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Et maintenant, régulons les algorithmes !

mardi 20 décembre 2016 à 09:00

Quand l’actuelle secrétaire d’État en charge des bidules électroniques qui font pouic et touit, Axelle Lemaire, ne fait pas de rhétorique savante pour distinguer amalgame de discrimination, elle se penche onctueusement sur les petits bidules électroniques que sa charge lui impose pour en découvrir les tenants et les aboutissants et, immédiatement ensuite, proposer de les réguler.

Que voulez-vous, c’est plus fort qu’elle et c’est plus fort que tous les politiciens, notamment socialoïdes : dès que ça bouge et que ça fait des choses, pouf, il faut absolument le réguler, puis le taxer, jusqu’à ce que mort s’en suive (après quoi, la compulsion de ces mêmes politiciens les oblige à subventionner ce qui vient de claboter).

Et cette fois-ci, l’attention se porte sur les Zalgoritmz pardon « les Algorithmes ». Mot à la fois compliqué et porteur d’un sens quasi mystique dans l’esprit du péquin moyen, signifiant à moitié « truc machin de l’informatique » et à moitié « formule magique permettant d’obtenir un résultat ». Or, Axelle, qui a probablement elle aussi une idée fort confuse de ce que ces bestiaux-là peuvent être, a bien compris qu’il y avait urgence à légiférer : pensez-donc, depuis toutes ces années, « les Algorithmes » s’ébattent et se reproduisent un peu partout, en toute liberté, sans qu’il soit imposé le moindre puçage, la moindre vaccination ni le moindre contrôle.

Il faut faire quelque chose, vite !

Cependant, avant d’aller plus loin, essayons d’y comprendre un peu quelque chose : pour faire simple, « les Algorithmes », ce sont donc ces procédés logiques, suites d’instructions permettant d’aboutir à un résultat concret pour, par exemple, déterminer la répartition des lycéens dans les facs après leur bac, les prises en charge et le prix d’une course Uber, les suggestions Facebook, Amazon ou Netflix, etc…

Ceci décrit, le besoin d’une régulation saute au yeux : qui n’a pas été, au moins une fois, choqué par le fait qu’Amazon continue de recommander Christophe Maé dans la musique à acheter, causant d’irrémédiables troubles psychologiques dans toute une génération d’adulescents qu’on trouvera ensuite, pleurnichant sur le bord d’une plage, à se demander comment sauver les manchots de l’Arctique et les ours du Kenya ?

Plus proche des gens normalement constitués, les algorithmes sont donc ces recettes de cuisine particulièrement complexes qui permettent à Google de trier les recherches et placer plutôt un site qu’un autre en haut de la page (et, par exemple complètement fortuit, plutôt un site anti-IVG que le site officiel du gouvernement, raaah, le méchant). Ce sont aussi ces algorithmes qui permettent aux utilisateurs de Facebook de ne voir majoritairement que les articles et réactions d’autres utilisateurs globalement d’accord avec eux (et qui favorisent donc la création de vilaines « bulles » numériques où chacun est protégé de la propagdes informations officielles vérifiées). Ce sont ces mêmes algorithmes qui autorisent bien plus souvent qu’à leur tour la diffusion d’affreuses rumeurs et autres intox, montrant l’une ou l’autre vérité alternative absolument pas sanctionnée par les pouvoirs en place, qui sèment le doute, la confusion et imposent finalement à tous d’utiliser son esprit critique que la diffusion des informations par les canaux officiels avait pourtant réussi à nettement amoindrir.

Et là, vu comme ça, « régulons les algorithmes », l’interjection d’Axelle Lemaire (ou à peu près) ne ressemble plus tant à « Recompilons le kernel » ou « Regénérons les tables de hash » qui semblent si ésotériques : on comprend tout de suite pourquoi le gouvernement (et l’État plus généralement) ont subitement découvert le besoin pressant de bien contrôler tout ça !

S’en suivent alors cinq recommandations qu’on pourra lire, éberlué, sur le rapport pondu pour l’occasion (page 6). Entre la création de cellule de contrôle, de plateforme collaborative et un programme de formation « à l’attention des agents opérant un service public utilisant un algorithme », auxquelles sont adjointes les recommandations de développer des réflexions et de la communication sur ces algorithmes, tout semble réuni pour le brouet habituel de fadaises consternantes qui n’aboutiront, Dieu merci, à rien du tout de concret et permettront à la France d’éviter une fois encore le ridicule le plus achevé.

