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Gros temps pour le GIEC

dimanche 9 novembre 2014 à 11:00

De pire en pire. Eh non, je ne parle ici ni de la France, ni du quinquennat de François Hollande bien qu’il semble l’avoir placé sous le signe des averses diluviennes. Je parle ici du catastrophisme du GIEC qui, de rapports en rapports, semble soutenir une thèse de plus en plus grotesque : nous allons tous mourir d’un grand coup, certes, mais la date fatidique se rapproche à coups de jarrets dynamiques. Vite, il faut faire quelque chose !

Et qui mieux que les petites pages « Planète » du Monde et la prose rigolote de Laurence Caramel pour nous raconter tout ça dans un bel article dédié aux cris d’alarme du groupement d’experts sur le climat ? La dernière fois, Laurence nous avait appris que l’air devenait irrespirable et qu’en s’agitant quitte à faire n’importe quoi, on aurait probablement le même résultat qu’en ne faisant rien du tout, mais après avoir claqué un assez colossal paquet de thunes, ce qui est une excellente idée par les temps qui courent.

on va tous mourir

Cette fois-ci, c’est le dernier rapport du GIEC qui justifiera les petits sanglots de notre sucrerie journalistique : le document, bien que n’apportant aucun élément nouveau depuis les trois précédentes productions, se permet de jouer la surenchère en dénonçant la passivité des États alors que, si on veut s’en sortir, il faut agir maintenant (mais vite, vite, vite, l’urgence presse). D’ailleurs, c’est bien simple :

« La science a parlé. Il n’y a aucune ambigüité sur son message. Les gouvernements doivent agir. Le temps joue contre nous. »

Salaud de Chronos, quel fieffé coquin ! Il nous a encore une fois tendu un piège, le misérable, alors que pourtant, la science a parlé, science is settled (mais si, mais si, mais si), et qu’en conséquence, les États doivent agir, c’est pourtant évident ! Et cette fois-ci, que risquons-nous ?

Eh bien comme d’habitude, il s’agira de catastrophes aussi nombreuses que coûteuses en vies humaines, toutes conséquentes d’une hausse carabinée de températures, tout de même baignée dans plusieurs barils de conditionnels : si l’on ne fait rien, le réchauffement pourrait atteindre 4°C d’ici à la fin du siècle.

Et si l’on agite ainsi le rapport sous le nez des décideurs, c’est d’abord parce que d’âpres négociations, sur qui va avoir le droit de polluer, comment et combien, vont s’ouvrir dans quelques semaines à Lima, et que dans cette optique, un grand raout médiatique ne fait pas de mal, et d’autre part parce que le rapport en question fournit, clef en main, tout ce qu’il faut faire pour être bien dans les clous de la repentance climatique. Rajendra Pachauri, l’érotomane président du GIEC, l’explique ainsi :

« Ce rapport de synthèse fournit aux décideurs une feuille de route à partir de laquelle nous espérons qu’ils trouveront le chemin vers un accord global qui permette de contenir le changement climatique. Il nous fournit les connaissances qui permettent de faire des choix éclairés et de mesurer les conséquences de l’inaction. »

Et, il faut le dire, qu’elles sont graves les conséquences de l’inaction ! Outre des glaciations records en Antarctique et un pôle Nord qui refuse de se transformer en lac comme Al Gore assurait qu’il le deviendrait, les dix-sept dernières années ont laissé le climat dans la perplexité au point de lui faire faire une pause dans cette hausse terrible des températures alors que tout, pourtant, indiquait qu’on allait cuire.

C’est d’ailleurs un exercice aussi amusant que troublant que celui qui consiste à retrouver des articles des années 2000, dont les prédictions s’étalaient langoureusement sur les 10 à 20 années suivantes, et de les confronter à la réalité observée. Ainsi, en février 2004, le Pentagone américain; basant de minutieux calculs sur les prévisions météoroclimatiques du GIEC, annonçait une décennie résolument catastrophique. D’ailleurs, on retrouve des articles du même tonneau sur Libération ou Le Monde (2005), avec à chaque fois le constat que « dans quelques années, cela va être terrible terrible mes petits amis, vite il faut faire quelque chose ».

Du reste, ce n’est pas sans rappeler les petits soucis des Nations Unies qui, en 2005, annonçaient moult problèmes pour 2010, avec au moins 50 millions de personnes forcées à migrer à cause des conditions climatiques détériorées par le vilain CO2 et, plus généralement, par les méchancetés que fait subir l’Humanité à la planète. Bilan : il n’en fut rien, à tel point que l’institution internationale retira discrètement les pages catastrophistes de son site (ce qui attira l’attention, et internet n’est pas tendre). Les îles refusèrent de se laisser engloutir sous les eaux, et si les océans montèrent, ils ne le firent pas autour d’elles. Zut alors.

