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Un prix mondial du médicament ?

lundi 9 mai 2016 à 09:00

Le premier mai ne fut pas qu’un jour férié et la fête du travail, ce fut aussi l’occasion pour le Président François de pondre un petit édito dans The Lancet, prestigieuse revue scientifique médicale. La nouvelle, passée très discrètement en France, n’en contenait pas moins une pépite : le pédalomane proposait ainsi de lutter « contre le prix prohibitif de certains nouveaux médicaments tout en favorisant l’innovation ».

Ah, il y avait longtemps qu’on n’avait plus vu le fier Chevalier de l’Ordre Républicain du Socialisme Décontracté monter sur son petit poney de combat pour aller abattre l’un ou l’autre moulin que le méchant monde capitaliste met régulièrement devant ses pas courtauds mais déterminés ! Et quel meilleur combat que celui contre la vie chère, la santé coûteuse et les médicaments ruineux, surtout lorsqu’on entre dans un troisième âge où leur consommation augmente notoirement ?

L’objectif du Président François est donc clair : il va falloir mobiliser les pays du G7 qui doivent se réunir les 26 et 27 mai prochains au Japon, afin de tacler cet épineux problème. Le pédalomane enthousiaste écrit donc :

« Pour la première fois cette année, une réunion des ministres de la Santé des sept pays les plus riches de la planète devrait amorcer un dialogue et une coordination entre autorités de régulation, industrie pharmaceutique et patients. »

Ah, sacré Hollande, si on oubliait qu’il est activement entré en campagne électorale, on pourrait presque admettre que cette nouvelle joute est noble. Bien évidemment, notre fier pédalonaute a fait le calcul simple qu’en défendant des prix de médicaments modiques, il flatte la partie de son électorat confrontée à des maladies coûteuses, et rejoint donc discrètement la Ligue contre le Cancer qui s’opposait dans une polémique récente à la Fédération des Entreprises du Médicament (LEEM) en la dénonçant pour des prix « inaccessibles à de nombreux malades atteints de cancer, les condamnant à une mort certaine ». En période électorale et alors que sa popularité est microscopique et décroissante, c’est une manœuvre compréhensible : réclamer des médicaments abordables peut toujours passer pour une excellente intention.

gifa yeah ok shkreli

Or, l’enfer est, dit-on à raison, pavé de ces bonnes intentions, et François Hollande n’est pas le dernier des paveurs : pendant qu’il écrit son petit édito pour The Lancet, il semble oublier les petits effets indésirables de la « solution » qu’il préconise.

Oh, certes, pour le moment, notre marin d’eau douce à bouées intégrées se borne à demander l’ouverture des débats au sein du prochain G7, mais le but final est clair, déjà posé et explicité : mettre en place un processus décrété « irréversible » par le président lui-même afin d’aboutir à une régulation internationale du prix des médicaments.

Oui, vous avez bien lu : la régulationnite a encore frappé, et au-delà de nos frontières qui plus est. Pas d’échappatoire, pour obtenir des médicaments abordables, il faut un contrôle des prix, c’est évident.

Crony-Capitalism-Phony-CapitalismIci, je comprends bien que les libéraux, éternels défaitistes et toujours opposés à l’interventionnisme étatique, rappelleront sans hésiter qu’une telle régulation ne fera qu’alimenter le capitalisme de connivence qui sévit déjà de façon endémique dans tout le secteur médical. Et c’est vrai qu’en première analyse, le fait de bloquer les prix incitera grandement les industries productrices à graisser les pattes des politiciens pour s’assurer que leurs médicaments seront vendus à bons prix.

Au lieu de laisser faire le marché et la concurrence, au lieu de mettre en place des solutions à la fois innovantes et peu coûteuses comme le Crowdfunding (oui, même pour le cancer), au lieu d’assouplir les normes existantes, étouffantes, ou d’en ralentir l’avalanche qui interdit la mise sur le marché de solutions pourtant éprouvées, on choisira de tout réguler encore un peu plus. Il sera alors bien plus simple (et moins coûteux) pour une Big Pharma de s’entendre avec l’un ou l’autre élu pour s’assurer d’un confortable monopole sur un produit, ou un prix garanti judicieusement placé dans sa fourchette de rentabilité.

