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Une bien belle montre

samedi 10 octobre 2015 à 10:00

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas utiliser cet espace du Samedi pour présenter un livre ou le billet d’un lecteur, mais je vais plutôt en profiter pour vous vanter les qualités d’un produit, bref, faire une pub éhontée d’autant que je n’ai pas touché d’argent pour. Et comme ce produit est « made in France », vous ne pourrez douter de ma sincérité.

Sachez qu’Arnaud Montebourg n’y est pour rien, mais il arrive parfois que le « made in France » soit effectivement la marque d’une qualité irréprochable, et pas le sceau de l’infamie et d’un énième capitalisme de connivence où de valises diplomatiques en valises diplomatiques, le peuple français se retrouve gentiment floué.

Non, cette fois-ci, il s’agit réellement d’un critère de qualité pour cette montre que je me suis procurée récemment sur les conseils d’un ami. Pour tout dire, je ne suis pas spécialiste des mécaniques d’horlogerie, mais j’avais envie d’une belle montre, abordable et de qualité ; renseignement pris (magie des intertubes où, entre deux lolcats, on déniche souvent des informations pertinentes), je me suis retrouvé à discuter garde-temps avec Damien Koch, le gérant de Watch & Straps et fabriquant de la série de montres HOF Watches.

(cliquez pour agrandir)
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Assez rapidement, mon dévolu s’est placé sur une Seashore dont la couleur bleue est vraiment remarquable, et qui m’a été présentée en détail par son auteur (ce qui aurait été nettement plus difficile pour toute autre montre de grande série d’un fabricant industriel), c’est-à-dire celui qui a pensé la montre, en a fait les plans, en a géré la fabrication des pièces et l’a finalement assemblée. Pour ceux qui s’y connaissent (ce n’est guère mon cas, mais je reprends ici le petit cahier technique fort bien fait fourni avec la montre), il s’agit d’une pièce de 42mm, pour 11.6mm d’épaisseur, disposant d’un verre saphir avec anti-reflet interne ; le cadran arbore des index appliqués et traités « Super Luminova C3 » (ce qui signifie que ça brille bien dans le noir), les aiguilles sont en acier poli et traitées « SL C3 », qu’il y a une lunette rotative 120 clics avec rattrapage de jeu et que la couronne est vissée avec trois joints. Point non négligeable, cette belle pièce d’horlogerie est vendue dans une très jolie boîte qui met un peu la misère aux autres montres de prix équivalent.

Et si je m’étale dans ces colonnes à ce sujet, c’est parce que de façon assez éclairante, cette montre et cet horloger montrent qu’il existe des artisans doués qui, animés d’une passion, savent mettre la qualité à l’honneur même dans un environnement aussi défavorable possible que l’actuel marché français. Cela montre en outre que si ce pays n’était pas englué dans l’épaisse chape de législations diverses, de sécurisation tous azimuts contre les maux exagérés et les licornes destructrices du marché libre, que si les politiciens et une partie du peuple anesthésié par les aides, les subsides et les prébendes n’avaient pas choisi ouvertement la voie d’un collectivisme mortifère, ce pays pourrait produire des richesses qui donneraient à chacun de ses habitants non seulement une fierté depuis longtemps disparue mais, plus pragmatiquement, un confort et un niveau de vie dont ils ne peuvent même plus se rappeler.

Dès lors, je ne peux que vous encourager à vous renseigner sur les productions de cet artisan, et, qui sait — si vous êtes amateurs de beaux objets à la finition impeccable pour des tarifs vraiment abordables — à vous procurer l’un ou l’autre modèle.

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Source : http://h16free.com/2015/10/10/41836-une-bien-belle-montre


En France, travailler dur est sévèrement condamné

vendredi 9 octobre 2015 à 09:00

En France, en matière de Code du travail, il y a des limites à toutes les bornes et lorsqu’elles sont dépassées, toutes les barrières volent en éclats derrière les frontières les plus lointaines, là-bas, au-delà de l’horizon, en particulier lorsqu’il s’agit de définir et fixer une fois pour toutes, pour les siècles des siècles, ce qui est autorisé de ce qui ne l’est pas.

