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Retraites : encore une réforme de gauche… qui aggravera les problèmes

mercredi 11 décembre 2019 à 09:00

Ainsi donc, alors même que la recette détaillée de la sauce Macron pour les retraites n’est pas encore connue, analysée et épluchée, tout le monde sait qu’il n’en sortira rien de bon, à commencer par les salariés et syndicats des entreprises publiques, au premier rang desquelles celles bénéficiant de régimes spéciaux.

Pourtant, tout ne s’annonçait pas si mal pour cette énième réforme.

Eh oui, souvenez-vous : au départ, tout ce nouvel édifice de petits calculs de trimestres et de pénibilité, d’euros transformés en points, de hauteur et de longueur de cotisations, de taille de pension et d’âge du capitaine, tout cela ne sort pas, pouf, du cul pailleté d’une licorne, mais bien des cerveaux d’une gauche tout ce qu’il y a de plus ordinaire, estampillée solidaire, progressiste, conscientisée et évidemment socialiste…

Comme nous le rappelle Les Echos avec un très intéressant article récemment paru à ce sujet, ceux qui ont planché sur cette réforme ne sont pas des inconnus : on retrouve ainsi la patte d’Antoine Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques, qui avait, pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, œuvré à cette proposition de réforme d’autant plus facilement que cet économiste normalien avait fait des retraites le sujet de sa thèse, rédigée en 2006 sous la direction d’un certain … Thomas Piketty.

Sapristi, Piketty, Bozio, ne dirait-on pas des gens ouvertement de gauche ?

Nos deux compères iront même jusqu’à écrire un livre ensemble en 2008, « Pour un nouveau système de retraites », dans lequel ils proposent un système « unifié de comptes individuels de cotisations offrant les mêmes droits et les mêmes règles à tous les travailleurs ».

Sapristi, ne dirait-on pas l’actuelle tentative macronienne de réforme des retraites ?

D’autant qu’à la lecture de l’historique de cette réforme, on se rend compte que les débats qui agitent maintenant le pays et les sphères du pouvoir macronien agitaient déjà les têtes pensantes de l’équipe électorale d’alors : utilisera-t-on la réforme pour faire des économies ou pas sur le dos des retraités ? La réforme sera-t-elle aussi profonde que voulue, ou ne pourrait-on pas y inclure quelques savantes bidouilles paramétriques (sur la durée et les taux de cotisation par exemple) ? Autant de questions qui sont encore en suspend à ce jour.

Mieux encore : alors même que les pères de cette réformes (Piketty et Bozio) sont bien de gauche, sans le moindre doute, l’article revient sur les autres participants comme Pisani-Ferry ou Aghion, eux-mêmes issus de la gauche, et qui forment un ensemble relativement cohérent mais décidément, furieusement et indéniablement pas du tout libéral au contraire de ce qu’on peut lire un peu partout, surtout depuis que la réforme déplaît.

Car elle déplaît, ça au moins reste sûr, solide et quasiment garanti dès le départ. À tel point que chacun de ces économistes s’est plus ou moins vite éloigné du monstre qu’ils ont enfanté tous ensemble.

Sans surprise, Piketty (qui ne peut pas piffrer Macron) a aussi vite qu’il l’a pu, renié toute paternité en dénonçant aussi bruyamment que possible l’arnaque d’une telle réforme. Le retournement de veste est aussi fracassant qu’hypocrite.

Les trois autres se sont aussi fendus d’une tribune expliquant finalement que « m’oui, m’non, m’voyez cette réforme, ce n’est pas clair et si on nous demandait notre avis, là, maintenant, on n’y serait plus trop favorable, m’voyez » (en substance).

Dans un tourbillon de précautions rhétoriques assez caractéristique d’un franc refroidissement d’humeur, nos trois promoteurs penauds rappellent qu’une réforme qui marche bien, rend heureux et donne des fesses roses ne peut parvenir à ces enviables résultats que si elle ne conduit pas à une « dégradation de la situation des fonctionnaires », notamment les enseignants, et si « aucune catégorie n’est perdante ».

