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Méchants, méchants pesticides : la ridicule croisade du Monde

dimanche 27 mars 2016 à 11:00

Nos certitudes écologiques semblent tous les jours amoindries par les travaux scientifiques, les découvertes récentes et l’esprit critique qui refuse de laisser le champ libre aux certitudes dogmatiques et ce  malgré un travail de sape permanent d’une presse bien décidée à nous vendre de la catastrophe. Heureusement,  de fiers capitaines restent droits dans la tempête de doutes qui s’abat sur eux et continuent, vaille que vaille, à distiller leur idéologie décroissante, altercomprenante et gravement éco-conscientisée.

feth.jpgEt dans ces capitaines de navires en perdition, comment passer à côté de Stéphane Foucart du Monde ? Fermement accroché à la barre d’un esquif journalistico-écologique de fortune qui prend l’eau de toute part à mesure que se révèle l’escroquerie du Réchauffement Climatique dit Anthropique, il a décidé de prendre une girouette pour boussole et nous emmène dans des aventures scientifiques aussi douteuses qu’amusantes.

Et c’est donc sans surprise qu’on découvre sa dernière prouesse journalistique par le truchement d’un article visant à montrer que le rapport coût-bénéfice de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture serait négatif.

Notre brave Stéphane, idéologie décroissante en bandoulière, a décidé de nous entretenir d’une passionnante « étude » réalisée par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) – c’est français, c’est de la qualité française ! –  étude qui essaye d’estimer les externalités négatives des pesticides (les coûts qu’ils entraîneraient) et qui montrerait que dans certains cas, ce coût pourrait excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.

gifa yeah ok shkreli

Avant même d’aller plus loin, notez que j’ai parlé d’une « étude » (en utilisant les guillemets) et d’estimations, et qu’on utilise ici des doses industrielles de conditionnel pour tartiner l’article. C’est normal : tout ce gros conditionnel gluant ainsi que l’utilisation d’une simple review qui a essentiellement listé des articles trouvés par internet comme s’il s’agissait d’une véritable étude est un cas banal de journalisme français comme on en trouve assez régulièrement, avec toutes les dérives habituelles de cette triste maladie. Comme d’habitude (et ce qui explique largement l’intérêt compulsif du journaleux du Monde), sous couvert de science, des chercheurs ont essentiellement fait du mauvais journalisme.

Et pour s’en convaincre, on pourra lire les arguments déployés par nos chercheurs et relayés avec gourmandise par le petit journaliste en mal de propagande écolo facile : pour ce triplet, c’est sûr, les coûts des pesticides (calculés par leurs soins) sont largement supérieurs aux bénéfices qu’on peut en retirer. Méchants, méchants pesticides ! 

Et ces coûts, calculés pour les Etats-Unis, arrivent tout de même à la somme impressionnante de 35 milliards de dollars. Cette coquette somme se répartit en plusieurs postes, dont le premier (de 18 milliards de dollars) correspondrait (conditionnel obligatoire) au coût des décès par cancers directement imputables aux pesticides. Apparemment, cela représenterait 2000 vies perdues, soit … 9 millions de dollars par vie.

gifa - what - tom cruise

Voilà qui est particulièrement princier. Eh oui : comme le remarque très logiquement Anton Suvalki dans un récent article, même en oubliant qu’en réalité, rien ne permet de relier définitivement ces 2000 morts-ci à ces pesticides-là, on ne pourra s’empêcher de noter qu’à ce prix de 9 millions de dollars, les 500.000 décès effectivement constatés tous les ans aux Etats-Unis coûteraient plus de 5000 milliards de dollars, soit 29% du produit intérieur brut américain, ce qui en soit est parfaitement grotesque puisque cela revient à dire que l’ensemble du coût des maladies contractés sur place dépasserait largement 100% du PIB en question. À ce rythme, on se demande encore comment les Américains font pour seulement survivre.

Dans les autres postes de coûts, dans son article d’analyse des cabrioles du Monde, Anton Suvalki revient aussi  sur d’autres éléments farfelus. Je vous encourage à aller le lire, c’est assez édifiant, notamment le passage sur les oiseaux (évalués à 35$ pièce, dont 30 comme « valeur récréative »).

Pour ma part, j’ai surtout noté l’idée ébouriffante des « frais d’évitement », qui seraient induits par les excédents de dépense des ménages qui ont opté pour l’alimentation biologique afin de minimiser le contact avec les pesticides.

gloubiboulga : on mélange tout, on s'amuse, on rigole

En introduisant cette notion, on touche ici au sublime. Partant de ce principe, absolument plus rien n’échappe à des coûts d’externalité négative qui sont d’autant plus élevés que l’alternative, pardon, l’évitement, est coûteuse. Par exemple et suivant le même principe, on devrait compter comme externalité négative tous les coûts des jets privés que les millionnaires achètent et utilisent pour ne pas avoir à emprunter les transports en commun. Et toujours selon le même principe, le coût des transports en commun est une externalité négative assez phénoménale qu’on doit incorporer dans le calcul du bénéfice de la marche à pied : après tout, prendre le bus entraîne bien des « frais d’évitement » d’une longue randonnée citadine…

