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L’échec utile de l’éducation nationale

dimanche 4 octobre 2015 à 11:00

La rentrée est passée, et avec elle, son cortège d’articles plus ou moins inspirés sur les pleurs des petits en maternelle, pas toujours préparés à la socialisation en terrain inconnu et les appréhensions des grands, ces nouveaux enseignants pas toujours préparés à la socialisation en terrain hostile.

Il faut le reconnaître : l’école et, par extension, l’Éducation Nationale sont des sujets d’autant plus féconds que tout le monde a un avis dessus, et surtout que le constat d’échec de la mission qui leur a été confiée se répand chez tous, sauf bien sûr chez ceux qui en assurent la direction.

l'école des bisous 1Eh oui ! Même si c’est difficile à admettre au vu des quantités faramineuses de moyens, d’argent et de temps qui ont été engouffrées dans la fourniture d’un Service Public d’éducation à tous nos enfants, c’est bel et bien un échec, et ce, dès les premières classes, dès les premières années que subiront nos chères têtes blondes et autres.

Ainsi, les méthodes d’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul ont largement démontré leur inefficacité. Si, il y a 40 ans, l’objectif était encore que les enfants sachent lire en CE1, il y a 20 ans, on a admis qu’il n’était pas nécessaire qu’il en fût ainsi avant la sixième. Et de nos jours, on espère que le passage à la classe de seconde permettra d’éliminer ceux des élèves qui, en troisième, ânonnent encore péniblement les huit ou dix mots de l’énoncé d’un exercice de math destiné à bien maîtriser la règle de trois.

l'école des bisous 2Ainsi, malgré une hausse constante du nombre d’enseignants en 40 ans, une explosion des moyens de l’État (l’éducation étant son premier budget, avant même le service des intérêts de la dette, pourtant colossaux), les résultats observés empêchent tout optimisme. Les savoirs dispensés, toujours plus nombreux, parcellaires et anecdotiques, ressemblent tous les jours un peu plus furieusement à de la pure propagande. Les programmes d’économie dans les classes de première et terminale spécialisées en sont caricaturaux. Et si, avant le dérapage idéologique, l’école s’employait souvent à bourrer les crânes, maintenant, elle les lave. Le programme Tabula Rasa 360° se déroule comme prévu et suivront à n’en pas douter les étapes « rinçage » et « essorage » du petit citoyen.

Ainsi, par un égalitarisme forcené, on a soigneusement mis en place un nivellement par le bas : on ne cherche plus l’excellence, on ne cherche plus à déterminer les capacités des élèves et à les orienter vers ce qui leur conviendrait le mieux, non, on cherche à former des apprenants qui rentrent bien dans les cases citoyennes et festives prévues par la République. Dès lors, les filières professionnelles qui pourraient former des individus autonomes et valorisables sur le marché du travail ont été consciencieusement dénigrées et utilisées comme voies de garage des cas sociaux et scolaires les plus difficiles. Le mépris de ces filières est évident, et parallèlement, la reproduction sociale n’a jamais été autant encouragée par l’Éducation Nationale.

l'école des bisous 3Maintenant, à ce lot d’enquiquinants désavantages, on doit, pour faire bonne mesure, ajouter quelques évidents bénéfices d’une institution aux mains d’idéologues effrénés. Par exemple, il serait dommage de passer sous silence les délirantes expressions pédagogiques utilisées pour camoufler les banalités qu’on fait faire aux élèves embrigadés dans le système, où « jouer au tennis » devient par exemple une recherche ronflante « du gain d’un duel médié par une balle ou un volant ».

Avec ces expressions truculentes qui apportent une vision résolument humoristique de l’enseignement, on doit aussi mentionner l’orthographe maintenant créative tant de la part des élèves que des enseignants et qui finit par s’infiltrer partout, depuis les journaux (télévisés ou écrits) jusque dans les programmes scolaires eux-mêmes. Comme il n’est plus question de discriminer sur la base de la religion, la couleur de peau, l’origine sociale ou, plus subtil encore, l’adresse, le nom, l’âge, le sexe, et maintenant, l’orthographe, la société que l’Éducation Nationale Française façonne à grands coups d’égalitarisme aplatisseur promet de grands moments de soviétisme productif et de novlangue extrêmement floue.

