PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Encore une belle page du syndicalisme à la française

lundi 21 mars 2016 à 09:00

Parfois, en quelques jours, on fait plus « progresser » la cause du syndicalisme en France qu’en plusieurs années d’acharnement à s’époumoner sur l’absolue nécessité d’avoir des syndicats forts, très forts, pour s’opposer au méchant (très méchant) patronat et « protéger », vaille que vaille mais surtout coûte que coûte le salarié contre les abominations capitalistes modernes.

la cgtEt la semaine passée, ce sont deux actualités qui sont entrées dans une collision moelleuse pour nous fournir deux magnifiques exemples de l’énorme contribution de nos syndicats français au bonheur intérieur brut. Très brut.

La première actualité fut celle de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Bayonne. L’affaire a éclaté, de façon d’abord discrète dans les feuilles de choux locales puis, alors que la polémique enflait, dans les médias nationaux, au point d’entraîner un rappel à l’ordre de la ministre de la Fonction publique (ce qui est l’équivalent, en terme de sanctions disciplinaires, des « gros yeux » de votre maman lorsque vous étiez pris la main dans le paquet de biscuits alors que ce n’était pas encore l’heure de goûter).

Et que reprochait la ministre à cette CPAM ? D’avoir, mardi après-midi, fermé quatre de ses cinq agences de l’agglomération bayonnaise à 14H00 au lieu de 16H30 habituellement, et ce afin d’assister au pot de départ à la retraite de son directeur.

Eh oui : les petits plats sont généreusement mis dans les grands lorsqu’il s’agit de fêter le départ du directeur, au point de fermer la porte des agences au museau des administrés qui auront cependant le plaisir d’apprendre que les frais de ce pot sont entièrement couverts par leurs aimables cotisations dont tout refus de prélèvement entraîne vexations, huissiers, condamnation, prison ou parfois suicide.

Après avoir fait ses gros yeux, la ministre s’est peu exprimée sur le sujet, en se contentant d’un petit (je cite) :

« La fonction publique doit bien prendre en compte la totalité de ses missions, de ses devoirs, et être irréprochable. Il y a des règles à rappeler et c’est dans le cadre de la loi déontologie que nous le rappellerons. »

… qui revient en substance à faire comprendre Rooh là là, bande de petits canaillous, ce n’est pas très déontologique, tout ça. Pas un mot n’a été émis sur la présence de fêtes champagnisées dans le cadre professionnel (ce qui n’est pas autorisé),  et même si la ministre comprend confusément que ce magnifique scandale local n’est que la partie émergée d’un iceberg probablement assez phénoménal au niveau national, on en restera là devant le constat qu’encore une fois, le cotisant se fait généreusement entuber sans vaseline (seulement sur ordonnance et non remboursée).

Et outre les dépenses irritantes pour une caisse qui, comme les autres, accumule plutôt les problèmes de trésorerie (la Sécurité sociale française n’est plus réputée faire d’excédents budgétaires depuis un moment), c’est bien plus la désinvolture avec laquelle la gabegie est organisée qui a largement contribué à faire de cette petite actualité une nouvelle polémique nationale.

Désinvolture qui rappelle assez assez furieusement ceci, qui avait eu lieu pour fêter les 10 ans du Mouv’, cette chaîne de radio publique d’entre-soi écoutée par personne et financée par tous.

Mais cette affaire, déjà scandaleuse en elle-même, ne serait pas complète sans son pompon syndical puisqu’en fait, on n’a appris ces dérapages budgétaires pour petits fours festifs que grâce à l’intervention finement ciblée d’un syndicat.

Vous l’avez compris : si vous êtes maintenant au courant, c’est parce que la CGT a choisi d’en faire tout un plat. Et si ce syndicat a effectivement pris fait et cause pour les cotisants de la CPAM de Bayonne, c’est essentiellement parce qu’elle est en conflit avec … la direction de la CPAM depuis plusieurs mois. Autrement dit, le public n’est finalement au courant de cet énième abus que grâce (ou à cause, selon le point de vue) d’une nouvelle guéguerre syndicale interne à la CPAM en question.

La bisbille entre la CGT et cette direction est à ce point sérieuse qu’une plainte a même été déposée, faisant état de travail dissimulé par dissimulation d’heures, dépassement de la durée légale journalière de travail et dépassement de la durée hebdomadaire de travail. On comprend que lorsque le directeur a organisé son pot, en plein après-midi, aux frais des cotisants et sur les horaires de travail, le syndicat ne pouvait laisser passer une occasion de faire un foin médiatique.

Voilà qui est croquignolet.

Mais c’est encore plus croquignolet lorsqu’on rapproche la vertu outragée de la CGT se battant corps et âme pour le salarié maltraité et le cotisant floué de la CPAM de Bayonne, avec l’autre actualité, qui concerne le même syndicat, et dans laquelle on apprend qu’une salariée vient de faire condamner aux prud’hommes le comité d’établissement des cheminots de la région de Metz-Nancy après avoir signé 184 contrats à durée déterminée (CDD) en douze ans.

