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Déficit de prisons, déficit de volonté

mardi 16 août 2016 à 09:00

Agitation dans les rangs du gouvernement : après une analyse poussée et dont les conclusions tombent inopinément en pleins mois estivaux, il semble que la France ne disposerait pas d’un système pénitentiaire parfaitement à la hauteur de ses prétentions en la matière. Surprise : la surpopulation carcérale, petit souci qui s’était pourtant confortablement installé dans le quotidien des Français, devient subitement l’un des problèmes qu’entend résoudre l’actuel gouvernement.

Tout arrive donc, même l’improbable : l’information, pourtant connue depuis un moment, selon laquelle la France ne disposerait pas d’assez de cellules pour parquer ses criminels, a fini par atteindre les strates supérieures du pouvoir qui sentent confusément qu’une action est attendue de leur part par tous ceux qui payent pour leurs salaires.

Pourtant, le constat n’est guère nouveau. Même en se contentant de mon seul étroit point de vue, j’avais déjà mentionné ce problème en 2010, où l’on découvrait que le gouvernement (de droite à l’époque) ne semblait pas vraiment préoccupé par les taux d’occupations particulièrement alarmants des prisons françaises. En 2013, j’en remettais une petite couche en découvrant que la situation n’avait pas bougé d’un pouce et que les quelques milliers de nouvelles cellules construites venaient en simple remplacement de cellules bien trop insalubres et ne constituaient donc pas une augmentation sensible de leur nombre global.

Autrement dit, sur les 10 dernières années, le nombre de cellules (de « places opérationnelles » comme on dit dans le milieu) n’a guère évolué, comme le montre le graphique suivant utilisé dans un précédent billet de 2015

evolution population carcérale

Au passage, on explique mal les insinuations plus ou moins subtiles de la droite et de certains journaux qui visent à imputer la situation actuelle à Taubira, la précédente Garde des Sots : si on n’a aucun mal à comprendre que ses saillies verbeuses, inscrites dans la parfaite lignée de la Société Bisounours et la culture de l’excuse, n’ont absolument pas aidé les pouvoirs publics à prendre la mesure de la catastrophe pénitentiaire actuelle, on doit néanmoins admettre que le déficit chronique ne date pas, loin s’en faut, de son mandat et s’est bien installé sur (au moins) les vingt dernières années. En somme, l’incurie à traiter ce problème doit autant à la droite qu’à la gauche, et ce alors qu’il s’aggrave et qu’augmente donc le nombre de condamnés à de la prison ferme qui ne voient même pas les murs d’une cellule.

Quant à ceux qui les voient, ils constatent tous l’état déplorable des prisons françaises qui s’éloignent de plus en plus de ce qu’on peut attendre d’un pays qui se gargarise des Droits de l’Homme, de la dignité humaine et de toute la panoplie ronflante des nécessités pour prétendre respecter l’Humanité et les cœurs fragiles des petits chatons citoyens qui paient pour tout ça. La vétusté et l’insalubrité des geôles françaises fait maintenant frémir et, au rythme cadavérique où vont les réhabilitations, le remake de Midnight Express ne se tournera pas à Istanbul mais à Fresnes ou Nîmes.

prison

En réalité, la surpopulation carcérale s’est progressivement installée et s’accroît d’années en années alors que, comme par hasard, le nombre de lois, de contraintes et donc de coupables potentiels n’a cessé de croître : comme le soulignait un article de Michel Desgranges dans Contrepoints, on n’a cessé de multiplier les crimes sans victimes, ce qui augmente mécaniquement le nombre de gens qui sont incarcérés et dont on n’aurait pas besoin de s’occuper si la législation était concentrée sur les crimes et délits pour lesquels les victimes sont clairement identifiées.

