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La lâcheté ordinaire et l’apathie de la justice française

mercredi 5 novembre 2014 à 09:00

En avril dernier, dans le métro lillois, une jeune femme se faisait agresser par un ivrogne. Appelant à l’aide, personne ne vint cependant au secours de la victime qui ne reçut de l’aide qu’une fois sortie du métro. Quelques mois plus tard, une vidéo rebondit sur ce fait divers malheureusement banal.

Le petit film, en compétition pour le Nikon Film Festival, présente l’histoire d’un individu qui sera confronté en tant qu’observateur à une scène de viol dans le wagon qui le mène à la Défense où il a rendez-vous pour un entretien d’embauche. Le film est visible ci-dessous.

Le nombre de vues de cette vidéo grimpant, la presse s’est rapidement emparée du sujet pour revenir, une fois de plus, sur le constat effarant que les gens ont une fâcheuse tendance à ne pas réagir, quelle bande de gros mollassons tout de même, ça et le fait qu’on vit dans une société de plus en plus individualiste, égoïste et ultralibérale, m’ame Ginette, et ils nous détraquent les gens avec leurs vaccins je vous le dis, tout ceci nous conduit vers les heures les plus sombres de notre Histoire et tout le tralala.

Isabelle Quintart, journaliste et réalisatrice de ce court-métrage, l’explique ainsi :

« Cet homme, c’est un « personnage neutre ». Ce n’est ni un salaud, ni un héros. C’est l’incarnation de la lâcheté ordinaire. »

Au passage, on notera que le lâche ordinaire est aussi commodément non-stigmatisant, mais là n’est pas la question, qui est de savoir comment on peut à la fois expliquer l’absence de réactions de ce personnage, et, logiquement, le comportement tout aussi atone des autres voyageurs entourant notre anti-héros. Une fois cette explication trouvée, la presse s’empressera de fournir quelques conseils simples sur la marche à tenir lorsqu’on est soi-même témoin d’une agression.

Bref, le sujet est compris, la question est close puisque les réponses ont été apportées et les évidences s’accumulent : les gens, ces chiffes molles, ne réagissent pas, c’est un scandale, et c’est d’abord parce qu’ils sont mal informés sur ce qu’il faut faire, bien sûr, et ensuite peut-être parce que les villes sont méchamment conçues pour les hommes et pas pour les femmes. D’ailleurs, l’actualité récente corrobore ces évidences

… Ou peut-être pas.

Car oui, la réalité est finalement bien plus complexe que la vidéo, ou, disons, que son interprétation répétée à l’envi dans les douzaines d’articles de presse qui lui sont consacrés : les individus ne sont pas toujours apathiques, et leur réaction dépend en pratique de facteurs assez complexes. Si différentes études montrent bien qu’à mesure que le nombre de témoins d’un acte violent augmente, la responsabilité individuelle se dilue lentement, mais non, elle ne s’évapore pas complètement.

self defense pro tip

Le cas, déjà vieux et pourtant largement documenté, de Kitty Genovese, mérite d’être plus souvent rappelé : en mars 1964, une femme de 28 ans était assassinée alors que, selon la presse de l’époque, plus d’une trentaine de personnes furent témoins, d’une façon ou d’une autre, de son agression. Le nombre de témoins et leur passivité fit, quelques jours plus tard, les gros titres de toute la presse au point de déclencher la rédaction de lois spécifiques. La tension retombée, il s’avéra que le nombre de témoins directs était bien plus faible, que beaucoup avaient agi, de différentes façons, et que l’inaction observée chez certains d’entre eux était due bien plus à un manque d’information sur ce qui se passait vraiment qu’à une apathie inexplicable.

Je pourrais aussi rappeler l’affaire Rossignol, où la sénatrice PS de l’Oise découvrait stupéfaite que personne ne daignait bouger ses fesses pour l’aider alors qu’elle venait de se faire piquer son argent à un distributeur automatique. Ce cas s’agglutinera d’ailleurs assez bien avec d’autres, plus récents, où le témoin, rejetant l’apathie, agit et … se fait inculper, où la victime se rebelle et tue son agresseur pour se retrouver derrière les barreaux. Oui, malheureusement, s’il existe parfois des cas où l’on ne peut que s’étonner de l’absence de réaction des témoins, on trouve aussi des cas où la saine réaction des agressés ou des témoins se termine assez mal pour eux.

