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Aujourd’hui : athlétisme, lobbying et sous-sous dans la popoche

mardi 24 mars 2015 à 09:00

Jadis, en France, tout ce qui n’était pas interdit par la loi était considéré comme autorisé. Heureusement, depuis, le législateur, les sociologues – philosophes – experts, les journalistes, les politiciens et les associations lucratives sans but se sont un peu secoués, et ont décidé que tout ce qui n’est pas expressément interdit par la loi se doit d’être codifié et, éventuellement, taxé. Sinon, c’est rapidement la porte ouverte à toutes les fenêtres, ce qui tournerait à l’auberge espagnole. Et si, dans la foulée, cela permet d’asseoir quelques corporatismes et de transvaser « automagiquement » des thunes de la poche de contribuables d’innocentes victimes vers quelques « happy fews », pourquoi se priver ?

Dès lors, une fois posé ce cadre indispensable, on peut décemment s’attaquer à tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi.

Il y a quelques mois, un peu consterné de voir jusqu’où se nichaient les petits doigts de certains pour s’occuper de la vie des autres, je relatais les délires bureaucratiques qui s’emparaient doucement mais sûrement de la randonnée en France. Car oui, marcher sur les chemins de ce pays ne s’improvise pas : si, pour le profane, la randonnée consiste essentiellement à marcher du point A au point B en suivant un itinéraire et en prenant l’occasionnelle photo, pour la Puissance Publique, la rando, c’est du sérieux calibré, normé, millimétré et diplômé, qui ne se fait pas sur un coin de table, surtout pas aussi simplement que dans un groupe d’amis et sans prévenir. Rappelez-vous : il faut faire attention à l’environnement parce qu’il peut vous attaquer de toutes parts, notamment depuis un guichet.

Pour une autre discipline, on trouvera un autre motif, mais on procédera, finalement, de la même façon.

Prenez l’athlétisme, et plus spécifiquement, la course (i.e. la course à pied, qui consiste à trotter plus ou moins vite et avec plus ou moins de grâce sur un terrain plus ou moins boueux, avec un short plus ou moins ridicule, un t-shirt aux couleurs plus ou moins vives et des chaussures franchement fluo). On pourrait croire qu’une telle activité, bien connue, bien organisée depuis des lustres, ne puisse pas vraiment déclencher de batailles législatives homériques ou même l’un de ces lobbyings effrénés qu’on observe pour d’autres sports, plus médiatiques, ou d’autres secteurs, brassant bien plus d’argent…

Il n’en est rien.

figure running

Comme courir d’un point A à un point B peut engendrer des frais (notamment pour ceux qui organisent le point A, le point B et tous les points entre), comme il s’agit d’une activité qui intéresse tout de même plusieurs millions de Français, il ne pouvait pas se passer trop de temps sans qu’au moins une personne n’y trouve à redire et ne vienne chouiner devant le gouvernement pour qu’enfin soit remis en ordre toute cette intenable improvisation, ce vide juridique et ces organisations sauvages hors du giron douillet de l’État-maman.

C’est donc assez naturellement que Bernard Amsalem, l’actuel président de la Fédération Française d’Athlétisme et auto-investi de l’immense responsabilité d’aller voir le gouvernement pour mettre un terme à cette situation intenable, a décidé que la fédération française allait prélever une partie des droits d’inscription acquittés par chaque coureur, sur chaque course, y compris hors stade et hors de la Fédération. En effet, aux yeux du frétillant président, une trop grande majorité des coureurs qui trottent d’une course à l’autre dans ce beau pays sont non licenciés. Voilà qui est, pour le moins, dommage pour un homme qui entend bien les accueillir dans le giron fédéral.

On pourrait croire que les petits prurits organisationnels du président et sa manie assez spéciale de vouloir absolument récupérer l’intégralité des coureurs tient d’une simple compulsion un peu pathologique que d’aucuns gratifieraient à peine d’un petit haussement d’épaules et d’un soupir appuyé. Pas du tout : comme bien souvent dans ce genre de volonté farouche d’obliger les uns à passer absolument par les petits coups de tampons administratifs des autres, si notre ami Bernard veut absolument récupérer les trotteurs non licenciés, c’est pour une histoire de sous-sous dans la po-poche.

