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Piketty s’est planté, mais ses groupies n’en ont cure

jeudi 26 mars 2015 à 09:00

Et pendant que la France palpite sur les rythmes endiablés d’élections passionnantes, le monde continue à tourner tranquillement. Les riches continuent de s’enrichir, et les pauvres de … De… Eh bien justement, on ne sait plus. Dernièrement, les minutieuses recherches menées par Thomas Piketty permettaient d’affirmer qu’à mesure que le capitalisme se développait, les inégalités augmentaient. Cependant, plus les confrères économistes se penchent sur les travaux du Français devenu subitement à la mode, moins les belles certitudes tiennent. Pire : il semble que le petit Thomas lui-même admette s’être quelque peu fourré un doigt dans l’œil.

piketty et ses erreurs

Pour situer le débat qui, pour une fois, ne patauge pas dans la fange politique habituelle, rappelons que notre Thomas national est ce chercheur mondialement connu, mondialement discuté, mais assez peu lu, une sorte de E. L. James de l’économie avec une version sulfureuse de « 50 shades of capitalism », et dont la hontectomie, pratiquée fort jeune, lui a permis de réaliser sans la moindre gêne la chronique élogieuse d’un livre … dont l’auteur n’est autre que sa femme. Et accessoirement, Piketty est donc l’auteur de cet ouvrage qui a placé son nom dans la cour des grands et qui l’a donc propulsé dans le 1% les plus riches qu’il voulait absolument agonir d’impôts.

Et dans son imposant ouvrage de plus de 1000 pages, « Le Capitalisme au XXIème Siècle », Piketty s’est employé à formuler plusieurs lois générales sur le capitalisme, destinées à expliquer le passé et éclairer l’avenir, si tant est qu’une théorie parvienne, même imparfaitement, à réaliser cette prouesse.

Pour l’auteur, une des lois fondamentales serait r>g, où r est le taux de rendement du capital (intérêts, dividendes, royalties, loyers, plus-values financières et immobilières…) et g, la croissance économique, dont dépend la progression des revenus du travail. Autrement dit, pour Piketty, le capitalisme entraîne intrinsèquement que les revenus des placements croissent plus vite que les salaires et qu’en conséquence, il est plus facile pour un capitaliste de faire grossir son patrimoine (ce qui suppose d’en avoir un au départ, bref, d’être rentier) pour l’envoyer au paradis fiscal que pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille financière et obtenir le même résultat par son seul travail. Eh oui, pour le brave Thomas, point de salut dans le monde capitalistique si l’on n’hérite pas.

Une telle thèse ne pouvait pas laisser de marbre les millions de socialistes que le monde capitaliste nourrit pourtant généreusement, d’autant que l’économiste, dans son livre, en profite pour fournir quelques solutions clefs en main, solutions qui, comme par hasard, consistent essentiellement à tabasser taxer les riches (parce que c’est aussi ça, la Magie du Socialisme™, qui permet de toujours résoudre tous les problèmes en augmentant les impôts, les taxes, les ponctions, les redevances, les accises, les prélèvements et les cotisations). Logiquement, le succès quasi-instantané de sa thèse a forcément poussé pas mal de chercheurs du domaine à se pencher sur la question.

gaston-souffleRapidement, des soucis, plus ou moins gros, ont été décelés. C’est dans les données, par exemple, que le Financial Times a trouvé quelques bévues. Plus récemment cependant, une étude de décembre 2014, par Acemoglu et Robinson, s’est attardée sur la fameuse équation pikettysienne (le r>g de tout à l’heure) pour vérifier la corrélation historique des deux variables (de r-g dans le cas qui nous occupe) avec la richesse du dernier centile (le 1% le plus riche). Petit souci pour l’économiste français : au mieux, cette corrélation est négative. Patatras, le soufflé de Piketty s’effondre.

C’est assez gênant, et pas seulement parce que cela finit par se savoir, même si, chauvinisme oblige, les Français seront probablement les derniers au courant. Il faut dire que les thèses de Piketty servent maintenant de base rhétorique pour toute une troupe de groupies enfiévrées qui font tout pour pousser les politiciens vers les solutions prônées par l’économiste « prodige », à base d’impôts sur les riches et d’asphyxie des rentiers par la taxation. Au passage, cette méthode et l’audience obtenue de ces propositions n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé lors de la sortie du livre de Keynes et qui avaient eu le bon goût de favoriser la mise en place de politiques de dépense publique désastreuses dans les années 30.