S’il on y rajoute les cas, pas toujours médiatisés mais suffisamment nombreux pour finir par faire un petit bruit de fond constant, où les autorités montrent leur totale nullité à gérer des cas de violence et d’agression et montrent à leur tour leur apathie, on comprend que la question de la réponse à apporter à un cas d’agression est bien plus complexe qu’une liste de comportements idoines à garder à l’esprit.

self defenseDe ce point de vue, la vidéo met en exergue un comportement bien particulier, alors que, statistiquement, rien ne permet d’affirmer qu’il serait devenu franchement prédominant dans la société. D’une part, il n’y a pas plus ou moins de héros de nos jours qu’on en trouvait 20, 50 ou 100 ans auparavant. La probabilité réelle que personne ne réagisse devant les cas clairs d’agressions violentes reste faible et le cas du métro de Lille n’illustre, justement, pas du tout l’absence de réaction devant un viol, mais bien la difficulté que tout un chacun peut avoir à déterminer s’il s’agit réellement d’une simple altercation, d’une agression verbale, d’une agression à caractère sexuel, d’un vol avec violence ou d’un viol pur et simple.

Parce qu’en définitive, chacun, confronté à un événement plus ou moins grave, fait un calcul complexe de risque, tenant compte de la dangerosité potentielle ou réelle de l’agresseur (ou des agresseurs), de sa propre force, des alternatives à toute confrontation, et, inévitablement, ce calcul comprendra aussi le risque des conséquences d’une riposte que la justice, après coup, jugerait disproportionnée. Est-il besoin, ici, de rappeler que la légitime défense est extrêmement encadrée en France et que, de témoin, on passe plus souvent qu’à son tour au banc des accusés si, d’aventure, l’agresseur, le nez cassé par une riposte trop virulente, se retourne contre vous ? Est-il utile de rappeler qu’en cas d’agression uniquement verbale, tout action physique sur une personne, méritant pourtant largement une bonne remise en place, sera systématiquement sanctionnée ? Est-il utile de rappeler qu’en France, force restant à l’État, et celui-ci ne pouvant jamais supporter la moindre concurrence, tout emploi de celle-ci sur un individu, même en cas d’agression, peut se retourner (et, statistiquement, se retournera) contre vous ?

Non, la passivité n’est pas une fatalité, ni un automatisme. D’une part, il est statistiquement probable qu’en cas d’agression violente, dans un wagon empli de gens normaux, ni des héros, ni des salauds, il se trouvera plusieurs personnes pour réagir. D’autre part, l’indifférence ou l’apathie se nourrissent du calcul de risque que j’ai exposé, et de la connaissance maintenant diffuse mais bien implantée des lacunes du système judiciaire : à force de dévoyer la Justice en minimisant chaque jour les petites agressions, les injures et insultes, les « incivilités », les dégradations, à force de relâcher, en quelques heures, des turbo-multi-récidivistes, les individus honnêtes n’ont plus aucune envie de risquer des coups ou des misères paperassières pour ce que le système judiciaire considère à l’évidence comme des broutilles.

Et c’est justement parce que la frontière entre les broutilles et les faits graves se fait tous les jours plus floue que les individus normaux, ni héros, ni salauds, ne savent plus, n’osent plus agir et prendre la décision qui permettrait peut-être, sans doute, de faire disparaître cet entêtant sentiment d’insécurité qui s’installe doucement. Dès lors, l’analyse manichéenne pour laquelle l’homme banal est un bulot incapable de se rassembler pour éviter un viol prend du plomb dans l’aile.

En fait, l’homme banal connaît la valeur de la Justice à laquelle il se soumet. Son apathie répond à celle du système. Et ce genre de message, dans une petite vidéo, ça passerait assez mal.

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Source : http://h16free.com/2014/11/05/34750-la-lachete-ordinaire-et-lapathie-de-la-justice-francaise


Discrimination, sexisme et rasoirs roses exorbitants

mardi 4 novembre 2014 à 09:00

Même si la France, citoyenne et guillerette, trottine tous les jours vers les vastes prairies de l’égalitarisme total nous assurant à tous du miel et du lait par tsunamis onctueux, il n’en reste pas moins d’importants combats à mener pour s’assurer que nous arriverons tous à destination sans nous perdre en chemin. Aujourd’hui, nous découvrons avec stupeur une pierre de plus, jetée sur la route pourtant lisse qui doit nous mener au bonheur intégral : les produits féminins seraient bien plus chers que les produits masculins.

Or, s’il existe bien une règle absolue à laquelle personne n’échappera dans tout pays qui se veut égalitaire, c’est celle qui dit qu’on ne doit discriminer personne et, mieux, qu’on doit absolument accommoder tout le monde. Et ça tombe bien : la France est le pays qui a placé au rang d’art le fait d’accommoder les choses entre elles, comme en cuisine avec le sucré et le salé, ou en politique avec les blaireaux et les ânes. Accommoder les producteurs avec leurs consommatrices ne devrait donc pas relever de l’impossible, qui n’est pas Français et ça tombe donc encore mieux.

