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De la bonne grosse dette verte

vendredi 22 avril 2016 à 09:00

Youpi ! Ce 22 avril, à New-York, l’accord de la COP21 sera ouvert à la signature des pays participants, et vous pouvez compter sur Ségolène Royal, sa nouvelle présidente, pour en vendre le succès haut et fort. Et ce, même si, en coulisse, ce sera un échec, et même si, en parallèle, tout indique que l’escroquerie écolo est en train de s’effondrer sous ses propres mensonges.

Soit, l’échec de la COP21 ne sera pas du fait de Ségolène même si, vu de France, ses gesticulations ridicules peuvent effrayer les rares signataires qui envisagent de ratifier ce texte foutraque. En fait, il suffit simplement de lire ce qu’en dit le site officiel du gouvernement pour comprendre qu’il y a un loup, ou même carrément une meute : l’accord n’entrera en vigueur qu’une fois 55 pays l’ayant signé, et si ces 55 pays représentent au moins 55% des émissions de CO2 dans le monde.

Or, zut de zut et saucisse en plastique non bio, une coalition non officielle est à la manœuvre pour retarder au moins d’un an cette symbolique signature : les États-Unis, la Chine, l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud ne sont pas du tout chauds pour s’engager ainsi. Et sans ces pays, difficile d’avoir 55% des émissions, ce qui n’empêchera pas la Royal Air Farce de nous faire un petit coup de pub, d’autant plus jouissif qu’elle aura réussi à évincer Fabius du pince-fesse officiel.

Mais plus à propos, cette COP21 est, de toute façon, très mal engagée. Même en oubliant les termes de l’accord, particulièrement fumeux, force est de constater qu’avec un pétrole au plus bas et une nécessité de faire durer la filière nucléaire en France (liée tant à la situation déplorable d’Areva qu’à celle, aussi mauvaise, d’EDF), il devient de plus en plus délicat de pousser la COP21, la réduction du CO2 et les autres psaumes habituels de l’Église d’Écologie Réchauffiste.

Mais avec Ségolène, on n’est jamais à l’abri d’une idée lumineuse.

Comme le pays est déjà lourdement endetté, pourquoi ne pas aggraver la situation, et de préférence en lançant un nouveau produit d’endettement encore plus rigolo, et, comble du bonheur, cette fois-ci estampillé d’un label bio ? Je n’exagère même pas puisque la frétillante fossoyeuse du Poitou tente en effet de mettre en place des emprunts d’État verts.

lacrisitude.jpg

Le principe est à la fois simple et tout à fait apte à se faire détourner par les habituelles flibusteries politicardes, ce qui en fait un outil de choix pour notre clique au pouvoir : il s’agit essentiellement de produire des obligations vertes, c’est à dire des engagements d’une institution à rembourser une dette, dont les fonds sont destinés à financer des projets environnementaux de développement des énergies renouvelables ou d’amélioration de l’efficacité énergétique.

La définition est vaste et autorisera, soyez en sûr, tous les débordements possibles, d’autant qu’avec les renouvelables, le débordement est devenu une véritable spécialité : investir maintenant dans des technologies nettement plus coûteuses que le pétrole ou le nucléaire, c’est toujours un choix malin pour qui veut s’enrichir discrètement…

… Tant que dure la discrétion. Et c’est là que le bât blesse puisqu’actuellement se multiplient les déboires, justement dans ces énergies renouvelables. Ainsi, et bien qu’on en parle assez peu en France, la récente faillite d’Abengoa (chapter 15 bankruptcy aux États-Unis), groupe industriel et technologique espagnol spécialisé dans le gaz et… l’éolien et alourdi par une dette de près de 10 milliards d’euros (oui, vous avez bien lu, 10 milliards) devrait largement suffire à appeler à une grande prudence dans le domaine. En France même, on découvre, avec un petit début de gueule de bois carabinée, que l’éolien cache de plus en plus souvent de belles grosses arnaques.

Alors que l’Allemagne et l’Espagne opèrent des virages serrés pour arrêter rapidement les gaspillages dans les énergies renouvelables qui s’avèrent des coûts beaucoup trop durables pour les finances publiques, la France semble donc, guillerette et pimpante, profiter de son aura purement médiatique et manifestement construite sur du vent pour remettre une piécette dans le bastringue et croquer une fois encore quelques grosses bouchées de dettes grasses (mais vertes).

Cette histoire d’obligations vertes, hormis leur caractère commode pour camoufler le four de la COP21 qui se profile au moment des signatures, risque bel et bien d’entraîner le pays dans une nouvelle impasse catastrophique, et ce alors même que, dans les énergies renouvelables, des pays font d’ores et déjà demi-tour.