Enfin, comment oublier que l’institution a enfin réalisé le rêve de tous les révolutionnaires de la planète, à savoir produire des armées de citoyens conscientisés sur une masse grandissante de sujets de société (économies d’énergie, sauvegarde des petites abeilles et des bébés phoques, importance du vivrensemble tartiné en couches épaisses sur tous les sujets possibles), et conséquemment, moins de sombres techniciens, d’ennuyeux ingénieurs, de froids scientifiques versés dans les arcanes pénibles du décryptage de l’univers. La société française s’en trouve considérablement plus colorée, plus vive, plus joyeuse, remplie qu’elle est d’artistes bigarrés, de sociologues frétillants, d’experts en tous titres très télégéniques et autres philosophes pourfendeurs de veuves et d’orphelins. Et puis la République, tout comme jadis la Révolution avec Lavoisier, n’a pas besoin de savants, n’est-ce pas, mais bien plus sûrement de baltringues joyeux lurons pour remonter le moral des Français !

the lol beaver

Là où la Chine a délibérément choisi de former sa population à construire des ordinateurs, là où les États-Unis ont choisi de former la leur à les programmer, la France a choisi de former une toute petite élite étroite qui dictera aux ordinateurs ce qu’ils doivent faire de travers, et de produire une masse énorme d’exécutants incultes mais festifs à laquelle des ordinateurs dicteront le travail qu’ils doivent torcher.

Passionnante expérience que ces différentes façons de procéder qui permettra, on peut en être sûr, d’éclairer vivement le chemin que devront prendre les générations futures. Gageons que la France sera, une fois de plus, un phare de l’Humanité et brillera en illuminant clairement les écueils sur lesquels elle s’est précipitée avec constance.

Finalement, peut-être son échec, cuisant, internationalement reconnu, sera-t-il enfin utile ?

mistakes

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Ce billet a servi de chronique pour Les Enquêtes du Contribuable.

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Source : http://h16free.com/2015/10/04/40457-lechec-utile-de-leducation-nationale


Réforme des collèges : le 10 octobre, ils protesteront

samedi 3 octobre 2015 à 10:00

Nouvel opus de notre enseignante qui nous revient plus remontée que jamais contre l’actuelle méforme des collèges et la tentative de réforme de Najat Vallaud-Belkacem.

Par Rara’
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La France est un beau pays qui vit au rythme des saisons. En été, il fait chaud, en hiver, il fait froid et comme il ne faudrait pas perturber l’écosystème fragile et délicat du ronflement charmant d’une population quasiment devenue servile, au bac’ donné à tout le monde s’ensuit immanquablement la rentrée.

On s’était quitté un peu en froid avec Madame le ministre, qui avait imposé par décret une énième couche de réformite sur l’usine à gaz du second degré et qui n’avait pas franchement besoin qu’on en rajoute une.

On n’avait pas bien aimé qu’elle passe le décret en force le lendemain de la première grève. Après tout si nous nous étions mis en grève, ce n’était pas parce que nous avions jugé cette réforme satisfaisante, ni même pertinente et c’est donc dans un délire parfaitement schizophrène que Madame Vallaud-Belkacem piaille un peu partout qu’elle nous « consulte », prouvant dans le même temps qu’elle s’en fiche éperdument et comme de sa première paire de chaussettes.

On n’avait pas trop aimé le calendrier tout court qui prouvait sa volonté manifeste de passer en force, et qui montrait clairement qu’elle espérait, entre deux attaques subtiles sur un prétendu méchant zintellectualisme des professeurs, que nous oublierions pendant les vacances et que pouf, miracle, à la rentrée, nous ne parlerions plus de la réforme, laquelle se mettrait en place dans l’indifférence généralisée.

C’est bien connu, les professeurs n’ont pas de mémoire, et puisque les élèves oublient tout durant les vacances, nous serions bien aimables d’en faire autant.

Sauf que le professeur est rarement coopératif quand il sait que le gouvernement veut mettre en place une réforme qui nuira directement aux élèves et nous avons passé l’été à leur envoyer des cartes postales pour bien leur rappeler que non, non, décidément, nous n’oublions pas et sommes déterminés.

"Toi aussi, envoie des bisous au Président des bisous"
« Toi aussi, envoie des bisous au Président des bisous »

Nous n’avions pas beaucoup aimé, non plus, lorsque nous avions décidé de continuer à taper du poing sur la table, un peu plus fort en perturbant les épreuves et les corrections du diplôme national du brevet, que la presse ne parle que de la grève des taxis. Sans doute aurions-nous dû aller devant Acadomia, renverser des poussettes.

C’est à ce moment-là que nous nous sommes dit qu’il fallait peut-être changer d’approche, ne serait-ce que parce que nous ne pouvons pas multiplier les grèves indéfiniment. Le professeur aussi a besoin de manger, bien qu’une collègue se soit carrément mise en grève de la faim en signe de protestation : l’institution n’a pas bronché, comme elle n’a pas daigné broncher suite au recours déposé devant le Conseil d’État.

