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Décidément, il n’y aura pas de « peakoil »

mardi 23 février 2016 à 09:00

Le prix du pétrole continue de tomber. Eh oui, encore : il y a deux mois, je constatais un baril à moins de 40$, et il parvient maintenant à tourner autour de 30$. Et comme il y a deux mois, de vibrants analystes se demandent si cette baisse ne serait pas, en réalité, une très mauvaise nouvelle, ce qui donne lieu à quelques navrants exercices journalistiques.

peak oil - nopeEh oui, que voulez-vous, la réalité n’est franchement pas tendre avec ceux qui l’avaient pourtant obstinément planifiée. Pour ces derniers, le pétrole, ressource finie s’il en est, devait progressivement manquer, et ce manque devait conduire à une augmentation inexorable de son prix, qui aboutirait, en définitive, d’une part à un renchérissement énorme de toutes les facilités dont l’humanité dispose maintenant (à commencer par l’électricité), et d’autre part à la famine pour une bonne partie d’entre elle. La fin du pétrole, annoncée d’abord en fanfare dans les années 70 par le Club de Rome qui en fit d’épais rapports, fut progressivement repoussée de 2003 à 2030 à mesure que, les années passant, le pétrole continuait à sortir des puits et à alimenter, sans faillir, les besoins de l’humanité.

En effet, pas une fois depuis ces prédictions un tanker n’est parti vide de n’avoir pu se remplir, et pas une fois la demande n’a réussi à se hisser durablement au-dessus de l’offre sans pouvoir s’étancher. Entre temps, les prix sont montés (à plus de 100$ le baril), mais ils sont aussi redescendus… À tel point, donc, qu’on assiste à de curieux phénomènes.

Du côté des puits, tout d’abord, ces prix bas n’ont en réalité rien de prévu ou de planifié. Si on pouvait admettre, il y a un an, que l’Arabie Saoudite avait sciemment orchestré la baisse en maintenant une production vigoureuse, on est légitimement en droit de se demander si la tactique employée ne se retourne pas contre elle. Ainsi, on pouvait imaginer assez facilement que le principal producteur du Golfe pouvait largement se permettre de vendre son or noir à perte pendant quelques temps afin de se débarrasser des nouveaux concurrents que représentent les producteurs d’huiles de schiste. Placer le prix du brut en dessous des seuils de rentabilité des exploitations d’huile et de gaz de schiste assurait assez simplement que toutes celles qui n’étaient pas solidement financées seraient rapidement en faillite.

La tactique a relativement bien fonctionné puisque, « comme prévu », on assiste effectivement à une série de faillites dans les compagnies pétrolières américaines du secteur. Malheureusement, ce n’est clairement pas suffisant.

D’une part, la production de pétrole américain continue d’aller bon train, et en tout cas suffisamment pour gêner les producteurs du Golfe. Ainsi, la facture des largesses sociales qu’ils accordaient à leurs peuples grâce à la manne pétrolière continue d’enfler dangereusement et oblige l’Arabie et ses petits copains à choisir entre diminuer sa production, puiser dans ses réserves de cash ou réduire les prestations sociales en question, avec un risque d’instabilité à la clef. Chaque mois qui passe rend le calcul plus complexe.

D’autre part, l’Arabie Saoudite n’est pas seule dans le jeu. Diminuer sa production revient à laisser une plus grande part de marché à d’autres producteurs, et notamment l’Iran ou l’Irak. Ni l’un, ni l’autre, ne sont actuellement au pic de leurs capacités de productions. Et les relations diplomatiques entre ces pays et l’Arabie Saoudite sont tout sauf sereines. Pour rire, je pourrais évoquer le cas du Venezuela, pays aux réserves pétrolières gigantesques qui, finement dirigé par un énième communiste, se dirige droit vers un effondrement économique total au point d’importer du pétrole, américain de surcroît, et de multiplier les prix de son essence par … 60.

Enfin, et c’est sans doute une information détonante du côté des producteurs, il apparaît que les seuils de rentabilité des exploitations de gaz et d’huile de schistes sont bien plus bas que ce sur quoi se basait l’Arabie Saoudite pour son pari risqué. En effet, alors que les prix du baril sont au plus bas, la production américaine ne baisse pas, et ce alors même que les faillites d’exploitants se multiplient ; les calculs de seuil de rentabilité, menés par les analystes William Foiles et Andrew Cosgrove pour Bloomberg Intelligence, expliquent assez bien ce qu’on observe : par exemple, les exploitations dans le bassin Permien et à Eagle Ford (dans le Texas et au Nouveau-Mexique) font du profit même lorsque le baril est en dessous de 40$. Apparemment, on trouve des seuils de rentabilité aussi bas que 29.19$ par baril au Texas…

shale breakeven pricesCliquez pour agrandir

Et le plus beau, d’après Bloomberg, c’est que s’il existe bien des puits de schistes rentables même en dessous de 20$ le baril (!), les modèles montrent aussi qu’une fois absorbées les dépenses de forage (qui représentent 30% du coût total d’un puit), le seuil de rentabilité peut s’effondrer de 28% à 42% (soit à 21.51$ jusqu’à 7.24$). Oui, vous avez bien lu : toute analyse faite, certains puits restent rentables avec des prix du baril autour de 8$…

L’Arabie a soudainement beaucoup de souci à se faire si elle tient vraiment à conserver sa part de marché…

Du côté des pompes, les prix ont baissé. Peu, assommés qu’ils sont des taxes étatiques diverses, mais de façon suffisamment sensible pour que l’automobiliste s’en rende nettement compte.

