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Valls admet le tabassage fiscal, mais ne compte pas y remédier.

mardi 27 octobre 2015 à 09:00

Fin 2013, à l’approche des municipales 2014, on pouvait entendre quelques vagues regrets monter de la part d’un gouvernement qui sentait bien que la populace en avait ras le bonnet rouge des vexations fiscales. Chaque membre du gouvernement avait alors fait assaut d’imagination pour expliquer le besoin, forcément républicain, d’un vrai bon gros consentement à l’impôt. Comme par hasard, à l’approche des régionales 2015, on assiste, pas franchement étonné, au même petit couplet bonimenteur, avec les variations éventuelles du moment.

Et c’est à Valls, le seul Manuel d’un gouvernement d’intellectuels épatants, que revient donc la tâche d’expliquer avec le minimum de componction feinte les conséquences désastreuses des derniers efforts des socialistes pour aspirer l’argent des poches des contribuables. Lors d’un débat organisé par le Club de l’Économie du quotidien Le Monde (ne riez pas — après tout, cette rédaction a bien une page « Idées »), il a clairement convenu que le tabassage sans précédent des contribuables et des entreprises en France a provoqué comme des tensions entre ceux qui donnent, ceux (comme lui) qui distribuent, et ceux (comme lui) qui touchent.

En sabir politicien, cela donne ceci :

« Il y a eu une augmentation de la fiscalité au cours de ces dernières années – je ne parle pas uniquement depuis 2012 – pour les entreprises comme pour les ménages, à peu près équivalents, 20 milliards entre 2010 et 2012, un peu plus de 20 milliards entre 2012 et 2014 qui a, je crois, créé une forme de rupture entre les Français et l’impôt. Je pense que ce choix a pesé lourdement sur l’activité économique […] et ça a été un choc fiscal pour les gens, ce qui explique beaucoup de la rupture entre cet exécutif et d’une manière générale les responsables politiques et les Français. »

Si les élections régionales n’étaient pas aussi proches, si les performances prévisibles du Parti Officiellement Socialiste n’étaient pas si catastrophiques, il va de soi que ce discours n’aurait jamais été tenu. Cependant, ne boudons pas notre plaisir de noter plusieurs éléments importants : d’une part, le premier ministre admet, même si c’est très implicite, que les impôts ont continuellement augmenté, et plus encore que sous Sarkozy dont la liste des créations fiscales était pourtant déjà fort joufflue. Eh oui, le fameux changement fut en fait le passage par la démultipliée fiscale. Et merci François.

gifa panda oh no facepalm

D’autre part, le socialiste actuellement en charge des petits coups de menton admet finalement qu’il y aurait bien un lien entre le fait de cogner comme un sourd sur les contribuables et les entreprises et ne pas avoir, en retour, une activité économique florissante. On pourrait être presqu’ému de voir ainsi les premiers pas tremblotants, mal assurés, et aussi remplis d’espoir que de risque de chute d’un premier ministre dans la découverte de l’économie de base, mais oh là, mollo, ne nous emballons pas ! Tempérons notre émotion en nous rappelant que notre tremblant ami socialiste est encore très loin de la conclusion logique qu’une baisse des impôts pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’activité économique. Oui, le signal d’alarme du passage à niveau de la compréhension économique a retenti, la barrière du raisonnement logique s’est lentement abaissée, mais le train de la déduction cartésienne ne passera pas.

valls - les impôts et l'activité économique

Oh, bien sûr, le gouvernement aura beau jeu, à présent qu’il prétend s’être imbibé de réalité économique, de rappeler toutes les belles baisses d’impôts qu’il est en train de négocier aux petits oignons pour certaines catégories de contribuables, pendant qu’en parallèle, les taxations les plus invraisemblables continuent de s’abattre sur le pays, puisqu’après tout, dans le langage de Bercy, une taxe n’est pas un impôt…

Il n’en restera donc pas moins que, oui, enfin, un politicien a avoué avoir commis une petite boulette économique qui est en train de plonger lentement le pays dans le chaos. On pourrait presque se contenter de cet apparent courage si une autre information ne venait pas en collision frontale avec les balbutiements du premier ministre faussement contrit de voir les dégâts que lui et sa clique ont causés.