Typiquement, la guerre contre la drogue, dont le résultat est absolument catastrophique à tous points de vue, alimente dans des proportions effrayantes cette surpopulation. Si l’on devait éliminer les « simples commerçants » des prisons, cette surpopulation serait notoirement diminuée. De surcroît, occuper les forces de l’ordre sur les seuls crimes et délits pour lesquels des victimes sont clairement identifiées permettrait de recentrer leurs efforts et entraînerait moins de fatigue et d’épuisement des corps concernés. Parallèlement, cette approche permettrait aussi de rendre bien plus efficaces l’application des peines et surtout l’écartement des éléments dangereux de la société, seul but valable de la prison, celui de la rééducation ou de la réadaptation du criminel à la société n’étant pour le moment qu’une vaste plaisanterie pour bobo effarouché.

Cependant, à cette explosion du nombre de coupables typiquement liée à l’avalanche répressive et moraliste du moment, on doit aussi ajouter l’idéologie très particulière qui semble percoler dans le milieu de la magistrature française : tout doit être fait pour abolir la prison et la remplacer par toutes les alternatives possibles, et ce d’autant plus si ces alternatives sont ludiques ou répondent au désir de ceux qui les prônent de paraître encore plus humains.

En somme, tout comme il est impensable de gronder un vilain garçon qui enchaînerait bêtise sur bêtise, l’incarcération de ceux qui foutent la merde, c’est vraiment pas trop tendance. En revanche, pour ceux qui réclameront un peu de Justice ou que les forces de l’ordre fassent enfin leur travail (à savoir ramener l’ordre), on trouvera sans mal une place en cellule.

Et plus fondamentalement, alors que l’État fait tout pour être fort avec les faibles et faible avec les forts, on retrouve jusqu’aux plus hautes instances cette mentalité où la correction, la sanction n’a plus lieu d’être : la prison ne doit plus être que l’ultime recours, les peines doivent être aménagées, le sursis par défaut et, dans une magnifique inversion de logique, on en arrive aux déclarations ahurissantes d’Adeline Hazan, Contrôleur général des lieux de privation de liberté :

« Je pense que plus on construira de places de prison, plus elles seront occupées et que ça n’est pas une bonne solution, cette inflation carcérale d’année en année ou de décennie ou décennie. (…) L’Histoire a montré que plus on construisait de places, plus elles étaient remplies. »

small facepalmEh oui, la prison, c’est comme le débit internet, les enfants : plus on en offre, plus les gens en veulent, c’est évident ! Mieux que ça : outre l’adaptation permanente de la société à ses rejetons (et non l’inverse qui permet à toute société de conserver un minimum de cohérence), notre aimable Contrôleur propose même d’instaurer (je cite en me facepalmant) « un numerus clausus, un seuil au-delà duquel il ne serait plus possible d’incarcérer », ce qui est probablement la proposition la plus incroyablement stupide et destructrice que j’aie jamais lue ces dernières années dans le domaine.

La France manque de prisons, mais devant ce constat et les déclarations qu’on vient de lire, on comprend que son problème n’est pas immobilier, ni carcéral, ni même, loin s’en faut, législatif tant tous les domaines, mêmes les plus farfelus, disposent à présent de leur petite loi taillée pour eux. Le problème essentiel du pays est idéologique, et il a, très clairement, abdiqué devant la méchanceté de la réalité. La classe politique, les classes jacassantes, la magistrature et une bonne partie de la société elle-même ont manifestement renoncé à regarder en face l’état lamentable dans lequel est le pays, son niveau d’insécurité, l’insalubrité de ses prisons, l’incurie de ses politiciens, l’inadaptation chronique de ses lois mal écrites et mal pensées. Par idéologie, on a systématiquement refusé d’arrêter ce qui ne marche pas, et on continue donc avec les mêmes recettes pourries, le déni en bandoulière.

Depuis plus de 40 ans, on s’est évertué à croire, dur comme fer, que la gentillesse, la compréhension, l’ouverture d’esprit, l’adaptabilité, les solutions alternatives et l’humanisme à doses chevalines permettraient d’édifier une société douce, humaine et joyeuse dans laquelle l’égalité parfaite régnerait enfin. Ce faisant, on a consciencieusement pavé l’enfer, celui de nos cités, de nos quartiers infréquentables, de nos prisons et de nos villes.

