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Télé-réalité : NKM joue le jeu

dimanche 14 février 2016 à 11:00

Qui se souvient de Nathalie Kosciusko-Morizet ? Assez fraîchement débarquée de la direction des Républicains pour se voir remplacée (ultime affront) par le guilleret (mais,disons, différent) Laurent Wauquiez, la pasionaria des particules fines, la diva du transport bio, la star du socialisme de droite à paillettes devait trouver un moyen de remonter à nouveau en scène pour capter un peu d’attention médiatique sauf à sombrer dans un oubli froid. Mission réussie : NKM va participer à un jeu télévisé.

Oui. Vous avez bien lu : une femme politique, député de l’Essonne, va participer à un jeu télévisé. Certes, la présence des politiciens de tous acabits dans des émissions télévisées n’est pas une nouvelle. Depuis longtemps, leur présence n’est plus cantonnée aux reportages d’un journal télévisé ni à celle d’un plateau de 20H sous les feux roulants de questions forcément pointues et affinées d’un sémillant présentateur ; on se délecte même assez régulièrement des petites phrases un peu ou très idiotes balancées nonchalamment par nos élus de tous rangs lorsqu’ils débarquent sur l’une ou l’autre émission des amuseurs publics, de Ruquier à Ardisson en passant par Yann Barthès.

(À ce propos, on se rappellera que c’est en face du même Barthès que NKM, justement, avait généreusement qualifié les climato-sceptiques de « connards », ce qui avait eu le bénéfice inespéré de faire un peu parler d’elle.)

Cependant, on passe ici un cap, que dis-je, une péninsule : dans le cas qui nous occupe, NKM a choisi, apparemment après moult hésitations, de participer à un jeu télévisé organisé par TF1 dans lequel seront aussi présents des sommités politiques comme Julien Lepers, Miss France 2016,  Leïla Ben Khalifa (gagnante d’une téléréalité navrante) ou Joey Starr, la référence tendresse… NKM contre NTM, il y a de quoi faire un solo de beat box qui envoie du steak.

Bref, la politicienne ne va pas seulement venir et parler de sa petite actualité politique, son gentil petit livre ou ses mignonnes petites idées sur les sujets du jour proposés par un aimable présentateur-vedette, mais elle va devoir participer à des épreuves, à une compétition, dans le but de gagner.

Gagner quoi ? C’est encore flou. Le titre de l’émission est cependant évocateur : « Action ou vérité », dont le principe reprend les mêmes règles connues de toutes les cours de récréation, ce qui en dit long sur le niveau général de la performance artistico-politique de NKM dans cette aventure : les invités devront répondre à une question sur leur vie privée ou, s’ils ne veulent pas, réaliser un défi.

Que voilà une idée intéressante, fertile en rebondissements et surtout prometteuse pour l’avenir politique du pays ! Notez qu’avec la petite Nathalie – et beaucoup d’autres politiciens – une autre émission était possible, sur le thème « Qui veut chômer par millions ? » dont on imagine sans mal qu’elle aurait eu un écho réaliste dans beaucoup (trop) de foyers français. Dans cette émission, NKM se serait probablement passée d’utiliser ses jokers, le 50/50 faisant trop appel au hasard, l’appel à un ami se révélant par trop impossible (« Allô, Nicolas ? » – clic – « Oh, zut, il a raccroché ! ») et le choix du public se rapprochant trop d’une élection qu’on sent difficile pour notre future ex-élue.

En attendant, après NKM fait de la cuisine politicienne et rate son gâteau, après NKM tente Paris et rate son pari, après NKM et l’insulte détendue, nous aurons donc droit à NKM fait de la télé réalité.

promo stickerApparemment, cette participation surprenante s’inscrirait dans le plan promotionnel de la politicienne pour son prochain livre. Oui, cette télé-réalité, le fait d’aller jouer au milieu de candidats éclectiques et de placer la politique au même niveau que les amuseurs, les clowns, les bretteurs et autres baltringues médiatiques du paysage audio-visuel français, c’est de la pure et simple promo, tout comme le gros autocollant rouge qu’on découvre parfois au détour d’un rayon de boîtes de conserves au supermarché du coin ; sauf qu’ici, ce n’est pas une boîte de petits pois mais plutôt un bouquet garni d’expressions toutes faites et d’idées rances enrobées d’une couche gluante de socialisme qui ne s’assume pas.

Et lorsqu’on découvre le titre du livre en question, « Nous avons changé le monde », tout doute est rapidement enlevé : la déconnexion au réel est totale et sans retour possible. Vous avez changé le monde ? Allons, ma pauvre Nathalie ! Même pas la France ! Non seulement vous n’avez rien changé, mais en plus avez-vous entériné les (pires) pratiques en place depuis des années, au moins depuis Mitterrand.

