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L’incalculable contribution des syndicats français au chômage

mardi 8 mars 2016 à 09:00

On le sait : il faut, partout dans le monde, beaucoup de sueur, d’abnégation, de courage et de persévérance pour créer et faire vivre une entreprise. En France, les obstacles administratifs, économiques ou sociaux rendent la tâche encore plus ardue, ce qui explique un taux de chômage structurel élevé. En revanche, partout dans le monde, foirer une entreprise est assez simple et en France, ça l’est encore plus puisqu’il suffit de faire intervenir l’État, les syndicats ou la justice.

L’affaire qui nous occupe aujourd’hui se déroule au sein de la société Desseilles, qui, bien qu’un des fleurons de la dentelle de Calais, n’en est pas moins en difficultés. Elle est même en liquidation judiciaire avec quelques jours de sursis, suite au jugement du tribunal administratif de Lille tombé en décembre, qui ordonne la réintégration de cinq syndicalistes licenciés en 2013 : l’entreprise doit à présent payer les deux ans et demi de salaires non versés pour chacun d’entre eux, ainsi que les indemnités prud’homales qu’ils vont demander pour les dommages et intérêts, soit entre 700.000 et un million d’euros, qui ne sont évidemment pas disponibles dans la trésorerie de l’entreprise.

Le hic, c’est que les syndicalistes licenciés l’ont pourtant été dans un cadre bien spécifique, celui du licenciement économique, validé par l’inspection du travail ainsi que la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et le ministère du Travail, et ce, malgré les recours des licenciés.

Heureusement, la conjonction d’un syndicalisme utile et bien compris avec une justice taillée au cordeau par le tribunal administratif va donner à l’affaire un tour croustillant en imposant donc la réintégration des salariés, au motif que l’entreprise aurait dû proposer des reclassements en interne à ces salariés. Un reclassement interne dans une entreprise qui calanche, c’est croquignolet, on l’admettra.

gifa a little crazy

Quant à la réintégration, selon toute vraisemblance, elle fera fermer l’entreprise complètement, entraînant ainsi la transformation d’une poignée de licenciements économiques par une faillite complète avec 74 nouveaux chômeurs à la clé. Réintégration qui, de surcroît, n’est souhaitée par aucun des salariés actuels de l’entreprise, qui comptent pourtant des délégués syndicaux des autres centrales, et ont même monté un collectif pour que les licenciés ne soient pas réintégrés, et qui soutiennent la direction.

Seul un appel de la décision au tribunal permettra, s’il passe, de sauver les meubles et de permettre à un repreneur chinois de rattraper l’entreprise en difficulté. Mais si l’appel est rejeté, le repreneur a déjà fait savoir qu’il n’irait pas plus loin.

Belle affaire, ne trouvez-vous pas ?

En tout cas, tout y est réuni pour déclencher une tempête de facepalms violents.

Tout d’abord, sur le plan philosophique, on pourra se demander à quoi sert la multiplication des instances validant un licenciement, fut-il économique. En effet, même si l’inspection du travail, la DIRECCTE et le ministère lui-même semblaient d’accord sur le principe, il n’aura suffi que d’une petite décision de justice pour remettre en cause toute leur belle assurance. Les entreprises et, de façon plus générale, la société françaises y gagneraient si on pouvait se passer de leurs services compte tenu des résultats observés ; autant aller au procès directement, ce qui évitera d’occuper bêtement le temps des directions, inspections et autres encombrants ministères.

D’autre part, cette affaire prouve encore une fois la difficulté même de rompre un contrat de travail, notamment pour des syndicalistes, et même dans le cadre pourtant extrêmement balisé d’un licenciement économique. En outre, cette difficulté entraîne assez directement des conséquences néfastes imprévues et catastrophiques. Ici, très concrètement, cette surprotection des salariés va directement aboutir à multiplier par près de 15 les dégâts des 5 licenciements initiaux pour les transformer en 74. Certes, les syndicats ont clairement eu leur rôle à jouer dans cette consternante démonstration de force obtuse, mais à ce point de la réflexion, on en vient à se demander chafouinesquement si ces lois ne sont pas justement écrites pour donner in fine un pouvoir immense à des irresponsables trop heureux de résister encore et toujours contre le méchant patronat, quitte à tuer tout emploi autour d’eux…

gifa cat facepalm

Enfin, on devra noter l’incroyable incohérence de la protection sociale française que le monde nous envierait tant, qui oscille ici entre l’incohérence la plus crasse et l’hypocrisie la plus débridée.

Car c’est bien d’incohérence et d’hypocrisie dont on doit parler ici lorsque d’un côté, on se barbouille bruyamment du collectif et qu’on prétend chercher le bien commun, et que de l’autre, on bousille consciencieusement le moyen d’existence de salariés qui sont très heureux de leur condition.