On apprend en effet que, pendant que Valls tente de calmer les contribuables, les administrations font tout, elles, pour les agacer au plus haut point.

gifa cat facepalm

Bon, bien sûr, ce n’est pas exactement dit comme ça, mais c’est cependant exactement comme ça qu’il faut le comprendre : dans une note interne de la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes révélée par France Bleu Azur, il est demandé que les agents aux guichets appliquent quelques méthodes simples toutes destinées à repousser les contribuables hors des guichets et vers les intertubes où, entre deux lolcats, devraient se trouver les renseignements qu’ils étaient venus chercher.

Ainsi, il faudra « limiter très fortement le traitement en direct du contentieux », et renvoyer le contribuable (qui est, pour rappel, le patron, ou, au moins, le client puisque c’est lui qui paye) vers le site officiel. Le but est de bien faire comprendre à ces envahissants mammifères que le traitement de ses ennuyeuses réclamations n’est certainement pas plus rapide lorsqu’il se déplace, au contraire. De la même façon, il faudra « éviter la facilitation de la délivrance des documents papier sans attente », ce qui risquerait de désengorger bêtement les files d’attentes.

Eh oui : le contribuable est un imbécile qui est venu jusqu’au guichet et s’est tapé une attente pour essayer de comprendre quelque chose aux invraisemblables débilités du formulaire mal écrit, confus et rébarbatif que l’administration lui a torché entre deux gueuletons, et ça, ça nous mobilise de l’agent des impôts inutilement, à ne pas aller recouvrir des taxes, à ne pas contrôler ci ou ça. Bref, si on veut tenir l’objectif de supprimer 40% de guichets, il faut bien dégoûter le client du service public. Et en attendant, on fera tout pour augmenter stratosphériquement son impôt-temps, cette taxe ignoble sur la vie que les pauvres paient si cher.

Tout ceci n’a rien d’un hasard.

Lorsque Valls feint de découvrir que les Français croulent sous l’impôt, c’est qu’il sait pertinemment que ce tabassage fiscal est électoralement catastrophique et socialement très dangereux en rapprochant tous les jours un peu plus le pays d’une situation de blocage où les contribuables, exsangues, ne pourront plus payer. Lorsque les trésoreries tentent de diminuer le nombre de leurs guichets, c’est essentiellement parce qu’offrir internet pour seule interface avec des gens réels évite aux agents, en première ligne devant ces contribuables, d’être confrontés à une grogne qui devient de plus en plus physique.

Au vu de ces éléments, il n’y a plus à douter : la France apaisée de François Hollande est une réussite.

hollande ceux qui attendent plus rien

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Source : http://h16free.com/2015/10/27/42180-valls-admet-le-tabassage-fiscal-mais-ne-compte-pas-y-remedier


Najat Vallaud Belkacem va proposer une carte scolaire remixante

lundi 26 octobre 2015 à 09:00

Horreur, désespoir, et jeunesse impétueuse : la carte scolaire ne marche pas. Il semblerait en effet qu’on n’obtienne pas exactement le résultat souhaité du magnifique système, destiné au départ à optimiser par un plan (pas quinquennal mais presque) la répartition des élèves dans les établissements scolaires de la République et qui est maintenant utilisé aussi pour lutter contre les abominaffreuses inégalités entre les élèves. Mais en Socialie, il n’est pas de problème grave qu’une bonne dose de Najat, de planisme et d’Education Nationale ne puisse envenimer un bon coup.

Il faut dire qu’entre les débuts de cette carte scolaire, dans les années 60, et son actuelle utilisation, les choses ont un peu évolué.

À commencer par les populations : plus nombreuses ici, moins là, le planisme a vaguement fait ce qu’il a pu pour suivre et, comme dans absolument toutes les expériences de planification étatique, a bien évidemment foiré. Les établissements aux classes vides se sont disputés aux établissements bondés, sans que personne ne puisse réellement mitiger le problème.

fail cat eating

Les idéologies, ensuite. S’il était clair au départ que cette carte devait remplir un but pratique, presque terre-à-terre, d’optimisation des ressources, l’échec assez patent de cette optimisation n’a pourtant pas affaibli la croyance de ses concepteurs en une utilité, et peu importe laquelle. En somme, comme on peut très bien enfoncer un clou avec une clé à molette à condition de taper suffisamment fort, l’outil Carte Scolaire était créé, et même s’il ne servait plus du tout à optimiser les ressources, autant l’utiliser pour autre chose, comme lutter contre les discriminations, égaliser les élèves et puis pour les mixer un peu, aussi.

Encore une fois, l’idée de base est à la fois simple, facile à mettre en œuvre et parfaitement idiote : on va mélanger les élèves des classes aisées avec les élèves des classes défavorisées, ce qui va instantanément se traduire par une amélioration générale des performances des uns et des autres parce que, parce que, parce que bon voilà.

