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Fleur Pellerin, culture, liberté, radios et gloubiboulga

mardi 29 septembre 2015 à 09:00

♫ La culture fait la richesse de la France et constitue le creuset de l’identité républicaine. ♪ Elle rend possible l’émancipation individuelle et la citoyenneté tsoin-tsoin. ♩ Facteur de cohésion sociale, de transmission, de partage et d’innovation, la culture contribue au projet de notre République en rendant les Français plus libres, plus égaux, plus fraternels et surtout plus bisous ♫ …

Ah, il n’y a pas à dire, lorsque le législateur est gentiment poussé par un gouvernement d’une rare fébrilité pour montrer qu’il agit, ça donne lieu à de grands moments d’écriture emphatique sur des sujets divers et variés.

Cette fois-ci, cependant, on peut craindre une législorrhée carabinée devant l’ampleur prise par le projet de loi « relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine ». Vous n’en avez pas entendu parler, et c’est parfaitement normal compte-tenu d’une actualité chargée et de la volonté des médias de ne surtout pas ennuyer leurs clients avec des lois complexes à lire, synthétiser et expliquer clairement. C’est dommage, parce qu’elle contient quelques beaux morceaux de bravoure.

Et de la bravoure, il en faut pour éplucher le dossier législatif, les douzaines d’articles, l’étude d’impact de 270 pages, ou même l’exposé des motifs dont est tiré le passage d’introduction. Mais au fait, à quoi diable va donc servir cette nouvelle loi ? Question importante, au-delà de la consternation qui s’empare de n’importe quel citoyen en voyant que la simplification administrative, objectif pourtant clairement affiché par le gouvernement, s’est une fois encore complètement emballée : puisqu’il y a déjà tout ce papier utilisé, tous ces acteurs parlementaires mobilisés, bref tous ces efforts entrepris, on est en droit d’attendre qu’une telle loi apporte des changements décisifs.

Rassurez-vous, il n’en est rien.

gifa kitten facepalm

Comme d’habitude, pendant que le public aura son attention détournée par les combats ridicules, les menaces imaginaires et les guerres improbables, le gouvernement va s’employer à pousser un nouveau fatras législatif dont les effets de bords vont, encore une fois, déclencher l’hilarité puis la tristesse et la pauvreté dans une partie de la population.

On pourrait déjà évoquer, ce que faisait il y a quelques jours Le Monde dans un fort discret article, l’abominable bricolage introduit dans un amendement pour durcir les règles des quotas d’œuvres françaises que les stations de radio doivent suivre. Les députés qui ont déposé cet amendement savent en effet mieux que les radios et leurs auditeurs ce qu’il leur faut en matière de chanson, notamment française. En vertu de quoi, lorsque plus de la moitié des œuvres françaises diffusées se concentre sur dix titres, les passages intervenant au-delà de ce seuil ne seraient plus comptabilisés pour les calculs de respect des quotas de chansons françaises.

On comprend que ce genre d’idée irrite quelque peu les patrons de ces radios privées, qui ont donc décidé de protester ce mardi en suspendant « leur participation au dispositif des quotas francophones pour 24 heures ».

Eh oui, le changement, c’est bientôt et la tutelle artistique, c’est maintenant.

Tutelle qui, on ne s’en étonnera plus si on parcourt ces colonnes régulièrement, semble très discrètement poussée par les maisons de disques qui se réjouissent de l’existence de cet amendement dont on a l’impression qu’il a été écrit sinon par elles, au moins pour elles.

Quant à la ministre Pellerin, comme à son habitude, elle est tout à fait ravie d’émettre son avis dans un petit gloussement ridicule :

« Sur un mois, il faudra passer un ou deux titres supplémentaires, ce n’est pas une atteinte liberticide »

Notez que l’important, quand on rabote les libertés, c’est de le faire doucement, à petits pas menus. Un ou deux titres par mois au début, puis par semaine, puis par jour, et bientôt, la liste des titres sera officiellement décidée par la ministre elle-même. Tout va bien, pas de quoi paniquer, « ce n’est pas une atteinte liberticide », mais simplement une méthode pour « mettre mieux en valeur la jeune création française ».

on appelle cela du foutage de gueule

Et au-delà de cet amendement qui a, finalement, déclenché une salve de protestations des patrons de radios auprès de Matignon, on doit admettre que la loi, épaisse, vaste et complexe introduit de bien réjouissantes perspectives.

