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Écologie positive – Et les abeilles ?

jeudi 10 décembre 2015 à 09:00

Article écrit en commun par h16 et Nathalie MP.

Et les abeilles ? Vous y pensez, vous, aux abeilles ? Non ? Eh bien vous devriez ! Parce que d’après Ségolène Royal le 13 avril dernier sur I-télé, « Les Français ont envie de revoir des papillons et des abeilles ». Pour la ministre de l’Écologie, des Petits Oiseaux et des Petites Abeilles, il semble en effet que ces dernières aient disparu.

think of the bees

Plus exactement, Ségolène explique, en vrac, la situation ainsi :

« (ces abeilles) ont dramatiquement disparu et qui sont en voie de réduction dramatique parce que c’est ce qui porte atteinte à la pollinisation. » 

Et de fait, depuis quelques années, la presse s’est largement fait l’écho d’une disparition catastrophique des abeilles domestiques et des autres insectes pollinisateurs dans de nombreuses zones de la planète, soulignant les risques élevés que cela fait courir à nos ressources alimentaires.

Et les médias auraient tort de se priver : les abeilles domestiques ont toujours suscité l’intérêt et la sympathie du public, qui les associe spontanément à la douceur du miel, à l’aspect naturel de sa production, et à l’image paisible et fleurie d’une belle journée d’été. La menace de leur disparition a donc un impact émotionnel fort, au moment où l’apiculture tend même à devenir une activité de loisir très appréciée, aussi bien à la campagne qu’en ville, où il est devenu ultra-tendance d’installer des ruches sur le toit des immeubles. À cela, s’ajoute leur pollinisation du tiers des plantes que nous consommons, et notamment les fameux cinq fruits et légumes que nous devons consommer quotidiennement pour avoir vivrensemble, vitamines, sels minéraux et éco-conscience alimentaire au top de la forme.

Ségolène aurait donc raison ? C’est suffisamment improbable pour qu’on mène l’enquête, d’autant plus que les médias grand public ne se donnent guère cette peine.

ségolène veut revoir des papillons et des abeilles

Premier constat : les chiffres d’effondrement hivernal des colonies d’abeilles parfois avancés à plus de 50 % sont très surestimés, notamment pour l’Europe où les taux 2012-2013 établis par les services de l’Union européenne vont de 3,2 % à 29,3 % suivant les pays. Avec 14,2 %, la France reste dans la marge jugée normale (10 à 15 %). Les taux observés à l’hiver 2013-2014 sont encore plus bas.

Comme souvent lorsqu’elle cherche un coupable présentable pour jouer sur les peurs et les émotions de l’opinion publique, l’écologie médiatique (rejointe par des parlementaires vibrant d’écologisme électoral) s’est jetée avec délice sur les pesticides à base de néonicotinoïdes produits par les grandes firmes agrochimiques mondiales, tels que le Gaucho de Bayer (Allemagne) et le Cruiser de Syngenta (Suisse). Un autre produit chimique, le Fipronil commercialisé sous le nom de Régent TS par BASF(Allemagne), est également concerné.

Et de fait, la Commission européenne a décidé en 2013 d’interdire pour deux ans trois molécules de la famille des néonicotinoïdes. À partir de fin 2015, elle « entamera (…) un examen des nouvelles informations scientifiques qu’elle aura reçues.» En France, gold plating oblige, cette disposition européenne a été complétée par un amendement qui interdit tout usage de tout néonicotinoïde à partir du 1er janvier 2016.

Bien sûr, cela n’empêche pas une partie des acteurs de la vie écologique et apicole de se lamenter sur le trop faible rayon d’action du moratoire, pendant qu’une autre partie (les industriels phytosanitaires, la majeure partie de la communauté scientifique et même de nombreux apiculteurs), moins émotive et plus scientifique, commence à faire remonter des informations sur ce syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, qui apparait plutôt comme un phénomène multi-factoriel dans lequel les pesticides ne joueraient qu’un rôle secondaire.

gifa bees exploding

Il faut dire que malgré les interdictions de ces pesticides, la récolte 2014 de miel est tombée à 10 000 tonnes(*) en France (pour 14 800 tonnes en 2010), alors même que la mortalité des colonies d’abeilles en sortie d’hiver était conforme à la normalité, soit environ 10%. Selon Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles :

L’action des pouvoirs publics s’est concentrée sur le facteur « pesticides » en oubliant le reste, à commencer par la ressource florale et le volet sanitaire. Force est de constater que c’était une erreur.

D’autant plus que la mortalité de masse des abeilles n’est pas nouvelle et qu’elle est documentée depuis l’Empire romain, où elle était déjà normalement située aux alentours de 10 à 15%. Au Moyen-Âge, de nombreux effondrements sont signalés et à la fin du XVIIème siècle, les causes identifiées -– mauvaises conditions météorologiques et parasites –- sont l’objet d’études attentives.

Selon un rapport publié récemment par Coralie van Breukelen-Groeneveld, Directrice du Centre de Protection des Abeilles de Bayer, il n’existe pas de données statistiques confirmant le déclin des colonies d’abeilles dans le monde. On assisterait même plutôt à une légère croissance depuis les années 1960, même si des effondrements inhabituels sont observés en Europe et en Amérique du nord.

