PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Bitcoin : le grand fork

jeudi 27 août 2015 à 09:00

Et pendant que le monde de la finance se dirige, tranquillement mais sûrement, vers de nouvelles aventures agitées, que le monde politique français continue de bricoler des trucs et des machins sans rapports même lointain avec les problèmes réels des Français qui payent pour ça, le monde du Bitcoin passe dans son développement une nouvelle étape quelque peu rocailleuse.

La monnaie cryptographique est en effet en pleine évolution actuellement, évolution qui tient à la fois à son gain progressif de notoriété, et à l’augmentation logique du nombre de transactions effectuées avec cette monnaie. Il faut dire qu’avec les événements récents sur les marchés et notamment en Grèce, avec le blocage des capitaux et la possibilité toujours plus grande d’un chyprage sauvage (confiscation unilatérale, citoyenne et festive) des comptes des particuliers, certains ont compris l’intérêt de la monnaie numérique, et ce, malgré les poncifs débiles toujours d’application dans une presse qui n’y comprend rien, et la guerre froide encore en vigueur avec les banques centrales qui n’entendent pas se faire déposséder de leur pouvoir monétaire sans combattre.

bitcoin coins and bars

Et cette notoriété accroît naturellement le nombre de transactions que la monnaie supporte tous les jours. Ainsi, on a observé des pics à plus de 200.000 transactions par jour en mi-juillet, ce qui montre bien l’intérêt croissant de la monnaie numérique, mais entraîne un effet de bord indésirable, rançon du succès : on arrive, doucement mais sûrement, aux limites permises par l’actuel protocole Bitcoin.

Sans rentrer dans les détails techniques, il faut en effet savoir que dans le réseau Bitcoin, les transactions sont regroupées en bloc dont la taille ne peut, pour le moment, dépasser 1 million d’octets. Ceci limite intrinsèquement le nombre de transactions que le réseau est capable de traiter par unité de temps ; il est communément admis qu’avec la taille actuelle d’un bloc, on ne pourra pas dépasser 7 transactions à la seconde, la réalité observée étant qu’on plafonne actuellement, dans le meilleur des cas, plutôt autour de 3. En somme, si l’on veut dépasser cette limite, il va falloir agrandir les blocs – notez qu’il y a d’autres discussions sur l’avenir du protocole, résumées ici, mais le point principal tourne bien autour de cette taille de bloc.

Concrètement, cela signifie un changement de protocole, ce qui veut dire une mise à jour, à plus ou moins court terme, de tous les clients Bitcoin, ainsi que de tous les « nœuds » du réseau pair-à-pair, ces nœuds étant ces ordinateurs qui aident à propager l’ensemble des transactions enregistrées publiquement. Par sa nature décentralisée, tout changement dans le protocole Bitcoin introduit donc un état intermédiaire où certains nœuds disposent du nouveau protocole, et d’autres qui fonctionnent toujours avec l’ancien. Si on peut assez facilement s’assurer que les nouveaux nœuds sont capables de traiter l’ancien protocole (par « compatibilité ascendante »), les anciens ne sont pas, par construction, capables de lire le nouveau protocole.

Un risque existe donc de voir arriver sur le réseau des blocs de transactions de protocoles différents. Or, par nature, pour faire partie du livre des transactions, les blocs doivent être validés. On peut donc se retrouver dans la situation où deux séries de blocs concurrents sont validés l’une par des nœuds utilisant un protocole traditionnel, l’autre par les nœuds du nouveau protocole, ce qui s’appelle un fork (embranchement, ici).

Et si ce n’est pas la première fois qu’on peut noter l’apparition d’un bloc validé par un petit nombre de nœuds avant le rejet par la majorité du reste du réseau bitcoin (de telles occurrences arrivent, pour un bloc unique, plusieurs fois par mois), c’est la première fois qu’il est demandé à chaque nœud (et chaque individu derrière) de choisir explicitement entre le protocole courant (Bitcoin Core) et le nouveau protocole (Bitcoin XT), le consensus n’ayant pu être atteint au sein de la communauté des développeurs.

Autrement dit, et comme le résume fort bien l’article de Brice Rothschild sur le sujet, nous assistons à une phase de « démocratie numérique » en grandeur réelle, dans laquelle les acteurs mêmes du protocole et du réseau décideront de son avenir, en fonction directe de leur propre implication.