Flopée de labels étatiques pour tout ce qui passe par la tête du Ministère proposée à l’article 3 ; création à l’article 7 d’un énième poste honorifique mais pas gratuit de Médiateur de la Musique, qu’on supposera indispensable pour faire enfin cesser la discrimination des blanches et des noires sur les portées – exemple non limitatif, bien sûr ; création à l’article 11 d’une nouvelle obligation pour toutes les associations, établissements ouverts au public (bibliothèques, médiathèques, archives, espaces culturels, …) de fournir les oeuvres dans un support utilisable par les handicapés, pardon les « personnes atteintes d’une ou de plusieurs déficiences des fonctions motrices, physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques », ce qui va donner lieu à d’intéressants casse-têtes juridiques ; introduction à l’article 16 d’une collecte massive et obligatoire de données de tous types (fiscal en particulier) par les entreprises culturelles, en faveur de l’État, pour faire des stats et traquer les pirates mieux « observer la diversité culturelle » ; etc, etc, etc…

gloubiboulga : on mélange tout, on s'amuse, on rigole

Décidément, pas un domaine n’échappe vraiment à cette nouvelle loi fourre-tout dont l’exposé des motifs, je tiens à le repréciser, commence par affirmer que la culture contribue au projet de notre République en rendant les Français plus libres. Et pour les rendre plus libres, quoi de mieux que 46 nouveaux articles de lois, des poignées d’amendements, de nouvelles institutions, de nouvelles obligations, de nouvelles règles ? De la même façon que certains frontons écrivaient avec un cynisme glacial que le travail rendait libre, pour Pellerin, c’est l’amoncellement de lois qui permet d’obtenir le même résultat (et oui, je sais, je m’auto-colle un petit point Godwin, mais comment ne pas voir que c’est dans les États les plus fascistes que la culture est la plus mise en coupe réglée, corsetée par la loi, sous tutelle ?)

point godwin

L’État va donc encore plus intervenir dans la création artistique du pays. Il va encore plus régenter qui peut ou ne peut pas accéder aux mannes publiques. Il va encore plus définir ce qui rentre dans la culture acceptée et autorisée, ce qui n’y rentre pas, et ce qui est, clairement, interdit. Il va encore plus rediriger de l’argent public, ce bon argent gratuit des autres extorqué par la force et la ruse, vers l’une ou l’autre de ses lubies artistiques (l’art contemporain par exemple, à l’article 18), et imposera à tous l’idée indiscutable que sans lui, impossible d’assurer la survie de cette culture française, qui ferait la richesse de la France (mais pas des Français, spoliés) et constituerait commodément le creuset de l’identité républicaine (parce que la culture se doit d’être républicaine, pardi).

Alors, n’oubliez pas : comme le rappelle l’article premier de ce magnifique projet de loi, « La création artistique est libre. »

La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force.

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Source : http://h16free.com/2015/09/29/41603-fleur-pellerin-culture-liberte-radios-et-gloubiboulga


Le piédestal de Manuel Valls

lundi 28 septembre 2015 à 09:00

Le 24 septembre dernier, le premier ministre Valls était sur le plateau de l’émission « Des Paroles & Des Actes » dans laquelle l’invité émet beaucoup de paroles au sujet de tous les actes qu’il va faire. Cette fois-ci, les journalistes présents en ont profité pour lui demander de commenter des tweets le concernant. La réaction du politicien est intéressante à plus d’un titre.

valls mécontent small leftEn substance, en fin d’émission, le chroniqueur Rissouli tente de faire un compte-rendu de l’émission via les réactions sur Twitter et il demande au Premier ministre de lire deux tweets le concernant. Manuel Valls, ne goûtant manifestement pas trop à l’exercice, décide d’y aller de son petit couplet moralisateur : selon lui, cet exercice rabaisse la politique au spectacle, esquinte l’image des responsables public et peut, dans la foulée, « fissurer la démocratie ».