De façon surprenante, ça ne marche pas.

loup qui court et paf le loup FAIL

Concrètement par exemple, les parents, tant des milieux aisés que des milieux défavorisés, ne l’entendent pas de cette oreille et font même absolument tout pour contourner la carte scolaire dès qu’ils en ont l’occasion. Et comble de l’affaire, ce contournement marche plutôt pas mal : un élève sur deux se retrouve dans le privé, les autres bénéficient de dérogations grâces aux options habilement choisies, ou du regroupement par fratrie, sans parler de ces familles qui utilisent les fausses domiciliations obtenues par des proches ou d’autres systèmes.

Décidément, les gens sont vraiment méchants en refusant ainsi de se conformer aux injonctions de l’État, du ministère et de toute la société qui, par ses porte-paroles officieux (journalistes, philosophes, sociologues et experts pédagogos rigolos) s’empresse de faire comprendre à tout ce petit monde réfractaire que, pourtant, la mixité est absolument souhaitable, indispensable même, pour faire de beaux citoyens républicains et ouverts sur le monde.

vu à la téléDès lors, lorsque la réalité ne se plie pas aux diktats égalitaro-vivrensemblistes, il devient impératif d’agir. Et bien sûr, il ne s’agit pas de changer son fusil d’épaule, mais de modifier la réalité, en utilisant la loi, les décrets et les impératifs. Ça marche. Des statistiques l’ont prouvé. L’État songe donc à intervenir (parce que lorsqu’il songe à intervenir, voire lorsqu’il fait mine de faire un truc, en général, ça aboutit à des choses géniales, et lorsqu’il bouge pour de bon, c’est carrément l’apothéose). Or, qui mieux que Najat Vallaud-Belkacem pour plier les barres de réalités autour des concepts les plus tordus ?

Ça tombe bien : après sa réforme des collèges si magnifiquement pensée et si génialement mise en place, Najat frôlait la rupture de charge et devait bien trouver à s’occuper. Rien de tel qu’une Opération Mixité pour redonner du punch et du dynamisme à son équipe de fiers baltringues et autres intermittents de l’éducologie : et la voilà qui, début novembre, devrait annoncer publiquement une série d’expérimentations hardiment qualifiées d’inédites dont une dizaine de départements seront les joyeux cobayes pour « expérimenter une modification de la sectorisation », dont l’objectif est la réintroduction du lama à poil dru de la mixité sociale, petit animal chétif qui a presque complètement disparu des cours de collèges français.

Bien sûr, tout ceci se déroule dans la plus grande discrétion : « On ne veut surtout pas faire de bruit » confie-t-on à voix basse et regard fuyant dans l’entourage du ministre. Eh oui, il en faut, de la discrétion pour un tel projet : tout le monde sait que lorsque toute une société vise, comme un seul homme, à une belle mixité, lorsque tout le monde est d’accord pour tenter des expériences, la plus grande discrétion est de mise de peur, sans doute, de recueillir trop vite l’assentiment massif et les vivats de la foule.

Najat est donc lancée, telle un petit train à vapeurs (éthyliques ?), et plus rien ne pourra arrêter la délicieuse machination machine gouvernementale : de bonnes grosses louchées bien grasses de mixité sociale épaisse et fumante seront introduites dans certains collèges dès la prochaine rentrée, vous n’y couperez pas.

Cela n’est pas sans poser quelques problèmes, comme le souligne un ardent défenseur de ce triomphe en devenir, Stéphane Troussel, le président socialiste (assurément socialiste, et socialiste assumé) de la Seine-Saint-Denis, qui ne peut s’empêcher de poser une question pleine de cette réalité poisseuse qui va singulièrement compliquer les torsions belkacémiennes : « Oui, enfin quand vous n’avez aucune mixité sociale sur l’ensemble de la ville, vous faites comment ? »

oooh filocheRooooh, sacré Troussel qui fait mine de ne pas comprendre ! C’est pourtant simple, quand il y a une vraie volonté, z’inquitiez pas qu’il y aura des solutions. Qu’est-ce qui empêche vraiment les autorités d’aller choper en bus du collégien d’une certaine classe sociale, au petit matin, et de le déporter l’amener vers ces collèges où se concentrent des collégiens d’une autre classe sociale ? Comme cette expérience (inédite, vous dit-on) a déjà magistralement foiré partout, y compris en France, il doit bien être possible d’en remettre une couche, non ? L’alternative d’imposer une carte scolaire complètement ubuesque marchera tout autant puisque les (salauds de) parents s’organiseront probablement pour s’en détourner, via le privé.