Applicable à tout et n’importe quoi, un nouveau monde de macro-économie délirante s’offre alors à nous. Tout étant une affaire de choix, et les choix plus onéreux étant par définition toujours au détriment des choix moins coûteux, les externalités négatives au sens de ces « chercheurs » et de notre « journaliste » chevronné jaillissent alors de partout dans un gloubiboulga chimiquement pur dont on peut alors asperger le lecteur avec toute la force d’une bouche à incendie.

gifa party hard girafe

Moyennant quoi, on se demande exactement ce qui a poussé nos brillants bricoleurs de la macro-économie alternative à s’arrêter en si bon chemin : avec un peu de fougue, au lieu de trouver 40 milliards de dollars de coûts, ils auraient largement pu en trouver 100 voire 1000 à condition de bien pousser tous les frais d’évitement dans le tableau global.

Dès lors, peu importe les bénéfices puisqu’on pourra toujours faire correspondre en face des sommes aussi grandes (et farfelues) que possible pour les ridiculiser. Le fait que grandisse sans cesse le nombre d’humains nourris grâce à l’usage ces pesticides ne rentre pas en ligne de compte ; le « bénéfice de non évitement » est impossible à calculer puisque pour ce faire, on doit imaginer un monde sans pesticides, c’est-à-dire soit avec une population nettement moins importante, soit avec une population mal nourrie nettement plus grande. À combien s’établit le bénéfice d’un humain qui atteindra l’âge d’un an parce qu’il aura été correctement nourri ?

pignouferies.jpg

Et c’est précisément parce que ce calcul est impossible, et parce que le calcul inverse (celui du coût des pesticides) est si facile à bidonner comme le démontrent ces « chercheurs » et ce « journaliste », qu’on se retrouve avec de si beaux exemples de pignouferies de presse où l’on en vient à considérer très calmement des coûts de santé qui dépassent le PIB d’une nation pourtant manifestement pas complètement ruinée, ou des « frais d’évitement » que trente secondes de réflexion rangent immédiatement dans la catégorie des foutaises cosmiques lourdement chargées d’idéologie.

Eh oui : sous couvert de journalisme, sous couvert de recherche, on assiste – encore une fois – au martèlement compulsif d’un message bien connu : les pesticides, c’est mal, c’est méchant. En fait, tout se passe comme si la question du titre de l’article (« Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent ? ») n’était que purement rhétorique…

Alors, tant qu’à faire dans le rhétorique, autant s’interroger tout de suite : et si pour changer Le Monde faisait du journalisme, du vrai ?

Source : http://h16free.com/2016/03/27/50839-mechants-mechants-pesticides


Anti-Adblock : l’erreur persistante de la presse française

vendredi 25 mars 2016 à 09:00

Quelle ne fut pas ma surprise ces derniers jours lorsqu’en lisant les articles du Figaro, l’Express, le Monde ou d’autres, je me vis privé de petit article croustillant. En cause : mon bloqueur de publicités.

Oui, j’avoue : je n’aime pas des masses les publicités que ces sites m’imposent. Je ne parle pas des petits encarts discrets qu’on trouve éventuellement sur les bords des articles, et qui, ma foi, ne me gênent pas, mais plutôt des panneaux hargneux qui viennent s’afficher en plein écran avant l’article, qui déclenchent immédiatement musique et animation,et m’imposent pour se fermer de cliquer sur l’un ou l’autre bouton blanc sur fond blanc, jamais au même endroit, bien planqué dans un coin, le tout pour une marque de voitures ou d’après-shampoing dont je n’ai absolument rien à carrer.

gifa pfff whatever bored

Je passe sur les publicités qui se développent au cours de la lecture, repoussant la ligne qu’on est en train de lire hors de l’écran, et disparaissant après un temps, remontant alors dans un mouvement très agaçant ce qu’on était parvenu à retrouver en descendant l’ascenseur ; tout comme je n’évoquerai que très furtivement les petites vidéos généralement idiotes qui décident de se lancer toutes seules si la page est affichée trop longtemps, si la souris passe sur la zone vidéo ou n’importe quel autre événement.

Bref, pour me protéger de ces petites irritations du web, et, lorsque je suis sur téléphone, pour éviter un dépassement du forfait données trop rapidement atteint par ces réclames encombrantes, j’avais installé un bloqueur de publicité.

Las, depuis quelques jours, certains journaux en ligne ont décidé que ces bloqueurs nuisaient à leur survie financière et affichent un gros panneau bien gras pour obliger l’internaute à le désactiver.

Que voulez-vous, la presse française, pourtant fort subventionnée, n’arrive pas à boucler ses fins de mois sans larder ses articles de publicité. Dans son modèle d’affaire, elle semble prise au piège de deux sources uniques de financement : l’État – dont l’impartialité en terme d’informations se pose quelque peu – et les publicitaires – dont l’impartialité en terme d’informations se pose tout autant.