Or, ce comité d’établissement est géré par… la CGT.

Oui, vous avez bien lu : c’est bien la même CGT qui a été condamné dans l’Est pour des faits graves de contorsions douloureuses du Code du Travail, et qui semble vouloir faire condamner la CPAM de Bayonne pour contorsions douloureuse du Code du Travail.

Oui, c’est bien la même CGT qui, d’un côté, pleurniche parce qu’au terme d’un calcul qu’on qualifiera gentiment d’ « ouvert à débat », des heures supplémentaires n’auraient pas été prises en compte à la CPAM en question, et qui, d’un autre côté, s’empresse d’enfiler 184 CDD pour une cuisinière avant de la virer du jour au lendemain, en parfaite violation du Code du Travail et de l’éthique la plus élémentaire de respect des salariés.

oooh filocheAu passage, on notera qu’avec 5 contrats tous les 4 mois environ (!), ce qui est un beau rythme de signature, la paperasserie ne semble pas gêner le syndicat, ni l’inspection du travail qui n’a semble-t-il rien relevé d’irrégulier, pendant les douze longues années qu’aura duré le CDI déguisé de la cuisinière. Certains inspecteurs devraient en profiter pour se remettre en question, et les accointances répétées de ces derniers avec le syndicat en question, entraînant un laxisme évident et des copinages coupables, ne devraient plus guère faire de doute pour l’observateur extérieur.

Je résume : un syndicat, déjà fort connu pour ses nombreux cas d’abus en droit du travail, de détournement de fonds, de son train de vie aussi châtelain que dispendieux, se pose en parangon de vertu et de respect du droit du travail, et déclenche un petit raout au pot de départ d’une CPAM qui, il faut bien l’admettre, semble à cette occasion s’être bien moqué du visage de ses cotisants. Et dans la même semaine, le même syndicat se retrouve englué (et condamné) pour non respect du droit du travail.

Devant ces éléments, qui peut encore douter de la nature profondément viciée du syndicalisme français en général, et de celui de la CGT en particulier ?

syndicate = mafia

Source : http://h16free.com/2016/03/21/50207-encore-une-belle-page-du-syndicalisme-a-la-francaise


Corée du Sud : une petite histoire de chiffrement

dimanche 20 mars 2016 à 11:00

Aujourd’hui, je vous propose de sortir du cadre ennuyeux de la politique purement franco-française pour vous parler de Corée du Sud, et de l’intéressante et ô combien éclairante histoire de SEED.

Mon histoire – qui m’a été signalée par un lecteur que je remercie au passage – commence il y a 17 ans, en 1999, lorsque le gouvernement sud-coréen constate avec inquiétude la croissance du commerce en ligne et, parallèlement, la faiblesse des moyens de protection du consommateur de l’époque et plus particulièrement du côté du chiffrement des échanges informatiques entre vendeur et acheteur, basés sur des clés de chiffrement à 40 bits.

example of government helpingAutrement dit, les dirigeants du pays sont partis du principe que le marché, seul, n’arriverait pas à surmonter un problème essentiel de sécurité des échanges dans leur pays. Et qui d’autre, mieux qu’un gouvernement, peut aider une population et un marché déclaré déficient à surmonter ses problèmes ? Vite, grâce à un ensemble de lois et de contraintes finement étudiées, résolvons le problème et mettons en place une architecture apte à apporter un peu plus de bonheur (et ici, de sécurité) dans ce monde décidément trop rocailleux !

Aussitôt dit, aussitôt fait : l’Agence de Sécurité Informatique sud-coréenne développe un standard solidement burné, avec un algorithme ad hoc (SEED) et une jolie clé de 128 bits. Cet algorithme spécifique n’était bien sûr pas disponible dans les implémentations de Secure Socket Layer (SSL), l’ensemble de logiciels utilisés alors dans les navigateurs internet de l’époque se contentant de respecter les standards mondiaux. En Corée du Sud, l’obligation d’utiliser SEED conduisit rapidement les différents acteurs du marché local à développer un ensemble d’ActiveX (petits greffons logiciels spécifiques à Internet Explorer) destinés à leur fournir ce chiffrement spécial.

Oui, vous avez bien lu : ActiveX.

Patatras.

Même si, par la suite (et jusqu’à la version 27), Firefox finira par implanter SEED dans les algorithmes disponibles pour le chiffrement des transactions en ligne, cette décision assez unique de la Corée du Sud aura durablement obligé tout le pays à conserver un attachement quasi-fétichiste avec Internet Explorer et les ActiveX, à peu près seuls capables de fournir SEED.