Et malheureusement, ça « marche » (i.e. les leaders politiques écoutent, alléchés par une telle aubaine). Je passerai pudiquement sur le président français dont la taxe à 75% et ses résultats globaux montrent toute l’ineptie de l’interprétation qui est faite des travaux de l’économiste français, mais force est de constater qu’il a maintenant l’oreille attentive d’un nombre considérable de dirigeants qui trouvent là une excuse de 1000 pages pour leurs propres turpitudes fiscales.

impots et taxes

Cependant, à mesure que le temps s’écoule, le Thomas Piketty de 2015 n’est plus vraiment d’accord avec le Thomas Piketty de 2014. Et cela se voit tant qu’il est obligé de s’aménager, en serrant les dents, quelques marges de manœuvre sur ses propres thèses. Comme le rapporte en effet un article du Wall Street Journal, Piketty est maintenant obligé de calmer ses exégètes, un peu trop emportés par le mouvement général. Il écrit ainsi :

« Par exemple, je ne vois pas « r > g » comme le seul ou même le principal outil pour étudier l’évolution du revenu et de la richesse au 20ème siècle, ou pour prévoir le chemin suivi par les inégalités au 21ème. Les changements institutionnels et les chocs politiques (…) ont joué un rôle majeur dans le passé, et il en sera de même probablement dans le futur. En outre, je ne crois pas que « r > g » soit un outil pratique sur le sujet de l’accroissement des inégalités par le revenu du travail : d’autres mécanismes et d’autres politiques sont bien plus pertinentes ici, comme par exemple l’offre et la demande de compétences et d’éducation »

En Français plus basique, cela pourrait se traduire par : « Pohpohpo, fouyaya, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ne vous emballez pas, n’en jetez plus, j’ai bricolé un petit truc sympatoche qui montre des choses amusantes mais ne vous montez pas tout le bourrichon pour ça, hein, merci. » En gros.

Si, pour le moment, on peut encore attendre un peu avant que Piketty revienne complètement sur ses affirmations, de plus en plus battues en brèche tant au niveau des données, sujettes à caution, que de son modèle, qui ne colle pas à la réalité (au point qu’un étudiant du MIT a récemment pu se payer sa fiole à peu de frais), que de ses recommandations, dont on a déjà pu sentir qu’elles envenimaient les problèmes plutôt que l’inverse, on peut au moins reconnaître que l’économiste fait l’effort de ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Il serait temps, maintenant, que ses fans en prennent acte. Quelque chose me dit qu’en France, on va pouvoir attendre un petit moment.

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Source : http://h16free.com/2015/03/26/37879-piketty-sest-plante-mais-ses-groupies-nen-ont-cure


Cloudwatt, Numergy : le beau ratage planifié du cloud français

mercredi 25 mars 2015 à 09:00

En septembre 2012, la France découvrait, heureuse et rebondie, qu’elle entrait d’un pied ferme dans le XXIème siècle en se dotant – enfin ! – d’une infrastructure informatique digne de ce nom. Magie de l’État Stratège qui planifie, organise et décide avec brio et moult succès des grandes orientations du pays : un ensemble de « clouds » souverains étaient nés. Trois ans sont passés. Comme prévu, c’est un échec.

Avant d’aller plus loin, rappelons le principe du « cloud computing », qui est l’exploitation de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants, loués à la demande, par l’intermédiaire d’un réseau. Côté infrastructure, construire un « cloud » revient donc à mettre en place ces serveurs, la bande-passante d’accès, leur puissance de calcul ou leur capacité de stockage, et à les offrir sur le marché.

Ainsi donc, alors que 2012 venait à peine de voir Hollande accéder à un poste dont on comprenait tout de suite qu’il était taillé pour, Orange et Thales d’un côté et Bull et SFR de l’autre se lançaient dans l’aventure palpitante d’un bon gros cloud à la française… Cloudwatt et Numergy, voilà qui allait envoyer du steak, cogner du chaton mignon et faire courir du poney, c’était même écrit d’avance.

oh yes

Dès le départ, l’État avait choisi d’aider Bull, la petite PME, et SFR, la jeune start-up dans le domaine tout nouveau, tout beau, tout chaud du Cloud Computing, sans oublier Orange, le petit artisan des télécoms et Thales, une micro-entreprise spécialisée dans l’informatique de proximité. On le comprend : ces petites entreprises avaient grand besoin de l’intervention publique et des douzaines de millions d’euros du contribuable forcément d’accord, injectés avec force publicité dans ce projet de nuage informatique, et alors même que le marché, en 2012, était déjà passablement occupé par quelques petites sociétés comme IBM, Dell, Microsoft, Amazon ou Oracle.

Le but était aussi simple qu’idiot et donc parfait pour y engouffrer une quantité invraisemblable de pognon public : disposer, en France, d’une infrastructure française, avec des acteurs français, pour s’assurer de la bonne sécurité des données (françaises) qu’on y stocke. En effet, les acteurs majeurs du « cloud » étaient (et sont toujours) étrangers – et plus spécifiquement américains – donc sujets à l’espionnage de la NSA. Et comme la notion même de « cloud » est à la mode, il n’est pas envisageable que les administrations françaises puissent s’en passer. Gérer, par elles-mêmes, leurs propres centres de calcul a donc été soigneusement écarté (ce qui, lorsqu’on voit les performances étatiques en la matière, était peut-être sage ?) au profit de la solution bâtarde où le capitalisme de connivence peut enfin rugir de plaisir.