Dans cette optique, quelques collègues de lettres classiques, mais pas seulement, ont réalisé un calendrier afin d’attirer l’attention de la presse. L’opération a été un succès puisqu’elle aura permis quelques passages media et qu’au lieu des quarante exemplaires prévus, ce sont 2 600 exemplaires qui auront été écoulés. Une initiative qui n’aura pas plu au rectorat qui aura tôt fait de convoquer certains collègues pour rappeler qu’en tant que gentils fonctionnaires, il faudrait sauter de joie et affirmer haut et fort que la réforme c’est le bien parce que c’est comme ça.

Plus médiatisé, mais finalement, pas tant que cela au regard du scandale absolu dont il s’agit, on remarquera le cas de Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de lettres, assez représentatif de l’autoritarisme caractéristique de ceux qui savent qu’ils tressent plus des colliers de nouilles qu’ils ne disent la vérité. Suite à un pamphlet, certes pas très sympathique à l’égard d’une réforme qui n’a que ce qu’elle mérite, ce professeur se fera très vite remonter les bretelles par son supérieur hiérarchique, le directeur académique des services de l’Éducation nationale en charge des professeurs au rectorat de Paris, qui ira jusqu’à remettre en cause la qualité de ses cours au motif de « violence » envers la réforme.

Il semble tout de même qu’une telle crispation est éminemment suspecte de la part de personnes vertueuses, soucieuses de la formation intellectuelle des citoyens, lesquelles proposent une réforme véritablement innovante – les Itinéraires de découverte ou l’Accompagnement personnalisé n’ayant, en réalité, jamais existé et n’ayant pas encore fait preuve de toute l’étendue, si ce n’est de leur nuisance, de leur vacuité – et qui ne rencontrent de résistance que chez ceux qui n’ont pas compris les textes.

Ou alors, s’ils sont effrayés à la vue de 2600 exemplaires d’un calendrier plutôt potache ou par le pamphlet d’un professeur, c’est parce qu’ils savent très bien que leur réforme va conduire encore plus d’élèves dans un mur et souhaitent à tout prix ne pas réveiller les parents d’élèves, pour certains déjà bien réveillés par une réforme des rythmes scolaires catastrophique à tous les niveaux, à laquelle s’ajoutera le nouveau calendrier décidé en concertation avec absolument tous les acteurs de l’éducation, c’est-à-dire essentiellement les ministres et les professionnels du tourisme. Dans l’indifférence la plus totale, certains enfants vont avoir des périodes de cours allant jusqu’à onze semaines, soit presque le double du rituel « six semaines de cours et deux de vacances » : c’est long, surtout pour les plus petits, surtout en fin d’année.

réduction des horaires avec la réforme du collège

On comprend, dès lors, que Madame le ministre, accompagnée du Président, est allée très mollement faire son discours de rentrée dans l’école maternelle et élémentaire de Pouilly-sur-Serre, prestigieux lieu de l’éducation comptant cinq cents âmes, ce qui minimise grandement les risques de se faire accueillir sous les sifflets, voire une volée de tomates un peu mûres. La colère est grande et bien que le gouvernement tente de sauver les apparences en racontant à qui veut l’entendre que tout ceci n’est qu’un malentendu, que les contestataires ne sont qu’une minorité zélitiste, derrière, toute l’institution se crispe et grince.

Par exemple, lorsque le ministre se rend dans un collège de Douai, elle demande carrément que l’on retire toutes les affiches mentionnant l’enseignement du latin, probablement pour éviter certaines questions qui pourraient déranger.

Alors bon, dans ce contexte, nous avons refait grève, dans un esprit de détermination ; et c’est joyeusement qu’elle nous a sorti, le soir même, le baratin de la dictée, du calcul mental, du retour aux fondamentaux, histoire d’implanter dans l’inconscient collectif l’idée qu’avec la réforme, c’en est fini du laisser-aller et qu’on va enfin se mettre au boulot, alors qu’en réalité, l’idée des EPI c’est juste l’exact opposé : on ne peut pas mettre l’interdisciplinarité avant le savoir disciplinaire, c’est juste du bon sens. Nous n’étions pas contents du tout mais je salue l’opération de communication.

D’une, ce genre de propos, ce n’est pas son travail, ni sa responsabilité, rien. Mes pratiques et celles de mes collègues sont nos pratiques, cela nous regarde et à la rigueur, c’est quand même moi qui suis le mieux placé pour juger des élèves et de ce qui leur convient. Ce n’est pas du haut de ses études à sciences po’ qu’elle va m’apprendre à faire un cours de philosophie. Mais surtout, ça se fait déjà, les dictées et le calcul mental, même si trop souvent les inspecteurs réprimandent les collègues parce que c’est méchant. Enfin, et point non négligeable, la dictée est un outil de contrôle des apprentissages, tant qu’on ne reviendra pas à la méthode syllabique, rien ne changera.