Tout part du constat d’une banalité presque violente que certains produits, destinés à des femmes, sont plus chers que leurs équivalents masculins.

no-way

Grâce à l’enquête de terrain menée par une volée de trentenaires ne reculant devant aucun effort pour découvrir une vérité jusqu’alors cachée de tous, le pays découvre petit-à-petit l’ampleur de la conspiration qui s’est jouée, depuis des décennies, contre la moitié de la population. C’est le collectif Georgette Sand, toute jeune association manifestement fort bien introduite auprès des médias, qui aura alerté l’opinion sur cet extraordinaire scandale, grâce à l’habile truchement d’un communiqué de presse facile à gober sans mâcher et à digérer pour le journaliste-pigiste du 21ème siècle. Et c’est Gaëlle Couraud, apparemment désignée par le collectif pour porter fièrement sa parole, qui s’est écrié :

« On s’est rendu compte que sur des produits de la consommation quotidienne, les femmes étaient systématiquement taxées ! »

Diable ! Ainsi donc, les femmes subiraient une « taxe rose » ! Ainsi, un déodorant (de couleur rose) pour les femmes sera vendu 4,15€ alors que le même en noir, insidieusement libellé « pour homme », ne sera vendu que 4,11€, soit une différence de 4 centimes. On pourrait, devant la modestie de la différence, hausser des épaules. Ce serait une grave erreur, parce que cette dernière est parfois bien plus importante, comme chez le coiffeur où le shampoing-coupe-brush s’étalonne gentiment autour de 8€ là où la même opération s’affiche à un 13€ indécent pour les femmes.

peurLe pays vacille. Les foules, en effroi, s’agitent et la tension est à son comble. Qui va bien pouvoir se lever et, enfin, mettre un terme à ces discriminations abominables ? Rassurez-vous : cette question, aussi rhétorique que conne, est heureusement répondue avec vélocité par Pascale Boistard, qui est, comme vous le savez bien évidemment, la secrétaire d’état payée avec vos sous pour se charger des droits des femmes qui ne comprenaient apparemment pas celui, indispensable, d’acheter des produits masculins lorsqu’ils sont les mêmes que ceux des femmes, mais moins chers :

« C’est une injustice qui ne doit pas perdurer. »

C’est pourquoi, entre deux réformes dantesques et autres annulations de taxes virulentes dont le pays est maintenant perclus, les agents de la forteresse de Bercy se pencheront sur le cas épineux qui leur est présenté : une enquête sera lancée, des relevés seront faits, des actions seront prises et les coupables seront, soyez-en assurés, punis. Ouf, on a évité le pire.

Mais pas l’avalanche de facepalms.

pink floyd facepalm

Encore une fois, on est ici dans le même raisonnement boiteux que celui qui présuppose que les femmes sont victimes de discriminations salariales, et subiraient un plafond de verre qui leur interdirait des postes hauts placés comme grutier ou commandant de bord (ou qui relèguerait Christiane Taubira aux karaokés d’estrade). La réalité, comme bien souvent, est bien plus complexe que ce que les féministes de combat, les bobos et autres lutteurs anti-discrimination tous azimuts sont capables d’appréhender.

La réalité, c’est par exemple que si les femmes étaient systématiquement moins chères que les hommes à l’embauche, les patrons (dont on leur reproche d’être toujours trop près de leurs sous) n’embaucheraient plus d’hommes, et réaliseraient ainsi de substantielles économies sur leur masse salariale. Mais s’ils ne le font pas, c’est à l’évidence qu’il y a un complot sexiste patriarcal et tant pis pour le rasoir d’Occam (dont la version rose se vend manifestement très mal).

La réalité, c’est que lorsqu’on le leur demande, les femmes préfèrent majoritairement être dirigées par des hommes que par des femmes. Là encore, il semble évident que l’enquête qui, depuis plusieurs décennies, parvient régulièrement à cette conclusion est réalisée par une bande de machos dominateurs. Aucune autre explication n’est possible.

privilege oppression feminism

Quant aux honteuses différences de prix entre les produits, l’énorme bruit de fond médiatique causé par la « révélation » du collectif de vaillants branleurs et de courageuses cruches en cache la raison pourtant fort simple : le marché, qui est l’agglomération rationnelle et inévitable de millions de choix individuels, a montré sans réfutation possible que c’est exactement ce que les gens voulaient. Non, le déodorant rose pour femme n’est pas le même que le déodorant noir pour homme et oui, certaines femmes sont effectivement prêtes à payer un peu plus pour avoir un emballage rose.

