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Écologie positive – Ces OGM qui nous font du bien

lundi 30 novembre 2015 à 09:00

Article écrit en commun par Nathalie MP et h16.

Parce que c’est facile, parce que c’est à la mode et parce que la pression sociale est maintenant immense, l’écologie est trop souvent l’occasion de s’abandonner à la peur, la culpabilité et l’idéologie décroissante anti-capitaliste dans laquelle l’humain est une toute petite variable d’ajustement. Or, une autre écologie est possible, qui envisage le rapport entre l’homme, les autres êtres vivants et notre milieu de vie sans mépriser une saine rationalité, les études scientifiques et les progrès techniques dans le domaine de la protection de l’environnement et de la santé.

Et alors que la Conférence Climat COP21 s’ouvre aujourd’hui à Paris avec pour modeste objectif de sauver les fleurs, les koalas et toute la planète sous les rires des enfants, peut-être serait-il bon de rappeler que toute nouveauté, toute évolution technique ou technologique n’est pas forcément à écarter d’emblée en dépit du principe de précaution inscrit depuis 2005 dans notre Constitution.

Or, s’il devait y avoir un bingo des technologies honnies par l’écologie médiatique, les organismes génétiquement modifiés (OGM) le remporteraient haut la main : ils font peur pour l’environnement et pour la santé, ils sont mis en œuvre par des groupes internationaux tels que Monsanto (USA) ou Limagrain (France) dont la soif de profits les protège d’absolument toute probité (c’est évident). Il importe donc de les détruire ou de les faire interdire, quitte à s’appuyer sur des études absurdes, des photos dramatiques et des déclarations à l’emporte-pièce se terminant sur le mode « Et les enfants, vous y pensez, aux enfants ? »

wont somebody please think of the children

Pour la destruction, on pourra faire appel à José Bové, syndicaliste de la Confédération paysanne, qui a été condamné pour l’arrachage en 2008 de plants de maïs transgénique expérimental. Et pour l’interdiction, on pourra toujours s’appuyer sur l’un ou l’autre bricolages spectaculairement approximatifs de Séralini, qu’il avait réalisés en 2012 sur des rats nourris avec du maïs transgénique NK603 de Monsanto présentant une bonne tolérance aux glyphosates (herbicides).

En tout cas, si les OGM sont toxiques, à ce jour pas une seule plainte en ce sens n’a été relevée. Ce qui n’a pas empêché leurs opposants d’installer durablement dans l’opinion publique un certain nombre de mythes comminatoires pour nous les faire abandonner.

L’un des plus célèbres reste la stérilité des semences, volontairement programmée par Monsanto afin d’obliger les pauvres agriculteurs à racheter des graines chaque année. En réalité, ces semences ne sont pas du tout stériles. Il existe bien une technologie dite « Terminator » qui impose cette stérilité, mais elle n’est pas utilisée. Quant à l’habitude de racheter des semences chaque année, elle est bien antérieure aux OGM et remonte au début du XXème siècle avec l’apparition des céréales hybrides, qui ont apporté de meilleurs rendements et une plus grande résistance des cultures. Les graines issues de ces hybrides ne conservant cependant pas ces bénéfices, des entreprises spécialisées dans la sélection des semences se sont développées et les agriculteurs ont pris depuis longtemps l’habitude de s’approvisionner auprès d’elles.

Il en va de même avec les semences des OGM, résultats d’une sélection rigoureuse et qui proviennent d’une modification sur un gène ciblé. En réalité, ces modifications ne sont pas nouvelles ; c’est leur type qui a changé.

Le blé actuel, par exemple, est le résultat de nombreuses hybridations qui ont vu l’incorporation de dizaine de milliers de gènes dans le génome des espèces parentes. Il y a 500 000 ans, le blé sauvage d’origine possédait 7 paires de chromosomes alors que sa domestication, il y a environ 10 000 ans, l’amène à en posséder 21.

nature is not always perfect

Plus récemment, il était également possible d’obtenir de nouvelles variétés de plantes par la technique de la mutagénèse : les semences sont exposées à des produits chimiques ou à des radiations massives qui entraînent des mutations variées dans le génome. Les entreprises productrices opèrent ensuite une sélection pour garder les caractéristiques qui les intéressent. On peut citer par exemple le cas du riz basmati produit au Pakistan, principal producteur mondial, qui a été obtenu par ce procédé (basmati 370). Étonnamment, on n’entend pas trop José Bové monter à l’assaut des rizières, ni les éternels contempteurs des OGM livrer bataille contre les importations de ce riz qui s’accommode même de l’imagerie écolo actuelle.

Partant de là, on se demande bien pourquoi l’opération sur un seul gène serait plus nocive pour l’Homme et la nature que les hybridations successives qui se produisent naturellement depuis des milliers d’années ou que les produits obtenus par mutagénèse qui affectent largement plus d’un gène. On se le demande d’autant plus que les OGM concernent finalement assez peu de plantes : maïs, soja, colza, coton, betterave à sucre, papaye et courge, et quelques tentatives sur des tomates, du riz et des pommes de terre. Et d’autant mieux que, loin de porter atteinte à l’intégrité humaine — pour rappel : toujours pas de plaintes déposées — ces OGM permettent au contraire de résoudre de nombreux problèmes de santé, de développement et d’environnement.