Avant même de détailler les propos du ministre, on notera l’empressement des médias à souligner le mécontentement du ministre, à revenir sur les arguments qui le poussent à ne pas vouloir se lancer dans l’exercice. Pour les uns, il refuse la politique spectacle, mais cela est étonnant tant il donne, justement, dans ce genre de pratique par ailleurs. Pour d’autres, son ton moralisateur n’est qu’une langue de bois particulière pour se sortir du traquenard communicationnel dans lequel il se sent coincé. Pour d’autres enfin, Valls, en refusant de jouer le jeu, a surtout jeté un froid dans une émission pourtant joyeuse et chaleureuse, youpi tralala.

grumpy valls

Cependant, pas un de ces articles ne semble avoir bien mesuré les propos du ministre, acculé à devoir commenter des réactions de réseaux sociaux qu’il n’aime pas. Les propos du ministre sont rapportés, pour expliquer le point de vue du politicien, mais aucune analyse n’en est faite. C’est dommage, notamment parce qu’il a pourtant proféré un beau chapelet d’énormités.

Le premier chapelet de saucisses communicationnelles que nos médias se sont empressés de gober sans mâcher est le suivant :

« Je dis ‘attention’, attention à tout ce qui dévalorise les responsables publics. Les réseaux sociaux, cela fait partie de notre société. Je les lis, j’y prête plus ou moins d’attention, mais il y a un moment où à force de faire tomber du piédestal les responsables publics quels qu’ils soient, il ne faut pas s’étonner que la démocratie se fissure. »

hollande humide et triste (carrée)Oui, vous avez bien lu : pour notre politicien, les réseaux sociaux ont une fâcheuse tendance à « faire tomber du piédestal les responsables publics ». Dit comme ça, voilà qui est particulièrement triste et le ton avec lequel il le dit montre que non seulement cette constatation a dû en faire pleurer plus d’un dans les rangs des responsables publics en question, mais que l’heure est d’autant plus grave que cela se répète.

Cette triste réalité encaissée, il me semble cependant délicat de passer sous silence la vision de la politique que révèle Manuel Valls dans son expression affligée. En effet, si les réseaux sociaux font tomber les responsables publics de leur piédestal, c’est que, manifestement, le premier ministre considère qu’ils y ont été placés auparavant.

À la tristesse du ministre bousculé succède la consternation du citoyen lorsqu’il prend conscience de ce qu’on vient de lui dire : dans l’iconographie touchante de Manuel, le responsable public est au-dessus de la masse de ses concitoyens, il serait sur un socle bien épais, bien posé et qui lui permettrait de voir plus loin que le bout du nez des personnes malheureusement non investies du suffrage universel. Et s’il y a consternation, ce n’est même pas parce que, même si c’est probablement à son corps défendant, le premier ministre admet ouvertement tenir ceux qui l’ont porté là où il est comme ses inférieurs, mais bien parce que personne, ni sur le plateau, ni dans les médias, ne tique. Personne ne fait mine de se rappeler qu’un des synonymes de ministre est « serviteur », et qu’à ce titre, nul n’a jamais vu un serviteur sur un piédestal.

valls mécontent small rightLa saillie de Valls est symptomatique : elle montre très bien que le ministre et les journalistes présents ont complètement oublié qui sert qui, expliquant au passage l’obséquiosité dégoulinante dont font preuve les passe-plats pendant l’émission. En outre, l’observation mène plus loin : Valls fait mine de s’offusquer de la dégradation de sa fonction par les incessantes moqueries dont il fait l’objet, lui comme d’autres politiciens, sur les réseaux sociaux, sans comprendre justement que c’est précisément parce qu’il a complètement oublié son rang de domestique que, dans une démocratie saine, les citoyens convoqueraient pour lui imposer leurs ordres, qu’il est l’objet de moqueries incessantes.

Eh oui : le respect n’est pas dû à sa fonction (au contraire), mais ne s’imposerait qu’à la faveur d’une grandeur d’âme et d’actions décisives dont il aurait fait la démonstration. Or, pour le moment, le petit minustre n’a surtout démontré qu’une franche capacité à taper sur les nerfs de ses employeurs, en gazant certains d’entre eux, en en stigmatisant une partie, en vilipendant les opinions d’autres encore, croyant ainsi faire preuve de fermeté et de détermination là où il dévoilait surtout du sectarisme et une très mauvaise gestion de son image.