Et comme dans toute application du capitalisme de connivence où chaque acteur privé tente de récupérer un maximum de galette publique en fournissant un minimum de prestation, il n’a pas fallu très longtemps (un peu plus de deux ans, donc) pour aboutir à un bon gros Fail des familles. En français, c’est un échec.

Shipment of fail !

Et question Fail, pardon échec, tous les ingrédients étaient réunis : dès le départ, on sentait la patte du capitalisme de connivence avec des entreprises choisies sur le volet pour leurs habituelles passerelles avec les coulisses du pouvoir (par exemple, ni Free, ni OVH, ni les autres acteurs crédibles du domaine en France n’ont été consultés).

Question capitalisme de connivence, il faut lire attentivement le petit historique qui est fait de l’effarante histoire du « cloudàlafrançaise » dans un récent article des Echos, qui mentionne notamment que le projet initial consistait surtout à développer l’ingénierie logicielle autour du concept, mais que, alléchés par l’odeur du pognon gratuit, les grosses sociétés habituelles s’étaient rapidement rapprochées de la tentative pour la détourner complètement à leur profit, avec le résultat qu’on sait.

L’histoire, bien sûr, ne peut s’arrêter là.

En plus de ce détournement de concept en plein vol, l’État a procédé avec son habituel manque complet de discernement … et de courage.

dilapis - logo cdcIncapable de prendre une décision ferme devant les choix qui s’offraient à lui et de choisir clairement un cloud en particulier, il a donc décidé d’investir dans deux clouds, concurrents de surcroît, Numergy et Cloudwatt, à hauteur de 75 millions d’euros chacun, via la CDC.

L’histoire, bien sûr, ne peut s’arrêter là.

À ces connivences habituelles, à ce manque de courage débouchant sur une concurrence parfaitement contre-productive, il faut ajouter des prévisions de chiffre d’affaire fantaisistes. Apparemment, les spécialistes du secteur ont débordé d’optimisme, et les 200 millions d’euros de chiffre d’affaire ne seront pas au rendez-vous en 2017. Oh. Zut alors. Selon Philippe Tavernier, le PDG de Numergy,

« On a fait l’erreur de penser que le cloud public (la sous-traitance à un tiers) dominerait. Or c’est le cloud privé (quand les entreprises rationalisent leurs serveurs en interne) qui a pour l’instant la préférence des entreprises. »

C’est ballot. Surtout quand c’est avec l’argent des autres.

L’histoire, bien sûr, ne peut s’arrêter là.

À la suite de ces résultats particulièrement encourageants ahem broum bref, on apprend que le rachat complet de Cloudwatt par Orange est maintenant réalisé et que les 33% qui appartenaient encore à la CDC (donc à l’Etat, donc à vous) ont été cédés à la société française. Bien sûr, le prix de ce rachat est confidentiel, et c’est probablement parce que tout est normal, que l’État a fait un gros bénéfice et que le contribuable est largement remboursé de sa mise de départ, ahem broum bref là encore.

L’histoire, bien sûr, ne peut s’arrêter là.

oh yes

Comme le cloud, ce n’est plus vraiment ça, comme en plus, les participations de l’État diminuent d’un coup avec les rachats par les acteurs majeurs du secteur, Bercy aurait pris la décision de stopper les frais. Ouf, le contribuable, déjà passablement tabassé par cette histoire, respire un peu. Or, sur les 150 millions dévolus à ces deux projets, une grosse moitié n’aurait pas encore été versée. Le ministère en charge du numérique aurait d’ailleurs fait savoir que cette coquette somme sera donc réaffectée à d’autres projets, les idées idiotes lumineuses pour les dépenser ne manquant absolument pas.

Malheureusement (et là, le contribuable se reprend un pain dans la boîte à sucettes), le PDG de Numergy réfute cette affirmation en précisant continuer à être financé. Apparemment, le reste de la somme sera bel et bien dépensé pour ce cloud qui n’est plus ni souverain, ni public, ni même nécessaire ou réclamé, qui fait des pertes et dont les perspectives économiques sont pour le moins difficiles à estimer. Forcément, ça va marcher.

En 2012, j’annonçais que cette idée aboutirait, comme le Plan Calcul et tant d’autres précédents bricolages improbables de l’État, à un magnifique capotage en rase campagne, avec facture salée adressée aux contribuables dans un grand sourire niais. Nous sommes en 2015, le ratage est déjà magistral.