Cependant, ces libéraux auront tort, parce que l’idée vient d’un champion du Camp du Bien, qu’elle part d’une Bonne Intention, et qu’elle est destinée à sauver des vies. En conséquence de quoi, le capitalisme de connivence n’aura pas lieu. C’est comme ça.

À présent, je sens que les mêmes libéraux viendront me seriner que le contrôle des prix entraîne régulièrement des pénuries et un étranglement de la concurrence. Pfouah ! Individus égoïstes de peu de foi ! Tout le monde sait que les expériences de régulation de prix qui n’ont pas fonctionné doivent exclusivement leur échec à la mauvaise volonté du peuple, à l’existence de salauds de riches accapareurs et autres spéculateurs aux doigts crochus. Si le socialisme ne fonctionne pas, si le collectivisme s’écrase avec la misère des peuples et la mort des révolutionnaires, c’est parce qu’on n’est pas encore allé assez loin. À chaque fois. Pas de bol, que voulez-vous.

Hollande, capitaine de pédalo CCCPMais cette fois, c’est différent.

Avec Hollande comme Grand Timonier, nul doute que les négociations aboutiront à un Nouvel Ordre Mondial du Médicament, doté d’une Administration Efficace qui planifiera avec justesse la quantité, la qualité et les prix des drogues qui seront distribuées avec équité.

Bien évidemment, pour qu’un tel contrôle fonctionne, il semble impératif qu’on empêche une fois pour toute les consommateurs d’aller acheter leurs médicaments au prix le plus bas, qu’on peut pourtant facilement trouver sur internet. Cela supposera donc qu’il faille surveiller un peu plus étroitement internet et les moyens modernes de communication, mais c’est à ce prix que votre Santé n’aura pas de coût.

Vous verrez, tout se passera très bien, et ça ira mieux.

Hollande fucking loves cocaine
La solution préconisée par Hollande n’est en réalité qu’un énième avatar d’un dogme bien établi, celui qui veut que la santé n’ait qu’un coût et surtout pas de prix, ce dogme qui a petit à petit introduit une telle distorsion entre les consommateurs et les producteurs que, dans le meilleur des cas, les dettes s’empilent sur le système à un rythme effrayant, ou, dans le pire des cas, les patients n’ont tout simplement plus les moyens de couvrir leurs besoins.

Avec la taxation tous azimuts, le contrôle des prix représente l’alpha et l’oméga des « solutions socialistes » lorsqu’on parle du marché. En effet, pour les tenants de cette idéologie mortifère, le marché ne sera jamais capable de répondre aux besoins de tous et il faut donc absolument y intervenir massivement et le réguler, même si toute l’Histoire prouve le contraire et démontre l’erreur dramatique que constitue cette posture. Hollande, socialiste parfaitement dogmatique, ne déroge pas à la règle et n’hésite donc pas à tenir cette posture et proposer, encore une fois, cette « solution socialiste ».

Et en définitive, le problème n’est bien sûr pas qu’il propose cette « solution », mais bien qu’elle puisse s’étaler dans une revue scientifique de valeur qui ne devrait pas s’embarrasser de politique surtout lorsqu’elle a été prouvée catastrophique et qui devrait s’en tenir aux faits, peu tendres pour les aventures collectivistes.

Le sillon est donc tracé, les graines seront plantées, et, soyez-en sûrs, le bon gros socialisme fleurira avec vigueur. Franchement, qu’est-ce qui pourrait bien foirer ?

socialisme : des idées si géniales qu'elles doivent être imposées !

Source : http://h16free.com/2016/05/09/52907-un-prix-mondial-du-medicament


Le boulet immobilier de la CIPAV

dimanche 8 mai 2016 à 11:00

Il y a quelques jours, je revenais en détail sur les dérives, de plus en plus inquiétantes, de la CIPAV. Cette caisse de gestion des retraites des professions libérales montre en effet de graves lacunes dans sa gestion, dénoncées par la Cour des Comptes. Malheureusement, ce n’est pas tout.