Malheureusement, Axelle Lemaire semble vouloir s’y vautrer : la première recommandation vise en effet à tenter de percer la façon dont Google, Facebook ou Amazon construisent leurs réponses, en créant une communauté de chercheurs et d’experts pour tester et deviner « les algorithmes ». C’est, bien évidemment, parfaitement grotesque.

La réalité est, d’une part, que cette communauté existe déjà : tout ce que le monde comprend de commerçants, de publicitaires, d’ingénieurs et de « Géo Trouvetout » cherchent déjà, avidement, à percer la façon dont sont positionnés les choix de ces géants du Net, ne serait-ce que pour en tirer un profit évident. On peine à percevoir comment une fine équipe payée par l’État pourrait faire mieux (mais on voit bien combien elle va nous coûter pour des résultats anecdotiques voire comiques).

D’autre part, ces algorithmes sont, par définition, le savoir-faire le plus précieux de ces entreprises. Il est assez peu probable qu’elles choisissent de les exposer, ou de les rendre suffisamment simple à percer pour que les gouvernements puissent y mettre les doigts, ou, pire encore, que des concurrents s’en emparent et fassent mieux.

Enfin, et c’est de loin l’argument le plus évident et le plus important, à mesure que les technologies progressent, ces algorithmes sont de moins en moins le fait de la main de l’homme, mais bien des productions de l’intelligence artificielle dont ces sociétés s’équipent goulûment. Il faut être dans les gros fauteuils mous de l’État, occuper la confortable place d’un secrétaire d’État ou d’un ministre dans un gouvernement quelconque pour imaginer que « les algorithmes » sont entièrement compris par leurs créateurs, qu’ils sont totalement déterministes et qu’ils peuvent être expliqués.

En pratique, depuis un bon moment, les ingénieurs de Google – par exemple – ne comprennent plus complètement la façon dont le moteur de recherche établit ses résultats, de la même façon qu’on ne comprend pas vraiment comment fonctionne le cerveau humain, sans pour autant s’empêcher d’en reproduire les grandes fonctions et de parvenir à des résultats de plus en plus stupéfiants de réalisme.

Lemaire, comme d’autres avant elle et (très malheureusement) d’autres qui lui succèderont, tente ici d’apprivoiser, de réguler quelque chose qui lui est étranger parce qu’elle ne comprend pas ce dont il s’agit, et, pire encore, quelque chose d’étranger parce qu’il dépasse de loin ce qu’un humain ou un groupe d’humain est capable de gérer en terme de complexité.

C’est donc parfaitement voué à l’échec.

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Source : http://h16free.com/2016/12/20/56772-et-maintenant-regulons-les-algorithmes


Femmes refoulées ici ou là : discrimination et amalgame

lundi 19 décembre 2016 à 09:00

Et c’est encore un nouveau drame qui frappe l’Humanité et qui touche les Français, notamment les élu(e)s dans leur chair : on continue de refouler des femmes de certains lieux.

Dissipons un malentendu tout de suite : je ne parle pas ici de la mésaventure de Cécile Duflot qui n’est pas parvenue à rejoindre la Syrie et a été refoulée à la frontière turque. D’une part, interdire l’accès de civils à un territoire en guerre n’est pas absurde, même si on peut regretter qu’une Duflot trottinant dans les riantes agglomérations syriennes aurait offert une cible de choix pour l’un ou l’autre sniper local. D’autre part, je veux plutôt parler ici des femmes refoulées de certains lieux privés. Or, rien n’indique vraiment que Cécile Duflot soit une femme.

Passons donc, et revenons sur le cas récent d’un reportage de France 2, diffusé le 7 décembre dernier, qui expose le cas enquiquinant de ces bars et de ces cafés, dans certains quartiers — que certains qualifient courageusement de « sensibles » — et dans lesquels les femmes ne sont définitivement pas les bienvenues. Dans ce reportage, l’équipe de journalistes a suivi deux militantes de La « Brigade des mères » dans une banlieue de la région parisienne, qui utilisent le procédé de caméra cachée pour montrer que, dans certains établissements, seuls les hommes peuvent entrer.

