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Où est passée la Justice ?

jeudi 9 juillet 2015 à 09:00

Le mois de juillet est arrivé et avec lui, les résultats du bac qui auront fait croire à toujours plus de naïfs que le niveau monte. S’il n’y avait pas la Grèce, le pays pourrait presque se laisser couler comme un vieux camembert amolli par une canicule finalement banale en cette saison. Cependant, alors que le farniente s’installe durablement dans tous les organes de la République, on doit dresser un amer constat.

Oh, je ne vais pas dévoiler ici le moindre secret. Peut-être vais-je même en barber plus d’un en rappelant ce qui est maintenant une évidence à laquelle il faudra ajouter beaucoup de petites vignettes animées de chats faisant les cons pour la rendre moins ennuyeuse. Et parce que ce billet est, par nature, limité, je ne pourrai pas citer tous les cas, innombrables, renforçant ce constat.

Mais il sera pourtant le même : la Justice (avec un grand J) n’existe plus en France.

Il n’y règne qu’une petite justice (avec un petit j, tout petit) au jour le jour, faite d’expédients (ses moyens sont étiques), d’expériences (sociétales notamment) et d’expiations (des fautes, des très grandes fautes de l’homme blanc solvable). Oui, la Justice n’existe plus et il n’y a plus qu’une justice qui se contente de servir quelques intérêts particuliers. Par la force des choses, depuis l’abandon des politiciens en rase campagne, parce qu’électoralement, ça rapporte plus, jusqu’aux citoyens qui, finalement, s’en foutent tant qu’ils peuvent, en passant par les forces de l’ordre, toutes au courant mais sans plus la moindre illusion, plus personne n’attend que Justice soit rendue, mais, vaguement, qu’un verdict soit prononcé, et encore, seulement aux heures d’ouvertures, s’il fait beau.

La Justice, dégagée de tout devoir de morale, d’équité ou de légitimité, est allée se rhabiller.

Caricatural ? Allons.

Où était-elle, cette Justice, sinon au vestiaire, lorsque le gouvernement a tout fait pour embastiller des chauffeurs UberPOP sur la base de textes inexistants, d’infractions jamais constatées ? Ou s’était-elle planquée lorsque les chauffeurs de taxis, bénéficiant d’un favoritisme policier assez hallucinant, ont retourné et brûlé certaines voitures, ont agressé des individus ?

uber vs taxis pas contents

Où était-elle lorsqu’il aurait fallu qu’elle agisse pour déboucher le tunnel sous la manche, encore une fois bloquée par une petite poignée d’excités syndicalisés jusqu’au trognon et décidés à mettre dans l’embarras un nombre invraisemblable de camionneurs européens ? Oh, vous n’en avez pas entendu parler (la presse grand public, cette autre vieille prostituée de la République, lourdement alcoolisée sous de sulfureuses subventions, aura oublié d’évoquer la question) mais l' »action syndicale » a pourtant généré plus que des tensions entre les camionneurs étrangers et notre beau pays, son absence d’ordre et sa culture du chaos. Qu’a-t-elle fait, la Justice, lorsqu’elle aurait dû demander aux forces de l’ordre d’agir pour éviter de tels débordements ?

Rien.

Ni là, ni lorsqu’il s’agit d’arrêter les dérives d’une société qui sait qu’elle ne peut plus compter sur elle, ces myriades de « petits tracas », « d’incivilités », ces petits vols, petites escroqueries, petites filouteries qui s’accumulent dans le paysage quotidien des Français. Pas étonnant qu’il n’y ait personne pour arrêter le vandalisme récent des bouches à incendies, ouvertes en grand sous prétexte de canicule. Apparemment, elles ne débitent pas assez d’eau (ou dans des endroits pas assez glamour, je suppose) pour s’attirer les foudres des écologistes de combat, ni celles des forces de l’ordre…

Il faut dire que la police, débordée par les tâches subalternes risibles, par la traque des conducteurs financièrement rentables, par une gestion de l’immigration clandestine calamiteuse, par ces mille-et-un VIP à protéger contre la plèbe qui les a élus, n’a plus le temps de jouer à être le bras armé de quiconque, si ce n’est de l’État. La justice, elle, n’a plus qu’un bras décharné, qui lui sert, de temps en temps, à cogner sur ceux qui ne pourront pas répliquer.

just doing their jobs

Le mal est profond et son impact est fort.