En effet, sur les plus de 9000 courses organisées en France, seulement 10% sont organisées par les clubs de la fédération. Oh, zut, tout ce bel argent qui ne rentre pas dans les caisses fédérales, forcément, c’est – quelque part – un mankagagner, n’est-ce pas. Et si Bernard veut avoir la mainmise sur les organisations des courses hors stade, c’est bel et bien pour prélever une partie des engagements versés par chaque coureur. Miam. Bien évidemment, notre homme ne l’explique pas tout à fait ainsi. Pour faire passer la pilule, on utilisera le joker du patrimoine (oui, vous avez bien lu) :

« Ne les laissons pas aux autres, c’est notre patrimoine. Nos structures sont mieux placées que quiconque pour organiser. Et puis cette somme reliera les coureurs à la fédération. »

Seul hic : pour le moment, méchante concurrence oblige, les coureurs peuvent choisir de s’affilier ou non. En effet, suite à une directive européenne passée il y a quatre ans, le décret permettait à qui le souhaitait d’organiser une épreuve. Ce qui, on le comprend, n’est pas compatible avec les histoires de patrimoine, de relation des coureurs avec la grande famille des trotteurs licenciés et de sous-sous dans la po-poche de la fédé de Bernard. Depuis, heureusement, le président travaille avec le ministère des Sports pour qu’aucune course hors stade ne puisse être organisée sans l’aval de sa fédération. Confiant, Bernie explique que « Le décret devrait être revu dans les mois qui viennent. » (et par ici la bonne soupe).

fascism - socialism

C’est pas formidable, ça ? Bientôt, pour trotter, il faudra payer, non pour une organisation, mais pour une fédération à laquelle l’inscription sera de jure obligatoire. Bien sûr, ce n’est pas la seule discipline qui impose ainsi ce genre de pratiques, toujours en se drapant dans les grosses tentures lourdes de l’organisation, de la sécurité, ou, comme ici, d’un fichu patrimoine dont on se demande ce qu’il vient faire ici. Et à chaque fois qu’une liberté de se passer d’un coup de tampon disparaît, à chaque fois qu’une nouvelle loi, qu’un nouveau décret vient ainsi imposer un mode là où régnait avant le libre choix des individus, un chaton meurt un petit pas est fait dans la mauvaise direction.

On pourrait croire que ces petits pas guillerets de la France sur la route de la servitude sont le fait de personnes animées de noirs desseins, en coulisse du pouvoir visible et tirant les longues ficelles machiavéliques qui font bouger les marionnettes ridicules qui occupent nos journaux et nos chroniques. Eh bien non : chaque jour, c’est « grâce » au travail de Bénédictin d’une foule presque anonyme de petits frustrés que le pays avance vers ce paradis où jamais la devise de Mussolini, « Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ! », n’aura été autant d’application. C’est bien grâce à leurs exactions quotidiennes conscientes, aux petites entorses régulières au bon sens, aux crocs-en-jambe fourbes assidus à la liberté que les sbires tranquilles du tout-à-l’État poussent le pays vers l’enfer collectiviste et totalitaire qu’ils appellent de leurs vœux. Et c’est précisément parce que la foule de ces chefaillons frustrés et de ces petits magouilleurs retors est de plus en plus grande qu’il n’y aura probablement pas d’autre issue que d’y aller, sinon gaiement, au moins d’un pas assuré.

Ce pays est foutu.

PS : une pétition en ligne existe contre cette mainmise de la fédération ; elle est ici.

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Source : http://h16free.com/2015/03/24/38036-aujourdhui-athletisme-lobbying-et-sous-sous-dans-la-popoche


Départementales : des chiffres pleins d’amalgames

lundi 23 mars 2015 à 09:00

Voilà, c’est dans la boîte, coupez, remballez, n’en parlons plus : les élections départementales sont, à un scrutin près, bouclées. Divine « surprise », prévisible mais oubliée de tous nos commentateurs : ces élections ont rassemblé un peu plus que leur précédente édition. L’abstention n’aura pas été aussi forte. Ouf, sans ça, on aurait frôlé la catastrophe !

L’avantage évident d’une telle participation (qui reste tout de même fort moyenne, ne l’oublions pas), est que le score minable du Parti Socialiste (péniblement autour de 20%) ne pourra pas être noyé dans l’abstention, source pratique de tous les maux républicains lorsqu’on doit en trouver une, de préférence extérieure au parti. Au passage, cette abstention ne pourra pas être non plus tenue responsable de faire le lit, le ménage, la vaisselle et le repassage des chemises brunes fripées du Front National.

ton élu ps - vote socialisteParadoxalement, les gens s’étant davantage déplacés, cela veut aussi dire que les abstentionnistes ont certainement moins joué sur la composition finale du scrutin. Mathématiquement, les scores des uns et des autres sont donc d’autant plus significatifs (si tant est qu’une élection qui, finalement, n’arrive pas à mobiliser plus d’un électeur sur deux reste représentative de quoi que ce soit d’autre que de la désaffection des Français pour les pantomimes ridicules de nos politiciens). Rassurez-vous, on n’entendra pas cette analyse, et même plutôt le contraire puisqu’on entend déjà qu’avec une baisse de l’abstention, le score du FN est moins bon que prévu (magie des médias : quoi que fasse ce parti, il perd – c’est pratique, notez bien : on gagne un temps fou pour les éditos).

