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Malgré tout

samedi 21 novembre 2015 à 20:00

Les attentats parisiens furent à nouveau l’occasion d’être témoins de barbaries qu’on ne croyait pas possibles dans nos pays. Certes. Mais pas seulement.

Les semaines et les mois qui viennent seront certainement l’occasion de faire un bilan détaillé des horreurs, des responsabilités, des impacts géostratégiques, politiques, économiques de ce qui s’est produit ce vendredi 13 novembre. L’impact sur la société française, qui avait eu bien du mal à se remettre des attentats de Janvier 2015, est déjà palpable.

Cependant, il serait dommage de s’arrêter à ces inventaires et ces analyses, en oubliant cette petite page, têtue, de charité qui se cache discrètement derrière et qui fut écrite dans cette période tragique.

Sur cette page, on y lira les réactions immédiates de ceux qui vinrent, spontanément, à l’aide de ceux qui étaient blessés. On y trouvera l’histoire de ces Parisiens qui ouvrirent leurs portes pour accueillir ceux qui en avaient besoin, celle de ce hashtag #Porteouverte sur twitter.

On y trouvera aussi l’organisation spontanée des réseaux sociaux pour retrouver les personnes disparues, qui n’ont pas donné de nouvelles, de ce hashtag #RechercheParis, plus triste, qui permit l’établissement de la liste des victimes,

On y évoquera peut-être l’apparition de cette application Facebook dédiée.

facebook alerte attaques terroristes

Il y aura peut-être quelques lignes pour le mouvement de soutien spontané, massif et mondial, de tant d’individus, de gouvernements partout sur la planète, chacun autant de preuve s’il en est qu’on a pas besoin de forcer les gens à réagir avec humanité.

Ces attentats tragiques ont donc largement montré, pour qui veut regarder, que la plupart, l’écrasante majorité des humains se comporte normalement, c’est-à-dire avec bienveillance et compassion à l’égard de son prochain en détresse. Ce message, simple et réconfortant, ne doit surtout pas être noyé dans la masse des autres messages, inquiétants, agressifs ou négatifs que ces événements abominables poussent les uns et les autres à produire, interpréter et relayer.

Mieux encore, cette vérité, que chaque catastrophe précédente illustre et illustrera encore, devrait faire réfléchir ceux qui ne voient dans les hommes que des individus irresponsables, illogiques et superficiels, de ceux à qui on ne peut jamais faire confiance : alors même que la situation, dramatique, aurait commandé à chaque personne présente la plus élémentaire des prudences, il s’est trouvé des individus charitables qui sont spontanément venus en aide et qui ont même naturellement ouvert leurs foyers à de parfaits inconnus, à des étrangers (alors qu’au passage, actuellement, aux termes de la loi, ces mêmes personnes secourables ne sont jugés ni suffisamment saines ni suffisamment responsables pour être autorisées à disposer des moyens de se défendre elles-mêmes.)

Malgré tout, et heureusement, les hommes de bonne volonté sont toujours plus nombreux que les autres.

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Source : http://h16free.com/2015/11/21/42632-malgre-tout


Paquet de cigarettes neutre : une très juteuse traçabilité ?

vendredi 20 novembre 2015 à 09:00

Aussi horribles furent les attentats, la vie continue. Et si, pour vous, cela signifie le métro (ou la voiture par précaution), le boulot (ou le chômage, par obligation), le dodo (ou son absence hallucinée devant un écran cathodique qui diffuse BFM-TV en boucle), pour d’autres, cela signifie le retour aux petites affaires courantes, voire discrètes, et parfois louches.

On peut ainsi évoquer l’empoignade feutrée qui se déroule actuellement assez loin d’une presse très occupée par les événements du 13 novembre, mais tout de même dans le cadre de l’Assemblée Nationale ce qui devrait, normalement, déclencher au moins quelques petites notules dans l’un ou l’autre canard que le monde nous envie pour son indépendance chèrement payée par le contribuable.

