PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Ces branquignoles qui nous gouvernent

dimanche 15 février 2015 à 11:00

L’actualité est tellement fournie actuellement qu’il devient difficile de faire un choix dans la tornade de sujets qui se présentent, tous plus truculents les uns des autres. Cependant, à la franche rigolade se succède la consternation et parfois un ferme agacement en voyant se collisionner des faits divers qui, malheureusement, pointent tous dans une même direction.

Et cette direction ne laisse aucun doute : les élites auto-proclamées qui nous gouvernent sont pathétiquement incompétentes. Jusqu’à présent, certains pouvaient émerger du lot par la grâce de connivences politiques et d’une communication bien rodée, mais, à mesure que le niveau général s’est mis à sombrer, les connivences sont devenues un peu trop visibles, et la communication s’est elle aussi faite plus médiocre.

Prenez le cas du pauvre Manuel Valls, le pénible et peu crédible premier ministre dont Hollande nous a affublé pour s’en débarrasser. Déboulant à Marseille avec la ferme intention de parler de chiffres de la délinquance, dont on sait pourtant qu’ils ne sont pas bons, le politicien s’est retrouvé à pérorer sur les performances de la police et de la justice alors qu’à quelques centaines de mètres de là, la faune locale d’une cité pudiquement dite « sensible » se trémoussait au son des kalachnikovs. Le patron de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, s’est même retrouvé sous les rafales alors qu’il se rendait sur place. Pour rappel, Marseille est officiellement toujours en France, et normalement devraient y régner les mêmes lois républicaines qu’ailleurs.

no-wayC’est, bien évidemment, parfaitement grotesque. Mais le plus grotesque est que, devant ce fiasco communicationnel évident, le premier ministre n’ai pas adapté ni son discours, ni son comportement au changement dramatique de contexte dans lequel il évoluait. Paralysé par cette violence inattendue, il a continué comme si de rien n’était. On frémit à l’idée que cette personne et son équipe puisse envoyer des militaires hors de notre sol sur des opérations délicates. Oh… wait….

Dans la même semaine et pour faire bonne mesure, on apprend que l’UMP doit débarquer la personne chargée de la présidence des jeunes du parti, un certain Stéphane Tiki, Camerounais de son état, dont il apparaît qu’il travaille en France alors que ses papiers ne sont pas en règle, ou plus exactement, qu’il n’a plus de titre de séjour du tout. Certes, on ne peut pas reprocher à l’UMP de faire preuve d’un humanisme et d’une mansuétude assez larges pour positionner un sans-papier à la présidence de « leurs » Jeunes, mais on peut clairement se demander où est sa cohérence alors que ce parti a largement démontré, dans d’autres circonstances, vouloir lutter contre la distribution de titres de séjours aux clandestins. Bref, cette assez grosse bévue de gestion de ressources humaines est un nouvel embarras qu’on doit ajouter aux nombreux autres pour ce parti, qui prouve amplement qu’on peut très bien être un gros parti politique en France et être géré absolument n’importe comment. Ici, pour faire bonne mesure, je pourrais parler des dissensions internes du PS et de ses « affaires » multiples, qui n’ont rien à envier non plus à celles de l’UMP, histoire de mettre tout le monde à l’aise, mais point trop n’en faut, je pense que vous saisissez l’idée générale.

Et dans ce contexte, les remarques d’un Gérard Longuet éclairent fort bien la nature réelle de cette gestion calamiteuse :

« Quand vous devenez chef de parti, vous êtes obligé de vous battre avec des gens qui inventent tous les matins quelque chose pour exister eux-mêmes et en général en crachant dans la soupe qu’on devrait manger en commun. »

a little crazyC’est, en réalité, un excellent résumé non seulement de la façon dont fonctionne un parti politique, mais, à plus forte raison, dont fonctionne un gouvernement et, plus généralement, l’État français actuellement : tant dans les administrations qu’aux différents niveaux de pouvoir, tout est fait pour que les uns tirent joyeusement dans les pattes des autres, ce qui au passage coûte des fortunes aux Français obligés de supporter ce genre de comédies. Les petits jeux de pouvoir qui agitent le microcosme d’un parti sont fidèlement reproduits dans les couloirs de l’Assemblée, du Sénat et de chacun des ministères, avec en surcroît la démultiplication des frictions et des gabegies qu’entraîne l’accès aux ressources quasi-inépuisables des caisses publiques.

