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Allocations chômage : Macron tripote le dogme

lundi 13 octobre 2014 à 09:00

Tout avait pourtant bien commencé avec la nomination d’un type comme Emmanuel Macron au ministère de l’Économie. Beaucoup, à l’évocation de son nom, se sont laissés pousser un petit soupir de soulagement, se laissant presque aller à espérer qu’enfin on avait nommé un type qui connaissait un peu le monde de la finance et de l’économie. La France n’était pas encore sauvée, mais le gouvernement Valls-2 semblait s’orienter dans la bonne direction.

D’ailleurs, même la presse étrangère a salué dignement l’arrivée d’un libéral de gauche au gouvernement (si tant est que ceci veuille dire quelque chose au pays où libéral ne s’entend que comme profession, et encore, lorsqu’elle est lourdement corsetée par l’État). Macron a ainsi été louangé tant Outre-Manche qu’Outre-Atlantique, ne serait-ce que parce qu’il est un ministre moins imbibé d’idéologie socialiste que les autres en général, ou que son prédécesseur en particulier.

Les espoirs étaient donc grands.

Malheureusement, la concrétisation s’est faite plutôt chaotique jusqu’à présent. On se rappelle par exemple quelques unes de ses remarques troublantes sur l’entreprise privée, qui introduisirent quelques doutes sur la clarté de sa pensée économique. Parallèlement, le brave Emmanuel dut, à peine arrivé en poste, se justifier de ses saillies sur les 35 heures, dogme coulé dans le bronze socialiste qu’il est maintenant impossible d’évoquer ; Harlem Désir, le factotum à ce moment en charge de la conciergerie du PS, n’avait pu s’empêcher de contredire fermement le ministre en rappelant qu’aucun projet, ni même d’ébauche de suggestion d’idée de projet au sujet des 35 heures n’était sur la table actuellement.

macron le social liberal

En quelques jours, on avait donc rapidement compris que le nouveau ministre aurait fort à faire. Ou bien il était réellement en poste pour faire quelque chose, et dans ce cas, la moindre de ses manœuvres serait passée sous la loupe du parti et de ses affidés pour valider la démarche. Ou bien (et plus probablement), le petit nouveau était là pour la galerie, rassurer Bruxelles et les investisseurs étrangers sur la vraie envie de réforme ferme et bien volontaire qui s’emparerait de la France dans plus tard promis juré ne vous inquiétez pas en avant mais tout doucement. Autrement dit, ou bien sa liberté d’action allait être extrêmement réduite, ou bien il n’était là que comme faire-valoir, à mi-chemin entre le fusible pratique et le rappel qu’un jour, le gouvernement de Hollande allait prendre de vraies décisions couillues, mais pas maintenant, y’a poney.

Et malheureusement, les confirmations n’ont pas manqué d’arriver. Dernièrement, on aura eu droit à son étrange critique des entreprises qui augmentent les salaires (par opposition à celles qui investissent et embauchent). C’est mignon, mais ça montre le manque assez dramatique d’analyse de la situation économie et administrative française qui explique qu’il est bien plus simple et moins dangereux d’augmenter les salaires que d’embaucher au pays où le moindre ajustement par la masse salariale se traduit généralement par un procès aux prud’hommes, des cris et des grincements de dents syndicaux, une mauvaise publicité médiatique et des frais salés un peu partout, à commencer par les créditeurs étatiques, jamais en reste pour se nourrir sur la bête.

Autrement dit, si Macron est libéral, le bougre cache si bien son jeu qu’on se dit que, finalement, il n’est peut-être pas libéral pour un kopeck. La séquence actuelle, toute en finesse, le démontre assez bien.

Dans un mécanisme maintenant rodé, un ministre annonce à la presse un truc vaguement choquant pour elle. Celle-ci, faisant mine de s’ébaubir et pour certains, sans même faire mine, relaie abondamment la nouvelle. Des gens discutent, des députés s’entretiennent, des tribuns s’époumonent. Un ou deux sondages sont lancés, dans le meilleur des cas par un institut, dans le pire avec un gros micro mou propulsé sous le pif de passants anonymes en bas des rédactions. L’opinion se cristallise rapidement, et, troisième temps de la manœuvre, un autre ministre peut alors annoncer, en fonction du tâtouillement de terrain ainsi réalisé à peu de frais, si la mesure est annulée purement et simplement (parce que bon, faut pas déconner tout de même), ou si elle est confirmée mais pas trop, amendée comme il faut pour des raisons de — biffer les mentions inutiles — justice sociale, protection des plus faibles, adaptation aux diktats bruxellois ou que sais-je encore.

Et cette fois-ci, la séquence s’applique donc sur l’indemnisation des chômeurs. Fastoche, on va laisser parler le premier ministre, pour ouvrir le bal (et encore, notez bien que c’est de façon timide) : ah bah ma brave dame, peut-être qu’il faudrait une indemnisation dégressive, éventuellement, et peut-être aussi qu’il faudrait vérifier que l’aspersion de pognon se fait au bon endroit, éviter la fraude, tout ça, ahem. Mais doucement, hein, socialisme oblige.