Quant à la recherche scientifique, elle cite en premier un acarien parasite des abeilles, le varroa destructor, qui tue aussi bien les adultes que les larves, et qui transmet également un certain nombre de virus très hostiles aux abeilles. Face à ce type de menace, il convient de désinfecter systématiquement les ruches avant réutilisation et d’appliquer ensuite des traitements vétérinaires adéquats, proposés par l’industrie phytosanitaire depuis plusieurs années. Cependant, la recherche continue. Depuis 2004, il faut ajouter à cela la prédation du frelon asiatique qui pénètre dans les ruches et se nourrit tant du miel que des larves et des ouvrières. Contrairement à leurs consœurs d’Asie, les abeilles européennes n’ont pas développé de défenses à son encontre. Là encore, la recherche phytosanitaire est à la manœuvre.

gifa oprah bees

Au-delà de ces aspects spécifiques et récents, on peut aussi noter la déstabilisation de l’apiculture depuis la révolution verte des années 1970 qui, par extension des monocultures intensives sur des milliers d’hectares, a profondément transformé l’organisation de nos paysages. Fini les multiples petits champs bordés de bandes herbeuses et florales où nos abeilles se retrouvaient pour papoter et butiner. Confrontées à un durcissement de leur environnement, constitué de vastes étendues sans fleurs, elles peinent à trouver leur nourriture. Ici, la remédiation consiste à rétablir autant que possible des bandes florales autour des champs, et à fleurir largement tous les espaces publics disponibles. La proposition de Ségolène Royal de retarder le fauchage des bords de routes va dans ce sens, à condition qu’il s’agisse bien de bordures comportant des fleurs, et pas seulement des graminées.

Dans ce tableau clinique, on arrive enfin à la délicate affaire des néonicotinoïdes.

Introduits dans l’agriculture vers le milieu des années 1990 pour aider à la protection des récoltes avec un pesticide plus simple, plus favorable à l’environnement et moins toxique pour l’homme que les produits antérieurs, les néonicotinoïdes sont appliqués une fois sur la semence à l’automne et protègent la plante pendant toute sa croissance, sans vaporisation foliaire supplémentaire.

Pour les ONG environnementales, des poussières imbibées de produit seraient diffusées dans l’air au moment de l’ensemencement. La haute neurotoxicité du produit pour les insectes agirait donc aussi sur les abeilles qui, désorientées, n’arriveraient plus à regagner leur ruche et en mourraient. Diverses études scientifiques (comme celle de Henry et al. 2012) ont tenté de répondre à cette question, mais en dépit de tout le sérieux consacré à ces travaux, de nombreuses critiques ont montré que les expériences avaient peu de rapport avec les conditions de vie réelles des abeilles et qu’elles avaient été exposées à des dosages bien supérieurs à ce qui se passe en plein champ.

Bien que ces études aient motivé le moratoire mis en place, il apparait de plus en plus que ces néonicotinoïdes, pour peu qu’ils soient utilisés correctement, sont loin de représenter un facteur important des effondrements des colonies d’abeilles constatés en Europe et aux États-Unis, où le Président Obama a justement demandé une étude spécifique sur le sujet.

Or, la conclusion du rapport rendu en septembre 2014 est très nette. À la question « Is Varroa Destructor or Neonicotinoid Pesticides Responsible for Bee Health Decline? » (Le Varroa Destructor ou les pesticides néonicotinoïdiques sont-ils responsables du déclin de la santé des abeilles ?), le rapport conclut (page 20) :

The state of the science makes clear that (1) Varroa destructor is, by far, the greatest threat to bee health; and (2) Neonicotinoids used according to regulatory requirements pose little threat to bees.
L’état de la science montre de façon clair que (1) le Varroa destructor est, de loin, le plus grand danger pour la santé des abeilles, et (2) que les néonicotinoïdes utilisés dans le cadre spécifié causent peu de dangers aux abeilles.

L’obsession européenne centrée sur la culpabilité des néonicotinoïdes est donc non seulement inefficace, car l’interdiction des ces produits ne changera rien à la situation des abeilles, mais elle est aussi dangereuse dans la mesure où des récoltes importantes sont menacées.

À l’automne 2014, à l’issue d’une saison agricole parfaitement normale du point de vue météo (mais sans néonicotinoïdes du fait du moratoire) on a observé la destruction de 20 à 50 % des récoltes de colza en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni. Paradoxalement donc, en interdisant ces pesticides, on provoque une nouvelle situation de stress pour les abeilles, le colza, plante à fleurs, étant en effet un de leurs habitats privilégiés ! Encore un exemple de politiques désastreuses basées sur des actions scientifiquement mal-fondées d’activistes de l’écologie médiatique niaisement anti-capitaliste.