Or, comme chacun le sait maintenant assez bien, Internet Explorer n’est pas spécialement réputé ni pour sa robustesse, ni pour son excellent respect des standards du Web. Petit-à-petit, chaque année passant, la décision du gouvernement sud-coréen est de plus en plus apparue pour ce qu’elle était dès le départ : une erreur typique d’interventionnisme basée sur la définition bancale d’un problème mal identifié et l’apport d’une solution tordue implémentée n’importe comment.

En définitive, le remède fut rapidement plus handicapant que le mal, très putatif, qu’il était censé corriger : selon différentes études et plusieurs estimations crédibles, les restrictions sud-coréennes imposant l’usage de SEED (et, par voie de conséquence, les ActiveX le supportant) ont entraîné des pertes de conversion de 20% dans le commerce en ligne ; pour rappel, une conversion est le passage d’un acte de visite d’un client et d’une sélection d’articles sur un site web marchand à une vraie vente avec paiement à la fin. En somme, 20% de visiteurs de sites web coréens ne finalisaient pas leurs achats à cause d’une technologie dépassée ou inadaptée.

Entre temps en effet, les standards web se sont considérablement renforcés. Et alors que les autres navigateurs supportent de mieux en mieux HTML5, au point de pouvoir se passer depuis des années d’ActiveX et autres bricolages du même acabit, et des standards de chiffrement bien plus solides et en tout cas bien mieux reconnus que SEED, la Corée du Sud s’est retrouvée à devoir, piteusement, revenir en arrière : au mois d’avril 2015, le ministère des technologies de l’information sud-coréen a officiellement renoncé à supporter SEED plus longtemps, et encourage maintenant l’industrie à développer ses propres standards ou utiliser ceux qu’elle jugera aptes à répondre aux contraintes modernes.

Une erreur d’un gouvernement ne serait pas vraiment une erreur gouvernementale si, par dessus, des paquets d’argent public n’étaient pas soigneusement cramés en pure perte. Cette histoire n’échappe pas à la règle puisque pour aider les acteurs du marché à se débarrasser de la technologie vieillissante, le gouvernement a entrepris d’aider financièrement les sites en ligne qui acceptent de se mettre à jour et de laisser tomber les ActiveX, à hauteur de 100 millions de won (90.000 dollars environ).

Cette histoire est riche d’enseignements.

Bien sûr, elle montre encore une fois, s’il était nécessaire, que les meilleures intentions du monde ne sont pas suffisantes pour éviter une catastrophe. Elle montre aussi que les décisions gouvernementales restent des décisions prises par des hommes, tout à fait faillibles, et ne sont donc pas exemptes d’erreurs ; cependant, là où les décisions d’une entreprise privée affectent directement (positivement ou négativement) ses performances et sa rentabilité, et qu’elles peuvent éventuellement aboutir à sa faillite, les décisions d’un gouvernement ne sont jamais versées à son débit lorsqu’il s’est trompé, même lourdement.

Government Demotivator

D’autre part, cette aventure sud-coréenne montre que même dans des pays technologiquement à la page et conscient des enjeux de la mondialisation, on trouve des politiciens suffisamment peu à jour pour déployer des trésors d’incompétence en imposant des technologies qui seront rapidement obsolètes ou s’avèreront encombrantes, se transformant rapidement en boulets pour toute une industrie. Introduire SEED aura, comme effet de bord direct, tué la concurrence des navigateurs internet, avec comme autre effet indirect, celui de figer les possibilités des commerçants sud-coréens, et, comme on l’a vu, de perdre environ 20% de ventes potentielles.

CorporatismeEnfin, cette histoire illustre l’importance du capitalisme de connivence puisqu’encore une fois, si la technologie mise en place aux forceps par le gouvernement sud-coréen est restée si longtemps en place (on parle de 17 ans tout de même, ce qui, en termes informatiques, représente une éternité), c’est grâce à l’appui et au blocage méthodique (voire systématique) d’une partie de l’industrie en faveur de SEED : quelques banques majeures et les principales sociétés de cartes de crédit, ayant payé fort cher le déploiement de SEED (et des ActiveX développés pour l’occasion), ont utilisé toutes les ficelles habituelles du lobbying pour conserver leur douillette position, d’autant qu’ainsi, elles empêchaient durablement de nouveaux acteurs d’émerger ou de leur prendre des parts de marché. On pourra citer, par exemple, le cas d’Aladin (le 4ème plus gros vendeur de livres en Corée) qui, en 2012, a tenté d’installer un système équivalent à Paypal, et aura reçu une bordée de refus de la part des compagnies locales de gestion de cartes de crédit, qui arguèrent de l’insécurité des protocoles de chiffrement mis en place par Aladin…

À la lumière de cet exemple édifiant, on ne pourra donc que conserver un minimum de distance, voire de scepticisme le plus froid à l’égard des propositions technologiques de plus en plus intrusives des états européens et français en particulier. Dans le meilleur des mondes, les erreurs des uns pourraient servir de point de repère pour les autres, leur évitant le même cheminement et les mêmes gamelles.

