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Un petit peu de violence

jeudi 11 juin 2015 à 09:00

Aujourd’hui, je vais vous parler violence. Violence en vrac, violence mal gérée, violence républicaine voire endémique, bref, de la bonne violence comme notre pays semble maintenant mûr pour en distiller à chaque coin d’une notule journalistique crapuleuse. Mais surtout, je vais parler d’actes violents dont les motivations supportent mal d’être mises côte-à-côté, parce qu’elles heurteront inévitablement la sensibilité des plus bisounours d’entre nous.

Tenez, prenez de la violence standardisée, celle qu’on trouve maintenant de façon assez commune dans les banlieues françaises, ces banlieues dont on croirait qu’elles ont été cultivées exprès pour ça, avec la dérive complète des élus locaux les arrosant d’aides publiques pour acheter une paix factice, une société devenue bien trop permissive entraînant une police beaucoup trop nerveuse et consciente de l’inutilité de sa présence ou de son travail. Laissez pourrir quelques décennies. C’est facile, c’est avec l’argent des autres (il y en a plein) ou la dette sur les générations futures (c’est facile, ils gueuleront trop tard). Puis faites monter en sauce avec un événement à la fois banal et violent. Cela peut nécessiter un transformateur électrique un peu trop facile à visiter, ou un platane malencontreusement présent dans une courbe.

Recette efficace : quelques jours de violence suivront et de nombreuses voitures seront brûlées, comme ce fut le cas à Tourcoing la semaine dernière.

Notez le traitement médiatique particulièrement modeste de la presse nationale, qui commente cette actualité comme elle le ferait d’une météo agitée : des voitures ont brûlé (pouf, comme ça, la foudre sans doute), mais c’est l’accalmie, voire le reflux des violences comme celui d’une marée dans son étiage normal. N’en parlons pas (ou pas trop).

En revanche, cette même presse aura fort à faire lorsqu’il s’agira de rapporter les abominables souffrances endurées par les immigrés clandestins lorsque la police sera intervenue pour les déloger de leurs campements sauvages. Là encore, notez (comme le fait d’ailleurs Corto sur son blog) qu’on les appellera « migrants » plutôt que clandestins et qu’on insistera sur la violence des policiers, au besoin en utilisant le mot « rafle » qu’on sait venu d’un autre siècle plein d’heures sombres, parce qu’après tout, s’il y a bien un problème en France, c’est que le pays tourne à la violence policière comme à Ferguson, voyons. Si si, tout le monde le sait.

méchantes fleurs

Notez enfin que la presse ira bien vite interroger les uns et les autres sur leurs pertinents avis (forcément pertinents) et sur les fonds qu’il va falloir mobiliser pour lutter contre ces dérives, ce fléau, ces souffrances.

Vous trouvez l’écart de traitement entre ces deux formes de violence étonnant ? Allons. Ressaisissez-vous, morbleu !

Pour une autre forme de violence, on pourra parler de celle, régulière, qui ne déclenche pas de réaction des témoins autour (vilains, vilains témoins apathiques !).

En son temps, Laurence Rossignol, alors sénatrice, avait été toute émue de cette léthargie citoyenne : s’étant fait dérober de l’argent alors qu’elle venait de le retirer au distributeur, la sénatrice poursuivant son voleur s’était scandalisée de l’absence totale de réaction des témoins pourtant nombreux autour d’elle. À l’époque, je remarquais que, justement, une réaction de la part d’un quidam aurait probablement signifié pas mal d’ennuis pour ce dernier. Plus récemment, une agression dans le métro de Lille avait défrayé la chronique pour des raisons similaires. Les méchants ne sont décidément pas en voie d’extinction puisqu’il y a quelque jour, rebelote, l’un d’entre eux violait une étudiante dans un train et profitait ainsi de la passivité des voyageurs.

laurence rossignol

Oh, mais, que vois-je ? Regardez ici une autre louchée de violence, cette fois-ci avec un fêtard qui tente d’agresser sexuellement une femme endormie sur une banquette de discothèque. Surprise, Arnaud Gonnet, un père de famille, réagit, s’interpose fermement mais sans violence au départ, se prend tout de même un bourre-pif du tripoteur pas honteux pour un sou, contre-attaque donc et … fracasse l’impétrant. L’agresseur confronté aux risques de ses comportements décidera bien évidemment de porter plainte pour coups et blessures contre Arnaud.

