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Du kung-fu, des dinosaures, des Valkyries ? Une autre façon de faire des films

dimanche 17 mai 2015 à 11:00

Vous aimez le cinéma, l’action, l’aventure, les dinosaures, les Valkyries, le kung-fu et pas du tout Hitler ? Vous pensez impossible de réunir dans un seul film autant de sujets avec brio et atteindre alors un niveau de coolitude supérieur à 9000 ? Eh bien détrompez-vous, il existe une telle réalisation. Kung Fury est fait pour vous.

Comment, vous ne connaissez pas ce film ? Pourtant, vous devriez, puisqu’il illustre à lui tout seul une autre façon de faire du cinéma. Bon, certes, je vous accorde que ce n’est peut-être pas, pour le moment, le film le plus connu qui soit, mais même si, finalement, vous n’êtes pas un fan de kung-fu et de Valkyries, permettez-moi de vous présenter un peu le contexte.

L’aventure Kung Fury commence en 2012 lorsque David Sandberg, un réalisateur suédois spécialisé dans les films publicitaires et vidéos musicales, plaque son emploi pour se lancer dans l’écriture et la production de son propre film, Kung Fury. Il dépense dans un premier temps 5000 dollars pour réaliser avec ses amis les premières images d’une bande annonce. Malheureusement, la tâche qu’il s’est assignée semble hors de portée. Entre ses fonds rikikis et la nécessité de recourir massivement aux effets spéciaux, notamment pour gérer un lieu de tournage (la Suède) particulièrement éloignée du lieu scripté de l’action (Miami), les fonds viennent très vite à manquer.

En Décembre 2013, Sandberg ouvre une campagne Kickstarter, invitant tous ceux qui le veulent à participer dans son projet en l’échange de différents produits (depuis le t-shirt jusqu’à un rôle dans le film à venir en passant par des posters dédicacés), et met en ligne, histoire de donner un aperçu de ce qu’il entend faire, une bande annonce de la réalisation à venir.

La vidéo plaît grandement et le succès est très rapidement au rendez-vous. Sur les 200.000 dollars que Sandberg s’est fixé comme but, il en récolte plus de 600.000 (pour plus de 17.000 soutiens, soit 35 dollars en moyenne par soutien). Si cette somme ne suffira pas pour un long métrage, le court est, lui, à sa portée. Il se lance et y passera l’année 2014.

En chemin, son projet aura retenu l’attention : ainsi, alors que le court métrage sera présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes, des producteurs américains envisagent à présent, en fonction de la réception du court métrage, d’en produire un long.

Indépendamment de la valeur cinématographique intrinsèque de Kung Fury, qu’on le trouve bon ou mauvais, son existence prouve qu’un autre type de cinéma est possible. Oh, je ne parle pas d’un autre genre cinématographique puisqu’en l’occurrence, le film en question revisite essentiellement les canons des années 80 en matière de film d’action, d’aventure et d’humour décalé. Non, ici, il s’agit de la façon dont on peut construire un film et en particulier le « nerf de la guerre », son financement : avec ce genre d’initiative, Kung Fury montre qu’on peut créer un spectacle cinématographique complet, professionnel, et surtout rentable en faisant intervenir directement le public, en l’impliquant en amont, à la création, et non plus en aval, à la projection.

Comme toute révolution fondamentale, les débuts sont modestes. Ils passent presque inaperçus dans le « monde réel » et pour les personnes pour lesquelles internet n’est qu’un médium de diffusion comme la télé ou la radio. À vrai dire, les grands studios voient essentiellement dans ce mode de financement un intéressant gadget, facultatif, permettant de faire émerger, éventuellement, un nouveau réalisateur. Mais plus fondamentalement, ce que ces studios ne voient probablement pas, c’est que ce mode spécifique de participation du public entraîne un renversement de la notion de droit d’auteur, de diffusion et de copie.

kung fury super accurate

Ainsi, Kung Fury sera disponible gratuitement, à son lancement, sur Youtube, et c’est logique : l’opération « Kung Fury » est déjà équilibrée comptablement parlant, et à sa sortie, toute nouvelle recette est essentiellement un bonus. En effet, les participants au financement recherchaient autre chose qu’un retour sur investissement sous forme financière. Depuis la présence de son nom dans un des éléments du film, en passant par un t-shirt promotionnel ou un rôle plus ou moins important dans l’histoire elle-même, ceux qui ont mis quelque argent dans le projet n’ont pas tous, loin s’en faut, misé sur un rendement financier.

