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Une nouvelle taxe immobilière ?

jeudi 9 juin 2016 à 09:00

Un article de Nafy-Nathalie et h16

Les Français ont un curieux rapport avec l’immobilier. Il est à la fois l’un de leur principal sujet de préoccupation et à la fois matière pour eux de pointer du doigt les professionnels de ce secteur, leur reprochant à la moindre occasion leurs pratiques et leurs honoraires. Les médias surfent sur ce phénomène, encourageant la dégradation de leur image auprès du public.

maison de biloute

En 2014, nous apprenions ainsi dans un article du Figaro que « Seuls 39 % des copropriétaires sont satisfaits de leur syndic ». Dans un article du 19 mai 2015, le même média soulignait également le déficit d’image dont ces professionnels souffrent et c’est ce déficit qui pousse aux tentatives actuelles d’encadrer mieux la profession que ce soit par les professionnels eux-mêmes (par la création des syndicats comme la FNAIM) ou par le législateur (avec par exemple la loi Hoguet).

Depuis, les professionnels ont milité pour la création d’un ordre. Il aurait en effet permis de responsabiliser la profession en lui donnant l’occasion de s’organiser, se former et se discipliner. Cependant, cela lui a été refusé : le législateur a préféré profiter de la loi ALUR pour lancer et piloter directement le chantier de la réforme de l’activité des professionnels de l’immobilier.

Un nouveau Conseil national

C’est dans ce cadre qu’un Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières (CNTGI) a été instauré pour cornaquer cette réforme et qu’il a obtenu la participation des trois grands syndicats de l’immobilier (FNAIM, UNIS et SNPI) et d’associations de consommateurs. Parmi les propositions qu’il formule, celle relative à l’instauration d’un code de déontologie assorti d’une Commission de contrôle de la bonne exécution de ces dispositions est actuellement au cœur de toutes les polémiques.

En effet, cette Commission de contrôle est destinée à instruire les litiges entre particuliers et agents immobiliers ou les gestionnaires. Composée de consommateurs, d’anciens professionnels de l’immobilier et de magistrats, elle est dotée d’un pouvoir de sanction assez étendu pour aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.

Bref, la mise en place de cette nouvelle instance s’annonçait sous les meilleurs auspices… Le gouvernement s’était saisi de la question, une loi avait été promulguée avec diligence, on allait enfin pouvoir sanctionner et le problème était réglé …

Un problème bien analysé, une solution provenant de professionnels, et un État avide d’intervenir autoritairement ? Tous les ingrédients sont en place pour que cela se termine en fanfare. Dans sa hâte de sanctionner les vilains professionnels de l’immobilier, le législateur a tout simplement « oublié » de préciser les modalités de financement de son dispositif, dont le budget de fonctionnement se chiffre tout de même, à la louche, entre un demi et un million d’euros.

C’est ballot, non ?

Où prendre l’argent ?

On est en période de crise, les caisses sont vides mais ce n’est pas une raison de se laisser abattre. On continue donc de légiférer à tout va et on trouvera bien un moyen de financer tout ça. D’ailleurs, ce qui pourrait être un problème n’en est jamais vraiment un lorsqu’on est au gouvernement. À tout problème, il trouve en effet une solution simple, directe et complètement fausse. Et pour tout besoin de financement, le gouvernement crée prestement un nouvel impôt, une nouvelle taxe ou une nouvelle ponction.

Facile, ce n’est pas l’État qui paye.

affordable housing

Ainsi, dans le projet de loi « Égalité et citoyenneté », actuellement en débat à l’Assemblée Nationale, il envisage d’introduire, par ordonnance s’il vous plaît, une nouvelle taxe dont la base d’imposition sera les agents immobiliers et les administrateurs de biens.

Passons sur la manière de faire assez cavalière de ce gouvernement qui décide de dispositions, tout seul dans son coin, sans consulter personne et surtout pas les instances créées à sa propre initiative, ou sans même prendre avis auprès des professionnels, pourtant concernés au premier chef.

Passons aussi sur le déni de démocratie de ce gouvernement qui tente une nouvelle fois de retirer à l’Assemblée le pouvoir de décider de nouvelles taxations.

Passons.

Attardons-nous plutôt sur les belles idées du gouvernement pour trouver les financements qui manquent.

Petites taxes entre amis

Comme les professionnels sont mauvais, faisons-les payer et personne n’y trouvera rien à redire. Personne, sauf les professionnels eux-mêmes !