Or, si cela satisfait certainement l’État qui y voit une réduction de sa facture énergétique (et des importations d’un coup moins coûteuses), voilà qui enquiquine prodigieusement … nos amis écolos. Pour eux, une humanité qui dispose enfin d’une énergie pratique à bas prix, ce n’est pas exactement une bonne nouvelle. Pire, cela l’inciterait, dans leurs cauchemars, à gaspiller cette précieuse ressource. Un pétrole peu cher, ce sont des pays qui se développent et dont les populations croissent, ce qui doit immanquablement se terminer par une surpopulation, des famines et une pollution dantesque.

Étonnamment, ce n’est pas ce qu’on constate.

Au contraire, puisqu’actuellement, le pétrole bon marché est plutôt stocké autant que possible. Quant au fait de produire engrais et nourriture moins chers, les écolos sont bien obligés de mettre leurs couinements en sourdine sauf à passer pour des affameurs.

ecology : save the planet kill yourself

Enfin, un autre phénomène joue aussi de façon sensible : alors que le parc automobile des pays occidentaux se modernise (la consommation moyenne d’un moteur automobile est passé, en 20 ans, de 20L/100 à 5L/100, multipliant de fait par 4 le nombre de kilomètres disponibles pour les réserves actuellement exploitées), les pays en voie de développement s’équipent eux aussi. Or, si l’Europe ou les États-Unis sont bel et bien passés par l’étape des gros moteurs gourmands, les nouveaux arrivants (Inde et Chine notamment) bénéficient directement des derniers moteurs économes. Autrement dit, l’arrivée sur le marché de ces nouveaux consommateurs ne se traduit pas par une augmentation équivalente de la demande qui, en définitive, est moins forte.

À ces éléments déjà fort réjouissants (quoi qu’en disent les journalistes économiques apeurés à l’idée d’un monde au pétrole bon marché), il faut ajouter qu’en termes de ressources, on n’en manquera pas : des gisements inexploités mais joufflus sont régulièrement découverts. On pourrait évoquer rapidement ceux de Tamar 2, dans les eaux territoriales israéliennes, qui représentent des quantités énormes de gaz et qui pourraient modifier quelque peu les échanges commerciaux locaux (Israël important actuellement son gaz d’Égypte). Mais dernièrement, c’est en Angleterre qu’un nouveau gisement pétrolier a été découvert, pas très loin de Gatwick, et dont les réserves seraient supérieures à celles trouvées en Mer du Nord…

Enfin, mentionnons au moins pour rappel qu’à côté des énergies alternatives viables que sont l’hydroélectrique et surtout le nucléaire (traditionnel ou à base de thorium), on peut aussi techniquement envisager la production d’hydrocarbures à partir de CO2 et de lumière ; dans ce cadre, le pétrole et le gaz, à terme, pourraient être des ressources renouvelables.

La conclusion est sans appel.

Les prix sont bas et non, rien n’indique que le « peak oil », ou sommet de production, soit atteint : tous les pays ne produisent pas à plein régime, loin s’en faut. Entre les nouvelles réserves évoquées plus haut, les réserves prouvées et celles déjà exploitées, les alternatives qui se développent malgré tout, on sent tout de suite que les prochaines années ne pourront pas être frappée de pénurie.

S’il y en a une, elle ne pourra pas être par manque de ressource et ne sera que purement (géo)politique.

Source : http://h16free.com/2016/02/23/46356-decidement-il-ny-aura-pas-de-peakoil


Loi El Khomri : l’impossible réforme

lundi 22 février 2016 à 09:00

Depuis le récent remaniement ministériel, plus aucun doute n’est permis : la majorité ne gouverne plus, ni de près ni de loin. Le président Hollande, réduisant ses objectifs à un seul, sa réélection à tout prix, tente un peu tout et n’importe quoi, en vrac, pour inverser une courbe du chômage devenue synonyme d’épieux douloureux dans le fondement de son futur quinquennat. Et pour plier cette courbe à son objectif électoral, le président semble tout miser sur… Myriam El Kohmri.

La stagiaire a donc monté dans les tours et le petit moteur vrombit maintenant à plein régime : voilà une belle loi, toute pimpante et fort vigoureuse, destinée à réformer en profondeur le droit du travail. Si, dès la lecture de cette ligne, vous avez comme un sentiment de déjà-vu, c’est normal. Cela fait plusieurs mois que le droit du travail est sur la sellette, et plusieurs mois qu’on parle de le réformer aussi vigoureusement dans les mots que mollement dans les actes.

myriam el khomri et sa réforme qui cogne

On se souvient sans mal qu’en novembre dernier, déjà, étaient évoquées quelques pistes musclées pour redonner un peu de latitudes aux entreprises et aux employeurs dans un pays complètement calcifié par les codes, et on se souvient aussi qu’après examen minutieux des propositions d’El Kohmri, il ne restait pas grand-chose des belles intentions de départ, à l’exception peut-être du montant des tickets resto, ouvert à négociations…