En somme, on détruit le bien commun et ce lien social du travail dont les syndicalistes, les inspecteurs du travail, les juges administratifs, les ministres et tant d’autres acteurs se gargarisent à longueur de journée, sur les plateaux télé et dans les plus palpitants articles de presse, et on le fait au profit de personnes qui ont largement démontré leur toxicité au point de déclencher chez les autres salariés le besoin de vouloir se protéger d’eux (ici, en créant un collectif pour éviter leur réintégration).

Oh, j’entends bien les arguments dégoulinant de duplicité de ceux qui viendront, droits comme des I et la main sur cœur, prêts à jurer de leur rectitude morale, nous expliquer que le tribunal n’a fait ici que respecter la Loi, toute la Loi, rien que la Loi et qu’elle ne permet pas, aveugle qu’elle est, la moindre interprétation. C’est trop chou.

Mais voilà : ici, la justice (administrative) est devenue complètement autiste, rejetant l’esprit de la loi, le bon sens et la recherche du moindre mal au profit d’une application stricte, rigide même, de textes impénétrables dont elle entend rester la seule à pouvoir faire l’interprétation. Elle n’est plus que l’expression d’une forme de jusqu’au-boutisme, ne cherchant pas, comme jadis Saint Louis sous son chêne, à équilibrer les sentences mais à rendre un verdict qui soit conforme à l’idéologie qu’elle entend promouvoir ainsi, cette idéologie qui commande que le patron est un fourbe, que le travail aliène, et qu’il faut donc lutter, par tous les moyens, pour libérer les travailleurs et asservir les patrons.

almost blind justiceEn revanche, cela ne choquera personne que la même justice, aux mains d’autres tribunaux, voire aux mains de nos parangons de moralité, n’aura aucun mal à passer outre les petits écarts des uns ou des autres s’ils sont dans le Camp du Bien, élus ou syndiqués. Cette même justice saura se montrer accommodante ou vraiment très aveugle lorsqu’il faudra oublier certains comportements.

Et là où chaque article de chaque livre de loi sera épluché pour n’en oublier aucune subtilité s’il s’agit de faire rendre gorge à un salaud-de-patron, la loi deviendra un maquis d’interprétations et de latitudes généreuses lorsqu’il s’agira de juger l’un ou l’autre privilégié de la République, l’enfant sacré du syndicalisme, ou le socialement proche victime d’une trop méchante société.

Le sort de cette fabrique de lingerie calaisienne apparaît aussi sombre qu’incertain. Mais une chose est sûre : si elle disparaît définitivement, les syndicats et le tribunal administratif pourront se vanter d’y avoir grandement contribué. Dans un pays ou près de 5 millions de personnes se battent pour trouver un travail, c’est toujours bon à savoir.

Source : http://h16free.com/2016/03/08/48634-lincalculable-contribution-des-syndicats-francais-au-chomage


Loi Travail : un coup pour rien

lundi 7 mars 2016 à 09:00

Peu importe ce qu’on pense de l’actuelle ministre du Chômage, force est d’admettre qu’elle n’a laissé personne de marbre avec la loi qui, si elle est un jour votée, portera peut-être son nom. Je dis « si », parce qu’à mesure que la polémique enfle, on peut légitimement se demander dans quel état la loi et la ministre se présenteront dans les prochaines semaines devant l’Assemblée pour le vote.

Tout avait pourtant commencé … mollement. On se souvient de l’arrivée d’un Emmanuel Macron présenté comme turbolibéral par les incultes habituels, et le vote d’une loi à son nom qui, tout compte fait, réussissait la prouesse de libérer un peu la desserte de cars dans les régions. Il est assez peu probable que les 1300 emplois créés dans le foulée soient responsables du petit ralentissement observé dernièrement dans la hausse du chômage, mais reconnaissons à l’initiative d’avoir malgré sa grande timidité donné une indication claire pour le pays : oui, retirer des contraintes, libérer des secteurs de l’emprise étatique ou monopolistique permet bien de créer des emplois, n’en déplaise à Gérard Filoche.

Filoche ou l'enfer du bus

Lorsqu’El Khomri a débarqué avec son projet de loi, on pouvait donc raisonnablement s’attendre à deux choses : d’une part, compte-tenu de l’expérience Macron, un petit pas pouvait être fait dans la bonne direction. D’autre part, on savait que tout ce que le pays compte de tenants d’un immobilisme d’airain se lèverait comme un seul homme pour la combattre, de la même façon qu’on eut le droit à toutes les manœuvres possibles pour saboter la loi Macron et la dissoudre dans le corps syndical français (avec un certain succès, il faut dire).

Bien sûr, la notion même de « petit pas en avant » est hautement débattable, et le débat est d’ailleurs largement ouvert ; citons au passage la tribune dans le Monde d’un collectif composé d’économistes inexplicablement pas issus des sérails habituels où régulièrement la fine fleur trotskiste branlouille de la rhétorique pour casser des briques, collectif qui se permet le toupet de noter quelques points positifs au projet d’El Khomri, ce qui démontre au passage une belle inconscience pour la carrière de ses membres. Concernant Tirole, qui en fait partie et qui est maintenant vilipendé par une presse outrée de sa position favorable, on pourra penser que son Nobel lui accorde un certain détachement, je présume…

Et bien évidemment, ce petit « pas en avant » s’entend pour un gouvernement qui n’a jamais fait la preuve de la moindre initiative réelle, et qu’en terme de réforme, tous ses efforts se sont toujours traduits par une réduction palpable des libertés et une augmentation (parfois explosive) de la paperasserie, de la complexité bureaucratique et, bien sûr, de la ponction fiscale.