Et si je parle de mauvaise gestion de son image, c’est parce que ce soir-là, Manuel Valls aura offert un second chapelet de saucisses communicationnelles aux journalistes serviles sans la moindre réaction de leur part. Ayant terminé sa tirade sur le piédestal, il embraye ainsi en mode dramaturge à deux cents :

« Une année qui commence avec Charlie tout de même, une année qui commence avec une manifestation où les Français vous disent “attention, il se passe quelque chose”, avec des crises, avec des réfugiés qui touchent l’essentiel de ce que nous sommes en France et en Europe. Avec des urgences, l’urgence climatique. Avec la possibilité de voir l’extrême droite, avec ce qu’elle est, ce qu’elle charrie, remporter des régions. Et moi je serais là dans la dérision ? Non, pas dans ce moment là. »

Ainsi, non content d’avoir hissé les politiciens sur un piédestal alors qu’en toute logique, il aurait dû les laisser dans la foule des citoyens pour éviter qu’ils ne chopent trop facilement la grosse tête, Manu, mû par une volonté farouche, trémolos dans la voix, de montrer son attachement à la GrRrandeur Rrépublicaine qui fait vibrRrer son petit cœur patriote, s’en prend bille en tête au Front National, n’hésitant pas à jeter l’opprobre sur plusieurs millions d’électeurs au motif que ces derniers risquent, par le seul jeu démocratique, de « remporter des régions ». Autrement dit, la démocratie dont il se gargarisait à la tirade précédente serait en danger dès lors que les électeurs s’en serviraient pour autre chose qu’adouber le pouvoir en place.

Décidément, belle mentalité.

valls doge

Non, monsieur Valls, la démocratie ne se fissure pas quand des gens s’expriment sur les réseaux sociaux et vous brocardent pour vos politiques brouillonnes et désarticulées. La démocratie ne se fissure pas plus lorsqu’un exercice journalistique vous confronte, en tête-à-tête, avec des citoyens qui vous renvoient à vos études, se moquent de vous et vous remettent à la place qui est la vôtre, celle d’un serviteur.

Non, décidément, c’est même le contraire : la démocratie ne sortirait que plus forte si les politiciens se retrouvaient enfin confrontés, tous les jours, aux conséquences de leurs décisions, si, tous les jours, ils devaient enfin affronter les citoyens que leurs lois et leurs décrets bousculent, avilissent, briment, vexent et contraignent. Ceci leur rappellerait que l’écriture des lois ne doit se faire que d’une main tremblante, et que l’exercice du pouvoir implique de grandes responsabilités dont on ne voit pas la queue d’une dans les postures, les attitudes et les discours du ministre.

Non, monsieur Valls, aucun politicien n’a jamais été placé sur un piédestal pour avoir été élu. Ceux qui l’ont été le doivent à leurs actions, concrètes, et à leur réel respect des citoyens, des devoirs et des responsabilités qui leur furent confiés. En vertu de quoi, monsieur Valls, vous avez du boulot.

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Source : http://h16free.com/2015/09/28/41552-le-piedestal-de-manuel-valls


En France, la liberté économique continue de chuter

dimanche 27 septembre 2015 à 11:00

Aujourd’hui, je vous propose un billet avec un peu moins de chatons et de petites vignettes animées, mais que j’espère néanmoins intéressant. En effet, tous les ans, grâce aux travaux de l’Institut Fraser, on dispose d’un classement de la liberté économique des pays du monde. Tous les ans, on peut donc comparer la liberté économique de son pays avec celle des voisins. Parfois, cela picote.

Comme je sais que certains ne se payent pas de mots et veulent des chiffres, des statistiques, des tableaux volumineux, je signale que l’intégralité du rapport se trouve ici et les fichiers de données, sous ce lien-là.

Comme l’indique clairement l’Institut Fraser, l’indice de Liberté Économique qu’il publie mesure à quel point les politiques mises en place par les institutions d’un pays permettent de soutenir la liberté économique, définie par la possibilité de faire des choix individuels, d’échanger sans contraintes, la possibilité d’entrer sur un marché et d’y commercer sans entraves, et la sécurité des personnes et des propriétés privées. L’indice est construit à l’aide d’une batterie de plus d’une quarantaine de points précis et permet de mesurer cinq grandes caractéristiques économiques d’un pays : la taille de son gouvernement (dépenses, impôts), la liberté et la sécurité offerte par la structure légale en place, l’accès aux capitaux, la possibilité de commercer à l’extérieur des frontières, et enfin la régulation du crédit, du travail et du monde des affaires.

On le comprend : l’indice n’est pas un rapide bricolage de quelques valeurs jetées au hasard, mais bien le résultat d’une étude sérieuse de paramètres économiques pertinents. Cela donne une bonne solidité aux conclusions que cet indice permet de brosser.

Et parlant de conclusions, quelques unes fort éclairantes se trouvent dans les premières pages du rapport.