najat vallaud belkacem scrogneugneuMais après tout, si l’on y réfléchit bien profondément, c’est bien à cause de cette liberté insupportable des adultes à choisir ce qui est bon pour leurs enfants que cette mixité refuse de se réaliser. C’est bien parce que les adultes sont libres de déménager, de choisir des options bizarres pour leurs enfants, de les inscrire dans le privé que la plupart des moutards ne vont pas là où ils devraient aller, scrogneugneu de scrogneugneu.

La suite logique consistera donc à ne plus donner aucune dérogation, aucun choix, ni aucune latitude. Trop de liberté tuant la mixité, tuons la liberté. Ne vous inquiétez pas, Najat Vallaud-Belkacem s’y emploie.

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Source : http://h16free.com/2015/10/26/42081-najat-vallaud-belkacem-va-proposer-une-carte-scolaire-remixante


Front National : la peur au sommet

dimanche 25 octobre 2015 à 11:00

Sur le papier, la chasse à l’électeur n’est pas encore officiellement ouverte, ce qui explique peut-être le braconnage virulent auquel on assiste actuellement : tout indique en effet que les régionales, si elles peinent à intéresser le Français, mobilisent en revanche toutes les attentions de la classe politique française, à commencer par son sommet.

Et c’est ainsi que François le pédalomane s’est exprimé récemment sur la question des prochaines élections régionales lors d’un passage, parfaitement neutre, au-dessus des partis et en tant que président de tous les Français, à RTL où, lors de l’entretien qu’il a accordé, il a déclaré dans son phrasé consternant avec sa dose habituelle d’hésitation, de « heu… » et de lourdes respirations :

« Quand des votes se font, ils ont toujours un impact en France et à l’étranger. Une région qui serait dirigée par le Front national, ça aurait des conséquences, y compris dans les décisions que ses élus auraient à prendre, avec des discriminations, l’abandon des politiques sociales ou de politiques à l’égard des familles en faisant des distinctions entre les familles. »

gifa woah no way surprise

Venant de sa part, et en première analyse, c’est bien évidemment une véritable tempête de lieux communs et de poncifs que le chef de l’État a déchaîné sans vergogne. Ainsi, on apprend coup sur coup que les votes ont un impact, bim !, qu’une région qui change d’exécutif, ça a des conséquences, bam !, qu’il y aurait des discriminations et des changements dans les politiques sociales, boum ! ce qui est un peu, il faut bien le dire, le but même d’une élection et d’un changement de tête.

En seconde analyse cependant, les politiciens avisés auront compris que Hollande, en petit tacticien sans scrupules, émet simplement un rappel avec une menace à peine voilée à l’attention des futurs dirigeants des régions : comme une partie des financements de celles-ci dépend directement de l’État, et donc, des choix qui seront impulsés par l’exécutif national, le président de la République rappelle qu’un vote frontiste pourrait signifier une baisse aussi inopinée que drastique des dotations et autres subventions. Le message, pour les votants comme pour les potentiels futurs élus, est limpide : dévier de la pensée correcte, du vote officiellement admis, c’est risquer l’assèchement des subventions, des dotations, et par conséquence, la fin de programmes sociaux généreux.

C’est, ni plus ni moins, une espèce de chantage qui ne surprendra que ceux qui ne voient obstinément qu’un bon gros nounours dans le personnage hollandiste là où se cache en réalité un arriviste prêt à absolument toutes les veuleries pour obtenir ou conserver le pouvoir. Et dans ce cadre, le Front National joue bien sûr un rôle majeur, dont le dosage est de plus en plus délicat.

Par exemple, le parti de Marine Le Pen pourra servir au président pour distribuer des paires de claques aux éventuels dissidents socialistes qui renâclaient encore à l’Assemblée ou dans les régions. C’est un excellent rappel à l’ordre derrière le chef, c’est aussi une menace crédible pour appeler à l’unité de la gauche. Dans cette stratégie, les gains du FN sont en réalité bénéfiques à Hollande.