Mais rassurez-vous : l’histoire, bien sûr, ne peut s’arrêter là…

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Source : http://h16free.com/2015/03/25/37953-cloudwatt-numergy-le-beau-ratage-planifie-du-cloud-francais


Aujourd’hui : athlétisme, lobbying et sous-sous dans la popoche

mardi 24 mars 2015 à 09:00

Jadis, en France, tout ce qui n’était pas interdit par la loi était considéré comme autorisé. Heureusement, depuis, le législateur, les sociologues – philosophes – experts, les journalistes, les politiciens et les associations lucratives sans but se sont un peu secoués, et ont décidé que tout ce qui n’est pas expressément interdit par la loi se doit d’être codifié et, éventuellement, taxé. Sinon, c’est rapidement la porte ouverte à toutes les fenêtres, ce qui tournerait à l’auberge espagnole. Et si, dans la foulée, cela permet d’asseoir quelques corporatismes et de transvaser « automagiquement » des thunes de la poche de contribuables d’innocentes victimes vers quelques « happy fews », pourquoi se priver ?

Dès lors, une fois posé ce cadre indispensable, on peut décemment s’attaquer à tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi.

Il y a quelques mois, un peu consterné de voir jusqu’où se nichaient les petits doigts de certains pour s’occuper de la vie des autres, je relatais les délires bureaucratiques qui s’emparaient doucement mais sûrement de la randonnée en France. Car oui, marcher sur les chemins de ce pays ne s’improvise pas : si, pour le profane, la randonnée consiste essentiellement à marcher du point A au point B en suivant un itinéraire et en prenant l’occasionnelle photo, pour la Puissance Publique, la rando, c’est du sérieux calibré, normé, millimétré et diplômé, qui ne se fait pas sur un coin de table, surtout pas aussi simplement que dans un groupe d’amis et sans prévenir. Rappelez-vous : il faut faire attention à l’environnement parce qu’il peut vous attaquer de toutes parts, notamment depuis un guichet.

Pour une autre discipline, on trouvera un autre motif, mais on procédera, finalement, de la même façon.

Prenez l’athlétisme, et plus spécifiquement, la course (i.e. la course à pied, qui consiste à trotter plus ou moins vite et avec plus ou moins de grâce sur un terrain plus ou moins boueux, avec un short plus ou moins ridicule, un t-shirt aux couleurs plus ou moins vives et des chaussures franchement fluo). On pourrait croire qu’une telle activité, bien connue, bien organisée depuis des lustres, ne puisse pas vraiment déclencher de batailles législatives homériques ou même l’un de ces lobbyings effrénés qu’on observe pour d’autres sports, plus médiatiques, ou d’autres secteurs, brassant bien plus d’argent…

Il n’en est rien.

figure running

Comme courir d’un point A à un point B peut engendrer des frais (notamment pour ceux qui organisent le point A, le point B et tous les points entre), comme il s’agit d’une activité qui intéresse tout de même plusieurs millions de Français, il ne pouvait pas se passer trop de temps sans qu’au moins une personne n’y trouve à redire et ne vienne chouiner devant le gouvernement pour qu’enfin soit remis en ordre toute cette intenable improvisation, ce vide juridique et ces organisations sauvages hors du giron douillet de l’État-maman.

C’est donc assez naturellement que Bernard Amsalem, l’actuel président de la Fédération Française d’Athlétisme et auto-investi de l’immense responsabilité d’aller voir le gouvernement pour mettre un terme à cette situation intenable, a décidé que la fédération française allait prélever une partie des droits d’inscription acquittés par chaque coureur, sur chaque course, y compris hors stade et hors de la Fédération. En effet, aux yeux du frétillant président, une trop grande majorité des coureurs qui trottent d’une course à l’autre dans ce beau pays sont non licenciés. Voilà qui est, pour le moins, dommage pour un homme qui entend bien les accueillir dans le giron fédéral.

On pourrait croire que les petits prurits organisationnels du président et sa manie assez spéciale de vouloir absolument récupérer l’intégralité des coureurs tient d’une simple compulsion un peu pathologique que d’aucuns gratifieraient à peine d’un petit haussement d’épaules et d’un soupir appuyé. Pas du tout : comme bien souvent dans ce genre de volonté farouche d’obliger les uns à passer absolument par les petits coups de tampons administratifs des autres, si notre ami Bernard veut absolument récupérer les trotteurs non licenciés, c’est pour une histoire de sous-sous dans la po-poche.

En effet, sur les plus de 9000 courses organisées en France, seulement 10% sont organisées par les clubs de la fédération. Oh, zut, tout ce bel argent qui ne rentre pas dans les caisses fédérales, forcément, c’est – quelque part – un mankagagner, n’est-ce pas. Et si Bernard veut avoir la mainmise sur les organisations des courses hors stade, c’est bel et bien pour prélever une partie des engagements versés par chaque coureur. Miam. Bien évidemment, notre homme ne l’explique pas tout à fait ainsi. Pour faire passer la pilule, on utilisera le joker du patrimoine (oui, vous avez bien lu) :

« Ne les laissons pas aux autres, c’est notre patrimoine. Nos structures sont mieux placées que quiconque pour organiser. Et puis cette somme reliera les coureurs à la fédération. »

