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Avec une telle dette, la faillite est-elle évitable ?

mercredi 1 juillet 2015 à 09:00

Comme prévu, la plupart des médias fébriles se bousculent près des fontaines municipales ou dans les maisons de retraite pour suivre l’actualité météo au plus près de la palpitance du moment. Et pendant que ceux-ci sont en train d’interroger une infirmière, broc d’eau à la main, pour bien comprendre l’importance de l’hydratation par 35° à l’ombre, d’autres, plus finauds, se bousculent au Conseil européen pour se tenir au courant de la fièvre grecque qui secoue actuellement l’Europe.

Moyennant quoi, il n’y a plus personne au bastingage pour observer les écueils, ce qui augmente logiquement la probabilité de se les prendre, ni pour évaluer les dégâts causés par ceux qui sont déjà venus s’enficher dans la coque. En clair, pendant qu’on regarde les îles grecques s’enfoncer dans les sables mouvants d’une dette gluante et les dirigeants européens hésiter entre la corde et le billot, deux autres pays semblent presque se bousculer l’un l’autre pour savoir lequel des deux serait le prochain à sauter dans le marigot putride.

Dans ce couple infernal, il y a bien sûr l’Italie.

Avec 60 millions de ressortissants, l’Italie représente plus de cinq fois la Grèce, et même si ce pays dispose d’un PIB rondelet s’établissant à près de 2000 milliards d’euros, il accumule une dette publique inquiétante autour de 132% de son PIB et qui, si l’on prend en compte les dettes des entreprises et de la population, s’élève à 259% du PIB. Avec un déficit budgétaire de 3% et un chômage tournant autour de 12.5% depuis le début de l’année sans vouloir faire mine de baisser, la situation n’est absolument pas folichonne. Si l’on compare à la Grèce, il y a même tout lieu de s’inquiéter, ce qui explique peut-être la prudence diplomatique de Matteo Renzi, le premier ministre Italien, dans ses déclarations vis-à-vis de la situation grecque, se sachant sans doute épié par une Allemagne de plus en plus nerveuse.

La seule donnée un peu rassurante qui joue actuellement en faveur du normalement bouillant pays méditerranéen est son excédent budgétaire primaire (avant service de la dette). Déjà à 1,9% en 2013, il est encore positif en 2014 à 1,6%. Autrement dit, même si c’est de façon modeste, l’Italie rembourse effectivement ses dettes.

Ce qui nous amène à l’autre larron du couple infernal, la France.

Très comparable à l’Italie en ce que le pays compte 65 millions d’habitants, et un PIB tournant autour de 2500 milliards d’euros, sa dette totale grimpe tout de même à 98% de son PIB qui, s’il nous prenait comme pour l’Italie la fantaisie d’inclure les dettes des entreprises et de la population, atteindrait 280% de son PIB… chomage france italie uk janv 2015Ceci n’est guère rassurant, tout comme le déficit budgétaire qui continue de se situer régulièrement bien au-dessus des 3% normalement acceptés (4% en 2014), et comme son taux de chômage, là encore non seulement élevé (à plus de 10%), mais en constante augmentation depuis trois ans, au grand dam d’un Ministre du Chômage parfaitement inutile.

Plus inquiétant encore, là où l’Italie affiche des excédents primaires, la France essaie de cacher assez piteusement des déficits primaires de 1.7% en 2014 (2% en 2013). En 2015, le pays en affichera encore un, d’environ 31,5 milliards d’euros, soit environ 10% de son budget (sachons vivre), ce qui montre assez bien l’étendue de la cavalerie en cours : depuis au moins 1995, on s’endette pour payer des dettes, seule l’année 2006 ayant connu un excédent primaire.

dette en stock

Or, si ce constat pouvait déjà être fait il y a quelques semaines, avec l’actuelle crise grecque, plus personne ne semble regarder les petits voyants de l’économie française qui clignotent tous, et pas en vert. Ce qui explique l’apathie presque totale de la presse nationale lorsqu’on apprend que cette dette publique s’est encore envolée (encore !) au premier trimestre 2015, avec 51,6 milliards d’euros ajoutés au tonneau des Danaïdes libellé « France », dont 37,1 pour la dette de l’État, le reste se répartissant entre les belles œuvres de notre Sécurité Sociale et celles de nos Régions et collectivités territoriales, qui, pour rappel, se plaignent bruyamment du resserrement progressif des gros robinets d’argent public.

Pas de doute : l’austérité continue donc de frapper durement la France par son absence complète. Pire encore : non seulement, la dette augmente, mais encore en plus trouve-t-elle la force de le faire plus rapidement que dans les autres pays de la zone euro. Quand on aime, on ne compte pas, je suppose.