éolien : des subventions, des pertes, des sous-sous dans la popoche, et un peu d'électricité

Est-ce vraiment très malin ? Est-ce malin alors qu’on nage déjà dans plus de 2000 milliards de dettes, qu’on flirte maintenant avec le ratio de 100% de dettes par rapport à notre PIB, que le gouvernement ne parvient toujours pas à équilibrer le moindre budget et qu’en plus de ça, nos « champions » nationaux, EDF ou Areva, sont plus qu’à la peine précisément pour avoir suivi les chimères désignées par nos politiciens parfaitement incompétents en la matière ?

Et puis, est-ce vraiment si malin de lancer ces obligations vertes alors que, avec le recul qu’on a maintenant sur l’introduction de l’éolien et du solaire dans la production électrique, on se rend compte que ces énergies s’avèrent en réalité extrêmement polluantes de façon directe et indirecte ? Et puis au fait, est-ce vraiment si écolo, alors que les implantations de champs d’éoliennes sont de plus en plus corrélées à des baisses drastiques de la faune aviaire ?

Une idée décidément pas très fine, un principe de fonctionnement basé à la fois sur l’endettement (miam !) et sur des idées écologistes qui ne tiennent pas debout (miam² !), le tout mis en place par une politicienne qui a largement prouvé sa nocivité pour les finances publiques en particulier et le pays en général … Mmhm, forcément, tout ceci va bien se terminer.

gifa epic fail gym

Source : http://h16free.com/2016/04/22/52519-de-la-bonne-grosse-dette-verte


Lutte contre le chômage : François Hollande crée trois emplois

jeudi 21 avril 2016 à 09:00

Le Président François l’avait dit : sous son règne, il y aurait une République irréprochable. Eh bien la République irréprochable a encore cogné. Dur. Il faut bien ça, car pour être irréprochable, il n’y a guère que deux façons de procéder : ou bien ne commettre que des fautes microscopiques, bénignes ou si insignifiantes qu’on les lui passera sans mal, ou bien cogner si fort que personne n’osera rien reprocher de peur de se faire cogner à son tour.

Et cette fois-ci, la République, pleine de mansuétude, a donc décidé d’aider les faibles et les miséreux dans leurs péripéties. Oh, pas tous les faibles, et pas tous les miséreux, ils sont trop nombreux, mais bien ces faibles et ces miséreux qu’elle saura trouver utile à son développement. La République a donc trouvé des postes à des gens qui en avaient rudement besoin.

Et c’est aussi normal que le Président François s’en soit occupé : après tout, ne s’était-il pas engagé personnellement à lutter contre le chômage, notamment celui des jeunes ? Il apparaît dès lors parfaitement normal que certains syndicalistes, déchus de leurs postes, soient alors aidés par la République irréprochable du président François.

C’est ainsi que Thierry Lepaon, un jeune et frétillant syndicaliste de 56 ans, vient d’être placé dans une indispensable agence d’État dont il pourra prendre la tête. Rassurez-vous : si, au départ, l’agence ne comptait pas rémunérer le fringant jeune homme, l’agence a préalablement vu ses statuts modifiés pour que son président puisse y être rémunéré. Ouf, un peu plus et le petit Thierry aurait été obligé de se mettre à chercher un stage, un CDD ou mieux encore, un CDI, ce qui n’aurait pas été facile en ces périodes de crise.

hollande - monde pas facile pas gentil

Mais avouons que le choix de l’équipe de François Hollande de replacer notre brave petit dans une agence d’État entre bel et bien dans le cadre des missions que s’est attribué le président François : au moins aura-t-il réussi à créer un emploi de plus. Et puis, quelle agence ! Il s’agit en effet de l’Agence nationale contre l’illettrisme, rebaptisée en « Agence de la langue française » à l’occasion de l’apparition d’une rémunération pour son président. Qui de mieux que Thierry Lepaon, ex-secrétaire général de la CGT, ex-ouvrier Moulinex, ex-membre du Conseil d’orientation pour l’emploi, ex-syndicaliste, ex-voto d’un président républicain irréprochable et maintenant expédié président d’une agence bidon, qui de mieux que cet ex pour prendre la tête d’une agence dont le job consiste à combattre l’illettrisme et répandre une francophonie harmonieuse ?

Il est clair qu’avec Thierry, véritable chevalier des arts et lettres français, la francophilie va exploser ! En plus, l’agence ne coûte que 1,2 million d’euros par an, pour une douzaine de salariés. Vraiment, ce n’est pas cher. C’est même l’État qui paye.

