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En France, faire des efforts, c’est mal et ce sera puni

lundi 1 juin 2015 à 09:00

Bien que GDF-Suez ait récemment troqué son nom à rallonge pour celui d’une maladie de gorge d’Engie, le mastodonte français de l’énergie a bien du mal à modifier ses réflexes de vieux monopole parfaitement obtus à toute remise en question, dont la dernière manifestation laisse plus que perplexe.

Tout se passe à Plessis-Pâté, petite commune de 4000 habitants située au sud de Paris, dans l’Essonne. En 1992 (il y a donc plus de vingt ans), le maire d’alors signe un contrat avec le monopole du moment, GDF, pour une fourniture de gaz à l’école communale, dans lequel il s’engage à consommer 334 500 kWh par an.

Les années passent, les normes aussi, et l’envie d’isoler l’école en question gagne naturellement le maire actuel, Sylvain Tanguy. Bonne idée écologique et surtout économique, puisqu’en lieu et place des 300.000 kWh prévus, l’école une fois isolée n’a consommé que 89.856 kWh (trois fois moins). La surprise est donc grande lorsque le maire découvre que l’opérateur gazier facture à la ville 5.985 € de gaz, dont 4.824 € de pénalité, pour n’avoir pas consommé autant que prévu en 2014. Une facture d’un peu plus de 1.000€ transformée en une facture de près de 6.000€ grâce à une pénalité, voilà qui revigorerait les comptes de n’importe quel Enron.

Devant l’absurdité de la demande, le maire a cherché à contacter son fournisseur, normalement puis via le médiateur de l’entreprise, en vain. Le maire avait pourtant non seulement prévenu Engie, ex GDF-Suez, des travaux qui allaient avoir lieu sur l’installation scolaire, sans recevoir la moindre remarque de leur part. En outre, lorsqu’il a cherché dans les archives municipales les traces du fameux contrat, ses recherches n’ayant rien donné, il s’est retourné à nouveau vers Engie pour lui demander la copie qu’ils conservaient par devers eux. Malheureusement, comme le maire l’explique :

« Ce contrat, on ne l’a jamais retrouvé dans nos archives. Nous avons demandé à GDF Suez une copie, mais ils ne nous l’ont pas fournie. »

foutralys

Voilà qui est particulièrement cocasse (et, pour le contribuable, coûteux).

Devant une telle absurdité, on ne peut s’empêcher de poser quelques questions, à commencer par se demander où est passée la nécessaire révision régulière de contrat. Il semble donc que ce soit un contrat signé il y a plus de vingt ans qui pilote cette facturation, et que personne n’ait trouvé nécessaire d’en revoir les termes pendant toute cette période.

À ceci s’ajoute l’autre question, évidente : où est passé le contrat ? Si personne n’en a plus trace, il va devenir délicat pour le fournisseur de prouver qu’il a bien existé en premier lieu et, à plus forte raison, de se baser dessus pour établir une pénalité.

Pénalités qui ont tout de l’arbitraire, ici, et pourront facilement se voir rejetées en justice ; et si elles ne sont pas arbitraires (et donc, contractualisées dans un document lisible par les deux parties), on doit se demander qui a autorisé la signature d’une telle aberration. De loin, un maire qui signe un contrat qui l’engage de façon aussi hallucinante (un gros x5 de pénalité sur une facture, tout de même), sans en prendre la mesure, cela ressemblerait presque à certaines habitudes en matières de prêts bancaires que d’aucuns qualifiaient de toxiques il n’y a encore pas si longtemps…

Quoi qu’il en soit, une impression désagréable surnage de cette histoire dont on espère que la publicité permette une renégociation du contrat dans des termes plus favorables à la mairie, et par ricochet, au contribuable local. Difficile de se séparer de cette idée qu’en France, une fois encore, faire des efforts assez organisés pour réduire ses factures, notamment d’énergie, est particulièrement mal accueilli, et ce d’autant plus qu’on est une collectivité, qu’il s’agit avant tout d’argent des autres, et que le tout a été contractualisé il y a suffisamment de temps pour que ce soit rentré dans les bonnes habitudes, c’est-à-dire le robinet public ouvert en grand.

François BaroinEt cette impression d’une habitude de dépenses sans freins, enkystée comme indispensable voire normale, n’est en rien amoindrie par les récentes déclarations du président de l’Association des Maires de France (AMF), François Baroin, qui a récemment pleurniché auprès du premier ministre et sur les micros de RTL.

