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Universités d’été du PS reportées : le beau pipeau de Cambadélis

vendredi 8 juillet 2016 à 09:00

Grosse, grosse déception pour tous les fervents supporters du socialisme effervescent ! Cette année, ils ne pourront pas communier tous ensemble dans la ferveur, le recueillement, la joie, la bonne humeur et l’argent des militants à l’Université d’été pourtant régulièrement prévue dans ces mois d’été et qui devait se tenir à Nantes : le Premier secrétaire du Parti socialiste, un blob mou répondant au nom de Jean-Christophe Cambadélis, en a annoncé l’annulation.

Tout avait pourtant bien commencé puisque l’événement était préparé de longue date, à commencer par la ville où se situeraient les réjouissances, Nantes, fief de Jean-Marc Ayrault qui fut son maire et dont une rumeur insisterait qu’il aurait été Premier ministre voire ministre des Affaires étrangères. Les affiches n’étaient pas encore prêtes, mais les organisateurs avaient déjà trouvé un nom, probablement voté à l’animosité l’unanimité suite à sa présentation par Jean-Christophe : plutôt que fêter l’université d’un Parti socialiste dont plus personne ne veut se réclamer, on avait habilement choisi de baptiser l’occasion « Université d’été de la Belle Alliance Populaire ». Des acomptes avaient même déjà été versés aux prestataires du parti pour ce grand rendez-vous. Il y aurait du saucisson, du vin, du camembert, un peu de musique, et l’épais Cambadélis avait même déjà prévu de reprendre deux fois du dessert.

C’est sûr, on allait bien rigoler.

Et là, patatras. Au lieu de se tenir à La Rochelle, comme tous les ans depuis 1933, Jean-Christophe, la mort dans l’âme, a été obligé d’annuler :

« C’est une question à laquelle j’ai réfléchi depuis un moment. Je pense que devant les risques de violence à Nantes, ou dans tout autre endroit où se tiendrait l’université d’été de la Belle Alliance Populaire, il vaut mieux reporter, suspendre l’université d’été. C’est ce que je ferai comme proposition aux acteurs de la BAP. »

Voilà qui laisse pantois et goguenard.

jc cambadélis a réfléchi

Pantois, on peut l’être. Et pas seulement parce qu’après cette annulation, le Parti socialiste devra s’asseoir sur beau montant d’acomptes déjà versés et qui, selon l’Opinion, se monteraient tout de même à 300.000 euros (et Bygmalion n’y est pour rien). On peut l’être aussi parce que ces journées sont traditionnellement l’occasion pour un Parti socialiste – actuellement quelque peu à l’étroit financièrement – d’engranger quelques recettes avec le merchandising, et quelques militants avec la propagande et la publicité liées à la tenue de l’événement. Cette année, il faudra donc faire une croix dessus…

gifa dr house sad triste snif

Mais cette nouvelle rend aussi goguenard (et pas seulement parce que Jean-Christophe a menti avec aplomb en disant avoir réfléchi depuis un moment, chose qui ne lui est sans doute jamais arrivée, même par hasard) : le Premier secrétaire du parti majoritaire en France (selon les dernières élections législatives) se voit contraint d’annuler une rencontre de ses membres devant des risques de violences dans la ville qu’il a choisie. Voilà que la France Apaisée de François Hollande le Pacificateur ne permet plus à la formation majoritaire au gouvernement et à l’Assemblée nationale de rassembler ses membres dans sa grande communion communicationnelle et festive !

Quel constat d’échec ! Diable, mais pourquoi donc ?

Certes, Nantes peut apparaître comme un choix malheureux eu égard à sa proximité de Notre-Dame Des Landes et son aéroport décrié (qui a provoqué des petites éruptions irritantes de zadistes et autres Black-blocs un peu excités). Certes, Nantes fut aussi le terrain de vigoureuses protestations contre la Loi Travail. Certes, le PS a été visé à de multiples reprises sur le territoire français puisque 150 de ses locaux ont été attaqués ou vandalisés depuis le mois de janvier. Certes.

Mais l’état d’urgence dans lequel cette même majorité a plongé le pays il y a neuf mois maintenant ne permet-elle pas de garantir des forces de l’ordre au taquet, prêtes à intervenir au moindre débordement ? Apparemment, cela ne suffit pas au Premier secrétaire.

Le fait que le rassemblement en question se passe dans la ville d’un ministre d’État, dont il fut le maire et qui fut de surcroît Premier ministre, ne semble pas davantage suffire pour justifier cette prise de risque. Pour Cambadélis, c’est acquis : tenir une université socialiste, en France, actuellement, c’est risquer des violences…

valls miniMais qu’est devenue la République, celle du Premier ministre Manuel Valls qui ne rompt ni ne plie devant les menaces, fussent-elles terroristes ou, pire encore, composées de familles traditionnelles armées de poussettes ? Qu’est devenu l’Ordre qui doit régner dans tout pays où règne l’état de droit et que tous ces beaux messieurs nous assurent, à grands renforts de plan Vigipirate et Sentinelle ?

