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Bitcoin et cryptomonnaies : où en est-on ?

vendredi 17 mai 2019 à 09:00

Un billet de Ludovic Lars du blog ViresInNumeris et h16

Cela fait un petit moment que se fait sentir le besoin d’un point sur l’état de l’art en matière de cryptomonnaies, et ce d’autant plus que semble terminée la longue léthargie des cours qui avait suivi leur dégringolade depuis janvier 2018…

Et durant ces derniers mois, même si l’actualité des cryptomonnaies n’a pas transpiré dans les journaux de la presse courante (elle avait d’autres chats plus dodus à traiter), il n’en reste pas moins que les communautés de développeurs et d’utilisateurs de ces nouvelles technologies les ont encore fait progresser. Un petit passage en revue s’impose donc.

Des cryptos décidément plus anonymes

L’un des principaux reproches qu’on pouvait faire aux cryptomonnaies était l’aspect ouvertement public de l’ensemble des transactions, au moins pour les plus célèbres d’entre elles : les opérations menées sur des protocoles comme Bitcoin, Bitcoin Cash, Ethereum ou Litecoin, sont en effet lisibles sur la blockchain correspondante ce qui nuit à la fongibilité des monnaies et l’anonymat des participants.

Ces problèmes trouvent actuellement un début de solution avec une amélioration notable de la confidentialité des transactions apportée soit par de nouveaux protocoles d’échanges (typiquement, c’est le cas de MimbleWimble qui a été implémenté depuis janvier par deux nouvelles cryptomonnaies, Grin et Beam, ou encore les transactions confidentielles qui pourraient voir le jour sur Litecoin), soit par l’introduction de nouvelles méthodes d’anonymisation des transactions à la volée (avec le développement, l’audit puis la mise en application de CashShuffle sur BitcoinCash par exemple).

Pour cette dernière méthode, moyennant l’usage d’un portefeuille qui dispose de cette option « CashShuffle » (comme ElectronCash par exemple), les transactions sont « mélangées » à d’autres pour rendre leur traçage sinon impossible au moins très compliqué. Au passage, notons le Wasabi wallet qui offre des possibilités très similaires pour Bitcoin.

Une autre amélioration fort attendue sur les plans de la sécurité, de l’anonymat de certaines transactions ainsi que de l’allègement des contraintes techniques des blockchains, est l’introduction des signatures de Schnorr pour Bitcoin Cash et pour Bitcoin. Dans le cas de Bitcoin Cash, cela a été introduit avec succès ce mercredi 15 mai, alors que l’implémentation pour Bitcoin tarde à venir. Le protocole de Schnorr permet essentiellement de réduire la taille des signatures cryptographiques utilisées pour sécuriser les transactions sur la blockchain, d’alléger le travail des nœuds du réseau en leur permettant de valider ces signatures en lots, et de fournir des moyens élégants de camoufler les utilisateurs de comptes multi-signatures et d’autres contrats autonomes.

Enfin, et toujours dans le registre des améliorations notables des techniques et protocoles des cryptomonnaies, mentionnons que les développeurs de deux d’entre elles au moins, Ethereum et Tezos, envisagent actuellement d’implémenter des mécanismes de preuves à divulgation nulle de connaissance (ZK-SNARK et ZK-STARK), là encore pour améliorer l’anonymat des transactions, à l’instar des mécanismes déjà présents pour ZCash : cette technique cryptographique donne par exemple la possibilité de garantir qu’une transaction est valide, sans pour autant divulguer les adresses des protagonistes de la transaction, leur permettant alors de conserver leur anonymat.

La tendance est là, bien présente et maintenant claire : à terme, la garantie de l’anonymat sera un passage obligé de toutes les cryptomonnaies sérieuses, pour des raisons évidentes de fongibilité et de résistance raisonnable aux attaques extérieures, qu’elles proviennent de personnes malveillantes ou, plus probable encore, du côté des États. À ce sujet, on ne pourra s’empêcher de noter que leurs régulateurs gagnent du terrain… Certains en sont même à proposer une interdiction complète des cryptomonnaies, pour faire bonne mesure :

Parallèlement à cela, toutes les plateformes d’échange de cryptomonnaies, qui, à un moment ou un autre, s’interfacent avec le système bancaire traditionnel (et les devises fiat étatiques) imposent maintenant la vérification complète de l’identité de leurs utilisateurs. Pire : même les plateformes qui n’ont pas cette contrainte, comme Binance, Poloniex, ShapeShift ou d’autres, font les démarches nécessaires afin de collecter les données personnelles de leur clientèle…

Des communautés mouvementées

Les cryptomonnaies, ce sont certes des technologies et des développements intéressants, mais ce sont aussi des communautés passionnées, à la limite de l’hystérie parfois, dont les membres n’hésitent pas à marquer fermement leurs opinions, pour le dire gentiment.