« On a une mise en coupe réglée par l’État sans précédent en réalité depuis 40 ou 50 ans. Certes, la situation est difficile, naturellement il faut réduire la dette publique, évidemment chacun doit apporter sa contribution à la réduction des déficits publics mais dans des proportions qui soient acceptables et tenables. Là, elles ne le sont pas. »

Pour le pauvret et d’après les calculs diaboliquement précis et commodes de son association lucrative sans but, il faut prévoir « 25 à 30% d’investissement public en moins d’ici à 2017. C’est 0,6% de croissance, 60.000 à 80.000 emplois dans les bâtiments et travaux publics. », ce qui occulte très habilement que c’est aussi toute une ponction correspondante que le contribuable n’aura pas à supporter, ou une dette supplémentaire à court, moyen, et long terme qu’on ne crée pas sur le dos des générations futures.

Mais voilà, Baroin, il s’en contrefiche, du contribuable, et il n’a rien à cirer des générations futures. Comme Engie qui invente des pénalités pour s’éviter des pertes sur un vieux contrat, il veut son pognon pour ne pas avoir à remettre en question son mode de pensée et de dépenses.

L’ancien ministre qui avait surtout brillé par son absence de talent, de saveur, de couleur et d’odeur, se permet donc de pleurer sur la baisse prévue de dotation de l’État aux collectivités locales, qui devrait s’établir à 3,67 milliards par an jusqu’en 2017, en oubliant que ces 11 milliards d’euros resteront donc dans la poche du contribuable qui pourra, peut-être enfin, commencer à mettre de l’argent de côté pour ses vieux jours, rembourser ses prêts, acheter des biens de consommation dont il a besoin plutôt que financer des sens giratoires luxuriants, des médiathèques baroques et des complexes sportifs à la con dans lesquels il ne met jamais les pieds.

D’autant que, et c’est le plus comique de cette histoire, la Cour des Comptes a, quant à elle, expliqué dans son rapport annuel sur le budget de l’État que ces fameuses collectivités territoriales n’ont justement pas encore été frappées par l’austérité et indique qu’en moyenne, la baisse des dotations a été plus que compensée par d’autres mesures, notamment des transferts de fiscalité.

Les petits moutontribuablesEn réalité, la mésaventure du maire de Plessis-Pâté n’est pas fortuite. En fait, il a clairement contrevenu à un pacte tacite, mal connu mais évident lorsqu’on voit les déclarations lacrymales de Baroin : une collectivité, en France, devra dépenser toujours plus, devra toujours se débrouiller pour fournir le plus de laine aux myriades d’acteurs qui tournent autour, cette laine étant prélevée sur les tendres moutontribuables locaux.

Dès lors, pour ces collectivités françaises, faire des efforts sera puni.

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Source : http://h16free.com/2015/06/01/39505-en-france-faire-des-efforts-cest-mal-et-ce-sera-puni


Sur internet, Valls va lancer la Brigade des Gentils contre les Méchants

dimanche 31 mai 2015 à 11:00

Bon, la Loi Renseignement qui va sniffer du paquet internet partout, ça, c’est fait : au moins, maintenant, les dangereux djihadistes qui pullulaient sur le web n’ont qu’à bien se tenir. Fini, les échanges de manuels pour faire des bombes camouflés dans des images de petits chats mignons ! Le terrorisme étant une affaire réglée, on peut passer aux choses sérieuses. Par exemple, on va fliquer les chômeurs.

Oh. Zut, ça s’est vu, des réseaux sociaux ont grogné très fort et l’amendement, propulsé sous le radar d’un Rebsamen totalement à la ramasse sur le coup, a finalement été retiré. Soit. Ce sera pour une autre fois, quand les gens auront le dos tourné.

dog laugh

En attendant, ne nous refroidissons pas, il ne faudrait pas que tous les autres, ceux qui ne sont ni djihadistes ni chômeurs, se retrouvent sans la nécessaire protection de l’État lorsqu’ils surfent comme des enfants sur des intertubes tous les jours plus dangereux. Et ce ne sont pas de vains mots. Il ne faut plus que les gens se rendent, innocemment, sur des sites ici ou là, et se retrouvent ou bien insultés, maltraités, bombardés par de la violence verbale sans frein ni loi, ou qu’ils soient victimes de racisme, d’antisémitisme, ou pire encore, qu’ils se retrouvent englués dans les dédales improbables d’un complotisme fétide.