Sans surprise (et avec un petit coucou pour Laurence Rossignol qui continue actuellement ses exactions au gouvernement), la Justice condamne l’honnête (mais trop impulsif) père de famille à deux mois de prison avec sursis, pendant que l’agresseur, lui, s’en prend quatre.

Ce pourrait être un jugement à la Solomon si le message ainsi envoyé ne corroborait pas exactement les remarques que je faisais il y a deux ans lorsque la pauvre sénatrice Rossignol découvrait la dure réalité de la vie en République Française : au-delà du discret appel téléphonique aux pompiers (la police ne répond plus, elle est débordée par la protection des VIP républicains), mieux vaut largement ne rien faire lorsqu’on est témoin d’une carabistouille criminelle. Bien sûr, cela n’est vrai que pour le Français moyen. Le citoyen Modèle Supérieur, lui, saura parfaitement garder son sang-froid et doser sa réponse pour la garder parfaitement proportionnelle à l’agression. Seul souci : on n’en trouve plus en rayon, les stocks ont été consciencieusement détruits par une société plus du tout d’accord avec eux.

méchante méchante légitime défense

Tout ceci n’est pas simple.

Tout comme il est difficile d’y voir clair dans ce qu’il convient de penser et de faire à tel point que la définition même de Camp du Bien devient fuyante, tout comme il devient particulièrement complexe de déterminer ce qu’est, exactement, une république exemplaire qui ne comprendrait pas de repas au Fouquet’s mais pourrait s’autoriser des allers-retours footballistiques en Falcon, il devient finalement impossible de déterminer exactement à quelle sauce la Justice va gober du citoyen. Il devient impossible de savoir s’il existe vraiment une défense légitime, ou si, plus simplement, il faut juste subir et fermer sa gueule.

Et à cette confusion déjà grande d’une Justice illisible par le citoyen pour lequel elle est normalement rendue, s’ajoute celle d’une presse tout aussi illisible qui opère manifestement plus souvent comme un filtre déformant que comme une source équitable d’information. C’est finalement elle qui décidera de monter en épingle (ou pas) certains événements plutôt que d’autres ; c’est elle qui favorisera certains discours politiciens gluants de démagogie par des lâchers réguliers de gros micros mous sous leurs nez turgescents ; c’est cette même presse, perdue dans un siècle révolu et ivre des importantes subventions qu’elle reçoit, qui croit toujours qu’elle éclaire son lectorat de sa sagesse et de la finesse de ses analyses, et c’est donc elle qui peut se permettre de définir ce qu’il convient de penser ou ce qu’il est bon de fustiger en dodelinant du chef.

Je résume : les politiciens font tout et son contraire ; la Justice distribue ses verdicts comme un malade de Parkinson des tic-tacs goût foie de morue ; et là-dessus, la presse boucle le tout de ses analyses ineptes et de ses sermons moralinés. Pas de doute : ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/06/11/39766-un-petit-peu-de-violence


Snowden : les rapports de forces commencent à changer

mercredi 10 juin 2015 à 09:00

L’avantage avec les lois floues votée par une bande de députés pleutres et trouillards, c’est qu’elles offrent déjà pas mal de latitudes d’interprétation pour faire un peu tout et n’importe quoi. Si on y ajoute les amendements de sénateurs veules et pétochards, c’est carrément open bar sur les libertés des citoyens. Heureusement, la Patrie des Droits de l’Homme est au-dessus de ça.

Et c’est donc à pas guillerets qu’elle se lance dans la belle aventure de mettre en pièce la vie privée de ses citoyens, par le truchement d’une Loi Renseignement aussi pratique … que floue, justement. C’est ainsi qu’on découvre, écœurés mais pas surpris, les manœuvres bien visqueuses de nos sénateurs, collectivistes assumés ou inconscients, pour étendre les effets de la loi bien au-delà des domaines pourtant déjà vastes qu’elle couvrait déjà.