Si, comme le pleurniche Longuet, diriger un parti est un travail de chien parce que tout le monde crache dans la soupe commune, alors diriger la machine républicaine française ne peut pas être autre chose non plus pour exactement les mêmes raisons. Et c’est d’autant plus vrai qu’aucun des politiciens parvenu récemment à un poste important n’a montré de réelle capacité de leadership au-delà de quelques aficionados épars qu’une communication trop bien calibrée fait toujours passer pour une foule nombreuse et colorée. Au manque de charisme maintenant évident des amibes hideuses qui nous gouvernent, il faut aussi ajouter leur décontraction complète vis-à-vis des problèmes réels des Français, ce qui n’aide évidemment pas à leur donner, même de loin, une stature d’homme de rassemblement, de leader ou que sais-je encore…

À cette aune, les gesticulations pathétiques de Valls en pleine fusillade ou les approximations de gestion de l’UMP dans ses ressources humaines apparaissent pour ce qu’elles sont : non pas des boulettes, des imprévus, des petits trous dans une chaussée normalement droite et bien lisse, mais bien une caractéristique essentielle, l’illustration d’un mode de fonctionnement par défaut(s). Pour Valls, son absence dramatique de réaction appropriée – changer son discours, par exemple, n’aurait pas été inutile – est la démonstration que la non-réaction est un comportement normal, toute déviation hors des rails fixés par les communicants risquant de faire chavirer le train-train ministériel. Pour le débarquement gêné de Tiki à l’UMP, l’absence de tout contrôle des personnes en responsabilité n’est pas un oubli passager mais, là encore, le comportement normal des dirigeants qui n’ont en réalité que faire de l’image du parti qu’ils incarnent, la leur étant bien plus importante.

cat-train-like-I-give-a-fuck

Encore une fois, ces petites péripéties (car ce ne sont que ça : des petites péripéties sans intérêt, finalement) illustrent de façon claire la décadence généralisée dans laquelle se vautrent avec un plaisir certain (ou, à tout le moins, une absence chronique de toute réflexion) les cadres dirigeants de partis, les ténors de la classe politique et, par extension, leurs vassaux qui s’empressent, par mimétisme, de reproduire ce qu’ils ont vu réussir si bien. petit thevenoud droiteEt ces éléments rejoignent, encore une fois, les réflexions que je me faisais dans un précédent billet ou je notais à la suite de l’affaire Thévenoud, ce pauvre député atteint de phobie administrative, que plusieurs dizaines de parlementaires étaient aussi en délicatesse avec le fisc et que cela ne semblait inquiéter personne.

En fait, avec ces exemples récents, on se doit d’ajouter l’incompétence et l’absence calculée de réaction à la sociopathie de plus en plus évidente dont il faut affubler la plupart de nos représentants, choisis, on le rappelle, non pour leur compétence mais parce qu’ils sont les gagnants d’un jeu macabre et grotesque où il faut être le plus veule, agressif, roublard et le plus machiavélique.

Une question continue donc de s’imposer, toujours plus forte : sérieusement, vous n’en avez pas assez de voter pour ces guignols ?

Bulletin de vote

J'accepte les Bitcoins !

1JMEHwKkTNKVsnCDDyJdLwsmS1eCMUQQgu

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/02/15/37122-ces-branquignoles-qui-nous-gouvernent


L’argent vient a manquer ? Vite, une Cartocrise de nerfs !

vendredi 13 février 2015 à 09:00

Le problème du socialisme n’est pas franchement qu’on crame l’argent des autres ou, encore plus appétissant, la tire-lire de ses enfants (via l’emprunt), mais bien qu’au bout d’un moment, quoi qu’il arrive, on en tombe à court. Et c’est actuellement ce qui est en train de se passer avec comme premier effet la fermeture, modeste mais sensible, des sources de financement des satellites les plus dispensables de l’action publique : les associations lucratives sans but, à commencer par les culturelles.

depenses admin publiques - 2013Ce n’est, bien sûr, que le début. L’austérité, terrible, immonde, omniprésente et d’une violence inouïe, s’abat sur les comptes de la Nation, ceux des collectivités territoriales et des communes qui doivent donc trouver des moyens d’expliquer, aussi calmement que possible, qu’on doit diminuer la distribution d’argent qui coulait jusqu’à présent en flots ininterrompus de la poche du contribuable et de ses petits-enfants directement vers la myriade d’associations culturelles indispensables au vivre-ensemble et à l’édification artistique des masses. Rapidement, on ne compte plus les festivals annulés, les structures qui mettent la clé sous la porte, ou les associations qui disparaissent faute de renouvellement de leurs subventions. Depuis les élections municipales de mars 2014, qui a vu comme un petit frémissement au niveau des communes, c’est l’horreur : ça ferme à tout va !

