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Les députés s’occupent vaillamment de notre poids

jeudi 2 avril 2015 à 16:30

Collision d’actualité.

Aujourd’hui, nous apprenons que l’Assemblée nationale interdit les fontaines à sodas en libre service. Autrement dit, il va falloir abandonner l’idée même de disposer de ces « Free Refill » dans ces endroits de perdition alimentaire que sont les restaurants de hamburgers et autres troquets interlopes à la frite facile. Le motif est simple : même si ces fontaines distribuaient à l’occasion des boissons certifiées sans calories, et même si, a priori, les adultes du pays sont des personnes responsables de leur propre santé, nos parlementaires, nos parents à tous apparemment, ont décidé qu’il ne fallait surtout pas nous laisser trop près du boîtier à bonbons. Terminé.

D’un autre côté, les mêmes parlementaires, jamais en retard d’une loi, ont décidé de créer, cette nuit, un nouveau délit, puni d’un an d’emprisonnement et de 10.000 euros d’amende visant à réprimer l’incitation à la maigreur excessive, notamment de la part de sites internet pro-anorexie. Ainsi, provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées, ayant pour effet de l’exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé est puni d’une solide amende et de prison parce qu’avant cette loi, c’était bien évidemment autorisé (mais si, puisqu’on vous le dit). Ouf, encore une fois, remercions nos parents députés d’avoir peint en bleu et en rose les barreaux de notre parc.

parc à bébé

Je résume : d’un côté, les dépapaputés nous pistent pour éviter qu’on grossisse trop. De l’autre, les démamaputés nous surveillent pour qu’on ne maigrisse pas trop. J’attends avec gourmandise la loi qui définira notre poids optimal.

Ce pays est foutu, mais au moins, il va mourir en bonne santé.

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Source : http://h16free.com/2015/04/02/38311-les-deputes-soccupent-vaillamment-de-notre-poids


Quand la réforme européenne du droit d’auteur affole de vieux croûtons français

jeudi 2 avril 2015 à 09:00

À la fin des années 2000, le législateur, rendu totalement hystérique à coup de lobbyisme honteux d’ayants-droit bien introduits et de majors culturels très persuasifs, avait finalement cédé à leurs lubies et s’était fendu d’une HADOPI qui avait fait bidonner la France entière. Par la suite, toute tentative de remettre un peu d’ordre dans la législation du droit d’auteur à l’aune de la révolution numérique tournera au vaudeville « à la française ». Et ce 2 avril est parti pour écrire un nouveau chapitre dans cette farce consternante.

En effet, aujourd’hui au Sénat, Julia Reda, une eurodéputée allemande du Parti Pirate, sera auditionnée pour un rapport d’autant plus explosif qu’il parle de la refonte du droit d’auteur, visant notamment à tenir enfin compte des bouleversements que le numérique aura provoqués.

Et afin de contextualiser un peu, rappelons que les fameux ayants-droit (dont les sociétés bien connues représentent parfois les auteurs mais bien plus souvent leurs propres intérêts financiers) se sont toujours prononcés pour un durcissement des lois afin de conserver leurs monopoles légaux, attachés à des ponctions parfois généreuses sur le portefeuille du consommateur. Ce sont ces lobbies qui furent à l’origine des taxes pour copie privée sur les supports numériques en France, taxes qui les rendent ridiculement chers par rapport à leurs stricts équivalents dans les pays limitrophes. Ce sont aussi ces sociétés qui n’hésitent pas à poursuivre les artisans (restaurateurs, coiffeurs et j’en passe) pour la musique qu’ils diffusent dans leurs échoppes, même lorsque celle-ci est pourtant issue de bibliothèques complètement libres de droit. Ce sont ces sociétés qui font régulièrement bondir les petits artistes et les artisans lorsqu’on apprend les copieux salaires de leurs dirigeants ou leurs démarches parfois en marge de la légalité…

De leur côté, les majors culturels (du cinéma, de la musique, de la vidéo et du reste) ont rapidement été du combat lorsqu’il s’est agi de tenir le stylo du législateur. On ne compte plus le nombre d’études, de logos ou de slogans payés fort chers visant à prouver que la copie privée, le piratage et le partage de biens numériques signaient la fin de leur business dans d’atroces souffrances, mort du petit cheval compris.