Oh, bien sûr, l’avenir de ce genre de montage participatif pour des films comprendra aussi des investisseurs très intéressés au rendement, c’est même une certitude et c’est une des raisons qui a poussé l’industrie du cinéma aux sommets actuels. Simplement, ce que Kung Fury démontre est qu’on peut aussi construire un film sans subvention étatique, sans investisseur cherchant d’abord un rendement, mais avant tout avec une base de fans et de personnes intéressées non par le résultat financier mais avant tout par le résultat artistique.

Autrement dit, Kung Fury réintroduit le mécénat pour le cinéma en utilisant habilement les facilités offertes par la révolution numérique : toucher un très vaste public à un coût extrêmement modeste. Certes, ce projet n’est bien sûr pas le tout premier exemple de mécénat dans le cinéma, ni même le premier utilisant la force de frappe « internet », mais on peut espérer que son exemple suffisamment médiatisé donnera à d’autres équipes l’envie de se lancer.

kung-fuhrer

En clair, ceci veut dire d’une part que le mode de financement des films peut encore évoluer (et loin du crony capitalism, en particulier), et d’autre part, que les recettes assises sur les droits d’auteurs ne sont pas, au contraire des lamentations répétées des majors du secteurs, fondamentales pour garantir l’existence même de ces productions : Kung Fury est la démonstration par l’exemple que ce qui fonde l’existence de l’art (cinématographique ici) n’est pas la reconnaissance du droit d’auteur, ou l’assurance d’une rémunération postérieure à la création, mais avant tout le désir émis par certains de voir l’œuvre se concrétiser, en usant de leurs finances éventuellement et même à fonds perdus le cas échéant.

Voilà qui devrait largement faire méditer ceux qui persistent encore à croire indépassable les modèles d’affaires actuels de la culture, ou l’impossibilité d’aller au-delà des lois actuelles sur le droit d’auteur…

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Source : http://h16free.com/2015/05/17/39072-du-kung-fu-des-dinosaures-des-valkyries-une-autre-facon-de-faire-des-films


Petit traité d’anti-écologie à l’usage des lecteurs méchants

samedi 16 mai 2015 à 10:00

Vous aimez les plantes et les petites bêtes, à condition d’avoir la bonne sauce pour les accompagner ? Vous adorez les éoliennes exclusivement lorsqu’elles sont installées chez votre lointain cousin, qui, en plus d’être un fieffé coquin socialiste, est un agaçant moralisateur ? Vous prenez votre vélo pour aller travailler et, avec l’habitude, il ne vous faut plus que deux minutes pour le rentrer dans le coffre de votre voiture diesel ? Vous appréciez tendrement le tri de vos déchets qui permet de multiplier l’emploi de gros camions poubelles consommant plus de 70 litres au 100 pour chaque nouveau type de déchet ? Alors j’ai peut-être une bonne nouvelle.

petit traitéEn effet vient de paraître aux Belles Lettres un petit ouvrage de mon cru qui rassemble quelques éléments de réflexion sur l’écologie et les idées fausses qu’on peut se faire à son sujet. Ce modeste traité réconciliera enfin vos observations personnelles avec le discours catastrophile des écologistes politiques. Composé d’une centaines de pages qui vont à l’essentiel sur un papier de bonne tenue, à la police sérifiée choisie avec soin, l’ouvrage entend vous faire découvrir les manœuvres étonnantes qui se cachent derrière le réchauffement climatique, la peur malthusienne répétée comme un mantra d’un manque cruel, inévitable et très prochain d’énergie qui réduira l’humanité à sa perte dans des millions de cris insupportables, et enfin l’étonnante tribu des Fluffies, admirables petits animaux à poils parfois longs, pétris de bons sentiments et issus de la culture socialiste hydroponique (c’est-à-dire n’ayant jamais les pieds sur terre), toujours prompts à s’enflammer pour les causes les plus improbables et en dépit de tout sens critique.

Je ne peux bien sûr que vous encourager à vous le procurer d’autant que son prix, d’une modestie presque monacale, permet d’en acheter plusieurs à la fois (allez-y, lâchez-vous !), d’autant que c’est un cadeau au format particulièrement facile à glisser dans les petits souliers. Vous pourrez le commander directement sur le site de l’éditeur, ici ou, en désespoir de cause, auprès du grand Satan turbo-capitaliste habituel, Amazon.

