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Les mauvaises leçons d’Axelle Lemaire en matière de numérique

mercredi 17 décembre 2014 à 09:00

Vous ne la connaissez probablement pas, et c’est bien normal, d’autant quelle vous le rend bien : Axelle Lemaire est l’une de ces ministricules dont le gouvernement s’encombre pour récompenser les copains et les coquins du Parti. Pour l’occuper, on l’a placée comme secrétaire d’État chargée du numérique, des choses qui font pouic et tût et des réseaux sociaux qu’il faut maîtriser pour avoir l’air à la mode. Et pour avoir l’air à la mode, elle a l’air. Mais pas les paroles.

La semaine dernière se tenait à Paris la conférence LeWeb qui permet de rassembler, le temps de quelques jours, des investisseurs, des entrepreneurs de jeunes pousses, des personnes reconnues de la Silicon Valley, et (surtout) quelques politiciens en mal de reconnaissance et d’accolades chaleureuses d’un public toujours plus difficile à contenter. C’est d’ailleurs pour cela qu’on retrouve régulièrement dans ces happenings des représentants d’un État qui, le reste du temps, s’emploie à rendre misérables les vies de ceux qui participent à ces réunions publicitaires pétillantes : en quelque sorte, cela permet aux prédateurs fiscaux de marquer le bétail et de repérer les spécimens appelés à devenir les plus dodus.

la french techEn vague rapport avec la tenue de cet événement, il n’était donc pas surprenant de retrouver Axelle Lemaire frétillant au milieu de tout ça, d’autant qu’elle doit poursuivre l’indispensable tâche de la ministre qui l’a précédée à sa place, Fleur Pellerin. Rappelez-vous : en février dernier, cette dernière lançait, en fanfare et avec vos sous, un site web et un million de petits bricolages, aussi éthérés qu’amusants, sur le thème prédigéré de la French Tech, le tout estampillé d’un magnifique coq rose du plus bel effet.

À peine hum broum hmmf 10 mois plus tard ahem, le bidule gouvernemental pénètre un peu dans le concret tiède avec l’investissement dans des accélérateurs privés via le fonds French Tech Accélération doté de 200 millions d’euros (souriez, vous payez). Dans ce cadre, la déléguée Lemaire a décidé de répondre à un entretien avec La Tribune.

C’est pratique, un entretien. Cela permet à notre petite secrétaire d’exprimer tout haut quelques bêtises que nos gouvernants pensent tout bas ou chuchotent niaisement en privé.

On y apprend notamment que ce fameux fonds d’investissement est géré par BPIFrance, ce qui place immédiatement l’ensemble de la démarche sur la même trajectoire que Challenger en janvier 1986, ou Ayrton Senna en mai 1994.

On apprend aussi que la pauvrette tente des trucs à l’Assemblée afin d’aider les jeunes pousses, grâce à son idée de « Corporate venture ». Fouyaya : quand on voit l’ensemble des lois fiscales concoctées par ce gouvernement et les précédents, notamment pour capter un maximum de la plus-value obtenue à la revente des parts de sociétés, forcément, ça va bien se passer : dans l’idée d’Axelle, ça glisse au pays des merveilles.

boat crash

Mais surtout, on apprend que le petit appendice ministériel a une vision bien arrêtée du monde, d’autant plus qu’elle a rencontré des investisseurs américains, qu’elle a bien vite remis à leur place. Pensez donc ! « La Silicon Valley est pour eux le centre du monde. » Comme c’est rétrograde ! S’en suit une saillie d’un calibre si conséquent qu’il faut l’analyser morceau par morceau.

Ça commence assez fort par un jugement à l’emporte-pièce propulsé au fulmicoton :

Je ne suis pas sûre que la Silicon Valley soit le modèle social dont il faille s’inspirer et que l’affolement autour des valorisations de startups d’application de service qui seront peut-être oubliées dans 12 mois soit très sain pour l’économie américaine.

Certes. On peut cependant observer en contrepartie qu’il y a des milliers, disons des centaines ou mêmes de dizaines d’applications de service françaises qui adoreraient probablement bénéficier de ce genre d’affolement, même si c’est pour être oubliées douze mois plus tard. D’autant qu’actuellement, les rares innovations françaises dont on parle sont oubliées au bout d’un mois. Du reste, on peine à voir dans Silicon Valley autre chose qu’une localisation géographique. Si modèle social il y a, la comparaison avec le français mettrait ce dernier en difficulté (le revenu moyen de la vallée est près de trois fois supérieur au français, et les facilités locales en terme de transports, d’éducation, de santé n’ont pas à rougir face au magnifique RER B ou à nos universités rutilantes par exemple).

Mais pour Axelle, le problème est plus grave encore qu’une bête question de modèle social :

Je ne suis pas sûre non plus que la Silicon Valley joue un rôle exemplaire dans la transformation numérique plus globale de toute l’économie et la société au bénéfice de tous, en embarquant tout le monde, y compris les ouvriers. Nous n’avons donc pas de leçon à recevoir de la Silicon Valley.