Comme la Justice n’est plus que vaste blague, il devient de plus en plus dur de conserver les uns et les autres dans les bornes que la morale, le bon sens et la société avaient placées. Même médiatisé à grand coup de happenings festifs bidons, d’éléments de langage minutieusement préparés par des équipes de communicants frétillants pour des politiciens cyniques, le Vivrensemble a bien du mal à résister devant l’accumulation de problèmes qui demandent, impérieusement, le retour de l’ordre au travers d’une Justice efficace, équitable et surtout légitime.

Petit-à-petit, tout le monde trouve la situation sinon normale, au moins parfaitement logique, sans se préoccuper de l’impact catastrophique que ces dérives entraînent. La Justice évanouie, ce sont des scandales qui s’installent, des comportements illégitimes qui perdurent, des magouilles qui continuent et par voie de conséquence, des commerces qui ferment, une économie qui part en sucette, une pauvreté qui grandit, des malaises sociaux qui s’accumulent, et une police sans effet.

Une police sans effet, c’est le chaos qui s’installe, doucement, lentement, mais sûrement, en toute impunité.

Le chaos qui s’installe, c’est une bien mauvaise publicité pour le tourisme. C’est une très mauvaise idée pour faire des affaires. C’est un handicap fort gênant pour assurer la sécurité des citoyens. Et une police sans effet, c’est l’annonce, claire et nette, d’une armée sans dents munie de couteau sans manche auquel il manque la lame. (Un vol de détonateurs et d’explosifs, dans ce contexte, tient presque de la routine, et on en vient à souhaiter qu’il fut le fait de braqueurs ou de bandits plutôt que de terroristes religieux).

Non, décidément, la Justice n’existe plus en France. Et notez qu’elle disparaît, petit à petit, à mesure que toutes nos libertés s’effacent.

Ce n’est pas un hasard.

liberty and justice

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Source : http://h16free.com/2015/07/09/40327-ou-est-passee-la-justice


Fleur Pellerin se lance dans la photo

mercredi 8 juillet 2015 à 09:00

Il s’en passe, des choses, à Arles ! Et il s’en passe, des choses, pour la Ministre de la Culture ! On apprend en effet que lors de l’inauguration des Rencontres Internationales de la Photographie, Fleur Pellerin a décidé de la création avant la fin de l’année 2015 d’un Conseil National de la Photographie. Ouf, il était temps, la France n’était décidément pas complète sans lui.

Et voilà bien un sujet passionnant. Je ne parle pas de la photo, dont tout le monde comprend immédiatement l’intérêt d’autant plus que de nos jours, n’importe qui peut s’improviser photographe avec un téléphone (décadence du monde moderne où les objets dépassent les limites de leurs usages et où, bientôt, les lessiveuses feront aussi télévision et les vibromasseurs sauront aussi faire le café). Je parle plutôt d’un nouveau Conseil National qui va enfin permettre de répondre, par le truchement étatique, aux mille et uns besoins non comblés en matière de photographie.

Et à en croire la petite Fleur, des besoins non comblés, il y en a, en grosses trouzaines joufflues :

« Ce conseil national de la photographie pourra s’emparer de sujets qui vous tiennent à cœur et vous préoccupent, comme l’évolution de la protection sociale, comme salariés ou artistes, d’œuvres, des questions de fiscalités, les évolutions de la protection, du droit, de la propriété intellectuelle dans un contexte de libéralisation accélérée »

mini fleur pellerin - cc dunoisOh, comme cela est bien dit ! On imagine déjà le petit conseil national, fraîchement né, bondissant dans les prés aux herbages hauts, jouant gentiment avec ses découvertes du jour, et, d’un coup sec, s’emparer de plein de sujets dans ses petits doigts potelés de nouveau-né plein de vigueur. Et quels sujets ! De la protection sociale ! Des questions de fiscalité ! Des questions sur la propriété intellectuelle ! De l’aventure ! De la romance ! De l’amûûûr ! Youpi !

Et en terme de petits doigts potelés, cela se traduira concrètement par un bureau, deux collèges et trois roudoudous. Le bureau, avec son président, son secrétaire et quelque autre fonction honorifique, dirigera les deux collèges, l’un scientifique, et l’autre professionnel, parce que vous comprenez, la photo, c’est un sujet émotif sensible qui nécessite au moins tout ça, d’autant que, ne l’oubliez pas, tout ceci s’inscrit « dans un contexte de libéralisation accélérée » (comprenez ici que le méchant turbolibéralisme met les professions de photographe en péril, et que seul l’État peut se dresser, comme un seul homme aux poches pleines de longues factures, pour dresser un barrage bureaucratique au progrès destructeur). Quant aux autres professions, moins versées dans l’art du lobbyisme et qui n’ont pas encore leur Conseil National, elles pourront toujours aller se faire cuire un œuf.