En toute logique, le collectif devrait s’en prendre à ces individus-là qui ont le mauvais goût de choisir une telle couleur pour un déodorant, qui ont le porte-feuille suffisamment détendu pour se permettre ce genre de folies. Mais voilà, s’en prendre à eux, c’est refuser la liberté de ces individus qui achètent des déodorants plus chers en toute connaissance de cause, ou (plus grave) sous-entendre qu’ils sont trop cons pour mesurer la différence.

Du reste, le collectif n’a pas mené l’étude inverse, qui aurait montré que certains produits, certains services, sont effectivement plus coûteux pour les hommes que pour les femmes (parce qu’avec les hommes, c’est bien fait pour eux, peut-être ?). Entre les chaussures et le prêt-à-porter (notoirement plus cher pour les hommes que pour les femmes, quantités écoulées obligent sans doute), et certains services gratuits pour les femmes mais pas pour les hommes (les entrées en boîtes de nuit, par exemple), on comprend qu’en réalité, la différence s’inscrit dans une démarche tout à fait logique et que la discrimination (i.e. la différenciation, la segmentation de marché) répond à la fois à un besoin pour le consommateur, et à une contrainte pour le producteur.

feminisme

Enfin, on peut s’interroger franchement sur le bon sens de l’œuvre du collectif : à quoi peut bien servir la pétition lancée ? Combien pèseront les 20.000 (ou même 100.000 signatures) récoltées devant les millions d’actes individuels qui valident tous les jours, consciemment ou non, les stratégies des vendeurs et les attentes des acheteurs ? Le risque évident n’est bien sûr pas dans les petits crobards pétitionnaires, mais dans la suite qui leur sera donnée, sous forme d’un énième lobbying gouvernemental ou parlementaire, qui aboutira, une fois de plus, à une règlementation (ou pire, à une contre-taxe).

Et d’après vous, qu’adviendra-t-il de la liberté des prix lorsque ce lobbying sera passé ?

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Source : http://h16free.com/2014/11/04/34827-discrimination-sexisme-et-rasoirs-roses-exorbitants


C’est difficile, de faire des économies

lundi 3 novembre 2014 à 09:00

Bon, le budget, aussi pourri soit-il, a fini par passer à Bruxelles. C’était parfaitement prévisible, et le psychodrame en carton n’a trompé que les plus naïfs. Cependant, le problème initial (trouver des sous) reste entier. L’État est exsangue, et avec la brochette de clowns de compétition qui le gouvernent, on se demande exactement comment il va parvenir à boucler son année.

Le plus drôle, dans ce constat économique désolant, est la propagande détendue dont font preuve les médias qui, il faut bien le leur accorder, ne savent absolument pas où donner de la tête. Noyés dans des informations contradictoires qui leur arrivent en vrac, délivrées par des politiciens tous plus avides d’exposition médiatique que de souci de cohérence, nos fiers organes de presse subventionnés se relaient pour expliquer aux Français que, si la situation est critique, elle n’est pas désespérée et que, déjà, on aperçoit des lueurs d’espoirs.

Je n’ai pu ainsi m’empêcher de glousser en tombant sur les différents articles relatant, avec de gros titres bien aguicheurs, toutes les économies enfin générées par le fameux choc de simplification que nos preux gouvernants ont provoqué à la force de leurs petits bras musclés.

Pour les Échos, on apprend ainsi que l’économie globale, pour la France, des gros paquets joufflus de mesures annoncés ces douze derniers mois aurait atteint 2,4 milliards d’euros, selon un chiffrage aux petits oignons effectué par les services de l’État, pas du tout juge et partie dans l’affaire. Pour rappel, en avril dernier, une cinquantaine de mesures avaient été présentées par Mandon, le secrétaire d’État en charge de cet épineux dossier, mesures que le papier des Échos ne rappelle pas en détail (c’est dommage), et qui se contente de claironner, de concert avec Bercy, quelques conditionnels putatifs hypothétiquement probables sur les gains réalisés, en notant toutefois que « parmi les mesures présentées en avril, très peu sont appliquées à ce jour », sans pour autant s’étonner qu’on ait déjà pu économiser autant.

