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Thinkerview dans les petits papiers de l’affaire Kerviel / Société Générale

vendredi 17 juin 2016 à 13:00

L’affaire Kerviel n’a probablement pas fini de défrayer la chronique. Ces derniers jours se tenaient en effet le procès au civil opposant la Société Générale avec son ex-trader qui avait laissé une ardoise de près de 5 milliards d’euros suite à des positions boursières intenables. Et des éléments nouveaux font surface.

Jusqu’à présent, les choses paraissaient claires : Kerviel avait fraudé, et la Société Générale, victime malheureuse de montages trop hardis, avait découvert trop tard ses agissements, l’obligeant à passer en pertes plusieurs milliards d’euros. Cependant, lors des audiences qui se sont tenues ces 15 et 16 juin, des éléments nouveaux sont venus accréditer la thèse que les dirigeants de la Société Générale étaient bel et bien au courant des agissements de leur trader.

C’est tout d’abord le témoignage d’un certain Jacques Warren, ancien directeur financier de banque et ex-directeur général adjoint du Marché à terme international de France (Matif), qui lors de sa déposition à la cour explique être « abasourdi » que la Société générale puisse prétendre avoir tout ignoré des activités frauduleuses de son trader avant janvier 2008. Pour lui, la Société Générale aurait donc « choisi Jérome Kerviel à son insu pour prendre des positions à risque ».

C’est ensuite le témoignage de Philippe Houbé, ancien chargé de compte à la société de courtage Fimat, filiale de la Société générale, qui pense lui aussi que la banque non seulement savait mais organisait tout et aurait surtout alourdi la perte imputée à Jérôme Kerviel, pour alléger ses propres pertes dues aux subprimes.

C’est, enfin, cet enregistrement troublant d’une conversation privée entre une commandante de police, Nathalie Le Roy, et une magistrate, Chantal de Leiris, qui ont eu à connaître l’affaire Kerviel. C’est un enregistrement effectué à l’insu de la seconde, qui a été produit par Me David Koubbi, l’avocat de l’ancien trader de la Société générale, au motif qu’il mettrait en lumière des dysfonctionnements de la justice dans l’instruction de l’affaire Kerviel, notamment en accréditant, là encore, la thèse que la direction savait pertinemment les positions prises par le trader.

Devant ces témoignages, il reste difficile de se faire un opinion. Cependant, je voudrais vous proposer aujourd’hui l’entretien réalisé par Thinkerview de Me. Koubbi, et qui revient notamment sur cet aspect de l’affaire. Il y a un peu plus d’une heure d’entretien et différents sujets sont abordés, dont un paquet n’a pas de lien avec l’affaire Kerviel / Société Générale, et je ne les aborderai donc pas.

En revanche, je vous encourage à écouter les 30 première minutes environ, qui couvrent bien l’affaire elle-même et qui permettent de situer la valeur de l’enregistrement dont il est question. Dans cette partie, l’avocat explique clairement les positions de son client ainsi que la thèse qu’il défend avec lui ; en outre, on écoutera avec bénéfice son versant de l’histoire, racontée du côté de la défense, de la part non pas d’un chroniqueur judiciaire ou d’un journaliste, mais d’un des acteurs directs, qui connaît donc intimement le dossier.

Enfin, on s’attardera, vers 28:30, à noter quelques aspects qui n’ont pas été suffisamment énoncés dans les journaux. On découvre ainsi vers 28:52 les conditions posées par le Conseil d’État pour que l’État français vienne en aide à la Société Générale, alors en difficulté :

« …quand une société [bancaire] subit une fraude, cette fraude ouvre le droit à percevoir un tiers du montant de la fraude sur les finances publiques, mais à deux conditions : il ne doit pas y avoir de connivence entre le fraudeur et sa hiérarchie, pas de complicité, et il ne doit pas y avoir de défaillance de ses systèmes de contrôle. »

On comprend dès lors l’importance extrême pour la Société Générale de bien établir l’absence de complicité d’une part (la hiérarchie, dans ce contexte, ne doit surtout pas être au courant), et d’autre part, celle de prouver que le trader a bien contourné les systèmes de contrôle (sauf à admettre que ceux-ci furent défaillants).