À ce titre, on se demande d’ailleurs comment à peu près tous les autres pays du monde parviennent à se passer de ce genre d’appendice bureaucratique de la ministricule cultureuse, qui aura poussé la perfection jusqu’à asperger tous les présents d’une bonne giclée de vivrensemble bien dégoulinant qu’il me ferait violence de ne pas vous citer in extenso :

« Les Rencontres de la photographie sont à l’image de cette culture source d’emploi et d’attractivité de notre territoire, source d’émancipation intellectuelle, source de lien (…), source de solidarité et de transmission, source de pédagogie sur les valeurs que nous désirons transmettre aux générations suivantes »

Shplaf, voilà, c’est fait, tout le monde en a pris plein la besace, c’est superbe, c’est mignon, c’est payé par le contribuable, et c’est un peu du floutage de gueule (comme on dit en photo lorsque le point n’y est pas).

on appelle cela du foutage de gueule

Et pourquoi diable ? Bon, bien sûr, il me serait assez facile de m’étendre en quelques lignes sur les coûts induits inévitablement par cette nouvelle création qui ne manquera pas de venir s’immiscer dans la vie des photographes de leurs clients, et d’empêtrer tout ce beau monde dans une masse informe de paperasserie nouvelle. C’est, quasiment, l’unique destinée de ce genre de machins que la République, nos ministre et nos élus, devenus fous, pondent par dizaines tous les ans dès qu’un vague problème surgit.

Mais ici, je vais plutôt m’attarder sur le timing diabolique de l’annonce de la création de ce nouveau concombre bureaucratique turgescent, qui coïncide assez bien avec la publication au parlement européen, le 9 juillet prochain, de son avis concernant le rapport sur le droit d’auteur, rédigé par le député Julia Reda, du Parti pirate.

J’avais évoqué l’un et l’autre dans un précédent billet sur, justement, le droit d’auteur et la propriété intellectuelle. Les propositions, que j’invite à lire en résumé ici et en détail là sont intéressantes en ce qu’elles font, pour une fois, preuve de bon sens et visent essentiellement à harmoniser les droits des différents pays, en essayant à chaque fois de tenir compte des usages les plus favorables pour le grand public. On se souviendra par exemple que la député européenne propose d’étendre certaines exceptions du droit d’auteur dans le domaine numérique, en étendant par exemple le droit de citation pour tenir compte des GIF animés.

gifa minion gru danse

En outre, et c’est ici qu’on en revient aux photographies, on découvre que le projet Reda propose (entre autres) d’harmoniser le « droit de panorama ». Il s’agit d’une exception au droit d’auteur qui autorise un individu à capturer (en dessin, photo, film, …) des bâtiments, sculptures ou œuvres d’art situés dans l’espace public et à diffuser ces images, sans avoir à demander l’autorisation de leur auteur. En gros, ce que font tous les internautes du monde depuis que la photo s’est très largement démocratisée, et que des sites comme Flickr, Google Images ou Picasa proposent d’héberger les clichés en question. Dans certains cas dépendant du pays européen, le droit de panorama autorise même à vendre légalement des cartes postales de monuments publics, sans que l’architecte ou ses ayants-droit ne puisse demander un paiement.

Or, et c’est là que les choses deviennent croustillantes : en France – devinez quoi – la loi sur le droit de panorama est l’une des plus contraignantes en Europe (comme c’est souvent le cas au pays de la liberté surveillée). La proposition de Julia Reda reviendrait donc à tailler dans cette contrainte franco-française, et rendrait nettement plus simple la vie des internautes et touristes en France qui, prenant une photo de l’un ou l’autre monument historique du pays pour la publier sur Facebook, Twitter ou Flickr, ne savent pas qu’ils sont en réalité en infraction.

petit facepalmÉvidemment, cette disparition d’une contrainte a fait frémir d’effroi quelques députés européens français dont Jean-Marie Cavada qui, pour bien faire passer l’idée générale qu’il faut absolument que la France reste dans le petit groupe des 5 pays interdisant ce droit, accuse presque ouvertement Julia Reda d’être à la solde de Facebook, Flickr, Google et j’en passe, méchants groupes qui refusent de payer les gentils droits d’auteur sur les beaux monuments de notre patrimoine (notons que l’argument selon lequel Cavada serait gentiment orienté par les lobbies adverses, composés de photographes, d’architectes et de groupes médias tout aussi intéressés n’est pas évocable, bien sûr).

small double facepalmEn somme, on se dirige droit, en petites foulées vigoureuses, vers un bel imbroglio au niveau européen, et la démarche pellerinesque n’en prend que plus de saveur : alors que l’issue des proposition de Reda est totalement incertaine, alors que le droit d’auteur et ses exceptions peuvent changer drastiquement, voilà notre ministre qui crée une magnifique Commission Théodule de plus dont on se demande exactement ce qu’elle pourra faire, le droit européen étant finalement supérieur aux bricolages juridiques français.