Oh que non, les idées de ces gens-là sont à prendre avec des pincettes ! D’ailleurs, la transformation numérique de la société, ouh là, c’est pas que du bon ! Le minitel à la poubelle, c’est la fotala Silicon Valley ! Le Bebop de France-Télécom au placard, même chose ! Le TO7 qui n’a pas décollé, comment ne pas incriminer Steve Jobs ? Vraiment, Axelle et son gouvernement n’ont aucune leçon à recevoir, ni d’eux ni de personne. Ils savent et elle sait. Et d’ailleurs, on ne remplit pas un verre plein : le nombre conséquent de géants français du numérique parle de lui-même.

En outre, avec toute cette arrogance (celle des Américains, bien sûr, pas celle de la Française qui distribue des bons et des mauvais points en invitant des gens dont elle veut bien l’argent mais pas les leçons — suivez, un peu !), il semble évident que la Silicon Valley va louper un truc hyper-important :

La Silicon Valley risque de rater le train du développement numérique raisonné, éthique, en croyant être le centre du monde. Je m’intéresse beaucoup au boom des usages mobiles en Afrique, continent grâce auquel le Français sera la première langue parlée au monde en 2050, ce qui représente un énorme potentiel en termes d’e-éducation, d’e-santé, de chantiers d’infrastructures.

Le train du développement numérique raisonné et éthique.

long facepalm

Mais qu’est-ce que c’est-y donc que c’est que machin-bidule ? Vous ne savez pas ? Vous pouvez coller tout et n’importe quoi derrière ces concepts fumeux ? C’est un truc qui respecte les animaux et l’environnement, tout en apportant du bien-être et de la mobilité sociale avec des morceaux de respect des différences, c’est ça ? Vous sentez comme une forte odeur de caca de taureau ? C’est normal, c’en est.

le Français sera la première langue parlée au monde en 2050

stupid cat

Non. Déjà, l’étude vague à laquelle se réfère la pauvrette indique plutôt qu’elle sera en deuxième ou, plus probablement, en troisième position, et d’autre part, cette étude reste une prospective franchement hardie. 2050, c’est très loin, ce qui permet une imagination audacieuse mais, ma brave Axelle, ça ne permet pas d’affirmer n’importe quoi pour se faire mousser.

Heureusement, la fin de l’entretien pèse et enveloppe le tout dans un gros papier journal comme on le fait du poisson le vendredi matin à l’étal :

Là sont les vrais enjeux : le rôle de l’État n’est pas de permettre à un individu de devenir milliardaire ! Ce n’est pas un discours contre la richesse ou l’innovation, je pense au contraire que la France constitue un terreau très attractif et très favorable à l’entrepreneuriat. (…) une partie de la mission de la French Tech est d’organiser des visites de VC, de capitaux-risqueurs. Je leur dis qu’ils sont bienvenus, que les mots clés sont stabilité, prévisibilité, accompagnement. J’espère que mon invitation va être entendue.

En effet, le rôle de l’État n’est pas de permettre à l’individu de devenir milliardaire, mais certainement pas non plus de l’en empêcher. Actuellement, un tiers des milliardaires français a quitté la France, et il serait peut-être temps de s’en rendre compte. Ce qui éviterait à Axelle de sortir des balivernes sur le « terreau attractif gnagna », violemment contredit par les faits, ou la consternante affirmation sur la stabilité et la prévisibilité française qui sont a contrario les principales raisons de la fuite de cerveaux, de talents et de richesses observée actuellement.

Pauvre Axelle qui, persuadée de n’avoir aucune leçon à recevoir de personne, n’en a à l’évidence pas reçu assez, et fait ici la démonstration d’une cuistrerie assez phénoménale. Car même en imaginant la France sous ses meilleurs atours, on aura toujours à apprendre des autres. Et lorsque ces autres nous tiennent, sans la moindre difficulté, la dragée bien haute, il serait de bon aloi et de bonne intelligence de prendre des notes. Par exemple, pour comprendre que la dernière des choses dont la technologie et l’innovation ont besoin en France, c’est d’une nouvelle intervention de l’État qui a largement saboté le domaine par ses incessantes exactions (fiscale, politique, financière).

Et avant tout ça, quelque chose dont les investisseurs étrangers, américains et autres, se passeront fort bien, Axelle, ce sont vos conseils et votre arrogance.

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Source : http://h16free.com/2014/12/17/35955-les-mauvaises-lecons-daxelle-lemaire-en-matiere-de-numerique


Culture : l’effritement du réseau subventionnel, c’est trop horrible !

mardi 16 décembre 2014 à 09:00

Quand trop c’est trop, que noir c’est noir, et qu’il n’y a plus d’espoir, il n’est plus possible de se taire. Monte alors de la gorge noueuse des damnés de la terre ce long cri rauque et puissant de ceux qui n’ont plus rien à perdre : « On veut du pognoOOon ! »

Et cette fois-ci, ce sont les damnés de la terre version Spectacle Vivant (par opposition au numérique, au cinéma, à la télévision qui sont des spectacles morts, je suppose) qui se lèvent comme un seul corps social en proie aux affres d’une indicible agonie et qui, vibrant de leurs derniers souffles, pondent une tribune, abondamment parue dans la presse, et une lettre ouverte à la sucrerie oubliable attribuée au maroquin de la Culture.