Remarquons enfin, comme on peut le lire dans la conclusion d’un rapport de 2014 de l’Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority, qu’en Australie, pays utilisateur des néonicotinoïdes à grande échelle et complètement à l’abri du varroa destructor en raison de sa stricte politique sanitaire, les colonies d’abeilles ne sont pas en déclin.

gifa simpsons bees

Conclusion

Mieux que personne, les écologistes et les ONG environnementales devraient être sensibles à l’aspect systémique du monde ce qui rend étonnant, voire suspect, leur attitude sans recul pour désigner une seule cause possible de l’effondrement des colonies d’abeilles, les pesticides néonicotinoïdes, quitte à en exagérer tous les défauts pour crédibiliser leur thèse.

Leur orientation systématiquement anti-industrie finit par occulter la réalité du terrain et nous entraîne dans des politiques inadaptées, provoquant même des pertes de production agricole qui s’avèrent néfastes pour les abeilles qu’on déclarait vouloir sauver.

Reste, heureusement, de bonnes nouvelles !

La première, c’est que la baisse est loin d’être aussi catastrophique que ce qui est rapporté par les écologistes. Il existe en outre des méthodes de réparation, d’autant plus faciles à mettre en œuvre qu’on a bien identifié l’aspect multi-factoriel des problèmes.

La seconde, c’est que les abeilles en ont vu d’autres depuis quelques millions d’années, ne sont pas en déclin au niveau mondial, et seraient même plutôt en légère augmentation.

—-

(*) Encore que ces chiffres (production, nombre de ruches, taux d’effondrement) soient complexes à obtenir. Par exemple, selon les sources Le Monde et notre-planète.info, la production fut de 10 000 tonnes en 2014, mais tandis que Le Monde fixe le nombre de ruches à 1,3 millions, planète-info.fr n’en compte que 650 000 et indique que des milliers d’autres petites coquines échappent aux recensements.

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Source : http://h16free.com/2015/12/10/43064-ecologie-positive-et-les-abeilles


Quant à Sapin, il aime bien la délation

mercredi 9 décembre 2015 à 08:55

Deux semaines à peine se sont écoulées depuis la découverte par Bercy qu’on pouvait faire passer, avec un cynisme assez décontracté, le tabassage fiscal pour de la lutte contre le terrorisme. Cependant, la lutte contre le terrorisme ne peut pas tout excuser et il faut parfois en revenir aux bonnes vieilles méthodes éprouvées pour faire rentrer l’argent dans les caisses. Parmi celles-ci, la délation occupe une bonne place.

Ah, la délation ! Cela faisait longtemps que Bercy n’y avait plus eu recours.

Oh, la dénonciation fonctionnait toujours et a sans aucun doute permis à l’un ou l’autre des inspecteurs du fisc de faire quelques belles prises, mais elle n’était pas directement récompensée par l’administration qui, faussement pudique, indiquait il y a quelques temps que « les dénonciations anonymes, reçues par l’administration fiscale, ne sont jamais exploitées » (ben voyons) et que seuls « les signalements effectués de façon non anonyme peuvent donner lieu à une enquête s’ils font état de faits graves décrits avec précision ».

Mais actuellement, la bonne grosse délation, celle motivée par l’appât du gain en plus de la satisfaction très particulière de voir un ennemi se faire étriller fiscalement, a été suspendue il y a une dizaine d’années. Heureusement, les petits soucis financiers de l’État se faisant plus aigus, et le pouvoir socialiste n’écartant aucune bassesse pour parvenir à rester en place, Sapin et ses fines équipes de Bercy étudient très sérieusement le retour de la dénonciation rémunérée.

valls contre les terroristes de l'impôt

Pour Sapin, la délation est en effet une solution pratique qui permettrait de remettre dans le rang les moutontribuables un peu trop épris de liberté et encore bercés de l’illusion que le gain de leur travail leur appartient vraiment (les cons). Il a même poussé l’explication jusqu’à préciser comment devraient être rétribué les délateurs, tant que les informations fournies permettent d’effectuer des redressements fiscaux : pour Michel, ce serait assez chouette d’avoir plutôt un montant forfaitaire, en rappelant tout de même que « Tout ça doit être calé en termes de procédures ». Ce serait dommage de faire un peu n’importe quoi n’importe comment. C’est important, la loi, la morale, l’éthique, la justice, l’équité, la probité, tout ça. N’est-ce pas.

Le détail n’est bien sûr pas encore connu, mais on se laisse ici à imaginer les différents forfaits que Bercy mettra en place pour attirer les meilleurs (délateurs) à lui : intérêts cachés ? 250€, mon bon monsieur. Fortune dissimulée pour échapper à l’ISF ? Un forfait de 1000€, et n’en parlons plus. Fraude à la TVA ? Si c’est un petit artisan, 250€ ; un patron de PME ? 500€. Plus gros ? On va voir ce qu’on peut faire, mais tenez, prenez 1000€. Si vous pouvez aider à coincer un élu de l’opposition ? Alors là, c’est une mallette de petites coupures non marquées, et un déjeuner en tête-à-tête avec le patron (Michel, pas François – vous ne verrez ce dernier que si vous faites tomber Sarkozy). Bref : on attend avec impatience la grille tarifaire officielle.

