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C’en est fini du mauvais cinéma français, flou et mal (en)cadré ?

vendredi 5 décembre 2014 à 09:00

Deux années se sont écoulées depuis la mémorable tempête dans le petit monde du cinéma français, déclenchée par Vincent Maraval qui avait eu l’audace de dire ce que tout le monde savait sans vouloir l’admettre : le cinéma français produit une quantité invraisemblable de merdes soporifiques et distribue pourtant des cachets stratosphériques à des acteurs en récompense d’une prestation rarement à la hauteur. Heureusement, tel le guépard sur sa proie, le Centre National du Cinéma a fondu en moins de 24 heures mois sur l’épineuse question des cachets de stars, et sa réponse n’en manque pas (de cachet).

cat jump fail

Basant en partie ses judicieuses propositions sur le rapport René Bonnell, lui même « fraîchement » sorti il y a pas loin d’un an, notre Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a donc pris la résolution d’encadrer les rémunérations des stars de cinéma. Voilà, c’est dit, à partir de maintenant, la carrière de star française répondra à une échelle bien définie. À quand une grille, des indices et un avancement en fonction de l’âge ?

Mais je vais trop vite.

Avant d’aller plus loin, il faut comprendre l’ampleur et la nature du douloureux problème qui se pose au CNC, notamment par le fait que ce Centre distribue une manne fort importante collectée directement lors de la vente des tickets, et une autre venant directement des poches de l’État, c’est-à-dire les vôtres. Comme l’explique assez bien cet article, une partie de cette montagne d’argent (plus de 700 millions d’euros par an) est automatiquement reversée pour les films français, ce qui permet aux blockbusters américains, largement méprisés par l’intelligentsia française, de financer ses navets. En outre, ces versements sont complétés par une avance sur recettes, dont la « sélectivité » d’attribution a laissé pantoise la Cour des Comptes dans un récent rapport tant elle est relative.

Ce système, mis en place dans les années 50, à la fois généreux et favorisant les petites ententes entre amis dans un milieu où, à la fin, tout le monde se connaît, se congratule et se renvoie l’ascenseur, a fini par aboutir à ce qu’on connaît à présent où des films médiocres obtiennent des financements abondants qui permettent de rémunérer royalement (mieux, même, qu’Hollywood pour ses stars) des vedettes françaises à la notoriété et au talent ouverts à débat, pendant que le reste de l’équipe de réalisation — les petites mains, surtout — se contente souvent de miettes. Et la thèse de Maraval est que les films français sont très majoritairement non rentables (ce qui est vrai – en 2010, seuls trois films avaient sorti leur épingle du jeu, et en 2013, les chiffres ne sont guère meilleurs) précisément à cause de ces émoluments obèses de quelques stars françaises. Tout se déroule comme si le CNC n’était plus qu’une grosse usine à gaz destinée à enrichir quelques nababs bien connus.

C’est donc pour tenter de corriger ce travers que le CNC modifie sa politique d’arrosage : si la rémunération proposée à une star dépasse un certain pourcentage du devis du film ou, comme le dit pudiquement le Centre, si le film atteint un « coût artistique disproportionné », le producteur ne pourra pas avoir accès ni à son compte de soutien automatique, ni aux aides sélectives. Autrement dit, pour des rémunérations jugées trop importantes (lisez : trop outrageusement élevées pour que le contribuable, qui finance, gobe sans broncher), le producteur devra aller chercher ses financements ailleurs qu’au CNC. La grille proposée est croquignolette :

Cinéma : the end ?Ah ah, c’en est fini de l’inflation des cachets ! Terminé la distribution de pognon gratuit ! En période de Disette Pour Tous, voilà qui sonne presque comme une revanche et le début d’une victoire, celle du Socialisme Triomphant qui parvient, malgré l’adversité, à répandre l’égalitarisme et les grilles finement ouvragées même dans les lieux de paillettes et de strass !

Bon, je le reconnais : il n’y a pas vraiment de quoi pleurer sur le sort des vedettes qui continueront, on en est sûr, de toucher une copieuse indemnisation de leur temps de présence sur les plateaux. Mais il est particulièrement piquant de lire, ici ou là, que le CNC introduirait ainsi quelques règles élémentaires qui permettront enfin d’encadrer et réguler ce cinéma français qui faisait n’importe quoi.

D’une part, on ne pourra s’empêcher de penser que cette « grille », bricolage technocratique assez navrant de naïveté, risque d’introduire une myriade d’effets indésirables, à commencer par les effets de seuils. Il va y avoir bousculade de films avec des budgets étrangement proches des bornes puisque, par exemple, pour un film de 6.999.900 euros de budget, la vedette peut repartir avec un cachet de 559.992€, alors que pour un budget de 100€ de plus, le pauvret ne touchera que 350.000€, soit un peu plus de la moitié. L’imagination humaine étant sans limites, les bornes introduites ici avec un arbitraire assez stupéfiant vont assez sûrement se retourner contre le CNC. Même si l’on peut regretter qu’encore une fois, le contribuable sera le dindon de cette farce grotesque, on pourra se consoler en se disant que les gratte-papiers, qui ont pondu cette « solution » aussi médiocre que la production cinématographique française actuelle, seront montrés pour les clowns qu’ils sont vraiment.