De façon générale, et sans grande surprise, on peut affirmer qu’il vaut mieux être pauvre dans les pays où l’indice est plus élevé qu’ailleurs. En pratique, le revenu par habitant est semble-t-il assez directement corrélé, et de façon apparemment exponentielle, avec l’indice de liberté économique : plus un pays est libre économiquement, plus le premier décile (les 10% les plus pauvres) accèdent facilement à des biens et services, et plus ses revenus sont élevés.

economic freedom and income of the poorest

Plus intéressant, on remarque cette année encore la forte corrélation entre la liberté économique et les libertés civiles : lorsqu’un État lâche la bride à ses citoyens sur le plan des libertés civiles, il semble en profiter pour le faire aussi sur le plan économique ou, plus prosaïquement, on peut raisonnablement penser au vu des chiffres que la liberté économique découle assez facilement des libertés civiles habituelles (liberté de mouvements, d’installation, d’opinion, de religion, de contracter).

economic freedom and political rights and civil liberties

Au passage, on ne sera pas franchement surpris de trouver en bas de tableau les pays aux libertés fondamentales les plus bafouées, et on ne pourra s’empêcher de noter que ces pays, quand ils ne sont pas carrément sous dictature ou en pleine guerre civile (Libye, Syrie), se revendiquent tous ultra-libérraaah bah non, ils crient tous leur amour du socialisme ou du communisme (Argentine, Venezuela, Zimbabwe, RDC, …). Troublante coïncidence qui est confirmée par l’ultra-turbolibéralisme débridé des États en haut de tableau, parfois revendiqué mais en tout cas toujours présent. Cette coïncidence n’empêchera nullement les trolls collectivistes de continuer à réclamer l’avènement d’une redistribution toujours plus importante, un État toujours plus fort et plus présent, même devant la réalité qui leur donne tort, encore et encore, de façon constante depuis 1917. Mais après tout, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, même devant les faits.

Enfin, pour terminer la série des petits tableaux colorés, on ne peut passer sous silence la corrélation évidente entre l’indice de liberté économique et l’espérance de vie : plus un pays est libre économiquement, plus il est libre politiquement (ou l’inverse), mais en tout cas, plus l’espérance de vie de ses habitants est grande.

economic freedom and life expectancy

Autrement dit, non seulement, la liberté économique se traduit par une liberté politique et civile, mais plus important encore, cela se traduit par une vie plus longue. En somme, moins un pays est libre économiquement, plus l’espérance de vie y est courte. Dès lors, restreindre la liberté des gens à produire, à établir des relations économiques avec les autres individus, veut très concrètement dire les empêcher de vivre et revient à les faire mourir plus vite. Là encore, difficile de ne pas corréler cette simple remarque avec les joyeux pays du dernier quartile, savant panachage de dictatures, de pays en guerre civile, en déconfiture globale, dont les dirigeants sont tendrement adorateurs du collectivisme, et pour lesquels les habitants ont plus souvent qu’ailleurs une mort anticipée.

Dans tous ces chiffres, il serait dommage de ne pas observer la situation particulière de la France. Peut-être certains lecteurs (moins habitués au ton général de ces colonnes) seront surpris de la trouver dans le second quartile. Oui, oui, vous avez bien lu : pas le premier, mais bien le second. Apparemment, la patrie des Droits de l’Homme, ce phare qui doit illuminer le monde de sa sagesse et qui récolte 7.12 points n’est pas franchement dans le haut du tableau. Elle se fait damer le pion par (notamment) l’Uruguay (7.18) , la Hongrie (oui, oui, et sans mal, même, à 7.25), le Pérou (7.34),le Rwanda (7.43) ou le Chili (7.77).

La déception continue si l’on observe la tendance générale pour le pays : la France baisse. Pour rappel, les chiffres sont ceux calculés sur les indicateurs de 2013, ce qui signifie donc qu’on peut s’attendre à ce que ça baisse encore en 2014 et 2015. Voilà qui est vraiment réjouissant, non ?

indice liberté économique de la France

Et lorsqu’on regarde les pays en haut du tableau, on se rend alors compte de l’écart de la France avec ceux qui récoltent les meilleurs scores. On pourra pleurnicher tout ce qu’on veut, mais force est en effet de constater que non, une plus grande liberté économique ne veut pas dire casse sociale, absence de couverture maladie ou chômage galopant. Que du contraire, même.

