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Les sénateurs s’occupent du méchant Google. Du LOL s’ensuit.

vendredi 24 avril 2015 à 09:00

Pendant que le gouvernement tabasse du chaton à coup de lois sécuritaires, les bricolages législatifs périphériques à la loi Macron continuent de plus belle. Il serait dommage de laisser refroidir une telle avancée qui va permettre aux gens de prendre un peu le car ou d’ouvrir un petit dimanche sur quatre. Alors les sénateurs ont adopté un amendement visant à encadrer les pratiques des moteurs de recherche.

Parce que voilà bon maintenant ça suffit à la fin, y’en a marre, et la France en a assez de se faire marcher sur les platebandes souveraines, et puis zut, il était temps ! La cible d’un tel courroux ? Même si elle n’est pas nommée, elle ne fait aucun doute : Google, le méchant moteur de recherche de tous les intertubes réunis, sur lequel il fallait cogner fort. Pour Catherine Morin-Desailly,

« Nous avons la conviction que Google favorise ses propres services et nous estimons qu’il faut réguler cette situation, sinon les autres entreprises ne peuvent se développer »

juncker omfg ohnoes no way

Sapristilipopette. Google favorise ses propres services.

Il va falloir développer un peu, cependant, parce qu’à première vue, que Google, ou même BNP Paribas ou la SNCF favorisent leurs propres services, c’est un peu ce à quoi on pourrait s’attendre. L’alternative serait en effet qu’ils ne favorisent pas leurs propres services, ou mieux encore, favorisent les services des autres. Bizarre, voire contre-productif, non ?

En pratique, et si l’on met de côté deux minutes les explications embrouillées (volontairement pour éviter de désigner explicitement la cible, et involontairement parce que nos sénateurs, question intertubes, lolcat et moteurs de recherche, ne touchent pas une bille), le problème apparaît être le suivant : dans les recherches lancées sur Google, l’outil américain afficherait en première page les résultats concernant ses propres produits, au détriment des produits concurrents. Typiquement, la recherche cartographique favorisera Maps de Google (et la version ViaMichelin sera présentée plus bas dans les résultats) ou la recherche sur un outil de gestion d’e-mails affichera GMail en premier, alors qu’une recherche présente normalement le résultat le plus populaire ou le plus pertinent du point de vue de l’utilisateur (ou de l’idée que s’en fait l’algorithme de Google).

Autrement dit, Google renverrait un résultat pertinent ou correspondant au souhait de l’utilisateur la plupart du temps, sauf (le gros méchant) lorsqu’il s’agit d’un produit ou d’un service de Google. Dans ce cas, le produit ou service concurrent est « abaissé » autant que nécessaire. Parfois, le fourbe moteur se débrouille pour ne faire apparaître les fâcheux concurrents qu’à partir de la page deux de ses résultats, ce qui revient à l’oublier purement et simplement, l’utilisateur n’ayant que rarement l’habitude d’aller fouiller dans ce quasi no-click’s-land. (Notez que ce n’est pas le cas pour la recherche, pour laquelle Google ne renvoie pas son moteur en premier – super fair-play, pour le coup, non ?).

google vintage publicity

Pour les concurrents, c’est un véritable scandale puisque, de fait, ils ne sont pas traités équitablement, scrogneugneu. Il faut absolument agir, il faut que la justice, l’équité et tout ça soient bien vite remis en place, par la force s’il le faut. Ce qui se traduit donc par un petit texte de loi ad hoc :

« Tout exploitant d’un moteur de recherche susceptible, compte tenu de son audience, d’avoir un effet structurant sur le fonctionnement de l’économie numérique (…) met à disposition de l’utilisateur, sur la page d’accueil dudit moteur, un moyen de consulter au moins trois autres moteurs de recherche sans lien juridique avec cet exploitant »

long facepalm

Y’a pas à dire, on assiste encore une fois à une fine idée superbement mise en musique par nos géniaux sénateurs qui permettra encore une fois à la France d’être la risée du monde entier. En effet, que risque-t-il de se passer si, à tout jamais, une telle absurdité devait être mise en place ?

Google pourrait commencer par céder, exposant ainsi le ridicule de la situation au yeux du monde entier, puisque la plupart des utilisateurs ne changeront pas leurs habitudes. En outre, Google pourrait pousser jusqu’à fermer ses locaux et infrastructures françaises… laissant sa recherche intouchée et parfaitement disponible depuis la France (sauf à bloquer, on ne sait trop comment, tout Google — Gmail et Youtube compris — ce qui ne manquerait pas de poser quelques soucis). Tout ceci sent déjà assez mauvais.