Cependant, si, comme l’indique Brice, la communauté Bitcoin montre ici qu’on peut avoir des prises de décisions dans un projet majeur sans l’encombrement néfaste d’élus et des connivences, cette nouvelle étape dans la vie de la monnaie numérique n’est pas sans écueils non plus.

democracy.jpg

En effet, de Bitcoin XT ou de Bitcoin Core, on ne sait actuellement pas lequel des deux protocoles va l’emporter. Même si l’impact d’un choix sur l’autre est, pour l’usager lambda, parfaitement neutre, il n’en reste pas moins une incertitude qui, le temps qu’elle durera, n’est pas bon commercialement. Du reste, ceci explique peut-être une partie de la baisse du cours de Bitcoin observée actuellement.

En outre, on peut parier que ce « fork » sera étudié avec une grande attention par ceux qui, dans le monde bancaire, ont compris l’enjeu réel derrière Bitcoin et sa blockchain (le grand livre public des transactions). Du point de vue des établissements traditionnels, Bitcoin constitue en effet un redoutable concurrent qui, s’il est encore de taille modeste actuellement, peut fort bien se muer en menace profonde pour eux tant il introduit de changement dans le concept même de la monnaie et de la gestion bancaire. Dans cette optique, la façon dont sera géré un changement structurel important, sa réussite ou son échec seront des indications utiles pour les tenants des institutions installées, ainsi que sur la solidité (ou la fragilité) du réseau bitcoin.

subventionnez nos journaux pourrisEnfin, l’apparition d’un nouveau protocole sur la monnaie numérique de référence attire naturellement les médias qui s’empressent déjà d’essayer d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un débat particulièrement technique, débat qui s’accommode très mal des habituels raccourcis journalistiques à la truelle. On peut donc aussi parier sur un paquet d’articles consternants de la part de journalistes complètement à la ramasse tant sur le plan économique (et théorie monétaire) que sur le plan technique (cryptographie, peer-to-peer et décentralisation).

De ce point de vue, on ne peut que constater l’important chemin que Bitcoin doit encore parcourir pour devenir une technologie comprise par tous, et ce « fork » ne va probablement pas améliorer la lisibilité de la monnaie numérique auprès du grand public.

J'accepte les Bitcoins !

1LqGWD5AwSy8BfvwYndBHrGVfc7EDQ5Dug

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/08/27/40777-bitcoin-le-grand-fork


Radiateurs, ampoules, potagers et tempête Royal

mercredi 26 août 2015 à 09:00

Elle ne pouvait rien dire sur les événements du Thalys, elle n’a aucune idée de ce qui peut bien se passer en bourse, mais ce n’est pas pour ça qu’elle se taira : devant une actualité très chargée de laquelle elle devait probablement se sentir écartée, Ségolène Royal a donc choisi d’émettre une remarquable bordée d’annonces toutes plus frétillantes les unes que les autres.

Vu l’importance des actions qu’elle compte mettre en place, il fallait au moins ça. Pendant que l’État va résolument s’occuper de vos sous (probablement pour en ponctionner une partie dès qu’il le pourra pour que la fête continue), pendant que l’État va se charger de votre sécurité (avec le brio qu’on peut deviner vu son historique flamboyant), l’Etat va se lancer dans une série de mesures fortes pour économiser de l’énergie comme jamais : l’inamovible Ségolène Royal, encore et toujours ministre de l’énergie, de l’écologie, des petites plantes et des oiseaux qui font cuicui dans la campagne française éco-purifiée, a décidé de renouveler nos radiateurs, de renouveler nos ampoules électriques et de nous faire planter des choux à la mode de chez nous.

Aucun champ d’action ne sera donc laissé en jachère, et comme l’argent des autres continue — semble-t-il — de couler à flot, pourquoi se priver ?

royal : la crisitude

En plus, ça tombe bien, la France a les moyens, notamment de se lancer dans une extraordinaire « Croissance Verte », qui, comme Hulk, va tout péter sur son passage tout en conservant quand même un petit slip pudique (celui des joueurs de pipeau).