indice de liberté économique - top 10

Et en lien avec l’actualité, notez que ce sont dans les pays en haut du tableau que les flux de populations se dirigent en priorité. On parle actuellement beaucoup de migrants, et la sortie de cet indice est l’occasion de se rappeler que s’ils migrent, ils le font d’abord vers des pays qui représentent pour eux le meilleur espoir de s’en sortir, y compris sur le plan économique. Comme par hasard, c’est donc plutôt vers des pays comme la Nouvelle-Zélande, la Suisse, l’Angleterre, Singapour ou la Jordanie qu’ils se tournent, que vers la France qu’ils boudent. Eh oui : à sa 70ème place (oui, 70ème – 58ème en 2012 et 40ème en 2011) la France peine à attirer les talents …

Le message est clair : à mesure qu’on diminue la liberté d’entreprendre et qu’on met tous les jours un peu plus de bâtons dans les roues de ceux qui veulent, simplement, commercer et développer une activité, à mesure qu’on sabote doucement la liberté économique du pays au prétexte d’augmenter l’égalité de traitement et d’accès aux richesses des individus, on diminue aussi la liberté tout court, la richesse du pays, des individus, et, incidemment, leur espérance de vie. Pire : on finit par ne plus pouvoir garder chez soi ceux qui fournissent la plus grande productivité, ou les plus innovants. Et on n’arrive plus à attirer ceux qui, à l’extérieur, ont un potentiel créatif, intellectuel ou artistique.

Il est donc plutôt effrayant de constater que les Français réclament plus d’État, et par corrélation moins de liberté économique…

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Source : http://h16free.com/2015/09/27/41453-en-france-la-liberte-economique-continue-de-chuter


Les rentiers de la gloire

samedi 26 septembre 2015 à 10:00

Les Belles Lettres viennent de faire sortir un nouvel opus de leur collection Les Insoumis qui entend proposer au grand public une défense radicale de la liberté. On doit cette dernière production à Copeau, le fondateur de l’association Liberaux.org, et dans celle-ci, intitulée avec humour « Les Rentiers de la gloire », l’auteur mène une brève mais très pertinente anthropologie des élus politiques dans leur milieu naturel.

copeau les rentiers de la gloireEt c’est sans concession que Copeau démonte, en une petite centaine de pages avalées comme un expresso bien corsé, les mythes insupportables mais trop souvent répétés qui entourent les bestiaux politiques, nos dirigeants, nos élus et ceux qui agissent dans leur ombre.

Après avoir proprement démoli les idées fallacieuses du « bien commun » et de « l’intérêt collectif », mamelles indispensables du politicien en recherche de pouvoir, Copeau s’emploie à analyser puis à réduire à sa plus simple expression l’aura mystique que la classe jacassante des journalistes et des « peoples » s’emploie à tresser autour de nos élus. Il montre ainsi, de façon précise et sans appel que, prétendûment toujours prêts à se sacrifier pour les autres afin de leur assurer un avenir meilleur, ces hommes et ces femmes politiques, auto-proclamés grands, n’en font généralement qu’à leur tête, pour leur intérêt personnel bien compris.

Copeau ne se contente pas d’expliquer pourquoi l’individu qui se lance dans la politique le fait d’abord pour lui-même ; il montre surtout que jamais l’intérêt collectif n’a même occupé l’esprit de ceux qui se lancent ainsi dans ce genre de carrières, et que, par construction, le marché politique ne retient d’entre eux que ceux qui sont les plus veules, les plus prêts à toutes les bassesses pour obtenir ce qu’ils veulent, à savoir le pouvoir.

L’auteur termine enfin par une série de portraits politiques qui, s’ils sont fictifs puisque ne désignant pas clairement l’une ou l’autre figure politique du paysage actuel, n’en demeurent pas moins particulièrement efficaces et justes : pour chaque exemple brossé, on peut facilement retrouver plusieurs de ces politiciens qui alimentent les chroniques quotidiennes, que ce soit dans les pages politiques ou, plus encore à propos, dans les pages « société » ou « justice ». Et tout le problème n’est pas alors de se rappeler que ces portraits sont brossés à gros traits, mais plutôt d’oublier à quel point ils sont exacts.

Cet ouvrage est à la fois court et bon marché. De nos jours, il est aussi indispensable pour, enfin, se débarrasser de l’idée, définitivement fausse, que nos élus seraient majoritairement bons et loyaux, et que rares y seraient les brebis galeuses… Un rappel essentiel alors que se rapprochent encore une fois des élections…

politics, before & after elections...