Pour Le Figaro, c’est 11 milliards d’économies qu’on atteindra courant 2017. La trajectoire est connue, le guidon est fermement tenu, les petites jambes pédalent, la tête est baissée, et … l’article enfile alors des mesures qui, si elles simplifient assurément la vie des Français concernés, laissent franchement perplexe en ce qui concerne les 11 milliards annoncés, qui ne sont pas du tout, contrairement à ce que la tendance actuelle laisse penser, une petite somme : congés d’été des boulangers organisés librement, apprentissage assoupli pour les mineurs, petit nettoyage de la définition de « jour » dans le code du travail, différents bricolages technoïdes (oraux du bac par visioconférence, « chat » avec Paul Employ, etc.)… Bref, on peine franchement à voir dans cette litanie de petits ajustements certes utiles mais vraiment pas fondamentaux autre chose qu’une amélioration à la marge des conditions dantesques des contraintes bureaucratiques et administratives en France. Quant à croire que ceci va vraiment permettre d’économiser 11 milliards d’euros, cela relève d’un vœu pieux quasi enfantin.

ministère des petites économies

Par analogie, ce choc de simplification représente tout au plus le dépôt d’un peu d’huile dans les rouages d’une porte de prison aux 58 verrous. Ils seront plus faciles à fermer et à ouvrir (chouette !), la porte ne grince plus lorsqu’elle se referme (youpi !) et ce nettoyage de la cellule assure une hygiène décente (hourra !), mais les murs sont toujours aussi épais, et les gardiens se foutent toujours aussi ouvertement de votre gueule.

Car pendant le temps où on nous détaille les calculs de Bercy concernant ce fabuleux choc de simplification, on découvre que les (encore très) hypothétiques économies réalisées seront bien vite englouties dans différentes gabegies dont l’État a le secret.

remuneration ministeriellesPar exemple, comment ne pas mettre en face de ces économies les émoluments en hausse croissante des conseillers ministériels ? Pendant que Bercy prétend économiser des milliards avec des « tickets resto dématérialisés », la rémunération des conseillers ministériels a augmenté en moyenne de 7,1% entre 2013 et 2014 et leurs primes ont grossi de 4,3% sur la même période, soit une augmentation moyenne de 6,5% de plus cette année que l’an passé.

Par exemple, comment oublier, d’un coup, le magnifique fiasco de l’écotaxe qui va, selon toute vraisemblance, coûter à l’État français (et donc, à tous les contribuables) largement plus que les modiques économies réalisées par ces petits ajustements paperassiers ? Eh oui : cette taxe, que les camions (puis les voitures) n’auront finalement pas à payer le sera, de façon détournée, par l’ensemble des contribuables à la suite d’un procès qu’on sent déjà long, riche en rebondissements débiles, en déclarations ridicules et en petites phrases stupides, entre l’État (et son actuel gouvernement) et la société Ecomouv’, officiellement en charge de la collecte de la défunte taxe.

ecomouv

Et lorsqu’on voit les sommes en jeu, on comprend qu’il va y avoir du sport, ne serait-ce que dans les estimations de ce que tout ce bordel endimanché va nous coûter, la presse, comme à son habitude, barbotant dans l’incertitude et l’approximation globale. Pour Le Monde, ce sera plus de deux milliards d’euros. Peut-être. En tout cas, HuffPost évoque un milliard, et Le Figaro, certainement plus d’un. En tout cas, difficile de faire la part des choses entre la bêtise de nos dirigeants lors du précédent gouvernement et celle de ce gouvernement-ci. Le capitalisme de connivence, bien gras, bien dégoulinant, qui aura présidé à l’instauration de cette taxe idiote et la création de la société collectrice se dispute avec les manœuvres gênées des actuels dirigeants qui, après deux ans d’atermoiements pathétiques, se décident à laisser tomber le bazar, une fois que toutes les infrastructures sont en place et que les salariés sont déjà en poste. Le temps de réaction de ces gens (pour une facture minimale de 800 millions, quoi qu’il arrive, je vous le rappelle) laisse perplexe dans un monde qui va toujours plus vite. Et lorsqu’on apprend que ces mêmes mollassons vont triturer le contrat (au demeurant signé en juillet 2013 par … Bernard Cazeneuve) par tous les bouts pour tenter d’y trouver une faille et se sortir du pétrin dans lequel l’autre majorité d’abrutis les a poussés, on voit déjà se dessiner la coûteuse bérézina.

Mais ne vous inquiétez pas. Entre les petites réductions des uns, les petites augmentations des autres, les ajustements micrométriques ici et les nano-rabotages par là, tout se passera bien, forcément. S’il faut des miracles pour sauver le pays, le gouvernement fera des miracles. Je vous le rappelle :

Le socialisme, vraiment, c’est magique™.

socialisme magique

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Source : http://h16free.com/2014/11/03/34734-cest-difficile-de-faire-des-economies


De la bonne grosse réforme qui tache

dimanche 2 novembre 2014 à 11:00

Pas de doute, question réformes, on est servi. Il ne se passe pas une semaine sans que l’exécutif, frétillant dans tous les sens comme un chihuahua cocaïnomane au milieu d’un champ de tir, n’annonce une nouvelle fournée de lois et l’ambitieux projet de réformer ceci ou cela, avec force moulinets, autant pour épater le petit peuple que les médias et, plus importants, le reste du monde, penché sur le cas français comme il le ferait au chevet d’un grand malade. Malheureusement, en réalité, c’est, au sens littéral, un véritable feu d’artifices.