Comment peut-on croire le pipeau endiablé d’un Jean-Christophe Cambadélis dont les lèvres bougent lorsqu’il ment ? Le voilà qui tente de nous faire croire que cette République – que son patron François dirige pourtant – ne saura pas trouver quelques compagnies de policiers pour sécuriser les abords d’un événement dont la seule caractéristique violente jusqu’alors aura été la production ininterrompue d’idées socialistes de taxations révoltantes et d’interdictions scandaleuses.

C’est incroyable. D’ailleurs, on ne le croit pas.

En réalité, on comprend assez bien que la principale violence qu’on observera à Nantes dans le cadre de ces Universités d’été, ce seront les Universités elles-mêmes. Et toute l’actualité pointe bel et bien dans cette direction.

cambadélis - a gauche les voleurs décident de toutDepuis les tensions internes au Parti Socialiste liées aux dissensions entre le gouvernement et Hamon, Filippetti, Montebourg et autres diptères coprophages frondeurs à la sauce Galut ou Berger, jusqu’aux montées de sèves bouillonnantes suite aux dernières lois passées, la Loi Travail n’étant pas la moindre, et qui ont réussi à jeter dans la rue tout ce que la France compte de minorités criardes, tout concourt à ce qu’un rassemblement de toutes les tendances socialistes dans un même espace clos se termine en Bordée d’Assauts et de Pugilats et que la Belle Alliance Populaire tourne à une Branlée d’Anthologie Phénoménale que Cambadélis, ce Bel Arsouille Pipoteur, veut à tout prix éviter.

Outre le fort mauvais tableau que serait une telle empoignade politique ainsi médiatisée, se pose aussi le problème des répercussions des inévitables dérapages que cette manifestation promet : les primaires socialistes ne sont plus loin (janvier 2017) et on sent que l’objectif du fidèle soldat hollandiste est d’éviter à tout prix une multiplication des candidats concurrents à l’actuel président, d’autant qu’avec le porte-voix de l’Université d’été, certains n’auraient probablement pas de mal à paraître crédibles (ou en tout cas, plus crédibles qu’un François Hollande abyssalement bas dans les sondages).

Maintenant, utiliser ce moyen pour faire taire ces dissensions ressemble beaucoup à une tentative désespérée de raccommoder un parti en déliquescence avancée. En outre, que penser d’un parti qui n’a que le mot démocratie à la bouche mais qui n’arrive pas à gérer (voire fait tout pour supprimer) en son sein les multiples opinions qu’une vie démocratique mouvementée finit toujours par produire ?

Bref, encore une fois la sécurité, qui fut l’excuse toute trouvée pour faire pleuvoir restrictions de libertés, lois idiotes et taxes iniques sur le peuple depuis les derniers attentats, a été l’alibi pratique pour tenter d’éviter la honte politique et la déroute électorale.

Avec de tels incompétents à la manœuvre, on peut s’attendre à ce que le Parti socialiste n’évite ni l’une, ni l’autre. Et c’est tant mieux.

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Source : http://h16free.com/2016/07/08/54804-universites-dete-du-ps-reportees-le-beau-pipeau-de-cambadelis


Loi Création et « liberté » de panorama : la fin de Google Image en France ?

jeudi 7 juillet 2016 à 09:00

Le droit d’auteur, le droit d’image et tous ces droits connexes, voisins et en relation, c’est super-vachement important dans cette Nouvelle Économie Numérique que notre gouvernement, qui suce à la roue technologique avec application, se devait de bien encadrer législativement parlant. Et pour pouvoir bien tout remettre à plat, faire rentrer les petits articles bien droit dans les cases prévues par le législateur et correctement tronçonner les droits des uns avec les corporatismes des autres, il fallait bien une Commission Mixte Paritaire pour arbitrer le projet de loi Création, n’est-ce pas. C’est grâce à elle qu’une « nouvelle » liberté (youpi, joie, bonheur) vient d’apparaître pour les citoyens français : la liberté de panorama.

« La liberté de panorama », ce n’est pas un titre de Houellebecq calqué sur « La possibilité d’une île », mais comme l’explique Wikipedia, cette liberté laissée aux photographes (notamment amateurs) de prendre des photos de lieux, généralement touristiques, dans lesquels des monuments ou des réalisations architecturales apparaissent. En pratique, c’est une exception au droit d’auteur permettant de reproduire une œuvre protégée se trouvant dans l’espace public.

Jusqu’à récemment en France, cette liberté n’existait pas : en pratique, la jurisprudence française, épaisse, confuse, parfois contradictoire mais toujours complexe, permet au photographe aussi bien professionnel qu’amateur de patauger avec un bonheur douteux dans le marigot bien gluant d’exceptions, d’autorisations et d’interdictions qui s’est formé. Vous prenez en photo la Tour Eiffel ou un joli bâtiment ? Tout peut arriver.

oh noes !