La première proposition du gouvernement était de taxer les trois grandes organisations syndicales. Petit souci : tous les professionnels de l’immobilier ne sont pas syndiqués et la Commission de contrôle est chargée d’instruire tous les conflits entre particuliers et professionnels, que ces derniers soient syndiqués ou non. Les syndicats ont bien sûr refusé de payer pour toute la profession, ce qui a obligé le gouvernement à revoir sa copie.

Revenu sur le sujet, sa seconde proposition n’est guère plus lumineuse.

Pour pouvoir exercer, le professionnel de l’immobilier doit obtenir une carte spécifique. Le gouvernement a donc proposé d’asseoir sa nouvelle taxe sur l’ensemble des porteurs de cette carte. Autrement dit, on demande implicitement aux professionnels qui seront jugés et éventuellement sanctionnés par cette instance créée ad hoc de la financer eux-mêmes. Voilà qui, en terme d’égalité d’accès à la loi, laisse plutôt perplexe.

Cela laisse d’autant plus un goût amer en bouche lorsqu’on se penche sur les détails de la composition de l’instance de contrôle : on y découvre notamment un État franchement majoritaire. En somme, on demande à des professionnels, seuls responsables et seuls condamnables possibles, de prendre en charge le fonctionnement d’une instance à caractère majoritairement public, chargée de les sanctionner, et sur le fonctionnement de laquelle ils n’auront réellement aucun pouvoir.

Un enthousiasme modéré des futurs sanctionnables

Indépendants ou syndiqués, les porteurs de carte sont évidemment particulièrement remontés et semblent avoir engagé un bras de fer avec le gouvernement. Pour le moment, ils jugent ces propositions inadmissibles et rappellent que s’ils ont jusqu’à présent collaboré à la réforme, ils n’entendaient pas se faire ainsi marcher dessus. La FNAIM a par exemple déclaré que ces propositions présupposent un « raisonnement pervers et humiliant pour les professionnels ».

La situation est donc quelque peu tendue et on se demande comment le gouvernement se sortira de ce nouveau guêpier (un de plus).

En effet, si ces professionnels sont discrets, ils ne sont en revanche pas dépourvus de moyens de défense, tenant les clefs d’un secteur primordial de l’économie. Le gouvernement, si prompt à les déconsidérer, a grand besoin de leur collaboration. C’est ainsi que la grève du zèle dans la transmission des données qu’ils avaient entamée au moment des discussions relatives à l’encadrement de leurs honoraires avait fortement retardé la mise en place des observatoires de loyers et donc empêché la mise en œuvre du plafonnement des loyers.

Notons au passage l’attitude particulièrement paradoxale du gouvernement qui prétend ici œuvrer officiellement pour diminuer le coût de l’immobilier dans le budget des ménages, et qui, en pratique, n’a pas de scrupule à grever leur budget de ces nouvelles charges de manière indirecte. En effet, tout nouvel impôt et  toute nouvelle taxe que ces professionnels devront supporter seront automatiquement répercutés sur les clients (via les honoraires, typiquement) ; après tout, les taxes sur le lait n’ont jamais été payées par les vaches, mais bien par les buveurs.

Enfin, une attention particulière devra être portée sur l’assiette, les modalités de collecte et la redistribution de la taxe nouvellement créée ; on l’a vu, le budget de fonctionnement de la Commission de contrôle est évalué entre un demi et un million d’euros. La précision diabolique de ces deux chiffres (du simple au double) n’est pas anodine. Comme il y a plus de 36.000 agences immobilières en France, et au moins autant de cartes immobilières valides, on peut raisonnablement se douter que la taxe collectée sera bien supérieure aux besoins de fonctionnement de cette Commission.

Quelle sera alors l’affectation du surplus des fonds collectés ? Comment ne pas voir ici l’occasion d’une nouvelle gabegie ?

Source : http://h16free.com/2016/06/09/53742-une-nouvelle-taxe-immobiliere


Euro 2016 : l’optimisation fiscale à portée de l’UEFA

mercredi 8 juin 2016 à 09:00

Le mois de juin s’est bien installé, et avec lui, c’est tout un pays qui va parler, penser, vibrer, bassiner football grâce à un Euro 2016 qu’on pressent déjà historique… ne serait-ce que par son coût.

Bon, certes, on pouvait s’y attendre. Tout comme des jeux olympiques ou une coupe du monde de foot, ce genre d’événements à la fois populaires et internationaux impose naturellement de grandes dépenses de la part d’un peu tout le monde. Si, du côté des sportifs qui devront justifier leurs émoluments, ces dépenses seront, on l’espère, sous forme d’énergie visible pendant les matchs, en revanche, tout le reste de la chaîne, du producteur télévisuel de frappes nerveuses jusqu’au consommateur de ballons rebondissants fera, à un moment ou un autre, une dépense bel et bien financière pour cet événement.