Je crois malheureusement à l’aveuglement et à la surdité de nos élites en la matière…

Source : http://h16free.com/2016/03/20/48452-coree-du-sud-une-petite-histoire-de-chiffrement


Impôts : catastrophes à la source

vendredi 18 mars 2016 à 09:00

Pendant qu’on occupe le pays avec des reculades sociales piteuses et que le premier ministre se penche très sérieusement sur la suppression du mot race dans la constitution (l’emploi du temps de Valls avait un trou, probablement), l’agenda financier de l’État continue, lui, de progresser comme prévu.

On a bien compris que la guerre contre l’argent liquide est actée, que des mesures sont déjà prises activement pour réduire tous les jours le pouvoir d’échappatoire que constitue le cash aux emprises tyranniques des États.

De même, on sent bien que tout est fait pour répandre l’idée d’une distribution gratuite d’argent frais, non par hélicoptère mais par voie électronique (plus simple et moins polluante) ; le revenu du base, universel ou inconditionnel est dans tous les esprits et il ne faudra probablement plus attendre très longtemps pour que ce piège se referme sur les populations niaisement demandeuses.

La panoplie ne serait pas complète sans le retour en force de la saisie fiscale à la source pour l’impôt sur le revenu.

philosoraptor taxes

En France, c’est un serpent de mer dont on aperçoit régulièrement la queue ou la tête, et qui est si souvent remis dans l’actualité qu’on a pris l’habitude d’en entendre parler en haussant les épaules. Cela fait des décennies que cette idée trotte dans la tête de nos dirigeants ; en décembre 2006, j’en parlais déjà alors que le gouvernement d’alors envisageait de mettre en place le prélèvement des impôts à la source pour … 2009. Bizarrement, les péripéties politiques ainsi qu’une crise carabinée ont effacé ce désir d’avenir fiscal balisé d’un Bercy tapant directement dans la caisse des entreprises et affranchissant, dans le geste auguste du receveur, tous les contribuables du fardeau de déclaration.

Mais l’idée est restée, fermement ancrée dans les têtes des petits ronds-de-cuir de l’administration fiscale et des politiciens qui font vaguement semblant de les diriger, pour rebondir, d’années en années. En mai 2015, le Sapin de Bercy remettait le couvert – plusieurs fois – sur le sujet avec un talent difficile à dépasser en prétextant une simplification de l’impôt…

Il faut dire que la mesure est appétissante.

D’une part, il y a la promesse qu’une retenue à la source offre de disposer des fonds que crame l’État bien plus vite qu’actuellement où une part non négligeable de l’impôt est récupéré par tiers.

D’autre part, deux effets positifs apparaissent à la mise en place du procédé : pour commencer, les contribuables ne voient plus la ponction, ce qui adoucit psychologiquement la pression fiscale, même si cela ne change rien de la pression réelle. Bien sûr, les douze premiers mois, le contribuable sentira bien une baisse sensible (10% environ ?) de sa rémunération. Mais après cette première année tendue, l’affaire sera oubliée.

Ensuite, cela offre une nouvelle marge d’innovation pour Bercy : accroître l’impôt, modifier son mode de calcul ou ajouter des conditions farfelues ne pose plus de problèmes puisqu’au lieu d’emmerder prodigieusement des dizaines de millions de foyers fiscaux, on se contente de tracasser furieusement un nombre bien plus réduit d’experts-comptables et de fiscalistes au sein des entreprises avec lesquels la population n’a de toute façon pas de rapports réguliers ; on troque des dizaines de millions de rouspéteurs par quelques centaines de milliers dont c’est, commodément, le métier. C’est une opération très rentable politiquement.

Pas étonnant, donc, qu’elle revienne à nouveau dans l’actualité. Et maintenant, c’est du sérieux : le prélèvement à la source sera lancé en 2018, tadzam, c’est sûr, c’est certain, c’est acté.

Youpi.

En plus, ce sera facile à mettre en place puisque ce seront, encore une fois, les entreprises qui seront mises à contribution impliquées dans la collecte. Comme pour la TVA. Comme pour tant d’autres accises, cotisations et vexations habituelles.