C’est apparemment un piège efficace puisque cette presse n’a envisagé aucune autre solution qu’interdire l’accès à ses articles pour les internautes munis de bloqueurs de publicités.

Et c’est parfaitement idiot. Pire, c’est même un élément supplémentaire pour hâter la disparition des médias de presse traditionnelle qui ne comprennent toujours pas pourquoi ils perdent des lecteurs, ni pourquoi ils vont continuer à en perdre jusqu’à ne plus intéresser personne. Autrement dit, la méthode choisie (vexer le lecteur) est une nouvelle pignouferie de la part de la presse.

pignouferies.jpg

Sur le plan marketing, il faut déjà admettre toute la bêtise de l’opération : culpabiliser un client (à coup d’enfant pauvre ou de chaton triste) marche déjà assez mal pour générer des dons et on voit mal une opération similaire fonctionner subitement alors qu’il s’agit pour l’écrasante majorité des articles d’aller lire la resucée maladroite d’une dépêche AFP mise en forme par un stagiaire.

Et de façon générale, le lecteur étant autant la cible des publicitaires que des journalistes, commencer par lui imposer un carcan est une fort mauvaise idée… Notamment parce qu’on montre ainsi n’avoir absolument pas compris pourquoi ce consommateur vient sur le site et qu’on ne fait rien, avec ce genre de gros pavé rouge, de floutage ou autre procédé similaire vexant, pour le faire rester et sentir bienvenu.

Or, si le lecteur déboule sur tel ou tel article d’un site, c’est pour avoir une information qui, en pratique, existe un peu partout ailleurs, information dont le prix est, tout calcul fait, à peu près nul : si les chaînes d’informations ne la lui donnent pas, il l’obtiendra via Twitter, Facebook ou d’autres moyens pour un prix très proche de zéro. Pire : le changement de support (passer du Figolu à Labération) ne coûte qu’un effort très modéré sur la souris pour cliquer sur un autre lien.

Autrement dit, nos beaux journaux fournissent un produit de prix à peu près nul, et arrivent si peu à se démarquer les uns des autres que le lecteur peut changer de fournisseur sans l’ombre d’une hésitation.

journalism - demorand keep faking

Cette analyse devrait normalement imposer aux directeurs de ces publications une petite prise de recul, qui aboutirait soit à créer de la valeur en proposant une information trouvée nulle part ailleurs (le lecteur veut cette information-là), soit à différencier le packaging de façon suffisamment remarquable pour que le lecteur se focalise sur cette offre-là et pas une autre.

Et dans ce cas-là, oui, la publicité peut être imposée, ou, alternativement, un abonnement payant (« paywall ») peut être exigé.  C’est ce que font quelques médias spécialisés, avec succès. Mais cela leur impose de fournir un contenu travaillé spécifiquement pour ceux qui payent…

L’alternative est de fournir une information de qualité, librement accessible, mais d’impliquer le lecteur au travers de dons. Ce modèle (celui de Contrepoints) impose mécaniquement un niveau d’exigences qu’on ne retrouve pas dans les journaux « gratuits » exclusivement financés par la publicité, et permet, comme le « paywall », de fidéliser le lecteur puisque le contenu produit est directement imposé par les choix du lecteur-payeur (ou du lecteur-donateur).

A contrario, la démarche observée ces derniers jours est particulièrement contre-productive, et vient s’ajouter aux remarques que je faisais il y a quelques années maintenant, à savoir que la presse était déjà en déclin marqué précisément parce que, confite dans ses subventions, elle n’avait plus cherché à s’adapter au lecteur mais plutôt aux meilleurs moyens d’obtenir subsides.

Et ces messages culpabilisants sont d’autant plus inutiles qu’ils sont très facilement contournables. Sur le plan technique, on peut citer quatre techniques qui permettent assez facilement de contourner les pitoyables tentatives de ces sites.

gifa - fail - facepalm

La première consiste à installer le greffon « NoScript » sur Firefox ou Chrome. Ceci interdira pour les pages de votre choix l’exécution de scripts, et donc ceux qui bloquent l’accès (partiellement ou totalement) à l’article à cause de votre logiciel anti-publicitaire.

La seconde, un peu plus complexe, demande d’installer un script spécifique. Cela se réalise en deux temps, dont le premier consiste à installer GreaseMonkey dans Firefox ou TamperMonkey dans Chrome, puis à installer un script adhoc (« Anti-Adblock Killer »).

La troisième est encore plus redoutable, puisqu’elle vous permet aussi de vous passer d’AdBlock et ses petits frères et consiste à rediriger tous les appels aux régies publicitaires vers votre propre machine, c’est-à-dire que votre ordinateur devient alors votre seul fournisseur de publicité, ce qui revient à les faire disparaître des pages. L’opération nécessite de mettre à jour votre fichier « host » (ce qui peut se faire de façon assistée grâce à l’archive fournie).

