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Le pari de Hollande

dimanche 30 août 2015 à 11:00

Entre les faits divers sanglants, les sautes d’humeur boursières, le terrorisme islamique et la géopolitique des migrations en temps de tensions, il doit être particulièrement délicat pour François Hollande de se concentrer sur ses vrais problèmes : sa réélection pour 2017. Heureusement, l’épisodique petit sondage bricolé sur un coin de table remet un peu les pendules à l’heure.

C’est ainsi qu’on apprend il y a quelques jours, grâce à un sondage IFOP réalisé pour Paris Match, que si Manuel Valls serait probablement un meilleur candidat pour le Parti Socialiste que l’actuel président de la République à la prochaine élection présidentielle, ça ne changerait pas grand-chose au second tour puisqu’ils seraient tous les deux éliminés dès le premier.

Effectivement, dit comme ça, ça ne doit pas arranger les petites affaires politico-politiciennes du président sortant qui, pour le moment, continue de bâtir sa stratégie pour, coûte que coûte et vaille que vaille, être réélu en 2017. Probablement pas triomphalement, probablement de justesse, mais réélu quand même. Et dans son idée, de son point de vue, cette réélection n’est même pas impossible, quand bien même les sondages sont, pour le moment, franchement défavorables.

Le Président Des BisousEn substance, le pari du Président des Bisous n’est pas absurde. Il est basé sur les recettes un peu mécaniques mais globalement efficaces qui ont jusqu’à présent marché pour d’autres avant lui. Essentiellement, il s’agira d’user de bonnes louchées de populisme bien camouflé dans de la justice sociale, de la solidarité et d’autres fadaises qui plaisent aux gogos encartés et subsidiés, louchées qu’on pourra agrémenter d’une pincée de mensonges faciles et de la dose habituelle de statistiques truquées.

Typiquement, toutes choses égales par ailleurs et en imaginant que la situation médiocre dans laquelle se débat la France perdure à l’identique pour une période d’au mois neuf mois (oui, je sais, c’est un présupposé hardi, mais baste, passons), le brave François s’imagine probablement assez bien distribuer l’une ou l’autre baisse sensible d’impôts dans la seconde moitié de 2016. Ce sera bien sûr possible au prix d’un endettement supplémentaire mais ça, François s’en fiche complètement — ce n’est pas lui qui paye — et nous ne sommes plus à ça près. Du reste, la France peut s’enorgueillir d’un taux d’épargne insolent, et d’un montant colossal d’euros stocké dans les assurances-vie et autres placements qui, en cas de souci, pourront être ponctionnés sans le moindre problème et avec un minimum de cris.

En outre, tout se met actuellement en place pour que la courbe du chômage (la fameuse) finisse effectivement par se retourner. Du point de vue du locataire de l’Élysée, rien de plus simple puisqu’il suffira de faire embaucher dans différentes structures administratives et autres institutions d’état des pléthores de chômeurs. Une ou deux centaines de mille suffiront largement à calmer les tendances haussières des statistiques de l’emploi et à présenter un bilan sinon flatteur du moins conforme aux promesses du Chef de l’État. Bonus : le chômage ayant effectivement baissé (même si ce sera au prix d’une énorme bordée de dettes supplémentaires), François pourra à nouveau candidater la tête haute.

Encore une fois, n’oubliez pas que l’endettement, le pipeautage statistique, l’hypocrisie des promesses et la situation du pays vue depuis les citoyens lambda, le président s’en tamponne avec nonchalance. Seule sa réélection occupe son esprit.

hollande ceux qui attendent plus rien

Et sur le papier, il aurait tort de se priver. Outre qu’il trouvera toujours un bon paquet de moutons pour voter pour lui en dépit de toutes les circonstances, il bénéficie aussi de quelques éléments conjoncturels. Ainsi, la droite française, ce vaste désert intellectuel où seuls quelques vieux scorpions survivent va lui offrir une partie du tremplin pour un second mandat. En effet, il n’est pas improbable que Sarkozy soit élu officiellement candidat des Républicains après des primaires sans intérêt.