Non, la République ne peut pas laisser faire ça, elle est au-dessus de ça, la République et l’État doivent ABSOLUMENT intervenir pour sauver les innocents, tous ces enfants (vous y pensez, aux enfants, hein, vous y pensez, bordel !) qui, perdus, trottent d’un site à l’autre sans se rendre compte qu’au moindre faux clic, ils peuvent se retrouver embrigadés par LES PIRES ENGEANCES du Web, et qu’ils pourraient SE FAIRE LAVER LE CERVEAU par des djihadistes qui les auraient appâtés avec des images de chats mignons, pour PARTIR EN SYRIE ET REVENIR POSER DES BOMBES CHEZ NOUS, PARCE QUE C’EST COMME ÇA QUE ÇA SE PASSE MES PETITS AMIS en Vérité Je Vous Le Dis AAAAH C’EST TROPORIBLE IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE !!1!

Valls s'excite

Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai… j’ai eu un accès de vallsite aigüe.

Toujours est-il que la question, prégnante, lourde et indispensable, de la sécurité sur internet est encore posée, d’autant que notre Vénérable Premier Ministre s’est fixé comme Honorable But de lutter contre l’antisémitisme et le racisme en ligne.

Il va donc mettre en place son « unité nationale de lutte contre la haine sur Internet » dès cet été, qui sera chargée de surveiller plein de sites Web et de rapporter aux autorités les discours de haine en ligne. Ce même Escadron De La Muerte Anti-Webvilains pourra aussi distribuer des avertos à Google, Facebook ou Twitter si ces derniers ne font pas leur travail de modération correctement (au bout de trois avertos, ils auront un blâme. Et au bout de trois blâmes, Manuel Valls prendra directement contact avec eux, pour leur faire des propositions qu’ils ne pourront pas refuser).

Enfin, une mission d’importance lui sera confiée en plus de ces indispensables nettoyages internautiques : la Phalange Nationale d’Action Numérique sera aussi chargée de créer des « cyberpatrouilles » destinées à traquer les propos racistes ou antisémites au plus profond des intertubes afin de les extirper, d’en traquer leurs infâmes auteurs, et de les choper pour les jeter, tremblants et humiliés, devant les pieds impitoyables de la Justice Républicaine, qui ne manquera pas, foi de Manuel Valls, d’être particulièrement sévère. Sapristi, ça va déboîter du poney !

minion gru danseBon, on ne sait pas encore tous les détails d’organisation certainement croustillants de ces Voltigeurs du Web, et s’ils seront par exemple intégrés à Pharos, la superbe et efficace plateforme de signalement des contenus illégaux en ligne du gouvernement, actuellement animée avec force GIFs, lumières colorées et fumigènes tourbillonnants, par des policiers et des gendarmes de l’OCCLICTIC l’OCULTIC l’OCCCLL hum de l’OCLCTIC, l’Office Central de Lutte Contre les Chatonmignons qui Transitent des Informations Cryptiques en loucedé.

On le voit, les choses sont prises au sérieux au plus haut niveau de l’État : c’en est enfin fini du temps du Far-West de l’internet, où des pistoleros sanguinaires et des desperados sans morale pouvaient régner par la terreur sur Facebook, Twitter ou Doctissimo ! Terminées, les insultes antisémites et les blagues de blondes sexistes sur les forums spécialisés ! Il va y avoir du ménage sur les intertubes français ! Fini le cyber-harcèlement sur Call of Duty ou Battlefield ! /B et 4Chan n’ont qu’à bien se tenir !

… Hum. Wait.

one-does-not-simply-oh-wait-one-does-never-mind

Si l’on exclut justement les honorables gendarmes et policiers de l’OCULTIC CLICTOCUL Office Central Truc, qui n’y sont pour rien, et si l’on écarte aussi les membres du gouvernements et notamment Valls qui ont pondu cette magnifique idée, il apparaît qu’à peu près personne qui pratique couramment les internets actuels ne peut imaginer sérieusement que cette Brigade d’Intervention Rapide Des Gentils Contre les Méchants va avoir le moindre effet, si ce n’est d’enduire une fois de plus les politiciens d’une épaisse couche de ridicule collant. L’internet est, par nature même, l’immense océan dans lequel s’ébrouent toutes les passions, toutes les expressions, et se développent tous les prurits les plus ridicules. Deux minutes passées sur n’importe quel jeu en ligne feront sauter tous les klaxibulles des pauvres Voltigeurs du Web de Valls. Inversement, il n’est pas très compliqué de trouver, sur Twitter, Facebook ou que sais-je des comptes, pourtant adoubés par le pouvoir, et animés par des groupes d’individus pas tous les jours bisous-bisous, aux expressions parfois choquantes, racistes, antisémites ou xénophobes.

