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La crise est (presque) finie, mais ne retenez pas votre souffle.

dimanche 10 mai 2015 à 11:00

Bien bien bien, mes petits amis, la crise est finie et la France va s’en sortir avec brio d’après les derniers chiffres qui se chuchotent dans les couloirs de l’Élysée. Moyennant un peu de ce sérieux budgétaire qui caractérise actuellement les économies occidentales (au premier rang desquelles la Grèce ou la France, bien sûr), les prochaines années devraient voir une normalisation de la croissance. Kof kof kof.

C’est dit, on s’achemine donc vers un avenir qui, s’il ne sera pas parfaitement rose, sera certainement moins gris qu’actuellement. Moui. Voilà voilà. Bon, certes, quelques régions montrent une forme un peu éloignée des standards olympiques pour le dire gentiment.

Par exemple, la plupart des pays émergents, les exportateurs de pétrole, le Japon, et puis même les États-Unis et la zone euro montrent quelques petites difficultés à s’extirper d’une certaine léthargie. Oui, certes aussi, ces grands ensembles forment plus de 50% de la richesse mondiale, ce qui nuance quelque peu le constat de sortie de crise écrit quelques lignes plus haut. Certes.

Le Président Des BisousMais baste, oublions ça et haut les cœurs : avec ce petit début d’embellie, au moins la fin du quinquennat hollandouillesque va recommencer à faire vibrer les poitrines françaises de chants joyeux et d’hymnes à la gloire du socialisme triomphant qui plie les courbes (et la réalité).

Youpi ?

On fera tout de même bien de conserver son sang-froid. En réalité, de nombreuses régions du monde donnent plutôt des signes de faiblesse que de bonne santé et si un retour à la normale est possible, les éléments disponibles actuellement laissent plutôt songeur. En Chine, on constate une forte bulle immobilière, dont le dégonflement (actuellement caractérisé par l’effondrement de la production et de la consommation de ciment, et une sortie assez marquée de capitaux hors du pays) pourrait bien avoir des effets désastreux. La Russie subit toujours les effets fort désagréables d’un prix du baril très bas, bien en dessous de son point de rentabilité dans le pays, auquel s’ajoutent les tensions géopolitiques notamment avec l’Ukraine. Dans ces conditions, difficile pour le pays de faire de la croissance et d’engranger les excédents commerciaux ou budgétaires. Au Brésil, en Turquie ou en Inde, on constate essentiellement une stagnation des productions industrielles qui explique en partie la chute du Baltic Dry Index (passé de 1400 points en novembre 2014 à 590 en avril 2014, soit 57% de baisse). Le Japon va … moyennement pour un pays qui se faisait fort de relancer son inflation avec des abenomics aussi keynésiens que, finalement, inefficaces. Le Yen se déprécie effectivement, mais le pays oscille péniblement entre récession et croissance nulle. L’Europe, de son côté, nous propose une reprise molle que la plupart des experts estiment surtout liée aux prix bas du pétrole. À mesure que ceux-ci remontent, les inquiétudes grandissent visiblement. Enfin, aux États-Unis, ces mêmes prix bas entraînent des difficultés pour les productions alternatives (pétrole et gaz de schiste) et l’ensemble des indicateurs macro-économiques ne sont pas particulièrement brillants.

Bref, comme sortie de crise, ça ne dépote pas du lasagne de poney.

Au milieu de ce tableau quelque peu déprimant, la position française n’est pas meilleure, n’en déplaise à Hollande et sa fière équipe de clowns à roulettes qui semblent pourtant persuadés que la lumière au bout du tunnel n’est pas un train qui arrive en face à toute vitesse. Oh, bien sûr, on fera un maximum de bruit lorsqu’il s’agira de vanter un retour de croissance en France, même si l’embellie ne permettra en rien de résorber un chômage affolant. Mais si l’on regarde par exemple le déficit commercial qui se creuse, ou si l’on compare avec le reste de la zone euro, et l’Italie notamment (ou hors de la zone euro, l’Angleterre), il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser.

