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L’État, un vivier de dettes catastrophiques … et d’emplois rigolos

vendredi 29 mai 2015 à 09:00

Parfois, le monde, il est vraiment pas gentil. Alors même que nos ministres s’emploient à lancer assez peu discrètement la campagne présidentielle de François Hollande à grands renforts de flagorneries toutes plus grosses les unes que les autres, la réalité vient sauvagement leur distribuer des directs bien serrés dans les parties molles : la Cour des Comptes, encore elle, assène une nouvelle gifle au pouvoir en place.

Elle vient en effet de rendre public son rapport sur le budget de l’État en 2014, analysant l’exécution des dépenses et des recettes. La conclusion ne fait guère de place aux doutes : l’exécution du budget de l’État se caractérise en 2014 par une aggravation du solde budgétaire par rapport à 2013 (et pif), du fait d’une baisse des recettes nettes (et paf) et d’une hausse des dépenses nettes du budget général (et vlan). Zut, flute, caca boudin : la dette de l’État continue à progresser « à un rythme soutenu ». Pire : Didier Migaud, le premier président de l’institution, constate (pas trop consterné, le bougre devait bien s’y attendre) que la baisse du déficit de l’État, vaguement amorcée depuis 2010, « a été interrompue l’an dernier », avec une hausse de 10,7 milliards d’euros.

Décidément, c’est vraiment pa’d’chance !

Baisse des recettes, augmentation des dépenses, on croirait à un mauvais scénario où tout, absolument tout, se déroule à la fois comme prévu et selon le pire scénario possible. Dans ce rapport, c’est surtout la nette baisse des recettes qui indique que la trajectoire suivie par les finances publiques ressemble de plus en plus à celle que suivit l’un des boosters de la navette Challenger dans les dernières micro-secondes de son dernier vol. L’autre booster, c’est celui des dépenses qui pointent résolument vers la stratosphère.

budget état dépenses recettes

Cependant, soyons bien clair : pour ce qui est de la hausse des dépenses, cela n’aura étonné personne. À l’exception bien sûr des habituelles pleureuses socialistes qui continuent leurs simagrées sur une austérité dont on voit mal où elle se niche d’année en année : les dépenses exceptionnelles continuent de grimper (sans pouvoir expliquer à elles seules, selon la Cour, l’aggravation des déficits), et surtout, … les dépenses de personnel aussi.

Eh oui, tout comme en 2013 où la presse constatait, à la suite de la Cour, que l’emploi public repartait à la hausse (sans pour autant en conclure que l’austérité était du flan, conclusion logique apparemment inatteignable), il en fut de même en 2014 où l’emploi public aura là encore affiché une excellente santé, probablement en proportion du marasme qui s’est emparé de l’emploi privé.

Et d’ailleurs, il n’est qu’à se rendre sur le portail de la fonction publique destiné à recenser les offres d’emplois ouvertes par les nombreuses (ô combien nombreuses) administrations de notre beau pays pour comprendre qu’il y a fort à faire pour seulement espérer tarir le flot invraisemblable de missions que l’État s’est octroyé et qui nécessitent une armée de bras que tous les impôts du pays ne parviendront pas à payer.

L’exercice, du reste, est aussi éclairant qu’amusant. Ainsi, au milieu d’âpres propositions d’« Inspecteur de l’Éducation Nationale » ou de « Chargé(e) de mission pour des marchés publics » dont on devine, sans avoir besoin de les lire en détail, qu’elles baignent dans l’ambiance joyeuse et un peu fofolle de procédures légales rigolotes et d’une paperasserie tout à fait amusante, on peut aussi trouver une somme assez conséquente de métiers que le secteur privé n’aurait sans doute jamais pu imaginer tant leurs intitulés vendent du rêve, envoient du steak et tabassent du chaton mignon à 100 km à la ronde.

chaton youpi encore une mission réussie

On peut par exemple devenir (offre 104562) « Directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de Dordogne », ce qui permet d’affirmer à la fois qu’il y a tout une administration chargée de la cohésion sociale en Dordogne (apparemment, il y faut toute une administration pour que le social soit bien cohérent, sinon, ça part rapidement en vrille, je suppose – c’est chaud, la Dordogne, question cohésion sociale, que voulez-vous) et à la fois que même sans directeur actuellement, la Dordogne s’en sort pas trop mal puisque l’anarchie n’y a pas encore étendu son règne (ah bah finalement, c’est pas si chaud, la Dordogne, question cohésion sociale).