Le geste est lancé, le cri lancé, et l’appel poignant :

« À l’heure où le populisme grandit, où le divertissement se substitue à la culture et où trop de responsables politiques semblent abandonner le défi de l’émancipation humaine, il n’est plus possible de se taire. »

Fouchtra, voilà qui commence fort. La tribune, signée par une flopitude de grands noms qui font vendre comme Mathieu Amalric, Emmanuelle Béart ou Denis Podalydès, ne laisse donc aucune place à l’interprétation, même théâtrale et pose un décor de ruines et de désolation qui fait froid dans le dos. L’émancipation humaine est en jeu, mes petits amis, il n’est plus possible de passer sous silence les abominations dont les artistes font maintenant l’objet. D’ailleurs, Madeleine Louarn, la présidente du Syndeac, le syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, explique dans un sanglot difficilement réprimé que, je cite :

« Une conjonction d’éléments peut nous faire disparaître à grande vitesse s’il n’y a pas un sursaut. »

artistes troporibl 1

Conjonction que détaille le Syndeac et qui déplore que « le budget consacré par la Nation à la culture n’a pas cessé de baisser en euros constants », tout en dénonçant aussi « des atteintes à la liberté de création »

Pas assez de plugs gigantesques sur les grandes places de France ? Trop de rouspétance de certains malappris qui s’offusquent encore des performances artistiques alternatives de femmes dépoitraillées au milieu d’églises multicentenaires ? Accès trop difficile aux tribunes médiatiques alors que cette dernière a été reproduit sans souci dans les habituels opuscules trosko-capitalistes de milliardaires socialistes ? On en sera cantonné aux supputations, toujours plus sulfureuses que la réalité puisque les détails de ces atteintes sont absents.

Néanmoins, le message est clair : le robinet d’argent frais semble s’être un peu fermé, et c’est la panique chez les assoiffés de la culture. Devant les cris affolés et l’appel qui est quasiment présenté comme celui de la dernière chance avant une mort atroce, on pourrait s’attendre à ce que le budget du Ministère de la Culture et de la Communication ait été récemment ratiboisé ou que la coupe claire, près du tronc, ait massacré les plus belles ramures de ce joufflu maroquin. Que nenni. Comparé à 2013, il a baissé de 2%. Deux petits pourcents. Certes, sur une somme de plusieurs milliards, cela fait de gros millions dodus, mais il ne faudrait pas oublier trop vite l’obèse 98% qui reste à pavaner sur la plage, le nombril à l’air et le gras détendu.

Car oui, on pleurniche, on se tord les doigts, mais le budget 2014 de ce ministère s’élève quand même à 7,26 milliards d’euros. Pour rappel, celui de la Justice est de 7,82 milliards. La France consacre donc à peine plus à sa justice qu’à ses baltringues et ses musées. S’il semble acquis qu’on ne puisse plus, de nos jours, se passer des spectacles vivants géniaux, des écoles d’art prolifiques et d’une production télévisuelle publique assez stupéfiante de qualité, il semble tout aussi important d’avoir une justice efficace. Par exemple, qu’elle permette de tenir toutes les personnes jugées dangereuses à l’écart de la société, et dans des conditions cependant humaines évitant l’entassement dans des cellules normalement individuelles, au lieu d’en laisser des quantités tous les ans plus importantes en semi-libertés ou dans un flou juridique délicieux leur évitant l’enfermement pourtant requis.

À ce titre, peut-être serait-il plus qu’utile que le service public fasse, au bénéfice de cette justice douloureusement nécessiteuse, une petite cure d’amaigrissement, qu’il soit radiophonique, télévisuel ou de cette famille culturelle si vaste qu’elle englobe à la fois les inénarrables destructeurs d’intemporel à la truelle, les vibrants théâtreux toujours prêt à crier dans une bruyante tribune, et les clowns à roulettes qui nous gouvernent.

L’autre souci, c’est qu’avec ces méchantes restrictions budgétaires,

« On voit de plus en plus d’élus qui interviennent à la fois sur les budgets et sur les contenus mêmes. De nouveaux maires veulent choisir eux-mêmes la programmation des théâtres. »

artistes troporibl 3

Eh oui : au Blanc-Mesnil, le directeur Xavier Croci s’est vu reprocher une programmation « élitiste ». Palsembleu ! Et à Roanne, le directeur du théâtre Abdelwaheb Sefsaf a été limogé brutalement par une municipalité ne s’embarrassant pas de préavis douillet. Vertuchoux ! Mais voilà : si demander que le théâtre municipal s’adresse au plus grand nombre est, probablement, une abomination digne des heures les plus sombres de notre histoire tralala fascime culture revolver tralala, on ne peut s’empêcher de penser qu’après tout, c’est justement ce plus grand nombre qui paye pour l’entretien des danseuses du cru parmi lesquelles ce Xavier Croci et, ne l’oublions pas, le maire du Blanc-Mesnil lui-même. Dès lors, il semble aussi normal qu’un président que les payeurs en aient pour leur argent (surtout actuellement où il vient à manquer) et qu’une programmation non-satisfaisante se traduise par un remerciement. Après tout, c’est ainsi que cela fonctionne partout ailleurs, et le monde continue de tourner.