Plus profondément, les signes s’accumulent, tant sur le pays que sur le reste du monde, et la phase actuelle ressemble surtout à une petite accalmie avant une bonne grosse tempête. Depuis quelques mois s’accumulent en effet les avertissements venant de toutes parts, des banquiers, des gestionnaires de fonds, et même au travers de plusieurs événements récents qui montrent assez clairement que l’économie et la finance mondiales ne sont pas saines du tout : comme le mentionnait Jacques Garello dans un récent article sur Contrepoints, les récents mouvements boursiers, nerveux et volatiles, sont les marqueurs de problèmes profonds que les manipulations monétaires ont engendrés.

german bund may 5 2015Et ces derniers jours, la tension sur les marchés, déjà forte, s’est brutalement accrue avec des mouvements sporadiques particulièrement étranges. Ainsi, le taux du Bund (bon d’état allemand à 10 ans) fait quelques jolis saltos atmosphériques, entraînant une grande nervosité sur le marché des futures. De façon intéressante, cette hausse rapide du Bund aura entraîné des mouvements assez violents sur les autres bons d’État, notamment français. La presse est restée particulièrement discrète à ce sujet, se concentrant sur les déboires de Sarkozy, les cérémonies du 8 mai ou la victoire électorale de Cameron, et il faut donc fouiller un peu pour trouver trace dans les médias « mainstream » de ces événements pourtant primordiaux.

draghi whatever it takes

Primordiaux, parce qu’en trois heures, le bund allemand est passé de 0,59% à 0,775%, avant de retomber tout aussi subitement à 0,60% en fin de journée (nul ne sait exactement pourquoi, sauf à se souvenir de Mario Draghi et de son « Whatever It Takes »). Pendant ce temps, les bons français à 10 ans sont passés de 0,93% à 1,09% en un temps très court, montrant largement la nervosité du marché obligataire. Or (et c’est pourquoi j’emploie le terme de « primordiaux »), comme le soulignent Nicolas Chaput et Laurent Denize de Oddo AM,

« En d’autres temps, un mouvement de cette ampleur aurait provoqué un krach obligataire. Mais les politiques de taux zéro menées par les banques centrales ont permis de limiter la casse »

Ben voyons. Imaginer que ce sont les QE de Draghi qui limitent la casse, c’est faire preuve d’un bel optimisme. On se demande quand même pourquoi les marchés ont attendu si longtemps pour réagir, et pourquoi, quand ils ont fini par le faire, ils l’ont fait avec autant de précipitation. Une explication plus inquiétante serait que les marchés n’ont plus la capacité à réagir de façon rationnelle. En attendant, la presse se pose de plus en plus ouvertement la question de savoir s’ils ne sont pas quelque peu surévalués et si une sévère correction n’est pas sur le point d’advenir, tout en cachant quelque peu le danger par des périphrases lénifiantes sur la bonne probabilité des marchés à retrouver une calme stabilité. Sauf que des taux plus haut pour les bons, ce sont des emprunts plus chers et que bien des pays ne peuvent guère se permettre. La France n’a de ce point de vue aucune marge de manœuvre. Des liquidités qui quittent les bons pour aller sur les marchés de matières premières, ce sont des prix du pétrole qui remontent et une facture énergétique qui grimpe. Là encore, la France pourrait trouver l’addition fort amère.

Quoi qu’il en soit, difficile de trouver dans ces éléments de quoi se réjouir, même timidement, d’une sortie de crise française, sortie qui n’apparaît que comme un gros souhait ardent lancé en l’air par une équipe dirigeante aux abois et complètement à la rue économiquement dont les agitations spasmodiques de petits bras et de gros mentons carrés ne parviennent pas à fournir les effets attendus.

Et pendant que les guerres monétaires font rage, que les bons font des bonds, … la Chine continue discrètement son chemin vers l’étalon-or.

La Chine dépasse les USA

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Source : http://h16free.com/2015/05/10/38825-la-crise-est-presque-finie-mais-ne-retenez-pas-votre-souffle


En finir avec les banques dans 10 ans ?

vendredi 8 mai 2015 à 09:00

Tiens, on apprend que Sarkozy a convoqué les créanciers de l’UMP, lourdement déficitaire, et qu’il leur a pondu un ultimatum : ou bien le parti les rembourse seulement à partir de 2017, ou bien il met la clef sous la porte. Étonnamment, les banquiers n’ont pas éclaté de rire.