Mais cette fois-ci, c’est du sérieux. C’est d’ailleurs d’autant plus facile à comprendre lorsqu’on voit que toute la gauche ou presque s’est levée, comme un seul homme, pour dénoncer le projet de loi en question : depuis les députés frondeurs qui dénoncent « le retour au droit féodal », « la plus importante contre-révolution depuis un siècle » ou « une trahison de la gauche », en passant par un Gérard Filoche remonté comme un coucou suisse et qui réclame à qui veut l’entendre une grève générale de tout le monde partout et tout le temps possible, il n’y a aucun doute que l’actuelle ministre du Travail a touché un paquet de cordes sensibles.

filoche alors là ça va ch

Il faut dire qu’avec ce que propose El Khomri, il y a matière à débat voire à crises de nerfs dans les rangs de gauche et des syndicats où, on le rappelle, leur désir permanent de venir en aide aux chômeurs et aux pauvres les en fait créer de nouveaux un peu tous les jours. Qu’on en juge ici : des entreprises qui pourraient déroger aux règles de rang supérieur, une plus grande souplesse dans les horaires hebdomadaires, notamment en cas de problèmes économiques, le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement déclaré abusif, refonte des principes du licenciement économique, bref, tous les sujets explosifs sont mis sur la table, et relayés par une presse qui se fait fort de présenter la proposition de réforme d’une façon délicieusement neutre.

mini myriam el khormi dans un petit coinDans ce contexte, pas étonnant d’observer une crispation brutale, complète et probablement définitive des syndicats et des politiciens, au point que soit envisagé le passage en force de la loi, utilisation du 49.3 à la clef.

Au vu de ces crispations, de ces pétitions, de ces cris enragés, de ces hurlements, de ce déferlement de consternations, on sait déjà que si une telle réforme devait effectivement voir le jour, ce ne serait qu’après un rabotage massif diminuant drastiquement la portée du texte. Heureusement, Hollande est déjà intervenu, tant pour calmer le jeu que remettre la ministre dans son cadre en rejetant toute possibilité du sulfureux 49.3.

Autrement dit, tout ceci va, encore une fois, se terminer en jus de boudin.

Mais, du reste, peut-on vraiment s’en étonner en France ? La question n’est pas seulement rhétorique : encore une fois, en France, une volonté de réforme va être très proprement étouffée dans l’œuf. On savait déjà fort bien, par les nombreuses tentatives et les nombreux échecs qui se sont accumulés les décennies précédentes, que les « réformes » menées en douceur en faisant de longues négociations impliquant toutes les parties concernées (essentiellement donc, les syndicats) n’aboutissaient à rien de vraiment palpable ni en matière de simplification des codes, ni en matière d’assouplissement des lois et règlements qui corsètent l’emploi en France, que du contraire même. On sait maintenant aussi que le passage à la hussarde – dans les mots tout au moins – ne marchera pas non plus.

Et si on peut l’affirmer calmement, c’est simplement parce que tout, en France, participe de cette illusion que les syndicats sont là pour protéger les salariés et non leur petit pré carré, que le patronat ne veut que la perte des salariés, que l’exploitation de l’homme par l’homme bat son plein, et que toute la propagande (il n’y a pas d’autres mots) est en place pour frapper d’anathème tout ce qui pourrait redonner un peu de mou à la gestion des emplois.

Et le meilleur anathème reste bien évidement celui du libéralisme.

Or, avec un timing absolument génial, qu’observe-t-on actuellement ? Un déferlement d’antilibéralisme primaire, viscéral même, tant pour fustiger ce projet de réforme que pour bien faire comprendre que l’État et les syndicats sont les seuls remparts contre un monde abominable qui se dessine si jamais on applique les propositions d’El Khomri.

Comment ne pas voir la coïncidence commode de la diffusion, actuellement sur Arte, de la navrante série Trepalium, dans laquelle est décrite une société dystopique avec architecture soviétique, personnages déshumanisés, pauvreté endémique typique des pays communistes, un état policier intervenant massivement dans l’économie, des apparatchiks ultra-protégés, des méga-entreprises tellement de mèche avec l’État que les mots de connivence, corruption et copinages deviennent de délicats euphémismes, et pourtant, malgré l’écrasante évidence, comme l’explique Jesrad dans un récent billet de blog, au lieu d’y voir une critique d’un système totalitaire typique du socialisme, toute la presse, toutes les critiques, et mieux encore, tous les téléspectateurs biberonnés aux informations étatiques françaises n’y voient qu’une critique évidente … du libéralisme, bien sûr !

austérité 2014On pourrait revenir sur la parution, là encore avec un minutage diabolique, d’une énième tribune d’économistes atterrants réclamant l’abandon de toute austérité (ah oui, cette terrible austérité qui a fait exploser la dette française au-dessus de 2000 milliards d’euros et qui provoque des dépenses toujours accrues des administrations publiques, ben oui), économistes frétillant de gauchisme et fustigeant un Hollande pour lequel certains n’avaient pas hésité, en 2012, à apporter un soutien chaleureux voire humide… Quelle bouffonnerie !

Et on pourrait parler de douzaines d’autres exemples dans la presse et ailleurs incitant tout le monde à conclure que la France souffre actuellement d’un trop plein évident de turbo-libéralisme destructeur, exemples qui, au demeurant, fonctionnent à merveille auprès d’une populace toute acquise à cette alter-réalité.

Dès lors, comment voulez-vous qu’une réforme, même timide, soit envisageable ? Et plus à propos, comment peut-on croire qu’une stagiaire qui serait dépassée par un simple strapontin dans son propre ministère pourra porter autre chose qu’un bricolage a minima ?