Autrement dit, il faut réformer mais que personne ne perde aucun avantage. Je vous laisse imaginer la gueule du Frankestein administratif qui parvient à réaliser cette prouesse…

Il n’en reste pas moins que cette réforme d’un modèle égalitariste d’inspiration socialiste, au départ propulsée par nos économistes de gauche, semble subitement moins intéressante une fois qu’il faut vraiment la mettre en place et que (ô surprise) la partie du peuple qui va devoir faire des efforts se rebelle. Il convient alors de feindre la combattre. Ça ne mange pas de pain et c’est médiatiquement bien plus porteur…

Notons en outre que pendant que toute la gauche se rebelle contre la réforme proposée par la gauche, la droite ne propose à peu près rien. Partant de là, entre le mutisme des uns et l’immobilisme des autres, on ne peut qu’être surpris par ceux qui pensent que ce mouvement aboutira à une amélioration quelconque de quoi que ce soit. Ils sont d’une naïveté qui serait touchante si c’était la première fois que ça se passait dans le pays.

En effet, politiquement, la situation est complètement bloquée : soit Macron finit par lâcher (ce qui a le plus de chances d’arriver). Ce ne sera pas présenté ainsi, mais ça reviendra au même en vidant complètement la réforme de toute substance, ce qui ne résoudra absolument rien des problèmes de retraite.

Symétriquement, l’actuelle solution proposée est du reste aussi mauvaise (la réaction épidermique de ceux-là même qui la propulsèrent il y a deux ans en dit long à ce sujet). Ce qui veut dire que si Macron, a contrario, ne lâche rien, on ne sera pas plus sorti le cul des ronces.

De surcroît, s’il lâche, cela reviendra à émettre un magnifique message sur le mode « Oui, on peut paralyser un pays déjà économiquement sinistré aux veilles des fêtes pour obtenir ce qu’on veut », ce qui rendra toutes négociations suivantes encore plus complexes, voire douloureuses. Les gauchisteries les plus minables persisteront et le petit peuple continuera de se faire rouler dessus (mais pas en train, rassurez-vous, ils seront de plus en plus souvent à l’arrêt).

Et inversement, si le président ne lâche rien, il va de soi que la situation ira probablement au mieux à une paralysie économique dans une période normalement cruciale pour l’économie et le commerce, au pire au clash avec un affrontement ouvert entre deux parties de la population, celle qui proteste et reste campée sur ses chers (très chers) acquis, et celle qui voudrait bien travailler.

Pour faire bonne mesure, on pourrait ajouter à ce tableau le cas hypothétique mais pas impossible d’un attentat sur un quai de gare bondé, qui donnerait à l’ensemble un aspect encore plus baroque.

Je ne vois pas comment tout ceci peut se terminer avec un gain pour qui que ce soit : tout le monde sent, confusément ou non, que l’actuel système est voué à une faillite retentissante. Personne ne semble prêt à vouloir faire un effort, et très logiquement, surtout pas ceux dont les bénéfices actuels sont les plus élevés. La moindre idée de réforme provoque un blocage du pays qui aggrave à la fois les problèmes économiques et sociaux déjà présents, et accroît les antagonismes au sein de la population.

Ce qui veut dire que, quoi qu’il arrive, le peuple va s’en prendre plein la gueule.

Cependant, Et comme il a voté, avec constance et obstination, exactement pour ça depuis 40 ans, j’ai envie de dire: bien fait.

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Source : http://h16free.com/2019/12/11/65026-retraites-encore-une-reforme-de-gauche-qui-aggravera-les-problemes


Les meilleures retraites du monde ? Les Français n’y croient plus

lundi 9 décembre 2019 à 09:00

Comme prévu, l’action syndicale du 5 décembre a largement débordé (tant en délai qu’en violence) ; casses et violences maintenant habituelles des troupeaux humains en mal de frissons se sont ajoutées à un énième mouvement de protestation des services publics refusant de s’aligner sur la situation nettement moins privilégiée du privé, et le message général a largement porté : il est vraiment hors de question que les régimes spéciaux de retraite financés par le privé soient vaguement modifiés, tout comme il est impossible d’imaginer la moindre réforme des retraites françaises sans que l’habituel noyau dur des collectivistes ne paralyse tout le pays.

Et comme on les comprend ! Pour eux, aucun doute possible : le système actuel de retraites françaises est particulièrement plantureux, et d’autant plus qu’on en est directement bénéficiaire, qu’on a fait carrière dans les services publics ou qu’on en est encore salariés, et mieux encore si l’on se qualifie pour l’un des fameux régimes spéciaux particulièrement généreux.