Home taping is killing music, and it's fun.

Ils ont cependant été obligés d’assouplir progressivement leurs positions au fur et à mesure que leurs clients modifiaient leurs habitudes de consommations : bien plus exposés à la concurrence et aux réalités de terrain que les « sociétés d’auteurs » douillettement encastrées dans le giron étatique, les positions des uns et des autres commencent à se différencier.

Mais devant les propositions de Julia Reda, l’affolement est de mise. Parce qu’en substance, la députée propose de solides évolutions dans le monde extrêmement corseté du droit d’auteur en Europe. Elle résume d’ailleurs elle-même les propositions de son rapport de la façon suivante :

« Although the directive was meant to adapt copyright to the digital age, in reality it is blocking the exchange of knowledge and culture across borders today. »
Bien que la directive vise à adapter le droit d’auteur à l’ère numérique, en réalité, actuellement, elle bloque aux frontières l’échange d’information et de culture.

De façon intéressante, Julia Reda cherche surtout à obtenir une uniformisation du droit d’auteur au niveau européen, ce qui abaisserait les frontières artificielles qui existent actuellement dans un nombre croissant de cas. Les propositions, lisibles in extenso ici, sont, globalement, de bon sens. Et c’est donc sans surprise qu’on découvre qu’elle est devenue la bête noire des différentes sociétés d’auteur et autres ayants-droit installés dans leurs bastions nationaux, à commencer par les Français, qui utilisent tous les moyens pour noyer les propositions dans un tsunami d’amendements. Reda s’en ouvre d’ailleurs sur son site :

« Les députés européens français se distinguent de leurs collègues européens sur la question du droit d’auteur par leur ralliement pour le non changement. »

mini fleur pellerin - cc dunoisLes Français, ultra-conservateurs ? Oooooh, qu’allez-vous imaginer là ! Bien sûr, interrogée, notre ministre de la Culture s’est empressée de remettre les pendules à l’heure en pépiant « La mobilisation de nos partenaires européens à nos côtés montre bien qu’il ne s’agit pas d’une position chauvine », parce que tout le monde sait bien que les Français ne sont pas en train de mettre des bâtons dans les roues de ce projet, voyons voyons. Surtout qu’il s’agit au final d’une simplification administrative, une vraie, comme devraient s’y atteler fiévreusement tous nos ministres pour redresser le pays.

Jugez plutôt par quelques unes des propositions avancées :

Aligner à une durée de 50 ans tous les droits d’auteurs. Bon, certes, 50 ans, c’est déjà fort long — ça veut dire que si mes textes n’étaient pas déjà copyleft, leur exploitation libre ne sera possible qu’en 2065, ce qui veut dire dans un millénaire au rythme actuel du développement numérique — mais il faut savoir que des exceptions bien franco-françaises permettent d’étendre les droits bien au-delà de cette période. Une uniformisation européenne, ce sera la mort de la spécificité française, mes petits amis. Un scandale, donc.

Passer les exceptions au droit d’auteur (parodie, citation, copie privée typiquement) de l’optionnel à l’obligatoire, ce qui simplifierait furieusement la vie de trouzaines de milliers d’Européens, qui aimeraient user plus largement de la parodie, de la citation et de la copie privée dans leur vie de tous les jours.