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Source : http://h16free.com/2016/08/16/55110-deficit-de-prisons-deficit-de-volonte


Continuons de nous acharner sur AirBnB

lundi 15 août 2016 à 09:00

Torpeur de l’été où tout le monde (ou presque) est en vacance et ne s’occupe de rien : les équipes de rédaction doivent absolument trouver des sujets pour alimenter leurs journalistes et leurs éditions quotidiennes. Oh, bien sûr, l’un ou l’autre attentat pourra occuper la chronique, mais les terroristes font aussi des pauses. Heureusement, en France, il y a toujours au moins un sujet qui rassemble : celui des impôts, notamment des multinationales. Et ça tombe bien, Bercy vient de faire fuiter celui d’AirBnB. Stupéfaction : il est tout petit.

Cela aurait pu être vu comme une excellente nouvelle. On aurait pu lire, ici ou là, de dithyrambiques titrailles joyeuses sur le mode « La France, paradis fiscal » d’articles amusés prouvant dans le détail qu’on peut très bien entreprendre en France et payer peu d’impôts, même si le pays est la première destination touristique au monde et alors même qu’il est réputé pour être le plus vexant au plan fiscal.

Cela aurait pu être présenté comme une opportunité économique, destinée à montrer à tout le monde que non, l’État français n’est pas jaloux de la réussite de business-models nouveaux et décalés, qu’il comprend qu’en laissant s’épanouir les initiatives, il récupère largement sa mise par les taxations indirectes : ce qu’il ne touche pas en impôts, il le touchera en dépense des nombreux touristes venus profiter des douceurs du pays, après tout…

Eh bien non.

Fiscal Park

Finalement, ce sera l’approche standard, celle qui consiste à hurler à l’indécence, à l’évasion fiscale, au vol des classes laborieuses par les multinationales américaines capitalistes sans freins ni lois assoiffées de profits : Le Parisien ouvre le bal en titraillant d’un « Airbnb : géant du Net, petit contribuable » vaguement outré qu’on puisse ainsi engranger tant de profits sans verser son obole citoyenne.

Le Figaro, pas en reste pour un cachou, relance d’une révélation sidérante en détaillant que « Comme de nombreuses multinationales, Airbnb a recours à un montage financier complexe pour payer le moins d’impôts possible en Europe. »

Le Monde quant à lui explique doctement que « le site de location de logements entre particuliers ne fait rien d’illégal mais pratique l’optimisation fiscale », mais – pire que tout – rappelle qu’alors que l’activité du site a explosé en France ces dernières années, « la plate-forme a même réussi, grâce à des techniques comptables, à payer en 2015 moins d’impôts que l’année précédente ».

Optimisation fiscale ?! Montage financier complexe ?! Rien d’illégal et l’entreprise dispose même de comptables compétents au point de faire baisser la note ?! Mais c’est intolérable ! Roooh, quelle bande de salopards !

En réalité, tout le monde sait qu’on devrait plutôt faire des montages financiers complexe pour en payer le plus possible, histoire d’être humanisto-compatible, n’est-ce pas ! Après tout, le but des entreprises est de faire du social, de créer de l’emploi, ne serait-ce qu’en pure perte, d’occuper les gens et de leur verser un salaire rondelet en l’échange de leur seule présence, c’est connu. Il n’est pas question que les actionnaires d’une entreprise espèrent un jour toucher des dividendes (et puis quoi encore ?) et surtout, que l’entreprise dans laquelle ils ont mis de l’argent fasse un jour des profits – horresco referrens.

philosoraptor taxes

Le profit est, comme chacun sait, la racine du mal, ce mal abominable qui ronge la société occidentale et qui propulse méchamment les classes laborieuses vers la richesse, qui incite violemment les uns et les autres à se dépasser et qui provoque innovations, abondance, prix bas et mort du petit cheval. C’est une horreur, alors que les efforts consciencieux pour ne surtout faire aucun profit permettent de s’approcher tous les jours un peu plus de la société rêvée comme on peut le constater à Cuba, en Corée du Nord ou au Venezuela où le profit, justement, est âprement combattu.

