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En France, on monétise les files d’attente

mercredi 30 novembre 2016 à 09:00

La France est un pays merveilleux où on plante des administrations et il pousse des taxes, des impôts et des files d’attente interminables. Et devant cette situation, inutile de préciser que le peuple français fait preuve d’un vrai courage.

Il y a par exemple ceux qui, devant l’accumulation un peu trop importante de leur temps passé à gérer les problèmes administratifs créés de toute pièce par une machine devenue folle, choisissent toutes les formes de fuites possibles.

L’expatriation vient immédiatement à l’esprit, qui est la fuite intellectuellement la plus simple mais qui demande du courage puisqu’on doit effectivement quitter son pays, sa famille, ses habitudes et son mode de vie pour s’adapter à un autre pays, et demande aussi de l’obstination tant ceux qui restent en France font généralement tout pour dissuader le fuyard dans son entreprise.

Le travail au noir permet une autre forme de fuite, celle qui permet d’échapper aux radars fiscaux notamment, et qui autorise celui qui le pratique à renouer avec le sens de la clientèle : travaillant directement pour elle, sans l’intermédiaire encombrant, coûteux et contre-productif de l’État, le travailleur au noir est obligé, pour que son activité lui permette d’en vivre, d’offrir un niveau de service décent, que le respect scrupuleux de toute la paperasserie administrative ne permet parfois plus. Cette fuite « à l’intérieur du système » comporte bien évidemment des risque et demande donc une autre forme de courage et ce d’autant plus que la jalousie, sport national de ceux qui ne peuvent déployer ce courage, entraîne souvent la délation, habitude ancrée dans les mœurs.

Enfin, notons la fuite complète, totale et assumée vers la plus petite exposition fiscale possible, qui consiste à diminuer son activité, diminuer ses dépenses, diminuer aussi ses revenus et ses bénéfices pour rentrer enfin dans le cocon administrativement douillet des classes défavorisées qui peuvent au moins prétendre à bénéficier d’aides et d’abattements rigoureusement inaccessibles aux classes qui les financent. Le courage évident se situe ici dans l’abnégation, la frustration et les limites qu’on doit s’imposer pour ne pas se hisser à la hauteur qu’on sait pouvoir atteindre mais rester sagement à celle qui met à l’abri des tirs nourris de Bercy.

Et quand la fuite n’est pas au programme, s’ouvre alors à l’inventif le royaume de la débrouille, du système D et des petits arrangements qui permettent sinon de s’enrichir, au moins de trouver quelques ressources supplémentaires d’un quotidien qui en est de plus en plus dépourvu.

Un assez bel exemple de cette débrouille bizarre nous est récemment fourni par un petit article du Figaro qui nous retrace les aventures des usagers dans la Caisse d’Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, confrontés à des files d’attente interminables.

foutralys

Pour éviter de supporter le délai bien trop important que ces files génèrent, certains allocataires rachèteraient les tickets, selon les affirmations que Lionel Zaouati, secrétaire général CGT de la CAF 13, a tenues lors d’une interview à France Bleu. Selon lui, « certains allocataires font la queue dès 6h30 à Marseille » ; et certains autres n’hésitent alors pas à débourser 4 euros pour racheter des tickets, ou à payer quelqu’un pour leur garder leur place dans la file d’attente.

La direction de la CAF en question a essentiellement montré de la surprise et un peu de consternation, en appelant les usagers concernés à se manifester (ben tiens), parce que, comprenez-vous, il serait inadmissible que certains puissent se rémunérer (même modestement) sur l’incapacité chronique et délétère de cette administration à gérer son flux de « clientèle ».

Eh oui, mon brave monsieur, ma bonne dame, nous sommes en France, pays de l’égalité devant la loi (ou presque), dans lequel il ne peut être envisagé que ceux qui peuvent débourser 4 euros pourraient voir leur demande traitée prioritairement, où il n’est pas pensable qu’on puisse organiser les gens en fonction de l’urgence de leurs besoins, et un pays où, surtout et avant tout, l’utilisation du marché pour organiser les préférences et gérer l’urgence est absolument à proscrire tant il est évident que le marché est l’alpha et l’oméga des œuvres du diable en personne.