À l’aune de ces chiffres et de cette trajectoire qui montre, au passage, que la France est, bien avant la Googlecar, le premier véhicule réellement sans pilote depuis plusieurs années (comme le prouve du reste un câble diplomatique de 2012), on ne peut qu’être particulièrement inquiets des déclarations tonitruantes du stand-up comique qui nous tient lieu de président. Ainsi, pour lui, « Ranacrindre » de ce qui se passe en Grèce : peu importe qu’à bien y regarder, tout ce qui s’y passe soit une réduction d’un facteur 5, environ, de ce qu’on connaît en France ; même si là-bas, ça se passe mal, chez nous, c’est différent. L’impétrant, pas gêné pour un rond de saucisson, prétend même que « la France est plus robuste qu’il y a quatre ans » avec un aplomb que seul un hypocrite chimiquement pur peut se permettre.

Et le plus beau de toute cette lacrymale histoire, c’est que tant la France que l’Italie parviennent à ces contre-performances alors que la politique monétaire de la BCE est particulièrement accommodante. Si l’on n’oublie pas que tout se déroule actuellement avec des prix énergétiques tirés vers le bas par un pétrole très bon marché, on comprend que le moindre retournement de tendance, même modeste, aura immédiatement un impact désastreux sur ces deux économies en réalité fort fragiles.

Pire encore pour le cas français, les taux extrêmement bas dont elle profite lors de ses émissions d’emprunts ont complètement anesthésié l’ensemble des emprunteurs institutionnels du pays (que ce soit l’État, les collectivités territoriales diverses ou les caisses de sécurité sociale) qui n’ont plus aucune notion de la valeur réelle de ce qu’ils contractent. À la moindre bourrasque, à la moindre remontée un tantinet sensible des taux d’intérêts des OAT françaises, l’addition passera de salée à insoutenable. On a vu que cela peut arriver très vite.

Avec une telle dette, avec une telle trajectoire, franchement, la faillite grecque était courue d’avance. Avec une telle dette, avec une telle trajectoire, que croyez-vous qu’il puisse arriver à la France ?

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Source : http://h16free.com/2015/07/01/40244-avec-une-telle-dette-la-faillite-est-elle-evitable


La Grèce entre la mort et le suicide

mardi 30 juin 2015 à 09:00

Et c’est donc une belle sortie de route à laquelle nous avons assisté en fin de semaine dernière pour un pays pourtant piloté par la fine fleur de l’intelligentsia de gauche collectiviste : malgré un programme politico-économique cuisiné aux petits oignons à base d’improvisation et de fuite en avant, à l’étonnement général, la Grèce se retrouve en fâcheuse posture, à quelques heures d’une échéance de remboursement trop importante pour ses finances exsangues.

C’est ballot. Alors que la plupart des observateurs s’étaient déjà largement détendus et prévoyaient un retour à la normale avec un plan de sauvegarde (encore un) pour éviter au pays de sombrer au premier juillet, badaboum, c’est la déroute. Avec une finesse stratégique un peu difficile à décrypter, le premier ministre grec Tsipras est reparti chez lui en envoyant paître ses créanciers.

Comme prévu, les marchés — qui ont bien évidemment toujours su anticiper tout cela avec un flegme quasiment britannique — ont réagi avec quelques petites sautes d’humeur. Du reste, on ne pourra s’empêcher de noter le timing impeccable de ces innovations grecques puisqu’elles interviennent alors que l’indice de Shanghai subit des petits passages à vide ces derniers jours.

my big fat greek debtComme prévu, les taux sur les bons souverains remontent pour les autres pays les plus exposés aux rigueurs de la météo financière. Italie, Espagne et Portugal ont vu ainsi nettement augmenter les taux de leurs bons d’État, pendant que les deux plus grosses économies de la zone euro (Allemagne et France) les ont vu descendre, presque mécaniquement.

Comme prévu, les Grecs ont continué de se ruer sur les distributeurs automatiques, pour sortir autant de liquide que possible dans l’hypothèse d’un gel des capitaux. Hypothèse qui s’est révélée très raisonnable et logique puisqu’il n’a pas fallu longtemps pour que le gouvernement ordonne une fermeture d’une semaine de toutes les banques du pays, et une restriction des retraits aux distributeurs. On peut à présent s’attendre à ce que cette situation dure quelques jours encore.

Comme prévu, on assiste aussi à une ruée sur l’or, et comme prévu, les cours du métal précieux montent descendent comme il faut dans ce genre de marché transparent et honnête. Parallèlement, le Bitcoin a pris une dizaine de dollars en une journée. Ce n’est pas une coïncidence.

Ceci dit, on ne pourra s’empêcher de féliciter Tsipras pour son idée de référendum. Certes, quelle qu’en soit l’issue, les problèmes économiques grecs ne seront pas résolus par une réponse par oui ou non à une question politique, mais pour le premier ministre grec, c’est finement joué : qui, à part quelque dirigeant européen vraiment pas doué en communication, pourra en effet lui reprocher de demander au peuple la direction qu’il veut prendre ?