Les annonceurs et les publicitaires se bousculent et alignent les millions. Les fans profitent de l’occasion pour renouveler leur équipement visuel, ou organisent leurs prochains déplacements dans le pays à la faveur de l’un ou l’autre matchs qu’ils veulent absolument vivre dans les stades. Bref, on peut tabler sur des dépenses frénétiques pendant un mois. Enfin, disons qu’une partie des politiciens et du gouvernement espère ardemment cette dépense frénétique, la croissance française se jouant maintenant sur tous ces aléas journaliers plus ou moins importants.

Mais pendant que nos élus misent beaucoup (probablement trop) sur cette kermesse bruyante, la seule donnée certaine qu’on commence déjà à esquisser à traits de plus en plus fins est celle du coût, faramineux, que tout ceci va inévitablement entraîner…

françois hollande fait du foot

Eh oui : ne serait-ce qu’en se rappelant que la France est, encore et toujours, en état d’urgence, et qu’elle a récemment subi des attentats terroristes particulièrement meurtriers, on comprend qu’il va falloir pour les forces de l’ordre sécuriser un certain nombre de zones « festives, citoyennes, footballistiques » et surtout très tentantes pour des terroristes plus ou moins affûtés.

C’est ainsi que les retransmissions sur écran géant, au milieu du Champ de Mars à Paris, imposent des contraintes fortes (si ce n’est insurmontables) en terme de sécurité, dont on imagine sans mal qu’elle ne sera pas gratuite : avec 3000 policiers mis en renforts aux 10.000 déjà déployés pour ces événements, il faut s’attendre à une facture salée.

Je pense inutile de re-préciser que nous sommes toujours en état d’urgence, mais bon, rappelons quand même que ces 13.000 pious-pious mobilisés dans ce cadre ne seront donc pas disponibles ailleurs. On peut certes se réjouir de la baisse de fréquentation des autoroutes et autres lignes droites par notre aimable maréchaussée à lunettes laser, mais on reste néanmoins perplexe sur la fraîcheur des hommes ainsi mobilisés depuis plus de six mois, voguant de nuits debout en manifestations qui dégénèrent en monde meilleur et autres aventures alter-fracassantes…

Parallèlement à cette sécurité, il y a bien sûr le coût des infrastructures, aussi bien celles qu’il a fallu rénover ou rafraîchir que celles qu’il a fallu construire. L’actuelle polémique concernant le nouveau stade de Bordeaux, déclenchée par des élus socialistes à la mairie de la ville, peut bien sûr être classée dans l’une de ces innombrables manœuvres politico-politiciennes qui animent notre actualité, mais permettent aussi de rappeler à tout le monde le caractère particulièrement opaque du financement de ce stade dans un énième Partenariat Public Privé, montage traditionnel des meilleures applications du capitalisme de connivence qui tache et dérape.

Mais en matière de coûts finaux, le plus beau reste les superbes exonérations d’impôts dont bénéficient les sociétés organisatrices du tournoi. En plus d’une TVA réduite sur les billets, le gouvernement a exonéré de tout impôt les différentes entités chargées d’organiser l’Euro 2016, qui ne paieront donc aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés. Aucune fiscalité française ne sera prélevée sur l’UEFA et ses filiales françaises.

Cette information, assez peu relayée dans les médias (en tout cas, pas à l’heure où ces lignes sont écrites), est particulièrement croustillante lorsqu’on se rappelle les hauts cris et les hurlements d’agonie que poussent les médias lorsque l’une ou l’autre entreprise internationale est attrapée les doigts dans le pot d’optimisation fiscale. Que n’entend-on, actuellement, un déferlement de demandes d’explications sur l’abominable « mankagagner » que représentent ces exonérations ?

Rassurez-vous, même si, à l’évidence, quelques dizaines (centaines ?) de millions d’euros ne seront pas abondés aux comptes publics grâce aux promesses (cette fois-ci tenues) de nos politiciens, il est assez peu probable que les habituelles hyènes de la fiscalité soient lâchées sur les dirigeants de l’UEFA.

Maintenant, en tant que libéral, je tiens à préciser qu’il ne s’agit bien évidemment pas ici de crier à mon tour sur cette vilaine exonération.