Maintenant, on se demande jusqu’à quel point le gouvernement doit accumuler des boulettes consternantes pour tailler des boulevards au Front. Par exemple, est-il très malin de laisser les clandestins voyager gratuitement sur les lignes SNCF ? Par exemple, déplacer ces clandestins par avion privé est-il totalement judicieux ? Par exemple, est-il vraiment utile de laisser un Bruno Le Roux, pas réputé pour sa brillance intellectuelle, s’exprimer sur ce dernier sujet, surtout pour affirmer qu’il ne s’agit en rien d’un luxe ?

Implied Facepalm

De la même façon, quelle tactique puissamment pensée aura présidé au foirage assez magistral de l’émission Des Paroles Et Des Actes de France 2 qui devait voir s’exprimer Marine Le Pen ? On comprend l’ulcération d’un Cambadélis, lui-même encore moins brillant que le pauvre Le Roux, lorsqu’il a appris que la dirigeante du FN allait participer à l’émission en question, mais on comprend mal l’intérêt de Sarkozy de lui emboîter le pas pour qu’ils réclament l’un et l’autre au CSA d’intervenir au motif, parfaitement grotesque, d’équité de temps de parole alors que la campagne n’a pas encore officiellement commencé. La réaction de Marine Le Pen lorsqu’il lui fut imposé un traitement spécial est une magnifique illustration d’un retour de flamme parfaitement logique et prévisible : sans même avoir eu à débattre, elle a instantanément gagné des électeurs, témoins des manœuvres outrancières des deux chefs des principaux partis du pays.

Évidemment : tant qu’on singularise le FN, tant qu’on le considère à part dans les médias, tant qu’il bénéficie d’un traitement d’exception, les institutions publiques, les politiciens et les journalistes obtiendront exactement le contraire de ce qu’ils veulent, à savoir que le FN redevienne l’efficace repoussoir qu’il fut dans les années 80. En refusant de le normaliser et donc de le ramener à la portion congrue qu’il occuperait normalement dans un débat démocratique ouvert, les différents partis l’ont bien singularisé et, conséquemment, lui ont donné une importance et une place qu’il n’aurait jamais pu espérer autrement.

well done old chap

Tout le problème, c’est que le Front National a évolué sans que les politiciens le comprennent. Notamment, beaucoup croient encore que Marine Le Pen a modifié le programme de son père pour attirer de nouveaux électeurs, alors qu’en réalité, elle s’est contenté d’adapter ce programme aux demandes explicites des nouveaux arrivants. Ce sont ceux-là qui ont poussé à refaçonner le programme : oui, ce sont les déçus du socialisme version PS qui ont amené le FN à leur fournir une réponse, pendant que la grille d’analyse des journalistes et des politiciens, elle, n’a pas varié d’un cachou. Grâce à l’attitude de ces derniers, là où le FN était avant un vote nationaliste et anti-immigrationniste, il est devenu un vote avant tout contestataire, ce qui est particulièrement efficace dans des périodes où les électeurs sont désemparés et les politiciens perdus.

En outre, ce que refusent de voir les socialistes (et ce qui fera, d’ailleurs, leur défaite ultime) c’est que la réussite du Front National n’est plus depuis au moins deux ans un échec de la droite, mais bien un échec de la gauche à émettre des idées et fournir une alternative crédible à celles de la droite. En déboulant en 2012, fleur au fusil, la gauche socialiste traditionnelle a cru remplacer la droite dans l’esprit des électeurs du centre, ceux qu’il faut capturer pour gagner une élection ; en réalité, en fournissant seulement un exutoire aux déçus du sarkozysme et à ceux qui ne pouvaient plus voir l’ex-président en peinture, la gauche n’a fait que repousser de quelques mois le constat qu’elle ne valait pas mieux que la droite qu’elle entendait remplacer.

Dans ce tableau, les autres partis — verts, communistes et autres radicaux plus ou moins crédibles — n’ont jamais été que des petits accessoires pratiques du socialisme officiel pour conserver le pouvoir, et aucun ne peut prétendre non plus succéder au socialisme officiel comme le fait le Front National. De ce point de vue, ce parti conserve son rôle de « voiture balai » de la politique française qu’il a toujours été, en ramassant les égarés des grands partis traditionnels.

Dans ce cadre, les menaces de Hollande illustrent bien le souci évident de toute la classe politique, ce qui la terrorise tant actuellement : jamais les égarés n’ont été si nombreux.

Tout ceci va très bien se terminer.