Ne restez pas comme d’autres, coincés dans l’idée fausse que nous allons tous mourir grillés, ou affamés, ou les deux alors que l’avalanche de taxes et d’impôts vous abattra bien plus sûrement ! Procurez vous le Petit Traité d’Anti-écologie à l’Usage des Lecteurs Méchants qui ne se laissent pas faire par un environnement pas toujours bisou, et découvrez quelques arguments bien trempés à faire valoir à votre voisin lorsqu’il voudra installer une éolienne dans votre jardin ou voudra vous convertir à la tourte aux cafards !

duflot aime le nucléaire

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Source : http://h16free.com/2015/05/16/38964-petit-traite-danti-ecologie-a-lusage-des-lecteurs-mechants


SPRE, SACEM, et rémunération équitable inique

vendredi 15 mai 2015 à 09:00

Il existe de multiples fromages dans la République du Bisounoursland française, tout le monde le sait, mais l’un des plus dodus est celui construit autour du droit d’auteur et des droits voisins. Et malgré une société civile qui évolue de plus en plus vite et dans laquelle la révolution numérique a profondément changé la donne, les sociétés vivant de ces droits n’entendent rien lâcher. Le fromage est trop bon.

Concrètement, en France, la gestion du droit d’auteur et des droits voisins, c’est une kyrielle de sociétés civiles, d’associations loi 1901 sans but autre que lucratif, qui se chargent de collecter, sucer, ponctionner, extraire, extirper et récupérer par tous les moyens possibles l’argent de ceux qui ont l’inconscience de diffuser des biens culturels (musique, vidéo) d’une façon ou d’une autre : tous les jours, la SDRM, l’ADAMI, la SPEDIDAM, la PROCIREP SCPA, la SACEM, la SACD, la SCAM, l’ADAGP, la SAJE, la SCPP et la SPPF brûlent quelques calories pour envoyer factures, courriers de relances, huissiers et autres avocats aux trousses de (notamment) tous les commerçants, artisans et professions libérales qui ont eu l’idée assez sotte de mettre une radio ou une télévision pour distraire leur clientèle. Ce sont ces mêmes sociétés qui font aussi la tournée des popotes auprès des majors musicales, des chaînes de radio, de télévision, pour, là encore, collecter les petits sous pour leurs sociétaires (les auteurs, compositeurs et producteurs, en substance).

(Ici, je schématise un peu parce que ces sociétés sont spécialisées pour cette collecte dans à peu près tous les arts, toutes les variantes de production et de diffusion. Le gâteau est grand, épais, bien gras et intéresse donc un grand nombre d’acteurs. Je n’évoque pas ici la partie « copie privée », qui est un chapitre entier et croustillant à lui tout seul.)

De petits sous en petits sous, on finit par rassembler de vastes montants. On dépasse les 800 millions d’euros annuels pour la SACEM, par exemple ; eh non, ce n’est plus du petit business pour des petits artistes. Devant ces fortunes, on comprend tout de suite que certains modèles alternatifs de gestion de droits d’auteurs ne plaisent pas du tout du tout à ces sociétés.

sacem logo

Le cas de Jamendo et MusicMatic est particulièrement intéressant. Ces entreprises (la première est maintenant filiale de la seconde) proposent de commercialiser les productions d’artistes licenciés sous Creative Commons, qui permet à l’auteur, l’interprète, au compositeur, ou au producteur de conserver le monopole des utilisations commerciales et le monopole des travaux dérivés sur les œuvres. Les droits sont collectés par MusicMatic ou Jamendo, en court-circuitant complètement les sociétés précédentes, les artistes inscrits sur ces sites ne pouvant être en parallèle membres de sociétés de gestion collective…

On le comprend ici : le juteux business-model de la SDRM, l’ADAMI, la SPEDIDAM, la PROCIREP SCPA, la SACEM, la SACD, la SCAM, l’ADAGP, la SAJE, la SCPP et la SPPF est mal barré. L’affaire prend une tournure plus sombre encore pour notre brochette de ponctionnaires lorsqu’on apprend que depuis quelques années, MusicMatic propose des contrats de sonorisation de magasins permettant de diffuser des musiques libres de droits dans les rayons de ses surfaces commerciales. D’ailleurs, le 27 mars dernier, c’est au tour de Jamendo de lancer un nouveau service en ligne de commercialisation de musique libre de droits pour les entreprises.