Et comme pour toutes ces précédentes ponctions, une mutation va s’opérer : au bout de quelques années, ce qui n’a jamais été payé par quelqu’un d’autre que le salarié ou le client sera magiquement « payé par l’entreprise » ou « le salaud de patron »… Comme pour les vaches ! Taxez-les suffisamment longtemps, et les contribuables finiront par croire que ce sont elles qui déboursent les sommes demandées, et non le consommateur au final. Magique.

socialisme magique

Et question simplification, ne vous inquiétez pas, tout est prévu : tous les revenus seront préalablement amputés par l’organisme verseur (que ce soit la caisse de retraite ou l’employeur, ou autres), grâce aux petits calculs réalisés par l’administration fiscale et qui lui seront transmis. Quant aux revenus des indépendants et les revenus fonciers, l’impôt sur les revenus de l’année en cours fera l’objet de jolis petits acomptes finement calculés par l’administration et payés mensuellement ou trimestriellement…

Cette administration étant ce qu’elle est, et l’ensemble étant massivement informatisé, tout comme le furent d’autres projets décisifs, on peut raisonnablement parier sur une réussite flamboyante sans anicroche, au-delà même de toute analyse d’impact sur le concept de base.

informatique et prélèvement à la source

En effet, n’oublions pas que de nombreux pays sont déjà passés au prélèvement à la source, mais la mise en place de ce procédé s’est toujours déroulé avec deux atouts notables : tout d’abord, une législation fiscale notoirement moins complexe que la française (un petit coup d’œil sur ce précédent billet vous permettra d’apprécier l’ampleur du petit décalage qu’il y a entre ces pays et la douce France) ; et ensuite, un vrai désir de simplification de l’opération fiscale, un pragmatisme chevillé au corps administratif qu’on n’a jamais vu pour le moment, même de loin, dans le pays des impôts calculés sur des impôts (bisous CSG).

Avec l’assurance de Bercy que, je cite, « le barème de l’impôt sur le revenu n’est pas modifié ; il restera notamment progressif. Il prendra toujours en compte l’ensemble des revenus perçus par le foyer. La familialisation et la conjugalisation de l’impôt seront conservées. L’imputation de réductions ou l’octroi de crédits d’impôts seront maintenus. Le geste citoyen de la déclaration de revenus ainsi que l’avis d’imposition seront maintenus », on comprend cependant que l’opération ne sera simplifiée pour personne : les contribuables devront toujours remplir des déclarations, devront toujours se chicaner avec l’administration dès que leur cas sort des cas simples et balisés ; les entreprises devront gérer cette nouvelle donnée sur des feuilles de salaires qui n’ont pas arrêté d’évoluer sur les dernières années, avec des lignes en moins, des lignes en plus, des éléments à ajouter, à retirer.

En résumé, on se dirige droit vers une opération très risquée, avec des gains à peu près nuls pour l’administration fiscale, et des coûts évidents pour tous les autres acteurs. Quel intérêt de se lancer dans une telle manœuvre ?

hollande et son casque (vignette)Politique, bien sûr ! Hollande est président, ne l’oubliez pas, et il reste obsédé par sa réélection. Or, une telle opération, en dehors de tous ses inconvénients pratique, dispose d’un avantage indéniable : outre le fait de présenter enfin une réforme concrète dans le désert de gesticulations de son quinquennat, le mécanisme permettra de prétendre à une année 2017 exempte d’impôts (puisque cette année-là ne seront prélevés que ceux sur les revenus de 2016, et que le prélèvement à la source synchronisera le tout en 2018).

Et même si cela ne changera rien pour le contribuable ni l’État, comptez sur le candidat Hollande pour faire valoir ce magnifique cadeau aux électeurs !

En 2018, le prélèvement à la source, s’il est finalement mis en place, pourra bien être bourré d’erreurs et provoquer des crises de nerfs pour de nombreux contribuables et entreprises ; à ce moment, l’élection sera passée.

Après elle le déluge.

Source : http://h16free.com/2016/03/18/49864-impots-catastrophes-a-la-source


La science et les foutaises au secours de l’écologie politique

jeudi 17 mars 2016 à 09:00

Lorsqu’on est un chercheur sans le sou et sans imagination, une méthode pour obtenir des financements consiste à tremper ses recherches dans un gros baril de buzz médiatique. Et ça tombe bien, le buzz, ce n’est pas ça qui manque actuellement.

Actuellement, et si on ne cherche pas à surfer sur les navrantes histoires de starlettes ou les encore plus navrantes histoires de politiciens, c’est le réchauffement climatique qui tient le haut du pavé et celui-ci, bien utilisé, permet assez facilement d’obtenir des fonds pour faire des recherches, d’autant plus si celles-ci prouvent, d’une façon ou d’une autre, que les Humains sont responsables.

Cependant, on peut faire encore plus fort : plutôt que rendre directement responsable toute l’Humanité des désastres écologiques inévitables qui vont nous arriver sur le coin de la figure, avec à la clef moult morts, force misères et des plaies (égyptiennes ou non) par pack de sept, pourquoi ne pas s’attacher à désigner un coupable en particulier, par exemple un politicien ou une institution corrompue pardon un groupe social facile à repérer ?