Notez en revanche que s’il vous venait la fantaisie d’utiliser cette nouvelle facilité de délation pour un organe de presse, fût-il en ligne, fût-il ouvertement en délicatesse avec le fisc et ce pour plusieurs millions d’euros, votre démarche n’aboutirait pas. Pour les cas de complications fiscales sur des médias qui ont, de surcroît, largement démontré leur utilité pour le pouvoir en place, la gestion du dossier se fera directement à l’Assemblée qui pourra voter, en catimini et en ordre resserré (à 11 voix contre 10), une jolie amnistie effaçant prestement l’ardoise. C’est aussi ça, la démocratie et l’égalité fiscale à la française.

Edwy Plenel : heureusement que tu n'as pas tout misé sur le journalisme !

Pour ceux qui attendent de pouvoir se faire un petit revenu d’appoint en ces périodes délicates, ne vous inquiétez pas : le projet pourrait être présenté au parlement au printemps prochain dans le cadre de la loi Sapin 2.

Ce sera, on s’en doute, un chef-d’œuvre de législation ciselée dans le bon goût, le respect du droit et de la morale, tenant bien évidemment compte de tous les petits couinements stridents des habituels moralisateurs de Prisunic, à l’instar d’un Yann Galut, toujours député, toujours socialiste, qui voit deux problèmes : celui du trop-plein de délations (« encourager les personnes à déclarer contre rémunération, c’est prendre le risque de créer de fausses alertes ») qui ne surprendra personne dans un pays où la rigueur fiscale est chevillée au corps de chaque contribuable, et celui du lucre trop facile car « les indics ne doivent pas se transformer en chasseurs de primes ». En outre, avec tous les petits problèmes actuels de trésorerie distendue, il semble logique de ne pas ralentir le pas de l’administration dans sa chasse aux petits porte-monnaies délaissés.

Mieux encore : avec la prochaine fiscalisation des revenus tirés des sites collaboratifs (plate-formes où des particuliers peuvent mettre à disposition matériel, proposer des services ou partager un véhicule moyennant paiement), on sait déjà qu’une horde de frétillants délateurs va pouvoir s’abattre sur le Français lambda qui croyait naïvement faire preuve de vivrensemble en louant son taille-haie au voisinage. Alors qu’en réalité, tout le monde sait maintenant que tous ces revenus de toutes ces plateformes forment un gros bloc de Manque-À-Gagner qui agit comme une épine dans le fondement du budget de l’État.

Bref, on l’a compris, la délation revient, et ses champs d’application s’étendent à nouveau. Quelle bonne nouvelle, cette France qui s’espionne elle-même ! Quelle superbe mentalité, cette instauration officielle de la guerre de tous contre tous ! Car si elle n’est vraiment pas efficace pour souder un peuple, elle permet en tout cas aux élites de rester en place par application du « Diviser Pour Mieux Régner » digne des plus belles pages de Machiavel ou Sun-Tzu.

Le danger, bien sûr, est qu’à mesure que cette ambiance délétère s’étend, à mesure qu’on sabote doucement les opportunités des uns et des autres d’arrondir leurs fins de mois par des procédés relevant du commerce direct entre adultes consentants, à mesure qu’on insère l’État partout et, pire, qu’on incite chacun à l’y fourrer partout où il ne se trouverait pas déjà, à mesure qu’on pervertit le cœur de tous en remplaçant la confiance par la suspicion systématique, on construit un avenir fort sombre pour ce pays.

Qui à mon avis est foutu.

snitching

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Source : http://h16free.com/2015/12/09/43137-quant-a-sapin-il-aime-bien-la-delation


Valls et Cazeneuve installent doucement les outils de l’état policier

mardi 8 décembre 2015 à 09:00

Certes oui, le premier tour des élections régionales vient de s’achever sur une cuisante déroute pour le Parti Socialiste, et pire encore pour les parangons de morale et de vertu qui peuplent ses rangs, par une victoire éclatante du Front National. La semaine d’entre deux tours sera donc entièrement consacrée aux jérémiades plaintives de la classe jacassante, affairée à trouver des raisons de cet énorme camouflet qu’elle persiste à croire immérité. Mais pendant tout ce barouf formidable, le gouvernement, lui, ne s’en fait guère. Il a toujours les mains très très libres.

Et ça tombe bien parce que voyez-vous mes petits amis, la situation française est toujours aussi tendue : des éléments perturbateurs, des individus contestataires, parfois armés, n’hésitent pas à tenir réunions, à manifester voire à s’organiser pour contester le pouvoir en place, et je ne parle pas seulement de ces malheureux citoyens égarés qui votent Front National, mais aussi de ces évidents terroristes qui massacrent par douzaines ou qui tentent l’écologie alternative et le rassemblement interdit place de la République.

Car si la France est toujours en état d’urgence, ce n’est pas pour rien : bien sûr, il y a bien quelques unes de ces personnes radicalisées qui menacent le vivrensemble, mais il y a aussi des douzaines d’autres agités qui, eux, menacent le pouvoir par leur insupportable dissidence. Les perquisitions, les gardes à vue, les interpellations musclées et les descentes de police prennent alors tout leur sens dans un pays qui ne rêve manifestement que d’une chose : de l’ordre, de la sécurité, et pas un papier gras qui dépasse.