Apparemment, il ne sert à rien de lutter efficacement contre le chômage qui, chafouin de sort, continue d’augmenter ces derniers mois, mettant en péril la candidature de l’actuel président, pourtant si sûr de pouvoir parvenir à inverser cette courbe. Dès lors, plutôt que chercher des moyens de remettre des gens au travail, plutôt que comprendre que seules les entreprises privées permettent de créer des emplois, les bureaucrates de Bercy, les médias – qui ont relayé la fuite commode du ministère des finances sur ce contribuable si particulier – et une partie de l’opinion à leur suite redoublent d’efforts pour, enfin, parvenir à ponctionner l’impétrant.

Cela fait plusieurs années que les tentatives se multiplient contre ces méchantes entreprises qui échappent à l’impôt. Airbnb n’est qu’une parmi Google, Apple, Facebook, Amazon, etc… Devant l’échec répété à parvenir à leurs fins, on pourrait croire que les gouvernements qui se succèdent auraient fini par laisser tomber, mais il n’en est rien.

Il faut dire que ces compagnies représentent plusieurs critères impossibles à oublier pour les politiciens et la classe jacassante en général : ce sont, très globalement, des entreprises américaines qui réalisent des chiffres d’affaires mondiaux et des profits de plus en plus colossaux. À mesure que les dettes publiques explosent suite à une gestion calamiteuse des deniers publics, l’attrait d’aller piocher dans ces juteux bas-de-laine se fait plus fort. Leur caractère étranger permet ensuite de jouer sur la fibre européenne voire patriotique : on feint de protéger nos entreprises en cognant assidûment les étrangères.

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Mais surtout (et cela est d’autant plus vrai pour les plus récentes d’entre elles), les fortunes qu’elles ont générées sont extrêmement récentes. Cela implique que les dirigeants de ces entreprises, au contraire des sociétés plus âgées, n’ont pas encore eu le temps de s’accointer avec les politiciens européens, français en particulier. Autrement dit, le politicien lambda aura d’autant plus de facilité à réclamer des mesures de rétorsions (aussi iniques soient-elles) qu’il n’aura jamais pu être personnellement séduit par ces entreprises, trop jeunes pour avoir eu le temps de les charmer.

Quoi qu’il en soit, l’affaire est dans le sac : moyennant un peu de campagne de sensibilisation dans les médias, quelques articles gravement atteints de journalimse, on obtiendra un fort assentiment des populations (il suffit de lire les commentaires consternants de bêtise et de jalousie des articles consacrés pour s’en convaincre) et il ne restera plus qu’à mettre en place les ultimes mesures pour récupérer l’argent où il se trouve.

Oh, ne vous trompez pas, ce ne sera pas en taxant les activités et les montages parfaitement légaux d’AirBnB. Suite aux cris de rage de nos Français outrés par ces abominables optimiseurs fiscaux, gageons que l’État s’en prendra… aux Français eux-mêmes.

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Source : http://h16free.com/2016/08/15/55152-continuons-de-nous-acharner-sur-airbnb


Progressivement, votre patrimoine appartiendra à l’État

dimanche 14 août 2016 à 11:00

On se souvient qu’en 2015, les députés avaient profité de la léthargie de Juillet pour pousser leur loi sur l’obsolescence programmée, dont on commence tout juste à mesurer les effets délétères. L’année 2016 n’échappera pas plus à la tradition des lois scélérates votées en douce pendant la période estivale puis début juillet fut promulguée la loi « relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine« , dans laquelle on trouve une belle pépite.

