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Les Républicains, ou le joli troll de Sarkozy

mercredi 27 mai 2015 à 09:00

Effervescence dans tout le pays : l’UMP, probablement fatiguée d’être confondue sans arrêt avec une arme à feu ou une urgence médico-psychologique, a décidé de changer de nom !

On peut comprendre les dirigeants de ce parti politique : ce nom commence à dégager une petite odeur fétide, et comme les couches hygiéniques qui retiennent ce qu’il faut où il faut, mais pas indéfiniment, il devenait indispensable d’en changer. Et pour ceux qui ne sont pas très au fait de la politicaillerie française, rappelons que l’UMP n’est, essentiellement, que le nom de l’ancien RPR (un précédent parti, lui aussi de drouate), fusionné avec Démocratie Libérale et d’autres micro-partis rigolos au début des années 2000 par un Chirac pétillant de sagacité. Après un peu plus de 10 ans dans la vie politique française, le parti change donc encore de patronyme.

Il faut bien ça : la drouate, ce repaire de conservateurs étatistes arc-boutés sur un passé figé, change en effet beaucoup plus souvent de vitrine que la gôche, dépotoir officiel des progressistes et autres forcenés du Changement Maintenant, dont le nom (Parti Socialiste) n’a, lui, pas changé d’un pouce depuis un bon demi-siècle. Que voulez-vous : les progressistes français aiment tendrement leurs habitudes multi-générationnelles alors que les conservateurs français ont la bougeotte. On ne s’étonnera donc pas du pataquès invraisemblable qui s’empare des premiers lorsque les seconds décident de changer le nom d’un parti politique minoritaire, d’autant que son président, Nicolas Sarkozy, a eu un certain culot : il entend l’appeler « Les Républicains » et son logo est déjà prêt !

Une typo s'est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?
Une typo s’est glissée dans ce logo. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?

Quelle audace ! Et surtout, quelle impudence !

En choisissant un tel nom, a-t-il bien mesuré la portée de son acte impertinent ? Morbleu, a-t-il pensé à tous ces gens dont le patronyme familial est, justement « Républicain » et qui se retrouvent ainsi, à leurs corps défendant, horriblement acoquinés avec le parti de l’ex-président, victime d’un abominable amalgame, chose officiellement interdite parce que définitivement pas-Charlie ? Pensez donc ! Jules Républicain, Gérard Républicain ou Régis Républicain (un indécis, sans doute) ne veulent surtout pas être associés avec Les Républicains, parce que c’est sale, c’est honteux d’être répub… Ah non, pardon, c’est parce qu’il est sale d’être dans un parti politique qui se prétend républ… Non plus.

Hum, voilà qui corse l’affaire.

Ah oui, voilà : ce serait parce que ce terme, une fois déposé et pris comme marque et modèle déposé ™ⒸⓇ serait une « appropriation du bien commun », comme si, en quelque sorte, ces salauds de drouate voulaient s’approprier l’air, l’eau et le républicanisme qu’on respire et qu’on boit partout, à chaque seconde de notre vie en France !

C’est intolérable !

Dès lors, comme le souligne avec une lucidité remarquable Christophe Léguevaques, un des avocats portant la plainte, il y a « trouble manifeste » :

« Nous sommes tous républicains de par l’article premier de la Constitution, la France est une République indivisible. Et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus ! »

Ben oui, c’est limpide : si le nom était pris par ce parti, ceux qui n’y sont pas encartés s’excluront de fait de cette grande et belle idée, ne participeront pas à la vie républicaine de la société française, et seront donc montrés du doigt, houspillés par le reste de la population et on leur retirera le droit de voter et de payer des impôts, et …

cat wait what

Non, il n’y a pas à dire, voilà un beau (bien que probablement involontaire) trolling de Nicolas Sarkozy. En jouant avec un terme aussi large et fourre-tout, il pensait sans doute élargir son parti d’opposition français. Mais avec les petites éructations de Pierre Laurent, le sénateur communiste (évidemment communiste), son troll est d’autant plus réussi qu’à présent, tous les médias se sont emparés de la micro-affaire pour couvrir l’événement judiciaire : le nom sera-t-il autorisé par la cour ? Fouyaya, fouyaya, épineux problème d’importance capitale dans un pays frais, dispos et en bonne santé, qui devait bien occuper quelques journalistes, avides d’un bon petit papier à l’idée que cette nouvelle marque soit retoquée au grand dam de l’ancien président, et mobiliser un sénateur et une poignée de gogos embrigadés dans cette sombre manipulation politicienne d’un niveau assez consternant.