En substance, ces deux sociétés proposent la vente de licences aux entreprises qui veulent sonoriser leurs magasins en évitant de passer par la SACEM ou d’autres sociétés de collecte, et partagent avec les artistes les droits collectés (en 50/50 pour Jamendo, par exemple). Comme il s’agit d’un modèle « tous droits compris », l’entreprise cliente se retrouve avec une seule facture, de montant maîtrisé et unique, renouvelable au mois ou à l’année.

Nous sommes en France : des artistes heureux (certains gagnant plusieurs milliers d’euros par mois grâce à la diffusion de leur œuvre dans des campagnes de pub comme Nespresso ou Toyota, ou dans des chaînes comme Ikea, McDonalds ou H&M), un concept innovant qui permet à des entreprises de grossir et de se développer, des commerçants ou des marques satisfaites, tout est ici réuni pour un désastre.

Et c’est donc un désastre que préparent nos sociétés de collecte grâce à l’application pointilleuse (et très discutable) d’une loi consternante. En effet, à la surprise d’un des clients de MusicMatic (St Maclou), le 22 mars 2013, la société reçoit cependant un courrier de la SACEM, mandatée par la SPRE, lui enjoignant le versement de 117 826,84 euros, pour la collecte de droits : les musiques libres de droits ne sont pas libres de rémunération équitable.

Oui, vous avez bien lu : que les musiques diffusées soient libres de droit ou non, et même si les auteurs des musiques diffusées n’ont cédé aucun de leurs droits à la SACEM, la SPRE est en droit de réclamer des thunes, parce que, parce bon, c’est comme ça. Et le plus beau n’est pas là, mais bien lorsqu’on se penche sur le sort des 117.000 euros collectés : les artistes concernés par ces fonds n’étant pas inscrits auprès des sociétés de collecte (et pour cause), ces sommes pourraient tomber dans le pot commun, celui utilisé pour les artistes affiliés (i.e. pas les auteurs, compositeurs et interprètes de ces musiques, donc). En clair, grâce à la rémunération équitable, les artistes enregistrés auprès de Jamendo ne toucheront pas un rond.

wtf jackie chan

Cette affaire est une illustration magnifique de l’équité et de la légitimité de ces sociétés, qui pervertissent complètement le sens de leur mission puisqu’ici, elles ne collectent même pas pour leurs propres sociétaires. Si ce n’est pas du vol ou du racket au plan légal, cela en a cependant toute l’apparence.

C’est aussi une magnifique démonstration de leur cupidité puisqu’elles n’hésitent absolument pas à étendre les collectes partout où c’est possible et légal, en dépit du bon sens et de la légitimité.

Il faut dire que le mode traditionnel de production et de diffusion de la musique encore valable dans les années 80 s’est progressivement effrité dans les années 90 et s’est évaporé dans les années 2000 avec la révolution numérique. De fait, dans les années 80, il y avait une assez bonne correspondance entre les artistes qui étaient diffusés dans les magasins et ceux qui étaient inscrits dans ces sociétés d’auteurs, et pour cause : à l’époque, produire et enregistrer une musique sur un support professionnel dans des grands magasins imposait des moyens en comparaison desquels l’inscription à ces sociétés de collecte était une formalité allant quasiment de soi.

En revanche, depuis la révolution numérique, n’importe qui ou à peu près peut produire et enregistrer de la musique dans un format professionnel facilement diffusable en magasin et à plus grande échelle encore avec internet (les artistes auto-produits qui ont fini par rencontrer un succès planétaire sont un bon exemple de ce changement paradigmatique), et donc se passer assez facilement de majors, de SACEM et de leurs multiples variantes. Cette révolution a complètement bouleversé la donne puisqu’à présent, les majors et les sociétés d’auteurs peuvent ne plus être impliquées du tout dans le processus de création, et donc, dans les flux financiers correspondants.

On ne peut, en l’état actuel de l’affaire, présager du jugement qui sera rendu mais, on le comprend, si les tribunaux donnent raison à la SPRE et la SACEM dans leur ahurissante collecte, c’est tout l’écosystème des musiques libres de droit qui sera remis en question. Et encore une fois, la France fera un joyeux bond en arrière pour protéger des pratiques d’un autre âge, au détriment de l’innovation, de la transparence et de la simplicité.