En effet, cette Assemblée travaille actuellement à la transposition dans la loi nationale française d’une récente directive européenne concernant l’industrie tabatière, et qui prévoit que la traçabilité (des cigarettes notamment) peut être réalisée en amont par les cigarettiers eux-mêmes, avant le contrôle des données en aval. Autrement dit, dans le cadre de cette directive, on les autorise à mettre en place l’infrastructure de collecte des données de traçage, mais le contrôle et l’analyse de ces données sont normalement réalisés par un tiers, un cabinet indépendant. Jusque là, tout semble clair, et ça tombe bien puisque le découpage proposé est aussi la position qu’a suivie le gouvernement jusqu’à présent.

Cependant, comme nous l’apprend un intéressant mais aride article d’ActuEconomie, certains députés, pourtant de la majorité, ne sont pas d’accord pour suivre le gouvernement et sont, eux, très favorables au contrôle intégral par un cabinet indépendant, en brandissant le protocole de l’OMS et en lui faisant dire que ce dernier imposerait cette gestion intégrale là où, en réalité, il n’en est rien.

Concrètement, dans le premier cas, les organismes indépendants font le contrôle des données, dans le second, ils sont aussi chargés de leur collecte et de l’infrastructure pour cette dernière. On comprend que la taille du marché n’est plus du tout la même, et que cette seconde option, bien plus juteuse, aiguise les appétits.

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Et notamment ceux d’une vénérable entreprise suisse, SICPA.

SICPA, c’est le leader mondial de la fourniture d’encres de sécurité et de solutions destinées à différents supports, dont le traçage de produits via leurs emballages. Comme l’indique sa fiche Wikipedia (fort intéressante à lire), c’est une entreprise suisse très discrète dans le domaine, mais particulièrement active lorsqu’il s’agit d’obtenir des marchés publics. Son historique dans le domaine est assez fourni et montre que cette discrétion n’empêche nullement l’entreprise d’être fort connectée. De nombreux articles de presse ne peuvent s’empêcher de s’interroger sur les liens qu’elle tisse entre l’apparition de certaines législations dans différents pays, la passation de certains marchés, et leur obtention par la société suisse.

Pour le cas qui nous occupe, l’instauration des paquets neutres entraînerait l’apparition inévitable de contrebande et, selon l’argument consacré, la traçabilité joue tout son rôle puisqu’elle permettrait de repérer facilement les paquets légitimes (ceux qui ont payé de la bonne taxe grassouillette à l’État) et les autres (les vilains paquets fraudeurs fiscaux). Or, il serait étonnant que cette société ne fournisse aucun moyen d’action aux associations anti-tabac pour renforcer la stratégie qu’elle emploie afin d’obtenir la bonne législation, celle actuellement en débat à l’Assemblée, et, par voie de conséquence, le marché public dépendant (qu’elle serait fort probablement la seule à pouvoir remplir).

Ce serait d’autant plus étonnant si l’on se rappelle qu’en France, l’actuel secrétaire général de SICPA, Yves Trevilly, est l’ancien directeur des relations institutionnelles et porte-parole de BAT (British American Tobacco), qu’il quitta en 2013 en termes suffisamment mauvais pour rejoindre sans hésiter (et assez vocalement) ceux qu’il a professionnellement combattus pendant des années, à savoir les collectifs anti-tabac.

Du coup, les allégations de Dominique Lefebvre (député PS), se plaignant devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale du lobbying intense de SICPA à l’Assemblée, donnent un éclairage intéressant des positions de Bruno Le Roux et du groupe de députés derrière lui qui insistent assez lourdement pour ce contrôle intégral de la traçabilité par un cabinet indépendant, alors qu’en général, un président de groupe majoritaire à l’Assemblée s’oppose rarement au gouvernement du même bord.