De mon côté, ma religion n’est pas faite et je conserve une absence d’avis concernant cette affaire : de la même façon qu’il n’y a rien d’impossible à ce qu’un trader fasse n’importe quoi en échappant aux contrôles en place au point de mettre son établissement entier en difficulté (ça s’est vu, plusieurs fois, par le passé – Nick Leeson par exemple), il n’y a rien d’impossible non plus à imaginer que des dirigeants d’une banque laissent faire en croyant empocher de juteuses plus-values courant 2008 pour s’écraser contre une réalité douloureuse, qu’ils tentent de camoufler en faisant porter le chapeau à un lampiste manipulable. Du reste, la concomitance des ennuis de la Société Générale avec l’effondrement des subprimes semble un hasard particulièrement étonnant et il n’est pas invraisemblable de penser que des pertes monumentales ont été camouflées dans les positions de Kerviel, d’une façon ou d’une autre.

On attendra donc les conclusions de la justice française (à laquelle on accordera une confiance très modérée), mais on peut déjà parier que le contribuable, réel dindon de la farce, ne saura jamais le fin mot de l’histoire.

Source : http://h16free.com/2016/06/17/53867-thinkerview-dans-les-petits-papiers-de-laffaire-kerviel-societe-generale


Hausse rétroactive : EDF a grand besoin d’argent

vendredi 17 juin 2016 à 09:00

La transition énergétique, c’est un peu comme le changement : si c’est maintenant, ce n’est pas tout à fait ce à quoi on pouvait s’attendre. Et grâce aux gesticulations de Ségolène Royal, des millions de Français et les plus gros consommateurs d’électricité du pays vont justement subir un petit changement de leur facture EDF, et ce sera une hausse rétroactive.

Vivre en Socialie, c’est définitivement l’assurance d’une vie d’aventures et de surprises renouvelées, pas toujours bonne, on en conviendra, et même souvent détestables comme on peut le constater dernièrement en France (mais d’un autre côté, on n’est pas encore à la vie palpitante de la socialie venezuélienne non plus), mais pleine de surprises néanmoins.

Par exemple, en Socialie et au train où vont les choses, rien n’interdit d’imaginer qu’un vigile de supermarché vous rattrape, une fois vos courses payées et chargées dans votre coffre de voiture, et, armé de son lecteur de carte bancaire, vous explique encore un peu essoufflé : « Excusez-moi, mais il y a eu une augmentation rétroactive sur le rôti, et ce n’est plus 12,60€ mais 14,10€. Voilà, insérez votre carte ici, merci. »

gifa franco wait what wtf

Grotesque ? Et pourtant c’est exactement le petit tour de magie que le gouvernement veut nous jouer. Nos Majax de l’économie planifiée, Ségolène Royal en tête, sont actuellement en train de nous expliquer que 28 millions de ménages français et la plupart des gros consommateurs d’électricité du pays vont devoir s’acquitter d’une petite révision de factures passées, avec une augmentation d’environ 1,5€ qui seront prélevés sur les dix-huit prochains mois.

Et si vous aviez un contrat avec EDF, si la vente effectuée est réputée passée et si vous n’êtes pas d’accord, eh bien allez vous faire f$*^£. Au passage se pose un intéressant problème d’égalité si vous venez de rompre normalement votre contrat avec EDF (vous avez déménagé, vous êtes passé à la concurrence, vous quittez le pays, …) ; je me demande dans ce cas si le service Recouvrement de l’électricien va vous poursuivre pour les mêmes factures…

Bien évidemment, au-delà de la stupeur de constater qu’encore une fois, un paquet de Français va se retrouver purement et simplement spoliés sans rien pouvoir faire et le tout, par des socialistes affichés (ce qui est encore plus croquignolets vous en conviendrez), il reste la question de savoir ce qui motive ce réajustement sauvage.

Une situation complètement ubuesque ? Des Français spoliés ? Le principe des contrats bafoué ? Bingo et pas de doute, pour arriver à ce résultat grandiose, il fallait que l’État soit intervenu d’une façon ou d’une autre.

Et ô combien il est intervenu ! Rappelez-vous en 2014, ce fameux arrêté pondu par le gouvernement qui imposa ses tarifs à EDF en limitant leur hausse à 2,5% et qui portait sur la période du 1er novembre 2014 au 31 juillet 2015. À l’époque, la même Ségolène Royal – qui vient de bredouiller des explications confuses pour cette hausse rétroactive – n’avait pas hésité à geler purement et simplement la hausse de 5% promise par Jean-Marc Ayrault à EDF avant son départ de Matignon, en prétextant au milieu d’une fournée de chatons mignons la sauvegarde du pouvoir d’achat des Français.

gifa jeter l'argent par les fenêtres

Eh bien le conseil d’État vient donc d’annuler cet arrêté, en estimant que les tarifs « avaient été fixés à un niveau manifestement insuffisant pour assurer le rattrapage des écarts tarifaires passés », et demande au gouvernement de produire de nouveaux arrêtés pour fixer une hausse rétroactive. Autrement dit, les fanfaronnades de Royal coûtent à nouveau fort cher en rattrapage.