S’arrêter là serait un peu court. Le président François a une feuille de route, et, obstiné, il s’y tient quand bien même les obstacles s’y accumulent méchamment.

À l’emploi nouvellement créé pour Thierry, le président François ajoute celui de Stéphane Lardy. Là encore, le petit jeune dont il s’agit bénéficiera des largesses de la République reconnaissante de son immense travail puisqu’il est nommé à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), un corps d’État qui n’est pas du tout, absolument pas, utilisé pour recaser des petits copains et des petits coquins du régime.

hollande XVIPlus discret que Thierry qui n’avait pas su refaire la déco de son appartement et de son bureau sans générer des factures que certains mesquins qualifieraient de copieuses, notre sémillant Stéphane, ex-secrétaire confédéral de FO, avait en charge le secteur emploi, assurance-chômage et formation professionnelle de l’organisation syndicale. C’est apparemment lui qui – sans trop s’exposer médiatiquement, reconnaissons-lui ce talent – menait toutes les grandes négociations nationales interprofessionnelles. Malheureusement, notre fringant syndicaliste n’est pas trotskyste mais simplement socialiste, et même inscrit au PS où il milite dans le XIIIe arrondissement de Paris ; ceci l’a durablement empêché d’accéder à la direction de FO (majoritairement trotskyste – étonnant, non ?) ce qui l’amène donc naturellement à bénéficier des largesses étatiques.

Rassurez-vous, ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye et au bilan, c’est tout de même un deuxième emploi créé pour le président François.

Mais tout compte fait, il ne faudrait pas s’en tenir là. Comment oublier qu’en 2013, le bon Président François avait déjà officié et avait courageusement créé un bel emploi pour un certain Chérèque De La CFDT qui avait eu le bon goût de se classer dans le chapitre des « syndicalistes sympatoches » et méritait donc amplement que la République, bonne fille, lui trouve un petit poste au chaud ?

En outre, pour le modeste salaire de 7 257,55 euros net par mois (primes et indemnités incluses), il aurait franchement été dommage que François, le Chérèque De La CFDT, ne profite pas du poste en question, d’autant que ce n’est vraiment pas cher, puisqu’encore une fois, c’est l’État qui paye, voyons.

Et puis, il est vrai que se présenter à un entretien d’embauche, pour ces petits jeunes qui, ayant toujours officié dans les bureaux de syndicats, ne connaissent pour ainsi dire rien au salariat tel qu’on le pratique de nos jours, c’est une épreuve compliquée. Dans ce cadre, comment blâmer le président François d’avoir penché son auguste personne sur ces cas si délicats ? Et puis, tous ces juvéniles quinquagénaires ont toute une vie de labeur et toute une jolie carrière devant eux, on en est sûr ! En les plaçant, ainsi, dans ces fromages institutions républicaines, qui sait quel esprit de renouveau, quelles méthodes innovantes, quels concepts de ruptures nos petits juniors, pleins de sève printanière, vont insuffler ?

Pas de doute, le président François est vraiment dans sa mission, et on le sent véritablement investi de celle-ci, pénétré par l’importance de la tâche et des impacts qu’elle aura pour redresser le pays.

Du reste, créer trois emplois en autant d’années, qui peut en dire autant ?

hollande ceux qui attendent plus rien

Source : http://h16free.com/2016/04/21/52517-lutte-contre-le-chomage-francois-hollande-cree-trois-emplois


Classement RSF : lorsque la liberté de la presse française nuit debout

mercredi 20 avril 2016 à 09:00

Ce 20 avril sort le rapport annuel de Reporters Sans Frontières. Vous savez, c’est ce rapport gastronomique sur les meilleures tables françaises qui… Ah non. Il s’agit du rapport, nettement moins festif, sur la liberté de la presse dans le monde. Ou l’ampleur de son absence, disons.

Et pour être moins festif, il l’est, puisque le constat est amer, comme les années précédentes. Il est surtout pire qu’en 2015, année déjà pas trop fameuse en matière de respect de la liberté d’expression, du journalisme et de la presse. Pour RSF, l’année écoulée montre que la liberté de la presse s’est encore dégradée.

censorship.jpgEt conformément à ce qu’on pourrait attendre d’un monde qui ne choisit pas toujours ses gouvernements, ce sont à peu près les mêmes méthodes et les mêmes armes qui sont utilisées pour museler les opinions dissidentes et les voix discordantes, dans tous les pays, à différents degrés. Ainsi certains États n’hésitent pas, en plus de sucrer internet lorsqu’ils le peuvent, à détruire presses, locaux ou antennes d’émission pour s’assurer d’un épais contrôle des informations que le peuple peut recevoir.