Allez, musique maestro !

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Source : http://h16free.com/2015/05/15/39101-spre-sacem-et-remuneration-equitable-inique


C’est terrible, on va manquer d’internet

jeudi 14 mai 2015 à 09:00

Chers lecteurs, la situation est plus que grave, elle est dramatique : les lolcats ont, quasiment, gagné la partie et dans quelques années, si rien n’est fait, internet va s’effondrer. Dès à présent, si vous voulez sauver le monde, sauver internet et redonner une chance aux GIFs animés, arrêtez d’encombrer la bande passante avec vos vidéos de chats mignons qui font des bêtises par douzaines. Mais pour cela, il faut que nous nous y mettions tous, tous ensemble !

srsly seriouslyRah lalala, j’en vois qui gloussent dans le fond et ne croient pas un traître mot de ce que je viens de dire. Pourtant, l’affaire est des plus sérieuses puisque c’est un chercheur (donc un type tout ce qu’il y a de plus réfléchi) qui l’explique dans les médias d’abord anglais puis français qui s’empressent de reporter l’affolante nouvelle : il s’appelle Andrew Ellis, de l’Université d’Aston à Birmingham, et il ne rigole pas du tout lorsqu’il explique que, d’après ses calculs, internet pourrait atteindre ses limites dans huit ans. Pensez donc ! Selon lui, Internet est déjà exploité aux trois quarts de sa capacité, et l’augmentation à rythme effréné implique qu’il « ne va pas tenir le coup ».

Il est vrai que, si l’on regarde autour de soi, on ne peut s’empêcher de constater que la population est devenue d’autant plus gourmande que les services et les occasions d’utiliser internet n’ont cessé de progresser. Parallèlement à cette explosion de l’offre, on assiste aussi à une croissance soutenue de la demande puisqu’internet compte trois milliards d’utilisateurs (ce qui fait deux fois plus qu’il y a sept ans, mes petits amis). Utilisateurs qui ont en plus le mauvais goût de réclamer plus de bande-passante. Là où 2 Mb/s suffisaient il y a dix ans, le 100 Mb/s est à peine suffisant de nos jours : avant, on pouvait se contenter de petits JPG un peu bavous, et l’éventuelle animation d’un site consistait surtout à faire tourner un arobas ou une enveloppe pour signaler l’e-mail du webmaster. no-wayDe nos jours, entre l’inclusion de vidéos complètes, de graphismes chiadés aux images mégapixels et de boutons de réseaux sociaux surpuissants (sans même évoquer le véritable tsunamis de lolcats tous aussi animés les uns que les autres), les volumes de données déplacées sont devenus si énormes que tout passe par Internet qui, d’après Andrew Ellis, en est quasiment au point de saturation.

En effet, pour compenser la croissance explosive de nos besoins en débit, il faudrait déployer de la fibre optique à un rythme plus que soutenu, rythme et déploiement qui ont un coût que devra supporter l’internaute, ce petit être fragile qui n’a jusque-là trouvé qu’à grand peine les ressources pour se payer ces infrastructures. Autrement dit, on va manquer de fibre pour notre transit informationnel. La constipation des internets approche !

Mais le chercheur, qui ne recule devant aucun procédé rhétorique pour affoler la populace, va encore plus loin en abordant aussi la douloureuse question énergétique. En effet, chers lecteurs, vous devez absolument comprendre que tous les appareils qui font vibrer internet au rythme endiablé de la révolution numérique sont de gros consommateurs de courant électrique. Depuis votre petit téléphone mobile jusqu’à votre poste de travail, en passant par les serveurs, bien sûr, les routeurs, les switchs, les répéteurs et les appareils USB qui chauffent votre tasse à café ou clignotent dans la nuit, tous bouffent un volume affolant de courant : plus de 2% de la production mondiale d’électricité (ou 10% ici, mais c’est pareil, on s’en fiche), et jusqu’à 16% dans les pays les plus développés, sont ainsi dévolus à nos gadgets qui font pouic en réunion de travail et à nos serveurs qui nous permettent de trouver rapidement la pizzeria la plus proche ou comment faire grossir son zizi pour un prix modique. Et avec la consommation de flux qui augmente, la consommation d’électricité aussi.