Cette fois-ci, nos petits amis l’ont donc tripoté discrètement pour justifier l’utilisation des outils de surveillance envisagés même dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon. Oh ! Et dire que ces benêts de citoyens croyaient que cette loi se contenterait de lutter contre le terrorisme ! Qu’ils sont naïfs ! Et non, ce n’est pas un poisson d’avril. Et oui, bien sûr qu’on va profiter de cette loi pour y inclure la « défense » ou la promotion des intérêts économiques et scientifiques de la France ! Quand on voit la liste des domaines couverts, on comprend qu’à part la chambre à coucher (et encore), le Français post-Loi Renseignement n’aura pas grand chose à envier avec l’Allemand de l’Est pré-Chute du Mur : en plus d’une évidente mais floue sécurité nationale, on trouve les « intérêts essentiels de la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux », les « intérêts économiques et scientifiques essentiels », la « prévention du terrorisme » (en quatrième position seulement), ainsi que de la criminalité, de la délinquance organisées, des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique (incluez « manifestations avec poussettes », je suppose), et bien sûr l’indispensable prévention de « la reconstitution ou du maintien de groupement dissous en application de l’article L. 212-1″ (i.e. les groupements politiques du Camp du Mal dissouts par le pouvoir). Il ne manque plus que la prévention des actes délictueux en voiture ainsi que celle des actes répréhensibles en matière de mangibougisme et on aura à peu près fait le tour.

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Il devient difficile d’ignorer l’espèce de surenchère malsaine dans laquelle se sont lancés l’exécutif et le législatif français. Pendant que le premier réclame de la coercition, de l’interdiction et de la régulation aussi fort qu’il le peut, le second les lui accorde à un rythme jamais atteint jusqu’à présent, le tout sous les yeux médusés d’une frange des citoyens un minimum conscients, et l’impavidité presque cadavérique d’une presse nationale subventionnée le petit doigt sur la couture.

Edward_Snowden_2013-10-9_(1)_(cropped)Dès lors, on ne peut que s’interroger sur l’optimisme assez spectaculaire dont fait preuve Snowden dans sa dernière tribune, parue très récemment. Dans cette dernière, il note l’évolution rapide de l’opinion mondiale vis-à-vis de cette surveillance généralisée mise en place par les différents gouvernements, et en premier chef l’américain auquel il est directement confronté : pour lui, en seulement deux années, on est passé d’une situation où il était considéré comme un traitre à sa nation, à une situation où le public, averti des pratiques de la NSA, prend conscience de l’espionnage permanent auquel il est soumis, et se déclare de plus en plus ouvertement contre.

Et s’il convient aisément qu’en dehors des États-Unis,

« les chefs des services secrets en Australie, au Canada et en France ont exploité des tragédies récentes afin d’essayer d’obtenir de nouveaux pouvoirs intrusifs, malgré des preuves éclatantes que ceux-ci n’auraient pas permis d’empêcher ces attaques »

… montrant en cela que l’opinion reste facilement manipulable par des événements dramatiques, il termine tout de même en notant de façon optimiste que

les rapports de forces commencent à changer. Nous assistons à l’émergence d’une génération post-terreur, qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière.

(Les gras sont de moi.) Devant les gesticulations sénatoriales évoquées en début de billet, les déclarations de Snowden peuvent paraître surprenantes. Et pourtant, il n’a pas tort.

shocked lolcat

Il n’a pas tort, parce qu’en effet, de plus en plus de citoyens se rendent bien compte du décalage énorme qu’il y a entre les motifs invoqués par ces lois d’espionnage et les motivations réelles de ceux qui les poussent.

Il n’a pas tort parce qu’en effet, certains politiciens, sentant le vent tourner en faveur d’une lutte contre ces dérives, prennent la parole et montrent un courage qu’on n’aurait pas imaginé il y a quelques années de cela.

Il n’a pas tort parce qu’à mesure que tous les citoyens s’informent, ils se rendent compte que l’État ne peut pas, devant l’énormité des masses de données qu’il prétend filtrer, repérer ce pour quoi il a été mandaté, et qu’il amasse donc des données pour d’autres buts, peu avouables ou carrément scandaleux.

Il n’a pas tort d’être rationnellement donc modérément optimiste parce qu’en réalité, l’État perd pied : il veut tout contrôler, mais il est coincé entre deux réalités. D’un côté, il ne peut par nature réagir aussi vite qu’il le voudrait à l’introduction de technologies et de méthodes toujours nouvelles, toujours plus sophistiquées, à la myriades de contournements que des millions de cerveaux indisciplinés s’emploient à trouver contre les moyens, forcément limités, dont il dispose. L’État obèse n’est ni suffisamment souple, ni suffisamment agile ou léger pour bondir sur chaque nouvelle idée qui vise à se passer de lui ou à le contourner. Et de l’autre côté, il doit donner le change pour justifier son existence et des ponctions toujours plus grosses, tout en garantissant (ou en faisant semblant de garantir) la sécurité et l’intégrité des citoyens qui l’ont désigné responsable.