Prenez la semaine des 35 heures. Il est maintenant clair que cette durée de travail hebdomadaire, choisie avec finesse par une équipe socialiste taraudée par le besoin d’expertise et d’exactitude dans ses décisions, est à la fois harmonieuse, indispensable à l’équilibre entre la vie familiale et le travail en entreprise, qu’elle a permis de créer des millions d’emplois (au moins) tout en abaissant la consommation française d’anxiolytiques et de substances qui font rire, et en rendant Martine Aubry, l’autrice de cette loi, à la fois intelligente et désirable sexuellement.

filoche wtf

Il était donc relativement impensable qu’on puisse imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, revoir de façon substantielle l’évidente nécessité de faire fermer boutique à tout le monde au moins une fois par semaine, sauf, bien sûr, ces entreprises qui travaillent pour l’État, qui ont des activités saisonnières, qui manipulent des denrées périssables, qui ont des travaux urgents à réaliser, qui font du gardiennage, qui ne peuvent pas faire autrement, qui …

Bref, vous le comprenez : la France ne peut pas multiplier les dérogations, étroitement surveillées, sauf à saborder cette joie de vivre, cette magie de l’exception française qui permet à chacun de goûter à une qualité de vivrensemble que le reste du monde nous envie, du lundi au samedi de 9:30 à 12:00 et de 13:45 à 16:45 sauf le mercredi après 13:30 et un peu plus longtemps le vendredi parce qu’il y a nocturne jusqu’à 17:30.

On comprend bien, dans ce cadre, le ressentiment qui s’est emparé de tous les fiers travailleurs français lorsqu’il fut question d’une remise en cause sournoise — le turbo-libéral est toujours sournois — de la fermeture dominicale, lâchement organisée par Emmanuel Macron, évidemment turbo-libéral lui-même, qui en veut aux chatons communistes, épuisés de fatigue après une dure semaine à lolcater comme des fous. Immédiatement, la société française s’est dressée comme un seul homme pour combattre cette abomination et cette ouverture dominicale a bien vite été réduite à une petite peau de chagrin.

oooh filochePartant, si on a minutieusement calé la semaine à 35 heures et si la fermeture dominicale est à ce point essentielle pour l’équilibre des shakras républicains, démocratiques et citoyens, on comprend qu’il ne pourra y avoir aucune latitude, aucune marge de manœuvre, aucune excuse ni aucun passe droit pour ceux qui tenteraient bêtement de bosser tout le temps, non mais oOooh !

Dès lors, on ne peut absolument pas s’étonner de la mésaventure qui est survenue à un quadruplet de boulangers récalcitrants dont l’atteinte à la bonne marche de la société française en général et de Dax en particulier était devenue intolérable. Ces quatre malfaiteurs avaient en effet décidé de travailler sans discontinuer tous les jours de la semaine, complot ourdi sans honte dans le seul but de s’enrichir en vendant du pain.

Rendez-vous compte. On apprend ainsi que parmi les condamnés opérait un boulanger qui n’a pas hésité à produire des pains, des brioches et probablement d’autres viennoiseries (la présence d’enfants parmi mes lecteurs m’oblige à ne pas détailler davantage les horreurs commises) pendant plus de trois ans (oui, quand je vous dis que c’est atroce), et que le criminel a été jusqu’à utiliser l’ignoble chantage à l’emploi pour faire perdurer son abominable commerce :

« Avec cette fermeture, on va devoir licencier des personnes qui sont là pour moi depuis 4 à 13 ans »

Heureusement, l’État a agi. Frappant durement ces dangereux criminels, il a infligé amendes et condamnations avec inscription au casier à ces entrepreneurs qui faisaient ainsi passer leur métier, les emplois et la satisfaction des clients avant le vivrensemble républicain moelleux.

« Avoir un casier judiciaire de cinquième classe au tribunal de police, c’est quand même la classe la plus haute avant le tribunal correctionnel… J’ai honte d’être chef d’entreprise, de vouloir uniquement travailler. Je ne comprends pas. On attendait franchement la relaxe. Se battre pour travailler… Je suis épuisé. »

M’enfin, c’était évident que vous ne pourriez pas continuer vos activités délictueuses ainsi sans encourir les foudres administratives !

filoche m'enfin

Et pour cause !