Le domaine impacté par ces changements n’est pas étranger aux lecteurs de ces colonnes puisque j’avais déjà évoqué le douloureux problèmes des fouilles archéologiques amateurs dans un précédent billet : régulièrement, on tombe en effet dans la presse sur des exemples de malheureux amateurs qui, fouillant des lieux privés, avec l’autorisation des propriétaires à la recherche de l’un ou l’autre butin archéologique, finissent par surtout trouver d’énormes problèmes avec la douane qui s’empresse de leur faire durement payer le prix de leur outrecuidance à vouloir ainsi déterrer et préserver un patrimoine dont l’État n’a normalement absolument rien à faire mais qui devient indispensable à confisquer dès lors qu’il représente une valeur.

Il faut dire qu’au contraire de bien des pays (l’Angleterre est souvent citée en exemple), la France a établi un statut particulièrement complexe pour les vestiges archéologiques qui relèvent d’un droit de propriété complexe et multiple. En gros, depuis 1941, les objets archéologiques découverts fortuitement appartenaient à 50% au propriétaire du terrain et 50% à celui qui les avait découverts. Dans ces conditions, certaines pièces archéologiques retrouvées par des particuliers pouvaient donc rester dans leurs mains.

Indiana Jones - world best archeologistC’est bien évidemment intolérable, tant pour l’État que (surtout) pour les archéologues professionnels puisqu’officieusement, on peut voir ainsi disparaître une partie du patrimoine national dans des mains privées qui s’empressent (on s’en doute) de l’éparpiller aux quatre vents pour en faire Dieu sait quoi (mais a priori, quelque chose de satanique que la morale réprouve).

Heureusement, depuis le 8 juillet dernier, tout bien archéologique (immobilier ou mobilier) découvert tendra à appartenir totalement à l’État. Désormais, les biens archéologiques mobiliers sont présumés appartenir à l’État Youpi.

Vu l’épaisseur de la loi et le langage évidemment abscons que nos élus utilisent pour camoufler leurs forfaits, on aurait facilement pu passer à côté de ce changement drastique. On pouvait cependant s’attendre à ce que le Monde, le Figaro ou l’un de ces journaux de révérence en parle un peu, ou, au moins, le Canard Enchaîné. Les rédactions étant encore plus en mode Service Minimum que pendant la période de « pleine activité » habituelle, il n’en fut rien : c’est Sciences Et Avenir qui aura déniché la perle dans le tombereau de fumier déversé dans cette loi alors que les vacances parlementaires approchaient.

Voilà l’occasion d’organiser un entretien et de poser de pertinentes questions à Dominique Garcia, le Président de l’Institut national de recherche archéologiques préventives. On n’interrogera surtout pas les archéologues amateurs, premiers concernés par les changements introduits, parce qu’ils sont dans le mauvais camp, celui du mal, du privé, de l’éparpillement de patrimoine, de la loi du marché qui détermine le prix des objets archéologiques indépendamment du bon vouloir de l’État.

Grâce à cet entretien, on apprendra que les récentes enquêtes d’opinion montrent que les Français sont attachés à leur Patrimoine archéologique et à sa valorisation, ce qui ne dit absolument rien de leur position sur cette déclaration unilatérale d’inexistence de la propriété privée archéologique. On sera heureux d’apprendre que le peuple souhaite conserver son patrimoine, ce qui constitue quasiment une évidence, mais pas du tout un argument pour le déposséder de son sous-sol d’un trait de plume.

Grâce à cet entretien, on se réjouira d’apprendre que la France a (enfin) rejoint le concert de ces autres nations qui ont choisi d’exproprier ses peuples ad nutum lorsqu’il s’agit de s’accaparer d’un vestige qui pourrait attirer des touristes ou une retombée internationale.

indiana jones

Seuls se chagrineront peut-être les dizaines de milliers de chercheurs amateurs qui, tous les ans, déterraient des milliers d’objets de toutes valeurs et qui en prenaient jalousement soin pour constituer des collections et obtenir, en échange, rétribution.