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Rassurez-vous cependant : à la suite de ces déclarations, le 12 novembre dernier, et comme s’il n’y avait absolument rien de sous-entendu, Christian Eckert — au passage, fortuitement et tant qu’à faire — a tenu à assurer n’avoir, lui, (à partir de 01:46:00 ici)

« aucun lien particulier avec tel ou tel lobby qui serait défenseur de l’industrie du tabac ni avec tel ou tel lobby qui serait à l’opposé, ni avec tel ou tel lobby industriel qui souhaiterait promouvoir tel ou tel dispositif. »

Ouf, tout va bien en République française, et personne ne pourra donc accuser qui que ce soit de quoi que ce soit. Il n’y a pas de lobbying plus ou moins subtil. Il n’y a pas de députés approchés vigoureusement par l’une ou l’autre entreprise, et les lois et décrets, les transpositions de directives se passent avec toute l’indépendance nécessaire.

Mais bon, tout de même, ça n’empêchera pas, pour des raisons évidentes de transparence nécessaire à une République irréprochable, de demander, à l’instar de Contribuables associés, quelques clarifications sur les motivations de Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’assemblée, précédemment épinglé pour avoir utilisé d’une façon franchement partisane la réserve parlementaire de son groupe. On pourra ainsi tenter de savoir pourquoi il est si catégorique sur la nécessité de confier l’intégralité de la traçabilité à un opérateur indépendant.

En tout cas, c’est une question intéressante à poser, tant que la presse est encore à peu près libre dans ce pays, ne trouvez-vous pas ?

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Source : http://h16free.com/2015/11/20/42692-paquet-de-cigarettes-neutre-une-tres-juteuse-tracabilite


Terrorisme : l’überlutte

jeudi 19 novembre 2015 à 09:00

Par Baptiste Créteur et h16

Le gouvernement, à la suite des attentats Charlie Hebdo, a impulsé tout un lot de mesures propres à augmenter la sécurité des citoyens. Les attaques suivantes, culminant en point d’orgue avec celle du Thalys, ont montré la difficulté de les faire appliquer. L’abomination du 13 novembre dernier aura marqué un point final à l’illusion : ces mesures, aussi extraordinaires et efficaces soient-elles, furent clairement insuffisantes à empêcher l’horreur.

Il faut se rendre à l’évidence : les moyens actuels de lutte contre le terrorisme sont vraiment incomplets.

cerfa contre les bobos psychologiquesLes contrôles aux frontières sont imparfaits. Ça rentre, ça sort, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tous petits riens mais à la fin, ça finit par nous claquer au museau comme une évidence populaire : c’est une vraie passoire inefficace. En réalité, pour bien faire et vous en conviendrez aisément, il faudrait qu’on connaisse à l’avance l’identité des terroristes ; sinon, ils passeront encore et encore entre les mailles du filet, comme ce fut le cas il y a quelques jours, ce qui pose à la fois un problème budgétaire (parce que tout vérifier coûte une fortune, mes amis) et un problème sécuritaire puisque tant qu’à passer une frontière, pourquoi ne pas le faire avec du matériel idoine d’éparpillement ? Et donc quoi de mieux, pour enfin savoir où nous en sommes, d’imposer un formulaire clair de déclaration de terrorisme au moment du passage à la frontière ? D’ailleurs rassurez-vous, le gouvernement a déjà compris que c’est par la réglementation, les décrets et les lois qu’ils combattrait effectivement les engeances terroristes. La République ne reculera certainement pas devant un Cerfa de plus pour assurer sa tranquillité.

Le signalement des délinquants radicalisés n’est efficace que s’ils font l’objet d’un suivi adéquat, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et rien n’indique que tous les terroristes en puissance sont déjà identifiés. Là encore, en agissant de façon proactive, on peut notoirement améliorer la situation. On peut par exemple, à chaque fois que possible lorsque le citoyen est confronté aux administrations par exemple, aux guichets de poste, lorsqu’il remplit sa déclaration d’impôts, etc… demander s’il a l’intention, dans les six prochains mois, de devenir terroriste ou de tomber dans une marre, un baril ou une piscine de radicalisme.