Par exemple, dans la résistance et l’éradication d’un virus.

À Hawaï, la culture de la papaye était menacée de disparition en raison d’un virus, le ringspot (PRSV), apparu de façon sévère au début des années 1990. Il se propage très rapidement via des pucerons, provoquant la déformation des fruits et la mort des arbres, la seule façon d’en éviter la diffusion consistant d’ailleurs à les abattre. Pour une île dont la deuxième production agricole est, après celle de l’ananas, celle de la papaye, ce fut une véritable catastrophe économique.

Aucune variété naturelle de papaye ne présentant une résistance au ringspot, des chercheurs de l’Université de Cornell (New-York) dont Dennis Gonsalves, ont mis au point une papaye transgénique résistante en insérant dans le génome du fruit une séquence d’ADN provenant du virus PRSV. Après de nombreux tests, elle est cultivée à Hawaï depuis 1998 et commercialisée aux États-Unis et au Canada. Cette papaye a mis un terme à l’épidémie de ringspot et a même permis par la suite un retour de la culture de papayes non transgéniques.

Par exemple, pour la résistance à une bactérie

Le cas des oranges de Floride est assez similaire à celui de la papaye, si ce n’est qu’il s’agit ici de résister à une bactérie. Les fruits sont atteints d’une maladie mortelle dite du « dragon jaune » (citrus greening) transmise par des insectes. Il n’existe aucun traitement curatif, mais des chercheurs ont imaginé introduire un gène d’épinard résistant à la bactérie mortelle afin de doter ces oranges d’une bonne immunité.

Par exemple, pour la santé publique et la lutte contre la cécité

Selon des chiffres publiés par l’OMS en 2013, 250 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde ont des carences en vitamines A, 250 000 à 500 000 deviennent aveugles, la moitié d’entre eux mourant dans les douze mois après la perte de la vue. Il existe bien sûr plusieurs méthodes conventionnelles pour leur fournir de la vitamine A, comme la distribution de suppléments en capsules trimestrielles, mais elles se heurtent à des problèmes lourds de formation du personnel médical et de logistique de diffusion notamment.

La solution élégante consiste à doter le riz, alimentation principale de plus de trois milliards de personnes dans le monde, de β-carotène dans la partie comestible de son grain par modification génétique, ce qui aboutit en 1999 à la création du riz doré.

Cette idée ô combien humaniste fut cependant l’occasion pour Greenpeace, pieux opposants des OGM, de faire éclater une controverse. Suite à une étude conduite en Chine auprès d’enfants sur l’efficacité de l’apport en vitamine A par le riz doré, l’aimable ONG, oubliant sans doute qu’on tentait ici de sauver des vies humaines, préféra mettre en avant une hypothétique dangerosité et, plus encore, l’aspect scandaleux de l’expérience (les enfants étaient traités comme des « cochons d’Inde » selon le point de vue nuancé de l’organisation).

Bizarrement, l’enquête diligentée par les autorités compétentes montra que s’il y avait bien eu quelques manquements dans l’information et le consentement des familles, les enfants n’avaient en revanche jamais été en danger et le riz doré n’était pas en cause lui-même.

Par exemple, pour la santé publique et la lutte contre la malaria

Cette maladie, transmise par les moustiques, affecte tout particulièrement les enfants et les femmes enceintes. La plupart des cas surviennent en Afrique subsaharienne et se soldent chaque années par plus de 400 000 décès. Les traitements habituels à base d’insecticides commençant à montrer des signes de faiblesse, des chercheurs de l’Université de Californie ont mis au point par génie génétique une variété de moustiques inaptes à répandre la malaria. Les tests en laboratoire montrent que les gènes anti-malaria de ces moustiques sont transmis à 99,5 % de leurs descendants.

Ces bons résultats, qui doivent encore faire l’objet de contrôles aussi bien en laboratoire que dans la nature, permettent d’envisager une alternative appréciable dans la lutte contre cette maladie. Soyez certains cependant que les habituelles organisations anti-OGM se lèveront comme un seul homme (pas mort de malaria) pour fustiger cette abomination : la nature, à l’évidence, ne pourra supporter ces modestes changements génétiques et l’humanité pourra certainement bien compter quelques millions de morts supplémentaires (notez au passage que l’argument ne marchera pas pour le Réchauffement Climatique où des millions de morts hypothétiques justifieront toujours tout).

ogm diversity unicorn meat

Par exemple, dans des applications industrielles

Les pommes de terre classiques contiennent de l’amidon réparti à 20% en amylose et à 80% en amylopectine. Ce dernier composant est celui qui est recherché par l’industrie dans certains traitements alimentaires ou dans la productions de pâtes industrielles (papier). Les procédés actuels qui permettent de séparer l’amylose de l’amylopectine sont complexes et coûteux en énergie et en eau.