Étendre ces exceptions dans le domaine numérique, mal ou peu couvert. L’exemple fourni est celui des photos numériques de monuments historiques qui, déposées sur des banques d’images accessibles au public, tombent normalement dans le même régime que les cartes postales. Il est aussi notamment évoqué de modifier le droit de citation pour tenir compte des GIF animés. Là, je dis, IL ÉTAIT TEMPS !

yes yes yes

Négocier les droits d’auteur au niveau européen et non plus national, ce qui, là encore, simplifierait pas mal la vie de tous les auteurs, actuels ou potentiels, d’œuvres diverses qui devront voyager bien au-delà des frontières nationales.

Ces quelques propositions illustrent bien l’ampleur du problème pour certains lobbyistes, et français notamment : argh et sapristipopette, tout ceci va mettre à mal les petits business jusque là juteux et fort tranquilles qu’on maîtrisait bien dans l’enceinte nationale ! Argh et saperlipristi, si jamais ce projet passe, on ne saura jamais comment gagner notre vie, et surtout, comment on fera pour lutter contre le méchant piratage, vous savez, ce piratage de folie qui n’a jamais été si fort alors que la diffusion de la culture n’a jamais été aussi bonne dans l’histoire de l’Humanité, vous savez, ce piratage qui nuit tant aux intérêts des uns et des autres comme le prouve la culture américaine, la plus piratée, mais aussi la plus diffusée, et la plus profitable de la planète. Voyez, n’s’pas ?

hollywood

Pour les Français (et ceux qui ont compris qu’il fallait les suivre), pas de doute, c’est un empilement d’hérésies. Et s’il faut faire quelque chose, c’est bien légiférer, pardi, histoire de mettre l’accent sur la « régulation des plateformes » et la lutte contre la « contrefaçon commerciale », d’autant que ceci poserait de sérieuses contraintes à ces capitalistes mangeurs de chatons que sont les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) et que ni nos députés, ni nos belles « sociétés d’auteurs » ne parviennent à faire cracher au bassinet…

On le comprend : alors que s’esquisse une réelle volonté d’adapter des lois vieilles de douzaines d’années aux nouveaux paradigmes numériques, à la disponibilité instantanée et au partage massif, on trouve encore une fois les mêmes réflexes ataviques chez les vieux monopoles qui sentent s’échapper la certitude d’un avenir pépère, à collecter moelleusement des droits, sans trop se fouler, pour une redistribution marginale, et un effort quasi-nul (pour le coup, le numérique n’a pas que du mauvais).

Les nouveaux modèles de création, de financement (à la crowdfunding), de rétribution ou de diffusion genre Netflix sont bien vite oubliés par ces thuriféraires de la régulation supplémentaire. L’avenir leur a déjà copieusement marché dessus, mais quand bien même : ils ne comprennent toujours pas pourquoi la valeur s’est déplacée de la diffusion vers la création, et pourquoi, dans cette société numérique de désintermédiation, ce ne sont justement plus les intermédiaires qui palpent. Ils ne comprennent pas que le consommateur n’a rien à carrer de savoir que tel média « n’est pas disponible pour cette zone géographique » et que s’il est prêt à payer, ce sera une somme très modeste, presque nulle, pour y avoir accès, sans aucun rapport avec les prix anciennement demandés pour les biens culturels. Les majors, les représentants amidonnés des ayants-droit, les sociétés d’auteurs s’en foutent, eux. Ce qu’ils veulent, c’est que le robinet à pognon et toute la plomberie installée par les États continuent à débiter du cash, comme dans les années 70, 80 ou 90, où on vendait de la galette, bien palpable et physique, où seules quelques radios et quelques télés diffusaient, où le livre numérique n’existait même pas en rêve.

Décidément, pour eux, l’avenir ne paraît pas bien bisou. Et décidément, le projet de directive de Julia Reda, en aplatissant encore les différences et les spécificités locales, en replaçant le consommateur au centre des préoccupations, ne va pas leur rendre la vie facile.

Est-ce un mal ?