Et confronté à ces deux positions, il se prend les pieds dans ses propres lois, notamment celles issues du désir d’endormir la méfiance des citoyens à son égard. La transparence dont les politiciens se gargarisent est maintenant un motif légitime pour chercher à savoir ce qui se passe dans le ventre du Léviathan. C’est même une raison officielle reconnue par l’administration d’accéder aux données publiques, ce qui donne de croustillantes situations où l’État doit alors tout faire pour – par exemple – cacher ses partis pris dans le calcul de l’impôt

Oui, Snowden n’a pas tort : les citoyens changent doucement de point de vue concernant ce qu’ils tolèrent de la part de l’État. Certes, en France, la soumission est telle qu’il faudra encore du temps pour que se remarque un réel mouvement de défiance contre l’État. Mais là encore, l’attitude habituelle de tout l’appareil étatique français pourrait aider à déciller les yeux des Français : en effet, l’administration, son énarchie et sa brochette de politiciens maintenant très détachés du peuple ont largement acquis des réflexes de survie typiques des castes en fin de règne, comme le culte du secret, l’espionnage du peuple et les tentatives pathologiques de contrôle…

Autrement dit, oui, la France va au devant d’une tempête d’espionnite, de contrôles, de régulations malsaines et de lois invasives. Mais chaque jour qui passe, cette espionnite, ces contrôles et ces régulations que l’État met en place semblent plus ridicules, plus inutiles et plus délétères pour l’État lui-même. Oh, l’agonie sera sans doute longue et pénible, mais la fin de l’État obèse est inéluctable.

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Source : http://h16free.com/2015/06/10/39718-snowden-les-rapports-de-forces-commencent-a-changer


Visites de « courtoisie » en Socialie inquisitoire

mardi 9 juin 2015 à 09:00

Comme le terrorisme est potentiellement partout, il faut bien que le gouvernement veille. Pas question de laisser les choses tourner au vinaigre, ce serait humainement et surtout électoralement dangereux. Une belle loi Renseignement a d’ailleurs été mise en place pour enfin rendre légal l’espionnage à grande échelle.

Et n’oubliez pas : le terrorisme se cache partout. Vraiment partout !

ninjas terrorists are here

Il se cache par exemple dans les spectacles d’humoristes douteux. Heureusement que des associations humanistes veillent et combattent d’arrache-pied ce genre de dérives.

Le terrorisme est fourbe : il se cache dans les billets de banque que vous utilisez tous les jours. Heureusement, le gouvernement veille et est entré en lutte contre ce vecteur abominable de méchanceté.

Le terrorisme est inique : il utilise tous les moyens pour distiller des messages séditieux contre le vivre-ensemble. On savait que certaines images (des chatons, par exemple) pouvaient transporter cachés des plans d’explosifs ou d’opérations abominables. On découvre que cette même sédition, ce même esprit malsain se love jusque dans nos timbres pour égorger nos effigies et nos Mariannes. Heureusement, la Poste veille et ne laissera pas passer tel affront, saura mobiliser la Justice pour une si grave déviance !

Mais surtout, le terrorisme a planté des graines partout, en chacun de nous, ou, en tout cas, en chacun de ces gens étranges qui ont décidé de prendre leur auto-défense au sérieux, de ne pas rester désarmé face aux menaces, et qui ont poussé l’absurdité jusqu’à s’armer eux-mêmes, comme le font d’ailleurs les terroristes (et ce n’est pas une coïncidence, malheureux !).

Heureusement, la préfecture veille aussi.

visites courtoises de la policePour bien vérifier que les détenteurs d’armes à feu disposent d’un coffre-fort ou d’une armoire forte pour ranger leur arsenal, les membres des forces de l’ordre en viennent à débarquer chez l’habitant plus ou moins à l’improviste. Apparemment, et comme en témoigne la lettre ci-contre (cliquez dessus pour l’agrandir), le Sous-Préfet de Douai demande de façon régulière que ces vérifications de détention soient menées auprès des détenteurs à titre sportif.

Bizarrement, confrontés au débarquement à l’improviste d’agents en civil leur demandant accès à leurs armes, les citoyens concernés ne se sont pas laissés faire, et les impétrants ont même été jusqu’à s’assurer de l’identité des zélés vérificateurs envoyés par le diligent sous-préfet. Sapristi, voilà que des gens, en France, refuseraient l’accès de leur domicile à la maréchaussée ? Comment cette atteinte au vivre-ensemble est-elle possible ?