En effet, le patrimoine de la CIPAV compte quelques immeubles parisiens, dont deux d’habitations, dont la gestion laisse pour le moins à désirer.

Et ici, « pour le moins » est probablement un euphémisme qui se range dans la catégorie olympique, à l’instar des termes employés par la Cour des Comptes pour caractériser la gestion de la CIPAV, justement, ou les qualificatifs qui viennent à l’esprit des personnes un peu au courant de l’état général du RSI, le pendant de la CIPAV, pour l’assurance maladie.

Il apparaît en effet que, dans ces locaux d’habitations, des remises aux normes s’imposent depuis des années. Et compte-tenu de la nature de ces remises aux normes, elles traînent même depuis des lustres puisqu’il s’agit de problèmes liés à des peintures au plomb, à des isolations amiantées, des problèmes de plomberie défectueuse et d’électricité hors d’âge. On découvre ainsi l’existence d’un audit établi en mars 2013 qui indiquait qu’il fallait impérativement faire réaliser les diagnostics plomb et amiante de l’immeuble avant tout travaux. Les rapports d’expertise sont formels et montrent assez clairement un état des lieux qui se rapproche plus de l’insalubrité qu’autre chose :

cipav immo - rapport expert 1

cipav immo - rapport expert 2

En connaissance de cause, la CIPAV a fait le choix d’entreprendre des travaux destructifs tant dans les appartements que les parties communes de l’immeuble en présence des locataires et des salariés des entreprises. Les photos qui suivent, en provenance directe d’un locataire, donnent une petite idée de l’état général des locaux, alors qu’à cette date, les travaux ne sont toujours pas finis (et n’en prennent pas le chemin).

cipav immobilier pic3

cipav immobilier pic2

cipav immobilier pic1

Bref, il semble bel et bien que la CIPAV doit se dépatouiller d’un dossier immobilier particulièrement épineux, et que sa façon de procéder soit plutôt sujette à débat, tant au regard de l’éthique que de la loi.

En effet, plus généralement, la CIPAV est un organisme privé mais chargé d’une mission de service public. Autrement dit, c’est bien un service que l’État veut rendre, ici aux professions libérales, de nature essentiellement obligatoire — la gestion de leur retraite, la distribution des pensions correspondantes et le prélèvement des cotisations afférentes. Pourtant, cet organisme est moins qu’irréprochable dans la gestion d’un ensemble d’immeubles pour lesquels son comportement pourrait s’apparenter à celui de vendeurs de sommeils si souvent décriés dans d’autres affaires : travaux pas ou mal effectués, locaux hors normes voire dangereux (plomb dans les peintures, isolation amiantée, conduites d’électricité, de gaz ou d’eau à refaire, etc…). Une question vient alors naturellement à l’esprit : comment imaginer que cette manière de gérer quelques ensembles immobiliers n’entache pas d’une façon ou d’une autre la gestion du reste du patrimoine de la caisse, et, a fortiori, la gestion de la collecte des cotisations et de la distribution des pensions ?

Au vu de l’état général de délabrement des locaux dont il est question ici, c’est plus qu’inquiétant puisqu’ils préfigurent d’un état global catastrophique du reste des finances et du patrimoine de la caisse, d’ailleurs confirmé par la Cour des Comptes : eh oui : ce qui se voit à l’extérieur (un immobilier en pleine déconfiture) se reproduit bien à l’intérieur (un « service déplorable »).

Tout ceci serait déjà suffisant pour jeter le plus grand désarroi chez ceux qui sont confrontés à la CIPAV, qu’ils soient locataire de cette dernière, cotisants en tant que profession libérale, ou retraités touchant une pension.

Malheureusement, l’analyse se doit d’aller plus loin.