Bref : des émissions de CO2 qui ont pourtant atteint 100 milliards de tonnes entre 2000 et 2010 mais des températures qui ne montent pas pendant près de 20 ans, des scientifiques qui s’interrogent sur leurs théories et sur les modèles, mais non, la science a parlé.

Malgré tout, l’aimable Laurence, reprenant la doxa officielle, écrit que

« Depuis vingt-cinq ans, les mises en garde du GIEC se font à chaque nouveau rapport plus précises et plus incontestables »

…ce qui ne manque pas de sel lorsqu’on remet tout ce fatras en perspective. De plus en plus précis ? Alors que s’amoncelaient les prévisions de plus en plus écartées de la réalité, les rapports ont du faire assaut de conditionnel et de jargonite dans leurs parties scientifiques pour noyer le poisson de plus en plus gros du « Finalement, on n’en sait rien ». De plus en plus incontestable ? Ce n’est l’avis ni d’un nombre croissant de scientifiques (et maintenant majoritaire), ni même d’un nombre croissant de nations (Australie, les États-Unis ou la Chine par exemple), qui ont décidé que l’avenir climatique de l’Humanité pourrait fort bien se passer de leurs coûteuses gesticulations.

des hivers trop doux

En fait, tant le rapport du GIEC que l’article de Caramel exposent assez bien ce qu’il en est réellement de ce fumeux réchauffement, lorsqu’est évoqué le « résumé » de ce rapport : il est « rédigé en quarante pages dans un langage accessible », c’est-à-dire expurgé de toutes notions réellement scientifiques (à commencer par le doute qui doit prévaloir à toute démarche dans le domaine), et il « constitue donc aussi un diagnostic entériné au plus haut niveau politique ». Eh oui : ce bidule est politique.

Et dès lors, si l’on garde bien cette nature strictement politique tant du rapport que du GIEC, l’agitation qui s’empare de certaines rédactions (notamment les françaises) s’explique mieux. On se rappelle que dans 500 jours (un peu moins maintenant), Fabius se fera fort d’alimenter en petits fours les invités du Grand Salon Parisien des Alarmismes Climatiques, et qu’il faudra absolument présenter des accords fracassants à cette date pour justifier de toutes les dépenses engagées. Or, dans ce laps de temps, il peut s’en passer, de vilaines choses, à commencer par une baisse drastique des fonds alloués aux Nations Unies pour les questions climatiques, ce qui est fort probable compte-tenu du récent basculement du Sénat américain vers les Républicains.

Autrement dit, les couinements de Ban Ki-moon, de Rajendra Pauchauri et, par suite, ceux de Laurence Caramel, ressemblent de plus en plus à ceux de ces intoxiqués qui, le regard mauvais, menacent des pires représailles si on ne cède pas à leurs demandes financières pour s’offrir un nouveau fix : si on ne met pas les moyens, si on ne crame pas, maintenant, un paquet de pognon incommensurable, et ce alors même que l’économie mondiale est sur le point de s’effondrer, vous allez voir ce que vous allez voir, on va souffrir, ça va être terrible. Et c’est garanti sur facture, parce que si, il y a 5, 10 ou 20 ans, on s’est trompé, là, maintenant, c’est sûr, c’est du solide.

À mesure que la crédibilité du GIEC s’effrite avec celle de ses modèles mathématiques et de ses prédictions catastrophistes, à mesure que les fonds viennent à manquer, les bobards se font plus gros, les agitations se font plus spasmodiques, la propagande s’intensifie…

Quelque part, c’est bon signe.

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Source : http://h16free.com/2014/11/09/34825-gros-temps-pour-le-giec


Une petite publicité pour le magnet CPEF

samedi 8 novembre 2014 à 11:36

Les fêtes de Noël approchent et je sais que certains de mes lecteurs, ultra-libéraux donc forcément ultra-riches, sont aussi ultra-blasés. Quoi de mieux qu’un cadeau original, une trouvaille qui change de l’ordinaire pour égayer un peu leurs mornes journées de capitalistes auxquels tout est déjà permis ?