La France est toujours, sinon officiellement mais au moins officieusement et à l’intérieur de l’Hexagone, le phare du monde libre et moderne, qui indique à tous la direction à prendre d’un doigt secoué de Parkinson, ce qui ne l’empêche nullement d’être toujours aussi mal placée dans le classement. Ce détachement plein de toupet avec la réalité n’est pas sans évoquer un début d’Alzheimer que le pays semble mûr pour développer, mais l’oubli n’est guère possible : l’année 2015 aura été marquée, sur le plan de la liberté d’expression, par la multiplication de petits coups de canifs législatifs, la promulgation de l’état d’urgence n’étant pas le moindre.

Dans les autres pays aussi, la dégradation observée par RSF s’explique pour partie par le passage de lois spécifiquement faites pour encadrer la liberté d’expression dans le cadre de situations exceptionnelles (liées au terrorisme, essentiellement). Cependant, RSF cite aussi l’auto-censure des journalistes comme raison supplémentaire à cette baisse de la liberté d’expression.

De ce point de vue, RSF dresse un bilan argumenté de la situation et donne quelques éléments solides d’analyse. Il semble cependant qu’on n’insiste guère sur le lien pourtant évident entre les subventions à la presse et son comportement observé, notamment celui d’auto-censure évoqué par l’ONG.

subventionnez nos journaux pourrisDifficile, en effet, de ne pas noter l’écart important entre la presse telle qu’elle est pratiquée lorsqu’elle ne dépend que de ses lecteurs (que ce soit des acheteurs ou des donateurs), et la presse qui bénéficie de long en large des facilités offertes par la puissance publique, depuis les abattement fiscaux spécialement dédicacés aux journalistes, jusqu’à des frais réduits de distribution postale en passant par des versements réguliers d’argent public, à gros bouillons, depuis des tuyaux en provenance directe du Trésor Public, et que l’organe soit public ou carrément stipendié par le Grand Kapital (bisous Libération).

Et quand on parle d’écart, on euphémise à gros traits : il y a même un fossé entre les deux types de presse, celle directement confrontée à la concurrence et à l’obligation impérieuse d’aller conquérir un public par la pertinence de ses informations, de ses vues, de ses analyses et de son format, et l’autre, dont l’objectif sera de ménager autant que possible les susceptibilités de ceux qui autorisent les abondements publics sans lesquels, point de salut et de confortable rente.

Évidemment, si l’auto-censure dont RSF fait mention n’est pas intégralement une conséquence de cette subsidiation massive de la presse, la présence d’un robinet public n’en reste pas moins un élément déterminant dans le choix des sujets et l’ampleur des traitements qui en seront faits par les journalistes.

De surcroît, un autre phénomène joue énormément, en amont de cette subsidiation, et lui est consubstantiel : pour s’assurer qu’un organe de presse continuera d’obtenir ses subventions et plaira donc à l’intelligentsia en place, chaque génération de journalistes s’emploiera, par petites touches subtiles et successives, à recruter la génération suivante auprès de journalistes estimés conformes à l’idée qu’ils se font de cette continuité.

Ces journalistes seront d’autant plus facile à recruter s’ils ont été préalablement formés dans le « bon » moule. Et – ça tombe bien – ce moule, l’Éducation Nationale et les précédents journalistes vont le fabriquer sans aucune difficulté.

N’y voyez là aucun complot. C’est, tout simplement, de la reproduction d’un schéma qui a marché (encore une fois, l’absence de concurrence, tant au niveau de la formation qu’au niveau de la presse, explique très bien cette reproduction à l’identique du schéma désiré). Autrement dit, le journalisme français tourne en rond, produit par atavisme du journaliste en vase clos, quasi-consanguin, sans se confronter à la concurrence des idées et des méthodes. Et cela se remarque directement dans le résultat offert aux foules qui ont de plus en plus de mal à le gober.

journalism and media reality

Ici, l’exemple des « Nuits Debout » est tellement flagrant et se vautre si tendrement dans le caricatural qu’il aurait été dommage de ne pas l’évoquer : depuis maintenant près de trois semaines, nous assistons à une véritable déferlante d’articles complaisants sur un épiphénomène au départ microscopique, qui ne représente rien dans la société civile, mais prend une importance disproportionnée parce qu’il répond aux attentes d’une classe médiatique uniformément de gauche et quasi-fonctionnarisée.

Comment passer à côté de ces longs reportages palpitants sur Varoufakis, l’ancien et fugace ministre grec de l’Économie, qui n’est plus rien et a laissé son pays dans une merde insondable, et qui a eu la « présence d’esprit » de pointer son nez et d’être si chaleureusement accueilli place de la République ?