Il était donc logique qu’à côté de ces développements, l’année écoulée a été aussi le théâtre d’empoignades mémorables au sein de ces communautés qui auront abouti à de profonds remaniement du paysage des cryptomonnaies. Citons surtout l’épisode particulièrement tempétueux qui a agité la communauté Bitcoin Cash, traversée par un schisme entre – pour résumer – les tenants d’un développement suivant un plan annoncé de longue date et ceux désirant avant tout l’arrêt de tout développement du protocole, quitte à faire passer ce plan par dessus bord.

Ce schisme aura abouti, lors du fork de novembre 2018, à la création d’une nouvelle cryptomonnaie, le Bitcoin Satoshi Vision (BSV), dont l’avenir est encore très incertain actuellement. Entre la réputation particulièrement sulfureuse de ses têtes publiques (dont Craig Wright qui est, depuis, parti en croisade contre une bonne partie de la « cryptosphère » en assignant les uns et les autres en justice pour des motifs grotesques), la centralisation du minage et le retrait du BSV de la plupart des places de marché (comme Kraken ou Binance), on voit mal cette cryptomonnaie s’inscrire sur la durée.

Du reste, on peut raisonnablement argumenter que ce schisme violent dans la communauté Bitcoin Cash aura sinon provoqué, au moins largement aidé à la dégringolade des cours de toutes les cryptos observée courant novembre, faisant passer le prix du Bitcoin sous la barre symbolique des 6000 dollars.

Parallèlement, si du côté de Bitcoin Cash, on a pu observer pas mal d’agitation, on ne peut que remarquer, a contrario, le calme un peu mou de la communauté Bitcoin : l’adoption du réseau Lightning, qui devait accroître notoirement la capacité de traitement du réseau Bitcoin, reste fort modeste et encore sujette à de nombreuses difficultés, tant techniques que pratiques, à tel point que, concrètement, les frais de transaction continuent d’augmenter sur le réseau Bitcoin à chaque poussée des cours (ils dépassent maintenant régulièrement les 2$ pour chaque transfert).

Du côté d’Ethereum, la mise à niveau Serenity est toujours dans les tuyaux. Elle doit amener un paquet d’améliorations sur le protocole lui permettant d’augmenter les capacités de traitement (par sharding) et d’offrir un système à preuve d’enjeu (protocole Casper) qui remplacerait la preuve de travail comme c’est le cas actuellement. La complexité de ces évolutions impose un temps important de maturation et il est possible que l’année 2019 ne suffira pas pour venir à bout de ces gros morceaux.

En parlant de plateformes de smart contracts, on notera les progrès importants de Tezos (cryptomonnaie introduite au courant de l’année 2017), qui font qu’on peut raisonnablement le positionner comme capable de concurrencer Ethereum.

Conclusion

On le voit : les mois écoulés ont encore une fois donné des sueurs froides à tous les intervenants, qu’ils soient ou non investis financièrement, en temps ou en énergie, par leurs idées, développements ou prises de positions sur les réseaux sociaux et autres forums. La volatilité des cours ajoute à cette impression de bouillonnement vigoureux qui caractérise les très jeunes marchés et les domaines naissants où rien n’est figé et où tout est possible.

Cependant, bien qu’il y ait encore des règlements de comptes, des comportements douteux, des arnaques et des piratages en tous genres, l’écosystème apprend de ses erreurs et les protocoles évoluent au gré des circonstances extérieures. Grâce à cette capacité d’adaptation, il y a fort à parier que les cryptomonnaies puissent bien, en fin de compte, venir perturber le système étatico-bancaire, dont le monopole s’étend de jour en jour.

Les prochaines années promettent quoi qu’il en soit d’intéressants développements.

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Source : http://h16free.com/2019/05/17/63479-bitcoin-et-cryptomonnaies-ou-en-est-on


Notre-Dame du Pas De Charge

mercredi 15 mai 2019 à 09:00

Il y a un mois de cela, le toit de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’envolait en fumée. Ce drame patrimonial au retentissement mondial avait alors déclenché un afflux de dons et l’assaut de politiciens volontaristes bien décidés à tout faire pour que l’édifice retrouve rapidement sinon son lustre d’antan, au moins une toiture digne de son rang.

vitraux de la rosace de notre dame de paris

Dans le paragraphe précédent, le mot de loin le plus important est « rapidement ». Car, comme je le prévoyais, le chantier qui n’a même pas encore commencé est déjà l’objet de toutes les convoitises et de tous les bricolages les plus éhontés.