Inutile de revenir sur le petit vent de panique qui aura suivi cette annonce. Entre les uns qui fustigent immédiatement l’idée d’un renforcement des contrôles, les autres qui se demandent ouvertement si le moment est bien choisi pour ouvrir un débat ou — pire ! — une réforme sur un tel sujet, et d’autres qui dénoncent carrément une « provocation » (bisous, la CGT), on aura rapidement compris que le premier ministre venait d’ouvrir une espèce de boîte de Pandore abominable avec toute la panoplie de démons, de bébés congelés et de capitalistes assoiffés de sang de chômeuses vierges.

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Et voici à présent la dernière étape de la séquence, avec l’entrée en lice de notre brave Macron qui, respectant son rôle de cible facile, en remet une couche avec la délicatesse d’un hippopotame sautant d’un nénuphar à l’autre. Pour lui, pas de doute, il ne doit y avoir « aucun tabou » et partant de là, remettre à plat le système d’indemnisation du chômage en France est possible. D’ailleurs, ça tombe bien, c’est le bon moment de le faire, comme il l’explique dans un entretien accordé au JDD : « l’Europe a besoin d’un New Deal », et comme la France s’engage à « intensifier ses réformes », on y va, go go go, c’est parti mon kiki et allumez les boosters.

Intensifier ses réformes. Oui. Il a dit ça.

cat facepalm

On peine franchement à voir dans le mariage homosexuel une réforme d’importance capitale pour l’économie française… Or, c’est pour l’instant le seul truc vraiment saillant voté jusqu’à présent. Quant aux autres bricolages imbuvables et illisibles introduits un peu partout par paquets de douze sous forme de lois interminables et inapplicables (voire inappliquées ou même pas encore écrites), en parler comme de « réformes » revient à faire une abominable typo pour « méforme » (celle qui caractérise la France depuis les 30 dernières années au moins).

Du reste, le New Deal dont Macron veut accoucher se présente par le siège, et tout indique qu’il est, en plus, fort mal formé : avec les contestations de plus en plus vives du PS, du PRG, et celles du président lui-même, tout cela sent une fin de non-recevoir bruyante et désorganisée, tellement bruyante que certains leaders socialistes, sentant que le parti allait encore se déchirer intérieurement, se sont obligés à atténuer les attaques subies par le ministre de l’Économie : entre la « phrase mal ajustée » d’un Claude Bartolone pourtant habitué de l’ajustement approximatif des siennes, ou la « petite maladresse de vocabulaire » de Ségolène Royal, pourtant bravitude incarnée, on voit bien qu’il sera difficile (pour ne pas dire impossible) à Macron d’envisager la moindre réforme un peu significative. À ce rythme, on en vient même à se demander s’il conservera son poste suffisamment longtemps pour ouvrir ses droits aux allocations.

Non seulement le libéralisme, même en fine couche pulvérisée en surface, sans traitement de fond, ne veut pas prendre en France, mais tout montre que le vent des réformes, lourdes, profondes et structurelles et indispensables pour sauver le pays, ne souffle toujours pas dans les esprits de nos dirigeants. Persuadés qu’ils le sont qu’on peut encore sauver le « modèle social français » en l’ajustant à la marge, ils se cantonnent fermement à n’envisager que des micro-ajustements timides qui ne modifient en rien la trajectoire fatale de notre économie. À ce titre, Macron montre ici qu’il n’est guère plus qu’un faire-valoir et qu’il devra attendre sagement que l’État soit en ruine pour avoir enfin les coudées un peu franches.

Perspective réjouissante, n’est-ce pas ?

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Source : http://h16free.com/2014/10/13/34222-allocations-chomage-macron-tripote-le-dogme


Transitons énergétiquement vers le n’importe quoi

dimanche 12 octobre 2014 à 11:00

Ça y est, la loi de Transition énergétique est votée. Il était temps, tout le peuple de France attendait ça avec impatience et l’aspect purement idéologique ayant été écarté au profit d’un pragmatisme à toute épreuve, nous étions assurés d’obtenir des mesures ciblées, concrètes, applicables et frappées au coin du bon sens. En plus, c’est une loi avec de vrais morceaux d’écologie bio dedans.

segolene crieIl faut dire que, rédigée de longue haleine par une Ségolène Royal en pleine forme, la loi ne pouvait parvenir qu’à une harmonie parfaite de mesures finement étudiées et de grands projets innovants, réformateurs et vigoureux permettant de propulser joyeusement la France vers de nouveaux sommets de béatitude écologique. En substance, cela se traduit à la fois par une panoplie complète de petites lois bien subtiles et un couple de grands principes dont les tenants et aboutissants seront ressentis pour la dizaine d’années à venir, au moins.

Du côté de ces grands principes, on retrouve bien sûr la lutte contre les gaz à effets de serre. Eh oui : même si, après 18 années sans réchauffement, ces gaz ne sont à l’évidence pas la cause d’un changement climatique quelconque, le gouvernement français a décidé de lutter à grands frais contre cette non-cause, et ceci pour éviter les non-conséquences. En effet, malgré tous les efforts de la presse et de certains scientifiques aux douteuses motivations, le réchauffement tant redouté a lentement fait place à une série d’interrogations vaguement teintée de la crainte d’un refroidissement, montrant ainsi qu’au final, personne ne sait rien du tout et qu’il est donc urgent d’agir.