CorporatismeEncore qu’en toute logique, ce n’est peut-être pas au moment où la France s’enfonce dans les déficits et les dettes qu’il faut distribuer des cadeaux (petit clin d’œil au président François qui a bien fait semblant de comprendre le message et autre clin d’œil au candidat François qui, lui, s’en fout). Et puis bon, l’aspect démocratique de cette ristourne laisse très clairement à désirer puisqu’elle n’avait été accordée que pour mieux s’assurer que la candidature de la France serait retenue par les organisateurs. Le peuple avait été jugé inutile dans la prise de décision. Bref : on se situe encore une fois en plein « capitalisme de connivence » qui permet de déterminer les bons petits soldats de l’État (qui payent moins ou pas de taxes) et les autres, la plèbe, qui devra, elle, compenser effectivement le mankagagner. Si certains doutaient encore de la moralité de l’impôt et de son inégalité, voilà qui prouve au-delà de tout soupçon l’aspect purement « fait du roi » de l’opération.

Mais bon, ce n’est pas inégalitaire puisque c’est du foot et qu’une poignée d’élus, sentant l’opération populaire facile, en ont décidé ainsi.

Non, en réalité, ici, il s’agit surtout de pointer du doigt le magnifique « Deux Poids, Deux Mesures » de notre gouvernement.

En effet, pour les tenants de l’événement, pour ces élus qui ont accepté et embrassé cette magnifique optimisation fiscale taillée sur mesure pour l’UEFA, ces largesses républicaines inégalitaires mais populistes se justifient amplement parce que l’opération devrait rapporter 1,2 milliard d’euros.

Et là, même en imaginant que le calcul effectué soit correct (ce qui serait une première dans l’histoire des prévisions économiques flatteuses réalisées par l’État pour lui-même, hein) on ne peut que s’interroger : si cette absence d’impôts permet, tout compte fait, de rapporter un sacré paquet de thunes (1,2 milliard d’euros, mes petits amis, qu’on vous dit) à l’État et aux Français, pourquoi, mais pourquoi diable n’applique-t-on pas le même raisonnement pour le reste des commerces, le reste des occasions festives et les 335 jours restants de l’année ?

Bien sûr, la raison est simple : si on devait diminuer, subitement, les impôts et taxes dans les proportions accordées à l’UEFA, le pays, certes, s’en retrouverait instantanément soulagé, l’activité économique décollerait assez probablement, mais les élus, eux, se retrouveraient du jour au lendemain avec un budget rikiki, et, conséquemment, un pouvoir minuscule.

Ne pas pouvoir claquer, richement, l’argent public des autres, sérieusement, vous n’y pensez pas ?!

Source : http://h16free.com/2016/06/08/53730-euro-2016-loptimisation-fiscale-a-portee-de-luefa


La reprise ? Désolé, c’est fini.

mardi 7 juin 2016 à 09:00

Et patatras, c’est la catastrophe ! Tout était pourtant si bien engagé : pour le président François, après quatre années de vaches de plus en plus maigres, la croissance allait revenir, le chômage fondre, les bonnes nouvelles s’accumuler et la reprise revenir, vigoureuse comme une montée de sève printanière. Manque de bol, tout calcul fait, la reprise n’est plus.

La nouvelle est tombée, glaçante, sur tous les télex de la République du Bisounoursland où, pourtant, tout avait déjà été calé en prévision des réjouissances qui s’annonçaient nombreuses alors qu’enfin, le chômage était vaincu, la croissance revenait et les rivières de miel et de lait s’apprêtaient à couler en jets continus sur tout le pays : malgré les immenses efforts déployés par l’extraordinaire équipe de saltimbanques de la troupe Vallshollande, la joie n’est plus au programme pour les mois qui viennent et les rires cristallins des enfants heureux qui jouaient gentiment dans les couloirs de l’Elysée ont été douchés par les déclarations tristounettes de la Banque de France elle-même : la reprise, c’est fini.

Vendredi dernier, dans un communiqué laconique, la Banque de France a en effet indiqué que le PIB du pays devrait progresser de 1,4%… Ce qui est moins que les prévisions de Bercy (qui envisageait un 1,5% bien ronflant). Et même si la Banque prend des précautions en notant des aléas autour de ses prévisions, elle semble renoncer à envisager une accélération de fin d’année.

Bien sûr, au premier trimestre, le PIB a progressé de 0,6% selon l’Insee ce qui permet d’établir la croissance annuelle au moins à 1,1%. Bien sûr, selon les petits calculs de l’INSEE, la confiance des ménages et des chefs d’entreprises est en hausse, la consommation est solide et l’investissement repart. Bien sûr, les taux de crédit sont rikiki (grâce au sprinkler à pognon à la politique monétaire accommodante de la BCE). Bien sûr, l’euro se tient bien face au dollar (même si le prix du baril montre des petits signes de nervosité). Youpi, donc.