Las. La justice aura finalement donné gain de cause à Sarkozy et sa fine équipe qui ont donc en définitive le droit d’appeler leur parti Les Républicains™ : le tribunal des référés de Paris a autorisé le nouveau nom et ni le « trouble manifestement illicite », ni le « dommage imminent » invoqués par les plaignants ne sont donc démontrés. Zut, mis à part quelques petits papiers de clôture de l’affaire dans les médias, le feuilleton devrait s’arrêter là. Et encore plus Zut alors, du côté des plaignants, c’est les pleurs et les grincements de dents. Un de leurs avocats estime même rien moins que :

« l’usage du nom “Les Républicains” par un parti quel qu’il soit va très vite poser des problèmes de compétition déloyale, par exemple à l’égard de certains de nos clients. Que vont pouvoir faire les candidats du mouvement Cap 21 de Corinne Lepage ou du MRC face à des candidats qui vont se présenter comme Les Républicains ? »

Effectivement, que faire devant l’arme ultime d’un nom qui fouette l’air comme un coup de sabre laser dans l’eau ? Comment combattre l’hydre de la drouate maintenant protégée par un blase du tonnerre de Brest qui fait de la compèt’ déloyale à Cap21 ou MRC ?

Pour ne pas s’avouer vaincus, les plaignants réfléchissent à faire appel, probablement et malheureusement parce que le ridicule ne tue pas (Corinne Lepage, justement, en étant une preuve vivante) : nos frétillants Républicains pas Républicains™ (mais républicains, hein, oh, attention !) peuvent engager une action sur le fond, le juge de l’urgence n’ayant statué que sur la base du « trouble illicite », non démontré. Ouf, les médias pourront pondre quelques rebondissements dans cette palpitante chronique d’une France apaisée.

Cependant, en toute bonne logique, et en tenant compte aussi bien du programme qui anime les mouvements intestinaux du parti que de son historique extrêmement éclairant, un nom à la fois plus exact et beaucoup plus provocateur aurait été Les Socialistes™.

Moyennant un petit logo ravivant la flamme patriotique, l’ensemble aurait été en parfaite adéquation avec le paysage politique français, dont le spectre n’est plus guère composé que de socialistes plus ou moins musclés de l’interventionnisme étatique. Et puis, question trolling, ça, au moins, ça aurait eu de la gueule…

Le vrai logo des principaux partis politiques français
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Source : http://h16free.com/2015/05/27/39389-les-republicains-ou-le-joli-troll-de-sarkozy


La France turbolibérale

mardi 26 mai 2015 à 09:00

Un con qui avance, même à petits pas, va toujours plus loin qu’un intellectuel assis… Mais comme c’est un con, il peut lui arriver de trébucher, de petit pas en petit pas, vers le totalitarisme. Et question petits pas, l’État français vient, ces dernières semaines, d’en faire une belle brochette.

Bien sûr, il y a eu, en début d’année, l’étonnant petit trot qui suivit la réduction d’une rédaction journalistique par saturnisme foudroyant : profitant de ce prétexte lacrymogène, l’État et tous ses politiciens les plus veules s’étaient engouffrés dans la brèche en recommandant bien fort que soient pratiquées d’importantes mesures de mises sur écoute du peuple français (puisqu’il semble que lorsqu’un terroriste s’en prend au peuple, c’est la faute du peuple). Comme je le notais alors, et malgré l’évidente inutilité des propositions, tout le monde a pourtant sciemment choisi ce chemin.

Dès lors, il n’est que logique qu’on continue à y trotter vaillamment. Ceux qui ont deux sous de jugeote ou un minimum de culture historique savent très bien ce qui se trouve au bout, mais tant pis, allons-y !

Par exemple, sous le prétexte particulièrement usé de la lutte contre le terrorisme, on persiste à freiner les transactions en liquide (et surtout lorsqu’il s’agit d’acheter des métaux précieux, graine d’anar) ; le méchant billet de 500€ est de toute façon sur la sellette, et le fait que cette lutte contre les méchants qui posent des bombes coïncide ici avec la lutte contre les méchants qui travaillent au noir est totalement fortuit. Tout comme est parfaitement fortuit le fait qu’en même temps, Sapin veuille favoriser le paiement par carte même dans les transactions les plus petites…

Par exemple, sous le prétexte de la meilleure couverture sociale des salariés, on demandera une délation active de la part des entreprises qui auraient, dans leurs sous-traitants, des petits malins en délicatesse avec leur couverture sociale. Voilà en tout cas qui va favoriser de bonnes ententes commerciales, et aider à conserver une bonne ambiance dans tout le pays.

