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Radars : et maintenant, Big Brother dans vos voitures

mercredi 1 juin 2016 à 09:00

Grâce à une Assemblée Nationale au taquet, on n’arrêtera pas si facilement la marche du progrès ! Et si le progrès signifie des avancées significatives en matière de flicage permanent de la population, tant mieux ! Après tout, nous sommes en état d’urgence et c’est le moment où jamais de sortir les radars pour pister les citoyens partout où ils sont, non ?

Pour cela, les députés profiteront de l’attention du public habilement occupée par des grèves, des pénuries, des intempéries et un président qui continue ses guignolades urbi et orbi. Chargée des mouvements sociaux, de l’humidification trop importante de Nuit Debout ou, plus problématique, des cours de Roland Garros, remplie des péripéties fiscales d’un ministre frétillant, l’actualité ne peut plus guère s’embarrasser, en plus, des petites forfaitures d’une Assemblée toute acquise à l’espionnage massif de sa population.

Dès lors, le contrôle permanent de la vitesse des automobilistes passera totalement inaperçu, d’autant plus qu’on l’aura camouflé dans l’un de ces amendements au projet de loi de « modernisation de la justice au XXIème siècle ».

Sacrée modernisation, puisqu’on y prévoit maintenant un droit d’accès par les autorités aux données embarquées dans les ordinateurs de bord de chaque véhicule. C’est le Figaro qui soulève le lièvre en ayant épluché le point n°6 du nouvel article 15bis B (rien que la numérotation fleure bon l’administration, le cerfa qui crépite et le coup de tampon encreur), pour y trouver un article L. 311-2 ainsi rédigé :

«Art. L. 311-2. – Les agents compétents pour rechercher et constater les infractions au présent code, dont la liste est fixée par décret en Conseil d’État, ont accès aux informations et données physiques et numériques embarquées du véhicule afin de vérifier le respect des prescriptions fixées par le présent code.»

Ah, c’est vrai que lire du député dans le texte, c’est assez mignon. Déjà à la base, un texte de loi, c’est réjouissant comme une heure de discours hollandesque, mais lorsqu’il est écrit par des députés en pleine frénésie de législatite, cela donne des tournures improbables où l’amphigourique se dispute au comique et aux renvois de vilénies dans de sombres petits alinéas fourbes et retors. Ainsi, même si on se doute bien que la liste fixée par décret dont il est question concerne plus les infractions que les agents compétents, il ne faut pas écarter que ce soit l’inverse tant est grande la capacité de nos scribouillards élus à nous surprendre par leurs idées consternantes. De même, la notion de donnée physique embarquée qui ne serait pas numérique laisse quelque peu songeur.

cat boner tail

Mais bref, l’idée sous-jacente de cette prose alambiquée est bien là : il s’agit concrètement de permettre un contrôle permanent de la vitesse et des comportements de chaque automobiliste… Pour peu qu’il roule avec une voiture un peu récente (je souhaite bien du courage à nos agents compétents fixés par décret pour récupérer les données numériques embarquées d’une 2CV). En somme, quoi que vous fassiez, vous allez laisser des traces numériques de votre comportement passé, traces qui seront consultables par la police, sur demande ou sans autre forme de procès, en allant fouiller dans votre véhicule au moment où il lui en viendra l’envie.

C’est tout à fait délicieux.

angry cat is angry

En effet, après l’évidente période de rodage qui pourra s’étaler un certain temps pendant lequel nos amis de la maréchaussée n’auront pas le matériel, puis le matériel mais pas les formations, puis la formation mais un matériel obsolète, puis du matériel et de la formation mais sur des véhicules lourdement patchés (parce que la loi, en retard, aura laissé complètement ouverte la possibilité de hacker son propre ordinateur de bord – je dis ça, hein, je ne dis rien), bref, après ce laps de temps, on devrait voir une véritable tempête de contrôles tous azimuts sur nos véhicules, contrôles qui mobiliseront à n’en pas douter des hommes, du matériel, de la formation, qui ont des coûts et des contraintes lourdes.