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Source : http://h16free.com/2015/04/02/38184-quand-la-reforme-europeenne-du-droit-dauteur-affole-de-vieux-croutons-francais


Et vlan, simplifions un bon coup

mercredi 1 avril 2015 à 13:00

En octobre 2013, j’évoquais une magnifique initiative gouvernementale visant à simplifier la paperasserie administrative dans laquelle baignent avec une certaine décontraction innocente les administrations pléthoriques de ce pays. Le but d’alors, louable, était de mettre les citoyens directement en relation avec un organe de l’État obèse qui les pompe doucement tous les jours, et de les faire s’exprimer pour les simplifications qu’ils voulaient voir.

google loi 2015Pendant que ça cogitait dur à la fois du côté de ce Simplifions-Comme-Des-Malades.gouv.fr et du côté de Modernisons-Comme-Des-Fous.gouv.fr, on ne pouvait s’empêcher de développer un petit malaise. Les cerfas s’empilaient. Les lois s’amoncelaient. L’année dernière, je pouvais assez facilement fournir une image fidèle de quelques-une de ces lois grâce à Google. Cette année, la petite vignette sur la droite de ce texte donne une idée assez fidèle de la bonne santé de nos parlementaires dont la législorrhée atteint des volumes explosifs.

Heureusement, le gouvernement, ramant contre le courant avec une force invraisemblable, déployant des trésors d’inventivité pour remonter la pente, travaille malgré tout à la simplification.

Ainsi, depuis le premier janvier de cette année, les modalités de reversement de la TVA à la Direction générale des Finances publiques sont modifiées pour les entreprises qui relèvent du régime simplifié d’imposition (le gras est de moi). Alors que jusqu’à présent, l’acompte était payé une fois par trimestre, en ligne, les entreprises concernées doivent (je cite l’administration) :

« … désormais télétransmettre chaque mois un formulaire n° 3310 CA3. Par tolérance, le premier formulaire transmis portera sur la période d’imposition qui court du 1er jour de l’exercice jusqu’au mois de dépôt de la déclaration annuelle. Exemple : je dépose le 5 mai 2015 ma déclaration de TVA relative à l’exercice clos au 31/12/2014 et le montant de « TVA due » figurant en ligne 28 est supérieur à 15 000 €. Je dois télétransmettre en juin 2015 une déclaration de TVA n° 3310 CA3 qui porte sur la période du 1er janvier au 30 mai 2015 (déclaration relative au mois de « mai 2015 »). Je télétransmettrai ensuite la TVA tous les mois. »

Ah oui, bien sûr, le formulaire n°3310 CA3 ! Evidemment ! Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Et maintenant, tous les mois plutôt que par trimestre, voilà qui me simplifie franchement la vie ! Pas de doute, on peut vraiment voir le travail de terrain réalisé par nos administrations ! Et puis, par curiosité, je me demande ce que donne le Régime Pas Simplifié de déclaration. Cela doit triturer du poney à l’excavatrice industrielle, ça, mes petits amis…

(Et non, c’est pas un poisson d’avril.)

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/04/01/38237-et-vlan-simplifions-un-bon-coup


Finalement, le diesel c’est comme la prostitution

mercredi 1 avril 2015 à 09:00

Nous sommes le premier avril, sous un gouvernement de petits farceurs. Vous êtes prévenus.

Tenez, le diesel par exemple.

Il est entendu qu’avec sa moindre taxation par rapport à l’essence, l’État a clairement indiqué ce qu’il attendait des consommateurs. Enfin, par moindre taxation, il faut bien comprendre que si l’essence est tabassée comme plâtre par des accises inouïes et quasiment laissée pour morte sur un trottoir de banlieue, le diesel n’aura qu’une série limitée de petits coups de lattes bien appuyés fiscalement ne le laissant paralysé que des jambes. Mais l’idée est là : pendant des décennies, les pouvoirs publics ont choisi d’inciter les automobilistes à rouler en cramant ce résidu de pétrole-ci plutôt que cette essence-là, même si, du reste, il est bien plus facile d’assurer une combustion complète de l’essence que du diesel.

