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Immobilier : Hollande distribue du PTZ comme d’autres la malaria

lundi 2 novembre 2015 à 09:00

Les effets de la loi Duflot en matière d’immobilier continuent de se faire sentir : au lieu de centaines de milliers de nouveaux logements neufs tous les ans, la construction ne décolle pas. Les prix stagnent toujours bien trop haut pour le revenu moyen, tant dans le neuf que dans le vieux. Heureusement, le chef de l’État a décidé de ne pas rester les bras ballants et de les agiter sans rythme ici ou là pour relancer un peu tout ça.

Il faut dire qu’au sujet des pulsations économiques du pays, les systoles et les diastoles s’enchaînent à un rythme inquiétant, et surtout ralentissant. François Hollande, sentant déjà la fin de son mandat approcher, et comprenant aussi que les prochaines élections régionales vont avoir un goût âcre, mise donc en partie sur l’immobilier pour relancer l’activité.

Son idée est, comme d’habitude, extrêmement simple : distribuer de l’argent gratuit.

Hollande, capitaine de pédalo CCCP

Vous pourrez sans aucun doute pointer l’absence d’originalité de la méthode gouvernementale qui, à chaque fois qu’un problème se présente, consiste à lui jeter des paquets de brouzoufs à la figure, par camions entiers, montrant en cela à quel point le socialiste de base est obsédé par l’argent (et notamment celui des autres). Mais c’est comme ça : encore une fois, nos dirigeants entreprennent d’augmenter la dose d’intervention étatique dans un problème relativement complexe de marché immobilier déjà complètement gangréné par … l’intervention massive des pouvoirs publics depuis les normes jusqu’à la fiscalité en passant par les messages confus de l’exécutif.

En l’occurrence, le chef de l’État, plutôt qu’une réelle simplification du secteur en sabrant les centaines de lois toutes plus tarabiscotées les unes que les autres, a choisi d’y ajouter un niveau de complexité supplémentaire en triturant encore un peu plus le Prêt à Taux Zéro.

Le PTZ+ (Prêt à Taux Zéro Trop De La Balle) , la soluce !Rappelez-vous : le prêt à taux zéro (PTZ), c’est un prêt sans coût (et parfois sans intérêt), bien évidemment soumis à des conditions de ressources, s’adressant à des personnes souhaitant acquérir leur première résidence principale, et qui ne finance qu’une partie de l’opération. Autrement dit, c’est un prêt gratuit d’argent, couvert par l’État, qui incite les foyers modestes ou pauvres à s’endetter pour acheter un bien immobilier. Et comme ce prêt ne suffit plus à pousser les individus à s’endetter, le président François a choisi de faire une grande et belle réforme « permettant de faciliter l’accès à la propriété en faisant en sorte d’élargir le prêt à taux zéro ».

Bien évidemment, ce fameux PTZ comportera toujours les nécessaires garde-fous pour éviter tous les débordements qu’on peut imaginer à base de capitalistes se lançant dans la construction de lotissements en placoplâtre mal ajusté pour éponger la manne publique en refourguant leurs habitations de carton en rase campagne à de jeunes couples un peu naïfs et désargentés. Ainsi, si le Chef de l’État souhaite bien porter le montant de l’emprunt jusqu’à 40% de la somme totale, il précise tout de même que ce PTZ sera applicable à la « quasi-totalité du territoire » pour les logements neufs, c’est-à-dire pas tout le territoire, et donc qu’il y aura des exceptions, des décrets, des listes, des petits ajustements, des détails à préciser, et, concernant l’ancien, « à condition qu’il y ait des travaux », voilà voilà … Et si vous sentez comme une petite odeur de gaz, c’est parfaitement normal puisque le président de la République vient, encore une fois, de construire une belle usine gazogène. La simplification administrative continue de cogner dur.

Ne pouvant résister à l’envie de l’annoncer à toute la planète, Hollande s’est ouvert de son nouveau projet en passant par la Lorraine avec ses sabotages immobiliers. Au passage, l’occasion était trop belle pour ne pas écorcher une fois encore la grammaire française (« La politique, elle a besoin du temps long ») et ponctuer son intervention par l’une de ces phrases étranges dont on se demandera, dans les générations futures, si elles ne recelaient pas un sens caché qui friserait le foutage de gueule voilé. Évoquant cette pulsion réformatrice dont il prétend être animé, il a ainsi expliqué que « Nous devons avancer, tout en restant ce que nous sommes », frôlant de peu le « où nous sommes » en deuxième partie de phrase qui n’aurait en réalité choqué personne.