L’inconvénient en balance, c’est que cela veut aussi dire qu’un gros nombre de Français croit avoir envoyé un message. « Cette fois-ci, les politicards vont voir ce qu’ils vont voir, scrogneugneu », et le FN monte encore (son score est supérieur à celui des européennes, en nombre de voix et en proportions de votants). Mais en réalité, on sait déjà ce que vont bafouiller les élus, les ténors des partis et les battus : « nous avons entendu le message des Français, car il est clair ».

Notez bien qu’il l’est toujours, et qu’à chaque fois qu’un mouvement de balancier de droite à gauche ou de gauche à droite se produit violemment, l’un et l’autre camp s’accordent à expliquer à quel point il n’y a pas d’ambiguïté et que la réception du message chiffré s’est faite dans d’excellente conditions, 5 sur 5, roger and out. La réalité, c’est qu’après avoir reçu le message, les réélus et les fraîchement élus déboutonnent le haut de leur chemise, desserrent un peu leur cravate et oublient immédiatement le message et l’avertissement qu’il constituait. Cette fois-ci ne sera pas différente des précédentes.

give a man someone elses fish and he ll vote for youEt ce sera d’autant plus vrai que le mode de scrutin, à deux tours, favorise outrageusement les gros partis au programme plus ou moins rose qui ratissent très large (ce qui explique d’ailleurs la méthode Marine Le Pen qui aura tout fait pour transformer le petit parti poujadiste de son père en gros parti qui ratisse large avec un programme rose vif). Dans l’énorme majorité des cas où le Front National est encore en lice au second tour, il se retrouve vaguement en position d’arbitre, ou a simplement fait écran à l’un ou l’autre candidat d’un des deux partis de la rotation institutionnelle. Autrement dit, au second tour, on va encore se retrouver avec une majorité UMP (comme on se serait retrouvé avec une majorité PS si le pays avait été gouverné par les clowns de droite plutôt que l’actuelle brochette de bouffons de gauche).

Enfin, pour la forme, il y aura peut-être une poignée de départements qui basculeront au Front National, ceux-là servant en quelque sorte de jetons de présence pour marquer les esprits : en 2015, aux élections départementales, la beuhête immonheudeuh que les bien-pensants et tout le Camp du Bien redoutent par-dessus tout, est maintenant parvenue à se hisser à un échelon de plus ! C’est abominable ! Déjà qu’il y a quelques députés du même parti, ça y est, c’est sûr, la France a basculé dans le côté le plus sombre de ses heures, et envoyez tout le tralala médiatique républicain avec option trémolos et sièges chauffants.

C’est évidemment grotesque, tant le différentiel réel entre les magouillards du PS, les fricoteurs de l’UMP et les bidouilleurs du FN est mince. Mais indépendamment des petites poussées de prurit républicain de nos médias, quelque part, on ne peut vraiment pas trouver ce résultat formidable.

L’UMP va être tout ragaillardi par cette poussée de popularité qui ne doit en réalité absolument rien ni à sa direction, qui baigne dans un burlesque de mauvais goût depuis un moment, ni à sa politique ou ce qui en tient lieu. Encore une fois, nous avons un champion par défaut, ce qui est quasiment pire que pas de champion du tout.

Voter ? Vraiment ?Le PS, copieusement battu, va évidemment jouer de tous les artifices pour cacher sa déroute, qui en utilisant le raboutage avec les partis amis, frères, alliés et copains, qui en minimisant les chiffres et en rappelant que, sur le papier et avant les élections, c’était la branlée de magnitude 9 qui était attendue et que là, on n’a qu’une petite magnitude 8, quasi-normale. On y ajoutera quelques manœuvres dilatoires sans intérêt et les affaires reprendront bien vite leur cours normal. Le pays réel, lui, va poursuivre son petit trajet vers les profondeurs marécageuses du déclassement, du chômage de masse, de la baisse de pouvoir d’achat, de compétitivité ou d’attractivité.

Enfin, le FN, le cul entre deux chaises, fanfaronnera sur ses résultats et le nombre dodu de voix récoltées, tout en n’ayant au final, au second tour, à peu près rien à montrer. Jolie performance démocratique qui permettra à nouveau à un parti qui n’arrête pas de grossir en nombre de militants, qui persiste à occuper de plus en plus de temps d’antenne et qui accroît son nombre d’électeurs, à concrétiser ces énormes avancées avec un triplet de députés et un éventuel couple de départements.

Là encore, c’est l’adjectif grotesque qui vient à l’esprit. Tout indique qu’une fois encore, les institutions républicaines dont se gargarisent nos élus s’avèrent incapables de représenter le choix des électeurs, aussi médiocre soit-il. Tout indique qu’encore une fois, à quelques rares exceptions, l’alternance traditionnelle va être respectée. Tout indique que ces vagues, aussi puissantes soient-elles, se brisent mollement sur les récifs institutionnels habilement conçus pour éviter de gros changements brutaux. Ça donne envie de voter, hein ?