Avec cette décontraction caractéristique de nos institutions qui montre une fois de plus de façon limpide à quel point la loi est écrite par ceux qui ne l’appliqueront jamais, s’en foutent et pètent dans la direction générale de ceux qui devront, eux, en subir le joug, le gouvernement et les députés se sont empressés de pousser leur petit texte législatif spécifique afin de bien encadrer cette belle rénovation.

En moins de trois semaines, le texte a été rédigé, lu et relu, discuté puis voté par le législateur qui ne s’est guère embarrassé de détails encombrants.

Pourtant, il y avait bien matière à tiquer : l’article 9, notamment, a occasionné quelques francs froncements de sourcil, des gens ont émis des avis discordants, des journalistes ont timidement reporté les remarques de certaines oppositions qui pouvaient, de loin, passer pour des protestations. Et puis c’est tout.

En effet, cet article habilite le gouvernement à prendre par ordonnance et dans un délai de deux ans toutes les dispositions relevant du domaine de la loi pour faciliter la réalisation des travaux de reconstruction de Notre-Dame dans les meilleurs délais. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement restrictif, puisqu’à ce titre, l’État pourra par exemple déroger ou adapter les règles d’urbanisme, de protection de l’environnement, de voirie et de transports, celles-là même qui, si un individu ou une entreprise lambda venaient à les contourner, vaudraient aux impétrants les fers aux galères de la République (i.e. les visites musclées de toutes les engeances bureaucratiques de contrôle, de surveillance et de punition que le pays nourrit de son sang).

Mieux, ce même article autorise à déroger aussi aux règles de commande publique. Ce qui revient très concrètement à laisser toute latitude aux responsables du chantier de choisir ceux qu’ils veulent comme prestataires, indépendamment de toute mise en concurrence des appels d’offre par exemple.

On comprend évidemment que l’objectif de ces mesures est d’assouplir les tombereaux de règles en vigueur pour boucler le chantier dans les délais les plus serrés possibles, préférablement dans le cadre du « plan quinquennal » cher à nos énarques, Macron en tête. Que voulez-vous, il faut aller vite pour seoir aux bons vouloirs du Président qui veut ainsi marquer l’Histoire de France de son passage autrement qu’avec la trace jaune aux odeurs de pneu brûlé qu’il a pour le moment laissée.

Si l’on ajoute à cette vélocité frénétique du chantier l’effervescence législative qui aura vu la loi se concrétiser en quelques jours, on prouve ici que le temps législatif peut être très court lorsqu’il y a de la motivation.

Tout ceci était pour ainsi dire prévu dès le départ de l’incendie. Le résultat est déjà bel et bon, mais on est cependant en droit de se poser quelques questions.

En premier lieu, on peut se demander comment ces dispositions particulièrement arrangeantes nous garantiront que le chantier se déroulera de façon sereine.

En effet, si on peut tout à fait s’attendre à ce qu’un problème tel que la réfection de la cathédrale Notre-Dame sera vraisemblablement résolu correctement par un ensemble d’entreprises privées, s’ébattant dans un marché relativement libre paisiblement régulé par un État raisonnablement casse-couilles, on peut en revanche s’attendre à voir rapidement tourner au vinaigre la tentative de résolution du même problème par un ensemble d’entreprises semi-privées, cornaquées par un nuage de commissions, de comités et d’agences étatiques gourmandes dans un marché largement corrompu tabassé de régulations par un État devenu aussi fou qu’omniprésent.

Le relâchement des règles mis en place par cette nouvelle loi ad hoc n’inspire pas forcément la confiance : si certaines marges de manœuvre vont effectivement être heureusement regagnées, elles pourront l’être aussi pour aider les petits copains et les petits coquins dans un capitalisme de connivence dans lequel la République française est devenue maîtresse. Il serait même étonnant que l’enveloppe budgétaire ou temporelle soient miraculeusement respectées et il n’est pas idiot d’imaginer de nombreuses malversations, d’autant qu’il y a un gros milliard d’euro joufflu à la clef…

D’autre part, on est en droit de se demander pourquoi s’arrêter en si bon chemin : en effet, si on parvient à réparer un tel ouvrage d’art dans un temps si court moyennant une bordée d’articles législatifs, pourquoi ne pas appliquer la même recette à d’autres domaines qui pataugent cruellement dans l’enfer législativo-bureaucratique français ?

Pourquoi diable continuer à supporter l’engluement mortel de nos institutions et de nos administrations pour tous les autres bâtiments publics à construire ou à rénover ? Pourquoi continuerait-on, devant le succès de la « méthode Notre-Dame », à supporter le merdoiement intense des grands projets informatiques de l’État (des milliards d’euros sont déjà allés au drain notamment à cause des maquis de lois, règlements et autres décrets en vigueur un peu partout) ? Pourquoi ne pas appliquer cette même méthode à tant d’autres marchés qui ont prouvé, par le passé, être souples, adaptables et réactifs et qui, grâce à la vigueur législative sans frein de nos élites, sont maintenant des limaces amorphes, anémiques et mourantes ?