Cette élection, très avantageuse pour l’actuel Chef de l’État, provoquera des grincements de dents dans le parti d’opposition de la part des centristes qui trouveront certainement dans Juppé une planche (vermoulue) de salut. Ce candidat chouchou des journalistes (précisément parce qu’à gauche, même un âne l’emporterait face à lui) se positionnera dans la course à la présidentielle et fera donc échouer Sarkozy dès le premier tour. Les Républicains et les centristes seront logiquement éliminés. Pour François, tout se déroule comme prévu.

françois hollande fait l'andouilleEn face, bien sûr, il lui faudra convaincre à gauche un maximum de petits candidats de ne pas se présenter. Entre la distribution de postes futurs (Taubira premier ministre ? Allez savoir …), les coups fourrés et une éventuelle primaire ouverte aux autres partis d’une gauche redevenue plurielle à l’approche d’une difficile élection, il n’est pas déraisonnable d’imaginer que, contre vents et marées, Hollande se maintienne au second tour. N’oubliez pas : 2017, c’est très loin vu d’ici.

Vous l’avez compris : un second tour François Hollande contre Marine Le Pen n’est donc pas à écarter. Et là, deux cas de figure se présentent.

Le premier, c’est bien sûr celui d’un Sursaut Républicain Gnagnagna dans lequel Hollande passe de justesse. Le pays continue sa mort lente dans les affres du n’importe quoi socialiste. Triste mais finalement si logique…

Le second, politiquement plus sportif, c’est l’absence du report de voix des électeurs de droite vers le candidat de gauche, soit par abstention, soit par rejet ferme, soit, tout simplement, parce que — eh oui — les électeurs votent de plus en plus pour la candidate FN. Cela n’a rien d’invraisemblable : en nombre de voix (c’est bien ce qui compte dans cette élection au suffrage universel direct), le Front National est bel et bien le premier parti de France. Le pari de Hollande s’effondre. Le pays accélère alors son trépas dans une bonne humeur communicative au reste de l’Europe et du LOL s’ensuit (modérément on s’en doute) …

Cependant, n’oublions pas l’aspect essentiel de ce petit billet politico-politicien : tout ceci se déroule « toutes choses égales par ailleurs ». Or, nous sommes sept années après 2008, et les signes s’accumulent en faveur de mouvements boursiers violents. Si krach il y a, ce sera sur l’obligataire, les bons souverains. Dès lors, il est assez peu probable que si un tel krach advient, Hollande ait la moindre latitude pour seulement espérer faire de la dette, et il est pour le moins difficile de voir en lui un homme à la hauteur de ce genre d’événements mondiaux catastrophiques.

Pari bien risqué que celui que tente actuellement Hollande, notamment en laissant calmement monter le FN, utile dans son plan pour contrer une droite en réalité inexistante… Qui vivra verra, mais les deux prochaines années ne pourront pas être calmes.

dure rentrée pour hollande

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Source : http://h16free.com/2015/08/30/40801-le-pari-de-hollande


Le PS, ce parti de capitalistes éhontés

vendredi 28 août 2015 à 09:00

Tiens, le Parti officiellement Socialiste fait actuellement son université d’été ! Et si je vous en parle un peu, ce n’est pas parce que ceci va avoir un impact fort dans le paysage politique français (ça se saurait) mais bien parce que ce parti est acculé par la dure réalité à un pragmatisme qui semble quelque peu le chatouiller.

Il faut le reconnaître, le Parti n’est pas au mieux actuellement.

ton élu ps - vote socialisteDéjà, les dissensions s’y accumulent. C’est, quasiment, normal dans les périodes où il exerce la majorité et où, pour exister, des courants s’expriment forcément en opposition au courant principal, celui dit « de gouvernement », qui ne peut qu’encaisser les critiques de l’action qu’il mène (ou, dans le cas qui nous occupe, de l’agitation contre-productive qui l’occupe). De ce point de vue, le tigre réel n’étant jamais à la hauteur de celui en papier, les mouvements et autres tendances qui n’ont pas la joie d’exercer le pouvoir peuvent se vanter de faire mieux que la mouvance principale, engluée dans ses affaires, ses compromis, ses reculades et autres bouffonneries habituelles. Certes.

Mais quand bien même : normalement, quand arrive l’Université d’été, les petites bisbilles s’arrêtent et tout le monde se retrouve autour du goûter à grignoter du cake industriel en buvant du cidre. Cette année, cependant, rien de tout cela : au mot d’ordre officiel, « Agir en commun » correspond une rébellion presque ouverte de trois des courants internes au parti qui organisent, pas franchement discrètement, leur propre réunion en marge de l’événementiel officiel.