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Source : http://h16free.com/2016/02/22/46189-loi-el-khomri-limpossible-reforme


Bitcoin : une règlementation (heureusement) impossible

dimanche 21 février 2016 à 11:00

La guerre contre le cash est déclarée depuis un moment : entre les appels à la suppression pure et simple des pièces et des billets, et les récentes déclarations d’officiels de la Banque Centrale Européenne envisageant sérieusement la suppression du billet de 500€ au motif que seuls les méchants et les vilains les utilisent, les autorités ont bel et bien décidé de se débarrasser d’une énième relique barbare.

Cela n’a rien d’étonnant. Derrière les arguments plus ou moins vasouillards de fraude fiscale, d’utilisation par les terroristes, par ceux qui vendent de l’alcool des médicaments de la drogue et des armes, on trouve toujours le même souci des thuriféraires de l’Etat : il faut, absolument, contrôler toutes les transactions commerciales. Ceci permet de contrôler directement ce que font les citoyens et les contribuables, pour vérifier qu’ils se soumettent bien à la tonte que les institutions organisent pour eux. Et cela permet aussi de museler très efficacement toute opposition, toute contestation : ceux qui possèdent quelques richesses, quelque épargne sont toujours plus dociles lorsqu’ils peuvent tout perdre sur décision arbitraire du pouvoir en place. Et piocher dans un compte, lorsqu’il est numérique, est singulièrement plus simple que pour un compte physique, qu’il soit en banque ou, encore plus problématique, sous forme de coupures dans un coffre dans un lieu tenu secret.

C’est dans ce contexte de traque des transactions financières de tout un chacun et de guerre larvée permanente contre l’argent liquide que s’inscrit une directive européenne que la Commission entend présenter au second semestre 2016 et qui tentera de réguler tous les moyens que les vilains & les méchants de par le monde osent utiliser pour faire des vilénies et des méchancetés. Et au delà des cartes de paiement prépayées, on retrouve bien sûr les plateformes d’échange de monnaies numériques. Autrement dit, l’idée est bien de forcer Bitcoin à rentrer dans le rang des monnaies sur lesquelles les États ont le dernier mot.

bitcoin coins and bars

Comme d’habitude et pour ne pas changer, c’est avant tout le bon gros argument du terrorisme qui est employé pour y aller du petit couplet régulateur : comme les terroristes utilisent du cash, des bitcoins et des cartes prépayées, alors il faut trouver un moyen de les en empêcher. Notez le parfait sophisme employé ici et qui pourrait aussi se construire ainsi : comme les terroristes mangent ou louent des voitures, il faut trouver un moyen de  les en empêcher. Bien sûr, ce dernier sophisme est trop gros pour passer dans l’opinion, mais le second, martelé avec assez de conviction, finira par emporter les suffrages d’une bonne partie des citoyens, s’ils sont suffisamment « conscientisés » à la nécessité de a/ lutter contre le terrorisme, b/ lutter contre le blanchiment et la fraude fiscale, c/ lutter contre les riches trop riches et les pauvres trop pauvres, d/ lutter contre ceux qui ont plus qu’eux.

Ici, peu importe qu’aucune preuve n’existe que Bitcoin, dont chaque transaction est de surcroît publique, ait un jour servi pour ces terroristes. Peu importe que des milliers d’utilisateurs honnêtes de cette technologie existent, de même pour les cartes prépayées qui dépannent tous les jours des milliers de personnes. Non, peu importe tout ça : l’idée générale de la proposition de directive est de placer les échanges de monnaies virtuelles sous le contrôle des autorités compétentes, comme pour les autres transactions bancaires. Et de façon moins cryptique, cela revient à réclamer une sorte de « TRACFIN » sur les opérations en Bitcoin signalant aux autorités tous les échanges qui correspondent à certaines caractéristiques choisies arbitrairement par les autorités en question.

gifa panda oh no facepalmC’est parfaitement grotesque, et, encore une fois, montre le décalage et la méconnaissance par les institutions des mécanismes technologiques qui sont en jeu : d’une part, le réseau étant totalement décentralisé, les plateformes d’échange entre monnaies numériques et monnaies étatiques, actuellement visées, seront simplement gênées par ces régulations. Une concurrence s’établira naturellement entre celles qui devront les suivre et celles qui pourront s’en affranchir. Rapidement, les consommateurs passeront par les plateformes les moins chères et les plus rapides, et donc les moins vérolées, le coût du changement de plateforme avoisinant zéro. D’autre part, toutes les transactions exclusivement en Bitcoin continueront à échapper à tout contrôle. À la limite, ce genre de gesticulations pourrait même hâter la prise de conscience des citoyens qu’ils sont de plus en plus fliqués…

En tout cas, le monde financier, en contraste frappant à ces contorsions législatives, a bien compris l’ampleur des enjeux. Des startups se créent, des institutions bancaires vénérables se penchent sur la question, des milliers d’individus investissent leur temps, leur argent (et pas qu’un peu : pour Blockstream, on parle de 76 millions de dollars) et leur savoir dans cette technologie pour, justement, s’affranchir à la fois des intermédiaires et surtout de la tutelle étouffante des États.