Ces affirmations ne sont donc ni de son ressort, ni utiles, et elles sont même franchement inutiles. Bravo. Joli coup, mais coup-bas.

D’autant qu’elle ne précise pas de quel type de dictées il s’agit : dictée d’un texte d’un grand auteur ? Dictée littérature jeunesse ? Auto-dictée ? La réponse sera donnée par le président du CSP : la dictée, ce sera une consigne d’art plastique. Car oui, le français n’est pas une vraie matière, c’est transversal. La preuve : on l’utilise même en mathématiques et c’est d’ailleurs pour cette raison que ce n’est pas si grave de perdre des heures pour en faire des EPI.

Bref, la mascarade et la poudre aux yeux, c’est mignon mais cela ne leurre qu’un temps. Alors, le 10 octobre, j’irai perdre, non mon salaire, mais mon temps et mon énergie, à battre le pavé pour demander l’abrogation d’un texte nuisible qui en devient odieux à force de pressions internes et d’humiliations publiques.

Reformatio delenda est.

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Source : http://h16free.com/2015/10/03/41658-reforme-des-colleges-le-10-octobre-ils-protesteront


L’État s’occupe encore d’immobilier. La catastrophe s’aggrave.

vendredi 2 octobre 2015 à 09:00

Avec l’arrivée au pouvoir du vrai Socialisme original, on allait voir ce qu’on allait voir : fini les problèmes bêtement laissés en plan par une droite molle et en dessous de tout. Fini, notamment, l’incroyable pénurie de logements qui frappait la France en général et la région parisienne en particulier. Des gestes forts furent donc posés. Depuis, les soubresauts de la politique immobilière du gouvernement agitent la chronique.

Et lorsqu’on parle d’immobilier, point n’est besoin ici de se cantonner à l’immobilier destiné aux particuliers. Rien qu’en regardant du côté de l’immobilier commercial, on voit déjà d’intéressants effets de bords des politiques menées jusqu’à présent.

C’est ainsi qu’avec le projet du Grand Paris, les communes d’Île-de-France directement concernées par les somptueux (et particulièrement coûteux) aménagements prévus se sont lancées dans des projets ambitieux de constructions de bureaux. Il faut dire qu’avec le Grand Paris, tout ce que la région comprend d’élites politiques a mis les petits plats dans les grands pour attirer les entreprises et faire croire que tout le pourtour parisien allait pouvoir devenir un centre névralgique desservant facilement la capitale.

Sauf qu’au lieu de laisser le marché (les entrepreneurs, leurs salariés, les familles) arbitrer dans ces communes celles qui les accueilleront, toutes les communes se sont mises en tête de préparer le terrain avec la manne inépuisable de l’argent des autres. Bilan : alors que l’énorme parc de bureaux franciliens compte déjà plus de 52 millions de mètres carrés, près de quatre millions sont vides, plus de la moitié sont difficiles à louer, et plus d’un million sont vacants depuis au moins trois ans. Chaque année empire cette situation composée de bureaux obsolètes, mal placés ou trop chers … Ce qui ne semble pas gêner les municipalités qui ont malgré tout lancé des projets de construction pour encore plus de bureaux. C’est bien une bulle qui se met en place avec l’argent des contribuables. Forcément, ça va bien se passer.

bulle immobilière : so far, so good

Du côté des particuliers, la situation ne s’annonce guère meilleure.

Pour rappel, avec l’amoncellement de lois toutes destinées à protéger le pauvre petit locataire (forcément victime de propriétaires toujours à l’affût d’une bonne spoliation ou de l’une ou l’autre escroquerie juteuse), louer un bien devient un parcours du combattant. Aux contraintes architecturales de plus en plus ubuesques et incluant par exemple la gestion de normes handicapées même lorsque le locataire est parfaitement valide, on doit ajouter les normes écologiques tous les jours plus absconses ou compliquées à respecter.

À présent, pour pouvoir louer un bien, on devra s’assurer qu’il est énergétiquement performant, avec des seuils que fixera la dernière loi sur la « transition énergétique ».