Parce qu’en réalité, on assiste, une fois encore, à une amusante supercherie que les médias et les politiciens français persistent à reproduire.

En effet, pour des raisons évidentes mêlant praticité et désir à peine voilé de cacher l’état réel du pays, tous nos fringants journalistes et tous nos joyeux politiciens professionnels agglomèrent hardiment différents partis pour faire de bon gros blocs.

Ainsi, on présentera un bloc de « droite parlementaire », agglutination pratique de l’UMP, de l’UDI, du Modem, histoire d’obtenir un score décent, supérieur à 30% même. On utilisera le même procédé pour la « gauche parlementaire », en scotchant bout-à-bout le PS, les écolos, les radicaux de gauche, histoire d’obtenir un score qui, commodément, sera supérieur à celui du FN. C’est commode. Mais bon : on a le droit, puisqu’on est dans le « parlementaire », c’est-à-dire qu’on parle de gens qui sont capables de faire des partis différents, qui ont des plateformes de programmes différentes mais qui, pour sauver leurs miches, s’assemblent et se recomposent, cimentent du front républicain à qui mieux-mieux pour éviter de se faire démettre.

Mais la réalité que veulent ainsi travestir nos médias et nos politiciens, c’est que le FN, auquel personne ne veut s’allier, représente à lui tout seul un quart des votants, et ce chiffre est un chiffre net de tout amalgame. Si, plein de bonne volonté, on évitait aussi l’amalgame pour les autres partis, l’UMP aurait du mal à rassembler le même chiffre sans son UDI, le PS passerait largement sous les 20%, et tous les autres partis peineraient comme des diables à rassembler ne serait-ce que 10%. En fait, les chiffres du Ministère de l’Intérieur donnent ceci, et c’est assez limpide, en effet :

chiffres ministere intérieur - départementales premier tour 2015

De fait, le FN est bien le premier parti de France, sans la moindre ambiguïté, et ce depuis un moment. Or, cette réalité ne semble effleurer aucune rédaction. Et c’est bien normal puisque dit ainsi, on ne pourrait en conclure qu’une chose : la réalité fait le lit du Front National.

Et ça, ce serait intenable.

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Source : http://h16free.com/2015/03/23/37993-departementales-des-chiffres-pleins-damalgames


Vous allez voter ? Alors ne dites pas que vous ne saviez pas.

dimanche 22 mars 2015 à 09:00

Ce dimanche est un jour d’élections. Certains d’entre vous iront donc aux urnes, feignant de croire exprimer ainsi leur avis sur la gestion départementale. Peut-être est-ce donc le moment de rappeler quelques fondamentaux qui remettront les décisions de nos élus dans leur juste perspective historique, afin d’éviter, par exemple, qu’on nous ressorte l’inénarrable « on ne savait pas » une fois les élections passées.

On pourrait déjà noter qu’un nombre conséquent de nos actuels élus, conseillers généraux en place depuis plusieurs longues années, ont participé à la mise en place, dans les communes dont ils sont souvent aussi maires, de financements dont l’abondement fut réalisé il y a quelques années en utilisant ces emprunts adossés à des devises étrangères et soumis à des taux rapidement défavorables à la collectivité locale lorsque la situation économique mondiale n’est pas parfaitement maîtrisée. Ces emprunts, rapidement qualifiés de toxiques par les équipes d’irresponsables en place au moment de leur signature alors que la conjoncture partait en sucette, ont accru dans d’énormes proportions les difficultés souvent étendues dans lesquelles baignaient déjà les collectivités en question.

pawel kuczynski politiciens a la mangeoire

On savait grâce à une étude précédente, dont j’ai parlé récemment ici, que ces emprunts avaient été utilisés plus fréquemment parmi les collectivités locales les plus endettées. Oui, vous avez bien lu : ce sont bien les collectivités les moins bien gérées qui ont, préférentiellement, choisi ces montages dangereux et mal maîtrisés. L’étude (disponible ici), de Christophe Pérignon et Boris Vallée, montrait de surcroît que ces emprunts avaient été réalisés pour cacher le coût réel de la dette souscrite, d’une part, et montrait d’autre part de façon fort à-propos avec ce qui nous occupe ce dimanche, que ces emprunts étaient d’autant plus utilisés qu’une élection approchait, que l’élu était contesté et que les voisins proches de l’élu avaient eux-mêmes utilisé de tels montages, montrant l’aspect particulièrement moutonnier de nos politiciens.

En soi, ces éléments permettent déjà de se faire une idée assez précise de la qualité discutable des motivations de nos élus. Cependant, ce serait un peu court de s’arrêter là, surtout qu’une étude supplémentaire des mêmes auteurs et sur le même sujet apporte une lumière encore plus crue sur l’étendue de la supercherie qui s’est jouée au sujet de ces prêts dits toxiques.