Heureusement que la délinquance et la criminalité sont en chute libre en France, que les dégradations diminuent et que les casseurs se font rare, parce que sinon, on aurait encore pu croire à une mauvaise allocation des forces de l’ordre dont la mission ressemble de plus en plus à celle des brigands de grands chemins qui, jadis, détroussaient les voyageurs imprudents. Évidemment, la comparaison ne tient pas : les amendes routières ne sont pas du vol puisqu’il y a des formulaires à remplir.

cat and sausages

Rassurez-vous cependant : cette mobilisation débile des forces de l’ordre pour racketter contrôler les automobilistes ne serait que de courte durée puisqu’une fois les voitures définitivement connectées au réseau en permanence, il ne sera même plus nécessaire de faire intervenir la police pour constater l’abominable offense. L’infraction sera directement signifiée par la voiture, envoyée par elle au tribunal le plus proche, et l’amende automatiquement prélevée sur votre compte bancaire lui-aussi intégralement numérique et bien évidemment totalement ouvert et transparent aux autorités fiscales.

Et le plus beau est qu’avec cet article stupéfiant, on peut ajouter le reste du projet de loi dans lequel on trouve aussi la désignation d’un conducteur de tout véhicule, responsable par défaut de toute infraction constatée et la délation institutionnalisée (lorsqu’une infraction sera constatée avec un véhicule de société, son patron devra dénoncer l’identité et l’adresse de l’individu qui conduisait ce véhicule).

Vous trouvez ça immonde ? Ah, mais, c’est le plus beau : vous ne devriez pas puisqu’après tout, vous avez, tous, consciemment ou non, voté pour ces mesures ! En votant avec application pour des socialistes de droite (qui ont tous les jours poussé les lois liberticides) puis des socialistes de gauche (qui ont tous les jours poussés des lois égalitaristes en diable), c’est exactement ce qui vous pendait au nez.

Le peuple a réclamé, en se roulant par terre, des routes plus sûres et mieux protégées ? Voilà qui est fait : tout est sous radar, tout est sous jumelles, tout est sous mouchard. Le peuple voulait de la sécurité dans ses villes et une lutte active contre le terrorisme ? Voilà qui est fait : on a placé des caméras partout, on espionne vos conversations téléphoniques, on traque vos déplacements. Le peuple voulait une vraie transparence bancaire ? Voilà qui est fait : le fisc, les organismes sociaux peuvent maintenant se servir directement sur votre compte, avant tout autre organisme et avant vous-même bien sûr, sans que vous puissiez vous y opposer. Le peuple voulait combattre la fraude, qu’elle fut fiscale ou routière ? Voilà qui est fait : on saura maintenant tout ce que vous faites, tout ce que vous vendez, tout ce que vous achetez, vos déplacements, vos envies, vos désirs, vos faiblesses.

Le pompon est que chacune de ces lois aura été votée de façon démocratique (ou avec toutes les apparences de la démocratie) par ceux que ce peuple, transi d’effroi et d’amour pour une sécurité de plus en plus chimérique, aura constamment adoubés de son vote. Ils sont pourtant nombreux à trimballer des casiers, des affaires louches ou même des résultats économiques catastrophiques, qui ont été réélus, constamment, d’années en années. Et cette dernière loi, qui arrive sous le président le plus impopulaire de la Vème République, n’est pas issue d’un gouvernement d’extrême-droite, non : c’est bien une assemblée de gauche socialiste, sous un gouvernement de gauche socialiste, qui l’écrit et la vote.

Et qu’aurait-on entendu sous Sarkozy, s’il avait multiplié les radars et la fiscalisation abusive de l’automob… Oh, attendez, c’est exactement ce qu’il a fait et qu’a-t-on entendu ?