Sans surprise, le reportage a rapidement déclenché une salve de réflexions de tous les bords de l’échiquier politique. Il aurait été impossible cependant de ne pas noter que ce reportage a été mis en exergue avec son style inimitable par nul autre que Robert Ménard, le maire de Bézier dont tous les médias n’oublient pas de rappeler les accointances frontistes :

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Pour les politiciens du bon camp, celui du Bien, il s’agit avant tout de ne pas faire d’amalgame : Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, estime ainsi que c’est un problème de discrimination et pas de culture, de religion ou de laïcité.

Ah, ouf, on est tout de suite rassuré. S’il ne s’agit que de discrimination, tout va bien ! Pas la peine d’ameuter toutes les associations féministes, le CRAN et tout le TralalaLICRA, puisqu’il ne s’agit que de discrimination.

Cependant, tout le souci est de conserver un peu de cohérence à l’édifice féministe, vivrensemblophile et laïco-inclusif-mais pas trop que ce Camp du Bien s’emploie à bâtir à grand coup de truelle médiatique et de ciment législatif bien gluant.

Eh oui : il faudrait, pour bien faire, obtenir la même dose d’outrance, le même déferlement médiatique, la même colère juste et le même emportement des politiciens que lorsqu’il y a quelques mois, deux femmes voilées se faisaient jeter d’un restaurant et publiaient sur internet la vidéo de leur expulsion. Pour rappel, cela avait déclenché quelques navrants exercices de style journalistique, qu’on sera bien en peine de trouver pour la nouvelle occurrence présentée par France 2. Pour rappel toujours, Laurence Rossignol avait alors saisi son petit Twitter à pleine main et n’avait pas hésité à lui faire cracher un petit touite de derrière les ragots fagots :

Sapristi. On se demande bien (et très rhétoriquement) pourquoi une telle différence de traitement. Pourquoi diable notre brave Rossignol n’a pas pépié une nouvelle fois et fait appel à l’une ou l’autre association festive lucrative sans but pour aller claquer le museau de ces cafetiers misogynes ?

Deux femmes laïques vaudraient-elles moins que deux femmes pas laïques ? S’outrer pour les unes et pas les autres, voilà qui met, quelque peu, mal à l’aise, ne trouvez-vous pas ? Décidément, ce n’est pas simple de vivre en République du Bisounoursland !

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Qu’il est difficile, dans ce pays, de savoir s’il faut fustiger la discrimination et prendre le risque de glisser dans l’amalgame, ou s’il faut dénoncer l’islamophobie et frôler l’incohérence laïco-incompatible ! Qu’il est devenu complexe d’y comprendre quelque chose à cette doctrine d’un vivrensemble où on s’autorise à ne pas vivre tous ensemble dans certains quartiers, mais où, dans d’autres, c’est tout simplement un crime de lèse-République d’envisager de faire pareil…

On dirait bien que c’est du bon gros n’importe quoi produit par une belle bande d’hypocrites dont la colonne vertébrale idéologique a depuis bien longtemps été dissoute dans le politiquement correct le plus corrosif.

Parallèlement, rappelons que la position libérale est, a contrario, bien plus simple.

Ainsi, dans un lieu privé ouvert au public, on devrait pouvoir choisir qui on accepte ou pas, avec toute latitude. Ceci veut dire par exemple que le patron de restaurant n’aurait pas pu être blamé d’avoir refusé de servir les deux femmes voilées, pas plus que les cafetiers de Sevran ou de la région parisienne n’auraient été inquiétés de leur grasse misogynie.

Cette position implique aussi que le gouvernement n’aurait pas à intervenir (ce qui nous éviterait les consternantes saillies des uns et des autres politiciens médiocres, empêtrés dans leurs contradictions) et d’autre part, que chacun serait libre d’accepter ou refuser telle ou telle population à tel ou tel endroit sous sa propre responsabilité et toujours sans que l’État n’intervienne, puisqu’on parle ici de lieux privés. Si l’État devait intervenir dans ce cas là, ce serait précisément pour faire respecter les choix clairs des citoyens, dans ces lieux privés (ouverts ou non au public).

Évidemment, cela ruine ce vivrensemble qui n’existe pourtant qu’à force de contraintes. Que voulez-vous, les gens s’organisent naturellement en communautés (comme l’avait d’ailleurs assez bien modélisé Schelling dans les années 70) et il est assez compliqué, sans user de la force, de les en dissuader. Zut et rezut, le rêve constructiviste du Camp du Bien est – encore une fois – une chimère.