Et puis, soyons lucides deux secondes : peu importe effectivement la réponse qui, on s’en doute, servira bien plus d’exutoire au peuple que de solution réelle à ses soucis.

S’il répond oui (et qu’il accepte donc le compromis qui avait été décidé il y a quelques jours), ce qui serait pour le moins surprenant compte-tenu de la façon dont ont été présentées les choses par l’actuel gouvernement, cela ravira peut-être les dirigeants de la zone euro qui pourraient dans ce cas desserrer leurs sphincters et relâcher un « ouf » de soulagement en imaginant pouvoir trouver, peut-être, une issue sinon heureuse du moins contrôlée à la sortie de route grecque. Mais le peuple aura mangé son pain blanc. Désavoué, Tsipras partirait peut-être, pour être remplacé par … On ne sait pas qui. Si le meilleur est possible, il est assez peu probable, au contraire du pire.

S’il répond non, on rentre en terre inconnue, parsemée d’hypothèses rigolotes comme le retour à la drachme (qui irait immédiatement à la poubelle ou presque), une économie rapidement délabrée par l’impossibilité totale du gouvernement à se financer, et une austérité pratique et complète impossible à amoindrir pour le peuple … qui aura mangé son pain blanc. Tsipras aura bien du mal à rester vu le grabuge qui aura toute latitude pour s’installer.

Vous avez noté que, dans les deux cas, le peuple grec prend cher. C’est triste, mais n’oublions pas que l’ensemble de la situation n’est pas non plus arrivée complètement par hasard. Les dix, vingt, trente dernières années d’empilement de décisions catastrophique, d’État-bien-trop-providence, de laxisme budgétaire total et décontracté, tout ça a été mis en place tant par le peuple que par les dirigeants qu’il s’est choisis. Certes, l’euro a accru les problèmes (comme le montre cet intéressant graphique ici), mais il ne les a pas créés en premier lieu.

Cependant, parallèlement à ces considérations relativement peu réjouissantes, on se doit de noter que les Grecs, pas tous fous (loin s’en faut), ont réussi à sortir une somme assez coquette du système bancaire avant que celui-ci ferme son rideau. Et si on peut supposer que la baisse des fonds bancaires disponibles, quasi-continue depuis 2009 et qui se monte maintenant à plus de 60 milliards d’euros et atteint son plus bas depuis 10 ans, n’est évidemment pas entièrement due à un retrait des dépôts (l’appauvrissement du pays étant en soi une assez bonne raison), il n’en reste pas moins que depuis septembre 2014, 33 milliards ont été retirés des banques :

flight risk - greek bank deposit withdrawals - june 2015

On peut raisonnablement penser que cette somme ne peut pas être entièrement imputée à l’évaporation de la richesse grecque. Autrement dit, les Grecs ont un bas de laine de plusieurs milliards d’euros en petites coupures, et il sera fort intéressant de voir comment ils vont s’en servir, surtout si le pays voit réapparaître une monnaie locale dont on imagine sans mal qu’elle ne pourra pas rivaliser avec l’euro. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser que les Grecs, pour disposer d’une telle somme, ont depuis longtemps compris ce qui les attendait, et qu’ils n’accordent en définitive qu’une confiance très modeste à leur gouvernement.

Devant cette situation, on ne peut trouver qu’étrange la réaction immédiate du valeureux Gouroutoumou président français lorsqu’il déclare que la France n’a rien à craindre de la situation. Ce genre de déclarations péremptoires, faites par quelqu’un qui a plusieurs fois déclaré la crise finie, le chômage en baisse et la croissance de retour, devrait normalement déclencher une nervosité maximale chez tous ceux qui se rappelleront donc l’historique du pépère en matière de franchise, d’exactitude et de clairvoyance. Si les autres éléments ne vous ont pas fait paniquer, ce dernier est décisif pour passer en mode « danger immédiat ».

grexit la france rien a craindre

D’autant qu’on doit y ajouter les déclarations consternantes d’un Juncker encore une fois au top :

« Un ‘non’ voudrait dire, indépendamment de la question posée, que la Grèce dit ‘non’ à l’Europe. (…) Je demanderai aux Grecs de voter ‘oui’, indépendamment de la question qui leur est posée. (…) Il ne faut pas se suicider parce qu’on a peur de la mort. »

Répondre sans tenir compte de la question, un non au compromis qui veut immédiatement dire une sortie de la zone-Euro et de l’Union en tant que telle, et un final sur un dicton qui nous ferait presque regretter les haïkus de la serpillère belge, ah, franchement, y’a pas à tortiller, le Juncker a fait très fort.

what wtf whaaat

Voilà en effet qui met les Grecs au pied du mur en transformant ce qui ressemblait encore de loin aux âpres transactions « normales » de gouvernants « responsables » à un ultimatum même pas voilé. Politiquement, peut-être le président de la Commission Européenne a-t-il cru bon de forcer le peuple contre un Tsipras devenu fort encombrant, mais c’est un jeu dangereux dont on voit mal qui pourrait sortir gagnant. Quelque part, cela en dit long sur la lucidité de nos élites. Cela en dit aussi très long sur ce qui attend la France.