Rien. Ou si peu.

orwell peuple complice

Source : http://h16free.com/2016/06/01/53636-et-maintenant-big-brother-dans-vos-voitures


François Hollande renonce aux économies. Encore une fois.

mardi 31 mai 2016 à 09:00

On l’apprend dans une presse un peu atone entre les orages, la grêle, la foudre et les grèves plus-trop-surprise d’un service plus-trop-public : François Hollande renonce à amputer le budget de la recherche de 134 millions d’euros. Finalement, le changement, ce ne sera pas maintenant non plus : à un an du potentiel renouvellement de tableaux à l’Élysée, ce serait dommage de se lancer dans des réformes, d’autant plus que les plus modestes ont déclenché des vagues de protestations, de grèves et de casses dans tout le pays.

Tout s’est déroulé comme prévu.

Dans un premier temps, lors de l’élaboration d’un budget gouvernemental serré comme un café clooneysque, il avait été décidé de faire quelques économies de 134 millions d’euros dans le budget de la Recherche en France.

Dans un second temps, ce budget fut présenté devant les partenaires européens, puis accepté par ceux-ci et adoubé du oui timide et inquiet de la Commission européenne, pas vraiment dupe des pipeautages hollandesques mais diplomatiquement poussée à accepter l’entourloupe.

Dans un troisième temps, la popularité du chef de l’État refusant toujours de décoller un peu en vue d’une campagne présidentielle qui s’annonçait tendue, il fut donc décidé de ne surtout pas aller plus loin dans ces coupes budgétaires abominables qui plongeaient le pays dans une austérité turbo-libérale insoutenable.

(On ne s’en lasse pas, voici l’état des lieux de l’austérité en question, froid de canard et petit cheval mort inclus 🙂

dépenses publiques 2014 INSEE

Alors, puisqu’austérité et économies il ne devra pas y avoir dans la Recherche, annonçons-ça en grandes pompes (et petit parapluie puisqu’après tout, depuis Hollande, gouverner c’est pleuvoir) : moyennant un petit tweet élyséen avec force photos et moult prix Nobel et autre médaillé Fields, et après avoir reçus ce beau monde sous les ors de la République, on annoncera annuler complètement tout projet de couper 134 millions d’euros de crédits sur la mission « Recherche et enseignement supérieur ». Tous ces gros millions joufflus concernaient les crédits de quatre organismes de recherche (CEA, CNRS, INRA, Inria) sur une coupe de 256 millions d’euros pour la mission Enseignement supérieur et recherche, soit un quart du total des crédits que le décret prévoyait de ponctionner, à hauteur de 1,1 milliard d’euros.

Nos chercheurs médaillés repartent la tête haute, le cœur soulagé et heureux d’avoir pu convaincre le Président de l’importance cruciale de la recherche.

Youpi.

youpi - loldog

Enfin, youpi, c’est une façon de voir les choses.

C’est la façon « l’argent des autres m’est nécessaire et il est bien plus facile à dépenser que le mien à gagner ». Parce qu’après tout, les 134 millions d’euros ne sortiront ni de la poche de nos médaillés, ni de celle de François Hollande. Bien évidemment, on peut toujours arguer (à raison) que ces médaillés, par leurs découvertes et leur prestige, rapporteront certainement des sommes conséquentes au pays. Certes, mais on voit mal en quoi ceci pourrait justifier alors d’aller piquer dans la poche des classes moyennes et modestes, les plus nombreuses. D’autant qu’il n’est même pas impossible d’imaginer que les découvertes et le prestige en question rapporte surtout en dehors de nos frontières…

C’est surtout une façon de dire « mais sans l’État, qui fera la recherche fondamentale ? », question faussement ingénue qui regroupe à elle seule tout le paradigme mortellement collectiviste et socialisant dans lequel notre société a gentiment basculé depuis plus de 40 ans avec pertes et fracas. Pour beaucoup, en effet, le message est maintenant passé, inaltérable : laissées à elles-mêmes, les sociétés privées ne savent pas faire de recherche et de développement, seul l’État peut se lancer dans des trucs a priori pas rentables et découvrir des notions fondamentales de l’Univers pour sauver l’Humanité et inventer le fil à couper le beurre en prime.

Bilan : en France, les budgets à la Recherche n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières années… Sans qu’on puisse observer ni une remarquable progression de nos résultats scientifiques, ni une explosion des découvertes sur notre territoire, ni même un quelconque progrès dans le nombre d’emplois directement ou indirectement créés par cette recherche.

