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Le capitalisme de connivence finit mal, en général

jeudi 3 mars 2016 à 09:00

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, et des bien pourries en plus ! Par exemple, celle qui consiste à croire que les fleurons de l’industrie nationale appartiendraient à la culture et au patrimoine français, qu’il faudrait donc tout faire pour les chérir et les favoriser, et qu’en vertu de quoi, l’État devrait absolument se mêler de leurs affaires.

Nombreuses sont, en effet, ces sociétés industrielles qui ont grossi au point de devenir internationales à la faveur de rapprochements opérés dans le giron de l’État français ou via son patronage actif et politiquement calculé. Elles se retrouvent alors, quasiment du jour au lendemain, propulsées avec force cocoricos comme les champions du pays qu’on ira parader dès qu’on le pourra sur différents sujets, aussi bien d’ailleurs en politique intérieure qu’extérieure.

Crony-Capitalism-Phony-CapitalismEt avec ces nombreux champions que l’État français aura ainsi aidés à accoucher, on devra parler des réussites plus ou moins flamboyantes qu’il aura donc récoltées. Malheureusement, on en vient souvent à se demander si ces succès ne sont pas plus le fruit du hasard ou d’une abnégation inouïe de ceux qui les engrangent devant les adversités que l’État français semble multiplier par action ou par omission. Ainsi, à chaque réussite on peut faire correspondre des bides assez retentissants, qui, avec un aspect systématique qui pourrait chagriner certains, compensent spectaculairement les gains engendrés par les succès rencontrés.

Comment oublier, par exemple, les rocambolesques aventures de Bull, fleuron français de l’informatique qui, pourtant promis à un brillant avenir à la fin des années 70, aura su, grâce à sa subtile nationalisation de 1982, se retrouver en situation catastrophique dans les années 90 (au point de coûter finalement plus cher au contribuable français que la Guerre du Golfe) ?

Comment oublier l’affaire du Crédit Lyonnais (1993) qui après une magnifique nationalisation (en 1982) s’est finalement écrasé avec une facture colossale de 14,7 milliards d’euros au total pour le contribuable ?

Comment passer sous silence l’exemple frappant qu’a offert, en son temps, le constructeur Heuliez et sa Mia électrique, superbement aidés par une politicienne en mal de grandes réalisations techniques, et qui aura achevé une carrière industrielle pourtant remarquable par une splendide faillite pour le contribuable ?

Plus récemment, il serait dommage de ne pas citer le ratage tout à fait symptomatique de la plate-forme MO3T, bricolage étatique de 2012 destiné à contrer Amazon, Apple et d’autres sur le marché du livre numérique, qui avait embarqué Orange, SFR, Bouygues et des éditeurs et libraires français dans ce qui allait s’avérer être un gouffre sans débouché, pour une facture de plusieurs millions d’euros (du contribuable).

Mais tout ceci est de la petite bière à côté de ce qu’on voit se développer, doucement, dans l’actualité.

Parce que s’il y a bien un domaine où l’État veut absolument s’investir, où les politiciens auront toujours un mot à dire, une action à mener, un levier à tripoter ou un petit bouton rigolo à chipoter, c’est bien celui de l’énergie.

savant fou

Or, si l’on observe d’assez beaux plantages des politiciens dans l’informatique, dans le commerce, dans l’automobile ou tant d’autres domaines, il serait franchement étonnant qu’on n’observe pas la moindre déroute dans l’énergie aussi.

Ça tombe bien. Actuellement, tous les ingrédients sont réunis : des fleurons nationaux, des décisions purement politiques, des enjeux mondiaux colossaux, de l’exposition médiatique, et, à la fin, des factures salées et, probablement, des faillites retentissantes.

Ici, je veux bien sûr parler d’Areva, et, plus tristement encore, d’EDF.

Pour Areva, l’affaire est entendue, pour ainsi dire déjà pliée. Le montant total de la facture reste encore à déterminer, mais nul doute qu’elle atteindra plusieurs milliards d’euros. Les derniers rebondissement en disent long sur l’étendue de la catastrophe : le groupe spécialisé dans l’industrie nucléaire a été obligé (par l’État) de reporter la publication de ses comptes 2015, dévoilant des pertes pour l’année écoulée bien plus lourdes que prévues.

En fait, Areva doit affronter une passe économiquement très douloureuse devant des dépréciations d’actif massives liées à l’effondrement des cours de l’uranium qui n’a pas arrêté de chuter depuis la catastrophe de Fukushima, et à ses déboires sur le développement des nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR, dont la finalisation et l’exploitation sont régulièrement repoussées, au point de mettre les finances de l’entreprise en position périlleuse.

Les explications de Lauvergeon n’empêchent rien : l’entreprise est maintenant en plein naufrage et seul le contribuable semble capable de rattraper la sauce. À quel prix ?

Du côté d’EDF, la situation ne semble guère plus brillante.