Enfin, en quatrième possibilité, notons qu’on peut toujours, en dernier ressort, atteindre tous les articles de cette presse tatillonne avec ses lecteurs en demandant plutôt le flux RSS. Le Figaro, Libération, L’Express, tous ont un flux pour pouvoir être indexé dans Google… Sans pubs.

En substance, la démarche vexatoire de la presse française risque bel et bien de se retourner contre elle, de façon définitive. En choisissant de pleurnicher et de jouer de la pignouferie, elle va pousser ses lecteurs à la détester encore un peu plus, ou à apprécier à sa juste valeur sa médiocrité croissante.

Sur le long terme, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

what could possibly go wrong 2 / forcément ça va marcher

Source : http://h16free.com/2016/03/25/50656-lerreur-persistante-de-la-presse-francaise


Filière porcine : l’État fait un travail de cochon

jeudi 24 mars 2016 à 09:00

Un article de Nafy-Nathalie et h16

Scandale ! Le Président d’Intermarché clame à qui veut l’entendre qu’il a voulu aider le secteur porcin et qu’il est poursuivi par l’Union Européenne pour l’avoir fait !

« Sur le porc, l’été passé, Intermarché s’était accordé avec Leclerc pour acheter le kilo 1,40 euro (…). Mais ça n’a pas tenu. Maintenant, Bruxelles nous tombe dessus et enquête », a déclaré en pleurnichant le patron d’Intermarché, dans un entretien au quotidien Libération. « L’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers. Donc maintenant, nous sommes très prudents pour trouver des solutions. »

Ces déclarations ont fait le tour des médias, chacun criant au scandale contre l’Europe quand il ne s’agit tout simplement d’appel patriotique à sortir de l’Union. Méchante, méchante Union Européenne qui empêche les uns et les autres de s’entraider !

La réalité, cependant, est un peu plus nuancée.

Tout explose en août 2015.

Les routes sont bloquées, la filière porcine est en ébullition, bref, nous sommes en pleine crise. Alors que ses causes sont multiples, les éleveurs pointent comme responsables l’embargo russe et l’État français, incapable d’agir pour régler le problème. Mais voilà : en août, le Français doit pouvoir profiter de ses vacances d’été et il est donc impensable de bloquer ses routes. Parallèlement, la grande distribution s’agace de voir les éleveurs plomber leur chiffre d’affaires par leurs actions comme, par exemple, le blocage des parkings des supermarchés, de leurs plateformes logistiques.

Ce qui devait arriver arriva : à force de le titiller, l’État décide de prendre activement le problème en charge et, pour que la catastrophe soit complète, François Hollande intervient en lançant quelques petits cris mous :

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Bref, tout le monde est prononcé coupable de pousser les agriculteurs à la misère. Tout le monde, sauf l’État, bien sûr.

Or, si les éleveurs font bel et bien de la surproduction, c’est principalement pour faire face à la multiplication rocambolesque des taxations et des normes qui ont considérablement augmenté leurs frais et les ont poussés à produire plus pour essayer d’y faire face. Il faut dire qu’en France, l’habitude a été prise d’empiler nos propres normes aux européennes au lieu de les y substituer. Et par un retour de boomerang assez pervers, cette surproduction qui devait les sauver les enfonce au contraire encore plus.

Mickaël Guilloux, responsable de la section porcs à la FDSEA de Mayenne et à la FRSEA Pays de la Loire n’hésite d’ailleurs pas à pointer les pouvoirs publics :

« Aujourd’hui, il y a une distorsion de concurrence avec nos concurrents espagnols et allemands. Mais c’est l’État qui nous impose des charges sociales, des charges fiscales, des charges environnementales. »

Malgré tout, sollicité, l’État décide d’agir avec toute l’efficacité que l’on lui connait.

Le prix d’achat du porc, théoriquement libre et fixé par la rencontre de l’offre et de la demande sur le marché breton, n’est pas assez élevé pour que les éleveurs s’en sortent ? Aucun souci : « il suffit » de limiter la liberté, « y’a qu’à » fixer un prix minimum !

D’un « il suffit » à un autre « y’a qu’à » et aux termes de concertations « diverses et sérieuses », l’État « conseille » un prix plancher d’achat du porc à 1,40 euros du kilo et en contrepartie, s’engage à des aménagements normatifs et fiscaux. La filière du porc aurait du être sauvée et le sujet clôt.

Mais nous sommes en France. Donc non.

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L’incitation du gouvernement a, en effet, irrité les acheteurs. La Cooperl et Bigard/Socopa (30% des parts de marché) montent au créneau et décident de se retirer du marché breton du porc, entraînant une suspension des cotations. Eh oui : pendant que l’État français tente de maintenir artificiellement un prix haut, les éleveurs allemands, eux, proposent leur production à 25 centimes de moins. Comme l’indique d’ailleurs la Cooperl,

« Les capitaux de la Cooperl sont la propriété de ses adhérents, ils n’ont pas vocation à financer un cours politique pour tenir la tête hors de l’eau à une partie de la production française. »

Du côté des industriels, ça proteste aussi ; le Syndicat national de l’industrie des viandes (SNIV-SNCP) rappelle qu’en fixant ainsi des prix planchers arbitraires, on plombe tout le reste de la filière. Bizarrement, avoir des prix d’achat parmi les plus élevés d’Europe n’aide pas à vendre mieux la production alors que les distributeurs sont engagés dans une guerre vers la baisse des prix.

