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Front National : la Marine ultra-libérale, vraiment ?

mardi 5 juillet 2016 à 09:00

Journaliste est un métier difficile qui impose parfois d’aller au bout de l’horreur turbo-libérale, cette horreur qui n’est jamais aussi insoutenable que lorsque le professionnel de l’information la trouve à côté de chez lui, dans la banalité du quotidien, au détour d’un fait divers ou, pire encore, dans le programme économique d’un parti d’extrême-droite. C’est à cette plongée dans l’abomination ultra-libérale que la presse nous convie discrètement alors que le Front National entend établir cet été son programme économique.

Et parfois, dès le chapeau des articles qui y sont consacrés, le doute est levé : le programme de Marine émet, sans doute possible, un gros parfum de turbo-libéralisme. Pour le journaliste lambda, élevé à la tétine étatique depuis l’École de Journalmimse jusqu’à son poste actuel en passant par ses nombreux stages et toute la nécessaire conscientisation citoyenne qui eut lieu à l’université où il fit ses armes, le parti d’extrême-droite n’est pas à droite pour rien (cette droite si terriblement pro-capitaliste et pro-patronat), et il peut, dès qu’il en a l’occasion, le démontrer avec brio.

De surcroît, on parle ici d’un parti qui aurait de toute façon bien du mal à changer sa ligne économique, celle qui fait son succès en surfant sur, justement, le néolibéralisme débridé, évident au moins depuis le précédent programme de 2012, et ce d’autant plus que c’est toujours Bernard Monot, économiste chevronné, qui est toujours à la barre et qu’il s’est amplement réclamé lui-même du libéralisme. Si ce n’est pas de la preuve en béton armé et de la fine analyse politico-économique, ça, messieurs dames, je ne sais pas ce que c’est.

Du reste, il suffit d’éplucher les articles pour se convaincre qu’on n’a pas sombré, par mégarde, dans une honteuse pignouferie de presse comme certains pourraient nous le faire croire.

Pignouferies de presse

Ainsi, selon le Figaro, les principales propositions se vautrent sans sourciller dans la facilité gigalibérale. Prenez la baisse des dépenses publiques, de 57% actuellement, que Marine veut ramener à 50% : un État qui ne gobe que la moitié de ce que ses assujettis produisent, voilà qui est à la fois particulièrement clément, et si ce n’est pas du libéralisme, qu’est-ce que c’est ?

Cette baisse serait heureusement financée par une fermeture des frontières (double-plus bon libéral), l’instauration de droits de douane (libéralisme, quand tu nous tiens !) et, bien évidemment, une lutte acharnée et sans merci contre ceux qui tentent d’échapper à la ponction fiscale (libéralisme, vous dis-je). Au passage, avec les taxes de douane serait aussi financée l’augmentation des bas salaires et l’augmentation du salaire minimum, ce dernier étant probablement l’exemple type de libéralisme appliqué. Enfin, notons l’augmentation de l’assiette des impôts à tous les Français, ce qui est, là encore, une bonne volée de libéralisme bien joufflu.

Remarquons tout de même que l’économiste frontiste préconise de cajoler les petits patrons, grâce à des allègements fiscaux conséquents et une priorité donnée aux entreprises locales dans les marchés publics. Gageons que cela ne favorisera absolument pas la connivence entre élus locaux et patrons intéressés, parce qu’une fois passée au Front National, la France sera enfin recomposée d’élus incorruptibles et de patrons responsables.

Et pour les gros patrons, comme le précise l’article du Parisien, notamment de banques, ce sera encore une fois une bonne louchée de libéralisme puisqu’à la liberté de former les alliances commerciales, économiques ou boursières qu’elles veulent, Marine Le Pen opposera une saine obligation de séparer leurs activités de détail et d’affaires : chacun sait que Lehman était une banque mixte, n’est-ce pas, et chacun sait qu’en intervenant ainsi plus ou moins massivement dans le domaine bancaire, l’État apporte toujours des problèmes solutions à tous les solutionsproblèmes.

bernard monot

On pourrait aussi mentionner cette tempête libérale que le Front soulèvera en expliquant que « les entreprises seront libres de choisir leur temps de travail », tempête évitant soigneusement le méchant turbolibéralisme puisque, rassurez-vous, pour ne pas grignoter la compétitivité des entreprises, les éventuelles heures supplémentaires générées seront alors intégralement financées par l’État. Ouf : le libéralisme, oui, mais pas l’ultra non plus, sachons raison garder.

D’ailleurs, les choses sont extrêmement claires, puisque de l’aveu même d’une des « têtes chercheuses » du FN en matière économique,

« Nous avons toujours dénoncé l’ultralibéralisme, mais nous sommes de vrais libéraux »

… Différenciation subtile qui expliquera probablement les petits envois de SMS de rappel à l’ordre de la patronne, Marine, à sa nièce Marion qui avait déposé quelques petits amendements à la Loi Travail à l’époque en discussion à l’Assemblée et encore en discussion au Sénat, dans la rue, dans les médias, au sein du gouvernement et – par voie de conséquence – dans tous les partis de France où cette loi a réussi le tour de force, en plus de dissoudre le Parti Socialiste, de semer la zizanie au Front National.

