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Les marchés de l’or et de l’argent sont bel et bien truqués

mardi 19 avril 2016 à 08:30

Décidément, suivre les cours de l’or et de l’argent relève d’une discipline très particulière. Sur les dix dernières années, on a en effet assisté à des mouvements très étonnants, et d’autant plus qu’on s’est éloigné de la crise de 2008 pour s’approcher de la période actuelle.

Difficile en effet pour celui qui prend le temps de se pencher sur la question de trouver une quelconque logique dans les mouvements observés.

Lingots d'orDans tout marché, le prix obtenu est normalement le résultat d’un accord entre ceux qui achètent et ceux qui vendent le produit considéré. Même si sur la plupart des marchés il faut composer avec les évidentes distorsions introduites par les États au travers des taxes, des ponctions fiscales diverses et des contraintes légales, notamment au niveau des passages de frontières, on peut raisonnablement admettre que le prix connu sur le marché est obtenu par cette entente entre ceux qui produisent et ceux qui consomment, ceux qui vendent et ceux qui achètent.

Sur le marché de l’or, cette notion « raisonnable » semble avoir progressivement disparu ces dernières années. J’évoquais la question dans un billet de 2013 où je notais une incohérence entre les mouvements enregistrés officiellement dans les principaux entrepôts de lingots d’or, couplés aux demandes officielles, tant des banques centrales que des acheteurs particuliers, et les cours obtenus. En substance, il était alors plus que douteux de croire à un marché de l’or parfaitement fiable, sans intervention massive de différents acteurs qui, tous, semblaient concourir à affaiblir notoirement les cours.

Il faut en effet savoir que ces cours sont, de fait, à peu près fixés de façon régulière par quelques grandes banques qui se chargent d’acheter ou de vendre de grosses quantités d’or sur le marché, et qui peuvent ainsi véritablement décider ses grandes tendances.

En outre, elles bénéficient d’un mécanisme spécifique au marché de l’or : le métal étant à la fois rare, cher et particulièrement dense, il est globalement très mal aisé de le déplacer d’un vendeur à son acheteur, surtout lorsque la quantité se monte rapidement en tonnes. Il a donc été jugé, à raison, bien plus simple d’échanger les titres de propriété plutôt que les positions géographiques des lingots. Très rapidement, un marché de l’or papier s’est organisé, où les transactions se basent essentiellement sur l’échange de titres (papiers) correspondants à des quantités d’or. Très rares sont les acheteurs à prendre possession physique de l’or correspondant au titre acheté : les lingots peuvent donc rester, sagement entreposés dans des coffres sécurisés.

Cependant, d’année en année, des petites dérives sont apparues qui ont permis aux banques, organisatrices de ces marchés d’échanges de titres papiers, de vendre plus de papier que l’or physiquement disponible. Après tout, les acheteurs d’or ne demandent pas la livraison physique, et revendent leurs titres une fois une plus-value encaissée ; dès lors, autant multiplier le nombre de titres, personne n’y trouvera rien à dire.

C’est exactement ce qui s’est passé, avec une véritable explosion du papier négocié pendant que les quantités physiques d’or effectivement disponibles dans les stocks ne cessaient de diminuer (certains acheteurs se décidant tout de même, discrètement, à obtenir la livraison). Très concrètement, depuis le début de 2016, le ratio entre le papier et l’or physique est ainsi passé d’une once physique pour 100 onces papiers à plus de 500 (autrement dit, chaque once physique est maintenant « possédée » plus de 500 fois).

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Devant ce constat, on peut bien sûr se dire qu’il s’agit d’une dérive des établissements chargés de la bonne tenue du marché de l’or, ou d’une grosse bévue dans la catégorie « J’ai ripé, chef » qui ne mérite guère plus qu’un entrefilet dans quelque journal spécialisé. Cependant, sachant que ces petites opérations durent depuis plusieurs années et qu’en outre, malgré les achats compulsifs d’or par les banques centrales (Chine en tête) et les particuliers, les cours du métal précieux peinent à retrouver les 1300$ l’once alors qu’on les avait vu dépasser les 1800$ l’once en 2011, on est en droit de se demander quelle proportion de franche bidouille tout ceci ne cache pas pudiquement.

Bien sûr, cette thèse a longtemps été présentée comme véritablement complotiste, puisqu’elle impliquait au moins à mots couverts que de grandes banques (y compris centrales) s’entendaient entre elles pour écraser autant que possible le cours du métal précieux, afin de camoufler l’intérêt du public pour l’or, excellente protection contre l’inflation. L’argument s’essoufflait notamment au vu d’une inflation en berne.

goldimeroCependant, parallèlement à la déflation, une véritable guerre contre le cash a été entreprise par les autorités d’à peu près tous les gouvernements du monde, et ce, d’autant plus que les taux d’intérêts, négatifs, encouragent de fait les particuliers à sortir autant que possible l’argent liquide des banques, qui sera taxé lorsqu’il dort en dépôt. En somme et du point de vue de l’or, si la déflation est un argument pour rester liquide (« cash is king »), les intérêts négatifs sont au contraire une incitation extrêmement forte à convertir ces avoirs « papier » en biens physiques, l’or et l’immobilier arrivant en tête.