Mais on se doit de pousser le raisonnement plus loin, par exemple en imaginant un système d’amendes bien solides. Ça tombe bien, parce qu’en matière d’abus de position dominante, tant la France que la Commission Européenne ont une expérience concrète de l’application du concept. En 2004, par exemple, après cinq (bien trop longues) années d’enquêtes, la Commission concluait que Microsoft Corporation avait enfreint les règles de concurrence communautaires en abusant de sa position archi-dominante sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC, lui infligeait une amende carabinée et diverses contraintes sur ses produits… Qui ne changèrent absolument rien à la position de Microsoft dans les années qui suivirent.

Bref, on sent déjà un nouveau cargo de FAIL arriver aux portes du Sénat.

Shipment of fail !

En réalité, l’analyse des sénateurs repose sur le principe qu’un produit doit pouvoir bénéficier de la même publicité que les autres au sein de Google. Or, absolument aucun contrat, aucune obligation ne lie Google vis-à-vis de ces produits, de ces services ou même des sociétés qui les proposent. Aucun. Google propose un outil dont l’unique préoccupation est de répondre à ses impératifs à lui, qui recouvrent en partie la nécessité de fournir un résultat aussi pertinent que possible à l’utilisateur. Et c’est tout.

Non, ne tortillez pas le truc dans tous les sens : Google n’est pas un Service Public de recherche, pas plus qu’il existerait un Droit À Apparaître Bien Placé dans les résultats Google, même si on fournit soi-même le meilleur service possible. Surtout s’il s’agit d’un service d’indexation d’un type particulier, ce service n’étant, en définitive, qu’une version spécifique d’un moteur de recherche, autrement dit un concurrent direct de Google pour lequel on comprend mal pourquoi il devrait, subitement, lui faire des faveurs.

Non, messieurs-dames les sénateurs, messieurs-dames les lobbyistes derrière, Google n’a jamais garanti votre « publicité gratuite » sur son moteur (en vous affichant à une bonne place). Non, il n’a jamais garanti la moindre équité, justice, ou que sais-je dans son service. Du reste, non, vous n’êtes même pas interdit de publicité sur son site, ou partout ailleurs. Ce n’est plus gratuit, c’est peut-être plus difficile financièrement, mais la vie est ainsi faite, avec des entreprises qui n’ont aucune raison de se faire des cadeaux entre elles.

Oui, Google peut fort bien choisir d’afficher, ou non, un résultat. Il en a tout à fait le droit parce que nulle part il ne s’est engagé à fournir un annuaire complet, un ranking spécifique ou une qualité fixée de prestation. Google peut ainsi passer aux oubliettes un commerçant ou une société dont le produit ou le service éclipserait par ses qualités son propre produit ou service, ou même parce qu’il jugerait ça utile à sa propre stratégie commerciale.

Mais voilà : la réalité tangible est qu’une position dominante ne dure jamais éternellement, ni ici ni ailleurs. Ainsi, même si Microsoft n’a pas pâti de l’amende record de la Commission, il s’est tout de même fait tailler des croupières, sans s’en rendre compte, non par des alternatives frontales (linux et autres Unix, ou MacOs à l’époque) mais par d’autres systèmes pas envisagés à l’époque (Android et iOs, typiquement). De la même façon, vous pouvez parier que Google perdra la main dans d’autres domaines. Par exemple, si Facebook installe un comparateur de prix dans son application, Google n’y pourra absolument rien, même avec son actuelle position dominante. Du reste, ne pas pouvoir imaginer, ici et maintenant, ce qui fera flancher Google n’est en tout cas pas une excuse pour agir de façon préventive sur le mode « C’est fichu, on ne sortira jamais de la situation actuelle sans légiférer ! » Parce qu’une loi, c’est bel et bon, mais on ne sait jamais comment elle va s’inscrire dans le temps, et, quand, inévitablement, ses effets délétères s’infiltreront partout.

L’autre réalité, c’est que tous ceux qui se plaignent de la position dominante actuelle de Google ont été les premiers à en bénéficier et ont, de fait, alimenté cette position : ils ont été fort heureux de trouver un moteur simple, couronné de succès, qui leur donnait à la fois accès à des données de qualité et une publicité gratuite pour autant qu’ils arrivaient en haut du palmarès du moteur. Mais voilà, ceci a un coût, même pas caché : celui d’une dépendance énorme à ce moteur, totalement asymétrique. Autrement dit et si vous me passez la trivialité, ces concurrents ont placé leurs couilles dans les mains du géant en échange de ses services, et pleurent lorsqu’il décide de serrer.