D’ailleurs, ça tombe bien (ou mal, c’est selon le point de vue, finalement), la Cour des Comptes a régulièrement écrit quelques petits paragraphes acidulés au sujet du CNRS en particulier et des organismes de recherche en France en général, et le moins qu’on puisse dire est que les Sages de la rue Cambon sont franchement mitigés sur les résultats obtenus en regard des fonds dépensés.

CNRS - le honzecAinsi, en 2002, l’effort de recherche public était de 0,82% du PIB et l’effort privé de 1,42%. Après plus de dix ans de « Recherche prioritaire » et d’une augmentation des efforts budgétaires, les chiffres respectifs en 2011 sont de 0,82% et de 1,43%. La différence semble avoir été quelque peu absorbée par les CIR (crédits impôt recherche) dont j’avais narré les péripéties il y a deux ans et qui s’est essentiellement traduit par des redressements fiscaux carabinés pour ceux qui s’y sont risqués.

À ces remarques s’ajoute l’instabilité des directions prises pour la Recherche par le gouvernement, d’années en années, à laquelle s’ajoutent les immanquables « réformes », marques indispensables du passage de l’un ou l’autre ministre, qui ne font qu’alourdir et empêtrer un peu plus les équipes dans une paperasse administrative douillettement létale.

En réalité, au soulagement de nos chercheurs, on pourrait aussi rétorquer qu’il serait plus que temps que la France s’aligne enfin sur les meilleures pratiques étrangères et que ces 134 millions de coupes étaient peut-être l’occasion de forcer ces indispensables remises à plat. Peut-être faudrait-il envisager d’introduire plus sérieusement les entreprises dans les universités, comme le tente timidement une Myriam El Khomri poussée par Cisco, quitte à déclencher des crises d’urticaire chez quelques fossiles gauchistes qui n’ont toujours pas compris qu’une recherche publique et un enseignement gratuit, cela coûte très cher. D’ailleurs, peut-être faudrait-il aussi nettement revoir les barèmes et grilles de salaires de nos chercheurs : avoir un nombre de fonctionnaires-chercheurs moins grands mais mieux payés pourrait durablement changer la donne en terme de résultats.

Au-delà des salaires, ces coupes auraient pu avoir un effet salvateur : celui de forcer les universités à se retourner, enfin, vers le marché, celui qui, finalement, permet le mieux d’évaluer ce qu’on attend des chercheurs, de mettre en relation ceux qui sont prêts à payer avec ceux qui sont prêts à chercher. De ce point de vue, la recherche américaine, allemande ou anglaise, bien plus en phase avec le monde de l’entreprise, nous donne des pistes sérieuses d’amélioration que notre gouvernement et les précédents semblent oublier avec componction.

Le Président François a donc tranché, il n’y aura pas d’économies. Rendormez-vous, amis chercheurs, la remise-à-plat de ce système qui fonctionne si bien ne sera certainement pas lancée maintenant. Fidèle à lui-même, le pédalomane a abandonné en rase campagne toute velléité de faire quelque chose d’un peu ferme, et laissera à l’intendance le travail de tout réorganiser suite à son demi-tour budgétaire.

Non, décidément, le renoncement, c’est maintenant, encore une fois.

ministère des petites économies

Source : http://h16free.com/2016/05/31/53619-francois-hollande-renonce-aux-economies-encore-une-fois


SNCF : oh, zut, une panne informatique qui tombe si bien !

lundi 30 mai 2016 à 09:00

C’est vraiment pas de chance ! Les voyageurs qui ont tenté de prendre l’un des trains de la SNCF au départ de Montparnasse ce dimanche 29 mai vers 8H30 en ont été pour leurs frais : le trafic s’est retrouvé brutalement interrompu par une méchante panne informatique. Décidément, les dirigeants de la société nationale sont poursuivis par la malchance et manifestement, le sort s’acharne sur la compagnie publique. Zut alors.