Mais voilà. Nos artistes ont mal à la culture devant toute cette vilaine réduction budgétaire. Jugez plutôt :

On le voit : c’est un champ de ruines de non-subvention, une plaine aride de tout argent public, le désert chaud, sans pitié et stérile de toute redistribution collective en provenance directe de la poche des autres. La fin est proche. C’est avec le goût de sel sur des lèvres gercées par le soleil brûlant de l’austérité que nos artistes lancent leurs derniers cris, les yeux secs de ne plus pouvoir pleurer d’avoir tant sué sans pouvoir boire à satiété… C’est atroce.

artistes troporibl 2

Mais tout de même. Jamais je n’aurais cru que tous ces hommes et ces femmes cultivé-e-s étaient à ce point intéressés par l’argent des autres. C’est vraiment étonnant qu’ils soient à ce point obsédés par l’argent public qu’ils en viennent à en réclamer de nouveaux tombereaux par voie de presse.

Moi qui croyais naïvement que brûlait en leur sein cette passion dévorante pour le métier qu’ils pratiquent ! Moi qui pensais qu’à l’instar de tant d’acteurs, de peintres, de musiciens, de chanteurs ou de sculpteurs qui, bien que jadis non subventionnés, laissèrent pourtant dans l’Histoire française les marques les plus resplendissantes de sa culture mondialement reconnue, ces nombreux et bruyants signataires feraient largement passer leur art avant leur ventre et qu’ils continueraient, coûte que coûte et vaille que vaille, à défendre leur vision culturelle quitte à se commettre avec des mécènes généreux et à devoir attirer un public payant pour leurs prestations.

Eh bien non. L’addiction est trop forte : l’argent des autres leur est si indispensable qu’ils n’ont pas hésité, sans la moindre honte, à en réclamer encore plus, haut et fort.

Décidément, de nos jours, la passion artistique est en solde.

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Source : http://h16free.com/2014/12/16/35835-culture-leffritement-du-reseau-subventionnel-cest-trop-horrible


Ce que l’interdiction d’UberPOP montre de la calcification française

lundi 15 décembre 2014 à 09:00

Ouh là, il n’y a pas à tortiller : la situation du transport automobile de particuliers, en France, devient fort complexe. D’un côté, les taxis s’occupent de transporter des clients, sous conditions. D’un autre, les VTC font ça aussi, mais sous des conditions précises. Quant aux particuliers qui veulent s’arranger entre eux, ils le peuvent aussi, sous certaines conditions. Et bien évidemment, grâce à la clarté d’action de l’État, tout ce petit monde se chamaille.

Et c’est ainsi qu’Uber s’est retrouvé traîné en justice par les taxis et les VTC. UberPOP, une plate-forme électronique disponible sur smartphone, permet à des particuliers de s’organiser pour offrir un service de covoiturage rémunéré. Ce service, offert par Uber, a été rajouté à ses offres commerciales existantes en février, pour la région parisienne. Ceci a eu le don d’irriter assez vigoureusement les taxis, déjà passablement échaudés par la brutale rencontre de leurs pépères habitudes monopolistiques avec un réel nettement plus rugueux, tout en agaçant aussi pleinement les VTC qui ont assez vite compris que l’application mise en place par Uber leur taillait de généreuses croupières.

Et pif, et paf, deux sociétés du groupe Transdev (oui, cette odeur de capitalisme de connivence entêtante n’est pas fortuite), ainsi que la société de VTC LeCab, s’estimant victimes d’une « concurrence déloyale », ont alors saisi le tribunal de commerce de Paris en référé. Pour rappel, la « concurrence déloyale », c’est lorsqu’un concurrent fait preuve d’innovation et peut se placer en premier opérateur sur un marché qu’il a lui-même créé, et dans lequel vous ne souhaitez pas investir parce que le risque est plus grand que celui d’aller en justice.

Las. Les juges n’ont pas suivi les petits couinements des VTC et les plaintes lugubres des taxis et finalement, Uber obtient en partie gain de cause : le tribunal a refusé vendredi d’interdire le service controversé. Zut, flûte, caca boudin. Cerise sur le gâteau : le tribunal a décidé de transmettre à la Cour de cassation deux questions prioritaires de constitutionnalité, au motif que des dispositions de la loi Thévenoud pourraient porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au principe d’égalité. On frémit d’avance de savoir qu’une loi votée par de si pétulants députés pourrait comporter quelques petits vices, chose inouïe au sein d’une république irréprochable.

Taxis démotivants

Nous sommes en France et comme d’habitude, tout se termine au choix par une chanson, une grève, ou les deux. Cette fois-ci, ce sera grève seulement, les chansons n’étant plus trop dans l’air du temps, décidément morose. Cette grève montre, encore une fois, à quel point détenir un monopole de droit peut nuire à la collectivité et aux individus : notez en effet comment les VTC, dont la position est nettement plus concurrentielle que celle des taxis, rouspètent mais ne font pas grève, là où les taxis, en position de force et de monopole, n’hésiteront pas à tenter le blocage de Paris pour obtenir gain de cause.