Une autre offre (ici) permettra d’enfin trouver un « responsable du programme de simplifications pour les citoyens dans le cadre du choc de simplification » ce qui explique d’un coup pourquoi la situation était si foutrement épineuse. Dire qu’il manquait tout simplement d’un responsable pour piloter ce foutu programme de simplification pour qu’enfin, pouf, le choc se mette doucement en route, franchement, on est rassuré de voir que des dispositions ont été prises à ce sujet. Ouf. Depuis le temps qu’on l’attendait, ce responsable !

Je pourrais vous détailler, pour le plaisir, l’offre 105442 qui réclame un « Chargé(e) du suivi des publics en insertion par le logement et demandeurs d’asile » dont l’intitulé laisse présager de grands moments de solitude paperassière aux tampons humides des pleurs de son possesseur, ou, plus amusant, l’offre 106558 qui réclame un – je cite – « Administrateur Agent virtuel intelligent (AVI) pour le Compte personnel de formation (CPF) H/F » qui demande plusieurs relectures et laisse songeur quand on imagine le candidat revenir d’un entretien plein de succès et s’écrier à ses proches :

« Youpi, je suis enfin administrateur agent virtuel intelligent pour le CPF, mes petits amis ! J’ai toujours rêvé d’être administrateur agent virtuel intelligent, et c’est une vraie promotion de mon poste précédent d’agent virtuel idiot ! Vite, mangeons de la Ouiche Lorraine pour fêter ça ! »

ouiche lorraine et administrateurs
Enfin, sachez que l’offre pour un « Responsable de la démocratie sanitaire » est malheureusement expirée, et non, il ne s’agissait pas d’aider la naturelle (et nécessaire) synchronisation des urnes électorales avec les toilettes républicaines, mais de fournir un poste pour un responsable de l’un de ces concepts fumeux, dont la fonction réelle est de créer toute une hiérarchie et des postes à la douzaine pour camoufler l’explosion du chômage en France.

On le comprend, alors que les uns pleurent sur l’amère austérité qui n’existe pas, que les autres chouinent sur la réduction dramatique des services publics, la Cour des Comptes et les chiffres sont sans appel : l’État continue de plus belle à embaucher, à tour de bras, ses dépenses explosent et ses recettes s’effondrent. Mais rassurez-vous : au moins, ses agents ne sont pas en rupture d’imagination pour l’intitulé des multitudes de jobs palpitants qui s’y crée tous les jours.

pole emploi po demploi

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Source : http://h16free.com/2015/05/29/39420-letat-un-vivier-de-dettes-catastrophiques-et-demplois-rigolos


La France turboconservatrice en guerre contre Facebook, Twitter, Booking, Expedia, …

jeudi 28 mai 2015 à 09:00

Même si la France est maintenant turbolibérale (on le sait, on ne peut y échapper, c’est évident), au moins certaines institutions ne faillent pas à leur mission de résister, tous les jours un peu plus, à l’envahissement du pays par de nouvelles technologies et de nouveaux concepts qui risqueraient, s’ils n’étaient pas turborégulés comme il se doit, de mettre tout le vivrensemble de la Nation en péril.

Et si l’on sait déjà que Amazon, AirBnb et Uber sont sous le feu nourri des critiques tant ces sociétés attaquent la fabrique même de notre société libre, égalitaire et fraternelle, d’autres entreprises ne perdent rien pour attendre. C’est le cas, notamment, de Facebook et Twitter, qui ont été clairement désignés comme les prochaines cibles de la vindicte populaire.

