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Kafka aux grands brûlés

lundi 15 février 2016 à 09:00

Dans la catégorie « Ces gens qui savent mieux que vous ce qui est bon pour vous », on ne présente plus les syndicats. C’est assez régulièrement que je présente dans ces colonnes leurs actions d’une pertinence douteuse pour aider l’une ou l’autre entreprise. Cette fois-ci, cependant, plutôt qu’une entreprise privée, évoquons une structure publique…

Parce qu’en effet, si le syndicalisme mal compris et mal appliqué est un des maux qui rongent les entreprises françaises, avec une bureaucratie galopante et des normes toujours plus délirantes à tel point qu’on peut raisonnablement parler d’une occupation intérieure délétère, il en va malheureusement de même dans le public. On pourrait croire qu’être hors du secteur commercial et donc pas directement soumis à la terRrible concurrence du marché et du capitalisme sauvage qui broient les individus (et des chatons) par douzaines, ça protègerait les institutions publiques des errements parfois stupéfiants des organisations syndicales ; il n’en est rien.

syndicate = mafia

À vrai dire, c’est même pire : la structure même des structures publiques et l’aspect parfois rigoureusement inamovible de certains syndicalistes, malgré leurs pratiques embarrassantes intellectuellement voire douteuses légalement, ont tendance à aggraver une situation qui serait déjà pénible dans une entreprise privée. Pour ceux qui veulent simplement faire leur travail, et qui prennent goût à le réaliser correctement, cette situation est à ce point insupportable qu’elle finit par démotiver complètement certains professionnels au demeurant très compétents. Il n’est pas rare que ces derniers, lassés de trouver toujours des bâtons dans leurs roues, démissionnent (soit littéralement, soit métaphoriquement en réduisant leur travail au strict minimum, syndical).

L’exemple d’aujourd’hui m’est fourni par un aimable lecteur (S.B) — que je remercie au passage — et nous amène du côté de Toulouse, au C.H.U. de Rangueil, et plus spécifiquement au service des grands brûlés de l’hôpital dont l’équipe compte 30 membres. Pour des raisons aussi bien d’organisation que médicales, cette équipe a choisi de caler ses journées sur un temps de présence de 12h. Les roulements et les gardes permettent ainsi, de l’aveu même des personnes concernées, de « mieux répondre aux besoins si particuliers des grands brûlés ».

D’après Mylène Delile, une des infirmières de l’équipe, cette organisation permet au même intervenant de mettre à l’air et refermer le pansement, évitant ainsi des changements d’équipes intempestifs, ce qui assure un meilleur respect des règles d’hygiène avec, à la clef, une diminution  significative du nombre d’infections. En outre, cela entraîne un meilleur contrôle de la nutrition des grands brûlés. Et de façon plus terre-à-terre, un autre avantage dégagé par ces journées de 12h, plébiscitées par l’équipe, est de laisser un vrai temps de pause pour les repas, et de descendre le nombre de week-end de permanence à un par mois au lieu de trois dans la précédente organisation. Pour le Dr. Jacky Laguerre, responsable du service des grands brûlés au CHU Rangueil,

« Le service est transformé, c’est plus calme, plus posé. »

Un service qui marche comme sur des roulettes, des gens satisfaits, qui s’organisent sans avoir eu besoin de l’intervention de tout une armée de parasites divers ? C’est intolérable ! Heureusement, le syndicat SUD est intervenu et a décidé de porter l’absence de problème devant le tribunal, en déclarant défendre la santé du personnel, pourtant améliorée par cette nouvelle organisation. Il faut comprendre les syndicalistes : ils ont le respect de la loi chevillé au corps, c’est bien connu.

Las. Après un premier jugement favorable, le tribunal administratif de Bordeaux s’est déclaré favorable en appel à l’organisation en 12 heures au service des grands brûlés. Vraiment, de qui se moque-t-on ? SUD ne se laissera pas faire ! Victor Alava, le syndicaliste pointilleux, lancé dans cette procédure invraisemblable, soutient de façon extraordinairement crédible ne pas mener bataille contre le personnel, et pour appuyer cette évidente volonté de conciliation, a décidé de se pourvoir en cassation, afin, je cite, de défendre

« … la santé du personnel, la loi, et nous demandons à la direction de mettre en place un moratoire sur les organisations en 12 heures »

Il faut dire que le petit Victor a un argument de poids : le retour à la précédente organisation (celle qui, apparemment, présentait plus de risques pour la santé des patients, mais dont Alava n’est pas le représentant syndical, faut pas pousser, hein), sanctionnée par la loi, et qui tient en plus en 7h42.

Oui, vous avez bien compris le tableau : il s’agit de bousculer l’organisation en 12 heures, décidée et choisie par les praticiens et les professionnels du terrain, pour mettre en place une superbe organisation décidée par un groupe syndical et une loi arbitraire, qui tient en 7h42.