Bilan : même si les files s’agrandissent, même si les retards de traitement des dossiers grandissent inexorablement, on va éventuellement, si le temps le permet, combattre pied à pied ce genre de dérives mercantiles du système pourtant éprouvé du distributeur automatique de ticket pour guichets numérotés. Quant à la gestion calamiteuse des dossiers en souffrance, l’accumulation des retards dans les traitements, la complexité invraisemblable des démarches, l’accueil pourrissime des assujettis ou des usagers et l’absentéisme galopant des fonctionnaires et assimilés, c’est-à-dire essentiellement la racine du problème, ne comptez pas trop sur ces mêmes administrations et leurs têtes bien pensantes pour s’y attaquer. On est en France, môssieur ! Doit-on vraiment vous rappeler que le reste du monde nous envie notre système social ?

état gère tout forcément

J’avais noté, dans un précédent article que je vous encourage à relire, que l’impôt le plus injuste, le plus lourd et le moins visible était celui du temps, payé par les pauvres, qui n’ont pas les moyens de faire faire à leur place et doivent donc se taper, systématiquement, toutes les démarches, directement, à commencer par les démarches administratives, et qu’ils font donc au détriment de toute démarche productive, rentable, qui pourrait concourir, elle, à améliorer leur niveau de vie.

Je notais d’ailleurs dans ce cadre que l’appauvrissement d’un pays se caractérise spécialement par l’apparition de longues files d’attente dans les administrations et de queues dans les magasins. Les économies communistes ont amplement démontré la solidité de cette observation, et la collectivisation rampante mais ininterrompue de la France permet de l’accréditer encore : chaque administration dispose maintenant de sa file, de ses horaires alambiqués, de ses systèmes de tickets et de guichets numérotés qui permettent de gérer les flux massifs d’usagers (usagés ?).

Eh oui : à chaque problème (d’ailleurs généralement créé par l’État et ses sbires) correspond une solution, apportée par l’État et ses administrations, dont la mise en place générera, par nature, d’innombrables tracasseries pour celui qui tentera d’en faire usage, des ralentissements, et l’absolue nécessité de bien gérer un flux de demandes toujours croissant pour une offre au mieux constante, au pire décroissante.

Le symbole de la France n’est plus Marianne, c’est un distributeur de tickets pour file d’attente.

distributeur de tickets d'attente

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Source : http://h16free.com/2016/11/30/56499-en-france-on-monetise-les-files-dattente


Le gouvernement propose un nouveau petit boulot rémunérateur : délateur du fisc

mardi 29 novembre 2016 à 09:00

La semaine passée et alors que la campagne d’entre deux tours des primaires de la droite faisait rage et balançait de l’anathème en production industrielle, je m’étais furtivement intéressé aux péripéties de la prochaine loi de finance pour le pays en notant que, d’une part, le Sapin de Bercy était parvenu à nous pipeauter une croissance bien trop optimiste et, d’autre part, qu’il avait réussi, après moult rebondissements, à nous insérer sauvagement un bon prélèvement à la source des impôts pour l’année 2018.

Eh oui : pendant que certains sont tout occupés à déceler (et dénoncer) les micro-traces de libéralisme du candidat Fillon dont d’autres trouvent qu’il tient plus du Schröder que de la Thatcher, le pays, toujours dirigé avec le brio qu’on soupçonne, continue d’avancer doucement vers l’un des plus gros chocs de simplification fiscale qu’on peut imaginer.

Enfin, je dis « simplification », mais il devient évident, à mesure que les textes de lois s’empilent les uns sur les autres, que la « simplification » liée au passage du prélèvement à la source sera tout sauf une simplification. En revanche, le choc est de plus en plus garanti, et il devient même difficile d’imaginer qu’il se passera sans casse, sans cris et sans grincements de dents.

Heureusement, l’État, jamais en mal de solutions aux myriades de problèmes qu’il s’est employé à créer avec application, a, là encore, trouvé une façon de limiter ses déboires. Oui, bien sûr que l’administration et notre ministre en bois dont on fait les pipeaux et les cercueils se doutent que la mise en place de la retenue à la source va provoquer moult chambards et force pleurnichements de contribuables. Oui, bien sûr que notre armée de crânes d’œuf et de politocards approximatifs ont la confuse idée que cette nouveauté promet son lot d’abominations fiscales et, très certainement, un terrible mankagagner pour l’État le temps que les problèmes (ou les contribuables) se résorbent gentiment.

Bien sûr.

Mais rassurez-vous, ces mêmes crânes d’œuf et ces mêmes énarques à la petite semaine ont déjà trouvé une solution, à la fois pratique, simple, peu coûteuse et culturellement tout à fait acceptée par l’ensemble de la population du pays : on va compenser les petites fuites fiscales ici et là en faisant appel à la foule, pardi !