Pour toutes ces raisons, l’amendement des sénateurs est destiné à l’échec. Il y aura des larmes, des poings et des couilles dents serrées. Oui, c’est terrible de ne pas pouvoir forcer une entreprise privée, au succès retentissant, à faire ce que vous, vous voulez ardemment. Mais voilà : ça s’appelle le respect de la liberté et la propriété privée. Et parfois, ça pique.

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Source : http://h16free.com/2015/04/24/38532-les-senateurs-soccupent-du-mechant-google-du-lol-sensuit


#PJLRenseignement : ne nous laissons pas faire

jeudi 23 avril 2015 à 09:00

Bien, la Loi Renseignement est votée. Comme c’était en première lecture, il y aura, espérons-le, quelques rebondissements ridicules (notre gouvernement de bras cassés nous assure quasiment cette éventualité). Néanmoins, à voir les trésors d’inventivité déployés (vrai/faux gouvernemental dédié, petites explications de textes de Cazeneuve lui-même, trémolos de Valls, vote en pleine nuit, par une toute petite poignée de godillots du gouvernement), vous pouvez être absolument certains qu’une surveillance, discrète mais massive, sera mise en place en France.

Fini les pedonazis grâce à la loppsiCe n’est pas surprenant. Cela fait des années que le pays s’y prépare, les gouvernements précédents aplanissant largement le terrain législatif à coup de LOPPSI, LOPPSI 2, LCEN et HADOPI. On pouvait vaguement hausser des épaules, en notant qu’après tout, tant que Youporn et Facebook restaient disponibles, tout ça, c’était très théorique et réservé aux méchants. Mais maintenant on y est, tout le monde sera concerné d’une façon ou d’une autre.

Pour ceux qui n’y croient pas, ne vous inquiétez pas, votre tour viendra. Ne venez pas pleurer. Après tout, vous faites sans doute partie de ceux qui l’ont réclamé puisqu’ils sont majoritaires, dit-on…

cat and sausages

Pour les autres, que pouvons-nous faire ? Doit-on attendre sans réagir ? C’est, tristement, une option. Une autre consiste à ne laisser aucune espèce de facilité au gouvernement et ses sbires. Comme le terrorisme n’est ici qu’un prétexte ridicule, éviter que les gros yeux de l’État n’aille regarder par dessus votre épaule n’est qu’une forme, tout à fait légitime, de défense.

Une première méthode radicale consiste à … plier bagages. Ce n’est pas simple, ni bon marché. C’est pourtant ce qu’ont décidé de faire quelques hébergeurs qui sentent déjà le vent du boulet. Au passage, encore une loi dont un des effets sera de favoriser l’emploi en France. Mesdames, messieurs du gouvernement, bravo.

Une autre méthode consiste bien sûr à chiffrer l’intégralité de vos échanges entre votre machine d’accès à internet et votre fournisseur. Pour cela, abonnez-vous à un VPN (virtual private network). Dit comme ça, cela paraît complexe, mais c’est en réalité très simple puisqu’en général, les fournisseurs de VPN proposent un logiciel qui, une fois installé, s’occupe de tout.

Il existe des services gratuits et payants. Les gratuits offrent souvent une bonne anonymisation de votre trafic internet, mais leur bande-passante est faible, ce qui ralentira notoirement votre navigation. On trouvera par exemple Freedom-Ip. Cela peut suffire pour quelques utilisations spécifiques, mais, pour rappel, les « boîtes noires » gouvernementales se basent sur l’étude statistique de votre comportement global, et (normalement) pas sur votre contenu. Dès lors, je recommande un chiffrement permanent de votre connexion. Et là, malheureusement, il vaut mieux payer un peu pour conserver une connexion de bon débit. Citons dans ces catégories HideMyAss, NordVPN ou Cyberghost (Full disclosure : il en existe plein d’autres, et je n’ai pas été payé par ces fournisseurs spécifiques).

Alternativement, on peut se contenter de sécuriser seulement certains de ses usages, comme l’e-mail ou la navigation sur certains sites seulement.

Pour l’e-mail, Enigmail vous offre un cryptage assez fort, est relativement simple à utiliser, et existe en module pour Thunderbird par exemple. Là encore, l’anonymat et la sécurisation demandent un peu de temps et de lecture du mode d’emploi, mais rien d’insurmontable, et le jeu en vaut la chandelle.