En fait, l’expérience Notre-Dame promet d’être intéressante : dans le meilleur des cas, elle prouvera que l’invraisemblable accumulation de lois a littéralement momifié le pays et ses forces vives. Dans le pire, elle donnera une excellente illustration de l’état catastrophique de la corruption du pays.

Voilà qui laissera de Macron un trace intéressante dans l’histoire législative du pays.

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Source : http://h16free.com/2019/05/15/63702-notre-dame-du-pas-de-charge


Climats, vaccins, etc : de si beaux débats médiatiques !

lundi 13 mai 2019 à 09:00

Dans un précédent billet, je notais, attristé, la propension des médias à toujours choisir, par défaut, l’angle le plus catastrophiste possibles pour présenter des informations. Si on comprend aisément que ces médias ne s’occupent plus du tout des trains qui arrivent à l’heure, force est de constater qu’ils essaient toujours de trouver les pire catastrophes ferroviaires à raconter… Quitte à les provoquer.

La semaine écoulée aura été, encore une fois, une excellente démonstration de cette tendance qui, si elle existe probablement depuis que les médias eux-mêmes existent, semble avoir pris une tournure démentielle – hystérique, même ? – ces dernières années.

Au règne de l’information, parfois mâtinée de propagande discrète des États lorsqu’ils avaient encore une solide mainmise sur sa diffusion, s’est substitué celui du « buzz », de la médiatisation à outrance qui n’a pas tardé à tourner aigre, aidé en cela par des réseaux sociaux amplifiant naturellement les clivages, cristallisant les opinions d’autant plus facilement qu’elles ne sont plus guère exprimées en détail mais résumées à de petites phrases cinglantes dont le but est d’être facilement diffusable sur les plateformes ad hoc.

Dans ce règne de l’émotion avant tout, le débat est devenu complètement impossible. Certes, le passé regorge de ces rixes de plateau où certains intervenants en venaient presqu’aux mains. Cependant, il subsistait par ailleurs de vastes espaces où le dialogue était possible, où les opinions des uns et des autres pouvaient être présentées en plus de 2 minutes chrono sans l’interruption aussi vitaminée que stupide de l’hôte journalistique/tête à claque au sourire pepsodent, où les développements intellectuels sous-jacents à ces opinions n’étaient pas résumés à une infographie baveuse où quelques petits smileys s’ébattent pour masquer l’indigence des propos.

De nos jours, si le propos dépasse trois phrases de cinq mots, si l’opinion n’est pas synthétisable en 200 caractères, hashtag #MonAvis compris, il n’est plus audible ou il sera coupé au montage. Il faut faire court, condensé, épuré jusqu’au squelette quitte à perdre une encombrante colonne vertébrale au passage.

Le bilan est évidemment navrant.

Il suffit de regarder les quelques minutes qu’ont duré l’échange récent entre Pascal Praud, ses invités et Claire Nouvian récemment pour s’en convaincre avec un facepalm. Ici, la position de certains intervenants, pas en ligne avec la doxa officielle « Il y a un réchauffement, c’est l’Homme qui le provoque, il faut intervenir », a suffisamment choqué (réponse émotionnelle) l’invitée pour que l’ensemble parte rapidement en sucette rhétorique.

gifa hystérique écolo

La suite, logique mais particulièrement agaçante, est à l’avenant : on assiste à présent à un déchaînement de propos haineux de la part de ceux qui prétendent pourtant œuvrer pour le bien de l’Humanité (et des générations futures). Pour eux, toute cette situation est intolérable tant elle les a choqués (restons sur le plan émotionnel). Compte-tenu de tout ce que l’on sait de façon sûre, certaine, et surtout indiscutable, il est justement impensable qu’on en ai discuté.

Dès lors, non seulement, il ne faut plus que l’opposition s’exprime (au besoin, on l’accusera de sexisme, on utilisera le mot de « négationnisme », lourdement connoté négativement, pour la faire taire), mais lorsqu’elle osera malgré tout ne pas se laisser faire, on l’attaquera par tous les moyens possibles. Par exemple, en pondant une pétition, là encore faisant appel à l’émotion.

Pour les médias, c’est une manne à laquelle il est impossible de résister : non seulement, il y a eu « clash » (des intervenants se sont traités de noms d’oiseau, miam !) mais en plus, il n’est plus question du débat de fond mais exclusivement d’émotion, d’outrage et de petits bras agités ! Chouette ! Il suffira ensuite de choisir un camp (c’est très facile pour certains, moins pour d’autres) et on pourra même rejouer le match par presse ou télé interposées. Cela fait vendre.