Sauf qu’en l’occurrence, un coffre ou une armoire-forte n’est pas obligatoire pour une arme de catégorie C ou D1, que la visite proposée est illégale tant qu’elle n’est pas accompagnée d’une commission rogatoire ordonnée par un juge d’instruction, ce qui en ferait une action de police judiciaire, et que, à ce propos, le préfet ou le sous-préfet n’ont de compétences qu’en police administrative.

Oui, vous avez bien lu deux choses : d’une part, au moins une sous-préfecture est en train de se livrer à des opérations de police invasive et de s’occuper de quelque chose qui n’est pas directement de sa compétence, et d’autre part, elle le fait en violant la loi et en la faisant violer par des forces de l’ordre qui n’en demandent certainement pas tant pour continuer à conserver l’excellente opinion que les citoyens ont d’elle.

Tout ceci s’inscrit, je vous le rappelle, dans cette ambiance détendue et joyeuse où le gouvernement s’occupe de plus en plus de nous, au plus près, et montre des signes évidents d’inquiétude lorsque certains tiennent absolument à discuter librement sur internet, au point de mettre en place des brigades d’intervention et d’agit-prop d’anti-propagande sur les intertubes.

Certes, il faudrait du mauvais esprit pour y voir autre chose qu’un peu de zèle de la part du sous-préfet de Douai (si des lecteurs ont eu vent de pratiques similaires ailleurs, qu’ils me fassent savoir). Mais on ne peut s’empêcher de penser que tout ceci ressemble de loin à un fichage supplémentaire actif et précis de cette frange de la population qui aurait les moyens, le cas échéant, de sortir armée. Fichage qui, même s’il n’est pas du tout dans les habitudes de nos amis socialistes (nationalistes ou non), présagerait d’un nouveau raffermissement des lois actuelles en matière de détention d’armes, dont – je le rappelle à tout hasard – les terroristes sont friands. Mais baste, après tout, tout le monde sait que le contrôle des armes, ça marche.

Gun Control : it works !

Il y a quelques mois, le pays avait failli sombrer dans la caricature l’absence de gentillesse et de solidarité à la suite d’un acte que tous les politiciens s’employèrent ensuite à essayer de comprendre. Le résultat de leur réflexion n’a pas tardé à se mettre en place, et les citoyens français ont d’un coup découvert un pays foutrement Charlie.

Petit à petit, chaque latitude laissée aux déviants, aux mal-pensants, aux individus trop indépendants fut proprement réduite jusqu’à disparition ; chaque excès de liberté fut prestement restreint et rapidement régulé, comme fut étouffée chaque tentative de contrer les belles avancées de la République vers une France apaisée à coup de Lexomil en doses chevalines.

La plupart des citoyens n’y virent que du feu, voire de la guimauve : le gouvernement veillait enfin à leur sécurité, à leur tranquillité d’esprit ! Et celles-ci méritaient amplement qu’on sacrifiât un morceau de cette encombrante liberté d’expression, un gros bout d’une vie qu’on ne voulait plus privée de l’œil inquisiteur protecteur du Grand Frère étatique.

Bientôt, il ne fut plus vraiment question de contester un pouvoir que tout le monde trouvait certes grotesque mais suffisamment rigolo pour le laisser agir. Il ne fut pas plus question de discuter les myriades d’interdictions qu’il plût à gouttes fines mais constantes sur le peuple, puisqu’après tout, c’était pour son bien.

Et lorsqu’enfin, on interdit le cash (pour lutter contre les terroristes et les mauvais citoyens qui travaillent au noir, bien sûr), qu’on pourchassa les détenteurs de métaux précieux, qu’on prohiba l’auto-défense (devenue inutile dans une société rendue mortellement ultimement calme) et qu’on retira les armes des mains de tous ces dangereux psychopathes prétendument amateurs ou collectionneurs, alors enfin, le pays trouva le calme et la paix auxquels il aspirait tant.