Par exemple, le Riche Homme Blanc Occidental constitue une cible de choix. Et moyennant une petite prise d’un stupéfiant quelconque en pilule, accommodé d’un bon verre d’alcool fort et d’une ou deux piquouses de liquide qui détend les muqueuses, on aura aucun mal à lui trouver des circonstances accablantes dans l’Abominable Réchauffement des Neiges. Le mélange paraît risqué, mais il faut au moins ça pour, dans une étude ahurissante à la rigueur scientifique manifestement taillée à coup de burin dans un rayon de bicyclette, construire – je cite – un « cadre de travail féministe sur la glaciologie pour l’étude des changements environnementaux globaux ».

Oui. Des chercheurs ont cherché, ont travaillé et ont donc été payés pour écrire ce morceau de bravoure qui vise donc à inscrire la glaciologie dans le gloubiboulga consternant de la mode actuelle du genre. La climatologie, la glaciologie et la science en général ne pouvait pas s’en passer.

gifa pfff whatever bored

Rien qu’à l’intitulé du papier, vous l’aurez compris : pour le chercheur en pleine crise de militance, tout est bon pour obtenir des fonds, y compris (et surtout ?) les plus fumeuses calembredaines. Bien sûr, comme on vient de le voir , introduire aux forceps des problématiques de genre ou de sexe dans des problématiques climatiques est suffisamment gros pour déclencher au mieux l’incrédulité, au pire l’hilarité chez l’individu (aussi bien de genre 1 que de genre 2) ayant une once de sens commun, mais pas seulement. C’est aussi une façon (amusante sinon subtile) de réclamer un changement dans la société pour qu’elle tienne enfin compte de cette vraie problématique. Vite, embrayons sur des politiques publiques

Et si l’on met de côté l’aspect purement zygomatique de ce genre de prouesses, force est de constater que l’intersection des approximations scientifiques sur le climat avec la psychologie de magazine publicitaire à gros tirage permet certainement d’atteindre non pas le nirvana scientifique, mais au moins le buzz médiatique et, apparemment, des émoluments financiers.

Certes, ça reste assez grossier. En revanche, si l’on procède avec plus de finesse, le message passe comme une écoute clandestine de Sarkozy dans un article de Médiapart, c’est-à-dire sans la moindre réaction d’étonnement de la part du lecteur qui grignote sans tiquer le petit nugget d’information frite dans son bain de moraline éco-consciente.

Typiquement, pour que l’affaire glisse toute seule, vous la ferez valider par le cachet d’une grande institution publique internationale. Dans l’exemple du jour, l’Organisation Mondiale de la Santé pourra faire l’affaire, qui sera tout à fait suffisante pour crédibiliser un rapport expliquant que près d’un quart des morts dans le monde découle d’une cause liée à l’environnement.

Des morts par millions ? Des causes environnementales ? Vite, il nous faut un spécialiste de la Pignouferie de Presse ! Qui, mieux que Le Monde, pour ce rôle taillé sur mesure ?

Évidemment, le titre contient les bons mots clés (environnement et morts par trouzaines), mais deux secondes de lucidité et la première phrase de l’article permettent de mettre les hurlements affolés en sourdine : on y parle en effet de « l’environnement au sens large », ce qui répand immédiatement l’odeur caractéristique de la bonne grosse approximation généraliste, confirmée par la définition de ces causes environnementales comme étant « la pollution de l’air, de l’eau et des sols, l’exposition à des substances chimiques, le changement climatique, et les rayons UV »gifa panic we are all going to die

On retombe ici dans tous les biais connus de ce genre d’annonces catastrophistes (et exemple de journalisme catastrophique), depuis les fameuses causes environnementales du cancer, si vastes que tout et son contraire peuvent être affirmés, jusqu’au dérapage statistique incontrôlé caché au milieu des accidents provoqués par le mauvais état des routes ; le nid de poule environnemental ferait ainsi 1,7 millions de morts. À ce régime, certaines routes européennes seront classées comme des risques environnementaux de classe majeure…

Décidément, le climat, l’environnement, c’est un bon filon pour vendre de l’alarmisme, de l’appel à la prise de conscience, à la politique publique à coups de milliards d’euros…

Le souci, c’est qu’à force de tout analyser sous l’angle de l’environnement, à force de prendre absolument tout en compte et de bien mesurer l’impact néfaste (forcément néfaste) de l’Homme – préférablement occidental, blanc et riche – sur la Nature, on en arrive parfois à d’étonnantes contradictions où, zut et zut, plus on veut éviter la catastrophe, moins on l’évite et plus on l’aggrave, zut et flûte.

Oui, vous avez bien lu : à force de combattre la méchante pollution, nous avons trop amélioré la qualité de l’air en diminuant la quantité d’aérosols présents dans l’atmosphère, ce qui a accru la quantité de soleil reçu par le manteau neigeux, et augmenté à son tour la température arctique. Autrement dit, l’Arctique est victime de la trop bonne qualité de l’air ! La nature est décidément sans pitié : non content de souffrir lorsqu’on pollue trop, la voilà qui souffre à présent alors qu’on ne pollue pas assez !