On assiste en réalité, tristesse et décadence, à l’abêtissement ultime de la politique française, initiée depuis de longues années et accélérée ces derniers temps par les consternantes exactions de toute la classe jacassante, depuis le président, nullissime, jusqu’au moindre secrétaire d’état en passant par les députés, les sénateurs et une kyrielle de seconds couteaux enivrés du pouvoir et de la considération qu’on peut leur porter.

nkm les dents de la maire

Cette participation en dit très long, non pas seulement sur NKM, mais sur toute la classe politique et son besoin compulsif, inassouvi, de toujours rechercher la médiatisation pour la médiatisation, faire parler de soi en bien, en mal, mais surtout faire parler de soi, pour être dans toutes les têtes et déclencher l’acte de vote, saint Graal qui permet l’accès au Grand Buffet Républicain où, une fois parvenu, tout est toujours gratuit et où il vaut mieux s’y empiffrer très vite, de peur que d’autres ne le fasse plus vite et ne laissent rien.

Ce désir de toujours rechercher la caméra, qu’on retrouve maintenant chez tous nos coûteux clowns élus, est assez typique des gens en double déficit d’attention : ce déficit qui les pousse à toujours demander qu’on les regarde, qu’on les écoute, qu’on les adule, quand bien même ils ne racontent que d’insupportables âneries, et ce déficit lorsqu’ils n’accordent aucune attention aux vrais sujets qui occupent les Français.

Mais enfin et surtout, cette démarche ridicule, dont on peut parier qu’elle sera fort suivie des médias, puis des politiciens, puis réitérée par d’autres profiteurs cosmétiques rêvant à leur tour d’une exposition à pas cher, cette « promo » politicienne dans un jeu télévisé reste un dévoiement complet de la politique : En dernière analyse, la politique n’est pas un jeu ; dans les décisions que ces politiciens prennent (généralement sur un coup de tête, mal informés ou pour d’obscurs intérêts très personnels), ce sont, ultimement, des vies de centaines, de milliers, parfois de millions d’individus qui sont impactées.

Et le fait que ces politiciens placent, avec une telle désinvolture, la politique dans le cadre d’un jeu montre encore mieux leur rapport à la chose publique : pour eux, c’est un jeu. Les milliards d’euros des contribuables, gaspillés dans des subventions idiotes à de trop nombreuses associations lucratives sans but, des happenings ridicules, des lois délétères, des taxes iniques et des décrets mal fichus ?  C’est un jeu. Les petites déclarations blessantes pour détruire un adversaire sur des arguments rhétoriques faibles, c’est encore un jeu. La création de commission, d’autorités, d’institutions ou de procédures aux noms aussi comiques que cyniques pour replacer les copains ? C’est toujours un jeu. Le recasement pratique des accointances dans les fromages républicains ou dans les grosses entreprises détenues par l’Etat ? C’est encore et toujours un jeu. Les incessantes compromissions des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité pour servir leurs intérêts ? C’est un jeu, pardi !

Alors, franchement, aller faire le bouffon dans un jeu télévisé, … ça reste un jeu.

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Source : http://h16free.com/2016/02/14/45728-tele-realite-nkm-joue-le-jeu


Remaniement ministériel : Bricollande rouvre ses portes

vendredi 12 février 2016 à 09:00

Vous n’en rêviez pas ? Vous n’en aviez pas besoin ? Vous en aurez quand même. Alors que les rats quittent le pédalo, le capitaine s’est lancé dans un nouvel exercice de chaises aussi musicales que celles du Titanic au soir du 14 avril 1912 : Hollande a remanié son gouvernement.

Il faut dire qu’il n’avait pas le choix.

Laurent Fabius, son ministre le plus responsable du gouvernement (mais le moins coupable aussi), a posé sa démission en lorgnant de façon appuyée la présidence du Conseil Constitutionnel qui permettra à la République française d’étendre encore un peu plus la définition déjà fort élastique du mot « irréprochable ». Il laisse derrière lui un ministère presque neuf, très peu servi. On lui accordera d’avoir su habilement utiliser le levier médiatique, même si au contraire d’Archimède, il n’aura pas su soulever grand monde avec, et ne parvenir à déplacer qu’une poignée de chefs d’États et de gouvernement sur la promesse trop facile d’un bon gueuleton à Paris à l’occasion d’une COP21 remarquable par sa nullité.

Son départ laisse donc essentiellement un emplacement protocolaire vide, que le président Hollande se devait de combler, sauf à dissiper l’illusion d’utilité de ses commis ministériels.

Par opportunisme, il a sans doute jugé aussi utile de modifier ça et là quelques autres maroquins histoire de donner un peu de corps à un gouvernement qui n’était déjà plus que l’ombre de lui-même. C’est probablement pour ça qu’on voit arriver quelques nouveaux poids lourds dans ce qui se veut, évidemment, un gouvernement de combat pour lutter contre le chômage, les inégalités, le terrorisme, les pesticides, le scorbut et accessoirement la montée du Front National (mais pas trop, il faut que le président se ménage un second tour favorable à l’élection de 2017, pardi).

mr bricolage

L’essentiel de ces poids lourds est constitué par Jean-Marc Ayrault et Emmanuelle Cosse. Le premier, venu sans son combi Volkswagen, se retrouve en numéro 2, aux Affaires Étrangères, sous les ordres de Manuel Valls, qui fut jadis son ministre de l’Intérieur. La seconde intègre avec un plaisir non dissimulé (et même tweeté) ce nouveau gouvernement en position de ministre du Logement et de l’Habitat durable, l’habitat jetable ayant probablement été frappé d’anathème.