Et même si on ne sait pas encore leur réponse, les savoir en train d’étudier un tel marché en dit long sur celui qui a vraiment la main ici. En effet, les termes de ce marché ne laissent qu’assez peu de marge de manœuvre : ou bien transiger comme le propose Sarkozy, ou bien se prendre une perte sèche et, surtout, suite à une faillite retentissante de l’UMP, se mettre à dos tous les politiciens de droite du pays. Ce qui, lorsqu’on tient les quatre principaux établissements bancaires de France, signifie à coup sûr un avenir douloureux au moindre retour en grâce de ces élus.

crony capitalism secretarySi je vous parle aujourd’hui de cette anecdote presque amusante, c’est pour illustrer une évidence souvent oubliée : les banques sont, de nos jours, l’épitomé typique du capitalisme de connivence. Autrement dit : des banques ou de l’État, c’est bien ce dernier qui a toujours le dernier mot. L’indépendance des banques centrales n’est qu’une illusion : toutes leurs décisions sont éminemment politiques, et ne sont prises qu’avec l’entendement complet des dirigeants des pays. Du reste, rares sont les politiciens élus à s’être retrouvés ruinés, alors qu’il est courant qu’une banque ruinée vienne quémander l’aide de l’État. Ce n’est pas un hasard.

Devant ce tableau rempli des très mauvaises surprises (depuis l’inflation en passant par les taux d’intérêts négatifs, la guerre larvée contre le cash, la lutte ouverte contre l’or comme étalon et le rabotage systématique de l’épargne), chaque citoyen soucieux de conserver son capital à l’abri des griffes étatiques ne peut qu’accorder une grande importance à toute diminution, même petite, du pouvoir de nuisance de l’État dans le domaine bancaire.

Et ça tombe bien, un profond changement se met, doucement mais sûrement, en place, qui permettra justement d’affranchir le citoyen de la férule étatique dans le monde bancaire. Ce changement paradigmatique prend sa source dans l’actuelle révolution numérique. Cette dernière modifie de façon profonde, essentielle, la façon dont nous nous organisons pour mener nos affaires, établir des liens avec les autres, qu’ils soient amicaux ou commerciaux, et notamment parce qu’elle a donné à un nombre toujours croissant d’individus la possibilité de se rassembler, aux idées et aux informations de se diffuser plus rapidement et plus efficacement.

Cette révolution a déjà poussé plus ou moins violemment des pans entiers d’industrie vers l’obsolescence. Le domaine bancaire n’y échappera pas non plus et ce, d’autant plus que les banques opèrent globalement selon les mêmes principes que lorsqu’elles sont nées, à la fin du Moyen-Âge en Italie, et qu’elles n’ont évolué qu’en technicité et pas en nature. Bien sûr, elles ont toutes un joli site web, un peu d’online-banking, et leurs plates-formes de trading travaillent à l’échelle de la milliseconde. Mais cela n’est qu’une pure transposition électronique de procédés qui se pratiquaient, auparavant, de façon manuelle, sur papier, par courrier, à la criée…

En définitive, le cœur des banques bat toujours au rythme des siècles passés, elles sont toujours les mêmes institutions qui prennent l’argent des déposants, font des prêts et des investissements plus ou moins judicieux en gardant des marges de sécurité de plus en plus fines et finissent par pleurnicher dans les jupons de l’État lorsque tout part en sucette.

bank

Sauf qu’aujourd’hui, grâce à la révolution numérique, chacune des fonctions qu’une banque remplit actuellement peut être faite plus vite, de façon plus efficace et sans intermédiaire central en utilisant les technologies numériques.

Le transfert d’argent n’a de nos jours plus besoin d’un établissement bancaire centralisé. Des applications comme Abra ou, pour les échanges monétaires en devises, Transferwise, permettent de répondre à des problématiques complexes de façon élégante, simple et décentralisée, en concurrence directe avec les changeurs et les opérations bancaires équivalentes, bien plus coûteux. Et les banques ne pourront pas fournir un service équivalent sans changer profondément de métier.

Les habituels services de gestion de compte sont, eux aussi, appelés à évoluer bien au-delà des « home-bankings » proposés par les banques historiques. Mint en est un exemple assez flagrant qui propose de rassembler en un point unique tous les comptes et toutes les opérations bancaires pour les présenter de façon efficace sur différents supports. Dans la même veine, chacune des start-ups présentées dans cet article de Capital illustre une façon de se passer de la banque traditionnelle ou d’en contourner les services.

bitcoin logoMais plus important encore, les cryptomonnaies, Bitcoin en tête, représentent la révolution fondamentale qui donnent toutes les briques de base nécessaires à la remise en question complète du concept même de banque. Bitcoin, déjà évoqué de nombreuses fois dans ces colonnes, se passe de tout point centralisateur tel que le serait une banque. En outre, là où tout échange monétaire nécessite actuellement un tiers de confiance (joué par le système bancaire dans l’écrasante majorité des cas), Bitcoin propose un système fonctionnant sans tiers de confiance : les transactions sont infalsifiables, non répudiable, et définitives.