Grâce à la transgénèse, BASF a pu développer la variété Amflora qui produit 100% d’amylopectine, supprimant ainsi ce besoin de séparation (ce qui diminue les coûts de production, et les coûts environnementaux — eh oui, c’est écolo !). En 2010, le groupe chimique allemand obtient les autorisations de l’Union européenne pour cette pomme de terre. Malheureusement, lobbies anti-OGM aidant, le cadre règlementaire n’arrête pas de fluctuer et BASF, devant les risques d’arrachage des cultures expérimentales, décide d’abandonner tous ses projets de recherches en Europe pour les déplacer aux États-Unis. Bien joué.

Conclusion

À moins de limiter notre nourriture à des baies sauvages, de chasser du gibier ou de pêcher du saumon sauvage, nous mangeons tous et depuis longtemps des aliments qui ont subi des altérations génétiques, que ce processus se soit fait naturellement depuis des millénaires ou plus récemment par la main de l’homme à travers les hybridations, la mutagénèse ou le génie génétique.

La véritable phobie qui s’empare d’une majorité du public dès qu’il est question d’OGM tient plus à une peur liée à l’incompréhension des réalités, à une méconnaissance parfois sévère de la science sous-jacente, qu’à une peur rationnelle basée sur des faits objectifs. Obligeant l’abandon de réussites technologiques résolvant pourtant de véritables fléaux, ces peurs finissent par coûter très cher à la fois à notre santé et à la qualité de notre environnement. Elles occultent ainsi que ces OGM permettent de résister à des virus et des bactéries, de lutter contre des maladies graves ou mortelles, de limiter les utilisations de pesticides et herbicides, en principe fort mal vus des écologistes. Et pire encore sur le plan idéologique, ces peurs en viennent à lutter contre des améliorations pourtant visibles de notre impact environnemental.

En réalité, des milliards d’Indiens, de Chinois, d’Africains, d’Américains du Nord et du Sud savent déjà qu’en maîtrisant le génie génétique, l’Humanité a beaucoup plus à gagner qu’à perdre. Les Européens, vieillissants, l’apprendront peut-être à leurs dépens.

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Source : http://h16free.com/2015/11/30/42893-ecologie-positive-ces-ogm-qui-nous-font-du-bien


Une COP21qui s’annonce bien !

dimanche 29 novembre 2015 à 11:00

Ça y est, la COP21 va démarrer. Le niveau de propagande écologiste, dont le curseur était bloqué sur « étouffant » jusqu’au 13 novembre et qui avait été descendu au niveau « modérément grotesque » ces derniers jours à la suite des attentats, va maintenant pouvoir gagner un cran et passer à « hystérique« . Et si tout se passe bien, la COP21 ne sera qu’un échec de plus sur la longue ardoise du pédalomane.

Bien sûr, cet échec inévitable est déjà digéré par une presse obséquieuse qui a préparé ses nombreux articles sur l’aspect décisif de cette réunion, sur la fermeté des décisions prises et sur les grandes avancées que notre immense président aura su négocier d’âpre lutte ; en bref, cet échec sera une réussite programmée.

Maintenant, rien n’interdit d’imaginer qu’à cette faillite prévisible ne s’ajoutent d’autres déboires et accidents, nettement moins gérables par toute l’intendance éco-consciente rassemblée autour du grand raout de fin d’année.

Par exemple, il pourrait y avoir une facétie météorologique qui ne manquerait pas de sel : si, par malheur, le mois de décembre parisien devait enregistrer des chutes de neige, on peut penser que les autorités, en temps normal passablement désorganisées par quelques flocons (au point de pousser certains députés à des gestes tragiques comme celui de pondre des projets de lois comiques), seraient pour le coup complètement dépassées et transformeraient cette COP21 en fiasco d’ampleur internationale, voire olympique si, dans un sursaut d’incompétence frénétique, nos ministres venaient à s’en mêler directement.

Par exemple, le début des hostilités festivités réunions de travail et l’inauguration de cette grande conférence des Nations Unies sur le réchau refroi changement climatique aura lieu ce lundi 30 et tout indique déjà que ces événements vont sérieusement modifier les petites habitudes des Franciliens. Et par « sérieusement modifier », on comprend qu’il va y avoir une belle foire d’empoigne sur les routes et dans les transports en commun que le tout Paris s’est entrepris à généreusement saboter réorganiser pendant cette période.

cop21 - un putain de bouchon géantAutoroutes (A1 notamment) fermées le dimanche soir et le lundi aux heures de pointe, périphérique ouvert, fermé, découpé et réorganisé à coups de barrages policiers le dimanche et le lundi, à différents endroits, et à différents moments, de nombreuses voies fermées pendant plusieurs heures dans Paris intra-muros, messages du maire, Anne Hidalgo, enjoignant les Franciliens d’aller voir ailleurs s’ils y sont (en espérant les y trouver le plus longtemps possible), bref, tout est rassemblé pour qu’un individu, normalement constitué, fasse absolument tout pour éviter la capitale française ces prochains jours.