Il semble malheureusement évident que la surveillance généralisée des communications des citoyens ne fonctionne pas non plus. Les terroristes ont peu de chances d’être ainsi identifiés parce que ces petits filous utilisent des techniques de cryptographie ou se fondent dans le flux massif des communications. Pire : nos experts nous indiquent qu’ils communiquent parfois de vive voix, loin des murs indiscrets, des vitres transparents et des hôtels borgnes, sans avoir recours aux réseaux télécom, ce qui enquiquine pas mal les services de renseignements cantonnés à ces réseaux.

valls et la surveillance de masse

Et puis, aussi triste ceci soit à rappeler, le déploiement de forces de sécurité supplémentaires ne sera jamais suffisant pour protéger 65 millions de cibles potentielles et des dizaines de milliers de lieux sensibles, même si l’idée de transformer instantanément les Français en autant d’agent de la sûreté de l’État par une nationalisation complète et total du cheptel citoyen est très probablement caressée par quelque amusant ministre du gouvernement et très probablement chez certains politiciens avides de les remplacer.

Certes, les frappes à des milliers de kilomètres pourraient peut-être affaiblir l’État Islamique, qui a revendiqué les dernières attaques, mais l’Histoire a montré que la guerre contre le terrorisme fonctionnait assez moyennement et avait plutôt pour conséquence de renforcer la menace terroriste plutôt que l’affaiblir. Quant à vitrifier proprement un bon tiers de la planète, si l’option est clairement sur la table des stratèges de bistrot, la dure réalité économique nous oblige à rappeler que nous n’avons tout simplement pas assez de matériel fissile pour y arriver, et que les impacts négatifs (notamment en terme de réchauffement climatique) nous obligent à écarter calmement cette option.

Bref, malgré quelques options intéressantes, des initiatives hardies et une administration au top, il y a encore suffisamment d’obstacles techniques pour que la sécurité des Français ne soit pas encore pleine et entière.

privacy security

Cependant, tout espoir n’est pas perdu. À défaut de rendre leur sécurité aux citoyens, l’État français pourrait instaurer une nouvelle mesure jamais tentée auparavant, et autrement plus efficace : la nudité obligatoire et totale pour l’ensemble des citoyens.

Le citoyen honnête n’ayant par définition rien à cacher, il deviendrait de facto impossible pour quiconque de dissimuler ceintures d’explosifs, armes de gros calibre ou valise de billets.

Proposition impossible ? Et pourtant, observez la réalité et voyez que certains vêtements (voile intégral et bonnets rouges) sont dores et déjà interdits ! L’étape suivante, qui consiste évidemment à les interdire tous, tombe sous le sens, c’est une pure question de logique en plus d’être une évidence en matière de sécurité des citoyens et de sûreté de l’État : après tout, depuis les dernières lois votées, depuis les discours enflammés de nos députés rappelant combien le bien-être collectif et le vivrensemble dépendaient de notre obéissance, on nous a clairement fait comprendre que si nous n’avions rien à nous reprocher, nous n’avions pas à cacher nos correspondances privées, nos boîtes-mail, nos petites conversations sur Facebook et nos tweets parfois privés. Si on doit s’abstenir de toute pudeur pour notre vie privée, pourquoi diable en faudrait-il pour ce qu’il y a dans nos slips ?