Dans ce cadre et à l’évidence, des actions de police de terrain et de longue haleine seraient probablement efficaces. Infiltration, renseignement, recoupage et analyse par des équipes entraînées sont les mamelles naturelles d’un État guidé par sa mission régalienne de sécurisation du cheptel contribuable. Cela entraîne aussi le besoin fort d’un État efficace dans sa justice, qui poursuit les criminels, ceux que la société condamne sans ambiguïté, et ne s’occupe pas des petits fripons que des lois mal torchées produisent à la tonne. Bref, toute une panoplie d’actions concrètes que la fine équipe au pouvoir actuellement fuira avec application.

Privée de toute action opérationnelle réaliste, le gouvernement n’entend cependant pas abdiquer son pouvoir de nuisance. C’est pourquoi les services du ministère de l’Intérieur envisagent avec calme et obstination de nombreuses mesures pour faire semblant de protéger les citoyens, tout en s’octroyant des camions entiers de moyens techniques pour leur sucrer leurs libertés : coupure obligatoire de tout réseau Wifi ouvert, blocage des réseaux d’anonymisation et fourniture des clés de chiffrement des messageries font partie de ces lumineuses idées actuellement en cours d’étude dans la maison Cazeneuve.

security level defcon 1

Oui parce que vous comprenez, l’état d’urgence, c’est bien joli, mais ça ne suffit pas, et ce, d’autant plus lorsqu’il devient la règle, la norme : moyennant la révision constitutionnelle actuellement dans les tuyaux, on va pouvoir gommer les petits soucis que pourrait créer un assigné à résidence en posant une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil Constitutionnel.

Et une fois ce petit patch posé, on pourra continuer sur la lancée sans plus se faire arrêter par le Conseil Constitutionnel le moindre scrupule. Et en avant pour le GPS obligatoire sur les voitures de location (pas pour aider le client, plutôt pour aider la police, hein). Et en avant pour le croisement de tous les fichiers de données personnelles détenues par l’État, parce que la gestion des données personnelles, c’est vraiment un domaine où il fait référence, le bougre. Et en avant l’interdiction des connexions Wifi libres et partagées, et en avant la fermeture des connexions Wifi publiques parce que tout le monde sait que les terroristes se bousculent sur ces réseaux ouverts ! Et puis surtout, en les fermant ainsi, la police croit forcer les utilisateurs à avoir une identification claire, bien plus facile à tracer comme il faut dans une République où ceux qui n’ont rien à se reprocher n’ont par définition rien à cacher.

Mais on peut aller plus loin : et si on interdisait et qu’on bloquait les communications des réseaux TOR en France ? Peu importe que, techniquement, cela ressemble fort à une gageure à la graisse d’Hadopi mignon, cette mesure enverra un signal fort et clair aux vilains et aux méchants qui, comme tout le monde le sait, se retrouvent sur ces réseaux pour fomenter leurs abominables complots. Bon, cela enverra aussi un autre signal, dans la catégorie « France, Iran, Chine, Corée du Nord : même combat », mais ce message est de toute façon en train de pulser de plus en plus fort à chaque mouvement cadencé du menton de Manuel, à tel point qu’outre-Atlantique, la France passe maintenant pour une des démocraties occidentales les plus avancées dans l’antilibéralisme. Alors finalement, un peu plus, un peu moins, ça ne fera plus guère de différence.

Et puis tant qu’à faire, on peut aussi forcer les éditeurs d’applications Voix sur IP (la téléphonie sur internet) à fournir les clés de déchiffrement de leurs applications, et permettre ainsi aux forces de l’ordre d’espionner vos conversations sans trop vous gêner ni vous extirper de force vos mots de passe personnels, le waterboarding n’étant pas encore cautionné par le vivrensemble républicain (mais le gouvernement y travaille).

privacy security

Vous voyez, pas de quoi en faire un drame : ce n’est pas parce qu’on est grossièrement incompétent et qu’on n’a finalement aucune idée, même vague, de ce qu’il faudrait faire pour endiguer le terrorisme et répondre aux demandes des Français, qu’on est aussi complètement à court d’idées idiotes, contre-productives et liberticides ! Comme le font actuellement les membres du gouvernement, on peut fort bien cumuler.

Et à tous ceux qui, naïfs ou idiots, continuent de croire que tout ceci n’est qu’une petite fantaisie passagère, à tous ceux, plus nombreux encore, qui persistent à souscrire à la fadaise pratique du « Il faut bien ça pour lutter contre les vilains », regardez bien la vitesse à laquelle chacune de ces propositions arrive sur la table, celle à laquelle chacune de vos libertés passe à la trappe, celle à laquelle chaque perquisition abusive s’ajoute à la précédente.

Toujours confiant ?