En l’espèce, cette vindicte sera portée par TF1, M6, Canal+, France Télévisions ainsi que l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. Ces vénérables institutions, réputées pour leur grande souplesse d’adaptation aux nouveaux paradigmes qu’internet aura introduits, ont décidé d’envoyer un courrier bien senti aux méchants dirigeants de Facebook et de Twitter pour dénoncer la mise en ligne de leurs contenus vidéos sans autorisation.

juncker omfg ohnoes no wayQue voulez-vous : il est parfaitement intolérable que ces réseaux sociaux commencent à faire de la publicité gratuite au matériel produit par ces chaînes de télévision, de même qu’il est insupportable pour ces télévisions de voir cette méthode gratuite de diffusion de leur marque, de leurs produits. Pensez-donc ! Des gens utilisent Facebook ou Twitter pour commenter, diffuser ou partager des contenus de ces chaînes ! Pour les chaînes, cela

« va inévitablement conduire à accroître les mises en ligne de vidéos illicites et en particulier contrefaisantes d’œuvres audiovisuelles, cinématographiques et de programmes télévisés. Nous constatons que nos contenus vidéos ont été mis en ligne sur Facebook sans notre autorisation et visionnés parfois plusieurs millions de fois »

Et non, ce n’est absolument pas la faute du Community Manager (l’équipe en charge du bon référencement des chaînes télé sur internet, et de la bonne diffusion de leurs messages et leurs contenus), pas du tout. Tout ceci est à l’évidence de l’entière responsabilité des réseaux sociaux (ou, dans une moindre mesure, de ces cancrelats d’utilisateurs qui ont le goût douteux d’être, trop peu souvent, des auditeurs de ces chaînes).

Bref, si jamais on laisse faire, ces chaînes vont finir par rattraper une partie de l’audience qui les fuyaient (les jeunes notamment) et ça, il n’en est pas question puisque leur but est, avant tout, de faire de l’argent sur le segment des vieux croûtons qui ne savent pas se servir d’un mulot et qui ne savent pas cliquer pour envoyer des e-mails. L’enjeu est d’importance en terme d’audience et de soussous dans la popoche, puisque d’après les petits calculs des chaînes « lésées »,

« Ces plateformes gagnent chaque jour de nouveaux vidéo-spectateurs, ce qui fait perdre de l’audience et des abonnés aux diffuseurs. Or, ce sont ces derniers qui participent au financement de la création et payent des impôts, pas Twitter ni Facebook »

Ah oui, les zimpôts, qui justifient à la fois de nombreux efforts pour tabasser ces deux entreprises, et à la fois l’embrigadement du ministricule de la Culture actuel (une certaine Fleur Pellerin selon mes informations). Il est vrai que l’autre argument – celui de la perte d’audience – n’est pas fort crédible lorsqu’on juxtapose avec les millions de vues des vidéos en question. Peut-être les télévisions sont-elles surtout confrontées à un changement profond de leur modèle d’affaires, qui s’accommode fort mal de la décentralisation complète des auditeurs, de la disparition des horaires fixes et prévus à l’avance ?

En tout cas, rien qu’une bonne bordée de procès et qu’une volée de lois spécifiques ne saura résoudre à court terme, parions-le !

Et si ça marche pour les vilains réseaux sociaux qui ne payent pas d’impôts en France, cela doit pouvoir fonctionner aussi pour ces autres plaies modernes que sont Booking.com, Expedia ou Hotels.com qui, comme chacun le sait, s’emploient à saboter méchamment le travail des agences de voyage et des hôteliers. C’est pourquoi en moins d’un mois, du Sénat à l’Autorité de la Concurrence, plusieurs décisions sont parties à l’assaut des scandaleux systèmes mis en place par ces plateformes.

Le principal défaut de ces abominables sites ?

« Ce qui pose problème, aujourd’hui, c’est que les différents services de réservations en ligne imposent des rabais aux hôtels »

oh filocheC’est honteux : en fournissant une information standardisée, uniformisée et comparable, à un coût nul, à une masse grandissante de clients potentiels, ces plateformes ont autorisé une mise en concurrence inégalée de commerces qui, auparavant, ne l’étaient pas. Cette concurrence fait violemment baisser les prix, c’est … C’est … C’est intolérable !

Pire, comme l’explique Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques du Sénat,

« le fait est qu’aujourd’hui, si un hôtel ne se plie pas aux exigences du site de réservation, il peut en être rayé. »

ARgHh mais c’est horrible, ça ! C’est comme si Google refusait d’indexer un site sans raison ! Vite, il faut absolument imposer un cadre bien contraignant à ces plateformes ! Le Sénat et le Tribunal de Commerce de Paris vont donc lutter ardemment contre la mise en concurrence et les prix bas aux hôtels. Il en va du pouvoir d’achat des Français d’une question de souveraineté économique, pardi !

chewbacca écureuil nazi wtf

Décidément, tout doit y passer : souveraineté économique, méchante concurrence, égalitarisme outrancier, deux poids deux mesures, raisonnements bancals justifiant n’importe quel lobbyisme, toutes les excuses sont bonnes pour ces politiciens, ces juges, ces corporatistes afin de justifier le maintien, à tout prix, du statu quo.