En plus, une telle proposition dispose de nombreux avantages : outre un gain de temps très appréciable aux aéroports (et bientôt dans les gares, puisque la vibrante Ségolène Royal propose d’étendre les mesures palpatoires aux trains), elle permet à chacun de mesurer, de visu, l’hygiène et la santé de tous. Enfin, et l’argument pèse son poids en ces temps de symboles forts, tous ces corps nus, dans toute la République, c’est aussi un magnifique pied-de-nez aux intégristes qui fomentent l’opposé du vivrensemble, le vivrenburka. Que dis-je, mieux qu’un pied-de-nez, c’est un véritable acte de résistance !

captain america - liberté sécuritéPlus largement, puisqu’il semble maintenant admis que la lutte contre le terrorisme prime joyeusement sur les droits fondamentaux, que la sécurité passe avant la liberté, pourquoi ne pas y aller carrément, retirer une fois pour toute le sparadrap droit-de-lhommiste et nier en bloc, d’un coup d’un seul, les droits des citoyens, au lieu de les rogner à chaque attentat déjoué ou réussi ?

Avant d’être en charge de la lutte contre le terrorisme, l’État doit garantir les droits individuels imprescriptibles : sûreté, propriété, liberté. Imprescriptibles, sans exception. S’il doit les aliéner pour remplir ses missions, c’est qu’il a dépassé son rôle, c’est qu’il a grandi au-delà de ce qu’on attendait de lui.

Pire, cela veut dire que dans ses missions essentielles, il échoue lamentablement. Et les événements récents le confirment.

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Source : http://h16free.com/2015/11/19/42699-terrorisme-luberlutte


Made In France

mercredi 18 novembre 2015 à 09:00

Ça ne rigole plus. Certes, après les attentats de Charlie Hebdo, ça ne rigolait déjà plus du tout, alors disons que ça ne rigole plus du tout encore moins : la France, auparavant en paix mais qui menait des opérations militaires hors de son sol, est maintenant en guerre et va pouvoir mener des opérations militaires hors de son sol. Et pour ce qui est de notre sécurité intérieure, le gouvernement va nous ciseler un ensemble de mesures qui feront passer celles prises après les tueries de janvier pour des bricolages approximatifs.

Pour le moment, les contours de la bête immonde sécuritaire sont encore un peu flous, et il faudra encore un peu de temps à Maître Manuel et Chef Hollande pour bien préciser tout ça, mais déjà quelques éléments apparaissent, petits cubes flottants dans le cocktail pimenté qu’ils nous préparent à grand coup de shaker républicain. L’un de ces cubes est celui déposé par Fleur, qui n’entend pas laisser se gâcher une si belle crise : comme les citoyens, apeurés, vont probablement déserter les salles de cinéma et de spectacle, vite, dépensons l’argent des autres en créant un gros fonds joufflu pour les aider ! C’est facile, c’est l’État qui paye !

pellerin karaoke : money for nothing

Ces fonds seront apparemment dépensés en judicieuse sécurisation, les normes habituelles de sécurité ne suffisant plus : tout comme l’existence des pompiers n’empêche certainement pas de disposer des extincteurs à droite et à gauche, l’existence d’une police armée et entraînée n’empêchera donc pas de disposer de personnes armées qui … Ah, non, en fait on me fait comprendre que les fonds seront utilisés pour assurer les éventuelles annulations et éviter les difficultés économiques des petites salles, et ainsi sécuriser… la survie de ces salles. Ouf.

Ça tombe bien, ces salles seront peut-être l’occasion d’y diffuser l’un ou l’autre film d’auteur, qui poussent à la réflexion ou qui portent une vision particulière sur la société qui nous entoure.

Par exemple, ce pourrait être l’occasion d’y présenter « Made in France », le nouveau film de Nicolas Boukhrief. C’est un film intéressant parce qu’il ne parle pas, comme son titre pourrait le laisser croire, d’une romance des aventures d’Arnaud Montebourg mais plutôt des milieux intégristes de la banlieue parisienne vus à travers le regard d’un journaliste de culture musulmane infiltrant une cellule djihadiste, qui prévoit un attentat sur les Champs-Élysées, en coordination avec d’autres opérations simultanées dans la capitale.

made in france - affiche du filmCe film devait sortir ce mercredi. Les attentats du 13 novembre ont un peu changé la donne. Comme l’explique cet article du Monde, le distributeur du film, Pretty Pictures, a décidé de repousser sa sortie, possiblement en janvier 2016. Et quand il sortira, ce sera avec une autre affiche que l’actuelle, représentant une kalachnikov à la verticale devant la Tour Eiffel.