Enfin, notons la disparition rapide et sans chichis de Fleur Pellerin, remplacée par une autre donzelle sans intérêt et à la compétence sans aucun doute aussi pointue qu’un microscope à effet tunnel. La France sait être large avec celles et ceux qui ont su fréquenter les bonnes personnes au bon moment, je présume.

On avouera que tout ceci ne manque pas de sel.

Placer en second ministre un ancien premier, c’est à la fois une bonne dose de cynisme et une forme de moquage de visage particulièrement affûtée.

Cela montre très bien la soif de pouvoir qui anime les politiciens, qui sont prêts à avaler absolument toutes les couleuvres pour se retrouver, une fois encore, dans les feux de l’actualité, à faire le beau devant les caméras, à disposer d’une once de pouvoir et de privilèges. Oh, qu’elle doit être douce, la mamelle républicaine, pour qu’on n’hésite pas à la téter tant que c’est possible, fut-ce au prix d’un rang moindre !

on appelle cela du foutage de gueuleMais surtout, c’est un beau pied de nez aux Français eux-mêmes. Après presque deux ans d’une démonstration limpide, implacable mais pas du tout mémorable de sa nullité chimiquement pure en tant que Premier ministre, Ayrault revient donc occuper un nouveau poste ministériel, probablement pour le récompenser de la superbe performance qu’il a accomplie. Il a prouvé, par l’exemple, n’être à la hauteur de rien du tout, ni au plan national, ni au plan international, pendant 1 an et 10 mois, en vertu de quoi, on le retrouve quelques temps plus tard à un poste qui nécessitera un peu plus qu’une bonne maîtrise de l’Allemand. Soyons clair : il n’y a absolument rien à attendre de cet individu-ci à ce poste-là et Hollande ne fait que replacer un bon copain proche de la gamelle. C’est parfaitement pathétique.

Pour l’égérie écocommuniste biosyntonisée, si farce il y a, c’est bien aux dépens d’elle qu’elle se joue. Les Français n’arrivent qu’en second dans le rôle de dindons. Le premier rôle, c’est bien Emmanuelle Cosse qui le tient puisqu’elle devra maintenant vivre avec l’affichage maintenant évident (et impossible à cacher) de sa totale duplicité. On se souviendra sans mal qu’elle n’a pas arrêté, pendant toutes les années précédentes du mandat de Hollande, de tirer à boulets rouges sur le président et l’action de ses précédents gouvernements en matière d’écologie (et pas seulement).

On se souviendra notamment de ses tweets plus ou moins inspirés lorsqu’elle juge l’action de ceux qui deviendront ses collègues demain matin :

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ou encore

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Voilà qui promet des petites joutes verbales intéressantes dans la cour de l’Élysée pendant la photo de classe. D’autant que ses positions, notamment concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, n’ont guère varié : elle est résolument contre.

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… En revanche, pour venir bosser pour Hollande, l’écologiste n’a guère hésité et se trouve même honorée de rejoindre cette troupe de baltringues. On peut s’interroger au passage sur le fait que, peut-être Hollande, facétieux et blagueur comme on le connaît, a-t-il jugé nécessaire de rapprocher un peu Ayrault (tout à fait favorable à ce projet) de Cosse pour qu’ils puissent discuter directement de leurs petits désaccords ? Allez savoir.

Et pendant que Cosse frétille d’allégresse, ne boudons pas notre plaisir en découvrant cette perle de polésie du petit Jean-Christophe C., élève de maternelle à l’école Pablo Neruda de Fouilly-sur-Yvette, qui commentait le remaniement du haut de ses 8 ans d’âge mental :

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Et il est vrai qu’on a effectivement toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans ce gouvernement de licornes qui pètent des paillettes si fort que les problèmes du pays se dissipent doucement dans des nuages colorés de bonheur sucré ! Je ne sais pas ce qu’ils servent à la cantoche de l’école de Jean-Chrichri, mais ça dépote. Pour récompenser le petit poète, voici une petite vignette.

lolcat zombies licornes nazies

Une fois la poussière médiatique retombée, que restera-t-il de ce remaniement ? Rien. Comme pour les précédents, le jeu de chaises musicales n’a pas permis de placer la moindre compétence opérationnelle à des postes importants. Hollande, fidèle à son habitude, a distribué quelques hochets. Encore une fois, l’évident mépris des priorités (économiques, sociales) du pays vole à la figure des Français. Encore une fois, les bricolages apparaissent pour ce qu’ils sont : un simple positionnement de petits copains dans différents fromages républicains.