On peut arguer de la grande volatilité des cours de Bitcoin pour ne voir dans cette innovation technologique qu’un gadget amusant et voué à l’échec, mais la réalité est que cette cryptomonnaie est une excellente preuve de concept par l’exemple : oui, une cryptomonnaie peut fonctionner sans tiers de confiance ni système bancaire, oui, des transactions commerciales peuvent être menées en l’utilisant, et oui, le marché peut arriver, seul, à déterminer la valeur et la pérennité de cette monnaie sans l’intervention d’un Deus Ex Machina ou d’une banque centrale politisée. On comprend que ces caractéristiques rendent particulièrement moites les mains de banquiers, de politiciens ou même de syndicalistes.

Et très concrètement, Bitcoin aura permis l’émergence d’un bouillonnement de projets dans le domaine, visant à répondre à différentes problématiques monétaires et bancaires. Outre des variantes plus ou moins sérieuses de cryptomonnaies, on trouve différentes initiatives de regroupement de briques technologiques (cryptomonnaie, système de paiements, plate-forme de trading, …) comme par exemple SuperNet, plate-forme d’échange en pair-à-pair (sans centralisation, donc).

federal reserve demotivatorComme on le voit, on assiste au développement de plus en plus rapide d’organisations autonomes fortement distribuées, qui se passent très bien de toute permission d’un État pour effectuer les transactions, et qu’empêcher, réguler ou encadrer s’avérera impossible (ou trop coûteux), par nature même de ces innovations. En outre, les voitures à chevaux n’ont pas évolué avec des chevaux plus rapides. Les abaques ne sont pas devenus électriques. Les banques telles qu’on les connaît n’évolueront pas en réseaux décentralisés, elles seront remplacées.

Et si les révolutions précédentes (depuis les appareils photos numériques jusqu’aux biotechnologies en passant par l’impression 3D) sont un indicateur du rythme auquel on doit s’attendre, il est probable qu’il ne faudra pas vingt ans pour un tel changement. Or, d’après un récent rapport de … Goldman Sachs (une banque, eh oui), dans les sondés de la Génération Y (qui ont la trentaine actuellement), 33% admettent s’attendre à pouvoir se passer complètement d’une banque dans les cinq à dix ans à venir, et 50% estiment que l’une ou l’autre start-up aura, d’ici là, pris le relais de ces dernières…

Lorsqu’on voit ce que les hommes d’État ont fait du système bancaire actuel, lorsqu’on voit à quel point ils ont corrodé l’idée même de monnaie et de comportements économiques sains, on comprend que déposséder l’État du système bancaire et renvoyer ce dernier vers les citoyens est un objectif à la fois noble et nécessaire.

Et, maintenant que la technologie le permet, c’est même atteignable.

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Source : http://h16free.com/2015/05/08/38915-en-finir-avec-les-banques-dans-10-ans


Squats : dura lex, sed lex, surtout pour les sans-dents

jeudi 7 mai 2015 à 09:00

Intéressant développement qui secoue bien au-delà de Rennes. On apprenait la semaine dernière que Maryvonne, une retraité de 83 ans, se retrouvait essentiellement sans domicile suite au squat de sa maison par un groupe d’individus à la conception élastique de la propriété privée. Rapidement, les réseaux sociaux s’emparaient de l’affaire, ce qui poussa la presse nationale, puis la télévision et la radio, à s’intéresser au cas.

Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour scandaliser le peuple. Une vieille dame, une situation rocambolesque qui dure depuis un moment, des protagonistes au comportement douteux, et surtout, la dure révélation pour toute une frange de la population que la justice et l’équité sont deux choses très différentes. En effet, alors que, sur le papier, la vieille dame est bel et bien propriétaire du 94, rue de Châtillon à Rennes, elle a commis l’erreur d’habiter pendant une assez longue période chez son conjoint, à quelques kilomètres de là. Période pendant laquelle sa maison était donc vide (d’elle et de tout mobilier), ce qui semblait suffisant à un groupe d’individus pour déclarer la maison abandonnée, et s’y installer. Pour ces gentils communistes, la propriété privée n’a pas de sens … sauf quand ça peut devenir la leur, bien sûr et comme d’habitude.