Bref : la tâche assignée ressemble à du gros n’importe quoi qui fleure bon la police politique, et ce n’est même pas une exagération, puisqu’on se rappellera à toutes fins utiles que la Chine a mis sur pied une « armée de l’ombre » qui écume l’internet chinois pour le nettoyer de toute politique contrariante et de toute dissidence. Que la France prenne aussi ouvertement exemple sur un pays totalitaire communiste redonne décidément un espoir pour cette France vraiment trop libérale !

Car en plus de ses Voltigeurs dûment assermentés, Manuel Valls nous explique vouloir mettre sur pieds une Fondation de droit privé qui fournira des outils de propagande à un « bataillon de community managers de l’État » pour s’opposer non seulement aux terroristes de tout poil, mais aussi aux sites dits « complotistes » qui ont le mauvais goût de miner la crédibilité des informations officielles.

oh yes

Snif, snif, mais tout ceci sent décidément très bon et ne laisse aucun doute ! C’est génial, on gagne encore plusieurs points sur l’échelle de liberté, les enfants. Ce socialisme est vraiment, vraiment magique.

Vous chérissiez l’internet français délicatement bordé par le minutieux travail de la HADOPI ? Vous appréciez l’internet sur écoute par un gouvernement très très attentif ? Vous allez adorer l’internet policé par Manuel Valls et sa fine équipe de propagandistes et de gardes-chasse.

voltigeurs du web de valls

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Source : http://h16free.com/2015/05/31/39445-sur-internet-valls-va-lancer-la-brigade-des-gentils-contre-les-mechants


L’État, un vivier de dettes catastrophiques … et d’emplois rigolos

vendredi 29 mai 2015 à 09:00

Parfois, le monde, il est vraiment pas gentil. Alors même que nos ministres s’emploient à lancer assez peu discrètement la campagne présidentielle de François Hollande à grands renforts de flagorneries toutes plus grosses les unes que les autres, la réalité vient sauvagement leur distribuer des directs bien serrés dans les parties molles : la Cour des Comptes, encore elle, assène une nouvelle gifle au pouvoir en place.

Elle vient en effet de rendre public son rapport sur le budget de l’État en 2014, analysant l’exécution des dépenses et des recettes. La conclusion ne fait guère de place aux doutes : l’exécution du budget de l’État se caractérise en 2014 par une aggravation du solde budgétaire par rapport à 2013 (et pif), du fait d’une baisse des recettes nettes (et paf) et d’une hausse des dépenses nettes du budget général (et vlan). Zut, flute, caca boudin : la dette de l’État continue à progresser « à un rythme soutenu ». Pire : Didier Migaud, le premier président de l’institution, constate (pas trop consterné, le bougre devait bien s’y attendre) que la baisse du déficit de l’État, vaguement amorcée depuis 2010, « a été interrompue l’an dernier », avec une hausse de 10,7 milliards d’euros.

Décidément, c’est vraiment pa’d’chance !

Baisse des recettes, augmentation des dépenses, on croirait à un mauvais scénario où tout, absolument tout, se déroule à la fois comme prévu et selon le pire scénario possible. Dans ce rapport, c’est surtout la nette baisse des recettes qui indique que la trajectoire suivie par les finances publiques ressemble de plus en plus à celle que suivit l’un des boosters de la navette Challenger dans les dernières micro-secondes de son dernier vol. L’autre booster, c’est celui des dépenses qui pointent résolument vers la stratosphère.

budget état dépenses recettes

Cependant, soyons bien clair : pour ce qui est de la hausse des dépenses, cela n’aura étonné personne. À l’exception bien sûr des habituelles pleureuses socialistes qui continuent leurs simagrées sur une austérité dont on voit mal où elle se niche d’année en année : les dépenses exceptionnelles continuent de grimper (sans pouvoir expliquer à elles seules, selon la Cour, l’aggravation des déficits), et surtout, … les dépenses de personnel aussi.

Eh oui, tout comme en 2013 où la presse constatait, à la suite de la Cour, que l’emploi public repartait à la hausse (sans pour autant en conclure que l’austérité était du flan, conclusion logique apparemment inatteignable), il en fut de même en 2014 où l’emploi public aura là encore affiché une excellente santé, probablement en proportion du marasme qui s’est emparé de l’emploi privé.

Et d’ailleurs, il n’est qu’à se rendre sur le portail de la fonction publique destiné à recenser les offres d’emplois ouvertes par les nombreuses (ô combien nombreuses) administrations de notre beau pays pour comprendre qu’il y a fort à faire pour seulement espérer tarir le flot invraisemblable de missions que l’État s’est octroyé et qui nécessitent une armée de bras que tous les impôts du pays ne parviendront pas à payer.