Mais je suppose qu’il fallait bien cela pour sauver les petits pioupious photographes et les aider à « s’emparer des sujets qui leur tiennent à cœur et les préoccupent ». Et puis après tout, le socialisme, c’est magique™ !

socialisme magique

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Source : http://h16free.com/2015/07/08/40350-fleur-pellerin-se-lance-dans-la-photo


Mairie de Paris : une stratégie illisible pour combler un déficit abyssal

mardi 7 juillet 2015 à 09:00

Indéniablement, l’actuelle expérience grecque nous apprend plein de choses, à commencer par le fait qu’une gestion par la dette, en dépit du bon sens, amène toujours à la catastrophe. Or, en matière de dettes et de gestion calamiteuse, il n’y a même pas besoin d’aller voir les Hellènes, l’équipe municipale de Paris suffit amplement.

Et en terme de gestion calamiteuse, l’équipe en question semble particulièrement douée.

En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’on apprenne l’une ou l’autre nouvelle décision contre-intuitive, contre-productive ou tout simplement consternante de la part de la municipalité parisienne. J’en conviens, Paris n’est pas la France, mais Paris reste tout de même la première de ses villes et sa gestion, aux mains de socialistes parfaitement assumés depuis plus de 14 ans, permet de donner une assez bonne idée de ce que peut donner une source de richesse lorsqu’on lui applique les bonnes recettes collectivistes.

De surcroît, l’arrivée d’Anne Hidalgo au poste de maire courant 2014 a, semble-t-il, hâté la tendance qui consistait à faire à peu près le contraire de ce que le bon sens commande, ce qui n’a évidemment pas manqué d’accélérer les ennuis pourtant déjà nombreux pour la municipalité.

hidalgo julliard cannes austérité mairie paris

C’est ainsi que, pour des raisons exclusivement idéologiques, la mairie s’est brutalement décidée à partir en guerre contre AirBnB. Prétextant une lutte acharnée contre ces salauds de turbo-propriétaires multicapitalistes sans foi ni loi autre que celle du cash qui veulent transformer leurs appartements en rendements, la mairie avait décidé de faire des descentes dans ces lieux que les touristes louent parfois pour profiter de la capitale française « chez l’habitant ». On peine à voir l’intérêt économique de tabasser ainsi des propriétaires, et par ricochet, des touristes dont la capitale bénéficie pourtant de façon directe.

C’est ainsi que, pour des raisons là encore foutrement teintées d’une idéologie lourdement moralinée mais pas très pragmatique, la mairie a choisi d’installer des HLM dans certains quartiers jusqu’ici dévolus aux riches propriétaires. Une telle opération, qui permet d’offrir des logements sociaux et de la mixité sociale en kit facile à monter, ne pourra évidemment être attaquée par personne tant les bonnes intentions et l’humanisme affiché dégoulinent à gros bouillons visqueux. Il faudra probablement quelques années pour se rendre compte que beaucoup de ces luxueux appartements à loyers modestes ont été étrangement investis par des apparatchiks et autres bonnes relations du tout-Paris introduites chez les bonnes personnes, inscrites dans les bonnes listes de la Mairie et de son staff pléthorique, et toujours commodément dans le besoin au moment de leur emménagement, puis nettement moins ensuite. Et puis allez savoir, peut-être faudra–t-il aussi quelques années pour se rendre compte que les travaux de réfections furent peut-être un peu surévalués ? Ce ne serait qu’une demi-surprise, qui pourra même se renouveler un peu puisqu’après le lot à côté de la place Vendôme, on pourra certainement en trouver un autre paquet sur le boulevard St Germain.

C’est ainsi que cette même mairie, pliant sans trop de peine au gentil (forcément gentil) diktat des écolos, devra se passer de la manne financière que constituaient les affichages publicitaires de certaines bâches disposées autour de monuments historiques en pleine réfection. Bah, ce n’est pas grave, et puis, comprenez-vous, ces hideuses publicités envahissaient l’espace, étouffaient le Parisien dans leur monstrueuse grandeur, et l’obligeaient même à se jeter dans les affres de la consommation irréfléchie et polluante ! C’est bien ainsi, allez donc : circulez, il n’y a plus rien à voir.