Et immédiatement, on comprend l’importance du combat de notre ami Victor. Car il est clair que 7h42 est à la fois une durée de temps facile à retenir et qu’elle divise de façon fort pratique une journée de 24h en 3,1169 parts égales (soit PI à moins d’un pourcent, mes amis, eh si !). Or ça, on ne le dira jamais assez, cela permet des roulements du feu de Dieu entre équipe. 7h42,  vous ajuste automatiquement les petits rythmes circadiens comme il faut ! 7h42, c’est une façon comme une autre de faire rentrer Kafka tout entier avec un pied de biche au milieu d’une mécanique de précision suisse.

Government_Regulations_Demotivator

Un régal, non ?

Ici, on est en droit de s’interroger ce qui est le plus pathétique.

Est-ce le fait qu’on fasse perdre du temps à la Justice sur des affaires aussi ridicules, qu’on mobilise des juges, des avocats, sur l’organisation d’une équipe de professionnels qui ont décidé, en toute connaissance de cause, de s’organiser entre eux afin d’optimiser leur bien-être et celui de leurs patients ?

Est-ce le fait qu’un syndicaliste ou qu’un groupe syndical puisse ainsi s’arroger le droit de fourrer son nez dans ces affaires alors que les adultes responsables, en face, ne lui ont rien demandé ? Certes, des lois, génériques et loin des cas particuliers, leur donnent ce genre de latitude relativement iniques, mais comment rappeler à ces individus qu’ils sont normalement au service des salariés et des employés, pas au détriments de ces derniers ?

Est-ce le ridicule de la contre-proposition (7h42, bordel ! 7h42 – on croirait une proposition de SUD Rail !), qui ne peut que consterner l’individu normal doté de deux sous de bon sens et d’une paire de pouces opposables ? Et puis d’abord, pourquoi 7h42 et pas 8h ? Et surtout, pourquoi pas 7h43, ou o6h57, tellement plus fun dans le principe ?

Au-delà de cet exemple si caricatural qui serait drôle s’il n’était pas réel, imaginez bien qu’en France, ce pathétique se retrouve à tous les niveaux, dans le public et dans le privé. D’amoncellements normatifs ridicules en syndicalistes arcboutés sur des principes stupides et une déconnexion dramatique (voire carrément dangereuse) au réel, on en arrive à un pays où Kafka n’est plus seulement partout, il règne en maître avec Ubu, par roulements de 7h42.

Logiquement, 7h42 ou pas, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2016/02/15/46374-kafka-aux-grands-brules


Télé-réalité : NKM joue le jeu

dimanche 14 février 2016 à 11:00

Qui se souvient de Nathalie Kosciusko-Morizet ? Assez fraîchement débarquée de la direction des Républicains pour se voir remplacée (ultime affront) par le guilleret (mais,disons, différent) Laurent Wauquiez, la pasionaria des particules fines, la diva du transport bio, la star du socialisme de droite à paillettes devait trouver un moyen de remonter à nouveau en scène pour capter un peu d’attention médiatique sauf à sombrer dans un oubli froid. Mission réussie : NKM va participer à un jeu télévisé.

Oui. Vous avez bien lu : une femme politique, député de l’Essonne, va participer à un jeu télévisé. Certes, la présence des politiciens de tous acabits dans des émissions télévisées n’est pas une nouvelle. Depuis longtemps, leur présence n’est plus cantonnée aux reportages d’un journal télévisé ni à celle d’un plateau de 20H sous les feux roulants de questions forcément pointues et affinées d’un sémillant présentateur ; on se délecte même assez régulièrement des petites phrases un peu ou très idiotes balancées nonchalamment par nos élus de tous rangs lorsqu’ils débarquent sur l’une ou l’autre émission des amuseurs publics, de Ruquier à Ardisson en passant par Yann Barthès.

(À ce propos, on se rappellera que c’est en face du même Barthès que NKM, justement, avait généreusement qualifié les climato-sceptiques de « connards », ce qui avait eu le bénéfice inespéré de faire un peu parler d’elle.)

Cependant, on passe ici un cap, que dis-je, une péninsule : dans le cas qui nous occupe, NKM a choisi, apparemment après moult hésitations, de participer à un jeu télévisé organisé par TF1 dans lequel seront aussi présents des sommités politiques comme Julien Lepers, Miss France 2016,  Leïla Ben Khalifa (gagnante d’une téléréalité navrante) ou Joey Starr, la référence tendresse… NKM contre NTM, il y a de quoi faire un solo de beat box qui envoie du steak.

Bref, la politicienne ne va pas seulement venir et parler de sa petite actualité politique, son gentil petit livre ou ses mignonnes petites idées sur les sujets du jour proposés par un aimable présentateur-vedette, mais elle va devoir participer à des épreuves, à une compétition, dans le but de gagner.

Gagner quoi ? C’est encore flou. Le titre de l’émission est cependant évocateur : « Action ou vérité », dont le principe reprend les mêmes règles connues de toutes les cours de récréation, ce qui en dit long sur le niveau général de la performance artistico-politique de NKM dans cette aventure : les invités devront répondre à une question sur leur vie privée ou, s’ils ne veulent pas, réaliser un défi.