L’exercice, du reste, est aussi éclairant qu’amusant. Ainsi, au milieu d’âpres propositions d’« Inspecteur de l’Éducation Nationale » ou de « Chargé(e) de mission pour des marchés publics » dont on devine, sans avoir besoin de les lire en détail, qu’elles baignent dans l’ambiance joyeuse et un peu fofolle de procédures légales rigolotes et d’une paperasserie tout à fait amusante, on peut aussi trouver une somme assez conséquente de métiers que le secteur privé n’aurait sans doute jamais pu imaginer tant leurs intitulés vendent du rêve, envoient du steak et tabassent du chaton mignon à 100 km à la ronde.

chaton youpi encore une mission réussie

On peut par exemple devenir (offre 104562) « Directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de Dordogne », ce qui permet d’affirmer à la fois qu’il y a tout une administration chargée de la cohésion sociale en Dordogne (apparemment, il y faut toute une administration pour que le social soit bien cohérent, sinon, ça part rapidement en vrille, je suppose – c’est chaud, la Dordogne, question cohésion sociale, que voulez-vous) et à la fois que même sans directeur actuellement, la Dordogne s’en sort pas trop mal puisque l’anarchie n’y a pas encore étendu son règne (ah bah finalement, c’est pas si chaud, la Dordogne, question cohésion sociale).

Une autre offre (ici) permettra d’enfin trouver un « responsable du programme de simplifications pour les citoyens dans le cadre du choc de simplification » ce qui explique d’un coup pourquoi la situation était si foutrement épineuse. Dire qu’il manquait tout simplement d’un responsable pour piloter ce foutu programme de simplification pour qu’enfin, pouf, le choc se mette doucement en route, franchement, on est rassuré de voir que des dispositions ont été prises à ce sujet. Ouf. Depuis le temps qu’on l’attendait, ce responsable !

Je pourrais vous détailler, pour le plaisir, l’offre 105442 qui réclame un « Chargé(e) du suivi des publics en insertion par le logement et demandeurs d’asile » dont l’intitulé laisse présager de grands moments de solitude paperassière aux tampons humides des pleurs de son possesseur, ou, plus amusant, l’offre 106558 qui réclame un – je cite – « Administrateur Agent virtuel intelligent (AVI) pour le Compte personnel de formation (CPF) H/F » qui demande plusieurs relectures et laisse songeur quand on imagine le candidat revenir d’un entretien plein de succès et s’écrier à ses proches :

« Youpi, je suis enfin administrateur agent virtuel intelligent pour le CPF, mes petits amis ! J’ai toujours rêvé d’être administrateur agent virtuel intelligent, et c’est une vraie promotion de mon poste précédent d’agent virtuel idiot ! Vite, mangeons de la Ouiche Lorraine pour fêter ça ! »

ouiche lorraine et administrateurs
Enfin, sachez que l’offre pour un « Responsable de la démocratie sanitaire » est malheureusement expirée, et non, il ne s’agissait pas d’aider la naturelle (et nécessaire) synchronisation des urnes électorales avec les toilettes républicaines, mais de fournir un poste pour un responsable de l’un de ces concepts fumeux, dont la fonction réelle est de créer toute une hiérarchie et des postes à la douzaine pour camoufler l’explosion du chômage en France.

On le comprend, alors que les uns pleurent sur l’amère austérité qui n’existe pas, que les autres chouinent sur la réduction dramatique des services publics, la Cour des Comptes et les chiffres sont sans appel : l’État continue de plus belle à embaucher, à tour de bras, ses dépenses explosent et ses recettes s’effondrent. Mais rassurez-vous : au moins, ses agents ne sont pas en rupture d’imagination pour l’intitulé des multitudes de jobs palpitants qui s’y crée tous les jours.

pole emploi po demploi

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La France turboconservatrice en guerre contre Facebook, Twitter, Booking, Expedia, …

jeudi 28 mai 2015 à 09:00

Même si la France est maintenant turbolibérale (on le sait, on ne peut y échapper, c’est évident), au moins certaines institutions ne faillent pas à leur mission de résister, tous les jours un peu plus, à l’envahissement du pays par de nouvelles technologies et de nouveaux concepts qui risqueraient, s’ils n’étaient pas turborégulés comme il se doit, de mettre tout le vivrensemble de la Nation en péril.

Et si l’on sait déjà que Amazon, AirBnb et Uber sont sous le feu nourri des critiques tant ces sociétés attaquent la fabrique même de notre société libre, égalitaire et fraternelle, d’autres entreprises ne perdent rien pour attendre. C’est le cas, notamment, de Facebook et Twitter, qui ont été clairement désignés comme les prochaines cibles de la vindicte populaire.