Dans ce contexte, une bidouille des banques n’était donc pas si improbable et nettement moins complotiste qu’il aurait pu paraître de premier abord. En outre, l’exemple des manipulations forcenées sur le LIBOR (le marché des taux interbancaires de Londres) que j’évoquais en 2012 pose un précédent fâcheux qui permet de rappeler que dans cette hypothèse de tripotage, ces banques n’en seraient pas à leur coup d’essai.

C’est donc sans véritable surprise qu’on a appris, ces derniers jours, que la Deutsche Bank, un des établissement directement concerné par les mouvements sur le marché de l’or et acteur majeur de ce marché, a effectivement admis devant les autorités américaines avoir manipulé le marché de l’argent, ainsi que celui de l’or.

La plainte étant enregistrée et la banque allemande cherchant maintenant à s’éviter des suites judiciaires financièrement douloureuses, on peut s’attendre, dans les prochains jours, à en savoir un peu plus sur les méthodes employées et sur la quantité d’efforts qui fut déployée pour modifier le prix de l’or.

Cependant, devant une telle admission de culpabilité, on peut s’étonner du grand silence des médias. À l’exception des rares articles dans la presse spécialisée, les journalistes de la presse traditionnelle semblent avoir fait l’impasse sur une information pourtant essentielle. Peut-être est-ce pour masquer leur ignorance des mécanismes en jeu, mais il n’en reste pas moins que l’information mérite cependant plus de place, n’en déplaisent à ceux qui nuisent debout.

En effet, savoir que les cours de l’or et de l’argent ont été massivement manipulés permet de mieux comprendre pourquoi il n’y a plus de lien entre les prix constatés et la demande observée, pourtant forte et continue. Or, un prix honnête est une information indispensable pour les individus, et notamment une information qui leur permet de déterminer l’ampleur du stress actuellement présent sur le marché de la monnaie fiduciaire. À mesure que la guerre contre le cash va s’intensifier, à mesure que les taux négatifs seront reportés sur les comptes courants, on doit logiquement s’attendre à une hausse sensible des prix de l’or, refuge naturel pour ceux qui doivent conserver leurs avoirs mais se départir du cash.

usd btc avril 2016

Au passage et de façon intéressante, un autre marché, qui sert lui aussi de refuge en ces temps troublé pour l’argent liquide, montre une belle santé. Le bitcoin ne peut en effet pas subir de pré-ententes malsaines du système bancaire pour en fixer le prix. L’intérêt que les participants au réseau Bitcoin montrent pour cette monnaie numérique est donc correctement reflétée dans son prix… Qui grimpe gentiment.

En tout cas, je suivrai avec attention les suites de l’affaire avec la Deutsche Bank, et l’écho qui en sera donné dans nos médias.

Source : http://h16free.com/2016/04/19/52496-les-marches-de-lor-et-de-largent-sont-bel-et-bien-truques


L’expérience française de la mondialisation dans l’autre sens

lundi 18 avril 2016 à 09:00

À force d’efforts particulièrement subtils et très finement calibrés, notre gouvernement a mis en place de courageuses politiques qui permettent enfin de tester certaines hypothèses. Grâce à ces efforts, on mène actuellement en France une expérience très intéressante sur la mondialisation. Celle-ci, commencée il y a déjà plusieurs décennies, a gagné en importance ces dernières années.

Et alors même que le président avait pourtant fait preuve d’un progressisme que d’aucuns pourraient qualifier de débridé en proposant puis en imposant le mariage homosexuel, voilà que sa majorité est parvenue à faire preuve d’un conservatisme quasi-puritain concernant la prostitution, montrant par là que la cohérence d’ensemble n’est absolument pas nécessaire pour gouverner un pays.

En d’autres termes, les députés sont enfin parvenus à pénaliser les clients du marché de la prostitution. L’expérience française, tournant déjà à plein régime, vient de passer une étape supplémentaire : petit à petit, le pays se vide de la prostitution officielle et la fait durablement passer dans le marché noir, augmentant tragiquement les risques et dangers de celles et ceux qui pratiquent ces professions. Plus à propos, cela entraîne aussi un exil massif des prostituées frontalières hors du pays.

Avouons que la manœuvre est particulièrement bien trouvée puisque, ce faisant, le fisc français – premier proxénète du pays – devra faire une croix sur toutes les transactions correspondantes. Il devra aussi abandonner tout espoir de se récupérer au travers de la TVA récoltée auparavant lorsque ces mêmes prostituées dépensaient leurs revenus sur le territoire. Cela en fera d’autant plus pour les Belges, les Espagnols et les Suisses qui se frottent les mains des idioties législatives françaises.