Pansements "Hello Kitty"D’autre part, on voit mal ce que ces bonnes résolutions pourront résoudre au problème de fond sachant qu’il a été assez mal analysé. La proposition, pleine de bons sentiments mais détachée de toute envie réelle de réforme d’un système essentiellement basé sur l’argent public, revient à ne résoudre que la partie gênante de la gangrène qui s’est répandue dans le système, en posant un petit sparadrap Hello Kitty dessus. Le problème n’est pas la hauteur du cachet des stars, mais qu’il se fasse au détriment du reste de l’équipe, et qu’il soit essentiellement le fruit de l’argent public, c’est-à-dire de personnes qui n’ont pas eu l’occasion de choisir ce pour quoi elles paient. Et tout le nœud du problème provient de là : le public, lorsqu’il est consulté par la voie la plus efficace, c’est-à-dire le marché (ici, les places au cinéma), adoube largement un certain type de cinéma, qui n’est d’ailleurs que rarement celui massivement subventionné.

Et c’est parce qu’il y a totale déconnexion entre ceux qui financent et ceux qui payent que le cinéma français dilapide outrageusement ses moyens sur des productions dont l’unique intérêt est de faire s’écrier au génie quelques pénibles critiques et autres bobos du milieu, et de servir de puissant somnifère pour la faible population qui se cognera le résultat, vers 23:30 un soir de semaine sur Arte dans le meilleur des cas. Le tout sera comme d’habitude camouflé derrière le paravent pudique de l’« exception culturelle française » qui permettra de faire passer n’importe quelle daube consternante en « production artistique », barbouillée d’un petit « Et l’emploi des intermittents, vous y pensez ? » qui achèvera de fermer le clapet à toute demande d’un peu de sérieux dans les subventions.

boredom - ennui

Le bilan est connu : je remarquais il y a presque deux ans, à la suite de l’intervention de Maraval, que la culture française en général et son cinéma en particulier vivent à présent dans une bulle. On a soit des grosses productions consternantes de médiocrité (avec une ou deux exceptions par an, ratio ridicule lié au hasard), soit des micro-productions chiantes comme la pluie à Dunkerque un mardi midi de février, et plus rien au milieu. Or, la solution proposée par le CNC ne s’attaque qu’à l’effet le plus visible, les cachets pharaoniques, et absolument pas à la cause. La solution efficace, qui consiste à retourner au plus vite aux fondamentaux du marché, celui qui existait dans le cinéma dans les années 50 et avant lorsque la production française était alors renommée par sa qualité, n’entre même pas dans les considérations du Centre, gentiment perdu dans ses petits tableaux comiques.

Partant de là, la situation, déjà franchement pas brillante, ne s’améliorera même pas marginalement.

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Source : http://h16free.com/2014/12/05/35614-cen-est-fini-du-mauvais-cinema-francais-flou-et-mal-encadre


Pacte de responsabilité : quand ça ne veut pas, ça ne veut pas

jeudi 4 décembre 2014 à 09:00

Hier, nous avons vu qu’en terme de simplification administrative, les réformes lancées jusqu’à présent comme des chatons dans un lac plein de crocodiles se traduisaient surtout par une augmentation importante de l’enfer paperassier français. À présent, et puisque l’actualité semble s’y prêter, c’est le moment de revenir un peu sur l’autre réforme phare du gouvernement, dont le jeune Emmanuel Macron a la charge : le pacte de responsabilitruc.

Il y a presque un an, alors que Macron n’était pas encore le nom d’un virus urticant et qu’on évoquait en hauts lieux la nécessité d’un « choc de compétitivité », le Chef de l’État, prenant ses plus belles lunettes et sa cravate la moins mal placée, s’adressait aux Français et leur proposait, entre deux petits-fours de fin d’année, la mise en place d’un « pacte de responsabilité » fondé sur un principe simple, voire franchement simpliste : d’un côté, le gouvernement s’engageait à réduire les charges sur le travail, les contraintes sur les activités des entreprises, et en contrepartie, demandait plus d’embauches, plus de dialogue social et quelques bisous pour que tout reparte comme aux Trente Glorieuses.