Seul hic : pour le moment, méchante concurrence oblige, les coureurs peuvent choisir de s’affilier ou non. En effet, suite à une directive européenne passée il y a quatre ans, le décret permettait à qui le souhaitait d’organiser une épreuve. Ce qui, on le comprend, n’est pas compatible avec les histoires de patrimoine, de relation des coureurs avec la grande famille des trotteurs licenciés et de sous-sous dans la po-poche de la fédé de Bernard. Depuis, heureusement, le président travaille avec le ministère des Sports pour qu’aucune course hors stade ne puisse être organisée sans l’aval de sa fédération. Confiant, Bernie explique que « Le décret devrait être revu dans les mois qui viennent. » (et par ici la bonne soupe).

fascism - socialism

C’est pas formidable, ça ? Bientôt, pour trotter, il faudra payer, non pour une organisation, mais pour une fédération à laquelle l’inscription sera de jure obligatoire. Bien sûr, ce n’est pas la seule discipline qui impose ainsi ce genre de pratiques, toujours en se drapant dans les grosses tentures lourdes de l’organisation, de la sécurité, ou, comme ici, d’un fichu patrimoine dont on se demande ce qu’il vient faire ici. Et à chaque fois qu’une liberté de se passer d’un coup de tampon disparaît, à chaque fois qu’une nouvelle loi, qu’un nouveau décret vient ainsi imposer un mode là où régnait avant le libre choix des individus, un chaton meurt un petit pas est fait dans la mauvaise direction.

On pourrait croire que ces petits pas guillerets de la France sur la route de la servitude sont le fait de personnes animées de noirs desseins, en coulisse du pouvoir visible et tirant les longues ficelles machiavéliques qui font bouger les marionnettes ridicules qui occupent nos journaux et nos chroniques. Eh bien non : chaque jour, c’est « grâce » au travail de Bénédictin d’une foule presque anonyme de petits frustrés que le pays avance vers ce paradis où jamais la devise de Mussolini, « Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ! », n’aura été autant d’application. C’est bien grâce à leurs exactions quotidiennes conscientes, aux petites entorses régulières au bon sens, aux crocs-en-jambe fourbes assidus à la liberté que les sbires tranquilles du tout-à-l’État poussent le pays vers l’enfer collectiviste et totalitaire qu’ils appellent de leurs vœux. Et c’est précisément parce que la foule de ces chefaillons frustrés et de ces petits magouilleurs retors est de plus en plus grande qu’il n’y aura probablement pas d’autre issue que d’y aller, sinon gaiement, au moins d’un pas assuré.

Ce pays est foutu.

PS : une pétition en ligne existe contre cette mainmise de la fédération ; elle est ici.

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Source : http://h16free.com/2015/03/24/38036-aujourdhui-athletisme-lobbying-et-sous-sous-dans-la-popoche


Départementales : des chiffres pleins d’amalgames

lundi 23 mars 2015 à 09:00

Voilà, c’est dans la boîte, coupez, remballez, n’en parlons plus : les élections départementales sont, à un scrutin près, bouclées. Divine « surprise », prévisible mais oubliée de tous nos commentateurs : ces élections ont rassemblé un peu plus que leur précédente édition. L’abstention n’aura pas été aussi forte. Ouf, sans ça, on aurait frôlé la catastrophe !

L’avantage évident d’une telle participation (qui reste tout de même fort moyenne, ne l’oublions pas), est que le score minable du Parti Socialiste (péniblement autour de 20%) ne pourra pas être noyé dans l’abstention, source pratique de tous les maux républicains lorsqu’on doit en trouver une, de préférence extérieure au parti. Au passage, cette abstention ne pourra pas être non plus tenue responsable de faire le lit, le ménage, la vaisselle et le repassage des chemises brunes fripées du Front National.

ton élu ps - vote socialisteParadoxalement, les gens s’étant davantage déplacés, cela veut aussi dire que les abstentionnistes ont certainement moins joué sur la composition finale du scrutin. Mathématiquement, les scores des uns et des autres sont donc d’autant plus significatifs (si tant est qu’une élection qui, finalement, n’arrive pas à mobiliser plus d’un électeur sur deux reste représentative de quoi que ce soit d’autre que de la désaffection des Français pour les pantomimes ridicules de nos politiciens). Rassurez-vous, on n’entendra pas cette analyse, et même plutôt le contraire puisqu’on entend déjà qu’avec une baisse de l’abstention, le score du FN est moins bon que prévu (magie des médias : quoi que fasse ce parti, il perd – c’est pratique, notez bien : on gagne un temps fou pour les éditos).

L’inconvénient en balance, c’est que cela veut aussi dire qu’un gros nombre de Français croit avoir envoyé un message. « Cette fois-ci, les politicards vont voir ce qu’ils vont voir, scrogneugneu », et le FN monte encore (son score est supérieur à celui des européennes, en nombre de voix et en proportions de votants). Mais en réalité, on sait déjà ce que vont bafouiller les élus, les ténors des partis et les battus : « nous avons entendu le message des Français, car il est clair ».