Le Conseil d’État avait été saisi par l’Association nationale des opérateurs détaillant en énergie (Anode), qui regroupe des fournisseurs autres qu’EDF et qui ne trouvaient pas cette limitation gouvernementale tout à fait à leur goût. Or, ce n’est pas la première fois que cette association saisit le conseil et obtient gain de cause, ce qui montre une fois de plus que si l’erreur est humaine, persévérer ainsi est bien l’apanage des politiciens qui, de toute façon, n’ont pas à payer de leur poche leur obstination néfaste.

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À présent, on ne peut s’empêcher de rapprocher cette brutale révision de tarifs antérieurs de la situation particulièrement délicate de l’électricien français, dont on se demande s’il ne va pas droit vers une faillite retentissante. Récemment obligé de reprendre Areva que son équipe dirigeante aura consciencieusement flanqué dans le fossé, EDF est de surcroît empêtré dans les lubies écoloboulimiques qui plombent ses résultats, et ce d’autant plus que – oh, zut alors – le prix du pétrole s’est effondré, rendant encore plus dispendieuses les « alternatives » amusantes mais déjà fort coûteuses.

S’ajoutent à ces déboires des investissements nécessaires pour sécuriser son parc nucléaire, moderniser les compteurs électriques déployés dans le pays, et rattraper autant que possible le fiasco déjà inquiétant des deux EPR anglais.

N’oublions pas qu’au moins une partie de ces investissements sont décidés généralement arbitrairement par un gouvernement qui n’a cessé de placer ses intérêts politiques avant ceux d’une réelle direction commerciale et économique.

Le pompon de ces couacs étant bien sûr la gestion grotesque du dossier « Fessenheim » qui promet encore d’intéressants rebondissements. Centrale nucléaire dont la fermeture a été décidée de façon purement politique par un candidat Hollande toujours prêt à distribuer promesses et argent des autres sans s’occuper des conséquences, Fessenheim est – bien malheureusement pour l’Exécutif – détenue en partie par les Suisses (Alpiq, Axpo et BKW) et les Allemands EnBW.

Patatras : ce qui devait être simple commence à tourner vinaigre, parce que démanteler Fessenheim, c’est devoir payer des indemnités à ces deux groupes. En outre, EDF y a fait de nombreux investissements permettant à l’actuelle centrale, pourtant vieille de trente ans, de très bien se classer en terme de sécurité, ce qui lui permettrait de l’exploiter encore plusieurs années.

Heureusement, Ségolène Royal est intervenue pour transformer en chaos ce qui semblait déjà particulièrement complexe : imposant que la centrale ferme, mais qu’elle ne le fasse que lorsque l’EPR de Flamanville sera en fonctionnement, elle propose 100 millions d’euros d’indemnités (ce qui, pour un État français virtuellement en faillite, représente déjà beaucoup) là où les propriétaires, EDF en tête, réclament … deux à trois milliards (ce qui, pour un opérateur au bord de la faillite, s’explique finalement assez bien).

gifa ok bye bye

Je résume.

L’État (Ségolène Royal en tête) a imposé des tarifs à EDF qui se sont révélés complètement inadaptés au marché, provoquant des « tensions » dans la trésorerie de l’électricien. L’État intervient donc pour remettre les tarifs d’équerre et tabasser le consommateur et quelques principes de base au passage.

L’État a imposé à EDF de se positionner sur des énergies peu ou pas rentables, au détriment d’autres qui, elles, ont fait leur preuves. Ségolène approuve bruyamment.

Pendant ce temps, l’État impose aussi la fermeture de centrales pourtant en état de fonctionnement, rentables et sécurisées. Ségolène acquiesce.

L’État impose aussi les normes qui rendent la construction des EPR de plus en plus délicate, fusillant durablement la confiance qu’on peut avoir dans la capacité d’EDF à mener à bien ses projets en France et en Angleterre. Ségolène applaudit.

L’État impose qu’EDF récupère Areva et éponge ses dettes, poussant l’entreprise au bord de la faillite. Ségolène trouve ça cool.

Enfin, l’État compte spolier autant que possible les actionnaires minoritaires de Fessenheim parce qu’en plus de centrales nucléaires, il a des bombes du même métal qui feront taire les mécontents. Ségolène ne pipe pas mot mais adhère grave.