Et quel coquin de sort !

Il aura ainsi fallu plus de deux heures pour que le trafic au départ et à l’arrivée de Montparnasse reprenne des allures normales en ce dernier dimanche de mai, alors qu’aucun train ne circulait plus dans la gare parisienne depuis 8h40 en raison d’une panne, qui, selon le groupe, aurait probablement été liée aux orages de la veille. Et en plus des TGV bloqués, l’incident technique a également affecté un certain nombre de trains de banlieue au départ et en direction de Montparnasse.

Apparemment, c’est un composant électronique défectueux des installations de contrôle des équipements de voie de la gare qui a provoqué le problème, et qui a été courageusement changé par les vaillants techniciens de SNCF Réseau, permettant le redémarrage graduel du trafic.

Toutes ces histoires de pannes électroniques voire informatiques, c’est vraiment ballot, surtout actuellement, alors que le pays est secoué par des grèves et des mouvements sociaux. Et le mois de mai aura été particulièrement riche en rebondissements électromécaniques foireux et autres soucis informatiques plus ou moins périphériques.

C’est ainsi que le 2 mai dernier, plusieurs trains se prenaient quelques douloureuses minutes de retard à cause d’un incident électrique sur le réseau ferroviaire du Languedoc et du Roussillon, survenu entre Narbonne (Aude) et Nissan-lez-Ensérune (Hérault).

gifa panda oh no facepalm

C’est ainsi que le 20 mai dernier, des petits mouvements de grève venaient perturber le trafic normal des trains au départ de Paris-St-Lazare et provoquaient des retards conséquents sur la ligne Paris-Rouen. Zut et flûte.

oh noes !

C’est ainsi que le 23 mai dernier, de nombreux retards sont constatés sur la ligne Paris-Rouen. Les explications de la société publique sont limpides et rassurantes : 25 minutes de retard sont constatées en gare de Rouen en raison de « difficultés lors de la préparation du train en gare ». Ah, zut, des « difficultés lors de la préparation », voilà qui vient s’ajouter aux petits relais électroniques qui crament, aux programmes informatiques bugués et aux signalisations malencontreusement en panne !

Oh, de façon totalement fortuite et évidemment perpendiculaire à ces événements, on notera aussi que des grèves posées par Sud Rail ont obligé à supprimer les trains sur deux grandes lignes normandes. C’est sans lien, soyez-en sûr.

oh noes

C’est aussi le 28 mai qu’on apprenait que le train Paris-Clermont heurtait un arbre entrainant des retards de plusieurs heures pour les malheureux passagers. Comme l’indique l’article, c’est vraiment « pas de chance pour les usagers »… d’autant que cela faisait suite à un vendredi 27 lui aussi chargé puisqu’en soirée, une dizaine de TGV avaient été retardés ou annulés pour une malencontreuse panne informatique impactant des milliers de passagers.

gifa oh noes facepalm power rangers

Tiens, dans l’article, on découvre (fortuitement) que, je cite :

Au moins trois personnes ont déclaré à une journaliste de l’AFP – l’une devait prendre le TGV pour Bordeaux à 18h01 – que la SNCF leur avait d’abord signalé que les TGV étaient arrêtés en raison de la présence de manifestants dans le tunnel de Massy, dans l’attente de leur évacuation.

Lapin RATP : qu'est-ce qu'on t'avait dit ?!Des manifestants, sur les voies ? Allons. Tout ceci est parfaitement impossible. De la même façon que les infrastructures sont bien tenues au point qu’aucun aiguillage ne vient à casser ou qu’aucun arbre ne viendra bêtement tomber sur les voies, il ne semble pas possible que des manifestants envahissent ainsi tunnels et voies où des trains passent. Tout le monde sait bien que c’est interdit et dangereux, voyons.

Maintenant, on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions. Ces manifestants qui ont bêtement trottiné sur les voies, auraient-ils malencontreusement abimé les aiguillages ou les signalisations locales entraînant le quasi-gel de la circulation à ce point de passage ? Les soucis observés ces dernières semaines (une jolie pluie fine d’interruptions de service, de pannes matérielles aussi fortuites qu’improbables, de trains annulés, de retards plus ou moins dantesques, de grèves assumées) seraient-ils un symptôme ou le fruit d’un hasard franchement capricieux ?