Quelques décennies plus tard, en toute bonne logique, le parc automobile s’est donc largement adapté et comprend majoritairement des moteurs diesel. Ce qui ne va pas sans poser quelques soucis puisque les capacités de raffinage françaises sont majoritairement tournées vers l’essence, de moins en moins consommé en part relative alors que le diesel, pas raffiné chez nous, est donc importé (à nos frais).

Parallèlement à la bonne pénétration du diesel dans nos habitudes de consommation, la société française a aussi laissé entrer chez elle les petites hystéries écologiques parmi lesquelles l’absolue nécessité de respirer un air plus pur, micrométriquement puis nanométriquement pur, contrôlé par des organismes toujours plus pointilleux et des politiciens toujours plus avides de récolter l’une ou l’autre voix lui permettant de perdurer dans son gros fauteuil républicain aussi mou que confortable.

nkm les dents de la maire

Stupeur ! À mesure que les grosses autos crament de plus en plus de diesel, les petites particules, pourtant de plus en plus petites, se font plus nombreuses. Exaspération ! Alors que tout est fait pour dépolluer les atmosphères de nos grandes villes, le méchant diesel s’installe et vient tuer des milliers de personnes tous les ans, si, si, c’est sûr, c’est dans les petits chiffres de l’OMS ou d’Airparif ou peu importe, ça tue par brouettées entières (chatons mignons compris !).

Vite, il faut faire quelque chose ! Par exemple, on pourrait interdire les feux de cheminée pardon non avant on pourrait interdire les autos dans les villes. On pourrait aussi interdire les camions et les gros engins qui polluent. Oh, oh, j’ai mieux que ça : on pourrait commencer par coller des vignettes et des taxes sur les véhicules, en fonction de leur âge, de leur production d’un gaz sans rapport avec la pollution, mettons le CO2. Et puis on pourrait ensuite recommencer à taxer le diesel comme avant l’essence, histoire de remettre l’un au même niveau que l’autre.

Bon, bien sûr, on se rendrait compte que ce sont finalement les véhicules français qui subissent le contrecoup de ce genre de conneries ces bonnes idées, mais ce n’est pas grave parce que la France va bien, va fort même et que ses petits véhicules qui crament du diesel et rejettent des PM10, des PM5 et des PM2.5 par grosses volutes puantes se vendent comme des petits pains à l’étranger.

Hum.

cat shark roomba

Mais enfin, parce que tout ceci est tout de même un peu gênant, et que derrière la production de moteurs diesel, il y a aussi de l’emploi, on va adoucir un peu tout ça. Et puis zut, au diable la cohérence : on va même aller voir l’usine de Trémery (en Lorraine), et comme on est Président de la République, on va défendre le moteur diesel à tout prix, par exemple en sortant avec une bonne louche de « heu… » et d’hésitations finement introduites :

« Je veux souligner que les moteurs diesels aussi, les plus récents, sont les plus performants en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est très important de le dire parce que nous devons à la fois diversifier – c’est le sens de l’installation ici d’une ligne de moteurs à essence –, mais nous devons aussi défendre le moteur diesel de haute performance qui est produit ici. »

hollande et son casque (vignette)Je résume : le diesel n’est pas raffiné en France, le diesel est peu utilisé dans nos voitures, alors l’État le favorise, puis le diesel pue, le diesel produirait des particules nocives pour la santé, alors le diesel tombe en disgrâce, mais la vente des moteurs diesel marque une pause et donc le président intervient pour louer la bonne idée que constitue ces moteurs parce que, … parce que bon.

Tout ceci est d’une cohérence implacable. Et puisqu’on est dans la cohérence, c’est le moment ou jamais d’introduire le sujet de la prostitution.

En France, jusqu’en 2003, la prostitution était autorisée. Depuis, elle l’est toujours, mais pas pareil. Entre temps, il s’est passé quelques trucs.