Partant du principe qu’en diminuant (même symboliquement) les charges des entreprises, ces dernières recommenceraient à dégager des marges et pourraient en conséquence embaucher à tour de bras, relançant ainsi une machine économique grippée depuis un peu trop longtemps pour n’accuser que le précédent président, Hollande a donc largement misé sur une belle « politique de l’offre » bien polie, bien propre sur elle, et propulse donc l’idée à la télé devant des Français qui, recomptant bien les petits sous-sous qu’ils ont versés aux impôts en cette fin d’année 2013, se demandent un peu à quelle sauce ils vont être mangés en 2014.

parcours institutionnel suiteFin février 2014, le Haut Conseil du financement de la protection sociale, énième bidule technocratique chargé de valider a posteriori les idées lumineuses de nos dirigeants, émet un premier prout papetier dont les conclusions sont, évidemment, toutes en faveur du plan hollandiste : avec de telles mesures, le PIB grossirait de 0,8 à 0,9%, ce qui se traduirait par plusieurs dizaines de milliers d’emplois créés en cinq ans. Aucune raison, donc, de ne pas se lancer à corps perdu dans une telle tentative. Fin avril, le pacte se traduit en propositions qui trouvent une place dans le programme budgétaire, approuvé le 29 par une Assemblée Nationale un peu tendue par la présence de quelques frondeurs. Tout va bien. Courant juillet, cela se gâte d’un coup avec le rejet du Sénat, et le 6 août, le Conseil constitutionnel rejette à son tour la baisse des charges sur les bas salaires c’est-à-dire les salaires compris entre 1 et 1,3 SMIC. Flûte et zut, le parcours institutionnel continue de présenter cet aspect maintenant caractéristique de chaos et de bricolage qu’il affecte à chaque fois que le gouvernement tente des trucs et des machins.

(Duflot ne fera aucun commentaire pertinent. C’est dommage puisqu’en terme de parcours parlementaire chaotique, elle en connaît un rayon.)

macron droiteLe temps passe. La rentrée se fait, cahin-caha, permettant de virer quelques impétrants trop remuants, de placer quelques têtes nouvelles et de laisser en place ceux dont la sinécure est trop bonne pour qu’il leur prenne l’envie absurde d’ouvrir leur clapet et de risquer le départ précipité. Le pacte progresse son insinuation lente et pervasive dans les entreprises françaises pendant qu’entre temps, les contraintes légales, les obligations absurdes et les nouveautés législatives kafkaïennes dégringolent sur leurs têtes dans un déluge rarement vu jusqu’alors : l’introduction de la pénibilité au travail s’avère être un cauchemar de complexité inutile, l’obligation d’un minimum de 24h par semaine dans le temps partiel provoque de plus en plus de remous tant il sera difficile à appliquer, et l’introduction d’une obligation d’information préalable des salariés en cas de cession transforme les passations d’entreprises en abomination administrative inapplicable.

Nous sommes en décembre 2014.

L’affichage publicitaire du gouvernement Valls et du président Hollande a beaucoup jauni. Les lendemains ne sifflotent pas des masses, et le patronat, qui a très bien compris qu’à chaque ajustement d’une charge correspondrait une ponction fiscale et une avanie taxatoire débile camouflée ici ou là, rouspète de plus en plus ouvertement.

Dernier exemple en date : nos fins politiciens viennent de se rendre compte que le CICE (crédit d’impôt – compétitivité emploi), sur lequel se base la politique de Hollande, est d’une complexité invraisemblable et qualifiée par Piketty lui-même d’usine-à-gaz et de verrue, au point de n’avoir qu’un effet marginal dans l’économie, les entreprises fuyant le dispositif auquel elles ne comprennent rien. Et lorsque les patrons tentent tout de même l’aventure rocambolesque, ils ne peuvent que noter que ce qu’ils touchent, ne couvre qu’en partie les hausses d’impôts déjà décrétées. En vertu de quoi, pour compenser ce CICE qui dépote, … l’Assemblée nationale a adopté mardi dernier des amendements majorant la taxe sur les surfaces commerciales pour la grande distribution de 50%. Vlan, ça leur apprendra, tiens !

loup qui court et paf le loup FAIL

Surprise et étonnement : cela n’enchante pas les patrons, pour le dire gentiment. Les voilà qui refusent de retenir les annonces d’il y a un an, pleines d’espoir du gouvernement, pour s’entêter à ne retenir que cette réalité qui refuse de se plier (comme certaines courbes) à la volonté présidentielle, et qui les embourbe dans des taxes et des contraintes se traduisant, in fine, par une activité qui périclite et, pour les plus faibles, la faillite.

Du côté du gouvernement, c’est la consternation : pour Emmanuel Macron, l’échec du pacte de responsabilité est imputable à ces patrons, MEDEF en tête, qui ont refusé de jouer le jeu ! Salauds d’entrepreneurs qui refusent d’investir lorsqu’on leur donne de l’argent d’un côté en échange de bâtons dans les roues de l’autre !

Cet agacement gouvernemental, voire cette quasi-colère d’un Valls tout remonté contre Gattaz, l’actuel dirigeant du MEDEF, donne une mesure assez bonne de l’écart qu’il y a entre les espoirs, chimériques et presque enfantins de nos dirigeants et les comportements observés dans la réalité face aux bricolages qu’ils ont mis en place. Ils n’ont toujours pas compris que l’emploi ne se décrète pas, pas plus qu’il ne se provoque en diminuant par ici les charges des entreprises pour les rattraper par là avec des mécanismes de plus en plus loufoques.