À l’évidence, tout ceci va forcément très bien se terminer.

gifa yeah ok great

Décidément, vivre en Socialie est une aventure de tous les jours… Et puis, c’est un peu le souci d’intervenir comme un chien dans un jeu de quilles dans un marché volatil pour des raisons purement politiques en se moquant de la réalité économique : à un moment ou un autre, cette réalité, tendue comme un élastique, finit par revenir droit dans le museau des impétrants qui ont cru bon de l’oublier.

Source : http://h16free.com/2016/06/17/54072-hausse-retroactive-edf-a-grand-besoin-dargent


Les rebondissements de Bitcoin

jeudi 16 juin 2016 à 09:00

Depuis quelques jours s’accumulent différentes nouvelles au sujet de Bitcoin. Il faut dire que la monnaie numérique, relativement sage depuis le début de l’année, recommence à marquer quelques signes de fébrilité avec une volatilité en hausse marquée ces derniers jours. Parallèlement, le monde politique semble à nouveau se pencher sur son existence…

Et depuis la fin du mois de mai, on observe une brusque montée dans le cours du Bitcoin. Depuis le début de l’année, la monnaie numérique oscillait doucement atour de 400€ par Bitcoin, avec une tendance, assez calme, à une hausse modérée. Depuis le 25 mai, en revanche, le prix d’un bitcoin en euros et en dollars a subitement grimpé, affichant rapidement 450€ puis 500€ par bitcoin, pour atteindre plus de 600€ à l’heure où ces lignes sont écrites.

chart - bitcoin juin 2016

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Bien entendu, on peut très bien mettre cette brusque hausse du cours du Bitcoin sur le compte de la jeunesse de cette monnaie, sur une nouvelle poussée de fièvre plus ou moins irrationnelle. On peut aussi noter que deux phénomènes entretiennent justement cette hausse.

Le premier tient probablement à la ruée des Chinois sur la monnaie numérique : tout indique en effet (à commencer par les volumes traités par OKCoin Exchange, une plateforme chinoise d’échange de Bitcoin) que certains d’entre eux ont jugé le temps venu d’acheter des bitcoins pour échapper aux contrôles des capitaux que les autorités chinoises sont en train de mettre en place en République Populaire. Et même s’il s’agit d’une faible proportion de Chinois qui s’intéressent à ce marché, et même s’il s’agit d’une faible proportion de leurs liquidité, la quantité totale de Chinois et la quantité totale des liquidités disponibles (on parle en trillions de dollars), ajoutés à la relative étroitesse du marché Bitcoin entraînent inévitablement des effets importants sur les cours… Qui bondissent.

Du reste, cette explication permet aussi d’expliquer, au moins en partie, que le cours de l’Ethereum a récemment subi, lui aussi, une hausse notable. Monnaie numérique répondant à des critères différents de Bitcoin, et résolument orientée vers la notion de « smart contract », cette monnaie en plein développement attire un intérêt marqué qui lui permet de se placer actuellement dans le sillage de Bitcoin. En outre, son cours plus modeste (on tourne autour de 18$ actuellement par Ether) offre une entrée plus facile aux investisseurs débutants.

chart - euthereum juin 2016

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À ceci s’ajoute pour une bonne part l’anticipation de la prochaine opération d’importance sur la production de Bitcoin : dans un peu plus d’une vingtaine de jours, la récompense pour le minage des blocs va être divisée par deux (« halving »). Rappelons que la monnaie numérique est basée sur la technologie de la blockchain dont la sécurisation est assurée par le minage, c’est-à-dire la vérification d’un bloc de transactions et son ajout au reste de la blockchain. Vérification qui, lorsqu’elle est menée à bien, permet à ceux qui la réalisent de toucher un nombre fixe de bitcoins : 50 depuis la création de Bitcoin, puis 25 à partir du 28 novembre 2012, et normalement 12,5 autour du 10 juillet 2016.

Assez mécaniquement, les bitcoins nouvellement produits seront donc moins nombreux. La production devenant plus faible, le prix devrait sensiblement augmenter (ce qui avait d’ailleurs été observé lors du précédent « halving », le bitcoin gagnant près de 10% autour de cette date), et ce d’autant plus si la demande, elle, continue d’être ferme comme on l’observe actuellement.

bitcoin coins and bars

Parallèlement, le monde politique recommence à s’agiter sur ces questions de monnaie numérique. Peut-être sont-ce ces mouvements de hausse et cette volatilité qui ont poussé certains politiciens à émettre des borborygmes au sujet de la monnaie numérique ? En tout cas, questions gargouillements impromptus, nous avons été servis du côté du Front National qui n’a pas pu s’empêcher d’expliquer vouloir une loi pour interdire cette abomination en France.