C’est un crime sans victimes : des employés payés et déclarés, des patrons heureux, des clients satisfaits, tout ceci doit être réprimé avec d’autant plus de force que personne n’était là pour pleurer. Lorsque la veuve est heureuse et l’orphelin occupé à compter fleurette, heureusement, l’État est là pour prendre le flambeau de la misère ; si elle n’existe pas, il saura la trouver quitte à la provoquer, pour ensuite la représenter fièrement, le bras vengeur et le glaive séculier pour faire bonne mesure, devant des juges, qui appliqueront une loi ciselée dans l’équité, la logique et l’intérêt collectif.

oh filochePire encore, il ne faut pas perdre de vue que cette activité débordante permettait de créer de la richesse et des emplois, ce qui constitue en France trois crimes ignobles : le premier, celui qui consiste à rendre inégaux ceux qui travaillent par rapport à ceux qui ne travaillent pas (et là, ça défrise du Gégé au rasoir à petit sabot) ; le second, qui permet d’afficher un très mauvais exemple de brèche ouverte devant la loi au vu et au su de tout le monde ce qui affaiblit le pouvoir des syndicats et fait péter des boulards gros comme des militantes EELV aux inspecteurs du travail qui passent par là ; le troisième enfin, le plus grave, qui ose donner ou redonner le moral à ceux qui croient, niaisement, que si personne ne se plaint, mieux, si tout le monde y trouve son compte, alors le bonheur global augmente. Grossière erreur ! Tout le monde doit savoir que le bonheur est exclusivement distribué par l’administration, après une demande correctement remplie sur Cerfa en trois exemplaires, et avec un délai de livraison variable selon arrivage.

Dès lors, mes petits amis, il faut le comprendre : pour toutes ces raisons essentielles à la formation d’un vivrensemble chimiquement pur, toute tentative de se remonter le moral, seul ou en groupe, de créer de la richesse, seul ou en groupe, de faire un métier que l’on aime et de se rendre gaiement au turbin le matin sera vertement réprimée.

Nous sommes en Socialie : travailler dur sera condamné. Ceci n’est pas ouvert à négociation. Rompez.

just doing their jobs

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Source : http://h16free.com/2015/10/09/41804-en-france-travailler-dur-est-severement-condamne


Thinkerview : l’Arabie Saoudite vue par Pierre Conesa

jeudi 8 octobre 2015 à 13:30

En passant, je vous recommande chaudement la dernière interview par Thinkerview de Pierre Conesa au sujet de l’Arabie Saoudite, dans laquelle le spécialiste d’intelligence économique et militaire revient sur les stratégies que le royaume pétrolier déploie pour assurer la suprématie du sunnisme. La vidéo dure une trentaine de minutes bien serrées et permet de rappeler utilement quelques évidences trop souvent oubliées, à commencer par le fait que la situation de chaos actuelle doit énormément à l’ambigüité des relations diplomatiques liant l’occident (Etats-Unis en tête) à ce pays, dont le gouvernement n’a rien de respectable.

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Source : http://h16free.com/2015/10/08/41827-thinkerview-larabie-saoudite-vue-par-pierre-conesa


Les bonnes idées économique de Mamy Gouvernement

jeudi 8 octobre 2015 à 09:00

Marx faisait assez justement remarquer que la politique, c’est l’art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes (il s’agissait de Groucho, hein, pas Karl – on est bien d’accord). Si cela peut passer partout dans le monde pour de l’humour, en France, c’est malheureusement une simple constatation.

Prenez par exemple un problème économique enquiquinant : le sort s’acharne apparemment sur certaines communes, mais il n’y a pas toujours assez de foncier là où on voudrait bâtir. Zut et flûte, comment résoudre cette épineuse difficulté ? Une méthode consiste à laisser faire les politiciens qui, immédiatement, poseront une hypothèse économique simpliste : s’il n’y a pas assez de foncier disponible, c’est parce que certains en stockent discrètement sans jamais le déstocker, pour provoquer une pénurie, et spéculent ainsi sur une hausse des prix.

Caricatural ? Allons. N’oubliez jamais qu’en Socialie, s’il y a pénurie, c’est forcément, obligatoirement parce que méchants capitalistes et d’avides spéculateurs stockent quelque chose quelque part, ou ne font pas fonctionner le marché comme il est envisagé par les dirigeants. Dès lors, muni de cette hypothèse simpliste, quelle peut bien être l’idée étatique elle aussi simpliste qu’on appliquera pour résoudre le problème ? Eh bien tabassons les marauds qui font de la rétention foncière, pardi ! Augmentons dans des proportions inouïes la taxe foncière sur les terrains bâtissables pas encore bâtis, histoire de bien calmer ces propriétaires / spéculateurs sans scrupules !