Et tout fut parfait dans le meilleur des mondes.

gun control if you have the gun

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Source : http://h16free.com/2015/06/09/39691-visites-de-courtoisie-en-socialie-inquisitoire


Les pastilles de Mamie Ségolène

lundi 8 juin 2015 à 09:00

Les idées gouvernementales ont toujours une belle vie en France, surtout lorsqu’elles sont complexes et rapportent de l’argent. La vignette auto, introduite en 1956 par un État à sec mais toujours généreux avec l’argent des autres, avait réussi à durer jusqu’en 1999, après plus de quarante années de ponctions des conducteurs. Abandonnée ensuite, elle fut vite remplacée par la « Pastille Verte » pour les véhicules jugés plus écologiques, pendant les années 2000. Avec l’approche du Sommet De La Dernière Chance Avant Apocalypse Climatique Finale en décembre à Paris, il aurait été dommage de ne pas remettre cette fameuse pastille au goût du jour. Rassurez-vous : Mamie Ségolène y a pensé pour vous.

Et c’est qu’elle les aime, ses petites pastilles, au point d’en avoir multiplié les parfums et les usages. C’est ainsi que dès le 1er janvier 2016, on va pouvoir arborer l’une des six vignettes de couleur et numérotées de 1 à 6 sur le pare-brise de sa voiture qui brûle du pétrole, ou pouvoir se la péter avec un macaron gris, sans numéro, lorsqu’on a le privilège de rouler en voiture qui brûle des subventions. Concrètement, cela donnera ce qu’on peut voir ci-dessous.

Les jolies pastilles de Mamie Ségolène
Les jolies pastilles de Mamie Ségolène

Bien évidemment, le but de l’opération est de bien distinguer le niveau d’agression insupportable que vous faites subir à l’environnement, pour adapter la punition la contribution du pendard conducteur. En substance, et si l’on passe rapidement sur le « Crit’air » qui nous rappelle les meilleures saillies de nos amis les LOLcoiffeurs, on peut interpréter ces coloriages ministériels ainsi :

pastilles écohypocrites

Flutalors, tout n’est pas simple dans le monde merveilleux de l’écologie appliquée. En effet, chaque pastille est attribuée en fonction de l’âge du véhicule, sur le principe que plus un véhicule est ancien, plus il pollue. Dès lors, et même si, comme le rappelle Ségolène, il s’agit de ne surtout pas pointer du doigt les gros cochons de pollueurs, le véhicule qui arbore fièrement une pastille se verra bénéficier d’un certain nombre de facilités conditionnées aux règles instaurées par chaque commune. Plus la pastille est verte, plus les facilités seront larges, on suppose. Et toujours sans pointer du doigt les gros cochons, on comprend que celui qui affichera une vignette marron ou — pire encore — pas de vignette du tout aura quelques petits soucis à circuler dans certains endroits. Sans être pointé du doigt, bien sûr, n’est-ce pas. Ahem.

Le hic, bien sûr, c’est que Ségolène est une politicienne qui sait pertinemment que la réintroduction d’une nouvelle vignette risque de laisser un goût amer dans la gorge de tous ceux qui croyaient être enfin débarrassés de ces encombrants autocollants sur leur pare-brise. Elle a donc immédiatement précisé que, pour éviter toute méchante stigmatisation du conducteur qui n’est plus dans l’air du temps, les pastilles seront apposées sur une base volontaire. Pastille facultative, donc, mais certainement pas gratuite puisqu’elle sera facturée 5 euros six mois après le lancement de la mesurette. J’ai comme une idée que les pastilles les plus sombres ne trouveront guère preneur, même sur eBay.

L’autre hic, plus drôle encore, est que la propreté supposée d’un véhicule dépendant de son âge, ce sont encore une fois les conducteurs les plus modestes, qui ont des véhicules qui commencent à dater un peu, qui se retrouveront mécaniquement désavantagés par la mesure. L’hypocrisie du dispositif apparaît en outre dans toute sa splendeur lorsqu’on note qu’il n’y a finalement aucun rapport entre les catégories de pastilles du ministère de l’Écologie et celles des malus écologiques tabassant certains véhicules, mis en place par le ministère de l’Écologie. Le choc sera grand quand les deux services responsables de ces deux systèmes vont se croiser dans les couloirs du ministère pour en discuter et se rendre compte qu’ils travaillent tous au même endroit.

mamie ségolène reprendrait bien une petite pastilleEn outre, lorsque le système facultatif aura montré ses limites, on peut imaginer sans trop de mal qu’il passera à l’obligatoire, comme c’est si délicieusement le cas en France pour à peu près tout dès lors que ça peut rapporter des picaillons dans l’escarcelle toujours vide de Gouvernemaman. Nous aurons alors l’opportunité de découvrir, dans nos rues, sur nos avenues, des véhicules dont un nombre considérable sera frappé du sceau de l’infamie (une vignette sombre sur le pare-brise). La réalité d’une paupérisation du parc automobile français (et des Français en général) risque bien de se voir comme le nez au milieu du visage.