Et c’est logique : il n’existe pas de droit à la tolérance. C’est probablement triste, c’est certainement fâcheux, mais il est surtout nécessaire qu’une telle exigence de tolérance ne soit que morale : l’imposition de la tolérance n’est qu’une étape délétère dans le contrôle de la pensée. L’individu, aussi stupide soit-il, doit pouvoir discriminer, c’est-à-dire effectuer un choix, et souffrir toutes les conséquences de ce choix. Et dans ce cas, le jugement moral de la part du reste de la société, un commerce boycotté ou la mauvaise publicité font alors partie des risques possibles et naturels.

L’État, en imposant une tolérance de façade, n’a fait qu’exacerber la rancœur de ceux qui ne peuvent plus exprimer leur choix. Et le gouvernement, les politiciens et les médias qui leur sont inféodés, avec leurs positions incohérentes et leur Deux Poids Deux Mesures permanents, n’ont fait qu’alimenter le discrédit sur cette valeur pourtant essentielle.

Une conclusion s’impose : en France, la tolérance est foutue.

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Source : http://h16free.com/2016/12/19/56684-femmes-refoulees-ici-ou-la-discrimination-et-amalgame


[Redite] Le méchant consumérisme de Noël

dimanche 18 décembre 2016 à 11:00

Billet paru initialement le 23.12.2011

Pour occuper votre dimanche, je vous propose de revenir sur un billet paru quelques années en arrière et qui s’inscrit très bien dans l’actualité du moment. Quelques années se sont écoulées depuis celui-ci, ce qui permet de faire un état des lieux. Les choses ont-elles vraiment évolué ? À vous de juger.


À l’approche des fêtes, le Français se réveille et constate que la société dans laquelle il vit est un vaste cloaque de surconsommation méchante qui nous fait acheter des Sapins du Diable, des Guirlandes Kapitalistes et des Cadeaux Néolibéraux dont on n’a pas vraiment besoin pour survivre dans la toundra, mais on ne le sait pas tout occupé qu’on est à être de mauvaises personnes faibles et veules…

En général, le râlement anti-consommation s’établit rapidement autour de l’importance prise par l’argent (« En ces temps de fêtes, rappelons-nous mes biens chers frères athées et autres que le plus important c’est la famille les amis tout ça et pas l’argent » ), qui est partout ma bonne dame, sans plus de détails. Au passage, on se demande exactement quand et où ceux qui râlent ainsi ont vécu pour pouvoir se passer d’argent et ne jamais rien avoir à acheter (En URSS ? Allons. Même là-bas, l’argent était nécessaire.)

Mais la question mérite donc d’être posée : en quoi la société de consommation, en tout cas telle qu’elle est décriée au moment des fêtes, est-elle Le Mal ? En quoi le consumérisme est-il vraiment très très méchant ?

(Note : j'emploie par la suite le terme de consumérisme dans le sens associé à la société de consommation, idéologie où la consommation de biens revêt une importance capitale - ce n'est pas l’étymologie anglaise, mais je pense que vous comprenez de quoi on parle.)

Eh bien en posant la question autour de vous, vous aurez parfois des réponses, délicieusement teintées par la période des fêtes, et très vaguement à côté de la plaque, qu’on peut résumer aux grandes catégories suivantes…

Il y a, tout d’abord, la comparaison avec le passé.

Ainsi, par le passé, qui était mieux avant, on ne recevait qu’une orange à Noël et on était super content. On mettait de la paille dans ses sabots et les bebes mouraient en bas-âge, ce qui était quasiment le summum de l’extase sobre.

On ne déchargeait pas de musique gratuite sur youtube, on ne copiait pas de cassettes vidéos, on n’allait pas se renseigner gratuitement sur Wikipedia, ni trouver son chemin tout aussi gratuitement sur GoogleMaps, toutes ces choses étaient réservées aux riches et c’était autant de gagné pour la population qui se vautrait dans le bonheur vertueux de ne rien avoir d’autre que les engueulades en famille pour s’occuper.

Le passé, joyeusement ni nucléaire ni radioactif, devient alors un modèle, une référence qui permettait à la femme moderne de l’époque de faire tremper son linge douze heures avant de le laver à la main pendant quatre heures, en nettoyant les taches de vin rouge avec du vin blanc et en brossant pendant deux heures le vieux tapis tout moche de la maison au lieu d’aller à Ikea en acheter un nouveau tout beau, pour moitié moins cher.