James Velaise, le président de Pretty Pictures, justifie ainsi cette sortie repoussée :

« Nous sommes sous le choc. L’idée est de faire profil bas. Les salles n’ont fait aucune pression pour retirer le film. C’est une décision que j’ai prise avec les producteurs pour éviter toute provocation. »

Au passage, l’article du Monde nous apprend que ce film, au scénario terriblement prémonitoire, n’a bizarrement pas obtenu le soutien des inénarrables organismes publics qui ont d’habitude moins de réticence à distribuer l’argent des autres. Selon le réalisateur, Nicolas Boukhrief,

« les structures de financement public sollicitées ont botté le film en touche dès les premières strates de décision, en trouvant le sujet du film bien trop anecdotique ou marginal. »

Finalement financé par M6 et tourné en octobre, il se retrouvera à nouveau en manque de fonds à la suite des attentats de janvier, et l’équipe aura dû batailler pour trouver un autre distributeur. Ce 13 novembre, la poisse s’est donc à nouveau abattue sur ce film, qui a pourtant, au-delà de sa trame presque prophétique, le mérite d’aborder aussi les mécanismes qui se mettent en place dans les banlieues, dans les cités, et qui aboutissent aux tragiques événements récents.

Mais voilà. Pour en savoir plus, il faudra attendre. Attendre même plusieurs mois, parce que montrer ce film choquerait, parce que ce qui y est décrit est trop proche de ce qu’on vient de vivre, parce que, vous comprenez, montrer une réalité comme celle-là (dont beaucoup s’accordent à dire qu’elle est assez bien documentée) n’est pas une bonne idée actuellement, et pourrait même constituer une « provocation » (selon les termes même du distributeur).

Et cette précaution n’est peut-être pas inutile, lorsqu’on voit ce qui s’est récemment passé en Belgique, pour le film « Black » d’Adil El Arbi et Bilal Fallah, qui évoque la problématique des bandes urbaines, et dont une séance a rapidement dégénéré en échauffourées. Rixes qui, au passage, ne débouchèrent sur aucune interpellation selon la police locale. Ben voyons.

Devant ce constat, on ne peut s’empêcher d’être surpris par cette société quelque peu schizoïde, qui, en l’espace de quelques heures, n’hésite pas d’un côté à jouer les gros bras liberticides en plaçant le pays en état d’urgence, en transformant son pédalophile en chef de guerre improbable, en allant bombarder de l’autre côté de la Méditerranée, et de l’autre, hésite franchement à montrer un film qui, finalement, décrit assez bien la situation. Cette société a un mal de chien à policer ses salles de cinéma, semble comme prise de panique de s’exprimer, de montrer une réalité crue pourtant existante, mais n’hésite pas une seconde à prétendre policer le reste du monde.

Cette société cherche autant à s’auto-censurer qu’à réclamer, par dessus, plus de mesures liberticides, et, somme toute, évite tant qu’elle peut de voir certaines réalités en face, notamment la plus douloureuse d’entre elles : ceux qui ont perpétré les actes immondes de vendredi dernier sont certes passés par des camps syriens, mais ils restent, directement et indubitablement, les produits des choix qui furent faits ici, en France. Je reprendrai ici un passage de la note d’intention du réalisateur, assez éclairante :

« Aujourd’hui, des jeunes gens accrochent dans leur studio des portraits de Ben Laden ou de Mohamed Merah, comme d’autres (…) des posters de Michael Jackson ou Justin Bieber. (…) de jeunes imams intégristes s’adaptent à ces nouvelles générations (…et ) vont tranquillement jouer au foot avec elles en leur demandant incidemment de “passer à la mosquée. (…) Alcool, drogue, échec scolaire, télévision, porno, chômage, sentiment de solitude. Ils savent aborder tous les thèmes actuels avec une intelligence discursive et un sens de la manipulation digne des plus grands chefs de secte. Si bien que chacun de leurs nouveaux fidèles vit sa radicalisation non pas comme un embrigadement, mais bien au contraire comme une renaissance. »