Attention, j’en vois quelques uns qui s’imaginent que le gouvernement, soudain hype, fashion et branchouille, se serait lancé dans une espèce de crowdfunding fiscal étrange et merveilleux, faisant ainsi appel à une méthode à la fois moderne et technologiquement en avance pour financer l’État. Redescendons tout de suite sur terre : nous sommes en France, et le pragmatisme fiscal ne saurait avoir cours. Quant à l’usage des nouvelles technologies, il sera strictement décalé d’une bonne vingtaine d’années pour nous assurer que le Minitel ne soit pas trop durement concurrencé.

Plus prosaïquement, il s’agira donc de ressortir les méthodes qui ont fait leurs preuves à de précédentes occasions, notamment pendant les Heures Les Plus Surveillées de notre Histoire : oui, vous l’avez compris, remettons la délation au goût du jour, pardi !

c'est français c'est la police française

Et c’est ainsi que, dès 2017 mes petits amis, il sera possible de demander de l’argent au fisc en échange d’une information lui permettant de mettre à jour une fraude fiscale d’ampleur ! Youpi ! On va enfin pouvoir saigner le gros bourgeois d’à-côté sans avoir même à se déplacer (un coup de fil, que dis-je, un e-mail discret suffira) ! Voilà qui va, enfin, aider que l’État étende son bras griffu partout où il le peut ! Et quoi de plus juste, quoi de plus normal, quoi de plus égalitaire et quoi de plus vivrensembliste qu’on aille trouver chez notre voisin les ressources qui nous manquent indirectement ?

Après tout, c’est la démocratie ! Et tant mieux si elle a permis qu’on taxe partout et tout le temps ceux qui ont l’impudence de gagner de l’argent, si elle encourage les riches à s’enfuir et les pauvres à planquer ! Un pays égalitaire ne saurait ainsi souffrir d’une ponction mal répartie qui ne toucherait pour le revenu que la moitié des foyers fiscaux et … heu enfin bon, vous l’avez compris : la délation, c’est supayr puisque cela permet enfin à tous ceux qui ont une vraie mentalité de kapo de s’exprimer pleinement et d’aider directement l’État dans ses tâches les plus basses, à côté de la guerre et du lavage de cerveaux.

Et de nos jours, toute aide n’est pas forcément bénévole : la grandeur de la Nation, c’est bien joli, le vivrensemble, c’est très mignon, mais ça ne fait pas bouillir la marmite. C’est pourquoi la loi prévoit même que l’heureux délateur touche un petit quelque chose pour son œil vigilant et sa morale tirée au cordeau !

Cette mesure, introduite dans la loi pour une durée expérimentale de deux ans, permettra rapidement de connaître l’étendue de la fraude fiscale dans le pays et surtout, la profondeur de l’appétit des délateurs. La vingtaine de frétillants députés qui ont insinué l’amendement propre à enfin rémunérer les petits cafardeurs ont de toute façon une excellente justification à leur proposition : d’autres pays ont tenté la chose et ne s’en portent que mieux ! (Et du reste, on n’aura pas la force de leur faire remarquer que d’autres pays ont aussi tenté la torture, la spoliation ou des atrocités pires encore sans qu’on doive pour autant s’en inspirer).

valls délation

Dans la logique simple de nos députés (qui ont été élus par un nombre considérable de citoyens, ne l’oublions jamais), la fraude doit être absolument combattue, l’État étant en substance le possesseur ultime de toutes choses sur le territoire français. Ils ne chercheront jamais à comprendre pourquoi la fraude, en France, augmente, pourquoi elle suit le même chemin que le taux d’imposition, le taux d’expatriation et le taux de chômage. Et s’ils sont comme tant d’autres députés, ils ont soigneusement fait les démarches nécessaires pour échapper eux-mêmes à l’opprobre fiscale, soit en utilisant tous les moyens (légaux mais moralement discutables au regard de leurs positions dans cette sombre affaire), soit en votant ceux qui leur manquaient.

Résumons : à partir du premier janvier, et contre toute attente économique, le gouvernement va certainement créer de nouveaux petits boulots tout à fait rémunérateurs. Ils consisteront à dénoncer vos amis, vos voisins, vos connaissances au fisc (parions au passage que certains dealers et d’autres mafieux, même dénoncés, ne verront jamais le staff de Bercy débarquer chez eux).

À cette occasion, peut-être la courbe du chômage s’inversera-t-elle ? Allez savoir. Mais en tout cas, ne l’oubliez jamais : l’État veut votre bien, tout votre bien.