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Source : http://h16free.com/2015/09/26/41408-les-rentiers-de-la-gloire


Volkswagen, ce coupable qui en cache un autre

vendredi 25 septembre 2015 à 09:00

C’est à un tsunami de surprise feinte que nous avons eu droit la semaine passée : oh, vertuchou, Volkswagen a bricolé les logiciels embarqués dans ses voitures pour obtenir des résultats brillants aux tests anti-pollution aux États-Unis ! Le constructeur a menti, et il a même reconnu l’avoir fait ! Oh ! La pseudo-consternation a atteint rapidement la bourse, où l’action du constructeur a dévissé, et s’étend maintenant sur le marché européen, en touchant rapidement tous les autres constructeurs. Quel monde, mes amis, quel monde !

Ceci posé, revenons un peu sur Terre. Et si je parle de surprise feinte, c’est bien parce que les petites bidouilles des constructeurs pour faire passer leurs engins pour plus propres qu’ils ne le sont étaient connues de pas mal de monde. L’État, déjà, qui a savamment construit les normes, main dans la main avec les fabricants eux-mêmes, et qui devait bien se douter qu’il y aurait le cas des tests bâtis pour permettre aux modèles de remporter de bonnes notes, et les conditions réelles, franchement éloignées. Les automobilistes ensuite, dont l’écrasante majorité a pu constater l’écart entre la consommation affichée publicitairement, et qu’on ne peut obtenir que dans des conditions de roulage qui frôle la crédibilité par le mauvais côté de la tangente. Les associations écolo enfin, qui, toutes largement subventionnées par l’État, ont su tourner les yeux ailleurs le temps qu’il fallait pour ne pas voir les petits soucis de certaines motorisations.

Avant d’aller plus loin, cela ne retire, évidemment, absolument rien à la faute initiale de Volkswagen dans le cas qui nous occupe. Comme le précise avec raison Vincent Bénard dans son dernier article à ce sujet, le constructeur allemand a bel et bien fraudé, en masquant (de façon logicielle, donc) une production de gaz polluants (des oxydes d’azote, dans ce cas-là) bien au-dessus des normes admises en condition de conduite normale. Il mérite donc ce qui lui arrive actuellement.

VW gas auto

Maintenant, ce constat ne permet pas d’éviter de rappeler quelques évidences bien trop vite oubliées tant par la plupart des journalistes que, surtout, par ces politiciens qui commentent l’actualité du haut de leur morale irréprochable et de leur parcours dans leur domaine généralement exempt de toute fraude.

On pourra ainsi pouffer en lisant la demande péremptoire et assez gonflée de « totale transparence » de la part de la ministre de l’écologie, par exemple. C’est bien joli de réclamer la transparence, mais il faudrait aussi pousser les explications techniques un tantinet pour bien faire comprendre exactement l’enjeu, du côté des constructeurs, de respecter des normes anti-CO2 toujours plus drastiques.

En effet, et n’importe quel chimiste pourra le confirmer, l’apparition des oxydes d’azote (NOx) en combustion signifie que le carburant a été brûlé à des températures et des pressions élevées, qui certes contribuent à une diminution de la production de CO2, mais favorisent aussi l’augmentation de la production des NOx. Pour les constructeurs, chaque effort fait pour baisser la quantité de dioxyde de carbone aura donc tendance à augmenter la production des NOx. Cette augmentation est en partie absorbée par des systèmes de catalyse en sortie (notamment à base d’urée), mais on comprend qu’il est très complexe, chimiquement parlant, d’avoir à la fois une baisse constante des émissions d’un gaz qui, rappelons-le, n’est absolument pas nocif comme le CO2, et dans le même temps, une diminution des NOx (qui eux, sont effectivement nocifs pour la santé).

À ce point, on comprend que la course à l’homologation étatique des moteurs provoque le renchérissement des mécaniques vendues (avec l’introduction de systèmes progressivement de plus en plus complexes), ou, moins honnêtement, l’apparition de trucs et astuces pour réussir les conditions, bien calibrées, de tests connus à l’avance. Si la dernière option est clairement punissable, la première laisse songeur quant au bilan de l’action de l’État dans le domaine automobile.