C’est pourquoi une amicale lectrice, qui tient boutique ici, me fait part de sa production de magnet dédiés aux hashtablaunotes, des magnets CPEF (Ce Pays Est Foutu), proposés à un prix si rikiki qu’on ne peut qu’en prendre plusieurs à chaque achat !

Vous êtes adeptes du blog Hashtable ? Vous ne manquez jamais une de ses petites chroniques désabusées d’un pays en lente décomposition… ? Alors vous connaissez certainement l’expression « CPEF », devenue culte au fil des billets de l’auteur. Avec son accord, je me propose de vous permettre d’exprimer cette impression lapidaire haut et fort sur la porte de votre frigidaire, ou sur n’importe quelle surface métallisée.

Cet aimant a été pensé, dessiné et réalisé en France. Il est fait en bois, peint et verni à la main. La peinture utilisée est acrylique et le verni est écologique. Dimensions : 6 x 2,6 cm (épaisseur 1,2 cm)

L’aimant inséré dans le bois est un aimant néodyme (donc très puissant). Chaque aimant peut « accrocher » l’équivalent de sept cartonnettes bristol 210g à une surface métallique. Existe en Vert, Rouge, Bleu, Marine, Rose et Jaune doré.
Possibilité de réaliser d’autres couleurs pour les clients originaux (une petite semaine de délai).

Les commandes peuvent être passées sur le site, ici.

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Source : http://h16free.com/2014/11/08/34955-une-petite-publicite-pour-le-magnet-cpef


Le pays part en Fraisse

vendredi 7 novembre 2014 à 09:00

Régulièrement en France, des paquets d’individus manifestent, plus ou moins bruyamment. Parfois, c’est organisé, et nombreux sont les vendeurs de merguez à y trouver leur compte. Parfois, c’est improvisé, plus ou moins spontané, affiché comme « populaire, citoyen & festif », et dans ces cas, ces réunions se terminent souvent par des affrontements avec les forces de l’ordre. Toujours, il y a arrestations. Et rarement, il y a un mort.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Car en effet, la mort d’un individu lors de manifestations, mêmes violentes, est un fait très rare en France. Et histoire de fournir un peu de contexte, revenons sur les événements qui se sont emballés récemment autour du projet de barrage de Sivens. Celui-ci, placé sur une rivière locale, le Tescou, fait déjà débat depuis un moment. D’un côté, les autorités publiques (Conseil général du Tarn, l’Agence de l’eau Adour-Garonne), bien sûr épaulées par une de ces sociétés « mixte » dont la France a le sulfureux secret, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, le tout propulsé par des intérêts paysans bien compris, et de l’autre, une partie des riverains et des contribuables locaux ainsi que les inévitables écolos du crus. Les uns allant bon train pendant que les autres ne se sentaient pas assez consultés, des occupations plus ou moins sauvages des lieux et des manifestations furent rapidement organisées.

Le problème est qu’ici, dans le fond, la construction du barrage suit de façon presque rigoureuse tout ce qu’on peut reprocher à une décision étatique à peu près unilatérale, avec une étude d’impact payée par le commanditaire lui-même (fastoche), avec une passation de marché public dans le respect scrupuleux du capitalisme de connivence qu’on ne peut que dénoncer : transparence calculée (ou opacité choisie, disons), acteurs qui s’entendent comme larrons en foire pour que toutes les bonnes factures atterrissent dans les bonnes poches, c’est-à-dire dans le respect (minimal) des lois, certes, mais avec cette flexibilité morale et ces scrupules qui riment avec minuscule qu’on retrouve dans presque toutes les bidouilles étatiques sur capitaux publics. Autrement dit, il y a bien ici matière à protester.

Cependant, rapidement, la forme des protestations entraîne une petite crispation des autorités qui ont justement, ces dernières années, un problème croissant avec les expressions un peu trop vocales de désaccord avec la politique menée. Rapidement, la tension monte. Le dimanche 26 octobre, la manifestation prend une tournure nettement plus virile avec des échanges musclés de petits projectiles rigolos de part et d’autre : pif le cocktail Molotov, paf la fusée de détresse, pouf la grenade offensive, pof le militant tué. Oui, vous avez bien lu « cocktail Molotov, fusées, grenades ». Il y avait aussi mottes de terre et cailloux, mais c’est assez banal pour les oublier.