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Source : http://h16free.com/2016/11/29/56533-le-gouvernement-propose-un-nouveau-petit-boulot-remunerateur-delateur-du-fisc


Primaires de droite : le troisième tour commence

lundi 28 novembre 2016 à 09:00

Ce dimanche, Fillon a donc été désigné comme candidat officiel de la primaire de la droite et du centre. Si on peut se réjouir que cette péniblerie médiatique soit passée, on va à présent devoir composer avec l’avalanche continue de niaiseries sur le sujet qui ne manqueront pas d’émailler nos journaux dans les jours qui viennent, en faisant passer tout le reste de l’actualité pertinente au second plan.

juppé tristounetNe boudons pas notre plaisir : le danger Alain Juppé semble écarté et cette désignation permet d’espérer que, d’ici huit jours, il sera autant oublié que Sablosky. Euh, non, Sapristy… Enfin, vous voyez bien de qui je veux parler.

Je dis bien « espérer ». En effet, on peut se rassurer un peu en notant que l’écart important entre les deux candidats du second tour de la primaire est assez grand pour qualifier la défaite de Juppé de branlée mémorable, qui permettra à ce dernier de remettre un peu ses compteurs à zéro et ré-azimuter clairement l’amour réel que le pays porte pour lui.

Cette bonne claque à l’égo de Juppé donne une probabilité raisonnable que notre homme ne se sente pas trop pousser des ailes et aille imaginer se présenter, en solo, à l’élection de 2017. Oh, bien sûr, ce faisant Juppé perdrait certainement une partie de l’électorat de droite s’il lui venait malgré tout cette idée suicidaire. Mais voilà : ce n’est plus cet électorat qu’il chasse, depuis bien longtemps, mais bien l’électorat d’un centre devenu inexistant ou impossible à situer, et l’électorat d’une gauche complètement désemparée, perdue dans ses dogmes de plus en plus fuyants. Or, à gauche, il y a pour le moment assez peu de candidats capables de rassembler plusieurs millions de voix (au contraire, même), ce qui laisse un réservoir électoral très large et désemparé, alors même qu’il est régulièrement cornaqué par des médias largement résignés à perdre aux prochaines élections mais déterminés à limiter la casse.

Bref : est-il réellement possible d’écarter définitivement Juppé du tableau ? Sans factoriser l’hypothèse amusante qu’il se présente à la primaire de gauche, on devrait rester attentif aux décisions du septuagénaire qui pourrait encore nous surprendre, ne serait-ce qu’en fusillant doucement Fillon si l’occasion se présente.

En outre et au passage, rappelons que cette primaire était, selon son intitulé, « de la droite et du centre ». Mais diable, où est ce dernier ?

Peut-on là encore totalement écarter que ce centre, disparu momentanément dans le vote Fillon, ne réapparaisse avec l’ectoplasmique Bayrou que le ridicule n’a, fort malheureusement, jamais réussi à dissoudre ?

Et puis, cette primaire de la droite est-elle parvenue à rassembler toute la droite ?

C’est loin d’être le cas puisqu’on sent déjà poindre des envies irrépressibles du côté de Michèle Alliot-Marie qui se sent probablement tout à fait capable de rassembler deux ou trois pourcents de votes indispensables à gêner un futur candidat et, par voie de conséquence, se placer en bonne position pour un portefeuille ministériel prochain.

On pourrait aussi évoquer Rama Yade, mais même Bayrou l’ectoplasmique semble plus concret. Passons.

On peut aussi compter sur Dupont-Aignan, qui ajoutera sa candidature au flot maintenant tumultueux des autres candidatures déjà identifiées. Reste enfin quelques originaux qui tenteront sûrement la course sans pouvoir prétendre ni aux signatures, ni même à l’indispensable équipe de joyeux colleurs d’affiches, de distributeurs de tracts sur les marchés et autres militants incrustés un peu partout pour faire connaître leur candidat.

Bref, c’est un véritable troisième tour de la primaire qui vient de s’ouvrir pour la droite, dans lequel le candidat Fillon, s’il part favori sur la route de l’Élysée, rencontrera sans aucun doute de nombreuses embûches.

À présent, on peut raisonnablement s’attendre à plusieurs choses.

point-caron-fascisteD’une part, on va commencer à observer un orage dru de la presse sur la droite et son « champion ». Alors qu’il y a trois semaines, Fillon n’était essentiellement qu’un Droopy sans intérêt, le voilà maintenant propulsé représentant officiel de Satan et de ses diableries pour tout l’Hexagone. Même si Fillon ne s’est que très timidement déclaré libéral et s’est en réalité surtout contenté de se revendiquer de l’héritage intellectuel et politique de Thatcher, les médias ont compris tout l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de présenter le candidat de la droite comme un ultra-turbo-libéral à la limite fasciste auquel aucune privatisation, aucune suppression massive de postes de fonctionnaire ne fait peur. La tendance, outrageusement démarrée pendant la semaine d’entre deux tours, va donc continuer de plus belle, la mauvaise foi s’y disputant aux pires approximations et autres procédés consternants que les meilleures productions médiatiques vénézuéliennes ne renieraient pas.