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Source : http://h16free.com/2015/10/25/42173-front-national-la-peur-au-sommet


L’État aide les taxis contre votre avis et avec votre argent

vendredi 23 octobre 2015 à 09:00

Bon, l’État n’est pas parfait, convenons-en. Mais il a quand même quelque chose pour lui, c’est son indéniable côté justicier qui lui permet de remettre un peu l’église la mosquée la mairie au milieu du village et de rappeler aux Libéraux, ces rêveurs qui poursuivent « une utopie qui se saborde dès qu’elle est en contact avec la réalité », selon le mot maintenant célèbre d’un exégète du libéralisme journalistico-compatible, que sans lui, ils seraient bien enquiquinés dans leur monde injuste où règnerait à n’en pas douter la loi du plus fort.

Heureusement, donc, l’État est là, ce qui lui permet de rendre justice, embrasser la Veuve, instruire l’Orphelin et redresser les torts, à grands coups de pied au derche s’il le faut.

gifa superman supershoot

Prenez la « nouvelle économie », ou disons plus exactement pour éviter d’utiliser ce concept un peu creux, l’économie capitaliste habituelle qui utilise les technologies de l’information pour se passer de l’État : en s’introduisant progressivement un peu partout, y compris dans le domaine de la solidarité, ces nouvelles entreprises offrent des gains de productivité, de nouveaux modes de consommations et de nouveaux développements commerciaux qui viennent percuter de façon directe (et parfois violente) les petites habitudes de nos sociétés post-industrielles dont beaucoup se sont accommodées d’un rythme d’adaptation assez pépère aux innovations techniques. Ici, on peut bien sûr penser aux hôteliers, aux restaurateurs ou, si l’on veut monter crescendo en violence, aux taxis dont quelques croupières sont actuellement taillées par des entreprises comme Uber.

Et pour tailler, ça taille puisqu’avec l’arrivée d’Uber en France en général et à Paris en particulier, ce sont des quasi-monopoles installés depuis des décennies (en tout bien tout honneur, n’est-ce pas) qui se sont fait rapidement remettre à leur place. Nul doute que les chiffres d’affaires des principales centrales de taxis parisiens ont ressenti les effets de l’arrivée des VTC Uber puis d’UberPop dans la capitale, poussant leurs chauffeurs à des exactions relatées dans ces colonnes.

cat wait whatMais mais mais attendez quelques secondes ! Une corporation en danger ? Des petits arrangements entre amis, qui remontent à loin, sont le cul dans les ronces ? C’est intolérable ! Vite, il faut que l’État intervienne, pardi ! Après tout, n’est-ce pas le rôle de l’État de venir en aide aux faibles et aux opprimés ? Et qui, mieux que la corporation des taxis, représente mieux les faibles et les opprimés devant les conducteurs Uber et UberPOP ?

C’est décidé, et l’action se déroulera en deux temps, trois mouvements, ou à peu près.

thevenoudDéjà, pour commencer, il s’agira de revoir de fond en comble les lois et les décrets histoire de museler une application qui rendait les clients heureux et permettait de résoudre un vrai problème (celui de trouver des moyens de transports efficaces, sûrs et peu coûteux dans une capitale mise en coupe réglée par un nombre volontairement limité et contrôlé de taxis). Pour cela, il suffira de faire gratter une solide loi par un député irréprochable, par exemple Thévenoud. Question immaculée conception, y’a pas plus blanc. Cette loi rendra particulièrement complexe le bon développement et la croissance des VTC, tout en mettant un frein définitif aux tentatives d’utiliser sa voiture particulière pour arrondir ses fins de mois (via UberPoP).

Dans un second temps, parce que justice doit être faite et parce que les contribuables sont d’humeur badine, l’État ira mobiliser une partie de leur argent pour développer puis déployer une application directement concurrente à celles déjà en place. Oui, monsieur, c’est bien là le rôle de l’État de se lancer dans les applications mobiles ! Oui d’abord, et même qu’ensuite c’est bien évidemment le rôle de l’État de favoriser une corporation et ses lobbies, même que je vous ferai dire que de toute façon, cette application était justement envisagée dans la loi Thévenoud évoquée juste avant (ça tombe bien, non ?). Nananère.

Et voilà comment vous, contribuables, participez directement à la création de Le.Taxi, petit bijou de technologie moderne et innovante développé — pour un budget pour le moment inconnu — par la Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières ainsi que l’indispensable Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique, parce qu’en République Française du Bisounoursland, l’Action Publique est sans cesse modernisée, et que pour la moderniser, il faut absolument un Secrétariat Général.