Par exemple, on l’a vu, on va consciencieusement éplucher les habitudes immobilières des contribuables, voire demander un flicage citoyen, parce que louer son bien au travers d’internet, c’est déjà, à la base, une activité louche et qu’elle entrave la bonne collecte de sous-sous pour les municipalités, mais qu’en plus de cet enrichissement scandaleusement capitaliste, tous ces va-et-viens de touristes, ça dérange la tranquillité des voisins.

le honzec - la domination libéralePar exemple, on va poursuivre en justice celui qui, n’utilisant aucun moyen illégal, se sera procuré au travers d’une bête recherche Google des documents confidentiels laissés au vu et su de tout le monde, sur des serveurs publics, par l’incompétence d’une administration dépassée par une technologie qu’elle ne maîtrise pas. Et lorsque la décision de justice ne plaira pas au petit procureur local, il relancera pour être sûr d’avoir la bonne condamnation, aussi stupide soit-elle.

Plus insidieusement, la dérive évidente d’une législation en foutoir illisible ne doit pas, là encore, au hasard mais bien à l’empilement de bonnes intentions sirupeuses qui aboutissent, par la force des choses, à dessiner une société égalitariste en diable où l’individu sera d’autant plus joyeusement broyé qu’il réclame un retour à des principes de base depuis longtemps oubliés voire honnis.

Plein de bonnes intentions, on a largement distribué des droits exorbitants au locataire voire à l’occupant illégal de propriétés privées, rendant leur expulsion invraisemblablement compliquée, alors qu’il est parallèlement extrêmement simple de pourchasser le propriétaire pour avoir loué son bien en dehors des sentiers battus.

Plein de bonnes intentions, la commission d’enquête parlementaire ouverte après la mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn suggère de limiter le droit de manifester, en créant une interdiction administrative dirigée contre les personnes susceptibles d’être violentes, au prétexte de régulariser une pratique existante (même prétexte qui fut utilisé pour la Loi Renseignement, finalement).

Plein de bonnes intentions, le Sénat propose d’aider encore plus la presse. Oui, vous avez bien lu : alors qu’on distribue déjà plus de deux milliards d’euros à cette presse qui n’est plus, maintenant, que la voix fidèle de son maître, le Sénat propose de défiscaliser les dons qu’on peut lui faire en récupérant de façon assez putassière les attentats dont Charlie Hebdo fut l’objet en début d’année.

libération tractEt cette presse très docile tombe bien : comme tous ces éléments brossent un tableau bien spécifique, bien particulier, bien glauque, et qu’il ne faudrait surtout pas que tout le monde s’en rende compte (ce serait alors plus compliqué d’obtenir l’assentiment de tous), elle sera mise à contribution dans un renouvellement presque amusant de nombreux articles pleurant sur la trop grande austérité néolibérale qu’on doit subir, sur la dérive droitière, xénophobe et surtout ultralibérale du pays, et sur la tempête d’abandons des services publics que le monde nous envie, laissant sur le carreau un nombre toujours plus grand de malheureux, preuve s’il en est que le pays s’est complètement vendu au turbolibéralisme. Personne ne s’étonnera alors de lire partout (dans Le Monde, Le Figaro, Marianne) les consternantes assertions d’un énarque, ex-inspecteur des finances, qui ne voit que gigalibéralisme qui poudroie partout en France et qui se demandera si, en matière de libertés, la France n’est pas allée trop loin.

Je résume : la propriété privée est devenue une blague, le pays est en train d’être mis massivement sur écoute, on y décourage l’argent liquide (pour l’interdire un jour complètement), la justice a totalement oublié tout espoir de légitimité, on va sévèrement y encadrer les manifestations, et la presse est complètement tenue à coup d’argent public. C’est limpide : le turbolibéralisme a gagné, et bien sûr, tout pointe vers une liberté débridée !