Ainsi, cette année-là, profitant d’une loi Sécurité Intérieure qui n’avait a priori pas grand chose à voir, le gouvernement invente le délit de racolage passif, qui serait le fait de procéder à du racolage par accident, par inadvertance, sur un malentendu, ou avec des promesses électorales populistes dénuées de tout fondement (la promesse à cul plat, la plus dangereuse). À partir de là, comme savent si bien le faire les systèmes législatifs laissés en roue libre dans les mains de petits enfants irresponsables à qui on a laissé le carnet de chèque, les choses vont rapidement dégénérer.

that escalated quickly

Nos députés, lâchant complètement les élastiques, décideront un peu plus tard de laisser tomber ce racolage passif, mais de pénaliser le client, tout en conservant la prostitution légale. Sauf à inventer ensuite le concept de prostitution gratuite, qui ressemblerait à beaucoup de choses sauf, précisément, à de la prostitution, on commence à comprendre que la plus vieille profession du monde (après celle, nettement moins noble, de politicien) allait expérimenter de troubles effets adverses. À cela, il faut ajouter la définition maintenant XXL de proxénétisme (qui devient donc du proxxlénétisme) qui inclut le prestataire de service informatique fournissant un site web pour la belle de nuit — mais pas encore son boulanger — et on comprend qu’exercer ce métier devient rigoureusement impossible en France dans le cadre des lois officielles.

Rassurez-vous, la situation, déjà particulièrement rock’n’valse (un mélange subtil de rock et de valse viennoise lente), va brusquement se compliquer. Il faut pour cela remercier les interventions musclées des habituelles pasionarias de la cause féminine qui, en ouvrant leur caquet à peu près n’importe comment pour dire à peu près n’importe quoi auront rapidement cristallisé les esprits sur des envies de fessées pas du tout démocratiques. Les Sénateurs, le bourrichon tout remonté, se seront donc empressés de flanquer quelques modifications pas piquées des hannetons sur un projet de lutte « contre le système prostitutionnel » adopté par l’Assemblée nationale en décembre 2013, qui rendent l’ensemble tout de suite plus lisible : fini la pénalisation du client, mais remettez-nous une dose de délit de racolage passif, pour faire bonne mesure.

Le pataquès qui s’ensuit est sans grand intérêt puisqu’il implique inévitablement des ministres qui agitent les bras au ciel en racontant des bêtises, avec des gros bouts de mélange de concepts comme par exemple « Le droit des femmes, c’est le droit à disposer de son corps, ce n’est pas le droit de se servir des femmes, d’utiliser les femmes comme on le souhaite », dont la signification profonde laissera sans aucun doute perplexe des cohortes entières de logiciens dans les générations à venir.

Il n’en reste pas moins qu’on ne comprend plus rien de ce qu’il convient de faire ou pas dans ce pays.

Acheter du diesel est-il une bonne ou une mauvaise chose ? La prostitution est-elle toujours autorisée ? Certaines ministres « féministes » ont-elles bien conscience de l’énorme contre-productivité de leurs agitations, à l’instar d’un gouvernement et/ou d’un président (selon le point de vue) lorsqu’ils s’expriment sur des produits pétroliers ? L’État va-t-il arrêter une fois pour toutes de fourrer ses doigts et ses lois entre les individus en provoquant des catastrophes sociales et sanitaires de tous les côtés ?

Nous sommes le premier avril, sous un gouvernement de petits farceurs, certes. Mais les Français méritent-ils vraiment ça ?

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Source : http://h16free.com/2015/04/01/38199-finalement-le-diesel-cest-comme-la-prostitution


Les petits dysfonctionnements de l’Éducation Nationale

mardi 31 mars 2015 à 09:00

Par Baptiste Créteur et h16

L’actualité chargée, tant sur le plan bêtement politique que, plus triste, sur le plan aérien, aura sans doute détourné un peu l’attention de l’énorme scandale qui secoue maintenant le pays : on découvre, effaré, qu’un directeur d’école a commis une série de viols sur des enfants de la classe de CP dont il avait la charge. Neuf enfants, entre six et sept ans, auraient été victimes de ce pédophile.