À l’évidence, ceux qui le peuvent poseront une journée de vacance, de RTT ou de maladie. Et ceux qui ne le peuvent pas (notamment les plus pauvres, les salariés non fonctionnaires, les professions libérales et les artisans) et qui devront, coûte que coûte, aller dans ce petit enfer que sera devenue la capitale française, se retrouveront ou bien dans des transports certes gratuits mais surtout très probablement bondés, soit sur ces tronçons de route encore ouverts et fort probablement tout aussi gavés de véhicules.

Dans leur grande lucidité (et au milieu du nuage vaporeux qui leur sert de cortex), les autorités se doutent bien qu’une ou deux difficultés risquent bien de pointer leur nez dans les heures à venir. C’est pourquoi elles ont pris la courageuse décision de rendre les transports en commun payants par tous les contribuables et non plus par ses seuls clients. Dans la novlangue collectiviste de la région Île-de-France, cela se transforme en une agréable gratuité des transports pour le 29 et le 30 novembre. Le contribuable, même tondu ras, a bon dos. Dans le même temps, histoire d’ajouter un minimum de confusion à une situation déjà passablement bourbeuse, la préfecture a incité les usagers à ne pas utiliser ces transports payés par tous.

Comprenne qui pourra et démerdez-vous.

Bonne nouvelle dans ce concentré de migraines, toutes les GrrRrrandes marches citoyennes, festives et écobulleuses de ce dimanche sont annulées. Les Franciliens auront au moins le petit plaisir, entre deux bouchons et des métros pleins à craquer, de ne pas supporter les flonflons entêtants et les slogans agressivement niais que ces marches nous promettaient sûrement.

Malheureusement, la raison pour laquelle ces marches sont annulées rendront ce plaisir assez fugace : les récents attentats qu’a subi Paris ont assez logiquement entraîné une petite nervosité des autorités à l’idée que de gros amas touffus de mammifères viennent trottiner en cœur sur les boulevards de la capitale, offrant ainsi leurs masses dodues à la convoitise terroriste. Or, si le raisonnement se tient pour ces marches, il semble se diluer subitement dès qu’on aborde les transports en commun qui, selon toute vraisemblance, seront bien pleins pendant la douloureuse période de gestation taxophile de la COP21 ; autrement dit, on interdit les rassemblements joufflus d’imbéciles biberonnés à la propagande réchauffiste, mais on autorise les quidams apolitiques à se faire éventuellement éparpiller en groupe dans les caisses à sardines de la RATP.

La logique m’échappe, mais baste, passons.

Et elle continue de m’échapper lorsqu’on apprend aussi que cette même manifestation grandiose au budget « no limit » se verra dotée de 2800 policiers et gendarmes postés au Bourget (Seine-Saint-Denis), où va débuter la conférence lundi. Dans le même temps, les aimables petits chalets du marché de Noël installé au Trocadéro, qui accueilleront les milliers de Parisiens et de touristes en quête de cadeaux et de produits du terroir, pourront bénéficier d’un triplet de roulottes de surveillance, de caméras vidéos et d’une petite brochette de vigiles. Ça suffira bien. Il ne faudrait pas dépeupler les forces de sécurité présentes à la COP21 et ce d’autant plus qu’on a judicieusement choisi la Seine Saint-Denis pour le happening (Molenbeek n’avait pas été retenu car malheureusement en Belgique).

Mais tout ceci nous fait oublier l’essentiel.

Après tout, cette COP21 est tout de même l’occasion de parler écologie, réchauffement climatique et solutions pour nous sortir d’une ornière dont rien n’indique qu’on soit tombé dedans. Or, côté solutions, pour le coup, on sait que ce ne sera pas un échec puisque, quoi qu’il puisse arriver et quelle que soit l’issue des âpres négociations internationales, la France se fera un devoir de tout signer, tout appliquer scrupuleusement et plutôt deux fois qu’une. Et comme l’unique moyen opérationnel de nos politiciens consiste à faire s’abattre des taxes vexatoires sur le contribuable, on sait aussi, d’ores et déjà, que ce pays va se prendre une avoinée fiscale mémorable.

Les petits moutontribuablesD’ailleurs, le gouvernement prépare déjà psychologiquement le moutontribuable à une tonte des plus sévères : des articles de presse sont déjà sortis pour bien expliquer qu’il faudra s’attendre, dans les prochaines années, à un quadruplement de la taxe carbone. Oui, vous avez bien lu, quadruplement. Et l’augmentation, progressive mais soutenue, commencera dès 2016.

Si, à ces taxes en folie, on ajoute toutes les idées géniales de nos élites en roue libre (et en état d’urgence), on comprend que ce sont de véritables tsunamis vengeurs de taxes, de ponctions et de contributions délirantes qui vont déferler sur le peuple français. Bref, exactement ce dont le pays avait besoin.

Décidément, cette COP21 s’annonce bien !