Comme le fait remarquer Nicolas Doze dans un récent édito, nos petits alchimistes gouvernementaux se sont employés à bricoler des « solutions » orientées vers l’emploi alors que c’est l’investissement productif qui doit être favorisé, ou, à tout le moins, qu’on doit arrêter de le tabasser consciencieusement pour des raisons idéologiques d’un dogmatisme affolant. L’emploi est la résultante de cet investissement.

En petits keynésiens brouillons, ils tentent désespérément de faire croire à l’allègement des charges des entreprises (sans y parvenir, du reste), tout en loupant l’évidence que l’emploi n’est qu’une résultante d’une entreprise qui se développe, c’est-à-dire pour laquelle le fuel essentiel, le capital, ne vient pas à manquer ou à se divertir dans les milliers de petites tubulures chromées et chuintantes de l’administration fiscale ou sociale du pays.

Non seulement, le pacte de responsabilitruc ne marchera pas comme le prédit déjà Doze, mais la solution évidente (exposée ici par Naudet sur Contrepoints), « moins d’impôts (défiscaliser), moins de réglementations (déréguler), moins d’État (désétatiser) » est absolument hors de leur portée intellectuelle.

Et le pire est que, de « réformes » en « réformes » et donc d’échecs en échecs, tout ce que ce gouvernement de clowns peut nous offrir est le spectacle pathétique d’un déni de réalité et d’un rejet permanent de ses échecs sur les autres acteurs de l’économie. Partant de là, une seule conclusion s’impose.

Ce pays est foutu.

epic fail

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Source : http://h16free.com/2014/12/04/35596-pacte-de-responsabilite-quand-ca-ne-veut-pas-ca-ne-veut-pas


Le choc de simplification, dans ta face !

mercredi 3 décembre 2014 à 09:00

Le titanesque chantier des réformes est lancé. Les bulldozers, les excavateurs, les énormes camions sont là pour tout remuer, déplacer, réagencer. Et parmi les innombrables idées géniales qui ont propulsé le président Hollande jusqu’à la moitié de son quinquennat sans fatigue ni usure, on trouve une pépite : celle de la simplification administrative dont le petit Macron, frétillant d’aise et de compétence, s’est déjà emparé. Et c’est ainsi que les coups de pelle derrière la nuque vont se transformer en coup de pelleteuse.

simplifications de 2014Et pour une fois, les bonnes intentions ministérielles ont été devancées par une initiative du gouvernement précédent que j’avais déjà évoquée dans ces colonnes. Eh oui, rappelez-vous « Faire Simple », le site officiel du Gouvernemaman laissé en pâture aux internautes facétieux pour qu’ils puissent proposer quelques truculentes (mais pas trop, hein) idées de simplifications à mettre en place !

Grâce à ce site, quelques personnes dans les cabinets ministériels ont une idée, vague, de ce que « simplifier » pourrait vouloir dire, puisque des douzaines d’internautes leur ont fait part de leurs bouillantes propositions. Rassurez-vous : seules les plus consensuelles seront prises en compte dans la phase II, qui consiste après la phase I de collecte des gémissements, à oublier les réformes possibles les plus audacieuses et qui donneraient le plus de chance d’aboutir à un résultat concret pour se concentrer sur les bricolages administratifs dont l’amélioration marginale pourra sans problème passer inaperçue auprès du contribuable mais faire l’objet d’un rutilant article en quadrichromie dans la gazette locale de tous les conseils régionaux ou généraux du pays.

bartolone - lois promulguéesPendant ce temps, les lois, décrets et règlements continuent de s’empiler à un rythme rarement aussi soutenu, au point que même un gros dilettante comme Bartolone frise le burn-out. Que voulez-vous, pour que la simplification s’insinue partout, il faut ce qu’il faut et ce ne sont pas quelques centaines de pages de plus aux multiples codes que les Français doivent connaître qui empêcheront les députés de simplifier à tour de bras, non mais ! Au bilan, cette furieuse simplification qui grignote du chaton dès potron-minet touche maintenant tous les domaines, même ceux où on l’attendrait le moins.

Prenez l’environnement. C’est pourtant déjà relativement simple, puisque l’environnement, par définition, c’est simplement tout ce qui est autour, et qui est composé, pour environ 53.7%, de petits oiseaux qui gazouillent, d’air pur (± des particules fines de 10 microns) et de 34.8% de campagne avec des arbres en bois, de la prairie qui verdoie, de la route qui poudroie et un Agenda d’Accessibilité Programmée (Ad’AP) dont les vaches qui font « meuh ! » et les cochons qui font « grouik grouik ! » ne pouvaient apparemment pas se passer, tant il semble important, pour nos administrations, de le mettre en place. Grâce a cette nouvelle simplification administrative, tous les propriétaires ou exploitants d’établissements recevant du public (ERP) qui ne respecteraient pas les obligations d’accessibilités au 31 décembre 2014 (dans quelques jours, donc) devront remplir cette copieuse paperasserie pour montrer qu’ils s’engagent (financièrement et avec un calendrier palpable) à bien mettre leur établissement aux normes, en remplissant des Cerfas dont le nombre ne cesse de surprendre (ou presque, ceux-ci n’étant pas encore publiés, l’administration étant semble-t-il elle-même ensevelie sous sa propre paperasse et son habituelle indigence gestionnaire).

