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Écologie Positive – Un tri pas assez sélectif ?

jeudi 7 janvier 2016 à 09:00

Un texte de Nathalie MP et h16

Les fêtes sont finies et si on espère que vos neurones, vos tubes digestifs et vos tours de taille n’ont pas trop souffert, on se doute que vos poubelles, en revanche, se sont gavées de papier cadeaux, d’emballages cartonnés, de bouteilles de champagne, de nombreux bouchons en liège et autres confettis agréables. Mais les vapeurs éthyliques disparaissant, la trompeuse confiance s’évaporant, le doute s’installe : avez-vous choisi le bon réceptacle pour ces déchets ? Avez-vous songé à rincer les bouteilles, les conserves, les barquettes pour avoir cette poubelle bien propre seule capable d’assurer son recyclage correct ? Car oui, si le « vivrensemble » est un art, le tri « sélectif » est son sacerdoce !

Et pour « vivrensemble » correctement, il faut commencer par ne pas trop vivre, ne pas trop se reproduire comme le préconisait un Malthus qui fait un peu sourire aujourd’hui, mais dont l’idée fut reprise lorsqu’on décida qu’on produisait et consommait trop, provoquant épuisement des ressources, pollution de l’environnement, mort des petits chatons mignons et (ô horreur) réchauffement climatique.

Pire : depuis une trentaine d’années, on réalise qu’on gaspille une part insolente de notre production. C’est simple, « on croule sous les déchets » et c’est mal. Il faut faire pénitence, ce à quoi nous enjoignait Ségolène l’Écologiste du Ministère, en novembre dernier, en criant « Réduisons vite nos déchets, ça déborde ».

Et c’est vrai qu’avec une moyenne d’environ 360 kg par an et par habitant de déchets ménagers en France, dont 20 kg (soit 55 g par jour) pour les déchets alimentaires parmi lesquels 7 kg (soit 19 g par jour) sont des aliments non consommés encore emballés, il était indispensable que le gouvernement de François Hollande se lance dès son arrivée au pouvoir dans une lutte sans merci contre ce colossal gaspillage et se fixe le but un peu fou de diviser par deux le volume des déchets alimentaires d’ici 2025.

guillaume garot, minustre délégué de classe au gros alimentaireC’est Guillaume Garot, alors ministre délégué à l’agro-alimentaire, qui s’y est collé avec des mesures retentissantes : vente de yaourt à l’unité, limitation des promotions du type « un gratuit pour deux achetés », obligation des cantines à ajuster au mieux les portions servies — chacun sait qu’elles distribuent des plâtrées surabondantes aux élèves… Bref, ça envoyait du steak du lourd dans la poubelle cour des gaspilleurs. Et il y a un mois à peine, l’Assemblée nationale a complété ces dispositifs en votant à l’unanimité un texte qui « propose de généraliser les dons alimentaires aux associations et d’interdire la (destruction par) javellisation des denrées alimentaires consommables, sans oublier de faire de l’éducation à l’alimentation un pivot » selon les propres termes du même Garot redevenu simple député.

Nous sommes sauvés : la France devient ainsi « le pays le plus volontariste d’Europe » dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour 20 kg de déchets annuels. 55g par jour. L’équivalent de deux trognons de pomme par jour et par habitant. Y’a pas à tortiller : la loi, c’est plus fort que toi.

Mais tout ceci ne résout pas la question des ordures ménagères restantes, ni celle des déchets professionnels (surtout industrie du bâtiment et agriculture) qui font monter le volume total à 13,8 tonnes par habitant et par an.

À l’origine, tout allait en décharge, pour être enterré ou brûlé. Aujourd’hui, la France met approximativement un tiers de ses déchets en décharges, un autre est incinéré, et enfin le dernier tiers est recyclé ou composté (déchets organiques). Des progrès restent à faire dans la mesure où l’Union européenne a fixé un objectif de 50 % de recyclage/compostage à l’horizon 2020 pour les ordures ménagères et 70 % pour les déchets de construction et démolition.

Qui dit recyclage dit tri, qui n’a d’ailleurs nul besoin d’être qualifié de « sélectif » : ce ne serait plus un tri s’il ne l’était pas. Ce genre de pléonasme lourdingue pour mal-comprenants révèle au passage qu’on est au moins autant dans la propagande écologiste que dans la gestion rationnelle de nos productions et consommations.