Les banquiers centraux sont certes puissamment armés : à n’importe quel moment, une banque centrale peut décider d’intervenir sur les marchés (en changeant les taux, en achetant ou vendant n’importe quoi, n’importe comment), de faire fermer les banques commerciales pour empêcher les fuites de capitaux, d’interdire l’un ou l’autre type de transaction dans une monnaie, voire supprimer unilatéralement une monnaie ou une partie de celle-ci (l’exemple des billets de 500€ est ici d’actualité), rendant instantanément pénible la vie de ceux qui comptaient se passer de ses services.  Et si ces moyens semblent extrêmes, si la naïveté pousse encore certains à s’écrier « Mais enfin, voyons, vous savez bien qu’une banque centrale n’a pas le droit de faire ça ! », rappelez-vous que, derrière ces institutions faussement privées se trouvent toujours des États, que force reste toujours à la loi, et que la loi, c’est toujours l’État, le plus fort, qui la définit en dernier ressort.

Mais ces armes sont à double tranchant : moyens de dissuasion tant qu’elles restent dans les cartons, elles fournissent une incroyable motivation à adopter rapidement d’autres concepts, d’autres idées et à utiliser d’autres moyens quand on sent qu’on risque d’y perdre sa chemise. Autrement dit : oui, bien sûr, les banques centrales peuvent instantanément décider d’interdire purement et simplement les billets de 500€, la possession d’or ou toutes transactions en Bitcoin (ou mieux encore, les transactions impliquant or et bitcoin ensemble). Mais tout aussi instantanément, elles envoient un signal clair que l’or va devenir rare (donc cher) ou que le Bitcoin constitue une vraie menace pour elle et en est donc d’autant plus attractif : après tout, une banque centrale ne risque pas de se protéger d’une technologie qui ne fonctionne pas et ne présente aucune menace, non ?

Pour ceux qui en doutent encore, il faut le redire clairement : c’est précisément parce que les autorités font tout pour mettre main basse sur toutes les transactions financières des uns et des autres, soit pour espionner, soit pour prélever l’une ou l’autre taxe plus ou moins inique, que le principe décentralisé de Bitcoin s’impose de plus en plus comme une évidence.

Cette évidence pousse alors directement ces autorités à tenter de réguler ces transactions, et c’est précisément parce que ces autorités tentent de réguler Bitcoin qu’elles en valident, implicitement, le modèle.

En fait, tout montre que le système centralisé a vécu et il est en train de mourir, assez rapidement, sous vos yeux. La désintermédiation est en route, et le bénéfice apporté au consommateur final est tel qu’elle ne pourra pas être arrêtée.

Maintenant, en toute lucidité, il faut comprendre que dans certains pays, souples, jeunes et adaptables, cela produira quand même des remous sociétaux. Et bien sûr, pour des pays sclérosés comme la France, cela ne pourra pas se passer sans casse.

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Source : http://h16free.com/2016/02/21/45716-bitcoin-une-reglementation-heureusement-impossible


Saletés d’armes à feu qui protègeraient des gens honnêtes !

vendredi 19 février 2016 à 09:00

Parfois, les journalistes, voulant innover, tentent de faire leur travail correctement et interrogent les bonnes personnes avec les bonnes questions. Et là, c’est le drame : la façade de papier peint rose et décorée de petits bisounours duveteux se déchire violemment et la réalité leur vole au museau sans qu’ils puissent la réfuter, sans pouvoir s’opposer à cette irruption inopportune et malpolie dans leur monde propre et politiquement correct. C’est la terrible mésaventure qui est arrivée à Laurence Ferrari.

Tout avait pourtant bien commencé, et sous les meilleurs auspices puisqu’il s’agissait simplement pour la maintenant célèbre journaliste d’interroger Jesse Hughes, le leader du groupe Eagles Of Death Metal, témoin involontaire et miraculeusement rescapé de la boucherie du 13 novembre dernier au Bataclan où son groupe donnait un concert ce soir là. L’idée générale de ce genre d’entretien est de revenir sur la douloureuse soirée, d’obtenir les impressions et les émotions – surtout les émotions, ça fait vendre, coco ! – du chanteur de rock devant l’horreur qui s’est déroulée devant ses yeux, parler des victimes, d’expliquer pourquoi le groupe se devait de rejouer à l’Olympia quelques mois plus tard, en présence des rescapés…

Mais voilà, l’envie de déclencher une petite polémique a été sans doute la plus forte pour la journaliste. Alors que l’entretien est déjà long d’une quinzaine de minutes et parcouru des sanglots de l’artiste qui se remémore les scènes atroces qu’il a vécues, il semblait nécessaire de savoir si le chanteur, bouleversé, avait changé sa position vis-à-vis des armes. Parbleu ! Avant ces événements, Américain pur jus, il était un fervent partisan de l’auto-défense. Devant les abominations que les armes à feu provoquent, il était possible qu’il se soit rangé à la raison qui impose qu’on les interdise enfin…

Manque de pot, la réponse ne se fait pas attendre :

« Le contrôle des armes n’a rien à voir avec cela, mais puisque vous amenez le sujet, je vais vous demander : est-ce que ces contrôles ont empêché une seule putain de personne de mourir ? Si une personne peut répondre oui, j’aimerais l’entendre, parce que je ne le pense pas. La seule chose qui l’a stoppé ce sont des hommes parmi les plus courageux que j’ai vus dans ma vie, chargeant tête la première faisant face à la mort avec leurs propres armes à feu. Je sais que des personnes ne seront pas du même avis que moi, mais il me semble que Dieu a créé l’homme et la femme et cette nuit là, les pistolets les ont fait égaux. Je déteste qu’il en soit ainsi. Mon seul changement d’avis, c’est qu’avant que plus personne n’aie d’arme, tout le monde doit en avoir une, parce que je ne veux plus jamais revoir une telle chose. Je veux que chacun ait la meilleure chance de survivre. J’ai vu des gens mourir qui auraient peut-être pu vivre… »