Et très concrètement avec des bouts de dépenses réelles dedans, cela va se traduire par une distribution gratuite aux particuliers de « dizaines de milliers » de nouveaux convecteurs en remplacement de vieux radiateurs consommant beaucoup d’électricité. Eh oui : apparemment, fin Août 2015, l’Etat français, sa République et son Peuple souverain viennent de se lancer dans la fabrication et la distribution de radiateurs. Les domaines régaliens, déjà particulièrement distendus pour comprendre l’éducation, la santé et le droit de respirer un air pur, viennent maintenant d’englober le Droit Opposable Au Radiateur Électrique Économe.

En France, décidément, le progrès prend des aspects hallucinogènes stupéfiants, et ce d’autant plus que, je cite m’ame Ségo :

« Il s’agit de faire en sorte que la loi de transition énergétique profite aussi directement aux gens, soit populaire. »

Le mot « populiste » me semble quant à moi plus adapté, mais baste, passons. D’où viendra le financement de cette opération géniale ? Quelle sera l’impact positif (forcément positif, voyons) des effets de bords que cette mesure va engendrer ? Combien d’opportunistes, de passagers clandestins, de connivences et de petits arrangements entre amis tout ceci va-t-il très joyeusement déclencher ? Nul ne le sait, mais rassurez-vous : au gouvernement, et en particulier au ministère de l’Écologie Machin Truc, ils n’en ont absolument rien à foutre. Ce qu’ils veulent avant tout, au ministère, c’est surtout enclencher un mouvement, une lame de fond citoyenne et festive, quelque chose de puissant qui va cogner du chaton mignon :

« Il y aura plusieurs dizaines de milliers de radiateurs qui seront offerts (…) pour enclencher la citoyenneté écologique« 

Avouez que vous ne l’aviez pas vue venir, cette « citoyenneté écologique », hein ? Et ne me demandez pas ce que c’est, concrètement, sachez simplement que grâce à elle, vous allez pouvoir vous débarrasser de vos vieux convecteurs rouillés et les remplacer par du matosse étatique flambant neuf, forcément de bonne facture, bien évidemment garanti 5 ans minimum, sans obsolescence cachée cela va de soi, et en parfait respect de l’environnement (écologique mais pas économique, celui-là, on vous dit qu’on s’en fiche).

Une fois sur sa lancée, Ségolène ne s’est pas arrêtée là — faut pas gâcher un beau temps d’antenne, je suppose. Puisqu’apparemment, les radiateurs sont maintenant gratuits, poussons les « économies » encore un cran plus loin en augmentant encore les dépenses de l’État : profitons-en pour distribuer aussi gratuitement des ampoules.

ségo distribue des trucs gratuits pour faire des économies

Ainsi, dans l’émission de France 2 où elle sévissait, la ministre a expliqué avec aplomb qu’elle a…

« … demandé à EDF de mettre en place la distribution d’un million d’ampoules LED. Nous allons commencer par les personnes à petite retraite qui pourront venir dans les mairies échanger deux ampoules contre deux ampoules LED.»

Après l’État régalien, l’État protecteur, l’État stratège, et l’État vendeur de radiateurs, voici l’État visseur d’ampoules LED, avec l’argent qu’on n’a pas. C’est absolument génial, ces distributions gratuites d’objets qui ne coûtent rien. On attend avec impatience la prochaine distribution de portiques. Le stock est conséquent…

royal : la crisitude

Bon, le hic, c’est qu’en ce moment, le dispositif n’est pas encore totalement finalisé (ce qui veut dire que tout, encore, peut arriver, et arrivera donc avec certitude et facture finale salée), et qu’il ne concernera que les « territoires à énergie positive pour la croissance verte », dont le vocable laisse si délicieusement penser à l’une de ces charlataneries à base de pierres cristallines purificatrices entrant en résonance avec les chakras du contribuable.

gifa psychedelic cat

À ce point du billet, le lecteur moyen, lucide, sait que des douzaines de chatons sont morts pour arriver à la production d’un tel paquet d’inanités rocambolesques. Malheureusement, nous sommes avec Ségolène Royal et le massacre continue donc : toujours plus loin, plus fort, plus gratuit, elle a a annoncé aujourd’hui que les mille premières écoles à mettre en place un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire seraient dotées d’un potager.