C’est ainsi que l’équipe municipale, faisant ses petits calculs sur le proverbial post-it, alpha et oméga de la gestion socialiste, décide qu’elle peut bien faire raquer différentes industries honteusement capitalistes et particulièrement juteuses. En pressurant un peu Numéricâble, quitte à mettre en péril la connexion internet de centaine de milliers d’abonnés, elle obtient facilement une substantielle hausse du loyer de l’opérateur pour les locaux que son matériel de diffusion occupe. On retrouvera la même délicatesse et la même finesse d’analyse derrière la récente décision de multiplier par 5 (oui, oui, par 5) le loyer du Jardin d’acclimatation actuellement payé par LVMH.

Au passage, on oubliera très vite que si un propriétaire lambda procédait de la même façon avec son propre loyer, il se ferait étriller en place publique. Il n’en aurait d’ailleurs même pas le droit, les loyers étant bientôt encadrés dans la capitale (la propriété privée étant, comme chacun sait, ouverte à négociation dès lors qu’on est du Camp du Bien, qu’on dispose de la force publique et d’une solide dose d’humanisme socialiste chevillée au corps par des pinces en or massif).

ps Hidalgo ensemble la préemption

Décidément, on se demande franchement pourquoi la mairie fait preuve de telles décisions hasardeuses. Peut-être serait-ce pour trouver, à tous prix, quelques millions supplémentaires afin de reboucher le trou, béant, de 300 millions d’euros dans son budget, laissé par la précédente équipe (elle aussi socialiste) ?

Dans ce contexte, on peine franchement à voir la stratégie qui consiste par exemple à cogner contre certains commerces, solvables et prometteurs (en terme de taxes, par exemple). Au passage, dans une logique de gauche particulièrement savoureuse, on comprendra qu’à l’inverse de ceux qui n’aimant pas le mariage homosexuel n’ont pas du tout le droit de l’interdire aux autres, ceux qui n’aiment pas le McDo ont, en revanche, toute latitude pour imposer leur point de vue à ceux qui auraient le mauvais goût de ne pas penser comme eux.

Et toujours dans ce contexte d’hippopo-déficit budgétaire, on éprouve le même malaise intellectuel et la même confusion lorsqu’on découvre que la mairie a inscrit 42 millions d’euros à son budget supplémentaire 2015, … pour recapitaliser « Ma Tante », le fameux Crédit Municipal de Paris dont les activités bancaires battent de l’aile au point de mettre en péril de faillite tout l’institution plusieurs fois centenaire… Ah pour sûr, la gestion à la socialiste, ça balance du steak, ça bouscule du poney à la dynamite, et ça satellise du chaton : 300 millions de déficit, mais on trouve quand même 42 millions pour Ma Tante, après des années de pertes (16,9 millions d’euros depuis 2011). C’est très fort.

Bref : une politique de la ville sautillant de la chasse tous azimuts des commerçants au tabassage des propriétaires, au constructivisme sociétal à fond de train, aux brimades permanentes des automobilistes, un double-standard et un double-langage comme étalon de comportement, un trou de centaines de millions d’euros, tous les ingrédients d’une recette à la grecque sont réunis pour un avenir parisien flamboyant.

hidalgo lama

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Source : http://h16free.com/2015/07/07/40290-mairie-de-paris-une-strategie-illisible-pour-combler-un-deficit-abyssal


Grèce : un non qui ne change rien

lundi 6 juillet 2015 à 09:00

Conformément à ce qu’on pouvait déjà en dire il y a quelques jours, et bien que le référendum soit passé, l’avenir des Grecs n’est jamais apparu aussi délicat : pour eux, rien n’est résolu, et si certains se plaignaient déjà de l’austérité, l’après-référendum ne peut vraiment pas promettre un retour au pays de Cocagne.

En fait, la situation semblait comme suspendue jusqu’au résultat du référendum. Celui-ci connu, les choses peuvent reprendre leur cours inexorable. Et ce cours ne laisse aucun doute : l’État grec est toujours aux abois. Quant aux Grecs, ils multiplient les expédients pour joindre les deux bouts.

C’est ainsi qu’on découvre, dans un article à l’orientation politique délicieusement subtile, que le travail au noir se développe de plus en plus.