Que voilà une idée intéressante, fertile en rebondissements et surtout prometteuse pour l’avenir politique du pays ! Notez qu’avec la petite Nathalie – et beaucoup d’autres politiciens – une autre émission était possible, sur le thème « Qui veut chômer par millions ? » dont on imagine sans mal qu’elle aurait eu un écho réaliste dans beaucoup (trop) de foyers français. Dans cette émission, NKM se serait probablement passée d’utiliser ses jokers, le 50/50 faisant trop appel au hasard, l’appel à un ami se révélant par trop impossible (« Allô, Nicolas ? » – clic – « Oh, zut, il a raccroché ! ») et le choix du public se rapprochant trop d’une élection qu’on sent difficile pour notre future ex-élue.

En attendant, après NKM fait de la cuisine politicienne et rate son gâteau, après NKM tente Paris et rate son pari, après NKM et l’insulte détendue, nous aurons donc droit à NKM fait de la télé réalité.

promo stickerApparemment, cette participation surprenante s’inscrirait dans le plan promotionnel de la politicienne pour son prochain livre. Oui, cette télé-réalité, le fait d’aller jouer au milieu de candidats éclectiques et de placer la politique au même niveau que les amuseurs, les clowns, les bretteurs et autres baltringues médiatiques du paysage audio-visuel français, c’est de la pure et simple promo, tout comme le gros autocollant rouge qu’on découvre parfois au détour d’un rayon de boîtes de conserves au supermarché du coin ; sauf qu’ici, ce n’est pas une boîte de petits pois mais plutôt un bouquet garni d’expressions toutes faites et d’idées rances enrobées d’une couche gluante de socialisme qui ne s’assume pas.

Et lorsqu’on découvre le titre du livre en question, « Nous avons changé le monde », tout doute est rapidement enlevé : la déconnexion au réel est totale et sans retour possible. Vous avez changé le monde ? Allons, ma pauvre Nathalie ! Même pas la France ! Non seulement vous n’avez rien changé, mais en plus avez-vous entériné les (pires) pratiques en place depuis des années, au moins depuis Mitterrand.

On assiste en réalité, tristesse et décadence, à l’abêtissement ultime de la politique française, initiée depuis de longues années et accélérée ces derniers temps par les consternantes exactions de toute la classe jacassante, depuis le président, nullissime, jusqu’au moindre secrétaire d’état en passant par les députés, les sénateurs et une kyrielle de seconds couteaux enivrés du pouvoir et de la considération qu’on peut leur porter.

nkm les dents de la maire

Cette participation en dit très long, non pas seulement sur NKM, mais sur toute la classe politique et son besoin compulsif, inassouvi, de toujours rechercher la médiatisation pour la médiatisation, faire parler de soi en bien, en mal, mais surtout faire parler de soi, pour être dans toutes les têtes et déclencher l’acte de vote, saint Graal qui permet l’accès au Grand Buffet Républicain où, une fois parvenu, tout est toujours gratuit et où il vaut mieux s’y empiffrer très vite, de peur que d’autres ne le fasse plus vite et ne laissent rien.

Ce désir de toujours rechercher la caméra, qu’on retrouve maintenant chez tous nos coûteux clowns élus, est assez typique des gens en double déficit d’attention : ce déficit qui les pousse à toujours demander qu’on les regarde, qu’on les écoute, qu’on les adule, quand bien même ils ne racontent que d’insupportables âneries, et ce déficit lorsqu’ils n’accordent aucune attention aux vrais sujets qui occupent les Français.

Mais enfin et surtout, cette démarche ridicule, dont on peut parier qu’elle sera fort suivie des médias, puis des politiciens, puis réitérée par d’autres profiteurs cosmétiques rêvant à leur tour d’une exposition à pas cher, cette « promo » politicienne dans un jeu télévisé reste un dévoiement complet de la politique : En dernière analyse, la politique n’est pas un jeu ; dans les décisions que ces politiciens prennent (généralement sur un coup de tête, mal informés ou pour d’obscurs intérêts très personnels), ce sont, ultimement, des vies de centaines, de milliers, parfois de millions d’individus qui sont impactées.

Et le fait que ces politiciens placent, avec une telle désinvolture, la politique dans le cadre d’un jeu montre encore mieux leur rapport à la chose publique : pour eux, c’est un jeu. Les milliards d’euros des contribuables, gaspillés dans des subventions idiotes à de trop nombreuses associations lucratives sans but, des happenings ridicules, des lois délétères, des taxes iniques et des décrets mal fichus ?  C’est un jeu. Les petites déclarations blessantes pour détruire un adversaire sur des arguments rhétoriques faibles, c’est encore un jeu. La création de commission, d’autorités, d’institutions ou de procédures aux noms aussi comiques que cyniques pour replacer les copains ? C’est toujours un jeu. Le recasement pratique des accointances dans les fromages républicains ou dans les grosses entreprises détenues par l’Etat ? C’est encore et toujours un jeu. Les incessantes compromissions des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité pour servir leurs intérêts ? C’est un jeu, pardi !