Vous n’y comprenez rien ? Vous ne voyez pas le fichu rapport entre le fait qu’on doive absolument mettre une rampe handicapé devant la boucherie de M. Sanzot et le Ministère de l’Environnement ? Vous ne voyez pas comment tout ce merdier apocalyptique de normes débiles, de contraintes administratives et de cerfas dodus va pouvoir se traduire à la fois comme une simplification de quoi que ce soit, et une relance, même vague, de l’activité économique en berne dans ce pays ?

C’est normal. C’est ça, la simplification administrative.

chaton youpi encore une mission réussie

Et ne comptez pas sur le gouvernement pour abandonner devant l’ampleur de la tâche. Il y a du gigapain sur la mégaplanche, il le sait et il ira jusqu’au bout (tant pis pour vous). C’est ainsi qu’il a déjà commencé à insinuer cette simplification dans tous les interstices, toutes les craquelures ou les fissures des murs bétonnés de l’administration en proposant des améliorations palpables de leurs relations avec les administrés. Par exemple, et cela a fait plusieurs copieux articles de presse, maintenant, le silence vaut acceptation ! Autrement dit, lorsqu’interrogée par vos soins, l’administration ne répond pas dans les délais, c’est qu’elle accepte votre proposition. Youpi. Enfin, disons, dans certains cas. Bien précis. Très minoritaires (un tiers environ). Et le délais est de deux mois. Enfin, normalement. Disons 4 mois. Ou 3. Ou 14 jours. Mais pas toujours. Parfois. Pour certains trucs dont la liste, disponible en PDF, entraîne la prise d’un abonnement chez Alka-Seltzer.

Ah ça, pour sûr, la simplification administrative, quand elle arrive en ville, tout le monde change de trottoir ça facilite grave le transit intestinal ! D’autant qu’elle s’est insinuée aussi dans les tâches quotidiennes pour accélérer encore la productivité des administrations à répondre aux attentes des assujettis et autres citoyens-contribuables / petits patrons.

Vous avez noté que les parents cherchent (parfois désespérément) des crèches pour leurs bambins et la mairie, débordée (par la paperasserie ?) n’arrive plus à suivre ? Qu’à cela ne tienne, vous décidez d’en ouvrir une. Service local, création d’emploi, joie retrouvée des parents, bambins qui trottinent gaiement, tout le monde est content. Heureusement, la simplification administrative passe par là pour calmer un peu les ardeurs des uns et des autres parce que tout ce bonheur citoyen du vivre-ensemble câlin sans contrôle, c’est rapidement n’importe quoi. Quelques petites démarches plus tard (avec moult Cerfas, miam miam), et l’aventure s’arrête.

Vous avez une activité de pointe, dans un domaine extrêmement technique, qui demande réactivité, précision, et compréhension de la part des administrations ? Grâce à la simplification administrative, votre cauchemar quotidien devient un délicieux enfer de tortures chinoises, et voilà votre entreprise, de renommée internationale, qui se mange 1.000.000 d’euros par jour de retard, jours de retards que vous empilez avec la joie et la bonne humeur évidente lorsqu’on roule sur l’or.

Comme si on avait besoin de créer de l’emploi au pays du Lait et du Miel en abondance. Pfft.

cat-train-like-I-give-a-fuck

Oui, je sais, ces exemples (parmi des milliers d’autres) tendent à prouver que la simplification administrative a souvent poney, piscine, judo et cours de guitare. Et l’Agence Française pour les Investissements Internationaux, dans son « Tableau de bord de l’attractivité de la France » pour 2014, note pudiquement que la position de la France au sein des 14 pays de l’OCDE n’est pas exactement la meilleure en terme de complexité administrative et de pression fiscale, au point que cela pourrait créer un petit frein…

Mais tout de même.

Est-ce là une raison de rouspéter aussi ouvertement comme le font certains Français et tout particulièrement ceux qui se prennent cette simplification administrative de plein fouet, à savoir les petits patrons ? Est-ce bien nécessaire de défiler dans la rue alors que la situation du pays s’améliore visiblement, que les élus se battent tous les jours, à coups de lois, de décrets, de règlements, de procédures, d’amendements et de petits alinéas pour simplifier encore tout ça ? Est-il vraiment utile, les yeux déjà humides des larmes d’une colère sourde qui monte lentement chez ceux que l’espoir abandonne, de s’écrier – je cite :

« Nous sommes obligés de descendre dans la rue, car nous ne sommes pas entendus. Nous ne demandons pas d’argent au gouvernement, mais simplement d’abroger les nouvelles mesures impossibles à mettre en œuvre comme la pénibilité, le temps partiel 24h et l’information préalable des salariés en cas de cession. »

Quoi, petits patrons, vous voulez qu’on abroge toutes ces belles idées, ces magnifiques avancées, ce progrès social en shrink-wrapped et palettes standardisées, au motif (qu’on sait fallacieux) qu’elle ne vous simplifieraient pas assez la vie ? Mais enfin, ce n’est pas possible, voyons !