La mort du militant écologiste Rémi Fraisse tombe fort mal (un mort, de toute façon, tombe toujours mal). Un jeune (21 ans), un étudiant, un « militant écolo pacifiste » (et communiste, ne l’oublions pas), cela fait encore plus désordre : pour des politiciens au pouvoir officiellement à gauche, tous revendiqués du Camp du Bien, qui ont toujours joué sur leur immense compréhension du peuple, cela met plus que dans l’embarras, cela relève de la catastrophe (humaine probablement — les politiciens savent doser leur empathie, voyons — mais médiatique, sans aucun doute).

L’affaire, qui était locale, devient immédiatement nationale. Et comme, de surcroît, des clivages sont apparus depuis un moment au sein d’une majorité de plus en plus relative, c’est l’occasion pour certain-e-s d’une récupération parfaitement dénuée de la moindre honte. En politique politicienne de bas étage, rien de tel qu’appuyer là où ça fait mal. Cécile Duflot, qui n’aurait jamais su orthographier Sivens il y a encore 15 jours, se dresse à l’Assemblée comme un seul homme pour sottement demander une minute de silence. Sottement, parce qu’institutionnellement, les minutes de silence, à l’Assemblée, sont comptées : déjà que, toute honte bue, peu de nos soldats y ont droit (et en tout cas, aucun policier, même tué dans une course poursuite, dans l’exercice de ses fonctions), on voit mal un citoyen lambda, tombé parce qu’il participait à une manifestation violente, en bénéficier.

duflot récupère

Nous sommes en France. La récupération ne s’arrêtera pas là. L’occasion est trop belle. L’ombre de Malik Oussekine plane de plus en plus sur le gouvernement Valls. Alors que la droite, sous Chirac, avait dû composer avec ce genre d’événements douloureux qui avait conduit à la démission d’un ministre (Devaquet), la gauche se retrouve à son tour dans des draps similaires. De façon bien glauque, c’est une partie de la gauche elle-même, la plus dogmatique, qui participe au montage en épingle de cette histoire : elle veut absolument un « Oussekine du PS » et voit dans ce Fraisse des bois de Sivens l’arme qui lui permettra enfin de se désolidariser pour de bon d’un François Hollande coincé dans des abysses d’opinions défavorables et de conjonctures catastrophiques.

Les manœuvres de Duflot n’étonnent donc pas, ni d’ailleurs celles du maire de Carhaix, qui tient à donner le nom du militant à une rue de sa ville. Ben oui, que voulez-vous,

« Il est inconcevable, comme cela a été le cas en 1986, lors de la protestation étudiante contre la loi Devaquet, qu’un jeune perde la vie dans une manifestation. Une rue Malik-Oussekine existe d’ailleurs à Carhaix, en hommage à ce jeune manifestant tué par les pelotons voltigeurs. La droite était alors au pouvoir. »

Les quelques manifestations de « lycéens » (chair à canon endoctrinée dans le meilleur des cas, bande de branleurs dans le pire) participent du même esprit qui vise à attiser la dissension dans les rangs de la gauche. Du reste, le message porté par ces « lycéens », quittant leurs établissements pour aller parader dans les rues de Paris, consterne par son incroyable médiocrité :

« Rémi Fraisse est un symbole comme l’était Leonarda. Il représente la violence policière et Leonarda l’expulsion abusive »

Quand on se souvient du pataquès lamentable que l’affaire en question avait déclenché, avec l’implication affligeante du Président de la République lui-même dans ce genre de brouet médiatique minable, la juxtaposition de la mort de l’un avec l’expulsion de l’autre est une véritable insulte autant au mort de Sivens qu’au bon sens : on se demande bien quel symbole peut représenter l’expulsion d’une lycéenne et sa famille immigrantes illégales, alors que toutes les procédures d’arrangements étaient épuisées, et dont l’attitude, par la suite, n’a jamais rien eu de digne. On se demande aussi quel symbole peut bien porter celui de la mort d’un type en plein milieu d’un champ de bataille où des forces de l’ordre échangent des tirs de projectiles avec une foule absolument plus pacifique pour un sou qui n’est pas en reste pour répliquer.