Communism : it's a party

Récemment, lorsque la vieille dame a voulu récupérer son bien, les autorités lui ont expliqué que « Si c’est squatté, tu peux pas test » : les squatteurs sont indélogeables sans une procédure longue et parsemée d’embûches. Le droit au logement est bien supérieur au droit de propriété privée, ma brave dame. Et si la loi DALO a effectivement grandement simplifié la procédure pour récupérer un domicile squatté, il en va tout autrement pour un simple bien inutilisé. L’absence de mobilier interdira alors de qualifier l’habitation de domicile. En quelques heures, tout nouvel habitant inopiné devient inexpugnable.

La situation, une fois connue, a enflammé les réseaux sociaux, entraînant une première manifestation devant le squat, manifestation très encadrée par une police nerveuse à l’idée d’un débordement quelconque (mais invisible lorsque le squat s’installa). Une seconde manifestation fut organisée, réclamant elle aussi l’expulsion des squatteurs, et accroissant par là-même les tensions locales, ces squatteurs refusant de partir (la propriété privée des autres, y’a que ça de vrai !). Les tensions ne s’apaiseront pas puisqu’un appel à une autre manifestation est en cours.

C’est fort tracassant, mais c’est aussi l’opportunité pour les journalistes de revenir sur l’historique de l’affaire, d’aller interroger les squatteurs et de donner la parole à la député-maire de Rennes.

Surprise ! Les services municipaux avaient informé l’octogénaire, dès 2013, de l’occupation illégale de sa maison. La propriétaire, ignorant les courriers de ces services, aurait considérablement aggravé la situation… Dit comme cela, l’affaire pourrait prendre une autre tournure, si ce n’était que la municipalité aurait dû, dès le départ, empêcher une telle situation de se produire en premier lieu. Oh, certes, il est mignon tout plein de sa part d’avoir prévenu qu’il y avait un problème, mais c’est oublier un peu vite que l’une des missions essentielles de la mairie en particulier et de l’État en général consiste justement à garantir qu’une telle situation ne se produise pas du tout. Un beau constat d’échec, donc.

De la même façon, l’entretien avec les squatteurs montre un détachement certain avec les évidences. La maison était peut-être, à leur arrivée, en piteux état. Mais voilà : elle n’est pas à eux, et leur jugement sur la déco ou les sanitaires ne donne aucun droit sur l’habitation. Malgré cela, les pauvres petits poussins constatent que les gens sont méchants avec eux :

Dès notre arrivée, notre présence a été signalée aux autorités et à Maryvonne Thamin. Nous avons été en contact avec elle une semaine plus tard, et depuis cette dernière a été systématiquement agressive et nous a signifié son intention de porter l’affaire en justice.

Rooh, dès leur arrivée ! Vraiment, un propriétaire d’un bien « redécoré », réaménagé et réinvesti sans contrepartie, qui rouspète et signifie son intention de porter l’affaire en justice, quelle méchanceté !

monde cruel

À ces remarques qui illustrent bien la déliquescence de la propriété privée en France, on doit ajouter celles de la député-maire de la municipalité en question, qui décrochent largement la timbale en matière de niaiseries républicaines vivrensemblo-compatibles. Dans un souffle, l’élue explique qu’elle est « en contact avec [Mme Thamin] depuis l’automne 2013, puisque ce sont les services municipaux qui lui ont appris que sa maison était squattée et ont tenté de l’accompagner dans les démarches à entreprendre », services qui n’ont pas su empêcher le problème donc, mais surtout, elle en profite pour rappeler que l’épineuse situation de l’octogénaire ne nécessite pas plus d’emballement que ça :

« Mme Thamin n’est pas dans une situation d’urgence. (…) elle ne fait pas partie des publics que nous aidons en priorité. »