Pour la navigation, on ne présente plus guère TOR, l’outil d’excellence pour protéger vos communications. Certes, il n’est pas parfait, mais il suffira amplement à rendre extrêmement pénible la récolte de méta-données sur vos connexions, au travers d’un browser dédié – rappelons qu’il est suffisamment enquiquinant pour la NSA elle-même, qui dispose de moyens autrement plus importants que les services français d’espionnage.

nsa cloud computing

Et peu importe ici que vous ne soyez pas un terroriste ou un hacktiviste chevronné : le fait d’utiliser ces moyens, légaux, constitue en soi un message politique clair que non, vous n’êtes pas prêt à vous laisser espionner, à lâcher un pan entier de vos libertés pour calmer les excitations maladives de nos dirigeants et les aider dans leur appétit de pouvoir toujours plus grand.

Ces quelques éléments ne constituent bien sûr que des pistes pour vous inciter à vous protéger contre un État qui devient inquiétant d’omniprésence. On trouvera d’autres ressources, comme ici et , ou encore par exemple. Et au passage, profitons-en pour saluer une démarche intéressante, la Brique Internet, de Lorraine Data Network. Elle mérite d’être connue puisqu’elle propose un kit « tout en un », un boîtier physique qui se charge de sécuriser votre connexion via un VPN et permet aussi de s’auto-héberger. Je vous recommande la petite vidéo disponible sur le site qui explique très bien tout ça.

Enfin, rappelons pour mémoire le nom des cinq députés, les seuls, qui ont voté CONTRE cette loi. Pour une fois qu’on peut en remercier quelques uns …

Le gouvernement français a décidé de mettre les internautes sous surveillance. Le parlement, à cinq députés près, en usant à la fois de la pire des tactiques (faire voter en pleine nuit une loi inique), la pire des excuses (celle d’un terrorisme qui n’utilise plus internet pour s’organiser) et la pire des méthodes (l’appel à l’émotion pour manipuler l’opinion), a lamentablement suivi comme un bon soldat.

Rien, cependant, ne vous oblige à faire pareil. Rien ne vous interdit — pour le moment — de vous opposer.

Profitons-en, ça ne durera pas.

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Source : http://h16free.com/2015/04/23/38553-pjlrenseignement-ne-nous-laissons-pas-faire


C’est officiel : le gouvernement se moque de nous

mercredi 22 avril 2015 à 09:00

Les jours se suivent et se ressemblent, certes. Mais il faut parfois relire deux ou trois fois les informations d’une presse débridée (mais toujours aussi subventionnée), qui tombent comme des obus de 155 au milieu des pâquerettes de notre naïveté pour se convaincre que tout est normal. Et parfois, c’en est trop, l’absurdité dépasse tous les niveaux habituels. La vérité, toujours sous la surface des eaux tumultueuses de l’actualité bouillonnante, remonte alors comme un bouchon avant de replonger à nouveau : le gouvernement se moque de nous.

Dernièrement, ce sont deux notules qui ont à nouveau, le temps fugace d’un billet, propulsé l’évidence hors du bouillon. L’une met en scène celui qui passe pour notre ministre des finances (parce que, oui, même si la France n’a plus de finances, elle a encore un ministre qui s’en occupe). L’autre enfile comme des petites saucisses-apéritif sur une brochette, notre premier ministre, la ministre de l’Éducation Nationale et un humoriste.

bullshit meterEt c’est donc grâce à Michel Sapin et au nouveau site du gouvernement qu’on découvre que ces gens nous prennent pour des enfants. Des enfants d’abrutis, très manifestement, si l’on en croit à la fois l’objectif affiché, officiel et décrit par le rondouillard ministre, et le design résolument gamin du site en question.

Car ici, mes petits enfants stupides, nous parlons impôts, thème de prédilection d’un ministre à la tête d’un pays en faillite, dont les ponctions n’ont pas arrêté d’augmenter sur les 20 dernières années, et dont la pression fiscale, ubuesque, ne préoccupe absolument pas le pouvoir en place si ce n’est pour son pendant désagréable : de moindres rentrées. Or, on le sait, le peuple grogne, ploie sous les charges, et les grognements, qu’on entend de-ci, de-là et de façon épisodique, pourraient ralentir la collecte des deniers.