« Je vais lancer un appel à projets auprès de toutes les écoles, collèges, lycées. Les mille premières écoles qui feront un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire — parce que ça fait partie aussi de l’éducation à l’environnement — seront dotées d’un potager, d’un coin nature »

catling gun - pistochatsMais ouiiiii, c’est absolument indispensable en plus de l’éducation à la citoyenneté, au vivrensemble, au consentement à l’impôt, à l’égalité, à la solidarité, à la poterie, au macramé, aux études de genre et autres recherches du gain d’un duel médié par une balle ou un volant ! L’école, le collège et le lycée républicains ne pouvaient absolument pas se passer ni d’une éducation à l’environnement, ni d’une lutte contre le gaspillage alimentaire, ni, bien sûr, d’un potager et d’un coin nature (dans lequel les plants de chanvre rigolo pourront s’épanouir) ! La lecture, l’écriture et le calcul ? C’est comme pour les effets de bords indésirables, le ministère n’en a absolument rien à carrer, tant que ces potagers seront bien évidemment aux normes en vigueur en France (attention aux pesticides, les enfants), avec principe de précaution et sans gaspillage, merci.

Cruelle réalité et cruelle économie qui ne se préoccupent pas des injonctions ministérielles ! Royal n’ayant finalement aucune prise sur ces éléments, admettant implicitement devant ces mesures consternantes sa parfaite inutilité, se condamne à tenter d’occuper le décor en brassant toujours plus d’air, en engageant, à nos frais, toujours plus d’actions ridicules, en étendant tous les jours les domaines d’intervention de l’État.

Le ridicule ne tue pas, mais il finit par coûter une blinde.

J'accepte les Bitcoins !

13sxjHhMgFxetXW137FQixHcGMSiLW6kMf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/08/26/40895-radiateurs-ampoules-potagers-et-tempete-royal


Les différences économiques fondamentales entre 2008 et 2015

mardi 25 août 2015 à 13:44

Charles Hugh Smith du blog « Of Two Minds » nous propose une petite analyse de la situation actuelle, mise en perspective avec la situation qui prévalait en 2008. L’article étant en anglais, j’ai pris la liberté de le reprendre (en le traduisant ou le paraphrasant) pour vous en proposer la lecture ici (j’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur). Essentiellement, l’auteur cherche à savoir si les conditions économiques actuelles sont meilleures que celles de 2008.

Il est tentant de voir des similarités entre l’actuelle panique sur les marchés boursiers et l’effondrement monumental qui a failli flanquer par terre le système financier global en 2008. La chute récente invite à la comparaison avec le dernier marché baissier qui emmena le S&P500 de 1565 en octobre 2007 à 667 en march 2009. En réalité, le présent marché baissier commence avec des différences assez marquées de celui de 2008. En voici quelques unes.

Deflation1. En 2008 : les marchés et les banques centrales redoutaient l’inflation, et le pétrole brut atteignait 133$ le baril à l’été 2008. Actuellement, on est en dessous des 40$ le baril, les marchés et les banques centrales redoutent plutôt la déflation.

2. En 2008, la Chine avait une dette relativement modeste autour de 7000 milliards de dollars, bien moins que 100% de son PIB. Actuellement, la Chine a quadruplé cette dette à 28.000 milliards de dollars à mi-2014, ce qui représente 282% de son PIB.

3. En 2008, les banques centrales disposaient d’une pleine boîte à outils de surprises monétaires prêtes à bondir sur le marché : TARP, TARF, BARF, fonds de sauvegarde et et garanties de crédit, quantitative easing (QE), Zero interest rate policy (ZIRP) et achat direct d’hypothèques, pour n’en citer que quelques uns. Actuellement, cette même boîte est vide : tous les outils ont été déployés et utilisés à une échelle inouïe. Le moindre programme potentiel ne sera qu’une resucée de QE, de manipulation de taux d’intérêts, d’achats d’actifs, bref, les mêmes outils qui ont déjà été utilisés.

4. En 2008, les banques centrales allaient intervenir sur des marchés relativement vierges de leurs interventions à l’exception des baisses de taux d’intérêts suite à l’effondrement de la bulle des dot-com. Depuis, les banques centrales n’ont pas arrêté d’intervenir. Le marché actuel est le reflet d’interventions incessantes sans précédent depuis sept ans. Au contraire de 2008, les banques centrales se retrouvent devant un marché mondial dominé par les incitations à spéculer avec leviers en utilisant de l’argent emprunté, incitations pilotées par sept années de politiques interventionnistes de leur part.