Et s’il fallait quelqu’un pour ajouter l’injure à l’insulte, qui mieux qu’Edgar et ses morinades, gouttes précieuses de Pensée Complexe™ concentrée, pour nous dépanner ? Le piposophe, au milieu du torrent habituel de platitudes et de constats d’évidences mêlés à des tornades de poncifs, tente de nous expliquer que le pauvre Rémi bataillait pour une société plus vivrensemblesque, plus douce et plus câline, avec une agriculture plus gentille avec les vers de terre (qui se tortillent de bonheur) et les oiseaux (qui chantent de plaisir). Mais, mon pauvre Edgar, le vivrensemble, c’est devenu la tarte à la crême de tous ceux qui veulent vivre de l’argent des autres, écolos compris ! C’est maintenant l’alpha et l’oméga de la politique locale de terrain proche des gens qui tisse du lien social au kilomètre carré. S’il y a bien quelque chose que tous les gouvernements s’emploient à respecter, c’est ce vivrensemble qui s’en est même institutionnalisé !

le vivrensemble et sa règlementation

Dans le brouet confus du pauvre Edgar, un seul constat surnage qui touche du doigt la vérité : l’État est une machine énorme, qui broie sans sourciller de l’individu. Eh oui. Pour le coup, le Morin ne se trompe pas trop, et si le triste sort de Rémi Fraisse doit rappeler une chose, c’est bien cela : ne perdez jamais de vue que l’État, même lorsqu’il est au service du Camp du Bien Socialiste Bisou, devient de plus en plus violent à mesure que sa légitimité devient plus faible.

Et surtout, ne perdez jamais de vue que ce sont ceux qui, régulièrement, réclament plus d’intervention de l’État pour lutter contre la méchante corruption, le vilain capitalisme et les hordes abominables d’ultralibéraux, qui se retrouvent en première ligne lorsque cet État, devenu progressivement bien plus gros, vient pour leur péter la gueule.

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Source : http://h16free.com/2014/11/07/34927-le-pays-part-en-fraisse


Ségolène Royal aide discrètement le capitalisme de connivence à la française

jeudi 6 novembre 2014 à 09:00

L’État, obèse et d’appétit féroce, cherche des sous, de plus en plus de sous. ; ce n’est pas neuf, et la majorité gouvernementale précédente avait déjà compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir à se départir d’infrastructures coûteuses et bien mieux gérées par le privé que par des services publics de toute façon exsangues. Mais c’est finalement ce gouvernement-ci qui est à l’œuvre pour la privatisation des aéroports de province, à commencer par celui de Toulouse.

Comme d’habitude, plutôt que de faire simple et radical, nos dirigeants ont finement choisi d’y aller par morceau et ne cèderont qu’un peu moins de la moitié (49.9%) de l’infrastructure aéroportuaire. L’avantage est évident : si cela tourne au vinaigre, l’État aura beau jeu d’accuser le repreneur, même partiel, de la catastrophe, et y aller du petit couplet habituel sur le mode « Vous voyez, les privatisations, ça ne marche pas ». Et si cela marche bien, et tant que cela marchera, l’État pourra rafler une grosse partie des dividendes, dicter ses conditions, et faire jouer le capitalisme de connivence maintenant habituel dans ce genre de marchés en plaçant ses larrons et ses coquins aux postes les plus juteux, ce qui fera tourner l’affaire au vinaigre, et vous voilà retourné au point précédent.

Avec l’opération Toulouse-Blagnac À La Découpe, l’État peut espérer récupérer un peu plus de 150 millions d’euros (pour rappel, l’aéroport fait un chiffre d’affaire de 117 millions d’euros environ pour un peu plus de 7 millions de passagers à l’année). Le calendrier de la vente est le suivant : démarrage le 11 juillet, dépôt des premières offres des candidats à la reprise vers le 15 septembre, avec une validation fin octobre des offres déposées. Courant novembre, l’heureux élu est désigné. Tout va bien, youpi tagada.

segolene crieOh, que vois-je arriver avec ses gros sabots au milieu d’une route qui poudroie pas mal et d’une herbe qui verdoie assez moyennement ? Mais ma parole, on dirait notre amie Ségolène Royal sur son petit baudet vert, agitant ses bras noueux dans toutes les directions. Elle est encore loin, et on n’entend donc pas trop bien ce qu’elle crie à la cantonade, mais chaque petit pas de son fier destrier la rapproche de nous et bientôt, ses propos, qu’on aurait cru décousus de loin, se font plus précis : « gnagnagna écotaxe je n’en veux pas gnagnagni ah mais on y réfléchit bliblablu je n’y crois plus blablabla mais si on le fera patatoute taxer les autoroutes patatage réduire les péages gnagnagna ça se passera pas comme ça. »

Dame Ségo s’agite, et passe son chemin. En Socialie, rien de plus banal et point n’est besoin de s’inquiéter plus que ça.