Et il en sera de même lorsque ces petits maréchaux de pré-carrés devront trouver des raisons d’interdire ou « réguler à mort » les initiatives citoyennes indépendantes de tout échange financier (comme Nightswapping par exemple), ou lorsqu’il s’agira de faire absorber à la société française l’impact impliqué par le camion qui se conduit tout seul ou la voiture qui en fait autant.

Cependant, on doit se demander combien de temps sera perdu par ces freins crétins, ces corporatismes sclérosants ? Combien de vies ruinées (par l’utilisation habile du fisc comme bras armé d’une corporation) ? Combien de vies brisées (sur les routes, par exemple) que ce soit par ces comportements ou par ces interdictions ? Et surtout, comment expliquer que le Camp du bien, autoproclamé progressiste, se retrouve de nos jours systématiquement sur le chemin de ces innovations, qui sont pourtant le marqueur clair de progrès évidents ?

Qu’est devenue la France du progrès, de l’innovation ? Elle a bel et bien disparu, sclérosée par le choix, conscient ou non, d’une surprotection permanente de tout, au point de la couper de plus en plus du reste du monde.

Ces assauts ridicules contre ces sites, ces tentatives judiciaires contre les réseaux sociaux, ces luttes permanentes contre la disparition de l’intermédiation et ces néo-luddismes néfastes imposent tous la même conclusion.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/05/28/39234-les-teles-en-guerre-contre-les-mechants-reseaux-sociaux


Les Républicains, ou le joli troll de Sarkozy

mercredi 27 mai 2015 à 09:00

Effervescence dans tout le pays : l’UMP, probablement fatiguée d’être confondue sans arrêt avec une arme à feu ou une urgence médico-psychologique, a décidé de changer de nom !

On peut comprendre les dirigeants de ce parti politique : ce nom commence à dégager une petite odeur fétide, et comme les couches hygiéniques qui retiennent ce qu’il faut où il faut, mais pas indéfiniment, il devenait indispensable d’en changer. Et pour ceux qui ne sont pas très au fait de la politicaillerie française, rappelons que l’UMP n’est, essentiellement, que le nom de l’ancien RPR (un précédent parti, lui aussi de drouate), fusionné avec Démocratie Libérale et d’autres micro-partis rigolos au début des années 2000 par un Chirac pétillant de sagacité. Après un peu plus de 10 ans dans la vie politique française, le parti change donc encore de patronyme.

Il faut bien ça : la drouate, ce repaire de conservateurs étatistes arc-boutés sur un passé figé, change en effet beaucoup plus souvent de vitrine que la gôche, dépotoir officiel des progressistes et autres forcenés du Changement Maintenant, dont le nom (Parti Socialiste) n’a, lui, pas changé d’un pouce depuis un bon demi-siècle. Que voulez-vous : les progressistes français aiment tendrement leurs habitudes multi-générationnelles alors que les conservateurs français ont la bougeotte. On ne s’étonnera donc pas du pataquès invraisemblable qui s’empare des premiers lorsque les seconds décident de changer le nom d’un parti politique minoritaire, d’autant que son président, Nicolas Sarkozy, a eu un certain culot : il entend l’appeler « Les Républicains » et son logo est déjà prêt !

Une typo s'est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?
Une typo s’est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?

Quelle audace ! Et surtout, quelle impudence !

En choisissant un tel nom, a-t-il bien mesuré la portée de son acte impertinent ? Morbleu, a-t-il pensé à tous ces gens dont le patronyme familial est, justement « Républicain » et qui se retrouvent ainsi, à leurs corps défendant, horriblement acoquinés avec le parti de l’ex-président, victime d’un abominable amalgame, chose officiellement interdite parce que définitivement pas-Charlie ? Pensez donc ! Jules Républicain, Gérard Républicain ou Régis Républicain (un indécis, sans doute) ne veulent surtout pas être associés avec Les Républicains, parce que c’est sale, c’est honteux d’être répub… Ah non, pardon, c’est parce qu’il est sale d’être dans un parti politique qui se prétend républ… Non plus.