Le mot « supercherie » n’est en effet pas de trop. Cette étude, disponible ici, a cherché à savoir si les politiciens locaux se sont effectivement faits rouler dans la farine en se faisant refourguer ces prêts, ou si, au contraire, ils ont pris les risques en toute connaissance de cause, en choisissant plutôt les bénéfices de court-terme en dépit des risques. Et, comme le lecteur régulier du blog et le moutontribuable, révolté mais lucide, peuvent s’en douter, la réponse est malheureusement sans équivoque : les évidences empiriques montrent que ces politiciens ont bel et bien choisi de façon habituelle (et probablement détendue) ces emprunts fort risqués à dessein, pour le gain politique, sans tenir compte des risques.

Mais le pire, c’est que, statistiquement, cette stratégie parfaitement éhontée a fonctionné : ces emprunts ont bel et bien aidé à leur réélection. On apprend en effet que sur les 300 plus grosses municipalités françaises, 72% ont utilisé ces prêts structurés complexes, dont 40% peuvent être classifiés de « toxiques » (i.e. pour lesquels le taux peut facilement atteindre les deux chiffres sur de longues périodes de temps, jusqu’à 30 ans). Et lorsque ces prêts ont été contractés, ils l’ont été pour aider à la baisse des impôts locaux, plutôt qu’à des investissements publics (et a contrario, bien sûr, d’une diminution des dépenses, qui aurait pu se traduire par la même baisse d’impôts).

Enfin, l’étude montre que ce sont aussi les politiciens les mieux éduqués, aux diplômes les plus élevés qui se sont lancés dans les opérations les plus risquées là où les responsables locaux de formations plus modestes se sont abstenus. Le syndrome énarchique semble avoir, là encore, frappé.

Rien que ces éléments devraient faire réfléchir plus d’un électeur lorsqu’il ira, ce dimanche, griller quelques calories par l’auguste mouvement du semeur de bulletin. Une réflexion qui devrait même largement le pousser à se demander combien de temps encore on va pouvoir le prendre ainsi pour un pigeon aussi facile à berner. Cependant, ce qui devrait, dans un monde normal, achever d’emporter toute la crédibilité des élus et futurs élus, c’est la dernière fourberie que les actuels parlementaires nous ont réservée ces derniers jours.

Parce qu’un foutage de gueule ne serait pas entier s’il n’était pas public, s’il n’était pas affiché haut et fort, et s’il n’avait pas cette capacité à nous rappeler qu’en définitive, nous méritons, tous, la fange qu’ils nous jettent à la figure, les parlementaires ont en effet clôt la semaine sur un vote, unanime, renforçant l’indemnisation des élus battus.

politics, before & after elections...

Bien tristement, il ne s’agit pas d’une loi qui s’occuperait de mettre en place une indemnisation pour ces élus ou leurs familles survivantes lorsque la foule, exaspérée par leurs comportements et leurs casiers judiciaires, s’en prendrait à eux et les battrait comme plâtre. Malheureusement, c’est bien d’une loi visant à leur offrir de confortables coussins financiers lorsqu’ils se font débarquer par les voies naturelles de la démocratie.

Cette loi prévoit notamment de doubler la durée d’indemnisation des élus après la fin de leur mandat. Comme l’explique le député socialiste Philippe Doucet, les sanglots dans une voix tremblante d’émotion,

« Un maire battu aux élections n’a pas le droit à Pôle emploi. Il s’agit que les élus n’aient pas moins de moyens que le reste de la population parce que ça peut freiner les ambitions de ceux qui voudraient s’engager .»

Eh oui. Tout comme un artisan, un commerçant, un indépendant ou une profession libérale qui se gamelle, un député, un maire ou un conseiller général n’a pas droit à Pôle Emploi. Mais au contraire de l’artisan, du commerçant, de l’indépendant ou de la profession libérale, l’élu, lui, écrit les lois et peut donc largement corriger cette situation inique. Comme le souligne ce député solidaire avec l’argent des autres, ce serait en effet dommage que cette absence d’indemnisation en cas de défaite ne freine les ambitions de ceux qui voudraient s’engager en politique.

Ben oui. Ce serait dommage que la politique ne soit pas un métier, que dis-je, une carrière, avec des émoluments, des gratifications, des à-côtés plantureux, des indemnités en cas de pépin et des golden-parachutes ici ou là, alors que chacun sait que les « autres » professions en bénéficient.

Moutontribuables, ce dimanche est un jour d’élections. Si vous avez choisi, encore une fois, d’adouber ce système, relisez bien ce billet. Repensez bien aux emprunts que ces élus vont faire sur votre dos, avec votre argent et celui de vos enfants. Rappelez-vous bien du cynisme qui les motive. N’oubliez pas cette loi, subtile et tendre, qu’ils viennent de voter, à l’unanimité, pour se molletonner les fesses en cas de déroute pourtant largement méritée.