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Dans ce contexte tendu, certains distributeurs, comme Intermarché et Leclerc, s’entendent alors, sous le regard bienveillant du gouvernement, pour acheter le porc national plus cher. Oui, l’État français a bel et bien encouragé la formation d’un cartel au mépris des dispositions du traité de Rome.

Mais puisqu’on vous dit que c’est pour sauver des petits éleveurs, voyons ! Forcément, c’est mieux, non ?

Mhmhm… Eh bien rappelons que ce traité instaure la libre concurrence avec pour contrepartie la libre circulation. Sur le principe donc, s’entendre entre entreprises, c’est mal (art. 85), et ce, même si l’État français dit « bingo », que ce soit sur les prix ou la quantité produite. Par ailleurs, toujours sur le principe, difficile de soutenir qu’il n’y a pas entrave à la concurrence quand on s’engage à acheter la production exclusivement nationale à un prix donné, impliquant de fait qu’on n’achètera pas l’étrangère, et qu’on la vend en s’entendant sur un prix plus élevé.

Et même sans aborder la question de l’abus de position dominante (art. 102 TFUE), l’intervention de l’État soulève un point intéressant : peut-on encore parler de marché libre si les États décident d’intervenir pour favoriser certains de leurs nationaux en fixant les prix et encouragent des pratiques anti-concurrentielles ? C’est dans ce cadre que l’Union Européenne ouvre une enquête contre Intermarché ainsi que contre l’État français.

Du reste et n’en déplaise à ceux qui nous gouvernent, l’État n’a aucun pouvoir pour fixer les prix et n’a d’ailleurs aucun moyen d’action réel pour contraindre les différents intervenants de la filière du porc à respecter les engagements pris, ce qu’ils se sont bien gardés de faire.

Le gouvernement, à nouveau interpelé, a réagi au travers de Manuel Valls qui a appelé l’Europe à prendre ses responsabilités, ce qu’elle semble avoir fait en décidant de l’instauration d’un nouveau régime d’aide au stockage privé pour la viande de porc. Reste à connaître les modalités d’application d’autant qu’une révision des normes inutiles est également à l’ordre du jour.

gifa surpriseDe son côté (surprise, stupéfaction, étonnitude), l’État n’a pas plus respecté ses engagements : une proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire  a été rejetée, il y a quelques jours, en commission à l’Assemblée nationale. Cette proposition avait pourtant l’avantage de proposer un allègement des taxes sur les exploitations, de mettre entre parenthèse les normes françaises pour appliquer uniquement les normes européennes à titre expérimental, de favoriser un système d’étiquetage pour identifier les provenances françaises plus clairement et de permettre de développer la contractualisation, nouveau concept à la mode, et qui consiste essentiellement à laisser les professionnels s’organiser entre eux (par exemple, Intermarché a mis en place avec ses éleveurs porcins partenaires un système de contractualisation des prix).

La situation de la filière porcine n’est décidément pas simple, mais il apparaît après analyse que ses difficultés proviennent d’une mauvaise gestion de certains des acteurs du secteur (par manque d’investissement pour moderniser leurs outils) et de l’interventionnisme massif de l’État français, tant en amont avec un empilement mortifère de normes et de taxes, qu’en aval avec une franche manipulation des prix, qui, non content de mettre les éleveurs en danger, a fragilisé tous les industriels derrière eux. À chaque nouvelle intervention, l’État a désorganisé un peu plus un secteur qui a pourtant prouvé son efficacité et sa rentabilité.

gifa ok bye bye

Au malheur des éleveurs, piégés par ces interventions catastrophiques, s’ajoute celui des contribuables, ponctionné par trois fois : la première, lorsqu’il s’agit de financer les aides pour la survie de la filière, la seconde, lorsqu’en tant que consommateur, il se retrouve à surpayer un produit au motif qu’il serait d’origine nationale, et la troisième, lorsqu’il devra éventuellement payer l’amende que l’État aura contractée en violant les traités qu’il s’était pourtant engagé à respecter.

Et petite cerise sur le gâteau qui n’en avait pourtant pas besoin, les prix étant plus élevés, le Français consomme du porc certes français, mais de moins en moins. Mais puisqu’on vous dit que c’est pour sauver des petits éleveurs, voyons !

Sérieusement, s’il n’y avait pas l’État, qui bousillerait si parfaitement tout un secteur de l’économie ?