Notez bien qu’il l’est toujours, et qu’à chaque fois qu’un mouvement de balancier de droite à gauche ou de gauche à droite se produit violemment, l’un et l’autre camp s’accordent à expliquer à quel point il n’y a pas d’ambiguïté et que la réception du message chiffré s’est faite dans d’excellente conditions, 5 sur 5, roger and out. La réalité, c’est qu’après avoir reçu le message, les réélus et les fraîchement élus déboutonnent le haut de leur chemise, desserrent un peu leur cravate et oublient immédiatement le message et l’avertissement qu’il constituait. Cette fois-ci ne sera pas différente des précédentes.

give a man someone elses fish and he ll vote for youEt ce sera d’autant plus vrai que le mode de scrutin, à deux tours, favorise outrageusement les gros partis au programme plus ou moins rose qui ratissent très large (ce qui explique d’ailleurs la méthode Marine Le Pen qui aura tout fait pour transformer le petit parti poujadiste de son père en gros parti qui ratisse large avec un programme rose vif). Dans l’énorme majorité des cas où le Front National est encore en lice au second tour, il se retrouve vaguement en position d’arbitre, ou a simplement fait écran à l’un ou l’autre candidat d’un des deux partis de la rotation institutionnelle. Autrement dit, au second tour, on va encore se retrouver avec une majorité UMP (comme on se serait retrouvé avec une majorité PS si le pays avait été gouverné par les clowns de droite plutôt que l’actuelle brochette de bouffons de gauche).

Enfin, pour la forme, il y aura peut-être une poignée de départements qui basculeront au Front National, ceux-là servant en quelque sorte de jetons de présence pour marquer les esprits : en 2015, aux élections départementales, la beuhête immonheudeuh que les bien-pensants et tout le Camp du Bien redoutent par-dessus tout, est maintenant parvenue à se hisser à un échelon de plus ! C’est abominable ! Déjà qu’il y a quelques députés du même parti, ça y est, c’est sûr, la France a basculé dans le côté le plus sombre de ses heures, et envoyez tout le tralala médiatique républicain avec option trémolos et sièges chauffants.

C’est évidemment grotesque, tant le différentiel réel entre les magouillards du PS, les fricoteurs de l’UMP et les bidouilleurs du FN est mince. Mais indépendamment des petites poussées de prurit républicain de nos médias, quelque part, on ne peut vraiment pas trouver ce résultat formidable.

L’UMP va être tout ragaillardi par cette poussée de popularité qui ne doit en réalité absolument rien ni à sa direction, qui baigne dans un burlesque de mauvais goût depuis un moment, ni à sa politique ou ce qui en tient lieu. Encore une fois, nous avons un champion par défaut, ce qui est quasiment pire que pas de champion du tout.

Voter ? Vraiment ?Le PS, copieusement battu, va évidemment jouer de tous les artifices pour cacher sa déroute, qui en utilisant le raboutage avec les partis amis, frères, alliés et copains, qui en minimisant les chiffres et en rappelant que, sur le papier et avant les élections, c’était la branlée de magnitude 9 qui était attendue et que là, on n’a qu’une petite magnitude 8, quasi-normale. On y ajoutera quelques manœuvres dilatoires sans intérêt et les affaires reprendront bien vite leur cours normal. Le pays réel, lui, va poursuivre son petit trajet vers les profondeurs marécageuses du déclassement, du chômage de masse, de la baisse de pouvoir d’achat, de compétitivité ou d’attractivité.

Enfin, le FN, le cul entre deux chaises, fanfaronnera sur ses résultats et le nombre dodu de voix récoltées, tout en n’ayant au final, au second tour, à peu près rien à montrer. Jolie performance démocratique qui permettra à nouveau à un parti qui n’arrête pas de grossir en nombre de militants, qui persiste à occuper de plus en plus de temps d’antenne et qui accroît son nombre d’électeurs, à concrétiser ces énormes avancées avec un triplet de députés et un éventuel couple de départements.

Là encore, c’est l’adjectif grotesque qui vient à l’esprit. Tout indique qu’une fois encore, les institutions républicaines dont se gargarisent nos élus s’avèrent incapables de représenter le choix des électeurs, aussi médiocre soit-il. Tout indique qu’encore une fois, à quelques rares exceptions, l’alternance traditionnelle va être respectée. Tout indique que ces vagues, aussi puissantes soient-elles, se brisent mollement sur les récifs institutionnels habilement conçus pour éviter de gros changements brutaux. Ça donne envie de voter, hein ?

Parce qu’en réalité, on assiste, une fois encore, à une amusante supercherie que les médias et les politiciens français persistent à reproduire.

En effet, pour des raisons évidentes mêlant praticité et désir à peine voilé de cacher l’état réel du pays, tous nos fringants journalistes et tous nos joyeux politiciens professionnels agglomèrent hardiment différents partis pour faire de bon gros blocs.