Pas étonnant dans cette situation d’entendre régulièrement les leaders syndicaux, Philippe Martinez en tête, répéter à l’envi qu’on bénéficie du « meilleur système de retraites du monde ». Pour ce dernier, c’est même tout le « socle social » qui est « l’un des meilleurs au monde ».

Évidemment, tout dépend pour qui.

S’il semble acquis que c’est bien le cas pour ceux qui peuvent partir en retraite bien avant 60 ans et toucher une pension quasiment équivalente à leur dernier salaire, il en va probablement assez différemment pour tous les commerçants ou les artisans dont la retraite pleine n’est possible qu’après 60 ans et pour lesquels les pensions sont notoirement plus faibles (elles tournent autour de 281 euros par mois pour les commerçants et 348 euros pour les artisans, à comparer aux 2 636 euros brut de moyenne des retraités SNCF, par exemple).

Eh oui, aucun doute : c’est bien d’intérêts catégoriels dont il est encore une fois question en France, pays de l’Égalité Pour Les Autres. Les actuels grévistes, harpant sur l’inamovible argument du « Le public fait grève par solidarité avec le privé », tenteront toujours de faire croire qu’en bloquant le pays, ils garantissent que les avantages de tous, y compris les non-grévistes, seront préservés.

C’est bien évidemment un mensonge complet, à plusieurs titres.

D’une part, à l’évidence, les avantages des uns ne sont pas financés par une génération spontanée de richesses : ce sont les bien « les autres », c’est-à-dire ceux qui ne bénéficient pas de ces avantages, qui abondent à ces régimes. La solidarité, ici, ne marche bien que dans ce sens là. Question égalité, on repassera.

D’autre part, lorsque les avantages et les droits des salariés et indépendants du secteur privé ont été régulièrement rabotés les décennies passées (notamment pour parvenir à financer les largesses offertes au secteur public), il n’y a pas eu un mouvement, pas une grève. Les leaders syndicaux d’alors et ceux d’aujourd’hui se sont bien gardés de mobiliser qui que ce soit pour défendre ces catégories-là. On se souviendra même des réactions outrées de ces mêmes syndicats lorsque certains indépendants et salariés du privés lancèrent des mouvements de protestations sans en passer par eux (les Pigeons en sont un exemple frappant). Là encore, il est difficile de nier l’évidence d’une lutte bel et bien catégorielle.

En outre, pour un système qui serait l’un des meilleurs du monde, on ne peut que s’inquiéter de la multiplication des rafistolages qu’il a déjà subis, avec des réformes majeures en 1993, 1999, 2003, 2008, 2010 notamment,

Enfin, et c’est à mon avis le point le plus important, il apparaît de plus en plus mensonger de faire croire que l’ensemble des Français seraient effectivement pour la conservation du système en l’état, ou même de faire croire que le peuple serait compactement favorable à l’actuel système par répartition, louangé par Martinez et tant d’autres comme « le meilleur au monde » : non, ce n’est plus le cas depuis plusieurs années, les Français ne veulent plus d’un système de retraite uniquement par répartition.

Deux récentes études démontent en effet l’idée selon laquelle le peuple serait encore unanimement favorable à ce système globalement inique et inévitablement voué à la faillite : une étude du Fondapol et un sondage du CECOP pour le Cercle de l’Épargne, montrent assez bien qu’aucun consensus n’existe sur la question.

L’étude Fondapol montre ainsi que plus de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans (52 %) privilégient le système de financement par capitalisation pour leurs futures retraites. Il semblerait qu’une majorité de ceux qui entrent actuellement sur le marché de l’emploi comprend très bien le jeu de dupes que représente la répartition qui aboutira pour eux à une retraite misérable ou nulle, malgré des ponctions croissantes sur leurs salaires actuels.

Quant à l’étude CECOP, elle aboutit au même constat lorsqu’elle interroge sur l’introduction d’une part de capitalisation dans le régime des retraites : c’est une majorité de Français (57%) qui en sont partisans, et notamment 61% des jeunes de 18-25 ans (cf. tableau p.8). Sans surprise au passage, 75% des commerçants et artisans seraient favorables à l’introduction d’une part de capitalisation. Pour ceux dont les retraites sont actuellement les plus faibles (avec les agriculteurs), on ne sera pas trop étonné.

Rassurez-vous cependant : l’idée même que les Français pourraient devenir maître de leur propre retraite, choisir combien cotiser, quand, à quel rythme et dans quel but, voire – soyons carrément fous – imaginer partir plus tôt ou plus tard en fonction de leurs besoins ou de leurs contraintes, tout ça n’est absolument pas sur la table.