Et pif : le vrai problème de Mme Thamin, c’est qu’elle n’est pas tout à fait à la rue puisqu’elle loge chez son fils. Zut alors, pas assez malheureuse ! L’autre souci, c’est qu’elle est solvable, imposable, et vieille. Cela veut dire qu’elle devrait pouvoir se débrouiller toute seule encore un moment, quitte à rogner sur son pécule (tant pis, on s’en fiche, c’est l’argent d’une autre). Zut alors, pas assez pauvre ! Et surtout, ce moment ne sera pas trop long puisqu’elle finira bien par claboter, ce qui arrangerait tout le monde à la mairie. Zut alors, pas assez jeune ! Jouer la montre, même si c’est parfaitement dégueulasse, est donc parfaitement raisonnable du point de vue de l’élue.

c'est degolas

Enfin, pour parfaire le tableau déjà somptueusement glauque, la député-maire ajoute déplorer que « cette triste affaire ait également déchaîné un flot de propos mensongers et diffamatoires d’une rare violence et des manœuvres politiques écœurantes, notamment sur les réseaux sociaux » … Le lecteur comprendra surtout que sans ces déchaînements (dont le caractère mensonger et diffamatoire semble pour le moins difficile à établir), le cas de Maryvonne n’aurait jamais été porté à la connaissance de l’élue qui n’en avait rien à cirer. Saloperie de peuple qui, lorsqu’il apprend qu’un truc marche sur la tête, décide d’agir sans passer par les petites cases des cerfas prévus à cet effet !

Cette affaire est finalement assez extraordinaire par ce qu’elle laisse entrevoir par-delà le rideau de fumée médiatique.

Elle montre assez clairement, comme je l’évoquais dans un précédent billet, que le respect de la propriété privée, pourtant pilier essentiel des droits de l’Homme, n’est plus qu’une blague à géométrie variable dans notre législation. Ainsi, que dire de ce précédent de 2013, similaire à celui de Maryvonne ?

Elle montre la complaisance des médias à atténuer l’outrage pourtant clair. Entre le droit de propriété totalement et visiblement bafoué, et le droit au logement étiré bien au-delà du raisonnable, ils ont choisi, sans surprise, d’oublier la primauté du premier et d’insister largement sur le second.

Elle montre l’impossibilité des politiciens à bien gérer les réseaux sociaux, et, de façon intéressante, suggère la vraie raison des efforts permanents de ces derniers pour les mettre sous écoute serrée.

Elle montre aussi leur incroyable impéritie lorsqu’ils excrètent des lois par douzaines pour plaire aux petits intérêts catégoriels mais qu’ils sont infoutus d’en mesurer la portée, et incapables d’en gérer les conséquences. La loi DALO, enfer législatif évident pavé de bons sentiments gluants de vivrensemble et de moraline sirupeuse, votée qui plus est sous un gouvernement dit de droite, amène à présent son cortège de profiteurs éhontés. Les propositions d’aménagement, pour passer le délai de flagrant délit d’occupation illégale de 48H à 96H, sont parfaitement grotesques. Le fond du problème subsiste. Personne ne bouge.

Elle montre enfin que même lorsque l’opinion s’empare de l’affaire, et même lorsque les abus sont manifestes, les administrations ne bronchent pas. Au motif d’une inscription dans le temps de la Loi, toujours très lent, l’État choisit d’attendre et de prendre son temps.

Décidément, aujourd’hui plus que jamais en France, dura lex, sed lex, surtout pour les sans-dents.

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Source : http://h16free.com/2015/05/07/38931-squats-dura-lex-sed-lex-surtout-pour-les-sans-dents


Présidence Hollande : trois ans qui en parurent dix

mercredi 6 mai 2015 à 09:00

Voilà, ça y est, la France est parvenue à boucler trois années de socialisme officiel et assumé, avec François Hollande à sa tête. La performance mérite d’être soulignée tant il n’y avait rien d’évident à ce qu’on y parvienne : en 2010 ou en 2011, bien peu auraient misé sur le candidat Hollande, qui ne semblait absolument pas taillé pour le job. Et après trois années de test grandeur nature, force est de constater que l’impression s’est confirmée.

la rentrée d'hollandeEt même si on m’objectera que, de son point de vue et dans son plan de carrière, les choses roulent plutôt bien pour lui (la probabilité n’est pas nulle d’une réélection suite à un second tour désastreux duquel la droite se sera auto-éjectée et aura laissé Marine Le Pen seule en face du président sortant), ceux qui, il y a trois ans et plus affirmaient qu’Hollande était totalement nul ne peuvent que se réconforter d’avoir eu parfaitement raison : tous les indicateurs économiques les plus importants du pays montrent une franche dégradation de la situation qui était, de l’aveu même des socialistes à leur arrivée, passablement dégradée par les nombreuses années de droite au pouvoir et la mauvaise gestion de Sarkozy.