Mais non : la Banque de France semble renâcler à l’idée qu’enfin, le pays serait sorti de l’ornière dans laquelle le méchant (très méchant) Sarkozy l’avait plongé, et de laquelle le valeureux (si valeureux) Hollande l’a sorti. Il faut dire que l’établissement a un peu de quoi s’inquiéter : l’Euro 2016 ne garantit guère qu’une croissance marginale (voire nulle), les cours du pétrole peuvent continuer à grimper, les taux peuvent remonter, le dollar aussi, l’eau de la Seine encore un peu plus, bref, tout n’est pas encore bien calé.

Et puis, il y a aussi quelques signes extérieurs, entêtants et qui montrent que tout ne semble pas aller aussi bien que cela pourrait.

Il y a par exemple la petite musique qui vient de la grosse Commission, à Bruxelles… Peut-être les maladresses (volontaires ?) de Juncker ont-elles forcé Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, à admonester la Commission et, à travers elle, la France, pour la décontraction avec laquelle le pays n’arrête pas de jouer du trampoline sur les critères de Maastricht ? Il faut dire que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, avait expliqué sans rire ne cesser de donner des dérogations à la France en matière budgétaire « parce que c’est la France et qu’on ne peut pas appliquer le pacte de stabilité de façon aveugle », n’est-ce pas, ce qui provoque (et on le comprend) une franche irritation des pays moins arrogants et plus respectueux du pacte en question.

Or, si la Commission devait effectivement sanctionner la France pour sa conduite budgétaire, nul doute que les perspectives riantes et chantantes dressées par Bercy en prendraient un coup.

Il y a aussi l’autre petite musique qui vient de la Bundesbank, la banque centrale allemande, et qui revoit ses propres prévisions de croissance à la baisse… Or, si la locomotive de l’Europe marque le pas (oh, pas de beaucoup, mais tout de même), comment continuer à croire sans hésiter à une croissance revenue et vigoureuse pour la France, régulièrement caractérisée par ses retards à l’allumage et la mollesse de ses reprises ?

cgt - si je n'étais pas là

Il y a enfin, sur le plan intérieur, la récente accumulation des petites tensions sociales ici et là. Si l’humidité du mois de mai a certainement permis de calmer les ardeurs boboïdes des valeureux dormeurs debout, les autres manifestations de mécontentement, les arrêts de travail d’une certaine catégorie de syndiqués et les « pannes » technico-sociales d’une certaine catégorie de matériel roulant ou électrifiant n’ont absolument pas aidé le pays à continuer sur sa belle lancée pleine de croissance, de reprise et de création d’emploi, ahem brmmmbref enfin vous comprenez.

Dans ce contexte, on comprend d’autant mieux les petits chouinements tristes de Michel Sapin, le factotum en charge de ce qui reste des finances du pays. Pour lui, à force de faire des grèves, des arrêts de travail, des journées d’actions syndicales pas très productives et des blocages de sites divers et variés, on va finir par « mettre des bâtons dans les roues de la reprise de l’économie ». Il faut bien reconnaître que, même s’il a une féroce habitude à débiter des âneries (comme par exemple continuer à prétendre que la France parviendra à tenir ses objectifs d’un déficit limité à 3% du PIB – quel gros bobard, d’ailleurs dénoncé par la Cour des comptes !), notre petit bonhomme n’a pas complètement tort en soulignant qu’à force de rien faire, de s’arrêter et de faire grève, la France pourrait bien marquer le pas.

tweet ayrault chômage

On regrettera malgré tout que le petit financier du gouvernement n’ait pas jugé bon de nous faire un rapide total du coût des promesses répétées du dorénavant-candidat Hollande. Apparemment, le montant s’établirait tout de même à 18 milliards d’euros.