L’expérience française ne s’arrête pas là. Quand je vous disais qu’elle a récemment pris de la vitesse, c’est bel et bien le cas puisqu’on apprend que, pour l’année écoulée, le pays a vu partir pour d’autres cieux un nombre record de millionnaires : c’est ainsi qu’apparemment, et selon l’enquête de New World Wealth, 10.000 millionnaires ont quitté la France. Voilà qui, tout comme pour les prostituées, constitue un intéressant développement dans un pays qui fait, manifestement, absolument tout pour se séparer de celles et ceux qui créent de la richesse, font tourner des commerces, attirent des clients ou des consommateurs.

impots et taxes

Au passage, l’expérience française ne se contente pas de bombarder méticuleusement les uns et les autres de contraintes légales, d’interdictions ou de taxes. En plus de cogner sur les riches, les aptes et les travailleurs, l’expérience consiste aussi à rogner sur les services qui peuvent leur être rendus, notamment les régaliens comme la justice, la police et la sécurité. Il n’est pas étonnant d’apprendre dans ce contexte que si les millionnaires sont partis, c’est essentiellement pour échapper à la montée des tensions religieuses dans le pays. Étonnante marque de réussite d’un état pourtant laïc, vous ne trouvez pas ?

Mais l’expérience française va encore plus loin. C’est le petit côté « toujours plus » de ce peuple qui ne recule devant aucun dépassement, aucune exagération, aucune révolution surtout si elle est sanglante.

Pendant que les riches, les aptes et les travailleurs s’en vont, le pays est lentement vendu, par petits bouts, aux étrangers. Et là, on touche même au sublime lorsqu’on regarde ce qui se passe actuellement dans le domaine agricole puisque des Chinois ont récemment racheté pour 1700 hectares de terres agricoles : un fonds d’investissement, ciblant des exploitants très endettés, récupère ainsi 98% (et non 100%) de la société agricole créée ad hoc pour l’opération. Ce faisant, le rachat échappe à l’organisme d’État chargé de préempter à tout va pour éviter que ces terres ne tombent dans des mains sans l’imprimatur de l’intelligentsia officielle.

Les autorités sont, bien évidemment, plus qu’irritées mais, même en serrant les mâchoires, en fermant leurs petits poings et en se roulant par terre, elles ne peuvent rien y changer. Quant au côté positif du rachat, il est bien évidemment totalement occulté par les larmes amères qu’elles déversent dans l’article à grands barils humides : horreur, les terres rachetées ne créeront pas de nouvelles installations ! Abomination, « aucune implication sur les territoires n’est possible à cette échelle », quoi que cela puisse signifier en vrai français ! Désespoir, la production est destinée à l’exportation et ne sera donc pas utilisée localement, ce qui est übermal, pas du tout écolo et forcément une honte.

Pas question d’évoquer le fait que cela sauve un agriculteur de la faillite. La création d’emplois induits ? Rien à foutre puisque notre patrimoine est racheté par ces méchants étrangers ! Évoquer le rôle de la Politique Agricole Commune dans cet échec ? Vous n’y pensez pas ! Quant au rôle (très douteux) des SAFER dans l’engrenage triste qui aboutit à cette situation, il serait bien sûr contre-productif – pour les SAFER – de les évoquer.

Bref.

L’expérience française continue donc, sans frein, cette expérience si particulière qui consiste à contre-carrer partout, tout le temps et pour tous la création de richesse, d’emplois et d’opportunités, cette expérience qui revient à sur-protéger ceux qui sont déjà installés et acoquinés avec le pouvoir, ceux qui ont déjà un job, ceux qui ont déjà des privilèges et des passe-droits, des avantages ou des facilités, et qui, par conséquence, fait fuir ceux qui n’en sont pas, cette expérience si terriblement française continue donc.

Seulement voilà : de tout temps, la meilleure protection d’un pays n’a jamais été dans ses frontières, pas plus qu’elle n’a été dans le pouvoir coercitif de quelques douaniers ni dans quelques taxes idiotes qui appauvrissent le consommateur (Bastiat l’a démontré, maintes et maintes fois : le protectionnisme et la taxation des produits à l’importation revient à appauvrir le pays qui instaure la taxe). Non.

La meilleure protection d’un pays réside bel et bien dans la capacité de sa population à produire directement de la richesse, avec le moins d’entraves possibles. Un peuple riche n’a pas besoin de ces protections de pauvres et de faibles, qui appauvrissent et affaiblissent.

Les gouvernements et politiciens qui se succèdent au pouvoir en France ont choisi, encore et encore, d’accumuler des boulets, des entraves et des contraintes sur les Français pour s’assurer qu’ils soient bien tous égaux avant de s’assurer qu’ils soient surtout suffisamment libres pour produire des richesses.

Au final, s’ils sont de moins en moins inégaux, ils sont aussi de plus en plus pauvres. Et dans ce cadre, sauf à tourner le pays en goulag à ciel ouvert, toutes les barrières protectionnistes du monde ne suffiront pas à arrêter la fuite des riches hors de nos frontières, ni à stopper l’arrivée des investisseurs étrangers qui pourront racheter à bas prix les ressources, produits et richesses du pays que plus personne ne sera à même d’exploiter ou suffisamment riche pour le faire.