Autrement dit, on se doit d’observer la plus grande prudence au sujet de cette loi, tant son parcours apparaît déjà complètement miné.

parcours institutionnel en République du Bisounoursland

En outre, et c’est encore plus symptomatique de l’état du pays, la polémique qui s’est installée ressemble de plus en plus à une magnifique bataille d’infirmes où une impressionnante brochette de collectivistes, c’est-à-dire des gens pas équipés pour réfléchir, tentent d’expliquer ce qu’il faudrait faire (ou ne pas faire) au gouvernement, c’est-à-dire des gens pas équipés pour écouter. Des idiots qui crient à des sourds, voilà qui promet quelques moments décibels.

Il n’y a en effet aucun doute à avoir : comme l’évoque Nathalie MP en conclusion d’un récent billet, la liste de ceux qui s’opposent au projet en dit très long sur la bataille avant tout idéologique qui se livre ici. Bien qu’étant au XXIème siècle, tout indique en effet que cette loi a été conçue dans le cadre de la lutte des classes, qu’elle a été analysée par les syndicats, les politiciens et une partie des salariés dans le cadre de la lutte des classes, et elle est donc combattue dans le cadre de la lutte des classes.

Pas étonnant, dès lors, de trouver de tels cris d’orfraie de la part de toute une partie de la société, à commencer par celle qui a toujours été en pointe dans la lutte pour un accroissement de la collectivisation du pays. Pas étonnant de trouver la joyeuse troupe de l’UNEF embringuée dans cette nouvelle lutte, de Caroline de Haas et sa pétition au millions d’e-mails non vérifiés (ah, le bonheur simple d’utiliser des e-mails « jetables » sur yopmail.com ou jetable.org !) jusqu’aux éternels étudiants à l’instar de William Martinet qui fait absolument tout pour suivre les traces baveuses de Bruno Julliard (ou tant d’autres avant lui), exfiltré sans mal de l’UNEF pour pouvoir grenouiller sous les ors de la République à la Mairie de Paris.

william martinet - loi travail

Au passage, on ne pourra s’empêcher d’avoir une pensée émue (ou au moins, amusée) pour ces étudiants, ces salariés, ces syndiqués « conscientisés » qui défileront, banderoles en main, pour être sûrs que rien ne change et qui, quelques années plus tard dans une France devenue le Venezuela de l’Europe, pleureront parce qu’effectivement, rien n’a changé.

Car oui, grâce à une fuite en avant forcenée dans la déresponsabilisation des individus, par un capitalisme de connivence galopant qui infuse maintenant toute la société, par l’inscription autoritaire de chaque salarié et de chaque patron dans une lutte des classes aussi artificielle qu’obligatoire, on a depuis bien longtemps troqué le Code de l’Honneur contre celui du Travail. Tout y semble mieux défini, plus proprement rangé dans une myriade de petites cases dans laquelle chacun sait qu’il doit tomber pour répondre aux exigences du législateur, des syndicats, des administrations et des politiciens. Au passage, cela explique très bien pourquoi, au pays des Droits de l’Homme et de la « Liberté guidant le Peuple », les Français sont les salariés les moins heureux au travail.

J’ai écrit il y a plusieurs mois déjà, lorsqu’El Khomri abordait le sujet de cette loi, qu’elle présentait déjà tous les signes du renoncement total à toute réforme. Je l’ai réécrit au moment où la polémique à commencé à enfler, les premiers jets de cette loi fuitant « inopinément » dans la presse. Et finalement, peu importe la valeur de cette loi : elle est devenue, presqu’instantanément, ce qu’il faut abattre dans la partie jacassante de l’opinion.

Dès lors, soyons lucide et rendormons-nous : il n’y aura pas de réforme. Le cirque continue exactement comme prévu, et la France, définitivement calcifiée, va donc inexorablement continuer à produire assistanat, chômage et misère.

Ce pays est foutu.

Source : http://h16free.com/2016/03/07/47684-loi-travail-un-coup-pour-rien


Peut-on vraiment se réjouir des redressements fiscaux records ?

dimanche 6 mars 2016 à 11:00

Même une horloge arrêtée indique l’heure exacte deux fois par jour. Conséquemment, même l’État français, aussi bordélique et incompétent soit-il,  tombe parfois juste. Or, s’il y a bien un domaine dans lequel il est d’une importance capitale qu’il tombe juste, c’est celui de l’impôt. Et ça tombe bien, l’année 2015 constitue un record. Youpi.