Le bilan ne se fait pas attendre : non seulement le problème initial n’est pas résolu (loin s’en faut) mais de nouveaux problèmes se font jour très vite, que seule une nouvelle législation encore plus invasive permettra de régler, avec la même efficacité que précédemment. Et plus concrètement, avec l’explosion de la taxe foncière, certains retraités, déjà pas franchement riches, se retrouvent … carrément ruinés.

Évidemment, ce qui est déjà un désastre humain ne serait pas tout à fait complet sans la petite touche finale de gâchis inutile que seul l’État et ses sbires fiscaux peuvent se permettre avec décontraction. Elle sera ajoutée lorsqu’on apprend que cette augmentation inique de la taxe ne touche finalement que 1730 victimes. Autrement dit comme le note Vincent Bénard dans son article, le terrible phénomène de rétention foncière est extrêmement marginal, et la « solution » proposée ne permettra absolument pas de résoudre le problème. Pire, elle va même pousser les propriétaires de terrains à retarder tant qu’ils peuvent leur demande de constructibilité, gelant un peu plus le parc foncier actuel.

well done old chap

Il faut se résoudre à l’évidence : à un problème posé de travers, sur lequel on a bâti des hypothèses idiotes qui ont provoqué la mise en place d’idées consternantes, on ne peut qu’assez rarement aboutir à un résultat flamboyant.

Et ce qui est vrai pour l’immobilier l’est pour à peu près tout le reste. Or, s’il est un domaine où les problèmes sont posés de travers et qui poussent nos élites auto-proclamées à pondre des hypothèses idiotes, c’est bien l’emploi en général et le combat contre le chômage en particulier. Et on a récemment eu l’illustration typique de ce comportement délétère : le chômage étant important, et se caractérisant à la fois par une mise en retraite anticipée trop fréquente des séniors et une absence d’emploi pour les juniors, et plutôt qu’essayer de comprendre les raisons derrière ces deux phénomènes, le gouvernement s’est attelé à créer un énième bidule ad hoc destiné, sur le papier, à soutenir l’emploi des jeunes et des séniors en favorisant la transmission entre les deux générations. C’était même l’engagement n°33 d’un certain François Hollande, alors candidat.

pole emploi po demploi

Un peu après l’élection du maître pédaloflambiste, vers mars 2013, le contrat de génération est lancé. Comme de juste et grâce à une habile simplification maintenant habituelle dans ce pays, la forme prise par ce contrat est notoirement plus complexe que le tutorat envisagé au départ : destiné aux entreprises de moins de 300 salariés, ce nouveau bricolage législatif donne droit à une aide annuelle de 4000 euros, pendant 3 ans maximum, pour l’embauche en CDI d’un jeune de moins de 26 ans et le maintien d’un sénior de plus de 57 ans. Pour faire encore plus simple, l’aide est doublée si l’entreprise recrute à la fois un jeune et un sénior. Et l’entreprise reçoit une tringle à rideaux en prime si le sénior est un nain unijambiste et le jeune un aveugle syphilitique adepte du base jumping en collants moulants roses.

Soit, j’exagère un peu, mais à peine : les contraintes pour bénéficier de cette énième usine à gaz vrombissante sont telles (accords syndicaux obligatoires, conditions complexes, parcours du combattant administratif, formulaires rigolos) que le bilan, après deux ans d’existence, est assez peu réjouissant. Là où on attendait 75.000 contrats pour l’année 2013, le total depuis sa mise en place et jusqu’à octobre 2015 est de 51.768 aides attribuées. C’est un flop.

Rassurez-vous : devant ce constat d’échec, le ministère du Travail n’envisage absolument pas de remodeler son dispositif, non mais et puis quoi encore, on ne change pas une équipe qui stagne. En fait, les fines lames du ministère ont analysé la situation et leurs conclusions sont formelles :

« Qualitativement, on a de bonnes retombées. Cela a permis de mettre en place dans les entreprises une réflexion sur la gestion des âges, la gestion prévisionnelle des emplois et compétences, les conditions de travail des séniors. De ce point de vue, on ne peut vraiment pas dire que c’est un échec. »

Eh ouais mes petits amis, le mouvement est en marche, la réflexion est lancée, la tendance est qualitativement amorcée. On a posé des jalons, on a dit des choses, on a expliqué des trucs, on a mis en place de grosses louchées de réflexion sur la gestion des âges, tout ça. Et quelque part, c’est très bien. Voilà voilà. Hem.