Ces normes et ces contraintes s’ajoutent bien sûr aux normes et contraintes précédentes, ainsi qu’à une justice maintenant ultra-favorable aux locataires. On se souvient de l’exemple récent de Maryvonne, retraitée de 83 ans et de sa maison copieusement squattée dont j’avais relaté les aventures il y a quelques mois. Si l’issue pour cette vieille dame avait été heureuse grâce à la mobilisation de l’opinion publique, il en va tout autrement pour les douzaines de cas qui se présentent, régulièrement, dans l’actualité (comme celui-là ou mieux encore, celui-ci par exemple, tout à fait symptomatique).

monde cruel

De façon complètement étonnante, cette propension à sur-favoriser le locataire au détriment répété du propriétaire a comme une fâcheuse tendance à amoindrir la volonté de louer de la part de ce dernier qui, tout compte fait, trouve un plaisir décroissant à se faire fouetter. En conséquence, les mesures prises pour empêcher le propriétaire de choisir, sélectionner, trier, bref discriminer parmi les locataires possibles, pour lui imposer un niveau de prestations et de qualité minimale, toutes ces mesures le dissuadent de louer et créent donc une pénurie.

Zut. Une pénurie ? Vite, l’État doit intervenir, encore plus !

Par exemple, en tabassant les propriétaires de terrains constructibles non bâtis, histoire de bien leur faire comprendre où est leur intérêt : faire construire, pardi. En France, la Fraternité ne souffre aucune dérogation.

Par exemple en imposant une quantité minimale de logements sociaux au sein de chaque municipalité. Comme la pénurie grandit d’année en année, la quantité minimale de ces logements croîtra elle aussi, pardi.

Jusqu’au moment où la meilleure méthode pour obtenir enfin la bonne quantité de logements sociaux consistera à aller les récupérer directement par la force. En plus, ça tombe bien, c’est exactement ce que vient de proposer sa munificence François Hollande, en utilisant le droit de préemption, qui permet à l’État d’acquérir un bien mis en vente par un propriétaire qui n’est alors plus libre de vendre son bien à quelqu’un d’autre ou aux conditions qu’il souhaite. C’est aussi ça, la Liberté en France.

Et quoi de mieux que des travaux pratiques pour illustrer le pouvoir concret du président pédalomane en envoyant un sous-fifre aller préempter un bon coup dans une méchante commune qui ne respecte pas son taux de logements sociaux ? C’est exactement le sort qui a été réservé à un certain Patrick Kanner (dont la rumeur, insistante, voudrait qu’il soit Ministre de la Ville) que le père François a expédié à Ormesson-Sur-Marne pour faire le beau devant les médias annoncer la volonté du gouvernement d’utiliser un terrain public de la commune pour y construire 500 logements, dont 200 logements sociaux.

Aaah, Ormesson-Sur-Marne, charmante bourgade de 10.000 âmes coincée suffisamment loin des autoroutes, du RER et des métros parisiens pour que le temps minimal pour se rendre à la capitale, même en heure de pointes et en conditions idéales, sera difficilement inférieur à une heure, et qui va permettre à l’État, via préemption, d’installer des logements sociaux sur un terrain jouxtant le château d’Ormesson, classé aux monuments historiques ! Magie de la coercition et du « Ta Gueule C’est Magique » tout étatique, l’établissement d’une barre ou deux d’immeubles sociaux à côté d’un bâtiment classé sera bouclé en deux temps trois mouvements alors qu’un particulier, dans une situation comparable, n’aurait jamais eu la moindre chance d’obtenir gain de cause. C’est aussi ça, l’Égalité en France.

patrick kanner vient vous aider

La politique a ce don inouï de transformer en matière douteuse tout ce qu’elle touche. L’immobilier n’échappe pas à la règle.

Depuis des années, on sait que l’intervention permanente et brouillonne de l’État dans le domaine immobilier a largement contribué aux pénuries qui se sont créées. L’apparition du Droit Au Logement a transformé un déséquilibre du marché favorable aux locataires en dissymétrie catastrophique dans laquelle le propriétaire ressemble de plus en plus à un pénible détail avec lequel il faut bien composer pour ne pas trop écrabouiller les droits fondamentaux.

Avec la loi Duflot, on est encore monté d’un cran dans la rétorsion de celui qui a commis l’imprudence d’acheter un bien. Dès que la loi était parue, j’avais évoqué les problèmes et les dérives qu’elle entraînerait inévitablement. Je ne me suis pas trompé : tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire de pire en pire.

Le droit de propriété n’est plus qu’une blague : bienvenue en République Socialiste Française.

socialisme - pas riches également pauvres

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Source : http://h16free.com/2015/10/02/41550-letat-soccupe-encore-dimmobilier-la-catastrophe-saggrave


Le salariat va disparaître et l’État français ne s’y prépare pas.

jeudi 1 octobre 2015 à 09:00

Un des derniers billets de Verhaeghe (que je recommande) sur l’uberisation de la sécurité sociale met en avant l’importance de l’actuel statut du salarié pour expliquer le fonctionnement (et la fin inévitable) de la Sécurité sociale à la française, et explique assez bien pourquoi, dans cette optique, le Léviathan a faim de ces contrats de travail en particulier, au détriment des autres formes de rémunération, pour perdurer.