On pourrait évoquer, par exemple, l’apparition de voitures électriques badigeonnées de massives subventions qui, si elles permettent à certains de frimer dans des Tesla agréables à regarder, n’ont toujours pas permis de régler les problèmes d’autonomie (et loin s’en faut), de recharge (longues et épuisantes pour le réseau électrique) ou de recyclage en fin de vie. D’autant que l’État qui subventionne les lubies électriques, c’est d’autant moins pour d’autres technologies, parfois prometteuses mais enterrées.

epic cat fail

On pourrait rappeler que le développement en fanfare du diesel sur le sol européen ne doit à peu près rien au hasard et tout à la patte de l’État qui a sciemment encouragé son ascension par des taxations de plus en plus vexatoires sur l’essence. Ici, l’État stratège a bien frappé, et frappe encore : croyant soutenir une industrie automobile en concurrence avec le reste du monde en tabassant l’essence, l’État a introduit un biais énorme en faveur du diesel qui s’est effectivement révélé lucratif pour les constructeurs français… Jusqu’au moment où l’écart fiscal est devenu palpable (la Cour des Comptes évalue le – fameux – manque à gagner à 8 milliard d’euros) et où l’on s’est rendu compte que le diesel était particulièrement médiocre pour l’atmosphère.

epic fail

On pourrait se rappeler qu’ensuite, l’écologie entrant dans les mœurs et la politique, les normes antipollution se sont mises à pulluler. L’État, toujours aussi stratège, s’est retrouvé avec d’un côté un diesel favorisé et de l’autre une atmosphère à dépolluer, à coup de normes de plus en plus drastiques, et des tests d’homologation idoines (et négociés avec les constructeurs). Là encore, on a du mal à oublier complètement la part de responsabilité de l’État. On pourrait en effet se rappeler qu’il n’y a pas de lobbying sans des individus, des administrations, des élus à « lobbyiser » surtout lorsqu’ils ont un grand pouvoir sur l’avenir d’une filière.

Epic Fail

On pourrait enfin se rappeler que c’est encore l’État, au travers de la loi DMCA (protection des droits d’auteurs) qui a directement empêché que la tricherie soit révélée plus tôt : eh oui, selon cette loi, les constructeurs automobiles affirment qu’il est illégal pour des chercheurs indépendants de vérifier le code du logiciel contrôlant les véhicules, et ceci sans l’autorisation du fabricant, et cette interdiction a permis à Volkswagen de conserver ses manipulations à l’abri pendant des années.

Shipment of fail !

L’État qui édicte des normes, l’État qui édicte des interdits, l’État qui pousse certaines motorisations au détriment d’autres … Volkswagen est évidemment coupable (et il l’a reconnu), mais oublier l’État n’est pas oublier un détail de la pièce qui s’est jouée, c’est oublier le décor, la musique et le metteur en scène.

Alors, quand, sur tout ce bazar déjà bien glauque, on apprend que l’État envisagerait de redresser les torts causés avec … une bonne grosse interdiction des diesels d’ici 2025 (parce que ça marche, ces trucs là, qu’on vous dit : c’est efficace et ça n’apporte jamais d’intéressants effets de bords), on sait que là, on tient la solution, c’est évident ! Bingo !

bingo pas twingo

Toute cette affaire pue. Elle pue le capitalisme de connivence. Elle pue le lobbyisme débridé. Elle pue les petits arrangements, les compromis douteux, les arrangements entre copains et coquins. Elle pue de l’odeur âcre d’un diesel mal brûlé, elle pue d’une écologie politisée à mort et utilisée à des fins protectionnistes (ici, des USA contre l’Europe, jusqu’au prochain retour de bâton), elle pue l’interventionnisme de l’État à tous les niveaux.

Volkswagen paiera, cher, sa fraude, et c’est tant mieux. Mais cette affaire montre de façon éclatante l’incohérence des pouvoirs publics, tiraillés entre leurs lubies, leurs compromissions et les petits intérêts bien compris de ceux qui les dirigent. Tout ceci démontre encore une fois que la régulation étatique ne marche pas. Ceci montre à quel point on est éloigné d’un marché libre où les fraudeurs n’auraient jamais eu la possibilité de faire durer leurs manigances aussi longtemps, où l’État n’aurait jamais pu imposer des normes débiles et des tests ridicules, où le consommateur aurait pu se faire flouer sans rien pouvoir dire.

L’État stratège, quelle bouffonnerie !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/09/25/41512-volkswagen-ce-coupable-qui-en-cache-un-autre