Le principal problème de tout ce cirque est qu’alors, les débat entre citoyens lambda, médiatisés par les journaux et les télévisions, sont avant tout polarisés par… les journaux et les télévisions eux-mêmes qui ont beau jeu de se présenter comme arbitre des bienséances (tantôt pro ou anti, selon le médias) alors qu’ils ont surtout été les instigateurs de ces tensions.

Ici, il ne s’agit pas de dire que les débats partent ainsi en empoignades parce que les médias sont trop heureux de récolter ensuite la tempête ainsi générée. C’est vrai, mais c’est un effet de bord d’un autre phénomène, beaucoup plus insidieux : ce sont les médias qui ont posé les termes du débat. Ce sont eux qui ont polarisé les opinions. Ce sont eux qui ont caricaturé à souhait les uns et les autres, trop souvent en choisissant au passage un camp (présenté comme celui du Bien, du Bon, du Socialement et Politiquement correct).

Or, avec cette polarisation, non seulement ces médias ont tué les vrais débats et l’expression sereine d’opinions divergentes que, pourtant, nous avons tous un besoin impérieux d’entendre et de connaître, pour nous forger notre propre opinion, mais en plus ces médias ont-ils, sans bien s’en rendre compte, organisé les prochaines catastrophes sociales, économiques ou autres que nous devrons subir, les politiciens leur emboîtant le pas avec la démagogie la plus crasse qui les caractérise de nos jours.

Pour illustrer mon propos, je prendrais le cas maintenant caricatural de Cash Investigation, cette consternante émission d’Élise Lucet, devenue l’égérie de tout ce que le pays contient de gauchistes les plus intellectuellement ravagés. On la découvre par exemple s’interrogeant sur l’ampleur des nouvelles épidémies de rougeole, maladie très infectieuse dont on connaît pourtant le mode de propagation et dont on sait largement se vacciner depuis des années… Pourtant, c’est la même Lucet et son équipe qui, il y a presque un an, nous avaient fait profiter, avec leur habituel aplomb, de leur fine enquête sur les laboratoires pharmaceutiques justement pourvoyeurs de ces vaccins en mettant en lumière toutes les abominations dont ils se rendaient coupables, au détriment évident de notre santé. N’y voyez aucun lien, malheureux ! La baisse de la couverture vaccinale française est un pur hasard, c’est évident !

À ce train, on attend avec effroi le moment où on va découvrir différents problèmes de production (pénuries, risques sanitaires – par exemple, celui lié au datura) après la disparition complète du glyphosate, « courageusement » dénoncé dans les « enquêtes » d’Élise et sa fine troupe de Tintins intrépides, ou, pour en revenir aux hystéries climatiques, lorsqu’on découvrira une mortalité trop importante de certaines populations, incapables de se chauffer suite aux hausses stratosphériques de prix de l’énergie, copieusement tabassée de taxe environnementales mises en place grâce aux appels larmoyants des sauveurs du genre humain…

Ces méthodes discutables prouvent ici leur efficacité pour à la fois créer un débat animé (pour le dire gentiment), puis pour déclencher ensuite des effets pervers qui tomberont à point nommé pour alimenter d’autres chroniques avec un cynisme difficilement camouflable.

débat

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Source : http://h16free.com/2019/05/13/63672-climats-vaccins-etc-de-si-beaux-debats-mediatiques


[Redite] Une grosse louche de mobilité inclusive

dimanche 12 mai 2019 à 11:00

Article initialement paru le 30.05.2018

En France, si vous laissez suffisamment de temps s’écouler, tout problème se traduit inévitablement par une taxe et une loi.

Il y a un an et comme vous pourrez le relire dans le billet ci-dessous, le discours ambiant voyait se développer de nouveaux concepts à commencer par celui de la mobilité inclusive, énième glaire molle produite par une élite totalement dépassée par les problèmes économiques palpables et bien définis qu’elle est incapable de résoudre avec ses outils intellectuels d’un lointain passé collectiviste.

Depuis, la glaire s’est solidifiée et, de trottinettes agressives en pistes cyclables grotesquement dans les voies de bus, l’idée a fait son chemin d’une mobilité inclusive obligatoire et minutieusement règlementée et répartie égalitairement par habitants, à tel point qu’on envisage maintenant, avec décontraction, d’imposer une prime pour ces déplacements vitaminés, alternatifs et suffisamment dangereux pour, à terme, se débarrasser des problèmes de retraites…

Nos élites sont dépassées, mais ne manquent décidément pas d’imagination dans leur compulsion taxatoire.

J’ai évoqué le sujet dans un précédent article sur les taxis en zones rurales : l’État et nos frétillants élus à sa charge se penchent actuellement sur « les mobilités », terme vague recouvrant toutes les problématiques posées par les infrastructures routières, ferroviaires, les accès à celles-ci et, bien sûr, la non-réforme de la SNCF. Et alors que s’approche le moment où il va bien falloir voter cette loi et toute l’avalanche de sucreries qu’elle apporte, la presse nous offre un petit aperçu de ce qui nous attend. Au coin du bois. Avec un gourdin.