La très belle discrétion de ses derniers appels au secours, l’aspect particulièrement feutré des cris de détresse et la façon dont ils sont relatés dans la presse donnent une fausse image de petit souci passager mineur à ce qui, après analyse, pourrait bien être une crise d’ampleur biblique tant il faut prendre en compte la taille du champion national de l’énergie.

Plus précisément, certains des administrateurs du groupe estiment que les perspectives de l’électricien public ne cessent de se dégrader, au point de devoir recourir aux largesses financières de son premier actionnaire, qui est – pour rappel – l’État français (donc le contribuable français). Au sein d’EDF, on se demande ainsi comment on va continuer à faire vivre EDF avec un prix du mégawattheure autour de 30 euros.

C’est extrêmement bon signe, d’autant qu’un bonheur ne fait jamais du pédalo seul : EDF est, bien évidemment, cul et chemise avec Areva, dont les amusantes péripéties économiques ont aussi tendance à le mettre dans l’embarras : si le groupe nucléaire ne respecte pas son engagement de prendre 10% du projet Hinkley Point (une tranche supplémentaire, en EPR, devant y être construite), EDF ne pourra pas assumer seul ces coûts et devra modifier très substantiellement son « business model »… Autrement dit, commencer à inscrire des pertes, qui pourraient rapidement le mettre en difficulté.

Et le terme de « difficultés » est fort humblement choisi, puisque selon Le Figaro, l’électricien aurait actuellement besoin de 5 milliards d’euros de capital. Une paille, pour un État qui roule sur l’or et les excédents budgétaires. Les raisons sont multiples, mais il semble délicat d’occulter le rôle des stratégies particulièrement brouillonnes qui furent imposées à l’opérateur public, entre un maintien du nucléaire et un retrait progressif, un repositionnement vers les énergies renouvelables alors que le marché montrait des signes de faiblesse et est maintenant en train de s’effondrer avec des prix du pétrole au plancher, et une régulation des tarifs sujette aux aléas politiques dans lesquels, du reste, Ségolène Royal n’aura pas eu un rôle mineur.

Royal : la champagnitude attitude

Eh oui, difficile d’oublier le rôle des politiciens dans ces plantages :  comme un fait exprès, pour chaque ratage industriel majeur, on trouve l’un ou l’autre grand commis de l’État français, ministre ou secrétaire d’État volontariste, souvent énarque, parfois cabinétard, généralement imbu de lui-même, très bien introduit et ayant toujours fait preuve d’une maîtrise parfaite de son réseau d’accointances bien avant toute réelle compétence de gestion d’entreprise.

gifa facepalm de funesDe façon plus spécifique, il semble en effet qu’au moment même où les politiciens français se rêvent en capitaines d’industries mondiales, au lieu de conserver le sang-froid nécessaire à la conduite d’affaires subtiles, une folie (celle des grandeurs ?) semble les saisir et, zwip, sans qu’on y prenne garde, les dérives s’accumulent, les erreurs de jugement et les fautes de gestion s’amoncellent jusqu’à l’explosion finale. Et dans ce final pathétique, la faillite n’est pas obligatoire mais l’appel au contribuable, lui, l’est.

Mélange du capitalisme de connivence et d’un colbertisme totalement débridé voire en roue libre, le capitalisme à la française démontre une fois de plus que mêler politique et affaires conduit à la catastrophe de façon assez systématique.

De façon intéressante, malgré l’amoncellement des catastrophes et des faillites, encore trop de Français soutiennent encore, mordicus, que l’État doit absolument mettre ses pattes graisseuses dans les domaines industriels. La facture finale n’est sans doute pas assez élevée, ni en termes financiers, ni en chômage et misère humaine directement déclenchés par ces fautes dramatiques.

Comment s’étonner ensuite que ces mêmes Français réclament aussi une intervention de l’État dans leur vie de tous les jours ? Et comment s’étonner de ce qu’ils en obtiendront ? Comment voulez-vous que ça se termine bien ?

achille talon - comme un faille

Source : http://h16free.com/2016/03/03/47713-le-capitalisme-de-connivence-finit-mal-en-general


Galut, Ciotti, amendes & chiffrement

mercredi 2 mars 2016 à 09:00

L’actualité nous montre régulièrement que les technologies numériques entre les mains des politiciens, c’est comme une mitraillette entre celles d’un chimpanzé, cela finit toujours mal. Cette fois-ci, ce sont Yann Galut et Éric Ciotti qui nous rappellent cette triste réalité, et aucun des deux ne joue le rôle de la mitraillette.

Comme souvent, toute cette consternante histoire naît tranquillement outre-Atlantique, aux États-Unis où, dans un sursaut d’éthique calculé mais finalement appréciable, Apple a décidé de refuser les demandes insistantes du FBI de placer des backdoors dans ses appareils.