Par exemple, on ne pourra pas passer sous silence le temps mis par les différentes instances pour faire revenir la Caisse dans le cadre de la loi. En effet, alors que certains locataires vivent un véritable calvaire depuis de longues années, et ayant mentionné à leur propriétaire l’ensemble des problèmes relevés dès leur survenue, la situation n’est à ce jour toujours pas revenue à la normale. Autrement dit, depuis des années, la CIPAV n’est pas toujours parvenue à corriger les défauts de ses propriétés et, parallèlement, il semble que les autorités compétentes n’ont toujours pas réussi à lui faire entreprendre les mesures indispensables pour les remettre aux normes, et que la CIPAV a pourtant obligation de respecter.

Difficile de ne pas voir le différentiel de traitement qui existe maintenant de façon évidente entre celui réservé aux particuliers d’un côté, qui seront toujours poursuivis et condamnés avec assiduité par la justice française, et le traitement accordé aux organismes d’État de l’autre côté, qui, même lorsqu’ils sont pris sur le fait de leur mauvaise gestion, parviennent toujours à multiplier les échappatoires devant leurs responsabilités et à faire durer leur incurie bien au-delà du raisonnable et du supportable, que ce soit pour l’objet même de leur existence (ici, la gestion des retraites) que pour des comportements périphériques (ici, le patrimoine immobilier).

Enfin, si la santé financière de la CIPAV s’assoit (au moins en partie) sur une évaluation de son patrimoine immobilier, on ne peut que s’inquiéter de la réalité effective des actifs en question tant ce patrimoine semble dégradé…

Devant ces éléments, il est extrêmement symptomatique de constater qu’encore une fois, les mêmes causes provoquent les mêmes effets : l’absence totale de toute concurrence à cette caisse pour la gestion des retraites, provenant de l’obligation d’affiliation et du monopole en découlant (très discutable du reste), provoque un laisser-aller évident dans sa gestion, qui traverse tout l’organisme. Non, ce n’est pas un hasard qu’encore une fois ce soit un organisme public ou para-public qui applique avec décontraction le principe habituel du « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », en oubliant avec une facilité déconcertante qu’il est normalement de son devoir de servir au mieux les intérêts de ses clients (ici, les locataires d’un côté et les cotisants de l’autre).

Décidément, la CIPAV pousse, dans le domaine de la retraite, à la même conclusion que le RSI dans le domaine de la santé : il est plus que temps que toute la Sécurité sociale soit privatisée.

Source : http://h16free.com/2016/05/08/52878-le-boulet-immobilier-de-la-cipav


Le socialisme finit toujours par la pénurie

vendredi 6 mai 2016 à 09:00

Puisqu’il faut absolument lutter contre les trafiquants de drogue, d’armes et de femmes, quoi de mieux que faire disparaître le billet de 500 euros de la surface de la planète ? C’est absolument certain qu’une fois disparus, les vilains et les méchants se retrouveront bien embêtés, non ?

Bon, certes, la disparition du billet de 500€ permet aussi de lutter un peu contre la méchante évasion fiscale qui enquiquine finalement beaucoup plus les États que les trafiquants, et, surtout, de passer à l’étape suivante de la guerre contre le cash qu’ils ont entreprise discrètement depuis quelques temps, grâce à des taux directeurs nuls.

Ah, décidément, le socialisme est toujours aussi prévisible puisque, quel que soit le domaine qu’on regarde, lorsqu’il y est appliqué, il se termine toujours par des pénuries. Certes, cette pénurie de billet de 500€ ne sera pas trop dure pour l’écrasante majorité de la population européenne qui, il faut bien le dire, n’a jamais eu à manipuler d’aussi grosses coupures. Mais il n’en reste pas moins que cette organisation systématique de pénuries est bien une caractéristique saillant du socialisme.