Question image de marque pour le parti majoritaire, ça fait désordre et désolant.

Tristounet, même, car à ces problèmes de politicailleries internes assez croustillantes vues de l’extérieur et qui nous rappellent, pour ceux qui l’auraient oublié, que le pouvoir attise toujours autant la haine, la discorde et les petites trahisons entre amis, il faut ajouter d’autres soucis, à la fois plus pragmatiques, triviaux presque, et tout à fait illustratifs du décalage entre les discours, chamarrés et sirupeux, et les actes effectifs de toute cette belle bande d’hypocrites socialistes.

En effet, tenir une université d’été n’est pas chose facile lorsqu’il s’agit, en pratique, de montrer ses muscles, ce qui se traduirait dans de bonnes conditions par des débats et des discours vigoureux, attendus par toute la presse, des têtes d’affiches et des ténors faisant assaut de bons mots et de fines analyses, et, bien sûr, un nombre élevé de militants se bousculant aux portes de cette université.

Or, là, c’est assez peu le cas pour le dire gentiment. En fait, ça ne marche pas top les adhésions, le militantisme et les récoltes d’argent des autres auprès des députés et des élus moins nombreux à chaque élection. Pour le dire crûment, c’est même franchement la dèche. C’est lors d’une récente matinale d’Europe-1 (vers 1:19:10 dans ce podcast) qu’on en apprend un peu plus — désolé, je n’ai guère d’autres liens à vous fournir, les médias n’ayant bizarrement pas jugé nécessaire de s’étendre le moins du monde sur ces éléments pourtant intéressants de la vie politique française.

Ainsi, alors que le parti affichait fièrement 280.000 adhérents en 2006, il ne compte plus à présent que 130.000 frétillants membres en 2015 selon la direction du parti et il se susurre même chez les plus pessimistes que seuls 80.000 braves resteraient dans les fichiers de ceux qui sont effectivement à jour de leur cotisation. C’est la déroute, ou plutôt, la suite de ce qu’on constatait déjà à la fin de l’année dernière lorsqu’il s’agissait de recruter pour les départementales.

Et financièrement, c’est logiquement assez pénible.

La situation est grave ? Qu’à cela ne tienne ! Fixons un objectif à la fois grotesque et irréaliste pour galvaniser les (maigres) troupes, genre 500.000 militants d’ici un an, et profitons-en pour revamper un peu tout ce fatras communicationnel autour du Parti. Vous allez voir, ça va dépoter !

gifa surprise

Bon, déjà, on va simplifier l’adhésion. Étrangement, là où, décidant de simplifier, le gouvernement issu du même parti accouche d’une bordée abominable de nouvelles lois toutes plus complexes les unes que les autres, les instances dirigeantes, confrontées à la même problématique, finissent effectivement par simplifier : si, avant, il fallait un vote des camarades pour accepter l’adhésion, ce n’est maintenant plus le cas et l’adhésion est directe.

De la même façon, l’adhésion actuelle est composée de 20€ de frais d’entrée, puis des frais en fonction du revenu et de la section dans laquelle on est inscrit, moyennant des barèmes et des systèmes de calculs complexes. Ceci n’est guère étonnant puisque les tubulures chromées des impôts ont été mises en place par les mêmes esprits tordus avec le résultat qu’on sait.

En revanche, la proposition d’avenir consiste à demander 20€ pour l’adhésion, point (bref, un forfait). Dans la foulée, on attend du gouvernement, toujours issu de ce parti, la même proposition pour les impôts (après tout, ça c’est de la vraie égalité !). Rassurez-vous : ce qui est fait en interne au Parti ne se verra jamais en externe au gouvernement. La cohérence n’ira jamais aussi loin.

gifa trollicatEn outre, on apprend que des équipes de militants à temps plein vont être mobilisées pour faire de la propagande et du ratissage afin de troller convaincre des citoyens d’adhérer à leur épave collectiviste parti. Oui, vous l’avez compris : entre l’utilisation des réseaux sociaux, le télémarketing et la refonte du catastrophique site officiel, le PS a compris tout l’intérêt de se remettre au goût du jour.