L’affaire a fait grand bruit et Apple n’a d’ailleurs pas hésité à en jouer pour faire un peu de marketing à bon compte : renvoyer ainsi dans les cordes une autorité policière américaine demande à la fois un sang-froid bien dosé, une batterie d’avocats solides et des arguments techniques et commerciaux plus que valables. Pour le moment, Apple tient bon : il n’est pas question pour la firme de Cuppertino, en Californie, d’offrir des facilités aux autorités pour pénétrer les données personnelles des détenteurs de leurs appareils. Ce faisant, Apple entend protéger la vie privée de tous ses clients (et, plus probablement, ses prochaines ventes).

privacy security

Sur le plan strictement technique, installer de telles « portes dérobées » dans des logiciels de cryptage est une très mauvaise idée : tant que celles-ci ne sont connues que des autorités, tout va bien. Mais l’existence même de ce genre de passages est une opportunité trop grande pour les hackers du monde entier qui feront tout pour les utiliser à leur profit. Autrement dit, en forçant ainsi des firmes commerciales à installer des procédés cryptographiques non-sûrs par construction, on offre à n’importe quel attaquant un moyen supplémentaire de faire des dégâts. Au niveau des individus, ces dégâts peuvent être relativement importants ; si les cibles sont importantes ou sensibles, le niveau de dommage peut rapidement grandir. 

Du reste, on avait justement vu, dans une précédente affaire, l’ampleur des ravages qui pouvaient être faits lorsque ces procédés de « portes dérobées » venaient à tomber dans de mauvaises mains : le fabriquant d’équipements réseaux Juniper avait ainsi installé de tels procédés pour le compte de la NSA, procédés qui ont été découverts par des pirates et utilisés pour infecter des milliers de sites.

La leçon n’a semble-t-il servi à rien, comme d’habitude lorsqu’il s’agit pour l’État et ses administrations de récupérer un peu de pouvoir qu’ils voient échapper à leur contrôle.

C’est donc sans surprise qu’un bras de fer s’est installé entre Apple et les autorités américaines. Bras de fer qui semble se terminer par la victoire d’Apple, ce qui n’empêchera pas à la polémique de trouver rapidement un écho sur le sol français, ce dernier étant sous état d’urgence et ses députés-fragiles ayant été sur-sensibilisés à la nécessité d’un État fourrant son nez partout pour éviter de méchants attentats. Et pour ces chétifs élus, il semble indispensable de bien faire comprendre à la firme informatique qu’on ne peut pas se permettre de résister à l’État.

C’est pourquoi Yann Galut propose une amende d’un million d’euros si une entreprise informatique venait à refuser de répondre aux injonctions d’une administration française. Pour ce faire, il a déposé un amendement sur le projet de loi de lutte contre le crime organisé, le terrorisme, son financement et les citoyens qui pensent de travers, qui imposerait ce genre de sanctions aux géants informatiques ne coopérant pas (ou pas assez) avec les autorités.

Sacré Yann ! Notre inénarrable traqueur d’exilés fiscaux, aux prurits moraux presque comiques, nous a souvent habitué dans ces colonnes à la perspicacité de ses saillies et la finesse intellectuelle de ses propositions. Celle-ci rejoint sans mal ses précédentes réflexions qui permettent de continuer à brosser le portrait d’un homme ayant su faire passer son exposition médiatique avant toute retenue et tout bon goût. L’aimable cornichon dogmatique croit savoir qu’en inscrivant dans la loi ce genre de contraintes farfelues, la lutte contre les vilains et les méchants prendra un tour décisif.

Mentionnons rapidement que la loi devant s’appliquer à toute personne physique ou morale en France, l’amende mentionnée est parfaitement irréaliste (et probablement anticonstitutionnelle), mais au-delà de cet aspect purement juridique, c’est bien l’aspect technique qui rend la proposition parfaitement impraticable.

Eh oui : comme bien souvent lorsqu’un député ouvre le bec sur un sujet qu’il n’est pas équipé pour comprendre, tout ceci est parfaitement idiot. En effet, si les chiffrements mis en place sont un tant soit peu corrects, il n’existe pas de porte dérobée pour les faire sauter. Pour y parvenir, seule une attaque par force brute consistant à essayer un à un tous les mots de passe possible, ou en utilisant d’immenses dictionnaires, ou, mieux encore, en utilisant des « rainbow tables » permettent éventuellement de déchiffrer les contenus visés par la police. Amende ou pas. Contrainte légale ou non. Les mathématiques et ici, les systèmes cryptographiques ont ceci d’intéressant qu’ils ne se plieront pas aux desiderata farfelus d’élus imbus de leur propre importance.

L’affaire, déjà fort grotesque par l’irruption inopinée et brouillonne de Galut, aurait pu s’arrêter là. Ce serait oublier qu’en France, le ridicule ne tue pas et semble même rendre plus fort ceux qui le pratiquent. Éric Ciotti, lui aussi député-fragile et réclamant probablement sa part de célébrité, s’est donc porté volontaire pour la surenchère idiote, d’une part en portant l’amende à deux millions d’euros (parce que c’est mieux qu’un, évidemment) et d’autre part en demandant carrément qu’on interdise la vente des téléphones récalcitrants pendant un an.

gifa bullshitometer

Autrement dit, si Apple ou Google refusent de (ou ne peuvent pas) fournir les données déchiffrées d’un téléphone, les voilà interdits de commercer parce que, parce que, parce que voilà et puis c’est tout… On goûtera à l’exercice de pensée d’une France se privant de tous les produits Apple ou Android, à l’abnégation du citoyen français lorsqu’il devra s’y faire, à son calme et à sa pondération lorsqu’il pourra se procurer l’objet n’importe où ailleurs dans le monde, et à la non-réaction évidente des autorités européennes devant ce biais de marché intérieur si énorme.