5. En 2008, les taux d’intérêts avaient rebondi depuis leurs plus bas de 2003, après l’explosion de la bulle internet. En 2007, les taux de la Fed étaient au-dessus de 5%, et les taux de crédit dépassaient les 8%. Actuellement, les taux de la Fed sont fixés autour de 0.25% depuis plus de six ans, une période de taux quasi-nuls sans précédents.

6. En 2008, le taux moyen d’une hypothèque à 30 ans s’établissait au dessus de 6% entre octobre 2005 et novembre 2008. Les taux actuels sont en-dessus de 4%.

7. En 2008, le dollar américain grimpait au milieu de la crise financière alors que les capitaux cherchaient refuge fin 2008, début 2009 et aussi en 2010. Actuellement, le dollar américain a établi un gain de 20% mi-2014, au milieu d’une période considérée comme une solide phase de croissance globale.

8. En 2008, le dollar américain a fortement baissé de 2006 à 2008, puis de 2010 à 2011, augmentant les profits étrangers des compagnies américaines qui représentent entre 40 et 50% du montant toal des profits de multinationales. Actuellement, le dollar qui grimpe écrase ces mêmes profits, ainsi que les devises et les actions des marchés émergents, et a obligé la Chine à dévaluer le Yuan (yuan), une dévaluation qui a déclenché l’actuelle dégringolade des cours de bourse.

9. En 2008, la croissance de 2003 à 2008 fut globalement considérée comme ayant bénéficié à tout le monde. Actuellement, les politiques des banques centrales sont largement reconnues comme ayant favorisé les inégalités et les écarts de salaires depuis plus de six ans.

En conclusion, y a-t-il actuellement des éléments qui sont vraiment meilleurs que ceux de 2008 ? Ou les conditions actuelles sont-elles moins résilientes, plus fragiles et plus dépendantes des interventions sans précédent des banques centrales ?

this will not end well - car wc

J'accepte les Bitcoins !

1J4rJj2jVy2fBxJ466x3SUb55duzCHGMkD

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/08/25/40892-les-differences-economiques-fondamentales-entre-2008-et-2015


Attention : un train peut cacher autre chose

mardi 25 août 2015 à 09:00

Bon, c’est décidé, la presse française a trouvé de quoi s’occuper pendant la semaine à venir : interview des passagers, des contrôleurs, des forces de l’ordre et des politiciens, infographies rutilantes et explication sur le fonctionnement des toilettes de train, tout y passera pour occuper leur audience sur l’attentat qui n’a pas eu lieu, l’héroïsme des uns, les petites blessures des autres. Pendant ce temps, le monde continue de tourner. Au vinaigre.

un train peut en cacher un autreCela faisait pourtant plusieurs mois que plusieurs analystes, sérieux mais toujours sous le radar des médias grand public, annonçaient à qui voulait l’entendre (rassurez-vous : presque personne) que la situation économique mondiale n’était vraiment pas folichonne et qu’un problème grave couvait. Cela faisait aussi quelques jours que les signes d’une tension hors normes s’accumulaient. Et comme d’habitude, la presse française semble comme prise par surprise. Les analystes maison, tous plus pondérés les uns que les autres, se sont relayés pour rassurer sur un « potentiel de baisse limité », alors que tout indiquait pourtant une nervosité quasi-épileptique de tous les marchés.

Alors forcément, lorsque tous les indicateurs partent au plancher d’un coup, cela engendre quelque peu la panique dans les salles de conférence de presse. Le choix (entre les événements du Thalys et le petit vent de folie boursier) est cependant vite fait. Et puis ce n’est pas comme si les Français y comprenaient subitement quelque chose en économie.

procrastinate now panic laterMais tout de même : cela fait un peu désordre, cette baisse de la bourse de Shanghai qui se prend -8.5% après une semaine déjà passablement douloureuse et qui amène finalement l’indice à effacer ses gains enregistrés depuis le début de l’année. Si ce n’est pas encore un krach, la vitesse et l’ampleur du mouvement laissent l’imagination s’emballer. Et puis, cela fait logiquement désordre, cette bourse de Tokyo qui dévisse de plus de 4% à son tour, bientôt suivie par le CAC français ou un DAX allemand en très petite forme, alors qu’il s’était déjà un peu mal senti la semaine dernière. Et tant qu’on y est, cela laisse songeur, ce prix du baril de pétrole qui dégringole sous les 40$, signe d’un souci dans ce marché, soit d’une surproduction, soit d’une sous-consommation, soit d’une mauvaise allocation de capital que le marché tente de corriger, soit un peu tout ça…