Hum, voilà qui corse l’affaire.

Ah oui, voilà : ce serait parce que ce terme, une fois déposé et pris comme marque et modèle déposé ™ⒸⓇ serait une « appropriation du bien commun », comme si, en quelque sorte, ces salauds de drouate voulaient s’approprier l’air, l’eau et le républicanisme qu’on respire et qu’on boit partout, à chaque seconde de notre vie en France !

C’est intolérable !

Dès lors, comme le souligne avec une lucidité remarquable Christophe Léguevaques, un des avocats portant la plainte, il y a « trouble manifeste » :

« Nous sommes tous républicains de par l’article premier de la Constitution, la France est une République indivisible. Et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus ! »

Ben oui, c’est limpide : si le nom était pris par ce parti, ceux qui n’y sont pas encartés s’excluront de fait de cette grande et belle idée, ne participeront pas à la vie républicaine de la société française, et seront donc montrés du doigt, houspillés par le reste de la population et on leur retirera le droit de voter et de payer des impôts, et …

cat wait what

Non, il n’y a pas à dire, voilà un beau (bien que probablement involontaire) trolling de Nicolas Sarkozy. En jouant avec un terme aussi large et fourre-tout, il pensait sans doute élargir son parti d’opposition français. Mais avec les petites éructations de Pierre Laurent, le sénateur communiste (évidemment communiste), son troll est d’autant plus réussi qu’à présent, tous les médias se sont emparés de la micro-affaire pour couvrir l’événement judiciaire : le nom sera-t-il autorisé par la cour ? Fouyaya, fouyaya, épineux problème d’importance capitale dans un pays frais, dispos et en bonne santé, qui devait bien occuper quelques journalistes, avides d’un bon petit papier à l’idée que cette nouvelle marque soit retoquée au grand dam de l’ancien président, et mobiliser un sénateur et une poignée de gogos embrigadés dans cette sombre manipulation politicienne d’un niveau assez consternant.

Las. La justice aura finalement donné gain de cause à Sarkozy et sa fine équipe qui ont donc en définitive le droit d’appeler leur parti Les Républicains™ : le tribunal des référés de Paris a autorisé le nouveau nom et ni le « trouble manifestement illicite », ni le « dommage imminent » invoqués par les plaignants ne sont donc démontrés. Zut, mis à part quelques petits papiers de clôture de l’affaire dans les médias, le feuilleton devrait s’arrêter là. Et encore plus Zut alors, du côté des plaignants, c’est les pleurs et les grincements de dents. Un de leurs avocats estime même rien moins que :

« l’usage du nom “Les Républicains” par un parti quel qu’il soit va très vite poser des problèmes de compétition déloyale, par exemple à l’égard de certains de nos clients. Que vont pouvoir faire les candidats du mouvement Cap 21 de Corinne Lepage ou du MRC face à des candidats qui vont se présenter comme Les Républicains ? »

Effectivement, que faire devant l’arme ultime d’un nom qui fouette l’air comme un coup de sabre laser dans l’eau ? Comment combattre l’hydre de la drouate maintenant protégée par un blase du tonnerre de Brest qui fait de la compèt’ déloyale à Cap21 ou MRC ?

Pour ne pas s’avouer vaincus, les plaignants réfléchissent à faire appel, probablement et malheureusement parce que le ridicule ne tue pas (Corinne Lepage, justement, en étant une preuve vivante) : nos frétillants Républicains pas Républicains™ (mais républicains, hein, oh, attention !) peuvent engager une action sur le fond, le juge de l’urgence n’ayant statué que sur la base du « trouble illicite », non démontré. Ouf, les médias pourront pondre quelques rebondissements dans cette palpitante chronique d’une France apaisée.

Cependant, en toute bonne logique, et en tenant compte aussi bien du programme qui anime les mouvements intestinaux du parti que de son historique extrêmement éclairant, un nom à la fois plus exact et beaucoup plus provocateur aurait été Les Socialistes™.