Il faut se résoudre à l’évidence. Le virus Zika n’est pas l’unique responsable de certaines microcéphalies : ces propositions sont si délicieusement débiles que cela donne un indicateur précis du niveau de déconnexion totale et décomplexée qu’un élu peut ainsi afficher sans même risquer de se faire jeter de son poste, éjection pourtant largement méritée devant une telle nullité.

Mais au-delà du commentaire facile sur les amendements parfaitement crétins que nos deux clowns proposent ici sans se déballonner, il y a quelque chose de fort réjouissant à les voir ainsi  se débattre.

En réalité, ces deux députés (et tous ceux, élus ou non qui, derrière eux, soutiennent ce genre de propositions)  montrent par l’exemple et la médiatisation la position exacte de l’État en matière de sécurité et de protection de données personnelle. En effet, pour qu’ils en appellent ainsi à la loi, c’est bien que l’Etat n’arrive pas, effectivement, à déchiffrer ces téléphones. S’ils réclament une loi, c’est bien que l’État s’y est, manifestement, cassé les dents.

gifa fail faceplant

En somme, Galut et Ciotti font la démonstration par l’absurde (et quel absurde !) de l’impuissance de l’Etat à contourner les protections dont tout le monde peut maintenant disposer.

C’est une nouvelle preuve de la totale inutilité des lois de Renseignement et autres avatars liberticides que ces mêmes zozos nous pondent avec une fécondité dangereuse. Mieux : c’est aussi une preuve, en creux, de la totale inutilité de ces députés qui semblent n’exister que pour interdire et sanctionner dans des cadres toujours plus larges, plus autoritaires et plus liberticides.

Quelque part, c’est une excellente nouvelle.

Source : http://h16free.com/2016/03/02/47870-galut-ciotti-amendes-chiffrement


G20 : un message à peine audible en France

mardi 1 mars 2016 à 09:00

Ce week-end, il y avait un petit barbecue organisé à Shanghai par les membres du G20. La presse traditionnelle française, heureusement en pleine décompression de fin de semaine, s’est contentée du service minimum, tout en accaparant l’attention de ses lecteurs sur les déboires du président au Salon de l’Agriculture : pendant que, dans une atmosphère feutrée, les argentiers de la planète cherchaient des solutions à la panade dans laquelle ils nous ont mené, tous les yeux français étaient tournés vers la porte de Versailles à Paris.

Oh, bien sûr, il y a bien des choses à dire sur ce qui s’est passé lorsque François Hollande a débarqué au Salon. Mais commenter le malaise paysan, décrire celui du président François aspergé de crottin, c’est surtout étudier les symptômes d’une maladie dont, à la réflexion, on commence à comprendre que les causes se jouent plutôt à Shanghai.

hollande - monde pas facile pas gentil

Le lien, s’il n’est pas évident, n’en est pas moins réel.

Comme bien d’autres secteurs marchands en France, l’agriculture a été soigneusement mise sous assistance respiratoire massive avec d’amples subventions et un assistanat poussé à l’extrême. Les agriculteurs, presque entièrement fonctionnarisés par injection d’argent public (depuis les aides locales en passant par la PAC jusqu’aux connivences multiples entre gros producteurs, industriels et organismes d’État) ne peuvent plus vraiment se passer du goutte-à-goutte de subsides. Et lorsque la situation se tend, lorsque les prix ne vont pas dans le sens planifié, c’est-à-dire décidé par des instances administrés donc faillibles, que les subventions se font plus rares ou plus délicates à obtenir, la douleur du manque monte inexorablement.

Or, c’est bien sur le constat d’une reprise mondiale pâlichonne, voire inexistante, que se sont séparés les membres du G20. Reprise inexistante qui se traduit mécaniquement, pour la France, par différentes difficultés économiques à commencer par des soucis budgétaires au niveau de l’État qui ne peut donc pas continuer le généreux arrosage d’une filière qui ne vit plus guère que grâce à ça. En somme, les problèmes notés à Shanghai ont une conséquence directe dans les pâtures françaises, et, par ricochet, sur les déplacements présidentiels de François Hollande.