Alors, franchement, aller faire le bouffon dans un jeu télévisé, … ça reste un jeu.

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Source : http://h16free.com/2016/02/14/45728-tele-realite-nkm-joue-le-jeu


Remaniement ministériel : Bricollande rouvre ses portes

vendredi 12 février 2016 à 09:00

Vous n’en rêviez pas ? Vous n’en aviez pas besoin ? Vous en aurez quand même. Alors que les rats quittent le pédalo, le capitaine s’est lancé dans un nouvel exercice de chaises aussi musicales que celles du Titanic au soir du 14 avril 1912 : Hollande a remanié son gouvernement.

Il faut dire qu’il n’avait pas le choix.

Laurent Fabius, son ministre le plus responsable du gouvernement (mais le moins coupable aussi), a posé sa démission en lorgnant de façon appuyée la présidence du Conseil Constitutionnel qui permettra à la République française d’étendre encore un peu plus la définition déjà fort élastique du mot « irréprochable ». Il laisse derrière lui un ministère presque neuf, très peu servi. On lui accordera d’avoir su habilement utiliser le levier médiatique, même si au contraire d’Archimède, il n’aura pas su soulever grand monde avec, et ne parvenir à déplacer qu’une poignée de chefs d’États et de gouvernement sur la promesse trop facile d’un bon gueuleton à Paris à l’occasion d’une COP21 remarquable par sa nullité.

Son départ laisse donc essentiellement un emplacement protocolaire vide, que le président Hollande se devait de combler, sauf à dissiper l’illusion d’utilité de ses commis ministériels.

Par opportunisme, il a sans doute jugé aussi utile de modifier ça et là quelques autres maroquins histoire de donner un peu de corps à un gouvernement qui n’était déjà plus que l’ombre de lui-même. C’est probablement pour ça qu’on voit arriver quelques nouveaux poids lourds dans ce qui se veut, évidemment, un gouvernement de combat pour lutter contre le chômage, les inégalités, le terrorisme, les pesticides, le scorbut et accessoirement la montée du Front National (mais pas trop, il faut que le président se ménage un second tour favorable à l’élection de 2017, pardi).

mr bricolage

L’essentiel de ces poids lourds est constitué par Jean-Marc Ayrault et Emmanuelle Cosse. Le premier, venu sans son combi Volkswagen, se retrouve en numéro 2, aux Affaires Étrangères, sous les ordres de Manuel Valls, qui fut jadis son ministre de l’Intérieur. La seconde intègre avec un plaisir non dissimulé (et même tweeté) ce nouveau gouvernement en position de ministre du Logement et de l’Habitat durable, l’habitat jetable ayant probablement été frappé d’anathème.

Enfin, notons la disparition rapide et sans chichis de Fleur Pellerin, remplacée par une autre donzelle sans intérêt et à la compétence sans aucun doute aussi pointue qu’un microscope à effet tunnel. La France sait être large avec celles et ceux qui ont su fréquenter les bonnes personnes au bon moment, je présume.

On avouera que tout ceci ne manque pas de sel.

Placer en second ministre un ancien premier, c’est à la fois une bonne dose de cynisme et une forme de moquage de visage particulièrement affûtée.

Cela montre très bien la soif de pouvoir qui anime les politiciens, qui sont prêts à avaler absolument toutes les couleuvres pour se retrouver, une fois encore, dans les feux de l’actualité, à faire le beau devant les caméras, à disposer d’une once de pouvoir et de privilèges. Oh, qu’elle doit être douce, la mamelle républicaine, pour qu’on n’hésite pas à la téter tant que c’est possible, fut-ce au prix d’un rang moindre !

on appelle cela du foutage de gueuleMais surtout, c’est un beau pied de nez aux Français eux-mêmes. Après presque deux ans d’une démonstration limpide, implacable mais pas du tout mémorable de sa nullité chimiquement pure en tant que Premier ministre, Ayrault revient donc occuper un nouveau poste ministériel, probablement pour le récompenser de la superbe performance qu’il a accomplie. Il a prouvé, par l’exemple, n’être à la hauteur de rien du tout, ni au plan national, ni au plan international, pendant 1 an et 10 mois, en vertu de quoi, on le retrouve quelques temps plus tard à un poste qui nécessitera un peu plus qu’une bonne maîtrise de l’Allemand. Soyons clair : il n’y a absolument rien à attendre de cet individu-ci à ce poste-là et Hollande ne fait que replacer un bon copain proche de la gamelle. C’est parfaitement pathétique.