Peut-on s’en étonner ? Par nature, Bitcoin permet l’affranchissement des individus de toute tutelle étatique en séparant de façon étanche leurs activités financières des doigts particulièrement rapaces (et boudinés) de l’État omniventripotent. Un parti qui a placé si haut le rôle de l’État au point d’en faire l’alpha et l’oméga de toute solution aux problèmes des Français ne peut guère laisser se développer une telle technologie, surtout si, in fine, elle remet clairement en cause la façon dont peut être collecté l’impôt (toujours citoyen, toujours festif, toujours légitime et toujours consenti, bien sûr).

De façon diamétralement opposée, notons l’incroyable proposition d’une dizaine de députés LR emmenés par Laure de la Raudière qui souhaitent donner une valeur probante aux enregistrements de transactions authentifiés par une technologie de type blockchain. Deux amendements (n°227 et 229) à l’actuelle loi de modernisation de la vie économique ont en effet été déposés en ce sens et permettraient par exemple d’utiliser une blockchain pour des transferts de propriété, que ce soit des actions ou des biens immobiliers, en remplacement de certains actes (notariés, typiquement).

gifa partying

Certes, l’actuelle écriture de ces amendements laisse une place extrêmement large à la notion même de blockchain et la lie à une définition établie par décret en Conseil d’État, ce qui peut aboutir à tout et surtout n’importe quoi comme le législateur nous y habitue de façon assez régulière. Il ne faudra pas se réjouir trop vite.

Cependant, l’existence même de ces deux amendements permet d’entrevoir comme une lumière au bout d’un long tunnel d’obscurantisme où, enfin, certains députés ont pris la mesure du siècle dans lequel ils s’inscrivent et tentent de s’accommoder des nouvelles technologies. Si, de surcroît, ils font pour une fois l’effort d’incorporer celles qui sont les plus révolutionnaires dans leurs réflexions, on ne peut que les en féliciter.

D’autant que ces amendements signent, en pratique, la fin des monopoles plus ou moins clairs de certaines professions lourdement réglementées qui interviennent lors des passations de propriété, depuis les courtiers boursiers jusqu’aux notaires, et depuis l’achat ou la vente d’actions jusqu’à celles de propriétés immobilières. En pratique, ces deux amendements pourraient provoquer une véritable révolution en France qui prendrait alors une très sérieuse avance dans la maîtrise des technologies à base de blockchain.

Cependant, ne rêvons pas. Ces députés novateurs sauront largement rencontrer l’imputrescible résistance du conservatisme le plus banal dans cette vieille République. Jean-Jacques Urvoas, actuel Garde des Sceaux, faisant preuve de toute l’opacité mentale qu’il faut pour justifier son poste, a d’ailleurs largement fait comprendre qu’il était densément, farouchement et obstinément contre ce genre d’aventure numérique. Devant les notaires, le politicien s’est bien gardé de donner la moindre marge de manœuvre à cette idée abominable pour la corporation en place.

Pour le brave Jean-Jacques, la député voudrait « permettre à la France de prendre une avance juridique en ce qui concerne la reconnaissance des effets juridiques de l’utilisation de la « blockchain » dans les opérations sur instruments financiers et devises », et voyez-vous mes petits amis, « prendre une avance juridique » est quelque chose qu’en France, on ne fait pas : on commence comme ça et, de fil en aiguille, on se modernise, on simplifie la bureaucratie, on élague les vieux machins pourris, on nettoie que dis-je, on kärcherise, et pouf, le pays n’est plus le même et frise l’efficacité. Impensable.

gifa epic fail gym

La révolution Bitcoin continuera donc sans les Français, correctement protégés par Urvoas et sa clique. Pour les autres, Chinois en tête, ils y verront l’occasion d’échapper au contrôle des capitaux et peut-être même de se faire une coquette plus-value…

Source : http://h16free.com/2016/06/16/53828-les-rebondissements-de-bitcoin


Subventions à la presse, sauf pour l’Opinion ?

mercredi 15 juin 2016 à 09:00

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un journal qui s’affiche ouvertement libéral, qui paraît tous les jours. Et pour cette fois, il ne s’agit pas de Contrepoints, mais de l’Opinion dont le fondateur, Nicolas Beytout, lançait il y a quelques jours un coup de gueule pour dénoncer le traitement particulier qui semble réservé à son quotidien.