Ainsi, on présentera un bloc de « droite parlementaire », agglutination pratique de l’UMP, de l’UDI, du Modem, histoire d’obtenir un score décent, supérieur à 30% même. On utilisera le même procédé pour la « gauche parlementaire », en scotchant bout-à-bout le PS, les écolos, les radicaux de gauche, histoire d’obtenir un score qui, commodément, sera supérieur à celui du FN. C’est commode. Mais bon : on a le droit, puisqu’on est dans le « parlementaire », c’est-à-dire qu’on parle de gens qui sont capables de faire des partis différents, qui ont des plateformes de programmes différentes mais qui, pour sauver leurs miches, s’assemblent et se recomposent, cimentent du front républicain à qui mieux-mieux pour éviter de se faire démettre.

Mais la réalité que veulent ainsi travestir nos médias et nos politiciens, c’est que le FN, auquel personne ne veut s’allier, représente à lui tout seul un quart des votants, et ce chiffre est un chiffre net de tout amalgame. Si, plein de bonne volonté, on évitait aussi l’amalgame pour les autres partis, l’UMP aurait du mal à rassembler le même chiffre sans son UDI, le PS passerait largement sous les 20%, et tous les autres partis peineraient comme des diables à rassembler ne serait-ce que 10%. En fait, les chiffres du Ministère de l’Intérieur donnent ceci, et c’est assez limpide, en effet :

chiffres ministere intérieur - départementales premier tour 2015

De fait, le FN est bien le premier parti de France, sans la moindre ambiguïté, et ce depuis un moment. Or, cette réalité ne semble effleurer aucune rédaction. Et c’est bien normal puisque dit ainsi, on ne pourrait en conclure qu’une chose : la réalité fait le lit du Front National.

Et ça, ce serait intenable.

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Source : http://h16free.com/2015/03/23/37993-departementales-des-chiffres-pleins-damalgames


Vous allez voter ? Alors ne dites pas que vous ne saviez pas.

dimanche 22 mars 2015 à 09:00

Ce dimanche est un jour d’élections. Certains d’entre vous iront donc aux urnes, feignant de croire exprimer ainsi leur avis sur la gestion départementale. Peut-être est-ce donc le moment de rappeler quelques fondamentaux qui remettront les décisions de nos élus dans leur juste perspective historique, afin d’éviter, par exemple, qu’on nous ressorte l’inénarrable « on ne savait pas » une fois les élections passées.

On pourrait déjà noter qu’un nombre conséquent de nos actuels élus, conseillers généraux en place depuis plusieurs longues années, ont participé à la mise en place, dans les communes dont ils sont souvent aussi maires, de financements dont l’abondement fut réalisé il y a quelques années en utilisant ces emprunts adossés à des devises étrangères et soumis à des taux rapidement défavorables à la collectivité locale lorsque la situation économique mondiale n’est pas parfaitement maîtrisée. Ces emprunts, rapidement qualifiés de toxiques par les équipes d’irresponsables en place au moment de leur signature alors que la conjoncture partait en sucette, ont accru dans d’énormes proportions les difficultés souvent étendues dans lesquelles baignaient déjà les collectivités en question.

pawel kuczynski politiciens a la mangeoire

On savait grâce à une étude précédente, dont j’ai parlé récemment ici, que ces emprunts avaient été utilisés plus fréquemment parmi les collectivités locales les plus endettées. Oui, vous avez bien lu : ce sont bien les collectivités les moins bien gérées qui ont, préférentiellement, choisi ces montages dangereux et mal maîtrisés. L’étude (disponible ici), de Christophe Pérignon et Boris Vallée, montrait de surcroît que ces emprunts avaient été réalisés pour cacher le coût réel de la dette souscrite, d’une part, et montrait d’autre part de façon fort à-propos avec ce qui nous occupe ce dimanche, que ces emprunts étaient d’autant plus utilisés qu’une élection approchait, que l’élu était contesté et que les voisins proches de l’élu avaient eux-mêmes utilisé de tels montages, montrant l’aspect particulièrement moutonnier de nos politiciens.

En soi, ces éléments permettent déjà de se faire une idée assez précise de la qualité discutable des motivations de nos élus. Cependant, ce serait un peu court de s’arrêter là, surtout qu’une étude supplémentaire des mêmes auteurs et sur le même sujet apporte une lumière encore plus crue sur l’étendue de la supercherie qui s’est jouée au sujet de ces prêts dits toxiques.

Le mot « supercherie » n’est en effet pas de trop. Cette étude, disponible ici, a cherché à savoir si les politiciens locaux se sont effectivement faits rouler dans la farine en se faisant refourguer ces prêts, ou si, au contraire, ils ont pris les risques en toute connaissance de cause, en choisissant plutôt les bénéfices de court-terme en dépit des risques. Et, comme le lecteur régulier du blog et le moutontribuable, révolté mais lucide, peuvent s’en douter, la réponse est malheureusement sans équivoque : les évidences empiriques montrent que ces politiciens ont bel et bien choisi de façon habituelle (et probablement détendue) ces emprunts fort risqués à dessein, pour le gain politique, sans tenir compte des risques.