Cette complexité a poussé le législateur, dans son immense sagesse, à mettre un peu d’ordre. En plus, ça tombait bien, il y avait ce projet de Loi Création dans le tuyau. Aussitôt dit, aussitôt fait, des discussions sont lancées, des amendements posés, des votes effectués, la loi est passée, le Sénat est saisi qui détricote bien vite ce que l’Assemblée a tricoté, et, pour mettre tout le monde d’accord, une Commission Mixte Paritaire est appelée à la rescousse pour bricoler un arrangement à mi-chemin des deux chambres (Ici, vous comprendrez que c’est un raccourci du trajet réel rocambolesque que cette « liberté de panorama » aura parcouru – je fais dans la simplification administrative, afin d’éviter des billets de 3000 mots).

Cependant, après cette randonnée sur sol rocailleux de notre projet de loi, le bilan est le suivant : le texte voté au Sénat et conservé ensuite est plus strict que celui adopté initialement par l’Assemblée nationale. En substance, ne sont plus autorisées que les reproductions d’œuvres en permanence sur la voie publique, réalisée par des personnes physiques, et seulement hors de tout caractère commercial (direct ou indirect).

Le pompon, c’est que cette restriction – à la fois pratique et normale au pays de la liberté, des droits de l’Homme et du Bac pour Tous – s’accompagne d’un mécanisme de gestion de droits obligatoires « permettant de rémunérer les auteurs d’œuvres d’art plastiques, graphiques et photographiques ou de leurs ayants droit pour les images que les moteurs de recherche et de référencement mettent à la disposition du public sur Internet sans avoir obtenu d’autorisation préalable ».

Vous pressentez l’arnaque ? Vous reniflez la ruse ? Vous sentez l’entourloupe ? C’est normal, il y en a une, grosse.

oh noes !

Ce que ce charabia législatif veut dire, c’est que les moteurs de recherche d’images tels que Google Images, Wikimedia ou tant d’autres, ou les réseaux sociaux qui autorisent le partage des images sont directement visés et devront donc activement empêcher la vilaine reproduction illicite voire (osons le mot) la contrefaçon de ces œuvres, ou payer un ensemble de droits et de taxes pour se permettre cette reproduction et cette diffusion. Concrètement, cela veut dire qu’un personne pourra donc prendre en photo – joie d’une liberté de panorama qui roxxe ! – la pyramide du Louvre et la partager sur les réseaux sociaux. Mais une fois indexée, cette photo ouvrira droit à la perception d’une redevance sur le moteur qui l’aura indexée.

Oui, vous l’avez compris : le moteur d’images de Google devra s’acquitter de taxes pour avoir le droit d’afficher les images résultantes d’une de vos recherches. Et oui, vous l’aurez aussi compris : enfin, après des années de ruses et d’essais plus ou moins fructueux, les lobbies des ayant-droits représentés par les indétrônables SDRM, ADAMI, SPEDIDAM, PROCIREP SCPA, SACEM, SACD, SCAM, ADAGP, SAJE, SCPP, SPPF et SPRD ont fini par obtenir une nouvelle entrée juteuse d’argent directement de la poche du consommateur vers les leurs en utilisant la force publique et la ponction sur les résultats d’exploitation d’un géant quelconque. Cela aurait pu tomber sur les fabricants de disques durs, de mémoires de masse, sur les vendeurs en ligne, mais cette fois-ci, c’est tombé sur Google Images et Wikimédia (entre autres).

Et vu le nombre de photos partagées sur les réseaux sociaux (on parle de plusieurs millions à la minute), photos dont une proportion non négligeable contient inévitablement l’un ou l’autre monuments soumis à droit d’auteur, on comprend que ces sociétés vont toucher un énorme jackpot, d’autant qu’elles se partageront des profits même lorsque les auteurs d’images n’ont pas fait le choix de s’affilier à l’une d’entre elles.

Décidément, le lobbying, c’est facile, c’est discret et ça peut rapporter très gros.

Bien évidemment, vous pouvez compter sur ces sociétés pour crier à leur bonne foi, expliquant que « La taxe sera de toute façon payée par ces méchantes multinationales qui faisaient du beurre sur des œuvres pourtant protégées, n’est-ce pas, qui spolient leurs auteurs, n’est-ce pas, dont nous sommes les protectrices, n’est-ce pas ». Peu importe que, tout comme pour les taxes sur le lait qui ne sont jamais acquittées par les vaches, ces taxes seront inévitablement reportées d’une façon ou d’une autre sur le consommateur (qui, pour le coup, en est une belle, de vache à lait).

oh noes !

De façon plus tragique, peu semble aussi importer que cette démarche, très franco-française dans son approche punitive et sa mise en pratique usinagazophile, finisse par provoquer des effets de bords catastrophiques.

De dépit (ou de peur de se retrouver à payer des sommes astronomiques), on pourrait ainsi voir disparaître de l’internet français Google Image et ses équivalents sur les autres moteurs. Voilà un gain évident pour le consommateur. Voilà aussi un moyen pratique pour ruiner toute possibilité de publicité facile au travers des moteurs d’indexation.