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Source : http://h16free.com/2015/11/29/42867-une-cop21qui-sannonce-bien


L’administration colonisatrice

vendredi 27 novembre 2015 à 09:00

Même en période de deuil, d’état d’urgence et de menace terroriste, il y a des gens qui ne reculent devant absolument aucune vilénie et refusent de participer au vivrensemble. Certains vont même jusqu’à bafouer la loi pour organiser leur sordide commerce au nez et à la barbe des autorités et de cette protection sociale que, pourtant, le reste du monde nous envie.

Comme souvent, l’histoire se déroule loin des caméras et des micros, dans ces petits villages à l’écart de cet indispensable contrôle social qu’on connaît si fort dans ces grandes villes exemplaires, et qui permet à chacun de rester synchrone avec ce que toute la société attend de lui. Cette fois-ci, il s’agit du petit bourg de Parennes, 500 habitants dans la Sarthe, et c’est à cet endroit que Marielle, la gérante du Sporting Bar, a dépassé toutes les bornes des limites, a fait voler en éclats le vivrensemble et a violenté les lois républicaines.

oooh filocheMarielle, sans vergogne, a employé sans les déclarer cinq personnes le samedi 7 juin 2014, jour de la fête du village. Elle était en réalité en récidive puisque le 31 mai précédent, des gendarmes — venus vérifier la bonne tenue du bar à la demande du maire — remarquent une jeune femme qui prépare un café derrière le comptoir alors qu’après vérification, le bar n’a pas enregistré le moindre salarié. Bien évidemment, l’explication de la patronne (« Mais c’était seulement ma fille qui se faisait un café ») ne dupera personne, et pas les fins limiers de notre gendarmerie nationale qui reviendront donc ce 7 juin fatidique où ils ne pourront que constater la présence de cinq dangereuses paires de bras supplémentaires aidant Marielle sans la moindre honte.

Trainée au tribunal pour travail dissimulé, l’impétrante arguera par la voix de son avocat qu’il ne s’agissait que d’amis et de proches venus donner un coup de main pendant la fête de village, et que ces derniers, n’étant rémunérés que par un bon repas offert par la patronne, ne sont en rien des salariés du bar.

La justice en décidera autrement et la jugera coupable tout en la dispensant de peine, cette dernière étant laissée en pitance à l’URSSAF qui aura toute latitude pour lui coller une amende pouvant monter jusqu’à 55.000€, ruinant ainsi Marielle.

Or, si de nombreuses précédentes affaires du même style sont une indication de ce que décidera l’URSSAF, tout porte à croire que le sort funeste du bar est scellé : non, décidément, comme le titre Ouest-France, les amis de la gérante n’auraient vraiment pas dû l’aider.

filoche m'enfin

Si cette aventure doit nous apprendre quelque chose, c’est que le vivrensemble s’arrête là où commence le fisc et les cotisations sociales. Eh oui : en France, la protection sociale est d’une importance absolument capitale qui mérite amplement de ruiner quelques artisans et créer quelques nécessiteux (on ne protège pas l’omelette républicaine sans casser quelques œufs, je suppose).

Et alors que certaines urgences sociales (déjà largement vraies en 2014, encore plus actuellement) se dégagent assez nettement, comme par exemple empêcher les atteintes directes aux biens et aux personnes, la multiplication des exemples navrants comme la mésaventure de Marielle montre pourtant qu’on choisit d’occuper les forces de l’ordre à ce genre de tâches, qui s’ajoutent à la traque des automobilistes frôlant le 53 km/h sur les tronçons limités à 50, ainsi qu’à une guerre sans merci contre la drogue pourtant contre-productive et largement perdue.

Que voulez-vous, les autorités ont décidé depuis longtemps qu’il ne sert à rien de résoudre les problèmes et que les administrer suffit amplement ; à chaque difficulté, on trouvera une administration pour y répondre, et si elle n’existe pas, on la créera, comme l’illustre parfaitement ce tweet :

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De nos jours, en cas de pépin, Les énarques, les ministres, les politiciens, les partis se réunissent et font de grosses et de petites commissions pour savoir quoi penser. Et pendant qu’ils sont réunis, l’administration, elle, administre. Et pour administrer, elle ne fait que ça, à fond les ballons, dans tous les sens et plutôt deux fois qu’une. Elle administre le travail, et elle administre le chômage. Elle administre la santé, bien évidemment, et ne peut s’empêcher d’administrer la maladie, son traitement et sa prévention. Elle administre ce que vous avez le droit de porter comme vêtements, tout comme elle administre vos repas, en qualité et en quantité. Elle administre votre religion, et votre athéisme le cas échéant. Elle administre ce que vous devez apprendre, savoir et enseigner. Elle administre vos comptes en banque, vos transactions, vos dépenses et vos gains. C’est aussi elle qui administre vos déplacements et une bonne partie de vos loisirs. Et pour vos rapports sexuels, ne comptez pas la tenir à l’écart, elle administrera ça un jour, soyez-en sûrs.