Parallèlement, son service de communication, toujours au taquet, a immédiatement relayé l’annonce tonitruante du chef de l’Etat (pensez donc, distribuer du PTZ à grandes brassées, voilà qui mérite amplement un petit tweet) :

tweet élysée PTZ

Tout à l’heure, on sentait une petite odeur de gaz. À présent, vous avez peut-être entendu un bruit de tôle froissée ou de casserole heurtée. C’est, là encore, normal pour ce service de communication qui, en définitive, ne loupe jamais une occasion de distiller une petite blagounette en se gamelant dans l’une ou l’autre formulation. Ici, ça n’a pas loupé : le tweet, formulé avec les pieds, laisse assez clairement entendre que notre ami François cherche une méthode pour faciliter l’achat de son prochain petit pied à terre parisien. On lui souhaite bien du plaisir, d’autant que c’est avec notre pognon.

Grammaire bafouée, discours gnan-gnan, réforme à l’amidon, originalité d’un tube de dentifrice vide, tweet pourri ? Tout ceci est normal : il faut absolument focaliser les Français sur les grandes et belles réalisations du président alors que les élections régionales approchent.

Maintenant, on rigole, on s’amuse, mais les imbécilités présidentielles montrent encore une fois l’opacité mentale de nos dirigeants.

Premièrement, on ne peut que constater l’aspect particulièrement brouillon ou grassement idéologique de la politique étatique en matière de logement : à la France de propriétaire sarkozienne qui avait justifié toutes les bidouilles pour intervenir sur le marché immobilier déjà malade de sur-intervention étatique, a succédé la France de bien logés hollandesque, qui s’est traduit par une loi ALUR abominablement mal écrite dont on mesure encore les effets catastrophiques. Les dernières déclarations à la syntaxe titubante du chef de l’État montrent son revirement vers les propriétaires, donnant à l’ensemble des démarches entreprises jusqu’à présent un côté hésitant frisant le parkinsonnien.

Deuxièmement, en élargissant ainsi le PTZ, on va à nouveau pousser des foyers à s’endetter sur des périodes et des montages financiers relativement risqués, en faisant passer l’endettement comme un mal nécessaire voire souhaité alors qu’il devrait, en toute logique, rester une voie de dernier recours. Comment ne pas se rappeler que ce sont justement les distributions de prêts de plus en plus risqués qui ont provoqué, en 2008, une crise mémorable ? Même s’il n’est pas question ici de comparer les subprimes et les PTZ français, que peut-on réellement attendre d’une société qui mise avant toute chose sur l’endettement et non l’épargne, sur les dépenses immédiate plutôt que sur la planification ?

Troisièmement, avec ce nouveau bricolage, Hollande et toute la clique derrière lui qui a eu cette brillante idée démontrent encore une fois leur méconnaissance crasse des mécanismes de marché : en distribuant ainsi des PTZ à qui en voudra ou presque, le risque est grand de voir les prix de marché s’ajuster pour tenir compte des nouvelles capacités d’emprunt disponibles. Autrement dit, il y a fort à parier sur une hausse, au moins temporaire, des prix dans les endroits où les PTZ seront le plus distribués, de la même façon qu’on a observé l’augmentation des loyers à l’arrivée des Aides au Logement dans la proportion de ces APL.

Au vu de ces éléments, factuels, tangibles et inquiétants, l’approche des régionales ne justifie en rien l’attitude parfaitement irresponsable du chef de l’État. Et le fait qu’il nous fasse bien rire avec sa diction catastrophique, son service de communication de Prisunic campagnard et ses idées senteur naphtaline ne compense en rien les évidentes sottises décisionnelles derrière.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/11/02/42298-immobilier-hollande-distribue-du-ptz-comme-dautres-la-malaria


Calamité : il y a de plus en plus de riches !

dimanche 1 novembre 2015 à 11:00

Non seulement, les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais, rien que pour les narguer, les riches sont aussi de plus en plus riches. Et bien évidemment, si ces derniers s’enrichissent, c’est forcément sur le dos des premiers, pardi. Tout le monde le sait, bien sûr !

À lire les articles assez réguliers qui paraissent en France sur le délicat sujet du dernier décile voire du dernier centile (le dernier 10% ou le dernier 1% les plus riches), on comprend en tout cas que s’intéresser au sort des plus riches passionne les foules, d’ailleurs largement conditionnées à ressentir un mélange d’envie et de mépris pour ces gens qui ont su se détacher du gros milieu de la gaussienne où s’entassent, mollement, les classes moyennes, les semi-pauvres et autres classes laborieuses obligées de durement travailler pour croûter.