Je partage bien évidemment cette analyse, et je voudrais profiter de ces quelques lignes pour l’étendre.

Tous les jours se multiplient des exemples d’évolutions, voire de révolutions, dans le domaine de l’emploi et des nouveaux services que les individus sont à même de proposer. Ainsi, Le Monde nous relate la toute récente introduction du « Flex » travail chez Amazon, aux États-Unis : moyennant des conditions d’accès très simples (majorité, permis de conduire, pas d’antécédents judiciaires), n’importe qui peut s’improviser coursier pour le compte du géant en ligne.

oh filocheBien sûr, La flexibilité de ce travail (tant dans les horaires que dans le mode de travail détaché de toute hiérarchie) est le revers d’une pièce où la couverture sociale est entièrement laissée à la responsabilité du coursier : l’entreprise permet à « l’employé intermittent » d’aménager complètement ses horaires, son lieu de travail, mais ne s’occupe pas de son assurance maladie ou chômage. Rien qu’ici, on comprend déjà toute l’insurmontable abomination qui peut se lire dans les yeux exorbités de l’un ou l’autre de nos militants syndicaux communistes tout droit issu de l’inspection du travail qui, à l’évocation d’un tel statut, est déjà pris d’une rage folle (Gégé, surveille ta tension).

La réalité c’est que, comme tout le reste, le travail salarié tel qu’on l’entend de nos jours est quelque chose qui évolue à grand pas. La révolution industrielle a permis des gains énormes de productivité par la spécialisation et la division du travail. L’arrivée des technologies de l’information est en train de modifier profondément le rapport qu’on aura avec cette spécialisation et cette division du travail : l’Humanité aura encore longtemps besoin d’experts et de la division du travail, mais un même individu va pouvoir se spécialiser dans plusieurs domaines et travailler pour plusieurs clients au cours d’une même journée ou d’une semaine.

En effet, il était jusqu’à présent complexe d’organiser, de coordonner, de répartir les tâches, de transmettre et de partager l’information ; ceci nécessitait des infrastructures coûteuses, présentes dans des entreprises où la concentration capitalistique est importante, et constitue de fait un ticket d’entrée élevé qui imposait aux individus de se joindre à l’entreprise (via le salariat) plutôt que de la concurrencer. À présent, grâce aux nouvelles technologies, le ticket d’entrée s’est véritablement effondré : un smartphone ou un appareil équivalent (qu’il soit mobile ou spécialisé) permet de remplir des douzaines de fonctions d’un seul coup, ce qui crée de nouvelles opportunités pour répondre à des besoins existants, et, mieux encore, peut créer de nouveaux besoins qui nécessitent de nouveaux emplois. Bientôt, il ne sera plus nécessaire, ni rentable (et à terme, ni même possible) de travailler pour le même employeur huit heures par jour, tous les jours, pendant 20 ou 30 ans, et multiplier les employeurs entreprises clientes et les occupations sera monnaie courante.

oooh filocheOr, de façon particulièrement intéressante, on apprend parallèlement à ces développements, dans un exemple choisi récemment mais en réalité placé au milieu de cent autres tous aussi illustratifs (Gégé, si tu me lis, …), que les inspecteurs du travail et ceux de l’URSSAF ont une fâcheuse tendance à saboter les contrats des auto-entrepreneurs qui ont eu l’outrecuidance de travailler pour des collectivités locales. En effet, depuis avril 2015, le directeur régional de l’Urssaf Bretagne a jugé bon de prévenir par courrier les élus locaux que l’emploi de ces dangereux individus pourraient facilement les faire sombrer dans l’illégalité du travail dissimulé.

Ce n’est pas une nouveauté, tant l’inspection du travail que les URSSAF ayant cette propension naturelle à prétendre dégotter du travail dissimulé dès lors que les rentrées d’argent frais ne sont plus aussi bonnes, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’indépendants, de petits patrons, d’auto-entrepreneurs, bref, autre chose que des salariés. Le coup du DG de l’URSSAF breton était donc prévisible et il n’étonnera que les plus naïfs — ou les plus cyniques — encore prêts à croire que ces organismes travailleraient vraiment pour l’intérêt des parties concernées (Gégé, si tu me lis encore, …) alors qu’en réalité, ces administrations, quasiment en roue libre, fabriquent tous les jours un peu plus de misère.