De façon encore plus visible, des plateformes pourtant basées sur les Creative Commons vont se retrouver dans un enfer juridique invraisemblable puisqu’à la suite d’un amendement à cette loi sur le panorama, il a été créé un nouveau droit patrimonial à destination des gestionnaires des domaines nationaux, pourtant plus du tout soumis au droit d’auteur, qui impose à présent d’avoir leur accord pour publier des photos, et éventuellement payer pour le faire. Pire et comme l’explique la Fondation Wikimédia France, les moteurs de recherche devront, désormais, payer pour la totalité des images qu’ils indexent dans leurs résultats, y compris pour les images sous licences Creative Commons ainsi que les images « orphelines » (sans auteur identifié), catégories qui représentaient une source indispensable d’illustration de l’encyclopédie en ligne Wikipédia.

oh noes !

Dans le grotesque, voilà qui touche au sublime.

Rappelez-vous qu’au départ, il s’agissait de rendre plus claire et mieux cadrée la liberté de panorama, en accord avec ce qu’on observe dans beaucoup d’autres pays qui accordent bien plus de libertés à leurs citoyens (l’Allemagne, par exemple, qui n’est pourtant pas réputée pour être une anomie débridée).

Et pourtant, en quelques articles de loi troussés à la mode de chez nous, on a habilement fusillé tout un pan d’internet et rendu impraticable l’exercice photographique ou d’illustration pour les citoyens français qui ne chercheront pas à passer par un VPN ou un proxy étranger afin de trouver l’une ou l’autre image. Par une application invraisemblable d’un droit d’auteur de plus en plus absurde, on a effectivement mis en coupe réglée l’image sur l’internet français (!) au profit d’une bande d’indispensables corporatistes dont le service rendu, minuscule, ne pourra jamais être en rapport avec les sommes colossales que la collecte promet.

Vraiment, quelle réussite !

chaton youpi encore une mission réussie

Source : http://h16free.com/2016/07/07/54857-loi-creation-et-liberte-de-panorama-la-fin-de-google-image-en-france


Du lien entre Trump, le Brexit et les classes moyennes mécontentes dans les pays riches

mercredi 6 juillet 2016 à 09:00

« Alors que les riches deviennent toujours plus riches, les pauvres deviennent toujours plus pauvres. » L’important, pour qu’un mensonge devienne un lieu commun, est de le répéter suffisamment souvent, à suffisamment de personnes, et ne surtout pas tenir compte d’études sérieuses qui viennent régulièrement flanquer par terre tous ces efforts de propagande.

À ce propos, deux articles du même auteur sur ce sujet, l’un paru sur Vox et l’autre dans la Harvard Business Review, apportent un rafraîchissant éclairage sur cette propagande.

gifa yeah ok shkreli

Branko Milanovic, professeur à l’Université de New-York, a réalisé une étude assez détaillée de l’impact de la mondialisation sur les différentes classes de populations à l’échelle mondiale et notamment son effet sur leurs revenus. Cette étude porte notamment sur la répartition des revenus par centiles – i.e. chaque centile représente 1% de la population disposant de la tranche de revenu considérée – et sur leur évolution dans le temps, depuis 1988 jusqu’à présent.

Comme le pointe très justement l’auteur, beaucoup d’études sur l’évolution récente des revenus portent sur des régions ciblées : on trouve assez facilement l’évolution des revenus sur les 30 ou 40 dernières années dans les pays de l’OCDE, à l’échelle mondiale, pour les pays pauvres, etc… En revanche, l’étude de l’évolution de ces revenus par centiles et à l’échelle mondiale est plus rare. C’est d’autant plus dommage que les conclusions qu’on peut en tirer sont éclairantes et plutôt en contradiction avec le discours dominant, tout en expliquant assez bien les comportements observés dans les pays occidentaux.

En substance, tout peut se résumer au graphique suivant :

evolution mondiale des revenus par centiles depuis 1988 - milanovicCliquez pour agrandir

Ce graphique montre l’évolution des revenus sur la période 1988-2008, ajustés en dollars de 2005, sur la population mondiale ; les données ont été établies par centiles, le graphique ci-dessus montre des paquets de 5%, et le graphique détaillé par centile est disponible ici. Cette représentation montre par exemple que les cinq premiers pourcents de la population mondiale ont observé un gain d’environ 15% de leurs revenus sur la période considérée, ou que le 5% de plus haut revenu a vu les leurs progresser de plus de 60%.

Déjà, l’assertion que les pauvres deviennent plus pauvres est largement battue en brèche : il y a de moins en moins de pauvres. En outre, en terme d’inégalités, les statistiques montrent qu’à l’échelle mondiale, le coefficient de Gini (qui, à 100, signifie une inégalité totale et à 0, une égalité totale) a diminué de 69 à 64 : non seulement, les pauvres sont moins pauvres, mais l’inégalité entre riches et pauvres diminue.

Shocked

Le reste du graphique nous en dit encore plus.