Selon les communes, selon les types d’habitats (maisons individuelles avec garage aptes à abriter plusieurs poubelles ou immeubles de centre-ville comprenant des parties communes et des appartements plus exigus), les habitants sont priés de séparer leurs déchets de façon toujours plus fine. Un bac est destiné à recevoir les ordures ménagères non triables qui partiront en décharge ou incinération, et différents autres bacs recevront les papiers et cartons, le verre, le plastique et les métaux. Les déchets verts partent en déchetterie, de même que les produits toxiques tels que peintures, vernis, produits chimiques et piles. Les textiles divers sont récupérés par les déchetteries et les vêtements par des associations caritatives. Les médicaments non utilisés ou périmés peuvent être déposés chez les pharmaciens.

À Paris, on va encore plus loin. Alors que les Parisiens trient actuellement leurs déchets dans trois poubelles différentes, la mairie a décidé le mois dernier d’expérimenter dans deux arrondissements l’ajout du tri séparé des déchets alimentaires, ce qui induit des contraintes supplémentaires qui ne réjouissent pas forcément tous les habitants.

tri sélectif

Une fois tous ces tris effectués, il faut acheminer les différents lots jusqu’aux usines de traitement concernées, d’ou multiplication des ramassages d’ordures par de gros camions pollueurs. Youpi, il faut polluer pour recycler, ce qui laisse songeur par rapport à un unique ramassage des ordures.

En terme de techniques industrielles, la valorisation des déchets concerne les résidus organiques qui sont compostés, les métaux, notamment le plomb et le cuivre dont la demande est toujours élevée (et génère parfois des « recyclages sauvages »). Le recyclage de l’aluminium est beaucoup plus avantageux que la production initiale à partir de bauxite qui consomme énormément d’électricité. De même, le recyclage du verre fonctionne bien, même si sa matière de base, le sable, ne risque pas de manquer (Pas de « peak sand » à l’horizon).

Le traitement des papiers et journaux est une technologie déjà ancienne qui remonte aux années 1930. Sa rentabilité dépend beaucoup des volumes concernés, et se trouve donc bien meilleure dans les pays où on lit beaucoup de journaux, ce qui n’est pas forcément le cas de la France. Enfin, le plastique est un composant complexe : peu cher au départ, il se décline en plusieurs variétés qui demandent des traitements séparés, d’où des coûts notables de recyclage.

Tout le débat sur le traitement des déchets débute aux États-Unis au milieu des années 1980 avec la peur de ne pas pouvoir disposer de suffisamment d’espace utilisable en décharge, conjuguée à celle de voir les ressources naturelles s’épuiser. Dix ans plus tard (1996), des voix sceptiques commencent à se faire entendre, en particulier celle de John Tierney dans un article du New York Times Magazine resté célèbre, intitulé sans fard « Recycling is garbage » (Le recyclage est pourri). Le journaliste y considère que même évalués à leur maximum, nos déchets n’occupent pas tant d’espace que ça. Quant aux ressources naturelles, elles ne sont nullement en voie d’épuisement. C’est également la position défendue par le danois Bjorn Lomborg dans le chapitre « Waste : running out of space ? » (Déchets : va-t-on vraiment manquer d’espace ?) de son livre L’écologiste sceptique : le véritable état de la planète. Encore dix ans plus tard (2004), d’autres contempteurs du traitement des déchets estiment carrément que :

« The recycling industry creates pollution, has to be subsidized by the government because it’s cost-ineffective, and is completely unnecessary. »
L’industrie du traitement des déchets est polluante, elle doit être subventionnée par le gouvernement car elle est extrêmement coûteuse, et elle est complètement inutile.

Face à ces critiques sévères, des experts environnementaux se sont lancés dans d’importantes études pour évaluer les consommations énergétiques relatives du recyclage, de la production initiale et du ramassage simple. L’un d’eux a calculé que la production de produits à partir d’une tonne de déchets recyclables consomme 10,4 millions de BTU contre 23,3 BTU à partir de nouvelles matières. La collecte, le transport et le traitement des déchets ne rajouteraient que 0,9 BTU.