Cette attitude néfaste, résultat d’un lobbying féroce auxquels les autorités et les politiciens ont cédé avec d’autant plus de facilité et de veulerie que les liens entre G7 et le pouvoir actuel sont étroits, n’est finalement que la représentation légale d’une force, plus physique et cette fois-ci parfaitement illégale, qu’ils emploient sans tergiverser lorsqu’ils en ont l’occasion (on se souviendra à bon escient de VTC agressés par des taxis lors d’un précédent mouvement de « protestation » franchement musclé, ou même de blessures infligées à des clients par ces mêmes taxis, qui montrent bien l’écart qu’il peut y avoir entre ceux qui sont censés fournir un service et ceux qui pourraient, à l’occasion, décider de s’en passer définitivement).

En réalité, nous assistons aux soubresauts de combattants qui savent avoir déjà perdu. Petit-à-petit, le prix des licences, ou des médaillons comme à New-York ou Chicago, chute. Même en imaginant que ceux qui ont actuellement un taxi et la licence correspondante parviennent à faire interdire l’utilisation officielle d’Uber et ses concurrents directs, ce ne sera qu’un petit répit. D’une part, les particuliers trouveront toujours un moyen de s’organiser en dehors des contraintes administratives, parce que le jeu en vaut la chandelle. Et d’autre part, parce que, progressivement, les consommateurs se font à l’idée qu’ils peuvent avoir le même service pour beaucoup moins cher, les licences vont continuer à baisser. Jusqu’au moment où elles ne seront plus vendues, faute d’acheteurs : qui irait, maintenant, acheter (fort cher ou même bon marché) une licence de taxi alors que l’avenir est déjà visible et se passe très bien de ce colifichet administratif encombrant ?

La bataille à laquelle on assiste est bel et bien celle d’une arrière-garde. Ceux qui comprennent, ici et maintenant, qu’ils vendent un service de transport et non l’exclusivité de celui-ci au travers d’une licence s’adapteront aux désirs de leur clientèle. Ceux-là survivront. Les autres, qui continueront de toujours s’appuyer sur un monopole artificiel entretenu par l’État, ne feront au mieux que retarder l’échéance. Et au pire, ils se mettront durablement à dos leurs clients, ceux qui les font vivre, mécontents de ne pas les voir s’adapter en tarifs et en prestations à leurs demandes de plus en plus claires.

taxis retour vers le passé

Et si l’on peut noter autre chose, c’est aussi que personne ne leur a expliqué que cette adaptation était non seulement souhaitable, mais indispensable pour survivre. Personne n’a fait l’effort d’expliquer que la disparition du métier de taxi tel qu’il existe actuellement est inéluctable, et personne ne semble même vouloir faire mine de le faire. Personne n’a, semble-t-il, compris que les déplacements par covoiturage sont directement concurrents de ces taxis, mais aussi des Macron-bus et de la SNCF et que ces modes de déplacements vont devoir s’adapter dans des proportions qui semblent échapper complètement aux pouvoirs publics et, pire, aux politiciens dont les Français continuent d’attendre des solutions.

Ici, ce qui est vrai pour les taxis l’est aussi pour toutes les professions dont l’exercice dépend, ultimement, d’un droit accordé par l’État. En pratique, on a engoncé les Français dans l’idée que l’État pouvait accompagner les transitions économiques et technologiques, alors que, d’une part, il a tout fait pour les ralentir, et d’autre part, pour cocooner les gens, qui n’ont alors plus les messages essentiels de la réalité leur parvenant à temps. Prévenus trop tard, ils se retrouvent à réagir alors qu’il n’y a plus de choix, plus de temps, plus de latitudes d’adaptations. La réaction brutale, bien que parfaitement inutile et contre-productive, s’explique assez bien dans ce cas-là. Et les pouvoirs publics, au lieu d’encourager les professions à une saine remise en question, en fonction des besoins du siècle dans lequel elles s’inscrivent, font absolument tout pour retarder les échéances, brosser dans le sens d’un poil lustré par des monopoles de papier des organismes incapables, par dressage, de voir plus loin que le bout de leur nez.

Bien évidemment, la réponse politique, qui consiste à trouver des compromis, à tenter — encore une fois — par tous les moyens de supprimer les messages douloureux que la réalité envoie de plus en plus massivement, cette réponse ne fera qu’accroître la déconnexion du réel, et au final, la frustration, puis, évidemment, la colère.