Ce n’est, du reste, guère étonnant : la France présente le profil d’un marché automobile de pays pauvre, où les petites voitures d’entrées de gamme sont les plus nombreuses.

Étonnamment, pendant que certains pays sortent du tiers-monde, la France, apparemment blasée de sa richesse, fait le trajet inverse… Et les agitations spasmodiques de ses gouvernants n’y sont pas pour rien. La multiplication des normes idiotes, des pastilles débiles et autres éco-labels survitaminés et si puissamment invasifs ajoutent des millions de grains de sable dans les rouages d’une économie qui tournait déjà au ralenti. Parce qu’en plus, une fois que tout le monde aura collé niaisement des petits stickers colorés sur le pare-brise de sa voiture pour indiquer avoir correctement choisi la Voiture Bisou Compatible désignée officiellement par le gouvernement, il faudra se pencher sur les motos, les camions, puis, rapidement, sur les transports en commun (ce qui promet quelques bons moments de LOL), et enfin, tous ces méchants équipements ménagers qui, eux aussi, méritent amplement d’être pastillés.

Bien sûr, cela existe déjà pour les machines à laver, mais ce n’est pas une raison pour s’arrêter là ! Haut les cœurs, on doit facilement pouvoir englober des douzaines d’autres appareils dans ces mesures pastillantes pour les rendre enfin officiellement éco-gentils sous peine d’être interdits ! Il faut en finir avec le terrorisme écologique des smartphones qui polluent, des ordinateurs pas assez éco-conscients, des télévisions bio-incompatibles, des tablettes qui sont à E sur l’échelle de consommation (oh, les vilaines !) et pourquoi pas, les connexions internet qui s’empiffrent de kilowatts fossiles !

C’est décidé, pastillons à tour de bras ! Les voitures ne sont qu’une étape et dans quelques mois, quelques années tout au plus, la gommette pas stigmatisante mais bien qualifiante étendra son règne sur la création humaine !

Youpi ?

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Source : http://h16free.com/2015/06/08/39635-les-pastilles-de-mamie-segolene


Mille mercis à la SNCF !

dimanche 7 juin 2015 à 11:00

Ah, la SNCF ! À lire les nombreux articles de presse, les plaintes récurrentes d’associations d’usagers (usagés ?), les épais dossiers concoctés par les journalistes (et la présente enquête de Contribuables Associés n’y échappe pas), on en vient assez vite à croire que la Société Nationale des Chemins de Fer est une plaie, un de ces maux insupportables que la société française se doit de supporter sans même pouvoir grincer des dents. À en croire tout ce monde, si la SNCF devait être résumée en une phrase, celle-ci serait écrite avec des mots découpés dans un journal, remplie de mots grossiers, collés de travers sur une carte postale défraichie arrivée froissée avec quinze ans de retard à son destinataire.

La barque, ou plutôt le tender, ici, est chargé. Et lister l’ensemble des problèmes que trimballe, fort péniblement, la société publique de transports ferroviaires ressemble chaque jour un peu plus à une séance de tir sur la proverbiale ambulance.

Le Train Français, un Grand Bon En Avant !
Le Train Français, un Grand Bon En Avant !

Pourtant, ce serait malhonnête d’oublier tous les bons côtés de la SNCF. Ce serait même dommage d’omettre tous les aspects bénéfiques que l’entreprise nationale aura permis de développer grâce à son mode de fonctionnement et de management si particulier, qui font vraiment de l’exception française une réalité reconnue de tout le reste du monde.

Et des aspects bénéfiques, il y en a.

Prenez les horaires, rarement tenus. Eh bien grâce à eux, les entreprises ont appris à s’adapter à tout ; si c’est bel et bien un facteur de stress supplémentaire, c’est aussi une méthode (pas très agréable mais diaboliquement efficace) pour forcer ces entreprises à penser à toutes les redondances possibles dans leurs chaînes logistiques, à ne surtout pas les faire reposer uniquement sur les services souvent calamiteux fournis par la SNCF ou ses amusantes filiales, ou encore à proposer aux employés-clés des solutions nombreuses de télétravail, les rendant moins sensibles à ces variations d’horaires, dont la société nationale n’est jamais responsable (pardi !).