Moyennant un petit logo ravivant la flamme patriotique, l’ensemble aurait été en parfaite adéquation avec le paysage politique français, dont le spectre n’est plus guère composé que de socialistes plus ou moins musclés de l’interventionnisme étatique. Et puis, question trolling, ça, au moins, ça aurait eu de la gueule…

Le vrai logo des principaux partis politiques français
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Source : http://h16free.com/2015/05/27/39389-les-republicains-ou-le-joli-troll-de-sarkozy


La France turbolibérale

mardi 26 mai 2015 à 09:00

Un con qui avance, même à petits pas, va toujours plus loin qu’un intellectuel assis… Mais comme c’est un con, il peut lui arriver de trébucher, de petit pas en petit pas, vers le totalitarisme. Et question petits pas, l’État français vient, ces dernières semaines, d’en faire une belle brochette.

Bien sûr, il y a eu, en début d’année, l’étonnant petit trot qui suivit la réduction d’une rédaction journalistique par saturnisme foudroyant : profitant de ce prétexte lacrymogène, l’État et tous ses politiciens les plus veules s’étaient engouffrés dans la brèche en recommandant bien fort que soient pratiquées d’importantes mesures de mises sur écoute du peuple français (puisqu’il semble que lorsqu’un terroriste s’en prend au peuple, c’est la faute du peuple). Comme je le notais alors, et malgré l’évidente inutilité des propositions, tout le monde a pourtant sciemment choisi ce chemin.

Dès lors, il n’est que logique qu’on continue à y trotter vaillamment. Ceux qui ont deux sous de jugeote ou un minimum de culture historique savent très bien ce qui se trouve au bout, mais tant pis, allons-y !

Par exemple, sous le prétexte particulièrement usé de la lutte contre le terrorisme, on persiste à freiner les transactions en liquide (et surtout lorsqu’il s’agit d’acheter des métaux précieux, graine d’anar) ; le méchant billet de 500€ est de toute façon sur la sellette, et le fait que cette lutte contre les méchants qui posent des bombes coïncide ici avec la lutte contre les méchants qui travaillent au noir est totalement fortuit. Tout comme est parfaitement fortuit le fait qu’en même temps, Sapin veuille favoriser le paiement par carte même dans les transactions les plus petites…

Par exemple, sous le prétexte de la meilleure couverture sociale des salariés, on demandera une délation active de la part des entreprises qui auraient, dans leurs sous-traitants, des petits malins en délicatesse avec leur couverture sociale. Voilà en tout cas qui va favoriser de bonnes ententes commerciales, et aider à conserver une bonne ambiance dans tout le pays.

Par exemple, on l’a vu, on va consciencieusement éplucher les habitudes immobilières des contribuables, voire demander un flicage citoyen, parce que louer son bien au travers d’internet, c’est déjà, à la base, une activité louche et qu’elle entrave la bonne collecte de sous-sous pour les municipalités, mais qu’en plus de cet enrichissement scandaleusement capitaliste, tous ces va-et-viens de touristes, ça dérange la tranquillité des voisins.

le honzec - la domination libéralePar exemple, on va poursuivre en justice celui qui, n’utilisant aucun moyen illégal, se sera procuré au travers d’une bête recherche Google des documents confidentiels laissés au vu et su de tout le monde, sur des serveurs publics, par l’incompétence d’une administration dépassée par une technologie qu’elle ne maîtrise pas. Et lorsque la décision de justice ne plaira pas au petit procureur local, il relancera pour être sûr d’avoir la bonne condamnation, aussi stupide soit-elle.

Plus insidieusement, la dérive évidente d’une législation en foutoir illisible ne doit pas, là encore, au hasard mais bien à l’empilement de bonnes intentions sirupeuses qui aboutissent, par la force des choses, à dessiner une société égalitariste en diable où l’individu sera d’autant plus joyeusement broyé qu’il réclame un retour à des principes de base depuis longtemps oubliés voire honnis.

Plein de bonnes intentions, on a largement distribué des droits exorbitants au locataire voire à l’occupant illégal de propriétés privées, rendant leur expulsion invraisemblablement compliquée, alors qu’il est parallèlement extrêmement simple de pourchasser le propriétaire pour avoir loué son bien en dehors des sentiers battus.

Plein de bonnes intentions, la commission d’enquête parlementaire ouverte après la mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn suggère de limiter le droit de manifester, en créant une interdiction administrative dirigée contre les personnes susceptibles d’être violentes, au prétexte de régulariser une pratique existante (même prétexte qui fut utilisé pour la Loi Renseignement, finalement).