On voit mal comment cela peut se terminer sur du velours…

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Source : http://h16free.com/2014/12/15/35907-ce-quuberpop-montre-de-la-calcification-francaise


Fitch dégrade la note de la dette souveraine française, parce que tout va supayr bien

dimanche 14 décembre 2014 à 11:00

Ce vendredi soir, Fitch, l’une des trois agences qui notent la dette souveraine française, l’a officiellement dégradée de AA+ à AA. Alors que, sous Sarkozy, certains journaux n’hésitaient pas à titrer l’infamie sur cinq colonnes à la une, sous Hollande, la nouvelle a pris un tel caractère habituel qu’elle a peiné à faire un entrefilet sur les sites web de ces journaux. La France dégradée ? Même pas mal.

une libé hollande degradéOfficiellement, Paris a donc « pris note », ce qui équivaut à un petit haussement d’épaule, à tout casser. François Hollande a repris deux fois des frites pendant son repas. De son côté, le gouvernement n’a marqué aucun signe de préoccupation. Michel Sapin, en bon baratineur décontracté, a expliqué que « la politique menée commence à porter ses fruits » assurant même que « les entreprises bénéficient des premiers effets des baisses de prélèvements, qui se poursuivront durant les prochaines années. » D’ailleurs, Bercy adore rappeler que sa dette part comme des petits pains et que les institutions financières (qui, légalement, sont tout de même tenues de l’acheter) la négocient à des taux ridiculement bas, ce qui est forcément bon signe.

On se demande même, à lire les communiqués du ministère des finances, pourquoi ces imbéciles de Fitch ont rejoint les analystes de Moodys, de S&P, de la Commission, et d’à peu près tout le monde pour dire que la situation française est mauvaise alors que les taux de sa dette sont si bas, et que des « efforts budgétaires » énormes ont été consentis permettant de ramener le prochain déficit de 4.3% à 4.1%, et tant pis si c’est bien au-dessus des 3% promis il y a des lustres.

sapin france dégradée

Quant à Valls, ces derniers jours, il a clairement expliqué où il entendait diriger la France : on va réformer dans l’égalité, ça va roxxer, c’est super. Et pour que le discours ait l’air de changer un peu, le premier ministre a décidé d’introduire la notion de pré-distribution en remplacement de la redistribution. Le principe est simple : au lieu de corriger les inégalités, on va les prévenir. C’est, bien évidemment, parfaitement con puisque ces inégalités ne sont pas toutes forcément nuisibles et, surtout, le plus souvent issues de l’action de l’État lui-même, action pour laquelle rien n’indique que le gouvernement entend y mettre un terme. Ce qui veut dire que toute action supplémentaire de l’État risque d’accroître le problème plutôt que le résoudre. Comme d’habitude. Et puis, tout le monde sait qu’utiliser de l’argent public pour réduire les inégalités (réelles, fantasmées, utiles ou néfastes, peu importe), ça marche : on fait ça depuis 40 ans et la France ne s’est jamais aussi bien sentie, toute égale de tous les côtés…

Pendant ce temps, les faits, têtus, s’amassent.

petit sapin pas grave 1Les défaillances d’entreprises marquent un nouveau record en 2014. Peut-être ceci aurait-il un lien avec cette dégradation des perspectives économiques en France, qui justifieraient (allez savoir) la nouvelle note accordée par Fitch ?

Les destructions de postes au troisième trimestre sont toujours aussi importantes, et le quatrième trimestre, quasiment terminé, ne montre aucun signe d’amélioration. Peut-être ces résultats franchement mauvais justifient-ils un peu la note de Fitch, non ?

petit sapin pas grave 2Le pouvoir d’achat des Français continue de s’éroder, et notamment dans l’immobilier qui subit actuellement un retournement de tendance marqué. Là encore, on peut supposer que ces éléments renforcent plus la position de Fitch que celle de Sapin, Valls ou Hollande et leurs épaules toutes haussées…

Et alors que la baisse des prix du pétrole pourrait s’avérer bénéfique pour une balance des paiements pas spécialement folichonne en France, le résultat concret de cette décrue, ainsi que la situation globale d’apurement des crédits de toute part aboutit tout de même à une véritable déflation : l’économie française rentre véritablement en stagnation, et les excitations keynésiennes de l’équipe en place n’ont manifestement servi à rien. Là encore, difficile de mettre ça au crédit du gouvernement, et là encore, difficile de ne pas y voir un renforcement de l’analyse de Fitch…

petit sapin pas grave 3Il y a, réellement, quelque chose d’encore plus préoccupant que l’état général de l’économie française.

Aussi mal en point soit-elle, la France dispose cependant d’atouts évidents, connus de tous : son climat, sa population éduquée, son infrastructure de bonne qualité, sa localisation centrale en Europe, son attrait touristique, de brillants esprits et une réelle culture de l’innovation. Si l’on ajoutait à ceux-ci un allègement des codes du travail, de la fiscalité, un souffle de liberté sur l’entrepreneuriat et si, en somme, on faisait en sorte que l’État et ses affidés arrêtent d’emmerder les Français, nul doute que cette situation économique catastrophique serait surmontable.

Mais lorsqu’on analyse, calmement, les discours et les postures de nos dirigeants en face des réalités économiques qui leur sont jetées à la face tous les jours, on ne constate qu’un épais déni : « demain, ça ira mieux », « des efforts sont entrepris, et on va redresser la barre », là où chaque indicateur montre que demain, ce sera pire, et que les efforts, microscopiques ou, pire, contre-productifs, vont accroître le problème, directement ou indirectement par effets de bords néfastes. À ce déni, s’ajoutent un refus dogmatique de lâcher du lest, un atavisme pathologique et létal pour l’interventionnisme d’État.