La fracture entre cette troupe effectivement bigarrée, véritable « arc-en-ciel » de politiciens imbibés de bracassitude poussée, et le peuple qui paye pour leurs frasques est à ce point visible qu’elle est devenue habituelle et que pas un journaliste ne relève l’absolue nullité en terme d’impact que va avoir ce remaniement.

Dans le même temps, les bourses dévissent doucement. Les credit default swap sur la Deutsche Bank, qui a vu son action plonger de plusieurs dizaines de pourcent depuis le début de l’année, grimpent en flèche. Le marché de l’or, très manifestement manipulé, part en sucette avec plusieurs gros acteurs qui décident de quitter le London Metal Exchange… Tout indique une grande fébrilité des marchés, et une économie qui refuse de redémarrer.

Avec un tel « nouveau » gouvernement, une telle conjoncture… Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2016/02/12/46046-remaniement-ministeriel-bricollande-rouvre-ses-portes


Constitution, la serpillière du Clan Hollande

jeudi 11 février 2016 à 09:00

On peut le dire : c’est une belle victoire du terrorisme. Il aura certes fallu un massacre particulièrement violent, mais c’est fait, de façon rapide et définitive : l’État français a bel et bien plié, lamentablement, devant la peur, la corruption, la facilité et l’opportunisme.

Et c’est dans la nuit du 8 au 9 février que le législatif le plus lâche de la cinquième République aura choisi de servilement emboîter le pas à l’exécutif le plus veule (ou pas loin) que la France ait connu : l’Assemblée nationale a adopté ce lundi soir, à 103 voix pour, 26 contre et 7 abstentions, le premier article du projet de loi de révision constitutionnelle prévoyant l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution.

Difficile de savoir par quel bout commencer pour expliquer l’étonnement, que dis-je, la consternation qui envahit tout citoyen lucide lorsqu’on évoque le sujet.

Bien sûr, il y a le nombre de joyeux drilles conviés à ce massacre des libertés. Sur les 577 députés que les citoyens payent pour se déterminer, de façon claire, en leur nom, seuls 136 avaient jugé bon de participer au vote (moins d’un quart), et seulement 106 ont voté pour (moins d’un cinquième). Oui, vous avez bien lu : une révision majeure de la constitution a été votée par moins d’un cinquième des députés de la nation, députés qui, ensuite, viendront pleurnicher sur l’abstention toujours plus grande des citoyens (qui suivent donc leur exemple), et sur la baisse de plus en plus évidente de crédibilité de la parole publique (la leur).

député - branleur mot compte triple

Quelques voix se sont étonnées, ont même ouvertement fustigé ce nombre aussi faible de députés présents pour un tel vote capital. Tant mieux. Mais le souci est qu’en réalité, ce genre de mésaventure n’est pas une exception, c’est la règle. On se souvient d’autres votes, tout aussi importants, qui furent expédiés nuitamment par une petite troupe d’élus plus ou moins heureux d’avoir réussi leur forfaiture discrètement.

D’ailleurs, on pourra observer que même le débat sur la déchéance de nationalité, bidule médiatique qui a bien mobilisé tout ce que le pays compte d’élus névrosés en déficit d’attention, n’a pas réussi à remplir l’hémicycle : 332 députés avaient jugé bon de faire le mariole ce jour-là pour cet abominable bricolage constitutionnel. Si ça fait presque trois fois mieux que pour la constitutionnalisation de l »état d’urgence, il reste encore 42% de députés en goguette. L’épidémie de piscine-poney bat son fort dans les rangs des élus actuellement…

Or, on peut tortiller les choses comme on veut, il reste incroyable que, dans une démocratie qui voudrait vaguement être représentative, on puisse faire passer des lois alors que des centaines de députés sont absents ; il semble invraisemblable qu’un quorum ne soit pas imposé, et que ne soit pas mis en place une ligne de conduite, ou, soyons fou, une certaine éthique de la part de ces élus que nous payons pour ça.

En outre, on doit se poser la question : en quoi le fait de modifier la constitution va-t-il aider la lutte contre le terrorisme ? En quoi les petites agitations de l’hémicycle permettent-elles actuellement de sécuriser un peu le territoire ? Encore une fois, au prétexte de mieux préparer le pays en cas de grave danger, en agitant le chiffon pratique d’un terrorisme qui continue, en France, de faire toujours moins de mort que le cancer, les accidents domestiques ou le chômage dont le gouvernement prétend s’occuper, encore une fois, on fait passer tout et n’importe quoi dans les textes…

Enfin, il y a le sujet lui-même.

Feindre de vouloir mieux définir l’état d’urgence dans la constitution, c’est surtout donner l’occasion de passer, en loucedé, des petits amendements scélérats. Et ça n’a pas loupé.