Bref, l’administration s’occupe de vous, partout, tout le temps. Et le plus beau, c’est qu’elle le fait sous les applaudissement d’une population largement acquise à sa cause pourtant délétère et vendue dans le packaging du Service Public (que le monde gnagnagna). Autrement dit, le pays s’est lentement mais sûrement laissé coloniser par sa propre administration, et croit s’en trouver très bien, oubliant dans un déni qui tient plus du problème psychiatrique que d’un lapsus mémoriel fortuit que tout ceci finit par avoir un coût exorbitant.

Dans cette optique, les mésaventures de Marielle et de toutes les autres victimes de l’administration en folie, depuis les mamies-bingo jusqu’aux familles jetées à la rue par le RSI, s’expliquent très bien : le colonisateur n’a que faire des jérémiades des colonisés. Ces derniers sont là pour assurer aux colons une vie agréable et sans souci, doivent les servir sans broncher et lorsqu’ils rechignent, il est de la plus haute importance d’affirmer son pouvoir, violemment s’il le faut, afin de dissuader les autres colonisés de se rebeller. À l’aune de cet éclairage, l’actuel état d’urgence s’inscrit donc dans la continuité de cette lutte sans merci entre les administrations et les administrés. Seul point positif : ces administrations ont tant grossi qu’elles ont acquis une inertie énorme.

Dès lors, on peut conclure avec certitude que, oh oui, nous irons à la dictature, mais rassurez-vous : on le fera très doucement.

valls dictateur

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Source : http://h16free.com/2015/11/27/42743-ladministration-colonisatrice


Thinkerview : ploutocratie américaine et géopolitique moyen-orientale

jeudi 26 novembre 2015 à 09:00

En octobre de cette année, Thinkerview nous avait permis de découvrir l’intéressant entretien que son équipe avait réalisé avec Pierre Conesa sur l’Arabie Saoudite. Ce mois-ci, la même équipe revient avec une heure de débats sur la géopolitique internationale.

Ce débat, auquel prennent part Charles Gave, gérant de fonds et économiste, Olivier Berruyer, l’actuaire auteur du blog Les Crises, Artem Studennikov, n°2 de l’ambassade de Russie en France et Hervé de Carmoy, l’ancien vice président de la commission Trilatéral Europe, aborde différentes questions et permet aux quatre intervenants de fournir une vue originale, peu entendue ailleurs et notamment très peu sur les habituels plateaux de télévision des médias « grand public ». La version complète est disponible ci-dessous :

L’entretien se découpe approximativement en deux parties, la première abordant le rôle, notamment monétaire, des États-Unis sur l’échiquier international, pendant que la seconde partie se concentre sur le Moyen-Orient et les développements qui le secouent actuellement.

En substance, tous les intervenants s’accordent à dire que l’actuel système financier nécessite des réformes et qu’il a largement échappé au contrôle de ceux qui sont censés le diriger (États et institutions financières). On peut à ce sujet citer Charles Gave qui relate un dîner pris au début des années 2010 avec Thomas Hoenig, le chairman de la Fed de Kansas City, et qui lui tint à peu près ce propos :

« Depuis la fin des années Clinton, une ploutocratie a pris le contrôle des États-Unis, à partir des trois grandes banques que tout le monde connaît, qui gère la masse financière des États-Unis au profit de cette ploutocratie, et la grande question est : comment nous, américains, allons-nous récupérer notre démocratie ? »

Question d’autant plus prégnante que, comme le rappelle Hervé de Carmoy, les masses financières dont il est question représentent des trillions de dollars de liquidités qui sont, peu ou prou, indisponibles pour une économie devenue exsangue, les prix n’ayant plus de signification réelle. Le dollar, la devise américaine mais le problème du reste du monde, permet ainsi aux États-Unis d’exercer un pouvoir exorbitant, notamment en imposant un droit américain au reste du monde sans qu’il soit pour le moment possible pour ce dernier de s’en affranchir : c’est bien une mafia qui a pris le pouvoir, et tout indique qu’il manque encore bien trop de courage politique pour en venir à bout actuellement.

Au passage, on notera que dans cette problématique, les Russes jouent une partition un peu différente des Européens, ayant des possibilités vers la Chine.

china landlord

La seconde partie de l’entretien aborde ensuite les problèmes de géopolitique internationale et donnent notamment à Studennikov la possibilité d’émettre quelques discrets messages (il reste un diplomate, ne l’oublions pas).

Pour lui, la Russie ayant observé sans agir ce qui s’est passé en Libye et constatant la catastrophe, n’a eu d’autre choix qu’intervenir lorsque la Syrie est à son tour atteinte par les troubles. Ayant déjà eu l’occasion de goûter au radicalisme des sunnites en Tchétchénie, le gouvernement russe comprend assez bien que la Syrie, patchwork bigarré de différentes ethnies, ne tient que par alliance des communautés minoritaires sur les sunnites. De ce point de vue, il rejoint Gave qui exprime son opinion de façon lapidaire : les boute-en-guerre (au Qatar, en Arabie Saoudite) « foutent le merdier partout », et, selon lui, le vrai ennemi n’est pas les Chiites, mais bien les Sunnites locaux.