Quant aux Français, ils se plaignent du rachat par ces Chinois de terres agricoles françaises ; ils se plaignent du rachat par certains Qataris de monuments, hôtels, magasins ou clubs de foot ; bref, ils se plaignent d’une mondialisation qui ne leur rapporte pas ce qu’ils souhaitent. Eh bien plutôt que s’en prendre à ceux qui, finalement, sont encore prêts à donner de l’argent pour nos richesses, ils devraient se demander où sont passés ces Français qui auraient pu en faire autant et ont laissé tombé l’affaire. Ils pourraient chercher à savoir pourquoi ils ont abandonné, ils ont laissé tomber.

Décidément, on mène en France une expérience très intéressante, même si, déjà tentée dans d’autres pays, son résultat est globalement assez connu.

forcément, ça va bien marcher

Source : http://h16free.com/2016/04/18/52487-lexperience-francaise-de-la-mondialisation-dans-lautre-sens


Les très inquiétantes dérives de la CIPAV

dimanche 17 avril 2016 à 11:00

Pour François Le Président, pédalomane des univers parallèles, aucun doute n’est possible : la France va mieux. Pour les Français de ce monde-ci, en revanche, la situation ne cesse de se dégrader. Et pour les Français établis en profession libérale, en indépendants ou en auto-entrepreneurs, à la dégradation économique de la situation on doit ajouter celle, bien plus irritante, des services publics, qui semblent se battre pour faire toujours pire.

C’est ainsi que le RSI, le Régime Social des Indépendants, se classe sans conteste comme la pire branche de sécurité sociale que l’administration française peut imposer à ses ressortissants, comme j’ai pu le relater à plusieurs reprises dans ces colonnes.

Il serait cependant dommage d’oublier l’aspect dynamique de la conjoncture française actuelle : la course à la catastrophe administrative est lancée et si, indéniablement, le RSI tient sans conteste le haut du podium dans la médiocrité du service rendu et dans la dangerosité de ses exactions envers ses cotisants, l’organisme est de plus en plus talonné par une autre magnifique construction sociale aux délires administratifs totalement incontrôlés.

foutralys

La CIPAV, la « caisse interprofessionnelle d’assurance-vieillesse », est la plus importante caisse de retraite des professions libérales et regroupe plus de 300 professions libérales. Et à bien y regarder, elle semble faire à peu près tout ce qu’elle peut pour modifier durablement l’opinion publique à l’égard du RSI en fournissant plus de cas tordus, plus d’affaires litigieuses, plus de scandales, plus d’exactions financières que le tenant du titre, pourtant en mode turbo, n’est déjà capable de fournir.

Depuis 2014, on savait déjà de source sûre que la CIPAV était – euphémisme puissant – « mal gérée », grâce à un rapport particulièrement circonstancié et sans la moindre ambiguïté de Didier Migaud, président de la Cour des Comptes, qui y dénonçait « la gestion désordonnée, les graves dysfonctionnements et le service déplorable de la plus grosse des caisses de retraite des professions libérales ».

Fin 2015, on apprenait, aussi consterné que pas du tout surpris, que les dirigeants de cet établissement étaient condamnés à des amendes pour des faits graves de favoritisme, après avoir passé plusieurs millions d’euros de commandes sans passer d’appel d’offres : Jean-Marie Saunier, aujourd’hui directeur de la caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales(CNAVPL), à laquelle est justement rattachée la CIPAV, a été condamné à 15.000 euros d’amende et deux mois de prison avec sursis pour avoir passé 22 millions d’euros de commandes (une paille) sans avoir publié d’appel d’offres alors qu’il dirigeait le groupe Berri, groupe chargé de mutualiser la gestion du personnel et le système informatique de quatre caisses de prévoyance … Dont la CIPAV, déjà épinglée par Migaud. À côté de Saunier était aussi condamné François Durin, aujourd’hui à la retraite, et alors son successeur dans le groupe Berri.

Rassurez-vous : d’une part, les condamnations des coupables n’ont pas été portées à leur casier judiciaire, parce que, parce que bon… Et d’autre part, la CIPAV n’a pas jugé utile de se porter partie civile dans l’affaire, parce que, parce que bon, aussi. On pourra sourire de la mansuétude de la justice tout en oubliant que certains individus, poursuivis par le RSI, l’URSSAF ou la CIPAV, auraient sans doute aimé bénéficier de la même largesse d’esprit.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et, pourrait-on croire suite au rapport dévastateur de la Cour des Comptes et ces délicates affaires judiciaires, l’organisme s’est attelé à améliorer ses pratiques pour, enfin, fournir des prestations à la hauteur des Services Publics Que Le Monde Entier Nous Envie.