Mais le pire, c’est que, statistiquement, cette stratégie parfaitement éhontée a fonctionné : ces emprunts ont bel et bien aidé à leur réélection. On apprend en effet que sur les 300 plus grosses municipalités françaises, 72% ont utilisé ces prêts structurés complexes, dont 40% peuvent être classifiés de « toxiques » (i.e. pour lesquels le taux peut facilement atteindre les deux chiffres sur de longues périodes de temps, jusqu’à 30 ans). Et lorsque ces prêts ont été contractés, ils l’ont été pour aider à la baisse des impôts locaux, plutôt qu’à des investissements publics (et a contrario, bien sûr, d’une diminution des dépenses, qui aurait pu se traduire par la même baisse d’impôts).

Enfin, l’étude montre que ce sont aussi les politiciens les mieux éduqués, aux diplômes les plus élevés qui se sont lancés dans les opérations les plus risquées là où les responsables locaux de formations plus modestes se sont abstenus. Le syndrome énarchique semble avoir, là encore, frappé.

Rien que ces éléments devraient faire réfléchir plus d’un électeur lorsqu’il ira, ce dimanche, griller quelques calories par l’auguste mouvement du semeur de bulletin. Une réflexion qui devrait même largement le pousser à se demander combien de temps encore on va pouvoir le prendre ainsi pour un pigeon aussi facile à berner. Cependant, ce qui devrait, dans un monde normal, achever d’emporter toute la crédibilité des élus et futurs élus, c’est la dernière fourberie que les actuels parlementaires nous ont réservée ces derniers jours.

Parce qu’un foutage de gueule ne serait pas entier s’il n’était pas public, s’il n’était pas affiché haut et fort, et s’il n’avait pas cette capacité à nous rappeler qu’en définitive, nous méritons, tous, la fange qu’ils nous jettent à la figure, les parlementaires ont en effet clôt la semaine sur un vote, unanime, renforçant l’indemnisation des élus battus.

politics, before & after elections...

Bien tristement, il ne s’agit pas d’une loi qui s’occuperait de mettre en place une indemnisation pour ces élus ou leurs familles survivantes lorsque la foule, exaspérée par leurs comportements et leurs casiers judiciaires, s’en prendrait à eux et les battrait comme plâtre. Malheureusement, c’est bien d’une loi visant à leur offrir de confortables coussins financiers lorsqu’ils se font débarquer par les voies naturelles de la démocratie.

Cette loi prévoit notamment de doubler la durée d’indemnisation des élus après la fin de leur mandat. Comme l’explique le député socialiste Philippe Doucet, les sanglots dans une voix tremblante d’émotion,

« Un maire battu aux élections n’a pas le droit à Pôle emploi. Il s’agit que les élus n’aient pas moins de moyens que le reste de la population parce que ça peut freiner les ambitions de ceux qui voudraient s’engager .»

Eh oui. Tout comme un artisan, un commerçant, un indépendant ou une profession libérale qui se gamelle, un député, un maire ou un conseiller général n’a pas droit à Pôle Emploi. Mais au contraire de l’artisan, du commerçant, de l’indépendant ou de la profession libérale, l’élu, lui, écrit les lois et peut donc largement corriger cette situation inique. Comme le souligne ce député solidaire avec l’argent des autres, ce serait en effet dommage que cette absence d’indemnisation en cas de défaite ne freine les ambitions de ceux qui voudraient s’engager en politique.

Ben oui. Ce serait dommage que la politique ne soit pas un métier, que dis-je, une carrière, avec des émoluments, des gratifications, des à-côtés plantureux, des indemnités en cas de pépin et des golden-parachutes ici ou là, alors que chacun sait que les « autres » professions en bénéficient.

Moutontribuables, ce dimanche est un jour d’élections. Si vous avez choisi, encore une fois, d’adouber ce système, relisez bien ce billet. Repensez bien aux emprunts que ces élus vont faire sur votre dos, avec votre argent et celui de vos enfants. Rappelez-vous bien du cynisme qui les motive. N’oubliez pas cette loi, subtile et tendre, qu’ils viennent de voter, à l’unanimité, pour se molletonner les fesses en cas de déroute pourtant largement méritée.

Et surtout, après avoir glissé le bulletin, lorsqu’on apprendra que les élus ont, encore une fois, merdé, qu’ils ont, encore une fois, dépensé sans compter, qu’ils ont encore une fois trempé leurs gros doigts dans vos pots de confitures, encore une fois, encore une fois

… Ne venez pas dire que vous ne saviez pas. Vous aurez eu ce que vous méritez.

Bulletin de vote

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Source : http://h16free.com/2015/03/22/37775-vous-allez-voter-alors-ne-dites-pas-que-vous-ne-saviez-pas