Il faut dire que Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, d’une part en demandant de relever les seuils sociaux de 50 à 100 salariés pour le premier amendement et en demandant de supprimer (carrément !) l’article 1er bis de la loi sur le harcèlement sexuel pour le second. La loi, depuis passée avec délicatesse grâce au 49.3, n’aura heureusement pas subi cet assaut ultra-libéral de la part de Marion, sa tante Marine ayant fait le nécessaire et s’étant ensuite assurée qu’une fois la discussion au Sénat terminée, ces amendements ne reviendraient pas en deuxième lecture, non mais alors.

Bref, on le comprend : tant du côté de Bernard Monot, celui qui s’est chargé du volet « économique » du programme du Front National, que du côté de Marine Le Pen ou de son équipe, tout le monde est très manifestement prêt à injecter de belles grosses doses de ce libéralimse que les journalistes affectionnent tant de dénoncer, ce libéralimse qui impose la méchante austérité qui aurait – dit-on – frappé la France et ses 57% de dépenses publiques (en hausse ininterrompue depuis des lustres), ce libéralimse qui donne tous les pouvoirs aux méchants banquiers qui obligent les États et les gouvernement à souscrire des dettes par centaines de milliards en leur pointant leurs missiles nucléaires sur les tempes, ce même libéralimse qui a honteusement bousculé les collectivités territoriales dans les emprunts toxiques et la région de Ségolène Royal dans l’opprobre et la quasi-faillite, ce libéralimse barbouillé de toute cette liberté de placer tout un pays en état d’urgence, bref, ce libéralimse qu’on dénonce mais qu’on applique partout et qui reste l’alpha et l’oméga de tous les problèmes français, écrouelles et chaude-pisse comprises.

Tout ceci est évidemment fort confus.

De libéralisme, le vrai, basé sur la liberté et la responsabilité, il n’est déjà plus question depuis des douzaines d’années. Il n’est plus question de rendre aux individus leur liberté de faire ce qu’ils veulent des sommes honnêtement gagnées, mais il n’est question que de lutte contre la fraude ou d’augmentation des impôts. Et quand on parle de diminuer un tant soit peu l’emprise de l’État (de 57 à 50% – la moitié, sacrebleu, la moitié), c’est pour compenser bien vite en instaurant … de nouvelles taxes de douanes. Il n’est plus question de parler philosophie politique, puisque tout, en France, n’est plus qu’un vaste nuancier de rouges et de roses plus ou moins collectivistes, interventionnistes, colbertistes, socialistes ou carrément communistes.

Et l’apothéose est atteinte lorsque nos amis journalistes tentent de faire cracher le morceau (ultralibéral) à un programme qui n’en a même pas le vernis.

C’est grotesque.

libéralisme Front National

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Source : http://h16free.com/2016/07/05/54802-front-national-la-marine-ultra-liberale-vraiment


Égalité, citoyenneté, foutaises

lundi 4 juillet 2016 à 09:00

Dans moins d’un an, l’Assemblée sera renouvelée. Concrètement, compte-tenu des vacances et d’un calendrier électoral chargé, il ne reste donc à nos députés qu’une poignée de mois pleins pour les laisser exprimer leur moi profond, leur créativité législative et les laisser passer toutes les jolies petites expériences sociétales qu’ils ont âprement préparées toutes ces années durant. Excellente raison, donc, pour se déchaîner.

Et justement, ça tombe bien : avec la Loi Égalité et Citoyenneté, il y avait un projet de loi tout désigné pour les idées les plus moisies belles qui pouvaient germer dans l’esprit fertile et inarrêtable de nos élus en mal de légitimité et de reconnaissance éternelle.

Il faut dire qu’arrivé à ce bout du quinquennat, il devient difficile de se lancer dans les lois aux répercussions économiques les plus importantes. La tentative désespérée de remettre un peu d’ordre dans le Code du travail par le truchement du factotum El Khomri ayant abouti à une situation de blocage quasi-parfaite en République du Bisounoursland, il faut donc se concentrer sur ces lois qui se contentent de bricoler à la marge, et qui peuvent toujours se parer de la morale, du bien-être ou de ce bon sens dont les députés sont, pourtant, si dépourvus habituellement.

Le sociétal est donc un domaine tout trouvé pour ces expérimentations législatives. Oh, attention, on ne parle pas de ces grands chambardements tels que le mariage homosexuel qui aura lâché sur la France des hordes de conservateurs assoiffés de destructions de magasins, de manifestations violentes avec échauffourées et d’occupations permanentes de places publiques pour réclamer un autre monde possible, démontrant d’ailleurs l’impuissance d’une police désemparée, incapable de calmer ces dangereuses mères de famille avec poussettes qui passaient leur temps à lancer pavés et objets contondants à des compagnies républicaines stoïques sur ordre. Non. Pas de ça ici, mais plutôt de simples bricolages qui n’ont, dans l’opinion publique générale, qu’un impact modeste sur les individus et semblent couler de source.

Or donc, quelques amendements permettent d’ajouter des petites sucreries législatives à un projet par ailleurs fourre-tout morne, et habituelle giclée de moraline grasse et corrosive d’un socialisme en bout de course.