C'est Noël !

Il y a ensuite la dénonciation du trop-plein d’inutile.

Que voulez-vous (ma brave dame), on achète à l’évidence plein de choses dont on n’a pas besoin : chaussons, tapis de douche, rideaux de douche, porte-manteaux et outils, slips bleus et iPods. Et tout ce qui n’est pas composé de bonne chaleur humaine citoyenne et festive, de tissu social et de relation humaine, c’est parfaitement inutile, tout le monde sait ça.

Dans ce chapitre, le choix et la quantité de yaourts en vente dans les rayons de supermarchés sont apparemment de bons candidats pour la dénonciation du consumérisme. Avoir le choix entre cinquante sortes de fromages est quelque part immoral, puisqu’un seul suffit. On pourrait arguer que cette offre est le résultat de la prospérité, mais un autre argument déboule alors avec ses gros sabots : c’est mal d’être prospère quand les pays du Sud sont pauvres et doivent se contenter d’un seul criquet grillé pour dessert (et encore, un petit qui a réduit à la cuisson à cause des hormones).

Corollaire: les super-pauvres, les vrais pauvres donc, ne se plaignent pas de devoir se torcher avec la main gauche sans papier (ni triple, ni double épaisseur : sans papier tout court – d’ailleurs Cazeneuve pourra le confirmer, un pauvre est toujours un sans-papier). Ils sont donc dans le pur, le vrai, la non-consommation salvatrice qui respecte les vraies valeurs du partage humain (attention, avec la main droite seulement, hein, pas de gaffe).

Conclusion: la misère est une vertu.

(Ça tombe bien, avec ce qui arrive sur le plan économique, je pense que les Français vont devenir super-vertueux, youpi.)

Les pauvres savent être heureux avec trois fois rien.

Eh oui. Prenez donc les gens qui vivent à Cuba. Ils n’ont rien et sont très heureux. N’est-ce-pas.

Ici, histoire de ne pas faire partir le repas de famille en essais balistiques avec la bûche de la grand-mère, je propose de garder pour vous l’idée même que l’apothéose logique en matière de bonheur, après la saillie « Cuba », s’est rencontrée au goulag ou à Dachau, où le dénuement était vraiment total ; ceci constituerait un affreux point Godwin et ce n’est pas le genre de la maison, hein.

Et puis en outre, comme vous ne connaissez rien des réalités vraies de Cuba (en bon capitaliste logique, vous n’y avez pas passé vos vacances pour y soutenir le régime castriste), vous ne ramènerez pas votre fraise. C’est tout. Et vous oublierez que les gens n’y ont apparemment pas la possibilité d’acquérir une voiture de moins de 60 ans ou de repeindre leur façade (chacun sait qu’il y a un blocus embargo américain sur les Twingos Diesel et la peinture-bâtiment — mais si, mais si). Du reste, s’il faisait moins cinquante à chaque hiver par là-bas comme dans le Wisconsin, le bonheur serait vraiment total. Au lieu de ça, ces cons se vautrent dans le luxe consumériste immoral du soleil et de la plage à touristes. J’ai bon ?

Le pire, c’est qu’on force les gens à consommer !

Les gens (généralement, les autres) — qui sont bien entendu des idiots — ont la fâcheuse tendance à s’endetter et à consommer au delà de leurs moyens. Le coupable est alors l’offre disponible dans les grandes surfaces qui leur tourne la tête et leur fait acheter tout et n’importe quoi. Paf, compulsion.

Certes, il existe bel et bien une consommation d’objets « de statut » : une grosse télé, une grosse voiture, un téléphone portable aussi petit que dernier cri, le tout acheté pour être normal et ne pas avoir l’air d’un pauvre, ou pour se faire plaisir quand on n’a pas vraiment les moyens. Et il est vrai que certaines personnes font ça, d’autant plus facilement qu’on distribue (distribuait, disons) du crédit facile.

Avec la crise, ce sera franchement moins vrai.

À la racine, cependant, il s’agit d’un problème d’irresponsabilité : en ayant consciencieusement rendu le consommateur lambda aussi irresponsable que possible de ses achats, de son budget, de ses revenus et de ses dépenses (habilement camouflées dans des petites lignes cryptiques d’une feuille de salaire fleuve), on a pavé la route à ce genre de comportements. Et il est finalement relativement cocasse de noter que les biens qui nous inondent sont produits dans des pays qui perdent progressivement leur statut communiste, pendant que l’irresponsabilité, produit parfaitement local, inonde rapidement nos pays qui perdent graduellement leurs derniers oripeaux du capitalisme.