On observe en effet que, de très loin, c’est bien le 1% le plus riche qui a le plus profité de la mondialisation. Ce 1% représente les personnes qui engrangent 45.000$ par an, ce qui, pour une famille traditionnelle de 4 personnes (deux parents et deux enfants), représente 180.000$ de revenus nets après impôts ; reconnaissons-le, c’est très confortable, mais on est assez loin de l’image d’Épinal du millionnaire à gros cigares censé représenter à lui seul ce 1% si souvent décrié.

En outre, se focaliser sur ce 1% là serait oublier les 99% restants qui ont eu un trajet fort différent.

Ainsi, pour 85% de la population mondiale, la progression a aussi été spectaculaire : on parle en effet de plus d’un milliard et demi d’individus, essentiellement issus d’Inde et de Chine, qui ont vu leurs revenus se multiplier par respectivement 2.3 et 5.6 en une vingtaine d’années. La Chine, par exemple, a observé 63 centiles de gain pour sa population, dans un « grand bond en avant » qui ne doit rien au communisme et tout à l’ouverture du pays au marché mondial et aux méthodes typiquement capitalistes.

Enfin, on ne pourra passer sous silence le creux, dramatiquement visible dans le milieu du graphique, correspondant aux centiles 70 à 95. Ce sont ces derniers qui ont observé la plus faible progression de leurs revenus sur cette période ; attention, ici, on ne parle pas de baisse, mais bien d’une augmentation plus faible que tous les autres centiles, et même en dessous de la moyenne générale située autour de 25%. Or, les populations concernées sont celles des classes moyennes des pays riches occidentaux.

Dit autrement : la mondialisation, si elle a énormément bénéficié au 1% le plus riche, et beaucoup à tous les centiles de 1 à 70, n’a permis qu’une amélioration modeste voire nulle pour les classes moyennes occidentales. Typiquement, ces classes moyennes occidentales sont composées des individus qui ont subi les vagues de délocalisations des années 80 et 90 au profit des pays comme l’Inde ou la Chine, justement. Ce sont eux qui ont vu leurs emplois devenir obsolètes ou peu compétitifs face à une main d’œuvre d’autant meilleur marché qu’elle était en nombre important.

Du reste, c’est logique : en moyenne, ces classes moyennes sont handicapées par leur position géographique (typiquement, la campagne, les villes moyennes avec moins d’opportunités d’emploi), par l’avalanche de législations et de réglementations trop protectrices (depuis le sanitaire jusqu’au social) qui, finalement, les empêche de se lancer dans des activités productives originales, ou par des systèmes sociaux rigides construits à une époque où la situation mondiale était éminemment différente, systèmes qui favorisent inconsciemment un chômage local en attente d’un emploi similaire plutôt que, par exemple, une relocalisation ou la formation continue ou complémentaire.

À la lumière de cette dernière remarque, on comprend alors nettement mieux l’impact des discours politiques qui s’adressent directement à ces classes qui ont été le plus négativement (ou le moins positivement) touchées par la mondialisation, et on s’explique mieux la différence notable d’ambiance qu’on ressent entre les pays occidentaux et les pays émergents : là où les seconds font preuve d’un fort optimisme et se tournent résolument vers le commerce et l’ouverture au reste du monde, les premiers enregistrent surtout les messages protectionnistes. La popularité de Trump aux États-Unis ou la forme qu’a prise le vote britannique pour le Brexit illustrent cette tendance.

Quelques leçons peuvent être tirées de cette étude.

La première est que la propagande sur l’appauvrissement des pauvres n’est que ça, de la propagande.

La seconde et quoi qu’en disent les politiciens les plus audibles actuellement, c’est que pour les pauvres, le capitalisme est un magnifique ascenseur pour la richesse.

Et la dernière, c’est qu’à l’échelle des individus, la richesse absolue n’est pas aussi pertinente que la richesse relative à ses pairs. Comme l’observe Milanovic, l’auteur de l’étude, on assiste au plus grand rebattage de cartes depuis la révolution industrielle, une redistribution phénoménale de la richesse mondiale dans laquelle l’énorme quantité de pauvres du monde accède à l’aisance sinon la richesse, et rattrape les ouvriers et les employés occidentaux.

Ironiquement, cela ne semble guère plaire à ces derniers. Finalement, l’égalité n’est pas aussi plaisante que ce que les socialistes tentent de nous vendre.

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Source : http://h16free.com/2016/07/06/54574-du-lien-entre-trump-le-brexit-et-les-classes-moyennes-mecontentes-dans-les-pays-riches


Front National : la Marine ultra-libérale, vraiment ?

mardi 5 juillet 2016 à 09:00

Journaliste est un métier difficile qui impose parfois d’aller au bout de l’horreur turbo-libérale, cette horreur qui n’est jamais aussi insoutenable que lorsque le professionnel de l’information la trouve à côté de chez lui, dans la banalité du quotidien, au détour d’un fait divers ou, pire encore, dans le programme économique d’un parti d’extrême-droite. C’est à cette plongée dans l’abomination ultra-libérale que la presse nous convie discrètement alors que le Front National entend établir cet été son programme économique.