Et pour prendre toute la mesure de l’hécatombe, Émeline Jersol a conçu une carte. Émeline, c’est la médiatrice culturelle au Boulon, l’un des douze célèbres Centre Nationaux des Arts de la Rue que la France compte sur son territoire et qui sont chargés de la création et de la production artistique dans l’espace public, et d’aider financièrement des artistes et des troupes de spectacle de rue. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous ne saviez pas que la République, bonne fille, subventionnait le Boulon, le Fourneau, l’Abattoir, le Parapluie, le Citron Jaune, le Moulin Fondu (noms authentiques®) ou les six autres Centre Nationaux pour leur immense travail de support de l’art de rue, des troupes et de leurs créations ? Rassurez-vous, même si vous le payez, ce n’est pas directement l’objet de ce billet. Passons.

Or donc, une carte a été mise en place. Il s’agit d’un projet OpenSource, consultable ici, qui recense l’ensemble des troubles dans la Force, et les présente sur une jolie carte avec des petites gommettes de couleur qui feraient plaisir à Najat. Rapidement connue, la carte a permis d’accumuler les contributions de douzaines d’acteurs du domaine culturel douloureusement conscientisés au problème de robinets qui se ferment et de baignoires qui fuient. Ainsi, le 23 janvier, la carte comprenait (seulement) 48 entrées, mais en une semaine, c’est 71 points qui s’allument sur le territoire français. Quelques jours plus tard, ce sont une centaine de lieux qui montrent l’étendue du désastre culturel français.

Les premières constatations sont horrifiantes : ce sont les secteurs de la musique et des arts de rue qui sont les plus touchés, avec respectivement 19 et 27 festivals salés sucrés ou structures poivrées supprimées. Et pas n’importe quoi ! Il y a du solide, du connu, du festival qui frappe l’imaginaire, cogne dans l’émotion et frappe du chaton-mignon au marteau-pilon pneumatique, comme par exemple Polyfollia, Fort en Jazz, Les Voix du Gaou, Saucisses et Polyphonies, le Film Écologique, les Séquences Buissonnières ou les Oreilles en Éventail (ami lecteur, un festival bidon s’est sournoisement glissé dans la liste. Sauras-tu le retrouver ?).

austérité partout

L’effarement, devant telle liste, pourrait faire croire que la situation est désespérée.

Heureusement, comme le dit le proverbe, même les plus sombres nuages ont une bordure d’argent : alors que le monde du spectacle, de la culture et de l’intermittence du travail traverse une crise sans précédent, on se rappellera à bon escient que le Premier ministre, Manuel Valls, avait en début d’année conservé un optimisme raisonnable que les partenaires sociaux parviendraient à un bel accord pour faire tenir encore un peu plus longtemps le régime social des intermittents. Dans la foulée, notre frétillant Premier ministre avait décidé de ne pas appliquer l’allongement de la période minimale avant de toucher les allocations (différé d’indemnisation), avec un coût de l’opération (modeste) pour l’État de seulement 100 millions en année pleine (c’eût été dommage de se priver d’une telle gentillesse avec un aussi petit prix).

À ceci s’ajoutera le dégel de deux sous-budgets de la Culture (pour 40 millions) cette année, avec une augmentation en 2016, ainsi que l’assouplissement des conditions ouvrant droit aux indemnités journalières en cas de maladie, de congé maternité ou invalidité, notamment pour les intermittents. C’est une mesure qui, je cite le ministère,

« …contribue également à améliorer la couverture sociale des intermittents du spectacle, en particulier les femmes en congé maternité. »

Couverture sociale qui était notoirement connue pour son étroitesse, son coût modeste pour la collectivité nationale et son indispensable utilité pour avoir assuré le monde artistique et lui avoir ainsi permis de faire rayonner la culture française sur toute la planète. Bref : il était temps de récompenser un peu ces créateurs de rêve et d’utopies vivantes, et de compenser leurs misères budgétaires. Voilà qui est fait.