C’est bien sûr, une histoire sordide et rien que ces faits justifient que la presse s’empare du sujet. Mais c’est aussi un terrible scandale, parce que ces viols auraient pu être évités.

En effet, à mesure qu’on en apprend plus sur ce directeur, on découvre qu’il avait déjà été condamné pour détention d’images à caractère pédopornographique il y a sept ans, en 2008. Manifestement, cette condamnation, absolument pas anodine, n’a pas définitivement écarté l’individu d’activités le plaçant en responsabilité d’enfants. Rassurez-vous cependant, le problème, comme souvent, vient des autres et en l’espèce, de l’institution judiciaire qui n’aurait pas informé les autorités éducatives du pays. Pour Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale,

Il semblerait que l’Éducation Nationale n’ait pas été informée de cette condamnation.

Oups. Vraiment, c’est ballot. Cela peut revenir à dire que la Justice ne fait pas son travail exactement comme elle le devrait. Ici, insérez immédiatement un petit couinement sur le manque de moyens, et vous brosserez un tableau assez réaliste. Il n’empêche qu’il semble assez peu complexe de faire savoir aux autorités de tutelles, après une telle condamnation d’un directeur d’école, que celui-ci ne peut plus occuper un autre poste qu’administratif, loin des enfants. Problème de fax ou e-mail défaillant ? Allez savoir.

Alternativement, difficile d’oublier que l’Éducation Nationale merdouille avec brio dans sa partie aussi. Mener quelques vérifications de base sur le personnel d’une institution censée assurer le bon développement des futurs citoyens est apparemment hors de portée de l’Éducation Nationale, qui a apparemment d’autres priorités avec les 63 milliards d’euros dont elle dispose annuellement. Pour le coup, le manque de moyen ne pourra servir d’excuse.

Et puis, n’écartons pas l’hypothèse, de plus en plus raisonnable, qui consiste à imaginer que ces deux institutions ont royalement merdé toutes les deux, de concert, bras-dessus, bras-dessous, et dans cette décontraction qui caractérise finalement ceux qui n’en ont absolument rien à carrer.

irresponsible

Ces éléments, on le comprend, forment la base de la réflexion de tout parent qui se demande maintenant dans la gueule de quel loup il envoie ses enfants. Seulement voilà : au-delà de ceux-ci et des constatations que quelques timides politiciens et discrets journalistes pourraient évoquer, il semble que tous, parents, politiciens, journalistes et responsables de l’Éducation Nationale compris oublient un peu vite un facteur déterminant de la situation actuelle.

En France, l’instruction est obligatoire, et la carte scolaire l’est finalement tout autant, aussi réformée soit-elle. Très concrètement, cette carte empêche les parents de choisir l’école de leur progéniture. Et toujours aussi concrètement, l’État a donc envoyé des enfants directement entre les mains d’un pédophile qui avait déjà été identifié comme tel.

Rassurez-vous là encore, tout ceci n’est au plus, toujours dans la bouche de la ministre, qu’un « dysfonctionnement » :

Il a été condamné en juin 2008, juste avant les vacances scolaires. À cette date, il avait obtenu un changement d’académie et il s’est aussitôt mis en congé parental, puis en arrêt maladie jusqu’en février 2011. Et quand il a repris ses fonctions, il a changé d’école tous les ans.

Sapristi, un petit dysfonctionnement, et voilà que depuis 2011, un condamné pour pédophilie va d’école en école sans que des vérifications de base soient effectuées à quelque moment que ce soit… À moins, bien sûr, que ces changements ne lui aient été imposés pour couvrir un comportement douteux ou des faits gênants – oh, qu’imaginez-vous là ? Eh bien disons qu’il est difficile, maintenant, de passer sous silence le fait que, depuis les révélations de la semaine dernière, les parents d’au moins quatorze victimes potentielles de plus se sont manifesté, venant de l’école où les faits ont été découverts mais aussi d’autres écoles où il a exercé ses fonctions – et potentiellement commis ses méfaits.