Vers 42:30, on écoutera avec profit l’analyse de Hervé de Carmoy de la situation globale au Moyen-Orient et de son évolution sur les dernières années, qui estime qu’on observe ces instabilités essentiellement parce que les Américains se retirent, et s’ils le font, c’est parce qu’ils ont maintenant la capacité de produire le pétrole chez eux et n’ont donc plus besoin du pétrole moyen-oriental. Ce constat rejoint au moins en partie celui dressé dans un autre entretien Thinkerview.

En outre, il n’y a personne pour les remplacer, par défaut de politique européenne cohérente en la matière : nous n’en avons pas les moyens (infrastructures, humaines, technologiques, financières), il nous manque aussi une capacité à mobiliser les Européens pertinents sur place pour résoudre les problèmes, et nous souffrons enfin d’un évident déficit d’image (par le passé colonisateur européen). Autrement dit, pour de Carmoy, les désordres actuels ont de bonne chance d’être durables, ce que confirme Gave (vers 48:55) qui rappelle qu’historiquement, le Moyen-Orient a toujours eu besoin de la férule d’un empire assez puissant pour conserver la paix.

Enfin, la question de savoir si nous aurions à souffrir d’une troisième guerre mondiale est abordée. Sans surprise, le diplomate russe se contentera de rappeler que son pays cherche avant tout l’apaisement (notamment dans la question qui oppose actuellement les Chinois et les Américains). Pour Gave en revanche, cette guerre a déjà commencé entre les Américains et le monde musulman, et l’économiste constate, attristé et surpris, que les États-Unis sont en train de la perdre, bientôt suivis par les Européens.

Quant à de Carmoy, il rappelle avec optimisme que les Américains ont actuellement besoin de se créer un ennemi et qu’ils semblent avoir choisi les Russes, mordicus, citant en appui de sa thèse les discours actuels des Américains et rappelant qu’ils sont étrangement proches des discours qu’ils tenaient pendant la guerre froide. De Carmoy note enfin que les Européens ont tout à gagner à commercer pacifiquement avec les Russes et peuvent très bien laisser les Américains dans leurs préjugés.

ninjas terrorists are here

De l’ensemble de cet entretien ressort à mon avis l’idée que nous vivons actuellement à un tournant majeur de l’Histoire. La puissance dominante est confrontée aux limites de son système politique et subit les revers des impasses dans lesquelles ses élites l’ont fourrée, entraînant de profonds changements géopolitiques dans le monde, essentiellement au Moyen-Orient qui, à l’aune de cette analyse, représente donc la conséquence de ces mutations et non la cause.

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Source : http://h16free.com/2015/11/26/42749-thinkerview-ploutocratie-americaine-et-geopolitique-moyen-orientale


Déconstruire officiellement les vilaines théories du complot

mercredi 25 novembre 2015 à 09:00

Le chef de l’État l’a dit, répété et expliqué, et il a même construit sa nouvelle politique socialiste de droite dessus : l’État est en guerre, notamment contre des terroristes. Ceci nécessite une mobilisation sans précédent (ou presque) de tous, jusqu’aux classes des écoles, des collèges et des lycées.

Devant la menace terroriste (et celle, plus insidieuse encore, de cette population qui se rend compte de façon diffuse qu’elle est assez mal protégée), il fallait agir. Et chaque ministère est concerné. Au-delà de ceux de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense, évidemment concernés au premier chef, l’une des actions d’ores et déjà posée par le ministère de l’Éducation consiste à fournir des ressources pédagogiques à destination des enseignants, afin de prévenir la menace éviter les radicalisations déconstruire les théories du complot (oui, de nos jours, on ne détruit plus, on ne dément plus, on déconstruit, c’est plus chic).

gifa cat conspiration

Et notez bien qu’ici, il n’est pas question de déconstruire cette propagande pourtant dégoulinante qu’on retrouve dans les petits manuels distribués à nos têtes blondes, mais plutôt ces complots qu’on trouve un peu partout sur les intertubes, cette vaste zone de non-droit où les cow-boys de l’octet fou s’en donnent à cœur joie, comme chacun sait.

Je l’ai dit, la menace est énorme, elle est partout, diffuse, et sournoise, s’apprête à bondir sur les jeunes, influençables (et, pour tout dire, un peu cons, c’est évident). Dès lors, il faut du lourd, du solide, et c’est donc sans attendre qu’on fera appel à Loïc Nicolas, chercheur en rhétorique du complot (!) à l’université Libre de Bruxelles et qu’on lui demandera son indispensable avis sur ces jeunes, particulièrement visés et propagateurs de ces ignoôobles théories du complot.

Sans hésiter, il le donne et estime le phénomène accentué par « la crise économique et le désœuvrement que peut ressentir une certaine part de la jeunesse », phénomène auquel le gouvernement répond par des ressources pédagogiques de déconstruction. Le lien entre « crise économique » et « déconstructions des complots » devient alors… pas évident du tout, mais assez bien illustratif des raisonnements de nos éducologues polytraumatisants.