Et parfois, dès le chapeau des articles qui y sont consacrés, le doute est levé : le programme de Marine émet, sans doute possible, un gros parfum de turbo-libéralisme. Pour le journaliste lambda, élevé à la tétine étatique depuis l’École de Journalmimse jusqu’à son poste actuel en passant par ses nombreux stages et toute la nécessaire conscientisation citoyenne qui eut lieu à l’université où il fit ses armes, le parti d’extrême-droite n’est pas à droite pour rien (cette droite si terriblement pro-capitaliste et pro-patronat), et il peut, dès qu’il en a l’occasion, le démontrer avec brio.

De surcroît, on parle ici d’un parti qui aurait de toute façon bien du mal à changer sa ligne économique, celle qui fait son succès en surfant sur, justement, le néolibéralisme débridé, évident au moins depuis le précédent programme de 2012, et ce d’autant plus que c’est toujours Bernard Monot, économiste chevronné, qui est toujours à la barre et qu’il s’est amplement réclamé lui-même du libéralisme. Si ce n’est pas de la preuve en béton armé et de la fine analyse politico-économique, ça, messieurs dames, je ne sais pas ce que c’est.

Du reste, il suffit d’éplucher les articles pour se convaincre qu’on n’a pas sombré, par mégarde, dans une honteuse pignouferie de presse comme certains pourraient nous le faire croire.

Pignouferies de presse

Ainsi, selon le Figaro, les principales propositions se vautrent sans sourciller dans la facilité gigalibérale. Prenez la baisse des dépenses publiques, de 57% actuellement, que Marine veut ramener à 50% : un État qui ne gobe que la moitié de ce que ses assujettis produisent, voilà qui est à la fois particulièrement clément, et si ce n’est pas du libéralisme, qu’est-ce que c’est ?

Cette baisse serait heureusement financée par une fermeture des frontières (double-plus bon libéral), l’instauration de droits de douane (libéralisme, quand tu nous tiens !) et, bien évidemment, une lutte acharnée et sans merci contre ceux qui tentent d’échapper à la ponction fiscale (libéralisme, vous dis-je). Au passage, avec les taxes de douane serait aussi financée l’augmentation des bas salaires et l’augmentation du salaire minimum, ce dernier étant probablement l’exemple type de libéralisme appliqué. Enfin, notons l’augmentation de l’assiette des impôts à tous les Français, ce qui est, là encore, une bonne volée de libéralisme bien joufflu.

Remarquons tout de même que l’économiste frontiste préconise de cajoler les petits patrons, grâce à des allègements fiscaux conséquents et une priorité donnée aux entreprises locales dans les marchés publics. Gageons que cela ne favorisera absolument pas la connivence entre élus locaux et patrons intéressés, parce qu’une fois passée au Front National, la France sera enfin recomposée d’élus incorruptibles et de patrons responsables.

Et pour les gros patrons, comme le précise l’article du Parisien, notamment de banques, ce sera encore une fois une bonne louchée de libéralisme puisqu’à la liberté de former les alliances commerciales, économiques ou boursières qu’elles veulent, Marine Le Pen opposera une saine obligation de séparer leurs activités de détail et d’affaires : chacun sait que Lehman était une banque mixte, n’est-ce pas, et chacun sait qu’en intervenant ainsi plus ou moins massivement dans le domaine bancaire, l’État apporte toujours des problèmes solutions à tous les solutionsproblèmes.

bernard monot

On pourrait aussi mentionner cette tempête libérale que le Front soulèvera en expliquant que « les entreprises seront libres de choisir leur temps de travail », tempête évitant soigneusement le méchant turbolibéralisme puisque, rassurez-vous, pour ne pas grignoter la compétitivité des entreprises, les éventuelles heures supplémentaires générées seront alors intégralement financées par l’État. Ouf : le libéralisme, oui, mais pas l’ultra non plus, sachons raison garder.

D’ailleurs, les choses sont extrêmement claires, puisque de l’aveu même d’une des « têtes chercheuses » du FN en matière économique,

« Nous avons toujours dénoncé l’ultralibéralisme, mais nous sommes de vrais libéraux »

… Différenciation subtile qui expliquera probablement les petits envois de SMS de rappel à l’ordre de la patronne, Marine, à sa nièce Marion qui avait déposé quelques petits amendements à la Loi Travail à l’époque en discussion à l’Assemblée et encore en discussion au Sénat, dans la rue, dans les médias, au sein du gouvernement et – par voie de conséquence – dans tous les partis de France où cette loi a réussi le tour de force, en plus de dissoudre le Parti Socialiste, de semer la zizanie au Front National.