La simplification est en marche : ne restez pas sur son passage. Ou vous serez écrasé.

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Source : http://h16free.com/2014/12/03/35567-le-choc-de-simplification-dans-ta-face


RSI, URSSAF : quand les organismes sociaux créent du chômage et de la misère

mardi 2 décembre 2014 à 09:00

La situation économique française est un peu tendue, mais cela n’empêche pas chaque Français, conscient du problème, de travailler à l’améliorer. Ceci nécessite bien sûr un gouvernement de winners, mais cela passe aussi par des organismes sociaux mus par la rage de donner à tous un service irréprochable à des prix défiant toute concurrence. Et quand on parle de rage, difficile de ne pas évoquer le RSI et l’URSSAF.

Le RSI, pour ceux qui l’ignoreraient encore, est cette nébuleuse d’organismes d’assurance (santé, retraite) issue de la fusion des différentes caisses de protection sociale des chefs d’entreprises, artisans et commerçants. La fusion, qui devait au départ permettre de rationaliser les traitements des cotisations de ces différentes professions, et donc, d’y voir plus clair en ce qui concerne maladie, chômage et retraite, aura finalement abouti à la création d’un gros monstre froid dont les éructations, généralement sous forme d’injonctions diverses au sabir légal douteux, se font tous les jours plus incompréhensibles.

URSSafDe son côté, l’URSSAF est devenu, avec le temps, le bras armé de la sécurité sociale chargé de récolter les cotisations, au besoin en utilisant la force que lui confère l’habitude, un monopole basé sur des bases légales de plus en plus floues et la soumission des moutontribuables qui payent pour tout ça.

Et utiliser le mot « incompréhensible » pour les productions épistolaires du RSI ne permet pas de relater avec suffisamment d’exactitude la profondeur du marécage putride dans lequel doivent s’enfoncer tous les jours les artisans, les commerçants, les indépendants et les chefs d’entreprises pour tenter de trouver un sens aux borborygmes que l’organisme, jadis dédié au social, émet avec tous les jours plus d’insistance.

Ainsi, les cotisations n’arrêtent pas de grimper. Passons rapidement sur le fait, déjà loufoque en soi, que ces cotisations sont assises sur le revenu et non sur un calcul actuariel que toute assurance mène normalement, pour constater que les montants demandés augmentent quand bien même l’activité et donc le revenu afférent n’augmentent pas.

Ainsi, les rappels de cotisations explosent, sans qu’on comprenne vraiment ce qui justifie ces « ajustements » de dernière minute. Et lorsque le cotisant demande des explications, dans le pire des cas, il ne reçoit absolument aucune réponse, et dans le meilleur, se voit noyé dans des allers-retours postaux ajustant les ajustements, modifiant les modifications pour aboutir à des montants finaux différents mais tous aussi ridicules qu’avant.

En réalité, la grogne contre ces usines à gaz maléfiques monte maintenant depuis plusieurs années avec l’accélération des malversations, des erreurs de calculs, des rappels indus, des persécutions dont sont victimes des individus qui sont pourtant, stricto sensu, des clients de ces assurances dont l’organisation ressemble de plus en plus à une mafia folle. Les témoignages s’accumulent dénonçant un système devenu fou, d’une lourdeur bureaucratique inouïe, d’un coût pharaonique et qui rend un service minable, au point que certains entrepreneurs, artisans ou commerçants expliquent être directement sous le joug d’un racket.

socialsecurity

D’ailleurs, il n’est qu’à prendre un exemple parmi mille autres de l’évolution des tarifs de ces cotisations et mettre en face des services (ou plus exactement, leur absence) pour avoir une idée assez précise et effrayante de la dérive catastrophique du RSI : pour la CARPIMKO, on passe en substance d’une cotisation indépendante du revenu de 537€ il y a 20 ans (compte tenu de l’inflation) à un versement mensuel, assis sur les revenus, de plus de 1500€, pour des droits sensiblement équivalents. Joli triplement !

Et si on peut empiler les témoignages outrés d’indépendants, de professions libérales ou de commerçants, on entend malheureusement moins le témoignage, tout aussi révoltant, de tous ces individus qui se sont retrouvés ruinés par les mêmes organismes. Car oui, en France, actuellement, le RSI et l’URSSAF conduisent tous les jours un nombre croissant de personnes à la ruine, à la rue ou au suicide.