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Source : http://h16free.com/2015/05/26/39320-la-france-turboliberale


Affaire Bluetouff : faisez gaffe à les procureurs bourrés

lundi 25 mai 2015 à 10:00

Les intertubes, vu par la Justice et l’État, cela a quelque chose de magique qui peut vous conduire droit en prison même si vous n’avez rien fait d’illégal. J’en parlais il y a un peu plus d’un an : si, en utilisant un moteur de recherche public, pour accéder à des documents publics, sur un site public, vous téléchargez ces documents et qu’il s’avère, plus tard, qu’ils sont un brin confidentiel et qu’ils ont été rendus publics par erreur, le blâme sera pour vous. Eh oui, « fallait pas gogueuler, mon brave ! ».

Oui, je sais, dit comme ça, cela paraît un tantinet ubuesque, et on comprendra à demi-mot que j’ai encore joué d’exagération ou de raccourci.

Il n’en est rien.

Cette mésaventure est arrivé à un blogueur, Bluetouff, qui est tombé en août 2012 de façon banale sur un répertoire de l’extranet de l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments pour les humains et les animaux (l’ANSES) contenant plusieurs milliers de fichiers sur un serveur non sécurisé par erreur. Ici, l’erreur provient non de Google ou du blogueur, mais bien de l’ANSES qui a laissé totalement accessible au public des données confidentielles.

pc tech support cat

Jusqu’ici, on est juste dans le ridicule.

Le blogueur, tombant sur ces documents publics (l’aspect confidentiel n’étant absolument pas visible puisqu’aucune protection ne les entourait), en prend copie et mentionne l’énorme boulette de sécurité sur son blog. L’institution découvre sa bévue et poursuit Bluetouff, qui sera totalement blanchi, relaxé à l’issue du procès, alors même que l’ANSES ne se porte même plus partie civile, sans doute consciente du ridicule de sa position.

Pas de coupable, plus de victimes ? Vite, l’État doit absolument agir ! Le parquet décide donc de poursuivre, histoire de claquer les thunes du contribuable et d’ajouter une nouvelle jurisprudence honteuse au tableau de chasse déjà scandaleux de la France en la matière.

Magie d’une Justice synchrone avec son temps, pas du tout aux ordres d’un état devenu policier : ce qui devait arriver arriva et lors du procès en appel, le blogueur est condamné pour s’être vilainement « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données », autrement dit qu’il savait qu’il n’était plus en terrain public et qu’il a malgré tout copié 8 Go de données.

Tout va bien. À présent, grâce à ce jugement consternant (tant sur le plan du droit que sur le plan technique ou même logique), un internaute qui tombe par hasard sur un document sensible qui aurait fuité par l’incompétence d’une institution ou d’une entreprise quelconque pourrait se trouver accusé de « vol » et de « maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ».

Nous sommes en France : si l’affaire peut empirer, elle empirera d’autant que, rappelons-le, il n’y a toujours pas de victime. Elle ne s’arrête donc pas là.

Devant l’iniquité du jugement, et motivés par l’impact scandaleux sur l’ensemble des internautes que cette jurisprudence amène (et qui peut ainsi permettre de condamner n’importe qui pour avoir simplement fait un travail d’alerte indispensable dans toute démocratie, par exemple), Bluetouff et son avocat se pourvoient en cassation.

im in your pc stealing your internetsPourvoi qui, dans une logique qu’on a bien du mal à comprendre, vient d’être rejeté : le jugement en appel est donc confirmé, et le blogueur se retrouve donc bel et bien condamné pour avoir trouvé de façon légale et recopié des documents parfaitement publics.

La tournure ubuesque de l’affaire mérite cependant, comme le fait fort justement Reflets, le site de Bluetouff (entre autres), de prendre un peu de recul et de poser quelques questions au premier rang desquelles celle de savoir pourquoi, subitement, le parquet a décidé de s’acharner ainsi contre le blogueur.

On parle bien d’acharnement, ici, parce que le plaignant ayant retiré sa plainte, les documents soi-disant sensibles étant en réalité d’intérêts publics évidents, et comme il n’y a de surcroît pas le moindre piratage de site ni la moindre fraude, pas plus que le moindre vol (celui-ci étant caractérisé par la perte de possessions d’un bien, ce qui n’a pas été le cas pour ces fichiers qui n’ont été que copiés, pas détruits), il apparaît qu’il n’y a en l’espèce plus rien à reprocher à Bluetouff.

Dès lors, pourquoi continuer ?