Et puis, comment ne pas sentir comme un petit parfum d’angoisse lorsqu’après des mois d’incohérence complète sur le marché de l’or (mélange de demande forte du physique et de morosité des achats de banque centrale, couplé à une production en baisse et des prix eux-mêmes en baisse), ce dernier se redresse subitement ? Comment ne pas voir la déflation s’installer gentiment sur à peu près toutes les matières premières, signe d’un ralentissement net de la production, donc de la consommation et de la croissance (désolé François, c’est mal parti pour la fin d’année) ?

La suite, on la redoute déjà : les monnaies vont être chahutées, le dollar constituant le seul refuge pratique actuellement (et logique en période de déflation). Pour le moment, l’euro gagne du terrain, mais qu’en sera-t-il dans quelques semaines, quelques mois ? Pire : comment imaginer que ces variations sur les monnaies (quels que soient leur sens) seront bénéfiques pour une zone euro déjà passablement fragilisée par les péripéties récentes ? coincéQuant à la Fed américaine, comment peut-elle espérer se sortir de ce traquenard, où une intervention pour monter les taux déclenchera la panique, une autre pour les baisser confirmera la gravité de la situation et attisera probablement les peurs existantes, et où tout attentisme sera lourdement condamné, au moins médiatiquement ? En somme, tout ce petit monde, des banques centrales aux gouvernements en passant par les principaux organismes financiers, me semble passablement coincé, condamné à échouer avant même d’avoir agi.

En outre, il reste au milieu de tout ça un véritable éléphant, pas évoqué, mais difficile à manquer : c’est le marché des bons d’états souverains, notamment européens. Les dettes sont colossales, les jeux d’écritures rigolos et créatifs entre les banques, les banques centrales, les différents États et la BCE elle-même se multiplient, mais le total, en bas de la facture, est toujours plus gros et les richesses produites n’arrivent pas à freiner la tendance. Il faut regarder la réalité en face : La Grèce n’est pas un cas épineux, un problème ponctuel qu’on peut traiter séparément. C’est, en réalité, le symptôme d’un mal qui ronge tous les pays à divers degrés : un endettement mortifère par clientélisme social-démocrate débridé, endettement délirant qui est encore aujourd’hui louangé par les épaves keynésiennes médiatiques à la Jean-Michel Krugman. Bref : il arrive, doucement mais sûrement, ce moment où les marchés ne pourront plus gober de nouvelle dette, gavés qu’ils sont des précédentes déjà émises et des gains de plus en plus incertains que la conjoncture laisse entrevoir.

À présent, tout est imaginable, le meilleur — la situation se redresse, les marchés se calment et Hollande, lucide et décidé, réforme le pays pour des lendemains qui chantent — comme le pire — la dégringolade continue, maintenant ou un peu plus tard, entourée des nécessaires précautions oratoires, d’un vivrensemble tous les jours plus punchy et d’une nouvelle vague de solidarité invasive totale.

Or, pour piloter cette situation, nous avons des cadors. Si, avec Nicolas Sarkozy, on avait gagné le ticket médiatique d’un VRP clinquant qui courait d’un sommet international à un autre en prétendant partout qu’il allait sauver le monde et éviter la catastrophe, avec François Hollande, on a récupéré un petit monsieur Loyal, un organisateur de fêtes municipales, un commis aux compromis dont on voit mal l’adéquation avec la situation actuelle. Et je ne vois pas par quelle pirouette intellectuelle on va redresser la situation ou proposer des solutions ou un chemin opérationnel crédible avec l’équipe qui entoure le pauvre chef de l’État, équipe composée — je vous le rappelle — d’incompétents notoires en économie (Michel Sapin, sérieusement ?) bouffis de suffisance et parfaitement déconnectés tant des vrais enjeux que des réalités de terrain.

La tempête arrive. Tout comme les gros grains, elle prendra du temps à se former, elle s’inscrira sur la durée et ses dégâts seront profonds. Pendant les huit années écoulées, on a fait exploser nos déficits, les dépenses de l’État, les gabegies et les magouilles : la France, depuis 2007, a intelligemment choisi de s’endetter comme jamais (avec Sarkozy) et de n’entreprendre absolument aucune réforme de fond (avec Hollande).