Enfin, signalons la proposition d’une adhésion à la carte où, pour atteindre ceux qui voient bien le côté ringard du militantisme (surtout celui du parti officiellement socialiste) et qu’il va falloir amadouer, on proposera au potentiel militant de n’adhérer au PS que sur un thème particulier, afin de former des militants-experts. Du PS à la découpe, en somme.

Mais le plus beau, de loin, est cette petite histoire qui vient de se développer : afin de diminuer ses factures de prestations et le coût de ses ressources humaines, le Parti, décidément très à l’écoute de ses comptables, s’est décidé à contracter auprès d’une société dont le sous-traitant emploie une dizaine de travailleurs détachés venus de Roumanie, pour la mise en place du mobilier et le nettoyage. Ce type de contrat, parfaitement légal, est surtout moins cher que pour des salariés français : correctement déclarés, les salariés roumains bénéficient de salaires et de conditions de travail identiques à celles des Français, mais les cotisations sociales sont celles en vigueur chez eux (et donc, très inférieures aux françaises).

gifa pwned lawnmowerDevant la très mauvaise image que renvoie cette opération, le Parti a bien vite fait marche arrière. Il reste néanmoins évident que le Parti a, fort logiquement, tenté de dépenser le moins possible pour la prestation de service demandé, et on ne peut l’en blâmer.

D’ailleurs, le tableau est délicieux : rafraîchissement de l’image de marque, redynamisation des réseaux sociaux, lancement de campagnes de marketing, segmentation du marché, épluchage des factures et recherche de la prestation (roumaine, ici) la moins chère … MMmmoui, en effet, pas de doute, le Parti Socialiste est devenu une vraie entreprise capitaliste comme les autres, piloté par des besoins de résultats, par la nécessité de ne pas faire de dette et de maîtriser ses coûts.

Maintenant, pourquoi diable ce qui semble évident et possible au sein de ce parti n’est absolument pas mis en application par ses dirigeants dès qu’ils prennent le pouvoir ? Pourquoi lorsqu’il s’agit des caisses du parti, ces élus et ces militants font attention et pourquoi, lorsqu’il s’agit de l’argent du contribuable, l’argent de tous, lorsqu’il s’agit des finances publiques, ils font absolument tout et n’importe quoi ?

Ces capitalistes éhontés du Parti Socialiste ne se ficheraient pas un peu de nous ?

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Source : http://h16free.com/2015/08/28/40950-le-ps-ce-parti-de-capitalistes-ehontes


Bitcoin : le grand fork

jeudi 27 août 2015 à 09:00

Et pendant que le monde de la finance se dirige, tranquillement mais sûrement, vers de nouvelles aventures agitées, que le monde politique français continue de bricoler des trucs et des machins sans rapports même lointain avec les problèmes réels des Français qui payent pour ça, le monde du Bitcoin passe dans son développement une nouvelle étape quelque peu rocailleuse.

La monnaie cryptographique est en effet en pleine évolution actuellement, évolution qui tient à la fois à son gain progressif de notoriété, et à l’augmentation logique du nombre de transactions effectuées avec cette monnaie. Il faut dire qu’avec les événements récents sur les marchés et notamment en Grèce, avec le blocage des capitaux et la possibilité toujours plus grande d’un chyprage sauvage (confiscation unilatérale, citoyenne et festive) des comptes des particuliers, certains ont compris l’intérêt de la monnaie numérique, et ce, malgré les poncifs débiles toujours d’application dans une presse qui n’y comprend rien, et la guerre froide encore en vigueur avec les banques centrales qui n’entendent pas se faire déposséder de leur pouvoir monétaire sans combattre.

bitcoin coins and bars

Et cette notoriété accroît naturellement le nombre de transactions que la monnaie supporte tous les jours. Ainsi, on a observé des pics à plus de 200.000 transactions par jour en mi-juillet, ce qui montre bien l’intérêt croissant de la monnaie numérique, mais entraîne un effet de bord indésirable, rançon du succès : on arrive, doucement mais sûrement, aux limites permises par l’actuel protocole Bitcoin.