URSSaf

Eh oui : l’État aime les salariés tendrement, avec gourmandise même parce que ce sont les moutons les plus faciles à tondre. Outre qu’ils remplissent très habilement la niche d’action des socialistes et des communistes (celle étiquetée « forçats de la Terre » et « classes exploités »), ces salariés sont aussi la source de la force des syndicats et, par facilité de ponction, celle des administrations et des myriades d’organismes sociaux qui tournent autour.

La disparition de ces salariés signifie très clairement l’évaporation des syndicats (ou du moins, ceux qu’on connaît) et la perte complète du levier des administrations, des organismes ponctionneurs et redistributeurs. En outre, cette disparition signifie aussi qu’on transforme un corps social assez bien défini en une masse d’individus assez indépendants dont les besoins et les demandes sont de moins en moins agglomérés et qui, nouvelles technologies obligent, ont les moyens de le faire savoir. Ces différents éléments expliquent aussi pourquoi la disparition de ce statut effraye à ce point les élus et les administrations qui ne savent absolument pas comment gérer cette nouvelle donne. Un indépendant est, par construction, plus difficile à « sédentariser », à traquer, à ponctionner.

Mais voilà, posez-vous la question : l’avenir est-il aux grandes entreprises multinationales aux salariés toujours plus nombreux, ou, au contraire, aux corporations qui reposeront sur le travail collaboratif d’individus détachés ? Bien évidemment, il ne s’agit pas de dire ici que les grandes entreprises comptant des dizaines de milliers de salariés vont disparaître du jour au lendemain, mais bien que la tendance nouvelle, celle qui imprimera durablement le XXIème siècle ne sera pas celle de la concentration. Pour rappel, l’Éducation Nationale, c’est plus d’un million de fiches de paie. La SNCF, c’est 250.000 employés. Microsoft n’arrive pas à la moitié (117.000 personnes). Google n’en occupe pas la moitié (57.000). Quant à Uber, il en compte 2200… Dès lors, l’avenir repose-t-il sur de grosses administrations, de grandes entreprises aux bureaucraties lentes à réagir, ou sur des entreprises très dé-concentrées capable de s’adapter à base salariale réduite à sa plus simple expression ?

Or, bien malheureusement, plutôt qu’accompagner la société dans son changement, plutôt que favoriser les auto-entrepreneurs, les petites structures et plutôt que favoriser la prise de risque et de responsabilité des citoyens qui le font vivre, tout montre que l’État français a choisi de combattre cette profonde mutation, de mettre en œuvre tout ce qu’il pourra pour asticoter, agacer, persécuter, ponctionner ceux qui tentent de s’adapter à la nouvelle donne.

Forcément ça va bien se passer.

this will not end well - beach

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Source : http://h16free.com/2015/10/01/41641-le-salariat-va-disparaitre-et-letat-francais-ne-sy-prepare-pas


Des délais de paiement qui s’allongent…

mercredi 30 septembre 2015 à 09:00

Bon, c’est la reprise, c’est clair, c’est évident, Michel Sapin l’a dit (donc c’est vrai), et même si Christine Lagarde est obligée de tempérer quelque peu l’optimisme débordant du gouvernement en admettant que si « nous sommes dans un processus de reprise », apparemment, son « rythme décélère », il n’en reste pas moins que les lendemains vont bientôt chanter, foi de Hollande.

Ou disons, siffloter. In petto.

gifa innocent whistling

Il apparaît cependant que tout ne se déroule pas exactement comme prévu. Depuis quelques temps en effet, on note des petits soucis de trésorerie au sein des entreprises françaises. On apprenait ainsi, au début de l’année, que les délais de paiement que s’octroyaient certaines entreprises au détriment de leurs fournisseurs constituaient une raison fréquente de la faillite de ces derniers (pouvant expliquer jusqu’à un quart de ces faillites), à tel point qu’une médiation inter-entreprise avait été mise en place il y a cinq ans, et que cette dernière en a profité pour créer cette année un indicateur des retards de paiement.

Outre les cas dramatiques où les entreprises, ne recevant pas leurs dus à temps, finissent par calancher, le problème des délais de paiement est assez aigu dans le pays qui se classe maintenant comme championne en Europe dans cette douloureuse catégorie. Au total, ce sont 10 à 13 milliards d’euros qui manquent aux trésoreries des entreprises pour réduire ces retards et les ramener aux délais légaux (45 à 60 jours selon les cas).