Cependant, le recyclage des déchets n’est pas toujours efficace. Il l’est lorsqu’il se fait en cycle fermé : le verre est recyclé en verre, idem pour les canettes métalliques. En revanche, les composants en plastique trouvent plus difficilement à se convertir compte tenu du faible coût du pétrole initial. De la même façon, la loi de l’offre et de la demande joue aussi un rôle qui rend le recyclage plus ou moins intéressant : par exemple, le Royaume-Uni importe tellement de vin que le verre de ces bouteilles coûte nettement plus cher à recycler qu’à envoyer en décharge.

recycle good girl

En fait, il y a tellement de facteurs économiques à prendre en compte, très variables selon l’évolution des coûts des matières premières et des salaires d’une région ou d’une décennie à une autre, qu’il est difficile d’aboutir à un avis tranché sur la question. Quelques cas méritent citation : celui de la Suède qui recycle et surtout incinère 99% de ses déchets, assurant ainsi 20% du chauffage urbain, mais qui dispose maintenant de capacités d’incinération bien supérieures aux déchets produits, à tel point que ce pays doit importer les déchets des voisins pour rentabiliser ses équipements.

La ville de New-York constitue un autre exemple complexe : confronté à un déficit budgétaire massif, Michael Bloomberg, son maire de 2002 à 2013, a décidé d’arrêter le recyclage du verre, du plastique et de l’aluminium pendant dix-huit mois, compte-tenu des coûts trop importants que cela générait pour la ville. De quoi satisfaire les sceptiques et inquiéter les pro-recyclages qui craignent que d’autres villes soucieuses d’équilibrer au mieux leur budget ne suivent les pas de New-York. Pour ces derniers :

« In economic terms, it’s very often a losing proposition but the thing is, human work does not have the same environmental consequences that exploiting virgin resources has. From a sustainability point of view, recycling has value. »
En termes économiques, le recyclage est souvent perdant, mais le fait est que le travail humain n’a pas les mêmes conséquences environnementales que l’exploitation des ressources naturelles. Sur le plan de la durabilité, le recyclage a de la valeur.

Pour les sceptiques du recyclage, ce dernier a été vendu comme une sorte de repentir spirituel civique en échange des hauts niveaux de vie dont jouissent les occidentaux :

« Whether for a good or a bad reason, Americans absolutely love recycling. That’s OK as long as they understand it ain’t free. »
Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, les Américains adorent le recyclage des déchets. Ça ne pose pas de problème tant qu’ils comprennent que ce n’est pas gratuit.

On le comprend, le tri et le recyclage des déchets est un sujet épineux, qui comporte un aspect quasi-religieux dans sa dimension rédemptrice alors que l’aspect strictement économique incite au minimum à la prudence : tous les tris ne sont pas souhaitables, tous les recyclages ne se valent pas. Devant ce constat, on ne peut qu’appeler à une vraie libéralisation du marché du recyclage plutôt que son actuel avatar subventionné et poussé à coup de propagande étatiste. Cela rétablirait la vérité des prix et permettrait de tirer parti au mieux de ce qui se recycle correctement. D’ailleurs, avec le recul, 35 ans exactement, certains recyclages apparaissent hautement désastreux sur le plan économique et même particulièrement nuisibles à l’environnement… politique : le programme commun de la gauche, mis en œuvre en 1981, a été quasi-intégralement recyclé par les gouvernements suivants.

Le résultat est sans appel : il ne fallait pas recycler, il fallait incinérer.

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Source : http://h16free.com/2016/01/07/43626-ecologie-positive-un-tri-pas-assez-selectif


La gamification du bon citoyen

mercredi 6 janvier 2016 à 09:00

Dans le combat feutré mais perpétuel que se livrent rhétoriquement Orwell et Huxley, Orwell semblait avoir marqué de nombreux points avec l’avènement d’une société numérique massivement sous contrôle. Huxley n’a cependant pas dit son dernier mot et vient de remporter une belle victoire : dernièrement, c’est la Chine qui démontre une fois encore ce qu’un état est capable de faire pour obtenir des citoyens bien obéissants.