Vous voyez, pas de quoi s’alarmer !

Certes, au niveau des communes, endettées, percluses de dépenses et de coûts faramineux que l’État, impécunieux, refuse à présent de prendre en charge, il va y avoir quelques petites coupes douloureuses pour certaines associations aux noms chantants et aux réalisations que la pudeur nous oblige à qualifier d’inégales. Mais à l’évidence, la République sait que ses petits chatons vont être un peu bousculés et met déjà en place le grand toboggan huilé qui descend jusqu’à la piscine du bonheur (et de fonds publics) sur lequel ils pourront glisser avec de petits cris joyeux en oubliant qu’au bout, la piscine, profonde, est de moins en moins remplie…

Vraiment, à l’évidence, ça va bien marcher.

cat slide

J'accepte les Bitcoins !

1Pqo6Uu25otNMTCtRwGTjhp1hTCZXLnbv8

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/02/13/36946-largent-vient-a-manquer-vite-une-cartocrise-de-nerfs


ET-D5, cancer et crowdfunding

jeudi 12 février 2015 à 09:00

Même en France, même lorsque les clowns au pouvoir font à peu près tout pour saboter le pays, on a parfois de bonnes surprises. C’est ainsi que je suis tombé dernièrement sur l’histoire de Ecrins Therapeutics, une petite start-up pharmaceutique, qui a découvert une molécule de synthèse très prometteuse capable de traiter certains cancers (rein, pancréas, foie).

Cette molécule, ET-D5, est le sujet de recherche d’Aurélie Juhem, l’une des fondatrices d’Ecrins Therapeutics, sur laquelle elle travaille depuis maintenant sept ans et qui a la particularité de bloquer la division cellulaire (mitose) des cellules cancéreuse (ce qui stoppe la croissance de tumeurs) et d’également détruire les vaisseaux sanguins qui les alimentent, ce qui provoque leur mort. Voilà qui est prometteur, mais mieux encore, les tests sur animaux ont montré que la molécule est compatible avec les chimiothérapies habituelles, et peut même être administrée par voie orale.

cancer jobs apple

L’avenir semble donc bien engagé pour la petite entreprise pharmaceutique grenobloise. Cependant, et c’est là que les choses prennent un tour intéressant, nous sommes en France. Ce qui dans un pays normal aurait probablement abouti à d’épais financements de la part ou bien des autorités publiques, ou bien de business angels courageux, se développe doucement en parcours du combattant pour la nouvelle pousse : frilosité des investisseurs locaux, difficultés de financer une société auprès du capital risque, misères fiscales ou prudence devant un Bercy jamais à cours d’une fourberie pour récupérer des thunes ? Difficile en tout cas d’avancer car pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, la société a besoin de réaliser des essais cliniques, et nécessite donc des fonds (on parle de 500.000 euros) pour achever la dernière étape réglementaire afin de pouvoir administrer le produit aux malades le plus rapidement possible. En accord avec ce besoin, la solution originale mise en place par le triplet de chercheurs (et loin des canons habituels) est de faire appel au crowdfunding au travers d’une plate-forme d’investissement participatif, Wiseed, dont on peut trouver la présentation ici.

J’ai trouvé cette aventure intéressante à plus d’un titre. Quoi qu’on puisse penser de la solution proposée (ce n’est en fait pas l’objet du billet), et même si je ne peux évidemment que souhaiter le maximum de succès aux chercheurs dans leur entreprise, il m’a semblé nécessaire d’insister sur l’aspect relativement novateur du passage par le crowdfunding pour la recherche pharmaceutique. Ce n’est probablement pas le premier cas de recherche médicamenteuse qui se financera de la sorte, mais force est de constater que le nombre d’exemples précédent est ténu ; en gros, la tendance au financement participatif dans ce genre de domaine, à la fois très pointu et extrêmement gourmand en fonds, ne date guère de plus de deux ans, et le nombre de projets financés qui peuvent montrer des résultats est donc en conséquence très faible.