Voilà qui met du baume au cœur de nos ministres, Michel Sapin et Christian Eckert. Sonnez hautbois, résonnez musettes, les chiffres sont formels : le rendement de la lutte contre la fraude fiscale a atteint des records en 2015. Du point de vue d’Eckert et de Sapin, il y a de quoi se réjouir : pour la première fois cette année, les redressements ont atteint 21,2 milliards, soit une progression de 18 % par rapport à l’année précédente.

« L’action du gouvernement et de l’administration dans la lutte contre la fraude fiscale porte pleinement ses fruits ! »

Et avec 21 milliards d’euros, mazette, quels fruits ! De loin, ça sent même le festin !

Tout ceci justifie amplement que tout ce que la presse compte d’importants journaux reprenne avec componction les petits chiffres, les petits graphiques et la petite communication joyeuse de Bercy. À lire les exploits narrés par nos journalistes d’outre-internet, on serait presque content pour les services de Bercy devant les résultats obtenus.

sapin eckert rubiconds

Las.

Après analyse, les choses sont cependant un peu moins belles et moins claires que les idées que nos journalistes tentent de faire passer avec cette habileté inénarrable des enfants de deux ans tentant, avec un maillet, de faire rentrer le cube dans le trou cylindrique ; le service après-vente du gouvernement n’est pas toujours efficace et la grossièreté de certains maillets artifices finit par se voir.

hollande et son casque (vignette)En effet, rappelant bien proprement que la lutte contre la fraude s’est nettement renforcée à l’arrivée de François Hollande au pouvoir (avec pas moins de 70 mesures en quatre ans, soit facilement le triple de pages écrites en petits caractères dans le code fiscal du pays qui n’en peut pourtant plus), on découvre que les sommes mentionnées sont en fait des redressements signifiés. Un peu plus loin, on apprend que cela se traduit par des recettes encaissées de 12,2 milliards d’euros. Tiens, 9  milliards se sont évaporés en route !

Bien sûr, ce n’est pas invraisemblable. C’est même parfaitement logique : dans son empressement à ponctionner le contribuable, Bercy signifie généralement un redressement aussi douloureux que possible. Le contribuable, après protestations, frais d’avocats et de procédures, finit par obtenir l’une ou l’autre réduction. Au bilan, le redressement effectif est inférieur au signifié.

Là où les choses tournent ici au comique, c’est que partant de ce principe, il suffira à Bercy de signifier des redressements encore plus ridicules pour 2016 pour faire ainsi voler la barrière des 21,2 milliards d’euros de redressements signifiés (pas trop compliqué), quitte à n’encaisser au final que 11 milliards d’euros, par exemple. La presse, extatique, ne pourra alors s’empêcher de titrailler vigoureusement, entre deux cocoricos, sur la belle performance du Ministère. Et ceux qui ont deux sous de bon sens pourront à nouveau sentir l’odeur de la pignouferie de presse.

pignouferies.jpg

La pignouferie ne s’arrête pas là et flirte gentiment avec le grandiose dans la suite des explications farfelues fournies par les journalistes et le ministère. Selon Bercy, le plus gros des encaissements provient de l’impôt sur les sociétés et, notamment, des contrôles sur les grandes entreprises, et pas, comme on pourrait le croire, d’un matraquage des petits contribuables. Mais dès qu’on aborde la question des montants, patatras, c’est le drame :

Ce seul contrôle a rapporté 5,8 milliards d’euros en 2015 – contre 4,2 milliards en 2014 –, soit plus du quart des recettes totales.

À Bercy (ou au Monde, allez savoir), 5,8 est donc plus du quart de 12,2 milliards, les recettes effectives de ces redressements. Factuellement, c’est exact (on est nettement plus près de la moitié, ici), mais on sent comme une nouvelle tentative de faire passer les 21,2 milliards de contrôles signifiés pour de l’argent qui rentre, là où il n’y en a « que » 12,2 milliards. On sent aussi l’envie de ménager le petit contribuable lorsque le brave Eckert s’écrie, frétillant :

« Il faut tordre le cou à l’idée que le rendement du contrôle fiscal reposerait sur un matraquage des petits contribuables. C’est faux ! »

Sauf que, dans tous les cas, ce contribuable est concerné par la partie restante soit les trois quarts (des signifés) – ouch ! – ou plus de la moitié (des encaissés) – ouch aussi -.

Bref, on se gargarise d’avoir su ponctionner de-ci et de-là, d’avoir pu trouver quelques billets sous le tapis et quelques piécettes sous les coussins du sofa, mais à l’examen un peu attentif, 43% de la somme représente du vent ou un montant impossible à recouvrer de toutes façons, et in fine, le fisc s’en prend majoritairement aux contribuables bien avant les entreprises. Le cou de l’idée n’est pas tordu. C’est un échec.

gifa cat jump fail

Mais surtout, on oublie de mentionner qu’une augmentation des fraudes repérées ne signifie pas forcément une amélioration des mesures et des contrôles. Cela peut aussi représenter une augmentation de toutes les fraudes ; autrement dit, la proportion de fraudes repérées sur le nombre total de fraudes restant la même, on pourrait même raisonnablement envisager que la fraude fiscale continue de grandir dans le pays.