D’autre part, on peut aussi s’attendre à ce que cette même presse fasse le nécessaire travail d’aplanissement pour le futur candidat de la gauche. Au contraire de son opposant, on peut raisonnablement parier qu’elle va complètement oublier les casseroles pourtant nombreuses des prochains candidats de cette primaire pour tenter de la faire passer pour digne, a contrario d’une primaire de droite dont le niveau moyen, de l’aveu de ces médias pas du tout biaisés, aura rarement dépassé celui de la ceinture.

Chose déjà amusante alors que la rumeur voudrait que Manuel Valls se dirige vers une démission pour une candidature dans les prochains jours, on peut parier qu’on trouvera au premier ministre d’étonnantes qualités qui, chez Fillon, l’auraient immédiatement qualifié pour une demi-douzaine de points Godwin (au bas mot).

point godwin

Enfin, avec l’approche des primaires de gauche, on peut parier que la confusion va continuer à régner en maître dans les esprits des uns et des autres. Ainsi, des électeurs de gauche se sont empressés de verser environ 2,5 millions d’euros dans les caisses des Républicains, sans parvenir à faire désigner Juppé, avec le risque grandissant pour eux de devoir se retrouver, au second tour, à choisir entre l’abstention ou Fillon, qu’ils honnissent. Ainsi, des conservateurs (Fillon en tête) réclament maintenant des réformes, des progressistes (à la Mélenchon) s’arque-boutent pour que, surtout, rien ne change, des encartés socialistes ou des artisans dans des gouvernements de gauche se retrouvent à goûter et vouloir faire goûter la liberté, Macron en premier, pendant que des encartés de droite voire d’extrême-droite réclament quant à eux que l’ombrelle de l’État s’étende toujours plus loin, que la liberté soit nerveusement et rigoureusement encadrée pour éviter, enfin, toute surprise et toute initiative hors des clous (et ultimement, toute rébellion).

En somme, les messages des uns et des autres deviennent de plus en plus confus, les lignes de démarcation se font de plus en plus floues et nos journalistes / experts / troubadours, généralement fort mal dotés intellectuellement et anesthésiés par des années de subventions trop grasse, se retrouvent bien en peine pour donner un sens à ces vastes mouvements de pensées qui agitent la société française actuellement…

Pendant ce temps, Marine Le Pen, habile, a choisi la discrétion médiatique, et se contente d’avancer son nouveau logo qui aura toutes les peines du monde à faire oublier celui du Parti Socialiste… À moins que, finalement, ce soit ce dernier parti qui finisse par se faire oublier complètement au profit d’un Front National, devenu l’aspirateur à déceptions.

Le deuxième tour de la primaire de droite vient de s’achever. Le troisième commence.

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Source : http://h16free.com/2016/11/28/56515-primaires-de-droite-le-troisieme-tour-commence


[Redite] Hollande à l’Élysée a fait des sudokus

samedi 26 novembre 2016 à 11:00

Billet paru initialement le 20.11.2011

Pour occuper votre dimanche, je vous propose de revenir sur un billet paru quelques années en arrière et qui s’inscrit encore bien dans l’actualité du moment, à savoir une élection… En novembre 2011, je tentais audacieusement d’imaginer ce que serait une « présidence Hollande » alors que la profondeur du personnage était peu connue des Français (mais déjà facile à cerner). Cinq années plus tard, on peut jauger de la valeur du billet à ce qui s’est passé, en vrai. Je crois que le billet souffre bien le passage des années, mais à vous de juger.


Tout le monde le sent maintenant : la France est à un tournant. Les mois qui viennent devront marquer un profond renouvellement dans la vie de ce pays. Et il est parfois nécessaire de faire un exercice prospectif, soit parce que c’est courtoisement demandé (ici, par Val et l’Hérétique), soit parce que tout simplement, on veut réfléchir deux minutes à ce que pourrait donner le pays au cas où …

On se souviendra que j’avais déjà tenté un exercice s’en rapprochant, le 28 septembre dernier, en imaginant les différentes possibilités pour le second tour de ces élections présidentielles, tout en prenant les précautions d’usage.