Plein de bonnes intentions, le Sénat propose d’aider encore plus la presse. Oui, vous avez bien lu : alors qu’on distribue déjà plus de deux milliards d’euros à cette presse qui n’est plus, maintenant, que la voix fidèle de son maître, le Sénat propose de défiscaliser les dons qu’on peut lui faire en récupérant de façon assez putassière les attentats dont Charlie Hebdo fut l’objet en début d’année.

libération tractEt cette presse très docile tombe bien : comme tous ces éléments brossent un tableau bien spécifique, bien particulier, bien glauque, et qu’il ne faudrait surtout pas que tout le monde s’en rende compte (ce serait alors plus compliqué d’obtenir l’assentiment de tous), elle sera mise à contribution dans un renouvellement presque amusant de nombreux articles pleurant sur la trop grande austérité néolibérale qu’on doit subir, sur la dérive droitière, xénophobe et surtout ultralibérale du pays, et sur la tempête d’abandons des services publics que le monde nous envie, laissant sur le carreau un nombre toujours plus grand de malheureux, preuve s’il en est que le pays s’est complètement vendu au turbolibéralisme. Personne ne s’étonnera alors de lire partout (dans Le Monde, Le Figaro, Marianne) les consternantes assertions d’un énarque, ex-inspecteur des finances, qui ne voit que gigalibéralisme qui poudroie partout en France et qui se demandera si, en matière de libertés, la France n’est pas allée trop loin.

Je résume : la propriété privée est devenue une blague, le pays est en train d’être mis massivement sur écoute, on y décourage l’argent liquide (pour l’interdire un jour complètement), la justice a totalement oublié tout espoir de légitimité, on va sévèrement y encadrer les manifestations, et la presse est complètement tenue à coup d’argent public. C’est limpide : le turbolibéralisme a gagné, et bien sûr, tout pointe vers une liberté débridée !

fascism

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Source : http://h16free.com/2015/05/26/39320-la-france-turboliberale


Affaire Bluetouff : faisez gaffe à les procureurs bourrés

lundi 25 mai 2015 à 10:00

Les intertubes, vu par la Justice et l’État, cela a quelque chose de magique qui peut vous conduire droit en prison même si vous n’avez rien fait d’illégal. J’en parlais il y a un peu plus d’un an : si, en utilisant un moteur de recherche public, pour accéder à des documents publics, sur un site public, vous téléchargez ces documents et qu’il s’avère, plus tard, qu’ils sont un brin confidentiel et qu’ils ont été rendus publics par erreur, le blâme sera pour vous. Eh oui, « fallait pas gogueuler, mon brave ! ».

Oui, je sais, dit comme ça, cela paraît un tantinet ubuesque, et on comprendra à demi-mot que j’ai encore joué d’exagération ou de raccourci.

Il n’en est rien.

Cette mésaventure est arrivé à un blogueur, Bluetouff, qui est tombé en août 2012 de façon banale sur un répertoire de l’extranet de l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments pour les humains et les animaux (l’ANSES) contenant plusieurs milliers de fichiers sur un serveur non sécurisé par erreur. Ici, l’erreur provient non de Google ou du blogueur, mais bien de l’ANSES qui a laissé totalement accessible au public des données confidentielles.

pc tech support cat

Jusqu’ici, on est juste dans le ridicule.

Le blogueur, tombant sur ces documents publics (l’aspect confidentiel n’étant absolument pas visible puisqu’aucune protection ne les entourait), en prend copie et mentionne l’énorme boulette de sécurité sur son blog. L’institution découvre sa bévue et poursuit Bluetouff, qui sera totalement blanchi, relaxé à l’issue du procès, alors même que l’ANSES ne se porte même plus partie civile, sans doute consciente du ridicule de sa position.

Pas de coupable, plus de victimes ? Vite, l’État doit absolument agir ! Le parquet décide donc de poursuivre, histoire de claquer les thunes du contribuable et d’ajouter une nouvelle jurisprudence honteuse au tableau de chasse déjà scandaleux de la France en la matière.

Magie d’une Justice synchrone avec son temps, pas du tout aux ordres d’un état devenu policier : ce qui devait arriver arriva et lors du procès en appel, le blogueur est condamné pour s’être vilainement « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données », autrement dit qu’il savait qu’il n’était plus en terrain public et qu’il a malgré tout copié 8 Go de données.