D’ailleurs, outre une Corée du Nord particulièrement illustrative mais aussi extrêmement fermée ce qui lui permet de faire ses petites horreurs sans être gênée, nous avons actuellement un excellent exemple de pénuries générées par le socialisme appliqué : le Venezuela de Maduro, dans la droite lignée de celui de Chavez qui avait courageusement établi les fondations de la catastrophe à venir, est maintenant arrivé au point optimal de tout régime socialiste correctement appliqué, celui où les gens commencent à crever de faim.

communism party is over

Ici, « crever de faim » n’est absolument pas une exagération. À la différence de la pénurie de billets de 500€ qui – elle – est organisée et ne fera souffrir personne (trafiquants compris), la pénurie désorganisée et subie par les Vénézuéliens atteint maintenant même la nourriture. Évidemment, la presse française n’en parle guère et se contente pour ce faire du minimum syndical(iste) : un petit diaporama, et hop, l’affaire est dans le sac.

Du reste, un diaporama similaire du côté anglo-saxon présente des photos supplémentaires qui permettent d’apprécier la situation à sa juste valeur, notamment en présentant les rayonnages vides des supermarchés ou ceux, remplis d’un produit unique, de ces magasins gérés par l’État. Toute ressemblance frappante avec l’URSS d’avant 1991 n’est absolument pas fortuite. Ce qui explique peut-être qu’on n’entend absolument plus ces politiciens français qui nous chantaient les louanges du pays tenu par Chavez puis Maduro.

Dans le reste du monde, l’analyse ne fait pas un pli : le contrôle des prix organisé par le gouvernement, mis en place pour répondre à une inflation pourtant thermomètre efficace de la dégradation de l’économie, a presque immédiatement entraîné des pénuries diverses et variées, depuis le papier-toilette jusqu’aux préservatifs. Dans un pays aux ressources pétrolières immenses, il faut maintenant importer de l’essence, et, ironie d’un sort décidément chafouin, depuis le Grand Satan Américain qui, de son côté, est devenu le premier producteur mondial de pétrole. La nourriture n’a guère pris de temps pour manquer dans les rayonnages.

Bien sûr, pour les Français bercés de leurs illusions à #DormirDebout, ce qui arrive en Amérique du Sud est si loin qu’il n’est guère pertinent de s’y référer. Il sera pourtant difficile de trouver des échappatoires et de nouvelles excuses à cette énième tentative d’un autre système, d’une autre façon de faire de la politique, d’un vrai gouvernement par le peuple et pour le peuple, et tous les autres tralala-tsoin-tsoin qu’on entend justement dans ces belles réunions de jeunes chevelus aux idéaux simplistes.

Non, le Venezuela n’est pas victime d’un abominable complot international ourdi contre lui qui aurait fait capoter les belles idées de Chavez puis de Maduro ; il n’y a eu besoin d’aucune intervention de la CIA pour aboutir au résultat observé, d’autant que la descente aux enfers fut à la fois parfaitement graduelle, progressive, sans à-coups, et surtout tout à fait prévisible et prévue, depuis longtemps, même dans ces modestes colonnes.

Non, le Venezuela n’est même pas sous embargo, ou même sous un blocus quelconque. Il n’y aura pas de méchant voisin riche et impérialiste à blâmer pour le ratage total de l’expérience chavino-maduresque.

Non, le Venezuela n’est pas un pays sans aucune ressource ne pouvant donc que s’appauvrir en important des richesses qu’elle ne pourrait produire localement. Elle dispose d’une quantité phénoménale de pétrole qu’elle aurait pu exploiter si ses dirigeants n’avaient pas absolument tout fait contre en virant les compagnies expérimentées et en nationalisant toute l’exploitation de main de maître. Quant à la chute des prix du pétrole, qui a certainement accru les problèmes du régime local, elle n’explique absolument pas les pénuries, celles-ci ayant commencé bien avant.

Non, décidément, le Venezuela ne se prêtera pas à l’un des habituels enfumages gauchistes permettant d’expliquer pourquoi, cette fois encore, le socialisme n’a pas marché.

socialisme allemagne

Ne doutons pas que le cerveau gauche saura bouder complètement toute communication avec le cerveau droit de ces derniers, et qu’ils trouveront donc une nouvelle parade mais baste, pour les autres, le constat de l’échec reste. Or, pendant ce temps, une partie croissante du peuple français continue, bille en tête, à réclamer qu’on emprunte globalement le même trajet…

… Ce que les politiciens s’empressent de faire justement. Et comme dans tout fief socialiste, la pénurie s’organise donc.