Alors forcément, ça va bien se passer.

this will not end well - pony

J'accepte les Bitcoins !

1Dg4qXwevVfvoKDFTMuY2jsvFSKUbVbqBU

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/08/25/40870-attention-un-train-peut-cacher-autre-chose


Travail du dimanche : la résistance syndicale continue

lundi 24 août 2015 à 09:00

Que n’avait-on entendu au sujet d’Emmanuel Macron lorsque, nommé après l’éjection d’un Montebourg aussi frétillant qu’inutile, le sémillant énarque s’était mis en tête de libérer le pays de certains des carcans qui l’encombraient ! Z’allez voir ce que vous z’allez voir, avec Macron, ça va cogner du chaton corporatiste, qu’on vous dit… Quelques mois, des douzaines de cris à l’Assemblée, au sein des partis et dans les syndicats, et quelques centaines d’articles plus tard, la loi est votée…

De compromis en petits arrangements, d’arrondissages d’angles en polissages frénétiques, la loi en question n’est plus ni vraiment piquante, ni vraiment révolutionnaire, ni même franchement libératrice ; elle s’est même carrément dégonflée. Comme je l’expliquais récemment, le gouvernement nous avais promis le Pérou, il nous a présenté un projet qui dépassait à peine Maubeuge, et le temps est maintenant venu de constater qu’il peinera à rejoindre Sèvres-Babylone avec son petit ticket de métro.

Dans certains cas, des compagnies de cars pourront desservir des villes françaises, quelques participations d’État seront cédées, mais pour le reste, on est dans le changement à la marge, l’ajustement millimétré et la petite plomberie.

mr bricolage

Ah oui, il y a aussi eu un « relâchement » des contraintes entourant l’ouverture dominicale.

Aaaaah, l’ouverture du dimanche… C’est un bien vaste sujet, pour un pays qui se veut pourtant très très laïc. C’est une question fort épineuse, ce jour de repos hebdomadaire, fixé arbitrairement le même jour que celui du Dieu catholique, pour des syndicats qui sont tous officiellement non confessionnels, voire athée, voire anti-cléricaux. Et c’est un sujet vraiment polémique pour une société qu’on prétend toujours plus libéralisée, toujours plus apte à accorder tout ce que veulent les grandes multinationales capitalistes dévoreuses de familles ouvrières…

Et dans un pays qui a obstinément décidé que tout ce qui concernait l’entente entre deux adultes consentants ne pouvait pas se passer d’une bonne grosse louchée de lois, de règlements et de garde-fous juridiques nombreux et confus, imaginer qu’un commerçant puisse s’arranger directement avec ses employés pour définir les modalités de travail, sans en passer ni par les syndicats, ni par les inspecteurs du travail ou que sais-je encore, c’était bien trop complexe. Heureusement, la loi Macron a bien vite évité cet écueil et — simplification oblige — s’est empressée d’ajouter une trouzaine d’appétissants amendements aux dispositions légales déjà en place afin de ménager quelques espaces de négociations supplémentaires.

Très concrètement donc, quelques dimanches par an pourront être travaillés. Dans certaines villes, comme il ne s’agissait surtout pas de lâcher la bride à qui que ce soit (ce vent de liberté folle pouvant entraîner, comme chacun l’imagine, des débordements immondes de gens qui vendent, qui achètent, qui font du commerce et qui créent des richesses insupportables), on a décidé d’instaurer des lieux où l’ouverture de tous les dimanches sera tolérée par les autorités, bienveillantes mais pointilleuses. Avec l’art de la nomenclature et cette touche de poésie délicate qui caractérise nos politiciens, ces endroits ont été baptisés ZTI, pour Zones Touristiques Internationales, et permettra aux commerces qui s’y trouvent d’organiser leurs ouvertures dans un cadre légal qu’on peut largement qualifier de lâche tant, avec ces dispositions et selon certains, les élastiques semblent avoir tous pétés dans la joie et la bonne humeur.

la cgtEt justement, devant un tel relâchement, ce qui devait arriver arriva : les syndicats se sont bien vite élevés contre cette insupportable atteinte au pacte républicain, accompagnés par les habituelles idiots utiles du socialisme vaguement gouvernemental. Les premiers rappellent aussi bruyamment que possible que des accords collectifs doivent être négociés, et au sein de la branche « Grands Magasins », par exemple, la CGT, CGT-FO et la CFDT sont bien évidemment opposées à toute possibilité de faire du commerce, engranger des bénéfices le dimanche et donc produire une richesse qui serait pourtant utile à sécuriser de l’emploi.