On est en effet encore assez loin de ce scrutin final, et la situation, notamment économique, de l’ensemble du monde en général et de la France en particulier laisse présager des moments assez rock’n’roll qui empêchent toute certitude.

Pour l’exercice du jour, je vous propose de poser une hypothèse aussi hardie que justement elle est contraire à mon propre pronostic du 28 septembre dernier. Ce jour-là, j’envisageais en effet que Sarkozy serait réélu. Oublions donc ce résultat, et partons du principe que Babar l’autre pays du chômage a décroché la timbale (par exemple à la faveur d’un accord en béton armé avec Europe Eco-lol-gique comme le dit fort bien Gérard Mentor dans son billet à ce sujet).

Partant de cette hypothèse, force est de constater que le nouveau président se retrouve, dans le meilleur des cas, avec un pays au bord de l’asphyxie financière. Dans le pire, c’est un pays exsangue et déjà en défaut de paiement dont il hérite d’un Sarkozy bien trop heureux de lui filer la patate bouillante.

Sur le plan stratégique, du reste, on comprendra que Sarkozy, s’il doit perdre, a tout intérêt à rendre les clefs de l’Elysée alors que le pays peut encore payer ses dépenses courantes. L’échec complet est alors imputable, au moins en partie, au nouvel entrant, si celui-ci est au pouvoir depuis quelques mois lorsque le pire advient. Dans le cas contraire, les socialistes de gauche auront beau jeu d’accuser ceux de droite d’avoir saboté l’économie.

Comme on le comprend à l’évocation de ces événements économiques, je ne crois pas beaucoup à une amélioration sensible de la situation pour les caisses de l’état d’ici à mai 2012 : quand on voit que le FESF, normalement destiné à soutenir les pays membres de la zone euro, est déjà en difficultés et qu’il faut en recourir à de la tuyauterie financière digne d’un plombier de jeu vidéo (coucou Super Mario) pour arriver à lui trouver des fonds, on comprend que l’ensemble de l’opération « Sauvons l’Euro / Tous Ensemble, On Peut Y Arriver » est partie pour rencontrer un platane en descente avec le vent dans le dos au prochain virage.

Et c’est donc sans aucune espèce de surprise qu’on peut l’affirmer : le prochain président n’aura strictement aucune marge de manœuvre. Ou plutôt, les manœuvres qu’il pourra faire n’auront en réalité aucune incidence sur le résultat final, le point de non-retour ayant été dépassé depuis au moins 5 ans.

hollande de dos, un président à la hauteur

Dès lors, les différences entre Sarkozy et Hollande seront purement cosmétiques. De toute façon, aucun des deux n’a d’idées pratiques de ce qui pourrait limiter la casse ; pire : comme ces idées sont toutes issues de la boîte à outil libérale, que l’un comme l’autre se sont employés à tenir aussi loin que possible de toutes les mains du pouvoir, on peut être certain que la catastrophe continuera.

La seule question qui demeure alors est celle de la vitesse.

Sarkozy est au plus mal.Car d’un côté, on a un frétillant crétin à peu près inculte en économie dont la seule prouesse a toujours consisté à brasser de l’air et nous le pomper simultanément, pour un résultat absolument nul ; les dernières gesticulations grecques, assorties d’un G20 aussi inutile que grotesque, sont une illustration limpide de son pouvoir de non-action.

Sarkozy dans un deuxième mandat, c’est l’assurance que l’absence de marge de manœuvre sera camouflée par un de ces nuages d’encre opaque que certains poulpes lâchent pour distraire leurs adversaires. Il n’est donc pas à exclure que la situation empire et que l’ensemble du peuple n’en soit absolument pas tenu au courant. Oh, les individus se rendront bien compte que la situation se dégrade énormément, mais on peut s’attendre à une phase de déni assez longue.

Pour résumer, nous irons très vite à la catastrophe, mais nous ne le saurons jamais clairement.

Vieux Hollande, fruité mais un peu mou.De l’autre côté, on a une aimable amibe, obstinée mais molle, et qui a l’insigne avantage sur son concurrent d’avoir déjà été frotté, même si de façon lointaine, à quelques notions d’économie.