Dès lors, est-il impossible d’imaginer que des contribuables et des entreprises françaises font tout pour exfiltrer leurs avoirs hors de France, ou mettent suffisamment d’efforts et de stratagèmes malins pour en tout cas l’extraire de l’appétit vorace de Bercy ? Est-il inimaginable de penser que la fuite des capitaux français continue, voire s’accélère ?

Dans ce contexte, on doit donc largement relativiser les sourires joyeux et les mines rubicondes de nos deux ministres, tout heureux de trouver là motif à reprendre deux fois des frites à la cantoche. Eh oui, messieurs les ministres, il semble bien que si vos prises sont plus nombreuses, ce n’est pas parce que vous êtes subitement plus malins, mais plutôt que le cheptel s’enhardit, et que ceux qui ne fuient pas prennent discrètement leurs disposition pour vous échapper.

Et plus à propos, compte-tenu de ce qui est traditionnellement fait avec les impôts, peut-on vraiment blâmer les Français et leurs entreprises de tout faire pour ne plus participer à cette mascarade grotesque que vous faites passer pour de la solidarité nationale ?

sapin et le consentement à l'impôt

Parce qu’à bien y regarder, il n’y a plus que quelques naïfs pas vraiment au courant, et l’inévitable poignée d’envieux gauchistes pour confondre impôts et solidarité : qui peut en effet encore croire que l’argent récolté par les taxes et les impôts sert effectivement aux intérêts du peuple, à la collectivité quand le premier poste de dépense du gouvernement est le service d’une dette créée en 40 ans pour acheter son électorat dans la plus parfaite décontraction et un cynisme sans borne ? Qui prétend encore à la moindre égalité de traitement devant les impôts alors que la moitié des ménages ne paie plus que ceux sur la consommation (TVA), ou que tout, en France, n’est plus qu’affaire de réseaux, de passe-droits, de privilèges ?

Où est-elle, cette solidarité, lorsque ceux qui la réclament en gueulant toujours plus fort sur les plateaux télé sont ceux qui y participent le moins, depuis les élus (on pourra lire avec attention ce petit encart du Canard Enchaîné) jusqu’à certains sportifs qui s’empressent de faire jouer, dès qu’ils le peuvent, absolument toutes les ficelles de l’optimisation fiscale qu’ils dénoncent pourtant bruyamment ?

La réalité, c’est qu’avec 2000 milliards de dettes qui ne seront jamais remboursées, avec un budget systématiquement déficitaire, l’Etat français cherche, encore et toujours, à accaparer le peu de richesses que ce pays produit encore, en augmentant la coercition.

La réalité, c’est que l’augmentation des jolies prises de Bercy correspond en fait à l’augmentation constante des exfiltrations de capitaux fuyant ce qui est devenu un enfer fiscal à l’aune duquel même un pays comme la Belgique, pourtant collectivisé à mort, apparaît encore comme un paradis.

La réalité, c’est que personne dans le gouvernement, dans les médias et les « élites » jacassantes, ne semble avoir pris la mesure de ce drain et de la violence toujours plus forte de l’Etat à l’encontre des citoyens et des contribuables et des conséquences catastrophiques en matière d’emploi, de santé, d’avenir que cette violence fait peser sur le pays tout entier.

Et la réalité, c’est qu’il n’existe plus qu’une seule option pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas fuir ou combattre cet état de fait.

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Source : http://h16free.com/2016/03/06/48219-peut-on-vraiment-se-rejouir-des-redressements-fiscaux-records


Essonne : terre de rugby et de catastrophes financières

vendredi 4 mars 2016 à 09:00

Le billet du jour nous emmène au pays de l’Ovalie, c’est-à-dire non pas le Midi ou le grand Sud-Ouest français comme le ment effrontément Wikipédia, mais ce charmant département de l’Essonne, reconnu de tous comme une terre de rugby.

Mais si, c’est évident.

C’est même Yann Follut qui le dit, le célèbre président du club des supporters du cultissime Racing Club Massy Essonne, connu de toute la planète ovale depuis les All Blacks jusqu’aux Springboks, pour son franc parler et ses deux pieds toujours fermement posés sur le gazon de la victoire sinon rugbistique, au moins intellectuelle : dans un récent article du Parisien, notre thuriféraire du rugby bétonné explique en effet que, je cite,

« L’Essonne est une terre de rugby. Le Grand Stade y a toute sa place ! »

L’homme réagissait en effet à la publication du rapport de la Cour des comptes sur l’éventuelle construction d’un magnifique stade dédié à ce noble sport, un projet de Grand Stade voulu par la Fédération française de rugby afin d’avoir une enceinte décente d’ici 2021 à Ris-Orangis.