Comment ne pas voir la retape quasi-putassière de nos organes de presse nationaux (ici, ici ou ) ou même régionaux (ici) lorsqu’il s’agit de bien faire passer le message, urbi et orbi, que – oyez, oyez – le mouvement s’étend, gagne en importance, se fait rallier par toutes les villes du Royaume en ébullition, sonnez hautbois, résonnez musettes ! … dans un mouvement qui sent surtout la prophétie auto-réalisatrice et l’événementiel hype & fashion du moment qui, s’il n’est pas correctement publicisé et marketé par nos écrivaillons, risque bien de s’essouffler dans un petit pschitt minable, tant l’odeur d’entre-soi exclusif devient forte.

Et pour en revenir à RSF, comment ne pas voir l’état de délabrement avancé d’une presse qui méprise à tel point son lectorat pour lui infliger ses petites lubies ?

Et sans même s’attarder sur les Somnambules Républicains, on aurait pu rappeler le scandale éolien dont la presse subventionnée a fini par s’emparer, plus d’un an après les remarques pourtant argumentées et les articles précis trouvés sur la presse non subventionnée, elle, Contrepoints en tête.

De ces écarts de plus en plus manifestes entre ce qui est raconté dans les journaux et ce qui est vu, et vécu, par les populations, résulte directement l’effondrement des ventes des journaux français, de même que la désaffection progressive des lecteurs y compris sur les équivalents numériques ; alors que dans le monde apparaissent de nouveaux formats, de nouveaux tons, de nouvelles « façons de faire » journalistiques, la presse française peine énormément à se renouveler et à adopter ces nouveaux codes. Pire : engluée dans cette auto-censure, elle continue dans cette reproduction idéologique sans issue que RSF mesure pourtant si bien.

Si, dans beaucoup de pays, la censure est un acte étatique, un choix gouvernemental, et passe par des lois et des interdits, en France il en va tout autrement : l’auto-censure a largement remporté la bataille. Le gouvernement n’a même plus besoin de faire taire ses opposants. Il lui suffit de laisser sa presse s’en occuper.

Source : http://h16free.com/2016/04/20/52508-lorsque-la-liberte-de-la-presse-francaise-nuit-debout


Les marchés de l’or et de l’argent sont bel et bien truqués

mardi 19 avril 2016 à 08:30

Décidément, suivre les cours de l’or et de l’argent relève d’une discipline très particulière. Sur les dix dernières années, on a en effet assisté à des mouvements très étonnants, et d’autant plus qu’on s’est éloigné de la crise de 2008 pour s’approcher de la période actuelle.

Difficile en effet pour celui qui prend le temps de se pencher sur la question de trouver une quelconque logique dans les mouvements observés.

Lingots d'orDans tout marché, le prix obtenu est normalement le résultat d’un accord entre ceux qui achètent et ceux qui vendent le produit considéré. Même si sur la plupart des marchés il faut composer avec les évidentes distorsions introduites par les États au travers des taxes, des ponctions fiscales diverses et des contraintes légales, notamment au niveau des passages de frontières, on peut raisonnablement admettre que le prix connu sur le marché est obtenu par cette entente entre ceux qui produisent et ceux qui consomment, ceux qui vendent et ceux qui achètent.

Sur le marché de l’or, cette notion « raisonnable » semble avoir progressivement disparu ces dernières années. J’évoquais la question dans un billet de 2013 où je notais une incohérence entre les mouvements enregistrés officiellement dans les principaux entrepôts de lingots d’or, couplés aux demandes officielles, tant des banques centrales que des acheteurs particuliers, et les cours obtenus. En substance, il était alors plus que douteux de croire à un marché de l’or parfaitement fiable, sans intervention massive de différents acteurs qui, tous, semblaient concourir à affaiblir notoirement les cours.

Il faut en effet savoir que ces cours sont, de fait, à peu près fixés de façon régulière par quelques grandes banques qui se chargent d’acheter ou de vendre de grosses quantités d’or sur le marché, et qui peuvent ainsi véritablement décider ses grandes tendances.

En outre, elles bénéficient d’un mécanisme spécifique au marché de l’or : le métal étant à la fois rare, cher et particulièrement dense, il est globalement très mal aisé de le déplacer d’un vendeur à son acheteur, surtout lorsque la quantité se monte rapidement en tonnes. Il a donc été jugé, à raison, bien plus simple d’échanger les titres de propriété plutôt que les positions géographiques des lingots. Très rapidement, un marché de l’or papier s’est organisé, où les transactions se basent essentiellement sur l’échange de titres (papiers) correspondants à des quantités d’or. Très rares sont les acheteurs à prendre possession physique de l’or correspondant au titre acheté : les lingots peuvent donc rester, sagement entreposés dans des coffres sécurisés.