Je ne vous ferai pas l’affront de détailler le projet global, ce dernier s’ébrouant mollement dans les boues épaisses du service civil obligatoire et de la réserve citoyenne, l’immixtion de l’État dans la vie associative, du mille-feuille administratif entre les régions et l’État, de la formation décidée, encadrée et organisée par l’État, la mixité sociale, l’égalité réelle, concrète, palpable, tangible et solide et des douzaines d’autres babioles plus ou moins cachées au détour des 41 articles, trois titres et de la demi-douzaine de chapitres qui forment ce gros patapouf législatif sur lequel il fut finalement fort aisé de coller plein de cavaliers.

On pourra en tout cas en citer deux, symptomatiques.

collectif antigone - liberté d'expressionLe premier, c’est l’extension de la lubie catastrophique de nos députés à vouloir absolument régenter les pensées. Surfant sans la moindre gêne sur le sophisme qu’interdire par la loi un négationnisme est un vrai acte de courage et qu’une interdiction d’une pensée idiote ou coupable permet de faire reculer les idées nauséabondes, nos braves élus ont décidé qu’il ne suffisait pas d’interdire la négation de la Shoah mais qu’il fallait aussi faire de même pour le génocide arménien. Youpi. La liste des génocides étant (malheureusement) assez longue, on peut déjà voir se profiler les supporters d’une loi mémorielle équivalente pour le génocide vendéen ou pour tous ceux qui viendraient à l’idée de quelqu’un de contester.

La suite logique, c’est d’interdire la contestation de faits historiques moins saillants, puis, pourquoi pas et par extension, verrouiller une bonne fois pour toutes certains champs de la géographie, de la biologie, de la physique ou des mathématiques que d’aucuns prennent un peu trop à la légère, merde à la fin : il est temps que la valeur de Pi soit gravée dans le marbre, les approximations ont suffisamment duré. Et de toute façon, la liberté d’expression s’entend toujours pour ceux qui ont une opinion décente, n’est-ce pas…

freedom of speech - liberté d'expression

Le second, c’est l’invasion, toujours plus loin, toujours plus forte, du législatif dans la vie intime des individus, de leur famille, et dans l’encadrement de leurs comportements. Cette fois-ci, il s’agit de légiférer sur les violences corporelles exactement comme si celles-ci avaient un jour été autorisées en France et s’il était permis, jusqu’à présent, de torturer ou frapper ses enfants dans la plus parfaite décontraction du législateur qui regarderait ailleurs en attendant tranquillement qu’un os se brise pour décider d’intervenir, éventuellement, peut-être… L’idée réelle des députés est donc d’accroître encore le champ d’application des textes existants et d’étendre ces interdictions au cadre de l’autorité parentale qui exclura donc « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».

Comme souvent lorsqu’on pave l’enfer de bonnes intentions, les députés ont ici soigneusement alignés leurs pavés en croyant lutter contre les sévices faits aux enfants (ce dont toutes les lois précédentes se chargeaient pourtant déjà). Charge ensuite à l’État, dans sa grande intelligence et son immense finesse, de définir au quotidien ce que « traitement humiliant » veut dire. Délice de l’administration qui se chargera de retirer les enfants de parents jugés incompétents par la magie d’un texte de trop : forcément, il n’y aura pas d’erreurs, de dénonciations calomnieuses, de dérapages et de familles déchirées, jamais, puisque le texte part d’une bonne intention, voyons.

spanking - fessée

Mmmh, vraiment, ce projet législatif obèse, ces amendements cavaliers, tout ceci sent bon la fin de règne, la nécessité pour cette Assemblée de pondre de la loi toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort. La meute républicaine a reniflé sa fin proche et ces derniers projets, passés en blocs, sentent un peu l’hallali.

Chaque député, chaque ministre, gonflés de sa propre importance, veut passer sa petite loi, faire le plein de projets concrétisés afin de pouvoir dire enfin, lorsque le temps des urnes reviendra, « Regardez ce que j’ai fait pour vous » tant est forte la peur de se faire débarquer pour incompétence à la prochaine législative.

Mais surtout, l’actuelle majorité a bien compris qu’en tartinant ainsi les codes de leurs excréments législatifs, leurs successeurs devront se coltiner ces lois débiles et interminables sans vraiment pouvoir revenir en arrière (et on ne manque pas d’exemples en la matière – Rocard, récemment décédé, n’imaginait probablement pas que sa CSG lui survivrait). Ici, c’est identique : à la fin de règne, on ouvre à fond le robinet à niaiseries, on taille à grands coups de marteau-pilon dans un sociétal peu coûteux, et les députés de la majorité suivante devront gérer leurs scories les cinq prochaines années. Et si jamais il leur venait la fantaisie de revenir en arrière, l’opposition d’alors se fera un plaisir de hurler devant tant d’infamie.

La France, bateau ivre et percé de toutes parts, s’enfonce lentement. Les élus, cyniques et bien certains d’avoir une place dans de beaux canots de sauvetage, vérifient que personne ne chaparde les petites cuillères en argent.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2016/07/04/54783-egalite-citoyennete-foutaises


L’Union européenne se mêle (beaucoup trop) de tout

dimanche 3 juillet 2016 à 11:00

Un peu plus d’une semaine après le Brexit, le bilan est déjà particulièrement croquignolet. Des deux côtés de la Manche, les politiciens nagent dans la consternation et leurs déclarations s’empilent mollement les unes sur les autres, montrant qu’ils n’ont absolument rien compris des raisons qui expliquent ce qui vient de se passer. C’est tellement vrai que, pendant ce temps, la grosse machine bruxelloise continue son emballement.