Certes, bien avant la crise, l’économie grecque était déjà réputée pour avoir une vision plutôt souple de la légalité et de la fiscalité, cette dernière étant bien souvent l’occasion d’une course d’égo à celui qui frauderait le plus et s’en tirerait avec le moins d’égratignures. Mais avec la fameuse (et longtemps fumeuse) austérité, la pratique du travail au noir a donc explosé pour toucher à peu près tout le monde.

taxer c'est volerL’article du Monde, journal officiel de l’étatisme vigoureux, ne peut s’empêcher de présenter — évidemment en toute objectivité, hein, bien sûr — les abominations habituelles directement associées à ce travail au noir. Et voilà Maria, la pauvre étudiante sans le sous (bien sûr) qui « choisit » donc le travail non déclaré (rassurez-vous, c’est bien son patron qui l’a obligée à cette entorse) pour toucher un meilleur salaire au détriment de son assurance maladie. Patatras, elle fait un malaise et se retrouve non couverte. « On ne m’y reprendra plus. ! » Oubliez l’autre branche de l’alternative où, refusant le diktat de son patron, elle aurait fini par perdre son travail (et où elle n’aurait donc pas été plus couverte). Heureusement, certains résistent, comme Platon, 43 ans … qui depuis 2012 est au chômage et survit parce que sa femme touche encore un salaire décent.

L’évident parti-pris du journaliste qui s’empresse de rapporter plusieurs situations délicates ne permet pas, cependant, de cacher complètement quelques faits qu’il doit retranscrire dans son article, comme celui que les entreprises y ont maintenant très massivement recours, que les contrôles sont rares, ou impossibles, ou les deux, que de l’aveu même des syndicats, le travail au noir est une façon pragmatique de gagner effectivement de quoi se loger, se nourrir et se vêtir, et qu’en définitive, tout le monde en croque de façon plus ou moins régulière (qui doutera que l’incorruptible Platon n’a pas, à l’occasion, dépanné son voisin ou un de ses amis contre un petit billet ou deux, histoire d’arrondir les fins de mois, ou, plus en rapport avec sa morale immaculée, ne s’en sera pas retrouvé rémunéré de l’une ou l’autre denrée dont il venait à avoir besoin, dans un troc bien pratique, mais pas du tout déclaré ?).

gifa money

Mais surtout, tout l’article, et toute la situation grecque prouve en réalité que l’échange entre personnes consentantes est ce qui reste une fois qu’on a fait tomber toute la vapeur administrative inutile dans laquelle un pays, plongé la tête la première dans un socialisme bouillonnant, finit par se débattre inéluctablement. Par là même, il prouve encore une fois que ceux qui effectuent un travail, rendent un service, aident à la production d’un bien que quelqu’un est prêt à payer pour l’obtenir peuvent réellement s’en sortir, et montre, en creux, la seule issue favorable au peuple grec : que le travail au noir devienne la norme, autrement dit que chaque Grec se débarrasse de l’épuisante paperasserie, de la bureaucratie incapacitante, de leurs habitudes étatistes et de ce collectivisme qui les a, plus sûrement qu’une catastrophe naturelle, durablement plongés dans la misère.

L’article du Monde prouve d’ailleurs, dans la façon dont sont relatés les faits, que ceux qui n’ont jamais raisonné que par et pour l’État se retrouvent ou bien incapables de s’adapter au nouveau paradigme (celui d’un État effectivement impotent et, pire encore, gênant), ou bien doivent tout simplement renoncer à leur utopie inopérante.

Évidemment, cette explosion du travail au noir a des conséquences directes pour l’État grec. Et si, avec elle, un nombre croissant d’individus peut espérer s’en sortir indépendamment des recettes miracles (et délétères) du gouvernement, plus il y a de travail au noir, plus cet État se retrouve à court de ressources. Voilà d’ailleurs la vraie raison de l’affolement des autorités, et la crainte qui s’empare de notre journaliste et de certains de ces Grecs pour qui point de salut n’existe sans l’aide fournie par l’État (même si c’est à un prix si élevé qu’il jette tout le monde dans l’opprobre).

À présent, face à cette problématique, deux cas se présentent : soit l’État accepte (contraint et forcé) cette nouvelle situation, et réduit sa voilure. Dans ce cas, la catastrophe grecque allume une lumière au bout d’un tunnel de souffrance et de misère : celle d’un État restreint, limité aux domaines pour lesquels les gens sont naturellement prêts à consentir à l’impôt (l’ordre et la justice, en substance).

Soit – hypothèse plus logique avec Tsipras, communiste, au pouvoir – l’État n’accepte pas de voir son gâteau se réduire et se bat donc pied à pied pour retrouver sa part initiale, quoi qu’il puisse en coûter à la population. Dans ce cas, la Grèce montrera une fois encore que plus l’économie est lourdement et massivement administrée, plus l’État s’immisce partout, plus les marchés parallèles, les systèmes D, les entraides et les solidarités individuelles se développent à sa marge.