Sans rentrer dans les détails techniques, il faut en effet savoir que dans le réseau Bitcoin, les transactions sont regroupées en bloc dont la taille ne peut, pour le moment, dépasser 1 million d’octets. Ceci limite intrinsèquement le nombre de transactions que le réseau est capable de traiter par unité de temps ; il est communément admis qu’avec la taille actuelle d’un bloc, on ne pourra pas dépasser 7 transactions à la seconde, la réalité observée étant qu’on plafonne actuellement, dans le meilleur des cas, plutôt autour de 3. En somme, si l’on veut dépasser cette limite, il va falloir agrandir les blocs – notez qu’il y a d’autres discussions sur l’avenir du protocole, résumées ici, mais le point principal tourne bien autour de cette taille de bloc.

Concrètement, cela signifie un changement de protocole, ce qui veut dire une mise à jour, à plus ou moins court terme, de tous les clients Bitcoin, ainsi que de tous les « nœuds » du réseau pair-à-pair, ces nœuds étant ces ordinateurs qui aident à propager l’ensemble des transactions enregistrées publiquement. Par sa nature décentralisée, tout changement dans le protocole Bitcoin introduit donc un état intermédiaire où certains nœuds disposent du nouveau protocole, et d’autres qui fonctionnent toujours avec l’ancien. Si on peut assez facilement s’assurer que les nouveaux nœuds sont capables de traiter l’ancien protocole (par « compatibilité ascendante »), les anciens ne sont pas, par construction, capables de lire le nouveau protocole.

Un risque existe donc de voir arriver sur le réseau des blocs de transactions de protocoles différents. Or, par nature, pour faire partie du livre des transactions, les blocs doivent être validés. On peut donc se retrouver dans la situation où deux séries de blocs concurrents sont validés l’une par des nœuds utilisant un protocole traditionnel, l’autre par les nœuds du nouveau protocole, ce qui s’appelle un fork (embranchement, ici).

Et si ce n’est pas la première fois qu’on peut noter l’apparition d’un bloc validé par un petit nombre de nœuds avant le rejet par la majorité du reste du réseau bitcoin (de telles occurrences arrivent, pour un bloc unique, plusieurs fois par mois), c’est la première fois qu’il est demandé à chaque nœud (et chaque individu derrière) de choisir explicitement entre le protocole courant (Bitcoin Core) et le nouveau protocole (Bitcoin XT), le consensus n’ayant pu être atteint au sein de la communauté des développeurs.

Autrement dit, et comme le résume fort bien l’article de Brice Rothschild sur le sujet, nous assistons à une phase de « démocratie numérique » en grandeur réelle, dans laquelle les acteurs mêmes du protocole et du réseau décideront de son avenir, en fonction directe de leur propre implication.

Cependant, si, comme l’indique Brice, la communauté Bitcoin montre ici qu’on peut avoir des prises de décisions dans un projet majeur sans l’encombrement néfaste d’élus et des connivences, cette nouvelle étape dans la vie de la monnaie numérique n’est pas sans écueils non plus.

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En effet, de Bitcoin XT ou de Bitcoin Core, on ne sait actuellement pas lequel des deux protocoles va l’emporter. Même si l’impact d’un choix sur l’autre est, pour l’usager lambda, parfaitement neutre, il n’en reste pas moins une incertitude qui, le temps qu’elle durera, n’est pas bon commercialement. Du reste, ceci explique peut-être une partie de la baisse du cours de Bitcoin observée actuellement.

En outre, on peut parier que ce « fork » sera étudié avec une grande attention par ceux qui, dans le monde bancaire, ont compris l’enjeu réel derrière Bitcoin et sa blockchain (le grand livre public des transactions). Du point de vue des établissements traditionnels, Bitcoin constitue en effet un redoutable concurrent qui, s’il est encore de taille modeste actuellement, peut fort bien se muer en menace profonde pour eux tant il introduit de changement dans le concept même de la monnaie et de la gestion bancaire. Dans cette optique, la façon dont sera géré un changement structurel important, sa réussite ou son échec seront des indications utiles pour les tenants des institutions installées, ainsi que sur la solidité (ou la fragilité) du réseau bitcoin.

subventionnez nos journaux pourrisEnfin, l’apparition d’un nouveau protocole sur la monnaie numérique de référence attire naturellement les médias qui s’empressent déjà d’essayer d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un débat particulièrement technique, débat qui s’accommode très mal des habituels raccourcis journalistiques à la truelle. On peut donc aussi parier sur un paquet d’articles consternants de la part de journalistes complètement à la ramasse tant sur le plan économique (et théorie monétaire) que sur le plan technique (cryptographie, peer-to-peer et décentralisation).