Et c’est un peu abasourdi qu’on observe donc l’inébranlable avancée des institutions européennes sur les chemins depuis longtemps balisés, parfaitement imperméable aux changements du reste du monde. Et parfois, le cadencement de leurs opérations laisse quelque peu dubitatif.

Prenez, par exemple, l’actuel tour de négociations ouvert il y a quelques jours avec la Turquie, qui concerne les questions budgétaires et répond au pacte signé en mars entre les deux entités pour tenter d’endiguer la crise migratoire qui secoue le continent.

Certes, ces négociations et ces traités proviennent d’un processus fort long, aux dates souvent arrêtées des mois à l’avance. Certes, des questions prégnantes, à commencer par l’épineuse crise des vagues migratoires actuelles justement en provenance de Turquie nécessitent la mise en place d’un dialogue entre l’Union d’un côté et la Turquie de l’autre. Certes.

Mais l’actualité politique imposerait sans l’ombre d’un doute une prise de recul, ne serait-ce que pour trouver le moment le plus adéquat pour engager ces pourparlers particulièrement épineux.

Or, il n’en est rien ou à peu près. Les dirigeants européens, Merkel en tête, ont beau jeu ensuite de prétendre que ces négociations ne sont ouvertes que sur des aspects économiques et seulement dans le cadre des accords signés en mars dernier concernant la crise migratoire, mais force est de constater que cette information, alors que l’Union est en proie à ce qui ressemble bien à sa plus grave crise en 50 ans, arrive comme un cheveu sur la soupe.

Ce problème n’est ni nouveau, ni unique.

Rien que dans les dernières semaines, on peut noter de nombreuses occurrences de ce genre de voltige politique douteuse.

robot will process data for energyÀ titre anecdotique (mais parfaitement illustratif), on pourrait prendre un récent document de travail produit par la Commission des affaires juridiques du Parlement européen, et qui entend proposer un cadre pour définir un statut légal régissant les robots. Frétillant d’aise, les parlementaires concernés sont heureux de présenter à la presse cette première tentative mondiale de définir ce qu’est un robot intelligent et quels seront ses droits et ses devoirs.

C’est assez grotesque dans l’esprit puisqu’il s’agit avant tout de répondre (par la loi, la règlementation et de lourdes directives) à un problème, celui du statut juridique des robots, qui ne se pose que dans la tête de ces gens-là. En outre, en créant ce statut bien avant toute nécessité et en faisant fi de l’intelligence ou de la souplesse d’adaptation des institutions juridiques humaines actuelles, l’institution entend donc définir les cadres juridiques à la place de ceux qui seront concernés, et avant qu’ils le soient.

En réalité, lorsqu’on gratte la surface de cette initiative, on se rend compte que la démarche n’est pas ubuesque mais motivée par des raisons bien plus idéologiques qu’autre chose : puisqu’une responsabilité juridique de ces « robots intelligents » risque bien de poser quelques soucis, les parlementaires européens ont imaginé mettre en place un fonds alimenté par des taxes prélevées auprès des constructeurs et des utilisateurs.

Je passe sur la taxe prélevée sur les constructeurs, cette dernière étant de toute façon reportée dans le prix et donc, in fine, au moins en partie payée par les acheteurs / consommateurs / utilisateurs, et je me contenterai donc de remarquer que la démarche revient en définitive à chercher une nouvelle assiette de taxation, en découvrant une bonne raison pour le faire quitte à créer un problème de toutes pièces.

Et pendant que quelques parlementaires européens entendent donner de nouveaux droits aux robots, d’autres se sont chargés d’en enlever aux humains pour faire bonne mesure.

Utilisant le prétexte des attaques terroristes de Paris en janvier puis novembre 2015 et urgeant les uns et les autres à agir à la suite de celles survenues à Bruxelles en mars, le Conseil européen a officiellement supporté l’idée d’étendre l’interdiction de possession des armes à feu comme le proposait la Commission depuis le 18 novembre 2015.

Cependant, comme le font remarquer les pétitionnaires de Firearms-United, ces propositions sont établies sans étude d’impact, sans discernement et essentiellement sous le coup de l’émotion (pour la partie visible) et avec, toujours, ce fond idéologique qui consiste à prétendre trouver une solution au terrorisme en désarmant les tireurs enregistrés, citoyens obéissants par définition, et en ensevelissant ces derniers sous des lois que les criminels, méchants qu’ils sont, s’emploient pourtant à contourner systématiquement.

ban guns

En somme, ou bien l’Union utilise les événements quotidiens pour pousser des lois et des directives de plus en plus contraignantes, ou bien elle fait semblant d’ignorer cette actualité pour continuer, obstinément, un chemin qu’elle s’est tracée toute seule, ou bien elle décide unilatéralement de l’existence d’un problème pour imaginer une taxe assise dessus…

Bref, on le comprend, le problème est que ces institutions multiplient les faux-pas ou les ingérences de plus en plus invraisemblables, et qu’elles le font avec un détachement croissant des peuples qu’elles sont censées représenter.