Chaque jour qui passe, la France devient une illusion, un Disneyland ou la parade des amis de Mickey, fortuitement au gouvernement, occupe les visiteurs et les employés. Derrière les décors de carton-pâte et les vitrines potemkine, on joue à être très méchant à l’extérieur, on tremble comme une feuille à l’intérieur et on tait les histoires qu’on ne veut pas entendre.

Surtout celles qui racontent la réalité.

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Source : http://h16free.com/2015/11/18/42668-made-in-france


La Loi Santé passera-t-elle pendant la minute de silence ?

mardi 17 novembre 2015 à 09:00

Ce mardi, en deuxième lecture, doit passer la Loi Santé et, hasard de l’actualité, la France est en état d’urgence. Le hasard fait parfois bien les choses.

La Loi Santé, quel vaste programme ! La presse traditionnelle a bien évoqué les actuelles tensions entre le corps médical et leur ministère de tutelle, et Contrepoints a même réalisé un important dossier à ce sujet, mais la situation n’a guère évolué ces derniers mois.

marisol touraineLes griefs des médecins à l’encontre de cette loi sont particulièrement nombreux et argumentés. « Remise en cause profonde » du système de santé français, « loi inadaptée aux vrais problèmes », les anathèmes pleuvent sur le projet et sur son porteur, Marisol Touraine, cible toute trouvée par une obstination presque suspecte à vouloir passer un texte de plus en plus controversé. On peut le comprendre : cette loi concoctée par un gouvernement en vase clos achève l’étatisation du système commencée en 1945. En généralisant le tiers-payant, déconnectant ainsi définitivement les patients du coût de leurs soins, on achève de fonctionnariser complètement les professionnels médicaux. L’avantage en termes de contrôle sur ces derniers est alors évident du point de vue de l’État qui peut enfin prétendre régler les problèmes récurrents de trous dans la Sécurité Sociale, en décidant arbitrairement des prix pour les uns et des salaires pour les autres.

Et comme pour tout marché planifié, comme pour tous prix régulés, comme pour tous salaires décrétés, on sait déjà, au vu des nombreuses expériences collectivistes partout dans le monde, le résultat auquel on doit s’attendre inéluctablement : une fois cette loi passée, les pénuries fleuriront. On observe déjà une désertification médicale, on peut déjà voir certaines carences en médicaments à certains moments de l’année, on constate déjà des queues aux urgences et du manque de personnel un peu partout ; la Loi Santé, en étatisant ce qui ne l’était pas encore, promet au moins de façon mécanique d’accroître les problèmes qui existent déjà.

À ceci s’ajoute la diminution évidente des libertés ; le « parcours de santé » était une étape, l’impossibilité de changer de mutuelle pour le salarié, au 1er Janvier 2016, en est une autre, et la Loi Santé termine la marche, avec la fanfare.

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Bref, l’histoire se répète et les Français, sous prétexte de nouveaux droits que les socialistes du cru distribuent toujours avec emphase, vont se faire gentiment pigeonner une fois encore. Et cette fois-ci, il ne leur sera même pas laissé l’illusion de pouvoir se plaindre et d’exprimer un quelconque mécontentement.

En effet, les attentats de vendredi dernier ont magistralement changé la donne.

D’une part, les actions de grève qui avaient lieu le 13 novembre ont été immédiatement interrompues : les cinq syndicats de praticiens de ville, ainsi que la FHP (Fédération hospitalière privée) avaient appelé les médecins libéraux à suspendre leurs activités et à fermer leurs établissements mais à la nouvelle des attentats de Paris, ils ont unanimement suspendu leur mouvement. Coïncidence macabre, on se rappelle que leur mouvement de grève de janvier dernier avait aussi été interrompu suite aux attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher.