Cependant, d’année en année, des petites dérives sont apparues qui ont permis aux banques, organisatrices de ces marchés d’échanges de titres papiers, de vendre plus de papier que l’or physiquement disponible. Après tout, les acheteurs d’or ne demandent pas la livraison physique, et revendent leurs titres une fois une plus-value encaissée ; dès lors, autant multiplier le nombre de titres, personne n’y trouvera rien à dire.

C’est exactement ce qui s’est passé, avec une véritable explosion du papier négocié pendant que les quantités physiques d’or effectivement disponibles dans les stocks ne cessaient de diminuer (certains acheteurs se décidant tout de même, discrètement, à obtenir la livraison). Très concrètement, depuis le début de 2016, le ratio entre le papier et l’or physique est ainsi passé d’une once physique pour 100 onces papiers à plus de 500 (autrement dit, chaque once physique est maintenant « possédée » plus de 500 fois).

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Devant ce constat, on peut bien sûr se dire qu’il s’agit d’une dérive des établissements chargés de la bonne tenue du marché de l’or, ou d’une grosse bévue dans la catégorie « J’ai ripé, chef » qui ne mérite guère plus qu’un entrefilet dans quelque journal spécialisé. Cependant, sachant que ces petites opérations durent depuis plusieurs années et qu’en outre, malgré les achats compulsifs d’or par les banques centrales (Chine en tête) et les particuliers, les cours du métal précieux peinent à retrouver les 1300$ l’once alors qu’on les avait vu dépasser les 1800$ l’once en 2011, on est en droit de se demander quelle proportion de franche bidouille tout ceci ne cache pas pudiquement.

Bien sûr, cette thèse a longtemps été présentée comme véritablement complotiste, puisqu’elle impliquait au moins à mots couverts que de grandes banques (y compris centrales) s’entendaient entre elles pour écraser autant que possible le cours du métal précieux, afin de camoufler l’intérêt du public pour l’or, excellente protection contre l’inflation. L’argument s’essoufflait notamment au vu d’une inflation en berne.

goldimeroCependant, parallèlement à la déflation, une véritable guerre contre le cash a été entreprise par les autorités d’à peu près tous les gouvernements du monde, et ce, d’autant plus que les taux d’intérêts, négatifs, encouragent de fait les particuliers à sortir autant que possible l’argent liquide des banques, qui sera taxé lorsqu’il dort en dépôt. En somme et du point de vue de l’or, si la déflation est un argument pour rester liquide (« cash is king »), les intérêts négatifs sont au contraire une incitation extrêmement forte à convertir ces avoirs « papier » en biens physiques, l’or et l’immobilier arrivant en tête.

Dans ce contexte, une bidouille des banques n’était donc pas si improbable et nettement moins complotiste qu’il aurait pu paraître de premier abord. En outre, l’exemple des manipulations forcenées sur le LIBOR (le marché des taux interbancaires de Londres) que j’évoquais en 2012 pose un précédent fâcheux qui permet de rappeler que dans cette hypothèse de tripotage, ces banques n’en seraient pas à leur coup d’essai.

C’est donc sans véritable surprise qu’on a appris, ces derniers jours, que la Deutsche Bank, un des établissement directement concerné par les mouvements sur le marché de l’or et acteur majeur de ce marché, a effectivement admis devant les autorités américaines avoir manipulé le marché de l’argent, ainsi que celui de l’or.

La plainte étant enregistrée et la banque allemande cherchant maintenant à s’éviter des suites judiciaires financièrement douloureuses, on peut s’attendre, dans les prochains jours, à en savoir un peu plus sur les méthodes employées et sur la quantité d’efforts qui fut déployée pour modifier le prix de l’or.

Cependant, devant une telle admission de culpabilité, on peut s’étonner du grand silence des médias. À l’exception des rares articles dans la presse spécialisée, les journalistes de la presse traditionnelle semblent avoir fait l’impasse sur une information pourtant essentielle. Peut-être est-ce pour masquer leur ignorance des mécanismes en jeu, mais il n’en reste pas moins que l’information mérite cependant plus de place, n’en déplaisent à ceux qui nuisent debout.