En effet, il ne semble absolument pas rentré en ligne de compte que ces dizaines de milliers de personnes effectuaient un travail aussi indispensable que gratuit pour la collectivité, en collectant ainsi tous ces vestiges. Il ne semble pas non plus rentré en ligne de compte qu’à côté de ce « concert des nations » qui exproprient, il existe un autre concert aussi important de nations qui ont choisi de placer les musées et les archéologues publics sur le même plan que les particuliers, de faire appel au marché pour racheter les pièces trouvées par ces chercheurs amateurs, et que ça fonctionne très bien. Il ne semble pas avoir été plus tenu compte de la nature humaine qui, lorsqu’il s’agit d’âpreté au gain, ne ménage guère ses efforts et qui saura largement basculer dans la clandestinité pour ramener ce genre de procédés législatifs idiots à leur juste portion congrue.

Il semble en revanche assez clair qu’une certaine catégorie de professionnels a bien réussi son lobbying : il suffit de lire d’autres témoignages — comme celui-ci par exemple — moins récents mais peut-être plus pertinent que celui de notre « Président de l’Institut national de recherche archéologiques préventives », pour comprendre que les archéologues officiels, sanctionnés par l’État et drapés de leur indispensable statut, ont tout intérêt à voir disparaître ces chercheurs amateurs qui, finalement, leur ôtent les trouvailles des doigts. D’autant qu’il serait vraiment étonnant qu’aucun archéologue tout ce qu’il y a d’officiel ne se soit jamais gardé de déclarer ses propres découvertes, s’autorisant ainsi la création d’une collection personnelle (ou pire encore, la revente de ces découvertes pour euros bien lourds).

indiana jones - thumbs up

L’autre élément assez clair que cette loi met à jour de façon aveuglante est que l’État continue hardiment l’extension de ses prérogatives bien au-delà de ce qu’on serait en droit d’attendre d’un serviteur destiné à s’assurer que les individus qui le financent vivent en harmonie. L’érosion du droit de propriété en France est en pleine accélération. On en parle calmement lorsqu’il s’agit de débris archéologiques, on en reparlera moins posément lorsqu’il s’agira d’autres patrimoines qui tomberont, à leur tour, dans l’escarcelle publique, à la faveur de l’une ou l’autre crise.

À ce rythme, la notion même de propriété privée va probablement se dissoudre sans un bruit, dans la torpeur d’un prochain été, comme elle l’a fait ces derniers mois au Venezuela par exemple. Et ne vous inquiétez pas : tout comme il s’est trouvé un Dominique Garcia pour défendre cette iniquité législative, on trouvera alors tout plein d’ardents défenseurs du bien commun, du patrimoine public et des autres fadaises collectivistes pour précipiter le pays dans le même bonheur socialiste que vit actuellement la dictature chaviste.

Vous verrez, ce sera magique.

socialisme magique

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Source : http://h16free.com/2016/08/14/55099-progressivement-votre-patrimoine-appartiendra-a-letat


Quelques lectures de vacances pour l’été 2016

samedi 13 août 2016 à 10:00

Avant de retourner à l’actualité brûlante de ces derniers jours, je vous propose quelques lectures de vacances. « Full disclosure » comme on dit dans les milieux autorisés : je connais bien leurs auteurs, et mon avis est donc honteusement biaisé. Mais je pense et j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de leur faire ainsi une publicité éhontée.

Ludovic Delory : Dumping

dumping - deloryAvec Dumping, Ludovic Delory signe ici son premier roman. Il avait déjà produit plusieurs livres, dont Retraites Plombées (chroniqué ici), mais l’exercice romanesque n’est définitivement pas le même que le travail plus journalistique d’un essai sur la retraite par capitalisation ou par répartition. Ici, Dumping présente l’aventure d’une utopie dans une Amérique touchée de plein fouet par la crise des subprimes, et les trésors de ressources que les hommes et les femmes de talents peuvent déployer pour se sortir des griffes de l’État. Le petit parfum randien de l’ouvrage, qui se lit bien (notamment sur la plage – suggestion d’utilisation) n’est pas fortuit et pourra donner, espérons-le, des idées aux plus entreprenants d’entre nous.