Au final, après ce petit tour d’horizon des principaux arguments contre la méchante société de consommation (en période de fêtes de fin d’année), on ne peut que se réjouir : la vilaine prospérité est partie pour ne pas rester. Joie ! Exultancéxabération ! La récession sera notre sauveuse. Je veux dire sauveurE. Je veux dire, LE récession sera notre sauveure. (Voilà qui est mieux.)

Et le pire, dans tout ça, ce n’est même pas de consommer, mais c’est de montrer ostensiblement qu’on le fait, sans honte.

Voilà : le consumérisme en période de fêtes, c’est mal. Et l’ostentation, c’est l’übermal, c’est se la raconter avec un sapin de Noël décoré avec des loupiotes qui clignotent bêtement.

C’est vrai quoi zut à la fin : salaud de sapin qui affame les Chinois et fait réduire à fond les criquets lors de leur friture !

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Source : http://h16free.com/2016/12/18/56761-redite-le-mechant-consumerisme-de-noel


Au-delà de la propagande. Ou presque.

vendredi 16 décembre 2016 à 13:30

On ne chôme pas à l’Éducation Nationale Populaire Démocratique de France. La Propagande y est farouchement combattue et les élèves, notamment ceux de 3ème Prépa-Pro, sont habilement conscientisés comme en atteste cet extrait, fourni par un aimable lecteur que je remercie au passage, tiré d’un manuel de Français, Nouveau programme, de la collection Hachette Éducation, ISBN 978-2-01-399730-0, à la page 98.

Ça se passe en 2016, et c’est frais, c’est détendu et ce n’est pas, même de loin, un appel à la dictature. Tout va donc bien et on peut même taxer l’exercice de vivifiant en ce qu’il rappelle (en creux) à quel point le communisme fut un fourvoiement de l’esprit. On regrette juste que l’exercice porte sur l’amusante péripétie russe et pas, pour faire bonne mesure, sur le cocasse incident national-socialiste allemand, pour rire. Nul doute que nos élites n’auraient pas plus pipé mot.

Au delà de la propagande – cliquez pour agrandir

Source : http://h16free.com/2016/12/16/56751-au-dela-de-la-propagande-ou-presque


Found in translation

vendredi 16 décembre 2016 à 09:00

En février 2011, alors que la France, fraîche et innocente, croyait encore impossible de faire pire que Sarkozy et que le monde, groggy, se remettait à peine d’une crise carabinée, je découvrais une nouvelle application Google qui permettait de réaliser de la traduction à la volée, non plus textuellement mais oralement.

L’idée générale, maintenant relativement banalisée, était la suivante : un utilisateur enregistre les paroles d’une tierce personne, et les fait traduire par Google qui se charge ensuite de les faire prononcer dans le langage cible par le téléphone. En somme, Google avait ajouté une solide reconnaissance vocale (« speech-to-text ») à son outil de « Traduction Google », et terminait la manœuvre par une opération exactement inverse dans la lange cible, de synthèse vocale (« text-to-speech »).

L’intérêt de la manœuvre se situait dans l’automatisation de ces différentes étapes et dans l’utilisation du téléphone portable comme simple médium de prétraitement, avec, en tâche de fond, l’ensemble de la puissance du nuage informatique fournit par l’infrastructure Google. Petit-à-petit, avec cette amélioration, on arrivait à voir ce que la traduction à la volée, dans le cours d’un dialogue, pouvait produire comme richesse supplémentaire. En effet, en abaissant ainsi et même partiellement la barrière de la langue, ce genre d’applications informatiques permet d’améliorer notoirement les relations humaines ; n’importe qui peut alors acheter ou vendre dans un pays qui lui est étranger.

Oh, bien sûr, l’application d’alors ne permettait évidemment pas d’entrer dans les subtilités de chacune des deux langues concernées, mais pour les opérations de bases, celles qui permettent à des humains moyens de commercer, c’était amplement suffisant.

Quelques années ont passé, la technologie a évolué et d’autres idées ont éclos.