La question n’est pas seulement rhétorique.

Les développements de l’enquête sur l’accident de Brétigny donnent tout de même quelques pistes inquiétantes sur l’état général du réseau ferré français, estimé « dans un état de délabrement jamais vu » par des experts judiciaires consternés.

Or, le fait que l’entreprise publique fasse actuellement des pieds et des mains pour camoufler sa responsabilité directe dans cet accident grave n’est pas sans interpeller au regard des messages contradictoires qu’elle distribue actuellement lorsque ses trains arrivent en retard (ou pas du tout) : au début, des manifestants sont observés sur les voies mais plus tard il ne s’agira plus que d’un problème informatique, d’un problème mécanique ou d’un problème matériel quelconque, dédouanant encore une fois fort commodément le personnel de la société qui, malgré tout, semble empiler les soucis.

Alors oui, on doit se poser, franchement, la question : dans quelle mesure les problèmes observés sur le réseau ferré français sont-ils liés à sa vétusté ou liés à un sabotage d’une frange des employés de l’entreprise publique ? Du reste, l’état général du réseau et son entretien sont directement sous la responsabilité, là encore, de ces employés. À un moment ou un autre, on doit s’interroger sur le décalage maintenant béant qu’il y a entre les tarifs pratiqués par la SNCF, l’épongement systématique de ses dettes par le contribuable, et les résultats observés, vraiment pas glorieux.

Il y a, dans cette fuite de responsabilité, dans ce réseau délabré, dans ce j’menfoutisme total vis-à-vis de la clientèle, comme une odeur de « culture d’entreprise ».

On pourra toujours s’amuser des arguments éculés (mais resservis sans arrêt et sans honte) par les thuriféraires du tout-à-l’État expliquant les performances plus que médiocres de la société publique par l’ultra-néo-libéralisme galopant, avec en point d’orgue (horresco referens) l’abominable privatisation du rail anglais et ses mythes l’accompagnant – a contrario, celle des trains japonais n’est pas utilisée comme référence, pourtant claire, de ce qu’il faudrait faire.

Chaque grève supplémentaire, chaque incident matériel relancent la question de l’avenir de cette société publique dont l’avalanche récente de problèmes, de coûts financiers et, pire que tout, de coût humain ne laisse aucun doute sur l’impossibilité qu’il y a de la gouverner et la sortir du gouffre dans lequel elle est tombée ; on est maintenant au-delà des simples erreurs de gestion puisqu’on doit même parler d’atteinte à l’économie de tout un pays.

Dans ce contexte, la privatisation complète de cette catastrophe industrielle s’impose.

Source : http://h16free.com/2016/05/30/53570-sncf-oh-zut-une-panne-informatique-qui-tombe-si-bien


Encore une fois, le gouvernement nous a bobardé sur la dette et les déficits

dimanche 29 mai 2016 à 11:00

Oh non, encore une fois la communication du chef de l’État s’est pris les pieds dans le tapis de la réalité et le pachyderme présidentiel, agitant dans l’air vide ses petits bras potelés pour tenter de se rattraper aux rideaux, n’y sera pas parvenu. Le voilà qui s’étale de tout son long sur les tapis moelleux de la République et le carrelage froid d’articles de presse pas spécialement tendres.

Évidemment, je pourrais revenir en détail sur ce qui s’est passé la semaine dernière ou les péripéties de la Loi Travail qui se soldent pour le moment par un pays en plein blocage syndicaliste devenu presque rituel à cette période de l’année. Rien que les exactions de la CGT, depuis leur censure ouverte des médias nationaux jeudi dernier jusqu’à la pénurie de carburants actuelle, suffirait à remplir un billet, surtout si l’on devait se remémorer les prises de positions officielles de cette même CGT, il y a quatre ans, lorsqu’elle adoubait de son soutien le candidat socialiste d’alors, un certain François Hollande, qu’elle semble ne plus pouvoir encaisser actuellement.

cgt - si je n'étais pas là

Cependant, en marge de ces remarques sur ce qui fait, actuellement, le plus gros de l’actualité, les efforts faits par le gouvernement et le chef de l’Exécutif se traduisent par un assez remarquable plantage. Sur le front du chômage, l’annonce fanfaronnante d’un nouveau recul du nombre de chômeurs aura laissé assez froids la plupart des éditorialistes, journalistes et organismes de presse.