Ces articles marchent d’autant mieux qu’on est en France et qu’on les voit fleurir, à la suite de l’une ou l’autre enquête d’une institution statistique (INSEE ou société sondeuse quelconque). À chaque fois, la presse s’empare de l’affaire à bras-le-corps et entreprend d’exposer, avec de minutieux détails, à quel point justement ces riches sont à la fois plus nombreux et plus riches. Il y a quelques mois, le Monde nous apprenait ainsi avec force graphiques colorés que les riches français se multiplient et, conformément aux habitudes, sont même de plus en plus riches. En témoignent les chiffres d’assujettis à l’impôt sur la fortune, qui montrent une progression de 6%, ainsi que de la valeur des patrimoines, qui bondissent de 10%.

Et les articles de continuer leurs analyses guillerettes des tranches d’impôts, des découpages de salamis foncier, immobilier ou mobilier, pour systématiquement terminer par la constatation, presque outrée, qu’avec ce fichu plafond de prélèvements, une partie de ces riches toujours plus riches parvient même à limiter son impôt, zut et zut, ce qui constitue une abomination : c’est un manque à gagner, mes pauvres enfants (ne l’oubliez pas !) car cet argent vous serait évidemment revenu si l’État n’était pas si méchamment stoppé dans son œuvre ponctionnaire.

gifa putin mildly amused

Dans un magnifique retournement logique, le plafonnement devient alors coûteux : comme, dans la logique des scribouillards et des politiciens, tout appartient a priori à l’État, chaque gain qui, soit par fraude, soit par optimisation ou soit parce qu’une ponction à 100% est sottement inconstitutionnelle, ne lui tombe pas dans la poche devient un coût que la nation s’est imposé.

Bien sûr, à l’approche d’élections, on peut lire Valls, un premier ministre un peu dépité, admettre que le tabassage était sans doute trop fort au début du mandat. Rassurez-vous : ce constat n’est évidemment pas partagé par tout le monde, à commencer par Sapin, le brillantissime ministre de la blague qu’on fait passer pour des finances publiques, qui, lui, trouve que « compte tenu du fait qu’augmenter les impôts ça rapporte beaucoup plus vite que de maîtriser les dépenses, je pense qu’en 2012 et en 2013 nous ne pouvions pas l’éviter ».

gifa cheers bravo

Bref, une conclusion s’impose : en France, cette étrange stratégie qui consiste à pourchasser les riches et à les tabasser fiscalement n’est toujours pas remise en question, ni au niveau politique, ni dans les esprits des journalistes, ni même d’ailleurs dans l’esprit des Français en général qui, à mesure que la situation se dégrade franchement et les entraîne dans les difficultés économiques croissantes, estiment qu’il faudra que les nantis paient d’autant plus qu’ils sont désignés comme coupables. Dans cette masse irréfléchie, aucun ne comprend qu’accroître les problèmes des riches, c’est augmenter homothétiquement les misères des pauvres.

Et à ce propos, les pauvres sont-ils de plus en plus pauvres ? Bien sûr, si l’on s’arrête à la France, on admettra assez facilement que le pays s’appauvrit et que, par voie de conséquence, le nombre de pauvres, de chômeurs, de miséreux sur le sol français ne cesse de croître.

Cependant, dès qu’on regarde le tableau d’ensemble mondial, on constate qu’il y a en fait de moins en moins de pauvres.

Par exemple, on pourrait détailler les intéressants graphiques que Max Roser fournit régulièrement sur son site Our World In Data. On y découvrirait que le nombre de personne vivant dans la pauvreté absolue n’a cessé de diminuer, au point, même, de s’effondrer.

(Cliquez pour agrandir)
(Cliquez pour agrandir)

Par exemple, on pourrait ressortir cet article de Slate (pas réputé pour être un repaire d’aficionados de l’ultralibéralisme galopant) qui, lui aussi, constate que « la part de la population de la planète vivant dans la misère est tombée en 2015, malgré les guerres et le ralentissement de la croissance, sous le seuil de 10%… ».

Dès lors, on serait aussi obligé de noter que l’augmentation du nombre de riches dans le monde coïncide aussi avec la diminution du nombre de pauvres. On serait probablement amené à se dire que la création de riches provient peut-être, allez savoir, de la création de richesses, et que ces créations de richesses sortent tous les jours plus de pauvres de la pauvreté. Ensuite, on irait même jusqu’à dire qu’en favorisant ces créations de richesses, et donc ces riches, on favorise la disparition de la pauvreté.