Il est tout remonté, Nicolas, et il le dit, et l’écrit même dans un édito paru le 13 juin dernier dans lequel il nous explique les raisons de son mécontentement. Cela fait trois ans que l’Opinion a vu le jour, et à en lire l’édito irrité de son fondateur, ce ne furent pas que des années d’excitation et de plaisir. Tout semble en effet avoir été fait pour pourrir l’existence du quotidien de la part de l’État et de son administration, en amoncelant les procédures à son encontre. D’après lui, son journal fait l’objet d’un véritable acharnement administratif et fiscal.

Rien ne nous a été épargné (…) : Harcèlement fiscal, acharnement procédurier, si l’on doit juger l’existence d’un titre au niveau de tracasseries et de coups bas dont il est victime, alors, oui : l’Opinion existe !

Diable diable, voilà qui paraît invraisemblable au pays des Droits de l’Homme, de la Liberté d’Expression et du Je Suis Charlie porté en bandoulière à chaque fois qu’on peut ! Et pourquoi donc l’État s’en prendrait tout particulièrement à l’Opinion ? Peut-être serait-ce lié à son positionnement, revendiqué ouvertement libéral, justement ? Ce ne serait pas si étonnant quand on se rappelle que d’autres publications (Valeurs Actuelles, par exemple) ont, régulièrement, rencontré des soucis ou se sont plaintes de pressions précisément en fonction de leur positionnement idéologique.

D’autre part, si Beytout n’explicite pas la nature des harcèlement fiscaux et procédurier que le journal subit, il est plus prolixe sur une iniquité dont il s’estime victime :

« cette duplicité des pouvoirs publics à notre égard est à peine croyable (et) culmine dans l’obstination avec laquelle le gouvernement nous tient à l’écart des aides à la presse, seul quotidien national à en être systématiquement et artificiellement exclu »

Apparemment, le gouvernement fait donc absolument tout ce qu’il peut pour que ce nouveau quotidien ne bénéficie pas des mêmes droits que les autres. Force est de constater que le fondateur n’a pas tort au plan du droit, et on comprend sa complainte de se retrouver ainsi laissé pour compte des subventions publiques, par ailleurs si généreusement distribuées aux vieux organes de presse, biaisant de façon assez claire la concurrence qu’on voudrait pourtant loyale.

On pourrait même y voir l’une de ces subtiles (et pourtant si idéologiquement possibles) discriminations tout à fait dans les cordes d’un gouvernement socialiste et jamais en panne d’une rouerie pour contrer un adversaire politique, fut-il un journal. Du reste, depuis Fleur Pellerin, la discrimination des organes de presse pour des motifs vaseux ne les effraie plus vraiment et ce d’autant plus que ceux qui sont actuellement massivement subventionnés n’ont pas montré le moindre signe de gêne.

Ceci posé, il ne faudrait pas non plus perdre de vue les bases essentielles qui fondent le libéralisme dont (ça tombe bien) se réclame l’Opinion.

Et ainsi, plutôt que réclamer, par voie d’édito et à demi-mots, que les subventions publiques lui soient aussi versées, Nicolas Beytout aurait tout intérêt à demander plutôt qu’elles ne soient versées à personne. Certes, cela rendrait évidemment difficile la pérennité de certains modèle d’affaire de ces journaux quotidiens, mais sur le plan idéologique, quelle magnifique leçon assènerait-il à ses concurrents ! D’autant que si ces subventions venaient à stopper, cela apurerait un grand coup le paysage journalistique français d’un certain nombre de productions douteuses dont l’équilibre financier hors de ces subventions n’est plus qu’une chimère rigolote.

Et justement, compte tenu des résultats obtenus actuellement, il serait plus que temps d’en finir avec ces robinets à pognon ouverts en grand à destination d’une presse qui a amplement prouvé son pouvoir de nuisance intellectuelle ou son inanité.

Il n’est qu’à voir la dilution dramatique des opinions dans un gauchisme teinté de sociale-démocratie molle pour comprendre qu’en lieu et place de pluralité, on n’a plus qu’une même soupe de bienpensance et de politiquement correct en béton armé. Je ne détaillerai même pas les performances douteuses en terme de copier-coller de la plupart des rédactions qui en viennent à reproduire avec application l’orthographe hésitante d’une AFP douillettement engoncée dans ses biais idéologiques multiples (et parfois contradictoires). Et lorsqu’on se rappellera que ces subventions ont très malheureusement permis le maintien vaille que vaille (et surtout coûte que coûte) d’épaves journalistiques comme l’Humanité, des torchons ridicules comme Libération ou des malades compulsivement déficitaires comme Le Monde, tous épongés par un contribuable qui ne les lit même plus, on aura bien du mal à trouver le moindre attrait dans cette manne publique.