Ça, plus tout le reste, on a bien du mal à voir où la croissance va venir se nicher, où les économies attendues se trouveront, comment les déficits diminueront et comment la « reprise » arrivera.

forcément ça va bien se passer - vague

Source : http://h16free.com/2016/06/07/53692-la-reprise-desole-cest-fini


Ce sentiment persistant d’insécurité

lundi 6 juin 2016 à 09:00

La France peut bien subir des grèves, des blocages, des inondations, elle reste toujours la France avec son art culinaire, ses paysages colorés et ses traditions parmi lesquelles figure apparemment le détroussement des voyageurs sur les routes du pays, et pas seulement par la maréchaussée dûment accréditée pour ça…

C’est ainsi qu’on apprend, de façon tout d’abord fort discrète dans un petit article du Parisien, qu’un sentiment fortuit d’insécurité se serait matérialisé assez brutalement chez une petite troupe d’itinérants festifs et joyeux dans notre beau pays. Il se serait même cristallisé lorsqu’un sac à main se serait fait dérober d’une Mercedes en voyage à la sortie de l’autoroute A86, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en direction de Saint-Denis.

Bon, manque de bol pour les autorités, la diplomatie française et (on va le voir) la presse nationale française, le sac à main était celui de la Princesse Astrid de Belgique, la Mercedes celle de sa famille royale et la petite troupe, la délégation de véhicules officiels. Dommage pour Le Parisien qui n’a pas cru bon de terminer en louant notre Sécurité Routière qui place des radars et des flics par douzaines sur les routes de France mais n’étend pas le concept de sécurité jusqu’à celui des portières, des vitres et des sacs-à-main sur le siège avant. Plutôt, il choisit de conclure avec une sobriété de chameau que l’enquête a été confiée à la Sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis, voilà voilà, et passons vite fait à la météo, hein, après tout, l’eau monte et Paris-Plage semble avoir pris de l’avance, tagada tsoin tsoin.

paris plage plouf

Pour situer un peu dans le temps, tout ceci a eu lieu le 3 juin. La moiteur du mois justifie sans doute que le reste de la presse, écrasée par les températures affolantes et la sécheresse qui règne actuellement, n’ait pas vu l’entrefilet et n’ait donc pas trouvé le temps de relayer l’information. Mais bon, tout de même : on ne parle pas de Jean et Josette Dubidon dans leur 406, qui ont subi la même avanie et dont, objectivement, toute la police (y compris la maintenant célèbre Sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis) se fout éperdument nonobstant le dépôt de plainte et les petits papiers que la famille Dubidon aura remplis.

Mais bon, il y a par exemple 50 ans de cela, les circonstances auraient été différentes et on peut parier que la mésaventure de la Princesse et de son mari l’archiduc Lorenz auraient au moins fait l’objet d’un article dans la presse nationale. Après tout, à cette époque, ce n’était pas tous les jours que la France recevait des hôtes de marque et qu’ils se faisait dérober leurs affaires de façon aussi vile. Et même récemment, lorsqu’un prince saoudien se fait tirer une montre de luxe, la presse relaie sans même hésiter à rappeler que ce n’est pas le premier cas d’espèce.

journalism - demorand keep fakingMais ici, rien. La modestie de la somme dans le sac de la Princesse (seulement 2000€, les enfants, un peu plus d’un SMIC, que peut-on faire avec ça de nos jours, sérieusement ?), la provenance des victimes (on ne parle pas de l’Arabie Saoudite, ici, mais de la Belgique, hein, un pays limitrophe et ami qui n’a pas assez de pétrole et beaucoup trop d’expatriés fiscaux, n’est-ce pas), et le mode d’exaction (un vol à la portière, mes pauvres amis, l’enfance de l’art et donc probablement un jeune en mal de sensations fortes, tout au plus, pas un gang de dangereux criminels), bref, tout concourt donc à ce que la presse française passe un blanc pudique sur l’événement.

Il faut attendre le 4 juin pour que ce soit RT (le vigoureux organe de Putine – je parle toujours médias, ici) qui en parle. Belle reprise de volée de la part de nos amis russes, mais malheureusement, il n’y a guère besoin de les forcer à nous faire voir la réalité déplorable du pays puisqu’ils ne font que reprendre des informations malheureusement exactes et surtout, toujours pas présentes dans la presse française nationale qui continue, le 4 juin, à s’en foutre complètement (l’eau continue de monter, les amis, et Roland Garros prend la tournure d’une vaste blague humide).

Magie des réseaux sociaux, c’est à partir de cette source que l’information commencera à tourner un peu, de pages Facebook en Twitters divers, pour arriver, finalement, le 5 juin, après 48 heures de pérégrinations dans les tuyaux d’internet, dans les petites feuilles de la presse nationale. Enfin, « presse nationale »… Closer et des tabloïdes « People » dont on finira par croire qu’ils en font plus et mieux en matière de journalisme que les médias officiels (du reste, c’était bien Closer qui avait lâché le morceau sur la maîtresse élyséenne). Voilà qui permet d’établir une échelle de valeur du journalisme français, qui n’est décidément pas à l’avantage de la presse nationale sur-subventionnée.

astrid - vol à la portière - google news

Le 5.06.16, vers 12:00, GoogleNews est formel : toujours rien dans la presse nationale. Ça va mieux.