Une fois passée la joie très contrôlée d’annoncer une bonne nouvelle, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que l’épluchage des chiffres ne laisse guère de doute : s’il y a moins de chômeurs, ce n’est pas parce qu’ils ont repris le travail, mais c’est plus simplement parce qu’un nombre croissant ne prend même plus la peine de s’enregistrer auprès d’un organisme qui, de fait, ne leur sert absolument à rien une fois arrivés en fin de droits. Seuls quelques habitués du soutien aveugle aux institutions continuent, vaille que vaille et avec toute la mauvaise foi nécessaire, à trouver des arguments plus ou moins latéraux pour expliquer de façon enthousiasmante la baisse de ce nombre.

Bref : malgré des efforts évidents en communication, l’écran de fumée hollandesque sur le front du chômage n’a berné que les plus nigauds ou les plus serviles des journalistes.

tweet ayrault chômage

Mais ce n’est pas tout et de façon plus discrète, le gouvernement s’est tout autant planté dans sa communication budgétaire… Et ça s’est vu : alors que Sapin était tout fier, il y a quelques semaines de cela, de nous expliquer crânement être parvenu à réduire le déficit de l’État de 15 milliards d’euros en 2015, voilà que la Cour des Comptes réduit à quasi-néant la réalité de ces chiffres qui seraient en réalité 50 fois inférieurs si l’on excepte les éléments exceptionnels.

Pourtant, rappelez vous : tout le monde nous expliquait en long, en large et en travers que l’austérité s’était abattue sur le pays et qu’elle avait directement provoqué tout ce chômage. Manque de bol, en fait d’austérité, on a continué à dépenser comme avant avec la même décontraction, et à cramer de l’argent public des autres avec le même appétit féroce.

Tous calculs faits par les experts de la Cour, la baisse de déficit se monte non pas à 15 milliards, mais à… 300 millions. Fouchtra, voilà qui fouette du chaton mignon !

gifa oh noes facepalm power rangers

Et lorsqu’il s’agit de détailler ses positions, la Cour n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pour cette dernière, les 15 milliards d’économie n’existent pas puisqu’il s’agit d’un pur effet d’optique, l’année 2014 comptant des dépenses exceptionnelles qui n’ont pas été reportées en 2015, soulageant d’autant un déficit de toute façon bien trop gros (l’équivalent d’un trimestre de dépenses de l’État, plus, même, que ce que rapporte l’impôt sur le revenu). Pour la Cour, la baisse observée est une évolution «peu significative», ce qui rend la mine réjouie du Sapin ministériel tout à fait déplacée.

D’autant qu’à cette évolution insignifiante, on doit ajouter des économies «mal définies, au final faibles et en majorité non reconductibles sur 2016», ce qui veut dire que les opérations « one-shot » pour épater la galerie n’ont pas du tout impressionné les Sages. Autrement dit, on bombe le torse et on rentre l’énorme bedaine étatique en espérant séduire la Commission européenne, les autres États ou les investisseurs qui passent à proximité, mais c’est peine perdue.

Et pour ce qui est de la dette de l’État, elle a malheureusement encore continué à grimper l’an dernier. Tout juste peut-on se réjouir qu’elle l’ait fait moins vite. En somme, on présente comme une rémission un cancer qui métastase mais aurait la mansuétude de n’être plus fulgurant. C’est consternant.