Tant du côté des syndicalistes que du gouvernement lui-même, cette question n’est surtout pas posée : comme on le comprend en lisant par exemple l’entretien accordé par Delevoye, le « Haut Commissaire aux retraites », insuffler un peu de liberté dans ce pays est une véritable hérésie que les autorités et les syndicats s’entendront à combattre avec la dernière énergie. Ainsi, parlant des jeunes, le Haut Commissaire explique :

« Ceux qui pensent à leur retraite sont convaincus qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes, en mettant de l’argent de côté. Cette idée de la capitalisation progresse. Moi, j’ai envie de me battre pour le modèle par répartition, et cette réforme va permettre de le sauver et le consolider. C’est une réforme pour les jeunes. »

Autrement dit : les jeunes ont bien compris qu’ils allaient se retrouver en slip, mais le gouvernement se battra pour qu’il n’en soit pas autrement. Épaulés par les syndicats collectivistes et la frange de population largement créditrice des largesses du système, on peut donc raisonnablement parier sur un nouveau blocage long du pays, un enlisement rapide de toute négociation, une évaporation de toute solution crédible un peu durable et, conséquemment, un abandon en rase campagne des velléités de réformes.

Ce pays est donc foutu.

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Source : http://h16free.com/2019/12/09/64995-les-meilleures-retraites-du-monde-les-francais-ny-croient-plus


[Redite] On n’est tout de même pas arrivé là par hasard

dimanche 8 décembre 2019 à 11:00

Article initialement paru le 07.12.2018

Le billet que vous pouvez lire ci-dessous a été écrit il y a un an et constituait déjà un petit récapitulatif de la situation courante française, en notant au passage que tout se déroulait comme prévu, c’est-à-dire mal. Le constat reste évidemment le même un an plus tard pour les grandes lignes. Les détails, eux, montrent que les problèmes français se sont empilés, aggravés, étendus, et que rien n’indique une véritable amélioration où qu’on regarde : non seulement, la situation n’est pas bonne, non seulement elle s’aggrave clairement, mais tout indique que c’est essentiellement du fait des agitations consternantes des politiciens … que les Français ont élu.

Jamais une Nation n’est devenue riche en se taxant à mort. Jamais. Mais c’est, malgré cette vérité inaltérable, exactement ce que tous, en France, entendent faire. Forcément, ça va bien marcher.

Intéressante période que celle que nous vivons actuellement et qui, à défaut d’offrir de réjouissantes perspectives pour les prochains mois, permet de réfléchir un peu sur l’état général du pays.

Et lorsqu’on se penche sur sa situation, difficile d’être véritablement surpris par ces mouvements de foule de moins en moins contrôlés.

Pour commencer – et ces colonnes en attestent depuis des lustres – le train de vie de l’État français n’a jamais été aussi dispendieux. Non seulement, ce patapouf obèse a pris une ampleur invraisemblable, mais en plus l’a-t-il fait aussi bien sur le dos des générations courantes que des générations futures, avec une dette qui explose maintenant tous les plafonds.

Il suffit de ressortir quelques graphiques édifiants pour bien comprendre que non, décidément, rien de tout ce qui se passe en ce moment n’était imprévisible.

Ainsi, la pression fiscale n’a cessé d’augmenter pour atteindre maintenant des seuils invraisemblables au point que la France est maintenant le leader incontesté des enfers fiscaux de la planète. Oh, bien sûr, les indécrottables collectivistes argueront que ces niveaux de prélèvement sont amplement justifiés par nos belles infrastructures et nos magnifiques services publics, en oubliant qu’avec 10 à 20 points de prélèvements de moins comme en Allemagne ou en Suisse, les services dispensés et les infrastructures présentes y sont pourtant meilleurs.

Il faut être sacrément aveugle ou très solidement endoctriné pour ne pas voir la corrélation étroite entre la pression fiscale d’un côté et les capacités de croissance d’un pays. Pour la France, là encore, cela se traduit par un fort joli graphique dont on n’entend que rarement l’analyse ou la simple mention dans nos journaux conscientisés, nos plateaux télés pleins comme un œuf d’experts tous plus affirmatifs les uns que les autres sur les bonnes solutions à appliquer.