Et surtout, après avoir glissé le bulletin, lorsqu’on apprendra que les élus ont, encore une fois, merdé, qu’ils ont, encore une fois, dépensé sans compter, qu’ils ont encore une fois trempé leurs gros doigts dans vos pots de confitures, encore une fois, encore une fois

… Ne venez pas dire que vous ne saviez pas. Vous aurez eu ce que vous méritez.

Bulletin de vote

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Source : http://h16free.com/2015/03/22/37775-vous-allez-voter-alors-ne-dites-pas-que-vous-ne-saviez-pas


L’histoire éclairante d’un petit logo

vendredi 20 mars 2015 à 09:00

Ils sont autour de nous et souvent nous indiquent ce à quoi nous avons affaire : les logos, petits pictogrammes simples, permettent d’identifier visuellement une entreprise, une institution, un produit, un service ou, dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, une méthode de fabrication. Car c’est au « fait maison » que je vous propose de vous intéresser le temps d’un billet…

C’était mi-juillet dernier : dans la moiteur relative d’un été banal, le décret du 11 juillet 2014 relatif à la mention « fait maison » est entré en vigueur dans les restaurants français, afin, selon le gouvernement, de « mieux informer le consommateur sur les plats qui lui sont servis et de valoriser le métier de cuisinier », apparemment pas assez valorisé en France, pays où la cuisine et la gastronomie ont toujours été traitées à la légère.

Il était temps : en France et depuis des temps immémoriaux, certains petits filous utilisaient la mention « Fait maison » alors qu’en fait, c’était même pas vrai d’abord, ce qui a poussé le gouvernement à agir avec la fermeté et la rapidité qui l’ont toujours caractérisé.

Jusqu’à présent en effet, certains restaurateurs n’hésitaient pas à faire passer pour un plat « fait maison » de simples recompositions réchauffées de plats préparés et refroidis loin de leur gargote. Le consommateur, trahi, ne revenait pas s’il l’apprenait et en profitait pour faire une publicité détestable à l’établissement cachottier … ou s’en foutait complètement s’il trouvait son repas à la hauteur de ce qu’il avait payé. Depuis que le monde est monde (ou, à tout le moins, que la chaîne du froid permet certains miracles), les clients ne s’en sortaient donc pas trop mal pour valoriser correctement le petit routier aux odeurs graisseuses et l’auberge discrète connue d’habitués au teint rose. Vous le comprenez : la situation était intenable, le gouvernement devait agir !

logo fait maisonPouf, le logo « Fait Maison » était né.

Enfin, « pouf », façon de parler puisque, d’une part, tout ceci aura tout de même pris quelques semaines d’âpres discussions entre les différentes parties prenantes de ce magnifique projet, et que, d’autre part, le logo n’a pas été réalisé gratuitement non plus. Et en fait de discussions, on se souvient de véritables empoignades entre les tenants de cette nouvelle irruption du légal, de l’État et de la règlementation dans la cuisine française, et ceux qui n’ont eu de cesse de pointer les lacunes et les dérives que la loi accompagnant le logo introduisait avec la délicatesse d’un éléphant sous amphétamines dans une fabrique de porcelaine.

Il faut dire que, dès le départ, de solides objections avaient été formulées, à commencer par le fait, gênant, que la notion de « produit brut » ne s’applique pas qu’au frais, mais recouvre aussi les aliments épluchés, découpés, hachés, nettoyés, désossés, moulus, broyés, salés, réfrigérés, congelés ou conditionnés sous vide. Youpi, à cet aune, le « fait maison » s’applique alors aussi sur un plat préparé à partir de produits surgelés : le « chef » qui colle une viande sortie de son sachet avec des rondelles de carottes tombées d’un autre sachet dans un micro-onde et réchauffe le tout peut fièrement exhiber un « fait maison » tout à fait crédible.

Plus rigolo encore, dans une liste à la Prévert qui laisse penser que des groupes de frétillants énarques et d’inventifs députés en roue libre ont consciencieusement œuvré à la rédaction de la loi, on apprend que le « fait maison » n’impose pas de faire sa propre pâte feuilletée, qu’on peut acheter la charcuterie, sauf pour les terrines et les pâtés, qu’on peut se procurer ailleurs les sauces à condition de le préciser au consommateur, ou les biscuits secs, les fruits secs et confits, la choucroute crue, etc… Eh oui : dans l’excitation du moment, le législateur a voulu joyeusement tenir compte des traiteurs, des commerces non sédentaires (foires & marchés), et d’une myriade d’autres cas qui ont tous, gentiment, contribué à rendre le résultat complètement illisible, et surtout, incompréhensible pour le consommateur final.

Ce dernier, en effet, lorsqu’il voit le fameux logo, ne sait plus exactement à quoi s’en tenir puisqu’en définitive, il ne sait plus si tout est effectivement fait maison ou si ce qui se trouve dans son assiette est, essentiellement, un assemblage réchauffé de morceaux déjà cuisinés. Neuf mois plus tard, le constat est sans appel : le logo n’est apposé que rarement, et personne ne le connaît ni ne le reconnaît.