Chaque « réforme » sera consciencieusement passée à la moulinette des compromis les plus sibyllins et minimalistes, les rendant ridicules et passablement inopérantes. Prenez, par exemple, les propositions de libéralisation des trajets en car : c’est, sur le papier, une bonne idée, mais qui ne représente qu’un modeste pourcentage des déplacements en France, qu’une opportunité réduite de créations d’emplois et qui ne devrait être que le résultat d’une libéralisation poussée et massive du transport en France, pas l’objet principal d’une loi. On voit mal cette petite amélioration transformer profondément le pays. À ce titre, la loi Macron devrait alors porter sur des pans entiers de l’économie française, ce qu’elle ne fait pas. On fait du pointillisme avec un pinceau triple-zéro là où on devrait repeindre au rouleau.

macron droiteEnfin, le rythme même de ces micro-réformes, que la situation commanderait d’être aussi court, aussi cadencé et rapide que possible, inscrit ce gouvernement de clowns tristes dans des temps longs, sur plusieurs années. Les bricolages de Macron n’auront de portée qu’en 2016, au mieux, alors que des changements auraient été nécessaires … en 2013.

Si la récente dégradation de la dette souveraine illustre bien quelque chose, c’est ça : les retards accumulés, le piétinement frénétique mais inutile du gouvernement, ses bricolages microscopiques et son épais déni de réalité. Tout ceci n’est encore qu’une méthode hollandiste pour gagner du temps alors qu’il n’y en a plus à gagner, et plus en réserve.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/12/14/35878-fitch-degrade-la-note-de-la-dette-souveraine-francaise-parce-que-tout-va-supayr-bien


La Nuit à Paris, les Brigades de Mimes reviennent en force !

vendredi 12 décembre 2014 à 09:00

Il y a quatre ans, Bertrand Delanoë, le maire d’alors de Paris, lançait en fanfare les États Généraux de la Nuit. Son but était à l’époque de trouver une solution pour faire vivre harmonieusement les Parisiens du jour avec ceux de la nuit, ceux qui se lèvent tôt pour travailler, et ceux qui boivent, chantent, et se couchent tard. À l’époque déjà, j’avais noté, assez consterné, les solutions mises en place. Heureusement, Anne Hidalgo, la remplaçante de Bertrand, va mettre à tout ça un petit coup de booster (ou de bambou, selon le point de vue).

Avant d’aller plus loin, il est assez impératif de bien resituer le contexte. Dans un vibrant appel à la cohabitation pacifique des fêtards et des riverains s’étaient donc ouverts en novembre 2010 les États Généraux de la Nuit auxquels on fit participer une psychosociologue spécialiste des mobilités nocturnes, un philosophe, un médecin urgentiste, et le président de SOS Racisme parce que … heu, parce que bon les fêtes nocturnes à Paris ne doivent pas être racistes, je suppose. Ah oui, et aussi, en apparition rapide, le président de la Chambre syndicale des cabarets et discothèques, dont les activités auraient – dit-on – un lien avec le sujet.

WTF ?Si on peut comprendre l’utilité d’un médecin urgentiste dans ce patchwork rigolo, on reste interdit devant la présence à l’époque d’une psychosociologue spécialiste des mobilités nocturnes, d’un philosophe ou le représentant du commerce équitable de bons sentiments anti-racistes. On regrette d’ailleurs l’absence d’un plâtrier ou d’un sexeur de bigorneaux qui auraient sans aucun doute donné un authentique cachet de n’importe quoi musclé à ce panel déjà fort bien membré.

En définitive et comme souvent en France, cette montagne grandiloquente avait accouché d’une souris nanoscopique avec, tout de même, l’idée géniale de faire intervenir des brigades de mimes chargées de semer le silence, ainsi qu’une saine consternation chez ceux qui paient pour ces conneries. L’année qui suivit fut quand même l’occasion pour certains de savoir si ces mêmes mimes couinent lorsqu’on les cogne.

Moyennant quoi, nous voilà quatre ans plus tard, et, à la faveur du changement de tête à la municipalité, ce qui devait n’être qu’une amusante péripétie se mue progressivement en institution au nom ronflant : le Conseil parisien de la nuit vient de naître.

Bien sûr, ce Conseil ne pourrait pas survivre s’il n’était immédiatement emplâtré de formalisme qui prendra la forme de cinq collèges, qui représenteront les institutions (qui ont fait jusqu’à présent tant de bien à la Ville Lumière), les Conseils généraux (parce que, parce que bon, voilà, les Conseils généraux, quoi), les associations de riverains, d’étudiants, de médiation, lucratives sans but (les « usual suspects »), les organismes dédiés à la fête à Paris la grève à Paris des trucs et des machins en rapport (comme la RATP ou Bruitparif) et un petit paquet de personnes hétéroclites mais qualifiées (forcément qualifiées). Cette liste à la Prévert ne doit pas vous effaroucher. C’est, finalement, la même déclinaison, en version turbo, de ce qu’on trouvait dans les précédents États Généraux de novembre 2010.