Puisqu’il fallait constitutionnaliser l’état d’urgence (ah bon ? Le fallait-il vraiment ?), c’est sans difficulté qu’un amendement fut déposé par un certain Sébastien Denaja et voté dans la foulée, disposant que « pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunit de plein droit et l’Assemblée nationale ne peut être dissoute ».

Pendant l’état d’urgence, l’Assemblée ne peut être dissoute. Bah bien sûr.

Je me demande exactement ce qui peut motiver ce genre de modifications (ou quelle que modification que ce soit) lié à l’état d’urgence. De la même façon qu’on peut très bien imaginer moult situations où la dissolution de l’Assemblée pendant un état d’urgence aggraverait la situation, on peut en trouver tout autant où l’en empêcher rendrait la situation inextricable. Tripoter un texte aussi important à chaque événement aussi marquant soit-il, c’est la marque de fabrique de bricoleurs compulsifs qui croient faire mieux que leurs aînés en n’ayant jamais prouvé avoir seulement su faire aussi bien.

Parallèlement, on comprend aussi que l’état d’urgence annulera toute velléité de l’opposition de contrecarrer un 49.3 qui ne servira, de fait, à rien du tout. Pratique pour tout excité qui voudrait tenter des aventures législatives amusantes.

Heureusement que nous avons de sérieux professionnels à l’Exécutif ! Si nous avions une bande de clowns et de corrompus, j’aurais été inquiet.

Mais le plus intéressant dans tous ces rebondissements constitutionnel, c’est le timing diabolique qu’on nous impose : il ne s’est pas passé trois mois pour que des modifications majeures de la constitution soient mises en place, que des milliers de perquisitions soient menées, que des kilomètres de texte de lois soient votés visant à mettre en coupe réglée tout ce que le citoyen pouvait avoir comme nouvelle liberté – notamment dans le domaine numérique – et réduire encore un peu tout ce qu’il avait encore comme maigres libertés par ailleurs. Trois mois. 

gifa trois mois

Et puisqu’on parle timing diabolique, comment ne pas rapprocher ce qui vient de se passer, les bricolages constitutionnels en cours, et la nomination de Fabius au Conseil Constitutionnel ? Oh, rien de vraiment étonnant puisque cela faisait des semaines qu’on murmurait ce débouché pour le factotum apparemment en charge du ministère des affaires étrangères. Mais quand bien même, on admirera le petit côté cynique du président Hollande qui, d’un côté, fait modifier la constitution par une assemblée à sa botte (ou à peu près, quand elle est présente), et, de l’autre, nomme au Conseil, garant de cette constitution, un ministre qui n’a pas su prouver son innocuité, ni comme premier ministre, ni comme second.

Et enfin, sans doute par l’ironie d’un sort chafouin ou blagueur, on apprend que la République Irréprochable du président pédalophile a été obligée de reporter le procès en fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, ex-ministre du gouvernement Ayrault, pour une question … de constitutionnalité bien sûr.

À mesure qu’ont crû les menaces sur la République, depuis les attentats jusqu’aux pertes de monopoles via internet en passant par l’effondrement de la crédibilité de la parole publique, l’exécutif, suivi de près par un législatif devenu simple chambre d’enregistrement, a été obligé de répondre, avec le seul outil à sa portée intellectuelle, dans un crescendo funeste : d’abord des décrets, des lois, puis des lois organiques et enfin le tripotage plus ou moins massif de la constitution. Incompétent dans trop de choses et maintenant dangereux dans toutes, le pouvoir passe ses nerfs et fait dans l’esbroufe médiatique en allant inscrire son inaptitude jusque dans le texte fondateur de la République…

Décidément, sujette à toutes les torsions et apte à tous les nettoyages, la Constitution est devenue la serpillière du clan Hollande.

hollande ceux qui attendent plus rien

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Source : http://h16free.com/2016/02/11/45720-constitution-la-serpilliere-du-clan-hollande


Fleur Pellerin parle et fait des trucs

mercredi 10 février 2016 à 09:00

Si l’on s’en tient à l’actualité, Fleur Pellerin n’a pas assez de son ministère. Elle a trop de temps libre ou son emploi du temps lui laisse peut-être trop de latitude. Fleur, probablement, s’ennuie. Pour s’assurer un avenir politique, Fleur ne semble pas trop savoir quoi faire…

Alors Fleur dit des trucs. Elle ne fait pas grand-chose, elle ne peut pas. Son pouvoir réel est forcément ténu, compte-tenu de son poste assez accessoire en ces temps de disettes financières, qui entraînent des marges de manœuvres extrêmement limitées. Autrement dit, elle a bien du mal à occuper un peu le terrain médiatique, et c’est logiquement qu’elle choisit d’émettre des sons avec sa bouche pour qu’on la remarque.