Peut-être peut-on supposer que Bluetouff, l’un des contributeurs réguliers de Reflets, est dans les petits papiers de l’État, et ce d’autant plus que Reflets fut le premier journal à évoquer les contrats d’Amesys en Libye et de Qosmos en Syrie (vous savez, Amesys, ceux qui fournissent les sondes internet que la Loi Renseignement a rendues commodément légales).

Peut-être…

Et peut-être est-il inutile de rappeler les liens étroits entre la Libye et Sarkozy, et entre Sarkozy et Laurence Vichnievsky (qui a reçu une belle Légion du président en 2009), cette même Laurence qui se retrouvera avocat générale dans le procès en appel qui nous intéresse et qui sortira, en toute lucidité :

« Comme tout le monde dans la salle, je n’ai pas compris le quart de ce qui a été dit aujourd’hui, mes enfants auraient mieux compris que moi, mais il faut condamner [Bluetouff] »

bad dogBen oui. On n’y comprend rien, mais condamnons à tout hasard, des fois que, sait-on jamais, … Voilà une intéressante position qui en dit long à la fois sur le sérieux qui a entouré les décisions prises dans cette affaire, et sur la façon dont certains entendent rendre justice en France.

En tout cas, même sans aller chercher l’acharnement et l’éventuel complot, l’incompétence du parquet est ici manifeste : ils n’y comprennent rien. Et tant qu’à n’y rien comprendre, on attend les prochaines condamnations d’autres internautes qui auront cliqué malencontreusement sur l’un ou l’autre lien amenant à des fichiers rendus publics par la maladresse d’une administration quelconque (cela est vite arrivé), mais, surtout, on attend la position officielle de la Justice face à Google qui a, lui aussi, fouillé et indexé ces documents et s’est donc « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données ». La justice devant être la même pour tous, Bluetouff condamné, Google devrait l’être aussi.

Et sinon, vous aussi, vous avez de moins en moins confiance dans la justice de ce pays ?

—-
Je vous recommande l’interview par Thinkerview de Me Iteanu, l’avocat de Bluetouff qui donne des éléments juridiques de l’affaire, ici :

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Source : http://h16free.com/2015/05/25/39332-affaire-bluetouff-faisez-gaffe-a-les-procureurs-bourres


Grâce aux dockers syndiqués, les ports français périclitent

dimanche 24 mai 2015 à 11:00

Jadis, la France, bénéficiant d’une situation géographique honteusement favorable, pouvait s’enorgueillir de ports de commerce puissants, bien outillés et répondant à une demande croissante. Mais ça, c’était avant.

SNCM-1.jpgPour illustrer la dégringolade du pays dans la gestion de ses ports, on pourrait revenir en détail sur la passionnante (et triste) histoire de la SNCM comme je l’ai déjà fait dans ces colonnes (ici ou par exemple). Après une odyssée oscillant mollement entre le lacrymal et le pathétique, la société maritime vogue maintenant de galère en galère et droit vers les récifs tranchants de la liquidation pure et simple. Pour le moment, la société, agonisante, est autorisée à continuer son (in)activité jusqu’au 28 novembre prochain, mais lorsqu’on prend connaissance des jugements rendus dernièrement par le tribunal de commerce de Marseille, on comprend que ce n’est qu’un sursis tant sont incertaines et fragiles les conditions de reprises par les trois candidats déclarés à ce jour.

De la même façon, on pourrait détailler les consternants rebondissements dans la gestion de Seafrance, une autre entreprise de ferries, elle aussi française et elle aussi soumise aux dictats des syndicats et à la capacité assez phénoménale de sa maison-mère d’alors, la SNCF, à rester aussi loin que possible du bon sens en matière de gestion d’entreprise. Éloignement qui provoquera une belle liquidation en 2012 (que j’évoque au passage ici), qui aboutira à la création, tant bien que mal et par les salariés de la société défaillante, de la SCOP SeaFrance qui aura pour objet d’exploiter les ferries de MyFerryLink.