Ainsi, la question turque est un sujet particulièrement clivant dans toutes les sociétés européennes… Et leurs peuples n’ont pas du tout été interrogés sur la pertinence ou non de ces traités turco-européens. Ainsi, la création d’une nouvelle taxe ne semble guère émouvoir les parlementaires alors qu’il s’agit, encore une fois, d’une ponction décidée sans que le public n’ait même émis le moindre désir qu’une telle législation existe. Ainsi, les institutions ont décidé de désarmer les citoyens respectueux dont aucun n’est responsable du terrorisme qui a dernièrement secoué l’Europe, et ce, sans les consulter et avec un a priori idéologique aussi évident qu’illogique voire grotesque.

Mais voilà : au lieu d’un modeste gérant placide et bienveillant, l’Union est devenue un Golem incontrôlable. Malgré ces constats, multiples, de l’écart entre les institutions et les citoyens, malgré la surdité évidente dont ces institutions font preuve face aux réclamations maintenant de plus en plus vocales des peuples, malgré les rebuffades qu’elles subissent dans les urnes, que propose la fine équipe de politiciens actuellement en place ? Mais davantage de cette Europe-là, pardi !

Forcément, ça va bien se terminer.

this will not end well - mud

Source : http://h16free.com/2016/07/03/54576-lunion-europeenne-se-mele-beaucoup-trop-de-tout


APL maintenues en cas d’impayés ? Oui, c’est possible : ce n’est pas l’État qui paye !

vendredi 1 juillet 2016 à 09:00

Un article de Nafy-Nathalie et h16

Grâce au Droit Au Logement Opposable (DALO), la France peut s’enorgueillir d’avoir trouvé une solution élégante et efficace à un problème grave et lancinant. Depuis qu’elle est en place, il n’y a plus de vagabonds, les Sans Domiciles Fixes ont disparu et les problèmes de logement ont tous disparus… Ou pas du tout.

Le DALO, simple et pas cher ?

En fait, un article de La Croix nous apprend que « Depuis 2008, l’État a été condamné 25 000 fois pour ne pas avoir relogé des ménages dans les temps impartis ». Zut. Finalement, le Droit Au Logement, ce n’est pas si simple… Et c’est aussi coûteux : suite à ces condamnations, 25 millions d’euros d’astreinte ont été versées en 2013 et 19,2 millions en 2014. Si le montant des astreintes a diminué ce n’est pas parce qu’il y a eu moins de condamnation mais c’est parce que les modalités d’accès au DALO ont été durcies. Au lieu d’être versées aux plaignants, elles étaient versées, par un tour de passe-passe dont l’État a le secret sur le « Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement » (le FNAVDL). En gros l’État se verse plus ou moins à lui-même les astreintes au paiement desquelles il a été condamné.

small implied facepalmÇa ne pouvait pas durer. En avril 2015, la Cour européenne précise que le versement des astreintes à ce fonds est contraire aux dispositions du droit au logement opposable et ordonne le versement d’astreintes renforcées au plaignant. Le dernier rapport remis au ministre du logement début 2016 faisait état de 60.000 ménages en attente de relogement et donc autant de condamnations possibles de l’Etat avec obligation de verser ces astreintes dans les poches « mal logés »…

Les poches du contribuable, elles, peuvent trembler.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

En mai 1990, 48 familles sont expulsées et se retrouvent dans des tentes place de la Réunion. La France se mobilise pour les aider, et les politiciens derrière elle, ce qui aboutira, en octobre 1990, à la création de l’association du Droit au logement (DAL). Elle occupe le devant de la scène médiatique tant par les opérations qu’elle mène que par les soutiens qu’elle a (artistes, politiques, Abbé Pierre) et agit de concert avec d’autres associations comme les Enfants de Don Quichotte.

Du côté des politiciens, Jospin, alors premier Ministre de Chirac pendant son premier mandat, fait adopter plusieurs lois en faveur des défavorisés du logement : le 29 juillet 1998, les expulsions locatives sans autorisation du préfet sont interdites et en décembre 2000, la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) fixe un quota de logements sociaux à 20% par ville.

En 2005, d’avril à août, des incendies éclatent dans des immeubles abritant des mal logés. Profitant de l’occasion, Christine Boutin propose une loi en faveur du logement des défavorisés qui sera retoquée tout comme le projet de loi DALO proposé par les parlementaires socialistes, un an plus tard le 11 avril 2006. Fin 2006, les Enfants de Don Quichotte s’emparent du sujet et lancent une action médiatique peu commune sur le territoire national. Les berges du canal Saint Martin à Paris sont ainsi recouvertes de tente.

La pression est si grande que Jacques Chirac, alors dans son second mandat, indique lors de ses vœux du 31 décembre qu’il va faire adopter une loi instituant le droit au logement opposable avant la fin de son mandat. Le 5 mars 2007, c’est chose faite.

La loi s’appliquera d’abord en 2008 aux personnes aux situations les plus difficiles puis en 2012 s’étendra à toutes les personnes éligibles aux logements sociaux. Et c’est donc dès 2008, le 20 mai, que le tribunal administratif de Paris reconnaîtra le droit opposable au logement (DALO) au bénéfice d’une famille mal logée qui contestait le rejet de son dossier par la préfecture.