Source : http://h16free.com/2016/03/24/50367-filiere-porcine-letat-fait-un-travail-de-cochon


Attentats de Bruxelles – Le cirque

mercredi 23 mars 2016 à 08:30

Ce sont donc de nouveaux attentats, au bilan lourd, qui viennent de frapper Bruxelles. Avec 260 victimes (morts et blessés), nul doute que les événements du 22 mars 2016 laisseront une empreinte durable dans la politique belge et surtout européenne.

Avant tout commentaire, je vous propose le témoignage d’un lecteur, que je remercie au passage, qui a vécu une partie des événements de près :

« Mon bureau est situé très proche de la station Maelbeek. De là où je suis, je vois très bien l’angle que forme la chaussée d’Etterbeek avec la rue Joseph II, et une bonne partie de la rue elle-même. C’est une parallèle à la rue de la Loi, sous laquelle passe le métro qui traverse le quartier européen vers le centre de Bruxelles. L’une des sorties du métro Maelbeek donne sur cette rue.

googlemaps - metro malbeek

Vers neuf heures et quart, mon attention a été attirée par l’agitation autour du carrefour formé par Joseph II et la chaussée d’Etterbeek : des gens criaient, les voitures semblaient ne plus savoir quoi faire, et deux flics en civil agitaient les bras pour rediriger le flot de véhicules.

À peu près au même moment, des personnes sont sorties du métro, plusieurs couvertes de sang, les habits déchirés. Certains s’assoient, à même le sol. D’autres s’allongent. Des militaires de patrouille habituellement dans ce quartier assez sécurisé (c’est le quartier européen et les chefs d’états et de gouvernements y passent régulièrement, toutes sirènes et cortèges policiers déployés) sont alors rapidement intervenues pour aider les premières victimes, pendant que leurs collègues s’engouffraient en courant dans la station.

sortie maalbeek

Les informations de collègues de bureau, qui arrivent alors du métro ou qui étaient dans la rue quelques minutes plus tôt, sont encore confuses, mais indiquent une explosion avec beaucoup de fumée, aux sorties de métro du rond-point Schuman, quelques centaines de mètres en amont, ainsi que des blessés et de la fumée, là aussi, directement aux sorties du métro donnant sur la rue de la Loi et sur la chaussée d’Etterbeek.

Pendant ce temps, les premières sirènes de police se font entendre. Les passants, au carrefour, commencent à s’agglutiner aux angles, pendant que les premiers policiers imposent aux voitures de faire demi-tour. Il ne doit pas être plus de 9:30. Les premières ambulances et voitures de pompiers arrivent sur les lieux. Mon bâtiment est évacué, et le personnel de sécurité nous intime l’ordre de nous disperser et de rentrer chez nous.

En traversant la chaussée d’Etterbeek pour m’éloigner, je peux voir un triplet de pompiers disposant un drap blanc sur une civière. Il n’y aura pas que des blessés. Je rentre chez moi. »

Les événements se suivent et se ressemblent un peu, surtout lorsqu’ils sont tragiques.

On pourrait évoquer les récupérations politiques, de chaque côté, quasi-pornographiques dans leur crudité et dans leur rapidité, la fumée des lieux même pas encore partie que déjà les uns dénonçaient les postures des autres empêchant la majorité de faire avancer son petit bout de loi, sa petite révision constitutionnelle…

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… Pendant que les autres fustigent l’immobilisme des premiers, ou leurs mesures inadaptées, ou viennent proposer des mesures à la fois super-pratiques et over-opérationnelles. Quant aux remarques condescendantes de politocards français à l’égard des Belges, elles démontrent encore une fois que le socialisme, corollaire inévitable d’une hontectomie pratiquée jeune, entraîne toujours l’atrophie cérébrale qui explique à elle seule bien des comportements aberrants de nos dirigeants.

le socialisme

Bref, tous les petits stratèges de la sécurité en kit sont de sortie : vite, renforçons la sécurité ici et là, ajoutons des portiques, des contraintes, des règlements. Et même si c’est grotesque ou inadapté, cela fait bouger les lèvres des politiciens qui sont toujours très heureux quand elles bougent, même pour postillonner devant de bon gros micros mous médiatiques.

Cependant, dans la presse, dans la bouche de ces politiciens avides de micros, peu, cependant, notent que les mesures de sécurité qui furent prises suite aux événements de Janvier 2015, puis suite à ceux de Novembre dernier, n’ont absolument rien empêché.

Combien poseront la question pourtant légitime de savoir s’il n’aurait pas fallu passer au niveau d’alerte 4 avant les attentats, par exemple la semaine passée alors que la traque d’Abdeslam s’intensifiait ?

Combien demanderont des explications sur cette histoire de renforcement de la sécurité dans les aéroports ? Après tout, en France, nous sommes officiellement en état d’urgence depuis quatre mois. Décider de renforcer la sécurité renforcée, c’est mignon, mais ne serait-ce pas admettre qu’elle n’était pas si renforcée que ça ? Et surtout, à quoi ça va bien pouvoir servir, mis à part mobiliser encore du personnel à des tâches d’utilité douteuse sans aucune garantie d’efficacité ?