Cependant, cette agitation semble avoir eu quelques répercutions, et notamment sur les candidats à la reprise de l’aéroport. C’est ainsi qu’on apprend, de source apparemment bien informée, que les deux repreneurs étrangers potentiels, l’australien Macquarie et l’espagnol Ferrovial, ne sont plus candidats à la reprise de l’aéroport de Toulouse. Apparemment, selon un connaisseur du dossier, « ces deux acteurs ont finalement décidé de ne pas y aller, car ils ont été échaudés par les déclarations et les décisions de Ségolène Royal ».

mini ségo bofDiantre. Voilà qui est fort. On savait en effet que la dame du Poitou avait un don certain pour transformer une situation pénible en catastrophe économique complète. L’affaire Heuliez avait parfaitement illustré ce point : en 2010, alors que la société était scindée en deux, une des deux nouvelles entités recevait l’adoubement du Conseil Régional de Poitou-Charente en la personne de Ségolène Royal qui utilisait alors toute son influence pour aider le lancement de voiturettes électriques. Le verdict du marché ne se fit pas attendre : Heuliez calancha, emportant avec elle les beaux rêves zécologiques de voiturettes électriques et un bon paquet de millions d’euros du contribuable sans lesquels la fête aurait été nettement moins folle. De la même façon, on se rappellera des contre-performances assez spectaculaires de la BPI dans laquelle la brave Ségolène a mis les doigts, tant au niveau de la communication (les couacs entre elle et son président firent quelques remous dans les milieux concernés) que des résultats financiers, pour le moins peu brillants.

Pas de doute : elle a un don. Et cette fois-ci, l’impétrante n’a même pas eu besoin de prendre part directement aux tractations financières. Il aura suffit à la Dame aux Caméras d’assurer une certaine présence médiatique pour aboutir au résultat que l’on connaît : les deux étrangers se sont retirés de toute prétention à l’investissement dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Sur le principe, on comprend les deux acteurs qui n’ont finalement aucune envie de voir les contrats renégociés ou dénoncés arbitrairement par l’État dès qu’il lui en prendra l’envie à l’image de ce qui est en train de se passer pour Ecomouv’. Et plus généralement, on comprend aussi que le désengagement d’acteurs internationaux pourrait devenir préoccupant compte-tenu des autres privatisations en cours.

Ceci dit, le résultat observable ne manque pas d’intérêt puisqu’ainsi ne se retrouvent en lice que deux acteurs majeurs, ADP (Aéroport De Paris) et Vinci. L’un comme l’autre sont français. L’un comme l’autre sont dirigés par des Français (de Romanet pour ADP, Huillard pour Vinci), tous les deux issus de l’habituel parcours des vainqueurs (ENA pour le premier, X pour le second) et donc fort bien introduits auprès des institutions étatiques (CDC pour le premier, ministère de l’Équipement pour le second).

mini ségoFranchement, c’est commode. Si les coïncidences n’existaient pas, on dirait presque que Ségolène, en ouvrant sa grande jatte pour hésiter à haute voix sur les taxations oui-non des autoroutes, des infrastructures, sur la façon dont les contrats se font et se défont en France, a singulièrement simplifié la passation de Toulouse-Blagnac du public au privé bien comme il faut, ce parfum délicat de grandes entreprises françaises où toute la hiérarchie connaît bien les rouages de l’état, y a ses accointances et y a fait ses armes. Si les coïncidences n’existaient pas, on pourrait dire que le capitalisme de connivence a encore réussi un coup de maître en fournissant à deux concurrents étrangers une explication simple (simpliste ?) de leur soudain retrait de la course. Rassurez-vous, avec la carte Ségolène, tout ceci n’est que pure supputation et en fait, il n’y aura eu besoin d’aucune pression sournoise sur les deux étrangers.

crony capitalism

La suite de l’histoire prendra sans doute quelques années à s’écrire, mais on la devine déjà assez bien et je vous invite à relire le second paragraphe de ce billet. Avec un peu de chance, l’aéroport enregistrera des bénéfices et l’État pensera avoir fait une bonne opération. Tant que cela durera, des petits arrangements permettront à certains, bien introduits, de se trouver des postes dorés dans les infrastructures aéroportuaires de Toulouse. L’État sera heureux, Vinci ou ADP s’en sortira content. Et puis, petit-à-petit, ces connivences alourdissant la facture, les bénéfices diminueront, les services se dégraderont et l’ambiance générale tournera à la morosité (celle qu’on retrouve dans l’air de Roissy ou Orly, entre deux petits fumets de pisse froide ou de chichon sauvage).