De la même façon, il faut faire preuve d’un optimisme d’airain ou, plus probablement, d’un entêtement absurde pour persister à penser que les solutions appliquées jusqu’à présent en matière de lutte pour l’emploi, contre le chômage et la précarité ont été d’une quelconque utilité. Tout indique au contraire que tous les efforts gouvernementaux se sont traduits au mieux par des résultats microscopiques, au pire ont été parfaitement contre-productifs.

Bien joué la France !

Pas étonnant non plus dans ce contexte que le moral des Français soit en chute libre : plus ces derniers s’échinent à produire (au point d’avoir une productivité record), plus ils font preuve de souplesse pour s’adapter à des horaires étendus, à des emplois éloignés de chez eux ou à des salaires minimalistes, plus la situation économique se dégrade et moins l’État leur laisse de marge financière.

Pire encore : les élus semblent se passer le mot pour concerter leurs efforts en vue de pourrir encore plus la vie de leurs concitoyens.

Outre la multiplication invraisemblable de règles toujours plus complexes, outre l’imposition de normes toujours idiotement supérieures aux normes européennes (donnant à nos voisins de nombreux avantages concurrentiels) dans le seul but de frimer (ou pour favoriser d’énièmes connivences), outre la prolifération de vexations routières diverses pour bien faire comprendre que posséder de voiture est une honte ultime, outre tous ces éléments, les mêmes élus se relaient pourtant, nuit et jour, dès qu’ils le peuvent, pour inventer une nouvelle taxe, une nouvelle interdiction, une norme, une règle ou une contrainte supplémentaire : alors que la fronde des Gilets Jaunes bat son plein, alors que la France crève de n’avoir pas assez d’emplois créés, de ne pas assez attirer les entreprises sur son sol, Bruno Le Maire relève le défi de le rendre encore moins attractif, encore plus fiscalement dangereux d’y faire du business en revenant à la charge (EncoOÔOore une fois !) avec une « nouvelle » proposition de taxe sur les GAFA. Et quand ce n’est pas les GAFA, c’est (roulement de tambours) le reste des entreprises.

On en vient à se demander si leur cogner vigoureusement sur le museau ne serait pas, finalement, la seule façon de calmer leurs compulsions taxatoires rabiques et tenter de faire rentrer cette réalité pourtant simple : jamais une Nation n’est devenue riche en se taxant à mort. Jamais.

Parallèlement, dans une sorte d’ironie mordante que seule peut nous offrir la vie courante, réelle et loin des cirques politiques artificiels, on apprend que la fiscalité française est tellement confiscatoire que même l’État français cherche lui aussi à y échapper : Engie (ex GDF-Suez), dont l’actionnaire principal n’est autre que l’État français lui-même, aurait ainsi transféré au Luxembourg une partie de ses capitaux (27 milliards tout de même) pour réduire sa facture fiscale.

En somme, alors que Macron prétendait réformer le pays et que la petite troupe de ses suiveurs l’a élu pour ça, tous les indicateurs pointent dans le même sens : les gabegies continuent, les dépenses ne se sont jamais aussi bien porté et de façon générale, non seulement le gouvernement actuel ne fait pas mieux que le précédent sous Hollande, mais tout indique qu’il a même accéléré la tendance.

Soit, il a bénéficié d’un terreau favorable à ses expérimentations fiscales déchaînées : après 40 ou 50 années de propagande anti-capitaliste et d’enseignement indigent de l’entreprise, de l’économie et du marché, le peuple est mûr pour n’y plus rien comprendre et s’enfoncer mollement dans la facilité des slogans tout faits (et tout faux) sur une fumeuse justice sociale et la nécessité de taxer les riches pour aider les pauvres, alors que la seule justice fiscale se résume fort simplement à une baisse globale de tous les impôts, pour tous, et à une baisse, logique et conséquente, de la présence de l’État partout dans nos existences.

Non, décidément, rien de tout ce qu’on observe actuellement, rien de ce mouvement des Gilets Jaunes n’est fortuit. Il n’est que le strict aboutissement d’une bastonnade de plus en plus vigoureuse du peuple sur lui-même, après son découpage en tranches plus ou moins fines pour opposer les unes aux autres dans une application d’un « diviser pour mieux régner » à la hauteur des petits machiavels poudrés de l’administration qui ont pris le pouvoir depuis plus de 40 ans.

Je crains qu’on ne soit à présent arrivé au bout de cette tactique.