Et il y avait de quoi réagir. Pensez donc ! Loin d’avaliser chaudement le projet pourtant nécessaire d’un grand et beau stade de rugby dans le département de l’Essonne, la Cour des comptes fait preuve d’un scepticisme vraiment typique de leur petit esprit de comptables trop près de leurs sous : elle se montre carrément pessimiste de l’impact pour l’État d’une telle infrastructure de 82.000 places, et son président, Didier Migaud, invite insolemment à — je cite l’impétrant —

« rechercher (…) des alternatives au projet, et déterminer une position de l’Etat qui permette d’éviter les charges budgétaires supplémentaires.»

Oh, non mais alors franchement bon enfin non mais oh des fois sapristi ! Tout ceci est fort agaçant ! Puisqu’on vous dit que ce n’est pas cher, c’est l’État qui ne paye pas (tout), c’est aussi le département et la Fédération Française de Rugby (FFR), enfin voyons !

Certes, l’État et la collectivité locale correspondante se mouillent un peu puisque ce sont eux qui apporteront leur garantie à la construction de ce Grand Stade dont les coûts s’allongent langoureusement au bord d’une piscine de 600 millions d’euros, dont 400 millions sur un emprunt. Une paille.

rugby

En outre, la Cour des comptes, vraiment pas sport, n’hésite pas à tacler le projet en notant que ce nouveau Grand Stade viendrait concurrencer le Stade de France à Saint-Denis, dont l’État est à la fois le propriétaire et le concédant : les matchs de rugby qui y ont lieu actuellement seraient alors déportés dans la nouvelle infrastructure, provoquant une charge supplémentaire annuelle minimale de l’ordre de 23 millions d’euros pour l’État, c’est-à-dire le contribuable. En effet, l’État, toujours aussi malin quand il fait des affaires, s’est engagé formellement auprès du consortium du Stade de France à garantir l’organisation de 4 ou 5 matchs de rugby, avec indemnité à la clé si ce n’est pas le cas.

Dans ce contexte, demander à l’État de se porter caution pour un prêt pharaonique sur un équipement qui vient en surplus d’une infrastructure déjà existante, dans laquelle l’État a déjà des billes et qui va donc la concurrencer, en faisant faire des pertes à l’État, c’est vraiment bien joué. On s’étonnerait presque, devant un si beau billard multi-bande où l’État est systématiquement perdant, que la Cour des comptes ait eu la présence d’esprit d’y mettre le holà.

Rassurez-vous : ce n’est que la Cour des comptes, ce chien qui aboie timidement quand les caravanes de dépenses consternantes passent et repassent. Personne n’en tiendra donc compte.

gifa cat-train-like-I-give-a-fuck

Peut-être en sera-t-il autrement pour Bernard  Laporte, actuel candidat à la présidence de la FFR, et farouchement opposé au projet ? Que nenni et même pas mal : pour Francis Chouat, le maire PS d’Évry, remplaçant de Manuel Valls actuellement occupé par son spectacle au théâtre de Matignon, il ne s’agit dans les vocalises de Laporte que d’

« une campagne électorale avec ses polémiques internes. Il y a souvent une différence entre la puissance des cordes vocales et la réalité d’une élection. Il se sert juste du Grand Stade pour attaquer la gestion financière de la FFR qu’il n’estime pas bonne. Je suis même sûr qu’il n’a rien contre dans le fond »

Mais surtout, Chouat apporte une intéressante précision :  à chaque match au Stade de France, la FFR doit payer 1,1 M€. Ces frais déduits, les rencontres rapportent 10 millions d’euros à l’année. Avec un Grand Stade dédié et une fois l’emprunt remboursé (loin, loin en 2040), la FFR espère toucher 70 millions d’euros.

On comprend mieux la motivation des uns et des autres à pousser au projet : si tout se passe bien, si tous les emprunts sont bien remboursés comme il faut d’ici à plus de 20 ans, alors le futur sera plein d’avenir et de millions joufflus. Dans l’immédiat, des sociétés de BTP, des apporteurs d’affaires, des contractants et des intermédiaires auront su tirer leur épingle du jeu d’une belle infrastructure dont le montant, avant réalisation, est, je le redis, supérieur à 600 millions d’euros.

On peut donc d’ores et déjà dire que ce maâagnifique projet se fera, l’argent poussant sur les arbres et les Essonniens n’étant mis à contribution que de façon furtive (mais sensible, hein) sur plusieurs années.

Certes, le département est tout de même en légère délicatesse et les coups de tonnerre budgétaires se font plus nombreux ces derniers temps. Surprise, le département se trimbalerait une dette d’un milliard d’euros. Surprise, il se coltine aussi sa petite brouettée d’emprunts toxiques, cerise sur un gâteau déjà bien chargé maintenant typique de ce qu’on trouve en France en terme de gestion de collectivités territoriales. Surprise, un récent audit a révélé en septembre 2015 une dette non recensée dans les comptes de 108 millions d’euros d’impayés, que le département a été obligé de rééchelonner en début d’année. Devant ces petits déboires financiers, le président du conseil départemental se voit quelque peu contraint d’augmenter les impôts fonciers… de 29%. Zut.