Finalement, pas de réchauffement

Cette action se traduira donc, dans la loi, par une division par quatre d’ici à 2050 des rejets français de dioxyde de carbone. Pourquoi 2050 et pas 2100 ou 2025, on n’en saura rien. On imagine que c’est un compromis entre une date suffisamment éloignée pour que ceux qui ont voté ces absurdités soient tous morts, et assez proche pour signifier encore quelque chose pour les électeurs-contribuables. Pourquoi par 4 et pas par 2 ou 8, on n’en saura rien non plus. Probablement parce que diviser en quatre, c’est diviser en deux, deux fois, et que, comme pour les tartes, tout le monde sait faire. Allez savoir…

À ce sain principe basé sur du vent (sans CO2), réclamant des arrangements arbitraires sur la réalité, on ajoutera bien sûr la réduction à 50% de la part d’énergie nucléaire dans le mix énergétique français, d’ici à 2025, et ce, même si le nucléaire ne produit pas de dioxyde de carbone. Comme il faut réduire l’utilisation des énergies qui en produisent, et qu’il faut réduire l’utilisation de celles qui n’en produisent pas, on en vient à la conclusion que nos élus veulent essentiellement diminuer la consommation d’énergie française, point.

C’est parfaitement rassurant.

Comme le développement d’une nation et le bien-être de sa population (accès aux soins, à l’éducation, aux technologies, son niveau de vie, etc…) sont directement corrélés à leur consommation énergétique, la volonté affichée de réduire l’utilisation des énergies en France n’indique qu’une chose : les députés, écologistes en premier, n’attendent qu’une chose de l’avenir, et c’est le renfermement, le ralentissement, la diminution de l’activité française, du niveau de vie des Français et la paupérisation de leur avenir. En tout cas, pas de doute, après l’écologie punitive à base d’écotaxe, Royal et la clique EELV ont su rendre vraiment glamour la lutte contre la pollution.

À ce combat contre des dragons de papier par des moulins à vent et une vision pour le moins pessimiste et étriquée de l’avenir, il faut heureusement ajouter un train de mesures dont la liste, à la Prévert, forme un excellent étalon du N’importe Quoi Institutionnalisé.

omg wtf catBien sûr, la loi consacre maintenant la fameuse lutte contre l’obsolescence programmée. Je l’ai déjà évoquée dans ces colonnes, le ridicule de l’opération méritant largement un billet à lui tout seule. Là encore, de la même façon qu’il s’est trouvé suffisamment de gogos pour vouloir lutter contre un réchauffement qui n’existe pas, qu’on ne comprend pas, qu’on n’arrive pas à modéliser et qu’on attribue aux mauvaises causes sans pouvoir en mesurer les conséquences, l’obsolescence programmée, fantasme pratique d’écologistes ignares en économie, fait maintenant irruption dans le débat parlementaire parce qu’il fallait absolument graver dans la loi que saboter ses produits commerciaux, c’est mal.

L’introduction d’un chèque énergie constitue ensuite une magnifique démonstration du socialisme en marche guillerette vers la falaise abrupte de la réalité au bord de laquelle on sent qu’il aura bien du mal à s’arrêter. En substance, l’idée est donc de prendre de l’argent à tout le monde, y compris les plus pauvres, via des taxes toujours plus élevées sur l’énergie, pour ensuite redistribuer sous forme de chèque avec une répartition à peine différente l’argent ainsi récolté. Le coût de la collecte et de la répartition est assuré, bien sûr, par le contribuable, source apparemment inépuisable d’argent et de rigolade pour ceux qui ponctionnent. Notez que l’idée même de baisser les taxes et laisser faire le marché n’est pas venue sur la table. On est en France, hein.

Plus iconoclaste, notons l’introduction de la possibilité pour les employeurs de verser une indemnité kilométrique à leurs salariés se rendant à vélo, ou à vélo électrique, sur leur lieu de travail. Ne vous inquiétez pas : on lutte contre le CO2, mais pas contre les usines à gaz puisque le montant de cette « indemnité kilométrique vélo » sera bien sûr fixé par décret, et elle sera exonérée de cotisations sociales, moyennant quelques cerfas et autres formulaires amusants à remplir. J’attends le jour où une « indemnité kilométrique chaussure ou trottinette » sera envisagée, et le tableau sera complet. Pas de doute, c’est la France, c’est youpi.

Royal : la champagnitude attitude

Le pompon est cependant décroché sans la moindre peine ni sueur sous les bras par le vote, après des heures de débats, de deux dispositions que le monde, on s’en doute, nous enviera. D’une part, l’interdiction d’ici à 2016 des sacs plastiques à usage unique va introduire un vrai vent de changement dans le pays qui en avait besoin. Et d’autre part, grâce à une ferme prohibition de la vaisselle jetable d’ici 2020, les paysages français seront enfin débarrassés des milliards de couteaux, de cuillères et de fourchettes en plastique qui jonchaient nos prairies et que broutaient maladroitement des vaches amaigries par le faible apport calorique que ces couverts de pacotille pétrolière leur procuraient.

le changement c'est sans sacs plastiques

Rassurez-vous : l’interdiction de ces plastiques particuliers s’accompagne, pour la Royal Air Farce, du souhait (pas du tout soufflé par des lobbies du cru, Limagrain, Sphère, Roquette ou Vegeplast en tête) de relancer la filière papier et encourager les entreprises françaises fabriquant des sacs à base d’amidon de maïs ou de pomme de terre. Tout ceci est pratique, mais coïncident et c’est tout.