Pour rappel, Orwell avait imaginé dans son 1984 une dystopie dans laquelle l’État se placerait comme observateur systématique et permanent de chaque individu, et que cet État s’assurerait de l’obéissance des citoyens par un contrôle agressif incluant l’utilisation de la force et de toutes les pulsions humaines. Huxley, de son côté, voyait plutôt la dystopie fonctionner grâce au mélange de la flatterie des bas instincts humains et de l’endormissement de l’intellect des individus en les éloignant de toute culture et toute élévation abstraite. En somme, là où Orwell pariait sur l’usage de la force, Huxley pariait plus sur l’usage de la paresse.

Orwell's 1984 was not supposed to be an instruction manual

À l’évidence, les autoritarismes qui se mettent doucement en place un peu partout dans le monde utiliseront un peu des deux méthodes. Mais là où l’un comme l’autre avaient vu juste, c’est dans l’utilisation par l’État du contrôle social, c’est-à-dire cette capacité qu’ont les groupes d’humains à se contrôler sans usage de la force par la pression que fait subir chaque individu sur chaque autre en émettant un jugement sur sa façon d’agir, de se comporter, et les idées qu’il professe.

Ce contrôle social est celui qui nous impose, dans un contexte normal et avec plus ou moins de succès, la politesse, nos habitudes alimentaires, nos rites et coutumes, le fait de faire la queue plutôt que se battre pour obtenir sa baguette de pain, ou de dénoncer celui dont on sait qu’il tabasse ses enfants.

On comprend que ce contrôle marche plus ou moins bien et que l’État cherche sans cesse à s’en servir comme levier pour orienter la population, ses choix, ses attentes et, par conséquence, ses votes. Jusqu’à présent, on a eu l’occasion de goûter, dans le meilleur des cas, à la manipulation plus ou moins adroite de la presse (en France, au travers de subventions et d’une lourde orientation de l’éducation et des écoles de journalisme, par exemple) en allant jusqu’à la propagande gouvernementale délicieusement décalée qui semble mettre un point d’honneur à s’adresser de la manière la plus idiote à une cible fuyante et impossible à identifier clairement.

Cependant, l’État chinois vient de trouver une méthode bougrement plus efficace que celles précédemment citées et testées jusqu’alors : la gamification de la bonne citoyenneté. Autrement dit, le gouvernement chinois a trouvé, par le truchement d’une application mobile de jeu d’impliquer directement les citoyens chinois dans son programme social et de modifier leurs comportements de façon active et assumée.

Via l’application Sesame Credit, toutes vos interactions sur les réseaux sociaux, ainsi que vos achats en ligne, le type de recherches que vous faites, etc. sont évaluées en fonction d’une échelle de « bonne citoyenneté » bien évidemment établie pour plaire au pouvoir en place.

L’application va plus loin et utilise à fond le contrôle social puisque le score de vos amis directs et indirects impacte le vôtre : un ami bien noté vous tire vers le haut, un ami mal noté (et qui ne respecte donc pas les bonnes pratiques sanctionnées par le gouvernement) dégrade donc votre score. Les conséquences en terme de comportements sociaux sont évidentes : si vous vous prenez au jeu, vous aurez tendance à ostraciser ceux de vos amis qui ont un score trop faible.

L’application va encore plus loin puisqu’à terme et au travers de sites en ligne partenaires (et bien évidemment accrédités par le gouvernement), votre score vous permettra d’obtenir des facilités de crédits, des réductions sur le prix de certains biens et services. Inversement, un mauvais score signifiera donc non seulement se retrouver coupé de cercles sociaux, mais de cercles financiers et de cercles de consommateurs privilégiés. Réjouissant, non ?

this is china !

Pour le moment, il s’agit d’un jeu, et non d’une obligation… Mais si cette « gamification » marche bien, le gouvernement chinois entend rendre l’application obligatoire d’ici 2020. Et tout indique que ça marche déjà : les Chinois participent volontairement et même joyeusement à l’opération, trouvent l’application amusante, et n’hésitent pas à partager leurs scores sur les médias sociaux, ajoutant ainsi à la publicité et à l’attrait dont jouit déjà ce jeu. Et c’est normal, puisque tout a été fait pour : tous les mécanismes de renforcement positif ont été mis en place, en utilisant toutes les recettes maintenant connues des meilleurs jeux vidéos et autres applications ludiques mobiles.