Alors oui, bien sûr, on peut comprendre que la presse s’empare plus du sujet agricole et des jets de crottins vers une cible présidentielle que du sujet, bien plus aride, de l’économie mondiale et des constats dressés par le G20. Mais il n’en reste pas moins que la conjoncture économique mondiale est franchement préoccupante et particulièrement volatile compte-tenu de l’actualité : entre le risque que le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne, l’afflux des migrants qui fragilise la gestion des frontières européennes et ses relations diplomatiques avec les pays périphériques, Turquie en tête, les chiffres de croissance économique – notamment chinois – récemment revus à la baisse par le FMI, et des bourses mondiales dont tout indique qu’elles se dirigent droit vers une forte baisse de leurs marchés « actions », difficile de trouver réellement de quoi se réjouir.

… D’autant qu’en face de chacun de ces défis, on trouve les mêmes clowns qui étaient déjà là lors des précédentes crises et dont les recettes sont très clairement responsables de l’état général des finances des pays concernés.

Les économistes ont beau jeu, à présent, de constater que les Quantitative Easings n’ont pas apporté les effets escomptés. En substance, en injectant massivement des liquidités, on a peut-être acheté quelques années d’euphorie artificielle sur certains marchés, mais à quel prix ? D’une part, on n’a pas réussi à déclencher la moindre inflation, et on a créé une telle masse de dettes qu’il devient à présent particulièrement délicat de les apurer.

déflation - quand les prix baissent

Pire : ces dettes et ces bidouillages strictement monétaires n’ayant abouti à rien de positif ont été mis en place par les mêmes guignols qui, actuellement, se tâtent vigoureusement pour savoir quelle marche prendre. Pour ces keynésiens en diable, l’inflation constituant l’alpha et l’oméga de la solution d’apurement des dettes, l’actuelle déflation est une calamité abominable. Ne comprenant pas que l’actuelle allocation des capitaux est complètement biaisée par des taux d’intérêt hors de toute réalité, ce sont les mêmes qui ont poussé les banques centrales à baisser tant et plus ces taux au point d’être à présent en territoire légèrement négatif.

L’inflation ne survenant toujours pas, malgré leurs exhortations à consommer, il ne reste plus guère que deux solutions : continuer la descente dans les taux vraiment négatifs, et par voie de conséquence, interdire l’argent liquide, purement et simplement.

Cette interdiction, qui aurait été parfaitement ubuesque  il y a quelques années, est maintenant sérieusement discutée. Le G20 qui vient de s’achever ne conclut pas autre chose : pour ses membres, il ne faudra pas hésiter à utiliser « tous les outils«  pour soutenir l’économie, depuis les réformes structurelles en passant par les relances budgétaires jusqu’aux méthodes les plus invraisemblables.

Et avec des taux franchement négatifs, la suppression du cash est-elle vraiment si invraisemblable ? Non, bien sûr, elle est même nécessaire.

En effet, dès lors que la banque vous fera payer, chèrement, le dépôt de cash sur votre compte en banque, il deviendra intéressant de le conserver plutôt en coffre, sous forme liquide palpable, plutôt que sous forme numérique trop facilement manipulable par un tiers (au hasard : l’État). Cette exfiltration du liquide hors du système consisterait un dernier recours de l’épargnant contre les affreuses bidouilles de nos dirigeants, et représente donc un risque qu’il est facile de limiter en interdisant le cash purement et simplement et en imposant le tout électronique. Bonus non négligeable : l’abolition de l’argent liquide permet de soumettre définitivement les peuples et les citoyens au bon vouloir des États. Ce serait dommage de s’en priver, non ?

Je résume : le G20 vient de s’achever sur des notes particulièrement pessimistes, même si la presse n’en a que peu parlé, et même si, quand elle l’a fait, a présenté de façon presque badine les conclusions et les recommandations de ses apprentis-financiers. En France, elle s’est focalisée sur des événements symptomatiques du malaise qui s’installe, la fermeture des robinets à pognon gratuit commençant à faire des dégâts.

Pendant ce temps, le reste du monde continue à tourner et à ne pas prendre à la légère ce qui se passe sur le plan économique. Certains (au Japon par exemple) ont compris vers où tout ceci mène, et prennent déjà des précautions.

Les Français, malgré l’autisme de leurs dirigeants et la surdité de leurs médias, entendront-ils les messages du reste du monde ?

this will not end well - beach

Source : http://h16free.com/2016/03/01/47504-g20-un-message-a-peine-audible-en-france


Cliniques : surtout, évitons tout bénéfice !

lundi 29 février 2016 à 09:00

Idée catastrophique basée sur une forme subtile de jalousie maladive, amendement passé en loucedé au milieu d’une grande loi imbuvable, vote en catimini, application impraticable et effets de bords multiples désastreux : tous les ingrédients sont ici réunis pour une « foirade des familles » © Politiciens Français.

De quoi parle-t-on ? D’un amendement à la Loi Santé de Marisol Touraine, déposé à la dernière minute en avril dernier, qui a été introduit sans concertation par le cabinet de la ministre et dont Bercy n’était pas au courant. D’un amendement qui, comme souvent, a été écrit à la va-vite, sur la base d’une idée qu’on croyait simple mais qui était surtout simpliste et qui va avoir des effets de bords désastreux. D’un amendement qui ne sera cependant pas revu et corrigé, voire annulé, et qui oblige les différents acteurs concernés (ministères et cliniques) à discuter péniblement du décret d’application de cette Loi Santé.