Tout va bien. À présent, grâce à ce jugement consternant (tant sur le plan du droit que sur le plan technique ou même logique), un internaute qui tombe par hasard sur un document sensible qui aurait fuité par l’incompétence d’une institution ou d’une entreprise quelconque pourrait se trouver accusé de « vol » et de « maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ».

Nous sommes en France : si l’affaire peut empirer, elle empirera d’autant que, rappelons-le, il n’y a toujours pas de victime. Elle ne s’arrête donc pas là.

Devant l’iniquité du jugement, et motivés par l’impact scandaleux sur l’ensemble des internautes que cette jurisprudence amène (et qui peut ainsi permettre de condamner n’importe qui pour avoir simplement fait un travail d’alerte indispensable dans toute démocratie, par exemple), Bluetouff et son avocat se pourvoient en cassation.

im in your pc stealing your internetsPourvoi qui, dans une logique qu’on a bien du mal à comprendre, vient d’être rejeté : le jugement en appel est donc confirmé, et le blogueur se retrouve donc bel et bien condamné pour avoir trouvé de façon légale et recopié des documents parfaitement publics.

La tournure ubuesque de l’affaire mérite cependant, comme le fait fort justement Reflets, le site de Bluetouff (entre autres), de prendre un peu de recul et de poser quelques questions au premier rang desquelles celle de savoir pourquoi, subitement, le parquet a décidé de s’acharner ainsi contre le blogueur.

On parle bien d’acharnement, ici, parce que le plaignant ayant retiré sa plainte, les documents soi-disant sensibles étant en réalité d’intérêts publics évidents, et comme il n’y a de surcroît pas le moindre piratage de site ni la moindre fraude, pas plus que le moindre vol (celui-ci étant caractérisé par la perte de possessions d’un bien, ce qui n’a pas été le cas pour ces fichiers qui n’ont été que copiés, pas détruits), il apparaît qu’il n’y a en l’espèce plus rien à reprocher à Bluetouff.

Dès lors, pourquoi continuer ?

Peut-être peut-on supposer que Bluetouff, l’un des contributeurs réguliers de Reflets, est dans les petits papiers de l’État, et ce d’autant plus que Reflets fut le premier journal à évoquer les contrats d’Amesys en Libye et de Qosmos en Syrie (vous savez, Amesys, ceux qui fournissent les sondes internet que la Loi Renseignement a rendues commodément légales).

Peut-être…

Et peut-être est-il inutile de rappeler les liens étroits entre la Libye et Sarkozy, et entre Sarkozy et Laurence Vichnievsky (qui a reçu une belle Légion du président en 2009), cette même Laurence qui se retrouvera avocat générale dans le procès en appel qui nous intéresse et qui sortira, en toute lucidité :

« Comme tout le monde dans la salle, je n’ai pas compris le quart de ce qui a été dit aujourd’hui, mes enfants auraient mieux compris que moi, mais il faut condamner [Bluetouff] »

bad dogBen oui. On n’y comprend rien, mais condamnons à tout hasard, des fois que, sait-on jamais, … Voilà une intéressante position qui en dit long à la fois sur le sérieux qui a entouré les décisions prises dans cette affaire, et sur la façon dont certains entendent rendre justice en France.

En tout cas, même sans aller chercher l’acharnement et l’éventuel complot, l’incompétence du parquet est ici manifeste : ils n’y comprennent rien. Et tant qu’à n’y rien comprendre, on attend les prochaines condamnations d’autres internautes qui auront cliqué malencontreusement sur l’un ou l’autre lien amenant à des fichiers rendus publics par la maladresse d’une administration quelconque (cela est vite arrivé), mais, surtout, on attend la position officielle de la Justice face à Google qui a, lui aussi, fouillé et indexé ces documents et s’est donc « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données ». La justice devant être la même pour tous, Bluetouff condamné, Google devrait l’être aussi.

Et sinon, vous aussi, vous avez de moins en moins confiance dans la justice de ce pays ?

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Je vous recommande l’interview par Thinkerview de Me Iteanu, l’avocat de Bluetouff qui donne des éléments juridiques de l’affaire, ici :

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/05/25/39332-affaire-bluetouff-faisez-gaffe-a-les-procureurs-bourres