Pour l’égérie écocommuniste biosyntonisée, si farce il y a, c’est bien aux dépens d’elle qu’elle se joue. Les Français n’arrivent qu’en second dans le rôle de dindons. Le premier rôle, c’est bien Emmanuelle Cosse qui le tient puisqu’elle devra maintenant vivre avec l’affichage maintenant évident (et impossible à cacher) de sa totale duplicité. On se souviendra sans mal qu’elle n’a pas arrêté, pendant toutes les années précédentes du mandat de Hollande, de tirer à boulets rouges sur le président et l’action de ses précédents gouvernements en matière d’écologie (et pas seulement).

On se souviendra notamment de ses tweets plus ou moins inspirés lorsqu’elle juge l’action de ceux qui deviendront ses collègues demain matin :

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ou encore

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Voilà qui promet des petites joutes verbales intéressantes dans la cour de l’Élysée pendant la photo de classe. D’autant que ses positions, notamment concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, n’ont guère varié : elle est résolument contre.

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… En revanche, pour venir bosser pour Hollande, l’écologiste n’a guère hésité et se trouve même honorée de rejoindre cette troupe de baltringues. On peut s’interroger au passage sur le fait que, peut-être Hollande, facétieux et blagueur comme on le connaît, a-t-il jugé nécessaire de rapprocher un peu Ayrault (tout à fait favorable à ce projet) de Cosse pour qu’ils puissent discuter directement de leurs petits désaccords ? Allez savoir.

Et pendant que Cosse frétille d’allégresse, ne boudons pas notre plaisir en découvrant cette perle de polésie du petit Jean-Christophe C., élève de maternelle à l’école Pablo Neruda de Fouilly-sur-Yvette, qui commentait le remaniement du haut de ses 8 ans d’âge mental :

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Et il est vrai qu’on a effectivement toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans ce gouvernement de licornes qui pètent des paillettes si fort que les problèmes du pays se dissipent doucement dans des nuages colorés de bonheur sucré ! Je ne sais pas ce qu’ils servent à la cantoche de l’école de Jean-Chrichri, mais ça dépote. Pour récompenser le petit poète, voici une petite vignette.

lolcat zombies licornes nazies

Une fois la poussière médiatique retombée, que restera-t-il de ce remaniement ? Rien. Comme pour les précédents, le jeu de chaises musicales n’a pas permis de placer la moindre compétence opérationnelle à des postes importants. Hollande, fidèle à son habitude, a distribué quelques hochets. Encore une fois, l’évident mépris des priorités (économiques, sociales) du pays vole à la figure des Français. Encore une fois, les bricolages apparaissent pour ce qu’ils sont : un simple positionnement de petits copains dans différents fromages républicains.

La fracture entre cette troupe effectivement bigarrée, véritable « arc-en-ciel » de politiciens imbibés de bracassitude poussée, et le peuple qui paye pour leurs frasques est à ce point visible qu’elle est devenue habituelle et que pas un journaliste ne relève l’absolue nullité en terme d’impact que va avoir ce remaniement.

Dans le même temps, les bourses dévissent doucement. Les credit default swap sur la Deutsche Bank, qui a vu son action plonger de plusieurs dizaines de pourcent depuis le début de l’année, grimpent en flèche. Le marché de l’or, très manifestement manipulé, part en sucette avec plusieurs gros acteurs qui décident de quitter le London Metal Exchange… Tout indique une grande fébrilité des marchés, et une économie qui refuse de redémarrer.

Avec un tel « nouveau » gouvernement, une telle conjoncture… Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2016/02/12/46046-remaniement-ministeriel-bricollande-rouvre-ses-portes


Constitution, la serpillière du Clan Hollande

jeudi 11 février 2016 à 09:00

On peut le dire : c’est une belle victoire du terrorisme. Il aura certes fallu un massacre particulièrement violent, mais c’est fait, de façon rapide et définitive : l’État français a bel et bien plié, lamentablement, devant la peur, la corruption, la facilité et l’opportunisme.

Et c’est dans la nuit du 8 au 9 février que le législatif le plus lâche de la cinquième République aura choisi de servilement emboîter le pas à l’exécutif le plus veule (ou pas loin) que la France ait connu : l’Assemblée nationale a adopté ce lundi soir, à 103 voix pour, 26 contre et 7 abstentions, le premier article du projet de loi de révision constitutionnelle prévoyant l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution.

Difficile de savoir par quel bout commencer pour expliquer l’étonnement, que dis-je, la consternation qui envahit tout citoyen lucide lorsqu’on évoque le sujet.

Bien sûr, il y a le nombre de joyeux drilles conviés à ce massacre des libertés. Sur les 577 députés que les citoyens payent pour se déterminer, de façon claire, en leur nom, seuls 136 avaient jugé bon de participer au vote (moins d’un quart), et seulement 106 ont voté pour (moins d’un cinquième). Oui, vous avez bien lu : une révision majeure de la constitution a été votée par moins d’un cinquième des députés de la nation, députés qui, ensuite, viendront pleurnicher sur l’abstention toujours plus grande des citoyens (qui suivent donc leur exemple), et sur la baisse de plus en plus évidente de crédibilité de la parole publique (la leur).