Des effets … désastreux

En définitive, les politiciens ont cru résoudre les problèmes de logement avec ce DALO, mais les lois ne fabriquant pas de logements, il n’en a évidemment rien été. Pire, depuis, on a accumulé les condamnations pour non respect de ce nouveau droit … Ainsi que pour non respect du droit de propriété http://www.juritravail.com/Actualite/procedure-civile/Id/78191 .

Eh oui, on l’oublie un peu, mais le droit de propriété est un droit constitutionnel, et le DALO n’a rien retiré de la valeur de celui de propriété. Ce dernier est également un droit défendu par la Convention européenne des droits de l’homme qui dispose que :

« Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. » (art. 1)

« Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. » (art.6-1)

L’État doit alors résoudre un curieux paradoxe : s’il expulse, il est condamné parce qu’il ne peut pas reloger et s’il n’expulse pas, il est aussi condamné pour non-respect du droit de propriété.

oh noes

La loi crée un problème ? Créons une nouvelle loi !

En 2011, on compte 13.000 expulsions de locataires par la force publique et 155.000 procédures engagées pour obtenir l’expulsion des locataires… Et donc autant de locataires potentiellement bénéficiaires du DALO puisque la majorité de ces expulsions sont demandées pour impayées.

Du point de vue de l’État, il est alors politiquement plus simple d’éviter les condamnations au titre du droit de propriété qu’au titre du DALO. Par exemple, les politiciens ont la possibilité de multiplier les logements sociaux et peu importe s’ils sont bâtis n’importe comment. Une autre « solution » géniale consiste à appliquer un encadrement des loyers.

Enfin, on peut utiliser le levier des APL (aides personnelles au logement), qui permet d’inciter au maintien dans les lieux, en alourdissant les procédures d’expulsions, quitte à aider un peu les locataires à payer leur loyer.

Enfin, « un peu », c’est une façon de parler : cet APL, qui vise à aider les plus défavorisés à financer un logement, coûte environ 15 milliards d’euros par an aux contribuables et est versé à plus de 6,5 millions de personne. Pour ce prix, on s’attendrait à des effets positifs. Malheureusement, il n’en est rien.

Jusqu’à présent, l’APL, versée au bailleur dans le cadre d’un tiers payant et versée par la caisse d’allocation familiale (CAF), impose en contrepartie au propriétaire de signaler tous les impayés.

Un décret qui change tout

Mais ça, c’était avant.

En effet, depuis le décret du 6 juin 2016 qui rentre en vigueur le premier septembre prochain, quelques dispositions des APL changent « un peu » la donne.

Tout d’abord, dans un tour de passe-passe qui semble curieusement ne choquer personne, ce décret transfère des compétences départementales publiques à des organismes payeurs. C’est donc la CAF qui va maintenant gérer les impayés… avec toute son efficacité légendaire.

Ensuite, la notion d’impayé est maintenant clairement définie par ce décret à deux échéances non payées.

En outre, le décret introduit une distinction entre les bénéficiaires « de bonne foi », qui peuvent éventuellement faire l’objet d’un plan d’apurement, et les autres. Charge aux autorités compétentes (lesquelles ? quand ? où) de savoir faire la distinction entre un locataire de bonne foi et les autres.

Enfin, comme expliqué plus haut, ce décret s’inscrit dans la prévention des expulsions… Tout en ajoutant une nouvelle brochette d’obligations et de sanctions au détriment du bailleur.

jesus petit facepalmCe dernier a par exemple une obligation d’information renforcée : il devra ainsi signaler tout impayé à l’organisme payeur, et ce dans un délai fixé à trois mois ou une dette équivalente à deux échéances, pour favoriser la mise en place rapide d’un plan d’apurement de la dette locative. Dans ce contexte, les bailleurs doivent être les premiers à signaler les situations d’impayés, en défaut de quoi, le bailleur peut être exposé à une pénalité d’un montant pouvant atteindre deux fois le plafond mensuel de la Sécurité Sociale (loi ALUR). Le décret n’a fait que préciser le délai.

small facepalmPour aider au maintien dans les lieux, les aides au logement (allocations de logement familiale ou sociale et APL) seront maintenues pour les allocataires de bonne foi qui ne sont pas en mesure de régler la part de la dépense restant à leur charge. Cependant, si l’allocataire ne parvient pas à se mettre à jour malgré tout et/ou que le propriétaire obtient un jugement d’expulsion, une protection accrue a été instaurée à tous les stades pour éviter cette expulsion.

Ainsi, c’est le préfet qui déterminera le seuil de déclenchement des commandements de payer.

Ainsi, si vous ne notifiez pas l’assignation aux fins d’expulser au Préfet, elle devient irrecevable.

small double facepalmAinsi, l’huissier doit maintenant informer l’État et également le locataire à expulser qu’il lui est possible de saisir la commission de médiation en vue d’une demande de relogement au titre du DALO, et ce, même alors que cet huissier est payé et missionné par le propriétaire victime d’un mauvais payeur : la victime se retrouve à payer pour aider celui qui lui cause préjudice.

Ainsi, le délai de grâce passe de deux à trois ans pour tenir compte du délai de relogement dans le cadre du DALO. Dans ce cadre, le juge peut suspendre toutes les procédures d’exécution engagées par le créancier.