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Source : http://h16free.com/2015/12/08/43105-valls-et-cazeneuve-installent-doucement-les-outils-de-letat-policier


Régionales 2015 : la France est sauvée !

lundi 7 décembre 2015 à 09:00

Plusieurs régions maintenant confrontées à un scrutin triangulaire, favorable au Front National ; des scores jamais vus pour le parti de Marine Le Pen, des leaders d’autres partis aux mines déconfites, aux discours consternants de vacuité et à l’œil marqué de soubresauts que seule la panique explique bien… C’est donc une déroute sans nuance pour le Parti Socialiste, un honorable sauvetage des meubles pour Les Républicains, et à l’inverse une puissante montée du Front National alors que l’abstention, comparée aux précédents scrutins régionaux, ne permet même pas de mettre ces scores sur le dos de militants absents.

gifa - hollande vote de travers

Ces constatations établies, quels enseignements peut-on tirer de ce scrutin, si tant est qu’on puisse tirer quoi que ce soit de cette approximation de démocratie, dans un pays sous tension et surtout totalement polarisé sur des questions quasiment choisies hors de toutes considérations des problèmes concrets et réels vécus par les électeurs eux-mêmes ?

Un élément important, bateau certes mais qui nécessite d’être rappelé, est que le prochain profil des nouvelles « super-régions » accordera finalement moins de postes aux habituels politiciens du LR et du PS. En somme, le pays devra supporter un peu moins d’apparatchiks recyclés.

Ceci entraîne une conséquence évidente pour les deux partis historiques puisque ces pertes de postes provoquent mécaniquement une baisse des fonds disponibles (les élus étant traditionnellement invités à leur reverser une partie de leurs indemnités). On peut même imaginer ici un cercle vicieux où plus un parti perd des postes, moins il a de fonds et moins il peut faire entendre ses passionnantes idées politiques, accroissant ainsi ses risques de perdre encore des postes, etc…

Parallèlement, cela donne aussi un regain de puissance au FN. D’une part, par le même mécanisme évoqué, sur le plan financier, chaque frétillant nouvel élu venant abonder aux caisses du Front. D’autre part, parce que le succès politique séduit inévitablement les requins. Petit-à-petit, ce parti peut espérer, avec ses récentes victoires, attirer à lui des têtes pensantes un peu plus affûtées au petit jeu politique et s’éviter ainsi ces candidats qui le gênent dans sa course au pouvoir par leurs déclarations ridicules (encore qu’avec celles de Marine Le Pen, régulièrement consternantes, on comprend qu’il y a une solide marge de manœuvre avant d’impacter vraiment négativement la montée du parti).

On le comprend : ces victoires du Front National, mêmes partielles, provoquent bien des soucis pour les autres partis en place, en plus de « normaliser » un parti qui a longtemps agi comme un repoussoir.

Car oui, voilà bien le principal enseignement de ce scrutin, au-delà des petites bidouilles d’appareil politique : le constat fort inquiétant de l’incroyable nullité du Parti Socialiste et, dans une mesure à peine moindre, des Républicains en face. Encore une fois, l’évidence est cruelle mais doit être rappelée : le Front gagne d’autant mieux que ses adversaires sont de plus en plus mauvais.

Bien sûr, on doit accorder un certain succès aux efforts évidents de Marine Le Pen de gauchiser le discours de son père pour en faire une chose ratissant progressivement si large qu’elle épuise même les rangs du NPA ou du parti mélenchonesque. Mais indépendamment, ce qui aurait dû être un signal clair pour la gauche et la droite traditionnelles de reconstruire un discours cohérent, bâti sur des fondations idéologiques solides (conservatrice pour l’une, progressiste pour l’autre), n’a pas été entendu : ils furent d’abord médiocres, ils sont maintenant pénibles, nuls, déplorables, consternants, voire odieux.

gifa - cat - gramophoneIl n’est qu’à voir l’actuel premier secrétaire du bateau ivre socialiste pour bien comprendre : Cambadélis répète ainsi comme un gramophone des formules éculées depuis trente ans (les heures les plus sombres, les amalgames, les valeurs socialistes, l’abomination vichyste, etc.) comme si les dernières décennies n’avaient pas eu lieu, comme si les réseaux sociaux n’existaient pas, comme si la pensée actuelle ne s’accommodait pas de plus en plus mal des slogans tous faits et de plus en plus bas de plafond, et surtout comme si les dirigeants socialistes avaient vraiment épuisé toutes les misérables ressources de leur intellect pour répondre à la montée du Front.

Eh oui : le Front National, si l’on met de côté quelques rares individualités, a bien de mal à attirer à lui autre chose que des cinquièmes roues de carrosse et de parfaits inconnus au bagage minimaliste, mais il n’en reste pas moins capable d’infliger une bonne branlée de magnitude 9 au Parti Socialiste qui, théoriquement, est une machine à élections depuis des années. Cela en dit long sur le personnel politique français, ou plus exactement son total remplacement par une bande de sous-fifres politiquement limités.