Ainsi, la dette publique est passée de 90% du PIB en 2012 (soit 1800 milliards d’euros) à 98% (i.e. 2000 milliards) depuis qu’Hollande est aux commandes. Le déficit budgétaire n’est jamais repassé en dessous de la barre des 3% du PIB, loin s’en faut. La croissance est passée de faible à anémique. C’est désastreux.

Quant au chômage, soi-disant préoccupation principale du chef de l’État, il n’a cessé d’augmenter, pour dépasser les 3 millions de chômeurs (plus de 5 en cumulant les principales catégories A, B et C). Les promesses d’inversion de courbe n’ont fait rire personne, surtout qu’elles ont toutes été brisées, comme tant d’autres.

hollande et son casque (vignette)Oh, certes, on peut noter de jolies brassées de promesses tenues. Par exemple, le gouvernement a réussi le pari d’introduire une distinction juridique pour les animaux. Les défenseurs des petits oiseaux, des chats, des chiens (mais, bizarrement, pas des ténias et des tiques) seront, vaguement, contents, même si cette distinction est complètement inopérante en pratique et purement cosmétique. Bien sûr, Hollande a tenu toutes les promesses d’accroissement des moyens et d’alourdissement des peines dans la lutte contre la fraude fiscale, étendue tous azimuts. En fait, la plupart des promesses respectées furent jusqu’à présent celles qui ont surtout consisté en des petits aménagements de la loi, à des choses qui ne coûtent guère (ou pas du tout) à l’État et qui sont essentiellement des actes symboliques. Je passerai pudiquement sur les promesses de dépenses idiotes qui furent, elles, honorées, celles-ci ne pouvant décemment compter comme des victoires que pour la petite partie d’électorat concernée, et une défaite pour le contribuable en général.

De l’autre côté, lorsqu’on regarde les promesses non tenues, on s’aperçoit que l’impact sur la vie des Français de ces renoncements est bien plus grand que, par exemple, la modeste réforme de la formation professionnelle (échec quasi-rigolo) ou la garantie (parfaitement sans intérêt) que le président n’appellera jamais son premier ministre « collaborateur »…

grimace hollande droiteAinsi, on attend toujours la réduction du déficit public, pourtant promise. On pleurera sur la promesse qu’il n’y aura pas d’effort fiscal après 2013. Lorsque le 27 septembre 2012, François Hollande promet que, je cite, « Neuf contribuables français sur dix ne seront pas concernés par les augmentations de fiscalité », c’est, encore une fois, un engagement qui s’avèrera impossible à honorer, tout comme celui de ne pas ajouter une nouvelle taxe dans le budget de la sécurité sociale 2014. En outre, tant le contribuable que les familles de militaires tués pourront pleurer sur l’autre serment oublié qu’il n’y aura plus qu’un millier de soldats français au Mali à la fin 2013. Foutaises et pipeautages.

De façon plus anecdotique mais ô combien symbolique et illustrant bien les travers de la Socialie française maintenant confortablement installée, rappelons qu’il avait été promis la mise en place du non-cumul des mandats pour les parlementaires socialistes dès 2012, de limiter à dix le nombre de conseillers par ministre, de ne pas donner d’interview depuis l’Élysée, ou encore de prendre le train plutôt que l’avion « par souci de proximité et d’économie ». De ce point de vue, le foutage de gueule n’a pas été modéré.

Dans les faits d’armes du chef de guerre gare, on pourra noter que les opérations africaines se soldent essentiellement par une région déstabilisée et des frais engagés sans aucune assurance d’amélioration prochaine. On pourra aussi mesurer l’entregent de notre généralissime lorsqu’il se lança dans l’opération syrienne, avec un

« La réponse internationale en cas d’utilisation par le régime syrien de ses armes chimiques serait immédiate et fulgurante »

… dont on rigolerait presque si la situation n’avait pas à ce point dégénéré.