Youpi, être un bon citoyen obéissant va maintenant être mesurable, quantifiable, et même directement rétribué de façon indirecte par l’État ! Hourra, enfin un moyen simple pour l’État de faire faire son travail de contrôle des foules, de coercition sur les déviants, dans la joie, la bonne humeur et l’ostracisation pétillante des gens qui pensent de travers par ceux qui, bravo bravo, se plieront tous les jours un peu plus et un peu mieux au desiderata des dirigeants !

Pas de doute, cette application permet d’esquisser une société pleine d’un concentré de « bonheur » moraliné en conserve, prêt à l’usage, sirupeux et collant à souhait, que ni Orwell, ni Huxley n’aurait pu imaginer, mais dont les prémices se trouvaient déjà dans leurs œuvres respectives. Devant cette perspective, même la société qu’avait concoctée la RDA semble préférable : les citoyens savaient qu’ils étaient épiés, et pouvaient sentir le souffle chaud et putride du Léviathan dans leur nuque à chacun de leur agissement. Ici, la société que nous promettent ces Chinois, en anesthésiant les individus, est bien plus pernicieuse puisqu’elle étouffera tranquillement toute liberté sous une montagne de contrôle social, accepté avec gourmandise par tous.

Et alors que la Chine se donne cinq années pour rendre obligatoire cette application, on se demande ce qui va bien pouvoir freiner les autres pays, France en premier, d’appliquer la même recette.

fascism - socialism

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Source : http://h16free.com/2016/01/06/43518-la-gamification-du-bon-citoyen


Gratuité, neutralité, facebook

mardi 5 janvier 2016 à 09:00

Voilà, ça y est, nous sommes en 2016. Et rien ne change : les Etats se démènent toujours autant pour nous éviter de tomber bêtement dans la richesse ou la prospérité. Force est de constater qu’ils y arrivent plutôt bien.

C’est ainsi qu’on apprend qu’après l’Inde, c’est au tour de l’Égypte de mettre un terme à l’actuel service de Mark Zuckerberg, Free Basics, proposé depuis quelques mois dans le pays. Avec ce projet (initialement lancé sous le nom d’internet.org), le dirigeant et philanthrope de Facebook vise en effet à offrir un accès internet aux populations des pays en voie de développement qui n’y ont pas accès, et permet d’accéder via une appli mobile à tout un éventail de services gratuits couvrant les domaines de la santé, de l’emploi, ou des informations locales. Ciblant en particulier l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie, Free Basics est disponible dans 37 pays, via des partenariats avec des opérateurs télécoms locaux.

facebook - become a fan

Mais en Inde, puis en Égypte, l’initiative rencontre de vives critiques, à tel point qu’elle est interrompue : en substance, Free Basics, bien que gratuit, ne respecterait pas la neutralité du net, c’est-à-dire l’égal accès à tous les services accessibles sur internet. En Inde par exemple, Facebook décide des services gratuits et ceux payants, et favorise bien évidemment ceux de son choix : version allégée de Facebook, recherche par Bing, mais Google Search et Youtube payants.

Bref : le service, bien que gratuit, serait honteusement biaisé et donc pas assez bon pour justifier une autorisation de commercialisation, tant l’Etat indien qu’égyptien savent en effet mieux que leurs citoyens ce qui est bon pour eux. Les autorités ont heureusement agi pour éviter que, de fil en aiguille, leurs citoyens s’habituent à d’aussi honteuses facilités.

Et c’est bien normal, après tout : si c’est gratuit, c’est donc que les utilisateurs ne sont pas des clients, mais des produits. Quel scandale ! Si c’est gratuit, c’est pour augmenter le nombre d’utilisateurs de Facebook. Quelle honte ! Et si c’est gratuit maintenant, c’est à l’évidence pour obtenir un retour sur investissement pour la société de Mark Zuckerberg. Quelle ignominie !