En l’espèce, cette vindicte sera portée par TF1, M6, Canal+, France Télévisions ainsi que l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. Ces vénérables institutions, réputées pour leur grande souplesse d’adaptation aux nouveaux paradigmes qu’internet aura introduits, ont décidé d’envoyer un courrier bien senti aux méchants dirigeants de Facebook et de Twitter pour dénoncer la mise en ligne de leurs contenus vidéos sans autorisation.

juncker omfg ohnoes no wayQue voulez-vous : il est parfaitement intolérable que ces réseaux sociaux commencent à faire de la publicité gratuite au matériel produit par ces chaînes de télévision, de même qu’il est insupportable pour ces télévisions de voir cette méthode gratuite de diffusion de leur marque, de leurs produits. Pensez-donc ! Des gens utilisent Facebook ou Twitter pour commenter, diffuser ou partager des contenus de ces chaînes ! Pour les chaînes, cela

« va inévitablement conduire à accroître les mises en ligne de vidéos illicites et en particulier contrefaisantes d’œuvres audiovisuelles, cinématographiques et de programmes télévisés. Nous constatons que nos contenus vidéos ont été mis en ligne sur Facebook sans notre autorisation et visionnés parfois plusieurs millions de fois »

Et non, ce n’est absolument pas la faute du Community Manager (l’équipe en charge du bon référencement des chaînes télé sur internet, et de la bonne diffusion de leurs messages et leurs contenus), pas du tout. Tout ceci est à l’évidence de l’entière responsabilité des réseaux sociaux (ou, dans une moindre mesure, de ces cancrelats d’utilisateurs qui ont le goût douteux d’être, trop peu souvent, des auditeurs de ces chaînes).

Bref, si jamais on laisse faire, ces chaînes vont finir par rattraper une partie de l’audience qui les fuyaient (les jeunes notamment) et ça, il n’en est pas question puisque leur but est, avant tout, de faire de l’argent sur le segment des vieux croûtons qui ne savent pas se servir d’un mulot et qui ne savent pas cliquer pour envoyer des e-mails. L’enjeu est d’importance en terme d’audience et de soussous dans la popoche, puisque d’après les petits calculs des chaînes « lésées »,

« Ces plateformes gagnent chaque jour de nouveaux vidéo-spectateurs, ce qui fait perdre de l’audience et des abonnés aux diffuseurs. Or, ce sont ces derniers qui participent au financement de la création et payent des impôts, pas Twitter ni Facebook »

Ah oui, les zimpôts, qui justifient à la fois de nombreux efforts pour tabasser ces deux entreprises, et à la fois l’embrigadement du ministricule de la Culture actuel (une certaine Fleur Pellerin selon mes informations). Il est vrai que l’autre argument – celui de la perte d’audience – n’est pas fort crédible lorsqu’on juxtapose avec les millions de vues des vidéos en question. Peut-être les télévisions sont-elles surtout confrontées à un changement profond de leur modèle d’affaires, qui s’accommode fort mal de la décentralisation complète des auditeurs, de la disparition des horaires fixes et prévus à l’avance ?

En tout cas, rien qu’une bonne bordée de procès et qu’une volée de lois spécifiques ne saura résoudre à court terme, parions-le !

Et si ça marche pour les vilains réseaux sociaux qui ne payent pas d’impôts en France, cela doit pouvoir fonctionner aussi pour ces autres plaies modernes que sont Booking.com, Expedia ou Hotels.com qui, comme chacun le sait, s’emploient à saboter méchamment le travail des agences de voyage et des hôteliers. C’est pourquoi en moins d’un mois, du Sénat à l’Autorité de la Concurrence, plusieurs décisions sont parties à l’assaut des scandaleux systèmes mis en place par ces plateformes.

Le principal défaut de ces abominables sites ?

« Ce qui pose problème, aujourd’hui, c’est que les différents services de réservations en ligne imposent des rabais aux hôtels »

oh filocheC’est honteux : en fournissant une information standardisée, uniformisée et comparable, à un coût nul, à une masse grandissante de clients potentiels, ces plateformes ont autorisé une mise en concurrence inégalée de commerces qui, auparavant, ne l’étaient pas. Cette concurrence fait violemment baisser les prix, c’est … C’est … C’est intolérable !