De ce point de vue, on ne peut que constater l’important chemin que Bitcoin doit encore parcourir pour devenir une technologie comprise par tous, et ce « fork » ne va probablement pas améliorer la lisibilité de la monnaie numérique auprès du grand public.

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Source : http://h16free.com/2015/08/27/40777-bitcoin-le-grand-fork


Radiateurs, ampoules, potagers et tempête Royal

mercredi 26 août 2015 à 09:00

Elle ne pouvait rien dire sur les événements du Thalys, elle n’a aucune idée de ce qui peut bien se passer en bourse, mais ce n’est pas pour ça qu’elle se taira : devant une actualité très chargée de laquelle elle devait probablement se sentir écartée, Ségolène Royal a donc choisi d’émettre une remarquable bordée d’annonces toutes plus frétillantes les unes que les autres.

Vu l’importance des actions qu’elle compte mettre en place, il fallait au moins ça. Pendant que l’État va résolument s’occuper de vos sous (probablement pour en ponctionner une partie dès qu’il le pourra pour que la fête continue), pendant que l’État va se charger de votre sécurité (avec le brio qu’on peut deviner vu son historique flamboyant), l’Etat va se lancer dans une série de mesures fortes pour économiser de l’énergie comme jamais : l’inamovible Ségolène Royal, encore et toujours ministre de l’énergie, de l’écologie, des petites plantes et des oiseaux qui font cuicui dans la campagne française éco-purifiée, a décidé de renouveler nos radiateurs, de renouveler nos ampoules électriques et de nous faire planter des choux à la mode de chez nous.

Aucun champ d’action ne sera donc laissé en jachère, et comme l’argent des autres continue — semble-t-il — de couler à flot, pourquoi se priver ?

royal : la crisitude

En plus, ça tombe bien, la France a les moyens, notamment de se lancer dans une extraordinaire « Croissance Verte », qui, comme Hulk, va tout péter sur son passage tout en conservant quand même un petit slip pudique (celui des joueurs de pipeau).

Et très concrètement avec des bouts de dépenses réelles dedans, cela va se traduire par une distribution gratuite aux particuliers de « dizaines de milliers » de nouveaux convecteurs en remplacement de vieux radiateurs consommant beaucoup d’électricité. Eh oui : apparemment, fin Août 2015, l’Etat français, sa République et son Peuple souverain viennent de se lancer dans la fabrication et la distribution de radiateurs. Les domaines régaliens, déjà particulièrement distendus pour comprendre l’éducation, la santé et le droit de respirer un air pur, viennent maintenant d’englober le Droit Opposable Au Radiateur Électrique Économe.

En France, décidément, le progrès prend des aspects hallucinogènes stupéfiants, et ce d’autant plus que, je cite m’ame Ségo :

« Il s’agit de faire en sorte que la loi de transition énergétique profite aussi directement aux gens, soit populaire. »

Le mot « populiste » me semble quant à moi plus adapté, mais baste, passons. D’où viendra le financement de cette opération géniale ? Quelle sera l’impact positif (forcément positif, voyons) des effets de bords que cette mesure va engendrer ? Combien d’opportunistes, de passagers clandestins, de connivences et de petits arrangements entre amis tout ceci va-t-il très joyeusement déclencher ? Nul ne le sait, mais rassurez-vous : au gouvernement, et en particulier au ministère de l’Écologie Machin Truc, ils n’en ont absolument rien à foutre. Ce qu’ils veulent avant tout, au ministère, c’est surtout enclencher un mouvement, une lame de fond citoyenne et festive, quelque chose de puissant qui va cogner du chaton mignon :

« Il y aura plusieurs dizaines de milliers de radiateurs qui seront offerts (…) pour enclencher la citoyenneté écologique« 

Avouez que vous ne l’aviez pas vue venir, cette « citoyenneté écologique », hein ? Et ne me demandez pas ce que c’est, concrètement, sachez simplement que grâce à elle, vous allez pouvoir vous débarrasser de vos vieux convecteurs rouillés et les remplacer par du matosse étatique flambant neuf, forcément de bonne facture, bien évidemment garanti 5 ans minimum, sans obsolescence cachée cela va de soi, et en parfait respect de l’environnement (écologique mais pas économique, celui-là, on vous dit qu’on s’en fiche).