Ceci posé, il ne faut pas perdre de vue que nous parlons ici d’élections régionales. Manifestement, aux mines déconfites de certains, on comprend que la défaite est très amère, mais il n’en reste pas moins que du point de vue de l’électeur lambda, et tout autant du contribuable, ces élections restent définitivement des escarmouches, une façon pour eux d’égratigner un peu les uns et les autres, sans pour autant que la donne change fondamentalement dans le pays.

Car les régions, ce sont des lieux de pouvoir politique parce qu’il y a un budget attaché. C’est, certes, une façon pour ceux qui sont élus d’obtenir une visibilité médiatique en plus d’émoluments grassouillets, mais en termes de pouvoirs effectifs, on reste dans la compétence mineure : un peu de gestion des lycées, un peu d’infrastructure — les TER, quelques routes — les fonds régionaux, et un peu d’ « investissement » public pour les entreprises du cru, ainsi qu’une petite fanfreluche culturelle, bref, on est loin d’un réel pouvoir législatif, très loin d’un ministère, à des années-lumières du pouvoir exécutif.

Autrement dit, si le pouvoir du Front National dans la vie politique vis-à-vis des autres partis augmente clairement, pour le reste, son pouvoir pratique dans la vie des Français ne change guère. On peut même assez facilement imaginer qu’il y aura de multiples tensions au niveau des départements ou des municipalités opposées avec une multiplication des obstructions diverses et variées. En somme, même avec le basculement maintenant prévisible de plusieurs régions au FN, même si certains, sentant ce basculement, pourraient s’écrier « La France est sauvée ! », en pratique, rien ne changera et on peut même facilement parier que les différences avec les précédentes majorités régionales seront marginales.

De tout cela, on pourra conclure un « tout ça pour ça » désabusé mais pas étonné. Ne vous réjouissez pas trop vite cependant : nous sommes en France, dans ce pays où toute la classe jacassante (politique et médiatique) se gargarise de démocratie et de voix du peuple, mais qui, éminemment conscientisée et tremblante à la vue de cette poussée frontiste, va maintenant pleurer dans toutes ses colonnes, dans toutes ses interviews et dans tous ses meetings à l’abominable menace que la nouvelle donne représente. Ce faisant, elle va saouler un peu plus les électeurs lassés d’être, encore une fois, pris pour des enfants capricieux et incultes.

M’est avis que tout ceci va très bien se terminer.

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Source : http://h16free.com/2015/12/07/43071-regionales-2015


Grenoble : une austérité si violente, une gestion si marrante

dimanche 6 décembre 2015 à 11:00

L’austérité touche tout le monde en France, c’est une évidence, mais elle ne frappe pas partout pareil. En première analyse, tout semble indiquer que plus on s’éloigne des collecteurs d’impôts, plus cette austérité sévit.

Ainsi, elle touche violemment les classes laborieuses, les entrepreneurs, les classes moyennes, bombardées de ponctions. Elle touche aussi un peu l’État au travers de ses domaines régaliens. C’est déjà moins vrai lorsqu’on s’éloigne de ces domaines. Et quand on aborde les communes et les collectivités territoriales, eh bien disons que l’austérité prend un sens différent, alternatif. Voire citoyen et festif, par moment.

hidalgo julliard cannes austérité mairie paris

Une partie donc de notre classe politique s’est lancée dans un effort sémantique hors du commun afin de redéfinir complètement les contours et le sens du mot austérité. Pour l’illustrer, difficile de trouver meilleur exemple que celui de la communauté de Grenoble dans laquelle sévit Eric Piolle, le frétillant melon d’eau Europécologilévers en charge de la municipalité.

Eric, c’est un peu un habitué de ces colonnes. Arrivé à la tête de la ville suite aux élections municipales de 2014, cet actionnaire-fondateur d’une société de gestion des risques financiers aux clients basés dans des paradis fiscaux, ce militant prônant en toute cohérence l’exclusion des banques en lien avec ces paradis fiscaux fera rapidement parler de lui dans les journaux locaux puis nationaux en se lançant dans d’intéressantes diatribes contre la méchante publicité qui défigure sa ville, qui a grand besoin de panneaux d’affichages « libres, culturels et citoyens » et qui pourra donc évidemment se passer de l’argent qui proviendrait de JCDecaux, turbocapitalistes apatrides mondialisés.

Pour une ville déjà endettée de 553 millions d’euros, 600.000 euros de plus ou de moins sont une broutille et le maire sait comment se passer de cet argent.

Car il faudra bien s’en passer, et d’autant plus vite que la situation est extrêmement tendue, de l’aveu même de ce maire au taquet pour aider le Grenoblois, ses finances et sa douceur de vivre rythmée par le tacatac discret des fusillades citoyennes. La principale cause de cette précarité financière est d’ailleurs très simple : pour notre Eric de combat, ce sont ses prédécesseurs de droite comme de gauche, qui sont responsables, bien sûr, évidemment, sans aucun doute. Et tout aussi sûr, évidemment et sans doute, la baisse de dotation de l’Etat qui refuse de laisser les pipelines de pognon déverser la manne publique dans une ville aux abois.