D’après le professeur Ellis, on en double tous les quatre ans, alors que la production, c’est connu, ne suit pas ce rythme qui est parfaitement insoutenable. Bref, non seulement on va manquer de fibres, mais on va aussi manquer d’énergie.

Le constat est donc sans appel : Internet, cette si précieuse ressource, est en passe d’être épuisée, c’est à la fois horrible et catastrophique. Mais …

Mais c’est surtout une magnifique pignouferie de presse.

Pignouferies de presse

Il fallait s’y attendre. Une telle nouvelle, pleine de catastrophisme, de petits chiffres pas trop faciles à vérifier et de tendances exponentielles avec de gros morceaux de futur pas trop proche dedans, qui touche tout le monde et qui permet de culpabiliser les uns (avec leurs vidéos de vacances pourries et mal cadrées) et les autres (avec leurs pages web 0.2 pleines de chats qui font les cons), ça ne pouvait que fonctionner du tonnerre de Brest et se retrouver rapidement repris, d’un copier-coller à l’autre, dans tous les médias numériques dont l’occupation journalistique n’est plus qu’un prétexte construit autour du clickbait.

Bonus supplémentaire : en insistant sur la méchante consommation d’énergie que représente internet, on pousse le lecteur à se mortifier en débranchant ses quelques appareils électroniques qui seraient, de façon implicites, pas franchement Gaïa compatible, en oubliant consciencieusement toutefois toutes les économies que la révolution numérique aura engendrées, discrètement mais sûrement (eh oui : moins d’internet, ce sont des pans entiers de l’économie qui redeviennent bien plus complexes, ce sont des opérations en flux tendu qui redeviennent pleines d’à-coups coûteux, ce sont des prévisions plus difficiles voire impossibles à faire et donc plus d’erreurs, de gaspillage ou d’approximations encore moins Gaïamicales que l’était la consommation gourmande de services internet).

Bien évidemment, aussi sérieux le professeur Ellis tente-t-il d’être, toute sa passionnante étude ressemble de trop près à une belle resucée des meilleures pages malthusiennes : la production P (de fibres et d’électricité) croît de façon linéaire ou à peu près, la consommation C, elle, de façon exponentielle ou à peu près, et bien que P soit pour le moment au dessus de C, vous voyez nettement ici que C rejoint P dans un grand boum catastrophique et la dépasse en rigolant bêtement, voilà voilà. C’est puissant, non ?

fini internet

Sauf qu’évidemment, production et consommation sont étroitement corrélés (par le prix, notamment) et à mesure que la consommation augmente, les coûts d’infrastructure augmenteront aussi, rendant de fait plus rentable la production de nouvelles facilités. Si l’on y ajoute les (r)évolutions technologiques qui ont jusqu’à présent largement permis d’éviter les impasses techniques (depuis celle des débits sur paire cuivrée jusqu’au manque d’adresses IPv4), tout affolement vis-à-vis des capacités futures d’internet à répondre aux besoins est parfaitement grotesque. Depuis les mécanismes naturels du marché jusqu’à l’incitation à l’innovation, tout est suffisamment en place pour qu’aucune pénurie ne pointe le début de son nez : on ne manquera ni de silicium ni de hamsters à pédales pour produire de l’électricité, et internet a donc de beaux jours devant lui.

En revanche, on manquera peut-être de fonds, ces derniers étant dévolus entre autres à subventionner ce genre de recherches fumeuses ainsi qu’une presse de plus en plus navrante qui relaie ces études certes rigolotes et promptes à fournir un sujet de billet amusant, mais bourrées de clichés malthusiens ridicules, toujours battus en brèche.

cat enough internet

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Source : http://h16free.com/2015/05/14/39075-cest-terrible-on-va-manquer-dinternet


Les tiraillements du Camp du Bien

mercredi 13 mai 2015 à 09:00

Il y a encore quelques années, il était assez facile de repérer les bons des méchants. Mais petit à petit, avec la crise et l’arrivée au pouvoir des Socialistes officiels, les cartes se sont brouillées, les méchants sont devenus foutrement plus nombreux, à mesure que les dénonciations des bons s’empilaient. En ce mois de mai 2015, on doit se rendre à l’évidence : le Camp du Bien s’est démultiplié pour ne faire qu’une succession de petits baraquements retranchés d’où partent des tirs nourris, tous azimuts.

Pour tout dire, c’est le bazar et une vache n’y retrouverait pas ses chatons.