Quant à la mairie, au milieu de tout ça, elle se contentera de servir d’intermédiaire pour permettre aux uns et aux autres de papoter entre eux (avec ou sans brigade de mimes pour transmettre les messages, la question n’est pas tranchée). Parce que, comprenez-vous, comme l’explique l’article du Figaro, (je cite) :

Le maire de Paris a mis en exergue le rôle de « médiateur », de « conciliateur » qu’elle entendait jouer, entre « ceux qui veulent faire la fête » et « ceux qui veulent dormir », et qui sont « d’ailleurs souvent les mêmes. »

Oui, vous avez bien lu : l’analyse du Bulotron 2000 en fonction dans le bureau du Maire de Paris est formelle : ceux qui font le bordel la nuit sont souvent ceux qui veulent dormir. Sapristi. Il serait temps d’en prendre conscience pour qu’enfin, leur condition psychiatrique soit reconnue et qu’on passe à autre chose à base de neuroleptiques puissants.

brigade bruno julliardUn malheur n’arrivant jamais seul et les abrutis volant souvent (par mesure de précaution, sans doute) en escadrille, Bruno Julliard est de la partie, puisqu’il souligne « la spécificité de la capitale, beaucoup plus petite et dense que Berlin ou Londres ».

S’il apparaît exact que la densité d’habitants est supérieure à Paris qu’à Londres ou Berlin (dans un rapport de 4 à 5, en fait), on comprend cependant très mal pourquoi ce qui ne posait pas de problèmes en 1970 ou en 1980 devient subitement problématique en 2014, d’autant que cette fumeuse densité utilisée par Julliard pour passer, encore une fois et avec brio, pour une andouille, n’a pas beaucoup varié depuis des décennies à Paris. Bref, le pauvret a mal calibré son Bulotron.

Mais rassurez-vous. Ces erreurs de paramétrages d’une machine complexe n’auront pas de conséquences graves : lorsqu’on voit l’agenda de ce Conseil, on sait que la partie est déjà gagnée, forcément, puisqu’il va devoir réfléchir à de nouveaux espaces pour les nuits à Paris, ce qui, une fois l’aspect fumigène gentiment évaporé, ne manquera certainement ni de charme ni d’imagination (et pour le côté spontané qui va généralement avec la notion de fête, on repassera, mais la paix sociale est à ce prix). Bien évidemment, tout ce délire festif ne pourrait être citoyen sans inclure les inévitables pilules de bonheur socialiste, sous la forme de Préventex 200, de Discriminafon 325, de Mobilys 500 et de Tagueulcémagique™ en suppositoires.

Concrètement, cela se traduira via une posologie au moins mensuelle par d’abondantes démarches pour :

haddock.jpgRien qu’à la lecture de ce programme, on se sent tout revigoré et l’idée s’impose que les brigades de mimes devraient peut-être intervenir lourdement au sein de l’équipe municipale. Une bataille de mimes contre des clowns serait même probablement très touristique.

En tout cas, pas de doute : après avoir englué les commerces dans des règles débiles, après avoir pourchassé les tenanciers de bars, de discothèques, de cercles de jeu, après avoir fait fuir les banlieusards automobilistes en transformant la circulation parisienne en enfer, les édiles se sont progressivement rendus compte que, peut-être, ils étaient en train de saboter ce qui donnait son charme à la Ville Lumière qui se rapproche chaque jour un peu plus d’une Ville Dortoir, d’un gros village mou, aux vieilles pierres pittoresques mais au rythme savamment cadencé, et si paisible qu’on peut y mourir sagement d’endormissement.

Dès lors, il est franchement amusant de constater l’ampleur du travail déployé par l’actuelle équipe municipale pour tenter de faire retrouver son lustre d’antan à une ville qui fut, jadis, considérée comme un des hauts lieux mondiaux de la fête et de la vie nocturne. Il faut en effet mettre ces tentatives et le lancement du Conseil de la Nuit en face des travaux dogmatiques lancés depuis plus d’une décennie à Paris par les mêmes équipes, efforts tous concentrés dans le même sens : faire fuir le pauvre, le petit peuple et les vilains automobilistes pollueurs de la capitale, afin de le remplacer par cette population bien plus socialo-compatible du bobo parisien, du cadre moyen supérieur à la mode, et des familles bio-compatibles qui n’hésiteront pas à pédaler du Vélib ou utiliser les superbes bus au gaz naturel ou à l’électricité pour se déplacer dans une capitale qu’ils souhaitent ardemment vitrifier quelque part à la fin du vingtième siècle (après désinfection populaire cela va de soi).

À l’aune de ce but sur lequel les élus sont toujours ouvertement engagés, on comprend donc que les petites attentions lancées en direction de la vie festive et nocturne parisienne ne sont que des petits airs de flutiau lancés pour calmer les esprits. La ville, tenue d’une main de fer dans un gant de spandex aux couleurs d’arc-en-ciel, continuera donc sa lente descente vers une muséification terminale.

Bonne nuit.

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Source : http://h16free.com/2014/12/12/35796-la-nuit-a-paris-les-brigades-de-mimes-reviennent-en-force