Décidément, cette Loi Marisol ressemble de plus en plus à la Loi Duflot tant les effets catastrophiques qu’on pressent pour la première rejoignent l’ampleur de ceux observés par la seconde (avec la mise à mort du secteur de la construction en France).

Cette fois-ci, il s’agissait pour le cabinet de Touraine d’appliquer aux cliniques la règle européenne en vigueur pour les services d’intérêt économique général (SIEG). Ce sont des secteurs financés au moins en partie par des fonds publics, ce qui permet de leur imposer certaines contraintes économiques. Dans le cas qui nous occupe, l’idée est de limiter les profits réalisés par les cliniques sur le dos de l’État ; en substance, cela part du principe que si l’État participe au financement de ces cliniques, alors la partie des bénéfices obtenus grâce à ce financement ne doit pas être déraisonnablement élevée. Et s’ils sont déraisonnables, alors pour faire original, poum, ponction.

impots et taxes

Oui, vous avez bien lu : l’État entend faire en sorte que ces services d’intérêt économique général ne génèrent pas trop de profit. C’est normal : le profit, par définition, est quelque chose d’assez sale. Faire du profit, cela veut dire évidemment qu’on profite de la situation. L’État, c’est bien connu, ne profite jamais d’aucune situation puisqu’il se doit d’être le plus impartial, en tout temps et en tous lieux. Sa justice est impartiale. Son traitement social est impartial. Son implication dans la société, dans les sociétés, toutes les sociétés (même commerciales, mêmes privés) est impartiale, c’est une absolue évidence.

Et surtout, qui mieux que l’État peut prétendre ne faire aucun profit ? En matière de non-profit, l’État est même un cador. De façon conceptuelle, c’est déjà un athlète olympique du non-profit puisqu’il s’insère comme intermédiaire dans un nombre considérable de transactions entre individus qui, sans lui, pourraient éventuellement mal tourner (c’est-à-dire, devenir profitable aux deux parties, si vous me suivez). Et de façon plus concrète, l’État français est lui-même un champion international du non-profit puisqu’il parvient, avec une abnégation qu’on ne peut qu’admirer, à cumuler plus de 2000 milliards d’euros de non-profit dodu, soit plus de 30.000 euros de dettes pour chaque Français dont il a la tendre charge.

Il est donc logique qu’à ce point imprégné de cette volonté de non-profit, l’État essaie par tous les moyens d’étendre ses vertueuses conceptions partout où il le peut. Par définition, les cliniques réalisant du profit sur le malheur des autres (les bobos, maladies et autres accidents de la vie de leurs patients), il fallait intervenir afin qu’un peu de décence soit ré-instillé dans ce monde atroce de gens qui n’ont pas compris que le profit gêne et la dette libère.

Bon. Bien sûr, il reste quelques petits soucis à régler pour qu’un pas décisif soit à nouveau franchi vers ce monde douillet de non-profits.

Le premier problème à surmonter, sans doute le plus délicat, sera de préciser les modalités du calcul sur lequel sera assis la joyeuse petite ponction que nos cabinétards et nos petits calculateurs de Bercy s’empresseront de réaliser. Comme une clinique, ce sont plein de services, plein de personnels, plein de matériels, plein de sources différentes de dépenses et de bénéfices, comme une clinique se fait aussi bien payer par des organismes publics que des assurances privées, mutuelles ou patients, comme une clinique, eh bien, c’est un peu plus complexe que ce que semblent imaginer nos énarques en roue libre, il va inévitablement y avoir quelques subtilités pour calculer ce qui entre dans le bénéfice déraisonnable (et public) et ce qui entre dans le bénéfice joufflu mais parfaitement privé.

Autrement dit, cet amendement promet un décret particulièrement subtil à rédiger dont tout indique qu’il va se terminer au mieux en jus de boudin illisible, en pire en abomination fiscale vexatoire comme notre pays en produit de façon industrielle.

parcours institutionnel Duflot Jan 2013

Le second problème consistera bien sûr à définir clairement la notion de raisonnable. Si, du point de vue de l’État, les choses sont assez claires (tout centime pris sur le dos de l’usagé dans un service qu’il rend est manifestement vécu comme une horreur indicible), à tel point que, par mesure de précaution sans doute, l’État à décidé de faire du déficit sa règle d’or, il en va tout autrement pour le reste des acteurs économiques qui, pas fous, comprennent qu’un peu de bénéfice de temps en temps, ça met du beurre dans les épinards et ça permet de payer les amendes, les taxes surprises, les ponctions rigolotes et autres cotisations frétillantes qui ne manquent pas de jaillir à chaque session parlementaire et au détour de cette myriade de cerfas que nos administrations pondent à rythme effréné.