Et puis tiens, au passage, qui, par exemple, notera la facilité avec laquelle les politiciens arrivent à dégotter des policiers et des gendarmes supplémentaires (Cazeneuve, cette fripouille politicienne sans scrupules, vient d’en trouver 1600 sous le sabot d’un cheval), alors qu’ils devraient tous, déjà, être largement mobilisés pour lutter contre le terrorisme et assurer notre sécurité ?

Et là encore, cette question lancinante, que je repose : pourquoi diable mobilisons nous ces militaires  alors que les derniers attentats ont éclaté dans des endroits (aéroport, quartier européen) sensément déjà sécurisés ?

Pourquoi, dans le même temps, a-t-on empilé des lois et des décrets visant à mettre le citoyen sur écoute, sous surveillance rapprochée alors qu’au vu des résultats et de l’aveu même des spécialistes du renseignement, ce flicage massif éparpillé tous azimuts ne sert à peu près à rien ?

Enfin, pourquoi n’hésite-t-on pas à multiplier les moyens (humains, financiers) pour les radars routiers, les contrôles sanitaires, à multiplier le nombre de gendarmes déployés pour débarquer chez des entrepreneurs qui auraient eu l’outrecuidance de ne pas payer leurs cotisations sociales, alors que, de l’aveu même des politiciens, le plus grand danger ne serait ni routier, ni sanitaire, ni fiscal, mais bien terroriste ? Et alors que Valls nous demande vaillamment de serrer les fesses nous habituer au terrorisme, Cazeneuve va courageusement continuer à mobiliser la police pour traquer Uber et les mères de famille en twingo qui frôlent le 59 km/h sur les départementales limitées à 50 en prétendant l’avoir mobilisé pour flasher des terroristes.

Bref.

Dans cette course haletante, personne ne semble vouloir s’arrêter et dire « A-t-on vraiment mis des moyens là où il faut ? » Les politiciens continuent à se moquer de nous en emballant leurs mesures catastrophiques et leurs explications consternantes dans de jolis papiers cadeaux sécuritaires. Les médias, qui devraient, en cette période plus qu’en toute autre, appuyer lourdement là où ça fait mal aux politiciens, aux élus et aux responsables, déroulent au contraire un tapis rouge de complaisance soviétique pour les autorités, roulent sur les mêmes sujets, les mêmes remarques, et personne ne semble avoir trouvé le temps ou le courage de poser les questions ci-dessus.

Le cirque politico-médiatique continue.

Source : http://h16free.com/2016/03/23/50425-le-cirque


Et si on larguait de l’argent par avion ?

mardi 22 mars 2016 à 09:00

L’inflation est une solution bien pratique pour étouffer les rentiers et noyer dans la monnaie de singe toutes ces dettes créées par une mauvaise gestion politique et une succession de déficits purement électoralistes. Malheureusement, il y a un petit souci : l’inflation en zone euro est actuellement négative, tout comme la japonaise et l’américaine s’établit péniblement à 1%. Zut, c’est trop faible. Vite, il faut faire quelque chose !

gifa do something

Bon, on l’a vu, la guerre contre le cash, trop pratique pour l’évasion fiscale, est actée. Une fois les grosses coupures envolées et toutes les transactions rendues électroniques, manipuler les avoirs et distribuer des sommes (virtuelles) sera beaucoup plus simple. Parallèlement, la petite musique du revenu universel, inconditionnel, permanent, ou que sais-je, est entrée dans les têtes, elle n’en sortira plus.

Mais voilà : pour que l’argent liquide soit complètement éradiqué et que le revenu universel soit mis en place, il faudra du temps, sans même compter les adaptations des institutions et de la société pour prendre en compte cette nouveauté.

Supprimer le cash demandera ainsi de retirer de la circulation les grosses coupures, puis les moins grosses, puis tout le reste. Cela suppose l’arrivée sur le marché de remplacement crédibles (paiement sans contact par téléphone portable ?) aux cartes électroniques de paiement dont les essais ont malheureusement tous prouvés que ça n’était pas bien accueilli par le particulier (Moneo, par exemple). On peut donc s’attendre encore à quelques années de propagande échevelée pour lutter contre la monnaie palpable et jolis papiers imprimés de la BCE ou de la Fed.

L’instauration du revenu universel, inconditionnel et bisou-compatible prendra aussi un temps incompressible, d’autant qu’il y aura toujours l’opposition farouche de deux franges de la population.

La première, c’est celle dont le pouvoir de nuisance est directement issu de la collecte et de la distribution des aides et allocations sociales multiples.

On retrouve toutes les administrations chargées du calcul de ces redistributions, de leur collecte, et bien sûr, tous les corps administratifs plus ou moins policiers qui se chargent actuellement de vexer et verbaliser lorsque la collecte ne s’est pas bien passée. Il va de soi qu’une simplification drastique de cette collecte et de cette redistribution, et la disparition des multiples usines à gaz qu’elles représentent (argument clé du Revenu Universel), n’arrange absolument pas ces gens-là dont les syndicats sont les plus vocaux à refuser la mise en place d’une telle chimère. En substance, pour eux, le Revenu Universel signifiant « moins d’État » par une contorsion logique dont ils sont seuls capables, ils s’y opposent farouchement.