En effet, savoir que les cours de l’or et de l’argent ont été massivement manipulés permet de mieux comprendre pourquoi il n’y a plus de lien entre les prix constatés et la demande observée, pourtant forte et continue. Or, un prix honnête est une information indispensable pour les individus, et notamment une information qui leur permet de déterminer l’ampleur du stress actuellement présent sur le marché de la monnaie fiduciaire. À mesure que la guerre contre le cash va s’intensifier, à mesure que les taux négatifs seront reportés sur les comptes courants, on doit logiquement s’attendre à une hausse sensible des prix de l’or, refuge naturel pour ceux qui doivent conserver leurs avoirs mais se départir du cash.

usd btc avril 2016

Au passage et de façon intéressante, un autre marché, qui sert lui aussi de refuge en ces temps troublé pour l’argent liquide, montre une belle santé. Le bitcoin ne peut en effet pas subir de pré-ententes malsaines du système bancaire pour en fixer le prix. L’intérêt que les participants au réseau Bitcoin montrent pour cette monnaie numérique est donc correctement reflétée dans son prix… Qui grimpe gentiment.

En tout cas, je suivrai avec attention les suites de l’affaire avec la Deutsche Bank, et l’écho qui en sera donné dans nos médias.

Source : http://h16free.com/2016/04/19/52496-les-marches-de-lor-et-de-largent-sont-bel-et-bien-truques


L’expérience française de la mondialisation dans l’autre sens

lundi 18 avril 2016 à 09:00

À force d’efforts particulièrement subtils et très finement calibrés, notre gouvernement a mis en place de courageuses politiques qui permettent enfin de tester certaines hypothèses. Grâce à ces efforts, on mène actuellement en France une expérience très intéressante sur la mondialisation. Celle-ci, commencée il y a déjà plusieurs décennies, a gagné en importance ces dernières années.

Et alors même que le président avait pourtant fait preuve d’un progressisme que d’aucuns pourraient qualifier de débridé en proposant puis en imposant le mariage homosexuel, voilà que sa majorité est parvenue à faire preuve d’un conservatisme quasi-puritain concernant la prostitution, montrant par là que la cohérence d’ensemble n’est absolument pas nécessaire pour gouverner un pays.

En d’autres termes, les députés sont enfin parvenus à pénaliser les clients du marché de la prostitution. L’expérience française, tournant déjà à plein régime, vient de passer une étape supplémentaire : petit à petit, le pays se vide de la prostitution officielle et la fait durablement passer dans le marché noir, augmentant tragiquement les risques et dangers de celles et ceux qui pratiquent ces professions. Plus à propos, cela entraîne aussi un exil massif des prostituées frontalières hors du pays.

Avouons que la manœuvre est particulièrement bien trouvée puisque, ce faisant, le fisc français – premier proxénète du pays – devra faire une croix sur toutes les transactions correspondantes. Il devra aussi abandonner tout espoir de se récupérer au travers de la TVA récoltée auparavant lorsque ces mêmes prostituées dépensaient leurs revenus sur le territoire. Cela en fera d’autant plus pour les Belges, les Espagnols et les Suisses qui se frottent les mains des idioties législatives françaises.

L’expérience française ne s’arrête pas là. Quand je vous disais qu’elle a récemment pris de la vitesse, c’est bel et bien le cas puisqu’on apprend que, pour l’année écoulée, le pays a vu partir pour d’autres cieux un nombre record de millionnaires : c’est ainsi qu’apparemment, et selon l’enquête de New World Wealth, 10.000 millionnaires ont quitté la France. Voilà qui, tout comme pour les prostituées, constitue un intéressant développement dans un pays qui fait, manifestement, absolument tout pour se séparer de celles et ceux qui créent de la richesse, font tourner des commerces, attirent des clients ou des consommateurs.

impots et taxes

Au passage, l’expérience française ne se contente pas de bombarder méticuleusement les uns et les autres de contraintes légales, d’interdictions ou de taxes. En plus de cogner sur les riches, les aptes et les travailleurs, l’expérience consiste aussi à rogner sur les services qui peuvent leur être rendus, notamment les régaliens comme la justice, la police et la sécurité. Il n’est pas étonnant d’apprendre dans ce contexte que si les millionnaires sont partis, c’est essentiellement pour échapper à la montée des tensions religieuses dans le pays. Étonnante marque de réussite d’un état pourtant laïc, vous ne trouvez pas ?

Mais l’expérience française va encore plus loin. C’est le petit côté « toujours plus » de ce peuple qui ne recule devant aucun dépassement, aucune exagération, aucune révolution surtout si elle est sanglante.