Dès lors, on s’attend à d’homériques aventures et de picrocholines batailles lorsqu’il s’agira de bien expliquer qu’un profit de 12% (par exemple) sera raisonnable alors qu’à 13%, Bercy estimera que l’établissement de soin se vautre indécemment dans la pire des luxures financières.

Enfin, et c’est probablement le plus intéressant dans cette histoire, il serait dommage de passer sous silence les effets pervers évidents que ces consternantes stupidités socialistes créeront immanquablement.

Même en passant sur l’aspect désastreux du message général qui consiste à tabasser fiscalement des établissements qui s’en sortent très bien, cet amendement poussera tous ceux qui font un bénéfice à tailler leurs activités et leurs budgets pour le réduire autant que possible. Ces bénéfices représentant au mieux des investissements, au pire de coquettes sommes redistribuées aux actionnaires, cela se traduira à la fois par des baisses sensibles d’investissements dans les cliniques, ou par une baisse d’attractivité pour les actionnaires qui se retireront du secteur.

C’est très malin. Ces dernières décennies, la France était parvenue à gentiment dégringoler dans les classements de la qualité de soin ; par exemple, le nombre d’IRM par habitants en France n’est ainsi pas supérieur à celui de la Turquie, pourtant pas spécialement réputée pour son système de soin, et notre pays perd des places pendant que la Turquie en gagne. Grâce à ces efforts vigoureux pour écrabouiller toute velléité d’investissement dans le secteur privé de la santé, gageons que la France perdra encore quelques plumes dans les prochains classements. Mais, joie, bonheur, les profits seront enfin raisonnables !

La qualité des soins s’effondrant, on peut même parier que de frétillants imbéciles élus monteront en tribune à l’Assemblée Nationale, la gorge nouée par l’émotion, pour réclamer qu’enfin, l’État reprenne en main l’intégralité de la Santé en France. Et c’est exactement ce qui se passera, accélérant encore le mouvement vers l’abîme.

La collectivisation continue donc dans ce pays. Jusqu’à présent, elle trottinait à bon pas. Ces dernières semaines, elle galope.

Source : http://h16free.com/2016/02/29/47220-cliniques-surtout-evitons-tout-benefice


Une France de radars

dimanche 28 février 2016 à 11:00

Tiens, voilà qui est surprenant : une de nos administrations réalise une jolie performance et vient de battre un nouveau record d’efficacité ; ceci est suffisamment rare pour être souligné. Ne vous emballez pas trop tout de même, il ne s’agit pas de la SNCF ou de l’URSSAF, soyons sérieux deux secondes. Mais avouons que la belle prouesse de l’Agence nationale du traitement automatisé des infractions mérite quelques applaudissements.

Comment ? Vous ne connaissez pas l’ANTAI ? Pourtant, c’est grâce à leur travail décisif que vous pourrez recevoir, joie, bonheur et ponction monétaire, vos amendes et autres contredanses automatiques à la suite d’infractions routières vous plaçant immédiatement dans la catégorie des dangers publics ! Et pendant l’année 2015, l’ANTAI a battu son précédent record en émettant 13,31 millions de contraventions (au lieu de plus de 12 millions en 2014). Youpi, non ?

Au passage, on ne pourra s’empêcher de noter que cette multiplication des PV n’est pas liée à la multiplication des flashs mais à la meilleure qualité des radars et des photos qu’ils prennent et au meilleur recouvrement de la part de l’administration.

radars routiers moins laxistes

Vraiment, il aurait été dommage de passer sous silence les améliorations techniques, le bon recouvrement financier et le déploiement toujours plus grand de ces radars sur les routes de France. Il est vrai qu’on se demande souvent quand les nouvelles technologies s’insinueront dans certaines administrations et certains services publics. Ainsi, quand Paul Employ va vraiment découvrir internet, ça va poutrer violemment, vous verrez. Et lorsque le gouvernement ou l’Élysée recruteront des gens compétents pour leurs réseaux sociaux, peut-être ira-t-on jusqu’à découvrir qui est vraiment Président actuellement (c’est vrai, quoi, la blague a assez duré) ?

En attendant, réjouissons-nous de voir la France des radars progresser à grands pas.

Après tout, qui ne voudrait pas de ces magnifiques engins qui permettent à nos forces de l’ordre de brigander contrôler l’automobiliste sans que cela puisse vraiment se traduire par une meilleure sécurité sur les routes ? Qui pourrait réellement s’opposer à ce qu’on occupe nos bataillons de gendarmes et de policiers à choper du père de famille en Touran sur l’autoroute plutôt qu’aller risquer leur couenne et leur badge dans des cités ou s’organisent trafics, go-fast et traites des blanches, qui, de surcroît, ne rapportent rien à l’État et qui, quand ils sont gênés, peuvent même provoquer des aigreurs d’estomac à nos gouvernants ?