Ces ronchonnements n’ont pas lieu d’être puisque chacun sait qu’une campagne d’impôts, c’est l’occasion d’une bonne rigolade en famille, même si, il faut le reconnaître, les cerfas d’impôts sont parfois un peu arides. Dès lors, pour notre ministre et son suintant factotum, Christian Eckert, il s’agissait de donner un petit caractère « populaire, accessible et disons-le, plus convivial » à une campagne de collecte d’habitude pas spécialement ludique. Quand on voit le résultat, on peut dire que c’est réussi :

impots ludiques

Couleurs acidulées qui ne dépareilleraient pas une classe de maternelle, graphisme d’écolier, petits personnages rigolos, tout y est pour que l’impôt citoyen, fiscal et vexatoire soit enfin une opération adaptée au QI d’huître dont nous dotent explicitement nos ministres. L’impôt, celui qui détruit les sociétés et crée du chômage, ruine les Français et les entraîne tous les jours plus dans la pauvreté, celui qui n’a jamais été aussi inégalitaire qu’actuellement, se doit d’être convivial, (et probablement aussi festif que citoyen) comme un barbecue entre amis.

On peut le dire : ces gens qui, je vous le rappelle, sont normalement les valets des Français et vivent de leurs impôts, ont un culot en béton armé. Apparemment, populaire et accessible signifie pour eux « rigolo », « enfantin » et « niaiseux ».

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Et pendant qu’Eckert et Sapin traitaient sous cape les Français de petits cons, le Premier Ministre et le Ticket-Parité du gouvernement s’exprimaient sur la pertinence de nouvelles matières innovantes au collège.

Dans une interview au magazine L’Œil, Manuel Valls glosait benoîtement sur la réforme des rythmes éducatifs et autres catastrophes joyeusement impulsée par le gouvernement et en a profité pour s’interroger, à la consternation générale, sur la possibilité d’« intégrer, dans nos écoles, l’art de l’improvisation que porte Jamel Debbouze » …

Le tout au moment même où l’on apprend que les programmes d’Histoire sont une fois de plus remaniés au tractopelle et à la dynamite : c’est décidé, en sixième, on ne parlera plus de l’Égypte, de la Mésopotamie, des royaumes assyriens, de Ninive et de Babylone. Si quelques notions seront obligatoires – l’islam, les traites négrières, par exemple – d’autres seront laissées au choix du professeur comme les guerres de religion ou les Lumières. Ben tiens. Voilà qui brosse un tableau délicieux, non ?

Autrement dit, pendant qu’on va très délicatement « reformater » l’histoire de France avec un doigté que n’aurait pas renié le Baron Haussman, Manu Les Bons Tuyaux envisage d’en ajouter une couche en proposant des cours de stand-up et d’improvisations à nos étudiants. Quelque part, ça se comprend : si pour le stand-up comique, il est clair que le gouvernement n’a de leçon à recevoir de personne, en matière d’improvisations, un grand chantier s’impose pour tout l’Exécutif français tant le résultat des siennes est calamiteux.

valls improvise

Tout ça pourrait être une amusante galéjade si la balle, lancée par le Premier ministre avec la décontraction et la nonchalance des gens qui n’en ont absolument rien à carrer, n’avait été récupérée au bond par la frétillante excuse qui sévit actuellement au maroquin de l’Éducation Nationale : le gouvernement est à ce point en manque de buzz et d’idées que toute chimère, même grotesque, surtout grotesque, sera rapidement montée en épingle et, encore mieux, mise en pratique.

Je ne reviendrai pas en détail sur l’absurdité que constitue tant l’idée de Valls que sur le surenchérissement burlesque de Vallaud-Belkacem, le blogueur Koz l’a déjà amplement fait.

En revanche, je n’hésiterai pas à constater encore une fois le délitement avancé de nos dirigeants, et leur déconnexion du réel, à nouveau prouvée par cette enfilade de bouffonneries. Si la situation du pays n’était pas à ce point préoccupante, on pourrait presque trouver ça drôle. Ou troll, disons, tant tout ceci apparaît comme une manœuvre de communication pour se foutre du peuple.

Cependant, à force de ne pas tenir compte de la réalité, à force d’agacer ceux qui payent pour ces clowneries, à force d’occuper le terrain avec une fanfreluche de plus en plus irritante, il va arriver un moment où le décalage sera amplement suffisant pour justifier tous les écarts, tous les débordements, toutes les violences … et tous les extrêmes.