Finalement, la Transition Énergétique de Ségolène, c’est assez simple et cela se résume à un mot : interdiction. Interdiction d’utiliser du plastique pour manger, interdiction d’utiliser du plastique pour emballer ses fruits et ses légumes, interdiction d’utiliser trop d’énergie, interdiction de rejeter du CO2, interdiction, interdiction, interdiction, parce que la France est un pays de liberté, que trop de liberté tue la liberté, et qu’il faut absolument réguler tout ce qui ne l’est pas encore, et que toutes ces interdictions étaient réclamées bruyamment par le peuple (dont les autres problèmes – chômage, niveau de vie en baisse, éducation parcellaire, etc… – sont parfaitement traités par ailleurs).

Accessoirement, on pourra tout de même assortir tout ça d’une bonne taxation, taxation, taxation, et l’affaire est dans le sac. En papier, bien sûr.

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Source : http://h16free.com/2014/10/12/34196-transitons-energetiquement-vers-le-nimporte-quoi


L’Etat en guerre contre les entreprises

vendredi 10 octobre 2014 à 09:00

Beaucoup se sont moqués du cas Thévenoud, ce député socialiste qui, toute honte bue et le doigt encore en l’air de ses admonestations à bien payer « l’impôt-citoyen » comme il faut, révélait au grand jour qu’il ne payait pas les siens. C’est dommage parce que ce faisant, la foule n’a pas compris l’appel que lançait aux médias le député désespéré, expliquant à ceux qui voulaient l’entendre être atteint de phobie administrative, cette peur panique d’avoir à gérer les cerfas et autres formulaires arides d’une administration française pléthorique et envahissante.

Or, il faut bien l’admettre : cette peur existe. Cette phobie n’est pas une illusion ni même l’échappatoire facile d’un énième socialiste à la moralité pliable, autant en délicatesse avec l’argent quand il s’agit du sien qu’il est détendu de la dépense quand il s’agit de celui des autres. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette aversion poussée des petits papiers administratifs n’est pas réservée à l’élite de la nation qui, naviguant joyeusement d’un poste au chaud à un autre, protégé des intempéries de la vie réelle, ne se rend rapidement plus compte des tempêtes qui sévissent plus bas. Non, en réalité, cette exécration quasi-réflexive de la paperasserie étatique est très répandue.

phobie administrative

Évidemment, la différence fondamentale entre nos élites auto-proclamées et le reste du peuple est bien sûr que ce dernier, aussi phobique soit-il vis-à-vis des nombreuses relances que l’administration lui envoie, doit quoi qu’il arrive surmonter son problème et remplir, un à un, les formulaires qui lui sont envoyés. Et dans ce peuple existe une catégorie bien particulière d’individus qui, par leur fonction, a — presque délibérément — choisi de recevoir une quantité plus que double de ces papelards remplis du jargon bureaucratique, fiscal ou administratif qui fait dresser tous les poils d’un honnête homme. Il s’agit bien sûr des entrepreneurs.

Et c’est donc sans surprise qu’un récent sondage auprès d’eux a permis d’établir qu’une proportion croissante de leur temps de travail passe dans la gestion de cette complexité administrative affolante, symbolisée par la myriade de petits cerfas colorés avec lesquels certains services de l’État comptent manifestement les ensevelir.

wtf filocheApparemment, ça marche : un patron de PME sur trois n’a pas pu consacrer suffisamment de temps au développement de son entreprise et a été obligé de se consacrer à remplir des tâches administratives palpitantes comme les activités juridiques, la gestion des ressources humaines et des contraintes liées au droit du travail, pour au final constater que leurs activités directement tournées vers le développement de leur entreprise, de leur clientèle, des investissements productifs ou des partenariats avec leurs fournisseurs ou encore le marketing n’occupaient en tout que 40% de leur agenda.

Chose intéressante, l’enquête menée par IPSOS montre de surcroît que la tendance est à l’aggravation du problème administratif avec une complexification croissante des démarches à entreprendre et, parallèlement, une diminution du temps passé aux tâches directement bénéfiques à la vie de l’entreprise. Autrement dit, les patrons sont devenus les courroies de transmission de l’administration étatique, à leur corps défendant, et au plus grand bénéfice de l’État.