Pouf, le logo « Fait Maison » est un échec.

suddenly a muffin

Il faut dire qu’en plus de l’ambiguïté pour le consommateur, les gérants d’établissements ont hésité à utiliser ce logo car – nous sommes en France, ne l’oublions pas ! – ils encouraient ensuite le risque de voir débarquer des membres de la délicieuse Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRFCPEF), venus vérifier que le dit logo n’était pas apposé à la légère… Ce qui ne manque pas de sel lorsqu’on voit les conditions d’application que d’aucuns pourraient taxer de farfelues.

Bref, en un mot comme en cent, le logo est un échec, même si la député girondine à l’origine de l’initiative, Pascale Got, se refuse à employer ce terme (« puisque le label ne disparaît pas »). Quand bien même : encore une fois, l’État a cherché à légiférer ce qui devait plus que probablement (au vu du résultat) être laissé à la société civile. C’est un échec parce que la définition du « fait maison » se doit, une fois décrétée, de couvrir la multitude de cas que la réalité comporte et qui (méchante réalité !) ne se plie pas aux injonctions légales. C’est un échec parce qu’en plus, d’une profession à l’autre, cette définition change, l’intérêt de l’utiliser varie, et les bénéfices retirés auprès du consommateur ne sont pas toujours les même. C’est peut-être aussi un échec parce que l’initiative tient beaucoup plus d’un lobbyisme d’une certaine catégorie d’acteurs que d’une démarche générale de l’ensemble des personnes concernées. C’est enfin un échec parce qu’en ayant ainsi recherché un compromis qui ne froisse personne dans la transparence nécessaire à l’autorisation d’arborer le logo, on obtient quelque chose qui permet un peu tout et n’importe quoi et n’est plus du tout transparent…

Heureusement, l’entourage de la secrétaire d’État en charge du Commerce et de l’Artisanat, Carole Delga, concocte une nouvelle version « plus lisible, plus simple, plus pragmatique ». Tous aux abris ! Nous voilà rassurés !

Encore plus de lisibilité, encore plus de pragmatisme, encore plus de simplicité, à l’évidence, la prochaine mouture du logo gouvernemental va cogner du chaton mignon !

chaton youpi encore une mission réussie

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Source : http://h16free.com/2015/03/20/37857-lhistoire-eclairante-dun-petit-logo


France : l’étau se resserre tous les jours

jeudi 19 mars 2015 à 09:00

Peut-être est-ce l’approche des départementales qui rend le gouvernement nerveux ? Peut-être est-ce un sentiment d’urgence à agir pour montrer au peuple qu’on s’occupe des questions sécuritaires qui, dit-on, le taraudent ? Peut-être le Camp du Bien est-il aux abois ? En tout cas, cette semaine a été l’occasion d’une véritable accélération pour faire n’importe quoi et renier un à un tous les idéaux humanistes dont se gargarisent nos politiciens.

On veut donc montrer à tous qu’on s’occupe de bouter le terroriste hors de France. On va tout faire pour que les uns et les autres, enfin, respectent la loi, cette foisonnante loi que les parlementaires pondent au kilomètre tous les jours qu’ils peuvent. Et comme on ne fait pas d’omelette citoyenne sans casser les œufs libéraux, on va s’attaquer de front à deux encombrantes libertés fondamentales histoire de bien montrer qui est le patron ici, merdalafin. Ces deux libertés fondamentales, constamment attaquées ces quarante dernières années, n’ont pas connu plus vif grignotement que celui auquel on assiste ces derniers mois. Il ne se passe plus un mois, que dis-je, il ne se pond plus une loi sans qu’immanquablement, l’une ou l’autre de ces deux libertés soit rabotée au motif que la société ne saurait tolérer leur trop grande jouissance.

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Ces deux libertés sont celle d’entreprendre et de s’exprimer.

La liberté d’entreprendre, pour rappel, c’est celle de pouvoir créer une entreprise, se lancer dans cette aventure souvent âpre d’innover, de proposer d’autres modèles économiques et d’autres méthodes d’organisation du travail pour apporter un service moins cher, plus efficace, ou simplement nouveau aux consommateurs, aux citoyens et aux contribuables. Cette liberté est essentielle pour garantir des emplois au plus grand nombre possible, un meilleur pouvoir d’achat, une amélioration de ses conditions de vie autant lorsqu’on est du côté de la production de cette offre que lorsqu’on est du côté de sa consommation. Attaquez cette liberté d’entreprendre et vous attaquerez, directement, le pouvoir d’achat, la capacité d’emploi, l’envie d’innover et même de rester en France.