Ainsi, on a allongé la trêve hivernale y compris pour les occupants sans titre (squatteurs).

Ainsi, on a créé un nouveau délit pénal : si vous êtes propriétaire et que vous décidez d’expulser votre locataire sans respecter toutes les procédures, vous pourriez être condamné à 3 ans de prison et 30.000 € d’amende.

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Encore un décret scélérat

On le voit : ce décret, passé en douce en ce début juin, alourdit encore un peu les contraintes qui pèsent sur le propriétaire. Dans les médias, on aura surtout retenu le maintien de l’APL comme garantie pour les bailleurs, oubliant que ceci est un moyen sûr d’empêcher les expulsions des mauvais payeurs, avec ou sans titre, et ce afin d’éviter les condamnations de l’État.

Les effets pervers de ces dispositions sont nombreux et ne manqueront pas de se dévoiler dans les mois à venir. Le plus évident sera qu’afin d’assurer sa tranquillité, un propriétaire lucide choisira maintenant des locataires aux revenus suffisants pour les exclure des APL. Ceci va inévitablement limiter encore plus l’accès au logement des plus défavorisés.

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Source : http://h16free.com/2016/07/01/54612-apl-maintenues-en-cas-dimpayes-oui-cest-possible-ce-nest-pas-letat-qui-paye


Bitcoin : il faut interdire Bernard Debré !

jeudi 30 juin 2016 à 09:00

Mardi 28 juin sera une date historique pour toute la France des plus de 70 ans. Non, il ne s’agit pas d’une aventure d’Alain Juppé, le candidat des maisons de retraite, mais d’une révélation, que dis-je, d’une véritable épiphanie qui vient de toucher de sa grâce un vénérable député : Bernard Debré vient de découvrir la face caché des intertubes.

Internet : une série de tubesPassé un certain âge, et avec l’habitude de vivre douillettement engoncé dans les cuirs moelleux et les ors rutilants de la République, les évolutions technologiques deviennent rapidement incompréhensibles. Logiquement, chaque incursion hors de sa zone de confort devient une aventure rocambolesque qui vire rapidement au mode hard-core dès qu’on touche à des sujets sulfureux comme (au hasard) le sexe, la drogue, le rock’n’roll, et surtout, surtout, le darknet et les bitcoins.

Mélangez le tout, agitez avec un peu d’Alka-Seltzer ou de Pepto-Bismol, et vous obtenez forcément un événement de classe internationale. Mardi 28 juin, c’est ce qui s’est produit lorsque Bernard le dépité a raconté dans un entretien sur LCI sa dernière expérience technoïde : par l’indispensable truchement d’un journaliste de Valeurs Actuelles et du président de l’association Parents Contre La Drogue, l’élu des Républicains a testé les internets.

Il s’est rendu compte que l’Europe existait réellement, que la liberté de circulation des biens n’était pas chimère et qu’acheter aux Pays-Bas avec sa carte bancaire des produits qui font rire pour les faire livrer, bêtement, par la poste, chez soi, était tout à fait possible. Positivement stupéfiant ! Ah, les internets, quelle surprise !

Il a ensuite constaté qu’à cette facilité déjà inouïe, il fallait ajouter celle qu’on pouvait avoir lorsqu’on se rend sur le darknet. Attention, mes petits amis, le darknet, ce n’est pas pour les faibles d’esprits et les paisibles retraités. Déjà, avec un nom qui ressemble à ce grand bonhomme de science fiction à la respiration bruyante, on peut s’attendre au pire. Et comme l’indique très clairement et sans la moindre ambiguïté cet article plein de journalimsme taillé au cordeau, le darknet, c’est « accessible par logiciel » (au contraire de les internets qui, eux, sont accessible par tam-tam, je présume).

Et sur ce darknet-accessible-par-logiciel, on trouve tout un tas de paquets de milliers de sites aussi zillégaux que consultables de manière privée. Pour Bernie, l’expérience fut suffisante pour renverser son plateau de biscuit et louper au moins deux épisodes consécutifs de Joséphine Ange Gardien. Certains firent l’Indochine, d’autres le Vietnam, mais avec lui, « On a fait le darknet. Et là, c’est incroyable. »

Ben oui : comme l’explique The Bern, « Vous passez par un logiciel, Thor » (on supposera charitablement que la coquille sur Tor est un simple cas de journalimsme sans gravité), et ensuite, de fil (de chanvre) en aiguille (de piquouse), c’est l’enfer : un véritable supermarché de tout et n’importe quoi, dont « des kalachnikovs, du TNT, des faux billets, des organes à greffer ». Au détour d’un clic malheureux, « vous avez par exemple 30 à 36.000 sites de cocaïne ».

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Cocaïne dont une petite pincée aurait peut-être fait du bien à notre homme dont l’esprit semble maintenant fort confus au point de confondre sites, vendeurs et articles, mais baste, passons. Il y a bien plus grave puisque pour payer, il faut se vautrer dans une fange ignoble, celle d’une monnaie numérique sans contrôle : le bitcoin.