Pendant que les riches, les aptes et les travailleurs s’en vont, le pays est lentement vendu, par petits bouts, aux étrangers. Et là, on touche même au sublime lorsqu’on regarde ce qui se passe actuellement dans le domaine agricole puisque des Chinois ont récemment racheté pour 1700 hectares de terres agricoles : un fonds d’investissement, ciblant des exploitants très endettés, récupère ainsi 98% (et non 100%) de la société agricole créée ad hoc pour l’opération. Ce faisant, le rachat échappe à l’organisme d’État chargé de préempter à tout va pour éviter que ces terres ne tombent dans des mains sans l’imprimatur de l’intelligentsia officielle.

Les autorités sont, bien évidemment, plus qu’irritées mais, même en serrant les mâchoires, en fermant leurs petits poings et en se roulant par terre, elles ne peuvent rien y changer. Quant au côté positif du rachat, il est bien évidemment totalement occulté par les larmes amères qu’elles déversent dans l’article à grands barils humides : horreur, les terres rachetées ne créeront pas de nouvelles installations ! Abomination, « aucune implication sur les territoires n’est possible à cette échelle », quoi que cela puisse signifier en vrai français ! Désespoir, la production est destinée à l’exportation et ne sera donc pas utilisée localement, ce qui est übermal, pas du tout écolo et forcément une honte.

Pas question d’évoquer le fait que cela sauve un agriculteur de la faillite. La création d’emplois induits ? Rien à foutre puisque notre patrimoine est racheté par ces méchants étrangers ! Évoquer le rôle de la Politique Agricole Commune dans cet échec ? Vous n’y pensez pas ! Quant au rôle (très douteux) des SAFER dans l’engrenage triste qui aboutit à cette situation, il serait bien sûr contre-productif – pour les SAFER – de les évoquer.

Bref.

L’expérience française continue donc, sans frein, cette expérience si particulière qui consiste à contre-carrer partout, tout le temps et pour tous la création de richesse, d’emplois et d’opportunités, cette expérience qui revient à sur-protéger ceux qui sont déjà installés et acoquinés avec le pouvoir, ceux qui ont déjà un job, ceux qui ont déjà des privilèges et des passe-droits, des avantages ou des facilités, et qui, par conséquence, fait fuir ceux qui n’en sont pas, cette expérience si terriblement française continue donc.

Seulement voilà : de tout temps, la meilleure protection d’un pays n’a jamais été dans ses frontières, pas plus qu’elle n’a été dans le pouvoir coercitif de quelques douaniers ni dans quelques taxes idiotes qui appauvrissent le consommateur (Bastiat l’a démontré, maintes et maintes fois : le protectionnisme et la taxation des produits à l’importation revient à appauvrir le pays qui instaure la taxe). Non.

La meilleure protection d’un pays réside bel et bien dans la capacité de sa population à produire directement de la richesse, avec le moins d’entraves possibles. Un peuple riche n’a pas besoin de ces protections de pauvres et de faibles, qui appauvrissent et affaiblissent.

Les gouvernements et politiciens qui se succèdent au pouvoir en France ont choisi, encore et encore, d’accumuler des boulets, des entraves et des contraintes sur les Français pour s’assurer qu’ils soient bien tous égaux avant de s’assurer qu’ils soient surtout suffisamment libres pour produire des richesses.

Au final, s’ils sont de moins en moins inégaux, ils sont aussi de plus en plus pauvres. Et dans ce cadre, sauf à tourner le pays en goulag à ciel ouvert, toutes les barrières protectionnistes du monde ne suffiront pas à arrêter la fuite des riches hors de nos frontières, ni à stopper l’arrivée des investisseurs étrangers qui pourront racheter à bas prix les ressources, produits et richesses du pays que plus personne ne sera à même d’exploiter ou suffisamment riche pour le faire.

Quant aux Français, ils se plaignent du rachat par ces Chinois de terres agricoles françaises ; ils se plaignent du rachat par certains Qataris de monuments, hôtels, magasins ou clubs de foot ; bref, ils se plaignent d’une mondialisation qui ne leur rapporte pas ce qu’ils souhaitent. Eh bien plutôt que s’en prendre à ceux qui, finalement, sont encore prêts à donner de l’argent pour nos richesses, ils devraient se demander où sont passés ces Français qui auraient pu en faire autant et ont laissé tombé l’affaire. Ils pourraient chercher à savoir pourquoi ils ont abandonné, ils ont laissé tomber.

Décidément, on mène en France une expérience très intéressante, même si, déjà tentée dans d’autres pays, son résultat est globalement assez connu.

forcément, ça va bien marcher

Source : http://h16free.com/2016/04/18/52487-lexperience-francaise-de-la-mondialisation-dans-lautre-sens