Pour des organismes sociaux, dont la raison d’être est, avant tout, d’offrir une protection sociale, le résultat obtenu est assez phénoménal. Non seulement, les cotisations grimpent, non seulement les services rendus sont de plus en plus médiocres, mais cette protection se traduit essentiellement par celle de ses agents et de son propre fonctionnement au détriment de ses assurés que ces abominations collectivistes écrabouillent volontiers dans leur machinerie bureaucratique si cela peut leur éviter la moindre remise en question.

Et cette tendance de fond est corroborée par les statistiques, alarmantes, du nombre de contrôles exercés par l’URSSAF sur les entreprises françaises, en hausse constante, et dont l’issue se traduit de plus en plus souvent par un redressement qui signifie, de plus en plus souvent, une mise en danger directe de l’entreprise par défaut de trésorerie. Le but affiché de ces contrôles est de lutter contre la « fraude », et le but officieux bien compris est de faire rentrer de l’argent dans des caisses difficiles à remplir alors que la crise gagne. En outre, leur multiplication indique tout autant le niveau de soif des organismes sociaux que l’opacité des règlements amphigouriques qui conduisent assez facilement à un redressement.

Au bilan, l’accumulation de ces contrôles, de ces redressements, de ces hausses de cotisations iniques, de cette baisse constante de qualité de service, de cet autisme de plus en plus compact du RSI envers les plaintes qui lui sont adressées provoque un ras-le-bol de plus en plus palpable auprès des assujettis qui s’organisent partout en France pour contester l’avalanche de malversations dont ils sont la victime. Le malaise, déjà palpable les mois et années précédentes alors que la pression fiscale s’accroissait déjà fortement, continue donc d’enfler au sein même du tissu entrepreneurial, celui des TPE et PME qui constituent, on le rappelle, l’essentiel du réservoir d’emploi en France.

Autrement dit, les organismes collectivistes censés protéger la population contre les aléas de la vie fournissent maintenant le ferment le plus réactif de la colère de ceux qui détiennent la clef de la sortie de crise. RSI et URSSAF, loin de faire du social, très loin de protéger et d’assurer les cotisants, les bousculent par nombre toujours plus grand dans la colère, la frustration, et, pire encore, la misère et le chômage, créant par ricochet encore plus de soucis de trésorerie pour eux-mêmes, dans un cercle vicieux dont l’issue, dramatique, pointe déjà à l’horizon.

On voit mal comment tout ceci peut se terminer gentiment.

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Source : http://h16free.com/2014/12/02/35369-rsi-urssaf-quand-les-organismes-sociaux-creent-du-chomage-et-de-la-misere


Suisse qui rit, France qui pleure

lundi 1 décembre 2014 à 09:00

Petites larmes de tristesse chez tous les cœurs épris d’égalitarisme accapareur : la Suisse a rejeté sans aucune ambiguïté à plus de 59% l’initiative « Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires » déposée par la Gauche au parlement confédéral, et qui visait à imposer sur le revenu et la fortune les étrangers installés en Suisse sans y avoir d’activité lucrative. Apparemment, les appels lacrymaux du parti collectiviste local à en finir avec « un système injuste » ont été vains.

Et c’est très bien ainsi.

D’une part, ne boudons pas au plaisir de voir des gauchistes continuer à pleurer. Après tout, ce sont les mêmes qui pleurèrent lorsque Staline mourut, lorsque le Mur tomba, et qui pleureront lorsque le communisme sera définitivement abandonné en Chine ou à Cuba, après tant d’années d’échec, de corruption et de misère. À ces larmes, on ajoutera avec plaisir les couinements outragés des bobos parisiens et autres journaleux pathétiques trop heureux de trouver là un nouveau motif supplémentaire pour mépriser la Confédération Helvétique et ses habitants. Leur frustration et leurs petits cris sont une indication assez claire que la direction prise par les Suisses est la bonne.

D’autre part, cela permet de mettre en contraste de façon vive les habitudes, mentalités et décisions prises de l’autre côté de leur frontière. Parce que pendant que nos amis Suisses expriment clairement leur désintérêt de taxer les riches, une partie du peuple français, excitée par une classe politique de plus en plus pathétique, continue d’en faire la chasse avec une relative efficacité.

mini thevenoudPrenez par exemple l’Assemblée nationale française, entrepôt cossu de jaloux institutionnalisés, où la tendance est clairement au renforcement tous azimuts de la traque des imposables et de la lutte contre les exfiltrations fiscales : elle a récemment renforcé l’arsenal de lutte contre l’optimisation fiscale qui, si l’on s’en tient à la loi, est autorisée, mais tout à fait insupportable si l’on s’en tient à la morale éminemment pliable de ces députés dont certains, phobiques, n’ont pas les mêmes standards de probité lorsqu’il s’agit d’eux-mêmes.