L’année dernière, on se souvient de sa tentative assez consternante de récupération des attentats du 13 novembre pour injecter des fonds du contribuable dans certaines salles soi-disant touchées par la désaffection du public. Dans le même temps, le film Made In France, pourtant tout à fait primordial pour illustrer et comprendre les tragiques événements parisiens, ne fut absolument pas soutenu par la même ministre, un peu trop occupée à trouver des ronds pour ses copains en manque…

Courant décembre, elle avait décidé qu’on devait s’intéresser à l’art contemporain dans les lieux de travail, et avait même jugé que, je cite,

«En mobilisant ses directions régionales et centrales, mon ministère accompagnera ce dispositif voué à se déployer sur l’ensemble du territoire.»

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Voili, voilà, en mobilisant tous ces gens, ça va aider, accompagner, tout ça, youkaïdi, youkaïda. D’autant qu’assurément, l’art contemporain est une valeur sûre et réclamée par le peuple français actuellement. Et puis, après « 1 immeuble, 1 œuvre », on pourra faire « 1 autoroute, 1 œuvre » ou « 1 gare, 1 œuvre » et on … Ah on me fait savoir que c’est déjà le cas.

Début janvier, zut, la pression côté rue de Valois semblait redescendre. Il eut été dommage de laisser passer les fêtes sans relancer le bastringue, et, justement, une petite polémique de derrière les fagots se développa promptement pour donner un nouveau sujet d’intervention à la frétillante ministre communicationnelle : le terrorisme est-il soluble dans la nationalité ? Pour Fleur, dont le poste comme ministre de la Culture ne l’empêche nullement d’avoir des avis sur des questions juridiques voire constitutionnelles, la réponse est évidemment sans intérêt, mais en tout cas, elle nécessite absolument de prendre part au débat et de le faire savoir !

On ne s’embête pas au ministère. Pour continuer à occuper les pages glacées des magazines glamour, il faut continuer, sans relâche, à faire parler de soi. À la polémique de début janvier, celle de la mi-mois succéda donc rapidement. Le thème fut rapidement trouvé : au festival d’Angoulême de la BD, patatras, aucune femme n’était sélectionnée ! Pour Fleur, c’est peut-être un souci de représentativité, mais c’est aussi, surtout, une excellente occasion de nous expliquer son malaise :

«En tant que femme ça me touche, en tant que ministre de la Culture, ça me touche aussi.»

Eh oui mes petits amis : lorsqu’on fait une sélection, avec un jury, lorsqu’on choisit « les meilleurs », on doit apparemment et pour respecter les chatons mignons du gouvernement et du politiquement correct, le faire en tenant bien compte du ratio de femmes parmi les auteurs de BD, ainsi que du ratio d’homosexuel, de handicapés, de transgenre, d’auteurs de couleurs et de borgnes à nez tordu. Et si on ne le fait pas, ce n’est pas parce que, dans la sélection, on a fait un choix subjectif de valeur, ce n’est pas parce qu’on a jugé des qualité artistiques et qu’alors, les considérations de sexe, de couleur ou de genre n’entrent plus en considération devant celles de la qualité de l’œuvre soumise. Non. C’est avant tout parce qu’on est sexiste, raciste, homophobe, transphobe, ou nétorduphobe. Dans cette logique, lorsqu’on choisit une BD parce que son thème plait, tout ira d’autant mieux que l’auteur en sera une femme noire. Si c’est un homme blanc, la BD devrait être frappée d’anathème.

racism vs social justice

Au passage, on pourra mentionner, comme le fait fort justement ce billet de NathalieMP, que la polémique angoumoisine tombe à peu près en même temps qu’une autre polémique, tout aussi croustillante, sur la répartition des Oscars hollywoodiens, qui ne seraient pas suffisamment attribués aux Noirs – ce qui est faux, au passage : le nombre de statuettes distribuées sur les 20 dernières années aux Noirs à Hollywood correspond à 13% environ des statuettes en tout, alors que les Noirs représentent à peu près … 13% de la population américaine.

La polémique aurait pu s’éteindre là. Que nenni : rue de Valois, on sait relever des défis ! Par exemple en ajoutant aux débats stériles et à un discours politique agressivement correct une maladresse grossière : Fleur, décidant de récupérer la grogne des dessinatrices non sélectionnées, tente le tout pour le tout et leur distribue une petite médaille. Las. La manœuvre est bien trop grosse, une vraie baleine, et elle s’échoue sur un banc de sable médiatique lorsque la ministre essuie une fin de non recevoir des concernées.

Le problème de ces rebondissements, aussi rigolos soient-ils, c’est que pendant ce temps, la mission essentielle de Fleur semble quelque peu s’étioler.

Rappelez-vous : au départ, l’idée d’un ministère de la Culture est de favoriser la culture française et son rayonnement à l’international. Pas de mettre en avant une ministre, ni de la faire participer à des polémiques plus ou moins oiseuses, ni même de l’en faire provoquer par sa maladresse.