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Source : http://h16free.com/2015/04/22/38656-cest-officiel-le-gouvernement-se-moque-de-nous


En France, la création d’entreprise bat son plein. À mort.

mardi 21 avril 2015 à 09:00

En octobre 2013, je faisais déjà le constat d’une activité soutenue du côté des défaillances d’entreprise. En novembre 2014, rebelote, avec un déficit de l’État qui dérapait de plus belle, la tendance au niveau des faillites ne s’inversait pas. Nous sommes en avril 2015, la France baigne toujours dans une piscine de socialisme joyeux, et tout va bien : les défaillances d’entreprises sont à un niveau historiquement haut.

Bien sûr, ce nouveau record accompagne main dans la main les petits bonds vigoureux du chômage dont la courbe ne veut toujours pas s’inverser, bonds dont le nombre augmente d’autant plus que la période électorale est passée. Il faut se rendre à l’évidence : les entreprises qui avaient autant que possible retenu leurs licenciements et tenté de tenir quelques semaines de plus pendant le mois de Mars ont été rappelées à la réalité, cette réalité que semble fuir le gouvernement à toutes jambes en concentrant plutôt l’essentiel de ses toutes petites ressources intellectuelles à mettre le peuple sous écoute ou lui reprocher son vilain racisme.

Le bilan est donc sans appel : de janvier à mars 2015, 18.134 entreprises ont été placées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire (contre 16.858 il y a un an). Quant aux créations, elles ne compensent pas. Le solde est négatif, le nombre d’emplois ainsi menacés dépasse 66.000, pendant que 800 PME de 10 à 19 salariés (+12%) et 350 de 20 à 49 salariés (+26%) ont déposé le bilan au premier trimestre 2015. Quant aux toutes petites entreprises, les défaillances de celles qui ne compte qu’un seul salarié explosent (+54%), tandis que celles de deux salariés augmentent de 8%.

Diable diable, pourquoi donc un tel désastre alors que, selon Thierry Millon, directeur du cabinet d’études Altares, « La consommation des ménages reprend des couleurs, le climat des affaires s’améliore, les conditions de crédit s’assouplissent, les clignotants passent progressivement au vert » ?

Peut-être pourrait-on trouver une piste du côté de la paperasserie administrative, ou des usines à gaz aux si nombreuses tubulures chromées qui forment l’essentiel de nos administrations pléthoriques françaises dont la mission semble être exclusivement d’asticoter l’entrepreneur jusqu’à son dépôt de bilan ? Peut-être le choc de simplification a-t-il surtout consisté en une série de chocs bien violents sans aucune simplification ?

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

Ce serait surprenant de la part d’un gouvernement si décidé, avec un cap si clair (le changement, pardi, si ce n’est pas un cap qui roxxe du poney, ça !) et des méthodes si éprouvées ! Pourtant, de nombreux exemples s’accumulent dans les pages intérieures « Économie Locale » (voire « faits divers ») de nos journaux régionaux qui tendent à prouver que les multiples courses d’obstacles que nos administrations font subir aux chefs d’entreprises finissent par avoir raison d’eux. Tenez, par exemple, cette touchante et éclairante histoire de « foodtruck » du côté de Boulogne, où l’on apprend que le volontaire cuistot, ayant trouvé un marché plein de clients tous prêts à l’accueillir, aura bien vite rendu son tablier devant l’indigeste millefeuille administratif auquel il fut confronté.

Mais non, allons, la raison de ces défaillances ne peut pas être aussi banale. Tout le monde sait qu’avec un peu de volonté, on peut très bien surmonter quelques cerfas, l’une ou l’autre rombière acariâtre au guichet C de la préfecture ou l’oubli malheureux à la CCI locale du coup de tampon par le préposé aux coups de tampons dans le cadre de la procédure Z27B « Coup de Tampons ».

hollande poids de l'impôtPeut-être est-ce alors dû à une solide avalanche d’impôts ? Il est vrai que, comme je le mentionnais dans un précédent billet, notre aimable dessert lacté présidentiel aura quelque peu chargé le pédalo la barque en la matière puisqu’ils ont augmenté de plus de 90 milliards en trois ans. Ces 90 milliards, il faut bien les trouver quelque part, n’est-ce pas. Et dans ce pays de liberté d’expression où tout le monde est maintenant sur écoute discrète, peut-on dire que, peut-être, ces ponctions à répétition, ce tabassage sadique et ce fisc fucking taxatoire ont eu un effet délétère sur les entreprises ?

Probablement pas.