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Quelques voix se sont étonnées, ont même ouvertement fustigé ce nombre aussi faible de députés présents pour un tel vote capital. Tant mieux. Mais le souci est qu’en réalité, ce genre de mésaventure n’est pas une exception, c’est la règle. On se souvient d’autres votes, tout aussi importants, qui furent expédiés nuitamment par une petite troupe d’élus plus ou moins heureux d’avoir réussi leur forfaiture discrètement.

D’ailleurs, on pourra observer que même le débat sur la déchéance de nationalité, bidule médiatique qui a bien mobilisé tout ce que le pays compte d’élus névrosés en déficit d’attention, n’a pas réussi à remplir l’hémicycle : 332 députés avaient jugé bon de faire le mariole ce jour-là pour cet abominable bricolage constitutionnel. Si ça fait presque trois fois mieux que pour la constitutionnalisation de l »état d’urgence, il reste encore 42% de députés en goguette. L’épidémie de piscine-poney bat son fort dans les rangs des élus actuellement…

Or, on peut tortiller les choses comme on veut, il reste incroyable que, dans une démocratie qui voudrait vaguement être représentative, on puisse faire passer des lois alors que des centaines de députés sont absents ; il semble invraisemblable qu’un quorum ne soit pas imposé, et que ne soit pas mis en place une ligne de conduite, ou, soyons fou, une certaine éthique de la part de ces élus que nous payons pour ça.

En outre, on doit se poser la question : en quoi le fait de modifier la constitution va-t-il aider la lutte contre le terrorisme ? En quoi les petites agitations de l’hémicycle permettent-elles actuellement de sécuriser un peu le territoire ? Encore une fois, au prétexte de mieux préparer le pays en cas de grave danger, en agitant le chiffon pratique d’un terrorisme qui continue, en France, de faire toujours moins de mort que le cancer, les accidents domestiques ou le chômage dont le gouvernement prétend s’occuper, encore une fois, on fait passer tout et n’importe quoi dans les textes…

Enfin, il y a le sujet lui-même.

Feindre de vouloir mieux définir l’état d’urgence dans la constitution, c’est surtout donner l’occasion de passer, en loucedé, des petits amendements scélérats. Et ça n’a pas loupé.

Puisqu’il fallait constitutionnaliser l’état d’urgence (ah bon ? Le fallait-il vraiment ?), c’est sans difficulté qu’un amendement fut déposé par un certain Sébastien Denaja et voté dans la foulée, disposant que « pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunit de plein droit et l’Assemblée nationale ne peut être dissoute ».

Pendant l’état d’urgence, l’Assemblée ne peut être dissoute. Bah bien sûr.

Je me demande exactement ce qui peut motiver ce genre de modifications (ou quelle que modification que ce soit) lié à l’état d’urgence. De la même façon qu’on peut très bien imaginer moult situations où la dissolution de l’Assemblée pendant un état d’urgence aggraverait la situation, on peut en trouver tout autant où l’en empêcher rendrait la situation inextricable. Tripoter un texte aussi important à chaque événement aussi marquant soit-il, c’est la marque de fabrique de bricoleurs compulsifs qui croient faire mieux que leurs aînés en n’ayant jamais prouvé avoir seulement su faire aussi bien.

Parallèlement, on comprend aussi que l’état d’urgence annulera toute velléité de l’opposition de contrecarrer un 49.3 qui ne servira, de fait, à rien du tout. Pratique pour tout excité qui voudrait tenter des aventures législatives amusantes.

Heureusement que nous avons de sérieux professionnels à l’Exécutif ! Si nous avions une bande de clowns et de corrompus, j’aurais été inquiet.

Mais le plus intéressant dans tous ces rebondissements constitutionnel, c’est le timing diabolique qu’on nous impose : il ne s’est pas passé trois mois pour que des modifications majeures de la constitution soient mises en place, que des milliers de perquisitions soient menées, que des kilomètres de texte de lois soient votés visant à mettre en coupe réglée tout ce que le citoyen pouvait avoir comme nouvelle liberté – notamment dans le domaine numérique – et réduire encore un peu tout ce qu’il avait encore comme maigres libertés par ailleurs. Trois mois. 

gifa trois mois

Et puisqu’on parle timing diabolique, comment ne pas rapprocher ce qui vient de se passer, les bricolages constitutionnels en cours, et la nomination de Fabius au Conseil Constitutionnel ? Oh, rien de vraiment étonnant puisque cela faisait des semaines qu’on murmurait ce débouché pour le factotum apparemment en charge du ministère des affaires étrangères. Mais quand bien même, on admirera le petit côté cynique du président Hollande qui, d’un côté, fait modifier la constitution par une assemblée à sa botte (ou à peu près, quand elle est présente), et, de l’autre, nomme au Conseil, garant de cette constitution, un ministre qui n’a pas su prouver son innocuité, ni comme premier ministre, ni comme second.