Je pourrais ici revenir sur quelques unes des pénuries déjà visibles en France, à commencer par celle de l’emploi (alors que les autres pays européens nettement moins collectivistes ne souffrent pas de ce problème). Je me contenterai de pointer une petite notule qui passera certainement inaperçue pour beaucoup mais qui représente un magnifique exemple de cette tendance : la pénurie, tout à fait organisée, de places en première année commune aux études de santé (PACES), à Paris, telle qu’on devra bientôt tirer au sort les étudiants qui pourront y accéder.

Il n’y a rien d’un hasard ici, c’est même parfaitement logique, implacable même : chaque mesure qui fut prise, ces 60 dernières années, en matière de santé, le fut pour plus de collectivisme. La « gratuité » des soins d’un côté, des études de l’autre, le carcan tous les jours plus lourd de la Sécurité sociale sur les professions médicales libérales, les transformant de fait en agents de l’État, les multiples et catastrophiques réformes (au premier rang desquelles, la dernière en date du ministre Touraine) tout cela a participé et participe encore du même penchant vers la collectivisation de la santé, avec pour corollaire inévitable la pénurie (de médecins dans les campagnes, de spécialistes dans certains domaines, et de places dans les facs).

On peut reprocher pas mal de choses au socialisme, notamment ce décalage croissant entre ses aspirations, toujours baignées de morale et d’humanisme parfois un peu cheap, et ses réalisations, funestes voire macabres. Mais au moins ne peut-on pas lui reprocher son côté parfaitement prédictible. Il commence toujours pareil, la bouche pleine d’égalité ronflante, et finit toujours pareil, la bouche vide, au milieu de pénuries dramatiques.

socialisme : cette idée radicale du partage

Source : http://h16free.com/2016/05/06/52865-le-socialisme-finit-toujours-par-la-penurie


7 façons de faire de la politique pourrie. La 5ème va vous écœurer !

jeudi 5 mai 2016 à 09:00

Parce que, quoi qu’en disent certains, la campagne électorale pour la présidentielle de 2017 a bel et bien commencé, parce que, sans vergogne, je n’hésite pas, de temps en temps, à m’aventurer sur les terres gluantes de la titraille putassière et du sujet bassement clicogène, parce qu’enfin, il faut toujours rappeler les évidences pour que personne, à force d’habitude, ne les perde de vue, voici ma liste de quelques unes des façons les plus pourries de faire de la politique, telle qu’actuellement pratiquée en France.

1. Faire monter le FN

françois hollande fait l'andouilleC’est une vieille méthode, mais ne dit-on pas que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ? Dans les années 80 et à force de SOS Racisme, Mitterrand avait remarquablement réussi a éparpiller la droite en faisant monter le Front National. Il n’est pas dit que Hollande, avec la maestria qui le caractérise jusqu’à présent (Remember Syria ?), obtienne finalement, avec des procédés similaires, le même résultat… à gauche : à mesure que le Front National grimpe en se positionnant de plus en plus comme la seule alternative électorale crédible, le Parti Socialiste apparaît de plus en plus loin des aspirations des classes moyennes et ouvrières, et ses dissensions internes se font plus fortes. Tiraillé entre le désir de renouer avec la moindre victoire électorale (qui nécessite donc un discours assez différent de celui actuellement tenu) et la nécessité de ratisser aussi large que possible pour ne pas disparaître complètement, le parti du Secrétaire devenu Président est en état de mort cérébrale et de décomposition avancée.

Dans ce cadre, la montée du FN ressemble à un jeu dangereux où le président sortant, pour être réélu, semble prêt à sacrifier son cavalier, son fou et ses pions.