On pourrait croire ceci exagéré. Il n’en est rien. Par exemple, une nouvelle circulaire de l’Éducation Nationale, condensé parfait de ce que l’administration fait de plus ubuesque et mammouthesque possible, entend prochainement imposer aux élèves de bacs professionnels ainsi qu’aux lycées et centres de formation (et via l’Inspection du Travail, jamais en reste pour saboter le pays) de nouvelles formalités administratives ubuesques dès lors qu’ils doivent se poster sur une machine dans un stage en entreprise. Inutile de dire que les PME qui devront se contorsionner pour obtenir ces stagiaires réfléchiront à deux fois, la complexité induite n’étant plus du tout négligeable. Pour Jean-Michel Pottier, de la CGPME, cela se traduira inévitablement par de grosses difficultés pour les prochains stagiaires :

« Les entreprises vivent mal le fait de solliciter des autorisations administratives auprès de l’inspection du travail qui, du coup, déclenche un contrôle inopiné. Vu la complexité du code du travail, l’entreprise est sûre de se faire coller à tous les coups. Les entreprises n’ont pas envie de se créer des problèmes supplémentaires, et ce sont les jeunes qui vont en pâtir. »

well done old chapEn somme, des entreprises, jouant le jeu, vont se retrouver contrôlées par une Inspection du Travail parfaitement compréhensive, qui redressera tous azimuts (parce qu’elle ne sait faire que ça) ce qui entraînera mécaniquement un certain nombre de faillites. Jusque là, c’est la routine. Mais ailleurs, d’autres entreprises, malines, ne joueront pas le jeu et se garderont bien de prendre des stagiaires. Échapperont-elles aux Torquemadas du Travail ? Peu importe, des lycéens se retrouveront sans stage. Par la suite, ils ne seront donc pas formés et viendront grossir le rang des chômeurs qu’apparemment, ces décrets, directives et autres administrations s’emploient à produire à un rythme toujours plus soutenu.

On pourrait croire cette production malencontreuse. On pourrait imaginer que cette complexification est le fruit malheureux d’un concours de circonstance. Là encore, ce n’est pas le cas. C’est bel et bien l’effet recherché.

Encore une fois, on va croire que j’exagère. Bon, j’admets que c’est parfois le genre de la maison, mais cette fois encore, ce n’est pas le cas. Si la complexification administrative n’arrête pas d’augmenter, c’est parce que cela profite directement … à l’État, justement. Chacun des rouages de son administration sent, parfois clairement, parfois confusément, que ces conneries empilées les unes sur les autres ne sont qu’une longue succession d’idioties inutiles jetées en travers de la route du contribuable, du citoyen, du justiciable, du chômeur, de l’employeur ou de l’étudiant. Mais pourtant, tous ceux qui sont directement aux commandes et qui font mine de s’employer à diminuer, justement, cette charge, sont en réalité les premiers bénéficiaires de cet alourdissement inouï.

vite simplifions l'administration

Parce qu’en réalité, à mesure que la machine étatique se fait plus complexe, ses lois plus illisibles et ses modes de fonctionnement plus opaques, l’arbitraire de chaque fonctionnaire, de chaque administration, de chaque guichetier ou de chaque chef de service jusqu’au directeur d’agence peut s’exprimer pleinement, garanti qu’il est que personne ne pourra exhiber le texte, la loi, le décret, la circulaire le prenant en défaut et lui imposant un travail ou une démarche qu’il n’a pas envie de faire.

Et cela va au-delà de cet arbitraire puisque l’État se sert directement de cette complexité incompréhensible pour se comporter comme le pire des employeurs, le pire des fournisseurs, le pire des clients, le pire des débiteurs, le pire des créanciers, à tel point qu’un livre, recensant quelques unes de ses exactions dans le domaine, vient de sortir. Les auteurs n’y vont pas par quatre chemins et déclarent ainsi, au sujet de ces dérives maintenant complètes et irréversibles :

« Le système tourne en rond, l’endogamie de la haute fonction publique fait des ravages, et la tradition d’hyper contrôle de l’État omnipotent a vécu. L’intérêt général est comme perdu au milieu d’une somme d’intérêts particuliers qui pousse chaque décideur public à biaiser avec les règles et – n’ayons pas peur du mot – la morale. »

petit thevenoud gaucheIl faut se rendre à l’évidence : Thévenoud n’est pas le problème. Il n’est que le symptôme de la maladie qui a maintenant dépassé le stade de la métastase. Tous les corps administratifs en sont atteints. La pratique détendue du n’importe quoi arbitraire est si répandue que les élus ont fini par croire à sa parfaite normalité. Et lentement, mais sûrement, l’administration est partie en guerre contre les administrés, contre les contribuables, contre les citoyens, et contre les entreprises.

Et cette guerre-là, elle est en passe de la gagner.

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Source : http://h16free.com/2014/10/10/34127-letat-en-guerre-contre-les-entreprises


Ecotaxe et consentement à l’impôt

jeudi 9 octobre 2014 à 09:00

L’Écotaxe n’en finit pas de renaître. Il y a quelques jours, le conseil municipal de Paris s’entourait de mille et une précautions pour ne pas éveiller le moindre soupçon qu’une nouvelle dégelée de ponctions allait s’abattre sur le contribuable parisien et avouait, à mots choisis, que cette taxe, destinée à frapper (d’abord) les transports routiers de marchandises, serait de toute façon mise en place au début de l’année 2015, qu’on le veuille ou non, circulez, y’a rien à voir et tout à taxer.