SeaFrance - (Le Honzec)Du reste, MyFerryLink, filiale d’Eurotonnel, s’est rapidement retrouvé dans un imbroglio juridique avec l’Angleterre : l’Autorité de la concurrence britannique (CMA) avait ordonné à la compagnie de stopper ses activités de ferry à partir du 9 juillet prochain, jugeant la concurrence déloyale avec les autres entreprises de ferry (DFDS et P&O), ces dernières ne pouvant bénéficier, au contraire de la filiale MyFerryLink, des facilités offertes par Eurotunnel. La décision vient d’être cassée. Mais comme entre temps, Eurotunnel a décidé de se séparer de cette compagnie, l’avenir apparaît, là encore, particulièrement épineux pour les salariés tant de MyFerryLink que de la SCOP SeaFrance. D’autant que cette dernière entreprise, placée en procédure de sauvegarde depuis le 10 avril, est (comme c’est ballot) en pleine tempête, ses dirigeants s’entredéchirant.

Ces compagnies maritimes et leurs déboires n’ont en réalité rien d’exceptionnel. Elles sont simplement la partie médiatisée et visible d’un iceberg d’échecs répétés, iceberg qui encombre maintenant les ports français bien plus sûrement que la proverbiale sardine dans celui de Marseille.

L’une des causes saillantes de cet état de fait dramatique est la position clef que tiennent les syndicats, en premier lieu ceux des dockers, au sein de la gestion des ports français. De façon générale, les dockers n’ont jamais été réputés pour être de tendres travailleurs, ce qui certes s’explique par un métier effectivement difficile (aux conséquences sanitaires lourdes puisque l’espérance de vie y est notoirement réduite), mais qui ne justifie pas tout. En France, sur les dernières décennies, ces syndicats de dockers se sont surtout illustrés assez régulièrement par leur capacité de nuisance.

Grutier : un emploi d'avenirEntre les grèves et les opérations coups de poings à répétition sur toute entreprise qui aurait eu l’impudence de tenter de se passer de leurs services, les dockers français ont réussi à se tailler une réputation si sulfureuse que la plupart des ports du pays ont connu une chute régulière et marquée de leur fréquentation, au profit d’autres ports plus sûrs, mieux tenus et plus à même de garantir les contrats des compagnies de fret maritime.

Le souci de ce pouvoir de nuisance est qu’à la fin, il nuit vraiment. Il nuit d’abord à la bonne marche des opérations d’un port, puis au commerce qui y a lieu, puis, enfin, à l’emploi que ce commerce génère. À ce titre, la SNCM ou SeaFrance en sont d’excellents exemples. De fil en aiguille, dirigés par des syndicats totalitaires, jusqu’au-boutistes et violents, les dockers ont en réalité signé leur propre perte : on n’emploie pas de dockers dans des ports qui ne reçoivent plus de fret, et l’attrition importante (ils étaient plus de 13000 au début des années 80 et on en compte à peine 3500 de nos jours) ne favorise plus du tout leur cause.

La Cour des Comptes a d’ailleurs régulièrement listé les problèmes des ports français : des prestations et une manutention plus coûteuses qu’ailleurs, des coûts d’immobilisation de navire élevés alors que les terminaux à conteneurs sont loin d’être saturés, une organisation des ports peu compétitive face au reste du monde, une fiabilité douteuse (près d’une escale sur cinq a été marquée par un incident entre 2000 et 2004), bref, c’est toute une bonne brochette de raisons qui conduisent à la perte de vitesse dramatique des ports français. Bien sûr, toutes ces raisons ne sont pas causées exclusivement par le comportement de certains dockers et de leurs syndicats, mais ce dernier n’aide certainement pas à améliorer la situation, au contraire.

À ce titre, on ne s’étonnera pas de découvrir, dans une presse qui s’est faite extrêmement discrète sur la question, qu’un récent conflit dans le port d’Ouistreham a opposé ces fameux dockers avec Brittany Ferries, qui bloquaient depuis plusieurs jours un des navires de la compagnie. Il a fallu l’intervention directe du président et des actionnaires de cette compagnie dans la nuit de samedi à dimanche pour libérer le bateau de son séquestre par les dockers.

Au passage, notons que l’action de ces dockers s’inscrivait bien sûr dans le strict cadre de la légalité et de l’État de droit qu’on connaît en France, État de droit qui n’a pas hésité à ne rien faire du tout pendant plusieurs jours devant l’arraisonnement d’un bateau. Notons aussi que les demandes des dockers étaient encore une fois frappées au coin du bon sens :

« Leurs demandes correspondent à une augmentation supplémentaire des salaires nets de l’ordre de 5% mais sont irrecevables alors que la compagnie sort d’une crise financière très grave. Par ailleurs, les négociations annuelles venaient de s’achever dans le cadre desquelles ont été prévus des efforts salariaux équitables pour tous les salariés, dockers, marins, sédentaires »

Shipment of fail !