Car s’il est bien un domaine particulier au crowd funding, c’est bien celui-ci. D’un côté, les besoins de financement sont énormes. Entre la paperasserie gigantesque, les essais cliniques extrêmement coûteux, les matériels et personnels rarement bon marchés, les phases de recherches généralement étendues sur plusieurs années (et se comptant parfois en décennies), tout est rassemblé avant d’avoir un produit commercialisable pour que la facture finale soit potentiellement monstrueuse. De l’autre côté, les débouchés d’un médicament éventuel sont très importants. Qu’il s’agisse des cancers ou des maladies cardio-vasculaires, le nombre de personnes susceptibles d’avoir recours au produit est effectivement très grand, et les moyens financiers de ces populations sont, là encore, particulièrement vastes (rien que pour la France, les montants gérés par la Sécurité Sociale donnent tout de suite une excellente idée des forces financières en jeu ici).

testicular cancer

Jusqu’à présent, tant la présence de corporations imposantes qui se font une concurrence exacerbée, que la haute technicité du domaine, ou que la réglementation particulièrement touffue, auront empêché l’émergence naturelle d’un environnement économique facilitant la rencontre directe des consommateurs (ici, des malades ou des familles de malades) avec les producteurs (ici, les équipes de recherches pharmaceutiques). L’arrivée du crowdfunding dans ce domaine abaisse progressivement les barrières entourant ces deux acteurs, et, de fait, une partie des coûts structurels de cette recherche et développement. Si l’on oublie, quelques instants, les invraisemblables barrières fiscales et comptables que le gouvernement met en place à tire-larigot dans le domaine de crowdfunding, ce type de financement participatif pourrait très clairement permettre de trouver de façon efficace des moyens financiers pour des recherches alternatives, ou des voies thérapeutiques innovantes sur les maladies orphelines, peu ou pas rentables pour les grosses firmes dont les coûts de structures limitent les mouvements, et – bien sûr – les maladies plus courantes. Par exemple, menée en juin 2013, l’expérience de crowdfunding d’un journaliste du Telegraph a permis de lever 2 millions de livres sterling pour une cure de cancer neuroendocrinien actuellement en cours de développement.

Et de façon générale, on peut raisonnablement penser que l’introduction d’une nouvelle concurrence dans ce domaine apportera un renouvellement des stratégies scientifiques, politiques et commerciales des différents acteurs dont beaucoup se sont surtout concentrés, ces dernières décennies, à utiliser le levier du lobbying afin de protéger leur pré carré plutôt que celui de la recherche pour l’accroître. On ne peut s’empêcher de penser que si une partie des réglementations légales entourant les essais thérapeutiques est indispensable pour éviter les évidentes dérives éthiques ou limiter les risques d’une mise sur le marché d’un médicament délétère, une autre partie n’agit qu’en corset légal étouffant et bien trop serré, dont le but inavoué a surtout été d’empêcher de nouveaux entrants dans un domaine où les profits sont pourtant extrêmement motivants.

cancer chuck norris

L’exemple d’Ecrins Therapeutics marque peut-être, en France, le retour de la recherche pharmaceutique au contact des patients, et permettra peut-être (soyons fous, soyons optimistes) au législateur de prendre conscience des efforts à faire pour favoriser autant que possible le développement de solutions de financement innovantes telles que le financement participatif.

En tout cas, je ne peux, de mon côté, que saluer la bonne idée de cette start-up, et leur souhaiter un succès rapide, tant dans leur levée de fonds que dans leurs résultats cliniques.

J'accepte les Bitcoins !

1NJUQKZnrGZZ8aMSxeDu2mUoeLifssDEqv

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/02/12/37075-et-d5-cancer-et-crowdfunding


Ce problème grec qui grossit

mercredi 11 février 2015 à 09:00

Il y a deux semaines, j’expliquais qu’à la suite d’élections menant une énième mouture de collectivistes au pouvoir, la Grèce avait, officiellement, choisi le communisme et, ce faisant, devrait soit renverser la table européenne en appuyant à fond sur l’accélérateur communiste, soit se transformer rapidement en démocrassie-sociale gluante, à l’instar d’une France perdue dans ses barbotages pédalo-flambistes. Et il n’aura pas fallu longtemps pour que ce choix s’opère : comme prévu, au pied du mur, le gouvernement Tsipras transige et tente l’apaisement.