« …avec les 20 millions de baisse de dotation, 9% de notre budget, cela nous fait passer sous la ligne de flottaison. (…) Nous étions tous en train de crier au scandale quand Sarkozy gelait les dotations : finalement, ce que Sarkozy rêvait de faire, Hollande l’a fait. »

Zut alors. Le changement, c’est embêtant : ce n’était pas prévu comme ça et ça oblige à se contorsionner comptablement pour que les petits sous rentrent, ou, plus pragmatiquement, qu’ils sortent moins vite. Enfin, pas trop non plus, il ne faudrait pas verser dans le dogmatisme, n’est-ce pas. Concernant la masse salariale de la mairie, ne pas remplacer les départs en retraite n’est donc pas exactement à l’ordre du jour :

« Ce n’est pas un dogme : on les remplace là où il y en a besoin mais c’est d’abord un choix politique, pas une règle. Et la masse globale salariale, elle, restera identique entre 2014, 2015 et 2016. »

Mais pour sensibiliser le citoyen grenoblois, pour bien lui farcir conscientiser la tête des petits soucis de trésorerie d’une mairie qui semble faire d’étranges efforts de gestion, le maire a tout de même une idée : fermer une journée ses services publics. Eric Piolle est un petit malin : en parfaite application du syndrome du Mont Rushmore, il décide d’associer les « économies » et les difficultés financières de sa ville avec la partie la plus visible (mais vraiment pas la plus coûteuse) des services dont il a la responsabilité, histoire d’impacter (négativement) un maximum de personne. Habile opération de pure communication qui a vu, le 25 novembre dernier, les élus de la majorité municipale devant les bâtiments municipaux fermés pour « redire que ces politiques récessionnistes impactent la vie quotidienne des gens », et en avant, luttons mes camarades, lancez la fanfare.

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Bizarrement, ce « pipeau » (selon les termes de Jérôme Safar, candidat malheureux du PS aux dernières municipales) ne convainc guère. Il faut dire qu’il y a des éléments troublants qui persistent à laisser penser qu’en réalité, le brave Eric serait plutôt dans la communication et l’agitation politique assez représentative de ces bouffons écologistes qu’on trouve un peu partout en politique française. En réalité, si les finances de la ville sont effectivement tendues parce que la gestion de la municipalité a été, pendant de nombreuses décennies, parfaitement indigente, il n’en demeure pas moins que des marges de manœuvre existent vraiment, sans avoir à fermer unilatéralement piscines et crèches pour emmerder le citoyen.

Et j’en veux pour preuve cet intéressant petit article de France-3 région qui, entre deux subventions grassouillettes, parvient tout de même à fournir une information au lecteur éventuel.

L’article relate la « Journée des Tuiles », fête donnée en commémoration de l’émeute du 7 juin 1788 au cours de laquelle des habitants de Grenoble s’étaient levés contre un régiment en leur lançant des tuiles, et qui a été organisée par la mairie et tenue le 6 juin dernier : du matin au soir, les cours Jean Jaurès et de la Libération sont devenus piéton avec les habituels bateleurs, troubadours et autres chansonniers guitarisant, chars décorés et attractions festives, le tout malgré la pluie.

gifa party hard girafe

Or, cette fête devait au départ et selon le budget prévisionnel de la ville, coûter entre 160.000 et 200.000 euros. Cependant, d’un naturel curieux (et très obstiné), Olivier Dodinot, un kiné de Mens (Isère) s’est acharné pour obtenir les comptes effectifs relatifs à cette fête. Entre juin et septembre, il a adressé cinq demandes consécutives par e-mail à la Ville, sans réponse, ce qui l’a obligé à en passer par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA). Le 26 novembre, le lendemain de l’action Fermeture de Piolle, la réponse parvient à notre contribuable, avec la facture détaillée.

Surprise : ce sont plus de 350.000 euros qui furent festivement claqués dans cette belle maîtrise budgétaire. Oh. Zut alors. Cela nous fait 75% de dépassement. Pour une ville qui croule sous des millions d’euros de dette, qui voit ses dotations s’assécher, dont le maire couine pour faire comprendre l’abomination dans laquelle il vit, voilà qui est particulièrement ennuyeux.

Allons plus loin : si, sur une fête organisée de bout en bout par la mairie, normalement parfaitement au courant de l’aspect tendu des finances locales, un tel dépassement est possible, que peut-on raisonnablement dire du reste de la gestion de la municipalité ? La désinvolture de la gestion des panneaux publicitaires, autre exemple d’erreur budgétaire évidente, n’augure rien de bon.

Et plus généralement, si l’on se rappelle que les cris d’orfraie du maire de Grenoble sont des répliques identiques à celle des autres maires des autres communes surendettées et très mal gérées, on comprend que cet exemple de gestion parfaitement inepte et démocratiquement, festivement jmenfoutiste n’est pas une exception, mais une règle dans cette République. Dès lors, puisque même en période de disette financière, les bateleurs, les troubadours et autres intermittents de la gestion en bon père de famille continuent d’opérer à plein régime, on sait que rien ne changera, et une seule conclusion s’impose.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/12/06/43036-grenoble-une-austerite-si-violente-une-gestion-si-marrante