À l’analyse, la situation est même pire puisqu’en dehors des éléments exceptionnels et à périmètre constant, les dépenses ont en réalité progressé de 2,6 milliards par rapport à 2014. Oui, vous avez bien lu : alors qu’on a lu partout que l’État avait fait preuve d’un véritable ascétisme en réduisant ses dépenses, la réalité comptable est sans ambiguïté. Les dépenses ont progressé.

Toute cette tempête d’austérité de plus en plus évanescente n’empêche cependant pas nos deux clowns ministériels, Michel Sapin et Christian Eckert (le secrétaire d’État au Budget), de contester «vivement l’analyse de la Cour sur le respect des cibles de dépenses et d’économies». Ils auraient tort de se priver, d’autant que leurs contestations ne seront pas plus entendues que le rapport de la Cour qui les a déclenchées.

En réalité, plus personne n’a rien à faire de ces chiffres, devenus trop abstraits par leur volume. Tant que les manquements de l’État ne se traduisent pas en problèmes physiques concrets, le peuple, soigneusement entretenu dans son ignorance par ses élites, ses médias et, douillettement, par lui-même, continuera de regarder ailleurs en attendant un hypothétique retour de croissance qu’il s’emploie pourtant à saboter consciencieusement.

« La France va mieux » nous serinait le chef de l’État il y a encore quelques jours, lorsque l’essence coulait à flot et les Nuits de Boue s’écoulaient, tranquilles. Personne n’avait compris qu’il voulait dire « La France va mieux… que l’année prochaine ».

dépenses publiques 2014 INSEE

Source : http://h16free.com/2016/05/29/53515-encore-une-fois-le-gouvernement-nous-a-bobarde-sur-la-dette-et-les-deficits


Infographie : un état des lieux pour Bitcoin

vendredi 27 mai 2016 à 13:30

Et maintenant, une petite infographie sur Bitcoin. En effet, depuis 2009, la monnaie numérique fait son chemin sur les réseaux et dans les médias, ce qui donne une occasion de faire un petit état des lieux.

On peut déjà commencer en constatant que, bon an mal an, Bitcoin est parvenu à se détacher de la réputation sulfureuse qui lui collait à la peau numérique de ses débuts, tant il a été associé aux darknets et aux sites de commerce d’armes et de substances illicites. Maintenant reconnu pour ce qu’il est, à savoir un système de paiement en Peer-to-Peer, Bitcoin s’est maintenant imposé pour être la cryptomonnaie la plus utilisée actuellement, avec une valorisation du réseau (au travers des bitcoins et de leur échange en devises fiat) autour de 6,8 milliards de dollars.

La pénétration de cette monnaie numérique grandit puisqu’on la retrouve dans les industries informatique comme Microsoft jusqu’aux organisations humanitaires comme la Croix Rouge. Un nombre croissant de commerçants, notamment dans les pays anglophones, acceptent maintenant le paiement en bitcoin en plus des autres monnaies classiques. Avec une dizaine de milliers de transactions quotidiennes à son actif, Bitcoin a montré sa fiabilité en terme de méthode de paiement ainsi que sa praticité en terme de transfert d’argent d’un point à un autre du globe.

Au passage, on notera au travers de l’infographie que si ces transactions sont encore largement dominées par le minage (cette opération qui permet pour le moment de créer de nouveaux bitcoins en parallèle à la sécurisation du réseau par calculs cryptographiques), ce sont étonnamment et dans l’ensemble des produits de consommation courante qui sont le plus fréquemment achetés en utilisant la cryptomonnaie. On trouve même, au delà des boutiques en ligne qui acceptent cette monnaie dématérialisée des transactions qui concernent aussi des paiements hors ligne tels que des achats purement alimentaires ou des frais de santé.

Enfin, notons que compter un montant de transactions supérieur à celles effectuées par Western Union (petite boutique créée en 1851), pour une monnaie qui n’existait pas il y a 6 ans, représente une assez belle performance.

Là aussi, pour bien lire tout comme il faut, cliquez pour agrandir.
infographie bitcoin

Source : https://www.ecoreuil.fr/

Source : http://h16free.com/2016/05/27/53475-infographie-un-etat-des-lieux-pour-bitcoin