Bien sûr, plus on observera ces développements parallèles, ce marché noir et cette évasion fiscale, plus l’État réagira en augmentant encore son emprise en administrant non plus seulement l’économie, mais bientôt, la vie privée elle-même. Et là, il parviendra effectivement à détruire ces marchés parallèles et ces solidarités, puisqu’il transformera chacun en futur criminel et en délateur potentiel, comme tant d’autres « paradis » communistes avant lui.

Comparaison socialisme - capitalisme

Notons donc la direction que la Grèce prendra. Et notons la direction d’ores et déjà prise par la France avec sa surveillance maximale, son utilisation parfaitement hypocrite de la loi Renseignement pour espionner les Français et les pister fiscalement, son abandon programmé du cash qui permet, justement, le développement d’une économie parallèle pour compenser la mainmise de l’État.

L’avenir est très incertain pour les Grecs, mais il sera probablement douloureux. En revanche, pour les Français, il est déjà tout tracé. Il n’en sera pas moins douloureux.

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Source : http://h16free.com/2015/07/06/40309-grece-un-non-qui-ne-change-rien


Assurance santé : petite histoire de frontaliers

dimanche 5 juillet 2015 à 11:00

Aujourd’hui, je vous propose l’histoire intéressante des frontaliers confrontés aux tentatives désespérées (et calamiteuses) du gouvernement pour leur passer l’envie d’aller tester un autre système d’assurance santé que la Sécu française. Elle nous est racontée par un de mes lecteurs réguliers, que par commodité nous appellerons JPR et que je remercie.

Tout commence dans les années 50-60. Les travailleurs frontaliers, exclus des systèmes de santé suisses et français, se regroupent et créent leur propre système d’assurance pour eux et leur famille. Ce système proposait des assurances solides parfaitement adaptées à la situation particulière des frontaliers, à des prix honteusement bas, et sans jamais mettre un seul compteur dans le rouge.

Ceci pose évidemment plusieurs problèmes : d’une part, il prouve qu’un système privé d’assurance maladie parvient très bien à fonctionner, n’est pas cher et équilibre sans mal ses comptes. Face à une Sécurité sociale politiquement, comptablement et idéologiquement en déroute, le système des frontaliers est un défi qui nargue violemment les institutions républicaine de solidarité forcée. D’autre part, il ouvre une brèche en proposant une évasion possible aux assurés du système traditionnel français ; après tout, où est le traitement égalitaire des individus si certains (les frontaliers) s’en sortent bien mieux que d’autres, juste pour des raisons géographiques ?

Sécurité sociale

Dès lors, et bien que la satisfaction de ce système était générale, il fallut siffler la fin de la récréation et faire rentrer ces gentils moutontribuables à la bergerie collectiviste.

mst smallCette mission, malgré son aspect délicat, fut confiée à Marisol Touraine, pourtant reine de l’Epic Fail comique. Cette dernière s’empressa donc de pondre deux décrets et une circulaire le 23 mai 2014 avec prise d’effet le 1er juin de la même année. Pour faire simple, les frontaliers devaient alors intégrer la CMU à la fin de leurs contrats en assurance privée, et au plus tard le 31 mai 2015. Côté suisse, l’exercice tacite du droit d’option (choix irrévocable entre un assureur LAMal et un autre assureur) est toujours juridiquement valable, les retours en assurance LAMal sont donc impossibles.

En mai 2014, la Suisse et la France révisent une note conjointe afin d’y spécifier que si l’assurance n’est pas suisse, alors elle doit obligatoirement être française (commode, non ?). N’ayant plus que la CMU comme choix, ceux qui avaient des contrats qui se terminaient au 31 décembre 2014, contraints, forcés et résignés, basculent massivement à la CMU. Ça tombe bien : le meilleur système de santé au monde que le reste de la planète nous envie mollement a justement besoin de gogos d’affiliés solvables.

À cette époque subsiste tout de même de nombreuses questions concernant les remboursements des soins en Suisse et l’éventuel assujettissement à la CSG/CRDS française. Questions auxquelles s’ajoutent les impressions désagréables d’une tonte de plus en plus rase lorsque les frontaliers découvrent, sur le CERFA 2047 (déclaration des revenus perçus à l’étranger), une nouvelle case pour indiquer ses revenus bruts mensuels, alors même que la ponction CSG se fait précisément sur le revenu brut.

L’étau se resserre : les frontaliers français vont, comme les autres Français, passer à l’abattoir.

Mais le 10 mars 2015, rebondissement dramatique : le tribunal fédéral, plus haute instance juridique suisse, juge l’exercice tacite du droit d’option illégal. Autrement dit, les frontaliers doivent avoir signé un contrat et sinon, le retour en LAMal redevient possible. Les deux demi-cantons de Bâle s’alignent très rapidement sur l’arrêt du tribunal fédéral et rouvrent le droit d’option à ceux qui n’ont rien signé (autrement dit, presque tout le monde). Les cantons romands attendent des instructions de Berne, et dans un premier temps, ne donnent des autorisations qu’aux seuls citoyens suisses vivant en France… avant d’emboîter finalement le pas aux cantons de Bâle.