Bref, des PV qui arrivent à bon port, des amendes qui sont payées et des radars qui se multiplient, c’est vraiment une excellente nouvelle pour ce pays de liberté.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Et puis ne l’oublions pas, le principe du radar est tout de même bien ancré dans les mœurs françaises. On aime beaucoup contrôler son monde. On adore s’assurer que tout le monde (les autres surtout) est bien dans les clous. On supporte assez mal celui dont la tête dépasse et qui fait le malin.

D’ailleurs, si l’on trouve du radar par douzaines sur nos routes, on trouve du radar ou son équivalent symbolique à peu près partout ailleurs.

oooh filocheEn entreprise, tout excès sera copieusement sanctionné. Le contrôle intervient à tous les niveaux et aucun n’épargnera le petit malin qui, s’il sommeille en chaque entrepreneur, ne manque pas de se réveiller si on lui en laisse la possibilité : les syndicats savent pertinemment que le patron cherche essentiellement à nuire aux salariés ; et ça tombe bien, les salariés se doutent, confusément parfois, que tout est fait pour les entuber. Le fisc sait que l’entreprise est le nid de tous les abus. L’URSSAF ne se fait aucune illusion et diligente heureusement assez régulièrement de perspicaces inspecteurs qui remettront l’exploiteur dans le droit chemin.

À l’école, au collège, au lycée, à la fac, là encore de solides petits radars existent et font tout ce qu’il faut pour garantir qu’aucun excès de vitesse intellectuelle ne sera enregistré. L’esprit critique est évidemment encouragé lorsqu’il s’agira de critiquer ceux qui en ont. Les récents événements ont d’ailleurs poussé notre brillantissime ministre de l’Éducation actuelle à mettre en place quelques jalons importants pour lutter contre rumeurs et autres théories du complot, ce qui assure que chaque individu, correctement cornaqué encadré, ne se fourvoiera pas dans l’une ou l’autre impasse intellectuelle, à commencer par celle du libéralisme.

Quant au reste de la société française, à commencer par sa culture, elle n’est pas moins exempte de ces radars qui flashent à qui mieux-mieux lorsqu’un excès de pensée déviante est détecté. Qu’est-ce que le politiquement correct, soi-disant pourchassé dans les émissions, les films, les pièces de théâtre, les spectacles qu’il faut avoir vus et qui sont pourtant les exemples parfaits de ce politiquement correct et de cette norme imposée discrètement mais implacablement à tous ? Comment ne pas voir ce politiquement correct depuis le moindre journal télévisé jusqu’à la récente (et soporifique) cérémonie des Césars, et comment ne pas noter tous les petits radars, à droite, à gauche, qui s’assurent que tout le monde est bien à sa place, dit bien ce qu’il faut, pense bien là où il faut penser et quand il faut penser ? Au passage et puisqu’on parle de cinéma, comment ne pas se rappeler du sort délicat que fut celui d’un film très politiquement incorrect, Made In France ?

Non, décidément, la performance de l’ATAI est la simple extension dans le domaine de la sécurité routière de cette habitude de la société française d’installer des radars absolument partout : on a instillé chez tous les bons petits citoyens la nécessité de détecter le déviant, le différent, celui qui va trop vite, trop lentement, qui est trop grand, trop petit, trop bête et surtout trop intelligent…

C’est inquiétant, à bien y réfléchir.

En effet, la meilleure des dictatures n’est pas celle qui donne à quelques uns, par l’armée et la police, le pouvoir de vie et de mort sur tous les autres, mais celle qui permet à chacun d’entre nous, par le vote, par le lobbying, par l’auto-censure ou la censure active, d’exercer une petite tyrannie sur tous les autres. Elle est bien plus stable, bien plus durable et bien plus solide que la dictature autoritaire traditionnelle puisqu’elle utilise les ressorts les plus profonds de chacun d’entre nous, cette part de jalousie et d’envie de contrôler les autres qui nous amènent, tous à des degrés divers, à accepter la société dans laquelle nous vivons, à la cautionner, et, pire que tout, à en redemander bruyamment lorsque l’occasion se présente.

Grâce à ce mécanisme qui a infusé cette dictature du radar social partout, la France est parvenue à se passer de l’étape suivante, la dictature autoritaire complète. Malheureusement, à mesure que, de politiquement correct en censures frénétiques, de contrôle permanent en sanctions automatiques, l’atmosphère se fait plus lourde et plus irrespirable, les nécessaires bouffées d’air frais que pourraient amener un peu de liberté n’arrivent pas ; les individus, se sentant chaque jour plus incarcérés dans un système étouffant, se font plus violents.

Par réaction, l’État et son gouvernement montrent leurs muscles, instaurent un état d’urgence, multiplient contrôles et sanctions. L’issue semble évidente : peu importe les prochains raouts électoraux, la petite tyrannie de chacun, montrant des difficultés croissantes à se maintenir sans heurts, sera bien vite remplacée par un pouvoir fort, autoritaire, sans contestation possible, et, pire que tout, appelé par les vœux de tous.

Ce pays est foutu.

winston churchill sur les fascites de demain

Source : http://h16free.com/2016/02/28/47343-une-france-de-radars