Tout avait pourtant si bien commencé ! Pour le gouvernement Tsipras, nouvellement élu avec un soutien populaire historique, la voie était tracée, très simple, très droite et très à gauche. Le programme électoral était clair : en répudiant une partie substantielle de la dette, en faisant de nombreux et généreux cadeaux à une population toute heureuse de cette distribution gratuite, en renvoyant les méchants financiers à leurs cases, on allait voir ce qu’on allait voir et on allait remettre la Grèce sur la voie de la prospérité, des matins qui chantent et d’un collectivisme enfin assumé qui, comme chacun sait, résout les problèmes, lave plus blanc que blanc et guérit les écrouelles.

dupondt nous nous tenonsUne grosse semaine plus tard, et alors que les marchés ont accueilli très fraîchement l’arrivée du parti grec Syriza au pouvoir au point de dévisser violemment à la bourse d’Athènes, la volonté de Tsipras et de Yanis Varoufakis, le ministre grec des finances, semble assez émoussée. Il faut dire que les déclarations des deux Grecs n’ont pas du tout convaincu l’establishment européen qui voit surtout que le plan de sauvetage grec est maintenant en péril, et, pire, que le pays risque d’emmener avec lui tous ceux qui sont encore attachés à la monnaie unique. La fermeté allemande ou néerlandaise, par exemple, doit bien plus au sentiment de peur qui s’immisce maintenant chez les dirigeants européens qu’au désir de fermeté nordique qu’on leur prête plus volontiers. Eh oui : comme le fait justement remarquer Stéphane Montabert dans un récent article, tout ce petit monde européen se tient par la barbichette, comme les Dupondt dans la fusée lunaire en panne, et tous comprennent — y compris Tsipras maintenant — que ratiboiser la dette grecque ne résoudra pas du tout le problème général, voire l’aggravera, la nervosité des marchés aidant.

Les fanfaronnades des dirigeants grecs ne pouvaient pas tenir très longtemps et l’intransigeance des autres Européens renvoie en réalité directement à l’absence totale de marge de manœuvre … pour tout le monde. Et cette nervosité se traduit de façon très concrète.

Par exemple, on pourrait croire que l’annonce, vendredi 6 février, d’une dégradation de la note souveraine de la Grèce de B à B- (avec perspective négative) par Standard & Poors tient de la méchanceté à l’état pur, ou de la malice voire de l’acharnement. Mais même en imaginant qu’il existe une part de manipulation de la part d’autres États ou d’occultes financiers à gros cigares pour guider la main de S&P, et ce, avec un timing assez diabolique, la réalité suffit malheureusement à justifier pleinement cette dégradation, déjà annoncée le 29 janvier dernier, et directement corrélée aux finances actuelles du pays, très concrètement au bord de la faillite (on murmure qu’il ne resterait qu’une paire de milliards d’euros dans les caisses de l’État grec pour ses dépenses courantes avant la fin du mois de février, ce qui paraît franchement juste).

burning cash

Et les analystes de S&P ne sont pas les seuls à être à ce point inquiet. Plusieurs figures ont exprimé de gros doutes sur la stabilité de la zone euro telle qu’on la connaît actuellement et, à plus long terme, sur sa propre survie. Et même si on doit se rappeler que Alan Greenspan, par exemple, fut l’artisan plus que contestable de la bulle immobilière américaine avec les conséquences désastreuses qu’on lui connaît, il n’en reste pas moins que les remarques qu’il a faites récemment au sujet de la Grèce synthétisent plutôt bien le sentiment général des observateurs un minimum au courant de la situation :

« Le problème est que je ne vois aucune façon que l’euro puisse continuer, à moins d’une intégration politique complète de tous les membres de la zone euro. Et vraiment, même en se contentant d’une intégration fiscale, ça ne suffira pas. »

L’autre versant du « problème grec », c’est qu’une sortie de la zone euro n’est tout simplement pas possible en l’état actuel des textes, ou, plus exactement, qu’il n’y a pas officiellement de plan B pour accompagner proprement une telle sortie. Et si elle n’est pas réalisée proprement, les conséquences peuvent être violentes, pour les marchés bien sûr, mais avant tout pour les populations (et pas seulement la grecque).