Manque de bol, les responsables ont eu poney et les pratiques catastrophiques continuent donc de plus belle. C’est la conclusion qu’on peut tirer de l’intéressante lecture d’un très récent article de Capital au sujet de la CIPAV et qui revient en détails sur des cas, aussi édifiants que consternants, illustrant à quel point rien n’a véritablement changé.

Du reste, il suffit de parcourir la presse régionale ou les commentaires de ces articles pour trouver de nombreux autres exemples, là encore tout à fait d’actualité, qui brossent un portrait sans guère de zones floues : cette caisse, qui gère les professions libérales, est devenue un véritable enfer de mauvaise gestion, de dossiers égarés, de prestations calculées de travers, d’appels de cotisations fantaisistes et autres poursuites juridiques farfelues entraînant parfois des situations invraisemblables et particulièrement épuisantes pour les administrés clients usagés pigeons professionnels confrontés à ce déraillement de train au ralenti.

Epic Fail

Le pompon est sans problème atteint lorsqu’on sait que la CIPAV impose désormais le prélèvement automatique à ses affiliés. Autrement dit, lorsque l’organisme se trompe dans sa ponction (et apparemment, ô combien il se trompe !), le compte de l’affilié se voit vidé sans qu’il ne puisse rien dire, et il lui est pour ainsi dire impossible de se faire rembourser sans en passer par la case Procès, longue et coûteuse au moins nerveusement.

Peut-être le nouveau contrôle dont l’institution fait l’objet permettra de remettre en question les affirmations de Capital et les témoignages pourtant nombreux de dysfonctionnements, mais le simple fait que le rapport suite à ce contrôle aurait dû être publié depuis plusieurs semaines et soit toujours en cours d’élaboration laisse présager de nombreux points encore litigieux.

Quoi qu’il en soit, le petit historique présenté ci-dessus amène quelques réflexions.

Comment se fait-il qu’encore une fois, une institution chargée de gérer un aspect de la couverture assurantielle d’individus non salariés soit le cadre de dérives aussi manifestes, d’une gestion aussi déplorable de ses prestations, d’une qualité de service à ce point mauvaise ? Comment ne pas noter le parallèle saisissant qu’il peut y avoir avec le RSI ?

Or, alors que le RSI est devenu une véritable « cause nationale » dont le premier ministre s’est emparé, combien de maux, de procès, de misères la CIPAV devra-t-elle déclencher pour que nos politiciens se penchent sur son cas ?

En réalité, on assiste au naufrage complet, inéluctable et catastrophique de toute la partie assurance maladie et vieillesse des professions libérales. Rendons-nous à l’évidence : les autorités ont très manifestement choisi de favoriser les salariés dans le sauve-qui-peut des administrations pour tenter de camoufler la déroute complète du système de Sécurité Sociale.

Sécurité socialeCe sera, bien sûr, insuffisant, trop peu, et trop tard : les différents gouvernements ont choisi de faire durer l’agonie aussi longtemps que possible, dans une magnifique resucée d’Après Moi Le Déluge mâtinée d’un petit Plus Près De Toi Mon Dieu rendu célèbre par un naufrage titanesque, plutôt que favoriser un retour à la liberté des Français de s’assurer comme ils le souhaitent.

Ce pays est foutu.

Source : http://h16free.com/2016/04/17/46338-les-tres-inquietantes-derives-de-la-cipav


L’ennemi sucré

vendredi 15 avril 2016 à 08:25

Si vous êtes Américain et que vous n’avez pas le diabète ou le pré-diabète, tant mieux pour vous, mais vous êtes à présent dans une minorité.

Oui, vous avez bien lu. Les chiffres de l’OMS sont malheureusement sans grande ambiguïté : au 14.3% d’adultes américains qui sont déjà diabétiques (de type 2), il faut ajouter les 38% d’entre eux qui sont en pré-diabète (en hyperglycémie permanente, c’est-à-dire dont le taux de sucre dans le sang oscille entre 1,10 et 1,26 grammes par litre). Autrement dit, il y a actuellement plus d’Américains diabétiques ou en passe de le devenir que d’Américains bien portants. L’ « épidémie » continue donc à s’étendre de façon dramatique.

Ici, les contempteurs habituels de l’american way of life bondiront bien évidemment sur l’occasion pour y trouver une source de réjouissance… Qui devrait être de courte durée, lorsqu’on sait que l’Europe suit le même trajet sanitaire que celui qu’emprunte le continent nord-américain en claudiquant ; ainsi, la France compte actuellement près de 3 millions de diabétiques et devrait en compter plus de 5 d’ici à 2022. Surtout, l’évolution du nombre d’individus concernés sur les vingt dernières années ne laisse aucun doute puisqu’on constate une augmentation constante.