Et effectivement, comme prévu, la lente progression administrative vers le flicage automatisé de toutes les routes de France continue, camouflé en droit de passage des méchants camions étrangers qui viennent jusque dans nos bras abîmer nos routes de campagne, aux armes citoyens et tout le tralala. Et quoi de mieux pour camoufler le camouflage qu’envelopper tout ça dans l’épais papier coloré d’un écologisme de bon aloi ?

ecomouv

C’est exactement ce à quoi s’emploie Ségolène Royal avec sa Ségotaxe. Las. Cette nouvelle ponction ne passe vraiment pas. Malgré toute la bonne volonté dont pourrait faire preuve le ministre de l’Écologie et des Punitions Environnementales pour mettre en place une ponction supplémentaire sans déclencher de cris, le contribuable ponctionné commence à émettre des grognements de plus en plus audibles : l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) réclame ainsi l’abandon pur et simple du projet de péage de transit poids-lourds (cette fameuse écotaxe qui ne ferait pas de mal à une mouche, n’aboutira jamais à un contrôle routier supplémentaire et ne sera promis juré craché jamais adaptée pour les véhicules particuliers). Et histoire de bien faire comprendre que les routiers, jadis sympas, en ont assez de se faire rouler dessus, ils ont déposé un ultimatum et laissé au gouvernement jusqu’au 15 octobre pour revenir sur la nouvelle taxe.

Immédiatement, notre ministre, sentant sans doute que l’affaire prenait une tournure délicate, a rapidement tenté de calmer le jeu, avec une déclaration des plus limpides, sans aucun doute apte à apaiser les plus vindicatifs :

« Il faut se calmer un petit peu parce que les circuits qui relèvent de ce péage de transit ont été considérablement réduits. »

ségolène wtfLes circuits ont été considérablement réduits. Les klaxibules ont été renforcés. Les rotabidons seront parallélisés. Tout va bien.

Autrement dit, vous serez toujours ponctionné, mais sur une distance plus courte. Et tout ça sans renoncer ni au principe, ni au calendrier. Voilà qui doit mettre en joie, non ? Ce n’est pas clair, et c’est sans doute dû à la confusion dans laquelle s’ébroue péniblement Ségolène Royal. En effet, l’Écotaxe l’embarrasse de plus en plus, qui est contrainte à gérer un dossier qu’elle ne maîtrise pas, et dont elle a hérité tant de la précédente majorité (qui l’a initiée) que du gouvernement Ayrault qui lui trouvait suffisamment d’avantages pour la laisser en place (ou trop d’inconvénients à l’abandonner, au choix). Et paradoxalement, elle ne peut revenir en arrière sans dénoncer le principe même de pollueur-payeur dans lequel son action politique s’inscrit, sauf à devoir jongler avec un comportement schizophrénique trouvant nul l’installation de portiques dans le paysage français, mais louant tout de même l’idée d’aller tabasser de taxes les camions en transit.

Cette confusion promet, au moins pendant quelques jours, de laisser perplexes les différents acteurs de ce drame fiscal qui se met gentiment en place. Passé ce délai, on risque en revanche de voir les uns et les autres s’agiter.

Pour les taxés, il apparaît de plus en plus clair que les choses ne se passeront pas toutes seules. Il faudra attendre le 17 octobre pour voir si l’ultimatum est suivi d’effet, d’autant qu’on peut parier sans risque que le gouvernement ne va pas lâcher du lest tout de suite. Mais si, d’aventure, nos amis camionneurs se décident à bloquer les routes, la situation pourrait bien échapper rapidement à tout contrôle. En effet, à l’instar des agriculteurs, les camionneurs font partie de ces populations qui ont largement démontré ces dernières décennies leur capacité à se mobiliser et faire connaître leurs griefs de façon musclée. Or, la même Écotaxe a réussi, à la fin de l’année dernière, à mobiliser de façon durable les Bonnets Rouges bretons, excédés de voir pousser ces étranges portiques, et qui détruisirent proprement ce que l’envahisseur bobo-parisien écolo-compatible tentait de faire passer pour une mesure idoine afin de réduire la pollution.

Au passage, ce genre de mécontentement populaire et démonstratif est assez mal géré par la gauche qui, d’habitude, est plutôt du côté de ceux qui manifestent. La presse avait d’ailleurs fait un fier travail de diabolisation des révoltés fiscaux sans parvenir à convaincre qu’ils n’étaient qu’un ramassis de patrons et de bourgeois tentant une jacquerie mal à propos. Le bilan, on s’en souvient, avait été une reculade du gouvernement, montrant bien que la question était bien plus épineuse qu’il n’y paraissait au premier regard.

sapin et le consentement à l'impôt

En réalité, Ségolène Royal traîne son Écotaxe comme un boulet encombrant et doit avoir perçu que la moindre fausse manœuvre risquait d’entamer franchement ce consentement à l’impôt qui semble de plus en plus fragile dans le pays : depuis la rentrée de septembre, la nervosité grandit autour des bâtiments publics dédiés à la tonte fiscale, et on compte déjà quatre incendies de ces locaux pompeusement rebaptisés « Centre des impôts ».

Cette nervosité, visible chez les imposés, commence à se voir aussi chez le personnel imposant, au point que la presse s’en fasse le timide relais.