Bien sûr, sur cette déclaration, certains ne pourront pas s’empêcher de trouver, subitement, que le chanteur n’est plus du tout aussi rock’n’roll, ou trop, ou en tout cas qu’il mérite largement ses petits bios retaillées pour l’occasion : le Point nous gratifie par exemple d’une petite resucée d’un article paru en décembre, histoire de bien rappeler qu’il a des opinions très déviantes et que celles sur les armes ne sont qu’une partie de ses tares.

Pour le reste, les déclarations sulfureuses du leader de Eagles of Death Metal seront bien vite passées sous un silence de plomb dans la presse française. Cela n’a pas été dit, circulez, oubliez, rien à voir, rien à dire.

Parce qu’en France, le port d’arme est rigoureusement interdit. Après tout, c’est l’État qui s’occupe de votre sécurité et qu’il le fait bien.

Ainsi, moyennant à peine plus de 80 appels au 17, le numéro (gratuit, pas surchargé) dédié aux petits tracas de la vie quotidienne comme les fusillades, vous pourrez expliquer aux forces de l’ordre ce qui se passe et qu’elles doivent intervenir, vite de préférence.

Ainsi, lorsque l’État prend conscience qu’il pourrait y avoir comme un petit trou dans son maillage pourtant hyper-fin et hyper-efficace de protection de la population sous sa responsabilité, il prend tout de suite la mesure du problème et enquille alors sur une communication efficace, qui donne ceci (attention à vos yeux, ça pique un peu) :

Oui, en cas d’attaque, ne comptez que sur vous-mêmes, et surtout, avant toute chose : fuyez. Imaginer ici que vous puissiez disposer d’une protection personnelle et, mieux encore, que vous vous en serviez, est évidemment complètement à proscrire. Si l’on compare aux messages qu’on peut trouver ailleurs dans le monde (par exemple celui-ci), la dose de pragmatisme de ces derniers est si violente que le bisounours français pourrait, s’il en prenait connaissance, s’en trouver gravement choqué. Oubliez donc.

De toute façon, l’État français — qui veille sur vous, et qui vous surveille — a clairement défini ce que vous deviez faire (fuir) et ne pas faire (vous défendre). Il a clairement expliqué pourquoi (vous défendre ? Allons, vous ne savez pas faire, vous êtes un enfant, et vous allez juste agacer votre agresseur, c’est évident, et il va vous tuer encore plus fort – « lui toujours faire ça quand lui agacé »), d’autant qu’après tout, la vraie force, c’est l’acceptation sereine de son sort pour les moutontribuables, et surtout, c’est la police et l’armée officielles de la République qui ont le droit de l’utiliser. Point. D’ailleurs, est-ce que les représentants de l’État portent des armes sur eux ?

guns make us less safe

Dans ce contexte, on comprend que les paroles de Jesse Hughes choquent, au point qu’elles ne seront reprise par à peu près aucun journal, aucun média français et qu’il faudra aller fouiller les médias suisses ou les réseaux sociaux pour que la question soit mise sur la table… Et si on aura systématiquement le droit, après chaque tuerie d’innocents désarmés par contrainte ou sur des lieux où les armes sont prohibées, à de longs articles pas du tout biaisés expliquant pourquoi la possession et le port d’armes sont une abomination très malpolie, on n’aura jamais, a contrario, d’exemple où ces armes sauvent des vies, exemples qui existent pourtant à la pelle, tout comme on n’évoquera que trop rarement le trajet inverse que d’autres pays font en armant les citoyens devant les menaces qu’ils subissent.

Alors à force, comment s’étonner de ce genre de démarches où l’on apprend que, bondissant sur l’occasion d’ajouter une nouvelle interdiction et un nouveau contrôle pour les citoyens honnêtes, l’Union Européenne envisage de renforcer encore les interdictions des armes sur le territoire européen ?

Rappelez-vous une chose : qui a arrêté le massacre du Bataclan ? Les lois ? Les bons sentiments ? Le 17 ? La propagande de l’État ? Ou des hommes honnêtes eux aussi armés ?

Gun Control : it works !

Pétition contre la restriction de détention légale d’armes à feu

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Source : http://h16free.com/2016/02/19/43138-saletes-darmes-a-feu-qui-protegeraient-des-gens-honnetes


Écologie positive – Une COP pas top

jeudi 18 février 2016 à 09:00

Article écrit en commun par  h16 et Nathalie MP.

C’est vraiment ballot : tout bousculés par les attentats, l’état d’urgence, les élections régionales et le remaniement ministériel de jeudi dernier, nous n’avons pas réalisé pleinement combien la France avait été au cœur de l’Histoire avec un grand H inspiré et au centre d’événements Zistoriques avec un grand Z qui dépassent largement tout ce qui précède.