Quelques facteurs explicatifs simples

Cette évolution du nombre de diabétiques, et notamment de diabétiques du type 2 (l’insulino-résistance), très majoritaires chez ceux atteints par cette maladie, est à rapprocher de la prise de poids moyenne des populations. On le sait, l’obésité gagne du terrain depuis plusieurs décennies, et dans un nombre croissant de pays. De façon intéressante, l’explosion du nombre d’obèses et de diabètes a longtemps été lié à l’accès facile à une nourriture riche et abondante, et l’un et l’autre phénomènes sont souvent représentés comme les résultantes de la sortie des périodes difficiles pour les pays occidentaux d’abord puis de tous les autres. Malheureusement, relier l’augmentation de ces maladies à l’enrichissement des pays reste une approximation grossière : des pays riches ont su conserver une population où le nombre d’obèses ou de diabétiques reste modéré.

Et petit à petit, alors que les études médicales se font plus nombreuses, plus précises et plus documentées sur les habitudes alimentaires et les effets observés, un schéma d’ensemble se dégage : la prévalence de l’obésité et des diabètes dans la population suit jusqu’à présent de façon assez remarquable la consommation, en constante augmentation, des sucres de toutes formes qu’on trouve dans notre alimentation.

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Bien sûr, on pourra facilement pointer du doigt certaines habitudes nutritionnelles déplorables qui alourdissent la tendance : l’introduction de boissons sucrées, un peu partout, facilement accessibles et à des prix très démocratiques, a certainement joué un grand rôle. De la même façon, le succès toujours non démenti des chaînes de fast-food (dans lesquelles sont, justement, favorisés ces sodas) explique en partie cette hausse de la consommation de sucre. Au passage et toujours pour nos indécrottables contempteurs des habitudes alimentaires américaines, n’oublions pas que la France, en matière de chaînes de fast-food, reste le pays des franchises les plus rentables dans le domaine…

En somme, au vu de ces éléments, il pourrait sembler aisé de rappeler la responsabilité dans l’extension de ces maladies des consommateurs, un peu trop friands de sucre d’une part, et celle des restaurateurs spécialisés dans la nourriture industrielle d’autre part. Ce ne serait pas faux : les uns et les autres ont évidemment contribué au résultat observé. Mais s’arrêter là serait un peu trop court. Un acteur important – le plus important sans doute – est ici oublié de la photo de famille, et ce n’est pas seulement parce que tous les protagonistes ont enflé au-delà du cadre.

Un peu d’histoire

Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut garder à l’esprit que les sodas et les fast-food existaient déjà dans les années 50, 60 et 70, et que l’explosion de diabètes et d’obésité n’a vraiment commencé à se faire sentir qu’après les années 80. On arguera facilement qu’un tel phénomène de société prend du temps à s’installer, mais au début des années 80, plus d’une génération complète avait pu goûter aux joies du BigMac frites et du Coca, sans que, pourtant, les prévalences observés n’atteignent les taux actuellement observés.

C’est là que les autorités (gouvernementales d’abord, sanitaires ensuite) interviennent, et plus précisément dans la seconde moitié des années 70 : c’est à ce moment en effet qu’apparaissent, à la suite des recommandations officielles du ministère de la santé américain visant à lutter contre les problèmes cardio-vasculaires, les recommandations de lutte contre la présence de matières grasses dans la nourriture. Notons qu’à la suite de ces recommandations américaines, à peu près tous les autres pays occidentaux ont suivi, France y compris, avec plus ou moins de décalage et de bonheur dans la copie de ces consignes.

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Tout se passe comme si les autorités, découvrant un problème de santé (une augmentation alarmante des problèmes cardio-vasculaires), avaient trouvé un coupable (les graisses) et avaient orienté, plus ou moins massivement, les consommateurs et les producteurs vers des nourritures de substitutions qui, à leur tour, ont entraîné un problème plus grave encore (celui de l’obésité et du diabète).

Du reste, certains éléments corroborent cette thèse : les industriels, confrontés aux campagnes sanitaires contre le gras, ont assez rapidement adapté leurs processus de fabrication. Or, pour remplacer les matières grasses des aliments, qui véhiculent généralement le plus de saveurs, un des ingrédients de substitution privilégié sera le sucre, sous forme de glucose ou de sirop fructose-glucose. Outre son prix modique, le sucre (comme le sel) est un exhausteur de goût et permet donc de compenser la perte de saveur des aliments qu’entraîne le retrait des matières grasses.

USDA food pyramid 1992En outre, introduire des doses plus ou moins importantes de sucre ne posait pas de problème puisque ces mêmes autorités sanitaires avaient tacitement donné leur accord, notamment grâce à l’introduction de la fameuse pyramide alimentaire produite par le USDA (US Department of Agriculture) dans laquelle on retrouve ces sucres, féculents et autres céréales en première position.

Depuis, les recherches médicales, tant sur les problèmes cardio-vasculaires que sur les problèmes d’obésité et de diabètes, permettent de comprendre que si certaines graisses peuvent en effet provoquer des maladies cardio-vasculaires (les graisses trans hydrogénées, produites de façon industrielle, et l’acide linoléique), c’est bien le sucre en général, et notamment le fructose (qu’on retrouve dans le HFCS), qui est le principal responsable de l’explosion catastrophique des cas de diabète de type 2 et d’obésité dans le monde.