Sapristi, on dirait un chapelet de petits dysfonctionnements !

Au passage, difficile aussi d’oublier que son passé n’a été vérifié ni par l’Éducation Nationale, ni par le Parti Socialiste, pour lequel il avait été candidat aux municipales en février 2008 (quatre mois avant sa condamnation) et en juin 2014 (six ans après). Ni par le SNUIPP, syndicat enseignant de gauche dont il était adhérent et membre actif.

Les journaux se font fort discrets sur ces dernières informations. Pourtant, on imagine sans mal que s’il avait été encarté FN ou UMP, la charge informationnelle aurait été largement accrue. Et sans même vouloir jouer cette carte, on devra s’étonner qu’une personne avec un casier judiciaire puisse se présenter à un poste électif qui reviendra, de fait, à contrôler la vie des autres à un moment ou un autre.

Certes, de nos jours et avec la législorrhée dont le législateur est atteint, tout le monde est en fait un coupable qui s’ignore et un condamné en sursis. Mais justement : si un casier judiciaire strictement vierge était enfin nécessaire pour prétendre participer à une élection, on s’éviterait un sacré paquet de mafieux, de sociopathes et de tordus aux manettes de l’État… ou, pour revenir à notre cas, dans quelques écoles du pays. Indépendamment, il reste surprenant et inquiétant que le rectorat n’ait pas consulté le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles, où il était inscrit et auquel le rectorat a accès.

Or, comme par hasard, ces vérifications sont jugées excessives par le syndicat enseignant UNSA :

On ne peut pas suspecter tous les enseignants ! Il ne faut pas sombrer dans l’excès.

Oui, ne sombrons pas dans l’excès de demander un casier vierge pour les fonctionnaires (pourtant, il me semblait que c’était le cas), l’excès de demander un casier vierge pour les candidats aux élections (cela ruinerait le paysage politique du pays), ou un casier vierge pour les enseignants (parce que, parce que bon, ce serait excessif, voyons, c’est un syndicat qui le dit).

enfant atelier du goût

Et puis, tant qu’on y est, maintenons l’instruction obligatoire et la carte scolaire. Déjà, elle marche très bien pour éviter la mixité sociale. On peut maintenant lui ajouter la vertu indirecte de conserver parfaitement employables auprès d’enfants des pédophiles condamnés : les parents, captifs du système, ne pourront jamais imaginer qu’il n’y a pas de vérifications de base, par une requête simple ou une notification automatique, que le personnel enseignant ne va pas contraindre des enfants à une fellation lors « d’ateliers du goût » (sic). C’est génial, non ?

Fini les pedonazis grâce à la loppsiOn ne peut par ailleurs s’empêcher de noter un autre décalage pour le moins troublant. Alors que le législateur se montre si prompt à accroître la surveillance du web pour protéger les innocents enfants du dangereux pédophile qui rôde sur les tchats réservés aux moins de 12 ans, les contrôles les plus élémentaires ne sont tout simplement pas menés. Mais bon, il est normal que la surveillance de cet abominable espace de liberté qu’est Internet pour identifier d’hypothétiques menaces passe avant des vérifications de bon sens. Non ?

L’État veille, dit-on. Mais s’il le fait, c’est avant tout à se couvrir et couvrir les siens. Dans une chorégraphie méprisable, Justice et Éducation Nationale se renvoient donc la balle. Vite, une enquête est ouverte pour identifier et sanctionner les éventuels dysfonctionnements. Et bien sûr, on identifiera des mesures préventives pour que cela ne se reproduise pas, quand bien même, en réalité, elles sont toutes déjà là… à condition de les appliquer.

Pendant ce temps, dormez bien, braves gens : vos enfants sont entre de bonnes mains.

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/03/31/38132-les-petits-dysfonctionnements-de-leducation-nationale