Oh, bien sûr, il serait plus que prématuré de s’imaginer voir plus, ici, qu’une petite série d’agacements locaux, et il reste encore assez peu probable que tout ceci s’aggrave, tant les ventres sont pleins et les têtes occupées avec les calembredaines télévisuelles et gouvernementales. Mais il n’y a pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour comprendre ce que pourrait entraîner un mouvement de camionneurs excédés, bloquant de grands axes routiers, pendant plusieurs jours, et réclamant bruyamment l’abandon d’une taxe : la multiplication des revendications sectorielles, des expressions plus ou moins vives de ras-le-bol fiscal, et, pourquoi pas, la cristallisation de l’un ou l’autre mouvement de refus de payer un impôt devenu trop lourd et dont on peine franchement à voir où il passe.

portique multitaxe Bercy

Et du point de vue gouvernemental, s’il y a bien quelque chose qu’il ne faudrait surtout pas attraper maintenant, c’est une fiscalite aigüe, cette maladie grave d’un pays en faillite dont le peuple décide, du jour au lendemain, qu’il va chercher son bonheur ailleurs que dans une feuille d’impôt, aussi écoconsciente, citoyenne et festive soit-elle. Ce genre de maladies serait problématique à plus d’un titre : d’une part, cela accroîtrait les difficultés de bouclage d’un budget devenu un véritable casse-tête (bisous Sapin, hat tip Moscovici). D’autre part, cela montrerait au monde entier que la capacité de l’État français à recouvrer l’impôt, ce qui lui permet actuellement de rembourser sa dette, serait brutalement amoindrie. S’en suivrait probablement une longue spirale de gros soucis baveux, depuis la hausse des taux jusqu’à la fuite des investisseurs, en passant par les gros yeux de la Commission Européenne et de nos partenaires de l’Union.

Autrement dit, si jamais les petites tensions observées devaient cristalliser, avec ou sans l’aide de camionneurs, vous pouvez parier que la nervosité du gouvernement tournerait rapidement à la panique, bien mauvaise conseillère. Fiscalement, les prochains mois promettent d’être … intéressants.

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Source : http://h16free.com/2014/10/09/34102-ecotaxe-et-consentement-a-limpot


La France malade de son syndicalisme

mercredi 8 octobre 2014 à 09:00

La rentrée devait être chaude, elle l’a été au-delà de toutes les craintes de nos gouvernants. Et alors que les tensions continuent de monter dans la société française, difficile de passer sous silence le rôle prépondérant des syndicats dans cet accroissement des raideurs sociales, surtout après leur démonstration de force récente dans le conflit à Air France par exemple.

Après quatorze jours de grève chez la compagnie aérienne, le constat est sans appel : le développement de Transavia, la compagnie low-cost qu’entendait étendre Air France, est franchement remis en question. De ce point de vue, on peut assez facilement qualifier de réussite pour les syndicats l’abandon de toute velléité par la direction de créer une filiale organisée différemment de la maison mère et régie par des conventions et des contrats plus souples et plus à même de concurrencer les autres compagnies du secteur. Youpi. Malheureusement, tout le monde, depuis les pilotes jusqu’à la direction en passant, bien évidemment, par les clients eux-mêmes, s’est bien rendu compte qu’il s’agissait d’une victoire à la Pyrrhus : Air France va payer lourdement ces jours de grève et son avenir est sérieusement remis en cause.

À tel point que même les syndicalistes, sentant le vent de la consternation puis de la colère gronder chez à peu près tous ceux qui sont concernés par la compagnie française, ont envoyé leur représentant pleurnicher des explications à la presse. En substance, la direction aurait acculé les gentils pilotes syndiqués à l’arme ultime de la grève, à leur corps défendant, et n’aurait cédé sur rien, obligeant les malheureux salariés à repartir bredouilles, au travail, avant qu’il ne soit trop tard pour leur compagnie.

Discours touchant qui a un peu de mal à passer alors que les conditions d’emploi dans les autres compagnies ne sont que difficilement qualifiables d’esclavagisme, et que celles d’Air France, compagnie connue pour être trop généreuse, donnent à toutes ces revendications un entêtant parfum de foutage de gueule. En outre, on peut parier que la démonstration atterrante du manque de courage de la direction, qui a finalement à peu près tout cédé (et négocie maintenant le paiement des jours de grève), tient beaucoup aux pressions quasi-certaines qu’elle a subies de la part des politiciens, trop heureux de rappeler que l’État est, après tout, actionnaire de l’entreprise.

Chose intéressante : ce conflit social fut d’autant plus médiatisé qu’il touchait une entreprise emblématique de la « marque France », et aura certainement eu un impact (négatif) sur le tourisme et l’image du pays à l’étranger. Or, tant que ce genre de péripéties est rare, on imagine sans mal pouvoir encaisser la déconvenue. Malheureusement, cela tend à se répéter trop souvent, et à se savoir en dehors de nos frontières.