Et puis lorsqu’avec deux milliards d’euros par an, on parvient à « hisser » la France à la 45ème place mondiale (rapport RSF 2016), y a-t-il vraiment de quoi pavoiser, voire de quoi continuer ? Nos voisins européens, qui n’en distribuent pas la moitié, obtiennent bien plus pour leur argent…

reporters sans frontières liberté presse classement 2016

Enfin, puisque l’Opinion fonctionne actuellement sans cette douteuse manne publique, le journal de Beytout prouve par l’exemple (et avec son augmentation de chiffre d’affaire de 20% l’an dernier) qu’il n’a en réalité pas besoin de ces expédients et que, finalement, à force d’articles de qualité et d’une ligne éditoriale réellement innovante dans un pays gangrené par le Tout-à-l’État, il y a moyen de faire un journal rentable et solide, bref, qu’à côté du socialisme plus ou moins dur de la presse subventionnée, « une autre opinion est possible ».

Mieux encore : si Beytout parvient à équilibrer son journal sans subventions, ce que je lui souhaite d’ailleurs sincèrement, l’Opinion deviendra alors une formidable machine de lutte contre l’avachissement journalistique catastrophique dont souffre notre pays, et n’aura pas le moindre scrupule à se réclamer du libéralisme qu’il aura alors appliqué à la lettre.

Source : http://h16free.com/2016/06/15/53883-subventions-a-la-presse-sauf-pour-lopinion


Comment on se sert de l’Éducation nationale pour la présidentielle 2017

mardi 14 juin 2016 à 09:00

Décidément, l’Éducation nationale et sa ministre, Najat Vallaud-Belkacem, n’aiment guère les écoles hors contrat et les parents qui, un peu trop soucieux de la qualité des enseignements dispensés à leurs enfants, refusent de les livrer au système étatique actuel. Mais derrière les petits coups de canifs que la ministre inflige aux idées de liberté scolaire se cache en réalité un plus noir dessein.

Même si, on le comprendra, cela relève d’une prouesse intellectuelle notoire, admettons la bonne foi de la ministre et concédons ici que son ministère essaye ainsi de reprendre la main devant le développement des écoles hors contrat et l’augmentation sensible du nombre d’enfants scolarisés à la maison. Dans ce cadre, l’Éducation nationale réagit comme tout producteur d’un service en essayant de conserver une part de marché. Bien sûr, la comparaison avec n’importe quel autre producteur privé s’arrête là puisque ce ministère dispose tout de même de la puissance de l’État, et peut faire usage de la coercition lorsque cela lui chante.

D’ailleurs, cela lui chante d’autant plus que l’effort pour endiguer la fuite de petites têtes blondes et autres ne s’inscrit pas du tout dans une recherche des motivations qui poussent les parents à se séparer définitivement de ces enseignements pourtant « gratuits » (puisque payés par tout le monde) et à placer leurs enfants dans de parfois coûteuses structures privées. Autrement dit, l’EdNat fait actuellement tout pour bien signifier que s’échapper des enseignements fournis n’est absolument pas compatible avec le vivre-ensemble, voire anti-républicain et même franchement louche, et qu’il en coûtera donc de nombreux contrôles et autres vexations administratives pour ceux qui s’y risqueraient (dans le respect du choix des parents et de la liberté d’enseignement, cela va de soi, bisous bisous).

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Parallèlement, l’EdNat ne fera absolument rien pour se remettre en cause, analyser les symptômes et combattre la maladie. En somme, il n’est pas question de remédier aux raisons qui poussent les parents à fuir le système étatique. Pour le ministère, peu importe que chaque année passée offre de nouvelles occasions de pousser le curseur des enseignements toujours plus loin dans le gloubiboulga, la facilité, l’édulcoration des programmes, l’éparpillement des savoirs sur une myriades de sujets de plus en plus futiles. Peu importe que le niveau des élèves de quatrième corresponde à peine au niveau des élèves de sixième d’il y a 15 ans. Peu importe que l’orthographe, la grammaire, les mathématiques de base, l’histoire et la géographie fondamentales ou ce qui rentrait jadis dans la culture générale de l’homme moyen ne soit même plus à portée des élèves de troisième, dont la majorité est dépassée par des problèmes de règle de trois ou l’usage vaguement correct du conditionnel dans une phrase un peu plus complexe que le triplet navrant Sujet + Verbe + Complément. Peu importe d’ailleurs que cela s’en ressent dans la prose de plus en plus hésitante des jeunes professeurs qui arrivent dans le système.