Tant les histoires de la SNCM ou de SeaFrance que celle, plus récente et de fin heureuse, des Brittany Ferries, montrent l’étendue de la maladie qui s’est développée dans les ports français : le collectivisme, une mentalité marxiste galopante, une lutte permanente pour des droits acquis de plus en plus en décalage avec les réalités de terrain et la concurrence mondiale, et l’incapacité à se réorganiser et gagner en productivité ont amené, plus sûrement qu’une gestion irresponsable ou un capitalisme maladroit, les ports français à leur médiocre place actuelle et, à terme, à leur faillite.

Dans ce domaine comme tant d’autres, il est urgent que des syndicats fossilisés sur des pratiques d’un autre temps (voire carrément mafieuses) disparaissent, que soient révolus des corporatismes délétères pour enfin redonner leur place à la libre entreprise et au marché concurrentiel, comme l’ont choisi les autres ports européens, à leur avantage.

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Source : http://h16free.com/2015/05/24/39151-grace-aux-dockers-syndiques-les-ports-francais-periclitent


AirBnB à Paris, ça suffit à la fin !

vendredi 22 mai 2015 à 09:00

Ouh là, mes petits amis, il ne faudrait pas que la France sombre complètement dans l’ultralibéralisme ! Déjà — à en croire nos journalistes, intellectuels et sociologues — qu’elle est complètement à la botte du capitalisme triomphant depuis que ces libéraux de Chirac, puis, pire encore, Sarkozy, et enfin, ce libertarien foufou de Hollande se sont emparés du pouvoir dérobé à un peuple trompé, il ne faudrait pas qu’elle se laisse totalement aller. Dès lors, on comprend que s’intensifie la traque contre les abominables initiatives comme AirBnB.

C’est donc en toute logique que la Mairie de Paris a sans plus attendre lancé ses brigades d’intervention rapide contre les propriétaires de biens dans la capitale qui ont eu l’idée insupportable de contracter avec d’indécrottables touristes afin de leur louer une chambre pour quelques jours.

Et depuis le mercredi 20 mai, une vingtaine de matons de gros bras de nervis d’inspectrices du « Bureau de la protection des locaux d’habitation de la mairie de Paris » investissent ces lieux de dérapage capitaliste évident et réalisent sur le champ l’ensemble des indispensables contrôles inopinés pour enfin réguler ces abominables locations.

Rassurez-vous : les touristes, même s’ils sont réveillés un peu brutalement, sont prestement dégagés de toute responsabilité : ils ne sont pas concernés, puisque le contrôle vise uniquement le porc capitaliste de propriétaire qui leur loue ainsi son appartement et de manière récurrente.

Au moins, les adresses à visiter n’auront pas été trop dures à trouver : faisant appel d’une part à leur époustouflante sagacité en allant sur les sites internet pourvoyeurs de ces illégalités affreuses (AirBnB, HouseTrip, Wimdu, etc…), et d’autre part en mobilisant les plus beaux réflexes citoyens de voisins délateurs, la Brigade de Rétorsion de la Cupidité Mal Placée a pu rapidement passer au crible de ses efficaces contrôles plus de 80 adresses dans le Marais.

Eh oui, tout ça ne pouvait durer : des gens qui font ce qu’ils veulent de leurs propriétés, des touristes heureux qui contractent de gré à gré, une solution pratique au problème de logement dans la capitale qui ne passe pas par l’État ni l’une ou l’autre corporation acoquinée, tout ça était une véritable injure au bon sens, à l’équité, à la bonne marche de la société parisienne. En plus, (horreur des horreurs) ce genre de pratiques ne permet pas l’indispensable ponction libératrice qui diminuera l’abysse de dettes de la ville et autorisera la Mairie (et sa frétillante équipe municipale) à conserver son train de vie complètement idoine avec ce trou budgétaire colossal.

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Et puis surtout, il faut bien comprendre que la Loi, c’est La Loi, et puis c’est tout. Pour que la France continue à être ce paradis que le monde nous envie, il faut de l’ordre, de la régulation, et rappeler que la résidence secondaire, marque indélébile d’enrichissement honteux, ne bénéficie pas de la même largesse (déjà trop grande) offerte aux résidences principales : pour oser proposer ce type de logement à des touristes pour de courts séjours, il faut avoir rempli les bons cerfas, effectuer un changement d’usage des lieux, et – évidemment – acquitter une compensation financière à la mairie.