C’est ainsi qu’on découvre, grâce à un sondage d’une pertinence stupéfiante, que cette mobilité est une composante indispensable à la qualité de vie des Français : oui, pour ces derniers, le fait de ne pas pouvoir bouger ou de se retrouver coincés au milieu de nulle part sans pouvoir en sortir constitue – et c’est une vraie surprise – un amoindrissement regrettable de leur qualité de vie. Mieux encore, on découvre que certains Français ont des difficultés à se mouvoir, soit qu’ils sont handicapés, soit qu’ils ne sont pas assez riches pour se payer le moyen de transport idoine.

De l’argent, du temps et des moyens ont été mobilisés pour cette conclusion. Fichtre.

L’étonnement ne s’arrête pas là lorsqu’on apprend ensuite que ce sondage a été commandé par le « Laboratoire de la mobilité inclusive », bidulotron émanant de l’accouplement quelque peu incestueux de grandes sociétés comme Total, de petites startups subventionnées comme Wimoov (le nom, navrant, n’a pas été changé), des associations caritatives et, bien évidemment, des agences et ministères d’État. Le sujet est d’importance, vous dit-on. Il fallait donc bien ça.

L’émerveillement qui s’empare du lecteur découvrant ce truc-machin financé on ne sait pas trop comment ne s’arrêtera pas là puisqu’après ces découvertes palpitantes, il lui faudra comprendre ce qu’est cette « mobilité inclusive » promue avec une telle humidité par ce « laboratoire » et une presse commodément acquise à ce sujet ; et là, notre lecteur sera bien en peine de trouver une définition précise puisqu’ici joue à plein l’effet chaleureux de termes douillets, d’images colorés, de textes presqu’agressivement niais et des concepts flous, mous et englobants comme le serait un caramel mou de 800 tonnes dégoulinant sur lui.

S’il parvient à s’extirper de cette gangue sucrée, il pourra aussi aller voir le « Programme des 5èmes Rencontres de la Mobilité Inclusive » qui s’est tenu à la Cité Internationale Universitaire de Paris ce mardi et qui ont offert l’occasion de découvrir comment on peut cramer une journée à profiter d’un « Cocktail déjeunatoire » pour parler de « mondes en transitions » et d’autres frétillances mobiles et inclusives… Pour peu qu’on ne se retrouve pas coincé dans une grève SNCF.

C’est ballot, mais la SNCF (qui a eu le bon goût de ne pas être membre de ce « laboratoire ») n’est pas très inclusive actuellement question mobilité, ce qui donne un aspect franchement cocasse au programme proposé qui se doit de fournir des alternatives à base de bus, de voitures et de tous ces moyens de transport pas forcément inclusifs (pleins de prout au diesel mais opérationnels, eux).

L’idée de toute cette mousse numérique semble de faire passer l’idée qu’il existe un réel problème sur le territoire français : tout le monde n’est pas en mesure de se déplacer comme il le veut, quand il le veut. Oui, vous l’avez compris, il s’agit bel et bien pour nos « laboratoire » de pousser une idée simple, révolutionnaire et pourtant absolument indispensable à tous : le droit à la mobilité.

Vous n’y aviez pas pensé ? Qu’à cela ne tienne : les principaux membres de ce collectif ont entrepris d’y penser pour vous. Le reste du monde, hors de cet Hexagone rassurant et si bien tenu, s’en passe très bien jusqu’à présent ? Il a tort, et le « laboratoire » se chargera de le leur montrer.

Pour cela, il s’est fendu d’une tribune dans Le Monde qu’il aurait été difficile de passer sous silence tant l’ampleur du douloureux problème y est décrite avec une précision toute chirurgicale : on apprend ainsi qu’« une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problématiques de mobilité ».

Cette « problématique de mobilité » est un vrai souci puisqu’elle couvre probablement autant l’absence de mélange deux-temps dans le solex que l’impossibilité d’obtenir un prêt pour acheter une voiture (ou un tracteur, après tout, soyons inclusifs) en passant aussi par les sommes mobilisées pour un abonnement TER ou RATP qui se traduira par un service minimal, d’une ponctualité approximative et la surprise plurimensuelle d’une grève ou d’un incident de voirie empêchant tout déplacement.

Dès lors, on comprend que la sphère publique soit mobilisée dès les premiers mots de la tribune, les premiers euros des frais de fonctionnement du « laboratoire » et dès les premiers articles de la loi en cours de préparation. Pour cela, on fera assaut de paragraphes où, dans un tourbillon de vide intersidéral à la crème veloutée de concepts creux, on poussera un « droit à la mobilité » qui permettra à tout le monde de réclamer qui une ligne de chemin de fer, qui un taxi à pas cher, qui un job pas trop loin ou des magasins à portée de trottinette nucléaire électrique.