Vous trouverez l’ouvrage à un prix très démocratique sur Amazon.

Céline Barré : Quel Pétrin, Péril au fournil

« Quel Pétrin » et « Péril au Fournil », deux ouvrages qui se lisent d’une traite et qui mettent en scène des personnages hauts en couleurs.

quel petrin - barreJocelyne, boulangère quarantenaire, s’ennuie ferme dans sa ville du Cotentin. À la faveur d’une décision politique saugrenue, elle va reprendre en main le cours de son existence ainsi que celui de sa commune peuplée d’administrés au caractère bien trempé. Le livre est disponible sur Kindle ici pour un prix rikiki et constitue la première partie du récit.

peril au fournil - barreLa seconde partie est ici, elle aussi disponible sur Kindle à un prix défiant toute concurrence, et décrit la suite des aventures de la boulangère qui, révoltée par les décisions abracadabrantesques du président de la République, décide de monter à la capitale pour lui expliquer son point de vue, ce qui ne manquera pas de déclencher de nombreux rebondissements.

Les deux ouvrages, fermement ancrés dans notre actualité française morose, forment presque un petit manuel de l’agitation politique telle qu’elle pourrait prendre forme en France. On prend plaisir à chercher les correspondances entre les personnages politiques hauts placés (président en premier) et leurs pendants de la vie réelle, souvent multiples. S’il est inutile de chercher une analyse politique de la situation courante dans ces deux romans qui se veulent avant tout humoristiques et permettent de passer plusieurs heures d’une agréable lecture, on ne pourra s’empêcher de noter l’intéressante critique de la mainmise de l’État sur tous les aspects de notre vie.

Walter : Ne croyez pas que cela n’a rien à voir

ne croyez pas - walterWalter est un humoriste belge qui n’hésite pas à brocarder la politique française (mais de quoi se mêle-t-il donc ?) avec un humour mordant. Chroniqueur dans de nombreuses émissions à la télévision et à la radio (France Inter, France 2, Canal+), il a rassemblé quelques unes de ses meilleures chroniques dans ce livre qui peut facilement se grignoter par petits morceaux, à l’apéritif. Attention si vous le lisez dans les transports en commun ou à la plage : sachez qu’il vous sera difficile de ne pas glousser aux saillies et autres jeux de mots dont il émaille ses textes.

Là encore, vous pourrez vous le procurer ici. On m’objectera que le prix est plus élevé que pour les autres ouvrages, mais ce n’est dû qu’à l’adaptation aux prix du marché des stupéfiants et des escorts, peu abordables actuellement.

Bonnes lectures !

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Source : http://h16free.com/2016/08/13/55158-quelques-lectures-de-vacances-pour-lete-2016


Rideau !

vendredi 15 juillet 2016 à 09:00

Certains l’ont senti venir, d’autres, sans savoir quand, savaient néanmoins que ce serait inéluctable, et pour ceux qui sont surpris, je m’en excuse mais voilà, c’est arrivé : ce sont les vacances et le blog ferme pour quelques semaines d’un repos ma foi mérité.

Il faut dire que ces six derniers mois, l’actualité a été particulièrement chargée et les politiciens n’ont manqué aucune occasion de se faire mousser et de raboter toujours un peu plus nos libertés.