Tout ceci n’est vraiment pas rassurant.

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Source : http://h16free.com/2015/06/30/40218-la-grece-entre-la-mort-et-le-suicide


Si délicieuses dépenses sociales …

lundi 29 juin 2015 à 09:00

En France (et notamment depuis le début du quinquennat Hollande), quand il pleut, c’est à verse et quand ça dévisse à l’extérieur, ça part en vrille à l’intérieur. Logiquement, alors que la situation internationale se fait chaque heure plus tendue, entre les énièmes péripéties grecques et le spectre de plus en plus présent d’une bulle financière sur le point d’éclater, on devait s’attendre aussi à une détérioration record de la situation économique purement nationale. Rassurez-vous : c’est aussi le cas.

Et c’est d’autant plus inquiétant que les informations suivantes n’ont pour ainsi dire pas été relayées par la presse nationale, trop occupée à regarder les sorties lapidaires de Valls ou les dernières âneries de Cambadélis. Pourtant, la nouvelle méritait sans doute qu’on s’y attarde même si l’actualité chargée justifie sans doute qu’il faille un peu de temps pour la faire revenir à la surface.

En substance, on découvre une inquiétude croissante des départements devant la croissance incontrôlée des prestations sociales.

Autrement dit, les départements n’ont plus une thune. Ce ne serait pas vraiment problématique si l’État, de son côté, disposait de quelques réserves. Mais ce n’est pas le cas et on commence à comprendre qu’en cette période de disette financière, il va falloir faire des efforts pour joindre les deux bouts, et ce d’autant plus que nous ne sommes qu’en Juin. Or, si avoir des problèmes de trésorerie en octobre, c’est enquiquinant, alors en Juin, cela devient franchement problématique.

Tax Money

D’autant que, comme je le notais, la raison principale du manque de trésorerie n’est pas liée à une dépense incontrôlée des fournitures de bureau qu’il serait facile de calmer, mais bien des prestations sociales au bout desquelles se trouvent des individus qui n’ont bien souvent pas vraiment d’alternative solide si celles-ci devaient s’interrompre, même momentanément.

Le constat, pourtant, ne laisse aucun doute et part d’une lettre de l’ODAS, l’Observatoire national de l’Action sociale, qui note il y a quelques jours que, je cite, « sans évolution du mode de financement de leurs compétences obligatoires, les Départements ne pourront plus, dans leur grande majorité, équilibrer leur budget dans un proche avenir. » Autrement dit, la distribution d’argent public continue de plus belle, son débit a même nettement augmenté (1.4 milliards de dépenses en plus en 2014 par rapport à 2013), et l’État, à sec, ne pourra bientôt plus du tout garantir l’équilibre des finances départementales.

Ce constat est partagé tant à droite qu’à gauche. Le bureau de l’ADF (Assemblée des départements de France), classé à droite, s’est alarmé de « la croissance incontrôlée des allocations individuelles de solidarité (AIS) qui conduira à l’asphyxie mortelle des départements » pendant que de son côté, « le groupe de gauche insiste sur l’urgence de la situation des finances départementales ».

Dans ces dépenses sociales, le premier poste des allocations versées est clairement le RSA (à 58%) dont les dépenses ont progressé de 9,2% en 2014. Les autres postes (l’APA – Allocation personnalisée d’autonomie – et la PCH – Prestation de compensation du handicap) sont aussi concernés par ces problèmes de trésorerie. Or, à moins bien sûr d’une inversion de courbe du chômage que bien peu espèrent encore, la situation devrait continuer de s’aggraver. Le plus gênant étant qu’on ne sache absolument pas à quoi s’en tenir ; d’après Claudine Padieu, directrice scientifique de l’ODAS,

« Contrairement aux autres postes, les économistes ne parviennent pas à réaliser des prévisions fiables pour le RSA. La hausse de ces dépenses est d’autant plus préoccupante qu’elle est imprévisible »

Zut, il va être délicat de planifier quelque chose (ce qui est une horreur pour nos amis les planistes), et tout indique que ça ne va pas aller mieux tout seul. Zut et zut.

Dès lors, on ne s’étonnera pas de retrouver quelques gémissements de conseillers départementaux, pour le moment discrets dans la presse locale, constatant, effarés, que la source d’argent gratuit des autres, qui tombait jusque là avec une belle régularité, commence à s’assécher. Zut, zut et rezut, il va falloir supprimer certaines subventions. Zut, zut, et rezut, tout ceci donne un parfum de déroute aux finances locales et pousse même certains à évoquer, sans ambages, un « krach budgétaire territorial ».