Chat bourré

Jusqu’au 7 janvier dernier, on pouvait encore trouver des grandes idées qui rassemblaient mollement les individus, à l’instar des petits coquillages ballotés par une mer paresseuse. Il y avait l’antiracisme, bien sûr, la lutte contre les discriminations et pour l’égalité, décidément, la volonté d’en finir avec le méchant turbo-libéralisme (évidence nécessaire). À dose plus ou moins modérée, les combats pouvaient comprendre aussi ceux contre la pollution et le réchauffement climatique, la domination patriarcale et le massacre des bébés phoques. Simple, vous dis-je.

Après le 8 janvier, les choses sont devenues nettement plus complexes, tout d’un coup. Le Camp du Bien s’est retrouvé plongé dans un abîme de perplexité.

charlie hebdo intouchablesIl devait dénoncer l’abominable, mais devait à tout prix éviter l’amalgame, ce truc dangereux à base de bête immonde pilée et macérée dans du jus de communautarisme le plus aigre. Le Camp du Bien devait à la fois garantir, rubis sur l’ongle, la liberté des uns à s’exprimer, de préférence en faisant des dessins de figures religieuses sodomisant des enfants (suggestion de présentation), tout en expliquant aux autres la notion de respect et l’absolue nécessité de ne pas stigmatiser qui que ce soit, le tout en poursuivant ceux qui affirmaient s’exprimer autrement que dans les cases prévues à cet effet, tout en préparant ouvertement une loi de surveillance que la NSA n’aurait même pas osé pousser en loucedé.

Fatalement, même pour le Camp du Bien dont la souplesse intellectuelle est légendaire et lui permet de plier la réalité avec une dextérité invraisemblable, ce genre d’exercices acrobatiques peut provoquer des foulures (du droit) et autres entorses (aux principes de base) assez carabinées. Ce qui devait arriver arriva : le Camp du Bien explosa.

À présent, l’état des lieux est impossible à faire. Les Camps du Bien se tirent les uns sur les autres. Tenez, dans l’actualité, on trouve de tout.

Le Camp du Bien ne stigmatise pas, c’est dit. Mais comme le Camp du Bien est laïc, il ne voudra pas de certains signes ostentatoires, comme … une jupe trop longue. Le Camp du Bien est poursuivi par une association du Camp du Bien pour discrimination. Là encore, rassurez-vous, le Camp du Bien gagnera à la fin (je vous laisse choisir lequel, moi, je m’y perds).

Le Camp du Bien Caroline Fourest est pour la liberté d’expression, on l’a vu, et il lui arrive même de se fendre de livres entiers pour l’expliquer en long, en large et parfois un peu de travers. Alors le Camp du Bien Aymeric Caron dissèque et critique, dans une émission officiellement Camp du Bien Laurent Ruquier. Et parfois, ça se termine en distribution d’anathèmes. Prendre parti sera complexe. Le Camp du Bien gagnera, quoi qu’il arrive.

Le Camp du Bien, il n’aime vraiment pas trop discriminer. C’est très vilain, ça, monsieur. Mais le Camp du Bien admet que, parfois, faire des statistiques ethniques, ça peut le faire, à tort ou à raison. Bien sûr, lorsque le Camp du Mal entreprend de faire mine de s’y employer, c’est la tempête : Ménard qui tente de savoir combien d’enfants musulmans il peut avoir sur sa commune en comptant les patronymes arabes, c’est insupportable en République Socialiste du Bisounoursland. Sauf qu’à bien y réfléchir, il devient difficile de lui reprocher ce que d’autres prônent, ou font carrément. Au sein même du Camp du Bien, le Deux Poids, Deux Mesures entraîne des crispations…

D’un côté, on comprend que le Camp du Bien (ici, le ministre du Chômage, François Rebsamen), travaille pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail. De l’autre, le Camp du Bien ne saura pas tolérer qu’on supprime le « rapport de situation comparée » (RSC), institué par la loi Roudy de 1983. Le Camp du Bien lance donc une pétition contre le Camp du Bien. Rassurez-vous, le Camp du Bien gagne à la fin, même si on peut s’étonner que le Camp du Bien désire si ardemment faire des statistiques sexuelles, alors qu’il s’interdit de faire des statistiques ethniques.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Le Camp du Bien, il a été Charlie. Mais à lire les Grands Penseurs Inévitables de ce Camp, il n’aurait pas dû, ou s’il l’a été, c’était pour camoufler son islamophobie. Le Camp du Bien bondit (forcément, se faire traiter de cryptofascisme et de pétainisme, ça picote un peu). La bataille sera homérique, le Camp du Bien en sortira vainqueur, c’est évident.