Artifices comptables, artifices politiques, artifices économiques, toute la panoplie d’expédients à la petite semaine est de sortie pour tenter de faire croire que le gouvernement n’est pas en surplace frénétique et agité et qu’il y a bien une direction à la gigue nerveuse qu’il impose au pays.

Et il suffit de revenir sur quelques unes des récentes annonces tonitruantes et de les mettre en face de la réalité pour se rendre compte de l’écart. Je ne reviendrai que très rapidement sur les soi-disant économies que l’État aurait faites. Entre les dépenses publiques de l’État central qui continuent de grimper, et celle des collectivités territoriales qui explosent carrément, on peut se dire que la réduction des achats de trombones, de papier et de cartouches d’encre n’a pas suffi à compenser les milliers d’emplois « aidés » (i.e. subventionnés), les renouvellements enthousiastes de départs à la retraite ou les embauches via tous les types de contrats possibles dans la fonction publique (territoriale ou hospitalière notamment). Bref, l’austérité a durement frappé les fournitures et la papeterie, mais on reste loin du compte.

dépenses publiques - austérité qui dépote

Pour ce qui est des autres réformes, celles claironnées à droite et à gauche, le comique de la situation échappera probablement au contribuable, au consommateur, au citoyen directement impacté. Le choc de simplification n’a pour le moment choqué que par son manque d’ambition. Les petits et gros camouflages de la feuille de paie en sont un exemple flagrant où non seulement, on ne voit pas l’économie que ces changements vont offrir (loin s’en faut), mais où la réforme ressemble surtout à un nouveau cheval de Troie (ici, pour le financement des syndicats). Toujours pour rire, on apprend dernièrement que le gouvernement recule même sur la suppression pourtant aisée des petites taxes, et qu’il ne parvient, toute honte bue et ses gonades manifestement encore en vente sur LeBonCoin, à ne réaliser que 5 millions d’euros d’économies sur cette mesure — 5 millions, alors que le déficit de l’État pour 2013 s’établissait par exemple à 90 milliards d’euros, soit 18.000 fois plus, ce qui permet de toucher du doigt l’infini du moquage de visage à l’œuvre ici.

Ah, il y a aussi la fumeuse réforme territoriale. Je dis fumeuse, parce que, comme prévu, cette réforme devient la marrade la plus grotesque de ce quinquennat à chaque semaine qui passe, ou, à tout le moins, dans le top trois avec la loi ALUR de Duflot et l’écotaxe, qui constituent d’assez bons exemples de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Entre le Sénat qui agrandit gentiment le nombre de régions et les conseillers généraux et autres élus locaux qui se battent pour ne surtout pas disparaître, le projet, devenu parfaitement illisible, est en train de se dégonfler lentement, avec le même bruit un peu gras qu’une baudruche produit en fin de course.

vite réformons les régions

Pourtant, il n’aurait pas fallu grand-chose pour apporter un souffle de ce changement qu’on nous avait vendu à tous les meetings hollandesques. Bien sûr, ce « pas grand-chose » nécessite un courage, une détermination qui sont maintenant totalement évaporés du paysage politique français actuel. Bien sûr, il aurait fallu envisager les choses autrement que sous l’angle dogmatique et fossilisé de nos poussiéreux socialistes. Bien sûr, il aurait fallu s’attendre à un débat de fond assez musclé dans la société civile, sur les bancs de l’Assemblée nationale, et partout ailleurs. Certes.

Mais il n’empêche. D’autres pays sont les preuves réalistes et vivantes que c’est possible.

Ainsi, on aurait pu mettre en place la flat tax, mesure parfaitement réaliste qui consisterait à remplacer la myriade de taux de taxation différents par un unique, calculé de façon transparente et simple, sur tous les biens et services. Un seul taux pour les impôts, un seul taux pour la TVA, le même, partout. Avec une flat tax (à 18% par exemple), la France retrouvait rapidement une fiscalité lisible et un attrait commercial pour le reste du monde. Seuls les fervents tenants des petites magouilles, des usines à gaz et des complexifications inutiles de l’administration auraient été perdants.

Ainsi, on aurait pu appliquer en France un code du travail qui a fait ses preuves, par exemple le code suisse, à la fois court et lisible, et qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas déclenché une paupérisation catastrophique de la population qui lui est assujettie, ni un chômage galopant, ni d’incessants conflits sociaux, ni des faillites par milliers, ni une évaporation de la protection sociale. Seuls les inspecteurs du travail à la sauce Filoche, les milliers de ponctionnaires et de syndicalistes toujours à l’affût de bonnes planques sucrées auraient été perdants.