Une autre explication est possible. Peut-être les entreprises ont-elles choisi de calancher ? Oh, je sais, l’hypothèse est hardie, mais elle est tout à fait réaliste lorsqu’on découvre qu’en parallèle de ces ponctions toujours plus importantes, le travail au noir connaît un renouveau marqué, corroboré par l’augmentation de 20 milliards d’euros des billets et pièces en circulation. Et voilà qu’une partie de nos élites découvre, effarée, qu’un nombre croissant de travailleurs «bricolent», c’est-à-dire exécutent un travail non déclaré en complément de la perception de leurs indemnités de chômage voire du RSA.

Roooh : non seulement, trop d’impôt tue l’impôt, mais trop d’impôt tue le travail déclaré, voire tue le travail tout court. Petit à petit, les entrepreneurs choisiraient donc de limiter autant que possible leur activité pour ne pas embaucher (synonyme de tracasseries administratives à n’en plus finir), puis, lorsque l’embauche est définitivement écartée mais les impôts augmentant toujours, arrêteraient les frais en se retirant purement et simplement du marché officiel. L’activité pourrait reprendre, plus discrète et loin des nuées de cerfas vampiriques, des milliers de taxes sur lesquelles le défaut d’entreprise agirait comme une moustiquaire.

bankruptcy

Voilà qui devrait faire réfléchir un peu, non ? Et pas seulement au niveau national, mais bien à tous les niveaux, jusqu’à celui de la commune. Eh bien rassurez-vous, la prise de conscience est en route : non seulement, les collectivités locales ne vont absolument pas se calmer, mais en plus, elles vont augmenter aussi à leur niveau les impôts qu’elles pourront. Et si ces impôts augmentent, c’est parfaitement normal.

Oui, vous avez bien lu : comme l’explique, dès le titre, cette resucée d’AFP parue sur l’Express, « Les municipalités vont augmenter les impôts locaux, et c’est normal », comme le Président. Dans la plus grande décontraction, et plusieurs mois après les élections municipales (ouf, il était temps qu’elles passent, celles-là), la plupart des villes, tant dirigées par la droite que par la gauche, ont donc voté avec rapidité une belle augmentation de leurs impôts locaux (Bordeaux +5%, comme Marseille et Lyon, Lille +10%, Toulouse +15%), parce que Maman-Etat a fermé ses robinets et que ces municipalités sont, bien évidemment, incapables d’en faire autant. Normal, quoi.

Il semblerait donc qu’en réalité, la France se porte bien. Différents éléments laissent penser qu’en fait, ces petites défaillances sont le fruit d’un habile arbitrage de la part d’entrepreneurs peu scrupuleux qui choisiraient, les vilains, de faire carafer leur boîte plutôt que payer leur écot citoyen. C’est très moche, parce que, voyez-vous, les municipalités ont un besoin croissant de fonds. Et comme le prouve la titraille journalistique et les assertions des maires devant la dure austérité que leur impose l’État, la mentalité spoliatrice tout à fait détendue de la ponction est elle aussi en pleine forme. Normal.

Les impôts vont donc continuer à augmenter. Les entreprises vont continuer à défaillir.

Forcément, ça va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2015/04/21/38481-en-france-la-creation-dentreprise-bat-son-plein-a-mort


Plan racisme et petits fours

lundi 20 avril 2015 à 09:00

Il fallait bien au moins ça : vendredi dernier, alors que le pays se remettait à peine du vote en première lecture de la Loi Renseignement, Manuel Valls présentait à Créteil un vaste plan de communication destiné à mobiliser les médias sur d’autres questions que l’économie, le chômage, le respect de la vie privée ou l’effondrement du système de santé ou d’éducation en France. Et comme sujet principal de diversion, le premier ministre a choisi la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Normal : pour notre tremblotant premier ministre, le racisme n’a jamais été aussi fort dans le pays. À l’écouter, des hordes barbares n’ont jamais été autant prêtes à déferler sur la nation que maintenant : pour lui et grâce au Gouvernotron 2000, un instrument de mesure extrêmement avancé et particulièrement précis, « le racisme augmente de manière insupportable dans le pays », ce qui l’a même poussé à déclarer, tout de go :

« C’est ce que j’ai voulu résumer à la tribune de l’Assemblée nationale, le 13 janvier, en disant simplement que les Français juifs ne devaient plus avoir peur d’être juifs. Et que les Français musulmans ne devaient plus avoir honte d’être musulmans. »

Quant aux chrétiens, en revanche, ils peuvent continuer à fouetter silencieusement. Ça tombe bien : c’est ce qu’ils savent d’ailleurs faire le mieux, rester silencieux, grâce à une presse qui saura se garder de relayer les éventuelles remarques qu’ils pourraient faire à ce sujet, ou qui, le cas échéant, montrera par d’habiles sous-entendus que pour ces catégories-là, le problème n’existe pas ou est très grandement exagéré, allons allons, ne nous emballons pas :