Enfin, ce capitalisme de connivence bien gluant permet d’éclairer d’une lumière fort intéressante les récentes déclarations de Ségolène concernant le barrage de Sivens. On ne s’étonnera plus, à l’aune de ce qui se passe, discrètement, pour l’aéroport de Toulouse-Blagnac, de trouver un discours étonnamment similaire de confusion, d’allers-retours entre le oui, le non, le mais si, le peut-être, concernant la construction de ce barrage dont on comprend que les enjeux (financiers) sont tous sauf mineurs. On attendra donc avec impatience les frétillantes déclarations de Ségolène au sujet d’un autre aéroport, celui de Notre-Dame-Des-Landes.

Ah, quelle est amusante, qu’elle est cohérente, cette République irréprochable !

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Source : http://h16free.com/2014/11/06/34895-segolene-royal-aide-discretement-le-capitalisme-de-connivence-a-la-francaise


La lâcheté ordinaire et l’apathie de la justice française

mercredi 5 novembre 2014 à 09:00

En avril dernier, dans le métro lillois, une jeune femme se faisait agresser par un ivrogne. Appelant à l’aide, personne ne vint cependant au secours de la victime qui ne reçut de l’aide qu’une fois sortie du métro. Quelques mois plus tard, une vidéo rebondit sur ce fait divers malheureusement banal.

Le petit film, en compétition pour le Nikon Film Festival, présente l’histoire d’un individu qui sera confronté en tant qu’observateur à une scène de viol dans le wagon qui le mène à la Défense où il a rendez-vous pour un entretien d’embauche. Le film est visible ci-dessous.

Le nombre de vues de cette vidéo grimpant, la presse s’est rapidement emparée du sujet pour revenir, une fois de plus, sur le constat effarant que les gens ont une fâcheuse tendance à ne pas réagir, quelle bande de gros mollassons tout de même, ça et le fait qu’on vit dans une société de plus en plus individualiste, égoïste et ultralibérale, m’ame Ginette, et ils nous détraquent les gens avec leurs vaccins je vous le dis, tout ceci nous conduit vers les heures les plus sombres de notre Histoire et tout le tralala.

Isabelle Quintart, journaliste et réalisatrice de ce court-métrage, l’explique ainsi :

« Cet homme, c’est un « personnage neutre ». Ce n’est ni un salaud, ni un héros. C’est l’incarnation de la lâcheté ordinaire. »

Au passage, on notera que le lâche ordinaire est aussi commodément non-stigmatisant, mais là n’est pas la question, qui est de savoir comment on peut à la fois expliquer l’absence de réactions de ce personnage, et, logiquement, le comportement tout aussi atone des autres voyageurs entourant notre anti-héros. Une fois cette explication trouvée, la presse s’empressera de fournir quelques conseils simples sur la marche à tenir lorsqu’on est soi-même témoin d’une agression.

Bref, le sujet est compris, la question est close puisque les réponses ont été apportées et les évidences s’accumulent : les gens, ces chiffes molles, ne réagissent pas, c’est un scandale, et c’est d’abord parce qu’ils sont mal informés sur ce qu’il faut faire, bien sûr, et ensuite peut-être parce que les villes sont méchamment conçues pour les hommes et pas pour les femmes. D’ailleurs, l’actualité récente corrobore ces évidences

… Ou peut-être pas.

Car oui, la réalité est finalement bien plus complexe que la vidéo, ou, disons, que son interprétation répétée à l’envi dans les douzaines d’articles de presse qui lui sont consacrés : les individus ne sont pas toujours apathiques, et leur réaction dépend en pratique de facteurs assez complexes. Si différentes études montrent bien qu’à mesure que le nombre de témoins d’un acte violent augmente, la responsabilité individuelle se dilue lentement, mais non, elle ne s’évapore pas complètement.

self defense pro tip

Le cas, déjà vieux et pourtant largement documenté, de Kitty Genovese, mérite d’être plus souvent rappelé : en mars 1964, une femme de 28 ans était assassinée alors que, selon la presse de l’époque, plus d’une trentaine de personnes furent témoins, d’une façon ou d’une autre, de son agression. Le nombre de témoins et leur passivité fit, quelques jours plus tard, les gros titres de toute la presse au point de déclencher la rédaction de lois spécifiques. La tension retombée, il s’avéra que le nombre de témoins directs était bien plus faible, que beaucoup avaient agi, de différentes façons, et que l’inaction observée chez certains d’entre eux était due bien plus à un manque d’information sur ce qui se passait vraiment qu’à une apathie inexplicable.