Pourtant, il existe un chemin, étroit, qui permettrait de revenir à une situation si ce n’est meilleure, au moins plus stable. Ce chemin passe par la réalisation que non, un gouvernement ne peut pas dépenser l’argent qu’il n’a pas, et doit donc se contenter des taxes et des impôts qu’il parvient à collecter. L’abandon pur et simple de tout nouvel emprunt semble impossible dans l’esprit des dirigeants grecs et européens, mais le cœur du problème est bien là.

tax man

D’autre part, la collecte des ressources financières d’un État ne peut être efficace qu’à partir du moment où elle est simple et lisible par tous. Ce n’est le cas ni en Grèce, ni, d’ailleurs, dans bien d’autres pays européens qui souffrent de plus en plus des mêmes maux, France en tête. Pour la Grèce, le fait d’imposer une flat tax assez basse permettrait de réamorcer une collecte décente, diminuerait la fraude fiscale endémique dans ce pays, et lui rendrait une attractivité depuis longtemps perdue, en rendant le coût de la fraude supérieur à celui du paiement des impôts. Notez que la recette, appliquée en France, produirait aussi d’excellents effets.

Comme on le voit, ces quelques mesures, fondamentales, nécessiteraient une remise en cause extrêmement profonde de la façon dont l’État grec est envisagé, réduirait l’intervention de l’État à son minimum vital (le domaine régalien, en fait). C’est, pour tout dire, à l’opposé diamétral de ce que Tsipras et ses amis collectivistes envisageaient très sérieusement, et c’est aussi assez éloigné de ce que les instances européennes prônent, les mains moites à l’idée qu’un échec se profile inéluctablement. Personne ne voudra donc les envisager, encore moins les mettre en place.

L’avenir m’apparaît bien sombre.

J'accepte les Bitcoins !

16CqC4sPu8TwtwM5vHbdVmC1jKXnkPBAgF

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/02/11/37049-ce-probleme-grec-qui-grossit


Pour lutter contre les méchants, l’Exécutif propose toujours plus de bisous

mardi 10 février 2015 à 09:00

On le sait : malgré (à cause ?) des efforts toujours plus importants de nos élus pour amener tout le monde à plus de bisous confraternels, les méchants se font toujours plus nombreux, ou plus méchants, ou les deux. Et lorsque de méchants islamistes ont dessoudé du dessinateur et du quidam anonyme par paquet de dix-sept, les politiciens, outrés, ont décidé d’enclencher le mode turbo.

Ce mode turbo se concrétise essentiellement par un redoublement d’efforts vers la génération qui a, selon les critères officiels du gouvernement, le plus besoin de bécots, de tendresse et de considérations, à savoir les « jeunes », vocable extrêmement large qui permet à la fois d’englober les minots en classes de maternelle et les rudes gaillards de 25 ans passés pourvu qu’ils réclament bruyamment qu’on s’occupe d’eux, quitte à enflammer les passions locales et quelques voitures au besoin.

Et pour bien s’occuper de ces « jeunes », le gouvernement s’est brutalement mobilisé à la suite du chef de l’Exécutif, lui-même propulsé par une popularité flamboyante (puisque moins de 65% de Français le détestent) : il va y avoir du service civique à tous les étages, et on va sérieusement empêcher le vilain harcèlement à l’école. Les terroristes n’ont qu’à bien se tenir !

Finalement, François Hollande a tranché jeudi dernier, dans l’une de ces conférences de presse où l’effervescence s’y dispute à la bousculade de bonnes nouvelles et d’idées géniales : le service civique restera volontaire, mais devient « universel », c’est-à-dire que « tous les volontaires » (entre 150.000 et 170.000 par an, selon le président), pourront être accueillis d’ici à 2017 dans le programme actuel, qui comprend une indemnité mensuelle de 573 euros pendant six à douze mois en l’échange de missions d’intérêt vague général auprès d’associations, de collectivités et établissements publics (écoles, hôpitaux…). Et non, non, non, ceci n’est pas une simple manœuvre pour diminuer artificiellement le chômage des jeunes avec de l’argent public, non, non, non, ce serait trop gros, voyons. Et tant pis s’il faudrait donc trouver autour de 600 millions d’euros pour que ce « programme » tienne la route. L’intendance suivra, comme d’habitude (en plus, ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye, donc les générations futures).