De ces éléments, on pourra retirer quelques enseignements éclairants.

En premier lieu, ces dérives alimentaires montrent que, conformément à ce qu’on observe dans bien d’autres domaines, les individus accordent finalement bien trop confiance à leur gouvernement, quand bien même celui-ci n’a jamais vraiment fait la preuve de sa grande clairvoyance. Ils ont assez docilement suivi, avec obéissance (puis obésité) les fines recommandations qui leur furent fournies par les autorités et qui en menèrent une partie directement à la tombe.

En outre, il apparaît que les autorités, en se mêlant de nutrition, ont causé d’énormes dégâts, et le nombre de morts prématurés qui peut leur être imputé doit se compter en millions. Ne vous inquiétez pas : l’énorme avantage d’un gouvernement est qu’il n’est responsable que des réussites flamboyantes, les échecs étant orphelins et toujours supportés par tous, peuple en premier. Dans ce contexte, il est plus qu’urgent de se demander s’il est vraiment du sort de l’État de s’occuper de notre assiette.

Enfin, à l’aune des résultats calamiteux dans le domaine alimentaire, il est indispensable que tous, nous conservions le réflexe de nous tenir aussi loin que possible des recommandations du gouvernement en la matière, et, encore mieux, d’étendre cette légitime précaution à l’ensemble des « conseils » qu’il formule régulièrement, que ce soit en matière d’investissement, de sécurité, de gestion des énergies (renouvelables ou pas) ou de l’information qu’il nous distribue avec une générosité douteuse.

La santé, et finalement, notre vie sont des biens trop sérieux pour être laissés dans les mains de cette bande d’irresponsables.

Government Demotivator

Source : http://h16free.com/2016/04/15/52416-lennemi-sucre


Cyprien, Norman, Squeezie et l’entêtant problème du Youtube français

jeudi 14 avril 2016 à 09:00

Le monde francophone des interwebs est en ébullition et les médias les plus branchouilles ne s’y sont pas trompés en relayant la nouvelle avec gourmandise : Cyprien, Norman et Squeezie deviennent multimillionnaires ! Vous ne savez pas qui sont ces trois personnes ? Ne paniquez pas, cela n’a rien d’anormal et rien qui ne se soigne rapidement.

Cyprien, Norman et Squeezie sont trois comédiens qui ont investi le média des jeunes, Youtube, pour faire profiter la communauté internet de leurs talents comiques, en réalisant des vidéos plus ou moins inspirées, qui, de fil en aiguille, réussissent à rencontrer un public puisqu’elles sont régulièrement vues par des millions d’internautes.

D’années en années, et après, soyons en sûr, d’âpres batailles pour trouver des idées, le temps pour réaliser leurs vidéos, des fonds pour l’achat du matériel et engager l’un ou l’autre talent supplémentaire, nos frétillants réalisateurs sont parvenus à fidéliser un public, et a générer de confortables revenus publicitaires autour de leurs productions.

Dans l’environnement français pas spécialement pro-entreprise, c’est, en soi, une véritable performance qui, il faut bien le dire, est nettement aidée par l’heureux décalage entre les lois, pondues par avalanches, et la technologie, qui offre de nouveaux espaces de libertés avant leur colonisation par des armées de sénateurs, députés et autres politiciens avides de taxes, de régulations et d’idées foireuses.

Bilan des courses : après avoir monté leur propre régie publicitaire, celle-ci se fait incorporer par Mixicom, elle-même rachetée dernièrement par Webedia. Si, au départ, nos jeunes talents investissent des sommes fort raisonnables (on parle de quelques milliers d’euros), le rachat revalorise nettement leurs parts : Cyprien a ainsi touché 6,6 millions d’euros, Norman 2,2 millions et Squeezie, 4 millions. Youpi, et tant mieux pour eux.

Là où l’affaire devient croquignolette et ne manquera pas de fournir des réactions intéressantes dans les prochains jours, c’est lorsqu’on apprend au travers de l’article de BFMTV consacré à leur réussite que nos jeunes talents ont fait preuve d’inventivité et d’entregent pour monter leur société et toucher cette coquette plus-value, leur évitant ainsi de se voir imposer à des tarifs prohibitifs.

Jugez plutôt avec l’exemple de Cyprien : il a réalisé une plus-value de 6,6 millions d’euros et s’il avait gardé ses actions à titre personnel, il aurait alors dû payer près de 4 millions d’euros d’impôts, ce qui donne une assez bonne idée de la voracité de l’État en la matière, et de la motivation logique à trouver tous les moyens possibles pour en diminuer l’appétit. Bien sûr, comptez sur certains pour voir dans ces procédés une méchante « panamisation » de leurs capitaux et dès lors, ne loupez pas leur lente montée de cris de jalousie qui ne manquera pas d’advenir.

youtube demotivator

Et si les thuriféraires de la ponction fiscale ne se font pas suffisamment entendre, d’autres sont déjà sur les rangs, avec des motivations différentes mais toujours un objectif similaire : empêcher durablement ceux qui réussissent de pouvoir vivre de leur art.