La seconde, ce sont les libéraux un peu lucides qui comprennent d’emblée que simplification, il n’y aura pas, qu’universalité non plus, et que de financement il n’a jamais été vraiment question.

Il semble en effet évident que le Revenu Universel viendra s’ajouter à tous les dispositifs existants (les syndicats obtiendront ce qu’ils réclament, c’est une certitude), réduisant à néant tout vague bénéfice hypothétique de la mesure. L’universalité, quant à elle, sautera dès que certains observeront qu’elle permet même aux plus riches de recevoir quelque chose alors qu’ils n’en ont pas besoin, dépossédant les finances publiques pour les plus nécessiteux. De planchers en barèmes, on reviendra bien vite à l’une des abominations habituelles qui font le plaisir des élus du pays. Enfin, le financement sera évidemment assuré par la planche à billet, l’objet de ce « revenu » n’ayant jamais été autre chose qu’une méthode simple de distribuer directement du pognon aux populations sans passer par les banques qui ont une fâcheuse tendance à le thésauriser.

Bref : rien que pour contenter la première frange de population et faire taire la seconde, il faudra compter des mois. Le Revenu Universel n’est pas pour tout de suite.

oh crap cow

Heureusement, rien n’interdit de prendre des raccourcis, de trottiner rapidement sur ce petit chemin qui ne sent pas forcément la noisette mais qui permet d’atteindre plus vite la route l’Autoroute de la Servitude, traversant la courte Prairie des Rêves Éveillés et juste avant l’épaisse forêt de Pénury.

Et l’un des raccourcis consiste assez simplement à distribuer de l’argent directement aux consommateurs. Non, non, vous n’avez pas lu de travers, et oui, c’est aussi simple que de le dire : en substance, il s’agit de combattre la déflation par une distribution de papier monnaie directement depuis le producteur (de papier imprimé) au consommateur (de tout le reste). Éventuellement, cette distribution peut prendre la forme de coupons ou bons de consommations donnant droit à des achats dans des commerces répondant à certains critères en fonction de l’orientation choisie par les politiciens. Si cela ressemble beaucoup à d’autres coupons, d’un autre temps, dans d’autres économies, ce n’est pas un hasard puisque c’est fondamentalement la même idée.

Évidemment, les journaux, même économiques, s’empressent de relayer cette idée pour bien faire comprendre que oui, le rêve humide est peut-être là, à portée de doigts : un jour, peut-être, des liasses de billets seront tendues directement des doigts potelés des banquiers vers les consommateurs trop heureux de cette nouvelle richesse.

gifa jeter l'argent par les fenêtres

Ce n’est pas la première fois que cette fantaisie apparaît dans les médias ; la dernière salve remonte même à l’hiver 2013 où l’on (re)découvrait le principe du déversement monétaire par hélicoptère. Et ce n’est pas la première fois qu’on en discute sans réellement envisager ce qui risque bel et bien de se produire.

En effet, ceux qui comprennent ce que veut dire ce largage aérien d’argent échangeront rapidement l’argent ainsi distribué par des achats réfléchis de métaux précieux, de biens immobiliers ou d’action (l’utilisation de « bons » ou de « coupons » n’y change rien).

Pour ceux qui ne comprennent rien à la monnaie, ce sera une autre paire de manches. Recevant l’argent frais, ils en trouveront essentiellement deux utilités : une petite partie ira à la consommation rapide, et l’autre sera thésaurisée, d’une façon ou d’une autre : il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’une distribution gratuite de billets (ou de coupons) cache mal une situation économique catastrophique. Faute de mieux, le bon sens commande donc de mettre l’argent (ou la valeur correspondant aux bons) de côté pour des futurs mois difficiles.

L’inflation n’interviendra qu’au bout d’un certain temps, difficile à évaluer, et risque bien, comme le dentifrice d’un tube sous pression, de passer rapidement de trop peu à beaucoup trop sans aucun contrôle possible de la part des autorités. L’histoire a en effet prouvé que ce genre de méthodes aboutit toujours à la catastrophe.

De toute façon, on voit mal comment éviter une inflation carabinée. On voit mal aussi pourquoi, subitement, les institutions financières internationales deviendraient lucides et compétentes alors que cela fait maintenant plusieurs années (plusieurs décennies même, dans le cas japonais) qu’elles ont montré leur totale inanité.

Bref, partant du principe faux que la déflation serait un mal insupportable, des signes inquiétants s’accumulent que nos dirigeants s’apprêtent à tenter tout (et surtout n’importe quoi) pour sortir de l’impasse dans laquelle ils nous ont fourrés énergiquement.

Le moment de vérité approche indéniablement.

draghi whatever it takes

Source : http://h16free.com/2016/03/22/50013-et-si-on-larguait-de-largent-par-avion