaux seraient protégés, et le monde irait tellement mieux !

Or, personne ne semble remarquer que les ponctions n’ont jamais été aussi importantes, que les volumes financiers redistribués n’ont jamais été aussi gros, que les montants d’argent public passant dans les institutions locales, nationales ou supranationales n’ont jamais été aussi énormes, et pourtant, malgré cette augmentation constante, les comptes des États ne s’équilibrent toujours pas, les acquis sociaux ne sont pas protégés et, en termes fiscaux et économiques, le monde va plutôt plus mal.

En somme, plus les institutions ponctionnent, plus elles distribuent d’amendes, … plus leurs buts affichés s’éloignent. Conclusion ? Il faut plus de ponctions et d’amendes, c’est limpide.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et le souci n’est même pas dans ce constat, déjà alarmant, mais dans le fait, bien plus consternant, qu’une frange croissante des peuples entérine cette méthode d’augmentation constante des vexations fiscales qui montre pourtant qu’elle conduit au désastre. Je prends pour preuve le réflexe intellectuel qui consiste maintenant à réclamer, dans un aveuglement presque parfait, qu’Apple soit fiscalement assujetti aux mêmes règles que les autres, au prétexte d’égalité.

Oh, oui, tout le monde semble réclamer ardemment qu’Apple crache autant au bassinet que les autres entreprises, parce que ce sera trop bien cette égalité, voyons ! Eh oui : punissons toutes les entreprises au barème maximal pour avoir réussi, cela créera richesse et emploi pour tous, c’est évident.

Il ne semble venir à l’idée de personne (ou de si peu) qu’il faudrait plutôt réclamer, avec force, que les « tax rulings » qui s’appliquent à Apple deviennent la norme, que tout le monde bénéficie enfin des mêmes largesses !

Très manifestement, ces arrangements fiscaux ont profité tant à Apple qu’à l’Irlande. Ces arrangements ont profité tant au Luxembourg et à la Belgique qu’aux entreprises sur leur sol. Dans tous les cas, cela crée de l’emploi, cela crée de la richesse, cela aboutit à des consommateurs satisfaits.

Mais non, décidément, d’après les parasites et les égalitaristes, « il faut faire l’inverse » ! Forcément, ça va bien marcher.

what could possibly go wrong / forcément ça va marcher

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Source : http://h16free.com/2016/09/06/55490-ce-que-lamende-dapple-nous-revele