Moyennant quoi, depuis l’élection de François Hollande, le chômage des séniors a grimpé de 28% au sens de l’Insee, et de 45% selon Pôle emploi. Quant aux juniors, …

chomage des jeunes

Immobilier ou emploi, le constat est le même : le gouvernement et ses « solutions » surannées, inadaptées qui manquent cruellement d’originalité ne font qu’empirer les problèmes. Eh oui, Françaises, Françaises, ouvrez les yeux : plus les politiciens combattent les inégalités, plus il en apparaît ! Plus ils cherchent à diminuer l’écart entre les riches et les pauvres, plus il grandit ! Plus ils veulent d’habitations, moins il y a de disponibles ! Plus ils s’occupent de créer de l’emploi, plus il s’en détruit ! Plus ils mènent la guerre contre le chômage, plus il y en a !

En toute logique, on devrait maintenant réclamer qu’ils ne fassent plus rien du tout.

Ou, alternativement, qu’ils mènent enfin une guerre contre l’emploi et contre la richesse, histoire de voir où ça nous mène…

guerre contre la richesse

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Source : http://h16free.com/2015/10/08/41635-les-bonnes-idees-economique-de-mamy-gouvernement


Ce que cache la lutte contre la fraude à la TVA

mercredi 7 octobre 2015 à 09:00

On le sait : en matière d’informatique, l’État a toujours su déployer les technologies les plus affûtées et a toujours mis un point d’honneur à faire produire les logiciels et les matériels les plus pratiques, au point que, régulièrement, Apple est accusé de l’avoir honteusement plagié. Avec les exemples qui s’accumulent dans le palmarès flamboyant des réussites de la gestion étatisée du domaine numérique (Bull, plan Calcul, Cloud à la française), c’est sans surprise qu’on apprend dernièrement sa volonté d’investir le créneau spécifique des logiciels comptables.

Et pour que la réussite, qu’on pressent déjà mémorable, soit absolument incontestable, il ne fallait pas lésiner sur les moyens, matériels et financiers bien sûr, mais aussi humains : là où une entreprise traditionnelle aurait jeté, sans hésiter, un ou deux gladiateurs sévèrement armés dans l’arène médiatique, le gouvernement a lui aussi choisi du lourd, du costaud, et tape dans son stock d’éléphants puisque ce sont Michel Sapin et Christian Eckert qui se coltinent le service commercial en avant-vente du nouveau produit phare de la Maison Bercy™.

On les retrouve en effet à faire la retape pour le Nouveau Logiciel Propre De Bercy Contre La Fraude À La TVA, logiciel qui garantira au Trésor Public que les petites manipulations comptables visant à cacher l’une ou l’autre opération n’auront enfin plus cours. En pratique, il s’agira simplement d’un logiciel traditionnel, mais certifié par Bercy, et garantissant donc à l’honnête commerçant détenteur de ce programme que toutes les opérations sont bien enregistrées comme il faut, et, par voie de conséquence, qu’il a bien déclaré l’intégralité des recettes à l’ogre fiscal aux services fiscaux.

gifa tax man

Chose intéressante, la possession d’un logiciel certifié n’est pas une nouvelle option dont se munirait le commerçant pour montrer qu’il suit bien les recommandations officielles du gouvernement et des administrations pour mieux s’insérer dans un vivrensemble moelleux et sans risque, mais c’est bel et bien une obligation à laquelle il ne pourra bientôt plus échapper. En effet, le projet de budget 2016, adopté en Conseil des ministres le premier octobre, prévoit notamment d’obliger tous les commerçants à s’équiper d’un logiciel certifié conforme, et ce d’ici le premier janvier 2018.