On se consolera en constatant que les amendements de cornichons dogmatiques comme Karine Berger, Valérie Rabault ou Yann Galut, visant évidemment à durcir le texte initial en l’embarbouillant de déclarations systématiques au fisc (avec plein de jolis petits cerfas estampillés « Simplification Administrative » je suppose), se soient fait retoquer. Mais la joie palpable et malsaine d’un Eckert frétillant à l’idée de rappeler la législorrhée du gouvernement (plus de 70 mesures législatives votée pour emmerder fiscalement les contribuables et les entreprises) montre encore une fois la profondeur avec laquelle est implantée l’idée qu’il faut tabasser les riches et les poursuivre avec tous les arsenaux du fisc.

Le contraste avec la Suisse n’en est que plus saisissant…

impots-suisse

Il faut comprendre que la France est inscrite dans une spirale négative qui n’est pas près de s’arrêter. D’un côté, avec la crise, les rentrées fiscales se font plus maigres. Les dépenses de l’État, au beau fixe, continuent pourtant de pétuler, suffisamment pour inquiéter le Sénat. Les députés et le gouvernement, très vite à court d’idées, s’en remettent donc au matraquage fiscal pour remplir les caisses. De l’autre, ce matraquage aboutit inéluctablement à des fuites de capitaux, à des faillites et, plus grave encore sur le long terme, à des démoralisations et des abandons en rase campagne de toute velléité de créer une entreprise, celle-ci étant souvent le prétexte d’une nouvelle avalanche de coups de poings taxatoires.

Il faut se rendre à l’évidence : les Français ont choisi de s’en prendre aux riches, aux entreprenants et à ceux qui souhaitent optimiser leur fiscalité. Ils montrent à ce titre une mentalité diamétralement opposée à celle des Suisses qui ont compris qu’il fallait attirer les riches, les entrepreneurs et ceux qui, finalement, veulent tirer profit de leurs efforts, cette démarche étant la seule qui garantisse de pouvoir créer de l’activité économique et sortir les gens de la pauvreté, au lieu de s’en prendre systématiquement à ces riches, peu nombreux, et surtout mobiles et informés.

impots et taxes

Cette mentalité si particulière, qui a infusé dans certaines couches de la société française, arrive maintenant à faire fuir des Français qui ont pourtant réussi sur leur terreau de naissance, et qui n’hésitent plus à prendre leurs cliques et leurs claques pour éviter de se retrouver coincés lorsque le rideau de fer fiscal tombera définitivement.

Le pire reste que cette mentalité si particulière n’est probablement pas présente chez une grosse partie de la population française qui comprend assez bien les tracas par lesquels passent les patrons, artisans et commerçants : une majorité d’entre eux comprend le ras-le-bol exprimé de plus en plus clairement par ces derniers devant les vexations dont ils font l’objet. Mais voilà : cela fait bien longtemps que ce n’est plus, du tout, cette partie-là de la population qui dicte ses choix à l’élite dirigeante. Si déconnexion il y a entre le gouvernement, les députés et le pays, elle est là : entre ceux qui sont, tous les jours, au contact de ces artisans, de ces commerçants, de ces patrons de TPE et de PME qui forment plus de 70% du tissu industriel, commercial et entrepreneurial de la France, et ceux qui sont sur les bancs de l’Assemblée, dans les journaux, dans les syndicats, dans les administrations et qui n’ont que faire des jérémiades qui remontent, fort mal, jusqu’à eux.

Et c’est finalement cette mentalité qui fait fuir, aussi, les investisseurs et les patrons étrangers, qui, lorsqu’ils expriment le fond de leur pensée, exposent une France dont une partie de ses citoyens joue clairement contre les autres. Ici, le patron de Titan explique de façon limpide la situation : tentant de reprendre l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, il découvre la rigidité (cadavérique) des syndicats, qui refusent de transiger et préféreront la faillite à une reprise partielle :

« On doit reprendre au minimum 652 ou 672 ouvriers, c’est impossible. Le maximum c’est 333, car après ce n’est plus rentable. On a essayé de leur dire ça. Les gars, vous devez vous réveiller. Dites aux syndicats s’ils sont si intelligents, ils n’ont qu’à racheter l’usine. »

Et cette mentalité, celle qui consiste à tabasser les patrons de taxes et d’impôts, celle qui consiste à leur imposer des contraintes ridicules et hors de propos économiquement, dans un « tout ou rien » débile et dévastateur, cette mentalité qui profite du travail des uns pour les spolier et distribuer le produit de la rapine à quelques autres, triés sur le volet, cette mentalité qui prétend favoriser l’intérêt général, la collectivité mais qui porte au pouvoir des copains et des coquins, cette mentalité subtile faite de promesses de lendemains qui chantent moyennant un partage, imposé à tous (par la « morale » d’abord, le fisc ensuite, la force enfin), cette mentalité particulière porte un nom.

Le communisme.

Soviétie Française

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Source : http://h16free.com/2014/12/01/35539-suisse-qui-rit-france-qui-pleure