… Mais d’un autre côté,…

Au passage, on ne s’étonnera pas trop de retrouver dans les États qui interdiront avec le plus de véhémence ce genre de services ceux qui ont, assez généralement, beaucoup à perdre d’une nouvelle forme d’indépendance de la population vis-à-vis d’eux. Ce n’est pas un hasard du tout : si internet est un bienfait, il l’est par sa capillarité qui touche tous les individus, depuis le patron du CAC40 jusqu’au guerrier Masaï au fin fond du Kenya en passant par le petit commerçant du Caire ou de Calcutta, et qui permet à chacun d’entre eux de s’affranchir progressivement de toutes les contraintes que les États s’ingénient à construire pour se rendre omniprésents et indispensables.

Alors oui, bien sûr, l’initiative de Zuckerberg est lourdement teintée de marketing, d’une vision qui n’est clairement pas entièrement philanthropique, mais si l’on dépasse l’idéologie idiote, purement anticapitaliste, et qu’on en reste aux faits, on doit constater qu’en définitive, les perdants de cette interdiction, bien avant Facebook, seront les individus les plus pauvres qui seront tendrement protégés d’un accès gratuit à internet.

Ah, franchement, si l’État n’était pas là, qui s’occuperait d’interdire l’internet gratuit ?

without government who would neglect the roads

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Source : http://h16free.com/2016/01/05/43531-gratuite-neutralite-facebook


Juppé et le commode retour des seconds-couteaux

lundi 4 janvier 2016 à 09:00

L’année 2016 est bien partie pour être une farce, coincée entre une année 2015 économiquement et politiquement désastreuse et une année 2017 déjà entièrement vendue comme électorale et rien d’autre. Et comme dans toute farce, il faut un dindon, il n’aura pas fallu plus de quatre jours pour en trouver un bien dodu que les médias se sont empressés de nous présenter.

petit juppéAlain Juppé est sur toutes les lèvres. Enfin, « toutes », c’est une expression : il est sur toutes les lèvres des classes jacassantes. De sondage en article, d’édito en plateau télé, le personnage semble subitement indispensable à faire monter la sauce politique que nos médias tentent de nous vendre une fois encore. De surcroît, en jouant un peu sur l’égo du politicien, ce dernier étant d’autant plus développé que sa hontectomie aura eu lieu tôt, le brave Alain n’a pas de mal à mordre au bel hameçon et aux douzaines de gros micros mous tendus sous son nez pour abonder dans le sens du Tout Paris Médiatique.

Dès lors, il suffira de l’interroger sur les sujets du jour, depuis les événements corses jusqu’à la rocambolesque proposition de François Hollande de déchoir de leur nationalité les terroristes bi-nationaux, et la machine médiatique pourra s’emballer gentiment en imaginant déjà le maire de Bordeaux en âpre adversaire de l’actuel président. Le voilà qui se fend donc d’un tweet héroïque où, n’écoutant que son courage, il fait don de sa personne à la Patrie (qu’il espère très reconnaissante) et en profite pour exposer un court programme présidentiel en une vingtaine de points serrés comme un sketch de cabaret.

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En lisant ce tweet, en parcourant ces articles de presse, en tombant sur ces sondages plus ou moins farfelus, et à condition de faire preuve d’un peu de recul et de lucidité, on ne peut qu’être pris d’un sentiment gêné, consterné même, devant le grotesque de la proposition sous-jacente.

Grotesque, parce que tout ceci fait repenser à la drôlatique crise de balladurite qui s’était répandue en France en 1995 : porté par des sondages habilement flatteurs, Ed l’épicier Balladur avait décidé de se présenter à la présidentielle. Cette manœuvre avait essentiellement gêné la droite bien plus que la gauche, mais l’avance de Jacques Chirac n’avait finalement guère changé l’issue du scrutin, connue de tous ceux qui n’avaient pas été frappés par la fièvre balladurienne.

Le cas Juppé est actuellement construit de façon à peu près similaire.

Délicieusement à gauche pour un type de droite (si tant est que ces deux appellations aient encore un sens dans un pays où les deux vieux partis se passent cérémonieusement le mickey à chaque tour de manège), mélange habile de la carpe progressiste et du lapin conservateur, Alain Juppé est le candidat pratique, rêvé même, pour éviter de s’appesantir un peu trop sur la perspective pas très réjouissante d’un second tour où le candidat « républicain » (qu’il soit de droite ou de gauche) serait confronté à un candidat frontiste.