2. Pratiquer le déni

Lorsque rien ne se passe comme prévu, ou, plus exactement, que les scénarios outrageusement optimistes et roses bonbon s’envolent en fumée et que tout ce qui était prévu de pire advient inexorablement, politiquement la première des choses à faire est de nier le problème. Ce dernier n’existant plus par décret, les choses vont immanquablement mieux : le chômage, qui n’a jamais été aussi haut, se résorbe moyennant quelques torsions aisées des chiffres ; le déficit budgétaire n’est qu’une péripétie amusante, une passade sans lendemain qu’on nous pardonnera facilement (ou presque).

Et comme l’a largement montré l’école de pensée soviétique, un bobard suffisamment répété finit toujours par devenir une vérité. La courbe du chômage s’inversera donc, soyez-en absolument certains, ce qui donnera toute latitude au Président François de redevenir le Candidat Hollande.

3. Être dur avec les mous et mous avec les durs

hollande et sa banane rock n rollEn France, pour durer en politique, il faut savoir se ménager des voies de compromis et des parachutes dorés. Il faudra donc faire preuve de la plus grande souplesse avec les puissants ou ceux qui, médias aidant, font et défont les réputations. Inversement, il faudra se montrer intraitable avec les petits, les sans-grades. D’une part parce qu’ils le méritent, ils sont sans-grades, voire sans-dents, et d’autre part parce qu’ils sont si nombreux que leur montrer des égards serait bien trop coûteux et interprété comme une faiblesse. Surtout pas !

Alors, même en plein état d’urgence, on fera très attention lors de l’emploi de la force. Surtout, surtout pas de bavures et tant pis si cela ressemble, de loin, à une faillite complète de l’État républicain.

4. Utiliser les trucs et astuces de la constitution

Si les méthodes précédentes ne donnent pas toujours les meilleurs résultats, on peut toujours se réfugier dans la procédure et la Constitution. C’est du solide, ça, la constitution ! Pensez donc, elle n’a pas changé plus d’une dizaine de fois en deux cents ans, et son texte est respecté dans sa lettre et son esprit depuis des lustres. Utilisons-la donc dès que l’occasion se présente. Bon, certes, il faudra faire preuve d’un peu de doigté pour que, par exemple, une révision qu’on envisageait pour elle ne se termine pas en jus de boudin. Mais prenez son article 49.3, il est très intéressant : il permet par exemple d’offrir une vraie bouée de sauvetage à nos députés actuellement malmenés par une politique désastreuse en matière d’emploi.

Ainsi, la loi El Khomri qui, selon tous les analystes un peu lucides, est vraiment inoffensive, génère pas mal de pressions de la part de certains électeurs vis-à-vis de leurs députés en les menaçant de les abandonner aux prochaines élections s’ils leur prenait la fantaisie d’adouber le gouvernement de leur vote. Évidemment, avec un 49.3, ces mêmes députés pourront arguer de ne vouloir faire tomber le gouvernement, et d’être donc obligés de voter pour cette loi, la mort dans l’âme.

Il ne restera que la ministre-stagiaire à convaincre, mais cela n’est pas la chose la plus délicate…

5. Ne pas tenir compte de son casier judiciaire

petit juppéEt si des méthodes existent pour ceux qui sont au pouvoir, il en reste quelques unes pour ceux qui aspirent à les remplacer, à condition bien sûr que ces derniers ne tiennent absolument pas compte de leur passé, à commencer par celui dans lequel ils se font condamner et n’ont donc pas un casier vierge, normalement indispensable pour exercer des fonctions dans le service public.

Et à bien y réfléchir, à quoi diable peut bien servir un casier vierge ? Ne faut-il pas en être passé par le Justice de son pays pour pouvoir ensuite crâner qu’on est confiant en elle ? Est-on vraiment un homme politique si on n’a jamais été inquiété pour ses actions ou ses omissions ? Un politicien au casier vierge, c’est au mieux qu’il a trop corrompu autour de lui, juge compris, au pire qu’il est incorruptible et qu’alors, l’enfer sur Terre nous est promis s’il parvient aux plus hautes marches de l’État ! Non, décidément, un petit repris de justice a toutes ses chances pour exercer la plus haute magistrature du pays.