Heureusement, la comparaison redevient d’emblée plus facile lorsqu’on lit ses dernières propositions et qu’on se rend compte que ces notions ne seront jamais mises à profit : comme dans n’importe quelle campagne électorale, le magasin de bonbons fait portes-ouvertes et chacun y trouve son compte à pas cher.

rentrée de hollande, réalisée sans trucagesEt si l’on se replace dans le cadre de notre hypothèse de base, Hollande élu se retrouvera fort en peine de mettre l’une ou l’autre coûteuse lubie en action. Il sera, comme l’autre, cantonné aux décisions d’apparat ou celles sur du très long terme (comme poussoter mollement le retrait du nucléaire à 2050, moyennant la fermeture d’un ou deux réacteurs, et encore, pour faire patienter ses « alliés » verts qui lui claqueront de toute façon dans les doigts dès qu’ils le pourront).

En réalité, on le comprend bien : tant Hollande que Sarkozy sont aussi adaptés à la situation qu’un vélo à un poisson rouge (avec lequel ils entretiennent le même lien étroit concernant la mémoire).

Aucun des deux ne pourra, le moment venu, se retourner vers les Français et appeler, dans un élan rhétorique puissant, à une union nationale ou à taire les querelles intestines.

Sarkozy n’a toujours existé qu’en clivant (aussi stupide le sujet du clivage soit-il), ce qui est exactement aux antipodes de ce qu’on attend d’un leader que tout le monde pourrait suivre en cas d’urgence.

Quant à Hollande, on peine à voir en lui l’homme providentiel. La démonstration de cette semaine en dit suffisamment long sur ses capacités de rassemblement, qui s’apparentent clairement à du petit bricolage politicien, avec en plus cette maestria assez consternante dans le ratage de la bidouille, médiatisation incluse. Tout ce qu’il évoque de façon persistante est un sentiment d’ennui. On ne peut s’empêcher de l’imaginer faisant des sudokus, ronchonnant vaguement pendant que le courant est coupé à l’Élysée pour cause d’impayés massifs.

En tenant compte de tout ça, je ne peux que vous conseiller la même occupation en avril et en mai 2012.

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Pendant que la droite tapine, Sapin pipeaute

vendredi 25 novembre 2016 à 09:00

La tempête de la Primaire de la Droite (et du Centre Gauche ?) peut bien arriver, le pays, lui, continue d’être dirigé de main de maître par la fine équipe de jongleurs, cracheurs de feu et autres bateleurs colorés aux multiples talents qui s’empressent de s’assurer que si on doit un jour rencontrer un écueil, cela se fera avec une onctuosité moelleuse qui permettra à tout le monde de garder son calme. C’est d’ailleurs ce que fait le Sapin de Bercy.

Michel est calme, posé. Pondéré, même, si l’on s’en tient à la rotondité de son ample personne et des arguments qu’il déploie lorsqu’il s’agit d’annoncer une triste nouvelle.

Oh, cela ne lui arrive guère souvent, la France est si bien gérée qu’il serait impensable qu’une décision économique d’importance échappe à sa surveillance et lance le pays sur les mauvais rails. Mais parfois, l’automne et ses feuilles mortes aidant peut-être et à l’instar de certaines locomotives de certaine entreprise publique de transports collectifs ferrés, la France patine quelque peu en côte. Et voilà notre bonhomme Michel, la mine sérieuse et les sourcils froncés, nous annoncer un petit incident de parcours.

À l’instar d’un Brejnev de Prisunic (Alain Juppé powa !), le Sapin de Bercy n’hésite pas à manier la litote et le sens de l’ironie en expliquant que « tout va bien » ou quasiment. En effet, on apprend de lui il y a quelques jours que la croissance française, au départ prévue, que dis-je, planifiée à 1,5% par l’intelligentsia en charge de notre économie ne pourra que s’approcher de cet objectif en frôlant gentiment les 1,4%. Dans la bouche du rond Michel, cela donne même ceci :

« La croissance sera quelque part entre 1,3 et 1,5% »

… Oui, quelque part entre un chiffre et un autre, avec une précision pas trop diabolique, et voilà qui devrait le faire. Et en plus, cet abaissement de la croissance sera même neutre sur le reste de l’économie française, puisque, toujours selon le conifère économiste, la baisse du chômage continuera, d’autant « qu’on n’a jamais créé autant d’emplois, d’emplois nets (..) depuis la crise ». Quant à 2017, même pas mal, on obtiendra les mêmes chiffres roses et joyeux avec toujours 1,5% de croissance prévue, et youplaboum.

Puis, son annonce faite, le Commissaire au Plan Quinquennal ministre de l’Économie est reparti dans les hautes sphères étatiques attendre la fin du match Juppé – Fillon. Le peuple a été informé, il n’est plus nécessaire de rien faire d’autre.