Dans le pire des cas, Juppé, même confronté à Marine Le Pen, est actuellement présenté par la presse comme un candidat acceptable pour une gauche qui se retrouverait alors volée de son élection (même si rien n’indique qu’un transfert des militants et sympathisants PS vers Juppé s’opérerait aussi bien que ce que nos médias feignent de croire).

Dans le meilleur des cas, Juppé se retrouverait en face d’un Hollande qui disposerait là d’un adversaire en carton : en effet, même si Hollande est complètement nul en économie, en relations internationales ou dans la plupart des domaines de prédilection présidentielle, il n’en reste pas moins un politicien aguerri aux combines et aux coups tordus que le pire de la politique politicienne autorise dans ce pays. Autrement dit, compte-tenu du nombre de casseroles politiques de Juppé, Hollande n’aurait pas de mal à s’en débarrasser et, à l’heure où ces lignes sont écrites, l’actuel président sait probablement déjà comment procéder.

Et dans le cas le plus probable, Juppé ne sera même pas au second tour.

Il suffit justement de lire le « programme » qu’il nous brosse à gros traits pour replacer le personnage dans son contexte : entre la création de 10.000 nouvelles cellules de prison (déjà planifiées, du reste – promesse facile à tenir) et les autres mesures de la même trempe, faussement fermes qui se traduisent avant tout par des dépenses dans un État surendetté, les mesures parfaitement liberticides (délit de consultation régulière de vilains sites, contredanse pour consommation de cannabis) ou celles complètement impraticables (pactes divers), on est dans le tout venant bricolé à la va-vite, sans la moindre colonne vertébrale idéologique un peu construite, qui permet de ratisser large sur la droite en attendant le flot de propositions toutes aussi foutraques lorsque le moment d’amadouer la gauche et de rassembler au centre sera venu.

juppé - le renouveau c'est maintenant

Et puis, force est de constater qu’en terme de changement, on est bien dans le ridicule : Juppé n’est plus de la première jeunesse, et ce repris de justice, faible devant les syndicats, n’a jamais brillé par ses solides convictions puisqu’il a même prouvé qu’on peut très bien retourner sa veste et baisser son pantalon tout en restant droit dans ses bottes.

N’oubliez pas : notre frétillant septuagénaire était déjà au pouvoir en 1995, il y a plus de 20 ans de cela. C’est le candidat des quadras des années 90 qui sont à présent en retraite et ont les miquettes pour leurs acquis. Ce n’est en tout cas ni le candidat des jeunes (qui n’étaient pas nés lorsqu’il sévissait), ni celui des classes moyennes ou pauvres, ni des ouvriers, ni des immigrés ou descendants d’immigrés. Et si les Français le voient bien candidat, on peut raisonnablement parier que ce n’est pas pour voter pour lui, mais simplement pour rafraîchir la tapisserie électorale, passablement répétitive actuellement.

petit juppéBref, du point de vue des médias, et des journalistes (dont le biais pro-socialiste n’est guère oubliable), Juppé est un candidat idéal : crédible pour la droite, facilement destructible par la gauche qui pourrait ainsi conserver le pouvoir. Bonus : il pourrait même être recyclé en premier ministre rigolo si une cohabitation déboulait.

Mais sur le fond, c’est une grosse blague : la France, et les Français selon les récents sondages, réclament un changement de politiciens, de têtes et de façon de penser, de faire de la politique en rejetant par exemple Hollande et Sarkozy, déjà trop vus. Et que tente-t-on de nous présenter ? Un vieux cheval de retour, qui a déjà montré ce dont il était capable (ou plutôt, ce dont il était incapable), qui, dans un contexte bien plus favorable qu’actuellement s’est retrouvé à stopper net toutes réformes, tout changement, et qui voudrait nous faire croire qu’avec l’âge (qui, pourtant, tend plus sûrement à scléroser l’individu) il aurait évolué, et qui nous présente alors un programme déjà lu, déjà tenté… Et déjà foiré.

Si le seul changement possible, c’est Juppé, alors ce pays est foutu.