On serait ensuite enclin à regarder de plus près ce que tous ces riches font, effectivement, pour réduire la pauvreté et on pourrait alors trouver des exemples de ces riches qui œuvrent plus concrètement à la réduction de la misère dans le monde que tous les politiciens réunis ou non dans les COP21 et autres happenings de baltringues à roulettes. On parlerait par exemple de Manoj Bhargava, milliardaire indo-américain qui lance actuellement une initiative passionnante, décrite dans le moyen métrage ci-dessous :

Bref, on regarderait la situation et on verrait que finalement, lorsque les riches sont plus nombreux et qu’ils s’enrichissent, les pauvres s’enrichissent aussi et la pauvreté diminue. On se dirait tout ça.

Mais pas en France. En France, on continuera à dénombrer avec assiduité et précision le nombre de riches, de grands bourgeois et d’héritiers fortunés, on continuera de les conspuer tout en leur faisant fiscalement comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenus et, lorsque ces riches partiront enfin avec leur fortune, on commencera à pleurnicher de voir la richesse nationale s’étioler.

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Source : http://h16free.com/2015/11/01/40740-calamite-il-y-a-de-plus-en-plus-de-riches


France Télévisions : désinvolture et propagande

vendredi 30 octobre 2015 à 09:00

Le combat permanent pour une société plus câline et moelleuse continue. Et s’il y a bien un canal privilégié pour mener ce combat, c’est évidemment celui des médias. Et ça tombe bien : le gouvernement dispose de nombreux matelots de la notule journalistique et de fiers navires prêts à voguer sur les mers houleuses de l’actualité pour ramener dans leurs filets les plus beaux coquillages de propagd’information.

Dans l’impressionnante flotte de l’État, difficile de passer à côté de France Télévisions. Évoquer ce paquebot de chaînes publiques plus ou moins grosses et plus ou moins fructueuses, c’est parler du vaisseau amiral de l’information à la Française, ce paradoxe vivant, alchimie subtile d’un journalisme indépendant qui suce à la substantifique vérité objective avec un service public qui suce, lui, assez goulûment, aux gros robinets chromés de distribution d’argent des autres, en provenance directe du Trésor Public dont le gouvernement a les rênes.

gifa slow clap

France Télévisions, c’est un peu l’exemple type de ce qu’on peut faire lorsqu’on a de très gros moyens financiers, des moyens intellectuels assez modestes et une moralité mesurable au microscope à balayage électronique. Question moyens, la redevance télévisuelle assure en effet qu’il ne manquera jamais d’argent aux trépidants producteurs télévisuels publics, le contribuable ayant cette capacité surprenante à toujours pouvoir trouver de l’argent pour payer pour des programmes de plus en plus indigents. Indigence qui prouve à elle seule que les moyens intellectuels, eux, ont toujours su conserver l’indispensable modestie qui sied à l’État et aux gouvernements successifs. Enfin, la moralité nanoscopique sera fort pratique pour appliquer sans souci l’éthique en toc et autre deux poids – deux mesures sans lequel ce service ne serait pas vraiment utile au pouvoir en place.

Pour diriger cet ensemble dispendieux à la tête duquel se sont succédé des cadors du management, l’actuel gouvernement a choisi une certaine Delphine Ernotte qui s’est illustrée, quasiment dès son arrivée l’été dernier, en réclamant que soient augmentées les recettes du groupe qui, pour rappel, ne sont globalement que de deux sortes : la publicité, dont Delphine s’est donc engagée à bombarder assidûment le téléspectateur, et la redevance, que Delphine entend bien étendre à tout ce que peut tripoter le contribuable, depuis sa montre connectée en passant par la tablette, l’ordinateur ou le four micro-onde si l’occasion se présente.

Pour compenser cette voracité, Delphine a tenté de faire passer l’addition en expliquant récemment viser le déficit 0 en 2016, lors d’une audition devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Notez qu’ici, on ne parle pas d’un déficit d’attention ou de crédibilité, mais bien seulement financier, n’allons pas trop vite en besogne, et rappelons qu’à l’impossible, nul n’est tenu, même pas Delphine du Service Public.

C’est, bien évidemment, particulièrement drôle puisqu’on s’en souvient, lors de son arrivée, la même Delphine s’étranglait dans un petit sanglot en s’écriant que, Oh Mon Dieu, ça va pas le faire, il va nous manquer 50 miyons. Dans une lettre adressée aux administrateurs de France Télévisions, la nouvelle présidente écrivait ainsi :

« (…) compte tenu des hypothèses budgétaires communiquées par notre actionnaire, (…) La confirmation de ces montants conduirait, comme je vous l’avais indiqué jeudi dernier, à un déficit prévisionnel pour 2016 de l’ordre de -50 millions, malgré la prise en compte d’hypothèses d’économies par rapport à 2015 »

Alors oui, bien sûr, depuis, les députés ont voté une rallonge pour le groupe public. Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye. Depuis, il a été aussi convenu qu’on pourrait remettre de la publicité sur les chaînes publiques. Depuis, Delphine a convenu qu’en rabotant un peu par-ci, par-là, on devrait arriver à s’en sortir.