Eh oui, le problème, d’habitude pourtant simple, devient rapidement insoluble. Jusqu’à présent, il suffisait en effet de réclamer des sous à l’État. Lorsque celui-ci renâclait, la collectivité territoriale, jamais à court d’imagination, trouvait l’une ou l’autre taxe à augmenter, l’un ou l’autre impôt à retailler vers le haut, et, magiquement, l’argent rentrait. Malheureusement, ce temps de cocagne est révolu. Comme l’explique Jean-Louis Sanchez, délégué général de l’ODAS,

« Les conseils départementaux ne peuvent plus augmenter les impôts et, à ce rythme, ils ne pourront plus financer leurs dépenses sociales dans trois ans. »

Vous me direz : oh, trois ans, c’est encore une belle et longue période qui donnera certainement l’occasion à nos éternels dépensiers d’exprimer toute leur créativité, n’en doutons pas. Je me permets cependant de pointer que les dettes s’empilent, les expédients possibles s’amenuisent et les marges de manœuvres, déjà fort étroites il y a trois ans, risquent bien, à l’approche des élections et de l’impératif évident de ne pas tabasser l’électeur, de s’évanouir complètement. Autrement dit, tout ce petit monde, lentement mais sûrement, est coincé : ne pouvant plus augmenter les impôts, ne pouvant plus guère augmenter la dette, il va leur falloir diminuer les dépenses.

coincé

Comme je le disais en introduction, depuis que François Hollande a récupéré le pays des mains du précédent incompétent, lorsqu’il pleut, c’est à verse. Alors que les tensions internationales n’ont jamais été aussi fortes, que les marchés financiers affichent tous une situation bullesque et que le moindre événement imprévu (une faillite de Deutsche Bank ?) risque bien de déclencher des mouvements de panique mémorables, la situation économique nationale est inextricable. L’État, endetté jusqu’au cou, ne peut même plus faire mine d’aider les départements, eux-mêmes confortablement installés dans les dettes. Et à mon avis, ce ne sont pas les élections qui vont inciter les uns et les autres à apurer la situation.

Décidément, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/06/29/39958-si-delicieuses-depenses-sociales


Question M, pétitions et bac en mode chaton bousculé

dimanche 28 juin 2015 à 11:00

Voilà, le baccalauréat 2015 est fini. Cette année comme les années précédentes ne nous aura pas été épargné le florilège de petites bêtises des uns et des autres et quelques unes des perles les plus gratinées. Inévitablement, comme les années précédentes, une ou deux polémiques sur la difficulté des questions auront éclaté. À ce sujet, plusieurs tendances se dégagent nettement.

La première tendance avait été observée les années précédentes : avec la montée des réseaux sociaux, les adolescents ou jeunes adultes — disons adulescents pour faire court et assez représentatif — se ruent sur Twitter ou Facebook pour exprimer leur façon de penser. Et lorsqu’il s’agit de résumer en quelques mots leurs impressions après un examen, ces réseaux permettent de ventiler la frustration que certains ressentent à n’avoir pu exprimer dans le temps imparti, toujours trop court, toute la palette de savoirs qu’ils avaient à leur disposition. On les comprend : quoi de plus éreintant intellectuellement que de savoir 1000 choses et de n’en pouvoir exprimer que 100 sur d’étroites copies et de courts essais ?

Si l’on ajoute, en surcroît, des sujets palpitants et des questions excitantes d’opportunités, on comprend que certains élèves expriment sur les réseaux sociaux un désappointement particulièrement vif. Prenez la philosophie : Tocqueville, Cicéron ou Spinoza ont occasionné cette année quelques pages et des douzaines d’arguments bien sentis pour exprimer des réflexions philosophiques profondes. On ne s’étonnera donc pas de trouver une myriade d’apostrophes fines et cocasses sur Twitter.

tocqueville suce bite

Plus tard, lorsqu’il s’est agi de disserter en Français sur du Flaubert (« Madame Bovary », en l’occurrence), nos espiègles candidats-bacheliers s’en sont donné à cœur-joie et ont redoublé de ce petit humour potache montrant à la fois leur attachement à une langue française ciselée qu’à ce diplôme si difficile à avoir. Pas de doute : les épreuves leur ont permis de rechercher en eux-mêmes ces ressources cachées, cette volonté de perfection et cet amour du travail bien fait qu’on cultive maintenant dans toutes les strates de la société française :

mame bovary fdp

Quant à Baudelaire, il n’a rien perdu pour attendre et s’il n’était déjà mort, il aurait probablement dû faire un passage par les urgences.

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L’autre tendance maintenant évidente et plus récente encore que ce carpet-bombing orthographico-grammatical sur Twitter, c’est la volonté d’en découdre avec les sujets eux-mêmes.