Ce qui importe au ministère de l’Édulcoration Nationale, c’est que pas un élève n’échappe à sa production de savoirs calibrés. Il faut donc tout faire pour que les bonnes valeurs républicaines (liste à établir, concept à définir, chantier en cours, circulez) soient inculquées, de force s’il le faut, au plus grand nombre, dès tout petit.

Et ça tombe bien, parce qu’en plus, ce but officieux mais évident provoque un effet de bord très désirable pour cette partie du gouvernement qui pense à 2017 : plus on cherche à contrôler, réguler, inspecter et sanctionner l’éducation à domicile et les écoles hors contrat, plus cela excite toute une frange de la population qui y a recours et qui est de toute façon un électorat définitivement perdu pour Hollande et ses sbires.

Mieux encore, cet effet de bord permet une récupération assez systématique par une partie de la droite et le Front National, ce qui permet d’accroître encore le bénéfice retiré de l’opération, en clivant de façon claire le peuple français entre ceux qui, d’un côté, veulent se tenir en dehors de la République (une et indivisible, qu’on vous serine) et les autres, membres joyeux du Vivrensemble officiel qui abondent dans l’anti-communautarisme, la lutte contre la méchante religion qui s’insinue partout, et pour qui l’EdNat forme avant tout du bon citoyen bien dodu et non de l’individu intellectuellement indépendant (pouah, pouah, berk, berk).

En somme, en cognant sur les écoles hors contrat et sur la tendance au homeschooling, on déclenche une réaction du Front National et on pousse autant de monde dans ses bras plutôt que dans une droite traditionnelle encore une fois complètement à la ramasse sur ces questions.

C’est tellement vrai, tellement simple et tellement évident que la petite Najat ne s’en tient même pas là.

najat vallaud belkacem scrogneugneuAu-delà de son discours lénifiant (léninifiant ?) concernant les décrocheurs, la proposition de leur distribuer 1000€ s’ils reviennent dans le giron républicain n’est absolument pas étrangère à cette démarche d’ensemble. Coté pile, la République s’occupe de ses laissés pour compte et leur file des cacahuètes pour refaire partie du groupe et recevoir le bon enseignement citoyen & festif qui ne permet pas de décrocher un travail mais, en tout cas, permet de voter comme il faut pour plus d’État quand on le lui demande. Côté face, on va encore exciter un peu la populace, à peu de frais : c’est un projet qui, tant qu’il n’est que projet, ne coûte rien, et qui a peu de chance de voir effectivement le jour. Et cette excitation va directement bénéficier au Front National au détriment d’une droite invertébrée, rampant mollement dans son silence mortifié et son fromage blanc idéologique gluant.

Et on observe exactement le même mécanisme lorsque la ministricule, frétillante d’aise à l’idée d’en remettre une couche, déclarait récemment au micro de Bourdin vouloir intégrer les « enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine » au programme de CP dès l’année prochaine, ce que beaucoup ont interprété comme l’introduction de l’Arabe comme langue enseignée à ce niveau. Peu importe ce qui était envisagé réellement, les petits couinements explicatifs de Vallaud-Belkacem ont été rapidement couverts par les cris d’outrage de toute un frange de la population, Front National en tête, qui rappelle (sans qu’on puisse lui donner tort pour le coup) qu’avant ces langues exotiques, le français devrait probablement être un peu mieux enseigné. Et peu importe si, finalement, l’arabe est ou non proposé à l’étude en CP : le but de l’impétrante est rempli puisqu’on a très probablement réussi à jeter quelques nouveaux électeurs outrés dans les bras d’un FN bien seul à rappeler quelques évidences.

Et ça marche, très bien même : la stratégie, que j’expliquais récemment, qui consiste à tout faire pour avoir un second tour Hollande-Marine Le Pen, se nourrit précisément de ce genre de petits actes fielleux d’une ministre dogmatique et probablement encore toute étonnée d’être parvenue si vite à un tel poste alors qu’elle n’en a visiblement pas les capacités : en faisant ainsi, elle sert d’ustensile pratique pour son maître qui prouve encore à quel point il est prêt à toutes les bassesses et toutes les ignominies pour simplement conserver le pouvoir.

Education

Source : http://h16free.com/2016/06/14/53831-comment-on-se-sert-de-leducation-nationale-pour-la-presidentielle-2017