En plus, Le.Taxi, c’est une application aux données accessibles via l’open data pour créer des services à valeur ajoutée, qui ne devrait pas trop espionner les taxis qui l’utiliseront (c’est Bercy qui le dit) et qui ne devrait donc pas non plus être utilisée pour permettre de déduire les revenus des artisans. Tout va bien.

Vous (consommateur, contribuable, artisan taxi) ne l’aviez pas demandé ? Vous l’avez quand même. Vous n’en aviez pas besoin ? C’est pas grave, si vous saviez vous en passer avant, vous pourrez toujours vous en passer maintenant, plus les frais. Les autres applications étaient gratuites ? Celle-là aussi, modulo vos impôts. Vous ne comprenez pas du tout pourquoi l’État se lance une fois encore dans l’informatique alors que de nombreux et coûteux exemples précédents montrent qu’il s’y prend comme un manche de pioche ? Ce n’est pas grave, lui, il le sait et c’est tout ce qui compte.

Oui, grâce à vous, grâce à Thévenoud, grâce aux mous du genou qui nous gouvernent, vous allez adorer Le.Taxi, une application étatique qui tente la concurrence de ce que le privé fait déjà, en mieux, gratuitement. 🎼 Et tout ceci sera un succès, tout ceci se passera bien, 🎵 tout ceci n’ira pas au drain, tsoin tsoin 🎶

uber_map2

Et le plus beau, dans tout ça, c’est qu’en favorisant ainsi outrageusement les taxis, l’État remplit une fois encore avec brio sa mission de créer des richesses, de l’emploi et d’aider les masses laborieuses, les sans-dents sans-travail et les peu diplômés en … les empêchant purement et simplement de bosser ! Eh oui : l’analyse des données, réalisée ici avec soin, tend bel et bien à suggérer que l’émergence d’Uber a bien profité aux milieux (relativement) modestes, ce qui donne un éclairage franchement bizarre à cette nouvelle tentative de l’État dans l’informatique mobile.

Bon, résumons-nous : certes, l’État n’est pas parfait, mais il assure bel et bien la Justice, celle du plus fort, du plus corporatiste et du plus riche. Et c’est bien le principal, non ?

dos equis - applications mobiles

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Source : http://h16free.com/2015/10/23/42084-letat-aide-les-taxis-contre-votre-avis-et-avec-votre-argent


Et comme ça marche encore, Jean du Voyage continue

jeudi 22 octobre 2015 à 09:00

En Socialie française, quand quelque chose doit se passer correctement (le chômage qui baisse, la croissance qui repart, le climat qui se réchauffe), cela ne se passe pas comme prévu. En revanche, si quelque chose doit déraper, s’envenimer, s’auto-caricaturer, partir en sucette ou exploser en vol dans un « paf » minable, là, c’est l’inverse : c’est garanti sur facture. Début septembre, on pouvait mesurer tout le courage du gouvernement face à des exactions qui auraient mérité fermeté et cohérence. Un mois et demi plus tard, et comme prévu, la situation s’enflamme. Littéralement.

Ce mardi 20 octobre, à Moirans près de Grenoble, une centaine de « manifestants » bloquent la gare de la ville avec des barres de fer, en profitent pour saccager le restaurant qui, attenant à la gare, les narguait à l’évidence, puis bloquent la circulation et font brûler quelques saucisses voitures sur les voies ferrées ainsi que sur la route départementale.

bttf - delorean bruléeQui sont ces manifestants ? Des cheminots ? Des syndicalistes CGT ? Des routiers ? Des agriculteurs ? Des avocats ? Que nenni, il s’agit de la famille nombreuse de Jean Du Voyage. Et quel est le motif de la colère de ces individus (parce qu’en Socialie, il faut encore un motif pour se révolter et gronder un peu publiquement, de nos jours) ? Apparemment, ils ont décidé de casser, brûler, et empêcher de circuler trains et automobilistes parce que deux des leurs n’ont pas obtenu l’autorisation de sortir de prison pour les obsèques d’un membre de leur famille, bêtement décédé d’un accident dans une voiture volée à l’issue d’un cambriolage.

Immédiatement, la République Française du Bisounoursland se met en branle. Son premier ministre, Manuel Valls, s’exprime fermement : tagada tagada tout ceci étant proprement intolérable, l’ordre républicain étant menacé, l’Etat fera preuve de la plus grande fermeté tsoin-tsoin et pas question de fléchir non mais alors.

twitt valls moirans

Ce brave Manuel, menton haut, verbe assuré et main tremblante sûre, est bien vite rejoint par Christiane T., apparemment ministre de la Justice, qui aurait déclaré dans un communiqué de presse que tout ceci est intolérable, que l’ordre républicain est menacé, et qu’en vertu de quoi, l’État fera preuve de la plus grande fermeté. Et bisous aux forces de l’ordre.