Ainsi, on aurait pu instaurer une concurrence libre et totale dans les différentes formes d’assurance (maladie, vieillesse, chômage), et ce avant que leurs déficits structurels catastrophiques ne les emportent et laissent sur le carreau, ici et maintenant, des centaines de milliers d’individus qui ont cru à la fable collectiviste leur pipeautant qu’ils étaient couverts alors que l’édifice auquel ils donnent une part toujours croissante de leur salaire n’est plus qu’un vaste champ de ruines et une fumisterie au bénéfice exclusif d’un petit nombre, qui lui, aurait été perdant…

Mais non. La petite paire de testicules du gouvernement, héritée des précédents qui ne s’en sont jamais servi, est sagement restée dans sa boîte en bois laqué, placée aux enchères sur eBay ou en vente sur LeBonCoin sans jamais trouver preneur. À la place de ces trois propositions couillues mais réalisables, qui auraient redonné d’immenses marges de manœuvre au pays, et l’auraient durablement sorti de la crise dans laquelle il s’enfonce maintenant avec une quasi-délectation, nous avons droit à une longue série de petites improvisations amusantes et dilatoires.

Moyennant quoi, le socialisme va jouer sur sa capacité à réenchanter la politique, parce que, rappelez-vous bien : le socialisme, vraiment, c’est magique™.

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Source : http://h16free.com/2014/11/02/34471-de-la-bonne-grosse-reforme-qui-tache


La France est sauvée : les parlementaires se dressent enfin contre les entrepreneurs !

vendredi 31 octobre 2014 à 09:00

Certes, la France est dans une passe difficile, mais cela n’empêche pas de voir que des hommes et des femmes, courageux, pagaient (ou pédalent, disons) sans relâche pour ramener le bateau républicain dans les eaux calmes de la croissance et de la prospérité. Et au premier rang de ces individus, on trouve bien sûr les parlementaires.

Et pour ce qui est d’aider, les parlementaires savent y faire. Ici, je ne reviendrai pas sur le cas de ceux-là qui, toute honte bue d’une incompétence totale en mathématique et en économie, proposent de taxer des opérations de particulier à particulier, mais je m’attarderai sur la tendance actuelle, bien présente, à étendre l’assiette des ponctions diverses au-delà de toute limite déjà connue.

small facepalmOn a appris en début de semaine, assez effaré, qu’un amendement déposé par les branquignoles socialistes de gauche, dans le cadre du projet de loi 2015 de financement de l’asécurité sociale, entendait soumettre tous les dividendes versés par les SA et les SAS au paiement des cotisations sociales. L’amendement, passé à l’Assemblée discrètement et comme une lettre à la Poste (des années 50, hein, de nos jours, la lettre aurait été perdue), a provoqué la consternation bruyante chez les entrepreneurs et ceux qui ont deux sous de bon sens.

Encore une fois, l’entrepreneur est clairement désigné à la fois comme une vache à lait et comme un fraudeur compulsif dont le montage financier (ici, en SA ou SAS) n’avait pour but que de se soustraite aux charges qu’entendait lui prendre l’État pour avoir osé se lancer dans l’entrepreneuriat et s’être ainsi laissé aller à un goût du lucre un peu trop ostentatoire. J’exagère ? Bah. Ce n’est pas le genre de la maison et il suffit de lire l’exposé des motifs de l’amendement 876 pour s’en convaincre :

« Le présent amendement poursuit le mouvement d’harmonisation des règles d’assujettissement social des dirigeants de sociétés qui tend à renforcer l’équité entre cotisants relevant de régimes distincts et à mettre fin à certaines voies d’optimisation empruntées au détriment des finances sociales. En effet, il est nécessaire que les dispositions adoptées dans les précédentes LFSS s’appliquent à l’ensemble des situations pour ne pas encourager des phénomènes d’optimisation. »

petit facepalmSalauds de patrons qui tentent d’optimiser leur fiscalité ! Voilà bien là le fait de dangereux égoïstes dont il faudra bien vite recadrer les comportements à coup de contraintes à payer envoyées par l’URSSAF. Et puis, en réintégrant les dividendes dans les émoluments soumis à cotisations, les plus optimistes estiment qu’on va facilement engranger 65 millions d’euros supplémentaires dans les caisses de l’URSSAF. Eh oui mes petits amis, avec une telle somme, le fabuleux régime d’assurance que le monde nous envie est sauvé.