Pour les idées, voici que sont récemment apparues d’intéressantes petites oreillettes qui permettent de faire ce que le téléphone faisait précédemment ou, plus exactement, qui permettent d’affranchir la personne de toute manipulation avec son téléphone.

Encore une fois, il ne s’agit pas ici d’une révolution, mais bien d’un saut, petit mais sensible, dans l’amélioration technique d’un ensemble de fonctionnalités qui, auparavant, nécessitaient à la fois une solide puissance de calcul, généralement pas disponible de façon portable (on parle de centaines, voire de milliers de serveurs pour obtenir les résultats actuels), et une bonne capacité de d’analyse et de reproduction vocale. Dans ce cadre, la société Waverly, qui entend commercialiser ces oreillettes dans le courant de l’année 2017, propose sa propre version de traduction à la volée, dans cinq langages à son lancement.

On ne connaît pas encore la qualité de la traduction que ce procédé offrira, mais on peut cependant parier qu’il sera décent, tant les progrès en la matière sont sensibles. Du reste, il doit être possible de basculer sur les outils d’autres ténors du domaine.

Et dans ceux-là, difficile de passer à côté de Google qui, en parallèle de ces évolutions technologiques, nous propose une véritable révolution. Le mot de révolution n’est ici pas galvaudé puisqu’on apprend, dans un récent papier publié le 14 novembre dernier dans la revue arXiv de la Cornell Université que les chercheurs de Google, spécialisés en intelligence artificielle, on réalisé une première, à savoir la traduction d’un langage à un autre sans passer par une langue pivot, et sans que les corrélations sémantiques ou grammaticales entre ces deux langues ne lui aient été apprises.

Il faut bien comprendre toute la portée de la prouesse réalisée ici : jusqu’à présent, traduire une langue vers une autre supposait un certain nombre d’étapes relativement complexes pour une machine. Ces étapes comprenaient l’acquisition de lexiques, de dictionnaires, une description de la grammaire des deux langages. En outre, en utilisant de grands corpus de documents traduits dans de multiples langues (exemples typiques : les documents produits par la Commission Européenne, produits en 24 langues, ou ceux des Nations Unies, disponibles au moins dans les 6 langues officielles de l’institution) et des analyses statistiques plus ou moins poussées, il est possible de réaliser des « ponts » d’une langue à une autre. Enfin, en utilisant une langue pivot, on peut passer d’une langue à une autre sans trop déformer le résultat final : en substance, le traducteur automatique sait passer de la langue A à la langue B, et de la langue B à la langue C, il peut donc traduire, au moins à peu près, de la langue A à la langue C, la B servant alors de pivot.

Dans le cas de Google, cependant, l’utilisation de techniques d’intelligence artificielle (réseaux neuronaux et apprentissage « profond »), les résultats obtenus sont d’une nature différente puisque, sans qu’on ait réalisé les étapes ci-dessus, la machine a déduit d’elle-même les éléments de base des langues A et C pour les traduire sans passer par une langue pivot. En quelque sorte, le logiciel construit ses propres versions conceptuelles des éléments manipulés par le langage source pour les ré-exprimer dans le langage de destination.

Plus concrètement encore, cette application de l’intelligence artificielle a été mise en place pour le commun des mortels puisque, début décembre, elle a été greffée sur le « google translate » disponible en ligne. Si certains d’entre vous ont l’habitude d’utiliser cette facilité, peut-être ont-ils noté la franche amélioration des résultats de traduction fournie par « Translate » dernièrement : là où, auparavant, la traduction pouvait à peu près tenir la route sur une phrase complète mais nécessitait régulièrement de repasser par un traducteur humain pour polir les dernières (grosses) aspérités et s’avérait carrément impraticable pour des textes un peu longs ou ardus, la traduction à la volée offerte actuellement montre des signes évidents d’une bien meilleure compréhension ou d’une plus profonde appréhension des mécanismes du langage.

Oh, il est bien sûr encore loin le moment où l’humour d’un texte, les jeux de mots et les calembours seront habilement traduits à la volée. De ce point de vue, le métier de traducteur n’est pas encore mort et il faudra encore quelques années pour que les machines puissent professionnellement les remplacer.

Mais d’une part, on ne parle plus que de quelques années, pas de longues décennies. Et d’autre part, pour les traductions non professionnelles, d’un humain à un autre, ce dont on dispose maintenant est largement suffisant.

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Source : http://h16free.com/2016/12/16/56731-found-in-translation