Les grèves ont poussé les uns et les autres à trouver d’efficaces systèmes de contournement. Entre la marche, le vélo ou la voiture, on ne compte plus le nombre de Français qui grâce à la SNCF, ont durablement appris à se passer de ses services.

Et bing le train !De ce point de vue, ses tarifs illisibles et prohibitifs, ainsi que la fermeture régulière de petites lignes inter-régionales, ont permis l’émergence d’une concurrence solide et directe de la voiture et de l’avion. C’est ainsi que les low-costs se sont développés précisément pour proposer un prix inférieur à celui des trains : bien qu’élevés, ils restaient inférieurs à ceux des lignes régulières. Et même lorsque les compagnies aériennes régulières parvenaient à s’aligner avec les tarifs de la SNCF, leur éloignement des centres-ville jouait en leur défaveur. Il fallait un prix franchement inférieur pour justifier l’avion plutôt que le train. Dans ce cadre, le temps que la SNCF a mis pour comprendre sa clientèle aura laissé une marge de manœuvre décisive aux compagnies aériennes à bas coût dont on connaît, maintenant, la réussite. A posteriori, ces compagnies peuvent dire merci à l’entreprise nationale.

En outre, le développement du covoiturage doit beaucoup au fléau SNCF. Blablacar est un concurrent direct de la SNCF (cette dernière s’en plaint même) et cette société constitue une alternative solide qui n’aurait pu émerger dans un contexte où le train serait rapide, ponctuel, efficace et bon marché. À la limite, les Français peuvent clairement bénir la SNCF pour ce gain en autonomie insoupçonnable qu’ils auront développé, contraints et forcés, grâce aux surprises permanentes que leur a imposées l’entreprise publique.

Et comment oublier que ces grèves, et ce covoiturage sont un vecteur évident de lien social ? Combien de couples se seront formés grâce au covoiturage ? Combien d’usagers ulcérés et de consommateurs bafoués auront appris à former une association loi 1901, à rassembler leurs innombrables plaintes et à rediriger leurs multiples frustrations par des actions de groupe ? N’y-t-il pas là autant d’opportunités pour les Français de se parler, de se grouper, de se retrouver et de discuter pour savoir comment se passer de la SNCF, ou en obtenir réparation ?

Enfin, cette multiplication des grèves et des incidents de travail permettent de diffuser une image assez exacte et de plus en plus précise de la valeur des syndicats de la maison.

Qui aurait cru, il y a trente ou quarante ans, que ces syndicalistes se battraient pour le maintien, à tout prix, d’une liste d’avantages de plus en plus en décalage avec les réalités que connaissent les Français du secteur privé ? Sans la multiplication de leurs actions souvent iniques ou scandaleuses, qui aurait pu croire que ces syndicats roulaient non sur des rails, mais sur l’or et sur les riches dotations que l’entreprise leur octroyait pour assurer une (toujours plus fragile) paix sociale ?

Bactéries de Syndicalus Profitans

Ainsi, chaque nouveau conflit, chaque nouveau jour d’arrêt de travail pour des demandes toujours plus révoltantes ou loufoques, auront augmenté le nombre de contribuables et d’usagers de leurs sévices décidés à leur faire rendre gorge. Chaque entreprise qui aura mis la clef sous la porte par la faute, directe ou indirecte, de l’un de ces conflits à rallonge de la SNCF, c’est autant de salariés et de patrons marqués à vie par l’idée qu’une privatisation de tout ce bazar s’impose au plus vite. Chaque étudiant qui aura loupé son examen ou son concours parce qu’arrivé en retard (ou pas du tout) suite à « un mouvement de grève d’une certaine catégorie de personnel roulant », c’est autant de personnes dont la vie, dramatiquement impactée, ne versera pas une larme lorsqu’il s’agira de démanteler cette entreprise.

Alors oui, certes, la SNCF apporte presque tous les jours son lot de misères à ceux qui doivent en devenir l’usager. Mais comme le dit l’adage, les poisons qui ne tuent pas rendent plus fort. En matière de transports, grâce à la SNCF, les Français sont devenus des demi-dieux.

Merci à la SNCF !
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Ce billet a servi de chronique pour les Enquêtes du Contribuable

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Source : http://h16free.com/2015/06/07/38595-merci-a-la-sncf