Et tant pis si le montage de ces SA et de SAS n’avait pour but que d’alléger la facture pour le patron qui ne vivait que du dividende, en le salariant et en permettant ainsi à l’activité de continuer. Le but n’est pas, contrairement à ce que de belles âmes naïves pourraient encore croire, de chasser quelques déviants, mais bien d’interrompre enfin toute cette vilaine propension des uns et des autres à vouloir dégager du profit. Et tant pis donc si le dividende, souvent seul salaire de l’entrepreneur, d’ailleurs au détriment de sa retraite, se trouve ainsi amputé de plus de 60%. Ce qui reste suffira bien, c’est évident.

congrats bro

En fait, cette histoire navrante est symptomatique : pour nos députés et nos sénateurs (et ici, bien peu importe leur bord politique), gagner sa vie, faire une marge, dégager du profit, c’est, sûrement, tromper des clients, frauder le fisc, échapper aux justes impôts. Normalement, quand tout se passe bien dans la République du Bisounoursland, de l’Égalité, des Taxes et des Bisous, l’entrepreneur ramène dans son foyer exactement ce dont il a besoin pour vivre, lui et sa famille, dans un modeste appartement, avec une petite voiture, deux ou trois semaines de congés, et une poule au pot un week-end sur deux. Le reste, la Providence, pardon, la Solidarité Nationale Collective, y pourvoira, comme elle le montre tous les jours avec efficacité. Mais au-delà, c’est clair, le peuple est volé, les clients sont spoliés, la République est abusée et la représentation nationale se doit d’agir.

Rassurez-vous, le gouvernement, rempli de petits libéraux bon teint (bisous, Manu Macron !), qui aiment les entreprises et ne sont pas en guerre contre la finance et le patronat (hat tip François H.), s’est déclaré en séance totalement favorable à l’amendement du député Bapt. Christian Eckert y avait même déclaré :

Il s’agit d’un sous-amendement de coordination. Si vous voulez que je vous donne plus de précisions, je le ferai. En tout état de cause, si ce sous-amendement était adopté, le Gouvernement serait favorable à l’amendement de M. Bapt.

Un court instant, on se demande ce que serait la politique en France si, en plus, le gouvernement n’aimait pas les entreprises et si notre président avait décidé de partir lutter contre la finance, les patrons, et ces riches qui gagnent plus de 4000€ par mois… Ce ne serait sans doute plus cette vallée de lait et de miel que nous connaissons actuellement.

Malgré tout, reconnaissons à Valls, Sapin, Macron et leur clique le minimum de lucidité qui les empêche de se faire défenestrer par une foule excédée. Sentant la grogne monter d’un coup sur les réseaux sociaux et dans les médias qui ont fini par décortiquer l’amendement et relayer la stupéfaction des chefs d’entreprises, Michel Sapin a finalement convenu que cet amendement était de la crotte qui méritait d’être retirée rapidement de la discussion. Ouf : le gouvernement demandera donc le retrait du texte. On ne peut qu’apprécier à leur juste valeur ces petits rétropédalages nerveux du gouvernement en mode panique, alors même que, par la voix de Eckert, il s’était déclaré favorable lorsque personne ne l’y regardait. Tout ceci fait furieusement penser à un poulet sans tête qui court d’un coin à l’autre de la basse-cour ; c’est très rassurant.

parcours fiscalÀ ce point de mon billet, je pourrais facilement conclure que les socialistes au pouvoir enfilent actuellement des perles si grosses qu’elles vont emporter, tôt ou tard (à un ou deux rétro-pédalage près) toute la trame entrepreneuriale française. Malheureusement, ce qu’on observe n’est qu’une simple accélération de tendance déjà bien ancrée dans les mœurs. Depuis plusieurs années en effet (y compris sous le règne du Camp du Mal de la Droite), la chasse aux entreprises bat son plein.

On se rappellera utilement l’invraisemblable usine à gaz mise en place courant 2012 pour récupérer autant d’argent que possible sur les plus-values réalisées lors d’une vente d’entreprise : elle avait donné lieu à une migraine carabinée pour des milliers de chefs d’entreprises et de petits patrons, qui avaient vite compris que toute prise de risque, dans ce pays, serait lourdement sanctionnée (et le fait que le principe de précaution, érigé en dogme, soit maintenant inscrit dans la Constitution n’est pas fortuit du tout).

L’information a fini par percoler lentement : le risque étant honni, les entrepreneurs, sans faire de bruit, s’en vont. Les entreprises, doucement, ferment. Le chômage, calmement, grimpe.

Le socialisme, vraiment, c’est magique™.

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Source : http://h16free.com/2014/10/31/34665-la-france-est-sauvee-les-parlementaires-se-dressent-enfin-contre-les-entrepreneurs