Et bon courage pour y comprendre quelque chose …

Alors que les scories de mai 68 retombaient en France, la société s’est progressivement accommodée de ces individus aux agendas politiques socialistes les plus agressifs, qui ont eu la présence d’esprit de se placer dans les strates les plus efficaces pour diffuser leurs messages, essentiellement les médias, l’enseignement et la politique. Ces messages bien spécifiques ont, « avec brio » si l’on regarde la société actuelle, fait passer le plaisir immédiat avant le bonheur, la consommation avant l’épargne, l’amusement et le divertissement avant le sérieux, et l’insouciance inculte avant la culture et le savoir. Après presqu’un demi-siècle, ça y est, la mission est réussie, qui consistait à faire en sorte que partout, tout le temps, les soldats de la Pensée Autorisée soient aux affûts, prêts à dégainer et à fusiller sur place le moindre impétrant qui aurait eu l’audace de penser de travers et de le dire.

Cette observation peut être faite dans à peu près tout le monde occidental, avec des variantes en fonction du terreau local, parfois plus conservateur, parfois plus progressiste. Mais en France, le mal est si profond, si bien implanté et la liberté d’expression est si bien corsetée que la moindre formule de dissidence est rapidement attaquée par des meutes de sicaires fanatisés du Camp du Bien.

Jusqu’à présent, cela avait eu pour effet de réduire au silence, ou à peu près, tout ceux qui ont le malheur de réclamer moins d’État, moins de cette solidarité gluante, de cette déresponsabilisation galopante, de cet égalitarisme forcené qu’on nous fourre partout, à toutes les sauces, dans tous les discours, à toutes les occasions, dans chaque commémoration, célébration ou événement. A contrario, tous ceux qui réclamaient exactement l’inverse ont eu des boulevards médiatiques, et, par voie de conséquence, les subsides généreux d’une République reconnaissante.

Seulement voilà : deux effets sont apparus progressivement.

D’une part, comme je l’ai dit, la mission du Camp du Bien est un succès : l’attrition des ennemis sous ses feux est complète. Malheureusement, des mercenaires sans ennemis finissent bien vite par s’ennuyer, et finissent par se chamailler.

D’autre part, la crise aidant, les subsides sont plus difficiles à distribuer. Le nombre de mercenaires du Camp du Bien a tant augmenté que payer leur solde devient fort coûteux. Il faut choisir celles des factions qui recevront, celles qui seront aidées, celles qui devront se débrouiller. Les repas sont plus frugaux, les appétits s’aiguisent, les crocs sortent. Et comme, en plus, aucun alpha n’a vraiment pris la direction, que le seul qui pourrait y prétendre est tout sauf un chef crédible, … les dissensions se muent en batailles rangées.

Le Camp du Bien n’a plus ni ressources intellectuelles ou morales, ni plus la moindre colonne vertébrale doctrinaire. Les penseurs et intellectuels, depuis longtemps éteints, ont été remplacés par des vendeurs de soupe populiste qui ont choisi de se tirer dans les pattes en s’accusant mutuellement de censure, de fascisme, de racisme ou de discrimination amalgamante pétaino-islamophobe (ne reculons devant rien) pour exister médiatiquement et grappiller, tant que cela sera possible, les quelques miettes que la France pourra encore leur offrir.

Le délitement du pays continue. Regardez-les bien se débattre dans la purée collante que tous ces groupes ont contribué à former. Regardez cette magnifique élite se focaliser sur ces kyrielles de sujets dilatoires alors que l’économie n’a jamais été aussi mauvaise. Regardez-les bien se foutre presque sciemment (j’insiste sur presque) de ceux qui paient pour leurs combats grotesques, leurs idées pourries et leurs débats indigents.

Regardez-la bien, cette élite, et profitez-en tant que vous pouvez. Parce qu’à un moment ou un autre, la réalité, implacable, va reprendre ses droits et tout ça va devoir s’arrêter. Ça risque d’être un peu douloureux.

le socialisme c'est magique

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Source : http://h16free.com/2015/05/13/39048-les-tiraillements-du-camp-du-bien