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Source : http://h16free.com/2019/12/08/65006-redite-on-nest-tout-de-meme-pas-arrive-la-par-hasard


Fini de rire : la République du Bisounoursland entre en lutte contre la Haine !

vendredi 6 décembre 2019 à 09:00

Avec ces grèves, ces grognes et ces gargouillis de la populace syndicalisée, toute la France est à l’arrêt. Toute ? Non ! Un valeureux groupe de ministres, âpre à la tâche, continue vaille que vaille à travailler, à faire reculer chaque jour les problèmes, angoisses et difficultés que le pays traverse. Et lorsqu’un cimetière est profané, Castaner passe à l’action !

Il faut dire que l’indignation est à son comble : rendez-vous compte, un cimetière français a été profané ! C’est si inimaginable, si baroque, si invraisemblable et si consternant qu’on se demande comment et quand la France a pu sombrer ainsi pour observer de telles dérives sociétales !

Vraiment, depuis l’affaire du cimetière de Carpentras en 1990, on pensait que le passé ne ressurgirait pas ainsi, hideux et gluant, tant toute forme d’incivilité à l’égard des lieux religieux ou de culte sont complètement passé de mode dans le pays, n’est-ce pas…

D’une part, tout le monde sait que ces actes sont – forcément – la marque de l’extrême-droite rampante (et rien d’autre), et ils ne peuvent rester impuni. D’autre part, tout le monde sait aussi que ces exactions sont suffisamment rares et tournées vers un couple de religions seulement (la juive et la musulmane) pour que toute la presse s’empresse de traiter le sujet avec componction.

Ceci explique amplement pourquoi on fait tout un foin lorsque l’extrême-droite attaque une mosquée, comme le relate ce petit article passé inaperçu où l’on apprend que la mosq… l’église St-Jacques de Grenoble a été incendiée par un groupuscule d’extrême-dr… gauche ahem bon bref vous comprenez bien qu’on ne peut pas parler de toutes les profanations tout le temps n’est-ce pas. Il y en a si peu qu’on ne doit s’attarder qu’à certaines.

C’est probablement pour cela que Christophe Rantanpl Castaner a aussi choisi d’évoquer le cas de la chapelle du Carmel de Marienthal vandalisée par un individu rapidement interné et qu’il… Ah, on me souffle dans l’oreillette que notre brave ministre n’en a absolument pas parlé, même si les exactions ont eu lieu trois jours avant la profanation du cimetière et à moins de 50 km. Question de quotas sans doute.

Il n’en reste pas moins que notre frétillant ministre a annoncé mercredi la création au sein de la gendarmerie d’un « office national de lutte contre la haine », qui sera apparemment chargé de « coordonner pour la gendarmerie nationale à la fois l’enquête [sur cette profanation], pour que tous les moyens soient mobilisés, mais aussi l’ensemble des enquêtes sur les actes antisémites, antimusulmans, antichrétiens que nous connaissons sur notre territoire en zone gendarmerie ».

Un nouvel office national ? Ouf, il était temps !

Un nouvel office national « de lutte contre la haine » ? Ah mais sapristi, pourquoi n’y avions-nous pas pensé plus tôt ?

Et lorsqu’on voit le détail des missions qui lui seront confiées, on se sent tout d’un coup ragaillardi par toute cette présence d’esprit et cette indispensable utilité qui seront déployées : ce nouvel office « sera chargé aussi d’accompagner l’ensemble des acteurs de tous les territoires et de faire le lien avec la police, la justice, pour que les auteurs de ces actes ignobles soient condamnés. »

Et voilà donc un office national qui va « accompagner l’ensemble des acteurs », c’est-à-dire leur tenir leur cartable, leur tendre des tartines à quatre heures, et regarder par-dessus leur épaule lorsqu’il y aura dictée. C’est aussi ça, la magie des expressions creuses de la République du Bisounoursland : chacun peut se faire un petit film (rigolo ou solennel, selon l’occasion) de ce qui va se passer, sans que personne ne puisse au final déterminer ce qu’il en sera concrètement.

D’autant que cet office national doit en définitive tout faire pour que soient attrapés et condamnés les fautifs, ce qui est la définition exacte de la mission de la gendarmerie et de la police sur tout le territoire français. Pire encore, il existe un office dont l’intitulé croquignolet ne laisse pas de doute qu’il correspond déjà à celui que veut créer notre brave ministricule.