En définitive, on ne peut qu’admirer cette belle performance : une Princesse se fait brigander par des malandrins non assermentés sur une route de France, ce qui intéresse vaguement la presse people et ses petits potins, mais pas plus. Peut-être la Princesse aurait-elle dû se faire violer ou tuer pour qu’enfin, Libération, Le Figaro, Le Monde et les journaux télés finissent par rendre compte d’un fait certes divers, mais impliquant une personnalité étrangère en déplacement sur notre territoire, et indiquant pourtant clairement comme un petit délitement inquiétant de la sécurité dans le pays.

Délitement qui, au passage, n’est pas ressenti seulement par les Princesses en Mercedes (ou Jean et Josette Dubidon en 406) mais aussi par certains de nos élus qui n’hésitent pas à se faire payer une arme et le porte-flingue qui l’accompagne par les fonds publics. Si la plèbe doit être impuissante, les élus, eux, doivent prudemment s’armer. Au cas où.

Mais voilà, princesse Astrid, pas de bol : comme le dit d’emblée l’article du Parisien, « Le scénario était des plus banals », votre aventure, chère Altesse, est d’une banalité affligeante et ne déclenche donc qu’un vague bâillement auprès des médias (et probablement autant auprès de la maintenant indispensable Sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis). Comme la presse nationale s’en fiche, votre sentiment d’insécurité (routière ?) perdurera.

Une bonne nouvelle cependant : en matière de sentiments, celui d’insécurité en premier, il est maintenant probable que la Princesse belge partage plus avec le peuple français que son élite politique et sa classe jacassante.

C’est tout à fait rassurant.

Source : http://h16free.com/2016/06/06/53694-ce-sentiment-persistant-dinsecurite


Nucléaire : small is beautiful

dimanche 5 juin 2016 à 11:00

Et pour continuer dans la série des évolutions tranquilles qui sont, en fait, des révolutions silencieuses, je voudrais partager avec vous une information passée relativement inaperçue en milieu de mois dernier mais dont les implications sont suffisamment importantes pour y dédier un petit billet, d’autant que cela concerne l’énergie nucléaire.

L’énergie nucléaire est évidemment une question à la fois large et si chargée émotionnellement qu’il est souvent difficile de ne pas immédiatement partir dans un débat surpassionné où, rapidement, les intervenants s’échangent des noms d’oiseaux mutants. De mon côté, j’ai bien sûr déjà évoqué la question sous plusieurs angles, en notant plusieurs choses que les passions du moment éclipsent trop souvent.

Clean EnergyTout d’abord, l’énergie nucléaire ne manquera pas. N’en déplaise aux indécrottables malthusiens qui oublient trop souvent de faire de l’économie pour se contenter de physique et de psychologie rudimentaires, non, les ressources essentielles à l’énergie nucléaire ne manqueront pas. D’une part, l’uranium est assez abondant, et d’autre part, d’autres matériaux fertiles existent, à commencer par le thorium.

Ensuite et malgré les cris d’orfraies répétés, exagérés et hystériques des écologistes plus ou moins incohérents, l’énergie nucléaire est certainement bien plus sûre et bien moins polluante que les autres énergies. Outre le ratio du nombre de morts par TWh le plus faible de toutes les énergies disponibles actuellement, la production de déchets nucléaire est nettement mieux gérée que celle de tous les autres déchets industriels des exploitations des autres sources d’énergie, depuis le charbon jusqu’à l’hydro-électrique (et j’éviterais de m’appesantir sur l’éolien, fumisterie ultra-polluante).

Enfin, en termes industriels, l’énergie nucléaire est actuellement la seule qui soit économiquement viable et apte à répondre aux besoins gigantesques de toute l’humanité pour ce siècle et les suivants. Même si le pétrole ne manque pas (et loin s’en faut, même en tenant compte des blocages de la CGT et des âneries collectivistes de Maduro), les besoins énergétiques de l’humanité ne cesseront d’augmenter dans les prochaines décennies : à mesure que l’Asie et l’Afrique sortent de la pauvreté, une classe moyenne toujours plus nombreuse et qui se compte en centaines de millions d’individus ne pourra atteindre le confort possible actuellement qu’à la faveur d’un déploiement continu et massif de cette énergie.