Pire, comme l’explique Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques du Sénat,

« le fait est qu’aujourd’hui, si un hôtel ne se plie pas aux exigences du site de réservation, il peut en être rayé. »

ARgHh mais c’est horrible, ça ! C’est comme si Google refusait d’indexer un site sans raison ! Vite, il faut absolument imposer un cadre bien contraignant à ces plateformes ! Le Sénat et le Tribunal de Commerce de Paris vont donc lutter ardemment contre la mise en concurrence et les prix bas aux hôtels. Il en va du pouvoir d’achat des Français d’une question de souveraineté économique, pardi !

chewbacca écureuil nazi wtf

Décidément, tout doit y passer : souveraineté économique, méchante concurrence, égalitarisme outrancier, deux poids deux mesures, raisonnements bancals justifiant n’importe quel lobbyisme, toutes les excuses sont bonnes pour ces politiciens, ces juges, ces corporatistes afin de justifier le maintien, à tout prix, du statu quo.

Et il en sera de même lorsque ces petits maréchaux de pré-carrés devront trouver des raisons d’interdire ou « réguler à mort » les initiatives citoyennes indépendantes de tout échange financier (comme Nightswapping par exemple), ou lorsqu’il s’agira de faire absorber à la société française l’impact impliqué par le camion qui se conduit tout seul ou la voiture qui en fait autant.

Cependant, on doit se demander combien de temps sera perdu par ces freins crétins, ces corporatismes sclérosants ? Combien de vies ruinées (par l’utilisation habile du fisc comme bras armé d’une corporation) ? Combien de vies brisées (sur les routes, par exemple) que ce soit par ces comportements ou par ces interdictions ? Et surtout, comment expliquer que le Camp du bien, autoproclamé progressiste, se retrouve de nos jours systématiquement sur le chemin de ces innovations, qui sont pourtant le marqueur clair de progrès évidents ?

Qu’est devenue la France du progrès, de l’innovation ? Elle a bel et bien disparu, sclérosée par le choix, conscient ou non, d’une surprotection permanente de tout, au point de la couper de plus en plus du reste du monde.

Ces assauts ridicules contre ces sites, ces tentatives judiciaires contre les réseaux sociaux, ces luttes permanentes contre la disparition de l’intermédiation et ces néo-luddismes néfastes imposent tous la même conclusion.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/05/28/39234-les-teles-en-guerre-contre-les-mechants-reseaux-sociaux


Les Républicains, ou le joli troll de Sarkozy

mercredi 27 mai 2015 à 09:00

Effervescence dans tout le pays : l’UMP, probablement fatiguée d’être confondue sans arrêt avec une arme à feu ou une urgence médico-psychologique, a décidé de changer de nom !

On peut comprendre les dirigeants de ce parti politique : ce nom commence à dégager une petite odeur fétide, et comme les couches hygiéniques qui retiennent ce qu’il faut où il faut, mais pas indéfiniment, il devenait indispensable d’en changer. Et pour ceux qui ne sont pas très au fait de la politicaillerie française, rappelons que l’UMP n’est, essentiellement, que le nom de l’ancien RPR (un précédent parti, lui aussi de drouate), fusionné avec Démocratie Libérale et d’autres micro-partis rigolos au début des années 2000 par un Chirac pétillant de sagacité. Après un peu plus de 10 ans dans la vie politique française, le parti change donc encore de patronyme.

Il faut bien ça : la drouate, ce repaire de conservateurs étatistes arc-boutés sur un passé figé, change en effet beaucoup plus souvent de vitrine que la gôche, dépotoir officiel des progressistes et autres forcenés du Changement Maintenant, dont le nom (Parti Socialiste) n’a, lui, pas changé d’un pouce depuis un bon demi-siècle. Que voulez-vous : les progressistes français aiment tendrement leurs habitudes multi-générationnelles alors que les conservateurs français ont la bougeotte. On ne s’étonnera donc pas du pataquès invraisemblable qui s’empare des premiers lorsque les seconds décident de changer le nom d’un parti politique minoritaire, d’autant que son président, Nicolas Sarkozy, a eu un certain culot : il entend l’appeler « Les Républicains » et son logo est déjà prêt !

Une typo s'est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?
Une typo s’est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?

Quelle audace ! Et surtout, quelle impudence !

En choisissant un tel nom, a-t-il bien mesuré la portée de son acte impertinent ? Morbleu, a-t-il pensé à tous ces gens dont le patronyme familial est, justement « Républicain » et qui se retrouvent ainsi, à leurs corps défendant, horriblement acoquinés avec le parti de l’ex-président, victime d’un abominable amalgame, chose officiellement interdite parce que définitivement pas-Charlie ? Pensez donc ! Jules Républicain, Gérard Républicain ou Régis Républicain (un indécis, sans doute) ne veulent surtout pas être associés avec Les Républicains, parce que c’est sale, c’est honteux d’être répub… Ah non, pardon, c’est parce qu’il est sale d’être dans un parti politique qui se prétend républ… Non plus.