Bref, actions floues, mission déjà couvertes par un ministère tout entier et un office déjà existant, tout est réuni pour que cet Office National représente un nouveau fromage républicain (ici, ce sera un gruyère bien gras mais surtout plein de trous). Heureusement, pour camoufler cette vacuité, l’office est commodément affublé d’une dénomination supplémentaire puisqu’il devra aussi « lutter contre la haine ».

Là encore, on peut s’en réjouir : il est temps qu’on se préoccupe enfin de la haine dans ce pays, qui a, pour rappel, décidé de ne faire de place qu’à la paix et l’amour (que ce soit sous forme de poudre, de liquide ou de religions, disponible chez votre revendeur le plus proche, tarif familiaux négociables). Enfin aura-t-on l’assurance avec ce nouvel office national que les haines et discriminations seront pourchassées. La police et la gendarmerie françaises s’y emploieront avec zèle, vous pouvez en être sûr.

Alors que le pays se débat, une nouvelle fois, dans les remugles gras d’un énième mouvement de grève des privilégiés habituels, alors que les exactions se font tous les jours plus nombreuses sur les lieux de cultes, très majoritairement chrétiens puis juifs, alors que les forces de l’ordre sont chaque jour confrontées à une montée de l’incivilité, de la violence, voire de véritables émeutes dans certaines zones maintenant passablement détachées de la République et où le bisou ne règne plus trop, nos dirigeants continuent de froufrouter niaisement dans les médias en confondant avec application l’action concrète avec l’idiotie permanente qui consiste à multiplier offices, commissions, comités et autres verrues inutiles sur des administrations déjà obèses.

À l’iniquité manifeste de l’oubli systématique des actes anti-chrétiens par ces dirigeants à la ramasse, on doit ajouter l’insulte aux victimes de toutes ces exactions avec ce genre de créations idiotes, de surcroît lorsqu’elles sont affublées d’une dénomination agressivement stupide.

Et si, Monsieur Castaner, au lieu de créer un office bidule de lutte machin contre la haine truc, vous laissiez faire son travail à la gendarmerie ? Mieux encore, et si vous redirigiez les moyens considérables qui sont actuellement consacrés à pourchasser l’automobiliste, à faire chier le contribuable, à concasser les gonades des Français honnêtes, vers (au hasard) les vrais problèmes de société, dont ces exactions religieuses en plus des évidentes déliquescences de certaines zones urbaines consciencieusement laissées à l’abandon de tout Office National de Lutte Contre les Méchants En Bandes Armées ?

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

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Source : http://h16free.com/2019/12/06/64975-fini-de-rire-la-republique-du-bisounoursland-entre-en-lutte-contre-la-haine


République Française : la braderie du régalien est ouverte

mercredi 4 décembre 2019 à 09:00

Le Milipol, salon professionnel consacré à la sécurité intérieure des États, s’est récemment tenu à Paris. En ouverture, l’actuel prétexte au poste de ministre de l’Intérieur, un certain Christophe RantanplCastaner, était intervenu pour y expliquer notamment que pour faire face aux nombreuses menaces qui rôdent autour de la République, le « partenariat » entre les forces de sécurité publiques et privées semble indispensable.

Eh oui, la tendance est bien là : les entreprises privées de sécurité se développent de plus en plus en France, et ce d’autant plus qu’elles sont maintenant poussées par les autorités publiques qui semblent y trouver leur compte.

Entre l’autorisation récente – 1er janvier 2018 – d’armer sous conditions les agents de sécurité privée, l’augmentation continue des effectifs de ces entreprises en France qui atteignaient déjà 168 000 salariés en 2016, l’accroissement de leurs prérogatives et des secteurs qu’elles couvrent, tout indique que l’État et les élus de la République n’hésitent plus à envisager un avenir au moins en partie privé de la sécurité en France…

Devant cette tendance, on est en droit de se demander si l’État et les politiciens n’avouent pas ici, à demi-mots, les difficultés de la République à faire régner l’ordre et la loi sur tout le territoire. Autrement dit, l’intervention de plus en plus importante de prestataires privés pour couvrir des services qui sont normalement du ressort du régalien n’est-il pas l’aveu d’une faiblesse patente de l’État ?