« On a commandé de la cocaïne. Mais il faut payer par bitcoins. […] Et donc on a commandé. Ça a été livré. 1 gramme de cocaïne, 80 et quelques euros. »

feel the bernBrave homme qui découvre qu’on peut utiliser des moyens technologiques complexes et des monnaies numériques confidentielles et encore relativement compliquées pour se procurer une drogue récréative à Paris en ce XXIème siècle où elle est pourtant disponible à foison et bien plus facilement auprès de trouzaines de dealers répartis dans toute la capitale. Heureusement que nos amis qui font du journalimsme n’ont pas expliqué à Bernie que pour chaque gramme vendu en Bitcoin, il devait en partir un bon kilo de façon traditionnelle vendus avec des euros standards, produits en masse par la petite imprimante de Mario Draghi. En eût-il été informé, il aurait probablement fait un AVC radical.

Et ménager notre septuagénaire aventureux est tout à fait nécessaire quand on voit sa réaction en constatant que la drogue qu’il s’est procurée est … pure ! Sapredieu, on ne lui a même pas refilé du plâtre coupé au sucre ! C’est plus qu’un scandale, c’est carrément angoissant au point qu’une fois ces constats posés, il nous a véritablement pété un câble dans la dernière ligne droite. Je ne résiste pas à vous le citer in extenso :

« Est-ce que c’est la démocratie de pouvoir acheter une kalachnikov sans que personne ne le sache ? Du TNT ? »

Hum.

Je soupçonne que sur les 100 grammes de champignons hallucinogènes eux aussi commandés sur les internets, quelques grammes n’ont jamais été retrouvés.

gifa dr house dunno sais pas wut

Mais papy Debré, enfin, voyons, enfin, mais mais mais, saprilipopette, que vient faire la démocratie dans le fait de pouvoir acheter ou pas une arme ? Qu’on soit ou non sur les intertubes, le sujet « achat d’une arme » et le sujet « démocratie » n’ont absolument rien à voir ! On pourrait évoquer la liberté, le droit de se défendre, mais le lien avec la démocratie, je ne comprends pas. Bernard, vous poussez le bouchon !

Sans reprendre son souffle, notre homme continue pourtant :

« On peut acheter des films pornographiques. On peut tout acheter, le pire de ce qui existe. »

Ah ça, pour sûr, on trouve de tout sur les internets, surtout en terme de films avec des messieurs et des mesdames tous nus qui font des trucs. Maintenant, il n’y a plus guère que Bernie, les gens de sa génération et ses pieds nickelés en journalimsme pour acheter des films pornographiques qu’on trouve gratuits partout ailleurs par cargaisons entières. Cependant, le coup d’estoc arrive maintenant lorsque notre élu conclut, les yeux exorbités et la lippe pendante :

« Si ça continue comme ça – mais peut-être est-ce un bien – il n’y aura plus de dealers physiques ! »

gifa dr house disappointed déçu tristounet

Raaaaargh mais c’est abominable ! C’est la mort du petit commerce, ça, monsieur ! Enfin se révèle Bernard D., en lutte ouverte contre l’uberisation des petits dealers artisanaux, proches de leurs consommateurs, ceux-là même qui refont du lien social dans nos tés-ci et nos quartchiers et que le darknet est en train de faire mourir à petit feu ! Et ce n’est que logique d’apprendre que son combat impose alors l’ouverture d’une mission d’information parlementaire sur le sujet, assortie d’une demande d’interdiction du méchant bitcoin en France.

Parce que bien sûr, cela est à la fois techniquement faisable et que cela représente une vraie solution au problème de drogue dans le pays…

drogues - souvenez vous les enfants elles sont super chères

On cherche souvent à comprendre le décalage qui existe entre nos représentants et la société qui les a élus, mais rarement il n’est aussi flagrant que lorsqu’un honnête homme, depuis trop longtemps retiré des affaires de ce monde et cocooné par des institutions bien trop protectrices, s’exprime très loin en dehors de son champ d’expertise, avec bien plus d’émotion que de raison et sans le recul et la prudence nécessaires qu’imposent la méconnaissance. Bernard Debré, dans son combat contre la drogue, semble oublier avec application les dizaines d’années de lutte complètement inutile contre ce fléau. Avec la même application, il montre le même travers lamentable que suivent ses petits copains législateurs qui consiste à croire qu’on peut résoudre un problème de société avec une bonne série de lois. Avec la même absence de connaissance, il préconise donc de s’attaquer à un vecteur commercial (le bitcoin) sentant probablement confusément son impuissance à s’attaquer au reste, sans même imaginer que sa lutte est vaine et techniquement perdue d’avance.

Enfin, on ne peut ignorer l’empressement des médias à relayer cette triste pitrerie dans des articles consternants d’approximations, empressement qui montre leur goût du sensationnel et du ridicule, et, encore une fois, tous les dangers de coller un gros micro mou sous le nez d’un homme politique en lui donnant ainsi une exposition qu’il ne mériterait pas.

Non décidément, monsieur Debré, vous ne parviendrez pas à juguler l’usage de la drogue en vous attaquant à Bitcoin, au darknet et aux coffee-shops hollandais. Ce serait aussi ridicule et aussi inefficace qu’interdire les billets de 500€ au motif qu’ils favorisent le banditisme.

Oh. Wait…

gifa lolcat : Sniffage de chaton

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Source : http://h16free.com/2016/06/30/54727-bitcoin-il-faut-interdire-bernard-debre