Une fois sur sa lancée, Ségolène ne s’est pas arrêtée là — faut pas gâcher un beau temps d’antenne, je suppose. Puisqu’apparemment, les radiateurs sont maintenant gratuits, poussons les « économies » encore un cran plus loin en augmentant encore les dépenses de l’État : profitons-en pour distribuer aussi gratuitement des ampoules.

ségo distribue des trucs gratuits pour faire des économies

Ainsi, dans l’émission de France 2 où elle sévissait, la ministre a expliqué avec aplomb qu’elle a…

« … demandé à EDF de mettre en place la distribution d’un million d’ampoules LED. Nous allons commencer par les personnes à petite retraite qui pourront venir dans les mairies échanger deux ampoules contre deux ampoules LED.»

Après l’État régalien, l’État protecteur, l’État stratège, et l’État vendeur de radiateurs, voici l’État visseur d’ampoules LED, avec l’argent qu’on n’a pas. C’est absolument génial, ces distributions gratuites d’objets qui ne coûtent rien. On attend avec impatience la prochaine distribution de portiques. Le stock est conséquent…

royal : la crisitude

Bon, le hic, c’est qu’en ce moment, le dispositif n’est pas encore totalement finalisé (ce qui veut dire que tout, encore, peut arriver, et arrivera donc avec certitude et facture finale salée), et qu’il ne concernera que les « territoires à énergie positive pour la croissance verte », dont le vocable laisse si délicieusement penser à l’une de ces charlataneries à base de pierres cristallines purificatrices entrant en résonance avec les chakras du contribuable.

gifa psychedelic cat

À ce point du billet, le lecteur moyen, lucide, sait que des douzaines de chatons sont morts pour arriver à la production d’un tel paquet d’inanités rocambolesques. Malheureusement, nous sommes avec Ségolène Royal et le massacre continue donc : toujours plus loin, plus fort, plus gratuit, elle a a annoncé aujourd’hui que les mille premières écoles à mettre en place un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire seraient dotées d’un potager.

« Je vais lancer un appel à projets auprès de toutes les écoles, collèges, lycées. Les mille premières écoles qui feront un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire — parce que ça fait partie aussi de l’éducation à l’environnement — seront dotées d’un potager, d’un coin nature »

catling gun - pistochatsMais ouiiiii, c’est absolument indispensable en plus de l’éducation à la citoyenneté, au vivrensemble, au consentement à l’impôt, à l’égalité, à la solidarité, à la poterie, au macramé, aux études de genre et autres recherches du gain d’un duel médié par une balle ou un volant ! L’école, le collège et le lycée républicains ne pouvaient absolument pas se passer ni d’une éducation à l’environnement, ni d’une lutte contre le gaspillage alimentaire, ni, bien sûr, d’un potager et d’un coin nature (dans lequel les plants de chanvre rigolo pourront s’épanouir) ! La lecture, l’écriture et le calcul ? C’est comme pour les effets de bords indésirables, le ministère n’en a absolument rien à carrer, tant que ces potagers seront bien évidemment aux normes en vigueur en France (attention aux pesticides, les enfants), avec principe de précaution et sans gaspillage, merci.

Cruelle réalité et cruelle économie qui ne se préoccupent pas des injonctions ministérielles ! Royal n’ayant finalement aucune prise sur ces éléments, admettant implicitement devant ces mesures consternantes sa parfaite inutilité, se condamne à tenter d’occuper le décor en brassant toujours plus d’air, en engageant, à nos frais, toujours plus d’actions ridicules, en étendant tous les jours les domaines d’intervention de l’État.

Le ridicule ne tue pas, mais il finit par coûter une blinde.

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Source : http://h16free.com/2015/08/26/40895-radiateurs-ampoules-potagers-et-tempete-royal


Les différences économiques fondamentales entre 2008 et 2015

mardi 25 août 2015 à 13:44

Charles Hugh Smith du blog « Of Two Minds » nous propose une petite analyse de la situation actuelle, mise en perspective avec la situation qui prévalait en 2008. L’article étant en anglais, j’ai pris la liberté de le reprendre (en le traduisant ou le paraphrasant) pour vous en proposer la lecture ici (j’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur). Essentiellement, l’auteur cherche à savoir si les conditions économiques actuelles sont meilleures que celles de 2008.