Tout ceci est vraiment irritant ! Alors qu’on avait, finalement, une excellente raison de claquer plus d’un demi-milliard d’euros dans une structure redondante, qui va coûter une blinde au contribuable, voilà qu’on va devoir y renoncer parce que cela se passe dans un département bêtement mis sur la paille par une équipe de politiciens approximatifs qui, au lieu de faire construire des trucs et des bidules visibles pour s’enrichir discrètement, n’a rien trouvé de mieux à faire que signer des emprunts toxiques pour faire comme les petits copains.

Et pire que tout : avec ces articles dans la presse, avec ces couinements de la Cour des comptes, il va être nettement plus compliqué de faire construire ce stade discrètement ! À force, les gens vont finir par s’apercevoir qu’on pique leur argent pour des choses dont ils n’ont ni envie, ni besoin.

Zut et zut.

gifa cat weird

Source : http://h16free.com/2016/03/04/48092-essonne-terre-de-rugby-et-de-catastrophes-financieres


Le capitalisme de connivence finit mal, en général

jeudi 3 mars 2016 à 09:00

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, et des bien pourries en plus ! Par exemple, celle qui consiste à croire que les fleurons de l’industrie nationale appartiendraient à la culture et au patrimoine français, qu’il faudrait donc tout faire pour les chérir et les favoriser, et qu’en vertu de quoi, l’État devrait absolument se mêler de leurs affaires.

Nombreuses sont, en effet, ces sociétés industrielles qui ont grossi au point de devenir internationales à la faveur de rapprochements opérés dans le giron de l’État français ou via son patronage actif et politiquement calculé. Elles se retrouvent alors, quasiment du jour au lendemain, propulsées avec force cocoricos comme les champions du pays qu’on ira parader dès qu’on le pourra sur différents sujets, aussi bien d’ailleurs en politique intérieure qu’extérieure.

Crony-Capitalism-Phony-CapitalismEt avec ces nombreux champions que l’État français aura ainsi aidés à accoucher, on devra parler des réussites plus ou moins flamboyantes qu’il aura donc récoltées. Malheureusement, on en vient souvent à se demander si ces succès ne sont pas plus le fruit du hasard ou d’une abnégation inouïe de ceux qui les engrangent devant les adversités que l’État français semble multiplier par action ou par omission. Ainsi, à chaque réussite on peut faire correspondre des bides assez retentissants, qui, avec un aspect systématique qui pourrait chagriner certains, compensent spectaculairement les gains engendrés par les succès rencontrés.

Comment oublier, par exemple, les rocambolesques aventures de Bull, fleuron français de l’informatique qui, pourtant promis à un brillant avenir à la fin des années 70, aura su, grâce à sa subtile nationalisation de 1982, se retrouver en situation catastrophique dans les années 90 (au point de coûter finalement plus cher au contribuable français que la Guerre du Golfe) ?

Comment oublier l’affaire du Crédit Lyonnais (1993) qui après une magnifique nationalisation (en 1982) s’est finalement écrasé avec une facture colossale de 14,7 milliards d’euros au total pour le contribuable ?

Comment passer sous silence l’exemple frappant qu’a offert, en son temps, le constructeur Heuliez et sa Mia électrique, superbement aidés par une politicienne en mal de grandes réalisations techniques, et qui aura achevé une carrière industrielle pourtant remarquable par une splendide faillite pour le contribuable ?

Plus récemment, il serait dommage de ne pas citer le ratage tout à fait symptomatique de la plate-forme MO3T, bricolage étatique de 2012 destiné à contrer Amazon, Apple et d’autres sur le marché du livre numérique, qui avait embarqué Orange, SFR, Bouygues et des éditeurs et libraires français dans ce qui allait s’avérer être un gouffre sans débouché, pour une facture de plusieurs millions d’euros (du contribuable).

Mais tout ceci est de la petite bière à côté de ce qu’on voit se développer, doucement, dans l’actualité.

Parce que s’il y a bien un domaine où l’État veut absolument s’investir, où les politiciens auront toujours un mot à dire, une action à mener, un levier à tripoter ou un petit bouton rigolo à chipoter, c’est bien celui de l’énergie.

savant fou

Or, si l’on observe d’assez beaux plantages des politiciens dans l’informatique, dans le commerce, dans l’automobile ou tant d’autres domaines, il serait franchement étonnant qu’on n’observe pas la moindre déroute dans l’énergie aussi.

Ça tombe bien. Actuellement, tous les ingrédients sont réunis : des fleurons nationaux, des décisions purement politiques, des enjeux mondiaux colossaux, de l’exposition médiatique, et, à la fin, des factures salées et, probablement, des faillites retentissantes.

Ici, je veux bien sûr parler d’Areva, et, plus tristement encore, d’EDF.