Malheureusement, ce qu’on constate actuellement, c’est qu’au moins un pan entier de la culture française choisit la délocalisation plutôt que l’extorsion fiscale en vigueur dans le pays : on apprend en effet que la production de longs-métrages français a atteint un niveau record, mais les films sont de plus en plus souvent tournés à l’étranger. C’est plutôt ballot : 189 projets de longs-métrages d’initiative française (ellipse pudique pour englober aussi bien des films français que des films étrangers dont un scénariste, réalisateur ou inspirateur est français) ont été recensés en 2015 contre 148 en 2013, ce qui est un niveau jamais observé et une hausse de près de 28%… Mais dont 36% (en semaines de tournage) sont délocalisés, soit 14 points de plus que l’an passé, un niveau jamais vu depuis huit ans.

Autrement dit, les Français ne manquent pas de bonnes idées pour leurs films, mais ils se tournent ailleurs. Et profitent donc aux économies étrangères.

Heureusement, Fleur s’est motivée pour attirer les pontes hollywoodiens en France. Et pour cela, elle n’hésite pas à sortir un argument choc :

« Pour un euro dépensé sur un tournage, il y a trois euros de cotisations sociales.»

Voici qui fouette, non ? Et surtout, voici qui va inciter les producteurs américains à venir ici ! Pensez-donc ! Pour un dollar directement visible sur la bobine, trois dollars partiront en fanfreluche franco-française complètement invisible pour le public ! Comment trouver plus excitant ?

pellerin karaoke : money for nothing

À ce point du billet, une question s’impose presque d’elle-même : sérieusement, à quoi diable sert cette ministre ? Avec l’amoncellement de polémiques des derniers mois, elle parvient à ancrer durablement dans l’esprit du contribuable lucide qu’on la paye essentiellement pour dire des calembredaines ridicules. C’est coûteux.

Et, plus à propos, à quoi sert ce ministère ? En effet, on prétend vouloir une culture française qui rayonne partout. Mais avec tout ce que les contribuables ont déjà versé, elle devrait littéralement exploser toutes les autres concurrences qui, dans leurs pays, ne bénéficient pas d’autant de largesses que chez nous. Or, il n’en est rien. Et pire encore, cela ne se traduit même pas en emplois français.

Bref : une ministre coûteuse et inutile, un ministère qui rate son objectif depuis des décennies et qui crée du chômage… Ce n’est vraiment pas brillant.

En tout cas, à en juger les budgets des ministères de la Culture (7 milliards d’euros) et de la Justice (7,98 milliards d’euros), on peut facilement en conclure que le contribuable sera doté d’une justice et de prisons aussi efficaces que la suprématie de la culture française dans le pays et sur le reste de la planète.

Ce n’est franchement pas rassurant.

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Source : http://h16free.com/2016/02/10/43681-fleur-pellerin-parle-et-fait-des-trucs


Macron : quand ça ne veut pas, ça ne veut pas

mardi 9 février 2016 à 09:00

C’est l’atout-charme de Hollande qui en avait bien besoin, son stock étant intégralement épuisé auprès de Julie : Macron est maintenant de tous les combats, de tous les plateaux télé, de tous les happenings communicationnels médiatisables. Il est jeune, il présente bien, il balance ses vérités, prétend réformer un pays fossilisé sur ses certitudes et, en plus, n’est même pas conspué par le peuple ! Formidable, n’est-ce pas ?

macron the magnificientD’autant qu’il multiplie les petites citations bien troussées, qui ont en plus le mérite de se concentrer en moins de 140 caractères : « C’est Cuba sans le soleil » (à propos de la tranche à 75% d’impôts), « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires », « la vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié », et bien sûr, son ultra-turbo-choquant « le libéralisme est une valeur de la gauche »… Franchement, tout tient juste pile-poil dans des tweets serrés comme des espressos de George Clooney : c’est bon, ça, coco, c’est buzzable sur twitter, on va faire un carton !

Malheureusement, la mise en pratique est plus chaotique que ces nuggets de pensée prédigérée. Car pour le moment, une fois la fanfreluche médiatique retirée, une fois le clinquant des dorures républicaines et les jolis tweets rangés de côté, que reste-t-il très concrètement du travail d’Emmanuel Macron ?

Au delà de l’espoir d’avoir enfin, avec ce ministre, un type qui reconnaisse les lourdeurs invraisemblables de la société française et qui ait une idée, même approximative, des freins à retirer pour que l’économie reprenne, pour le moment, il ne nous reste guère que les dimanches ouvrés et la libéralisation des lignes de car.

Oublions tout de suite les dimanches ouvrés. Les syndicats et les administrations se sont empressés de transformer cette idée microscopique (rappel : jusqu’à 12 dimanches ouvrés sur 52, même pas un quart) en ectoplasme invisible.

Reste les nouvelles lignes de cars. Ok, soit, c’est un petit début. En un an et demi à son poste, on peut difficilement parler de folie réformatrice et de tempête libérale, mais soit, prenons ce qu’on trouve.

Eh bien même ça, même cette simple ouverture à la concurrence d’un domaine jusqu’alors réservé à la SNCF (oui, la SNCF gère des lignes de cars), et encore, en la limitant à celle des lignes de plus de 100 km, trouve malgré sa modestie et l’évidence de son bien fondé un ample nombre de détracteurs.