De façon consternante, le gouvernement s’y emploie avec application et obstination depuis des années, et a même passé le turbo ces derniers mois, comme en témoigne la récente descente musclée de police dans les locaux de Uber. Pour rappel, Uber, c’est ce célèbre trafiquant de drogue et d’armes installé dans une cité chaude d’un quartier pudiquement qualifié de sensible de la petite couronne parisienne, et dont les activités, trop florissantes et visibles de tous dans la commune, ont fini par attirer l’œil de notre efficace appareil de répression judiciaire. Il était temps, les riverains d’Uber n’en pouvaient plus de ces trafics incessants et de ce que d’aucuns soupçonnaient être, en plus, de la traite des blanches. L’action policière mettra sans doute un terme à …

Oh. Wait.

mini thevenoudOn me fait savoir qu’en réalité, Uber n’est qu’une entreprise permettant de mettre en rapport des internautes désireux de se déplacer avec des chauffeurs désireux de les transporter, le tout moyennant une somme modeste, négociée à l’avance, et payée directement au travers de l’application sans possibilité de faire du black comme tant de taxis y sont habitués. Voilà qui, assurément, mérite largement que le gouvernement s’empare de la question et fasse pondre une loi par l’un de ses plus frétillants représentants, dont la phobie administrative ne va pas jusqu’à l’empêcher de pondre des textes qui seront recalés par l’Union Européenne. Bien sûr, le fait qu’Uber permette de créer ou de fournir une activité rémunérée à toute une population ne joue pas dans la balance : lorsqu’on mène une guerre contre l’innovation et la liberté d’entreprendre, chaque ennemi qui tombe sous les balles légales est une victoire.

Pendant ce temps, et pour ne pas refroidir, on va consciencieusement raboter la liberté d’expression, pourtant portée en étendard le 11 janvier dernier par un frémissant cortège de Tartuffes très au-devant d’une foule qu’ils ne voulaient pas trop approcher.

bande de charlie

Et pour cela, il est loin le temps où on employait encore le petit ciseau de charpentier. De nos jours, on y va à la scie circulaire industrielle, et le découpage va bon train : dans le cadre d’un projet de Loi de Renseignement révélée par Le Figaro récemment, on apprend que les opérateurs télécoms et les sites internet vont être contraints à participer activement à la lutte contre le terrorisme en France. Dans son article 3, le texte envisage ainsi de permettre aux enquêteurs d’obtenir un « recueil immédiat, sur les réseaux des opérateurs » des données de connexion des suspects, dont la définition sera, par nature, laissée aussi floue que possible, l’accusation de terrorisme semblant ici justifier tous les arrangements possibles avec les principes fondamentaux liés à la liberté de l’individu. Le tout, bien sûr, sans passer par un juge, curiosité amusante des siècles passés et dont on se passe apparemment très bien en République Populaire Française.

Mieux encore, le même article vise à contraindre les intermédiaires (i.e. les fournisseurs d’accès internet, encore une fois cibles privilégiées du législateur) à « détecter, par un traitement automatique, une succession suspecte de données de connexion » … Rassurez-vous : ce traitement automatique ne sera pas laissé au libre choix du prestataire puisqu’en substance, l’idée consiste à installer de belles boîtes noires entre le fournisseur et l’internaute, boîtes noires qui, facétie de l’histoire, ont été conçues il y a quelques années pour des régimes démocratiques, populaires, républicains, humanistes, citoyens et festifs comme ceux de Khadafi et Bachar El-Assad. C’eut été dommage de ne pas les utiliser chez nous (faut pas gâcher !). La France a donc choisi, presque ouvertement, de basculer joyeusement sur le modèle internet proposé par d’autres grands pays démocratiques comme la Chine ou la Corée du Nord.

Voilà qui est fort youpi, non, pour un gouvernement estampillé Camp du Bien ?

Jeune : la loppsi te protège contre les pedonazisIl y a quelques années, lorsque je mentionnais déjà les dérives liberticides et d’essences totalitaires que nous pondaient les gouvernements en place, qu’ils eussent été sarkoziens, fillonesques, ayraultiques puis vallsiques, j’avais toujours le droit à quelques commentaires sur l’aspect caricatural ou exagéré de mes propos. À mesure que les années passent, l’exagération paraît moins grande, et ces commentaires se font plus sporadiques.

Quand, de surcroît, on apprend, en parallèle à ces rabotages forcenés de libertés, que le gouvernement entend aussi, par la même occasion, établir un contrôle de plus en plus sévère de l’argent liquide, toujours au motif de lutte contre les nazis pédophiles de droite terroristes, on comprend que la tendance est lourde, pas du tout fortuite, et manifestement ancrée dans les mœurs et habitudes des politiciens.

La France ressemble de plus en plus à la Patrie des Droits de l’Homme en Conserve. Ce pays prend une sale tournure. Si je me laissais aller, j’irais même jusqu’à dire qu’il est foutu. Mais ce serait trop caricatural, bien sûr.

fascism

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Source : http://h16free.com/2015/03/19/37929-france-letau-se-resserre-tous-les-jours