Vous l’avez deviné : ce pays croule sous les effets d’une liberté débridée dans laquelle le renard, bien trop libre, s’attaque à toutes les poules libres du poulailler social-démocrate, et il est entendu qu’un peu de régulations et d’obligations va remettre le renard dans le poulailler, histoire de le calmer un peu, et libérer les poules comme de bien entendu. Partant de là, quoi de mieux pour favoriser la bonne liberté que de contraindre les commerçants (qui sont, par défauts, de malhonnêtes bidouilleurs de TVA) à se munir d’un logiciel entièrement conçu pour les empêcher de contourner la loi ?

D’autant que les bons arguments ne manquent pas.

oh yesUn logiciel tamponné par Bercy, certifié™ même, c’est l’assurance que la fraude va disparaître de la même façon que l’apparition des contrôles douaniers a fait disparaître les trafics divers, que le tamponnage des cigarettes a largement rendu impossible les cigarettes de contrebande et qu’en général, les interdictions et les contrôles ont fini par dissuader les méchants et les vilains d’être ou bien méchants, ou bien vilains ou (puissance des réglementations) d’être les deux à la fois. C’est magique.

Malheureusement, il est assez difficile de ne pas voir ce qui se cache derrière ces nouvelles obligations et cette nouvelle traque de plus en plus fine des transactions commerciales de tous sur le territoire français. Encore une fois, en utilisant habilement l’EGHIRM, l’Échelle Gouvernementale d’Horreur Incitative à la Règlementation Musclée, nos dirigeants vont parvenir à ajouter quelques barreaux à nos cellules, sous les applaudissements d’une majorité des détenus.

Pour rappel, cette EGHIRM dispose de six grands niveaux qui permettent de fournir un argument efficace pour justifier l’introduction de l’une ou l’autre loi, l’un ou l’autre règlement ou l’une ou l’autre technologie qui visera à restreindre notre liberté pour notre bien. Ainsi l’introduction prochaine d’une batterie de nouveaux moyens techniques pour lutter contre les fous du volant se situe au niveau le plus élevé de l’échelle, celle qui consiste à lutter âprement contre les abominables contempteurs du vivrensemble. Les dernières inventions de Bercy en matière de fraude à la TVA, sujet de ce billet, se situent quelques crans plus bas, au niveau de la lutte contre la fraude fiscale, le travail au noir et toutes les malversations qu’une certaine catégorie de population trop libre peut envisager de pratiquer sans trop se faire pincer. Et plus la population visée par les mesures est étroite, plus flous et larges seront les moyens mis en œuvre.

eghirm Échelle Gouvernementale d'Horreur Incitative à la Règlementation Musclée

Bien évidemment, de façon tout à fait indépendante du but recherché, l’idée est, à chaque fois, pour chaque barreau de cette Échelle, de coincer un peu plus le récalcitrant, l’égoïste, l’individualiste, bref, celui qui arrive, d’une façon ou d’une autre, à être indépendant de l’État. Dans ce cadre, les nouveaux « logiciels certifiés™ » de la maison Bercy n’ont qu’un but : en prétextant de lutter contre la fraude, l’État lutte contre le cash, le liquide, c’est-à-dire les transactions d’un individu responsable vers un autre individu responsable, sans passer par lui, qui se place comme un intermédiaire indispensable pour pouvoir prélever sa dîme et continuer à vivre.

La lutte contre la fraude à la TVA ne cache rien d’autre qu’une nouvelle manœuvre (encore une, comme le fait remarque le dernier édito de Baptiste Créteur) pour déposséder un peu plus les individus d’un moyen de paiement libre de toute vérification étatique, libre de sa sanction et de sa ponction. Comme les précédentes actions des gouvernements dans leur lutte contre le cash, cette nouvelle « relique barbare » permettant de s’affranchir de son encombrante tutelle, vous verrez que cette mesure passera comme une lettre à la poste, pour chacun des motifs possibles et imaginables (retrouvable sur l’échelle ci-dessus).

Un beau matin cependant, l’échange direct d’un individu à un autre sera, officiellement, banni : chaque transaction devra être électronique, visée par une autorité administrative compétente et correctement imposée… Ce jour-là, l’État pourra, unilatéralement, choisir qui peut commercer ou non, qui peut échanger ou non, et, ultimement, qui peut vivre et qui peut mourir.

Perspective croustillante, n’est-ce pas ?

Fascism : do you think it'll be this obvious ?

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Source : http://h16free.com/2015/10/07/41693-ce-que-cache-la-lutte-contre-la-fraude-a-la-tva