Ainsi, pour nos laborantins mobiles et inclusifs, le droit à la mobilité permet – je paraphrase à peine – d’engager « une réorientation fondamentale de la politique de transport » en s’extrayant de « l’obsession de l’infrastructure » (comme, par exemple, cette compulsion morbide à produire de la LGV un peu partout à grands frais ?) pour se concentrer sur les besoins de l’usager qu’on n’aura surtout pas l’audace, cependant, de renommer « client » parce que faut pas pousser tout de même. Ce nouveau droit éco-conscient et légèrement duveteux permettra à chacun « d’effectuer tous ses déplacements nécessaires, par tout moyen, et de manière intermodale » : youpi, le road-trip sur Mars sera bientôt à la portée des Français !

Et comment parvient-on à ce résultat ? Trop fastoche, puisqu’il suffit que l’individu soit « placé au centre de la législation et des politiques de mobilité », entre la fiscalité compréhensive, la sécurité vigilante et la discrimination positive et rafraîchissante, je présume.

Il faut le lire pour le croire, mais c’est pourtant bel et bien réel : des moyens, du temps, de l’argent, des énergies (considérables) sont donc actuellement consacrés à faire en sorte que les gens puissent se déplacer comme ils le veulent, et tout cela semble absolument devoir se placer sous la responsabilité d’un « service public de la mobilité inclusive » (oui, oui, vous avez bien lu).

Alors que, partout dans le monde, le marché libre est mis directement à contribution pour trouver, tous les jours, des réponses pratiques et peu chères à ces problèmes de mobilités – doit-on rappeler l’aventure d’Uber et son impact sur les VTC et les taxis ? Doit-on vraiment épiloguer sur le résultat en terme de prix de l’ouverture à la concurrence des marchés de l’aérien ? – une partie de la France semble avoir opté pour l’autre solution possible à base d’argent public, de lois, de contraintes, d’encadrements aussi précis que les définitions du « laboratoire ».

La loi n’est encore ni publiée, ni votée qu’on sent déjà le fumet délicat de l’interventionnisme tous azimuts, des projets à la con financés par l’ouverture de nouveaux sprinklers à pognon public et de l’avalanche de contraintes et d’encadrements qui vont suivre.

Aaah, tout ce libéralisme, toute cette liberté, quel bonheur !

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Source : http://h16free.com/2019/05/12/63669-redite-une-grosse-louche-de-mobilite-inclusive


Extinction de masse ? On va encore (encore !) tous mourir !

vendredi 10 mai 2019 à 09:00

Si le réchau changement climatique n’a pas réussi à déclencher plus d’événements météos destructeurs, il n’en va pas de même avec les tempêtes journalistiques qui se font chaque année de plus en plus violentes et agressives.

Ces derniers jours, un véritable ouragan de force 5 s’est abattu sur les médias grâce à une énième publication onusienne tombée à point nommé pour relancer une louchée de folie dans un monde qui n’en manquait pourtant pas.

Pour cette brochette d’experts (dans lesquels on retrouve – coïncidence ? Je ne crois pas – d’inaltérables écologistes de la première heure comme Ehrlich, le spécialiste des paris ratés), il n’y a plus aucun doute à avoir : non seulement, l’humain détraque le climat et pas seulement avec ses satellites, m’ame Ginette, mais encore en plus, il bousille le règne animal et végétal à un rythme si soutenu qu’on a bien du mal à en mesurer toute l’ampleur. Il va aussi de soi que cette compulsion à la destruction rabique de tout ce qui l’entoure le mène à la ruine et à une mort atroce, pleine de misères et de souffrances.

Voyez plutôt : selon eux, la biodiversité (terme mal défini) est lourdement menacée. On observerait ainsi que 75% de l’environnement terrestre et 40% de l’environnement marin présentent des « signes importants de dégradation », avec au bilan entre 500.000 et un million d’espèces, sur les quelque huit millions estimées sur la planète, seraient menacées d’extinction. Voilà : plus de 12% des espèces vont disparaitre à cause des humains, c’est dit.

Heureusement, il y a des solutions que les experts s’empressent de ne surtout pas détailler. Ce sera le travail des politiciens qui, surprise, sauront trouver les interdictions, les privations de libertés et les taxations indispensables pour remettre l’Humanité sur le droit chemin.