Et enfin, sans doute par l’ironie d’un sort chafouin ou blagueur, on apprend que la République Irréprochable du président pédalophile a été obligée de reporter le procès en fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, ex-ministre du gouvernement Ayrault, pour une question … de constitutionnalité bien sûr.

À mesure qu’ont crû les menaces sur la République, depuis les attentats jusqu’aux pertes de monopoles via internet en passant par l’effondrement de la crédibilité de la parole publique, l’exécutif, suivi de près par un législatif devenu simple chambre d’enregistrement, a été obligé de répondre, avec le seul outil à sa portée intellectuelle, dans un crescendo funeste : d’abord des décrets, des lois, puis des lois organiques et enfin le tripotage plus ou moins massif de la constitution. Incompétent dans trop de choses et maintenant dangereux dans toutes, le pouvoir passe ses nerfs et fait dans l’esbroufe médiatique en allant inscrire son inaptitude jusque dans le texte fondateur de la République…

Décidément, sujette à toutes les torsions et apte à tous les nettoyages, la Constitution est devenue la serpillière du clan Hollande.

hollande ceux qui attendent plus rien

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Source : http://h16free.com/2016/02/11/45720-constitution-la-serpilliere-du-clan-hollande


Fleur Pellerin parle et fait des trucs

mercredi 10 février 2016 à 09:00

Si l’on s’en tient à l’actualité, Fleur Pellerin n’a pas assez de son ministère. Elle a trop de temps libre ou son emploi du temps lui laisse peut-être trop de latitude. Fleur, probablement, s’ennuie. Pour s’assurer un avenir politique, Fleur ne semble pas trop savoir quoi faire…

Alors Fleur dit des trucs. Elle ne fait pas grand-chose, elle ne peut pas. Son pouvoir réel est forcément ténu, compte-tenu de son poste assez accessoire en ces temps de disettes financières, qui entraînent des marges de manœuvres extrêmement limitées. Autrement dit, elle a bien du mal à occuper un peu le terrain médiatique, et c’est logiquement qu’elle choisit d’émettre des sons avec sa bouche pour qu’on la remarque.

L’année dernière, on se souvient de sa tentative assez consternante de récupération des attentats du 13 novembre pour injecter des fonds du contribuable dans certaines salles soi-disant touchées par la désaffection du public. Dans le même temps, le film Made In France, pourtant tout à fait primordial pour illustrer et comprendre les tragiques événements parisiens, ne fut absolument pas soutenu par la même ministre, un peu trop occupée à trouver des ronds pour ses copains en manque…

Courant décembre, elle avait décidé qu’on devait s’intéresser à l’art contemporain dans les lieux de travail, et avait même jugé que, je cite,

«En mobilisant ses directions régionales et centrales, mon ministère accompagnera ce dispositif voué à se déployer sur l’ensemble du territoire.»

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Voili, voilà, en mobilisant tous ces gens, ça va aider, accompagner, tout ça, youkaïdi, youkaïda. D’autant qu’assurément, l’art contemporain est une valeur sûre et réclamée par le peuple français actuellement. Et puis, après « 1 immeuble, 1 œuvre », on pourra faire « 1 autoroute, 1 œuvre » ou « 1 gare, 1 œuvre » et on … Ah on me fait savoir que c’est déjà le cas.

Début janvier, zut, la pression côté rue de Valois semblait redescendre. Il eut été dommage de laisser passer les fêtes sans relancer le bastringue, et, justement, une petite polémique de derrière les fagots se développa promptement pour donner un nouveau sujet d’intervention à la frétillante ministre communicationnelle : le terrorisme est-il soluble dans la nationalité ? Pour Fleur, dont le poste comme ministre de la Culture ne l’empêche nullement d’avoir des avis sur des questions juridiques voire constitutionnelles, la réponse est évidemment sans intérêt, mais en tout cas, elle nécessite absolument de prendre part au débat et de le faire savoir !

On ne s’embête pas au ministère. Pour continuer à occuper les pages glacées des magazines glamour, il faut continuer, sans relâche, à faire parler de soi. À la polémique de début janvier, celle de la mi-mois succéda donc rapidement. Le thème fut rapidement trouvé : au festival d’Angoulême de la BD, patatras, aucune femme n’était sélectionnée ! Pour Fleur, c’est peut-être un souci de représentativité, mais c’est aussi, surtout, une excellente occasion de nous expliquer son malaise :

«En tant que femme ça me touche, en tant que ministre de la Culture, ça me touche aussi.»