Mais admirons quand même la performance : en une poignée de mois, on passe d’un déficit prévisionnel de 50 millions d’euros à 0. Il n’y a pas à dire, l’argent des autres a quelque chose de magique. D’autant plus magique qu’on apprend en parallèle que question déficits, ceux des années passées ont été fort sous-estimés d’après Francis Guthleben, expert en analyse médias qui a collaboré pendant plus de dix ans avec France Télévisions. Pour lui, on serait plutôt dans les … 50 millions de déficits, dès 2015. Oh. Comme c’est surprenant.

gifa cat surprised

En fait, tout se passe comme si, finalement, les finances (publiques) du groupe de chaînes (publiques) étaient à ce point élastiques qu’elles permettraient de créer, comme ça, pouf, sur un coup de tête, une nouvelle chaîne d’information dont on peut dire, si l’on exclut quelques épaves journalistiques en attente d’un poste au chaud, que tout le monde se fiche complètement.

Et l’élasticité ne s’arrête pas là puisqu’en plus de cette foutraque chaîne dont on n’a que faire (et dont la non-création permettrait une économie instantanée de plusieurs millions qui semblaient manquer à Delphine à son arrivée, justement), la patronne de France Téloches semble chaud-boulette partie pour créer aussi « une plate-forme numérique dédiée aux œuvres françaises », c’est-à-dire et avec toute l’immodestie qui sied aux gens qui claquent avec emphase l’argent qu’ils n’ont pas eu à gagner, « une sorte de Google de la création française ».

Ah, qu’elles sont délicieuses, ces élites françaises qui lancent régulièrement des concurrents à la française de services étrangers efficaces et largement rentabilisés, avec cette générosité si caractéristique des jean-foutres de la fonction publique pour non pas répondre à un besoin du marché mais simplement montrer qu’elles existent !

Pour justifier cette nouvelle lubie ridicule, Delphine a bien compris qu’il suffit de jeter la carte « exception culturelle » : pour elle, la mise en place de cette nouvelle usine à gaz coûteuse est nécessaire car, voyez-vous mes petits contribuables, « on ne peut pas laisser les acteurs américains contrôler ce marché sous peine de mettre à mal l’exception culturelle ». C’est parfaitement con puisqu’actuellement, chaque production culturelle numérique peut largement être hébergée par des acteurs, autant français qu’américains du reste, et ce, sans le moindre kopek d’argent public. Ernotte ne propose donc ici qu’une redondance dispendieuse, inutile et sous un prétexte parfaitement fumeux.

Encore une fois, le groupe public encaisse des déficits énormes, une perte d’audience constante, une désaffection des annonceurs publicitaires et vit complètement au crochet de contribuables qui commencent à trouver l’addition particulièrement salée, mais c’est le moment où jamais de lancer, coup sur coup, un machin informationnel dont on n’a absolument pas besoin et un bidule culturello-technoïde qui existe déjà.

fail france télévision

Le plus agaçant de tout ceci reste bien sûr le soutien sans faille du ministère de tutelle, celui de la Culture, toujours dirigée avec la même finesse par Fleur Pellerin qui ne peut pas s’empêcher d’être « très favorable » à ces nouveaux gouffres financiers en puissance.

Bien évidemment, la réalité, c’est qu’on est encore une fois en train d’utiliser l’argent du contribuable pour lui forcer une purée bien standardisée dans le gosier, qui n’est même plus aux limites de la propagande mais s’y vautre tout entière sans le moindre scrupule : par exemple, pendant qu’Ernotte nous chantonne les mélopées langoureuses de l’exception culturelle, elle n’hésite absolument pas à laisser débarquer un présentateur météo qui a eu l’heur de critiquer le GIEC, auquel aux dernières nouvelles, France Télévision n’a pourtant jamais prêté allégeance.