Quant aux seconds, faisant preuve de leur habituel dogmatisme en béton armé, ils continuent de fustiger cet esprit consumériste absolument catastrophique. Par exemple, à Poitiers dans la « motion Cambadélis », ce pachyderme inutile dont la rumeur voudrait qu’il soit à un poste à responsabilité au Parti Socialiste, on peut ainsi lire « la consommation ne peut être l’alpha et l’oméga de nos vies. Le dimanche doit d’abord être un moment du vivre ensemble » qui déclencherait l’hilarité dans n’importe quel pays moderne (mais pas en France) tant on peut y lire la componction, le dogmatisme et une belle brassée de mots-clefs du bullshit bingo politique.

Bref, concernant l’ouverture du dimanche, la messe (syndicale et politique) est dite : ces ZTI sont d’abominables chevaux de Troie qui cachent les sombres desseins ultra-néo-libéraux dans lesquels les gens font, globalement, ce qu’ils veulent le dimanche et peuvent aller acheter des trucs et des machins en ville — c’est affreux, et c’est dit dans ces termes :

« Le projet Macron a pour objectif la généralisation du travail du dimanche dans le commerce, le tourisme international ne constituant qu’un artifice de communication ! »

Et pour ces gens-là, ce serait horrible, abominable, atroce. Imaginez des gens qui organisent différemment leurs week-ends, qui n’achètent pas tout le samedi. Forcément, ça va être l’anarchie, la fin de la famille traditionnelle (dont on découvre que les syndicats seraient les nouveaux protecteurs). Imaginez des salariés qui préfèrent bosser le dimanche pour avoir leur lundi, imaginez ces individus farfelus qui ne peuvent travailler, justement, que le dimanche, et qui vont donc trouver ce petit emploi qui va leur permettre de payer un loyer. Assurément, ces nouvelles richesses, ces nouvelles opportunités constituent autant d’insultes à la face de ceux qui entendent cadencer la société sur leur schéma mental prédéfini, pardi !

pole emploi po demploiQuant à savoir si la mesure pourrait créer des emplois, cela n’intéresse pas ces gens (ils s’en foutent : syndicalistes comme politiciens ont un emploi, à peu près inamovible de surcroît, et n’ont donc rien à carrer de la piétaille qui en voudrait un aussi). Savoir si cela pourrait créer de la richesse et de l’attractivité pour les zones touristiques en question ne leur chaut guère : ils s’en foutent, des touristes qui ne votent de toute façon pas pour eux.

Et puis surtout, ces histoires de ZTI cachent encore une fois l’occasion pour l’un ou l’autre industriel capitaliste d’ouvrir ses chaînes de magasins, ce qui est insupportable pour nos résidus communistes. Tenez, à l’évidence, si elles existent, c’est pour arranger la FNAC, pardi, et on se fiche complètement des clients de ces centres commerciaux (qu’ils soient, eux aussi, arrangés dans l’affaire, n’intéresse là encore pas nos syndicats qui n’ont pour clients que les à peine 8% de salariés qui votent encore pour eux, à l’occasion et souvent sur un malentendu).

Bref, on le comprend : non seulement la loi Macron a été consciencieusement vidée de sa substance en réduisant à peu près toutes les bonnes intentions, déjà pas franchement révolutionnaires, à leur expression la plus minimale, mais chaque décret d’application, chaque mise en pratique opérationnelle palpable et concrète sera âprement combattue par tout ce que le pays contient encore de ces Forces de Progrès qui lui assurent un immobilisme aux semelles plombées.

Le pays avait un besoin impérieux d’un grand ballon d’oxygène pour lui éviter la catastrophe. La loi Macron lui offre une petite bouffée rapide. Les syndicats la transforment en prout malodorant.

Forcément, ça va bien se passer.

ça va bien marcher

J'accepte les Bitcoins !

1HTKJcAPyXzxJ214y23a7fiB5Nde4TCxhJ

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/08/24/40807-travail-du-dimanche-la-resistance-syndicale-continue