Il est tentant de voir des similarités entre l’actuelle panique sur les marchés boursiers et l’effondrement monumental qui a failli flanquer par terre le système financier global en 2008. La chute récente invite à la comparaison avec le dernier marché baissier qui emmena le S&P500 de 1565 en octobre 2007 à 667 en march 2009. En réalité, le présent marché baissier commence avec des différences assez marquées de celui de 2008. En voici quelques unes.

Deflation1. En 2008 : les marchés et les banques centrales redoutaient l’inflation, et le pétrole brut atteignait 133$ le baril à l’été 2008. Actuellement, on est en dessous des 40$ le baril, les marchés et les banques centrales redoutent plutôt la déflation.

2. En 2008, la Chine avait une dette relativement modeste autour de 7000 milliards de dollars, bien moins que 100% de son PIB. Actuellement, la Chine a quadruplé cette dette à 28.000 milliards de dollars à mi-2014, ce qui représente 282% de son PIB.

3. En 2008, les banques centrales disposaient d’une pleine boîte à outils de surprises monétaires prêtes à bondir sur le marché : TARP, TARF, BARF, fonds de sauvegarde et et garanties de crédit, quantitative easing (QE), Zero interest rate policy (ZIRP) et achat direct d’hypothèques, pour n’en citer que quelques uns. Actuellement, cette même boîte est vide : tous les outils ont été déployés et utilisés à une échelle inouïe. Le moindre programme potentiel ne sera qu’une resucée de QE, de manipulation de taux d’intérêts, d’achats d’actifs, bref, les mêmes outils qui ont déjà été utilisés.

4. En 2008, les banques centrales allaient intervenir sur des marchés relativement vierges de leurs interventions à l’exception des baisses de taux d’intérêts suite à l’effondrement de la bulle des dot-com. Depuis, les banques centrales n’ont pas arrêté d’intervenir. Le marché actuel est le reflet d’interventions incessantes sans précédent depuis sept ans. Au contraire de 2008, les banques centrales se retrouvent devant un marché mondial dominé par les incitations à spéculer avec leviers en utilisant de l’argent emprunté, incitations pilotées par sept années de politiques interventionnistes de leur part.

5. En 2008, les taux d’intérêts avaient rebondi depuis leurs plus bas de 2003, après l’explosion de la bulle internet. En 2007, les taux de la Fed étaient au-dessus de 5%, et les taux de crédit dépassaient les 8%. Actuellement, les taux de la Fed sont fixés autour de 0.25% depuis plus de six ans, une période de taux quasi-nuls sans précédents.

6. En 2008, le taux moyen d’une hypothèque à 30 ans s’établissait au dessus de 6% entre octobre 2005 et novembre 2008. Les taux actuels sont en-dessus de 4%.

7. En 2008, le dollar américain grimpait au milieu de la crise financière alors que les capitaux cherchaient refuge fin 2008, début 2009 et aussi en 2010. Actuellement, le dollar américain a établi un gain de 20% mi-2014, au milieu d’une période considérée comme une solide phase de croissance globale.

8. En 2008, le dollar américain a fortement baissé de 2006 à 2008, puis de 2010 à 2011, augmentant les profits étrangers des compagnies américaines qui représentent entre 40 et 50% du montant toal des profits de multinationales. Actuellement, le dollar qui grimpe écrase ces mêmes profits, ainsi que les devises et les actions des marchés émergents, et a obligé la Chine à dévaluer le Yuan (yuan), une dévaluation qui a déclenché l’actuelle dégringolade des cours de bourse.

9. En 2008, la croissance de 2003 à 2008 fut globalement considérée comme ayant bénéficié à tout le monde. Actuellement, les politiques des banques centrales sont largement reconnues comme ayant favorisé les inégalités et les écarts de salaires depuis plus de six ans.

En conclusion, y a-t-il actuellement des éléments qui sont vraiment meilleurs que ceux de 2008 ? Ou les conditions actuelles sont-elles moins résilientes, plus fragiles et plus dépendantes des interventions sans précédent des banques centrales ?

this will not end well - car wc

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Source : http://h16free.com/2015/08/25/40892-les-differences-economiques-fondamentales-entre-2008-et-2015