France Télévision a toujours beaucoup peiné à concrétiser une image d’indépendance et de probité vis-à-vis du pouvoir. Mais avec une telle propagande éhontée, une telle désinvolture dans la dépense, et une si cynique chasse au sorcières, la nouvelle mouture ne laisse plus rien à espérer. En deux mois, Delphine, vous avez déjà fait un travail impressionnant. Bravo.

gifa cheers bravo

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Source : http://h16free.com/2015/10/30/42269-france-television-desinvolture-et-propagande


Heureusement, la concurrence nous sauve du méchant capitalisme

jeudi 29 octobre 2015 à 09:00

Mi-septembre, la presse découvrait, choquée jusque dans les tréfonds de son âme, que le capitalisme débridé pouvait pousser certains patrons à augmenter les prix d’un médicament de 5000% et qu’il n’existait aucun moyen de l’obliger à baisser ses prix et, éventuellement, de lui briser les rotules même sur le plan purement métaphorique, parce que ce qu’il faisait était parfaitement légal.

Sans surprise, les médias français n’avaient pas hésité à relayer l’abominable histoire, si illustrative des dérives du capitalisme débridé et dérégulé qui sévit bien sûr outre-Atlantique dans ce berceau de l’anti-collectivisme primaire (forcément primaire).

drogues - souvenez vous les enfants elles sont super chères

En substance, profitant du rachat d’une petite entreprise pharmaceutique, le patron, un certain Martin Shkreli, avait augmenté de 13,50 dollars à 750 dollars le prix de la pilule de Daraprim, un médicament utilisé pour la lutte contre certains protozoaires sanguins comme la toxoplasmose, le paludisme, la leishmaniose. Le fourbe capitaliste n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà, en 2011, procédé de la même façon pour un autre médicament lors du rachat d’une autre société, Rétrophin, dont le conseil d’administration n’avait guère goûté ses méthodes et avait fini par le débarquer.

La révélation avait largement entraîné le lot de partages Facebook et Twitter expliquant dans quelle mesure ce patron était un parfait salaud d’exploiter ainsi la maladie de certains individus et d’en tirer un si juteux profit alors qu’il n’avait, en réalité, rien fait pour développer le médicament. Cependant, si les jugements moraux s’épanchèrent sans problèmes dans les pleuroirs sociaux officiels, il n’y aura pas eu beaucoup d’analyse de fond du problème, des rapports incestueux entre la FDA et les prix de marché des médicaments outre-Atlantique, ni beaucoup de billets pour noter que le médicament en question ne disposait plus du moindre brevet.

Notons tout de même l’exception heureuse d’un billet paru sur Contrepoints et qui remettait quelque peu les pendules à l’heure, en rappelant qu’au vu des contraintes nécessaires à la vente d’un équivalent générique aux États-Unis, qualifier le marché de la santé américain de non-régulé est un déni de réalité profond, voire une vaste bouffonnerie qui n’étonnera que le lecteur inattentif de la presse subventionnée française.

Presse subventionnée qui, si elle fut la première sur le pont à cracher sur le patron en question, oubliera totalement de faire son travail lorsqu’une concurrence apparaîtra. Il faut dire que la distribution de bons points et de moraline en barils est devenue une spécialité que beaucoup de journalistes ont bien du mal à dépasser.

Et quand je parle de concurrence, ce n’est pas innocent.

Hollande fucking loves cocaineEn fait, un mois après la hausse de prix stratosphérique (et économiquement idiote) imposée par Shkreli, on découvre qu’une société entend maintenant fournir une alternative bon marché aux pilules devenues inabordables : Imprimis Pharmaceuticals, de San-Diego, qui établit les préparations magistrales pour des patients individuels, a expliqué récemment qu’elle allait fournir les composés actifs du Daraprim (la pyriméthamine et l’acide folinique) à raison de 99 dollars pour un flacon de 100 capsules.

Oui, vous avez bien lu, contre une méchante firme capitaliste apatride dévoreuse de chatons communistes et de malades de la malaria, une solution simple a été trouvée assez rapidement (en un mois), par le marché lui-même : la concurrence d’une autre firme, elle aussi bêtement capitaliste et attirée par les profits évidents qu’une clientèle avide d’économies ne manquera pas de lui procurer. Ce serait presque caricatural si ce n’était réel, mais il faut le redire : le meilleur outil contre le capitalisme reste le capitalisme lui-même, qui démontre encore une fois qu’il se régule très bien tout seul. Il faut aussi insister sur l’évidence que le problème ne se serait pas posé en premier lieu si les procédures de production d’un médicament n’étaient pas déjà relativement complexes, et si la production d’un générique n’était pas rendue presque impossible par, justement, une régulation tous azimuts, soit l’exact opposé de ce que le marché a trouvé comme solution fonctionnelle…