D’autre part, la France, maintenant en état d’urgence, ne peut plus se permettre de divaguer en vains débats dont l’issue est déjà connue, hein, mes petits amis. Je notais hier que cet état d’urgence est fort commode pour conserver le pouvoir à tout prix et réduire au silence les opposants et les ennemis politiques du gouvernement en place. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour une démonstration magistrale de l’application concrète de cette nouvelle donne.

C’est ainsi qu’on apprend qu’en raison de la réunion exceptionnelle du Congrès lundi (hier), l’examen du projet de loi Santé à l’Assemblée a été repoussé à ce mardi. Dommages collatéraux : ceux qui s’opposaient à cette loi (au rang desquels, les médecins libéraux, on l’a vu, mais aussi les buralistes qui contestent le paquet neutre de cigarettes) ne pourront pas se rassembler aux abords de l’Assemblée lundi puisque c’est maintenant interdit. Ils ne pourront pas plus tenter de dialoguer directement avec des députés, puisqu’ils ne seront pas là.

Autrement dit, toute opposition possible à cette loi sera extrêmement feutrée, pour ne pas dire inexistante. Jouant sur les deux tableaux, celui d’un nécessaire appel à la décence qui coupera court à toute montée en tours des médecins, et celui d’une situation délicate qui ne permet pas l’organisation de la moindre manifestation, la Loi Santé passera donc sans le moindre pépiement de gêne. Bien joué.

Electric-Chair-Prout.jpgPour celui qui veut bien regarder, on voit très bien que cet état d’urgence offre un tuyau bien pratique pour faire passer un peu tout et n’importe quoi ; le pouvoir en place dispose maintenant d’un moyen simple, efficace et maintenant testé pour faire ce qu’il veut. Comme, de surcroît, il n’a jamais brillé par ses scrupules ou une morale irréprochable, on le voit mal s’empêcher de l’utiliser à présent, faisant subitement preuve d’une conscience qu’il n’a jamais démontrée avant. Autrement dit : attendez-vous à d’autres surprises sur le même mode décontracté.

Ici, je sais que certains n’hésiteront pas à trouver mesquines ou déplacées les bisbilles des médecins, et très nauséabonde la politicaillerie qui accompagne cette loi Santé alors que Paris et la France pansent leurs blessés et pleurent leurs morts. Bien sûr, il ne faut pas perdre de vue l’horreur de ces attentats qui, en contraste de ces mondanités législatives un peu embarrassantes, donnent à toute réflexion sur ces dernières une couleur de futilité. Soit.

Cependant, je dois noter deux choses :

D’une part, il est pour le moins particulièrement cavalier que la République récompense le travail et l’abnégation des personnels de soin lors des épreuves que nous venons de traverser, leur dévouement à leur métier, en faisant passer ainsi une loi les concernant directement et à laquelle ils sont justement majoritairement opposés. Plus qu’une maladresse, on frise une nouvelle provocation.

D’autre part, je ne peux m’empêcher de penser que ces politicailleries, et le prétexte de l’état d’urgence pour éliminer les débats, sont comme des petits coups de canif répétés et systématiques dans le dos des Français et qu’ils participent grandement à l’érosion complète de la démocratie française et de la crédibilité des politiciens au point que plus personne ne puisse réellement leur faire confiance. Si, sur le court terme, la gravité des actes perpétrés le vendredi 13 novembre ne fait pas l’ombre d’un doute, sur le long terme, les actes qui sont posés maintenant par les actuels dirigeants auront des conséquences plus graves encore, et avant tout pour les Français eux-mêmes.

À ce train-là, on peut raisonnablement s’interroger sur la façon dont peuvent tourner les prochaines élections, voire se demander si elles auront lieu.

Mais allons donc. J’exagère, c’est évident.

mst-hm

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