Comme l’a dit François Hollande en ouverture de la conférence sur le climat COP21 qui s’est tenue à Paris début décembre 2015 :

« C’est un jour historique que nous vivons. (…) Jamais l’enjeu d’une réunion internationale n’avait été aussi élevé, car il s’agit de l’avenir de la planète, de l’avenir de la vie. »

Oui, de la Vie tout entière, rien de moins. Et lorsque les 195 pays présents ont adopté l’accord final, le Président des États-Unis Barack Obama en a lui aussi souligné le caractère unique et indispensable. Notre planète, a-t-il déclaré en substance, est menacée par le réchauffement climatique, il faut la sauver car nous n’avons qu’elle, et l’accord international obtenu à l’issue de la COP21 est notre seule chance d’y parvenir.

Ah bon. Vraiment ?

♠ La COP21, avec tout ce qu’elle implique de suivi jusqu’à la prochaine conférence COP22 de Marrakech en novembre 2016, serait donc de la plus haute importance, mais son grand ordonnateur en chef, Laurent Fabius, vient de quitter le ministère des Affaires étrangères pour devenir Président du Conseil constitutionnel. Tout cela n’a pas échappé à Ségolène Royal, que le récent remaniement ministériel vient de confirmer dans son ministère de l’écologie avec des compétences élargies : Ministre de l’Environnement, de l’Énergie, de la Mer, du Vent et des Petits Oiseaux qui Gazouillent mais surtout chargée des Relations internationales sur le climat.

En écologie, on recycle et on récupère tout, à commencer par les hautes fonctions publiques comme vient de le démontrer Emmanuelle Cosse. Royal n’échappe pas à cette habitude : elle a donc lancé son OPA sur la COP21 dès la nomination du petit Laurent au Conseil constitutionnel, faisant mine de s’interroger sur la compatibilité entre ses nouvelles fonctions au Conseil et la présidence de la COP21. Non sans avoir précisé que naturellement « (elle) ne demande rien, (elle) attend qu’on (lui) dise exactement comment cela va se passer. » Pour certaines, c’est pratique : le culot et une hontectomie totale permettent de se faire passer pour candide plutôt que candidate.

Il est vrai qu’entre nos deux hérauts de la diplomatie écologiste hollandiste, les relations sont plutôt tendues. En 2007, alors que Ségolène Royal annonçait sa candidature à la présidentielle, Laurent Fabius se demandait avec tout ce tact qui présageait déjà d’un grand avenir aux Affaires étrangères « Mais qui va garder les enfants ? ». De son côté, la Poitevine espérait ardemment être nommée par Valls à la tête de la COP21, pour se la voir finalement ravir par le même Fabius… Auquel elle aurait bien succédé au ministère des Affaires étrangères (après tout, son sens de la diplomatie est au moins aussi finement ajusté que celui de Fabius, hein).

Tout ceci sent fort bon, avec ce fumet caractéristique de cumul de mandat qu’un certain Hollande, candidat à la présidence en 2012, s’engageait pourtant à rendre impossible par la loi. Au bilan, Fabius a fini par plier. Prétextant un souci d’apaisement, il a donc remis sa démission de la présidence de la COP21 à François Hollande tout en insistant sur le fait qu’« il n’existe pas d’incompatibilité » entre ses deux fonctions (voir vidéo ci-dessous, 1′30″) :

♣ Malheureusement, tandis que les querelles intestines semblent se tasser côté français, voilà que tout commence à flotter du côté américain. Alors que Barack Obama a pris des engagements importants dans le Clean Power Plan (réduction de 32% d’ici à 2030 par rapport à 2005 des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité) en vue de remplir les conditions de l’accord de Paris, la Cour suprême des États-Unis a, le 10 février 2016, suspendu ce plan par cinq voix contre quatre. Pour elle, il est nécessaire d’attendre la fin de la procédure judiciaire entamée contre ce Clean Power Plan par 27 États dont la production d’électricité provient principalement de centrales à charbon. Pour les plaignants, l’agence fédérale (EPA) supervisant l’application du plan outrepasse ses droits et se livre à un abus de pouvoir caractérisé. Obama n’ayant pas de majorité au Congrès sur les questions climatiques, il était passé par la voie réglementaire pour imposer son plan.

Dans ce contexte, la magnitude de l’accord de Paris pourrait se trouver profondément bouleversée.

Mais samedi dernier, le 13 février, rebondissement : Antonin Scalia, l’un des cinq juges conservateurs ayant voté pour la suspension du plan, est décédé, entraînant immédiatement une âpre bataille entre Républicains et Démocrates afin de le remplacer maintenant (nomination qui serait alors démocrate) ou après l’élection présidentielle américaine de la fin de l’année (nomination de couleur encore incertaine). En attendant cette nomination qui pourrait redonner espoir aux partisans du Clean Power Plan comme à ceux de l’accord de Paris, les États-Unis n’appliqueront pas le bricolage de la COP21.

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♥ Mais bref, supposons que tout va aussi bien que l’indique victorieusement le tweet ci-dessus. Aux termes de l’accord trouvé lors de la COP21 et devant entrer en vigueur en 2020, les pays devront limiter l’augmentation des températures moyennes à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle et tenter dans la mesure du possible de se limiter à 1,5°C (demande des petits pays insulaires qui se pensent menacés par la montée du niveau des mers). Soit. En revanche, on s’étonnera (un peu) de l’absence d’objectif chiffré sur les émissions de gaz à effet de serre. Tout juste est-il demandé d’atteindre rapidement un pic, qu’on accordera plus tardif aux pays en voie de développement, ce délai étant le fruit d’une « différentiation » suivant les circonstances locales.