Messieurs les propriétaires, petits profiteurs abjects, il faut bien comprendre que chaque fois que vous louez votre résidence secondaire, non seulement, des chatons sont tués, mais en plus ces logements se retrouvent ainsi soustraits au parc d’habitat ordinaire, ce qui est torrible, tillégal et tinterdit dans une ville où la population peine déjà à se loger et où nombre de miséreux, les bras tordus par les convulsions qu’ils s’imposent en mendiant au bord des routes, ne peuvent espérer qu’un pont ou une bouche de métro comme seul foyer pour la nuit ! Tout ça, à cause de vous !

D’ailleurs, Libération, l’épave journalistique bien connue le phare du monde moderne, est formel : le phénomène devient numériquement préoccupant. Selon des estimations des services municipaux (réputés pour leur fiabilité diabolique), entre 25.000 et 30.000 logements, jadis dévolus à la location pour des personnes travaillant et vivant à Paris, sont récemment devenus ces meublés touristiques à plein temps qui font maintenant la honte de cette capitale, la richesse indue de ces exploiteurs de touristes, et le malheur des âmes tendres qui aiment les chatons et se retrouvent à loger sous des ponts. Rindez-vous compte m’ame Ginette, dans certains immeubles du Marais, un appartement sur quatre a été transformé en meublé touristique.

Devant ces dérives scandaleuses, les autorités agissent donc et c’est bien normal : une fois le constat de location meublée touristique illégale établi et correctement tamponné par l’ensemble de la bureaucratie pointilleuse de la ville de Paris, la Brigade de Répression du Grand Capitalisme entre en contact avec le propriétaire pour qu’il régularise en rendant gorge (option 1), en payant le bakchich nécessaire à huiler les rouages (option 2), ou en remettant le logement sur le marché locatif ordinaire (option 3), parce que bon, ça suffit les conneries à la fin. Si aucune de ces options n’est choisie, le fou s’expose aux tribunaux qui le condamnera à de lourdes amendes, et par ici les pépettes dans la popoche parisienne : en 2014, 20 propriétaires détenteurs de 56 meublés illégaux ont été condamnés à 567 000 euros d’amende.

Bref, on le voit, la traque est maintenant lancée. Bien sûr, Ian Brossat, le noble adjoint PCF (évidemment PCF) au maire de Paris en charge du logement tient à rappeler qu’après tout,

« On est en période de crise. Si les gens peuvent mettre un peu de beurre dans les épinards en louant leur appartement quand ils partent en vacances, tant mieux, ajoutait-il. Seuls les multipropriétaires qui achètent des appartements pour les transformer en cash machine sont visés par la ville. »

Eh oui : le problème, au fond, n’est pas l’humble propriétaire qui tente d’amortir son logement, mais bien ces salauds de turbo-propriétaires multicapitalistes sans foi ni loi autre que celle du cash qui veulent transformer leurs appartements en … en rendements !

Ah, décidément, la France est pourtant simple à comprendre : et d’une, votre bien ne vous appartient pas, car l’État sait mieux que vous ce qu’il convient d’en faire. Et de deux, le foncier, sur Paris, est géré de main de maître par la Mairie, qui a permis de conserver, dans toute la ville, des biens abordables et en bon état de salubrité générale. Dès lors, lorsque cette Mairie dit « stop », il faut arrêter de danser et contredanser à tout va. Et de trois, les touristes à Paris sont une plaie dont on se passe très bien. Il conviendra donc de pourchasser les opportunités de les loger à coûts modérés d’autant que c’est bien connu, ces encombrants mammifères vacanciers « ne font pas de courses. Ils vont au restaurant ou mangent des sandwichs », les cons ! Et de quatre, les finances publiques ont le plus grand besoin de rentrées fraîches que ce commerce ne satisfait pas puisqu’il n’a – c’est absolument certain – aucune retombée positive.

L’action est prise. Parions qu’elle fera tache d’huile sur tout le pays et qu’enfin, les petits malins qui offraient ce genre de prestations scandaleuses seront vite calmés.

Ouf. On a vraiment frôlé de très près la création d’une activité rémunératrice !

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Source : http://h16free.com/2015/05/22/39303-airbnb-a-paris-ca-suffit-a-la-fin