Cette évolution démographique et sociale n’est pas un pari ou un vague sentiment, c’est, pour ainsi dire, une évolution inéluctable de la société humaine. La mauvaise nouvelle, c’est que l’accession de ces millions d’individus à un niveau de richesse moderne ne se fera pas sans faire grincer des dents quelques « intellectuels » médiatiques, leaders politiques et autres riches occidentaux qui multiplieront les arguments périphériques voire fallacieux, depuis l’écologie jusqu’à la surpopulation en passant par un racisme presque ouvert, pour les en empêcher. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe maintenant des solutions effectives pour répondre à ces nouveaux besoins gigantesques, tout en tenant compte des contraintes économiques, écologiques et géostratégiques (le nucléaire étant, en ce dernier domaine, tout particulièrement riche d’émotions paniquées).

C’est dans ce contexte qu’on apprend que la Tennessee Valley Authority (TVA), l’autorité gouvernementale en charge notamment de la production d’électricité dans plusieurs États américains de la vallée du Tennessee, a récemment demandé un permis de développer un réacteur nucléaire de petite taille à la USNRC (la Commission de régulation nucléaire américaine). Le but de cette demande est de passer en revue la sécurité, les prérequis en matière environnementale et de réponse d’urgence pour la construction potentielle d’un réacteur nucléaire de prochaine génération, sur le site de Clinch River, près d’Oak Ridge. Au passage, la proximité d’Oak Ridge ne doit rien au hasard puisque s’y trouve les Laboratoires nationaux d’Oak Ridge et qu’y avait été testé, plusieurs années durant, le principe d’un réacteur nucléaire à base de sels fondus de thorium.

Small Modular Reactors Plant

Cette demande de permis n’est pas une petite affaire puisqu’elle marque probablement un tournant dans la production industrielle effective de réacteurs nucléaires de petite taille. Ces derniers représentent en effet une vraie opportunité économique puisqu’au contraire d’une centrale nucléaire classique qui s’inscrit sur des cycles économiques très longs (on parle facilement de 40 à 50 ans), l’investissement initial est bien plus modeste et permet un retour en quelques années (8 à 10 typiquement). Or, les centrales actuelles, basées sur des réacteurs de taille importante, entraînent des coût qui deviennent immédiatement prohibitifs si on doit réduire l’horizon d’investissement autour de 10 ans.

En revanche, les réacteurs envisagés dans cette opération sont immédiatement construits avec un souci de modularité, afin de produire des petites unités très faciles à produire à la chaîne ce qui permet d’abaisser énormément le coût de chaque unité. En effet, dans les constructions de centrales actuelles, ce qui revient très cher est la sécurité qui est, à chaque fois, taillée sur mesure.

En outre, il est aussi envisagé d’utiliser des procédés de générations plus souples, depuis le Thorium, technologie ancienne et finalement bien maîtrisé, jusqu’au plus innovants réacteurs à onde progressive, encore au stade expérimental. De plus, ces nouveaux réacteurs sont construits en tenant compte des contraintes actuelles du marché dans lequel la production électrique peut grandement varier et doit s’adapter à des prix de marché très fluctuants : l’arrivée des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque) dans les sources d’électricité sur les réseaux provoque des variations importantes dans les flux disponibles, et pouvoir disposer de réacteurs qu’on peut démarrer ou éteindre à volonté ou presque est devenu un enjeu économique notoire. L’organisation modulaire proposée permet justement de tenir compte de cette nouvelle donne.

S’il est bien difficile d’affirmer que l’avenir appartient à ce genre de petits réacteurs nucléaires modulaires, sur le papier ils semblent bien répondre aux différents défis de ce siècle. A l’opposée de cette initiative qui fleure décidément bon le « small is beautifull », on constatera en tout cas que l’architecture massive des centrales nucléaires modernes pose de sérieux problèmes en terme de réalisation (EDF et Areva en savent quelque chose).

Au passage, on ne pourra alors s’empêcher de dresser un parallèle intéressant entre ces deux cas d’écoles (les petits réacteurs à fission contre les grosses centrales sur fonds publics) et les progrès réalisés sur le front de la fusion, où d’un côté, le chemin que prend ITER, monstre architectural et étatique lancé à coup de milliards d’euros, laisse présager d’une fin aussi coûteuse que médiocre, et de l’autre, certains projets plus confidentiels comme celui de Lockheed Martin continuent de proposer des alternatives de plus en plus crédibles, pour une petite fraction du prix d’ITER…

duflot aime le nucléaire

Source : http://h16free.com/2016/06/05/53587-nucleaire-small-is-beautiful