Il faut dire que Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, d’une part en demandant de relever les seuils sociaux de 50 à 100 salariés pour le premier amendement et en demandant de supprimer (carrément !) l’article 1er bis de la loi sur le harcèlement sexuel pour le second. La loi, depuis passée avec délicatesse grâce au 49.3, n’aura heureusement pas subi cet assaut ultra-libéral de la part de Marion, sa tante Marine ayant fait le nécessaire et s’étant ensuite assurée qu’une fois la discussion au Sénat terminée, ces amendements ne reviendraient pas en deuxième lecture, non mais alors.

Bref, on le comprend : tant du côté de Bernard Monot, celui qui s’est chargé du volet « économique » du programme du Front National, que du côté de Marine Le Pen ou de son équipe, tout le monde est très manifestement prêt à injecter de belles grosses doses de ce libéralimse que les journalistes affectionnent tant de dénoncer, ce libéralimse qui impose la méchante austérité qui aurait – dit-on – frappé la France et ses 57% de dépenses publiques (en hausse ininterrompue depuis des lustres), ce libéralimse qui donne tous les pouvoirs aux méchants banquiers qui obligent les États et les gouvernement à souscrire des dettes par centaines de milliards en leur pointant leurs missiles nucléaires sur les tempes, ce même libéralimse qui a honteusement bousculé les collectivités territoriales dans les emprunts toxiques et la région de Ségolène Royal dans l’opprobre et la quasi-faillite, ce libéralimse barbouillé de toute cette liberté de placer tout un pays en état d’urgence, bref, ce libéralimse qu’on dénonce mais qu’on applique partout et qui reste l’alpha et l’oméga de tous les problèmes français, écrouelles et chaude-pisse comprises.

Tout ceci est évidemment fort confus.

De libéralisme, le vrai, basé sur la liberté et la responsabilité, il n’est déjà plus question depuis des douzaines d’années. Il n’est plus question de rendre aux individus leur liberté de faire ce qu’ils veulent des sommes honnêtement gagnées, mais il n’est question que de lutte contre la fraude ou d’augmentation des impôts. Et quand on parle de diminuer un tant soit peu l’emprise de l’État (de 57 à 50% – la moitié, sacrebleu, la moitié), c’est pour compenser bien vite en instaurant … de nouvelles taxes de douanes. Il n’est plus question de parler philosophie politique, puisque tout, en France, n’est plus qu’un vaste nuancier de rouges et de roses plus ou moins collectivistes, interventionnistes, colbertistes, socialistes ou carrément communistes.

Et l’apothéose est atteinte lorsque nos amis journalistes tentent de faire cracher le morceau (ultralibéral) à un programme qui n’en a même pas le vernis.

C’est grotesque.

libéralisme Front National

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Source : http://h16free.com/2016/07/05/54802-front-national-la-marine-ultra-liberale-vraiment


Égalité, citoyenneté, foutaises

lundi 4 juillet 2016 à 09:00

Dans moins d’un an, l’Assemblée sera renouvelée. Concrètement, compte-tenu des vacances et d’un calendrier électoral chargé, il ne reste donc à nos députés qu’une poignée de mois pleins pour les laisser exprimer leur moi profond, leur créativité législative et les laisser passer toutes les jolies petites expériences sociétales qu’ils ont âprement préparées toutes ces années durant. Excellente raison, donc, pour se déchaîner.

Et justement, ça tombe bien : avec la Loi Égalité et Citoyenneté, il y avait un projet de loi tout désigné pour les idées les plus moisies belles qui pouvaient germer dans l’esprit fertile et inarrêtable de nos élus en mal de légitimité et de reconnaissance éternelle.

Il faut dire qu’arrivé à ce bout du quinquennat, il devient difficile de se lancer dans les lois aux répercussions économiques les plus importantes. La tentative désespérée de remettre un peu d’ordre dans le Code du travail par le truchement du factotum El Khomri ayant abouti à une situation de blocage quasi-parfaite en République du Bisounoursland, il faut donc se concentrer sur ces lois qui se contentent de bricoler à la marge, et qui peuvent toujours se parer de la morale, du bien-être ou de ce bon sens dont les députés sont, pourtant, si dépourvus habituellement.

Le sociétal est donc un domaine tout trouvé pour ces expérimentations législatives. Oh, attention, on ne parle pas de ces grands chambardements tels que le mariage homosexuel qui aura lâché sur la France des hordes de conservateurs assoiffés de destructions de magasins, de manifestations violentes avec échauffourées et d’occupations permanentes de places publiques pour réclamer un autre monde possible, démontrant d’ailleurs l’impuissance d’une police désemparée, incapable de calmer ces dangereuses mères de famille avec poussettes qui passaient leur temps à lancer pavés et objets contondants à des compagnies républicaines stoïques sur ordre. Non. Pas de ça ici, mais plutôt de simples bricolages qui n’ont, dans l’opinion publique générale, qu’un impact modeste sur les individus et semblent couler de source.

Or donc, quelques amendements permettent d’ajouter des petites sucreries législatives à un projet par ailleurs fourre-tout morne, et habituelle giclée de moraline grasse et corrosive d’un socialisme en bout de course.