CorporatismeDe façon d’ailleurs parfaitement ironique, c’est aussi le marché qui trouve les moyens opérationnels de contourner le déluge de régulations parfois invraisemblables, dont une bonne partie répond avant tout à des motivations purement corporatistes ou protectionnistes, au détriment des patients et, plus généralement, des consommateurs, depuis le malade jusqu’au médecin en passant par les assurances et les systèmes de santé massivement étatisés, qui doivent supporter de façon directe ou indirecte tous les surcoûts engendrés mécaniquement par ces empilements légaux, bureaucratiques et « régulatoires ». Eh oui : les marchés noirs médicamenteux sont la conséquence directe des dérives non pas du marché libre, qui n’existe pas en réalité, mais bien des marchés massivement régulés qu’on subit dans toutes les économies occidentales actuellement.

Et le pompon est qu’en plus, ces marchés alternatifs fournissent une qualité de service largement suffisante aux besoins pratiques des malades et des consommateurs, à des prix bien plus faibles que ceux des marchés officiels, régulés, comme l’expose très clairement cet article de Vice.

En définitive, il est assez peu probable qu’on parle en France de l’arrivée d’une concurrence aux pilules à 750$ pièce de Shkreli, ou qu’on en fasse les mêmes charrettes que lorsqu’il s’est agi de dénoncer, la morale en bandoulière, les agissements du patron sans scrupules. Idéologiquement, cette arrivée rapide d’une solution indépendante de l’État, qui illustre par l’exemple les bienfaits de la concurrence, ce n’est guère jugé vendable.

Ne vous attendez donc pas à un torrent de partages Facebook ou à une avalanche de tweets joyeux pour annoncer que la concurrence capitaliste nous sauve une fois encore du méchant capitalisme.

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Source : http://h16free.com/2015/10/29/42195-heureusement-la-concurrence-nous-sauve-du-mechant-capitalisme


Les banlieues sont toutes roses, les banlieues sont moroses

mercredi 28 octobre 2015 à 09:00

Il y a vingt ans, les Inconnus nous apprenaient, en se dandinant sur un air de rap rythmé et rigolo, que « la banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose ». Et vingt ans après le constat un peu amer du trio comique, il s’est passé beaucoup de choses. De ce point de vue-là, les gouvernements successifs n’ont pas chômé.

Oui, il fallait agir, absolument, d’une part parce que ne rien faire c’était laisser un boulevard aux critiques de l’opposition (quelle qu’elle fût) et d’autre part parce qu’un politicien qui agit existe, et ce d’autant plus qu’il crame un paquet considérable d’argent des autres. Il fallait donc bien consacrer un montant tous les ans plus grand de l’argent public à cet épineux dossier des cités-dortoir, des banlieues périphériques aux grandes métropoles régionales ou à la capitale qui sont devenues, d’années en années, ces zones difficiles percluses de chômage, de misère, théâtres de faits divers parfois sordides et de commerces aussi stupéfiants que la venue d’un premier ministre socialiste aux Mureaux.

Car Manuel a compris qu’on l’attendait tous sur le sujet : la discrimination sociale n’est plus possible dans ce pays. Et comme elle passe notamment par ces banlieues et leurs dérives, il était naturel que le ministre y aille s’encanailler pour montrer que non, non, non, la République n’a pas déserté ses missions essentielles que sont le logement social, le « testing », les caméras piétons sur les policiers et combattre l’ « apartheid social, territorial et ethnique ».

Il faut dire que tous les indicateurs pointent vers le même constat : la situation s’est dégradée. D’après les analyses minutieuses des journalistes, des experts, des philosophes, des sociologues-experts et autres philosophes-journalistes, dix ans après les émeutes qui secouèrent la France, « la situation des banlieues est encore plus mauvaise ».

no-way

C’est franchement étonnant. Mais si, admettez tout de même que vous êtes un peu surpris : normalement, cela fait des décennies que nos amis de tous les gouvernements qui se sont succédé aux commandes du pays travaillent à remettre les banlieues d’équerre. Cela fait des décennies que les experts / philosophes / journalistes / sociologues se relaient pour expliquer pourquoi ces banlieues sont en déshérence, pourquoi les habitants ne s’y sentent pas bien, comment il faut procéder pour aider les uns, secouer les autres, les employer et leur redonner de l’espoir, de la joie de vivre, du cœur à l’ouvrage et ce petit je-ne-sais-quoi qui fera revenir joie, bonheur, gaîté et subventions chez les habitants de ces quartchiers qui ont du talent. Normalement, tout devrait être bien carré, après toutes ces dépenses, toutes ces années, non ?

Eh bien non.