Concrètement, les Alsaciens sont donc les premiers libérés. La CPAM de Colmar croule alors sous les demandes de radiation de la CMU. Sur 34,000 frontaliers environ, 8,000 ne sont jamais rentrés à la bergerie, et des centaines d’autres attendent d’être radiés. Là où le rapport de l’IGAS prévoyait un taux de fuite de 9%, on en observe plus de 24%. Devant telle déconfiture, la Direction générale des Finances publiques se décide enfin, en mai 2015, à expliciter la position française officielle concernant la CSG/CRDS. Pensant calmer l’hémorragie, elle annonce aux frontaliers qu’ils ne seront pas assujettis à ces cotisations. En pratique, la crédibilité et l’impact de la nouvelle seront assez modérés.

Début juin, la France, comme à son habitude dès que les choses commencent à sentir le roussi, bloque toujours les demandes de radiation de la CMU. Ce ne sera qu’en fin de mois que les CPAM reçoivent des instructions de procéder aux radiations de ceux qui se sont inscrits en LAMal, probablement afin d’éviter une volée de bois vert devant la CJUE comme ce fut déjà le cas dans les années 90 à cause d’une sombre histoire de… CSG/CRDS.

pole emploi a qui le tourImmédiatement, pour des milliers de personnes, c’est la délivrance. Pour le système d’assurance collectiviste français, en revanche, ce sont des centaines de millions d’euros qui s’envolent, et qui ne reviendront jamais sous aucune forme (TVA, IR, etc…). À ces mankagagner particulièrement dodus, on doit ajouter ceux provoqués par les anciens assureurs privés, dont l’activité fut interrompue suite aux excitations de Marisol et aux contraintes légales jetées sur leur chemin : beaucoup sont partis, ont fermé leurs portes et pointent maintenant à Paul Employ.

Eh oui, comme prévu, c’est encore un Epic Fail pour Marison : grâce à une analyse faite de travers d’un problème qui ne se posait pas, puis à l’application consciencieuse d’une solution idiote, on aboutit à un décret mal torché aux conséquences dramatiques.

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Pour JPR, notre frontalier, l’affaire est entendue : il ne ressent aucune honte à s’être ainsi libéré du système français, décidément solidaire qu’avec ceux qui le dirigent. Pour lui,

« la santé des frontaliers, Marisol Touraine n’en a rien à cirer. Le rapport de l’IGAS est d’ailleurs sans ambiguïté, les scénarii envisagés ne consistaient pas à améliorer nos accès aux soins, mais à optimiser l’assiette de cotisation au maximum afin que la CMU reste compétitive face à la LAMal, dont ils avaient estimé le coût à 600 euros par mois. Ceci est à vomir, pour deux raisons. Première grosse erreur, une assurance LAMal ce n’est pas 600 euros, mais un peu plus de 300. Deuxième grosse erreur, ce n’est pas la France qui est responsable de l’assurance maladie des frontaliers, mais la Suisse. C’est le droit communautaire qui le dit. Je laisse le lecteur mesurer le degré d’amateurisme de ces clowns du ministère de la santé. »

Il termine d’ailleurs en proposant son aide :

Je suis à disposition de tous les frontaliers qui veulent se libérer de ce vieux débris communiste qui n’est plus qu’un trou béant à boucher. Je pense aussi à ces assurés qui sont « emprisonnés » en France, pour qui la situation semble, maintenant, moins facile que celle des frontaliers. Dites-vous que nous avons porté un coup sérieux à la Sécurité sociale. Adieu donc les centaines de millions d’euros attendus par cette tentative de spoliation organisée.

On ne sait bien sûr pas de quoi l’avenir sera fait, et on peut même imaginer sans mal que les institutions françaises continueront vaille que vaille à écrabouiller toute tentative de résistance. Cependant, les petites victoires s’accumulent, et la forteresse d’iniquité et de mauvaise foi de la Sécurité Sociale s’est déjà amplement lézardée. Bien sûr, vous n’entendrez rien dans les médias habituels des combats qui sont actuellement menés.

Ne doutez pas qu’ils existent, et ne doutez pas qu’au bout se trouve une liberté fondamentale, celle de s’assurer où l’on veut.

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Source : http://h16free.com/2015/07/05/40267-assurance-sante-petite-histoire-de-frontaliers