Pour nos petits chatons de terminale, le monde est subtilement vicieux de leur avoir ainsi fait croire qu’il y avait une distribution du diplôme en fin d’étude et que le seul fait de s’être levé tous les matins pour faire acte (souvent héroïque) de présence suffisait pour obtenir le précieux sésame vers les bancs de la fac où, mollement échoués, ils comptent sans doute étudier avec la même assiduité l’une ou l’autre matière amusante que la providence ou l’inattention aura placée là. Malencontreusement, le plan initial ne se déroule pas comme prévu et les sujets proposés montrent d’étonnantes difficultés. On ne les avait pas prévenus : tout n’est pas simple dans la vie.

C’est là que les nouvelles technologies entrent en jeu. Puissance des intertubes, magie des réseaux sociaux, force des Lolcats lorsqu’ils s’y mettent à plusieurs, l’élève de terminale, bousculé par tant d’injustice, va se jeter sur Change et Avaaz, sites de recueil de pétitions diverses, et faire parler la poudre numérique en essayant de rameuter un maximum de ses congénères. Les yeux encore embués de larmes de colère et de tristesse, le voilà qui écrit de poignants appels à l’aide, dans ses mots à lui, avec sa petite orthographe toute mimi d’adulescent pas fini, avec sa grammaire et sa ponctuation approximative apprise sur Twitter.

sad cat - bac trop dur

C’est assez croquignolet, et la multiplication de ce genre d’initiatives montre assez bien le côté délicieusement grégaire de ces rebelles de terminale. Les voilà en lutte contre les méchantes mathématiques qui étaient trop longues ou trop compleskes, et dont le barème doit absolument être revu pour – je cite – « assurer la réussite des candidats » (celle-ci étant apparemment contractuelle).

On les retrouve (pas les mêmes, mais presque), toujours avec cette même orthographe hésitante d’un CM2 mal assuré, appelant à – je cite encore – « un soulèvement général de tous les sti2d de France pour plus de tolérance à l’égard de » leur barème, lui aussi trop bousculant.

On les identifiera aussi sans mal derrière une autre pétition, sobrement intitulée « Le Carnage » qui, en quelques phrases au lyrisme assez mal maîtrisé (mais rigolote, rendons-lui ça), réclame – je cite toujours – « un ajustement du barème de l’épreuve de physique chimie ».

On pourra enfin mesurer leur audience avec la maintenant célèbre Pétition Contre La Question M, qui a été reprise un peu partout dans les médias, mi-consternés, mi-goguenards devant l’aplomb phénoménal dont font preuve les vibrants têtards de terminale, absolument incapables d’aligner trois mots d’anglais malgré un temps considérable à ingurgiter des séries américaines ou anglaise et mater Youporn en V.O. Il n’était pas prévu que le vocabulaire anglais puisse aussi être choisi dans la littérature et pas sur une jaquette de jeux vidéo…

Méchant barème, méchante notation, vilaine épreuve, affreux bac !

Ces deux tendances, marquées, provoquent cependant deux problèmes.

D’une part, les petits couinements pathétiques de quelques élèves un peu trop impressionnables démontrent, année après année, l’effondrement du niveau du bac et de celui des exigences pour l’obtenir, tant du côté des élèves que du côté de l’institution qui continue de se battre pour la chimère débile et délétère des 80% et plus de diplômés en fin de cycle. Moyennant quoi, il n’est plus rare de trouver des bacheliers sachant à peine lire et écrire, à tel point que les universités ont, depuis quelques années, organisé des sessions de rattrapage lecture et orthographe pour amener enfin leurs étudiants à un niveau jadis normal d’élèves de 6ème (et non, ce n’est pas une exagération, malheureusement).

D’autre part, dégainer de la pétition et poster ses atermoiements sur Twitter à la moindre contrariété, en plus d’agacer assez prodigieusement les aînés des générations précédentes qui ont eu, eux, un tantinet plus de challenge à passer le fameux cap, cela dénote à la fois d’une incapacité problématique à encaisser l’échec ou la difficulté (ce n’est pas exactement ce qu’on voudrait retenir d’eux, je pense) et cela médiatise très inutilement leur propre médiocrité. Il y a quelques années, là où quelques personnes – au plus – pouffaient de messages rebelles truffés de fautes rapidement graphés sur un mur blanc, de nos jours, avec un tweet idiot, tout le monde peut mesurer l’inculture et le niveau abyssal de certains de nos rejetons.

Pire : les tweets et les pétitions étant sur internet, le reste de la planète peut même s’en payer une tranche à bon compte, ce que n’ont pas manqué nos voisins d’Outre-Manche, jamais en retard d’une bonne rigolade à nos dépens. Dit autrement : oui, chers enfants, avec vos stupides pétitions de semi-habiles, vous passez pour des bouffons. Sur le plan marketing, est-ce bien pensé ? Est-ce très malin de montrer à tout le monde que votre diplôme ne vaut pas un cachou ? Est-ce vraiment finaud d’afficher ainsi à tous vos futurs employeurs potentiels la médiocrité dans laquelle vous vous vautrez avec un plaisir évident ?