Assemblée : CPEF

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Source : http://h16free.com/2016/01/04/43589-juppe-et-le-commode-retour-des-seconds-couteaux


Et une bonne année 2016

vendredi 1 janvier 2016 à 00:00

Voilà, l’année 2016 vient de naître. C’est donc sans originalité mais néanmoins sincèrement que je souhaite à tous mes commentateurs, mes contributeurs et, plus nombreux, mes lecteurs une excellente série de douze mois à partir de maintenant, avec surtout une bonne dose de lucidité et de chance (la première aidant souvent à attraper la seconde) : en France au moins, on va en avoir besoin.

Bien sûr, il y a l’aspect économique. Le gouvernement, actuellement tendu comme un seul homme sur les péripéties corses et la déchéance ou non de nationalité, fait absolument tout pour occuper la populace en montrant sa ferme résolution a tenir des discours énergiques, agiter le menton et froncer les sourcils avec détermination, tout en désignant de commodes coupables à la vindicte sinon populaire mais au moins médiatique.

Reconnaissons à cette tactique éculée une certaine efficacité : les chiffres calamiteux du chômage, la pluie continue de taxes et d’impôts, les faillites de plus en plus nombreuses, tout cela semble comme passé à la trappe à la faveur de palpitants reportages sur les éclairages municipaux pour les fêtes (ou leurs réduction, lutte contre le changement climatique et le rétrécissement budgétaire obligent) et des poussées urticantes sur l’île de Beauté.

Il n’en reste pas moins que l’année à venir verra s’accroître les problèmes de multiples côtés : les dépenses de l’État n’étant toujours pas maîtrisées, et la reprise économique étant toujours aussi impossible dans l’environnement actuel, la fiscalité continuera de grimper. Conséquemment, le chômage augmentera et toute diminution ne pourra être portée qu’au crédit de manipulations statistiques acrobatiques et d’emplois massivement subventionnés ou directement à la charge du contribuable. Moyennant ces artifices, la courbe s’inversera certainement pour laisser à Hollande le loisir de candidater à sa propre succession. L’état d’urgence ayant une certaine praticité pour faire taire les opposants, il sera probablement allongé, soit à la « faveur » d’un nouvel attentat, soit à son évitement dramatique mais au dénouement heureux et forcément spectaculaire.

Enfin, on peut compter sur tout ce que la République compte de procédures judiciaires pour mettre des bâtons dans les roues du Front National et de ses dirigeants, qui n’auront d’ailleurs pas l’intelligence de modérer leurs propos et qui ajouteront quelques procès à leurs charrettes d’enquêtes et de procédures. Rassurez-vous : la droite, de plus en plus diluée, de plus en plus socialiste, continuera sa marche forcée vers la déliquescence, et sera donc à peu près absente des débats de fonds.

En bref, le pays, fidèle à ses habitudes, procrastinera.

Cependant, tous ces funestes éléments ne doivent pas nous faire oublier qu’encore une fois, le reste du monde continuera de tourner. Et si, en France, la situation continuera de se dégrader comme elle l’a fait sans discontinuer depuis des décennies, cela ne sera pas forcément vrai pour le reste de la planète, qui reverdit, et sur laquelle l’Humanité bénéficie en fait de plus en plus du progrès dans tous les domaines (médecine, sanitaire, agroalimentaire, production d’énergie, transports, etc).

Autrement dit, pendant que ce pays s’enfoncera dans ses petits problèmes (avec une délectation quasi-morbide), le reste du monde s’en sortira de mieux en mieux. Dès lors, pourra-t-on encore s’étonner en 2016 de voir toujours plus de Français choisir l’expatriation et la découverte de ces endroits qui progressent ?

L’année 2016 est jeune, mais elle s’annonce à la fois pleine de dangers et pleine de rebondissements. Certes, chaque jour qui passe nous rapproche en France d’un dénouement qu’on sent tous, confusément mais de plus en plus certainement, assez radical. Mais symétriquement, chaque jour qui passe permet au reste de l’humanité un pas de plus vers moins de souffrance, moins de pauvreté, plus de paix, plus d’autosuffisance.

Tout en continuant à commenter l’actualité française, c’est ce que je choisirai de retenir pour les douze mois qui viennent. Et partant de là, je vous souhaite à tous une excellente année 2016.

minions - bonne année

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Source : http://h16free.com/2016/01/01/43520-et-une-bonne-annee-2016