Le rapport avec le terrorisme ? Ah mais attendez vous ne voyez pas ? Mais c’est pourtant évident ! Les jeunes qui auraient envie de devenir des terroristes vont s’engager dans le service civique, et comme ils vont rencontrer de vrais gens et s’impliquer à tisser du lien social comme un canut survitaminé, ils vont oublier qu’ils voulaient faire le djihad et iront aider Mamie à traverser le carrefour. C’est parfaitement limpide.

service civique

Et pendant que le chef de l’exécutif utilise toute la puissance de son intellect pour mobiliser les forces vives de la Nation à lutter contre le terrorisme en allant démazouter les plages ou vérifier les additions de Noémie, 7 ans, le gouvernement, de son côté, ne chôme pas et entend en finir une fois pour toute avec le germe de cette violence qui nourrit ceux qui sont contre notre vivrensemble et veulent combattre notre belle liberté.

najat vallaud belkacem scrogneugneuC’est pour cela que Najat Vallaud-Belkacem, qui est maintenant en charge de l’Édulcoration Nationale, a décidé de se lancer contre le harcèlement à l’école, parce que ça suffit, ce n’est pas comme ça que l’enseignement public devrait être, scrogneugneu à la fin. Grâce à l’inévitable création d’une délégation « chargée de la prévention et de la lutte contre les violences scolaires », le bolossage harcèlement est âprement combattu.

Mais ce n’est pas facile, parce que — comme le souligne évidemment Éric Debarbieux, le directeur de la délégation — il faut « une mobilisation constante » et, bien sûr, davantage de personnel spécialisé dans la prise en charge des cas très lourds. Rassurez-vous, l’augmentation des moyens n’est pas la seule piste envisagée, puisque la ministre prévoit aussi de passer des deux numéros verts actuels, lancés fin 2013, à un numéro unique à quatre chiffre (1-800-TARTAGLALARECRE n’a pas été retenu car trop long et trop compliqué à tapoter avec des phalanges pétées).

les pastilles de najatOn le voit : la lutte contre les méchants et ceux qui boulottent hargneusement notre vivrensemble ne fait que commencer et se double même d’une nécessaire réintroduction, à pas feutrés mais déterminés, de leçons de morale républicaine dont l’orientation, tout à fait dans l’air du temps, assurera aux futurs citoyens une syntonisation parfaite avec la société et les objectifs gouvernementaux. Et quoi de mieux pour cet objectif qu’une solide éducation de nos chères têtes blondes … au développement durable, à la lutte contre le réchauffement climatique (désignée Grande Cause nationale 2015, eh oui mes petits amis, il faut au moins ça), l’encouragement au bio dans les cantines, la lutte contre le gaspillage et les pesticides, le tout à base de gommettes colorées (décidément c’est une manie) ?

Bon, certes, ça laisse un temps limité pour étudier les mathématiques, l’histoire de France ou l’orthographe (ce qui explique peut-être certains tweets rigolo de la ministricule ou même de l’Élysée, allez savoir), mais au moins, le vivrensemble est sauf et la lutte de plus en plus acharnée contre les aspérités du réel peut continuer sans relâche.

gaston-souffleService civique non financé, ou, plus exactement, non finançable et de toute façon extrêmement coûteux pour des effets très modestes, propositions grossièrement décalées d’une ministricule délicieusement naïve et diablement dogmatique, objectifs flous et mal cadrés, communication tintinnabulante et relai médiatique bruyant : pas de doute, tout se met encore en place pour qu’un nouveau soufflé gouvernemental grossisse à la faveur des agitations purement cosmétiques de quelques politiciens en mal d’exposition, pour ensuite se dégonfler gentiment une fois que la pression populaire sera retombée. Les problèmes (terrorisme, actes délictueux ou criminels pudiquement libellés « incivilités », racket, harcèlements et agressions gratuites) continueront de se développer sur le terreau fertile que la République a consciencieusement mis en place par l’intervention permanente et brouillonne de l’État dans des domaines qu’il eut été indispensable de tenir loin de lui et ses affidés.

Entre une couille-mollisation galopante des institutions comme faire intervenir la police pour expliquer à des enfants de 8 ou 9 ans que le soutien à des terroristes, « c’est très mal », et une recherche toujours plus ridicule de « solutions » étatiques à des problèmes locaux et individuels, comme ce service civique mal boutiqué, tout indique que nos élites bien-pensantes n’ont en réalité absolument aucune piste pour améliorer la situation. L’urgence commanderait donc qu’ils n’interviennent surtout pas.

Comme ils font exactement le contraire, ce pays est foutu.

J'accepte les Bitcoins !

18kxdNDd84KXjntRg2oS5resZhG1xNQ3za

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2015/02/10/37027-pour-lutter-contre-les-mechants-lexecutif-propose-toujours-plus-de-bisous