Eh oui mes petits amis : lorsqu’on fait une sélection, avec un jury, lorsqu’on choisit « les meilleurs », on doit apparemment et pour respecter les chatons mignons du gouvernement et du politiquement correct, le faire en tenant bien compte du ratio de femmes parmi les auteurs de BD, ainsi que du ratio d’homosexuel, de handicapés, de transgenre, d’auteurs de couleurs et de borgnes à nez tordu. Et si on ne le fait pas, ce n’est pas parce que, dans la sélection, on a fait un choix subjectif de valeur, ce n’est pas parce qu’on a jugé des qualité artistiques et qu’alors, les considérations de sexe, de couleur ou de genre n’entrent plus en considération devant celles de la qualité de l’œuvre soumise. Non. C’est avant tout parce qu’on est sexiste, raciste, homophobe, transphobe, ou nétorduphobe. Dans cette logique, lorsqu’on choisit une BD parce que son thème plait, tout ira d’autant mieux que l’auteur en sera une femme noire. Si c’est un homme blanc, la BD devrait être frappée d’anathème.

racism vs social justice

Au passage, on pourra mentionner, comme le fait fort justement ce billet de NathalieMP, que la polémique angoumoisine tombe à peu près en même temps qu’une autre polémique, tout aussi croustillante, sur la répartition des Oscars hollywoodiens, qui ne seraient pas suffisamment attribués aux Noirs – ce qui est faux, au passage : le nombre de statuettes distribuées sur les 20 dernières années aux Noirs à Hollywood correspond à 13% environ des statuettes en tout, alors que les Noirs représentent à peu près … 13% de la population américaine.

La polémique aurait pu s’éteindre là. Que nenni : rue de Valois, on sait relever des défis ! Par exemple en ajoutant aux débats stériles et à un discours politique agressivement correct une maladresse grossière : Fleur, décidant de récupérer la grogne des dessinatrices non sélectionnées, tente le tout pour le tout et leur distribue une petite médaille. Las. La manœuvre est bien trop grosse, une vraie baleine, et elle s’échoue sur un banc de sable médiatique lorsque la ministre essuie une fin de non recevoir des concernées.

Le problème de ces rebondissements, aussi rigolos soient-ils, c’est que pendant ce temps, la mission essentielle de Fleur semble quelque peu s’étioler.

Rappelez-vous : au départ, l’idée d’un ministère de la Culture est de favoriser la culture française et son rayonnement à l’international. Pas de mettre en avant une ministre, ni de la faire participer à des polémiques plus ou moins oiseuses, ni même de l’en faire provoquer par sa maladresse.

Malheureusement, ce qu’on constate actuellement, c’est qu’au moins un pan entier de la culture française choisit la délocalisation plutôt que l’extorsion fiscale en vigueur dans le pays : on apprend en effet que la production de longs-métrages français a atteint un niveau record, mais les films sont de plus en plus souvent tournés à l’étranger. C’est plutôt ballot : 189 projets de longs-métrages d’initiative française (ellipse pudique pour englober aussi bien des films français que des films étrangers dont un scénariste, réalisateur ou inspirateur est français) ont été recensés en 2015 contre 148 en 2013, ce qui est un niveau jamais observé et une hausse de près de 28%… Mais dont 36% (en semaines de tournage) sont délocalisés, soit 14 points de plus que l’an passé, un niveau jamais vu depuis huit ans.

Autrement dit, les Français ne manquent pas de bonnes idées pour leurs films, mais ils se tournent ailleurs. Et profitent donc aux économies étrangères.

Heureusement, Fleur s’est motivée pour attirer les pontes hollywoodiens en France. Et pour cela, elle n’hésite pas à sortir un argument choc :

« Pour un euro dépensé sur un tournage, il y a trois euros de cotisations sociales.»

Voici qui fouette, non ? Et surtout, voici qui va inciter les producteurs américains à venir ici ! Pensez-donc ! Pour un dollar directement visible sur la bobine, trois dollars partiront en fanfreluche franco-française complètement invisible pour le public ! Comment trouver plus excitant ?

pellerin karaoke : money for nothing

À ce point du billet, une question s’impose presque d’elle-même : sérieusement, à quoi diable sert cette ministre ? Avec l’amoncellement de polémiques des derniers mois, elle parvient à ancrer durablement dans l’esprit du contribuable lucide qu’on la paye essentiellement pour dire des calembredaines ridicules. C’est coûteux.

Et, plus à propos, à quoi sert ce ministère ? En effet, on prétend vouloir une culture française qui rayonne partout. Mais avec tout ce que les contribuables ont déjà versé, elle devrait littéralement exploser toutes les autres concurrences qui, dans leurs pays, ne bénéficient pas d’autant de largesses que chez nous. Or, il n’en est rien. Et pire encore, cela ne se traduit même pas en emplois français.

Bref : une ministre coûteuse et inutile, un ministère qui rate son objectif depuis des décennies et qui crée du chômage… Ce n’est vraiment pas brillant.

En tout cas, à en juger les budgets des ministères de la Culture (7 milliards d’euros) et de la Justice (7,98 milliards d’euros), on peut facilement en conclure que le contribuable sera doté d’une justice et de prisons aussi efficaces que la suprématie de la culture française dans le pays et sur le reste de la planète.

Ce n’est franchement pas rassurant.

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Source : http://h16free.com/2016/02/10/43681-fleur-pellerin-parle-et-fait-des-trucs