De toute façon, on ne les écoutera pas, parce que Manuel et sa clique ont du giga-pain sur la méga-planche : selon le commode Observatoire de l’Islamophobie, au premier trimestre de cette année, 226 actes anti-musulmans ont été recensés, soit six fois plus que sur la même période de l’an dernier. Quant aux actes antisémites, leur nombre a doublé l’an dernier par rapport à 2013. Pour les statistiques concernant les cimetières profanés ou les églises brûlées, nous attendrons sagement (et silencieusement, bien sûr) le décompte officiel que le Ministère de l’Intérieur tient probablement à jour scrupuleusement. Il sera relayé par toute la presse, promis juré.

Comme on le voit, tout ceci justifie apparemment que le gouvernement, premier ministre en tête, se mobilise comme un seul homme pour lutter contre ce nouveau fléau qui serait lié, d’après la fine analyse de Manu, à « une France travaillée par le populisme ». Alors, comme il y a « urgence à passer de l’indignation – trop souvent insuffisante – à l’agitation l’action », Manu la bricole a dévoilé le plan B. Pour rappel, le plan A, c’était celui qui consistait à avoir du changement maintenant avec (enfin) une France apaisée, mais comme ce plan a explosé en vol quelque part entre mai 2012 et janvier 2015, et à plusieurs reprises, il a fallu improviser.

valls lutte contre le racisme

Ce qui ne veut pas dire qu’on va simplement faire comme d’habitude, c’est-à-dire distribuer un dossier de presse et quelques petites brochures colorées, organiser une ou deux conférences de presse avec buffet, petits fours et quelques personnes impliquées dans la Grande Cause devenue Nationaââale pour l’occasion. Non. Cette fois, et comme la France n’est pas encore tout à fait à 100% de dette par rapport à son PIB, on va mobiliser 100 millions d’euros de la poche des autres (youhou, c’est de vous qu’il s’agit !) sur trois ans.

Bien évidemment, le site gouvernemental ne s’étend pas des masses sur les différentes affectations de tous ces beaux millions trouvés on ne sait trop où dans un budget en déficit de plusieurs dizaines de milliards, mais on comprend de toute façon qu’à part asperger encore un peu plus quelques unes des associations amies déjà largement subventionnées, créer l’inévitable commission Truc ou demander un rapport Machin, et – bien sûr ! – cramer le reste en communication sur papier glacé, il n’y a guère d’autres choses possible pour nos dirigeants ; soyez d’ailleurs assuré que si combattre le racisme ou l’antisémitisme efficacement consistait à produire des boules de gomme, le gouvernement s’y serait déjà mis. Et avec 33 millions d’euros par an, mine de rien, on peut faire pas mal de boules de gomme trucs… En matière de lutte contre le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme, bien sûr, mais aussi, et surtout, ne l’oublions pas, en matière de publicité, de conférences de presse, de petits fours et de brochures colorées, qui sont ici le nerf de la guerre de l’opération ministérielle du J’Occupe Le Terrain Avec Ma Nouvelle Marotte.

Accessoirement, on va renforcer les sanctions, notamment en passant dans le domaine pénal ce qui avant était du domaine de la presse. Cela ouvre la voie à d’intéressantes perspectives, comme la comparution immédiate, et la possibilité de mettre les suspects en garde à vue. Oh, que voilà bonne nouvelle qui va donner une nouvelle latitude aux parquets ! De l’aveu même d’avocats spécialisés, cela donnera l’occasion aux procureurs, en fonction des tribunaux, de choisir de réprimer plus fortement certains délits que d’autres, ce qui pourrait porter atteinte à la liberté de la presse. Franchement, est-ce bien gênant, au point où nous en sommes ? Mieux : n’est-ce pas l’effet recherché ?

Ah, décidément, toute cette jolie communication, toute cette agitation citoyenne et musclée, le tout pour un prix modique et un impact sur le monde réel encore plus modique, ça me rappelle quelque chose … Ah oui, c’était il y a bien longtemps, il y a facilement deux mois, moment qu’avait choisi Taubira pour … renforcer l’arsenal antiraciste. Doit-on voir dans la récupération de Valls une nouvelle disgrâce pour la Garde des Sceaux ?

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Source : http://h16free.com/2015/04/20/38536-plan-racisme-et-petits-fours