Bien évidemment, il importera peu que la titraille journalistique résultante se vautre dans la panique la moins contrôlée puisque c’est justement le but. Le recul nécessaire n’a été pris par personne, qui aurait permis de noter que les chiffres avancés sont, tous, entachés de très grandes incertitudes (pour le dire gentiment). Peu importe que certaines études estimeraient à plus de 1000 milliards le nombre d’espèces différentes, que la même presse diviserait avec décontraction cette information par un facteur 1000, ou qu’elle n’en trouverait finalement que 8,7 millions, avec la même désinvolture dans d’autres rapports. Peu importe le peu de sérieux des études qui rapportent les disparitions en question puisque le but est, je le redis, de tétaniser tout raisonnement par la peur.

La prudence inciterait donc à conserver numérateur et dénominateur de cette terrible proportion comme inconnus. Ce qui ne ferait pas vendre de papier, ne déclencherait aucune panique, et n’aboutirait à aucun levier actionnable politiquement pour tabasser les Occidentaux de taxes diverses afin de les déculpabiliser de vivre dans une opulence insolente avec un impact environnemental de moins en moins fort.

Les vannes du n’importe quoi alarmiste sont donc ouvertes en grand, et devant le flot ininterrompu d’âneries pseudo-scientifiques, il devient véritablement impossible de poser les débats, réfléchir à tête reposée et regarder froidement les faibles données qu’en réalité, nous peinons à rassembler dans un monde en constante évolution.

Ainsi, l’hystérie sur la biodiversité a suivi avec entrain la rage climato-religieuse des dernières semaines qui virent moult défilés d’adolescents à peine pubères cornaqués par des ONG instrumentalisant une autiste. À peine passée dans le champ médiatique, la voilà enchaînée à une nouvelle bordée d’inepties, cette fois-ci sur le « jour du dépassement de la Terre », calcul grotesque dont aucun des tenants et des aboutissants ne tient debout, mais qu’on va relayer, années après années, pour faire mousser ce concept creux.

Cet emballement n’est pas un hasard. Ce qu’on pourrait croire être un chaos médiatique et une avalanche désordonnée de nouvelles toutes plus catastrophiques les unes que les autres obéit en réalité à un véritable objectif clair et bien compris.

À chaque période d’une vingtaine d’années, il faut trouver sa catastrophe pour mobiliser les foules. Dans les années 70, le choc pétrolier fut une occasion en or pour introduire l’idée que nous allions nous retrouver sans énergie quelques décennies plus tard. Le bide fut total 30 ans plus tard, mais plus personne ne s’occupait de ces prévisions idiotes qui avaient été remplacées, entre temps, par un trou dans la couche d’ozone fort commode. Ce dernier, aussi fuyant que peu pratique à étudier, fut bien vite remplacé par un réchauffement climatique qui eu le bon goût de voir quelques températures augmenter un peu (on parle de moins d’un degré en plus de cent ans), pour, zut alors, stagner ensuite.

Ce dernier dogme de l’urgence climatique commençant à se fissurer devant des températures plus maussades, des catastrophes climatiques banalement ni plus ni moins fréquentes, « l’effondrement de la biodiversité » est maintenant poussé pour le remplacer discrètement avec, toujours, le même discours : si on ne fait rien, dans (insérer ici un nombre d’années raisonnablement élevé mais pas trop pour conserver un caractère d’urgence) années, on sera tous morts.

Et ça marche !

Les riches occidentaux, à la fois par culture d’un péché originel dont il faut tous les jours se repentir, et à la fois par culpabilité d’avoir su se sortir de la misère alors qu’une proportion (pourtant décroissante) de la population y barbote encore, a décidé de se flageller pour retrouver une bonne conscience, le ventre plein et la vie plus facile ne pouvant surtout pas être à ce point bon marché !

Comme un bon politicien offre à la masse ce qu’elle réclame, comme elle réclame actuellement de la culpabilité et de l’auto-flagellation et comme – ultime bonus – cette culpabilité peut se monnayer et cette auto-flagellation peut rapporter gros, il était inévitable que toute une coterie d’individus peu recommandables se jetteraient sur le créneau avec avidité.

Le communisme et le socialisme d’état ayant échoué misérablement, la sociale-démocratie ployant pitoyablement sous le poids de ses dettes et de ses incohérences, il ne reste plus qu’une soumission totale mais consentie au travers de la peur, ancestrale, d’un cataclysme planétaire que seule une poignée d’élus seront capables d’éviter.

Non, le déchaînement médiatique écolo-conscient de ces derniers jours ne doit rien au hasard : des élections approchent et l’écologie a bénéficié d’une tribune absolument inégalable depuis plusieurs semaines, qui a permis de complètement noyer tout autre sujet, tout autre débat (économique, sociétal) pour ne plus laisser qu’un seul cri : « pitié, taxez-nous pour sauver le Monde ! »

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Source : http://h16free.com/2019/05/10/63647-on-va-encore-encore-tous-mourir