Je ne vous ferai pas l’affront de détailler le projet global, ce dernier s’ébrouant mollement dans les boues épaisses du service civil obligatoire et de la réserve citoyenne, l’immixtion de l’État dans la vie associative, du mille-feuille administratif entre les régions et l’État, de la formation décidée, encadrée et organisée par l’État, la mixité sociale, l’égalité réelle, concrète, palpable, tangible et solide et des douzaines d’autres babioles plus ou moins cachées au détour des 41 articles, trois titres et de la demi-douzaine de chapitres qui forment ce gros patapouf législatif sur lequel il fut finalement fort aisé de coller plein de cavaliers.

On pourra en tout cas en citer deux, symptomatiques.

collectif antigone - liberté d'expressionLe premier, c’est l’extension de la lubie catastrophique de nos députés à vouloir absolument régenter les pensées. Surfant sans la moindre gêne sur le sophisme qu’interdire par la loi un négationnisme est un vrai acte de courage et qu’une interdiction d’une pensée idiote ou coupable permet de faire reculer les idées nauséabondes, nos braves élus ont décidé qu’il ne suffisait pas d’interdire la négation de la Shoah mais qu’il fallait aussi faire de même pour le génocide arménien. Youpi. La liste des génocides étant (malheureusement) assez longue, on peut déjà voir se profiler les supporters d’une loi mémorielle équivalente pour le génocide vendéen ou pour tous ceux qui viendraient à l’idée de quelqu’un de contester.

La suite logique, c’est d’interdire la contestation de faits historiques moins saillants, puis, pourquoi pas et par extension, verrouiller une bonne fois pour toutes certains champs de la géographie, de la biologie, de la physique ou des mathématiques que d’aucuns prennent un peu trop à la légère, merde à la fin : il est temps que la valeur de Pi soit gravée dans le marbre, les approximations ont suffisamment duré. Et de toute façon, la liberté d’expression s’entend toujours pour ceux qui ont une opinion décente, n’est-ce pas…

freedom of speech - liberté d'expression

Le second, c’est l’invasion, toujours plus loin, toujours plus forte, du législatif dans la vie intime des individus, de leur famille, et dans l’encadrement de leurs comportements. Cette fois-ci, il s’agit de légiférer sur les violences corporelles exactement comme si celles-ci avaient un jour été autorisées en France et s’il était permis, jusqu’à présent, de torturer ou frapper ses enfants dans la plus parfaite décontraction du législateur qui regarderait ailleurs en attendant tranquillement qu’un os se brise pour décider d’intervenir, éventuellement, peut-être… L’idée réelle des députés est donc d’accroître encore le champ d’application des textes existants et d’étendre ces interdictions au cadre de l’autorité parentale qui exclura donc « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».

Comme souvent lorsqu’on pave l’enfer de bonnes intentions, les députés ont ici soigneusement alignés leurs pavés en croyant lutter contre les sévices faits aux enfants (ce dont toutes les lois précédentes se chargeaient pourtant déjà). Charge ensuite à l’État, dans sa grande intelligence et son immense finesse, de définir au quotidien ce que « traitement humiliant » veut dire. Délice de l’administration qui se chargera de retirer les enfants de parents jugés incompétents par la magie d’un texte de trop : forcément, il n’y aura pas d’erreurs, de dénonciations calomnieuses, de dérapages et de familles déchirées, jamais, puisque le texte part d’une bonne intention, voyons.

spanking - fessée

Mmmh, vraiment, ce projet législatif obèse, ces amendements cavaliers, tout ceci sent bon la fin de règne, la nécessité pour cette Assemblée de pondre de la loi toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort. La meute républicaine a reniflé sa fin proche et ces derniers projets, passés en blocs, sentent un peu l’hallali.

Chaque député, chaque ministre, gonflés de sa propre importance, veut passer sa petite loi, faire le plein de projets concrétisés afin de pouvoir dire enfin, lorsque le temps des urnes reviendra, « Regardez ce que j’ai fait pour vous » tant est forte la peur de se faire débarquer pour incompétence à la prochaine législative.

Mais surtout, l’actuelle majorité a bien compris qu’en tartinant ainsi les codes de leurs excréments législatifs, leurs successeurs devront se coltiner ces lois débiles et interminables sans vraiment pouvoir revenir en arrière (et on ne manque pas d’exemples en la matière – Rocard, récemment décédé, n’imaginait probablement pas que sa CSG lui survivrait). Ici, c’est identique : à la fin de règne, on ouvre à fond le robinet à niaiseries, on taille à grands coups de marteau-pilon dans un sociétal peu coûteux, et les députés de la majorité suivante devront gérer leurs scories les cinq prochaines années. Et si jamais il leur venait la fantaisie de revenir en arrière, l’opposition d’alors se fera un plaisir de hurler devant tant d’infamie.

La France, bateau ivre et percé de toutes parts, s’enfonce lentement. Les élus, cyniques et bien certains d’avoir une place dans de beaux canots de sauvetage, vérifient que personne ne chaparde les petites cuillères en argent.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2016/07/04/54783-egalite-citoyennete-foutaises