Bref, la banlieue est sans nul doute devenu le beau baroud de ce gouvernement de combat qui cherchait une guerre à sa hauteur. Comme dans tout combat, il y aura des cibles, clairement désignées, des objectifs, des forteresses à prendre et des sièges à tenir (notamment celui de Premier ministre qui est parfois éjectable). Les objectifs sont connus puisqu’il s’agit bien sûr d’égaliser à coup du bulldozer républicain anti-discrimination. C’est facile, c’est clair, c’est net, et la bavure ne lui fait pas peur.

Quant aux cibles, elles sont toutes désignées. Après quelques foulées athlétiques dans les rues des Mureaux vides d’habitants (qui avaient sans doute d’autres chats à fouetter que voir un clown parader), le Premier ministre a rendu publique une liste de 36 communes méchamment récalcitrantes à leurs obligations en matière de construction de logement social, quinze ans après l’adoption de la loi SRU imposant des quotas démocratiques et festifs. De façon toujours aussi stupéfiante, on découvrira dans cette liste une majorité de communes dont l’équipe municipale fricote avec les Républicains™® ou le Front National. Sur les 36 communes, seules 4 sont classées à gauche. C’est un pur hasard. Abomination supplémentaire : Neuilly (ex ville de Sarkozy) ou Fréjus (FN) ne respectent pas les engagements qu’on leur a imposés de construire du logement social. Flûte alors.

no way cat

Pourtant, tout le monde sait qu’une fois construit, c’est l’assurance d’un avenir florissant, comme l’ont justement prouvé les quarante années efficaces de politique du logement, de politique de la Ville ou de la gestion des banlieues en général. On s’étonne donc que certaines villes trouvent inadaptée la solution proposée par l’État et fassent bêtement de la résistance de l’obstruction stérile à un programme dont tout indique qu’il va très bien se terminer !

Très concrètement, les maires de ces insupportables communes insoumises seront dorénavant remplacés par les préfets qui délivreront les permis de construire pour les charmants ensembles immobiliers prévus par la loi. Ça tombe bien : ces préfets ne sont pas sanctionnés par le vote démocratique, et n’auront donc aucun compte à rendre lorsqu’enfin, les communes désignées bénéficieront à leur tour du bon taux de HLM. C’est aussi ça, la Socialie détendue de l’autoritarisme, pas de quoi en faire un drame.

D’autant que le plan de Manu les HLM n’est pas vide de ces truculentes inventions qui savent donner tout son sel aux initiatives vraiment gouvernementables. Ainsi, lorsque la Commission Interministérielle à l’Egalité et à la Citoyenneté s’est réunie le 26 octobre, elle en a aussi profité pour renforcer le lien social, le vivrensemble et tout le tralala républicano-mixophile en instaurant, sous l’impulsion de la fine fleur sénatoriale socialiste et de Fleur Pellerin, l’actuelle excuse en charge du ministère de la Culture et de la Communication, un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop.

no fucking way

On appréciera toute la puissance de ce poncif cette innovation au secours des banlieues qui s’inscrit d’ailleurs assez bien dans l’encadrement de l’État tous azimuts d’absolument tout et n’importe quoi pour gagner des ouailles. Dans le prolongement de ce diplôme officiel de hip-hop, on attend sans doute que des Tsiganes mettent le feux à l’une ou l’autre autoroute pour que soit enfin reconnue par un diplôme les spécificités de leur musique…

cat wait what

Tout ceci rejoint assez bien l’apparition, il y a quelques années, de la Tout Ce Qu’il Y A De Plus Officielle licence de clown, dont le diplôme, absolument nécessaire, a propulsé la clownerie française au rang d’art reconnu dans le monde entier.

Non, décidément, il n’y a pas à tortiller : la gestion des banlieues a été assez exemplaire les décennies passées et la façon dont le Plan Truc Machin est actuellement enquillé laisse présager du meilleur. Et cerise sur le gâteau : ce sujet ô combien délicat permet aussi à la fine équipe gouvernementale de bricoler des rétorsions politico-politiciennes en poussant ses basses œuvres idéologiques dans la foulée. Accessoirement, les précédents plans ont toujours été particulièrement efficaces pour diriger efficacement les sprinklers à pognon public vers les bons gosiers aspirants, et tout indique qu’on va continuer dans la même direction avec le petit dernier.

On le savait : ce pays est foutu. Mais au moins, nous aurons des clowns diplômés et des hip-hopeurs brevetés qui clowneront et hip-hoperont dans des cités subventionnées.

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Source : http://h16free.com/2015/10/28/42241-les-banlieues-sont-toutes-roses-les-banlieues-sont-moroses