Soit, ces derniers comptent dans leurs rangs d’inénarrables clowns comme Gérard Filoche, dont les récentes aventures dans un car reliant Vierzon à Montluçon ont surtout tendance à décrédibiliser à la fois le personnage politique et le discours des opposants à cette timide réforme : croyant benoîtement prendre place dans un autocar « Macron », Gérard nous aura infligé ses pleurnichements pathétiques sur l’ensemble de son petit trajet routier, visant à montrer à quel point l’idée du ministre était abominable. Après 3 heures de route cahotante et 4 looOongues minutes de retard, le car débarque notre syndicaliste ronchon en bonne et due forme, mais, manque de pot ou incompétence du politicien, il se sera époumoné pour rien : le véhicule n’a absolument rien à voir avec la loi Macron, puisqu’il s’agissait de l’autocar 14.281 de 10h18 affrété par … la SNCF et rattaché au réseau TER.

filoche en autocar

Cependant, au-delà de ces bouffonneries, on commence à voir s’organiser la riposte. Oui, vous avez bien lu : une riposte s’organise contre la libéralisation des autocars, une grogne monte pour que cette micro-réforme soit abandonnée, ou remise en question.

C’est un peu abasourdi et à peine remis de la tranche de rigolade offerte par l’ex-inspecteur du travail précité qu’on découvre que la Grande Région Aquitaine entend faire interdire certains cars « Macron ». Elle a même saisi la célèbre ARAFER, la Hototorité de régulation des activités ferroviaires et routières, indispensable en France pour gérer cette tempête provoquée par ce libéralisme bouillonnant (au passage, on se demande comment les autres pays, qui ont des cars, des bus, des trains et des voitures qui circulent sur leurs réseaux, font pour s’en passer).

Pour la Grande Région, c’est bien simple : il faut faire obstacle à la mise en place de ces liaisons, à chaque fois qu’existent déjà des liaisons ferroviaires financée par la région. Renaud Lagrave, son vice-président en charge des transports, explique sans rire :

« C’est le rôle de la région de veiller à ce que nos TER ne soient pas concurrencés. Si nous perdons des passagers, nous devrons indemniser la SNCF. Et puis, imaginons que cette concurrence du car nous oblige à fermer la ligne TER, puis que le transporteur privé décide à son tour d’arrêter : il n’y aura plus rien ! »

Sapristi, bon sang, sapredieu, vertuchoux et ventre-saint-gris, comment tout ceci avait-il pu échapper au ministre Macron ?! Eh oui : des lignes de cars qui font du transport interurbain, ça risque de fortement concurrencer des trains express-régionaux qui font du transport interurbain, plus cher, plus aléatoire, et bien plus coûteux pour le contribuable !

Et puis, imaginons que cette concurrence fonctionne : les lignes de TER devraient fermer, ce qui constitue un manque-à-gagner en terme de dépenses fastueuses visibles par le contribuable-électeur, et une perte de crédibilité de l’élu qui aura promu cette idée pendant des décennies et se retrouvera à devoir en justifier les déficits abyssaux alors que son alternative fonctionne ! Ce serait intenable !

Dès lors, poursuivons le raisonnement imaginaire en élucubrant que, fourbe, le propriétaire de la ligne de car décide de la fermer, même si elle marche au point de faire fermer le TER (n’oubliez pas : le capitaliste qui se serait lancé dans telle aventure est non seulement fourbe, mais idiot). Il n’y aurait alors plus rien :

Forcément.

Mais surtout, ce qui gêne la région avant tout, c’est que si le TER ne marche plus, la SNCF pourrait demander à ce que son déficit soit épongé. one-does-not-simply-oh-wait-one-does-never-mindDe la même façon, je présume, que – soyons fous – si Renault commence à grignoter des parts de marché à Audi, Audi pourra réclamer qu’on lui rembourse son déficit. Parce que. Ou si les e-mails fusillent l’activité « Lettres de moins de 20g » de La Poste, cette dernière ira réclamer une petite compensation à l’État. Ou si les taxis voient le prix de leurs licences s’effondrer à cause des VTC, ils casseront tout pour obtenir un remboursement de… Oh. Wait.

Tout comme la fumeuse réforme des dimanches ouvrés qui s’est terminée par un nombre ridicule de jours effectivement disponibles, et un sabotage en règle de tout ce que le pays contient de dinosaures arc-boutés sur une vision du monde délicieusement sépia, il apparaît que la libéralisation des autocars « Macron » prend gentiment le même chemin d’un saucissonnage des marges de manœuvre et d’une opposition systématique des politiciens.

Comme disait Faure, « l’immobilisme est en marche et rien ne pourra l’arrêter ». Y compris Macron.

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Source : http://h16free.com/2016/02/09/45386-macron-quand-ca-ne-veut-pas-ca-ne-veut-pas