Par exemple, le récent « débrayage syndical » décrété au débotté par des agents SNCF de la fine équipe des syndicats CGT, Sud-Rail et UNSA, entraînant plusieurs lignes de Gare du Nord et Gare Saint Lazare à Paris dans le chaos habituel des jours de grève, a plongé dans la perplexité puis l’indignation un paquet de voyageurs puis — chose plus rare — de journalistes, consternés de découvrir le motif de la grève : soutenir deux agents qui passaient cet après-midi-là en conseil de discipline pour avoir bu du punch un dimanche soir de février 2013 à leur poste de travail, un poste d’aiguillage très sensible du réseau Paris-Ouest et que nos fiers agents alcoolisés avaient quitté pour se rincer le gosier, oubliant dans la manœuvre de « clignoter » un train qui entrait sur un quai occupé. Décontraction, punch pimenté et trains qui roulent font rarement bon ménage, sauf, apparemment, à la SNCF, qui se remet très bien des accidents ferroviaires qui émaillent régulièrement son histoire.

Bactéries de Syndicalus Profitans

Et lorsqu’on voit que même la presse étrangère s’était fait l’écho de ce fait divers plus que navrant, difficile d’imaginer ensuite que ces journées « d’action » syndicales pourront être mises au crédit du système social français, ou même du pays dans son ensemble tant ce genre de publicité ne peut que lui être néfaste.

On comprend d’autant mieux l’ampleur du problème lorsqu’on redécouvre que le syndicalisme mène à tout, notamment à la magouille, le détournement de fonds, les emplois fictifs et tout ce qui constitue, finalement, la panoplie habituelle du mafieux trempant dans la politique. Et si j’écris « redécouvre », c’est simplement pour rappeler que cet épisode ne fait que s’ajouter aux 400 précédents qui pointent tous dans la même direction, celle d’une corruption même de l’idée de syndicalisme en France.

Comment ne pas voir que cette affaire, dans laquelle une douzaine de personnes (huit physiques et quatre morales) ont été condamnées pour des détournements de fonds, d’abus de confiance, de complicité ou de recel, n’est que la partie émergée d’un iceberg monstrueux de collusions, de corruption et d’affaires mafieuses dans toute l’acception du concept ? Comment ne pas noter le silence feutré qui aura accompagné ces condamnations pourtant graves de la CGT (en tant que personne morale) ou de l’épave journalistique L’Humanité ? Comment ne pas voir la clémence ahurissante de cette justice lorsqu’il s’est agi de rendre un verdict (sérieusement, de 2 à 18 mois de prison, toujours avec sursis, pour des faits de cette nature, c’est particulièrement clément) ?

Pourquoi la presse a-t-elle été aussi discrète dans cette affaire sur la condamnation à 10 mois de prison avec sursis de la sénatrice PCF Brigitte Gonthier-Maurin, reconnue coupable d’avoir occupé un emploi fictif au sein de la Caisse centrale des activités sociales d’EDF (son Comité d’Entreprise) ? Encore une fois, ce nouvel avatar d’un repris de justice dans les rangs des élus du peuple corrobore la thèse maintenant solide d’une représentation nationale pleine de tricheurs, de menteurs et de sociopathes, et elle ajoute plus qu’il n’en faut de l’eau au moulin de la collusion entre ces criminels élus et ceux des syndicats.

syndicate = mafia

Tout ceci n’a malheureusement rien de nouveau. La France est malade de son syndicalisme depuis longtemps, et la multiplication des exemples, parfois relatés dans ces colonnes ou ailleurs, montre l’état d’avancement de la gangrène qui ronge le pays, au point que même les rapports parlementaires soient purement et simplement étouffés.

Et lorsqu’on apprend que, suite à une décision de la Cour Européenne de Justice, la France va devoir organiser la possibilité d’un syndicalisme au sein des armées, une inquiétude pointe rapidement à l’horizon : alors que les budgets de la Grande Muette sont en constante diminution au point que nos opérations extérieures tiennent de plus en plus de l’aventure bricolée, pourra-t-on empêcher que le syndicalisme ainsi introduit soit teinté des mêmes corruptions que celui qui sévit, finalement, partout ailleurs dans le pays, et notamment dans les administrations et les grosses entreprises anciennement nationalisées ?

La France est malade de son syndicalisme dont l’unique but est d’obtenir puis conserver des avantages de plus en plus exorbitants pour ses adhérents les plus influents (la base n’ayant généralement pas son mot à dire au-delà du moment où la cotisation doit être renouvelée). C’est ce syndicalisme qui a, très largement, corseté les relations entre les salariés et les employeurs au point de rendre le code du travail illisible. C’est aussi ce syndicalisme qui a muselé les médias, écrasé toute protestation ou tout renouvellement sérieux dans l’offre politique du pays. C’est aussi ce syndicalisme qui a donné les clefs de la contestation, du blocage et de la paralysie à tous les corporatismes du pays. C’est enfin ce syndicalisme qui a construit la forteresse de la Sécurité sociale dont l’impact est tous les jours plus fort et plus néfaste sur le niveau de vie des Français.

La France a de multiples problèmes, économiques, sociaux, politiques et ce n’est certainement pas l’équipe en place qui pourrait les résoudre. Mais s’il y en a bien un qui ne sera jamais abordé, jamais touché, jamais même envisagé dans les plus profonds replis des têtes gouvernantes du pays, c’est bien celui que pose le syndicalisme français, sa représentativité, son mode de financement, ses pouvoirs et ses dérives, nombreuses et récurrentes.

Partant de là, ce pays est foutu.
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Source : http://h16free.com/2014/10/08/34033-la-france-malade-de-son-syndicalisme