Hum, voilà qui corse l’affaire.

Ah oui, voilà : ce serait parce que ce terme, une fois déposé et pris comme marque et modèle déposé ™ⒸⓇ serait une « appropriation du bien commun », comme si, en quelque sorte, ces salauds de drouate voulaient s’approprier l’air, l’eau et le républicanisme qu’on respire et qu’on boit partout, à chaque seconde de notre vie en France !

C’est intolérable !

Dès lors, comme le souligne avec une lucidité remarquable Christophe Léguevaques, un des avocats portant la plainte, il y a « trouble manifeste » :

« Nous sommes tous républicains de par l’article premier de la Constitution, la France est une République indivisible. Et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus ! »

Ben oui, c’est limpide : si le nom était pris par ce parti, ceux qui n’y sont pas encartés s’excluront de fait de cette grande et belle idée, ne participeront pas à la vie républicaine de la société française, et seront donc montrés du doigt, houspillés par le reste de la population et on leur retirera le droit de voter et de payer des impôts, et …

cat wait what

Non, il n’y a pas à dire, voilà un beau (bien que probablement involontaire) trolling de Nicolas Sarkozy. En jouant avec un terme aussi large et fourre-tout, il pensait sans doute élargir son parti d’opposition français. Mais avec les petites éructations de Pierre Laurent, le sénateur communiste (évidemment communiste), son troll est d’autant plus réussi qu’à présent, tous les médias se sont emparés de la micro-affaire pour couvrir l’événement judiciaire : le nom sera-t-il autorisé par la cour ? Fouyaya, fouyaya, épineux problème d’importance capitale dans un pays frais, dispos et en bonne santé, qui devait bien occuper quelques journalistes, avides d’un bon petit papier à l’idée que cette nouvelle marque soit retoquée au grand dam de l’ancien président, et mobiliser un sénateur et une poignée de gogos embrigadés dans cette sombre manipulation politicienne d’un niveau assez consternant.

Las. La justice aura finalement donné gain de cause à Sarkozy et sa fine équipe qui ont donc en définitive le droit d’appeler leur parti Les Républicains™ : le tribunal des référés de Paris a autorisé le nouveau nom et ni le « trouble manifestement illicite », ni le « dommage imminent » invoqués par les plaignants ne sont donc démontrés. Zut, mis à part quelques petits papiers de clôture de l’affaire dans les médias, le feuilleton devrait s’arrêter là. Et encore plus Zut alors, du côté des plaignants, c’est les pleurs et les grincements de dents. Un de leurs avocats estime même rien moins que :

« l’usage du nom “Les Républicains” par un parti quel qu’il soit va très vite poser des problèmes de compétition déloyale, par exemple à l’égard de certains de nos clients. Que vont pouvoir faire les candidats du mouvement Cap 21 de Corinne Lepage ou du MRC face à des candidats qui vont se présenter comme Les Républicains ? »

Effectivement, que faire devant l’arme ultime d’un nom qui fouette l’air comme un coup de sabre laser dans l’eau ? Comment combattre l’hydre de la drouate maintenant protégée par un blase du tonnerre de Brest qui fait de la compèt’ déloyale à Cap21 ou MRC ?

Pour ne pas s’avouer vaincus, les plaignants réfléchissent à faire appel, probablement et malheureusement parce que le ridicule ne tue pas (Corinne Lepage, justement, en étant une preuve vivante) : nos frétillants Républicains pas Républicains™ (mais républicains, hein, oh, attention !) peuvent engager une action sur le fond, le juge de l’urgence n’ayant statué que sur la base du « trouble illicite », non démontré. Ouf, les médias pourront pondre quelques rebondissements dans cette palpitante chronique d’une France apaisée.

Cependant, en toute bonne logique, et en tenant compte aussi bien du programme qui anime les mouvements intestinaux du parti que de son historique extrêmement éclairant, un nom à la fois plus exact et beaucoup plus provocateur aurait été Les Socialistes™.

Moyennant un petit logo ravivant la flamme patriotique, l’ensemble aurait été en parfaite adéquation avec le paysage politique français, dont le spectre n’est plus guère composé que de socialistes plus ou moins musclés de l’interventionnisme étatique. Et puis, question trolling, ça, au moins, ça aurait eu de la gueule…

Le vrai logo des principaux partis politiques français
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Source : http://h16free.com/2015/05/27/39389-les-republicains-ou-le-joli-troll-de-sarkozy