Et le pire dans tout ça est que cela diminue d’autant la valeur des efforts de ceux qui auront, justement, obtenu le diplôme. Ces jérémiades ridicules rejaillissent négativement sur toute la génération concernée, alors qu’elle n’avait vraiment pas besoin de ça, partant avec le handicap violent d’une méthode de lecture catastrophique, d’exigences en matière d’orthographe, de calcul, de raisonnement, de culture générale si basses que quasiment, tout reste à faire même après plusieurs années d’études supérieures.

Il y a décidément quelque chose d’inquiétant à voir une petite frange de notre jeunesse se bercer à ce point d’illusions, imaginer un diplôme dû et le brailler si fort que, comble de misère, les autorités finissent par les croire, quitte à entraîner tout le monde par le fond. Ayant perdu toute échelle des efforts à fournir, tout repère dans les actions à mener et celles tactiquement désastreuses, n’ayant jamais été habitués à encaisser l’échec et s’en servir pour apprendre, cette belle tranche de population laisse présager du meilleur.

Continuez ainsi, mes amis. De toute façon, le pays est foutu.

chaton youpi encore une mission réussie

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Source : http://h16free.com/2015/06/28/40086-question-m-petitions-et-bac-en-mode-chaton-bouscule


Jupe longue et réalité

samedi 27 juin 2015 à 10:30

Troisième opus de notre professeur qui, après nous avoir exposé la réforme des collèges vue de l’intérieur, sa vie de l’intérieur d’un lycée, revient sur l’affaire de la « jupe trop longue ».

Par Rara’
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Professeur c’est un métier formidable, plein de gommettes festives, citoyennes et colorées, avec des élèves intéressants et intéressés, des parents soucieux de l’instruction de leurs enfants mais qui nous font quand même confiance, des vacances en veux-tu, en voilà, bref, c’est le plus beau métier du monde.

En vrai, c’est surtout un métier dont tout le monde cause, que peu pratiquent mais sur lequel tout le monde donne son avis, encouragé par une presse qui aime bien les ragots de dernière minute. Par exemple, la presse, elle aime bien raconter des histoires de jeunes filles bien sous tout rapport exclues de leur lycée parce qu’elle avait commis un crime intolérable : porter une jupe longue noire. Enfer et damnation ! Que les professeurs sont méchants et discriminants ! Indignez-vous et regardez les réseaux sociaux s’enflammer à grands coups de padamalgam dans ta face !

Ainsi, par exemple, s’est très rapidement répandue une rumeur, drapée d’une caution drôle, engagée, et dénonciatrice, prétendant que nous – le sujet est rhétorique – virions des établissements les filles en jupe longue noire mais laissions les gamines habillées comme des péripatéticiennes de bas étage se pavaner dans les couloirs – avec bien évidemment l’option : tout ceci est une conséquence du grand méchant libéralisme, qui est décidément partout.

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Certains chefs d’établissement, effectivement, se réservent le droit de demander à certains élèves d’aller se changer. Sur six bahuts, chacun des règlements intérieurs mentionnait la « tenue correcte exigée à l’entrée » (correct, en langage du MEN, cela signifie laïque donc neutre). Et donc, à l’inverse de ce qui est conté, une gonzesse qui débarquerait en string-débardeur aurait de très fortes probabilités qu’on lui tape sur l’épaule en lui demandant poliment d’aller se changer. Il est vrai que j’ai plus souvent constaté ce point dans les collèges que dans les lycées, mais c’est une réalité, ce n’est pas parce que vous ne la voyez pas qu’elle n’existe pas.

D’ailleurs, la version pour les garçons, parce qu’il faut bien appliquer la parité partout, consiste à passer vos journées à dire « Jeune homme, la casquette, s’il-vous-plaît, vous l’enlevez ». Bon là, suivant l’établissement, si l’élève sait que vous ne le connaissez pas, vous essuierez probablement un refus d’autorité bien gras et risquez d’être contraint de hurler comme un putois pour espérer l’impressionner. Alors j’avoue, parfois, les casquettes, je prétends ne pas les avoir vues. Certes, ce n’est pas agir en « fonctionnaire de l’État de manière éthique et responsable », mais me faire agresser pour une histoire de casquette me tente modérément – (et oui, c’est arrivé à un collègue).

À ma connaissance, un seul article a mentionné que peut-être, éventuellement, la donzelle en « jupe noire » serait prosélyte. Mais n’étant pas tous idiots, nous sommes en mesure de distinguer entre une « jupe longue noire » et un habit traditionnel moyen-oriental. D’autre part, j’ai une nette tendance à croire la version de l’institution. Et pas uniquement parce qu’en tant que membre, je vendrai mon âme pour la défendre quitte à mentir et m’en prendre à une pauvre adolescente dont le crime aurait été de se vêtir d’une jupe longue noire, probablement à cause de mon expérience.