Pour Areva, l’affaire est entendue, pour ainsi dire déjà pliée. Le montant total de la facture reste encore à déterminer, mais nul doute qu’elle atteindra plusieurs milliards d’euros. Les derniers rebondissement en disent long sur l’étendue de la catastrophe : le groupe spécialisé dans l’industrie nucléaire a été obligé (par l’État) de reporter la publication de ses comptes 2015, dévoilant des pertes pour l’année écoulée bien plus lourdes que prévues.

En fait, Areva doit affronter une passe économiquement très douloureuse devant des dépréciations d’actif massives liées à l’effondrement des cours de l’uranium qui n’a pas arrêté de chuter depuis la catastrophe de Fukushima, et à ses déboires sur le développement des nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR, dont la finalisation et l’exploitation sont régulièrement repoussées, au point de mettre les finances de l’entreprise en position périlleuse.

Les explications de Lauvergeon n’empêchent rien : l’entreprise est maintenant en plein naufrage et seul le contribuable semble capable de rattraper la sauce. À quel prix ?

Du côté d’EDF, la situation ne semble guère plus brillante.

La très belle discrétion de ses derniers appels au secours, l’aspect particulièrement feutré des cris de détresse et la façon dont ils sont relatés dans la presse donnent une fausse image de petit souci passager mineur à ce qui, après analyse, pourrait bien être une crise d’ampleur biblique tant il faut prendre en compte la taille du champion national de l’énergie.

Plus précisément, certains des administrateurs du groupe estiment que les perspectives de l’électricien public ne cessent de se dégrader, au point de devoir recourir aux largesses financières de son premier actionnaire, qui est – pour rappel – l’État français (donc le contribuable français). Au sein d’EDF, on se demande ainsi comment on va continuer à faire vivre EDF avec un prix du mégawattheure autour de 30 euros.

C’est extrêmement bon signe, d’autant qu’un bonheur ne fait jamais du pédalo seul : EDF est, bien évidemment, cul et chemise avec Areva, dont les amusantes péripéties économiques ont aussi tendance à le mettre dans l’embarras : si le groupe nucléaire ne respecte pas son engagement de prendre 10% du projet Hinkley Point (une tranche supplémentaire, en EPR, devant y être construite), EDF ne pourra pas assumer seul ces coûts et devra modifier très substantiellement son « business model »… Autrement dit, commencer à inscrire des pertes, qui pourraient rapidement le mettre en difficulté.

Et le terme de « difficultés » est fort humblement choisi, puisque selon Le Figaro, l’électricien aurait actuellement besoin de 5 milliards d’euros de capital. Une paille, pour un État qui roule sur l’or et les excédents budgétaires. Les raisons sont multiples, mais il semble délicat d’occulter le rôle des stratégies particulièrement brouillonnes qui furent imposées à l’opérateur public, entre un maintien du nucléaire et un retrait progressif, un repositionnement vers les énergies renouvelables alors que le marché montrait des signes de faiblesse et est maintenant en train de s’effondrer avec des prix du pétrole au plancher, et une régulation des tarifs sujette aux aléas politiques dans lesquels, du reste, Ségolène Royal n’aura pas eu un rôle mineur.

Royal : la champagnitude attitude

Eh oui, difficile d’oublier le rôle des politiciens dans ces plantages :  comme un fait exprès, pour chaque ratage industriel majeur, on trouve l’un ou l’autre grand commis de l’État français, ministre ou secrétaire d’État volontariste, souvent énarque, parfois cabinétard, généralement imbu de lui-même, très bien introduit et ayant toujours fait preuve d’une maîtrise parfaite de son réseau d’accointances bien avant toute réelle compétence de gestion d’entreprise.

gifa facepalm de funesDe façon plus spécifique, il semble en effet qu’au moment même où les politiciens français se rêvent en capitaines d’industries mondiales, au lieu de conserver le sang-froid nécessaire à la conduite d’affaires subtiles, une folie (celle des grandeurs ?) semble les saisir et, zwip, sans qu’on y prenne garde, les dérives s’accumulent, les erreurs de jugement et les fautes de gestion s’amoncellent jusqu’à l’explosion finale. Et dans ce final pathétique, la faillite n’est pas obligatoire mais l’appel au contribuable, lui, l’est.

Mélange du capitalisme de connivence et d’un colbertisme totalement débridé voire en roue libre, le capitalisme à la française démontre une fois de plus que mêler politique et affaires conduit à la catastrophe de façon assez systématique.

De façon intéressante, malgré l’amoncellement des catastrophes et des faillites, encore trop de Français soutiennent encore, mordicus, que l’État doit absolument mettre ses pattes graisseuses dans les domaines industriels. La facture finale n’est sans doute pas assez élevée, ni en termes financiers, ni en chômage et misère humaine directement déclenchés par ces fautes dramatiques.

Comment s’étonner ensuite que ces mêmes Français réclament aussi une intervention de l’État dans leur vie de tous les jours ? Et comment s’étonner de ce qu’ils en obtiendront ? Comment voulez-vous que ça se termine bien ?

achille talon - comme un faille

Source : http://h16free.com/2016/03/03/47713-le-capitalisme-de-connivence-finit-mal-en-general