Devant ce constat, on n’avait pas non plus été très surpris de voir les efforts plus ou moins soutenus de Bercy (et plus exactement la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, la célèbre DGCCRF) pour combattre ces délais de paiement, en multipliant joyeusement les contrôles : eh oui, mes petits amis, il faut bien comprendre que si l’une ou l’autre entreprise a des problèmes de trésorerie et qu’elle ploie déjà sous une imposante paperasserie et des douzaines de cerfas rigolos et colorés à remplir pour bien rentrer dans les clous d’une législation foisonnante, alors la solution trouvée par notre équipe ministérielle consiste à leur tomber dessus en rajoutant dans le mix l’un ou l’autre inspecteur, une bonne louchée de contrôles et, à la fin, une solide amende. Parce que rien ne sent plus l’aide aux entreprises qu’une bonne grosse amende des familles.

En mars, c’était donc décidé, Bercy allait lancer une offensive sérieuse et courageuse contre les méchants délais. Encore une fois, du chaton libéral fut consciencieusement pilé pour favoriser les forces spirituelles et les coups de pieds occultes, et, plus pragmatiquement, Bercy lança une batterie de mesures accompagnées d’un décret sur « la transparence des délais de paiement » dont la sortie, attendue, était prévue au courant de l’été, et qui demandera aux entreprises, outre le fait de passer aux factures électroniques, d’inclure dans leur rapport de gestion des données relatives aux délais de paiement.

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Bien évidemment, nous sommes en France et le décret a donc pris un peu de retard, mais ne devrait plus guère tarder. Au point que Le Figaro évoque le lancement d’une vague de contrôles carabinés ciblés, alors que la seconde édition de l’indicateur vient de paraître … et qu’il n’est pas bon du tout : selon les chiffres, les délais de paiement sont au plus haut depuis dix ans.

Zut et flûte, si reprise il y a (dixit Lagarde), si la tendance est là (dixit Sapin), si on sent bien que ça frémit (dixit Macron), côté paiements, … ça ne rentre pas. Les particuliers, par exemple, continuent de demander des délais à Bercy, et si c’est vrai pour les particuliers, ça l’est encore plus pour les entreprises.

Or, dans ces entreprises, comment ne pas se rappeler que l’une des plus grosses, c’est l’administration de l’État ou des collectivités territoriales. Dans un article du Monde consacré à la question, on ne peut s’empêcher de noter la citation d’un fournisseur, confronté à la mauvaise grâce avec laquelle une mairie s’acquitte de son dû :

« Nous avons un marché avec une ville de l’Est. Fin avril, ma facture datée du 21 janvier n’avait toujours pas été payée. (…) l’architecte avait transmis ma facture avec un retard de 45 jours. S’y est ajouté celui de la ville. Nous dépendons des cabinets d’architecture ainsi que des services comptables des collectivités qui inventent constamment de nouvelles règles… »

Roooh. L’État, si mauvais payeur ? Les collectivités territoriales, âpres au paiement ? Les organismes sociaux, débordés et complètement à la ramasse dès qu’il s’agit de payer, au point que certains jeunes retraités ne touchent rien pendant des mois ? Allons. Tout le monde sait que c’est une grosse exagération. Et tout le monde sait (à commencer par le gouvernement) qu’avec quelques bonnes petites amendes, tout va bien vite rentrer dans l’ordre.

Non ?

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Bref, on peut tortiller les choses comme on veut, mais il apparaît bien deux choses distinctes qui vont dans le même sens.

La première, c’est que les délais de paiement des entreprises et des particuliers continuent de s’agrandir. Ceci n’a jamais été un signe de bonne santé économique ; bien sûr, on peut mettre cet allongement en partie sur le dos de la superbe simplification administrative qui a frappé la France de plein fouet depuis que le gouvernement s’est emparé de cette tâche, mais on ne peut pas évacuer que la plupart des contribuables et des entreprises sont honnêtes (en dépit des incitations toujours plus nombreuses à prendre le maquis), et que s’ils sont de plus en plus nombreux à demander des délais les uns aux autres et, ultimement, à Bercy, c’est peut-être que leurs affaires ne vont pas trop bien. La reprise semble un peu illusoire…

La seconde, c’est que les délais de paiement augmentent pour tout le monde, et donc par voie de conséquence, pour Bercy lui-même, et que cette situation permet d’illustrer exactement ce que « monopole de la force » veut dire. Parce qu’une chose est limpide : quelles que soient vos capacités, là où une négociation est toujours possible avec vos créanciers, il n’en ira jamais de même avec Bercy qui pourra toujours utiliser l’argument ultime, celui de la force, pour vous extorquer ce qu’il jugera être son dû.

Et s’il le faut, il fera modifier la loi pour ça.

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Source : http://h16free.com/2015/09/30/41643-des-delais-de-paiement-qui-sallongent