Je pourrais aussi rappeler l’affaire Rossignol, où la sénatrice PS de l’Oise découvrait stupéfaite que personne ne daignait bouger ses fesses pour l’aider alors qu’elle venait de se faire piquer son argent à un distributeur automatique. Ce cas s’agglutinera d’ailleurs assez bien avec d’autres, plus récents, où le témoin, rejetant l’apathie, agit et … se fait inculper, où la victime se rebelle et tue son agresseur pour se retrouver derrière les barreaux. Oui, malheureusement, s’il existe parfois des cas où l’on ne peut que s’étonner de l’absence de réaction des témoins, on trouve aussi des cas où la saine réaction des agressés ou des témoins se termine assez mal pour eux.

S’il on y rajoute les cas, pas toujours médiatisés mais suffisamment nombreux pour finir par faire un petit bruit de fond constant, où les autorités montrent leur totale nullité à gérer des cas de violence et d’agression et montrent à leur tour leur apathie, on comprend que la question de la réponse à apporter à un cas d’agression est bien plus complexe qu’une liste de comportements idoines à garder à l’esprit.

self defenseDe ce point de vue, la vidéo met en exergue un comportement bien particulier, alors que, statistiquement, rien ne permet d’affirmer qu’il serait devenu franchement prédominant dans la société. D’une part, il n’y a pas plus ou moins de héros de nos jours qu’on en trouvait 20, 50 ou 100 ans auparavant. La probabilité réelle que personne ne réagisse devant les cas clairs d’agressions violentes reste faible et le cas du métro de Lille n’illustre, justement, pas du tout l’absence de réaction devant un viol, mais bien la difficulté que tout un chacun peut avoir à déterminer s’il s’agit réellement d’une simple altercation, d’une agression verbale, d’une agression à caractère sexuel, d’un vol avec violence ou d’un viol pur et simple.

Parce qu’en définitive, chacun, confronté à un événement plus ou moins grave, fait un calcul complexe de risque, tenant compte de la dangerosité potentielle ou réelle de l’agresseur (ou des agresseurs), de sa propre force, des alternatives à toute confrontation, et, inévitablement, ce calcul comprendra aussi le risque des conséquences d’une riposte que la justice, après coup, jugerait disproportionnée. Est-il besoin, ici, de rappeler que la légitime défense est extrêmement encadrée en France et que, de témoin, on passe plus souvent qu’à son tour au banc des accusés si, d’aventure, l’agresseur, le nez cassé par une riposte trop virulente, se retourne contre vous ? Est-il utile de rappeler qu’en cas d’agression uniquement verbale, tout action physique sur une personne, méritant pourtant largement une bonne remise en place, sera systématiquement sanctionnée ? Est-il utile de rappeler qu’en France, force restant à l’État, et celui-ci ne pouvant jamais supporter la moindre concurrence, tout emploi de celle-ci sur un individu, même en cas d’agression, peut se retourner (et, statistiquement, se retournera) contre vous ?

Non, la passivité n’est pas une fatalité, ni un automatisme. D’une part, il est statistiquement probable qu’en cas d’agression violente, dans un wagon empli de gens normaux, ni des héros, ni des salauds, il se trouvera plusieurs personnes pour réagir. D’autre part, l’indifférence ou l’apathie se nourrissent du calcul de risque que j’ai exposé, et de la connaissance maintenant diffuse mais bien implantée des lacunes du système judiciaire : à force de dévoyer la Justice en minimisant chaque jour les petites agressions, les injures et insultes, les « incivilités », les dégradations, à force de relâcher, en quelques heures, des turbo-multi-récidivistes, les individus honnêtes n’ont plus aucune envie de risquer des coups ou des misères paperassières pour ce que le système judiciaire considère à l’évidence comme des broutilles.

Et c’est justement parce que la frontière entre les broutilles et les faits graves se fait tous les jours plus floue que les individus normaux, ni héros, ni salauds, ne savent plus, n’osent plus agir et prendre la décision qui permettrait peut-être, sans doute, de faire disparaître cet entêtant sentiment d’insécurité qui s’installe doucement. Dès lors, l’analyse manichéenne pour laquelle l’homme banal est un bulot incapable de se rassembler pour éviter un viol prend du plomb dans l’aile.

En fait, l’homme banal connaît la valeur de la Justice à laquelle il se soumet. Son apathie répond à celle du système. Et ce genre de message, dans une petite vidéo, ça passerait assez mal.

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Source : http://h16free.com/2014/11/05/34750-la-lachete-ordinaire-et-lapathie-de-la-justice-francaise