Dans certains établissements, il y a un vrai problème avec la laïcité que tout le monde s’obstine à ne pas voir alors que cela devrait exploser en pleine figure de n’importe quel quidam. Il y a une certaine hypocrisie à faire retirer un voile à l’entrée quand l’intégralité de la tenue vestimentaire envoie des signaux par paquets de douze sur la confession de l’apprenant. Sur ces questions, comme sur celles des mères de famille voilées lors des sorties scolaires, l’institution reste étrangement muette et les établissements font donc preuve d’autonomie.

Si j’en reviens au jupeleaks, rappelons qu’une année passée, dans un établissement-enclave dont la République une et indivisible a le secret, on avait demandé à des élèves de rentrer se changer. Scandale, pétition, intervention des élèves dans les classes prenant à parti les professeurs pour qu’ils se positionnent contre leur administration, nous expliquant que dans leur religion, elles doivent choisir de porter l’habit pour ne plus le quitter parce que ça masque les formes. Bien sûr, on peut s’habiller large avec un pantalon et un pull-over. Mais surtout, l’habit n’est obligatoire dans l’Islam qu’après avoir effectué le pèlerinage à la Mecque.

L’une de nos élèves particulièrement pénible, Cunégonde (le prénom a été modifié), fille placée en foyer et fraîchement convertie pour emmerder copieusement sa mère, laquelle était d’ailleurs parent d’élève délégué dans l’unique but d’avoir des nouvelles de sa fille au conseil de classe, a raconté à qui voulait l’entendre qu’elle avait été « exclue » parce « qu’elle s’habillait trop large ». En réalité, il lui avait simplement été demandé de retourner se changer.

Un chance pour nous, elle n’a pas contacté la presse et elle n’est jamais revenue au lycée. Tant mieux parce qu’elle perdait son temps, celui des professeurs et des élèves qui auraient préféré travailler plutôt que de passer des heures entières à entendre Cunégonde se faire remettre à sa place. La mère ne s’est plus rendue aux conseils de classe.

Suite à cet épiphénomène, j’ai pu constater que certaines élèves gentilles, sérieuses et discrètes, qui portaient ce genre de vêtement, n’avaient même pas été ennuyées. Peut-être est-ce mal, ou discriminant. Peut-être aurait-il fallu assurer une égalité de traitement. Quand bien même : cela tend à prouver s’il le fallait qu’avant la façon dont ils sont habillés ou rasés, c’est leur comportement qui est jugé.

Le problème de fond ne me semble pas être la religion.

En réalité, ces élèves en bute contre la société française ne sont pas religieux. Le seul moyen qu’ils semblent avoir trouvé de manifester leur colère est de vous jeter à la gueule qu’ils sont musulmans et – biffez l’ancienne colonie française de votre choix – mais très certainement pas français, d’ailleurs la France « ils la nikent ».

La preuve, leur religion, ils la connaissent moins bien que moi : ils blasphèment en permanence en jurant sur la Mecque, le Coran, voire souvent Dieu, oublient assez régulièrement que le Coran prône le respect envers les professeurs et le respect des autres religions et que, par conséquent, quand on les emmène visiter une basilique, c’est hallal de rentrer dedans et ce n’est pas utile de créer un esclandre pour atteinte à tes convictions profondes.

En revanche, ils aiment bien être créationnistes parce que c’est écrit, ils refusent d’étudier certains textes au motif que c’est haram, ils aiment bien tout faire pour arriver à prier à l’intérieur des établissements, ils aiment bien expliquer que la femme est inférieure à l’homme et j’aime bien leur répondre qu’on le voit rien qu’en comparant leur niveau en orthographe et en philosophie au mien.

Ils aiment bien aussi distinguer entre les vrais et les faux musulmans. Il faut voir leur tête horrifiée quand on leur apprend que suite aux attentats du 11 septembre 2001, on avait assisté à une montée en puissance des radicalismes puisque, puisque par exemple, les musulmans d’Asie avaient arrêté de manger du porc alors qu’ils le faisaient traditionnellement. « Ah mais alors, madame, c’est pas des vrais ! ». Avec l’entraînement, vous aurez assez rapidement l’habitude de sortir de votre deck la carte « Tu écoutes de la musique ? Alors t’es pas un vrai. »

Comme ambiance de travail, on a vu mieux. Je ne cacherai pas que travailler « la religion », qui est au programme de philosophie, n’est pas toujours évident, mais en un sens il suffit d’avoir le marteau à portée de main. Dès lors, cela relève de l’entraînement et surtout de l’endurance – et dans certains lycées, c’est chaque jour. Le plus inquiétant reste que nous savons tous, officieusement, que ces élèves sont approchés par des types bien plus dangereux et nous savons tous, officiellement, qu’ils sont suffisamment débiles pour se laisser entraîner vers une réalité bien plus sordide qu’une banale crise d’adolescence. Et que fait l’État pour endiguer de phénomène ?

Ben, il publie une infographie colorée.

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Source : http://h16free.com/2015/06/27/40160-jupe-longue-et-realite