Quant au changement, slogan d’une campagne dont on se demande comment elle sera parvenue à berner autant de gogos, on en attend toujours les plus timides prémices.

le changement est hors de question

En effet, le trajet législatif vers un État espion et avare de vie privée, déjà largement entamé sous Sarkozy, aura continué de plus belle avec son opposant, avec toujours plus de lois liberticides (loi Santé, loi Renseignement) dans un déferlement jamais vu, si ce n’est en période de guerre. Peut-être le sommes-nous finalement, celle de l’État contre son peuple ? En tout cas, question changement de direction loin du sécuritaire pathologique, pour le coup, c’est raté.

grimace hollande gaucheQuant au changement par des réformes, on peut l’oublier : elles sont microscopiques (comme le bouquet de lois « Macron »), voire abandonnées en rase campagne avec plus ou moins de discrétion (réforme du notariat, du droit du travail, de la fiscalité). Les quelques réformes palpables sont malheureusement celles qui sont catastrophiques dans leurs effets (rythmes scolaires, actuelle réforme envisagée pour le Collège) ou qui ont durablement clivé la société française (mariage « pour tous »).

Et justement : s’il y a eu un changement très notable, c’est bien dans la popularité du président, qui s’est effondrée. Là où Sarkozy avait réussi avec brio à se faire détester par une majorité de Français et haïr par toute la gauche, Hollande sera parvenu non seulement à se mettre à dos tout le peuple, mais il aura relevé le défi de se faire honnir des verts et de l’extrême-gauche, et se faire vilipender par une tranche de son propre parti ! Ce franc dégoût se traduit d’ailleurs par le fait qu’un nombre croissant de Français se détourne de la politique, et le peu qui s’y intéresse nourrit surtout l’espoir de voir sortir du lot d’autres partis que la clique actuelle, et d’autres candidats que les énièmes chevaux de retour vus et revus dans la politique française.

Or, de la même façon que l’UMP montre une pesanteur cadavérique à se renouveler, le PS démontre chaque jour qui passe son absence totale de solutions et d’idées pour le pays ; l’exécutif est à son image, complètement sclérosé sur des idées du passé (35 heures, retraite à 60 ans, la loi comme réponse ultime à toutes les détresses, y compris et surtout sociales). Les atavismes socialistes ressortent sans arrêt (volonté de refaire la société à grand coup de mots, bidouillages sociétaux allant dans le sens de revendications catégorielles, mais pas du tout dans le sens du bien commun ou de l’idée qu’on peut s’en faire) ; la lutte contre les entreprises, les entrepreneurs et les classes moyennes ou aisées bat son plein, sans retenue. Sans surprise, ces derniers fuient, avec par exemple un vif accroissement du nombre d’expatriés en Angleterre, en Belgique, en Suisse, et même au Portugal.

Trois ans après son accession au pouvoir, le bilan ne fait aucun doute : le délitement de la France s’est accéléré, la fuite des « forces vives » est plus forte que jamais, le chômage est au plus haut, l’insécurité est toujours là, les réformes sont, pour tout dire, au point mort, la corruption ne s’est jamais si bien portée de même que le capitalisme de connivence.

hollande se recueille devant une bouche d'égouts

Même en imaginant que Hollande se réveille et tente un changement drastique de direction, les deux années qui lui restent ne suffiraient pas à redresser la barre. L’inertie du pays et de son administration est trop grande, les mauvaises habitudes et les automatismes de castes (politicienne notamment) trop bien ancrés pour changer en si peu de temps. Et comme, de surcroît, toute tentative de changement, maintenant, sera de toute façon plus risquée qu’un statu quo mou, les deux années qui viennent promettent un immobilisme en béton armé.

La conclusion s’impose : ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2015/05/06/38799-hollande-trois-ans-qui-en-parurent-dix


#PJLRenseignement et les 438 traitres

mardi 5 mai 2015 à 22:21

La loi Renseignement a été votée en première lecture, avec une large majorité de députés, de tous bords. Comme prévu.

quel pays va installer des boites noires sur internet ?
quel pays va installer des boites noires sur internet ?

Comme prévu, les actes terroristes furent le prétexte pour la faire passer. Comme prévu, le travail des médias aura été minimal pour prévenir les dangers immenses que cette loi réserve. Comme prévu, l’opposition a été anecdotique.

Messieurs les députés qui avez voté pour cette loi inique, vous avez trahi l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme.

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Nous avons vos noms. Internet n’oublie rien.

Liberté, liberté chérie, pour continuer à t’écrire, je te crypterai.

liste des traitres

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Source : http://h16free.com/2015/05/05/38919-pjlrenseignement-et-les-438-traitres