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Pendant ce temps, une mutinerie éclate en Savoie au centre de détention d’Aiton où une partie des détenus réclame que l’un d’entre eux bénéficie d’une permission pour pouvoir assister à des obsèques. Coïncidence, ce détenu, issu de la famille de Jean, est également réclamé par elle à Moirans. Tout ceci est, vous le devinez, tintolérab’, ça menace l’ordrépublicain et fermeté tralala parce que voilà.

Mais attention. Nous sommes dans une République qui a placé haut le Devoir De Non-Bavure ce qui a permis de cultiver au rang d’art la non-intervention des forces de l’ordre. Si, dans République Socialiste du Bisounoursland, il y a bel et bien République et donc l’idée qu’on peut se faire d’ordre et d’état de droit, il y a aussi Bisounoursland qui permet à chacun de retrouver, le soir venu, un peu de tendresse et quelques litrons de Cajoline citoyenne. Dès lors, en terme de fermeté, cela se traduira par … rien du tout : Jean-Paul Bonnetain, le préfet de l’Isère, a gentiment rassuré tout le monde en indiquant qu’il n’y a pas eu d’interpellation.

twitt houchard moirans

Fouyaya, ça, c’est de la fermeté et de la réponse du berger à la bergère, n’est-ce pas ?

Pour résumer, des détenus, dangereux, se mutinent en prison afin d’obtenir une permission de sortie. C’est, déjà, parfaitement grotesque. Pendant ce temps, leur famille brise, casse, brûle et agresse des forces de l’ordre qui ont, censément, reçu l’ordre de se tenir à carreaux. Tiens, c’est consternant. Ces exactions prennent place pour obtenir la permission de sortie des individus incarcérés. Youpi, c’est parfaitement caricatural. Le pompon est atteint lorsqu’on comprend que tout ceci a lieu pour des obsèques … d’un truand multirécidiviste. Et qu’il s’est tué lors d’un cambriolage. En faisant n’importe quoi sur la route. Avec une voiture volée.

tout ceci est parfaitement normal

En septembre, je notais l’agaçante (et malheureusement très compréhensible) dissymétrie entre Jean du Voyage, qui bénéficie bien trop souvent du laxisme consternant de l’État en faisant la démonstration de son jusqu’au-boutisme violent, et Paul du Restage, qui se trouve systématiquement du mauvais côté du tonfa lorsqu’il oublie de payer ses impôts, ses amendes de parking, sa taxe foncière délirante ou ses PV automatique pour avoir roulé un peu trop vite avec une voiture pas assez volée. Étonnant « État de droit » où la liberté de circuler des uns se trouve systématiquement piétinée, sans risque, par la liberté des autres à emmerder tout le monde…

Je notais aussi qu’avec un exemple aussi catastrophique, l’actuel gouvernement avait posé un précédent que la belle et grande famille du Voyage aurait eu tort d’oublier. Cela n’a pas loupé puisque quelques jours plus tard, un nouvel exemple d’action de force de la part des mêmes obtenait, là encore, une belle réussite puisqu’en définitive, l’autorité pliait mollement devant leurs revendications violentes.

Inévitablement, le cas se reproduit à présent : mêmes mécanismes, mêmes réclamations, même violence, même réactions faussement outrées de nos clowns gouvernementaux, même laxisme calculé des forces de l’ordre. Et surtout, même facture finale toujours adressée aux mêmes citoyens, à savoir Paul du Restage, sa famille nombreuse, corvéable et taillable à merci.

Cependant, on se demande combien de temps tout ceci tiendra. Parce qu’à un moment ou un autre, peut-être Paul du Restage comprendra qu’il suffit de faire preuve de plus de détermination et d’un pouvoir de nuisance plus grand que celui des autorités en place, qu’il faut menacer la localité d’embrasement — mais attention, sans mettre de vies en danger — pour bénéficier d’une révision de la justice, d’une relative mansuétude des autorités. Et un petit matin, Paul du Restage en aura assez (c’est inévitable). Ce petit matin, je ne suis pas sûr qu’il continuera à faire du restage dans le calme et la pondération.

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Source : http://h16free.com/2015/10/22/42123-et-comme-ca-marche-encore-jean-du-voyage-continue