De ce point de vue, ce chercheur (comme beaucoup d’autres, hélas) n’échappe pas aux mouvements mous de la troupe de baltringues qui nous dirigent puisqu’à son tour, il recommande de « travailler le débat en classe, mais de façon sereine et informée », alors que l’urgence, rappelée assez régulièrement par les classements internationaux, PISA ou autres, serait plutôt de faire un peu moins de débats, et un peu plus d’exercices opérationnels sur l’écriture, la lecture, les mathématiques, la recherche de l’excellence et la mise à niveau de tous dans les bases culturelles essentielles à la compréhension du monde moderne, bien avant les débats sur le complotisme.

cat conspiracy

Alors que les attentats sont encore très présents dans les pensées de tous, on peut se demander ce qui pousse ainsi le gouvernement à mettre en place aussi vite une telle initiative, des chercheurs à se propulser avec leurs idées lumineuses, des journalistes à les interroger. De façon indirecte, la réponse à cette question nous est donnée par le ministère lui-même :

« Les collégiens et lycéens ne s’informent pas avec les médias traditionnels mais sur les réseaux sociaux. Pour eux, les informations des grands médias arrivent en même temps que des rumeurs et articles de sites complotistes, et ils ne savent pas forcément faire la différence. »

Ce qu’on lit ici, au-delà d’une analyse à l’emporte-pièce des jeunes vus par le ministère, c’est surtout… de la peur, celle des gouvernants, que les enfants et les adolescents se construisent des références en dehors du cadre de ce que le pouvoir a décidé. Et par effet de ricochet, cela montre assez bien que ce pouvoir continue de ne pas comprendre ni la façon dont fonctionnent ces réseaux, ni la façon dont fonctionne l’individu en général, et les jeunes auxquels il tente de s’adresser en particulier.

Et dans une magnifique illustration d’un assemblage grotesque d’une charrue avant ses bœufs, cette démarche entend donc expliquer aux enfants ce qu’ils doivent penser de tel ou tel complot, plutôt que leur donner d’abord les moyens de réfléchir par eux-mêmes.

C’est, pour le dire gentiment, franchement agaçant de la part de l’Éducation Nationale dont le but attendu (sinon officiel) est bel et bien d’instruire les enfants, pas de leur distribuer une forme plus ou moins subtile de propagande, encore une fois !

Normalement, l’idée même de l’instruction, c’est d’apprendre à apprendre, c’est de fournir les clefs de compréhension des mécanismes qui animent le monde, c’est de donner les bases scientifiques, historiques, les codes utilisés par les sociétés humaines qui permettent de construire des raisonnements étayés par des arguments et des éléments tangibles. Et c’est avec ces bases que chacun jugera ce qui est vrai ou juste. Non, décidément, le but ultime de l’instruction n’est jamais de fournir, prêt à consommer, une vision du monde complète et qui permet de tout expliquer, même grossièrement. C’est de faire des individus aptes à analyser une situation nouvelle à l’aune des connaissances amassées sur les situations passées, d’en tirer un enseignement, et d’ainsi progresser.

Étymologiquement, instruire consiste à établir des bases internes sur lesquelles on pourra ensuite poser son esprit critique. Or, depuis que l’Éducation Nationale s’est entichée d’éduquer plus qu’instruire, elle a décidé de faire des citoyens, de construire des individus aptes à servir la société, ce grand tout collectif moelleux et douillet devenu apparemment indépassable pour notre élite, et ce bien avant de faire de ces élèves des individus autonomes, capables de choisir s’ils veulent, ou non, faire partie de ce grand tout joyeux, dans quelle proportion, à quel titre, et comment.

Or, si on peut admettre que la société a bien, in fine, besoin de personnes qui la servent, elle ne peut réellement fonctionner sans que ceux-ci ne soient un minimum autonomes. Autrement dit, avec cette nouvelle couche de « ressources pédagogiques » destinées à « déconstruire les théories conspirationnistes », on va encore mobiliser les enseignants pour occuper du temps de cerveau des enfants à une autre tâche qu’apprendre à apprendre.

Par dessus le marché, ce faisant, on oubliera un élément essentiel.

Si les cibles (les « jeunes ») en sont arrivées à regarder avec attention toutes ces théories complotistes, c’est aussi et avant tout parce que nos politiciens sont maintenant connus et reconnus pour une habitude dont ils ne parviennent pas à se débarrasser : ils mentent, pour tout et n’importe quoi, à tout le monde, en petit comité, dans les grandes occasions, aux Français et à eux-mêmes. Ils mentent sur leurs objectifs. Ils mentent sur leurs motivations. Ils mentent sur leurs relations et sur leurs patrimoines.

Dès lors, difficile de reprocher aux uns et aux autres de douter de la parole officielle lorsqu’elle est distribuée par de tels charlatans. Enfin, comment peuvent-ils prétendre combattre les théories de complots lorsque ces mêmes politiciens alimentent le plus gros d’entre eux, celui qui consiste à nous faire croire qu’ils nous sont utiles, qu’ils travaillent pour nous et que grâce à eux, nous sommes en sécurité ?

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Source : http://h16free.com/2015/11/25/42755-deconstruire-officiellement-les-vilaines-theories-du-complot