Conformément à ce qu’on pouvait déjà imaginer il y a un an de cela, chaque vent de panique terroriste, soigneusement entretenu par la complète désorganisation du gouvernement et son parfait jmenfoutisme, aura été mis à profit pour ajouter des petits moulinets sur de violents coups de menton, étendre l’état d’urgence par bloc de trois ou six mois, faire croire qu’il servirait à quelque chose et qu’on allait arrêter les terroristes à coup de caméras de surveillance et de radars autoroutiers…

Conformément à ce que la conjoncture économique laissait présager, et alors que l’austérité n’aura jamais été aussi loin des préoccupations des dirigeants français, les coupes drastiques dans les dépenses de l’État ont été consciencieusement évitées et, pour éviter de crisper les uns et les autres, ces dépenses ont même parfois été relancées avec vigueur pour compenser l’atonie du secteur marchand, copieusement tabassé d’impôts et de taxes.

Conformément à ce que la déliquescence du pays laissait déjà entrevoir, les partis politiques ont continué à se déchirer. Les Républicains, patchwork improbable de petits barons locaux et d’aspirants présidents plus ou moins décatis, continue sa quête pour une colonne vertébrale idéologique pendant que le Parti Socialiste a, selon toute vraisemblance, totalement renoncé dans la sienne. Dans les deux principaux partis, les querelles font rage, tout le monde voulant être calife à la place d’un calife qui se fout complètement de savoir qu’il l’est devenu tant qu’il peut continuer à s’empiffrer au frais de la princesse et qu’il bénéficie, aussi invraisemblable que cela puisse être, d’un regain de popularité absolument pas lié à sa propre existence.

Les prochains mois seront, très vraisemblablement, sur le même mode, en tenant compte de la surprise que fut le Brexit qui semble mettre une belle pagaille dans les petits plans de carrière des uns et des autres, des catastrophes financières qui se profilent à mesure que les banques allemandes, italiennes et françaises se retrouvent en difficultés, et, bien évidemment, des attentats qui ne manqueront pas de survenir (ndh16 : ce billet, écrit il y a quelque jours, se vérifie avant même sa parution).

youpi - loldog

Devant ce tableau, le chroniqueur moyen a parfois du mal à suivre ; l’acharnement à vouloir peindre un tableau amusant de l’averse de crottes molles qui nous tombent dessus devient un exercice compliqué, qui déclenche parfois une certaine lassitude que seule une petite période de repos permettra de combattre efficacement.

Je me réserve le droit de pondre l’un ou l’autre billet si l’actualité l’impose et mon temps ou ma localisation me le permettent, mais normalement, pendant les prochaines semaines, ce blog ne sera donc plus alimenté que par les commentateurs réguliers, … que j’en profite pour remercier de leur assiduité et de leurs partages réguliers des billets : continuez ! D’autant que vos partages sont les munitions de la résistance à l’oppression collectiviste ! Et ne vous laissez pas impressionner par la force de frappe sociale-démocrate, le jeu n’est pas celui d’une guerre de tranchée mais plutôt une guérilla urbaine où les gros appareils politiques et les grandes colonnes de militants marchant au pas n’ont pas la certitude de gagner, loin s’en faut, et où les snipers libéraux peuvent parfois instiller le doute, répandre un autre point de vue voire, pourquoi pas, la salvatrice sédition d’un système devenu esclavagiste.

Parallèlement, pendant que certains partagent, « tweetent » et « likent » comme des fous, d’autres s’abandonnent au capitalisme le plus bas en achetant les goodies disponibles ici, ces t-shirts et ces casquettes diverses qui permettent de déclencher l’enthousiasme des foules sur les plages. D’autres encore choisiront la franche rigolade d’une lecture d’été avec le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré ou le Petit Traité d’Anti-Écologie à l’usage des lecteurs méchants, qui sont toujours disponibles auprès de l’éditeur. En revanche, Égalité Taxes Bisous est épuisé et attend vos demandes incessantes pour inciter Les Belles Lettres à un nouveau tirage.

En attendant vos nombreuses commandes et vos commentaires déchaînés, je vous souhaite à tous d’excellentes vacances.

vintage beach - connecticut

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Source : http://h16free.com/2016/07/15/55085-rideau