C’est insupportable.

À vrai dire, c’est tellement insupportable qu’on croirait à un véritable complot ourdi par certains esprits retors. Pas de doute, c’est encore une étude parue sur l’un de ces sites ultranéo-libéraux turbomangeurs de chatons, n’est-ce pas, ce qui la discrédite immédiatement ! D’ailleurs, qui ne sait pas que Nature Geoscience est totalement inféodé aux climatoscept… Heu hum… Zut et crotte.

gifa fuck merde

Dans toutes ces informations contradictoires jetées n’importe comment par le complot mondial des coupeurs de cheveux en quatre qui finissent par prouver tout, son contraire et autre chose de différent, surnage heureusement des certitudes, ces îlots de bon sens et de faits scientifiques solides.

Par exemple le fait évident que l’antarctique perd de la glace, à un rythme inquiétant, que c’est de la fotalomme, et qu’il va bien falloir faire quelque chose pour arrêter cette fonte alarmante des glaces. C’est même la NASA et son Goddard Space Flight Center qui fournit les dernières études à ce sujet, qui sont formelles : les gains de masse de glace antarctique sont supérieurs aux pertes.

gifa dang zut flute mince

Saperlipopette. Encore un coup des climatosceptiques ! Ces salauds sont parvenus à faire comploter même les données réelles ! On ne s’en sortira pas !

Source : http://h16free.com/2016/03/17/49677-la-science-et-les-foutaises-au-secours-de-lecologie-politique


Les très étranges priorités de la Mairie de Paris

mercredi 16 mars 2016 à 09:00

Petit à petit, tout se met donc en place pour que Paris, capitale mondiale du socialisme boboïde turboendetté, coupe définitivement ses amarres au monde réel et dérive gentiment, de Paris Plage en happenings citoyens et festifs, vers un monde fantasmé où les pauvres n’ont plus droit de cité.

Et pour cela, rien de tel que d’empêcher ces derniers de circuler dans les rues, et de faire fuir ceux qui ont eu l’impudence d’y habiter.

Pour les empêcher de circuler, rien de plus facile puisqu’il suffit essentiellement d’interdire les voitures trop vieilles : à partir du 1er juillet de cette année, les voitures de plus de 20 ans n’auront pas le droit de rouler dans Paris, au motif qu’elles polluent, les sales !

Quant à faire fuir les pauvres, rien de tel que laisser la délinquance, les incivilités, et mieux encore, l’insalubrité s’installer doucement dans les quartiers où ils habitent. On apprend ainsi que du côté de Château Rouge, rue Dejean, la Mairie ne fait pas vraiment le travail de base qui consisterait ou bien à assurer la tranquillité des riverains, ou bien à assurer la propreté de la rue, cette dernière étant régulièrement investie de camelots et autres vendeurs à la sauvette.

À tel point que ces riverains, fatigués d’années d’immobilisme des autorités, en viennent à lancer une action en justice contre la mairie et l’Etat afin d’obtenir gain de cause.

Peut-être la proximité de Montmartre, haut lieu touristique de la Capitale, incitera-t-elle à intervenir la brigade des Japonais Nettoyeurs, ces effervescents nippons à ce point dépités par la mauvaise tenue de la capitale française qu’ils ont décidé de la nettoyer bénévolement ?

C’est édifiant.

En fait, ces récents développements de l’actualité parisienne imposent un constat triste : l’équipe du maire s’occupe de la pollution la plus médiatique, et dont l’impact sera mécaniquement de plus en plus faible plutôt que de s’occuper de la pollution réelle.

En effet, de toutes façons, le nombre de voitures anciennes diminue inexorablement, la casse et le vieillissement faisant plus que les autorités pour renouveler le parc automobile. La pollution qu’elles entraînent va donc diminuer (ce qu’on observe, du reste, comme un précédent billet le rappelait ici).

En revanche, d’autres pollutions ne semblent guère diminuer :  on voit fréquemment s’entasser à Paris les ordures, déchets et autres détritus qu’une certaine catégorie de camelots illégaux laissent derrière eux, sans parler de la légendaire propreté des Parisiens.

En parallèle à ce triste constat sur la propreté parisienne, force est de constater que concernant la sécurité, mandat normalement impératif de la Mairie dans ce qu’elle a de plus basique, elle n’est même plus réellement à l’ordre du jour.