À ces objectifs aussi variables que flous s’ajoute l’obligation pour les pays industrialisés de jouer un rôle moteur dans cette réduction des émissions, et, bien sûr, surtout, avant tout et par-dessus tout, d’aider financièrement avec des thunes, des pépètes et de l’argent gratuit des autres les pays en développement dans leur lutte contre la méchanceté climatique. C’est normal, puisqu’après tout, l’un des enjeux de la Conférence de Paris consistait à établir la « responsabilité historique » de ces pays industrialisés dans la catastrophe proclamée. Très concrètement, le rôle moteur machin bidule se traduit par des piscines d’argent frais avec un plancher de 100 milliards de dollars d’aides par an à partir de 2020 (plancher qui s’est discrètement glissé dans une annexe afin de faciliter l’adoption de l’accord par le Sénat américain). La France, qui roule sur l’or, n’est pas en reste de largesses. En revanche, les dommages irréversibles causés par le changement climatique ne pourront pas donner lieu à des indemnisations financières (même et surtout s’ils sont causés par les boulettes des États lorsqu’ils « luttent » contre ces changement climatiques).

fabius - cop21 - distribuer des thunes gratuites je like

Et pour bien vous rappeler que l’enjeu n’est pas purement politique, médiatique, et nombriliste, non, non, non, on vous laisse découvrir dans la vidéo ci-dessous quelques moments privilégiés de la COP21 (10 minutes et 44 secondes de bonheur dense), sans oublier l’intervention remarquée de Sean Penn et de quelques autres stars conscientisées :

♦ Maintenant, dans un moment de folie, supposons que ce réchauffement climatique anthropique (RCA) constitue bien une menace pour la planète, point de vue qui n’est pas celui des auteurs de ce texte. L’accord de Paris permettra-t-il de sauver des koalas, de protéger des pandas, de réduire les émissions de CO2 ?

Eh bien non.

gifa - nope - grumpy cat

Tout d’abord, parce qu’il n’y a aucun objectif chiffré. Envisager une limitation des températures sans passer par des mesures précises concernant les émissions de CO2 relève du vœu pieux. Les engagements actuels des pays portent les émissions à 55 gigatonnes en 2030 alors que l’objectif de 2°C exigerait de ne pas dépasser 40. Oups. Même des personnalités scientifiques très engagées contre le RCA, telles que James Hansen, considèrent que l’accord de Paris est une tromperie. « Vaste fumisterie » pourrait être évoqué pareillement…

Ensuite, parce que l’accord n’est pas du tout contraignant, nananère. Présenté comme universel parce que les pays présents l’ont signé (les Iles Fidji ont même annoncé sa ratification), il ne prévoit pas véritablement de suivi et encore moins des sanctions. Pas étonnant, en réalité, puisque c’est cet aspect contraignant qui existait bien dans le Protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 qui avait poussé les États-Unis à ne jamais le ratifier, et le Canada à le quitter en 2011. Mieux encore : le texte de Paris prévoit une clause de sortie sur simple notification au bout de trois ans. Comme contrainte, on dirait les meilleurs moments de la Justice française…

Du reste, c’est précisément parce que cet accord n’est pas contraignant que l’Inde et la Chine s’y sont ralliées. Ils représentent 35% de la population mondiale et 35% des émissions de CO2, avec 29% des émissions mondiales pour la seule Chine qui est actuellement très dépendante des énergies fossiles pour sa production d’énergie (90 % dont 66 % pour le charbon). Et avec sa croissance forte, l’Empire du Milieu ne changera pas son fusil d’épaule de si tôt. Au demeurant, son vrai problème environnemental est plutôt constitué par les oxydes d’azote et les particules fines, pas le CO2, gaz non polluant et dont son opinion publique ne se soucie guère.

cop21 - un putain de bouchon géantEnfin, le minutage de cette COP21 montre à quel point la réalité se moque puissamment de nos clowns dirigeants, puisqu’elle intervient au moment où le pétrole atteint des planchers de prix et où les craintes d’un peak oil s’évanouissent. Le réel n’est pas tendre avec les idéologues qui le lui rendent bien : si le prix du pétrole est trop bas, qu’à cela ne tienne ! Paf, taxons-le dans les gencives, remontons son prix à coup de lattes s’il le faut pour que les renouvelables deviennent rentables ! La France ayant toujours une taxe d’avance, sa contribution énergie-climat particulièrement raide est saluée par tous les constructivistes réchauffistes.

Conclusion

Finalement, cet accord tant vanté est surtout très venteux. Ni vraiment universel, ni même vaguement contraignant, c’est une façade de papier qui ne tient qu’à la bonne volonté de la Chine, de l’Inde et des États-Unis. La France, avec son petit 1% des émissions mondiales, ne pèserait pas lourd si elle ne pouvait compter sur les ambitions aussi démesurées que mal irriguées intellectuellement de Ségolène Royal, qui se chargera de faire adopter toutes les mesures possibles pour faire du pays un fleuron de la COP21, pendant que croissance, innovation et emploi suivront, scrupuleusement, les courbes de la décroissance vigoureuse prônée par ses nouveaux collègues écologistes.

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Source : http://h16free.com/2016/02/18/46780-ecologie-positive-une-cop-pas-top