Tout ceci serait drôle s’il n’y avait pas cet entêtant parfum de statistiques bidonnées et de gestion de l’économie à la soviétique dans les meilleures années de guerre froide.

on appelle cela du foutage de gueule

Eh oui, les petits jeux de jambe de Sapin n’arrivent pas à camoufler la réalité, toujours aussi catastrophique, des comptes publics français. D’une part, il devient difficile au locataire de Bercy de faire oublier que le consensus des différentes institutions financières internationales à l’égard de la France situe la croissance du pays autour de 1,2% plutôt que les 1,4% (et à plus forte raison, 1,5%) du minustre financier.

Dans les milieux économiques, même vaguement lucides, on est obligé de constater que la timide reprise observée pendant l’automne n’est qu’un phénomène très passager, qui n’a pas été concrétisée plus que ça pour cause d’un manque de plus en plus évident de confiance des acteurs économiques dans le futur français et, afférent à ce manque de confiance, le manque d’investissement.

Bizarrement, le matraquage fiscal permanent que s’emploie à faire pleuvoir Hollande et son équipe semble décourager les entrepreneurs à investir dans notre beau pays.

Étonnamment, un nombre croissant de ménages français diminue sa consommation courante et prépare des noisettes pour des périodes rudes à venir, sentant bien qu’il vaudra mieux en avoir sous le coude que, au contraire de nos élites, derrière la musette.

Curieusement, l’absence presque parfaite de tout programme crédible ou de tout candidat solide dans le camp socialiste (même en comptant Juppé) ne semble pas gêner le gouvernement dont on imagine alors qu’il prend les décisions avec une sérénité d’airain pour les prochaines années.

Tout ceci sent extrêmement bon.

Et le pompon est même atteint lorsqu’on apprend qu’en plus et pour la première fois depuis le début de la Vème République, le Sénat a refusé d’examiner le projet de loi de Finances (PLF) pour 2017 au motif que « son insincérité prive de tout intérêt réel et sérieux le travail » de la Haute-Assemblée : la majorité sénatoriale refuse ainsi de valider une vision économique dont le taux de croissance affiché semble bidon et n’est là que pour permettre de tabler sur des recettes fiscales dont tout indique qu’elles seront bien moindres, même en tenant compte de l’averse drue d’impôts et de vexations taxatoires. Quant au déficit, on le voit mal se réduire (même de loin) dans ces conditions.

this-will-not-end-well-crocodile

Rassurez-vous, nous ne découvrirons ces petits nuggets de plaisirs fiscaux à venir qu’une fois l’élection présidentielle passée, et ce, pour deux raisons.

D’une part, parce que les lois de finance prennent du temps à être concrétisées et que les votes n’interviendront qu’une fois l’Assemblée nationale renouvelée. On peut imaginer beaucoup de choses, mais difficilement que le rythme va s’accélérer… Au contraire, il n’est pas idiot de penser qu’on va découvrir — avec effroi ? — la catastrophe budgétaire alors que nous serons bien dans l’été 2017.

D’autre part, parce qu’encore une fois, la presse est copieusement en dessous de tout. À l’exception de quelques opuscules spécialisés et du nécessaire entrefilet dans l’un ou l’autre journal, histoire de justifier le coût de l’abonnement à l’AFP, le fait que la croissance française calanche, que le budget est complètement bidonné et que les prévisions de déficit sont parfaitement grotesques ne semble pas du tout atteindre les milieux jacassants. Totalement obnubilés par une campagne présidentielle dont les programmes économiques ont été pour ainsi dire escamotés au profit de frites, de pains au chocolat, de l’avortement, du catholicisme de l’un et surtout pas du casier judiciaire de l’autre, les médias ne s’occupent absolument plus de ce qui peut bien se passer sur le territoire (il aura fallu attendre mercredi pour qu’on commence à voir en Une des informations sur le projet d’attentat, déjoué dimanche).

Dans un monde normal, la presse ne devrait passer qu’un temps fort modéré sur la désignation d’un candidat à la présidentielle par un parti qui n’a, pour le moment, jamais réussir à produire autre chose que des semi-conservateurs mous, des sociaux-démocrates pénibles et des tombereaux de promesses non tenues. Cette même presse devrait en revanche se déchaîner sur l’incurie de l’actuel gouvernement tant en matière de sécurité qu’en matière d’économie.

Dans un monde enfumé par une presse sur-subventionnée, évidemment, c’est un peu une autre musique.

Cette musique qui autorise des présidents graves.

attention-subventionner-la-presse-peut-provoquer-des-presidents-graves

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Source : http://h16free.com/2016/11/25/56437-pendant-que-la-droite-tapine-sapin-pipeaute