Ainsi, les radars et autres mesures de rétorsion à l’encontre des automobilistes ne sont même plus présentés comme un gage de meilleure sécurité, mais uniquement pour lutter contre la (méchante, omniprésente et grandissante pollution). D’ailleurs, l’argument sécuritaire s’épuise d’autant que l’abaissement de la vitesse sur le périphérique parisien ne s’est pas accompagné d’une baisse des morts et des blessés ; au contraire, même, puisqu’on a constaté une hausse du nombre de morts (certes statistiquement non significative mais parfaitement à l’opposée de l’effet recherché).

En outre, l’insécurité croissante de Paris n’est plus guère à démontrer ; les mésaventures du quartier Dejean rejoignent celle du XXème arrondissement dans lequel le combat contre l’insécurité semble tourner à la farce pas drôle ; en 2010, je faisais déjà le constat de tensions de plus en plus vives entre la communauté asiatique installée à Belleville et un nombre croissant d’individus interlopes aux pratiques délictuelles voire criminelles. Un an plus tard, la situation ne semblait guère meilleure. En 2015, les mêmes populations de Belleville avaient interpellé Valls devant l’insécurité régnant dans leurs quartiers. À l’aune de cette expérience dans le XXème arrondissement, les habitants du XVIIIème devront donc probablement s’armer de patience et de moult pétitions pour espérer un mouvement de la part des autorités qu’elles payent pourtant fort cher de leurs impôts.

gifa elephant trempoline

La simple réalité est que les automobilistes sont fichés (minéralogiquement parlant) ; ils sont donc faciles à traquer, et il est assez simples de leur faire cracher au bassinet le cas échéant, que ce soit pour vrombissements intempestifs ou pour défaut de voiture propre.

La simple réalité est que les habitants des lieux souillés sont faciles à canaliser : locataires ou propriétaires, ils sont dans leur immense majorité en règle avec les lois de la République, ne veulent probablement pas se retrouver en délicatesse avec la police, et ils continueront donc de payer scrupuleusement leur taxe foncière, leurs impôts locaux et ne pourront guère envisager un arrêt franc de leur « aimable participation financière » au service (ou plutôt, son absence) qui leur est rendu par la Mairie.

La simple réalité est surtout que les vendeurs à la sauvette et  les camelots sont, sinon difficile à attraper, au moins insolvables ;  qu’ils représentent, en cas d’arrestation, une charge pour le contribuable, une impressionnante paperasserie pour les policiers, une intense opportunité de pleurnicheries de la part de médias habilement conscientisés, un problème politique en puissance, un accroissement potentiel de la surpopulation carcérale, et une démonstration vivante de l’incapacité de l’Etat et des autorités à faire leur travail. Ignorer leur existence est, à tout point de vue, bien plus facile et bien plus politiquement viable que toute autre méthode.

Il en va de même avec les automobilistes : traquer ceux qui roulent de façon vraiment dangereuse, sans permis, les veines chargés d’alcool ou de stupéfiants, ou l’autoradio à fond sur du Christophe Maé, c’est bien plus complexe, plus coûteux et politiquement bien plus sensible que choper du père de famille en AX ou en 405 diesel qui écoute RTL.

Ainsi vont donc les priorités politiques d’Anne Hidalgo et de son équipe : traquer les pauvres dans leurs vieilles voitures, les poursuivre de taxes, d’amendes et de vexations pour bien leur faire comprendre que la ville est devenu une zone réservée aux bonnes catégories socio-professionnelles dont ils ne font pas partie. Le Club Des Parisiens Qui Adoubent Anne  ne peut s’encombrer de tous ces nécessiteux dans leurs Clios crapoteuses, voyons ! Et tout comme la Mairie de Paris se fera fort de poursuivre les pauvres solvables, elle saura en revanche oublier ceux qu’elle ne sait pas attraper ou gérer, ceux qui sont réellement dangereux et ceux qui polluent pour de bon.

Tout ceci montre un gros problème de cohérence.

De la part de la maire de Paris, on peut bien sûr croire à un désir caché mais bien compris de gentrification de la capitale ; ceci expliquerait cette chasse permanente aux classes populaires, même si un tel acharnement est en opposition diamétrale avec ses discours socialistes officiels (ce qui ne surprendra que les plus naïfs). En revanche, on comprend mal comment obtenir cet embourgeoisement en laissant se développer la petite délinquance et une propreté alternative.

hidalgo lama

La encore, la réalité est simple, et plus pathétique : Anne Hidalgo et toute son équipe n’ont aucun plan d’ensemble, et ils ne gèrent la politique de la ville qu’à la lumière faiblarde de leur toute petite bougie idéologique, qui n’éclaire pas plus loin que le bout de leur nez.

Dans cette improvisation permanente, les petits compromis de dernière minutes écrasent les grands principes dans un bordel ignoré car non directement subi par ceux qui prennent les décisions. Le bénéfice politique immédiat remplace la vision de long terme.

Le dogme remplace le plan.

Source : http://h16free.com/2016/03/16/49344-les-tres-etranges-priorites-de-la-mairie-de-paris