Plus pragmatiquement, on devra se demander ce qui, dans les 10 ou 20 dernières années, a ainsi justifié une telle montée en puissance de ces sociétés privées de sécurité. Ne paie-t-on pas toujours plus d’impôts, ceux-là même dont la destination est, pour rappel initialement et principalement, destinés précisément à assurer notre sécurité ? Historiquement, l’impôt n’était-il pas le paiement du peuple pour financer sa sécurité au travers d’une armée et d’une police conçues pour ?

Cette fuite discrète du régalien vers le privé pose là plusieurs questions lancinantes.

Ainsi, où passent donc tous nos impôts ? Dans l’Éducation Nationale, dont les opportunités de faire mieux n’ont cessé d’augmenter ? Dans les ponts ? Dans la sécurité sociale ? Dans les petites sauteries élyséennes ? Allez savoir.

Ainsi, qui va payer ces nouveaux services de sécurité ? Que ce soit le client ou le contribuable, gageons que la facture s’ajoutera de toute façon à ces impôts qui financent nos infrastructures rutilantes, notre éducation jalousée, le système social que le monde nous envie moyennement, ou l’excellente sécurité du pays qui n’autorise pas le développement du moindre sentiment d’insécurité.

Au-delà de ces deux questions et si l’on peut même considérer a priori avec bienveillance le développement de ces entreprises privées de sécurité (quand on est cohérent, on juge aux résultats et non aux intentions, ce que nous pourrons faire dans quelques années), on peut cependant s’interroger sur le bienfondé de former des agents de sécurité à partir du même terreau volatile que celui qui produit les effervescents loustics qu’ils sont censés canaliser.

Dans la même veine, de nombreuses et récentes affaires de terrorisme ont amplement prouvé que la menace étant « intérieure », l’heure n’était probablement pas à la multiplication des canaux pour accéder à la sécurité (des aéroports, des trains, des sites classés, des préfectures de police des édifices publics). C’est-à-dire à peu près le contraire de ce qu’on observe et que les autorités actuelles semblent accueillir et favoriser avec la gourmandise si particulière de ceux qui n’ont pas à payer pour le gâteau…

Parallèlement, on devrait rapprocher ces nouveaux « horizons de dépense » auprès des sociétés privées des économies de bout de chandelle opérées sur le compte des armées, ainsi que de la noyade appliquée à tout l’appareil policier dans les milliers de cerfas et autres procédures qu’on qualifiera pudiquement de sous-optimales, ainsi que de l’usage quasi-systématique de nos forces de sécurité publiques dans la traque du père de famille, fou du volant roulant en Doblo à 52 km/h sur une artère passante de Trifouilly.

Peut-être y a-t-il dans cet écart entre ces dépenses et ces mesures d’un côté, et ces actions concrètes et ces « économies » de l’autre, matière à une réflexion et – soyons fous – l’occasion d’un petit réajustement politique ? En fait de « partenariat » entre le public et le privé, le ministricule de l’Intérieur aurait normalement tout intérêt à recentrer les forces déjà existantes sur un régalien qu’il peine à assurer actuellement.

N’y comptez pas. Ce recentrage entraînerait tant d’effervescence partout où la loi et l’ordre sont depuis longtemps absents que les effets, médiatiques donc électoraux, ne tarderaient pas à se faire connaître. Par anticipation, il sera donc urgent de n’en rien faire.

Et puis surtout, on voit mal l’État et toute l’actuelle clique de clowns à roulettes à sa tête admettre ouvertement la faillite de cet aspect régalien sans se décrédibiliser immédiatement. Dans ce contexte, notre brochette de rigolos a donc tout intérêt à en passer auparavant par ces sociétés privées qui supporteront amplement l’intégralité des blâmes lorsque les problèmes surviendront inévitablement. Gageons que les prochains attentats terroristes couteaux déséquilibrés trouveront une part de responsabilité chez l’une ou l’autre société privée de sécurité qui n’aura pas suffisamment fait son travail.

Enfin, ne perdons pas de vue que ces différents partenariats seront nouées entre le privé et le public dans ce qui a toujours été, en matière de partenariats public-privé, couronné de succès et d’économies somptueuses. Il serait donc particulièrement hardi de ne pas parier, là encore, sur une flamboyante réussite de l’État à externaliser ainsi sa raison d’être, d’autant plus si Castaner lui-même pilote le projet.

Les prochaines années promettent d’intéressants développements.

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Source : http://h16free.com/2019/12/04/64938-republique-francaise-la-braderie-du-regalien-est-ouverte