Bonus supplémentaire : au moins, le candidat ne pourra pas nous refaire le coup de la République irréprochable, dont on a tous vu ce qu’il signifie en pratique.

6. Distribuer les cadeaux avant les élections, même quand on n’a pas un rond pour les payer

Bien évidemment, ce n’est pas parce que tout va de mieux en mieux ou que vous pouvez toujours utiliser les astuces constitutionnelles qu’il faut se passer de huiler un peu les rouages.

De nos jours, quoi de mieux qu’un peu d’argent (celui des autres — ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye) pour justement huiler ces nombreux rouages ? Quoi de mieux que distribuer 1,6 milliards d’euros pour un plan pour l’emploi et la formation, 825 millions pour un plan de soutien aux agriculteurs, 2,4 milliards pour augmenter l’indice des fonctionnaires, 200 millions pour « les jeunes », 265 millions pour « les instituteurs » ? Quoi de mieux que prolonger d’un an pour 400 millions d’euros le dispositif de suramortissement des investissements en entreprises ?

Là encore, pourquoi se priver puisque tout ceci sera payé grâce à de la bonne dette fraîche, elle-même noyée tôt ou tard dans une injection massive de monnaie neuve imprimée à la demande ?

7. Revenir encore et encore, même après s’être fait jeter

Et de toute façon, quoi qu’il arrive, quoi qu’on puisse vous dire ou vous faire, toujours, restez persuadé que le peuple veut de vous, qu’il vous aime et que vous, seul, saurez le sauver en dépit des immenses dangers dans lesquels les autres, tous les autres, l’y auront conduit. Et même si vous vous êtes fait jeter comme un malpropre lors de votre précédente tentative, retentez le coup, sans abandonner.

Les grimaces de Sarkozy

Source : http://h16free.com/2016/05/05/52833-7-facons-de-faire-de-la-politique-pourrie-la-5eme-va-vous-ecoeurer


Nuit Debout : le témoignage d’un CRS

mercredi 4 mai 2016 à 13:00

Intéressant témoignage, il y a quelques jours, d’un certain Etienne, gradé dans une Compagnie Républicaine de Sécurité, et qui détaillait ses impressions lors de l’émission « Carrément Brunet » sur l’antenne de RMC.

L’émission est assez longue, mais l’intervention du policier peut s’écouter à partir de 22’47 :

Si l’on peut toujours discuter les éléments mis en avant dans le témoignage, il reste quelques faits saillants d’ailleurs facilement corroborés par ce qu’on a pu observer ces derniers jours, à commencer par la mansuétude particulièrement large dont ont fait preuve ces CRS envers les manifestants de la place de la République, à Paris. Mansuétude d’autant plus forte qu’elle correspond à l’absence d’ordres d’intervenir en provenance de leur hiérarchie et, par logique, de la part des politiciens pourtant en charge de l’ordre dans le pays (rappelons que nous sommes sous état d’urgence, apparemment) :

« On regarde les gens tout casser, uriner partout… On n’a pas formellement ordre de ne pas bouger, c’est que les ordres ne viennent pas. On est là, mais on ne peut pas intervenir. »

Comme par hasard, le policier explique en outre que les manifestants sont, à tous égards, les mêmes que ceux qu’on trouvait déjà, embourbés dans les pâtures reconverties en zones d’exactions diverses de Notre-Dame-Des-Landes, à protester contre le projet d’aéroport :

« C’est le même public, vous avez juste deux ou trois bobos qui se greffent pour fumer des joints… Les gens veulent faire une ZAD sur la place. Ils demandent des pissotières, et puis après ce sera des tentes, des mecs monteront des cabanes. »

Oh, que va-t-il imaginer là ! Parions au contraire que tout rentrera dans l’ordre citoyen et festif, avec des échanges de bons procédés et un nettoyage en règle des cochonneries laissées sur place, vous ne croyez pas ?

nuitdebout - place république dégueulasse

Source : http://h16free.com/2016/05/04/52827-nuit-debout-le-temoignage-dun-crs