C’est le cas de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a reniflé chez les Youtubeurs une propension à faire du « placement produit », voire à rémunérer certaines de leurs interventions sur les réseaux sociaux ou dans des happenings trendy.

Eh oui, que voulez-vous : parler, sur Youtube, d’un produit, d’un jeu vidéo, d’une marque, c’est forcément suspect, c’est même, comme l’écrit Le Monde, en toutes lettres à l’encre de sa déontologie la plus pure, « un business trouble ». L’internaute, en effet, est un petit mammifère fragile et stupide qui ne sait pas quand il est baladé par un Youtubeur veule et capitaliste, à la recherche compulsive du profit qu’il fera sur son dos en lui vantant un après-shampoing ou une soirée mousse dans une boîte à la mode. Dès lors, il faut – c’est certain ! – le protéger, ce que s’empressent de faire la DGCCRF et les journalistes lorsqu’ils rappellent les règles justement déontologiques qui devrait animer nos producteurs vidéogènes rigolos.

Maintenant, il faut aussi se résoudre à l’évidence : de même que Bercy n’arrive pas à tout confisquer, il est regrettablement envisageable que la DGCCRF n’arrive pas à épingler (ou pas suffisamment) nos Youtubeurs. Ce serait dommage.

Heureusement, il y a Marisol, et elle saura intervenir pour mettre le holà à ces activités vidéastes louches, n’en doutez pas. Elle a d’ailleurs déjà démontré son pouvoir de nuisance réaction en demandant à ce que soit interdite la diffusion de Recettes Pompettes. Il s’agit de vidéos dont l’idée de base consiste à faire réaliser une recette de cuisine à une célébrité quelconque en lui faisant ingérer une bonne quantité d’alcool en cours de route. Rigolade, cuite sévère et coupures aux couteaux de cuisine, certes, mais surtout, l’occasion, selon la ministre, de « de laisser croire, en particulier aux jeunes, que l’ivresse serait un comportement anodin, voire valorisant. »

Encore une fois, il faut tout faire pour protéger l’internaute – toujours aussi faible et stupide, semble-t-il – de ces abominables Youtubeurs divers et variés et surtout méchants, dont la morale douteuse, quand elle ne les pousse pas à leur vendre du Christophe Maé en loucedé en le passant en musique de fond en boucle dans leurs vidéos (grossière erreur, à mon avis), les autorise apparemment à rendre valorisant le fait d’être complètement bourré.

mangibougisme, programme nationale d'interdiction du fun

C’est étonnant, ne trouvez-vous pas, ce motif récurrent qui se précise à chaque intervention d’un pouvoir public lorsqu’on évoque Youtube ? Quand il ne s’agit pas de le taxer aussi sauvagement que possible, il s’agira d’en réguler aussi fermement que possible les us et coutumes, voire d’en interdire purement et simplement la diffusion parce que, c’est évident, tous ces gens savent bien mieux que les producteurs et les consommateurs ce qui est bon pour eux.

Certes, on avait déjà pu observer ce comportement dans d’autres domaines (en fait, dans à peu près tous les autres domaines), mais l’acharnement actuel concernant Youtube ne doit rien au hasard. Il s’avère que Youtube est un devenu comme un problème en France parce qu’il capte une part croissante de l’attention des jeunes et des moins jeunes qui, en contrepartie, regardent de moins en moins la télé, cette télé chérie de nos élites tant elle a l’avantage d’être bien plus facile à contrôler qu’un média où, finalement, tout le monde participe (a contrario, improvisez-vous chaîne de télé, pour rire).

pub vintages facebook, youtube, twitter, skypePire : Youtube signifie implicitement que la vidéo peut être produite depuis n’importe où… Y compris hors de France, c’est-à-dire hors de ses juridictions de plus en plus étouffantes, ce qui permettra au Youtubeur malin d’échapper par exemple aux contraintes débilissimes de quotas français qui ont purement et simplement saboté la radio française, ou, encore plus pragmatiquement, d’échapper aussi aux interdictions / censures / contraintes légales que le gouvernement impose, parfois au débotté. Tiens, par exemple, une vidéo Youtube peut en présentant un produit alimentaire s’affranchir de préciser systématiquement qu’il ne faut pas oublier de manger trop gras, trop sucré et trop salé cinq fois par jour, chose que n’oserait jamais imaginer la télévision traditionnelle.

Le Youtubeur peut donc passer au travers des mailles du filet et s’adresser directement aux masses, de la façon qu’il lui plaît, sans l’imprimatur officiel du gouvernement, sans la sanction des directeurs de chaînes, des producteurs installés, et de façon générale des gens qui savent mieux que le public ce qui est bon pour lui.

Autant de raisons, on l’aura compris, qui rendent le médium particulièrement irritant pour les autorités et un gouvernement qui veut avant tout continuer à contrôler sa population.

Source : http://h16free.com/2016/04/14/49341-lentetant-probleme-du-youtube-francais